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Love
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★ Mère des Sentinelles ★


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MessageSujet: Fais-moi une faveur   Lun 8 Déc 2014 - 2:38

La nuit était tombée. Pour ne plus jamais se dissiper. Halloween s'était fait constant sur l'Île. Le soir de l'invitation, Love était restée dormir au sein du Grand Arbre. S'enlaidir ne l'intéressait pas. La suite des événements lui avait donné raison.

Depuis quelques jours - façon de parler - le chaos s'était abattu au Pays. Ce même chaos, qui menaçait de faire basculer les enfants livrés à eux-mêmes dans la folie, ne semblait avoir aucun effet sur Love l'apprentie, Love la Lascive. La seule chose qui avait changé dans ses habitudes était qu'elle ne sortait plus du Grand Arbre. Les siestes à l'extérieur perdaient de leur intérêt sans soleil.

Cette nuit-là, la Mère apprentie avait profité d'un instant de distraction de Bounty pour échapper à sa surveillance. Le manque de lumière perturbait son rythme de sommeil, l'empêchant de se livrer à ses séances de narcolepsies habituelles. À la place, la Lascive avait décidé de filer vers les Cabanes des artisans, lente mais déterminée, parfaitement consciente de ce qu'elle recherchait. Un Perdu, garçon loufoque et là depuis longtemps, qu'elle connaissait de loin, de nom.

Moony. Moony, le Fabricant. Doué, de ce qu'ils disaient. Et plutôt séduisant. Peu importait, de toutes façons. Love n'était pas difficile. Et elle n'était pas venue pour cela, même si cela ne cessait jamais d'être une option. Clope au bec, rouge aux lèvres, elle rejeta ses lourds cheveux sur le côté alors qu'elle se dirigeait vers la zone des artisans. Là-bas, un Garçon Perdu l'avait renseignée sur la position de celui qu'elle recherchait.

Il fallait utiliser une poulie pour se hisser jusqu'à la branche. Love l'avait donc fait, parvenant à la hauteur de Moony lentement, sans agitation. Là, elle s'était installée doucement, le plus naturellement du monde, sur une branche voisine, la fumée de sa cigarette la suivant comme un esprit. Quelques secondes passèrent, secondes qu'elle passa à le fixer, le jaugeant, le dévisageant sans gêne de son regard alangui.

Puis un premier contact.

- Bonsoir, Moony.

Demi-sourire. Se passant la main dans les cheveux, Love reprit :

- Les autres enfants m'ont beaucoup parlé de toi.

Sur ces brèves paroles, elle tapota la cigarette pour faire tomber de la cendre dans le vide, expirant avec volupté une fumée vaporeuse, traînante.
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Ancien Perdu
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MessageSujet: Re: Fais-moi une faveur   Lun 8 Déc 2014 - 16:06

Fais-moi une faveur


Il faisait noir, comme tout le temps en ce moment. Moony ne savait pas pourquoi, ni comment, et au fond ça ne l'intéressait pas vraiment. Les autres garçons parlaient du soir d'Halloween et du croquemitaine et de la nuit qui ne finirait pas. Moony n'aimait pas le croquemitaine, il n'aimait pas tout ce qui faisait peur alors il n'écoutait pas leurs histoires. Pourtant ces derniers temps elles étaient toutes pareilles, si tristes et si effrayantes, pleines de monstres terribles et de morts d'enfants. Il ne fallait pas écouter, il ne fallait pas voir et il ne fallait pas parler. Moony n'aimait déjà plus beaucoup jouer et en ce moment c'était encore pire, parce que les jeux et les missions étaient encore plus dangereux et les monstres pouvaient venir vous manger à tous moments. La santé mentale des autres était instable, ils menaçaient de sombrer, leur raison tanguait comme le grand bateau pirate à l'horizon, allant d'un bord à l'autre de leur tête, hésitant. Et Peter n'était pas là pour tout arrêter... Où était-il passé ? Excellente question. Il se terrait, restait au cœur de l'arbre, ne semblait pas vouloir se mêler à toute cette histoire. La nuit allait durer et avec elle la peur. Il fallait la chasser. Au moins un tout petit peu. C'est ce qu'essayait de faire Moony : il voulait chasser la nuit. Oh pas la chasser pour de vrai en s'attaquant au croquemitaine, non surtout pas. Il allait la chasser sans quitter l'arbre.

