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Louis M. Riverside
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☯ Légendaire ☯


✘ AVENTURES : 48
✘ SURNOM : Le Chef
✘ DISPO POUR RP ? : *touss touss*
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MessageSujet: Re: EVENT 5 – Affronter le Tourbillon    Lun 3 Juil 2017 - 1:12

Louis sembla se rayer tel un disque mal entretenu.

-Attends! Ton... livre ? Tu as créé cette-- cette chose ?

La question était un condensé d'incompréhension, de peur et de surprise.

-Enfin, je l'ai décrite et dessiné à Peter. Je lui en ai longuement parlé et son imaginaire lui a fait prendre vie.

Il ne comprenait pas comment elle faisait pour rester si calme et détendue alors que la mort était juste au dessus de leur têtes. Il leva les yeux vers le regard jaune qui, pour une raison étrange lui donnait l'impression de le regarder droit dans les yeux. Non, au travers de lui même.

-Qu'est-ce qu'on peut faire ? se questionna-t-il à haute voix. Elle va détruire le navire... et nous avec !

Il fallait fuir. Il ne savait pas comment mais il fallait fuir. Il attrape la main d'Annabelle et commence à la tirer loin de la créature.

-Il faudrait pouvoir lui faire entendre raison !

Il se stoppa, et se tourna vers elle, impatient, mais tout en écoute. Ayant son attention, elle continua.

-Enfin… la dernière fois, j'avais réussi à le calmer en lui faisant comprendre, via Peter, qu’il n’était pas sur Terre. Qu’il devait se soumettre à la Chose Très Ancienne d’ici, Peter Pan. Peut-être qu’un chaman pourrait nous aider… On ne pourra pas partir d’ici sans son aide, je suppose… aussi…

Sortir d'ici ? Sortir de cet enfer ? Louis n'avait pas besoin d'une raison supplémentaire d'être partant, mais il avait encore un peu de mal à se faire à l'idée que l'immense monstre en face de lui n'allait pas le massacrer violemment sans même battre de l’œil. Surtout lorsque le navire entier était en train de lui tirer dessus à coup de canon.

-On peut la calmer ?

La question, presque rhétorique, était plus pour se calmer l'esprit que pour demander un éclaircissement sur le sujet.

-Il ne nous avait pas encore attaqué, en plus… S’il voulait nous détruire, rien que son regard nous plongerait dans la folie…

Louis regarda son interlocutrice, intrigué, puis leva à nouveau son regard vers la créature. La folie, son regard n'était pas loin d'y plonger le Chef. Mais s'il y avait la moindre chance de sortir d'ici, alors il était prêt à faire le lancer de dé.

-Un chaman... pensa-t-il à haute voix.
-Oui, un chaman, ou quelqu’un en lien avec les esprits, quelqu’un qui pourrait m’écouter !

Une personne correspondant à cette définition, Louis en connaissait personnellement une. Et elle était sur ce bateau ! Il regarda Annabelle droit dans les yeux et sourit pour se donner lui même du courage.

-Ok mamzelle ! Je vais te faire confiance !

Sa voix était plus aiguë que d'habitude. Plus proche d'un homme normal dans sa trentaine, plus douce et plus jeune que son ton habituel. Sans hésiter, il la saisit et la place sur son épaule tel un sac de pommes de terre, avant de se retourner afin de chercher une personne particulière dans la commotion.

Maman Brigitte !

Il fonça vers elle, Annabelle sur ses épaules -qui semblait ravie que quelqu'un l'écoute enfin- en bousculant violemment toute personne sur son passage. Sans lâcher sa camarade de fortune, il hurle presque ses mots à Brigitte une fois devant elle.


-Brigitte, commença-t-il en passant le maman presque volontairement, on est pas toujours d'accord sur tout toi et moi, mais là, c'est la merde.

Il pose alors Annabelle comme un piquet entre lui et la femme du bayou, et la pousse doucement vers elle, comme pour l'inciter à parler. D'abord déconcertée, Annabelle tente de condenser tout ce qu'elle a à dire en bafouillant le moins possible.

-Il faut qu’on puisse faire comprendre à Cthulhu, lui--

Elle se stoppa un court instant pour désigner le monstre alors que Louis se tournait lui même vers lui afin de contempler la distance qui le séparait du Jolly Roger. Une distance qui n'arrêtait pas de rétrécir.

-...qu’il n’est pas au bon endroit et qu’il s’est réveillé parce que la Chose Très Ancienne d’ici n’est pas bien. Il faut qu’il nous ramène à l’Île…

Louis regarda Maman Brigitte d'un air interrogatif, comme pour lui demander de faire sens à tout ça. Il suivait son instinct et les instruction d'Annabelle sans vraiment comprendre ce qui se passait, et il n'aurait pas dit non à une explication.
Résumé + explication:
 








Oh j'ai gagné ça il paraît:
 


We're Off To Never Neverland:
 
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Maman Brigitte
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☠ Maîtresse du Bayou ☠


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✢ On dit qu'elle vient d'Angleterre.

MessageSujet: Re: EVENT 5 – Affronter le Tourbillon    Mar 4 Juil 2017 - 14:05

Il approche, il approche, il approche.

Maman chante, au rythme de ses pas qui grincent sinistrement sur le pont du Jolly Roger. Les jours passent, Brigitte s'arrête à peine pour parler, beaucoup pour rire de façon démentielle, rarement pour boire et jamais pour se nourrir.
Samedi s'occupait des autres à sa place, du moins ceux qui avaient assez de cran pour s'approcher du terrifiant fiston. Mais maman avait beaucoup donné, maman avait fait son office. Désormais, il fallait la laisser en paix. Il fallait la laisser chanter, et converser avec ce qui la suivait perpétuellement. La règle fut implicite, mais respectée. L'atmosphère organique et moite qui régnait autour d'elle fut de bon conseils pour que plus personne ne vienne la voir. Il fallait qu'elle prie, et qu'elle prie en silence : Les loas semblaient être réduit au silence ici, il fallait les attirer, les cagoler, les détendre. Rendre ce lieu supportable pour leur présence, Mais les loas sont quémandeurs et capricieux. Même pour leur amie de toujours. Même pour Maman Brigitte.

C'est campée sur ses pieds qu'elle l'attendait, un sourire cisaillant sa face, baignée dans la sueur. Il approche. Qui qu'il soit. Il vient, et il vient pour eux. C'est au delà ce que qu'elle avait imaginé, c'est plus puissant, plus cruel, et plus vorace. Beaucoup plus que les démons qui ont acceptés de se perdre en elle. Le genre d'esprits qui ne demandent rien, si ce  n'est un prix que personne ne peut offrir.

Quand le monstre perce le plafond aqueux, pour montrer toute sa grandeur face aux pauvres âmes aculées devant lui, Brigitte le dit rien. Plonge ses grandes yeux dans toute la magnificence de la créature divine. Le kraken n'est qu'un avorton, un enfant capricieux devant la gloire mystique du dieu en personne qui s'est présenté à eux. Les boulets sifflent, les gens s'agitent, ça pleure, ça prie, ça hurle. Maman ne bouge pas. Ne rigole pas plus qu'elle ne pleure. Son regard mort ne trahit rien.

Jusqu'à ce que les loas se manifestent. Vapeurs grotesques, souvent invisibles, qui prennent vaguement une forme, s'épaississent devant les yeux de ceux qui trouvent encore le courage de fixer autre chose que la créature au dessus d'eux. Les vapeurs deviennent fumées, fumées qui se jettent violemment sur Brigitte. S'introduisent dans ses yeux, s'engloutissent entre ses lèvres. Le processus est visiblement douloureux : personne ne fait un marché avec les loas sans conséquences.

Quand Louie l’interpelle, une jeune fille sous le bras, elle l'écoute en souriant, alors que ses yeux noirs tournent au blanc, et que ses yeux, ses lèvres et ses narines dégoulinent de la même matière visqueuse qui avait emprisonné le Kraken.

« OoooOOOooH LOOoUUUuuie.... » Sa voix devient grave par accouds soudain. Change, et ne semble même plus lui appartenir. D'un clin d'oeil, son sourire disparaît brutalement pour laisser un visage déformé par l'horreur de la colère. « VieENdrAS-TU m'AVErtir QUE la PLUie tooOMbe au PROchAIN OraGE?!  » Crache-t-elle, faisant allusion qu'elle avait bien comprit que c'était la merde.

Quoiqu'y s'échappe de ses lèvres, ça éclabousse ses deux interlocuteurs. Son regard se fixe à nouveau le seigneur des océans. « CthHHUUULHuuuuu... » 

Si elle a peut être écouté, elle s'éloigne désormais, faisant face à l'entité gargantuesque devant lui et ne semblant même plus touché le sol trempé du pont du bateau. Elle tend un index menaçant vers le dieu, la fureur toujours dépeinte sur son visage.

