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Zeb Skelton
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MessageSujet: In Hell I'll Be In Good Company   Ven 15 Juin 2018 - 4:10


- In Hell I'll Be In Good Company -


Intrigue 5, Chapitre 4 - La Fin de la Pluie




Quelle belle journée.

Assis à l’ombre d’un palmier, son corps inondé de douleur adossé contre le tronc, Zeb observait les vagues qui venaient mourir à ses pieds.

La plage était magnifique. Blanche sous le soleil de la mi-journée, bercée par les quelques clapots d’une mer translucide. Un vent frais, enfin exempt de toute pluie, faisait bruisser les feuilles des arbres. Tout aspirait au repos dans ce paysage doux et paisible, loin du tumulte du Jolly Roger, du Port, de l’Île.

Un peu trop loin, peut-être.

Partout où portait le regard de Zeb, aussi bien que pouvaient entendre ses oreilles, il ne décelait pas un seul signe d’être vivant. Pas un oiseau posé dans les branches, pas d’écureuil occupé à fouiller le sous-bois, pas un seul poisson ondulant dans les vagues. Certainement pas le moindre navire sur la ligne d’horizon.

Avec un infime soupir, la Rouille tourna la tête pour examiner encore une fois l’atoll sur lequel il se trouvait, tâche hélas vouée à être rapide : l’îlot n’était guère qu’un pâté de sable de quelques dizaines de mètres de diamètre, décoré d’un unique rocher de granit gris et d’un modeste bosquet de palmiers – les arbres n’étaient même pas assez denses pour dissimuler à Zeb l’autre côté de la minuscule île, aussi beau et désert et inutile que celui-ci.

Un peu plus loin, néanmoins, s’étendait une île plus conséquente, avec quelques collines et une véritable forêt. Le pirate la distinguait sans peine : elle n’était séparée de l’îlot que par un court bras de mer, visiblement peu profond et sans danger. Peut-être même que la Rouille y aurait eu pied. Traverser était donc vraisemblablement une bonne idée : sur la grande île, il pourrait peut-être trouver un véritable abri, dénicher quelque chose de comestible sans avoir à envisager l’escalade d’un arbre et aller allumer un feu au sommet de la plus grande des collines, histoire de manifester sa présence. Cela paraissait un bon plan.

Sauf qu’en ce qui concernait Zeb Skelton, cette foutue île aurait tout aussi bien pu se situer dans le Monde Réel : il n’était pas en état de faire un seul pas.

Le pirate leva un regard désabusé vers le ciel : impossible de distinguer l’endroit précis où ce maudit passage secret l’avait recraché. En plus, comme si dégringoler du ciel sur un atoll désert en plein milieu de l’océan n’était pas assez humiliant en tant que tel, Zeb savait exactement ce qu’il lui était arrivé : il avait vu ce fichu triangle, il l’avait vu – trois traits d’herbe bien verte sur le tapis sombre de feuilles mortes qui couvrait le sol des bois, derrière le Port. Encore mieux : il l’avait vu, et il savait ce que c’était ! D’autres pirates en avaient déjà été victimes, de ces foutus petits triangles qui vous catapultaient à l’autre bout du Pays de Jamais et sur lesquels il ne fallait vraiment pas marcher.

Sauf que, évidemment, le temps que son cerveau de vieux con réalise ce qu’il voyait, son pied s’était déjà posé dessus. D’où dégringolade depuis le ciel sur un atoll désert en plein milieu de l’océan, donc. Le pirate avait heurté l’un des palmiers de plein fouet, avant d’atterrir sur sa cheville cassée. Jeu, set et match.

Zeb ne savait pas exactement combien de temps s’était écoulé, depuis. Il était à peu près certain d’avoir tourné de l’œil, à un moment – sans doute à cause de ce vague détail d’os fracturé une seconde fois. Et depuis qu’il avait émergé, à part trouver une position qui préservait au mieux son torse raide de douleur et sa jambe inutilisable, on ne pouvait pas dire qu’il avait beaucoup progressé.

Non, vraiment. Quelle belle journée.
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Coquillage
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MessageSujet: Re: In Hell I'll Be In Good Company   Lun 18 Juin 2018 - 7:35

Un autre jour de peine, un autre jour de deuil pour l’océan.

Encore et toujours, la douleur, la tristesse, qu’elle, elles, ressentaient toutes sans exception. Trop peu d’entre elles ont pu revenir du monde ordinaire, trop nombreuses furent perdus à jamais…
Les sirènes portaient le deuil de leurs sœurs et chaque sentiment qu’elles ressentaient s’empilait dans le cœur de chacune.

C’était trop lourd. Trop trop, Coquillage n’en pouvait plus. Ces émotions étaient trop fortes et elle était si faible… Elles la suffoquaient.
Alors elle décida de les fuir.

Elle s’était mise à nager, loin de la lagune, loin du deuil, de la peine. Loin toujours plus loin mais aussi loin qu’elle pu nager, la douleur collait toujours à elle, en elle.
Pas d’échappatoire possible. Comme si la mer elle-même était rempli des larmes des ces sœurs, de ses larmes à elle.  Elle baignait dans la peine, fuir était vain.
Même en sachant cela, elle continuait de nager et nager jusqu’enfin son corps fit sentir ses limites et elle s’arrêta, à bout de souffle. Un moment passa et elle se rendit compte qu’elle n’avait aucune idée d’où elle était.

Elle sortit la tête de l’eau mais le paysage paraissait tout aussi étranger. Elle ne voyait plus le rivage. C’était l’immensité bleu à perte de vu, hormis quelques bouts de terre.

Un petit ilot retint son attention en particulier. Elle y crut ressentir comme une trace de vie… La curiosité aidant, elle se dirigea vers l’ilot, pour voir de quoi il s’agissait. Il y avait bien quelque chose de vivant sur cette petite ile et c’était…

Un homme.

Mais…que fait-il ici seul ? Par où est-il venu ? Coquillage regarda aux alentours et ne voyait pas de bateau… Il ne pouvait pas venir ici en nageant, encore moins en volant !....

Si ?

Timidement, tout doucement, elle se rapprocha un peu plus de l’îlot tout en gardant ses distances.

Pendant un moment, Coquillage resta là, à le regarder fixement, ne sachant exactement quoi faire. Sa colère mêlée de tristesse lui dit qu’il fallait le manger, le tuer sans attendre. C’était un humain, il fallait qu’il paye pour ce que ses semblables ont fait à ses sœurs !
Mais Coquillage hésitait.

L’humain était adossé à un palmier et ne semblait pas faire grand-chose…  Il semblait être un pirate mais il n’avait pas d’armes ou d’harpons près de lui, rien… Elle sentait des vagues de douleurs émaner de lui.

 « Tu es blessé ? »  

La question sortit de ces lèvres sans crier garde. Pourquoi s’intéressait-elle à son sort, est-ce de la pitié ? Mais c’était un pirate !, lui cria sa, leur colère.
Mais elle ne pouvait s’en empêcher. Il est seul et il souffre. Il paraissait complètement inoffensif… Une proie facile, lui dit cette fois son instinct mais Coquillage n’avait pas faim et l’infime sentiment de sympathie qu’elle éprouvait a pris racine dans son cœur et ne voulait pas la lâcher.

Plus encore, sa tête était remplie de questions.


