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Tayysan Ne Lwin
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MessageSujet: Pour une épingle   Mer 4 Juil 2018 - 14:49

Tayysan détestait ce vent. Echarpe jusqu’au nez, emmitoufflée dans sa peau de bête, capuche rabattue sur sa tête, la jeune femme avançait à grand pas en direction des plantations d’opium cultivées par les employés de la fumerie. Elle tenait, entre ses deux mains couvertes, deux bêches et un rateau qu’elle rapportait aux agriculteurs improvisés. D’un discret mouvement de tête - sans trop soutenir le regard, la birmane saluait poliment les Pirates qu’elle croisait sur son chemin. Il était presque étrange de voir à quel point le moral se maintenait tant bien que mal, au sein du Ranch. Et pourtant, chaque Rebelle la ressentait. Cette tension permanente, parfois cette peur irascible et ironique de l’avenir. Tayysan n’échappait pas à cette règle ; et pour ne pas trop y penser, elle s’occupait l’esprit. Cultivant les plantations d’opium et aidant ponctuellement aux ateliers d’artisanat du Ranch. De ce Givre, l’Effacée retirait uniquement le plaisir de pratiquer le travail manuel de façon plus régulière.

Ses prunelles vertes rivées vers la couche de neige pure, Tayysan ne regardait pas où elle allait tant elle se perdait dans ses pensées. Tant et si bien que la jeune femme percuta quelque chose - une roche, peut-être une idiotie de ce genre, au même moment où un Pirate passait à côté d’elle. Lâchant ses outils agricoles par automatisme, Tayysan bascula en arrière et fut rattrapée à la dernière minute par l’homme qu’elle venait de croiser ; en vérité, elle ne connaissait pas son nom. Tout ce qu’elle retint, sur l’instant, fut sa parfaite nonchalance. Sous l’impulsion d’une certaine gêne, Tayysan se redressa et se recouvra à nouveau de son capuchon. C’est qu’elle éprouvait terriblement le besoin de se dissimuler, ses derniers temps.

- Excusez-moi, dit-elle d’un ton bas, avant de ramasser ses outils et de poursuivre sa route sans demander son reste.

C’est qu’elle n’attendit même pas que ce dernier lui réponde, trop pressée de s’en retourner à ses occupations. Tayysan ne parvenait qu’à maintenir une longue conversation avec Madame Moriko, et encore.  
Il ne lui fallut pas longtemps pour arriver aux cultures d’opium. Tayysan laissa venir vers elle un homme et une femme, qui semblaient attendre l’arrivée de ses nouveaux outils, leur adressant un simple sourire aimable avant de s’en retourner vaquer à ses occupations. Certains automatismes qu’elle retrouvait parfois, en travaillant la terre, lui semblaient presque étrange. Elle n’irait pas jusqu’à dire familiers, puisqu’elle avait oublié le milieu paysan dont elle était issue. Perdue dans ses pensées, Tayysan travailla sans relâche un petit moment, espérant ainsi se réchauffer et oublier ce vent insupportable qui ne semblait pas vouloir s’arrêter. Alors qu’une bourrasque de vent fit basculer sa capuche en arrière, Tayysan lâcha sa bêche pour se recouvrir la tête. Mais elle stoppa son geste en sentant ses cheveux à moitié détachés, qu’elle avait pourtant pris le soin de coiffer. La birmane glissa sa main le long de ses mèches de jais, avant de se figer.

L’une de ses épingles à cheveux avait disparu. Cela n’aurait pas été grave, s’il ne s’agissait pas d’une épingle en particulier - un présent de Madame Moriko en personne. Et il était hors de question de perdre ce genre de présent. Craignant l’avoir fait tomber, Tayysan confia sa bêche a un employé, lui indiquant qu’elle reviendrait rapidement. Ceci fait, la jeune femme retourna sur ses pas. Elle s’arrêta là où elle avait manqué de tomber, se disant qu’elle l’avait peut-être perdue ici. Elle retourna plusieurs fois la couche de neige, en vain.

Une pensée lui vint alors. Le Pirate qu’elle avait croisé n’y serait-il pas pour quelque chose ? Il l’avait empêché de tomber d’une façon... élégante, certes. Trop élégante ? Pourtant, Tayysan n’avait absolument rien senti, ni remarqué. Pour en avoir le cœur net, la jeune femme se mit en quête de son « sauveur ». Une quête possiblement vaine, puisqu'elle ne le connaissait pas. Il lui semblait l’avoir vu rentrer à l’intérieur du Ranch, tandis qu’elle s’en retournait aux champs d’opium. Tayysan se dirigea alors à l’intérieur de la ferme, désireuse de retrouver ce mystérieux individu - et surtout de récupérer sa précieuse épingle.







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Aaron Dirtyhands
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MessageSujet: Re: Pour une épingle   Mer 4 Juil 2018 - 19:52

L’ennui ; voilà le véritable ennemi de celui qui se lassait trop vite. De celui qui errait dans sa propre existence comme un étranger, un touriste de ses envies et de ses peines, de celui qui ne s’encombrait plus du désir de la rendre heureuse. Une terrible lassitude, une nonchalance s’accrochant à son coeur comme la glace s’agrippait au paysage de l’île ; Aaron se sentait prisonnier de sa propre indifférence. Une bien tendre malédiction que celle de voir le monde glisser devant ses yeux sans jamais s’y refléter, de traverser un univers qu’il ne pourrait jamais transcender. Il se sentait en permanence fatigué de devoir ainsi se détacher de tout. 
Assassin à sa manière, Aaron était le genre à tuer le temps pendant des heures sans jamais s’en inquiéter. Il crevait les secondes, torturait les minutes, passait les jours en génocide. Il marchait, se baladait, piétinait les grains de sable tombant au fond du sablier, et cassait les aiguilles de toutes les horloges à sa portée. 


Même le temps, s’en fichait de lui, se contentait de l’embêter. 
Mais cela ne changeait jamais rien : Aaron s’ennuyait. C’était son tourment, sa seule réelle compagnie : l’ennui. 
Fidèle allié et pire némésis. 
Lui, en réalité. 