« TU n'APPArtiENS Pas plus A ce LiEU quUUe NouUUs. » La pluie ne la touche plus, les loas griffent le sol autour d'elle, s'agitent. Réclament.

« Tu nOUS oFFRIras SaaLUUT et asIILE, dIEu de PaCOTille, sANS AuuTTtel ni DEMEUre! TU NOus sauVERAS de CET ENdroit MAUdit, AvANT de RETOUrner à l'oUUUuuuBLI que TU méÉÉrites. Et TU le FERRAS... »

Elle pose ses mains sur son ventre, avant de pencher subitement en arrière, la face levé vers le ciel. La bouche s'ouvre, et les loas s'expulsent soudainement, dans un rapide, puissant, et long geyser interminable, qui arrosent les boulets de canons. Les boulets qui se plongent dans la chair brulent et s'enfoncent bien plus facilement, comme si elles se nourrissaient de la chair divine du Grand Ancien.

« Ou NOUS te DÉVOReroOOoooOOOOOOOns!!! » conclue les milles voix de Brigitte, résonnantes dans l'air vicié autour d'eux, alors que Maman ne chante plus : Maman crache.
Spoiler:
 






Insert your needles elsewhere I'm broken as it is, Cannot stand, or take the fall Consider it as a bliss. Scars And Stitches Battered Heart Broke Down And This Time It Will Not Heal. We Were Crushed By Her Halo Oh What A Way To Go...
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Zeb Skelton
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MessageSujet: Re: EVENT 5 – Affronter le Tourbillon    Mar 4 Juil 2017 - 18:38

On peut trouver son compte dans la brume.

Pas si longtemps auparavant, la Rouille aurait été le premier à maudire ces lieux morts, leurs eaux vertes et leurs épaves anonymes; tous ses sens et sa superstition de marin se hérissaient devant le courant illusoire qui emportait le navire dans ce brouillard de cimetière. Ils naviguaient, et pourtant rien n'aurait pu être plus éloigné de la mer qu'il chérissait tant, cette mer qui pouvait s'avérer cruelle, traitresse, impitoyable, mais qui jamais ne lui avait donné cette impression d'être jeté au fond d'un cachot où disparaitrait jusqu'à son souvenir. Cette sensation à elle seule était une insulte à tout ce qu'il était.

Mais Zeb Skelton n'était plus l'homme qu'il était avant la Pluie. Épuisé de douleur et de chagrin, il avait perdu la force de s'indigner.

Si le combat contre le Kraken et ses chimères l'avait relativement épargné, tout occupé qu'il était à maintenir le Jolly Roger à flots (en dépit du capitaine qui semblait fermement décidé à le couler), la tristesse de Pan avait fait son œuvre déjà longtemps avant leur affrontement avec le Tourbillon. La Rouille n'était pas affecté de manière aussi visible que l'étaient les Peaux Rouges, mais la tempête incessante qui avait harcelé le navire l'avait vidé de ses forces, l'air froid et humide avait rongé ses articulations, raidi son dos, enflammé l'ancienne fracture de son bras droit d'une souffrance sourde qui ne le quittait plus.

Pourtant, au cours de sa longue vie, Zeb avait connu son compte de douleur et de manque de sommeil; il aurait pu supporter tout cela, au moins encore un peu. Mais le seul de ses fils qui lui adressait encore la parole avait disparu, et le courage de la Rouille s'en était allé avec Kit.

Aussi, depuis leur arrivée dans cet océan de brume, le charpentier se contentait de goûter au plaisir simple d'avoir moins mal et de porter des vêtements secs. Pour le reste, il n'était guère plus animé que les cadavres chéris de Baron Samedi; comme beaucoup, il dormait peu, mal, et avait à peine touché au ragoût préparé par le chef du Fisher's Belly.

Oh, les matelots avaient bien cru le voir un peu revivre lorsqu'il s'était rendu compte de la présence à bord de deux enfants - ce qui représentait déjà un évènement en soi: deux jeunes garçons, Peaux Rouges en plus, sur le pont du Jolly Roger, ni l'un ni l'autre n'étant enchaîné et en train de hurler? C'était une vision peu commune.

Mais la Rouille n'avait pas parut s'en soucier outre mesure. Il s'était contenté de remercier sans sourire le petit garçon qui lui avait amené de la nourriture, à lui comme aux autres. Quant à l'enfant-singe réfugié dans le gréement, aussi agressif qu'insaisissable, tout un chacun aurait pu jurer qu'il l'avait simplement ignoré. Seul Sam Miller, toujours dans les hauteurs lui aussi, avait peut-être pu remarquer que lorsque Zeb escaladait les haubans pour inspecter la mâture, il "oubliait" sa part de fruits dans les paniers qui servaient à ranger les outils des gabiers. A part cela, tout ce qui semblait un peu animer la Rouille, c'était son travail, qu'il effectuait toujours avec la même application.

Or cela tombait bien, du travail, il n'en manquait pas: l'attaque du Kraken avait considérablement abîmé la mâture, et la chute du Roger dans ce monde inconnu avait ébranlé la coque, au point qu'au niveau de la proue de l'eau s'était infiltrée de part et d'autre de la quille. La Rouille avait fait calfeutrer la cale aussi bien que possible, puis il s'était occupé du grand mât à moitié arraché, sacrifiant le haut de l'édifice et réutilisant la vergue de perroquet pour en consolider la base. Les réparations étaient habiles, mais effectuées dans l'urgence, et la Rouille n'en était pas satisfait: le Jolly Roger restait fragile, déséquilibré, dans des eaux surnaturelles qu'il ne connaissait pas. Le charpentier en concevait une angoisse discrète, mais tenace.

Il comprit aussi brutalement que tous les autres d'où lui venait ce pressentiment. Et même dans son état de fatigue et de lassitude, il se surprit à pouvoir encore éprouver de la terreur.

☠ ☠ ☠

La Rouille courait le long du pont. Lorsque l'Abomination était sortie des flots sales, il se tenait à la proue, et à présent il remontait tout le long du navire, son manteau poissé du mélange d'eau croupie et de mucus que la créature avait vaporisé aux alentours. Il avait peur, bien entendu - il aurait fallu être fou pour ne pas craindre l'horreur qui les surplombait. Mais la peur ne dérangeait pas la Rouille; bien souvent, tant qu'on ne la laissait pas prendre le contrôle, la peur était la seule différence entre la témérité et le courage. La peur gardait en vie.

Ne pas le regarder. Penser vite. Réagir vite.

Il dérapa sur les épluchures généreusement répandues sur le pont par Louis, mais il en fallait plus pour faire tomber un vieux loup de mer. Il se rétablit d'un bond et poursuivit sa course, sans prêter attention à la jeune fille perdue dans ses lamentations en plein milieu du champ de bataille; en passant, il hurla au maître de la voilerie de ne pas trop surcharger le grand mât, puis escalada de quelques bonds l'escalier de la dunette pour se retrouver auprès de Hook, Smee et Keith. Par delà le vacarme des canons du gaillard d'avant, il perçut l'ordre du timonier:

"Balancez la ligne d'mouillage autour d'un rocher à bâbord : on va prendre un virage serré !"

"Non! La proue ne tiendra pas!"

La Rouille ne s'embarrassa pas d'excuse ou de politesse: Keith et lui se connaissaient depuis une véritable éternité, et le Barré n'était pas homme à se vexer pour une contradiction purement technique, alors qu'en plus ils étaient en pleine Apocalypse. Tout au plus, s'ils sortaient de là vivants, cela se réglerait autour d'une bouteille de rhum - beaucoup des problèmes de Keith se réglaient avec (ou dans) une bouteille de rhum.

Aussi, ce fut vers Smee que la Rouille se tourna pour s'expliquer; Hook semblait bien trop loin dans son délire meurtrier pour prêter attention au rapport du maître charpentier, mais Zeb connaissait assez bien le capitaine pour se méfier de son apparente inattention. Il resta donc très prudent dans son pessimisme, pour ne surtout pas donner l'impression qu'il contestait un ordre direct:

"Avec tout mon respect, Monsieur... Le navire n'est pas en état. Si l'amarre ne rompt pas, c'est le cabestan qui va céder, et il risque d'emporter le gaillard d'avant."

Traduction: si vous tenez à la moitié antérieure de votre pauvre bateau, je vous suggère un plan B.

"Avec votre permission, je peux débrider le gouvernail. Mais ça va virer sec."

Il prit juste le temps d'attendre un assentiment de Smee, avant de faire un signe de tête à Keith: ok, bâbord toute!

Se saisissant d'un des cordages rangés près du bastingage, le charpentier le passa rapidement autour de sa taille et de ses jambes, improvisant un harnais dans une manœuvre qu'on lui devinait familière. Un matelot s'approcha, l'air inquiet, mais la Rouille lui fourra le reste de la corde dans les bras avant que le jeune homme ait pu ouvrir la bouche:

"Attache-moi ça!"