 « Comment es-tu arrivé jusqu’ici ? »







Merci Zanou :3 :
 


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Zeb Skelton
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MessageSujet: Re: In Hell I'll Be In Good Company   Dim 24 Juin 2018 - 9:43

Malgré le vent agréablement frais et l’ombre du palmier, Zeb était couvert de sueur. Il s’essuya le front de la main gauche, qu’il aurait aimé moins tremblante, avant de fermer les yeux et de laisser sa tête reposer contre le tronc : il savait qu’il ne pouvait pas rester indéfiniment planté là à ne rien faire, mais entre le choc de sa chute et ce fond de nausée qui se lovait dans son estomac à chaque fois qu’il posait le pied à terre, son esprit était comme pris dans de la mélasse.

Allez, une chose après l’autre. En premier lieu, évaluer les dégâts. Pas très difficile hélas : la Rouille avait l’impression d’être revenu à l’état qui était le sien juste après qu’il fût tombé d’un des mâts du Roger, quelques semaines auparavant. Pas beaucoup plus grave, ce qui pouvait être vu comme un soulagement – Zeb avait vu des matelots chuter de moins haut et finir avec le dos brisé, le crâne enfoncé, un poumon ou une rate perforés. Mais le charpentier n’était pas dupe : au total, il allait devoir faire avec sans doute plusieurs côtes cassées des deux côtés, une jambe en cale sèche et un bras droit encore plus inutile que d’habitude (depuis qu’il s’était brûlé avec des cordages en tentant de ralentir sa dégringolade sur le mât d’artimon, Zeb avait l’avant-bras et la main couverts de bandages et il ne pouvait plus utiliser le brassard de cuir qui maintenait droit son poignet paralysé). S’il s’était trouvé sur le Roger, ces quelques blessures auraient pu être vues comme un coup de chance. Mais alors qu’il était seul sur une île déserte au milieu de nulle part, elles pouvaient aisément provoquer sa mort.

Passons donc à l’étape suivante avant de paniquer, voulez-vous ? Bon. Les secours. Il n’était pas seul quand il avait posé le pied sur ce foutu triangle : il parcourait la forêt avec un groupe de charpentiers, à la recherche d’un arbre capable de fournir un nouveau mât d’artimon. Au moins l’un d’entre eux avait dû le voir disparaitre. Sinon, ils ne manqueraient pas de remarquer sa béquille et son chapeau, que le passage secret n’avait pas cru bon d’aspirer, et ils comprendraient en voyant le triangle juste à côté. Bien entendu ils ne sauraient pas où le chercher, et Zeb doutait que leur dévouement aille jusqu’à le suivre – sans compter que personne ne savait si ces saloperies envoyaient toujours au même endroit. Mais au moins ils pourraient signaler sa disparition, les bateaux de la flotte naissante de Hook prêteraient peut-être un peu plus d’attention aux îles, et s’il parvenait à signaler sa présence, alors peut-être que… peut-être…

"Tu es blessé ?"

La Rouille se redressa avec un sursaut qui lui tira une légère plainte acide, mais cela n’empêcha pas sa main de se porter instinctivement au manche de son couteau. Soudain indifférent aux protestations de son corps malmené, il parcourut la plage d'un regard acéré, cherchant l’origine de la voix douce et un peu juvénile qui l’avait interpelé.

Il mit un moment avant de penser à vérifier la mer. Alors, à quelques mètres à peine, il vit un œil d’ambre, au milieu de fines écailles bleues, en train de le fixer entre deux mèches de cheveux couleur écume. Dans l’eau translucide, il distingua des bras en appui sur le sable fin, ainsi que les va-et-vient d’une longue nageoire. Et Zeb Skelton sentit ses sueurs froides redoubler d’intensité, tandis qu’un grand néant froid s’installait dans son ventre.

Une Sirène.

Oh non, non...

Le pirate réfréna le reflexe stupide de vouloir ramener ses jambes à lui pour les éloigner de l’eau : qu’est-ce que cela aurait changé, de toute façon ? Lui-même n'avait croisé que peu de Sirènes, mais il avait assez vécu au Pays de Jamais et entendu Carne parler de son obsession pour apprendre les bases. Il savait que ces créatures ne sortaient de l’eau que la nuit (n’est-ce pas ?), mais que de toute façon, dans la journée, leur chant faisait tout le travail et que leurs victimes étaient trop heureuses d’aller jusqu’à elles.

Le charpentier ne savait pas si la fille des mers pouvait l’obliger à marcher sur sa cheville cassée, mais il n’avait aucune envie de le découvrir.

"Comment es-tu arrivé jusqu’ici ?"

La Rouille s’humecta les lèvres, sans lâcher la Sirène du regard : la voix de la créature était étrangement dépourvue d’artifice, comme si elle posait vraiment la question par simple curiosité, mais le pirate doutait de pouvoir se fier à cette impression – comment croire l’intonation d’un monstre qui chasse en hypnotisant ses proies ? Prudemment, il répondit :

"Mes amis m’ont laissé là le temps que je me repose un peu. Ils ne vont pas tarder à revenir."

Très lentement, en s’efforçant d’être le moins menaçant possible, il retira son poignard de sa gaine, avant de laisser reposer sa main armée sur sa cuisse.

"Tu devrais t’en aller. Si tu restes, tu risques de le regretter. Très vite."

Il avait parlé du même ton calme qui s’efforçait d’être factuel, histoire de donner un peu de poids à son malheureux bluff. Sa prise se resserra insensiblement sur le poignard : il n’était pas idiot, une lame courte ne serait qu'une piètre défense contre la Sirène et ses dents conçues pour la viande. Hélas, si elle se mettait à chanter, il n’aurait jamais le temps de dégainer son sabre. Peut-être celui d’atteindre la hache posée derrière l’arbre ? Mais quelle que fût l'arme, Zeb ne pensait pas être capable de toucher la créature avant qu’elle ne prît le contrôle. Non, l’alternative était beaucoup plus simple que cela.

Si la Sirène ouvrait la bouche pour chanter, la Rouille espérait que s’il avait déjà son poignard en main, il pourrait être assez rapide pour se le planter dans la gorge. Parce qu'il pouvait accepter l'idée de mourir noyé. Mais pas de se faire dévorer vivant.
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Coquillage
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MessageSujet: Re: In Hell I'll Be In Good Company   Ven 29 Juin 2018 - 12:26

Elle sentait sa peur. Elle était froide et humide, un sentiment désagréable à ressentir. Même si elle comprenait pourquoi il était effrayé ainsi, cela la rendit quand même un peu triste. Elle est une sirène, c’est vrai, mais elle ne lui voulait pas de mal…

"Mes amis m’ont laissé là le temps que je me repose un peu. Ils ne vont pas tarder à revenir."  

Face à cette réponse, Coquillage fit la moue et regarda l’horizon aux alentours. Rien, pas la moindre trace de navire. Mentait-il ?

Elle retourna son regard vers le pirate et vit le poignard entre sa main posé sur sa cuisse.

Uh. Pas si inoffensif que cela finalement...

Par précaution, la curieuse s’éloigna du rivage en quelques coups de nageoire. De là, l’humain ne risque pas de lui faire de mal. Elle l’espérait en tout cas… Une chose que son voyage dans le monde ordinaire lui a apprise, c’est de ne pas sous-estimer les humains…

"Tu devrais t’en aller. Si tu restes, tu risques de le regretter. Très vite."  