Son corps était drapé, son visage emmitouflé, lové dans une écharpe grossièrement tricotée. Son nez humait l’air avec peu de gourmandise, tandis que seuls ses yeux s’offraient au monde ; deux orbes dorés se déposant sans envie sur les contours d’un décor à peine deviné. Il se rendait vers l’intérieur de la ferme, notamment vers les cuisines, lorsqu’une altercation fortuite se présenta à lui. Solution à son problème passager de lassitude, ou simple fruit du hasard, il ne saurait le prédire. 
Un concours de circonstance, un spectacle de maladresse et de malice ; une créature s’était échouée dans ses bras. Ses mains avaient voyagé contre son dos, une autre s’était perdue près de sa tête. On connaissait Aaron charmeur à ses heures, comme l’étaient tous les démons, mais jamais gratuitement. 
S’il n’avait prononcé aucun mot et s’était simplement contenté de la rattrapé, jolie colombe aux ailes sectionnées, il n’hésita pas un seul instant à réclamer son prix. On ne croisait jamais facilement la route de Dirtyhands, du Bâtard du Jolly Roger sans en abandonner quelques plumes.
Même les plus beaux anges, avaient du mal à s’envoler après l’avoir croisé, cet être déchu. 

Magicien à sa manière, musicien des pires larcins, c’était d’une main experte qu’il avait volé ce bien. Faisant passer sa fraude pour une caresse réconfortante contre sa chevelure suite à sa chute, un rictus satisfait pour une esquisse pleine d’excuses silencieuses, il parvint à échanger ses vices pour une attitude plus douce ; plus innocente. 
Et il reprit son chemin, délaissant sa proie, retournant à ses affaires. Contre la pulpe de ses doigts d’expert, il sentait alors la fraîcheur d’un métal précieux, manquant d’ailleurs de se piquer contre le bout de ce qu’il devinait être une épingle à cheveux. Regagnant le calme et la solitude des cuisines du ranch, se débarrassant de ses manteaux et chassant la neige de ses cheveux bruns, Aaron prit ainsi un instant pour observer ce trésor arraché. 
C’était joli. Un bel éclat parvenait à sa rétine, tandis que son pouce caressait une pierre avec une tendresse presque particulière. Et si Aaron ne portait jamais une grande importance à l’aspect précieux de ce qu’il dérobait, il ne put s’empêcher de songer que ceci devait avoir de la valeur. 
Se sentait-il coupable pour autant ? Si seulement. 

Elle n’avait qu’à faire plus attention, se dit-il en continuant sa contemplation. 
Mais il ne pouvait la blâmer. En fait, il ne le faisait pas : personne ne se doutait de ses talents de scélérat. 

Néanmoins, une légère agitation à l’intérieur du ranch ne tarda pas à attirer son attention, tandis qu’il entendait la douce mélodie d’une démarche précipitée résonner contre le sol boisé de la ferme. Lançant un regard à travers la porte entrouverte de la cuisine, Aaron reconnût sans mal la silhouette de sa victime, s’étant finalement aperçue de sa perte. 


Evidemment, elle devait avoir des soupçons. Il était la dernière personne à l’avoir croisée ; il y avait de grandes chances pour qu’il fût le gardien de son épingle. 
Ou le geôlier, plutôt. 


Aaron ne s’inquiétait pas d’être démasqué ; il ne s’inquiétait jamais. 
Pire, il ne fit aucun effort pour se cacher, allant même jusqu’à sortir de son antre pour s’approcher avec précaution. 


Assez rapidement, il apparaîtrait dans son champ de vision. 

« Besoin d’aide ?, s’exclama-t-il avec innocence. »

Enfoiré, se dit-il à lui-même. 
Tout ça pour combler son ennui. 

Oui, s’avoua-t-il. Sans scrupule, sans regret. 
Il cherchait à s’occuper.


Dernière édition par Aaron Dirtyhands le Mer 4 Juil 2018 - 21:14, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Pour une épingle   Mer 4 Juil 2018 - 21:09

Stressée. Son cœur battait un peu trop vite. Il lui semblait que l’éternité était passée, tant elle avait du mal à parler avec les autres sans craindre pour sa sécurité. Tayysan ne leva pas les yeux tout de suite, lorsqu’elle entendit la voix du Pirate. Elle déduit, très simplement, qu’il s’agissait probablement d’un cuisinier. Il devait venir du Jolly Roger, elle ne l’avait jamais croisé dans le Port. Il faut dire qu’elle ne s’éloignait que peu de l’Amanite Viride, avant l’Exode.

La jeune femme ne répondit pas de suite à la question d’Aaron. Celle-ci lui paraissait si innocente ; dans son ton, Tayysan ne décelait rien de suspect, ni once de culpabilité. Soit il était innocent, soit il était très bon comédien.

Elle ne levait toujours pas les yeux.
Tu la veux ton épingle, oui ou non ?

La birmane inspira. Expira. Elle sentit son cœur ralentir, et releva la tête vers le Pirate. Si elle était douée pour dissimuler ses émotions, comme elle le faisait au Grand Arbre, cela la fatiguait bien plus qu’avant d’afficher ce masque d’impassibilité. Décidément, les habitudes se perdaient.

Silencieuse, Tayysan dévisagea le Pirate. Il ne lui semblait pas bien jeune, peut-être le même âge que le sien si elle daignait avouer son léger Grandissement. Rien ne semblait détonner, chez lui. A part peut-être cette étrange attitude de nonchalance qui lui collait à la peau. Trêve d’observation ; elle planta son regard dans le sien, désireuse d’en finir et de retourner à sa tranquille solitude.

- J’ai perdu mon épingle, répondit-elle enfin à la question sage d’Aaron.

Elle marqua un temps, tandis qu’elle tendait la main vers le Pirate. C’est qu’elle paraissait étonnement plus déterminée qu’elle ne l’était il y a quelques instants. Tout ça pour une épingle.

- Elle m’est précieuse. Rendez-la moi.

Elle ne bougea pas, main tendue, sans rien ajouter d’autre. Déterminée, mais pressée d’en finir, avec ses phrases hachées et son ton inflexible. Tayysan paraissait bien persuadée que le présumé cuistot était coupable de ce larcin. Du moins, pour elle, il n’y avait pas d’autres options ; elle avait assez creusé la neige pour savoir qu’il n’y avait rien. Et il avait passé la main dans ses cheveux, en la rattrapant. Une étonnante coïncidence qui ne faisait que nourrir ses soupçons.

