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Dusk
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♣ Grimpeur ♣


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MessageSujet: Re: INTRIGUE 4 – Phase 3 : Éteindre le Feu   Dim 28 Fév 2016 - 21:56

Les messes basses ne l'intéressaient pas, les yeux mobiles des poupées non plus. Dusk avait le dos droit et l'oreille tendue, concentrée sur le rire de l'enfant qui n'était plus sien – un de plus.

Lorsque le groupe avança, elle fit de même et s'arrêta avec les autres quand trois poupées leur barrèrent la route. Lorsqu'un nouveau venu - Fear ou Anxiety, elle ne s'en souvenait plus - se joignit à eux, la Déracinée lui jeta un regard insondable puis se détourna, préférant se concentrer sur l'obstacle. Mirka et la Pirate s'étaient avancées, tentaient de démêler le faux du vrai alors que leur meneuse s'impatientait.

Il y eut du mouvement, autour d'eux. Comme un grand vent dans une plaine, Dusk sentit des frissons parcourir sa colonne vertébrale. Ils n'entendaient plus le rire, mais celui-ci se rapprochait. Et instinctivement, la Mère qui n'était plus referma ses mains sur son ventre, ignorant la poupée qui s'avançait vers elle et le nouvel arrivant. Elle n'attendait plus que Peter, d'une attente qui lui faisait froid. Elle attendait, et savait que l'arrivée du Roi ne la réchaufferait pas.

Il était là, l'Enfant Soleil. Avec ses yeux rouge, son rire en fusion et l'énergie démentielle qui s'échappait de lui comme à gros bouillon. Il était là et souriait, heureux à en crever. Il était là, il salua Mirka avant de remarquer Dusk à son tour.

Lorsque leurs regards se croisèrent, lorsque le sourire du Roi faiblit, la Grimpeuse sentit qu'elle retenait sa respiration, le temps d'un éclat. Amertume d'un regret, déchirement. Au fond, elle ne voulait pas que son sourire s'efface, mais mettra tout en oeuvre pour.
Pour tous les autres enfants.

- On ne partira jamais d'ici. On va rester là, à s'amuser pour toujouuuurs !!!

Le vent souffle, la tempête se lève. Tout le Canton bouge et Dusk, sentant que quelque chose rampe contre ses jambes, s'arrache enfin à l'emprise de Peter. La poupée lui grimpe contre le corps et elle n'est pas la seule : les jouets sont partout, certains sont immenses. Chaos mouvant, mouvement maudit. L'espace d'une seconde, la Déracinée reste figée. Incapacité de vouloir lutter contre Peter, faiblesse écoeurante. Avant de se rappeler que si elle ne bouge pas, c'est la mort.

Que, pour s'amuser, ces jouets-là les serreront jusqu'à les étouffer.

Bond. L'asiatique se place en position de combat, repoussant du mieux qu'elle peut la masse d'assaillants qui se sont formés autour d'elle. Elle n'est pas celle, cependant : Anxiety est tout proche, dans la même galère. Aussitôt ses réflexes de Mère reprennent le dessus et Dusk se fait oiseau vermillon, cherchant à défendre plus qu'à sauver sa peau. Et c'est alors qu'elle se débat, envoyant valser sans aucune hésitation les jouets les plus imposants, qu'elle voit deux menaces fondre sur leur groupe.

La première, c'est l'ours gigantesque qui file vers Anxiety, menaçant de l'attaquer par derrière. Et la deuxième, c'est l'inscription qui s'est soudain glissée sur le front de Mirka alors que la Comédienne faisait montre de son talent.

Réagir. Vite.

Tenter de sauver tout le monde, protéger les enfants.

- Derrière toi !

Elle a lancé le cri à Anxiety avant de foncer vers Mirka, s'interposant entre elle et Peter, bras ouverts, prête à encaisser comme à combattre.

Recule. Qu'elle murmure entre ses dents, impétueuse. Avant de s'adresser à l'Enfant Roi, plus fort encore.

- Peter, tu dois mettre ce collier.

Son coeur bat si fort qu'il va lui crever la poitrine. Mais Dusk n'en laisse rien paraître si ce n'est que ses mots sont pétris d'urgence.

- Si tu ne le fais pas, nous allons mourir.

Elle ne peut pas mentir à son enfant, jamais.

Et tant pis pour le plan, de toute façon les poupées comme le Trairorriste qui s'est glissé parmi eux sont en train de le ruiner méthodiquement.

Et donc:
 







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Ancien Perdu
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MessageSujet: Re: INTRIGUE 4 – Phase 3 : Éteindre le Feu   Mer 2 Mar 2016 - 16:12

Toutes ces poupées partout, ça lui rappelle quelque chose. Quelque chose d'avant l'île. Des gens vides à l'intérieur, c'est comme ça qu'il les voyait. Il l'a oublié, mais c'était aussi le reflet que lui renvoyait le miroir, par moments. Et leurs rires, leurs regards inexpressifs le mettent mal à l'aise. Comment faire confiance à une seule d'entre elles ? Mieux vaut les ignorer et chercher eux-mêmes. Ghost a déjà commencé à arpenter la zone cernée de poupées quand il entend la voix d'Anxiety derrière eux. Ghost se demande pour qui il a peur, là, si c'est pour lui-même ou eux tous ou Peter. Ou tout ça à la fois. Comme lui.

Grudge suggère d'avancer tout droit sans se soucier des tromperies des poupées et Ghost revient vers le groupe, bien d'accord avec elle. Il se retrouve à côté de Mirka au moment où l'une des poupées – il n'a rien écouté de leur conversation stridente – se jette sur elle. Elle est armée d'une chaussure alors la poupée change de cap et s'intéresse plutôt à Ghost, qui la repousse d'un coup de pied. Il n'aime pas ça mais « ce n'est que du plastique », comme a dit Grudge.

Et puis il est là. Ghost voit d'abord les autres lever la tête et il suit leurs regards. Peter Pan, son roi, Peter qu'il adore, à peine reconnaissable. Il se retrouve paralysé, le regard fixé sur lui, cherchant dans son visage dément les traits de celui qu'il aime tant. Il l'avait déjà appelé son soleil avant mais jamais il n'aurait cru qu'il y ressemblerait autant. Il est terrible et dangereux, il semble presque impossible qu'il ne souffre pas le martyr lui-même, mais Ghost ne peut pas s'empêcher de le trouver beau. Un « Peter » presque inaudible, destiné à personne, s'échappe d'entre ses lèvres. Ses yeux glacés sont écarquillés et plantés dans ceux de l'Enfant Roi qui semblent se consumer.

Il faut qu'un clown géant qui se balance d'avant en arrière s’immisce dans son champ de vision pour qu'il cligne enfin des yeux et reprenne conscience de l'endroit où il se trouve, de la mission. Il bondit en arrière pour échapper au clown et voit tous les jouets de tailles variées qui les encerclent. Certains, comme les premières poupées, sont de taille normale, mais d'autres sont gigantesques. Il avait cru qu'ils pourraient toujours fuir assez facilement si besoin, mais cet espoir s'effondre. Ils sont piégés et n'ont plus qu'à réussir ce pour quoi ils sont venus.

Tout en balançant des coups de pieds dans ce qui s'approche de trop près, il écoute Mirka déblatérer son mensonge. Et ce sont ses yeux à lui qui s'emplissent de larmes. Tromper Peter est inhumain, ça lui est insupportable. Et en même temps il faut que Mirka soit terriblement forte pour y arriver. Les yeux du Déplumé oscillent de son visage à celui de Peter, et tout à coup l'inscription « menteuse » se trace spontanément sur le front de la mère. Ghost pense d'abord qu'il hallucine et jette des regards paniqués aux autres pour s'assurer qu'ils voient la même chose que lui. C'est Dusk qui réagit la première et fait une croix sur le plan.

Peter, tu dois mettre ce collier.  Si tu ne le fais pas, nous allons mourir.