Il n'eut pas besoin d'en dire plus: le matelot se précipitait déjà vers un taquet, rapidement rejoint par deux autres, qui eurent le même regard soucieux pour la Rouille. Le charpentier les ignora, pour passer une jambe par-dessus le bastingage et jeter un oeil en contrebas, vers les flots verts qui moussaient à l'arrière du navire - loin, très loin en-dessous.

Zeb inspira un grand coup et se laissa prudemment descendre le long de la poupe du Jolly Roger. Au début, il parvint à s'appuyer contre la dunette, en rappel, mais il finit bien par être obligé de se laisser pendre dans son harnais; en cinq secondes, son dos était en feu.

"Foutredieu, je suis trop vieux pour ça..."

Et il n'était pas le seul à le savoir, vus les regards que lui avaient lancés les autres membres de l'équipage. Mais cela ne changeait rien: en plus d'être techniquement délicate, la manœuvre était risquée à la limite du suicidaire. Même si ce n'était pas forcément le meilleur des calculs, Zeb n'aurait laissé aucun jeune risquer sa vie dans une telle entreprise.

Oscillant au bout de sa précaire ligne de vie, arrivé à quelques mètres à peine de la ligne de flottaison, le charpentier enroula la corde autour de son bras paralysé pour se maintenir en position assise; sa main valide alla chercher sa hache à sa ceinture, et il se pencha pour distinguer le système de poulies qui reliait le gouvernail à la barre du Roger. S'il se débrouillait bien, il pouvait couper les cordes plus courtes à tribord, pour plaquer le gouvernail à bâbord et permettre au navire de tourner à quatre-vingt-dix degrés. Néanmoins, c'était une manoeuvre unique: Keith et Last avaient intérêt à être bien coordonnés, sur ce coup-là.

La Rouille levait sa hache, lorsqu'il fut surpris par un étrange cliquetis, qui n'était pas familier à son oreille de marin. Déstabilisé, il leva les yeux, et découvrit sous le rebord de la dunette un étrange museau pointu, qui le fixait d'un air inquisiteur. Les larges oreilles de la créature s'agitèrent, tandis qu'elle émettait une autre salve d'ultrasons. Alors seulement la Rouille devina son corps pelucheux et la longue queue enroulée derrière lui, autour des ornementations du gaillard arrière.

Apparemment, il venait de retrouver la bestiole du gamin à la flèche.

"Eh bien, tu as mal choisi ta planque... Je serais toi, je me cramponnerais bien comme il faut."

Il accorda un dernier regard à l'animal, en espérant que ce dernier aurait l'intelligence de s'accrocher à la corde qui pendait bien opportunément sous son museau. Puis, d'un seul geste, il étendit le bras et coupa les cordes qui retenaient le gouvernail.



Résumé du pavé - Keith - Smee - Hook - Koala - Capucin:
 
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Last
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☠ Maitre-Artillerie du Jolly Roger ☠


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✘ SURNOM : Le Mélodrame.
✘ AGE DU PERSO : Techniquement plus de 25 ans.

✘ DISPO POUR RP ? : 5/3 (c'est qu'un chiffre. L'été, je suis open comme un bar)
✘ LIENS : Loge du comédien.
Casting du spectacle.

MessageSujet: Re: EVENT 5 – Affronter le Tourbillon    Mar 4 Juil 2017 - 22:09

Boum. Crack. Boum. Last aimait cette mélodie dévastatrice. N'était-ce pas merveilleux ? De se sentir maître (artillerie, oh HA HA ! Quel magnifique jeu de mots !) de ce qui pouvait causer l'effondrement du texte et du rôle de l'antagoniste ? Pourtant, Last n'était, à l'extrême limite, que personnage secondaire dans « Les aventures du Capitaine Hook ». Oh, oooh ! Que c'était grisant ! La chair de poule, les palpitations, le plaisir de pouvoir aider le personnage principal dans sa quête ! Est-ce qu'un jour, il l'aidera aussi à se débarrasser de Pan ?

L'heure n'était pour l'instant pas à la rêverie, alors il remit cela à plus tard – oui, même en pleine action, il trouvait le moyen de penser à autre chose qui pourrait le distraire. Il regardait avec fierté les hommes charger peu à peu les canons et faire tirer ces derniers. Oh ? Mais qu'entendait-il, de là-haut ?

« Last, les canons à tribord ! »

La voix de Keith lui indiqua la didascalie supplémentaire. En effet, alors qu'il répétait l'ordre aux hommes, il sentit le bateau virer de bord brusquement. Il s'accrocha d'une main à la fenêtre d'où sortait l'un des dits canons à tribord, et put alors admirer avec une meilleure vue l'immensité de la bête.

Elle était aussi belle que monstrueuse : un rôle de méchant à en faire trembler l'importance de celui de Pan ! Si si ! Il tenait leurs vies à tous entre ses mains, après tout ! Au bout de ses tentacules, et à la force déployée de ses ailes ! Quelle était cette chose, il ne le savait pas, mais par tout les grands auteurs, qu'elle était « belle » !

En vérité, il la trouvait hideuse. Mais admirable dans son rôle.

Lorsque le bateau eut finit de tourner, Last cria à nouveau de faire feu.

Les canons de tribord, alors, tirèrent des boulets qui, en plein vol, furent entourés de choses que Last ne sut déterminer d'ici. En revanche, il eut sa provenance en entendant une voix multipliée par mille résonner dans les airs, jusqu'à faire écho à ses propres oreilles.

« Ou NOUS te DÉVOReroOOoooOOOOOOOns !!! »

- HA HA HA HA HA HA HA HA HA !

Le fou rire de Last ne pouvait pas être aussi fort que les cris de la maîtresse du bayou, mais il était presque incontrôlable, pur fruit de sa folie inspirée. Du combat, de l'imprévu, et de la magie ! Merveilleux ! Quelle scène pleine d'action ! Et quelle audace prise de tout les côtés ! Keith, Maman Brigitte... ! Ils étaient tous devenus acteurs à puissance égale : fantastique !

Trop heureux du spectacle, Last décida de délaisser un instant son script et d'admirer seulement. Pendant un temps, il devint spectateur. Quoique, au fond, il demeurait le narrateur.

- Et le bruit ! Et le bruit ! Les oreilles bourdonnent ! Les cris jaillissent et font feu, bien plus forts que les canons ! Mes chers acteurs, aussi folle est votre histoire, aussi réelle pourrait être la fin ! La pièce prendrait le dessus et ferait-elle de nous ses pantins ?! chantonna-t-il.

De l'autre côté, à bâbord, on chargea de nouveau les canons, au cas où. C'était l'agitation sur le pont-batterie.


Résumé:
 
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Nacre
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≈ Sirène Simple ≈


✘ AVENTURES : 45
✘ DISPO POUR RP ? : MP moi !

MessageSujet: Re: EVENT 5 – Affronter le Tourbillon    Mar 4 Juil 2017 - 22:17

Nacre n'avait rien compris. Un moment, elle se ruait contre le Kraken. Le moment suivant, elle se faisait ballotter dans tous les sens par des courants inconnus.

Et là, actuellement, elle se retrouvait dans une nouvelle mer. Elle était entourée de morceaux de débris de bateaux et autres détritus flottants, témoin de la puissance de Tourbillon qui était parvenu à se débarrasser du terrible Kraken.

Elle errait, ne sachant plus combien de fois elle s'était réveillée. Elle était confuse.

(elle n'osait plus retourner sous la surface de l'eau, sachant inconsciemment qu'elle se transformerait en machine à tuer. Elle avait si faim...)

Puis elle le découvrit. Il était magnifique. Nacre, la sirène abyssale ressentit de suite un lien avec ce dieu marin. Comme elle, il venait d'un territoire si loin que la majorité pensait que c'était une histoire à dormir debout. Comme elle, c'était une créature sans âge qui passait le plus clair de son temps à dormir dans les ténèbres.

(comme elle, c'était une créature qui, une fois réveillée, ne pouvait retourner dans son foyer sans avoir fait couler le sang...)

« Je suis avec toi. Nous sommes semblables tous les deux. » dit-elle à la créature chtonienne. A moins qu'elle ne se soit exprimée d'une façon plus mystérieuse. Plus empathique.

Nacre se dirige alors vers le Jolly Roger. Elle aperçoit très vite, inévitablement cette femme qui crache de la fumée. Un sortilège qui fait souffrir Cthulhu. Elle le ressent dans son propre corps. Car elle est une fille de l'Océan, tout comme le dieu chtonien. Tout est un et un est tout.

Elle siffle alors entre ses minuscules crocs, maintenant assez proche pour que les humains du bateau pirate l'entende.

