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Grizzly Funeste
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♐ Membre des Piccaninny ♐


✘ AVENTURES : 108
✘ SURNOM : L'écorché
✘ AGE DU PERSO : Entre 35 et 40 Hivers

✘ DISPO POUR RP ? : 4/2
✘ LIENS :
♐ Sinistre Oraison
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MessageSujet: Danse avec moi.   Lun 17 Avr 2017 - 3:24

La pluie, clapotis dévorant, picotement, piqûres… gouffre béant, qui jaillit, s’éparpille sur toute sa musculature. Milliers d’enfants terrassant Goliath d’une gouaille acharnée, redoublante. Les gouttes sont devenues trombes, qui lacèrent son cuir d’homme. Et Il sent chaque brûlure, chaque filée. Estafilade blessées, rallongée ; révélées.
Ce n’est que de l’eau. De l’eau un peu salée. De l’eau qui attaque la moindre plaie ouverte, de sa morsure, de ses échos.
Elle s’engouffre cette eau. Elle ne laisse aucun répit, vague oripeau dont elle drape ses victimes. Et Grizzly que ce linceul sublime, que ce tombeau ouvert étouffe, atrophie. Grizzly qui veut bouger, Grizzly qui se sent restreint, qui se sent prisonnier.

La pluie l’épie.

Il en a le sentiment.
Des millions de gouttes et tout autant de regards, d’œil grand ouvert qui explosent à son contact. Le traverse. Le caresse. Le lacère.
Grizzly s’ébroue, se débarrasse de la gêne par de grande brassée de mains qui les écartèlent.

Bataille vaine !
Elles reviennent de plus fort. Ces gouttes, ces cordes, ces flèches, cette horde d’amertume. Jamais l’Ecorché n’aura tant été touché par la peine de l’Esprit Enfant. Jamais n’en aura-t-il été plus proche. Plus sonné. Plus dépendant.
Jamais n’aura-t-il autant regretté l’avant.

Mais la pluie est.


N’avait-il pas vaincu sa nuit ? Au plus profond des entrailles de l’île, faite de diamant et de glaise. N’en était-il pas sorti, de ses saisons entières ; vivant et victorieux ?
Alors pourquoi ces quelques gouttes –même véritable déluge – pourquoi cette eau, ce que lui et les siens appelaient de leur danse… Pourquoi cette eau lui devenait insoutenable ?
Grizzly n’a d’autres échos que les plaintes de ses frères que la pluie de Jamais effraie.

Alors le sauvage ne se demande pas s’il est normal qu’elle l’affaiblisse ainsi, qu’elle se joue de son esprit.
La Pluie est égale. Et tous en sont victimes. Ses sensations sont celles de son peuple. Il n’y a rien de différent. Rien d’alarmant.

Il avait vaincu sa nuit.

Et les considérations, les interrogations le perdent. L’agacent. Grizzly est homme d’action. La réflexion, il la laissait aux chamanes. Il n’était pas sage. Il est guerrier sauvage. Intrépide. Irréductible.

Inconscient.

Et Grizzly en sentinelle s’avance, fend le rideau constant de pluie. Il cherche. Il traque.

La chose s’était attaquée plus tôt à l’un de leur jeune chasseur, qui, effrayé par son aspect était parti quérir l’Ecorché. Superstitieux de nature mais peu coutumier à battre en retraite, les Piccaninnys ne laisseraient jamais parjurer leur bravoure. Tamarin Audacieux, en ces temps étranges, avait choisi la prudence. Mais Grizzly ne laisserait pas l’acte impuni, quelle qu’en fut la créature. On ne s’attaquait pas au Clan de l’Ours sans en subir les conséquences.