Ghost hoche la tête, comme pour lui dire « tu as bien fait ». Parce que ça, c'est vrai. Et il sent plus intensément qu'avant à quel point. Si ce n'est pas l'ours ou le clown ou… BAM ! Le pied d'un poupon géant s'abat sur lui. Ghost agit assez vite pour éviter de mourir écrasé mais son épaule droite est déboîtée et tout son flanc est douloureux. Il ne sait pas où se réfugier. Les zones dégagées les mettent sous les projecteurs et les recoins sont déjà occupés par tant d'artefacts hostiles que s'y cacher serait se jeter dans la gueule du loup. Il ne peut que rester en mouvement malgré la douleur, en tenant son bras. Et espérer. Mais son espoir seul n'accomplira rien.

Il ne sait pas ce qu'il voudrait réellement entendre, il ne sait pas ce qui pourrait le convaincre. Peter ne fonctionne pas à la logique froide et, dans son état actuel, Ghost n'est pas sûr que leurs vies comptent pour lui. Alors il dit seulement ce qu'il sait être vrai, malgré tout, pour toujours, et sa voix n'est pas forte mais elle est sûre :

Je t'aime Peter. Je crois en toi.

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Ancienne Pirate de Terre
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MessageSujet: Re: INTRIGUE 4 – Phase 3 : Éteindre le Feu   Mer 2 Mar 2016 - 19:31



Le Dernier Plan

« La différence entre le courage et la bêtise, c'est...okay, j'en sais rien. »

Et notre tyran en culottes courtes national apparaît, un peu comme la fabuleuse cerise de merde sur le gâteau de merde qu'était cette journée de merde qui ne demandait qu'a être fourni d'une couche supplémentaire de merde avant dégustation.
Inutile de préciser que l'appétit m'avait, fatalement, quitté.

Surtout que l'envie de jouer avec la poupée-Stealth était assez ténue. Comprenez, j'étais terrifiée.
La sensation de Grudge près de moi et son discours me rassura un peu, et la verve de Mirka acheva de me convaincre.
Ca allait passer tout seul. Easy.

Sauf que le mot menteuse s'écrivait en gros sur le visage de la mère en chef, et rendait difficile la manoeuvre sociale prévue.
C'était rattrapable.
Avec un peu de créativité, c'était rattrapable.

Sauf que rien ne se passe jamais comme prévu, n'est-ce pas?
Et l'asiatique laisse s'effondrer le château de cartes, en laissant son coeur s'ouvrir, suivie, dans un phénoménal merdier , du fantomatique garçon.

Vous reprendrez un peu de coulis de merde avec votre dessert, n'est-ce pas?

On allait tous y passer, cramés jusqu'au trognon par le chiard flamboyant, et recouverts de poupées en guise de sépulture. Pourquoi est-ce que mentir posait autant de problèmes à tout le monde? Sérieusement, c'est quand même essentiel pour survivre. Je veux dire, ce n'est pas comme si Pan allait bouder parce qu'on mentait. Ou si il boudait, il pleurerait peut-être un peu, et il pleuvrait. Connerie de bien-pensance.
Vraiment.

Venez dans notre port trois secondes et tentez de survivre, bande d'ahuris, avant de renier le mensonge du haut de vos grands sentiments. Parce que les grandes idées et la grandeur d'âme, ça n'a jamais fait bouffer personne.
Il était temps de laisser aux truands ce qui appartenait aux truands, et arrêter d'étaler toute cette niaiserie dans tous les coins.

Si les poupées voulaient bien nous lâcher, cela dit.
Je me jetais sur le lapin mécanique qui s'attaquait à Grudge,  et entrepris, avec la force des désespérés, de l'enlever, tandis qu'un genre de canard en plastique me pinçait les doigts . Et lorsque le lapin, visiblement contrarié, me cogna dans le poignet, je ruais dans les brancards, la larme a l'oeil, en envoyant des coups de pieds dans tout ce qui bougeait.
J'espérais ne pas blesser mon amie, mais à la guerre comme à la guerre, il fallait bien agir.

Et une fois la menace momentanément écartée, il fallait trouver un plan, tout en gardant a l'esprit cet espèce de mot baladeur et les états d'âme grandiloquents du reste du monde.
Punaise, on aurait envoyé dix pirates, ça aurait été vite plié: un filet, un poids, une bonne corde, basta.
Sauf que les pirates étaient tellement démobilisés qu'ils envoyaient LA SERVEUSE SAUVER LE MONDE.
Merde.

Vas-y, Shifty.
Fais un truc.
N'importe quoi.
Respire, prépare ton rôle comme tu peux, et montre tes dents blanches dans un rictus hilare. (Alors qu'à l'intérieur tu crèves.)


"Bravo, Pan! Fabuleux Pan, Majestueux Pan! Regarde tes petits enfants, tes petits soldats pétris d'amour. Regarde les bien mourir, PARCE QUE TU AS PEUR!"

Merde, Shifty, tu fais quoi?
Provoquer Pan, le pousser à réagir.
Mais quelle idée de merde!


"Alors c'est vrai, ce qu'on se dit au Port. Que Pan n'est pas un Dieu, mais juste un petit enfant terrifié qui a peur au point de ne pas mettre un malheureux collier. Il paraît même que tu as peur du noir, gamin! Est-ce que tu as peur du noir, Pan? Est-ce que tu fais encore pipi au lit? Mais en même temps, c'est normal, t'es qu'un enfant. Mettre ce collier, t'en es pas capable! Parce que Pan, il a peur-euh!"

Là, tu l'a mis en colère, a tous les coups.
On va tous mourir.
Prions sur les bons sentiments exécrables des autres pour le pousser à mettre ce foutu pendentif. Et pour fuir avant qu'ils ne me tuent.
Quel bonheur, putain, quel bonheur.
Vous reprendrez bien deux fois du dessert?




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Ancienne Perdue
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MessageSujet: Re: INTRIGUE 4 – Phase 3 : Éteindre le Feu   Jeu 3 Mar 2016 - 20:33



Éteindre le feu

with le gang des suicidaires





Ah la vérité, cette stupide et pathétique vérité. Il fallait bien que d’autres la brandissent comme étendard pour tenter de raisonner Peter. C’était un couteau dans le dos planté à leurs actions, une façon de souligner le « menteuse » inscrit sur le front de Mirka et risquer leur vie de manière égoïste mais forcément attachante. Pouvait-elle leur en vouloir d’essayer de lui faire entendre des mots d’amour, à cet enfant à la joie débordante de feu et de carnage ? Grudge s’en empêcha, même si la rage lui monta à la gorge, étouffant sa poitrine sous des sanglots qui avaient certainement tout à voir avec le collier qu’elle enserrait encore pour mieux le protéger. Rien ne raisonnerait Peter, pensait-elle tout en hurlant de douleur car les pinces du Lapin ne relâchaient pas leur prise, manquant de lui broyer les jambes. Rien n’allait les tirer de ce pétrin et cette certitude creusait sa place dans son incapacité à croire.

Elle avait toujours manqué d’imagination, de tendresse. D’espoir. Elle s’acharnait seulement à vivre, comme autrefois, entre les immeubles crevassés par les bombes. Raisonnant comme une personne sage et responsable, de celle qui devait protéger les rêves, plutôt que de les formuler. Squeal s’occupait du reste, du bonheur et de l’imaginaire. Mais Squeal n’était plus là et dans sa tête, les derniers mots de Valentine lui revinrent en mémoire, comme sous l’océan.

Des responsabilités. La sienne se trouvait entre ses mains. Et dévissant la tête du lapin d’un coup de pied qui lui retourna le museau sans que cela ne l’arrête, Grudge se mit à hurler le nom de Shark.

Armée, présente, son amie ne la déçut pas. D’une main, la Bombe consentit à relâcher son présent le temps de ramasser les tenailles dessinées par Dorian – Dorian Craie, foutu machin en 2D, elle l’avait repéré, dans ce chaos, et n’allait pas manquer de lui faire sa fête à ce couillon.

Mais sa rage se retrouva vite douchée. Car Shifty, la fière et brave Shifty, venait de reprendre le flambeau du mensonge. Et la Sournoise, pour une fois, méritait bien son surnom.

Les forces décuplées par l’acharnement, ce fut en même temps que Shark que Grudge enfonça les lames de ses tenailles dans la tempe droite du lapin, créant un court-circuit qui détendit ses ressorts, relâchant ses jambes martyrisées. D’un nouveau coup de pied, geignant de douleur, elle se détacha du cadavre. Bondit au sol, évita une poupée.