« Arrêtez tout de suite ou aucun de vous ne survivra ! »

Dans cette ambiance si sombre, la sirène à la peau blanche fait tâche. Elle est comme éclairée par un projecteur de théâtre. Elle siffle une nouvelle fois entre ses crocs de prédatrice. Ses grands yeux sont seulement baignés d'une pupille minuscule. La colère inonde son corps, libérant autant de drogues la préparant à se battre. Longuement.

« Vous êtes des créatures terrestres. Vous n'avez aucune chance de survivre en plein milieu de ce désert bleu. Stopper toute attaque et commencer à nous vénérer. Nous sommes des êtres immortels et dangereux ! »

Alors Nacre s'élance contre le Jolly Roger avec toute la puissance que sa longue queue blanche lui permet. Un imprudent qui se tenait sur la rambarde chut dans l'eau. C'est avec la rapidité, la férocité et l'appétit de cent piranhas que cet imprudent finit en morceaux de viande, libérant son hémoglobine tel un premier sacrifice à Cthulhu.
Résumé:
 
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Miss Annabelle
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☠ Fille de Joie ☠


✘ AVENTURES : 128
✘ SURNOM : La Dormeuse
✘ AGE DU PERSO : 20 années

✘ LIENS : L'entrée des Contrées est par la mer, mais Il y dort... prenez garde au Dormeur qui rêve et attend

MessageSujet: Re: EVENT 5 – Affronter le Tourbillon    Mar 11 Juil 2017 - 13:35

Les yeux écarquillés, la demoiselle s’inquiéta de la réaction de la Maîtresse du Bayou. Magie contre… autre chose. Jamais la Dormeuse n’avait su à quel point le Dormeur était fidèle à l’original, ainsi elle ne pouvait deviner ce qu’il adviendrait d’eux. L’original n’avait rien d’un dieu. Celui-ci non plus. Pour les êtres humains, oui, mais les faits étaient autres. Extraterrestres, tellement supérieurs qu’on les avait pensés divins.

Le blasphème craché par la Licencieuse perça quasiment le cœur de la fille de joie, celle-ci se tourna vers Louis avant de replonger sa contemplation sur Cthulhu. Mains jointes, elle tenta d’implorer la créature de l’imaginaire sombre et onirique d’un homme. Elle alla jusqu'à dessiner un trapèze avec le signe des Anciens.

- Peter Pan est plus faible aujourd’hui, et tu dépends autant que nous de son monde. S’il-te-plait, mène-nous comme tu as mené la race de K’n-yan à travers l’abîme. Tu ne te souviens pas de moi ? Tu es parce que j’ai parlé de toi… tu es Grand Prêtre, alors aide-nous et je t’aiderai pour Barbelzoa.

Malgré la folie à bord, Annabelle essayait de parler de sa voix mais aussi dans son esprit. Elle ne voulait pas voir cette fumée sombre se confronter à la matière étrange de la créature, même si elle ne savait pas si la magie faisait mal. Elle ne savait même pas si le rêveur de R’lyeh pouvait sentir la douleur. Elle l’avait présenté comme presque invincible à Peter Pan, ne donnant qu’au Tyran la faculté d’être considéré comme égal au monstre. Cela avait-il été pris en compte dans l’apparition ?

Annabelle n’en savait rien. Elle n’avait pas plus de force que les autres, et elle s’inquiétait d’entendre la femme du bayou vouloir « dévorer » la créature. Les lois physiques étaient bien trop différentes… pitié que cela n’empoisonne pas l’esprit. Elle n'en savait rien, ça lui prenait la tête, ça l'inquiétait.

Elle s’inquiétait, pour tous. Les Hybrides qui s’étaient rebellés, ces êtres de sang-mêlé avaient été anéantis par un déluge venu des Anciens. Pitié que le Prêtre Cthulhu ne vit pas de blasphème en eux...

Un choc, et une voix. La fille de joie se pencha pour voir ce qui se passait, soulageant ainsi sa nuque tant elle était pliée au ciel. Son regard trouva une Sirène défendant le Dormeur. Un fin sourire se montra, même si cela n’avait rien de rassurant… le délire semblait s’emparer des âmes. Ce ne fut pas le sang versé qui inquiéta Annabelle, le rouge était la couleur de Cthulhu. Enfin… elle détourna les yeux, évidemment, elle n’avait rien d’une guerrière ou de qui que ce soit accoutumé à ça. Les livres ne reflétaient que les mots. La réalité montrait bien plus.

Elle se laissa assise sur le planché, elle appréciait de moins en moins la situation.

"Cthulhu, s’il-te-plait, ne tiens pas compte de ce qu’ils disent et font. Ils sont humains, et moi avec. L’humanité n’est là que parce que ça vous a amusé, les humains sont des jouets. Les autres mythes sont faux, juste des réinterprétations de vous. Lorsque l’on prie un dieu, on prie l’un de vous. Je le sais, j’en suis consciente. Mais, s’il-te-plait, tu es perdu ici. Comme moi, et tout le monde. J’étais la seule à encore te porter attention alors que tu étais oublié au fond de R’lyeh, est-ce suffisant pour me faire confiance et m’entendre ? La Chose Très Ancienne d’ici est affaiblie, mais moi je suis toujours là. Dans ce monde, tu es ici parce que l’on t’y a invité. Tu n’entends pas les berceuses ?"

Dans son esprit, ces mots résonnaient. Dans les livres, il n’aurait écouté personne. Il les aurait tous détruit.

Mais celui-ci, c’est le Cthulhu né de l’imaginaire de Peter Pan. Celui-ci a vu le jour grâce aux histoires d’Annabelle. Il y a de l’espoir, il avait écouté le Tyran. Il écouterait sa « mère », comme le petit roi l’avait dit il y avait de cela si longtemps ?

La fille de joie avait le cœur qui battait la chamade, entre la peur de disparaître ici et celle que l’on blesse trop. En plus du spectacle sanglant qu’elle avait vu à l’instant. Elle dessinait à répétition le signe des Anciens sur le bois en murmurant une citation.

- N’est pas mort ce qui à jamais dort, et au court des siècles peut mourir même la Mort. 

Elle faisait tout pour épargner aux autres le sort funeste pire que la mort. Le visage muté, le retour des Hybrides, les rebelles s’arrachant le faciès tant la folie les dévorait…

Une larme coula timidement, elle n’agirait peut-être pas s’Il venait à détruire Peter Pan. Mais, ici, elle ne voulait pas qu’Il fasse souffrir ses quelques amis présents sur ce navire. Elle savait le sort si cruel… elle ne voulait pas y penser.

Dans sa tête, elle fit tous les efforts possibles pour chantonner une berceuse. De sa voix cassée même dans l’esprit. Cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas entendu son timbre normal. Pour apaiser sa peur, ses craintes et peut-être son « protégé ». Elle ne pouvait pas grand chose, elle observait le monde et se disait qu’en tant qu’Ancien… elle les verrait comme les Hybrides qui s’étaient rebellés.

- Il aurait fallu des savants comme les Yithiens…

"Cthulhu, s’il-te-plait, tu le vois bien… ici, beaucoup ne sont pas dans leur monde. Nous avons été amené dans le monde de cette île, comme toi tu as quitté ta planète. Comme toi tu as été emmené."

Annabelle mettait beaucoup, beaucoup d’espoir dans ces prières. Parce qu’elle savait que ce Cthulhu avait écouté et regardé les images que le Tyran Lui avait montré, alors peut-être pouvait-Il entendre les misérables êtres vivants qu’ils étaient.

La quête, c’était celle de Barbelzoa, non ? Il fallait la débarrasser de la matière impure. Peut-être ramener le Prêtre vers la déesse serait plus facile ? C’était pour cela qu’Annabelle y pensait aussi. Elle essayait. Par la voie des pensées. Impossible de dormir. À moins que tous ne s’effondre.

Spoiler:
 






Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn




Spoiler:
 
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James Hook
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MessageSujet: Re: EVENT 5 – Affronter le Tourbillon    Mer 12 Juil 2017 - 14:31

Le calme, le calme après la tempête était un mythe. La vie n’était que tempête et ouragan, et le silence n’était là que pour souligner la malice de la bourrasque qui viendrait après. En apparence, Hook avait abandonné la raison depuis le début du combat, depuis l’apparition du Kraken.

Mais ne soyez pas idiots, entre nous, nous savons tous que la démence règne dans l’esprit de Jas. Hook depuis bien plus longtemps déjà.

Tout allait vite, comme des battements de cœur, tout s’enchaînait sans jamais s’arrêter, et l’accélération des événements provoquait une légère ivresse chez le capitaine. Il malmenait les hommes et le navire. Mais il en avait conscience. Il savait ce qu’il faisait, et il n’y avait guère le choix. Ce n’était qu’une bataille parmi d’autres, et aussi épique soit-elle, la guerre devrait continuer. La victoire devait être leur.