C’était une menace ? Il semblerait vu qu’il a sorti son arme…
Plus elle regardait l’homme agir, plus il lui rappelait un diodon, un poisson porc épic qui gonfle et montre ses épines quand il se sent menacé. Elle gloussa à cette pensée. Oui, il était exactement comme ça !

Mais même si cette comparaison l’amusait, il fallait qu’elle fasse attention à ne pas se blesser sur ses épines… L’espace de quelques secondes, elle pensa suivre son conseil et partir pour retourner à la lagune mais cela voulait dire retourner faire le deuil et même dangereuse, cette rencontre a piqué sa curiosité et l’aida à ne plus ressentir la tristesse.

Elle repesa les mots de l’humain dans sa tête. Soit il mentait, soit il disait la vérité mais même cela entrainait un tout nouveau lot de questions.

  « Où tes amis sont partis, diodon de terre ? Ils vont revenir quand ? C’est pas très gentil de t’avoir laissé seul comme ça, quelqu’un aurait pu rester avec toi non ? »  

Elle ressentait encore sa douleur, il était vraiment dans un sal état… Elle savait que les pirates étaient cruels mais au point de laisser l’un des leurs souffrir tout seul sur un ilot désert ? Peut-être…

  «  Ça ne me gêne pas de rester. On va attendre tes amis ensemble ! Quand ils seront là, je partirai… Je sais nager très vite tu sais ? J’ai même failli battre une manta une fois ! »  

Enfin faillir était un bien grand mot, elle se souvient d’avoir été battu à plat de couture… En réfléchissant, elle se demandait pourquoi elle lui a dit cette anecdote… Prenait-elle trop ses aises ?  En tout cas, elle a confiance en sa rapidité et si le diodon disait la vérité, elle pourra fuir sans trop de difficultés…

Coquillage laissa les minutes s’égrener, regardant l’homme de haut en bas. Il semblait être d’un âge avancé, enfin pour un humain en tout cas. Il avait une barbe, ce qui était une caractéristique des hommes qu’elle a toujours trouvé étrange. Est-ce que c’était doux comme des cheveux ? Ou était-ce que cela piquait comme… des épines ! Elle gloussa encore une fois.

Au bout d’un long moment, elle tourna à nouveau son regard vers l’horizon. Toujours rien.

 « Ils mettent du temps à revenir dis donc… »  

C’était dit avec une légère pointe d’amusement. Maintenant, la curieuse en était sûre, il a menti. Ça la rassurait un peu même s’il a toujours son couteau en main…

 « Tu as peur que je te mange ? Ne t’en fais pas, je ne te ferais pas de mal... Et toi non plus tu ne me feras pas de mal… d’accord ? »    

Elle posa son regarda sur son poignard puis sur lui, le regard interrogateur. Coquillage aimerait bien qu’il range son arme histoire de la rassurer pour de bon mais c’était peu probable que le diodon de terre renonce à son moyen de défense… Surtout s’il n’était pas prêt à la croire.







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MessageSujet: Re: In Hell I'll Be In Good Company   Dim 1 Juil 2018 - 22:19

La Sirène avait reculé à la vue de son poignard, ce qui avait accordé à la Rouille une petite lueur d’espoir : elle ne devait pas être très expérimentée, pour croire qu’il pouvait lui faire du mal à une telle distance. Zeb savait lancer un couteau, mais parmi l’équipage, au-delà d’une dizaine de mètres, il n’y avait guère que Nassim les Sept-Lames pour atteindre sa cible à coup sûr. Si la Sirène ignorait cela, elle ignorait peut-être beaucoup d’autres choses sur les pirates et leur réelle dangerosité, ce qui pouvait jouer en la faveur du charpentier.

Mais il déchanta bien vite en comprenant que la créature n’avait fait que mettre un peu de distance entre eux, et qu’elle ne comptait visiblement pas déguerpir de sitôt :

"Où tes amis sont partis, diodon de terre ? Ils vont revenir quand ? C’est pas très gentil de t’avoir laissé seul comme ça, quelqu’un aurait pu rester avec toi non ?"

Zeb cilla et pencha la tête sur le côté, comme s’il n’était pas certain d’avoir bien entendu : même s’il n’avait pas compris le surnom dont la Sirène venait de l’affubler, cela ne ressemblait que très moyennement à une insulte, et la question qui avait suivi avait l’air de tout sauf d’une menace – « c’est pas très gentil » ?... Pas vraiment le genre de mots qu’il attendait dans la bouche d’une séductrice anthropophage. Et encore, il n’avait rien vu :

"Ça ne me gêne pas de rester. On va attendre tes amis ensemble ! Quand ils seront là, je partirai… Je sais nager très vite tu sais ? J’ai même failli battre une manta une fois !"

Cette fois c’était tellement absurde et surréaliste que la Rouille émit un léger rire incrédule.

"Voyez-vous cela…"

Il avait vaguement voulu être cynique, mais au lieu de cela il entendit la note taquine dans sa propre voix, et cette simple variation involontaire fit disparaitre son sourire : non, il n’avait pas envie de s’entendre parler ainsi. C’était le ton qu’il avait employé avec ses fils, et de manière assez tragique, c’était devenu un mauvais souvenir.

Zeb examina à nouveau la Sirène, tout comme elle-même semblait l’examiner d’ailleurs. C’était étrange. Il savait les filles des eaux intelligentes et capables de communiquer, mais on les lui avait toujours décrites comme trompeuses, impulsives… affamées. Celle-ci ne semblait pas vraiment correspondre à ces critères, bien au contraire ; même si Zeb peinait à lire ses émotions dans ses dérangeants yeux d’ambre, il la devinait bien plus curieuse qu’agressive.

Mais encore une fois, il ne lâcha pas son arme. A cause des chats, voyez-vous. Comme tous les marins, Zeb connaissait bien les chats, ils étaient toujours les bienvenus sur les navires – officiellement parce qu’ils tuaient les rats, officieusement parce qu’il y avait toujours au moins un membre de l’équipage pour s’enticher de ces parfaites petites machines à tuer ronronnantes, et en général ce membre de l’équipage c’était lui. Il avait largement eu l’occasion de les observer jouer avec leur proie. Et dans ces moments, même s’ils paraissaient bien plus curieux qu’agressifs eux aussi, Zeb était à peu près convaincu que ce n’était qu’un réconfort très relatif pour le rat.

Malheureusement pour le pirate, cette Sirène semblait partager un autre point commun avec les chats : la patience. Elle n’avait pas du tout l’air pressé de partir, et Zeb sentit sa vague bouffée d’espoir s’effacer comme un joli dessin sur le sable. Au fond, c’était stupide pas vrai ? A quoi bon jouer la montre alors que personne n’allait venir le chercher ? Qu’est-ce qu’il espérait, qu’il allait brusquement penser à une solution miraculeuse ? Il avait une jambe et un bras en moins, mal à chaque inspiration, il commençait à avoir soif et, pire que tout, il sentait qu’il arrivait à la fin de l’effet de sa dose de laudanum. Alors si quelque chose devait jouer en sa faveur, ce ne serait décidément pas le temps. Et la Sirène était visiblement du même avis :

"Ils mettent du temps à revenir dis donc…"

Un nouveau petit rire sans joie, le temps de laisser aller sa tête contre le tronc du palmier avec un soupçon de désespoir :

"Je trouve aussi."