Et se mit à hurler sur la pirate.

« QUI TRAITES TU DE LÂCHE ?! »

Pitoyablement, elle en pleurait encore.

« C’est Pan ! Le Grand Pan ! Il n’a peur de rien et il résiste encore et toujours à ton camp ! Ton maître ne peut rien contre lui ! Personne ne peut rien contre lui ! Et ce n’est certainement pas ce collier qui lui fait peur ! Il pourrait le mettre et rire encore, car il est fort et fier, Pan ! Il nous a tous ramené ici, pour jouer avec lui et nous jouerons encore, quand il aura réussi le défi de Crochet ! Parce qu’il va le réussir, comme le brave qu’il est ! Plus brave encore que tous les chefs peaux-rouges de l’Île ! Bien plus brave et bien plus fort QUE LE CAPITAINE CROCHET ! »

Et tout en sentant les larmes s’assécher à même sa peau brûlée par cette insupportable chaleur solaire – pire que la forge – pire peut-être que le volcan – Grudge vint brandir le diamant à la face survoltée du tyran.


Spoiler:
 



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Shark
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MessageSujet: Re: INTRIGUE 4 – Phase 3 : Éteindre le Feu   Sam 5 Mar 2016 - 12:47

Elle avance d'un pas si raide qu'il prend une allure militaire. Depuis son aparté avec Grudge, elle marche quelques pas en avant, comme pour montrer le chemin, mais sans oser se distancier du groupe. C'est dur de ne pas regarder à la ronde. De faire semblant d'ignorer les chuchotements et les rires des poupées pour ne plus se concentrer que sur celui de Peter. Shark crève de trouille. C'est ça la vérité, c'est qu'elle crève de trouille, comme toujours. Elle voudrait être ailleurs, faire autre chose, elle échangerait mille corvées contre celle-ci. Elle n'ose pas dire qu'elle déteste cet endroit, qu'elle déteste leur plan a comme leur plan b, qu'elle déteste mentir, qu'ils ont toutes leurs chances de crever, qu'elle ne veut pas crever. Elle garde la tête droite, les sourcils froncés et les phalanges crispées sur sa lance. Elle fait la sentinelle. Elle marche. Elle subit.

C'est ridicule, la façon dont ils se stoppent devant les poupées. Elles ne font que le quart de leur taille, elles sont grotesques avec leurs yeux aussi grands que vides. Shark a l'impression de les reconnaître, comme si elle les avait déjà vues à sa visite précédente, mais non, elle ne se rappellerait pas d'une chose pareille, si ? Elle observe l'échange, crispée, silencieuse. De toutes façons, elle est incapable de déceler le vrai du faux, même quand il est inscrit sur le front des gens. Et là, ce n'est pas comme si le visage lisse des poupées allait lui apprendre quoi que ce soit. Elle sursaute, se tourne lorsque le nouveau venu s'annonce, prête à attaquer, avant de se rendre compte que ce n'est qu'Anxiety. Et immédiatement, c'est le soulagement qui s'installe. Non, un éclaireur n'est jamais de trop. Surtout pas un garçon armé, à peu près capable de se défendre. Grudge l'appelle. Shark, elle dit, et Shark ne comprend pas pourquoi.

Puis c'est la vague. Les jouets et poupées qui sortent des coins d'ombre, de plus en plus grands, de plus en plus tordus, difformes. Le passage est bloqué par des bâtiments de plastique. Et les poupées, les trois connasses, se rapprochent, les encerclent. Ce n’est que du plastique. C’est rien du tout. Rien du tout. Rien du tout. Shark a l'impression qu'elle va s'évanouir. Ou vomir. Ou les deux. Les jouets restent à une distance respectable tant qu'elle a sa lance brandie devant elle avec un semblant de bravoure. Et une autre vague, de chaleur cette fois. Peter ne ressemble pas à Peter. Il ressemble à rien. Son visage semble chauffé à blanc, strié de veines qui lui donnent l'air mourant. Peut-être qu'il l'est. Shark porte une main à son cou, instinctivement. Faute de pellicule, c'est avec ses yeux, qu'elle grave l'horreur de cette image.

On ne partira jamais d'ici. On va rester là, à s'amuser pour toujouuuurs !!!

Oh, ça.
Elle le croit sur parole.

C'est Mirka qui s'avance, tente malgré tout de porter leur stratégie. Elle ment bien. C'est stupide, futile, et courageux. Shark s'avance, parce qu'elle a peur, pour la mère en chef, cette fois, mais se fige alors que le message apparaît. Les deux autres, la grimpeuse à la force étonnante, et le grand oiseau blanc, s'inventent un plan c dégoulinant de bonnes intentions, mais elle n'écoute pas. Elle déchiffre les lettres blanches gravées sur le front de Mirka. M... mé.. menteu- menteuse ? Qui a écrit ça ? Les poupées ? Shark sent le désespoir l'envahir. Elle s’apprête à aboyer à la pirate que ça sert à rien d'insister, que leur plan est foutu. Foutu par ces petites lettres qu'elle a eu tant de mal à lire.
Eh.
Une minute.
Est-ce que Peter sait lire ?

Elle fait volte face, les yeux illuminés. D'accord. Retour au plan a. Mirka est convaincante. La pirate est convaincante. Grudge saura être convaincante. Shark retrouve un semblant de contenance, écarte d'un coup de pied une poupée téméraire. Puis d'un coup de lance sec, elle éclate le crâne du lapin mécanique qui maintient son amie, l'aide à se relever en lui prenant la main, celle encore si étroitement serrée sur le collier. La douleur sur le visage de l'armurière lui arrache une grimace. Mais Grudge a l'air de s'en foutre : elle agite le collier sous le nez du roi en braillant des conneries sur sa grandeur.
Shark se dit qu'elle ne pourra jamais mentir avec autant d'aisance.

Son regard passe sur Dusk et Ghost. Leur franchise naïve ne la dégoute plus tant que ça. Elle s'approche du garçon, atteint à l'épaule.

« Tu vas bien ? »

Ce genre de préoccupations sonne bizarrement, de sa bouche. Mais elle ne peut que s'inquiéter : il a vraiment l'air en sucre. Et quel genre de garçon peut déclarer son amour avec autant de sincérité après s'être fait déboîter l'épaule ?
Non, vraiment, Shark ne pige pas.
Elle se tourne de nouveau vers Peter, alors. Ne dit rien. Parce qu'elle n'a rien à dire, à Peter. Elle n'a jamais eu rien à lui dire. Elle s'est contentée d'un zèle silencieux, de haussements d'épaules, d'un respect sans amour. Et elle le regarde, elle le fixe de la façon dont elle le fixe toujours : avec ce regard de reproches qu'elle ne s'explique pas et qu'elle ne pourrait pas lui expliquer. Et sans qu'elle le sente venir, sa bouche tremble, se tord, sa gorge se serre. Et Shark pleure.

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MessageSujet: Re: INTRIGUE 4 – Phase 3 : Éteindre le Feu   Sam 5 Mar 2016 - 19:26

Intrigue 4
Chapitre 3 : Éteindre le Feu

 



AU COEUR DE L'îLE


Participants:
 


C'est un miracle que ces enfants, car ce sont bien encore des enfants, puissent réfléchir et mettre en pratique le plan élaboré qu'ils ont imaginé. L'urgence, la douleur et la peur n'ont pas encore paralysé leur pensée. Peter Pan, lui, ne réfléchit pas, alors même qu'il ne subit ni urgence, ni douleur, ni peur. Les jouets continuent leur progression et leur lente agression entre tendresse et violence, guidés par l'âme de leur maitre.

Peter écoute attentivement. Le ton saccadé suinte la détresse et cela l'interpelle. Il ne comprend pas bien cette histoire de collier. Pourtant, on le voit qui descend lentement de son plafond édulcoré, insensible à ce que ses amis mécaniques font subir à ses sujets. Insensible, ou inconscient.
Il hésite, et cette confusion produit un drôle d'effet sur son visage déshumanisé. L'espace d'un instant, on voit le petit garçon derrière le monstre. Il a presque touché le sol du bout de ses pieds. Mais... Mais Craie connaît bien son roi. Peter Pan ne sait pas lire, aussi le plan n'est-il pas un franc succès, mais la simple intervention du Trait le fait rire aux éclats. Une nouvelle vague de chaleur irradie de son être et il redécolle légèrement, porté par son ivresse renouvelée. Découragement.