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MessageSujet: Re: Pour une épingle   Mer 4 Juil 2018 - 21:34

Il en fallait beaucoup à la curiosité d’Aaron pour être piquée. Lui qui ne s’impressionnait de rien, qui contemplait le monde sans jamais réellement s’y intéressait ne se confrontait que très rarement à cette avidité de découverte. Les seules fois où il ressentait l’envie de tendre la main vers l’inconnu, la crainte d’être avalé le forçait à se raviser. Il rêvait en silence, songeait à l’abri des regards des autres. Pour lui, le reste de l’humanité se confondait avec le reste du décor ; petits crépitements colorés sur une toile déjà trop encombrée. 
Mais. La vie était faite d’exceptions, et celle d’Aaron, pleine de contradictions. S’il était tout autant capable de se délaisser du moindre intérêt pour tout un univers, il arrivait qu’un seul élément de paysage retînt son attention pendant quelques minutes. Il irait jusqu’à se torturer l’esprit pour en deviner toutes les subtilités, en caresser de ses mains habiles la surface pour la voir s’effriter, se troubler, ou tout simplement se plier à son contact de velours. 

Et elle, cette jeune fille avait réussi. Alors que quelques instants plus tôt, Aaron était encore en train de maudire la neige, le temps, et même les portes qu’il devait s’efforcer de pousser pour se frayer un chemin vers l’intérieur, le voilà désormais s’éternisant sur la silhouette drapée d’une impératrice quémandeuse. 
Elle avait l’air douce, mais ses mots n’étaient pas tendres ; pire, ils étaient tranchants. Elle avait le ton glacé, jusqu’à vous emprisonner, vous piéger dans le lac gelé de ses onyx d’acier. Elle ne faisait pas que l’accuser, comme elle aurait pu le faire, elle ordonnait. 
Elle était impérative. 
Face à Aaron, qui ne cédait jamais. 

Elle ne devait pas se douter de qui il était, et cette idée lui plaisait secrètement. Il aimait surprendre à sa façon, et aussi ne pas attirer l’attention. Il aimait croire qu’il rentrait dans la vie de ses interlocuteurs passagers comme un fantôme, pour mieux en ressortir dans un souffle terrifiant. 
Et puis. C’était toujours plus simple de faire semblant face à des inconnus. 

Manches retroussées, menton levé, air impassible dévoilé ; le voilà drapé de ses habits de scène. 
Acteur, menteur, parfois réalisateur de sa propre tragédie, il commençait à travailler. Une de ses épaules vint s’apposer sur l’encadrement de la porte ouverte de la cuisine, avec trop de nonchalance. 
Plongeant une main dans sa poche, il vint effleurer l’épingle qui s’y éternisait, redécouvrant la fraicheur du métal contre la pulpe de son index. 

« Ah oui, dit-il en levant les yeux vers elle. C’est vrai que vous en portiez une. Elle est jolie. »

Il continuait son manège, sa petite mascarade. Il n’y avait rien de méchant là-dedans, Aaron ne l’étant jamais vraiment. Il se doutait néanmoins qu’il ne pourrait pas feindre l’innocence, pas face à elle qui était si certaine d’avoir démasqué le coupable de cette perte. 
Il n’était même pas certain d’en avoir envie, d’ailleurs. 

Qu’allait-elle faire ? Courir vers lui pour la lui arracher, tandis qu’il sortait la main emprisonnant la broche de sa poche ? Lui hurler dessus, tenter de le menace ? 
Il voulait voir. Juste ce que ça ferait, de se sentir vaguement en danger. 

Est-ce qu’il parviendrait à fissurer cette jolie poupée ? 

« Pourquoi est-elle si précieuse ? »

Valeur économique, sentimentale, juste par sentiment matérialiste. Peu importait. 
Pour une fois, il voulait savoir. 

« Ce n’est qu’une épingle. »


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MessageSujet: Re: Pour une épingle   Mer 4 Juil 2018 - 22:11

Tayysan se retint presque de sauter sur cette main insolente retenant sa précieuse épingle ; il ne manquerait plus qu’elle se fasse remarquer. Si cette épingle était, en effet, jolie, la valeur sentimentale que Tayysan lui accordait était étonnement grande, presque charmante. Et brièvement, son regard s’était illuminé en apercevant son bien.

Elle referma la paume de sa main et la ramena contre son corps, tandis qu’elle observait une nouvelle fois Aaron. Qu’est-ce qu’il avait l’air nonchalant, celui-là. A croire que tout le fatiguait ; c’était peut-être le cas, d’ailleurs. Son attitude lasse lui rappela un peu celle de Love, bien qu’elle ait déjà oublié le nom de cette Mère. De quel groupe, déjà ?

La birmane maintint une aimable distance de sécurité, tandis que son regard faisait la navette entre les prunelles d’Aaron et sa main. Nonchalant et impassible. Tayysan ne parvenait pas à savoir s’il se moquait d’elle ou s’il cherchait simplement à se distraire. Dans tous les cas, la situation était presque terrible pour celle qui ne voulait plus se faire remarquer. Bon, tant pis. Elle n’avait plus qu’à faire avec.

- Pourquoi est-elle si précieuse ? Ce n’est qu’une épingle.

Elle aurait pu lui rétorquer « de quoi j’me mêle ? », mais elle n’en fit rien non plus. C’est la petite voix tapie dans les tréfonds de son conscient qui le pensa fort, très fort ; celle de feu son rôle de Chef, qui ne parlait plus du tout depuis un moment déjà. A la place, Tayysan ouvrit la bouche, puis la referma. Il faut dire que cette question la rendait relativement perplexe. Cette épingle symbolisait beaucoup de choses, ce n’était pas pour rien qu’elle voulait la récupérer. Elle se voyait mal raconter son symbolisme à ce type qu’elle ne connaissait pas et qui sortait de nulle part. Il avait simplement l'air d'avoir envie de se distraire, de jouer.

- C’est un cadeau qui m’est précieux, finit-elle par répondre, sur un ton se rapprochant presque du défi. Vous voulez peut-être que je vous félicite pour avoir réussi à me la voler ? Rajouta-t-elle dans son premier sourire en coin depuis un bon moment. Jouant sur la défiance, crevant d’envie de s’en retourner à sa solitude. C’était plutôt bien joué. Je n’ai rien vu venir. Je peux l'avoir maintenant ?

Fausse défiance masquée sous ses allures déterminées. Elle la voulait, son épingle. Et elle voulait surtout être tranquille, s’en retourner à sa rassurante impression de n’être qu’un élément du décor.