Il remarqua que la Sirène se rapprochait à nouveau, ce qui le crispa un peu mais n’était guère étonnant : son bluff n’était pas des plus brillants, et aussi enfantine que paraissait cette jolie minette des mers, elle avait visiblement oublié d’être bête. Dommage. Au moins il aurait essayé.

Zeb détourna le regard vers le large et raffermit sa prise sur son poignard, refoulant une nausée qui n’avait rien à voir avec son mal de terre. Ce n’était pas ainsi qu’il espérait mourir. Mais il n’était ni en colère, ni même indigné. Seulement triste. Vraiment, profondément triste.

Il n’avait même pas retrouvé Kit.

"Tu as peur que je te mange ?"

Un peu trop désillusionné pour sourire, Zeb ramena ses yeux clairs vers la Sirène d'un regard alourdi de cynisme. Mais la créature n’y répondit pas comme il s’y attendait :

"Ne t’en fais pas, je ne te ferais pas de mal... Et toi non plus tu ne me feras pas de mal… d’accord ?"

Le pirate fronça légèrement les sourcils : il ne s’attendait pas à cette offre. Était-ce un véritable accord ? Ou était-ce toujours le chat qui s’amusait, sans avoir conscience de sa cruauté ? Difficile à dire. Mais dans les deux cas, les mensonges ne paraissaient plus utiles :

"Je pense que tu sais très bien que je ne suis pas vraiment en mesure de te faire du mal, joli poisson."

De sa seule main valide, il fit un geste dépité pour désigner l'ensemble de son corps en morceaux, sans pour autant lâcher le poignard. Puis, d’une voix étonnamment neutre :

"Écoute. J’ai mal, et je suis fatigué. Alors si tu comptes me tuer, est-ce que tu pourrais faire ça vite, s’il te plaît ? Je n’ai vraiment pas envie de jouer."
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Coquillage
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MessageSujet: Re: In Hell I'll Be In Good Company   Lun 16 Juil 2018 - 11:06

"Je pense que tu sais très bien que je ne suis pas vraiment en mesure de te faire du mal, joli poisson."  

Cette réflexion l’a fit froncer un peu les sourcils.  Même s’il vrai qu’il est dans une position vulnérable, Coquillage sait que manquer de prudence peut lui couter cher, même maintenant.

Surtout qu’il a toujours ton poignard en main. Et elle a vu trop de sœurs blessées et meurtries par ce genre d’objets.

"Écoute. J’ai mal, et je suis fatigué. Alors si tu comptes me tuer, est-ce que tu pourrais faire ça vite, s’il te plaît ? Je n’ai vraiment pas envie de jouer."  

Evidemment qu’il ne l’a pas cru, elle aurait du s’y attendre. Mais à en juger par le ton de sa voix, même s’il croyait qu’elle allait le manger, il ne semblait pas avoir particulièrement peur d’elle, ce qui était… Une bonne chose ?

Mais ce qui surprenait encore plus la curieuse est qu’il avait l’air d’avoir juste…abandonné ? Comme s’il était sûr qu’il allait mourir et qu’il ne pouvait rien y changer. Mais il avait son toujours son poignard donc il était prêt à se battre non ? Ou bien la douleur était trop dure à supporter ?

Peut-être mais il y avait autre chose… Au delà de la douleur physique, elle ressentit une autre douleur…  Quelque chose de familier… De la tristesse ? Non c’était quelque chose de plus profond, plus lourd…

Est-ce…Le deuil ?  A-t-il lui aussi perdu quelqu’un de cher ? Coquillage ne pouvait en être complètement sûre mais c’était évident que le diodon a traversé des temps difficiles…Même si elle ne savait rien sur sa vie, la jeune sirène ne peut que compatir.

« Je t’ai dis que je ne voulais pas te faire de mal… »  Elle boudait presque.  Que pouvait-elle faire pour qu’il lui fasse confiance ?

 « Et puis je n’ai pas faim » Elle ajouta avec une certaine finalité, comme si cela suffisait à tout expliquer. C’est comme si elle se justifiait presque, l’humain devait sûrement la trouver étrange... Mais elle ne savait pas quoi dire d’autre.

De plus, elle ne savait toujours pas ce qu’il faisait sur ce coin d’océan perdu. Est-ce que son mensonge contenait une pointe de vérité, est-ce que ces « amis » l’ont laissé ainsi, criblé de douleur ?

« Pourquoi tu as si mal ? »    Parlait-elle de sa douleur physique ou d’autre chose ? Elle-même n’en n’était pas sûre.

  « Qu’est-ce qui t’est arrivé ? Ne mens pas cette fois hein. »     Elle ajouta rapidement avec un petit rire.

Cette fois, elle comptait bien connaître la vérité !







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MessageSujet: Re: In Hell I'll Be In Good Company   Mar 31 Juil 2018 - 20:27

"Je t’ai dit que je ne voulais pas te faire de mal... Et puis je n’ai pas faim."

Zeb accueillit le ton définitif de la sirène d'un simple battement de cils. Son regard bleu resta un instant accroché aux deux lacs d'or qui brillaient dans le visage sombre de la créature. Puis il glissa sur la moue boudeuse qui marquait ses lèvres, traina sur les va-et-vient agacés que sa queue traçait dans l'eau translucide. Lentement, l’évidence émergea dans son cerveau incrédule.

Elle était vexée.

Lui, un pirate, seul, blessé, au milieu de nulle part, la définition d’une proie ridiculement facile. Elle, un être anthropophage qui n’avait littéralement qu’à chanter une note pour mettre fin à la vie d’un homme. Et lui, lui, venait de la vexer elle.

Zeb eut la seule réaction raisonnable qui s’imposait : il laissa aller sa tête en arrière, contre le tronc du palmier, et se mit à rire.

C’était un pauvre rire de nerfs qui lâchent, un peu cassé, un peu grinçant, qui ne tarda pas à mourir dans une bordée de jurons tandis que le pirate portait sa main bandée à ses côtes. Mais c’était bien un rire, et quelque part Zeb trouvait agréable de se découvrir encore capable d’un tel son – même si ça faisait foutrement mal, merde…

"D’accord. Tu n’as pas faim. C’est compris."

Le bras handicapé de la Rouille s’enroula autour de son torse tandis qu’il soufflait aussi profondément que ses fractures le lui permettaient.

"Pourquoi tu as si mal ?"

Le sourire de Zeb s’atténua un peu, mais il ne disparut pas. Il reporta son regard sur la sirène, avant de répondre avec le ton sérieux et patient de quelqu’un qui discute avec un enfant :

"Je me suis cassé la jambe. Deux fois. Et quelques côtes en passant, histoire de."

"Qu’est-ce qui t’est arrivé ? Ne mens pas cette fois hein."

Elle eut un joli rire de petite fille, et quelque chose se modifia subtilement dans le sourire de la Rouille.

"Je suis tombé. J’ai marché sur une sorte de passage secret, dans la forêt, et j’ai atterri ici. Et comme tu le dis si bien, je me suis fait très mal."

Il laissa passer quelques secondes, avant de soupirer et de planter son poignard dans le sable, à côté de sa cuisse, en un évident signe de reddition.