Pourtant, ils n'ont pas dit leur dernier mot, les enfants.
La première à relancer l'offensive, c'est Dusk. Et qui d'autre que Dusk peut atteindre le cœur malade du Coeur ? Sa voix éteint même, un très court instant, la flamme rouge qui dévore son regard. Il devient bleu, puis doré, puis rougeoie à nouveau. Peter Pan est perplexe. Il ne comprend pas. Pourquoi porter un collier empêcherait Dusk de mourir ? Il ne peut pas supporter que Dusk meure. Ni Mirka, oh non. Mais ce collier lui fait peur, soudain. Il a l'air si important. Si grave. Le tyran est descendu tout à fait, cette fois. Il ne s'en est pas rendu compte. La foi que Ghost lui porte l'attendrit et le déstabilise, l'un étant lié à l'autre. Il ne comprend pas pourquoi tout est devenu tellement vrai, tellement sérieux.

Shifty creuse. Peter fronce les sourcils en l'entendant. Il rentre dans le jeu, sans mesure, sans prudence. Sa colère le rend plus bouillonnant encore, son expression change.

Non, ce n'est pas vrai ! Ce n'est pas vrai, et je ne dors jamais ! Et je ne pleure jamais ! TU MENS !

Les jouets se sont arrêtés. L'atmosphère a changé.

Grudge marque le point final.
Peter, de son regard flou, la voit s'avancer vers lui et l'écoute le défendre. Il se calme un peu, se rengorge, se rassure. Bien pus brave que le capitaine Crochet.

Alors il prend le collier, qui crépite un instant dans sa main. Il jette un regard à Dusk, cette mère qu'il n'a pas encore oublié, et à Mirka, cette mère qu'il fera tout pour garder. Le regard confiant de Grudge, celui de défi de Shifty, celui qui mêle espoir, foi et peur des autres (à part Dorian Craie), tous ces regards font que Peter Pan succombe et enfile lentement le pendentif.

L'effet n'est pas immédiat. D'abord, l'attente. Puis, le visage de Peter Pan se crispe. Son corps tressaille. Il tombe à genoux.

Qu'est-ce que vous m'avez fait ! sa voix résonne loin, jusque dans vos poumons. Ah... Ah...

Des teintes bleuâtres grésillent sur sa peau, se plaquant au rouge et au doré. Tout devient bleu alors, autour de vous, le ciel. Bleu et gris. Le ciel blanchit. Mais Peter Pan ne pleure pas encore. Il a seulement mal. Très mal. Ses émotions sont reconnectées une à une, comme une greffe nerveuse. Il ne peut pas se relever.

Je vais tous... vous tuer !!! Tous ! AAH ! Vous n'avez pas le droit... Je ne veux pas être triste. Aïe ! Mon... Mon cœur ! J'ai mal à mon cœur !

Ça y est, il va pleurer.
Non.
Il se relève.
Bleu, gris, le regard déchiré, mais il ne pleure pas. Il vous regarde comme il regarde les adultes qui blessent, qui trompent. Qui trahissent.

Pourquoi ? Je vais vous tuer. Je vais tous, tous, tous vous tuer !!!

Et malgré la menace mortelle qui pèse sur vous, malgré la confusion qui règne à présent sur le succès de votre quête, vous ne pouvez abandonner. Il faudra l'abattre encore plus, le rassurer ou l'émouvoir, mais une larme, au moins une, doit tomber.



_____________




► Concrètement, votre personnage est en proie à un dilemme. Le but est presque atteint, mais la colère précède la peine. Peter Pan vous hait de toute sa force et vous êtes en danger. Vous devrez trouver un moyen de l'amadouer, l'émouvoir, l'affaiblir, en tous cas changer sa fureur en chagrin et sa force rouge en fragilité bleue pour de bon.
► Le prochain tour aura lieu samedi prochain.
► N'hésitez pas à broder votre environnement à loisir.
► Pensez à l'éternel résumé qui aide beaucoup vos petits maitres !



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MessageSujet: Re: INTRIGUE 4 – Phase 3 : Éteindre le Feu   Lun 7 Mar 2016 - 19:35



Éteindre le feu

with le gang des suicidaires






Soudain il est si proche que « cuire » prend son sens véritable à son contact. Pan irradie d’une lumière qui est au-delà de celle du soleil. Et des étincelles crépitent à sa peau, venant brûler sa peau quand il tend la main pour se saisir du collier. Grudge a tellement mal de cette vision qu’elle doit détourner les yeux pour ne pas être aveuglée – et ne pas contempler le désastre de ce visage d’enfant congestionné par une hilarité si grave qu’elle lui éclate les veines et le rend péniblement monstrueux. Il lui tarde tant de retrouver le petit garçon qui savait organiser des jeux amusants entre les enfants, capable de les défendre contre les pirates et de les émerveiller de nouvelles inventions, qu’elle chancelle de le voir enfiler le collier, soulagée au point d’en tomber.

Ca a marché. Le plan et tout ce que chacun a entrepris pour le convaincre a fonctionné au-delà de leurs espoirs. Bientôt la pluie va se mettre à tomber et tous pourront rentrer à leur quotidien. Grudge n’en aura aucune fierté. Parce que ce n’est pas pour son orgueil qu’elle agit ainsi et l’inquiétude lui met un goût de sang en bouche, de peur d’être bannie, de crainte de perdre tout ce qu’elle a péniblement amassé aujourd’hui. Oui la vengeance de Pan sera terrible, quand il se remettra. On ne met pas Peter en pleurs sans en subir les dommages, ne serait-ce que de sa cour d’adorateurs qui ne manqueront pas de les écharper.

C’est pas grave. Ca en valait sans doute la peine. Et la lumière vacille, devient rouge, plus bleu, sous les cris d’un Peter au cœur bientôt brisé.

Les menaces de mort pleuvent et Grudge ne sourit pas, n’attend même plus le changement. Evidemment, le collier ne suffit pas, il leur faut persévérer dans leur mission pour que tout revienne en ordre. Mais elle n’a plus la force de lui mentir. Plus la force de lui faire croire que tout cela n’est qu’un autre jeu. Elle est fatiguée. Fatiguée de cette course et du poids qu’elle a porté depuis le message des carpes. Fatiguée d’avoir entendu Valentine lui parler tout le temps où elle a tenu ce collier. Fatiguée d’avoir vu les autres pleurer pour cette larme qui crépite entre les doigts de Pan et qui n’arrive même pas à produire l’effet escompté.

Elle renverse la tête en arrière. Et sa croix se plante à sa gorge. La brûle, profondément.

« Bon sang. » Gémit-t-elle en arabe. Avant de tendre les bras vers lui. « On devait le faire Peter ! On devait le faire pour pouvoir vivre, tu comprends ? Même si ça nous rend aussi malheureux ! » S’exclamer, la voix brisée. « Souviens-toi des petits, Peter ! Tous ces enfants qui sont morts à l’Arbre, tous ceux que tu as enterrés. Monseigneur Félix, souviens-toi de lui ! De tous ceux qui ne sont jamais rentrés ! Et de ceux qui t'attendent là-bas, comptent sur toi ! Tu veux qu’on joue encore tous ensemble et on n’est là pour pouvoir le faire, parce qu’on t’aime Peter. Je t’aime pour tout ce que tu as apporté à ma sœur. Je t’aime pour cette île. Et je veux bien que tu me tues, d’accord. »

Elle baisse les bras. Se met à trembler, de nerfs. D’épuisement.

« Mais je t’en prie, je t’en supplie, redeviens celui qui m’a tendu la main. S’il te plait. Je crois en toi ! » Plus qu’aux licornes, aux comètes, aux Arbràbouffe et même aux fées.