Les traces ont depuis longtemps disparues, l’eau ne leur permet plus de lire la nature. Alors il se fie à l’expérience et au grondement de la bête qui l’oriente, lui susurre la vie. La direction à prendre. Ce qui bouge, ce qui vit. Ce qui devra mourir.
L’éloignant au plus profond de la jungle, le peau-rouge ignore pourquoi si loin. Il ne fait que suivre… son instinct. Il sait le territoire volé proche. Il sait la présence des visages pâles qui pollue la roche. Il sait, il sent. Ce qui ne l’a jamais retenu avant.
Il poursuit.
Sa proie aujourd’hui sent l’étouffé. Comme lui. Il en est obsédé.

Tamarin lui aussi, avait dû beaucoup s’éloigner. S’aventurant seul sur des territoires qui ne leur étaient pas favorables. Ici, les cuisses auront tendance à s’enliser plus vite et Grizzly doit jouer avec les branches pour ne pas être avalé.
Les Terres des hommes-nuit ne doivent pas être éloignées et l’Ecorché, s’il est frondeur, sait aussi qu’il y aie des noirceurs qu’il vaut mieux éviter. Surtout en ces temps troublés. Pourtant, en lui, ses entrailles lui somme de continuer.
La chose est à proximité. Il la sent.

Il l’entend.
Il la voit bouger.

A son aspect, Grizzly comprend pourquoi Tamarin n’aura guère insisté.
Elle bouge. Morte. Elle s’incarne, semble sourire à sa vue. Elle s’approche, carnassière irascible et l’indien l’écarte d’une poussée. Observant sans colère cette chose énervée, cette chose prisonnière.
Grizzly a pitié.

Il ne réfléchit pas. Pas de prudence pour le Brave.

Il l’abat.



Ps:
 








Il s’était éveillé. Il s’était réveillé.
Le monstre demeurait.
A ronger ses entrailles, à exiger encore sa part insatiable.
Les lunes décroissent, s’effacent...
Et le regard sombre de Grizzly fend la pluie.
Il est de retour chez lui.


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Baron Dimanche
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☠ Guédé du Bayou ☠


✘ AVENTURES : 36
✘ SURNOM : Le Calciné
✘ AGE DU PERSO : Indicible

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_Kriké?
_Kraké.

MessageSujet: Re: Danse avec moi.   Lun 17 Avr 2017 - 17:25

HRP:
 


Depuis que la pluie avait redoublé d’intensité, le Baron Dimanche se prenait à inspecter régulièrement ses mains.
Ses stigmates luisaient toujours, mais d’un feu amenui, plus souterrain. D’autres fois, la braise de ses entrailles prenait une teinte différente, sulfureuse et bleutée. C’était un changement étonnant, mais qui pour le moment ne l’affectait qu’en apparence. Il pensait donc que ses pouvoirs n’étaient pas diminués, et malgré les quelques contrariétés que la pluie avait apportées avec elle, il n’en demeurait pas moins d’excellente humeur. Aussi paradoxal que cela puisse paraître – ou justement parce que c’était un goût paradoxal – il adorait la pluie. Cela lui rappelait les monstrueux cyclones qui martelaient son ancienne île, et il y avait quelque chose dans ce vent salé, dans cette pluie lourde, dans l’angoisse qui enfle aussi sûrement que les lits des rivières, qui était tout à la fois rassurant et exaltant.
Comme toujours, il se sentait à sa place au milieu du chaos.

Cependant, ce soir-là, le Baron Dimanche n’était pas exactement d’humeur à célébrer le déluge salé.
On le voyait circuler dans le Bayou, survolant à peine les pontons et passerelles à moitié submergées. A sa suite, pateaugeant dans l’eau et la boue, ses « Grands-Brûlés » avançaient maladroitement. Ils poussaient des râles crissants comme du charbon, mais ils semblaient calmes. Le Baron La Croix chantonnait doucement, du bout des lèvres, comme pour lui-même.

