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Zeb Skelton
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MessageSujet: In Hell I'll Be In Good Company   Ven 15 Juin - 9:10


- In Hell I'll Be In Good Company -


Intrigue 5, Chapitre 4 - La Fin de la Pluie




Quelle belle journée.

Assis à l’ombre d’un palmier, son corps inondé de douleur adossé contre le tronc, Zeb observait les vagues qui venaient mourir à ses pieds.

La plage était magnifique. Blanche sous le soleil de la mi-journée, bercée par les quelques clapots d’une mer translucide. Un vent frais, enfin exempt de toute pluie, faisait bruisser les feuilles des arbres. Tout aspirait au repos dans ce paysage doux et paisible, loin du tumulte du Jolly Roger, du Port, de l’Île.

Un peu trop loin, peut-être.

Partout où portait le regard de Zeb, aussi bien que pouvaient entendre ses oreilles, il ne décelait pas un seul signe d’être vivant. Pas un oiseau posé dans les branches, pas d’écureuil occupé à fouiller le sous-bois, pas un seul poisson ondulant dans les vagues. Certainement pas le moindre navire sur la ligne d’horizon.

Avec un infime soupir, la Rouille tourna la tête pour examiner encore une fois l’atoll sur lequel il se trouvait, tâche hélas vouée à être rapide : l’îlot n’était guère qu’un pâté de sable de quelques dizaines de mètres de diamètre, décoré d’un unique rocher de granit gris et d’un modeste bosquet de palmiers – les arbres n’étaient même pas assez denses pour dissimuler à Zeb l’autre côté de la minuscule île, aussi beau et désert et inutile que celui-ci.

Un peu plus loin, néanmoins, s’étendait une île plus conséquente, avec quelques collines et une véritable forêt. Le pirate la distinguait sans peine : elle n’était séparée de l’îlot que par un court bras de mer, visiblement peu profond et sans danger. Peut-être même que la Rouille y aurait eu pied. Traverser était donc vraisemblablement une bonne idée : sur la grande île, il pourrait peut-être trouver un véritable abri, dénicher quelque chose de comestible sans avoir à envisager l’escalade d’un arbre et aller allumer un feu au sommet de la plus grande des collines, histoire de manifester sa présence. Cela paraissait un bon plan.

Sauf qu’en ce qui concernait Zeb Skelton, cette foutue île aurait tout aussi bien pu se situer dans le Monde Réel : il n’était pas en état de faire un seul pas.

Le pirate leva un regard désabusé vers le ciel : impossible de distinguer l’endroit précis où ce maudit passage secret l’avait recraché. En plus, comme si dégringoler du ciel sur un atoll désert en plein milieu de l’océan n’était pas assez humiliant en tant que tel, Zeb savait exactement ce qu’il lui était arrivé : il avait vu ce fichu triangle, il l’avait vu – trois traits d’herbe bien verte sur le tapis sombre de feuilles mortes qui couvrait le sol des bois, derrière le Port. Encore mieux : il l’avait vu, et il savait ce que c’était ! D’autres pirates en avaient déjà été victimes, de ces foutus petits triangles qui vous catapultaient à l’autre bout du Pays de Jamais et sur lesquels il ne fallait vraiment pas marcher.

Sauf que, évidemment, le temps que son cerveau de vieux con réalise ce qu’il voyait, son pied s’était déjà posé dessus. D’où dégringolade depuis le ciel sur un atoll désert en plein milieu de l’océan, donc. Le pirate avait heurté l’un des palmiers de plein fouet, avant d’atterrir sur sa cheville cassée. Jeu, set et match.

Zeb ne savait pas exactement combien de temps s’était écoulé, depuis. Il était à peu près certain d’avoir tourné de l’œil, à un moment – sans doute à cause de ce vague détail d’os fracturé une seconde fois. Et depuis qu’il avait émergé, à part trouver une position qui préservait au mieux son torse raide de douleur et sa jambe inutilisable, on ne pouvait pas dire qu’il avait beaucoup progressé.