« Je crois en toi, Peter Pan… »


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MessageSujet: Re: INTRIGUE 4 – Phase 3 : Éteindre le Feu   Mar 8 Mar 2016 - 15:25



Le Dernier Plan

« La différence entre le courage et la bêtise, c'est...okay, j'en sais rien. »

Nous avions réussi.
Putain, nous avions réussi.
Il allait enfin enfiler ce collier à la con, et en sortant, j'allais célébrer notre victoire, ma victoire en allant me rouler dans la boue toute fraîche. Tant pis pour l'ego, place a la pluie.
Il était tellement temps...

Le ciel crépite bleu.
Ca y est!
Je guette le son de l'averse imminente.
Et rien.

A la place, un cri monstrueux de petit garçon désespéré, qui menace de tous nous tuer.
Quoi? Mais pourquoi? Mais ce collier était censé fonctionner, et nous étions si proche du but! Pourquoi? POURQUOI PUTAIN?
J'ai serré les lèvres, blême. Il allait tuer tout le monde, et moi avec. Et avec un peu de bol, j'allais être la première sur la liste. Quelle horreur.
Et là, Grudge s'est agenouillée.

Et j'ai compris toute l'horreur de la situation, dans ses litanies, dans ses demandes, dans ses explications.
Je l'ai imaginée bannie, tapiner au port. Ma pauvre petite Grudge, devenue adulte, avec tous les marins du port qui lui passaient dessus à la chaîne. Et la retrouver, au petit matin, comme un coffre forcé avec un manche de pioche.
J'ai failli dégueuler mes tripes dans l'instant, vomir sur mes pieds et pleurer.
Qu'est ce que j'avais fait?
En la laissant faire une chose pareille, j'avais compromis sa place au grand arbre. Et je n'avais pas la possibilité d'implorer Peter. Après tout, j'étais dans le camp des méchants, n'est-ce pas?
Et jamais je n'arriverais à le faire pleurer.

J'ai eu envie de m'arracher les cheveux de désespoir.
Il me fallait une putain de bonne idée.
Une vraie bonne idée de truande.

Et subitement, elle est venue.
Si je n'étais plus au Grand Arbre, je ne craignais plus le bannissement, n'est-ce pas? Je veux dire, j'avais déjà tout foutu en l'air. En appliquant la politique de la terre brulée, les risques pour moi étaient minimes. Sauf si il se décidait à me tuer sur le champ.
Mais Grudge ne tapinerait pas.
Et ça valait le coup de faire la dernière grosse connerie de la terre.
Putain oui, ça valait le coup.
Il fallait juste que tout le monde joue le jeu encore un peu. Et tout le monde serait sauvé. Et si je la jouais finement, même moi, j'avais une chance de vivre.
Respire.
Un.
Deux.
Dernière fois que tu entres en scène, sournoise.
Il va falloir que ce soit fabuleux.
J'ai élevé la voix.

"Ça va, les jeunes. Vous avez bien obéi. On libérera vos amis. Ils seront rentrés ce soir, si ils ne se perdent pas en chemin."

Rictus hilare, qui s'adresse aux Garçons perdus.
Envie de vomir.

"Maintenant, rejoignez-le, votre petit copain. Le collier ne l'aura pas fait pleurer, mais c'est pas si grave que ça. On a pu prouver que Pan était faillible, et fragile. Les pirates vous laissent partir, les mômes. Pour l'instant."

Accuse toi de ce plan, Shifty. Sois convaincante.

"Regarde tes enfants, Pan. Cette brochette d'andouilles capable de tout faire pour te sauver. Parce qu'ils t'aiment. Ils ont même réussi a faire échouer le plan des Pirates, c'est dire, en ne te faisant pas pleurer."

J'avisais la tête blonde de la mère en chef, proche de moi. La dernière pièce du puzzle se mettait en place.
Maintenant, je n'avais plus le droit de me louper.
Comme face au peau-rouge avec Grudge, j'ai retiré une sangle de mon pantalon.
Comme face au peau-rouge, je l'ai enroulée dans un geste rapide autour de la gorge de Mirka.
Comme face au peau-rouge, j'ai un peu serré, mais pas trop.

Et maintenant, le clou du spectacle.
Ganesh.
Donne moi la force.

"Le collier n'a pas marché, Pan. Mais lorsque j'aurais tué ta mère devant tes yeux, alors, tu pleureras. Quand elle sera étendue face a toi, parce que j'aurais serré son cou aussi fort qu'elle t'aime, tu pleureras."

Serre, pas trop fort.
Surtout, ne pas tuer Mirka.
Merde, j'aimais bien la mère en chef, moi. Et je n'avais aucune intention de la tuer. Mais si je l'avais prévenue, elle aurait menti. Et un mensonge, ça se sentait. Là, elle allait avoir vraiment peur. Et c'était ce que je voulais, pour la survie de tout le monde.

"Mieux que ça, Pan. Je vais la serrer aussi fort que toi tu l'aimes. Je vais la tuer avec ton amour, Pan."

J'ai reculé de quelques pas, en tenant la mère en chef contre moi, sangle enroulée.
Pourvu que ça fonctionne.
Pitié.
Pourvu que ça marche.



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MessageSujet: Re: INTRIGUE 4 – Phase 3 : Éteindre le Feu   Mer 9 Mar 2016 - 21:36

Tu jettes des regards paniqués autour de toi et essaies de te défaire de l'étreinte de la jeune femme. Tu ne comprends pas la situation, et n'arrives pas à savoir comment vous en êtes arrivés jusque là. Tout se passait très bien. Ton mensonge était convaincant et semblait avoir touché Peter. Et en quelques instants, tout avait basculé.

Sans trop savoir pourquoi, Dusk avait pris ta défense et t'avait ordonné de reculer. Elle avait alors dit la vérité à ton enfant et avait été soutenue par Ghost. Et toi, tu étais restée les bras ballants, à chercher ce qui n'allait pas dans ton plan. Tu n'avais pas senti Dorian écrire sur ton front, et ainsi ne voyais vraiment pas pourquoi tout le monde s'était inquiété d'un coup.
Puis un jouet de la taille d'un très gros chien s'en étais pris à toi, et toute à ton combat, tu n'avais pas suivi ce qu'il s'était passé. Tu entendais les conversations mais ne les écoutais pas. Tu voyais des gestes du coin de l’œil, mais ne les regardais pas.
Ce sont les hurlements de Peter qui avaient finalement attiré ton attention, et tu avais deviné qu'il avait enfin enfilé le collier.  Mais l'effet n'a pas été celui espéré. Le petit garçon n'étais plus heureux, certes. Mais il étaient maintenant rempli de colère et de haine. Il se sentait trahi. Et le voir souffrir ainsi te faisait mal. Mais tu n'avais pas le temps de t’apitoyer sur son sort, pas encore. Le temps viendrait où tu pourrais le consoler et remplir ton rôle à merveille. Mais pour l'instant, il fallait aller au bout de la mission. D'autant plus que le danger pour vous était devenu plus grand.

Et c'est à ce moment là que la Pirate a pété les plombs. Elle t'a attrapée par derrière et a commencé à t'étrangler, menaçant Peter de te tuer. Si tu avais pris le temps de raisonner, tu aurais compris que ce n'était qu'un ultime plan pour faire pleurer le petit garçon. Tu aurais senti que la jeune femme ne serrait pas vraiment la sangle autour de ta gorge, et que donc tu n'avais rien à craindre. Tu aurais entendu le mensonge dans ses mots.
Mais la situation qui ne fait qu'augmenter ton stress, ta peur de ton propre enfant et la surprise du geste t'empêchent de réfléchir correctement. Alors tu as peur, très peur. Et tu paniques. Le sang tambourine à tes oreilles et ta respiration s'affole. Tu essaies de te défendre, mais ne fais qu'une série de gestes confus et désordonnés. Alors, en désespoir de cause, tu fixes Peter et le supplies du regard.