Depuis que la nuit s'était installée il n'avait plus qu'une idée en tête, fabriquer ses veilleuses. Il y passait ses journées, et tant pis s'il ne jouait pas, et tant pis si les autres le regardaient bizarrement parce qu'il travaillait tout le temps. Il leur promettait une belle histoire et une surprise qui leur plairait, alors la plupart des autres enfants se calmaient, et attendaient, certains impatients d'autres indifférents.

Quand il avait besoin de travailler Moony montait tout en haut de l'arbre, sur l'une des plus haute branche. Comme partout ailleurs il y avait des ponts et des poulies, des cordes et des échelles, toutes ces petites choses faites de tout et de rien qui permettaient de monter. Seuls les plus téméraires venaient ici et aucun n'osait se poser sur la petite place de Moony. Le grand garçon n'était pas agressif mais il pouvait devenir méchant si on lui volait son petit endroit.

Il était concentré, et il avait mal aux mains. Il cherchait un moyen voyez-vous, un moyen de terminer sa création en toute sécurité. Ça devait être beau, pas dangereux, ce qui se révélait épineux parce que voilà... sa création risquait de prendre feu. Il était là, assis à croupeton, plus de sang dans les jambes et beaucoup dans la tête. Il avait mal au crâne, fixait ses grandes feuilles découpées en plissant les yeux, l'air concentré. Il n'avait pas du tout entendu le petit pas de la jeune mère et il sursauta lorsqu'elle le salua.

Il rougit un peu en la voyant. Il ne se souvenait pas de son nom mais il la connaissait, parce qu'elle était vraiment jolie. L'odeur de la cigarette lui fit froncer le nez. Il repoussa d'un geste de la main les épaisses boucles brunes qui lui couvraient les yeux et bégaya, un peu maladroit.
« Ah... euh... c'est... beaucoup ? Vraiment ? Ah... »
Il fallait beaucoup de courage, ou en tous cas beaucoup de talent, pour comprendre ce qu'il voulait dire par là. Pas grand chose certainement, lui-même ne savait pas. Il se rendit compte qu'il n'avait pas été très poli, et se rattrapa.
« Bonjour ! Bonsoir ! »
Et enfin... parce qu'une maman ne montait certainement pas ici par hasard :
« Je peux aider ? »


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Le Croquemitaine
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MessageSujet: Re: Fais-moi une faveur   Mer 10 Déc 2014 - 23:44

Is it scary ?



Entendez-vous le chant des enfants du Croquemitaine ? Ils sont là, ils se rapprochent des cabanes.

L'un d'eux s'est déjà faufilé auprès des Artisans. Nul mur, nul hauteur, ne peut le stopper. La créature surgit des ténèbres, entre l'Enfant et la Mère. Un vampire. La créature fascine, comme elle terrifie. Il est apprêté tel un membre d'une noble famille. Son visage blanc semble luire dans le noir, mais pas autant que les canines qui lui sortent de la bouche.

Il a un sourire charmeur qui ne laisse pas indifférent. Et une voix roucoulante due à un accent étranger. Il salue les humains de grands mouvements de cape.

« Charmantes créatures, que voici. Surtout vous, belle dame. Votre cou est... mh... parfaitement exquis. »

D'une démarche animale, le vampire se rapproche de Love. Ses mains retiennent déjà celles de la Mère. Ce n'est qu'une question de temps avant que le vampire ne plonge ses crocs dans la chair tendre de Love.
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Love
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MessageSujet: Re: Fais-moi une faveur   Jeu 11 Déc 2014 - 8:22

- Ah... euh... c'est... beaucoup ? Vraiment ? Ah...

Les mots maladroits de l’artisan résonnèrent dans l’espace, provoquant chez la Mère apprentie un léger haussement de sourcil. Imperturbable, elle regarda le Perdu se rattraper, le soutenant de son regard engourdi.

- Bonjour ! Bonsoir !

Voilà qui était mieux. Portant la cigarette, Love ne se pressa pas de répondre. À raison. Puisque Moony reprit :

- Je peux aider ?

Un éclat étrange passa dans le regard de la Lascive. Peut-être n’était-il pas aussi stupide qu’il ne le laissait paraître, au final. Tapotant d’un doigt la cigarette qu’elle tenait, elle regarda un instant les cendres tomber, englouties par les ténèbres. Puis, changeant de position, Love s’adossa au tronc, portant le bâtonnet de nicotine à ses lèvres. Elle laissa la fumée s’infiltrer en elle, accueillant la cendre avec une volupté tranquille, indécence engourdie, résignée.