« O la pli li ve tombé ti baba, les’ali tombé
Kan li va ‘riv ater, na rod in manier pou dirij ali »


Les gens du Bayou qui le croisaient ne s’y trompaient pas : ses mots étaient un sortilège qui renforçait en continu son emprise sur ses serviteurs, afin de la Pluie ne les rende pas fous. Et c’était pour cette raison précise qu’il était sorti de chez lui : l’un de ses morts-vivants préférés, devenu féroce et confus, s’était considérablement éloigné du coeur du Bayou. Le Baron n’était même pas certain d’avoir encore une quelconque emprise sur lui, mais il s’était mis en tête d’aller le chercher, et de le ramener. (Bien  entendu, résumer les intentions du Baron La Croix à cela serait mal le connaître. Les raisons profondes de sa sortie se devaient de rester mystérieuses, peut-être même pour lui-même.)


Il suivait la trace de son serviteur – pas un trace physique et tangible, mais davantage un petit lien qui les unissait encore, car il avait donné de sa flamme pour raviver la leur. Plus il avançait, moins il croisait de dalons, moins il voyait de ponts, de canots et de lanternes suspendues. Il s’approchait des limites de son territoire, là où l’emprise du rêve de l’enfant esclave s’effritait face à la volonté d’un autre enfant.
Soudain, il s’arrêta.
Ses yeux laviques s’arrondirent lentement sous l’effet d’une stupeur incrédule. Le lien venait de se rompre. Comme un hauban qui claque sous la tempête. Il avait juste eu le temps d’entendre son pauvre zam gémir de douleur, et ce fut tout. Un pesant silence enveloppa le Baron – si bien que même ses serviteurs cessèrent leurs râles et semblèrent fixer un point invisible devant eux de leurs yeux incandescents. Même le déluge continuel sembla s’assourdir.


Venait-on d’abattre son mort-vivant ?





Il ne fallut pas longtemps pour qu’il retrouve sa trace.


D’abord, ce furent ses serviteurs qui émergèrent les premiers de l’obscurité épaisse des bois, trois noires silhouettes calcinées dont seuls les yeux brillaient d’un éclat surnaturel. Ils devançaient leur maître pour s’approcher de leur dalon terrassé. Une flèche solide s’était logée dans sa gorge; il s’était écroulé en arrière, en travers d’un épais lacis de racines de palétuviers. Pas d’autres blessures : ce seul coup précis avait suffi.

Pauvre zam.

En retrait, lévitant à quelques centimètres au-dessus des eaux boueuses et presque adossé au tronc d’un arbre, le Baron l’observait. Il avait les bras croisés sur son torse, et ne semblait pas remarquer que ses crevasses embrasées venaient de prendre cette teinte sulfurée. Un bleu étrange.

« Bien-Aimé. »

Il s’était redressé, et avait prononcé le nom de son serviteur d’une voix chantante, aux accents maîtrisés. Le corps à moitié immergé ne bougea pas. Le Guédé reprit, sur le même air, amplifiant la portée de sa voix où vibrait la magie :

« Ayo Bien-Aimé, arlèv a ou, arvien a ou ! »

Un serviteur se pencha et se saisit de la flèche de ses doigts épais et rendus rigides par les brûlures. Il tira, et dût s’y reprendre à plusieurs fois pour déloger la flèche solidement enfoncée dans la gorge de Bien-Aimé. Mais maintenant, il était libre.

« Ayo Bien-Aimé, arlèv a ou, arvien a ou ! »

La bouche parcheminée du mort-vivant s’entrouvrit. Un râle presque modulé s’en échappa : le zam cherchait à répondre au chant sorcier, car c’était ainsi que fonctionnait le Maloya du Baron Dimanche. Bien-Aimé ouvrit ses yeux creux, au fond desquels luisait cette flamme, maigre bougie allumée par un volcan.

Le Baron ne s’accorda pas le temps de paraître satisfait : il se tut, et ses mâchoires se crispèrent visiblement. Son regard, toujours posé sur ses quatre serviteurs, se durcit. Il n’ignorait pas que, qui que soit l’inconscient qui avait attaqué un de ses Grands-Brûlés, il ne devait pas être bien loin. Quelqu’un était resté.