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MessageSujet: Re: INTRIGUE 4 – Phase 3 : Éteindre le Feu   Jeu 10 Mar 2016 - 1:46

Ghost ne comprend pas la réaction que suscitent ses propos et ceux de Dusk chez les autres, mais il semble bien que ce sont eux qui les font s'agiter ainsi. Il remarque l'air irrité sur le visage de la pirate et celui de Grudge. Les mots de Ghost n'étaient destinés qu'à Peter et il ne pensait pas avoir dévoilé le plan, la trahison. L'expression sur son visage a-t-elle suffi à le faire ? Ou bien était-ce Dusk ? Elle a dit la vérité, mais sans rien démentir non plus, comme il a voulu le faire. Et contrairement à lui, elle sait garder un visage impassible. C'est donc sans doute sa faute, à lui, à son cœur comme un livre ouvert. Mais Peter ne peut pas soupçonner la supercherie pour si peu. Parce que malgré tout ce rouge et cette douleur, Peter possède toujours sa candeur enfantine, et Ghost sait qu'il va prendre les mots de Shifty en plein cœur, sans y déceler la manipulation.

« Tu vas bien ? »

Ghost tourne la tête vers Shark qui vient de s'approcher de lui. C'est au cœur qu'il a mal, bien plus qu'à l'épaule, surtout lorsqu'il comprend — tardivement — que Grudge ne fait que manipuler davantage son roi adoré lorsqu'elle prétend prendre sa défense. Il n'en veut pas à Grudge, il n'en veut à aucun des menteurs, mais l'idée d'entrer leur jeu lui est impensable. Il n'en est simplement pas capable.

« Ça va, ça va aller, » dit-il à Shark. Eh bien voilà, Ghost, tu arrives à mentir, tu vois.

Il la voit reporter son regard sur Peter et se mettre à pleurer. Son seul réflexe est de passer son bras mobile autour de ses épaules, les yeux rivés sur leur roi lui aussi, les yeux humides lui aussi. Parce que Ghost voit comme il est déconcerté, comme ses sourcils se froncent. Il voit poindre la victoire et elle s'accompagne du plus grand désespoir. Ghost ne croit pas avoir déjà vu quelque chose de plus terrible — la faute à sa mémoire défaillante, mais pas uniquement. Non, bien sûr qu'il n'a jamais rien vu de pire. Ils sont pires que des adultes, à tromper un enfant si jeune et si innocent, à triturer les mécaniques de son cœur pour l'amener à faire exactement ce qu'ils souhaitent. Et il enfile le collier. Ghost a beau se répéter qu'ils ne le font pas pour parvenir à leurs propres fins, qu'ils le font pour sauver l'île, toutes ses créatures et Pan lui-même, rien n'y fait. Rien ne peut faire passer l'horreur qu'il ressent à être complice du stratagème, parce que la seule chose pire que la manipulation d'un innocent, c'est son regard lorsqu'il comprend qu'on l'a trompé. C'est ce regard qui fait fondre Ghost en larmes pour de bon, assez de larmes pour toutes celles que Peter refuse de verser. Il ne réalise pas qu'il relâche Shark et qu'il s'écroule sur le sol.

Et le pourquoi, la voix trahie qui résonne. Pour toi, pour nous tous, pour ton monde, pour tous les enfants, pour toi, Peter. Il voudrait lui dire encore combien il l'aime et combien il est désolé, mais rien d'autre ne sort que des sanglots étranglés. Il est touché par l'honnêteté soudaine de Grudge et il lui semble qu'elle lui enlève certains mots de la bouche. Pas seulement les mots d'amour, ceux qui disent « je veux bien que tu me tues, d’accord », ceux-là aussi.

« Pardon, pardon, pardon... » parvient-t-il seulement à répéter, à mi-voix, comme dans une prière.

Il est trop abattu pour suivre tout ce qui se déroule ensuite. Il entend la voix de Shifty mais les sons refusent de s'articuler immédiatement en mots. Il en rate la plupart et ne l'entend pas s'accuser du plan. Mais lorsqu'elle menace d'étrangler Mirka, Ghost se relève brusquement, réaction réflexe qui lui arrache un « aïe ! » sonore. Il avait oublié son bras. Mais c'est peut-être une bonne chose, il allait essayer de l'arrêter. Il se ravise, hésitant. Shifty joue trop bien, il n'est pas certain qu'elle bluffe. Serait-elle prête à tuer Mirka pour faire pleurer Pan ? Sans doute que ce serait efficace, mais ce n'est pas une option.

« Fais quelque chose Peter ! »

Va, sauve-la, et tu pourras pleurer de soulagement dans ses bras. Si seulement.

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MessageSujet: Re: INTRIGUE 4 – Phase 3 : Éteindre le Feu   Lun 14 Mar 2016 - 16:59

Le pire, ce n'étaient pas les poupées. Ce n'était pas le regard des enfants, les sanglots que - de toute part - elle entendait. Le pire n'était pas non plus la chaleur ou l'idée qu'ils finiraient par mourir.

Le pire, c'était le regard de Peter et ce qu'elle y lisait. Qu'elle y reconnaissait, comme le jour de la Chute, après qu'elle soit revenue vers lui et qu'il sente son vide, l'amour pour un autre que lui.

Lorsque la Pirate lança un nouveau mensonge et s'empara de Mirka, Dusk ne put que se retourner vers elle, la fixer avec une authentique surprise sur le visage et dans le regard. Et vite, vite les rouages tournèrent, vite le coeur se gonfla. Et si c'était vrai ? Et si elle la tuait vraiment ?

Deux secondes de sentimentalisme avant que la raison - cette même discipline inflexible qu'elle se forçait à suivre pour ne pas craquer - ne la reprenne brutalement, implacable et logique : la Pirate mentait, elle simulait une part du plan qui était fausse puisqu'ils n'étaient pas au courant. Quant à ce qu'elle annonçait vouloir faire à Mirka... Dusk n'avait aucun moyen de savoir si c'était vrai ou non.

Une Pirate pouvait-elle être bonne au point d'endosser une peine si grande ? Dusk la fixa en quête de réponse, tout en sachant que c'était ce qu'elle-même ferait, à sa place.

Dusk déglutit, envisagea toutes les options. Mais si elle se jetait sur Shifty, elle prendrait le risque de blesser la Comédienne. Son amie.

Il y avait quelqu'un d'autre sur qui elle pouvait agir. Pour éviter, peut-être, que la serveuse subisse l'entière colère du tyran qui leur faisait face. Parce que - Pirate ou pas - ce ne serait pas juste et que même déchue, l'ancienne Mère en Chef ne pouvait pas laisser une telle chose se produire. Si elle n'était pas forte, qui le serait ? Elle n'avait pas le choix.

Un pas, deux pas, trois. Plus elle s'approchait de Peter, plus elle sentait son rayonnement la brûler. Comme lorsque l'on s'enfouissait dans la neige, que le froid commençait à mordre. Soleil de glace vers qui elle tendit ses bras et qu'elle enlaça avec une force qu'elle ne se soupçonnait pas. Incapable de lâcher prise alors qu'elle avait l'impression de mourir.

- Je t'en supplie, Peter...

Elle ne pouvait pas lui demander de souffrir. Elle ne le. voulait. pas. Et ça se battait derrière ses lèvres, sous sa cage thoracique. C'était le devoir contre l'amour brûlé d'une mère devenue ombre de crépuscule. C'était l'horreur de perdre un enfant encore.

Surpasser cette horreur fut son plus grand effort, sans doute.

- Il faut que tu sois triste, il faut... que tu pleures. Juste un peu, pour ton Île. Pour Mirka.

Elle se détacha très légèrement, juste assez pour qu'il voie son visage, le sourire encourageant et d'une violente douceur qui fendait ses lèvres alors que c'était à son tour de sentir l'eau creuser des sillons à même ses joues.

Cela faisait depuis si longtemps... qu'elle n'avait plus pleuré.

- Comme ça, tu vois ?

Elle hoquetait, elle avait trop mal.

- Je sais que tu peux le faire.

Elle priait fort, si fort pour qu'il ne s'énerve pas.