Puis un sourire naquît lentement sur ses lèvres. Sourire attendri, sourire amusé. Elle tourna la tête vers l’artisan, battant des cils à son intention.

- Plus que tu ne le penses.

De sa main libre, elle passa la main dans ses cheveux. Sa coiffure lui tenait encore bien trop chaud malgré la nuit constante. Détournant le regard, elle laissa échapper un soupir, cessant de sourire. Même alors qu’elle interagissait avec un autre être humain sa lassitude était trop forte.

- On m’a dit que tu étais doué pour créer des choses. Je ne le suis pas.  

Un temps. Cherchant le regard de Moony, Love poursuivit :

- Il me faut un parfum. Un parfum sucré. Que je pourrais porter.

Le fait qu’ils ne soient pas sur la même branche la dérangeait, limitait les gestes qu’elle pouvait se permettre. Légèrement frustrée, elle résista à l’envie de se ronger un ongle et se contenta de jeter la cigarette presque consumée dans le vide. Sa main libérée vint jouer avec une mèche de cheveux alors que l’autre - celle dont les ongles étaient impeccables - tapotait lentement sur le bois.

- Je suis sûre... que tu aimes ce genre de défis.

Le sourire, à demi, refit surface. Oui, Love prenait son temps. Ce n’était pas grave. Après tout, du temps, il en avaient infiniment...

Ou plutôt, ils en auraient eu. S’il n’y avait pas eu l’ombre.

Non pas celle de Pan, mais une autre qui, surgissant entre la Mère et l’enfant, dévoile visage splendide, inhumain, visage de prédateur. L’apparition est si soudaine qu’elle fait disparaître le masque de séduction dont s’est parée Love, le remplaçant par de la stupéfaction.

- Mais que...

- Charmantes créatures, que voici. Surtout vous, belle dame. Votre cou est... mh... parfaitement exquis.

Elle n’a pas le temps d’analyser ses paroles. Des mains ont enserré les siennes, les retenant. Poigne froide, puissante alors que la créature - le vampire - se rapproche d’elle, dangereusement près. Et Love reste figée, inerte. Coupée dans son élan, cassée par la surprise.

Le jeu s’est terminé. Il s’agit de sa vie à présent. Il faut qu’elle bouge. Qu’elle fracasse le masque des apparence pour ne pas crever. Souffle court, agité, la Mère baisse les yeux sur ses mains immobilisées. A quoi bon ? Siffle une voix dans sa tête. Pas une voix méchante, non. Une voix douce, caressante.

Une voix qui lui ressemble.

Survivre, c’est fatiguant.

Oui, c’est vrai.

Mais voilà, il y a le jeu. Le jeu dans lequel elle s’est lancée. Pour obtenir son parfum, celui de sa mère.

Ce serait bête de mourir avant.

Alors, sans trop réfléchir à comment, Love s’agite, joue des pieds et des mains pour tenter de faire basculer le monstre.
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Ancien Perdu
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MessageSujet: Re: Fais-moi une faveur   Jeu 11 Déc 2014 - 11:43

Fais-moi une faveur


Le fait qu'ils ne soient pas sur la même branche était une véritable bénédiction pour le grand Moony. Il ne savait trop qui remercier pour ça, et s'il avait encore su prier ça ne fait aucune doute qu'il aurait levé les yeux vers le ciel en remerciant très fort son créateur. La jeune mère le fascinait, l’envoûtait, il ne parvenait pas à la quitter des yeux et surtout il ne parvenait pas à détacher son regard des lèvres : rouges, comme de belles baies, de jolies fraises rouges qui donnent toujours envie, même si on a beaucoup trop mangé. Moony se rendit compte que ce n'était vraiment pas poli de fixer les gens comme ça, mais il ne pouvait pas s'en empêcher, c'était bien plus fort que lui. Sa conscience naissante de l'autre sexe faisait réagir sa toute petite âme de jeune adulte. Il n'aimait vraiment pas être prés des mères, tout simplement parce qu'il ne les voyait plus comme telle. Il ne savait pas trop ce qu'elle étaient, mais dans son esprit ce n'était plus de simples conteuses, des cuisinières ou des donneuses de câlin. Les yeux de Moony descendirent sur la poitrine, en quête de formes. Il en fut horrifié.