Il espérait qu’il avait apprécié le spectacle.
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Grizzly Funeste
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MessageSujet: Re: Danse avec moi.   Mar 9 Mai 2017 - 18:49



Des présences. Multiples. Il les a senties.
Y en avait-il d’autres ?
Comme le bruit d’un tambour un peu sourd qui s’accélère, rythmant l’avancée. Elles ont beau glissé, feutrée. Le bruit mouillé de cette eau dérangée les annoncent par clapotis, ce que même les picotements du ciel qui pleure n’aura pas assourdi.

Le guerrier peut être patient quand il s’agit de chasse. Son ombre s’est dissimulée, entre les lianes et les branches noueuses de la Mangrove. Sa respiration elle-même semble s’être atténuée. Ses sens affûtés par les bruits et les mouvements, lui permettent de ne plus se laisser distraire des gouttes lancinante. Il observe. Attend, prêt à vrombir quand ce sera le moment.
Ses yeux luisent à l’arrivée des trois créatures, des trois retournés, ces engeances qui rejoindront la terre dont on les avait arrachée.
Mais Grizzly attend. Il attend le dernier. La présence plus intense, plus sourde, celle qui ne pourrait lui avoir échappée.

Tamarin ne connait pas sa chance. Et le guerrier se jure d’empêcher toute nouvelle menace à venir. C’est avec intérêt qu’il suit la progression de leur maître. Grizzly ne le reconnait pas, ne l’identifie pas tout de suite. Pour lui, il s’agit d’un homme-nuit, ceux que les visages pâles amenèrent ou peut-être créèrent. Il a entendu les rumeurs sur leurs chamanes, sur les enfants de la Squaw sombre. Il ne sait pas qui lui fait face. Simple chamane ou demi-démon. Tout ce qu’il sait ; c’est le danger.

Et ni les reflets bleus, dansant autour de l’homme-nuit, ni l’étrange rituel ramenant la menace qu’il pensait avoir soufflée, ne l’encourage à penser autrement. Une seule évidence, peut-être deux : il ne s’agissait pas d’un de leur chamanes. A l’obscure magie de flammes, Grizzly devine avoir à faire à l’un des fils de Squaw-Obscure, étrange héritier d’Hastsezini et cette révélation ne peut que le contrarier.
Car pour nombre des enfants de la sombre, Grizzly avait déjà statué ; aucune pitié. Mais celui-là, celui-là, à leurs grands esprits était lié. Et si le peau-rouge se chaut peu de la furie des hommes et abominations, il est en revanche plus concerné par celle des manitous.

Il était trop loin de Boa pour lui demander conseil.
Et le fils d’Hastsezini l’avait probablement – si ce n’est repéré - senti.

L'Écorché n’avait jamais été des âmes de paix, pris dans un dilemme qui le dépassait il agirait toujours fidèle à sa nature :  frontalement.

Et c’est de front qu’il s’était révélé aux cinq paires d’yeux enflammés. Arc rangé, mais main négligemment posée sur le tomahawk à sa ceinture.
Il aurait largement pu tirer, venir à bout d’au moins deux des créatures avant qu’il ne les relève mais il se méfiait. Et si ses entrailles rugissaient, appelaient à saigner ; lui gardait silence. La violence attendrait.

« Ton marcheur de mort a attaqué le premier. »

Il était important de préciser la légitimité. Les Piccaninnys étaient un peuple fier où de l’honneur, on ne pourrait se tromper.

« C’est à la terre, qu’il doit retourner. »

Et ainsi le prix serait payé. L’injure, lavée.
En l’absence de certitudes, l’Écorché n’était pas sûr d’être en droit de tout purger.








Il s’était éveillé. Il s’était réveillé.
Le monstre demeurait.
A ronger ses entrailles, à exiger encore sa part insatiable.
Les lunes décroissent, s’effacent...
Et le regard sombre de Grizzly fend la pluie.
Il est de retour chez lui.


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