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MessageSujet: Re: INTRIGUE 4 – Phase 3 : Éteindre le Feu   Lun 14 Mar 2016 - 20:12

Intrigue 4
Chapitre 3 : Éteindre le Feu

 



AU COEUR DE L'îLE


Participants:
 


Peter ne veut plus écouter. Il est remplie d'une haine qui n'en est pas vraiment une, c'est la haine de la rancune, de la douleur, au fond il voudrait tout effacer si c'était possible. On dirait que c'était pour faire semblant. Mais ça ne marche pas. Il le sait au fond. Le collier lui a ôté toute sa joie, toute sa folie. Et alors que Grudge lui parle, lui parle des morts, de tous ces morts, Peter secoue la tête, les traits tout crispés. Il tente de contrôler les jouets encore une fois, de refaire tourner le manège, mais sa force l'a abandonné et le désespoir se creuse. Grudge parle de sentiments, d'amour, et Peter panique, Peter craque, il tape du pied, se bouche les oreilles.

Arrête, je t'en prie !!

Les visages des enfants morts, qu'il était persuadé d'avoir oublié, défilent, non, ils viennent percuter ses yeux, comme ça, de plein fouet, comme on se prend un mur.

Oui, je vais te tuer, je vais te tuer parce que tu es méchante !

L'espace d'un instant, il n'y a plus que lui et Grudge, et les enfants morts. Il file comme une fusée sur l'Armurière, se plante devant elle et met son poignard sur sa gorge. Il respire vite, fort, il est au désespoir, et elle aussi. Puis les visages des enfants morts restent bloqués sur un visage qui se superpose à celui de Grudge tandis que la gorge de celle-ci sursaute et sursaute encore. Il la reconnaît. Squeal, vas-t-en, les autres ne restent pas tant. Il lâche le poignard et s'éloigne de plusieurs pas vacillants. Il n'y arrive pas ! Qu'est-ce qui se passe !!!

La pirate.
Elle l'ouvre encore, et chaque mot, cynique et acide, pince le cœur fragile de Peter. Ses sarcasmes même sont intolérables et le font trembler. Il ne comprend rien, il est confus, perdu. Quel plan ? Les pirates ? Qu'est-ce qu'ils avaient tous avec cette affaire de pleurer, ça devenait bien trop gros, bien trop gros pour lui !!

Lorsqu'elle s'empare de Mirka, une inspiration d'effroi le saisit et il fait un pas, avant de se stopper, raide, de plus en plus grésillant.

A... Arrête... Je vais te tuer...

Mais ça ne marche plus, lui-même n'y croit plus. Il brille quelque chose dans les yeux de la pirate, quelque chose de si intense, si dévorant, et Peter qui ne reconnaît pas la détresse, a peur, tellement peur. Elle le martèle, le détruit point par point, impitoyable. Elle va tuer Mirka. Les yeux de Peter sont devenus gris. Et ses yeux gris fixent Mirka, plongent à l'intérieur d'elle. Il souffre tellement qu'il est paralysé. Le visage de Shifty devient, en cet instant, le visage même de l'horreur.

La voix de Ghost le fait sursauter. Les visages des morts, leurs voix, leurs corps, s'élèvent pour le laisser respirer. Un souffle brut, comme s'il remontait à la surface, s'échappe de sa gorge. Il chancelle.

 Quoi ?! Je ne peux pas pleurer !

Aide-moi, Ghost, je suis ton papa, tu as dit que j'étais ton papa.

Il le regarde. Il regarde Shark.

Qu'est-ce que vous avez ? Ce n'est pas ma faute !

Il regarde Anxiety. Leurs regards brillent si fort, ça fait mal aux yeux.

Ce n'est pas ma faute !! C'est la faute de ce collier !!!

Il tente de le retirer, mais il n'a plus la force.

Craie !

Mais même Dorian Craie ne saurait le faire rire. Le faire voler.

Peter ne peut pas pleurer car la peur le paralyse. Shifty a su le vider de sa contenance mais elle le terrifie.

Il voit approcher Dusk. Elle est floue, comme dans un rêve. Peter n'aime pas les rêves. Il voudrait se protéger, s'enfuir, mais Shifty l'a pétrifié. Son sourire semble parti pour toujours. Le contact de Dusk le vide de ses dernières ressources d'énergie. Il s'abandonne, se laisse porter, et l'écoute sans bouger.
Puis, dans un souffle brisé.

Je suis la jeunesse... je suis la joie... je suis un petit oiseau... à peine sorti de l'oeuf.

Il sent couler sur lui, partout sur lui, les larmes de la Déracinée, et ses larmes le noient, l'emportent. Il contemple Mirka quand Dusk la dévoile, et il l'aime tellement fort en cet instant. Ses yeux ne sont plus gris, ils sont entièrement bleus. Il ferme les paupières, les presse, et une larme tombe de ses cils, glisse dans la chevelure noire de Dusk ; puis, presque au ralenti, chacun voit la larme tomber sur le sol dans un écho étonnamment résonnant.
Un son lointain, comme un millier de petits pieds, se fait entendre.

Peter est bleu. Tout froid. Il grelotte, ses cheveux sont givrés, ses lèvres tremblantes. Il ne peut plus marcher, encore moins voler. Il pleure.

Je veux... retourner... à la maison.

Il ne tient plus sur ses jambes. Et ses larmes, brillantes comme des diamants, constellent peu à peu le sol du Canton, des gouttes salées tombent en même temps sur vous, elles sont froides et pures, tandis que la Pluie, la vraie, s'abat en trombe sur le Pays de Jamais.








_____________




► Ceci était le dernier tour de l'event, comme vous l'aurez compris. Mille bravos pour vos participations, plus superbes les unes que les autres. Vous êtes à présent libres de répondre ou non, de raconter comment vous vivez ce dénouement ou même la suite, la véritable conclusion de cette vaste aventure est la vôtre.
► Ce fut un véritable plaisir et honneur d'être votre maitre du jeu.
►  I love you



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MessageSujet: Re: INTRIGUE 4 – Phase 3 : Éteindre le Feu   Lun 14 Mar 2016 - 21:03

Nouveau hoquet lorsque Peter s'abandonna à son étreinte. Ses larmes à elle redoublèrent mais ses bras se firent plus fermes, moins hésitants : Dusk se refaisait roc, instinctivement. Solide malgré son coeur déchiré d'avoir dû blesser son enfant.

Pourtant, lorsque la première larme coula, lorsque le chant de la pluie résonna à l'extérieur, la Déracinée sentit un sourire faible étirer ses lèvres.

- Je veux... retourner... à la maison.

Dusk hocha la tête. Elle comprenait. Entre ses poumons, son coeur battait avec une force terrible, pétri de remords et de soulagement. Elle faisait de son mieux pour ne pas étouffer Peter, le sentait frissonner contre elle alors que la sensation de brûlure disparaissait, remplacée par un grand froid.

- On va rentrer, ne t'inquiète pas.

D'un geste sincère et maladroit, elle vint caresser les cheveux de l'Enfant Roi. Puis, tournant la tête vers Shifty, elle lui adressa un regard dur bien que teinté d'une certaine forme de reconnaissance. C'étaient leurs efforts combinés qui avaient permis une telle chose ainsi que ceux des autres équipes, elle en était persuadée.

Si elle avait été expansive, elle les aurait tous tellement, tellement remerciés.

Au lieu de cela, la Déracinée se releva lentement, soutenant Peter pour ne pas qu'il flanche. Il pleuvait au Canton, il pleuvait au-dehors.

- Debout.

Ses larmes à elle ne se verront pas sous l'averse.

- Il faut qu'on aille sentir la pluie.

Sourire encore déchiré, profondément amer, profondément soulagé. Elle mettrait sans doute longtemps à se pardonner l'affront. Mais pour l'heure, il pleut. C'est l'important.

Il pleut et la nature respire, il pleut et les Enfants Perdus - elle y comprit - danseront sous les trombes. Il pleut et ils n'auront plus faim, ils guériront mieux.

Il pleut et l'Île revit enfin.