Il déglutit, faisant remonter la petite pomme d'Adam au niveau de sa jugulaire, et essaya de se concentrer un peu plus sur la demande de la maman. Un parfum ? Moony ne savait pas ce qu'était un parfum.. au fond de lui un souvenir refit surface, éclatant comme une petite bulle à la surface du lac de sa mémoire. Il revoyait une jolie femme avec un petit objet dans les mains. L'objet faisait pschiit quand on appuyait sur une grande poire et la femme sentait bon. Il ne savait pas tout venait ce souvenir mais il savait que c'était ça « un parfum ».
« Oh... tu veux une odeur... »
Il n'avait jamais fabriqué d'odeur, ne savait pas comment on faisait. La maman avait raison, il s'agissait là d'un défi, un défi que Moony aimait vraiment pas comme ceux, absurdes, de Peter. A ce moment précis Moony su qu'il ferait cette odeur, qu'il la fabriquerait et qu'il la donnerait à la jolie maman aux lèvres de fraises écrasées.

Il voulut donner sa réponse ― affirmative bien sûr ― mais voilà qu'un intrus peu coopérant décida de briser leur petite réunion mercantile. Moony s'immobilisa, terrifié. Il avait entendu parler de ces créatures, lorsqu'il entendait par inadvertance les histoires épouvantables des enfants qui leur avaient échappés. Cet homme était un tapir ! Ou quelque chose de ce genre... il ne se souvenait plus vraiment du nom mais ça ressemblait à ça. Moony n'était pas fasciné par lui comme il l'était par la jeune mère... non c'était différent, un étonnement un peu malsain, une sorte de curiosité d'inventeur. Curiosité qui fut bien vite chassée lorsqu'il vit l'étrange créature s'approcher de la maman. Que faisait-il au juste ? Il allait lui faire un bisou ?

Non... non réfléchis Moony... rappelle toi ce que racontent les autres, la manière dont il vide le corps de ses victimes qui finissent toutes blanches, toutes creuses et le regard vitreux. La maman allait mourir et Moony n'avait pas envie de l'aider. La partie enfantine de son être voulait juste fuir, très vite, très loin. Ce serait rapide, il devait juste se laisser glisser sur la branche d'en bas. Un mort de plus ce n'était pas si grave, Peter trouverait une autre maman, inutile de risquer sa propre vie pour quelqu'un qu'il ne connaissait pas.
L'adulte en lui fut choqué, il imprima une grande secousse désagréable à la conscience de l'enfant, s'extirpa aux brumes puériles pour se dresser au milieu de son esprit : « ne sois pas idiot Moony, tu n'en as pas marre de voir les autres mourir ? Un adulte ne fuit pas, petite lune, un adulte aide, un adulte protège. A quoi sert de construire les veilleuses si tu n'as plus personne pour les voir ? »

L'adulte avait raison. Moony décida de bien agir. Sur la branche d'à coté la mère se débattait, elle ne se laissait pas faire, elle ne voulait pas mourir. Moony non plus ne voulait pas qu'elle meurt. Le Tapir était concentré sur sa première victime, un peu déséquilibré par la lutte, même si le petit poids de la mère ne semblait pas lui faire grande chose. C'était le moment ou jamais... Moony s’élança. Il se sentit quitter la branche et atterrir de tout son poids en face, sur le monstre, pour le faire basculer. Moony comptait sur la surprise et aussi sur la corde qui pendait juste au dessous, à laquelle lui-même comptait bien s'accrocher après son acte de bravoure, histoire de survivre un peu... quand même : à quoi sert de jouer les grands garçons si c'est pour mourir après ? Il s'agrippa et sentit le corps du monstre basculer.

Moony pria de nouveau, il pria très fort pour que le monstre aille simplement s'écraser en bas. Et pendant ce temps lui même se balançait au bout de sa corde, bien accroché pour ne pas tomber, les yeux fermés, les dents serrées. Il avait mal aux mains, un peu brûlées. C'était bon signe, de toutes évidences il était encore en vie. C'était toujours ça de gagné.