Non, vraiment. Quelle belle journée.
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Coquillage
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MessageSujet: Re: In Hell I'll Be In Good Company   Lun 18 Juin - 12:35

Un autre jour de peine, un autre jour de deuil pour l’océan.

Encore et toujours, la douleur, la tristesse, qu’elle, elles, ressentaient toutes sans exception. Trop peu d’entre elles ont pu revenir du monde ordinaire, trop nombreuses furent perdus à jamais…
Les sirènes portaient le deuil de leurs sœurs et chaque sentiment qu’elles ressentaient s’empilait dans le cœur de chacune.

C’était trop lourd. Trop trop, Coquillage n’en pouvait plus. Ces émotions étaient trop fortes et elle était si faible… Elles la suffoquaient.
Alors elle décida de les fuir.

Elle s’était mise à nager, loin de la lagune, loin du deuil, de la peine. Loin toujours plus loin mais aussi loin qu’elle pu nager, la douleur collait toujours à elle, en elle.
Pas d’échappatoire possible. Comme si la mer elle-même était rempli des larmes des ces sœurs, de ses larmes à elle.  Elle baignait dans la peine, fuir était vain.
Même en sachant cela, elle continuait de nager et nager jusqu’enfin son corps fit sentir ses limites et elle s’arrêta, à bout de souffle. Un moment passa et elle se rendit compte qu’elle n’avait aucune idée d’où elle était.

Elle sortit la tête de l’eau mais le paysage paraissait tout aussi étranger. Elle ne voyait plus le rivage. C’était l’immensité bleu à perte de vu, hormis quelques bouts de terre.

Un petit ilot retint son attention en particulier. Elle y crut ressentir comme une trace de vie… La curiosité aidant, elle se dirigea vers l’ilot, pour voir de quoi il s’agissait. Il y avait bien quelque chose de vivant sur cette petite ile et c’était…

Un homme.

Mais…que fait-il ici seul ? Par où est-il venu ? Coquillage regarda aux alentours et ne voyait pas de bateau… Il ne pouvait pas venir ici en nageant, encore moins en volant !....

Si ?

Timidement, tout doucement, elle se rapprocha un peu plus de l’îlot tout en gardant ses distances.

Pendant un moment, Coquillage resta là, à le regarder fixement, ne sachant exactement quoi faire. Sa colère mêlée de tristesse lui dit qu’il fallait le manger, le tuer sans attendre. C’était un humain, il fallait qu’il paye pour ce que ses semblables ont fait à ses sœurs !
Mais Coquillage hésitait.

L’humain était adossé à un palmier et ne semblait pas faire grand-chose…  Il semblait être un pirate mais il n’avait pas d’armes ou d’harpons près de lui, rien… Elle sentait des vagues de douleurs émaner de lui.

 « Tu es blessé ? »  

La question sortit de ces lèvres sans crier garde. Pourquoi s’intéressait-elle à son sort, est-ce de la pitié ? Mais c’était un pirate !, lui cria sa, leur colère.
Mais elle ne pouvait s’en empêcher. Il est seul et il souffre. Il paraissait complètement inoffensif… Une proie facile, lui dit cette fois son instinct mais Coquillage n’avait pas faim et l’infime sentiment de sympathie qu’elle éprouvait a pris racine dans son cœur et ne voulait pas la lâcher.

Plus encore, sa tête était remplie de questions.


 « Comment es-tu arrivé jusqu’ici ? »







Merci Zanou :3 :
 


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Zeb Skelton
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MessageSujet: Re: In Hell I'll Be In Good Company   Dim 24 Juin - 14:43

Malgré le vent agréablement frais et l’ombre du palmier, Zeb était couvert de sueur. Il s’essuya le front de la main gauche, qu’il aurait aimé moins tremblante, avant de fermer les yeux et de laisser sa tête reposer contre le tronc : il savait qu’il ne pouvait pas rester indéfiniment planté là à ne rien faire, mais entre le choc de sa chute et ce fond de nausée qui se lovait dans son estomac à chaque fois qu’il posait le pied à terre, son esprit était comme pris dans de la mélasse.