"Tu as un nom, joli poisson ?"
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MessageSujet: Re: In Hell I'll Be In Good Company   Mar 21 Aoû 2018 - 17:08

Le rire du diodon l’a surprit un peu. C’était un rire un peu cassé, un peu étrange....

Pourtant il ne semblait pas se moquer d’elle, il trouvait peut-être son excuse de ne pas le manger drôle ? Son rire se termina hélas par une autre vague de douleur, ce qui arracha une moue triste à la sirène.

À son plus grand bonheur, le pirate répondit à sa question. Son ton de voix résonna de manière sincère, gentille même.

Un passage secret ? Entre la forêt et ce bout de mer perdu ?? Elle n’a encore jamais entendu une chose pareille ! A quoi ressemblait ce passage ? Comment on le traversait ?
Déjà mille questions se bousculaient dans sa tête !

"Tu as un nom, joli poisson ?"

Oh il lui demanda son nom ! Et il a laissé son couteau sur le sol ! Il lui faisait enfin confiance et Coquillage contenait à peine sa joie.

« Je suis Coquillage ! »  Elle répondit d’un enthousiasme débordant, souriant de toutes ses dents acérées. « Et toi, tu t’appelles comment ? Après ça ne me dérange pas de continuer à t’appeler diodon, ça te va bien tu sais ? »   dit-elle, le sourire encore aux lèvres.

« J’ai jamais entendu parler d’un tel passage secret. Mes sœurs ne m’en ont jamais parlé en tout cas... L’île est vraiment extraordinaire ! »  

Oui c’était vraiment extraordinaire …Mais dangereux aussi en voyant comment le diodon s’est fait si mal en l’empruntant...

« Je suis désolée que tu t’es cassé le corps comme ça... »  

Elle sait d’expérience combien il est facile de blesser les hommes. Un seul coup de dents et déjà c’était fini... Les humains étaient si fragiles...Hélas la jeune sirène aurait bien voulu l’aider à se sentir mieux mais elle ne connaissait rien aux méthodes de guérison humaines.

 « Tu ne peux plus rentrer chez toi alors ?... »   C’était plus une affirmation qu’une question, la jeune sirène se doutait bien que s’il le pouvait, il serait parti d’ici depuis longtemps maintenant.

Elle contempla le diodon d’un air pensif, puis elle baissa la tête réfléchissant longuement à ce qu’elle allait dire. Puis enfin :

“Je... je peux faire quelque chose pour... t’aider ? » Souffla-t-elle d’un ton hésitant.

Coquillage n’avait aucune idée de quelle manière elle pourrait améliorer la situation du pirate mais elle demanda quand même. C’est que le diodon lui semblait si gentil malgré ses épines. En effet, plus que le fait qu’il a rangé son arme, c’était son ton de voix si doux qui finit par convaincre Coquillage que ce pirate était quelqu’un de bien. Un raisonnement peut être naïf mais la curieuse en fut sûre. Un gentil pirate, quelle contradiction !  

Elle a beaucoup hésité avant de poser cette question. C’est qu’une petite voix intérieure, celle des sœurs, lui disait que les humains ne méritent pas leur aide après ce qu’ils ont fait mais Coquillage savait que cet humain là, le méritait.

Il avait l’air d’avoir si mal… Et il lui a parlé si gentiment…







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Zeb Skelton
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MessageSujet: Re: In Hell I'll Be In Good Company   Ven 24 Aoû 2018 - 5:07

Lorsque Zeb demanda son nom à la Sirène, celle-ci arbora un grand sourire ravi auquel le pirate ne put s'empêcher de répondre. Même si, pour être tout à fait honnête, il aurait apprécié ne pas voir autant de dents pointues d'un coup.

"Je suis Coquillage ! Et toi, tu t’appelles comment ? Après ça ne me dérange pas de continuer à t’appeler diodon, ça te va bien tu sais ?"

"Eh bien, mon vrai nom c'est Zeb. Zeb Skelton. Mais mes amis m'appellent la Rouille. Rapport à mes cheveux, surtout."

Il appuya ses paroles d'un geste vers sa tignasse rousse, en omettant opportunément de préciser que son surnom venait aussi de sa tendance à "grincer" quand quelque chose le contrariait - en d'autres termes, de son côté ronchon, qui en plus n'allait pas en s'améliorant avec les années.

En parlant de surnom, d'ailleurs, Zeb hésita à demander à la créature ce qu'était un "diodon", à moitié par curiosité et à moitié par suspicion: il était assez regardant concernant sa réputation et pas pressé de se voir affubler d'un sobriquet peu flatteur. Mais le joli poisson nommé Coquillage avait déjà embrayé sur la question du passage secret. Son enthousiasme faisait certes plaisir à voir, d'autant plus qu'il confirmait son absence d'hostilité, mais sur ce coup-là Zeb eut un peu de mal à suivre la Sirène; il était le premier à reconnaitre que Neverland pouvait s'avérer vraiment fantastique, mais là tout de suite, les capacités d'émerveillement du pirate étaient très affectées par le fait qu'il douillait sévère. La Sirène dut le remarquer, d'ailleurs, vu qu'elle ajouta:

"Je suis désolée que tu t’es cassé le corps comme ça..."

"Et moi donc."

"Tu ne peux plus rentrer chez toi alors ?..."

Zeb haussa les épaules et observa l'horizon d'un air désabusé.

"Ca va être compliqué, en tout cas. Les autres..."

Il retint de justesse le terme "pirates", toujours un peu délicat à caser dans une conversation avec un habitant originel du Pays de Jamais.

"... Ils n'ont sans doute aucune idée de là où je me trouve. J'ai bien pensé à deux ou trois solutions pour tenter d'attirer leur attention, mais rien de faisable avec une guibole en cale sèche."

Encore un soupir, qui cette fois ressemblait presque à un grognement tellement il débordait de frustration: à présent que la perspective de se faire dévorer vivant paraissait moins probable, Zeb en revenait à son point de départ, à savoir qu'il était somptueusement dans la merde. Certes, il était plutôt bon en improvisation - il fallait l'être pour devenir et rester le maître charpentier d'un navire pirate, soumis à des tempêtes et batailles aussi imprévisibles que dangereuses. D'autre part, il était familier de la douleur et des blessures, il savait les gérer. Mais se dépêtrer d'une situation déjà si compliquée, alors qu'il lui était impossible de marcher et que la simple idée de bouger le couvrait de sueurs froides, cela commençait à paraitre au-delà de ses capacités.

Certes il lui restait un peu de laudanum au fond d'une poche, dans une fiole qui avait miraculeusement survécu à sa chute, qui pourrait peut-être lui permettre de se déplacer un peu. Mais Zeb craignait de devoir en prendre une sacrée quantité pour éclipser l'horreur qui lui déchirait la jambe à chaque mouvement et il savait d'expérience que cela lui embrumerait l'esprit, sans doute trop pour qu'il puisse mettre à profit le peu de mobilité qu'il y gagnerait. Sans compter que le vieux pirate avait très conscience d'avoir pris un peu trop de laudanum ces derniers temps, qu'il avait noté qu'il se trouvait des excuses pour rapprocher les prises et augmenter les doses, et que ce n'est jamais une bonne chose quand on parle d'opium.