La chute coupa court. Le faux calme s’installa petit à petit dans la caverne étrangère, et il guettait. Malgré son air à la fois impassible et acharné, tous ses sens étaient aux aguets. Il écoutait les moindres rumeurs de l’équipage. Il observait les allers retours languissants de Maman Brigitte. Il surveillait les mouvements du petit indien dans les cordages. Il était si préoccupé qu’il ne s’offusquait pas de la présence des enfants à bord, aussi impossible que cela semble.

Il voyait que les spirituels sentaient quelque chose. Lui-même savait que quelque chose clochait, mais ses sens ne lui indiquaient plus rien. Peut-être était-il devenu hermétique au Mal.

Et brusquement, l’eau se troubla.
Il rejoignit la proue, le regard perçant fixé sur l’horizon verdâtre.

C’était un démon. Un démon colossal.

Il n’y avait qu’un diable sur cette île capable de produire telle monstruosité. Lorsqu’il leva les yeux vers le monstre, ce n’était pas Ct’hulhu que le Capitaine contemplait, mais son ennemi de toujours. C’était Pan.

*         *         *

Les ordres furent donnés. Malgré la panique, la tempête revenait, plus forte que jamais, mais Hook n’était pas le genre d’homme à se laisser dominer par les éléments. Son regard était brûlant. Il était mu par une énergie rare, que peu lui connaissaient encore.

Ils peuvent te prier autant qu’ils veulent. Ils peuvent essayer de me raisonner. Je les laisserai mourir avant de t’acclamer, ignominie de Pan. Tu n’es que le reflet d’une peur enfouie. Tu es fort mais tu n’es qu’un aspect de sa faiblesse. Moi aussi je suis un démon. Et je vais te détruire, te bannir de ce monde où tu as été si odieusement amené.

Il ne regarda pas Zeb Skelton lorsque celui-ci vint le mettre en garde, mais ses paroles s’imprimèrent tout de même dans son esprit. Bien, qu’il essaie donc de régler le problème. Cela faisait bien longtemps que le capitaine n’appréciait plus le charpentier. Au fond, peut-être ne lui avait-il jamais pardonné la trahison de son fils. Peut-être était-il si peu capable d’amour que toute trace d’affection de l’ancien monde s’était évaporée. Toutefois s’il pouvait reconnaître quelque chose à la Rouille c’est qu’il savait de quoi il parlait. Mais le Jolly Roger tiendrait le coup, quoiqu’il arrive. Simplement parce qu’il en avait décidé ainsi. Simplement parce qu’il y croyait.

Oh Peter, si tu savais comme il te ressemble parfois. Il nous tuerait tous s’il s’en rendait compte.

Résumé:
 
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Capucin Farouche
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MessageSujet: Re: EVENT 5 – Affronter le Tourbillon    Ven 14 Juil 2017 - 19:57


Quand Grizzly a grondé, Capucin a eu peur et s'est réfugié dans les cordages. Arbre factice tout mou, tout maigre.
Dans le crâne effarouché de Capucin, les visages dansent et s'étirent en horreur, il ne reconnaît personne. Il ne peut s'accrocher à personne. Alors ses mains et ses pieds, et sa queue aussi, s'agrippent de toute sa force, déchirant la peau, à la corde rêche et ne la lâchent plus. Il gronde lui aussi, mais tout bassement, sans force, sans panache.

Il ne bougera que lorsque le sortilège de Maman Brigitte embaumera son cœur et que l'odeur piquante de la nourriture qu'un visage pâle a déposé là couvrira le vent qui le caresse sans douceur. Et encore, il mettra longtemps.
Et quand il se décidera, parce qu'il a si faim et que son cœur s'est enfin ouvert, le monstre aura crevé le ciel. Le monstre aurait tout envahi, et fait exploser le sortilège.

Capucin Farouche hurle. Comme les loups, pire que les loups. Il n'a jamais vu de créature comme ça. Il ne savait pas que ça existait.
Son squelette tremble en même temps que le navire, et une secousse le fait tomber. Il s'éclate le poignet, mais la panique masque la douleur. Capucin tente de trouver un coin où se cacher, mais il n'y a plus de coin, plus rien que des jambes, des bras, des corps en furie, et des ordres, des cris, c'est pire que la Jungle. Ici, ça tangue, ici, il n'y a pas de coin, ici, il ne voit plus rien, et quand il hurle sa voix s'étouffe.

Manger nous ? Manger nous ?

Il n'a pas encore vu de bouche sur le monstre. Mais il est si grand, pour lui, Capucin est une fourmi.
Personne ne lui répond.

Quand il entend Maman Brigitte, il ne la voit pas encore mais il sent que le monde change brusquement de visage. Le monde est ombre et pourriture.

Il se bouche les oreilles et bave un peu, les yeux fous.

Où est César ?
Où est O ?
Où est... Grizzly ?

Il le voit au loin, et il voudrait l'appeler, mais sa voix est morte. Où est voix ???
Il y a des coups de canons.

Capucin bondit, court comme un chat avec une patte cassée, et se précipite vers le bastingage. Prêt à sauter.
Plutôt l'eau que les canons.
Que le noir qui sort de la sorcière morte.



résumé:
 








Capucin rugit en brown.
.......

cadeau de césar:
 


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Koala Cosmique
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MessageSujet: Re: EVENT 5 – Affronter le Tourbillon    Ven 14 Juil 2017 - 21:59


Secousse. La grosse figure de Louis se retourne, il se met en branle, et Koala s'écarte sur son chemin. Il le laisse passer sans un mot tandis que les voix éclatent là-haut, sur le pont. Koala balaye du regard la cuisine crasseuse, obscure, et il a envie de rester ici.
Mais il ne peut pas, n'est-ce pas ? Il n'a pas le droit. Les autres ne se cachent pas. Même ceux qui sont blessés, ou terrifiés, ou tout argentés, comme Loutre. Si seulement il y avait son bâton. Si seulement il avait la force de lutter contre les « si seulement ».
Son pas le porte douloureusement vers le pont. On dirait la guerre. Sans trop savoir pourquoi, il pense au temple, celui qui se dresse encore parfois loin dans sa mémoire.

Il suit Louis, point de repère improbable dans le chaos, et suit toute la conversation entre lui et celle qui s'appelle Annabelle. S'élevant au-dessus des cris entremêlés, un rire un peu dément résonne, suivi de sons de canons.
Koala met tout ce temps à lever les yeux vers la Créature.
Il a si peur, sur le moment, qu'il sent sa vessie se relâcher un peu. Par chance, elle n'est pas très pleine. Son esprit entraîné à la paix et la tolérance tente de toute sa force de ne pas hurler à la vue de l'être qui les domine. Est-ce là une créature de l'île ? Est-ce là un autre Kraken ? Pourquoi est-ce si difficile de l'accueillir, d'accepter son existence, d'ouvrir son cœur à sa vie ? Pourquoi ne lui provoque-t-il qu'horreur, terreur, abomination ?

Mais où sommes-nous... souffle-t-il pour lui-même.

Là où tout existe, lui répond une voix impassible, quelque part.

Les mots d'Annabelle, pourtant, appuient sur sa panique comme une compresse.
Le contraste entre son épouvante et la tendresse avec laquelle elle parle de la créature lui coupe la voix, le souffle. Il ne bouge pas, droit et raide sur le pont. Comme une statue.

Et tout à coup, un frisson moite lézarde la statue. Il se tourne avec douleur en direction de Maman Brigitte. Il ne sait pas ce qui le glace le plus, la sorcière ou le monstre ? En son esprit imprime pour l'éternité la vision de la Licencieuse dégoulinante de cauchemar liquide.
Les canons, toujours.
Les harpons, les lances.
Les sorts.
Les attaques.
La violence.

Les larmes coulent sur les joues de Koala Cosmique.
Ne sont-ils pas horribles, eux, plus que toute autre chose, à se déchainer à ce point dans la destruction ? Ne sont-ils pas les monstres ? N'est-ce pas Cthulhu, gardien millénaire, gardien de son monde, qui est le plus en droit d'être ? Et ainsi, d'anéantir ceux qui ne visent qu'à l'annihiler.

« Ou nous te dévorerooooooons... » Les mots résonnent et tempêtent dans son crâne.
Ils sont terribles.

Un craquement – terrible aussi – les recouvre. Le bateau tourne, penche, râle. Koala tombe. On lui marche dessus. Il se relève. On le bouscule. Il retombe.
Il entend le rire de Last.
Il entend la voix caverneuse de Nacre.
Il entend même des exclamations en direction de la poupe.
Chaos.
Il semble tomber en lui-même à présent.
Il se retourne sur le sol. Sa lèvre est ouverte, le goût du sang lui donne la nausée.
Il se relève. Annabelle a le visage tendue vers le monstre. Il sent qu'elle lui parle. Si seulement elle pouvait tout arrêter. Si seulement elle avait la force qu'il n'a pas, la force de la paix. Si seulement...