Allez, une chose après l’autre. En premier lieu, évaluer les dégâts. Pas très difficile hélas : la Rouille avait l’impression d’être revenu à l’état qui était le sien juste après qu’il fût tombé d’un des mâts du Roger, quelques semaines auparavant. Pas beaucoup plus grave, ce qui pouvait être vu comme un soulagement – Zeb avait vu des matelots chuter de moins haut et finir avec le dos brisé, le crâne enfoncé, un poumon ou une rate perforés. Mais le charpentier n’était pas dupe : au total, il allait devoir faire avec sans doute plusieurs côtes cassées des deux côtés, une jambe en cale sèche et un bras droit encore plus inutile que d’habitude (depuis qu’il s’était brûlé avec des cordages en tentant de ralentir sa dégringolade sur le mât d’artimon, Zeb avait l’avant-bras et la main couverts de bandages et il ne pouvait plus utiliser le brassard de cuir qui maintenait droit son poignet paralysé). S’il s’était trouvé sur le Roger, ces quelques blessures auraient pu être vues comme un coup de chance. Mais alors qu’il était seul sur une île déserte au milieu de nulle part, elles pouvaient aisément provoquer sa mort.

Passons donc à l’étape suivante avant de paniquer, voulez-vous ? Bon. Les secours. Il n’était pas seul quand il avait posé le pied sur ce foutu triangle : il parcourait la forêt avec un groupe de charpentiers, à la recherche d’un arbre capable de fournir un nouveau mât d’artimon. Au moins l’un d’entre eux avait dû le voir disparaitre. Sinon, ils ne manqueraient pas de remarquer sa béquille et son chapeau, que le passage secret n’avait pas cru bon d’aspirer, et ils comprendraient en voyant le triangle juste à côté. Bien entendu ils ne sauraient pas où le chercher, et Zeb doutait que leur dévouement aille jusqu’à le suivre – sans compter que personne ne savait si ces saloperies envoyaient toujours au même endroit. Mais au moins ils pourraient signaler sa disparition, les bateaux de la flotte naissante de Hook prêteraient peut-être un peu plus d’attention aux îles, et s’il parvenait à signaler sa présence, alors peut-être que… peut-être…

"Tu es blessé ?"

La Rouille se redressa avec un sursaut qui lui tira une légère plainte acide, mais cela n’empêcha pas sa main de se porter instinctivement au manche de son couteau. Soudain indifférent aux protestations de son corps malmené, il parcourut la plage d'un regard acéré, cherchant l’origine de la voix douce et un peu juvénile qui l’avait interpelé.

Il mit un moment avant de penser à vérifier la mer. Alors, à quelques mètres à peine, il vit un œil d’ambre, au milieu de fines écailles bleues, en train de le fixer entre deux mèches de cheveux couleur écume. Dans l’eau translucide, il distingua des bras en appui sur le sable fin, ainsi que les va-et-vient d’une longue nageoire. Et Zeb Skelton sentit ses sueurs froides redoubler d’intensité, tandis qu’un grand néant froid s’installait dans son ventre.

Une Sirène.

Oh non, non...

Le pirate réfréna le reflexe stupide de vouloir ramener ses jambes à lui pour les éloigner de l’eau : qu’est-ce que cela aurait changé, de toute façon ? Lui-même n'avait croisé que peu de Sirènes, mais il avait assez vécu au Pays de Jamais et entendu Carne parler de son obsession pour apprendre les bases. Il savait que ces créatures ne sortaient de l’eau que la nuit (n’est-ce pas ?), mais que de toute façon, dans la journée, leur chant faisait tout le travail et que leurs victimes étaient trop heureuses d’aller jusqu’à elles.

Le charpentier ne savait pas si la fille des mers pouvait l’obliger à marcher sur sa cheville cassée, mais il n’avait aucune envie de le découvrir.

"Comment es-tu arrivé jusqu’ici ?"