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MessageSujet: Re: Pour une épingle   Mer 4 Juil 2018 - 22:36

Il aurait pu la narguer. Jouer bien plus de son emprise sur son trésor, le faisant danser dans la paume de sa main avec dextérité. Il aurait pu la lancer en l’air, la rattraper de justesse, ou encore simplement la faire disparaître à nouveau dans sa poche. Il pouvait sourire, prendre une mine feintant la réflexion, mais non. Il ne se couvrit d’aucun artifice, n’ajouta rien à ce masque lisse posé sur son visage aux traits juvéniles. Il s’était contenté de tenir l’épingle comme il l’avait précédemment fait en la découvrant, passant son pouce contre les pierres et faisant légèrement pianoter ses ongles courts contre le métal. Son regard s’accrochait à la silhouette gracieuse de la jeune fille, sans s’en détacher un seul instant. Il se délectait de sa moindre réaction, s’abreuvait de ses révélations ; il aurait pu se noyer dans son flot de paroles sans s’en rendre compte. 
Elle lui révélait que ce bien était précieux, parce que c’était un cadeau. Il avait ainsi visé juste en devinant que la valeur de l’épingle était bien plus sentimentale que matérielle. Il se demanda qui pouvait bien lui avoir offert une pareille merveille ; une amie, un amant ? 
Ou bien, s’agissait-il d’autre chose ? D’un vestige du passé, peut-être ? Un objet ramené sur l’île après avoir quitté l’Ordinaire ? Si c’était le cas, peut-être irait-il jusqu’à l’envier, de posséder un morceau de sa vie d’avant. Un souvenir, un indice, un artefact ; quelque chose d’inestimable. 

Puis, elle fit quelque chose qui ne manqua pas de le surprendre, jusqu’à lui faire hausser un sourcil : elle le flattait. Peut-être avec ironie, un soupçon de dédain glissé dans le timbre sucré de sa voix ; elle devait le mépriser, mais elle le vantait. Elle reconnaissait ses talents de voleurs, s’apparentant à une jolie forme de magie. 
Quelle étrange manière de l’amadouer. Qui irait offrir des compliments à un bandit ? Qui s’émerveillerait réellement face à un art aussi maudit ? 

Il manqua de sourire. Sincèrement amusé. Pas simplement pour charmer. 
C’était rare, suffisamment important pour être remarqué : mais ça ne dura qu’un instant. 
Un imperceptible, maigre instant. 

« Non, répondit-il. »

Non. 
Trois lettres livrées sur un plateau d’argent. Trois lettres lancées avec détermination, une terrible monotonie. 
Non. 
N o n. 
Quel démon. 

Ses doigts se stoppèrent, arrêtant de malmener l’épingle dans cette étreinte rêveuse. Plutôt, il se contenta de l’observer une seconde à peine, la soupesant alors. 

« C’est trop simple. Vous l’avez perdue si facilement, ce serait injuste de vous la rendre tout aussi simplement. »

Commençait-elle à comprendre ? Qu’Aaron n’était pas du genre à se laisser avoir, à être trop obéissant ? Il était un diablotin, un serpent tapi dans l’ombre d’un buisson ; il était une menace lancinante, qui se moquait souvent de ses proies avant de les embrasser. 
Il commençait tout juste à s’amuser. 

« Si vous arrivez à me l’arracher des mains, je vous la rends. »

Mission impossible. 
Mais elle pouvait toujours essayer ; au moins si elle y tenait vraiment. 

Allez, approche belle colombe. 
Essaie de dompter le magicien. 

Tu en perdras peut-être plus qu’une épingle.
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MessageSujet: Re: Pour une épingle   Mer 4 Juil 2018 - 23:24

Non.
Un non et un très bref sourire.

Et bien qu’elle se doutait que la tâche ne serait pas si facile que ça, Tayysan se crispa quelque peu. Elle haussa un sourcil, peut-être perplexe ou agacée, face à l’insolence et l’espièglerie dont Aaron faisait preuve à son tour. Oh, qu’elle était fatiguée. La birmane comprit rapidement qu’elle ne serait pas tranquille de sitôt. Mais tout comme Aaron qui ne se déparait pas de son masque d’impassibilité, Tayysan gardait son air défiant. Elle n’allait pas se laisser impressionner pour si peu, quand même. Elle voulait son épingle. Et visiblement, il fallait l’arracher des mains.

- Un gamin, constata la birmane dans un murmure en glissant son regard sur le côté, presque blasée par cette étrange situation qui s’imposait à elle.

Et puis quoi encore.
Elle hésita, un court instant, s’assurant qu’il n’y avait personne à proximité. Tayysan tendit alors une main brusque en direction de son bien. Elle rata sa prise de peu, puis réitéra la manœuvre tandis qu’Aaron semblait reculer de quelques pas. C’était de plus en plus ridicule, et Tayysan s’en rendait bien compte. Elle s’arrêta alors à quelques pas du cuistot, et lui adressa ce même regard prononcé, sans se départir de sa voix calme.

- D’accord. Une pause. Puis, d’une voix sérieuse : vous voulez quelque chose en échange ? Une faveur ? Même pas en rêve. De l’argent ? Un coup de pied bien placé ?

Tayysan tenta une nouvelle manœuvre, en vain. C’est qu’elle en hésitait presque à sortir le poignard qu’elle cachait dans ses manches tant elle tenait à cette épingle. Un cadeau qu’elle estimait beaucoup et qui, parfois, la réconfortait.







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MessageSujet: Re: Pour une épingle   Mer 4 Juil 2018 - 23:44

C’était un défi, un jeu lancé avec dérision. Il voulait la voir s’approcher, peut-être s’emporter, ou simplement se divertir : il savait pertinemment qu’elle n’arriverait jamais à lui arracher de ses mains agiles le bien qu’elle désirait tant récupérer. S’il avait si bien réussi à le lui ôter la première fois, elle devait se douter qu’il était suffisamment habile de ses mains pour ne pas se laisser avoir par un simple bras tendu. Il s’attendait certainement à la voir le frapper, tenter de le distraire du mieux qu’elle le pouvait, au moins faire un effort pour essayer de le surprendre. 
Mais non. Elle tendit le bras, pleine d’espoir, tout simplement ; c’en était risible. Parce qu’elle paraissait si petite face à lui, si fragile, qu’il n’avait même pas à user de ses talents pour éviter ses assaut. Il lui suffisait de lever le bras, de reculer parfois d’un pas pour éviter la collision, et son trésor était bien gardé, ainsi perché dans les airs. 
Il était intouchable. Et elle, adorablement crédule. 
Un peu ridicule. 

Comprenant rapidement que cela ne servait à rien de s’acharner contre lui, elle se mit ainsi à marchander. Une faveur ? Non merci, il n’aimait pas délaisser le travail qu’on lui affublait, et il n’aimait pas non plus l’idée de se lier à quelqu’un de la sorte. De l’argent ? Pour quoi faire ? Il n’avait rien à s’offrir. 
Non, Aaron ne désirait rien, et c’était bien son problème. Il avait tout d’un ambitieux, mais rien d’un avare. Il voulait posséder sans sa voir quelles merveilles amasser. Il voulait puissance sans avoir à régner. 
Paradoxe ambulant, tendre dichotomie : Aaron, il n’avait finalement que son ennui. 