Zeb en était là de son dilemme lorsqu'il se rendit compte que Coquillage, si volubile quelques instants auparavant, restait à présent très silencieuse. Le pirate reporta son attention vers elle et découvrit qu'elle avait baissé les yeux, d'un air que Zeb reconnut avec une aisance un peu surréaliste: c'était l'expression d'un enfant qui s'apprêtait à faire une bêtise. Et qui le savait.

"Je... je peux faire quelque chose pour... t’aider ?"

Voilà. Une bêtise, donc. Qui surprit la Rouille, bien entendu, mais surtout qui le toucha beaucoup, bien plus qu'il ne s'y attendait. Il était bien placé pour savoir que les différents peuples de l'Île n'étaient pas plus censés venir en aide aux pirates que l'inverse. Coquillage était certainement en train de transgresser plusieurs interdits fondamentaux rien qu'en lui posant cette question.

Un instant, le charpentier envisagea de demander à la Sirène si elle était sûre de son offre, si elle n'allait pas s'attirer des ennuis en sauvant un pirate. Mais après une brève réflexion, Zeb préféra taire cette préoccupation: c'était une considération très égoïste, mais dans sa situation actuelle, il ne pouvait tout simplement pas se permettre d'attiser les doutes de Coquillage. Si elle hésitait trop et finissait par revenir sur sa proposition, il était mort, c'était aussi simple et définitif que cela. Alors la Rouille se contenta d'un prudent:

"Peut-être..."

Il prit un instant pour réfléchir.

"Est-ce que tu sais où nous sommes, déjà? Est-ce que tu pourrais m'indiquer comment trouver cet endroit depuis l'Île, avec des repères qu'un marin saurait suivre?"

Nouvelle réflexion, plus longue: la solution la plus simple était d'envoyer Coquillage au Roger pour prévenir l'équipage, mais il paraissait hélas peu probable que les matelots lui laissent le temps de prononcer le moindre mot avant de tenter de l'abattre. Mauvaise idée, donc, car de manière très pragmatique, si la Sirène mourrait, Zeb mourrait avec elle. Mauvaise idée aussi parce que, de manière nettement moins pragmatique, la Rouille commençait à se sentir une pointe d'affection pour la créature marine: il ne tenait pas à causer sa perte.

Soudain le charpentier redressa la tête, l'air de quelqu'un qui vient d'avoir une idée:

"Et est-ce que tu pourrais faire le tour de cette île?"

De son bras valide, il pointa l'atoll plus imposant qui jouxtait le pâté de sable sur lequel il avait échoué.

"Ça m'aiderait énormément si tu y trouvais quoi que ce soit d'intéressant: un point de repère évident, des signes de marins, des bateaux échoués... Tout ce qui te parait important."

Sa liste n'était pas si fantaisiste qu'il y paraissait: les atolls étaient apparus de manière synchrone avec le Triangle des Bermudes, et la plupart de ceux que les pirates avaient explorés s'étaient avérés riches en épaves et débris en tout genre. Zeb n'osait évidemment pas rêver d'un véritable navire capable de prendre la mer, mais il y avait fort à parier qu'il trouverait quelque chose d'utile dans ce bric-à-brac.

"Pendant ce temps, je vais essayer de trouver une solution pour ma jambe. Ça ne devrait pas te prendre longtemps, non, toi qui nage aussi vite qu'une raie manta?"

Zeb accentua sa remarque d'un petit sourire en coin, taquin sans être méchant, avant de reprendre une expression plus préoccupée:

"... Juste un détail: on est d'accord qu'aucune de tes... soeurs ne traine dans les parages? Une qui aurait plus faim que toi, surtout?..."
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MessageSujet: Re: In Hell I'll Be In Good Company   Lun 27 Aoû 2018 - 11:32

Zeb ? Zeb Skelton ? Rouille comme… ses cheveux ? Coquillage fit la grimace, ces noms ne lui allaient pas du tout ! Diodon c’est beaucoup plus mignon !

Face à sa proposition, le pirate semblait un instant pensif puis :

"Peut-être..."  

Oh c’est vrai ? Elle pouvait vraiment l’aider ?

"Est-ce que tu sais où nous sommes, déjà? Est-ce que tu pourrais m'indiquer comment trouver cet endroit depuis l'Île, avec des repères qu'un marin saurait suivre?"  

La sirène fit la moue. Techniquement, Coquillage ne savait pas précisément où ils étaient, elle n’était encore jamais venu ici. Mais elle savait le chemin vers la lagune, c’est instinctif, une sirène ne se perd jamais dans l’Océan. Mais les humains… Elle leva les yeux au ciel. Un jour, une de ses sœurs lui a dit que les marins se servaient des étoiles pour se repérer. Mais il faisait encore jour…

"Et est-ce que tu pourrais faire le tour de cette île?"  

Elle regarda la direction qu’il indiqua de son bras ; oh c’est près ! Oui ça elle pouvait faire ! Coquillage acquiesça vigoureusement de la tête.

Hmmm tout ce qu’elle pouvait trouver d’intéressant ? Ah d’un point de vue d’humain bien entendu ! Elle répéta dans sa tête la liste qu’il venait de dire. Repères, signes de marins, bateaux échoués…  

"Pendant ce temps, je vais essayer de trouver une solution pour ma jambe. Ça ne devrait pas te prendre longtemps, non, toi qui nage aussi vite qu'une raie manta?"  

Cette dernière remarque la fit rire. Oh oui elle nagera très très vite !

Elle s’apprêta à partir quand le diodon reparla à nouveau.

"... Juste un détail: on est d'accord qu'aucune de tes... soeurs ne traine dans les parages? Une qui aurait plus faim que toi, surtout?..."  

Il avait peur qu’une de ses sœurs l’attaque pendant son absence. C’était plus que compréhensible, même si elle connaissait certaines qui seraient ravie de pouvoir lui parler, la plupart l’auraient croqué sans attendre. Surtout qu’elles étaient encore en colère, le deuil transperçant toujours leur cœur.

« Non, je n’ai ressenti la présence d’aucune de mes sœurs aux alentours. Pas besoin de sortir à nouveau tes épines, brave diodon. »  

Un dernier petit rire et la voilà partie dans un grand éclaboussement.

Elle arriva assez rapidement à la plage de l’île en question, - c’est qu’elle a une réputation à tenir maintenant !-, et commença à longer la rive.

Repères… non, rien… Signe de marins… non, que du sable. Bateaux échoués…

Soudain, elle aperçut un morceau de bois flotté près d’elle. Puis deux. Qui dit bois dit présence humaine ! « Signes de marins » oui c’est ça ! Elle se mit à suivre la piste des planches flottantes jusqu’à arriver à une crique, déserte à l’exception de quelque chose d’assez grand…

Oh mais c’est un bateau ! Oui c’était bien un, coincé entre terre et mer. Un bateau échoué comme l’a dit le diodon ! Quelle chance !

D’ici, On dirait presque une baleine affalée sur le sable. Cette pensée la fit penser à Flot et à son Jolly adoré…Flot disait que le navire était son « ami »... Coquillage n’avait jamais vraiment compris pourquoi elle considérait le bateau ainsi… Savait-il parler ? Peut-être était-il gentil comme le diodon…

Elle s’approcha doucement de la coque et la toucha du bout des doigts. Le navire semblait entier mais on voit qu’il a connu de meilleurs jours. Aucune présence de vie à l’intérieur… La curieuse se demandait ce qu’il est advenu de l’équipage…  Oh, peut-être que le bateau le sait lui !