La Rouille s’humecta les lèvres, sans lâcher la Sirène du regard : la voix de la créature était étrangement dépourvue d’artifice, comme si elle posait vraiment la question par simple curiosité, mais le pirate doutait de pouvoir se fier à cette impression – comment croire l’intonation d’un monstre qui chasse en hypnotisant ses proies ? Prudemment, il répondit :

"Mes amis m’ont laissé là le temps que je me repose un peu. Ils ne vont pas tarder à revenir."

Très lentement, en s’efforçant d’être le moins menaçant possible, il retira son poignard de sa gaine, avant de laisser reposer sa main armée sur sa cuisse.

"Tu devrais t’en aller. Si tu restes, tu risques de le regretter. Très vite."

Il avait parlé du même ton calme qui s’efforçait d’être factuel, histoire de donner un peu de poids à son malheureux bluff. Sa prise se resserra insensiblement sur le poignard : il n’était pas idiot, une lame courte ne serait qu'une piètre défense contre la Sirène et ses dents conçues pour la viande. Hélas, si elle se mettait à chanter, il n’aurait jamais le temps de dégainer son sabre. Peut-être celui d’atteindre la hache posée derrière l’arbre ? Mais quelle que fût l'arme, Zeb ne pensait pas être capable de toucher la créature avant qu’elle ne prît le contrôle. Non, l’alternative était beaucoup plus simple que cela.

Si la Sirène ouvrait la bouche pour chanter, la Rouille espérait que s’il avait déjà son poignard en main, il pourrait être assez rapide pour se le planter dans la gorge. Parce qu'il pouvait accepter l'idée de mourir noyé. Mais pas de se faire dévorer vivant.
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Coquillage
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MessageSujet: Re: In Hell I'll Be In Good Company   Ven 29 Juin - 17:26

Elle sentait sa peur. Elle était froide et humide, un sentiment désagréable à ressentir. Même si elle comprenait pourquoi il était effrayé ainsi, cela la rendit quand même un peu triste. Elle est une sirène, c’est vrai, mais elle ne lui voulait pas de mal…

"Mes amis m’ont laissé là le temps que je me repose un peu. Ils ne vont pas tarder à revenir."  

Face à cette réponse, Coquillage fit la moue et regarda l’horizon aux alentours. Rien, pas la moindre trace de navire. Mentait-il ?

Elle retourna son regard vers le pirate et vit le poignard entre sa main posé sur sa cuisse.

Uh. Pas si inoffensif que cela finalement...

Par précaution, la curieuse s’éloigna du rivage en quelques coups de nageoire. De là, l’humain ne risque pas de lui faire de mal. Elle l’espérait en tout cas… Une chose que son voyage dans le monde ordinaire lui a apprise, c’est de ne pas sous-estimer les humains…

"Tu devrais t’en aller. Si tu restes, tu risques de le regretter. Très vite."  

C’était une menace ? Il semblerait vu qu’il a sorti son arme…
Plus elle regardait l’homme agir, plus il lui rappelait un diodon, un poisson porc épic qui gonfle et montre ses épines quand il se sent menacé. Elle gloussa à cette pensée. Oui, il était exactement comme ça !

Mais même si cette comparaison l’amusait, il fallait qu’elle fasse attention à ne pas se blesser sur ses épines… L’espace de quelques secondes, elle pensa suivre son conseil et partir pour retourner à la lagune mais cela voulait dire retourner faire le deuil et même dangereuse, cette rencontre a piqué sa curiosité et l’aida à ne plus ressentir la tristesse.

Elle repesa les mots de l’humain dans sa tête. Soit il mentait, soit il disait la vérité mais même cela entrainait un tout nouveau lot de questions.