Puis, elle se mit à le menacer. Et ce fut bien la seule proposition qui, aussi étrange que cela puisse paraître, l’intéressa. Un coup de pied ? Un coup tout court ? Oserait-elle ? Son corps était chétif, là où le sien était plus robuste. Même si Aaron n’excellait pas au combat à mains nues, il savait qu’il pourrait au moins se défendre des poings menus de la jeune colombe. 
Il aurait pu rire, si seulement il savait encore s’y prendre ; éclater dans une hilarité franche et non retenue. 

Il se contenta de sourire, moqueur. 
Rictus signé Dirtyhands. 

« Je ne veux rien en échange, dit-il simplement. Même si j’avoue trembler de peur devant votre menace. »

Sarcasme. Evidemment, il fallait en plus qu’il fût cynique. 
Beau tableau d’enfoiré. 

« Je suis simplement curieux, il faudra m’en excuser. Je n’ai jamais compris l’attachement des gens à de simples objets. »

En attendant, il avait remporté son pari : elle ne l’avait pas arrachée à ses mains, cette jolie épingle. 
Alors, il se contenta de la ranger dans sa poche, pour l’instant. 

« Vous alliez vraiment me frapper ? »
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MessageSujet: Re: Pour une épingle   Jeu 5 Juil 2018 - 19:02

- Je ne veux rien en échange. Même si j’avoue trembler de peur devant votre menace.

Son beau sourire cynique signifiait tout le contraire, évidemment. Tayysan haussa un sourcil, sans rien ajouter ; se contentant de croiser les bras et d’attendre que les quelques Pirates qui se trouvaient derrière elle retournent à leurs occupations. Elle avait déjà perdu en à peine quelques instants sa contenance face à Aaron - inutile de se faire remarquer davantage. Tout en écoutant son interlocuteur, elle glissa son regard par-dessus son épaule. Plus personne ; seulement deux hommes en pleine discussion qui se trouvaient au fond de la pièce. Alors, elle tourna la tête vers le Pirate et croisa une nouvelle fois son regard.

Il lui paraissait réellement curieux, le bougre. Pas méchant, au demeurant, seulement trop taquin. La birmane remarquait à peine la différence de taille entre elle et ce dernier ; il lui paraissait soudainement évident qu’elle n’aurait pu récupérer son précieux dû par la force.

- Peut-être, répondit-elle à la dernière question d’Aaron, sans préciser qu’elle avait également penser à lui couper un doigt. Efficace, mais peut-être trop radical pour Tayysan.  

Répondre aux questions d’Aaron paraissait plus efficace que d’user une force que la jeune femme n’avait pas. Néanmoins, le temps ne s’était pas assez étiré pour que Tayysan parle librement ; chaque mot, chaque expression se voulait contrôlée, maitrisée. Elle lorgna la poche où le Pirate abritait son épingle, bien malgré elle. Vacillant entre l’impatience, le calme et une certaine forme de curiosité.

- C’est un cadeau d’une personne que je tiens en estime. Je suis là en partie grâce à elle, aujourd’hui.

Regard rivé au sol, haussement d’épaules. Elle marqua un temps, avant de planter ses prunelles en direction d’Aaron.

- C’est l’un des rares objets que je possède et qui a une valeur particulière à mes yeux. Elle s’attendait réellement à ce qu’il lui rit au nez et s’en aille sans demander son reste. C’est sans doute stupide, mais bon. Tous les humains ont une faiblesse, je n’y échappe pas. J’accorde facilement une valeur forte à certaines choses.

Nouveau regard, sonnant presque comme un « et toi ? ».







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MessageSujet: Re: Pour une épingle   Jeu 5 Juil 2018 - 20:11

Il l’admirait. Et c’était si étrange pour lui de se l’admettre que ce fût suffisamment important de le souligner. Il la regardait, elle et ses manières de belle fugitive, regarder par-dessus son épaule d’un air faussement craintif. Elle assourdissait ses inquiétudes, mais plutôt que de les laisser ternir sa mine séraphique, elle se contentait de se contrôler ; véritable petite poupée. Il n’arrivait qu’à peine à la fissure, laisser entrevoir une peu de lumière dans ses yeux maquillés. Elle répondait à ses questions sans jamais lui demander d’aller se faire voir, de retourner dans l’enfer qu’il avait dû fuir. Elle était calme là où il s’attendait à l’attaque. Elle était la bruine remplaçant la tempête qu’il avait prévue, la fine éclaircie à la place d’un soleil brûlant. 
Pourtant, elle l’avait dit ; peut-être qu’elle l’aurait fait. Peut-être qu’elle l’aurait frappé, pour récupérer son épingle adorée. 
Mais elle ne l’avait pas fait. Elle se contentait de lui répondre, de s’avouer trop humaine, tout en laissant son regard glisser vers sa main qui faisait disparaître son trésor dans sa poche. 

C’était curieux. Fascinant. Trop, d’ailleurs, pour quelqu’un comme lui, habitué à soutirer les pires émotions chez ses interlocuteurs. Mépris, dégoût, violence ; il récoltait les menace comme il collectionnait les offenses. Aaron, on le détestait avec ardeur, avec passion ; on voulait le voir crever, souffrir pour ses vices et ses moqueries. Si lui ne se laissait jamais aller à la haine, il la lisait souvent dans le regard de ces étrangers qu’il croisait. 
Mais pas chez elle. Pas encore, peut-être. 
Il voulait encore voir jusqu’où il pourrait aller. 

Elle lui parla de la faiblesse humaine, et il ne put s’empêcher de légèrement arquer un sourcil. Lui-même en possédait, malgré lui, même s’il les gardait comme des secrets enfouis. Son trop grand amour pour le contrôle, son manque d’agilité lors de combats rapprochés, son flirt avec la folie. 
Puis, sa crainte terrible de l’obscurité. 
Il haussa les épaules, se forçant de simplement retenir la première partie de sa réponse : c’était donc un cadeau venant d’une personne importante. 