But everytime it rains
You're here in my head
Like the sun coming out
I just know that something good is gonna happen
I don't know when
But just saying it could even make it happen


HRP:
 







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MessageSujet: Re: INTRIGUE 4 – Phase 3 : Éteindre le Feu   Lun 14 Mar 2016 - 21:06



Éteindre le feu

with le gang des suicidaires






Grudge n’est pas méchante, promis. Elle essaye juste de faire au mieux et parfois, oui c’est vrai elle le jure, il lui arrive de culpabiliser. A s’en vouloir de ses répliques au mauvais caractère de Trouble. De ses réflexions à Sharpy qui salissent la mémoire de Valentine. De crier si fort, d’en vouloir à tellement de monde quand il n’y a que le manque, en elle. Un simple manque, un profond manque. Elle voudrait juste la voir, dans son regard, le souvenir de celle qui fut emportée. Entendre dans le rire de Peter Pan celui de sa sœur bien aimée. Mais il est en colère et se précipite sur elle dans un mouvement si fluide que Grudge n’arrive presque pas à le voir. Et se retrouve seulement, tête en arrière, couteau sur le gorge, à penser aux chèvres que – papa tuait c’est vrai comment a-t-elle pu oublier ?

« Peter… »

Elle veut pas mourir. Ca lui revient maintenant, c’est une volonté si forte qu’elle tremble, tâche sombre à l’entrejambe, à respirer de manière désordonnée car la lame est comme une ceinture qui encercle sa gorge – celle que Shifty finira par entourer sur la nuque fragile de Mirka oh comment les choses ont-elles pu lui échapper à ce point ?

Les yeux de Peter sont bleus puis gris, puis fous, et elle ne s’y reflète pas. Elle entend seulement sa voix et les battements de son cœur – du sang partout. Et a un signe de main, non vers Shark mais vers l’indienne.

Faut pas qu’elle voit ça – Sahbi.

Elle pourra plus jamais vivre ici si elle voit ça.

Seulement Peter s’écarte, Peter l’abandonne. Elle manque de tomber à terre, ne croit pas sa chance. Et prend conscience que ça n’en est pas une. Dévasté, à bout, l’enfant roi se gêle de ne pas comprendre, se tourne et tourne comme une vieille horloge cassée, vers les enfants – vivants – qui attendent un miracle. Avant de chuter dans les bras de Dusk, et ne plus se relever.

Elle n’entend pas ses murmures, Grudge. N’a d’yeux que pour Shifty et la folie qu’elle a voulu commettre. Se relève, malgré l’odeur, s’avance. Et tend les bras alors que la pluie s’abat enfin sur la machine, et résonne comme des martellements de doigts sur les bords d’un banc de bois – ding dong la messe va sonner et les fleurs de soleil vont éclore.

Ils ont réussi. Et comme ses pensées filent vite maintenant.

« Lâche la ! » Ordonne-t-elle, et guettant la marque sur la gorge pâle de Mirka, ne s’arrête pas dans sa peur. « Va-t-en. » Dans sa langue ou dans l’autre, elle pointe la sortie du doigt. Tremble. « Va-t-en pendant qu’il est encore temps. Pendant qu’il est encore dans cet état. » Tant pis pour la Mère en chef, et Ghost, et les témoins, les poupées qui se sont arrêtées, comme figées à leur tour, comme glacées. Elle pousse Shifty à l’épaule, manque de hurler. « Va-t-en ! » Sauve ta vie. Avant que Peter ne se réveille et ne décide de te tuer pour faire disparaitre toute menace pesant sur sa Maman.

Et à ce sujet, n’en a-t-il pas besoin d’une, à cet instant ? Dusk se relève, Peter dans les bras. Et Grudge chancelle encore, de les regarder. A attendre que Mirka prenne la relève, peut-être, peut-être pas.

« Faut lui retirer ce collier. » Souffle-t-elle, épuisée. L’air humide filtre jusqu’à eux. Une odeur de terre lavée. De victoire douce-amère. Les choses vont revenir à la normal, peut-être, sans doute, pourquoi pas ?

Peter, lui, est cassé.

« C’est fini maintenant... »


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Ancienne Pirate de Terre
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MessageSujet: Re: INTRIGUE 4 – Phase 3 : Éteindre le Feu   Mar 15 Mar 2016 - 15:13



Le Dernier Plan

« La différence entre le courage et la bêtise, c'est...okay, j'en sais rien. »


Grudge.
Il allait tuer Grudge.
Shifty, imbécile.
Imbécile!
Elle avait peur, elle allait avoir mal.
Et elle allait mourir. Et ce serait de ta faute.

J'ai failli lâcher Mirka, la laisser repartir pour aller me colleter directement avec Pan. Viens là, petit chiard, si t'es un homme! Ou une connerie du genre. Je n'étais jamais à court d'injures diverses et variées histoire de provoquer.
Et fallait voir ou ça m'avait menée.

Et pourtant, il l'avait relâchée. Incompréhension. Soulagement, surtout.

L'asiatique se lance dans un truc improbable, tandis que le reste du monde est vissé sur place, sidéré par les deux prises d'otages simultanées. Elle lui fait un câlin, long, fort.
Et l'enfant pleure.
Dehors, un millier de petites gouttes s'abattant sur Neverland au même moment.
Nous avions réussi.
Et j'avais vraiment envie d'aller aux toilettes, maintenant.

Grudge s'est mise à hurler qu'il fallait que je parte, tandis que la sangle était toujours enroulée autour du cou de Mirka.
Merde.
J'avais une fenêtre assez réduite pour m'enfuir, maintenant. J'aurais pu emmener Mirka avec moi, pour me servir de bouclier, c'est sur.
Mais c'était la laisser dans la forêt, seule, à un moment. C'était la laisser dans la bouillasse sans aucune aide, et c'était s'encombrer. Et si un pirate nous tombait dessus...

J'ai eu l'image mentale d'une peau de tambour crevée et j'ai eu envie de vomir.
Fuir.
MAINTENANT.
On se dira au revoir plus tard, Grudge.

J'ai avise l'ascenseur rapidement, avant de décider que c'était une mauvaise idée. Tout le monde savait ou j'allais atterrir, et pour peu que Pan perde patience, j'allais me retrouver entre ses griffes dans peu de temps. Il avait peur, pour l'instant, c'était écrit sur son visage. Mais ça lui passerait très vite.
Etait-ce un argument suffisant pour me jeter dans la première bouche d'aération venue?
J'avais déjà libéré Mirka avant de la pousser dans les garçons perdus, et je m'étais déjà engagée à moitié dans le conduit lorsque le doute surgit.
Trop tard.

Je laissais derrière moi une asiatique qui me regardait, l'air dur, une Grudge dans tous ses états, un Pan en larmes, une Mirka certainement en état de choc, et j'en passe.
Mais j'allais vivre, et c'était déjà pas trop mal.
Les autres allaient vivre.
Grudge allait vivre.
Nous avions réussi, et ça, ça suffisait.

J'avançais rapidement dans le conduit étroit, assez mal éclairé, guettant la lumière du dehors. Pourvu que personne ne me suive.
Pourvu que le tuyau ne soit pas piégé.
Pourvu que le sol ne se dérobe p...

J'avais loupé l'angle à 75 degrés, sournoisement planqué dans l'ombre, et je tombais.
Tête qui cogne, bras qui râpe, jointures qui s'écorchent tandis que je glisse contre ma volonté dans le conduit orienté, en tentant de freiner ma chute bruyante et fatale avec mes pieds, sans grand succès.
Bong.
Mais putain ?!
Vlang.
Je me suis refait mal au poignet, et j'ai senti une petite larme couler le long de ma joue.

Clong, paf, aie.
Bang.
Stop.

La lumière.
Enfin, de la lumière.
Endolorie de partout, vaguement blessée - est ce que c'était du sang ou de la sueur qui coulait le long de mon visage ? - , j'avançais vers la sortie. Vers la pluie.

J'étais à au moins cinq mètres du sol.
Fait chier.
Et aucun moyen de remonté.

Allez, Shifty.
T'as sauvé le monde.
Dernière ligne droite.
Saute.

Tu t'es écrasée comme un vieux sac dans la bouillasse sous la sortie du tuyau, dans un gémissement de douleur.
Elle avait une sacrée gueule, la sauveuse du monde.
Sans prendre le temps de te poser, vêtements abîmés, peau écorchée, tu as fui en trébuchant dans la boue, sous la pluie, comme une malpropre, sans même regarder tout à fait ou tu allais, sans même prendre le temps de profiter de la pluie.

Putain, tu rentres chez toi, tu prends un bain, et tu dors pendant trois jours et deux nuits. Ouais. Ça, c'est un super plan.

Quelle héroïne tu fais.







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