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MessageSujet: Re: Fais-moi une faveur   Sam 20 Déc 2014 - 12:40


Et elle continue. Elle continue de se débattre faiblement, la petite mère, alors que l’obscurité semble envahir sa vision, obstruer ses poumons. La panique l’enlaidit. Ne lui sied guère au teint. La lassitude l’appelle, demande à s’imposer à nouveau. Alors que les crocs de la créature effleurent la peau de sa nuque, qu’elle s’immobilise pour céder - fatiguée. Si fatiguée - le poids du vampire disparaît soudain et la créature bascule de côté, poussée. Plaquée contre le bois, Love voit alors une deuxième silhouette disparaître dans le vide. Elle a, brièvement, le temps de la reconnaître. C’est celle de Moony.

Puis le silence. Un silence vide, voluptueux, celui du calme après la tempête. La Lascive a - machinalement - porté la main à son coeur qui bat un peu trop vite. Sa respiration se calme, progressivement. Elle s’approche puis se penche, jette un regard qui se heurte aux ténèbres. Le vampire n’est plus là, la nuit l’a avalé. Ce n’est pas le cas de l’Artisan qui - suspendu à une corde semble se balancer doucement dans le vide. L’expression de Love - toujours un peu trop surprise, les yeux un peu trop écarquillés - se radoucit alors qu’un très fin sourire vient se dessiner sur ses lèvres. En accentuer la couleur.

D’un geste qui a retrouvé toute son indolence, sa grâce, la Mère apprentie se penche et tend la main au Fabricant, l’aidant ainsi à se hisser à sa hauteur. Puis - une fois le Garçon Perdu revenu sur la branche, elle s’éloigne, reprend appui contre le tronc, comme si rien ne s’était passé. Ses mains tremblent pourtant encore un peu quand elle sort une énième cigarette pour l’allumer. La porter à ses lèvres.

Inspirer. Laisser la nicotine calmer ses nerfs encore un peu trop éveillés. S’engourdir à nouveau, retrouver la coquille. Ses cils battent, l’émotion l’a épuisée. Elle contemple celui qui lui a sauvé la vie, remet une mèche en place, expire la fumée qui vient l’envelopper comme une parure.

- Merci, mon coeur.

Le ton est désabusé. Presque froid malgré le mot, malgré l’intention. Nouvelle bouffée de nicotine. L’expression se fait moins indifférente, presque soucieuse, le sourire infime. Sous-entendu.

- Qu’est-ce que je peux faire...

Une pause. Un soupir. Elle reprend.

- ... pour te témoigner ma gratitude ?

C’est que sans lui, elle serait morte. Sans doute. Et si la mort ne la dérange pas, elle aime penser que quelqu’un lui a accordé assez d’importance pour vouloir la garder en vie.

Qu’elle respire encore. Quelques instants.

Se redressant, elle plante son regard dans celui du Fabricant, avec une violence étrange. Une détermination... dérangeante.
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Ancien Perdu
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MessageSujet: Re: Fais-moi une faveur   Dim 21 Déc 2014 - 19:15

Fais-moi une faveur


Moony n'eut pas le temps de voir la laideur sur le visage de la mère, et même s'il l'avait vue il ne l'aurait pas trouvée si terrible, parce que pour lui il n'y avait que les lèvres, il n'y avait que le rouge. La couleur s'était glissée dans sa tête, se baladait derrière ses paupières, le tiraillait quelque part, il ne savait pas trop où. Ça le travaillait, du moins avant que le monstre apparaisse. Il était loin maintenant, loin en bas, et Moony ressentit un immense soulagement. Tout le monde était vivant, à part le monstre qui était de toutes façons déjà plus ou moins mort.

Puis de nouveau le rouge. Il ne vit que ça, ce rouge qui sourit. Il le fixa un peu stupidement, le cœur battant vite, les paupière aussi, essayant de chasser la couleur qui persistait. Il eut beau fermer les yeux elle était toujours là et ça l'embêtait un peu, parce qu'il ne comprenait pas.

Au bout d'un moment le grand garçon finit par se dire qu'il était peut-être temps de remonter. Il vit la main qui s'offrait à lui, hésita à la prendre, finit par se dire que s'il ne le faisait pas c'était pas très poli. Il ne se souvenait pas vraiment de la politesse, même si une partie de lui savait qu'on la lui avait enseignée à une époque. On lui avait peut-être dit comment parler aux grands hommes et aux grandes dames, ce qu'on faisait quand on voyait quelqu'un pour la première fois, et ce qu'on disait au moment de s'en aller. Mais tout ça avait disparu très loin, dans le brouillard, au fond de sa mémoire. Il sentait juste parfois, tout au fond de lui, quelque part dans un  endroit bien caché, qu'il fallait faire certaines choses et pas d'autres.