  « Où tes amis sont partis, diodon de terre ? Ils vont revenir quand ? C’est pas très gentil de t’avoir laissé seul comme ça, quelqu’un aurait pu rester avec toi non ? »  

Elle ressentait encore sa douleur, il était vraiment dans un sal état… Elle savait que les pirates étaient cruels mais au point de laisser l’un des leurs souffrir tout seul sur un ilot désert ? Peut-être…

  «  Ça ne me gêne pas de rester. On va attendre tes amis ensemble ! Quand ils seront là, je partirai… Je sais nager très vite tu sais ? J’ai même failli battre une manta une fois ! »  

Enfin faillir était un bien grand mot, elle se souvient d’avoir été battu à plat de couture… En réfléchissant, elle se demandait pourquoi elle lui a dit cette anecdote… Prenait-elle trop ses aises ?  En tout cas, elle a confiance en sa rapidité et si le diodon disait la vérité, elle pourra fuir sans trop de difficultés…

Coquillage laissa les minutes s’égrener, regardant l’homme de haut en bas. Il semblait être d’un âge avancé, enfin pour un humain en tout cas. Il avait une barbe, ce qui était une caractéristique des hommes qu’elle a toujours trouvé étrange. Est-ce que c’était doux comme des cheveux ? Ou était-ce que cela piquait comme… des épines ! Elle gloussa encore une fois.

Au bout d’un long moment, elle tourna à nouveau son regard vers l’horizon. Toujours rien.

 « Ils mettent du temps à revenir dis donc… »  

C’était dit avec une légère pointe d’amusement. Maintenant, la curieuse en était sûre, il a menti. Ça la rassurait un peu même s’il a toujours son couteau en main…

 « Tu as peur que je te mange ? Ne t’en fais pas, je ne te ferais pas de mal... Et toi non plus tu ne me feras pas de mal… d’accord ? »    

Elle posa son regarda sur son poignard puis sur lui, le regard interrogateur. Coquillage aimerait bien qu’il range son arme histoire de la rassurer pour de bon mais c’était peu probable que le diodon de terre renonce à son moyen de défense… Surtout s’il n’était pas prêt à la croire.







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MessageSujet: Re: In Hell I'll Be In Good Company   Lun 2 Juil - 3:19

La Sirène avait reculé à la vue de son poignard, ce qui avait accordé à la Rouille une petite lueur d’espoir : elle ne devait pas être très expérimentée, pour croire qu’il pouvait lui faire du mal à une telle distance. Zeb savait lancer un couteau, mais parmi l’équipage, au-delà d’une dizaine de mètres, il n’y avait guère que Nassim les Sept-Lames pour atteindre sa cible à coup sûr. Si la Sirène ignorait cela, elle ignorait peut-être beaucoup d’autres choses sur les pirates et leur réelle dangerosité, ce qui pouvait jouer en la faveur du charpentier.

Mais il déchanta bien vite en comprenant que la créature n’avait fait que mettre un peu de distance entre eux, et qu’elle ne comptait visiblement pas déguerpir de sitôt :

"Où tes amis sont partis, diodon de terre ? Ils vont revenir quand ? C’est pas très gentil de t’avoir laissé seul comme ça, quelqu’un aurait pu rester avec toi non ?"

Zeb cilla et pencha la tête sur le côté, comme s’il n’était pas certain d’avoir bien entendu : même s’il n’avait pas compris le surnom dont la Sirène venait de l’affubler, cela ne ressemblait que très moyennement à une insulte, et la question qui avait suivi avait l’air de tout sauf d’une menace – « c’est pas très gentil » ?... Pas vraiment le genre de mots qu’il attendait dans la bouche d’une séductrice anthropophage. Et encore, il n’avait rien vu :

"Ça ne me gêne pas de rester. On va attendre tes amis ensemble ! Quand ils seront là, je partirai… Je sais nager très vite tu sais ? J’ai même failli battre une manta une fois !"

Cette fois c’était tellement absurde et surréaliste que la Rouille émit un léger rire incrédule.

"Voyez-vous cela…"

Il avait vaguement voulu être cynique, mais au lieu de cela il entendit la note taquine dans sa propre voix, et cette simple variation involontaire fit disparaitre son sourire : non, il n’avait pas envie de s’entendre parler ainsi. C’était le ton qu’il avait employé avec ses fils, et de manière assez tragique, c’était devenu un mauvais souvenir.