Il se relève dans un gémissement et marche en titubant, vers la poupe.
Il rencontre un corps qui le réchauffe, même si le corps est faible au fond. C'est celui d'Abeille, et oui, c'est vrai, sa chaleur lui fait un peu mal. Il pleure encore.

Regarde-nous Abeille. Regarde ce qu'on fait. Peut-être que cette chose, ce n'est rien d'autre qu'une Abelliqueuse.

Son visage s'est enfoui dans la poitrine de la Hurone.
Son regard rencontre celui du capitaine au loin, et en effet, c'est le regard de la Mort.

Ils vont tuer Loutre...

Il ne sait pas pourquoi. Mais il en est sûr.


résumé:
 









Koala en chair et en os ::
 


Koala Cosmique médite en sienna.


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Grizzly Funeste
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MessageSujet: Re: EVENT 5 – Affronter le Tourbillon    Ven 14 Juil 2017 - 23:06

Il a entendu le rire. Derrière lui. Alors qu’il jetait d’inquiets regards vers les hauteurs où Capucin s’était réfugié.
Il a entendu. Il a écouté. Il ne s’est pas retourné.

Grizzly n’a pas tout compris, Grizzly a décelé la moquerie, la provocation dans le timbre trop sensuelle de la plus jeune des deux visages-sombres.
Qu’apprenait le peuple du Bayou ? Est-ce que tous ses voleurs de terre, ces voleurs de morts ne respectaient pas même leur propre vie ?

Grizzly se souviendra du rire. A son tour d’en faire « Promesse ». Il n’avait jamais laissé passer d’injure. Jamais. La jeunesse n’excusait pas le moindre faux pas, ce qu’en témoignait nombre des scalps pendant parfois, à sa ceinture.
Non Grizzly ne pardonnait pas. Fut-ce léger, fut-ce futile, ou même nimbé de bonnes intentions. L’écorché avait depuis toujours manqué de nuances. De tolérance.

Mais le changement dans l’air, la tension plus lourde dans l’atmosphère et les remous nouveaux l’empêcheront de ruminer trop longtemps d’éventuelles vengeances.

Le monstre surgit, se révèle et culmine, les écrase de toute sa prestance, de toute sa dominance.
Grizzly doit se faire violence pour ne pas bouger, pas le moindre battement de cils : il fixe l’entité. Il ne sait pas ses origines, ni ses capacités, mais il sent - comme bien souvent -, il sent et subit l’effroi comme tous les prisonniers de cette épave hurlante et glissante. Il ne pourrait de toute manière s’en détourner, épris d’une sourde terreur, d’une étrange douleur et fascination morbide. Un écho. Une résonance.
L’Ecorché s’est éloigné du mât, il se rapproche de la proue, comme appelé ; un langage qu’il ignore mais qu’il ressent par tous ses pores et la rage.
La rage qui fourmille, s’entortille en toutes ses émotions, ses sensations qui s’affrontent, se nourrissent, se grandissent. Et Grizzly Funeste n’aime pas ça. Ni ce qui le trouble, ni ce que l’apparition provoque. En lui et chez les autres. Et surtout : il ne comprend pas. Il ne se comprend pas, la frustration grandit.

Quand le Jolly Roger vire soudainement de bord, le Peau-Rouge se raccroche au mât. S’il a saisi que les visages pâles tentent quelque chose, il ne peut qu’être spectateur. Et malgré lui témoin de l’échange entre la squaw et l’étrange créature l’accompagnant ; ce qui le sort de sa transe…

Grizzly a suivi, attentif, toutes les explications. En comprenant le nom et l’origine de l’abomination, est étreint par une colère qui n’est ici que sienne : un nouveau démon pour les détruire ? La responsabilité d’une simple squaw et de l’esprit d’enfance ?
L’Ecorché en éructerait de furie mais l’action de « Maman » le prend une nouvelle fois de court, à la fois dégoûté et par trop impressionné.

La squaw des marais démontrait une ire bien supérieure à la sienne. La squaw des marais ne semblait ciller ni même hésiter. Rassurant le guerrier sur les positions à garder.*
On ne raisonnait pas avec les monstres.

On les affrontait.

Il entend, des entrailles du bateau, il entend la rumeur du vieux voltigeur, il entend la clameur hystérique de N’a-qu’un-oeil et de ses boules de feu.
Il entend l’aversion de la sirène, les sifflements et la menace.
Et lui aussi - comme le Capitaine - se prend à sourire.
Malgré les vents contraires, malgré ses sens, malgré son instinct et sa chair.

Grizzly Funeste parait bien calme.
Peut-être prie-t-il vraiment ton Dieu, petite squaw blafarde ? Car il lui parle, oui.
A sa manière. Toute intérieure.
Grizzly n’est pas chaman. Grizzly n’a que sa force et l’inconscience de sa rage.
Le guerrier s’est armé, mû par la haine de ces étrangers. Il s’est penché à l’extrémité, observant de biais les remous de la sirène. Presque serein.
Cela lui ressemble si peu; ce calme olympien où seuls ses yeux luisent un peu plus fort. Il sent le monstre, il le hume. Tendu, les muscles saillants, comme l’animal redressé qu’il a toujours été.

Le guerrier contemple Chtulhu, faisant montre d’un profond respect, et d’un reste d’hésitation que ses sourcils froncés balaient.
Ils l’ont décidé.
Grizzly ne fuit jamais.
Ignorant la présence qui s’est rapprochée à ses côtés, l’Ecorché jauge la distance.
Dans sa main, c’est un harpon qu’il a trouvé. Une arme de ces blancs. Grizzly est loin de se douter de l’ironie de son choix. Mais Grizzly ne doute pas. Il y a noué, une corde et s’est harnaché d’autres couperets. Il veut profiter des affres que le Bayou continue de provoquer pour se lancer à son tour.

Le brave se déleste de l’extrémité de la corde au premier venu qui l’aura approché, presque sans y faire attention ; « Tiens-la, pour Grizzly » .*
Concentré à l’extrême, les muscles bandés et faisant appel à tout ce qu’il lui restait d’essence, Grizzly projette le harpon vers la créature malgré la distance, la perforant.
Et malgré la pluie de boulets et les incantations proférées, Grizzly veut s’élancer à son tour…
Ce qui l’effraie,
il ira l’affronter.

… Avant d’apercevoir la chute d’un petit corps qu’il connait trop bien.
L’Ecorché bifurque brutalement pour plonger à son tour à la suite de Capucin.
Offrant un dessein inattendu à sa première impulsion.

Résumé:
 








Il s’était éveillé. Il s’était réveillé.
Le monstre demeurait.
A ronger ses entrailles, à exiger encore sa part insatiable.
Les lunes décroissent, s’effacent...
Et le regard sombre de Grizzly fend la pluie.
Il est de retour chez lui.


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Abeille Vigilante
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MessageSujet: Re: EVENT 5 – Affronter le Tourbillon    Sam 15 Juil 2017 - 1:33

Abeille ressent encore ce mélange incongru d'anticipation et d'euphorie ; ça fait des picotements dans tout son corps. Elle finit son fruit trop mûr, jusqu'au trognon, plus par nécessité que par goût. Le patient à côté d'elle racle son écuelle. Il s'en dégage des relents de viande qui lui donnent la nausée. Elle garde le visage soigneusement tourné en direction de la porte.

- Peau-Rouge ?

Elle se tourne dans la direction du pirate qu'elle ne voit pas. C'est à elle qu'il s'adresse, mais elle ne répond pas.

- C'quoi ton nom ? Moi c’est Carne.

Abeille se fend de son sourire le plus poli.

« Enchantée. »

La première question du pirate est peu subtilement mise de côté. C'est peut-être mesquin, et certainement immature, mais elle considère qu'il n'a pas à le savoir. Elle ne sait que faire de son nom à lui en tout cas. Il ne lui évoque rien : ça ressemble à une langue qu'elle ne connaît pas.
De toutes façons il ne semble pas trop s'en formaliser, et la remercie, avant de tenter de se lever.

Et s'étaler sur elle dans une injure.

Il se rattrape à ses bras et s’empêtre dans ses cheveux. Ça tire. Et ça sent, la marée le sel et le sang. Abeille ne bouge pas malgré son premier réflexe de recul et de dégoût. Elle reste aussi stoïque qu'elle sait l'être.

« Ah. Ne bouge pas. »

Et le détache, avec précaution, une mèche après l'autre. Quand Carne est sur ses pieds, elle est dispensée de faire le moindre commentaire : Le sol vibre. L'air aussi. Il devient lourd et gelé, presque solide. Et là haut sur le pont, ça hurle. Abeille a à peine le temps de l'enregistrer qu'Annabelle a déjà couru dehors.