« Je vois, se contenta-t-il de dire, presque dans un soupir. Mais les objets sont fragiles, vous savez. Ils s’abîment, ils se cassent. Parfois, ils se perdent, ou se font voler. »

Comme il venait de le faire, mais il se retint de le préciser. 
Puis, enfin. 
Il osa s’approcher. Se séparant de l’encadrement de la porte des cuisines, il avala un peu de la distance qui le séparait de la jeune fille. 
Il la surplombait trop facilement, l’observait avec ses yeux de serpent. Il n’avait qu’à peine l’air menaçant ; juste provoquant. 

Vraiment, il voulait voir. 
Jusqu’où irait-elle, pour récupérer son bien ? Combien de temps garderait-elle son air trop serein ? 

« Mais si cette épingle est si importante pour vous, pourquoi n’avoir pas plus insisté ? Me tordre le poignet, me pousser, crier au secours ou essayer de me charmer ; tout ceci aurait été plus efficace, sans doute. »

Il inclina la tête sur le côté, fit légèrement claquer sa langue. 
Charmeur, il l’était. Arrogant, à ses heures. 
Il ne souriait plus du tout. 

« Ou peut-être qu’au fond, vous n’en êtes pas capable. Pas même pour récupérer ce trésor que vous chérissez tant. »

Démon. Ordure. Chien. 
Il méritait bien des injures, lui qui ne s’encombrait de rien. 
On aurait presque dit que cela lui plaisait, d’être tant détestable. 
C’était sûrement le cas.
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MessageSujet: Re: Pour une épingle   Jeu 5 Juil 2018 - 20:56

Si Tayysan avait eu un léger mouvement de recul en le voyant s’approcher, elle ne put vraiment cacher sa surprise face aux paroles acerbes de son interlocuteur.
Sans vaciller.
On ne l’avait pas appelé Harmony pour rien, fut un temps.

L’air toujours aussi serein, elle se rapprocha de nouveau de quelques pas. Epaule contre la porte, bras croisés, regard rivé dans celui d’Aaron. Froid, curieux, défiant ? Difficile de savoir. Il lui semblait y voir tout et rien à la fois. Alors, elle répondit. D’un timbre qu’elle voulait calme, assuré.

- Sans doute. Mais je n’aime pas me faire remarquer. Surtout en ce moment. Il ne manquerait plus que quelques autres aux mauvaises intentions devinent la Garçonne Perdue qu’elle était. On ne savait jamais.

On n’entendait plus que le vent claquant impitoyablement les murs du Ranch. Dans le dos de Tayysan, les voix s’étaient tues. Parties ? Attentive à leur étrange conservation ? La birmane avait des impressions de déjà-vu, qui semblaient presque la réconforter. Au fond, on ne pouvait jamais être parfaitement à l’aise dans ce genre de situation. Et pourtant. Calme, toujours calme. Sauf si on la menace réellement.

Tout ceci aurait été plus efficace, sans doute.
La phrase fit écho dans sa tête, avant qu'elle ne daigne répondre.

- Sans doute, souffla-t-elle pour elle-même.

Elle balaya des yeux la pièce, observa le tremblement léger des murs face au vent. Elle pensa au Givre qui les guettait, plus loin, en bon apôtre de la Mort. Puis elle revint à la réalité, et jeta un nouveau regard à Aaron.

- Nous y voilà. Vous voulez que j’insiste ? Mais je n’en ai pas envie. Oh, qu’elle est trop gentille. A moins que vous ne soyez bien plus méchant que ce que vous me montrez. Pour l’instant, je vois juste quelqu’un qui m’a l’air de s’ennuyer et qui m’envoie des piques en espérant avoir une réaction brusque de ma part. Je ne vois pas pour quelle autre raison on volerait une bête épingle.

Folie, besoin d’argent, pure envie. Mais elle n’y pensait pas vraiment.
Ah, voilà d’où lui venait cette impression de déjà-vu. Peut-être une réminiscence de sa vie de chef ? Elle avait peut-être déjà eu ce genre de discussions, de menaces. Mais Tayysan n’haussera pas la voix ; il ne manquerait plus qu’elle entre dans ce jeu. Un jeu qui lui rappelait une forme de jugement, de la part de quelqu’un qui ne savait pas d’où elle venait et qui ne connaissait pas sa façon de penser, de voir les choses.

Sourire presque insolent.

- Mais si vous tenez vraiment à ce que je vous plante pour récupérer mon épingle et pouvoir retourner tranquillement à mes affaires, il suffit de me menacer physiquement. De me frapper.

De la place pour reculer subitement, elle en avait. Et ses bras croisés lui permettaient au moins de sentir le contact froid et ironiquement rassurant de cette lame, cachée au fond de ses manches.
J’attends.







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MessageSujet: Re: Pour une épingle   Jeu 5 Juil 2018 - 21:28

Elle avait raison. Et à aucun instant il ne chercherait à le cacher ; elle avait vu juste. Il n’était qu’une âme errant dans le monde sans s’accrocher nulle part. Il était condamné à l’ennui, à purger ses vices et ses envies dans la lassitude ; il se noyait dans un vide de sentiments abyssal. Il se délaissait de tout, ne s’impressionnait de rien. Il n’était qu’un peu triste de ne pouvoir rien ressentir ; parfois, il enviait ceux qui avaient un coeur, d’ailleurs. Juste par curiosité, pour savoir ce que cela faisait de s’attendrir, ou simplement de s’énerver. Puis, il songeait à sa peur, à celle de perdre ce contrôle qu’il gardait comme réel trésor ; c’était son précieux à lui. Son maintien, cette douce impression de maîtriser le monde entre ses mains. Il se sentait marionnettiste pour ne jamais avoir à être le pantin de quelqu’un. 
Une illusion, une nouvelle : il n’était qu’un esclave de sa peine. Il avait beau ériger des barricades autour de son coeur, le figer dans la glace et le garder éloigné de tous les autres, il était parfaitement conscient qu’il ne suffirait d’un rien pour briser ses défenses. 

Le voir s’écrouler sous le poids de l’indifférence. 

Mais pourquoi est-ce qu’il volait, à part pour s’occuper ? Il n’en savait rien. Parce qu’il le pouvait, tout simplement. Parce qu’il avait toujours su le faire, mieux que personne, sans savoir d’où lui venait ce naturel talent. C’était inscrit en lui, dicté en permanence sur le script de ses journées : vole, Aaron, c’est ce que tu fais de mieux. 
Alors il s’exécutait, cédait à ses pulsions kleptomanes. Parfois, il enviait même ceux qu’il dépouillait. 
Ça devait être exaltant, d’avoir encore quelque chose à perdre. 