Il prit la main, et remonta. L'odeur de la fumée lui fit de nouveau froncer le nez : il n'aimait pas trop, il avait le nez fragile, un nez qui aimait les belles odeurs, celles qui n'étaient pas trop fortes mais plutôt toutes douces, comme le vent parfois lorsqu'il n'est pas trop fort et qu'il vient gentiment jouer avec vos cheveux, juste pour vous embêter.

Le « Mon coeur » fit rater un battement à celui de Moony et il rougit, presque aussi rouge que les lèvres tient, les joues en feu et les yeux un peu plus brillants, sans bien savoir ce qui avait pu les allumer et qui pouvait bien les éteindre. Et puis... la suite, toujours aussi troublante. Moony ne savait plus où se mettre, où mettre ses mains, où mettre ses yeux et surtout où mettre son cœur. C'était vraiment troublant, vraiment, vraiment, et surtout ce n'était pas normal, c'était trop adulte... oh non... non il ne fallait pas être trop adulte, il fallait sauver les apparences, trouver une solution. Un petit garçon ferait quoi dans cette situation hein ? Que dirait-il ? Moony avait une idée, mais ça ne lui plaisait pas du tout...
« J'ai eu très peur... »
Ce qui en soit était vrai... Moony avait du mal à s'en remettre de sa belle frayeur.
« Je crois que j'ai juste besoin d'un calin. »
Il n'en avait pas besoin, il n'en voulait surtout pas, il était déjà beaucoup trop dans tous ses états mais que faire d'autre ? C'est ce qu'aurait demandé n'importe quel enfant : se faire rassurer, pouvoir se sentir bien, au chaud et en sécurité.

Le regard le fit vaciller, il ne se sentait pas, il ne voulait pas, et ce regard ne faisait rien pour l'encourager. Mais il n'avait pas le choix. Il fallait truquer la vérité et étoffer le mensonge. Parce que si la mère savait... oh si elle savait tout serait perdu, et Moony se retrouverait seul. Désespérément seul.


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MessageSujet: Re: Fais-moi une faveur   Mer 31 Déc 2014 - 18:52

- Je crois que j'ai juste besoin d'un calin.

Les sourcils de la Mère s'arquent. Légèrement. Le ton du Fabricant manque de conviction, elle le sent bien. Mais elle passe outre, la Lascive. Elle ignore ce facteur déplaisant, se concentre sur la requête.

Des câlins, elle sait en faire. Elle sait y faire, il va le comprendre. Alors elle penche la tête de côté, la mère. Elle sourit gentiment et l'éclat mort dans ses yeux a presque l'air d'avoir disparu.

- Très bien.

Elle pourrait lui dire de s'approcher mais Love aime prendre les devants. Alors, se redressant doucement, la mère jette sa cigarette, s'approche de Moony et referme ses bras sur lui. C'est mécanique, tellement familier. Un bras passe dans son dos alors que l'autre remonte vers ses cheveux. Elle pourrait l'embrasser mais se contente de caler sa tête sur son épaule, laissant leurs cheveux et le parfum de leur peau se mêler. L'une de ses mains aux ongles entretenus - la gauche cette fois - glisse le long de la nuque du Garçon Perdu, en un geste à la fois réconfortant et sensuel. Trop sensuel pour un enfant.

Et c'est à ce moment-là, alors qu'elle le tient, qu'elle se rappelle à l'ordre, la mère. Qu'elle sent la rupture, le danger. Sa main s'immobilise. Fini de jouer.

Elle aime pourtant rester ainsi, dans la chaleur de l'autre. Mais trop longtemps, c'est dangereux. Et elle s'est promise, en arrivant, de ne pas en faire trop.

Protéger ce qui lui reste d'enfance, à ce grand artisan. Le protéger d'elle, en gros.

Avec lenteur, Love se détache de Moony. Son sourire a disparu, laissant déjà place à la Lassitude. Sans vraiment le regarder, elle lance :

- Ça va mieux ?