Elle hésite, une seconde, les jambes plantées sur le plancher de bois qui tangue. Sa main est agrippée à l'épaule du pirate, comme si ça suffisait à l'empêcher de tomber. Finalement, elle pivote vers lui, l'assied sur le lit de force. Elle ne dit pas ne bouge pas, mais son regard aveugle lui lance assez d'éclairs.
Quelques secondes plus tard elle a suivi le même chemin que la fille de joie.

Sur le pont, tout est pire. Les bruits l'assaillent de toutes parts. Elle reconnaît les canons, les armes à feu, qui la font sursauter. Les hurlements des hommes, les ordres. Elle reconnaît la voix d'Annabelle, qui dit des choses qu'elle ne comprend pas, le rire de la femme du bayou.
Et le monstre.
Ses bruits à lui sont indescriptibles. Mais dans la cacophonie elle n'entend que ça, ça résonne dans son cœur comme des basses. Assez pour qu'elle mesure, l'ampleur de ce qu'ils ont devant eux.
Son cœur rate un battement.

« Hérisson », s'entend-elle murmurer.

Elle tourne la tête en tous sens dans l'espoir de l'entendre.
Marchant pieds nus au milieu du chaos, des gens qui courent et des détonations, comme si elle était perdue.
Elle appelle le nom de son fils et c'est un autre qui lui rentre dedans. Qu'elle entoure de ses bras par automatisme dès qu'elle le reconnaît, enfouit sa tête tout près de la sienne, lui faisant un rideau de ses cheveux.
Ridicule de pouvoir penser protéger Koala contre tout.

Regarde-nous Abeille. Regarde ce qu'on fait. Peut-être que cette chose, ce n'est rien d'autre qu'une Abelliqueuse.

Elle secoue la tête. Elle ne comprend pas. Elle ne comprend pas ce qu'il raconte. Parfois elle a l'impression que Koala comprend les choses mieux qu'elles. Il ne veut pas qu'ils tuent la créature. Celle qui menace de les tuer tous.

Ils vont tuer Loutre...

Son cœur chavire.
Ils vont tuer Loutre.
Ils vont tous les tuer.

« Non, Koala, non … »

Mais sa voix s'étrangle. Comment peut-être lui promettre que tout ira bien ?

« Koala, où est Hérisson ? » elle murmure.

Abeille sent, depuis la première fois depuis qu'ils sont partis, que son calme lui échappe.
Elle s'est rendue compte qu'il n'y a rien qu'elle puisse faire pour les sauver.

Résumé (TRES INUTILE):
 
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Loutre Sage
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MessageSujet: Re: EVENT 5 – Affronter le Tourbillon    Sam 15 Juil 2017 - 3:26

Le Tourbillon





Abeille Vigilante lève le nez, comme pour sentir quelque chose, mais ce n'est pas une odeur qui compresse la Princesse. La fille pâle, quant à elle, ne semble prêter aucune attention à ses mots.
Un des malades se lève, encore trop faible et finit dans les bras de la mère alors que le navire s'arrête brusquement et sans raison. Des cris se font entendre sur le Pont : de terreur pure ; puis des ordres fusent, d'assaut.
Les deux soigneuses sont déjà montées alors que Loutre Sage peine seulement à se lever, la colère l'envahit pour la première fois : contre elle même et sa maladie. Koala est là haut, il doit être terrifié, désemparé et elle ne parvient pas à le rejoindre à cause de la faiblesse de son corps. L'Harmonie n'a jamais connu cela, toujours vive, pleine de vie et de force : elle n'est plus qu'un pâle reflet.
Elle parvient enfin aux escaliers de l'Infirmerie, au moment même où le navire décrit un arc de cercle violent ; sa tête heurte durement le chambranle, lui ouvrant l'arcade sourcilière. Ses maigres forces lui permettent de s'accrocher au bois durant la manœuvre.
Une fois le navire stabilisé Loutre Sage entreprend de s'extraire de l’Infirmerie, au prix d'un effort colossal elle y parvient et pose un regard à demi aveuglé par le sang sur la créature titanesque qui les surplombe.
C'est elle que l'Harmonie a senti, elle reconnait son aura d'un autre monde, de mort, de fin.
Les canons tonnent, la magie déferle ; l'assaut est un suicide.
Il faut empêcher ça et la fille pâle a l'air du même avis ; elle parle à la créature, l'implore, l'apaise. Loutre Sage doit la rejoindre mais une pensée la cloue au pont du navire : Koala.
Elle arrache son regard de la créature et cherche le papoose qu'elle trouve dans les bras d'Abeille Vigilante.
Apaisée, la Princesse va s'assoit aux côté de la priante et de la créature des marais.
En tailleur, les paumes vers le ciel absent, elle ferme les yeux et entre en elle même afin d'étendre son aura, son âme.
Dans ce niveau du monde spirituel la présence de la créature, du Dieu, est telle qu'elle se sent mourir et disparaître un millier de fois. Pourtant l'Harmonie ne lâche pas, sans toucher le trou noir qu'est l'Être, elle répand sa lumière intérieure.

"Pardonne la folie de l'Homme, pardonne leur, pardonne nous : la peur ravage les cœurs. Nous n'appartenons pas à ce monde, nous te laisseront en paix, laisse nous partir."

Mais sa lumière semble aspirée, dévorée par le trou béant du Dieu...



Résumé:
 









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Carne
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Now we cannibals always say grace...
And then we eat your face!

MessageSujet: Re: EVENT 5 – Affronter le Tourbillon    Sam 15 Juil 2017 - 11:07



Carne se débat maladroitement avec sa chevelure et l'indienne. Pourvue d'une patience toute maternelle, elle finit par le dépêtrer d'elle même. Le Blafard la laisse faire, comme un grand gosse qui tente d'être sage comme une image. "Ne bouge pas" a-t-elle dit alors il tente d'être stoïque comme une statue de sel. Il scrute ses yeux laiteux de très près, complètement fasciné par son adresse privée de cette outil -qu'il a lui même défectueux.
Libéré, il s'apprête à la remercier quand le sol vibre. Elle s'appuie sur son épaule et il la retient instinctivement par le dessous du bras.

- Ça va, Enchantée ?

Elle le force à s'asseoir, pour s'enfuir sur le pont. Il est hors de question qu'il joue à l'enfant bien élevé plus longtemps. Il est un pirate, bon sang ! Il s'engouffre dans les escaliers à son tour.

Sur le pont, c’est la débandade. Indiens, Bayouteux et Pirates courent partout en proie à une panique incontrôlée. Des bribes de souvenirs se superposent à ce spectacle. Une nuit, un pont à feu et à sang, le capitàn blessé... Un regard vers la barre lui prouve que leur chef est en bonne santé et qu'il défit l'adversité avec la même morgue meurtrière. Alors, seulement, ses sens le poussent à confronter ses prunelles myopes à la créature  magistrale.

- Grande Madre ! C'est pas de la p'tite pieuvre...

La mère du Kraken serait-elle fâchée qu'on ait fichu une rouste à son rejeton ? Un sourire étire sa dentition de requin. La peur, l'excitation et l'appel au sang sont un coktail qui lui ravive la couenne. Une si bonne pêche sans lui !? L'hérésie ! Pas le temps de retrouver ses armes. Il se jette sur le premier sabre abandonné au sol et en ramasse un second, solidement amarrés à chaque poings. Il se mets à courir comme un dératé jusqu’à la proue du Jolly Roger. Il dépasse Enchantée et un jeune indien, d'autres demeurés en prirère, le gros Louis, la petite Annabelle... Il frôle telle une étoile filante laiteuse, la Mère du Bayou. Tous n'auront le temps de distinguer que son dos et les sirènes d'encre turquoise qui s'y agitent avec fureur.
Il hurle et rit à la fois en sautant vers son colossale adversaire, bras levés, lames pointées, prêtes à crever la peau visqueuse de l'adversaire.

Ce soir il y aura du poulpe à manger !

Résumé:
 







Oraciones para la carne....


Merci de ta bénédiction, Duck prêtresse de SWAG ZE GREAT GOD !!!!:
 
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L'Ombre
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MessageSujet: Re: EVENT 5 – Affronter le Tourbillon    Sam 15 Juil 2017 - 13:49

Event 5


le Tourbillon





Celui que la jeune fille appelle Cthulhu ne vous a pas attaqué. Pas encore. Il se dresse devant vous sans peur, haut comme une montagne, abominable comme les Enfers qui, pourtant, n'existent pas ici. La Créature se réveille encore.