Elle était calme, toujours beaucoup trop calme. Et lorsqu’elle commença à lui dire qu’elle pourrait peut-être se montrer bien plus violente envers lui, l’intérêt d’Aaron fut une nouvelle fois piqué. 
La frapper ? Hors de question. Non pas qu’il n’oserait pas user de ses mains, mais cela ne faisait pas partie de ses principes. Aaron ne frappait jamais en premier, homme comme femme. Il n’était jamais une cause, mais une conséquence ; pas vraiment un crime, mais une sentence. Le moindre de ses coups porté avait un goût de vengeance. 
Mais elle le défiait. Elle lui demandait presque d’essayer. 

Frappe-moi, criaient ses yeux. Ose seulement tenter. 
Elle n’était plus si innocente, la poupée. Belle sauvage, tendrement provocante ; il aurait pu plonger. 

Il se contenta d’approcher. Les mains dans les poches, le regard légèrement baissé vers son visage, il reprit sa mascarade : il grignota la distance de quelques enjambées paresseuses. Il avait la démarche lente, traînante. Ses pas résonnaient contre le bois craquant du sol dans une mélodie désagréable, comme un décompte. 

Un, deux, trois. 
Il. S’avance. Toujours. 

Bien vite, les centimètres se mirent à disparaître, dévorés par le Bâtard. Si seulement il possédait encore une ombre, cette dernière aurait englouti la silhouette de la birmane. 
Oh, d’ailleurs. Elle non plus, n’en possédait pas. 
Simple détail, pour l’instant. 

Il l’avait forcée à reculer ; trop, jusqu’à s’acculer contre l’un des murs le plus proche. Son souffle était calme, manquait de fouetter le visage lisse de la colombe. 
Il esquissa un sourire en coin. 

Danger. 

« Me planter, répéta-t-il. Me planter, bien sûr. Vous le feriez ? Peut-être. »

Il réfléchissait à voix haute. S’en fichait d’être entendu. 
Une main sortit de l’une de ses poches, dans un poing fermé. Il leva doucement le bras. 

« Vous pourriez me tuer, en faisant cela. Les maladies se propagent, en ces temps glacés. Ce serait cruel. »

Il l’accusait, et prenait un étrange plaisir à le faire. 
Serait-il capable de la pousser à un tel vice, pour une épingle ? Pour lui prouver qu’il pouvait la faire quitter ses habitudes retenues ? 

Son poing s’approcha. 

« Je ne voudrais pas tâcher vos beaux habits de sang. Ce serait du gâchis. »

Ses mains, par contre, il mourrait pour les voir ensanglantées ; juste par curiosité. Juste pour voir à quoi elles ressembleraient. 
Elle semblait déjà porter le rouge à merveille. 
Qu’est-ce qu’il donnerait, pour la voir trempée de vermeille. 

Il frappa. Enfin, l’impact fut réclamé. 
Contre 
le 
mur. 

Et dans sa main fermée, il y avait l’épingle, qui tinta comme une clochette près de l’oreille de la birmane. 
Si près. 

« Je ne suis pas si cruel. »

Menteur. 
T’es pire que ça.
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MessageSujet: Re: Pour une épingle   Dim 8 Juil 2018 - 12:36

Elle y a cru, l’espace d’une seconde. Oppressée par cette trop grande proximité, alertée par ce poing se dirigeant en sa direction. L’impact de son cœur contre sa poitrine était violent, tant et si bien que l’une de ses mains s’était glissée sous sa manche jusqu’à rencontrer le contact froid du poignard. Elle ne réfléchissait plus. Le moindre de ses gestes était d’un mécanisme palpable, dicté par son instant de survie.

Puis l’impact.
Boum.
Ainsi qu’un léger son pareil à une clochette, à quelques centimètres de son oreille.

Si elle serrait le manche de son arme de toutes ses forces, elle ne l’extirpa pas pour autant. A la place, elle regarda Aaron. Un peu hébétée, un peu surprise. Il jouait, véritablement, lançant des menaces sans vouloir les accomplir. Et même si elle rêvait de lui en coller une, elle n’en fit rien. A la place, Tayysan rigola. Un léger rire nerveux qui fit tressauter ses épaules, tandis qu’elle croisait une nouvelle fois les bras pour contenir les soubresauts de son cœur.

Ce serait cruel.

- Je m’en fiche, finit-elle par dire, de longues secondes plus tard. Ah ça oui ; s’il l’avait menacé, qu’elle l’avait poignardé pour se défendre puis qu’il serait tombé malade ou pis, elle s’en ficherait bien. J’ai peut-être des valeurs morales, mais ma survie passe largement au-dessus si nécessaire.

Sa respiration était enfin plus calme. Tayysan inspira une nouvelle fois, tandis qu’un étrange sourire restait collé sur ses lèvres. Le soulagement, peut-être. Ou l’amusement. Elle ne se l’avouait pas, mais l’adrénaline rendait la vie parfois plus grisante. Surtout quand la situation de l’Île était aussi catastrophique. De mémoire - pour le peu qu’elle en avait, Tayysan n’avait jamais connu un tel état d’alerte. La Canicule et la Pluie Salée lui paraissaient désormais bien risibles, à côté du Givre.

En y repensant, la birmane baissa la tête et fixa les pieds d’Aaron. Il était grand, bien plus grand qu’elle. Et pourtant, elle n’était pas dominée par son ombre.
Intéressant.

Elle resta silencieuse, une nouvelle fois. Du coin de l’œil, Tayysan observa son épingle prisonnière. Et dire qu’elle en était là en partie à cause d’elle. Elle aurait pu l’arracher des mains du Pirate, mais elle savait désormais que c’était vain. Alors, elle attendit un peu, tandis que sa curiosité la gagnait. Aaron était visiblement curieux. Autant continuer de lui parler. De le distraire.

- J’ai connu pire que vous quand je vivais au Grand Arbre. Pour ce qu'elle se souvenait.

L'asiatique se redressa légèrement, cherchant à marquer une distance entre elle et Aaron. Puis elle lui lança un regard entendu, tandis que son visage se peignait d'un vague, très vague, sourire.

- Comme vous, sûrement.