Zeb examina à nouveau la Sirène, tout comme elle-même semblait l’examiner d’ailleurs. C’était étrange. Il savait les filles des eaux intelligentes et capables de communiquer, mais on les lui avait toujours décrites comme trompeuses, impulsives… affamées. Celle-ci ne semblait pas vraiment correspondre à ces critères, bien au contraire ; même si Zeb peinait à lire ses émotions dans ses dérangeants yeux d’ambre, il la devinait bien plus curieuse qu’agressive.

Mais encore une fois, il ne lâcha pas son arme. A cause des chats, voyez-vous. Comme tous les marins, Zeb connaissait bien les chats, ils étaient toujours les bienvenus sur les navires – officiellement parce qu’ils tuaient les rats, officieusement parce qu’il y avait toujours au moins un membre de l’équipage pour s’enticher de ces parfaites petites machines à tuer ronronnantes, et en général ce membre de l’équipage c’était lui. Il avait largement eu l’occasion de les observer jouer avec leur proie. Et dans ces moments, même s’ils paraissaient bien plus curieux qu’agressifs eux aussi, Zeb était à peu près convaincu que ce n’était qu’un réconfort très relatif pour le rat.

Malheureusement pour le pirate, cette Sirène semblait partager un autre point commun avec les chats : la patience. Elle n’avait pas du tout l’air pressé de partir, et Zeb sentit sa vague bouffée d’espoir s’effacer comme un joli dessin sur le sable. Au fond, c’était stupide pas vrai ? A quoi bon jouer la montre alors que personne n’allait venir le chercher ? Qu’est-ce qu’il espérait, qu’il allait brusquement penser à une solution miraculeuse ? Il avait une jambe et un bras en moins, mal à chaque inspiration, il commençait à avoir soif et, pire que tout, il sentait qu’il arrivait à la fin de l’effet de sa dose de laudanum. Alors si quelque chose devait jouer en sa faveur, ce ne serait décidément pas le temps. Et la Sirène était visiblement du même avis :

"Ils mettent du temps à revenir dis donc…"

Un nouveau petit rire sans joie, le temps de laisser aller sa tête contre le tronc du palmier avec un soupçon de désespoir :

"Je trouve aussi."

Il remarqua que la Sirène se rapprochait à nouveau, ce qui le crispa un peu mais n’était guère étonnant : son bluff n’était pas des plus brillants, et aussi enfantine que paraissait cette jolie minette des mers, elle avait visiblement oublié d’être bête. Dommage. Au moins il aurait essayé.

Zeb détourna le regard vers le large et raffermit sa prise sur son poignard, refoulant une nausée qui n’avait rien à voir avec son mal de terre. Ce n’était pas ainsi qu’il espérait mourir. Mais il n’était ni en colère, ni même indigné. Seulement triste. Vraiment, profondément triste.

Il n’avait même pas retrouvé Kit.

"Tu as peur que je te mange ?"

Un peu trop désillusionné pour sourire, Zeb ramena ses yeux clairs vers la Sirène d'un regard alourdi de cynisme. Mais la créature n’y répondit pas comme il s’y attendait :

"Ne t’en fais pas, je ne te ferais pas de mal... Et toi non plus tu ne me feras pas de mal… d’accord ?"

Le pirate fronça légèrement les sourcils : il ne s’attendait pas à cette offre. Était-ce un véritable accord ? Ou était-ce toujours le chat qui s’amusait, sans avoir conscience de sa cruauté ? Difficile à dire. Mais dans les deux cas, les mensonges ne paraissaient plus utiles :

"Je pense que tu sais très bien que je ne suis pas vraiment en mesure de te faire du mal, joli poisson."

De sa seule main valide, il fit un geste dépité pour désigner l'ensemble de son corps en morceaux, sans pour autant lâcher le poignard. Puis, d’une voix étonnamment neutre :

"Écoute. J’ai mal, et je suis fatigué. Alors si tu comptes me tuer, est-ce que tu pourrais faire ça vite, s’il te plaît ? Je n’ai vraiment pas envie de jouer."
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