Il écoute la jeune fille qui semble savoir comment atteindre sa conscience, en dépit des barrières cosmiques et ancestrales qui vous éloignent de lui. Produisant des sons terribles que vous ne sauriez ni entendre ni comprendre, tant ils ne ressemblent à rien de ce que vos oreilles aient jamais pu recevoir. On ne sait s'il parle ou rugit.
Les canons se déchaînent contre sa masse colossale et trouent sa peau maudite qui les aspire, les digère, les désintègre, nul ne sait. Tout cela n'est que broutilles. L'agitation l'agace toutefois, car la Créature a coutume d'être louée, jamais attaquée.

Ses bras colossaux s'abattent dans l'eau verte avec force, faisant danser le bateau sur lui-même, tandis que des flots s'élèvent des panaches de fumée d'une couleur difficile à définir.
Les psaumes gutturaux de Maman Brigitte lui paraissent peut-être familiers, puisque ses yeux vides s'agrandissent en se fixant sur elle. Les loas qui l'ont infiltré brûlent d'un éclat faisant étrangement écho à la mer damnée dans laquelle il baigne. Il lâche un autre hurlement qui fait sauter quelques planches du pont et déchire un voilage. De maigres taches noirâtres sont venues maculer sa carcasse, œuvre de sorcellerie qui attise sa colère. Car, c'est certain à présent, la Créature a mal. C'est peut-être la première fois.
Sans la violence que vous déployez contre lui, peut-être se serait-il contenté de se rendormir, bercé par la voix d'une Dormeuse qui, seule, a pris la peine de lui parler avec respect. Mais...
Le harpon l'atteint et perce sa silhouette monumentale. Dans ses yeux ondulent des flammes invisibles.

Il est sur le point de s'écarter, entrainant avec lui les sirènes qu'il a reconnu, il se peut, comme des cousines éloignées qu'il emportera dans son monde. A moins que ce soit ici, son monde, et que vous en soyez les envahisseurs. Le monstre darde son regard creux sur le capitaine Hook, autre gardien, autre monstre, et un énième rugissement déchaine des vagues vertes contre la coque, qui fume, fume.
C'est là qu'un pauvre mortel tente l'impossible. Petite fourmi pâle qui s'attaque à la montagne. Mais la montagne n'est pas faite de sol et de roche, elle est faite de choses qui défient la matière et la réalité. La peau de la fourmi ne peut la toucher sans être foudroyé par l'infamie. Sa propre peau se met à luire, à verdir, à se couvrir d'une couche indescriptible qui évoque l'épiderme de la Créature. Elle fond par endroits, il perd ses cheveux, ses cils, ses ongles, peut-être même quelques doigts ; de ses yeux et de sa bouche s'évadent des volutes jaunâtres. Ses tatouages épouvantés semblent se faire dévorer par l'entité tandis que les remplace un tatouage noir comme la fluide qui coule du nez de Maman Brigitte. Un tatouage à son image, aux tentacules mouvantes, au regard abyssale. Carne est en train de pourrir, de se détruire, car on ne peut toucher un dieu, un démon, venu du ventre du néant.

L'un de ses tentacules balance la petite fourmi sur le bateau, fumante et agonisante, tandis que les autres tentacules se resserrent contre la coque. Qui fume, fume, FUME ! Le ciel se déchire, il en tombe des morceaux de noir, comme si l'ordre de l'univers lui-même était en train de basculer. Vous n'auriez pas du le toucher.
Une bouche, comme un énorme trou noir dénuée de toute vie, surgit entre les tentacules. Elle grandit, grandit, et s'avance en direction de celle qui a voulu l'effrayer, elle et ses loas. Son haleine d'horreur les annihile aussitôt, mais sa bouche s'arrête juste devant Maman Brigitte.
Non loin, la Dormeuse lui parle encore. Si vous vous mettiez à danser, à le prier, vous seriez sauvés. Mais vous n'en ferez rien, n'est-ce pas. Les sons des canons résonnent.

Le navire craque de toutes parts. Un jouet dans la main d'un enfant surpuissant. Un autre.

La scène se fige, un silence morbide s'étire sur le pont. Il laisse place aux rêves. Aux cauchemars. Vous ignorez que la Créature en un un gardien. Et qu'il est capable, pour se défendre, pour vous détruire à son tour, de les déployer comme vous déployez vos canons. Ainsi, vos songes les plus monstrueux, les plus contre-nature, les plus bâtards, apparaissent tout à coup. Ils se collent, se glissent, tournent et gémissent, autour de vous.


On peut combattre les monstres et l'univers entier, peut-être, mais qu'en-est-il de ses propres démons ?



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MessageSujet: Re: EVENT 5 – Affronter le Tourbillon    Sam 15 Juil 2017 - 16:08

C'est la fin de tout. La fin du Jolly Roger. La fin du monde. Tout n'est que cris, hurlements. La poudre et le sang se mèlent à l'odeur de la pourriture et de la marée. La pestilence des loas n'est rien face à celle de la Bête. La Mort est partout. Mais la Mort aujourd'hui, c'est lui.

Le navire est en piètre état, beaucoup sont blessés, à terre, épuisés par les combats incessants. Tétanisés par la présence de l'Ombre malsaine. Le capitaine se retourne vers ses hommes ainsi que ceux qu'il accueille à son bord. Il faut réagir vite.
Son oeil s'attarde sur Carne, gisant sur le pont.

- Que personne ne touche le démon ! Lancez les filets, et remontez les sirènes à bord avant qu'elles ne le rejoignent !

Ses yeux s'égarent un instant. Maudite île. Normalement l'Océan est avec eux, pas contre...

- MR JACKSON, à la barre ! Tenez-vous prêt.

Il n'ajoute pas à quoi Keith doit s'attendre. Hook a confiance dans les capacités du timonier. Il les a sorti d'un mauvais pas plus d'une fois.

Le capitaine avance sur le pont comme une furie, distribuant ordres et consignes à l'adresse de chacun. Peut-être douterez-vous de l'utilité de celles-ci, vu l'état du vaisseau... Mais les ordres sont les ordres et vous connaissez la réputation de James Hook.

- Où est Mr Skelton ? Qu'il prenne deux hommes avec lui pour consolider le mât ! Si la voilure nous lâche maintenant nous sommes perdus...

Il s'arrête un instant devant Maman Brigitte, la remercie d'un geste de la tête.

- Je n'ose vous demander plus, mais si vous pouvez maintenir une unité à bord, s'il vous reste des forces pour tenir le navire et les hommes en un seul morceau, alors votre aide sera la bienvenue.

Il continue jusqu'au indiennes, qui semblent désespérément affaiblies. Damné soit leur amour pour l'harmonie des choses !

- Mesdames.

Ses yeux se posent sur Koala.

- Et toi mon garçon.
J'ai besoin de vous pour une mission de la plus haute importance. Rien de mortel, rien de noir. C'est pourquoi il me faut votre main.


Il leur tend plusieurs petits sacs fermés.

- Ne laissez pas leur contenu s'échapper n'importe où. Dispersez-en partout sur le navire, il faut faire vite ! Distribuez les au autres, notre survie à tous en dépend.

S'il n'est que malice et cruauté, le capitaine est sincère concernant la mission. Un léger espoir semble s'échapper des mystérieux sachets. En l'ouvrant, vous constaterez qu'ils ne contiennent qu'une poudre fine et dorée...

Il retourne en direction de la proue. Les couleurs du navire flottent mollement, lacérées par les tentacules du Kraken. Les quelques marins qui n'ont pas pu recevoir de sachets ont été envoyés dans la soute, vers les canons et les fuites. Il ne faut pas que la coque lâche. Tout ne va se jouer qu'à un cheveu.

Jusqu'à présent Hook a réussi à ignorer le tic tac persistant qui résonne dans son esprit. Le crocodile n'est pas loin. Il refuse de céder à la panique dans un moment pareil, et repousse de toutes ses forces le reptile hors de ses pensées. Tandis que l'image se floute, un rire enfantin coupe court au délire.

Il ouvre grand les yeux et lève son regard brillant vers le dieu de l'autre monde.

Oh te voilà enfin Pan. Tu arrives à temps pour le spectacle.

Dans une provocation finale, il pointe de l'épée le Grand Ancien, hurlant aux cannonniers de faire feu. Et il éclate de rire, un rire froid, tout aussi démoniaque que l'entité qu'ils affrontent.
Les cauchemars, la peur et la mort, c'est son monde. Qu’espérait-il lui faire avec ça honnêtement ? Il ne s'est pas senti aussi bien depuis des siècles on dirait. Pan regarde bien, regarde comme ton pouvoir est vain !

Et soudain, le pont tremble. Une vibration légère, presque douce. Les voilent claquent à nouveau, comme si une brise s'était introduite dans la caverne. Le bois craque.


Et sous les rires de son capitaine, le Jolly Roger s'élève au-dessus des flots maudits. Vers le ciel. Vers la surface. Laissons le Dieu mourir d'oubli dans sa grotte.





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