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Dernière édition par Tayysan Ne Lwin le Dim 8 Juil 2018 - 20:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pour une épingle   Dim 8 Juil 2018 - 13:34

Elle riait. Parmi toutes les réactions possibles et imaginables face au monstre d’impassibilité qu’était Aaron, elle choisissait une hilarité nerveuse, trompeuse ; incontrôlée. Son ricanement s’éclata contre ses oreilles comme un tintement de clochette, faisant écho à son épingle qui tremblait toujours dans le creux de sa main. 
Il demeura immobile, interdit. Il en vint à penser que les émotions humaines étaient pleines d’ironie, lorsqu’elles se manifestaient sous le coup d’une angoisse viscérale. Des pleurs étaient fréquents, la colère banale, mais le rire guérissait des maux plus profonds, dissimulait des blessures encore suintantes. 
C’était étrange, imprévisible, jusqu’à faire bondir ce coeur gelé qu’il pensait mort depuis longtemps. Son visage n’exprimait rien, mais tout son corps réagissait avec surprise ; il ne comprenait pas. 
Il ne comprendrait certainement jamais. 
En fait, il ne voulait pas essayer. 

Elle parlait de survie, et il fit mine d’acquiescer. Dans un monde tel que celui dans lequel ils évoluaient, la morale n’était qu’encombre, un poids mort attaché à notre cheville pour nous ralentir ; il fallait s’en délester. C’était vital, primordial, de se refuser à faire preuve de pitié. Sur l’Île, personne ne pouvait encore se targuer de ne pas avoir vu de sang couler sur ses mains, même les jolies colombes. 
Lui, il était d’ailleurs bien là pour le prouver ; Dirtyhands. Il avait les mains sales, Aaron, il ne s’en cachait pas. Malgré leur délicatesse, l’apparence immaculée qu’elles trimbalaient, elles avaient effleuré la Mort trop de fois pour encore se vanter d’innocence. Sous ses ongles s’étaient incrustées les traces de ses vices, les souvenirs de nuits terribles.

Bourreau, puis parfois spectateur, jamais victime. 
C’était sa devise. 

« On survit à un coup de poing, répondit-il. Si vous m’aviez poignardé pour vous avoir frappée, ce n’aurait pas seulement été de la survie, mais de la vengeance. Ce n’est alors plus une question de morale, mais de folie. »

Qu’est-ce qu’il essayait de faire ? De la teinter de la même noirceur que lui ? Essayer de lui trouver une faille si seulement elle se refusait à en afficher ? 
Il voulait voir si elle chercherait à le contredire, ou s’appliquerait à confirmer ses dires. Ici, après tout, chaque scène, chaque rencontre était un bal masqué. Il ne serait pas surpris de voir qu’une si belle créature comme elle s’en amuserait aussi. 
Qui sait. Il demeurait proche, mais ne bougeait pas : peut-être en viendrait-elle à enfin planter sa lame dans son ventre, pour le faire reculer. 
Ou juste lui arracher ce sourire qu’il refusait d’abandonner. 

Enfin, elle avait fait référence à l’Arbre, ce repère des garçons perdus ; son ancien abri. Ce n’était pas difficile à deviner qu’il en avait fait partie, l’absence de son ombre pouvait facilement en témoigner. Il était vrai que la vie là-bas avait été rude, violente ; les tours dans l’arène et les excursions périlleuses remontèrent à sa mémoire presque immédiatement. Il avait connu la tyrannie de Peter, la démence d’autres garçons trop amochés. 
Mais sur le Jolly Roger, il avait découvert d’autres atrocités. Plus sanglantes, moins innocentes ; difficile de dire que la vie au Grand Arbre fut moins tendre. 
Il haussa une épaule, éloignant enfin son visage du sien. Enfonçant une nouvelle fois ses mains dans ses poches, il inclina doucement la tête sur le côté dans un court instant de réflexion. 

« Vous savez, j’essaye toujours de ne pas rencontrer pire que moi. »

Il disait ça sur un ton s’approchant presque du conseil : être son propre ennemi, pour ne jamais être une proie. 
C’était bien plus facile à dire qu’à faire, mais évitait bien des calvaires. 

« J’imagine que la vie de garçonne ne vous manque pas, alors. »
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MessageSujet: Re: Pour une épingle   Dim 8 Juil 2018 - 20:19

- On survit à un coup de poing. Si vous m’aviez poignardé pour vous avoir frappée, ce n’aurait pas seulement été de la survie, mais de la vengeance. Ce n’est alors plus une question de morale, mais de folie.

Tayysan haussa légèrement un sourcil. Avant de lui adresser, une nouvelle fois, un mince sourire. Loin d’être sincère.

- Tant pis. Je ne suis pas plus folle qu’un autre, tout le monde est fou ici.

C’était mieux que de dire qu’elle ne pouvait prévoir s’il ne s’agirait que d’un coup de poing. Non. Parce qu’elle aurait frappé sans hésiter, tant sa peur de la mort était plus grande que tout son bon sens réuni. Elle s’en rendait bien compte. Et cela effrayait l’ancienne Garçonne Perdue moins que la Pirate qu’elle était désormais. Parce qu’elle voulait survivre, bêtement. L’instinct de survie humain pouvait être étonnement fort dans sa stupidité.

Les épaules de Tayysan s’affaissèrent légèrement lorsqu’Aaron daigna reculer. Une nouvelle fois, elle lui lança un regard. Il avait l’air pensif, étrangement. Un état qui contrastait avec le masque d’impassibilité qu’il ne cessait d’afficher depuis le début de leur... conversation.  C’est là qu’elle se rendit compte qu’elle ne connaissait pas son nom. Et qu’il semblait cacher beaucoup de subtilités dans son regard morne.

- Vous savez, j’essaye toujours de ne pas rencontrer pire que moi.
- Eh bien, c’est raté pour ma part, répondit-elle du tac au tac. Elle blaguait plus qu’elle n’était sincère. C’est que la tension qu’elle avait cumulé était subitement redescendue.

La dernière affirmation d’Aaron la prit de court. Elle ne répondit pas tout de suite, tandis que son regard se perdait dans le vague, trahissant clairement une certaine forme de regret. Ou de culpabilité.

- Je mentirais si je disais que c’était vrai. Je n’ai pas quitté cette vie de mon gré. Et pourtant, au fond d’elle, la birmane se doutait bien qu’elle aurait grandi tôt ou tard. Elle se sentait devenir faible, ces derniers temps. C’est pour ça que je tiens à cette épingle. D’une certaine façon, c’est un cadeau symbolique. Il m’aide à me souvenir d’avant et à supporter cette nouvelle vie.

Voilà qu’elle parlait. Trop, même. Tayysan pencha la tête sur le côté, lançant un regard amusé à Aaron. Amusé, parce qu’elle savait très bien que cette perception des choses pouvait être risible pour certain. Mais bon, tant pis. Ce n’était pas un secret, et les plus aguerris se seraient sûrement rendus compte de son état d’esprit.

- Maintenant que j’y pense, vous vous appelez comment ?







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