« Hey, tu m’entends ? »  Aucune réponse. La curieuse soupira, un peu déçue.

Elle avait trouvé un bateau mais elle se demandait comment le diodon de terre va pouvoir arriver jusque là… Il ne pouvait pas nager avec ses os tout cassés…
Elle chercha tout autour mais ne trouva aucune barque, que des débris de bois épars… Elle finit par trouver une planche, assez grande pour porter l’humain. Elle l’espérait en tout cas.

Sans attendre, elle retourna à tire de nageoire vers la petite île, avec la grande planche devant elle. Elle espérait qu’il a eu le temps de trouver quelque chose pour avoir moins mal à sa jambe…

« Il y a un bateau plus loin sur la rive ! »  annonça-t-elle de suite.   « Mais il a l’air mal en point, il ne m’a pas répondu quand je lui ai parlé… »  

Elle poussa la planche sur le sable de l’ilot, jusque devant les pieds du pirate.

« J’ai aussi trouvé ce morceau de bois… tu peux te mettre dessus ? Je te pousserai jusqu’au bateau. »  

Coquillage ne savait si cette idée était bonne ou non… Peut-être que le diodon avait une autre solution en tête.







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MessageSujet: Re: In Hell I'll Be In Good Company   Lun 3 Sep 2018 - 18:52

"Non, je n’ai ressenti la présence d’aucune de mes sœurs aux alentours. Pas besoin de sortir à nouveau tes épines, brave diodon."

Son rire raisonna étrangement dans la tête de la Rouille et quand la Sirène disparut dans un reflet d’eau turquoise, le regard du pirate resta accroché sur l’écume laissée par son plongeon. Ce ne fut qu'après quelques trop longues secondes qu'il tressaillit et réintégra la réalité, avec un grognement mal à l’aise – elle n’avait fait que rire, bon sang...

Zeb s’ébroua et s’obligea à ignorer les pensées dangereuses vers lesquelles il dérivait : maintenant qu’il avait une véritable chance de se sortir de là, il avait intérêt à se concentrer un peu. Il plongea sa main valide dans la poche de son manteau pour y piocher le flacon de verre sombre que Earl lui avait confié et le leva à hauteur de ses yeux pour en observer le niveau à la lumière du soleil déclinant : deux doses de laundanum, maximum trois. Pas génial. Mais mieux que rien. Avec un soupir, la Rouille porta la fiole à ses lèvres et en but à peu près la moitié ; quelque chose en lui accueillit le goût alcoolisé avec juste un peu trop d’enthousiasme, mais vu les circonstances, c’était le cadet de ses soucis.

Remisant le laudanum dans sa poche, Zeb récupéra son poignard toujours planté dans le sable et décida de s’allonger un peu en attendant que l’opium se décidât à agir ; cela faisait un moment qu’il se tenait parfaitement immobile et il eût donc l’impression que la douleur resterait gérable s’il bougeait lentement. Mauvais calcul, bien entendu. Mais le pauvre pirate ne le comprit que bien trop tard, si bien qu’il dût se résoudre à une bataille ridiculement atroce contre son corps déglingué pour simplement finir par laisser tomber sa tête sur le sable. Haletant et ne sachant pas trop s’il allait vomir ou s’évanouir, il passa une main tremblante sur son visage délavé de sueurs froides, avant d’achever son geste en laissant son bras s’affaisser sur ses yeux – son flanc étiré protesta vivement, mais il n’en était plus à cela près. Tout ce qui l’intéressait encore, c’était que la réalité lui foute la paix pendant quelques instants.

Il n’eut pas l’impression de rester ainsi bien longtemps. Mais il dut quand même plus ou moins perdre connaissance, car lorsqu’il finit par se sentir un peu moins mal et qu’il écarta son bras ankylosé, le soleil était descendu juste au-dessus de l’horizon et les premières étoiles apparaissaient dans les nuances orange et mauves qui annonçaient la venue de l’Esprit Nuit. Un peu déstabilisé, Zeb porta la main à ses côtes et remua doucement les orteils de son pied gauche, reconnaissant (et dégustant) le soulagement ouaté qui drapait ses fractures et qui trahissait l’action du laudanum : cela se confirmait, il avait dû somnoler pendant une bonne heure, peut-être plus.

Lentement, la Rouille se redressa sur un coude pour sonder la mer du regard : la Sirène n’était pas en vue, mais elle risquait de ne plus tarder. L’idée d’avoir perdu du temps l’agaça, mais seulement de manière furtive, lointaine – l’opium n’agissait pas que sur la douleur. Cependant, étant donné la situation, Zeb décida que cet apaisement juste un peu trop artificiel était le bienvenu.

Quand Coquillage finit par réapparaitre, Zeb avait réussi à se traîner un peu plus haut sur la plage pour mettre la main sur quelques grandes frondes jaunes arrachées aux palmiers par le vent frais. A l’aide de sa hache et de son poignard, il en avait coupées et effeuillées quatre, qu’il achevait d’ajuster à la taille de sa jambe lorsque la Sirène l’interpela :

"Il y a un bateau plus loin sur la rive !"

Zeb redressa vivement la tête :

"Un bateau ?"

"Mais il a l’air mal en point, il ne m’a pas répondu quand je lui ai parlé…"

Le pirate tourna la tête vers l’îlot comme si par quelque magie il allait d’un coup distinguer le navire en question. Une part de lui s’obligea à la mesure (la Sirène et lui n’avaient peut-être pas la même notion de ce qui méritait le nom de bateau), mais il fallait avouer que l’enthousiasme de Coquillage était communicatif.

"J’ai aussi trouvé ce morceau de bois… tu peux te mettre dessus ? Je te pousserai jusqu’au bateau."

Zeb baissa les yeux vers ce que la fille des eaux poussait sur le sable et son instinct de marin émit une légère alarme : cette grande planche avait tout l’air d’un fond de chaloupe. Or un navire échoué environné par des débris de chaloupe, c’était rarement une bonne nouvelle. Mais d’un autre côté, ce n’était pas comme si la Rouille avait le choix.

"Ça ressemble à un plan, oui."

Il ramassa ses ramures de palmiers ainsi qu’une brassée de feuilles, les cala sous son bras droit et entreprit de s’approcher de l’eau, en s’appuyant sur sa main valide et en traînant sa patte cassée le plus précautionneusement possible.

"Mais avant il va juste falloir que tu m’aides pour un petit bricolage. Il faut que j’attache ça sur ma jambe..." Il montra les ramures. "... et j’ai besoin de bandages pour que ça tienne. Tu ne saurais pas tresser des feuilles de palmiers, par..."

Zeb sembla alors réaliser la longueur de feuilles qui allait être nécessaire à une telle entreprise, alors qu’il ne pouvait pas faire d'aller-retours jusqu'aux arbres et que le soleil allait se coucher. Il resta un instant silencieux, visiblement contrarié par ce nouveau contretemps, avant de soupirer :

"Oublie, on n’a pas le temps."

Il se défit de son manteau de laine et du baudrier qui soutenait son sabre, puis il retira sa chemise, en prenant garde de ne pas arracher les bandages qui couvraient son avant-bras atrophié. La peau pâle et saupoudrée de tâches de rousseur de son torse et de ses bras s’avérait, sans surprise, couturée de dizaines de cicatrices – entailles, déchirures, sutures, brûlures, certaines encore rouges et à peine fermées, d’autres blanches et sèches comme de vieux parchemins, indices silencieux de ce que signifiaient vraiment quarante ans de piraterie et de charpenterie de marine. Mais les plus intrigantes étaient indiscutablement celles gravées sur le côté gauche de sa poitrine, un motif complexe d’alignements et d’intersections à peine teinté de noir, qui disparut rapidement sous un pan du manteau que Zeb se hâta de renfiler – pas par pudeur, mais parce qu’avec le crépuscule la gentille brise prenait des allures de vilaine bise et que la Rouille n’avait pas très envie de se mettre à trembler avec des côtes cassées.

"Est-ce que tu peux m’aider s’il te plaît ? Il faut la découper en bandes de tissu, à peu près larges comme ça."

Joignant le reste à la parole, il entama le col de sa chemise d’un coup de couteau pour pouvoir la déchirer plus facilement, jusqu’à en obtenir deux moitiés. Ensuite, de la même main, il tendit à Coquillage l’un des deux morceaux de lin et son poignard, qu’il tenait par la lame pour en présenter le manche à la Sirène. Il ne lui demanda pas si elle s’en sentait capable; lui-même ne semblait pas douter qu’elle l’était.
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Coquillage
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MessageSujet: Re: In Hell I'll Be In Good Company   Lun 17 Sep 2018 - 8:30

"Ça ressemble à un plan, oui."  

Coquillage souri de plus belle. Elle a eu raison d’avoir ramener cette planche !

"Mais avant il va juste falloir que tu m’aides pour un petit bricolage. Il faut que j’attache ça sur ma jambe..."  

Bricolage ? Oh le pauvre il est tombé sur la mauvaise sirène ! C’était sa grande sœur Marée qui était douée pour ça pas elle...

Elle regarda les ramures d’un air assez perplexe, que devait elle faire avec ça ?

"... et j’ai besoin de bandages pour que ça tienne. Tu ne saurais pas tresser des feuilles de palmiers, par..."  

« Bandages » ?... « Tresser »…Comme quand on tresse les cheveux ?... Certaines de ses sœurs s’amusaient à lui tresser les cheveux mais Coquillage elle-même ne savait pas comment faire et elle se met un peu à paniquer... elle ne voulait pas être inutile !

Elle attendait le reste des instructions, dans l’espoir que le pirate allait mieux lui expliquer exactement quoi faire… Un moment de silence puis un soupir sorti de la bouche du diodon.

"Oublie, on n’a pas le temps."  

Oh. D’accord. Coquillage avoue un peu honteusement qu’elle était un peu soulagée de n’avoir pas à faire une tache si compliquée. D’un autre coté, elle se demandait pourquoi il n’avait pas le temps ...

Elle regarda le ciel et vit cette fois les étoiles. L’esprit nuit était arrivé sans crier gare et la jeune sirène fut étonnée de ne l’avoir pas remarqué avant. En effet, elle comprit pourquoi le pirate devait se dépêcher, ces sœurs lui ont expliqué que les humains avaient du mal à se déplacer la nuit.

Elle le regardait enlever ses habits et vit les cicatrices qui parcouraient son corps. Cela ne la surprenait pas de voir cela, la plupart des corps de pirates que ses sœurs partageaient avec elle portaient aussi nombre de blessures. Pourtant elle trouvait cela toujours aussi fascinant à regarder.

Comme ses camarades, le diodon a surement du beaucoup se battre… Alors qu’il remettait son haut, elle eut juste le temps de remarquer un drôle de dessin sur une partie de sa poitrine. … Elle avait aussi vu des dessins parsemés les cadavres de certains pirates mais celui-ci piqua vivement sa curiosité. Est-ce que cela symbolisait quelque chose en particulier ? Mais déjà, le diodon s’adressa à elle.

"Est-ce que tu peux m’aider s’il te plaît ? Il faut la découper en bandes de tissu, à peu près larges comme ça."  

Avec ses mots, il lui tendit son poignard, à la grande stupéfaction de la sirène.
Elle resta figée pendant un moment, regardant l’arme d’un air presque apeuré.

Normalement, Coquillage adore tout objet lié au monde des hommes et serait plus qu’excitée d’en manier un mais cette chose… c’était différent. C’était ce genre d’armes qui meurtrissent ses sœurs, les blessent et même les tuent… Comment pouvait-elle toucher un tel objet ?

Elle ne se sentait pas de le faire mais le diodon comptait sur elle…
Elle prit tout d’abord le morceau de tissus puis, doucement, elle prit la manche du couteau d’un geste craintif, sa main tremblant légèrement. Son regard s’attarda sur la lame, qui reflète une partie de son visage comme l’eau clair.

Elle inspira et essaya de se remémorer comment Marée travaillait le tissu. Ses gestes précis et assurées, prenant les habits d’une main et les coupait avec euh… ah quel était le nom de ce truc déjà… shizeau ? Non, ce n’était pas ça… tant pis, elle s’en souviendra plus tard ! Il faut qu’elle se concentre !

Elle posa le tissu à plat sur le sable, le tenant bien en place d’une main, comme le fait Marée, et commença à découper, enfonçant la pointe de la lame à travers le tissu et le sable, les mains toujours tremblantes. Heureusement, le lin se laissa couper facilement et peu à peu, l’appréhension face à cette tâche se mua en une joie enfantine. C’était plutôt rigolo en fait ! Un peu comme un jeu !

Étrangement, cette situation lui rappela les moments de complicité entre elle et ses sœurs, où elles se rassemblaient sur les rochers de la lagune, à papoter et à partager récits et trouvailles. Cette ambiance tranquille et familière lui fit oublier sa nervosité à tenir le couteau et la fit retrouver son humeur bavarde habituelle.

« Tu sais, j’ai une grande sœur, Marée, qui adore les tissus ! Elle aime se décorer le corps avec, un jour, elle avait mis un magnifique tissu rose, doux au toucher et si brillant. Elle ma dit que c’était de la hmm… soie ! Tu connais ? En tout cas, elle sait  beaucoup de choses sur les objets des humains… »  

Elle jeta un coup d’œil vers le diodon et elle se rappela du drôle de motif sur sa peau.

« Dis… c’était quoi ce dessin sur ta poitrine ? C’est très joli ! »  

C’était sincère, la nouveauté fit toujours briller les yeux de la curieuse et elle n’avait encore jamais vu un dessin pareil. Elle aurait voulu lui poser d’autres questions mais elle vit qu’elle avait arrêté de couper depuis qu’elle avait commencé à parler ! Zut, quelle tête de bigorneau ! Il vaut mieux qu’elle se reconcentre sur sa tâche !

Après un moment, elle termina enfin de couper le tissu en deux et souffla un petit soupir de satisfaction. Elle laissa tomber le poignard et prit les deux bouts de tissus dans chacune de ses mains.

« J’ai fini ! » Proclama-t-elle, montrant au diodon le résultat de son ouvrage, le plus près possible de son visage.  Il fallait qu’il puisse voir si elle avait fait du bon travail !

« C’est...bien comme ça ? »







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