Qu'au moins, il aie ce qu'il a demandé.
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Ancien Perdu
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MessageSujet: Re: Fais-moi une faveur   Ven 2 Jan 2015 - 11:57

Fais-moi une faveur


La mère accepta rapidement : mince alors ! Moony aurait tant aimé qu'elle refuse pour une quelconque raison. Pouvait-il encore reculer ? Prétexter qu'il n'était pas très propre ? Qu'il se sentait mieux ? Oh non, non, non, personne n'aurait été dupe de son petit jeu. Moony se sentait désespéré et il aurait tout donné pour fuir ou au moins avoir la possibilité de se cacher. Quelle idée aussi ? De proposer des idioties pareilles ! Mais qui sait... peut-être que tout se passera bien cette fois-ci, peut-être qu'il ne ressentirait pas cette étrange sensation de la dernière fois, lorsqu'un des garçons était mort et que la mère des artisans leur avait tous fait un câlin, pour les rassurer. Oui voilà ! Moony était un jeune garçon optimiste et il parvint à se persuader que tout irait bien. Ce n'était qu'un simple câlin de maman après tout, rien de grave !

Il se trompait. C'était terrible de se tromper, surtout quand l'enjeu est aussi grand. Dés le premier contact Moony sut que ça n'allait pas se passer comme il le faudrait. Il sentit son petit cœur s'accélérer, son souffle se retenir sans qu'il s'en rende compte. Il devait faire une drôle de tête le grand gamin. Il essaya de se détendre, de ne pas y penser, de fixer son esprit sur sa veilleuse, sa petite construction bien aimée qui redonnerait un peu de moral aux troupes abattues des garçons perdus. Mais ça ne marchait pas... non pas du tout. Ça ne marchait pas parce qu'il sentait cette main terrible dont les doigts malins se baladaient sur sa nuque, il sentait aussi la tête lourde, à l'odeur agréable, qui reposait tout contre lui.

Il faut te reprendre Moony. Joue le jeu, tu te souviens du jeu ? Entre dedans, prends les devants. Tu es un enfant Moony, tu es un enfants et tu dois agir comme un enfant, pas comme un homme. Mais il ne savait plus comment agissait un enfant. Les bras qui se refermèrent sur le dos de la mère étaient des bras d'adulte et la légère pression qu'il exerça contre l'autre corps n'était pas seulement celle d'un enfant qui avait besoin de chaleur et de réconfort.

Un autre bout d'enfance venait de s'envoler mais Moony n'en avait pas conscience. Parce qu'il ne le voulait pas.

Lorsque la mère se détacha Moony ne se sentit même pas soulagé. Il y avait comme un vide en dedans, la sensation que quelque chose manquait. Il répondit à la question d'un petit hochement de tête peu convaincu. Pense à tes travaux Moony, pense à l'enfance, pense aux jouets, à toutes ces choses formidables que tu es capable de créer. Tu es un enfant, tu resteras un enfant. Voilà Moony. La maturité ne peut rien si tu sais qui tu es.

« Euh... euh merci et... on parlait de quelque chose avant... avant tout ça... Tu me disais que tu voulais une odeur. Tu peux m'en dire plus ? »
Changer de sujet, revenir dans un univers rassurant, celui de la construction, de la fabrication. Il fallait simplement oublier, oublier vite. Enterrer toutes les sensations provoquées par ce calin et ne plus jamais les déterrer.


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MessageSujet: Re: Fais-moi une faveur   Sam 10 Jan 2015 - 1:14

La réponse ne vient pas tout de suite. Elle n’est pas emphatique, la mère. Mais elle n’est pas stupide. Et elle voit bien, elle sent alors qu’elle ramène ses bras contre elle, que Moony hésite. Un peu trop. Sonné, peut-être. Mais pourquoi ?

Alors qu’elle reprend de la distance, qu’elle s’adosse, la réponse la heurte enfin. Comme une évidence qui fait très légèrement s’écarquiller ses yeux, nimbe son regard d’une surprise charmante mais légère. Si légère. La réponse est dans les gestes. Dans la réponse du Garçon Perdu à son étreinte.

Il est entre deux, lui aussi. Prêt à basculer. Et ce soir, elle l’a poussé un peu plus près du bord.

- Euh... euh merci et... on parlait de quelque chose avant... avant tout ça... Tu me disais que tu voulais une odeur. Tu peux m’en dire plus ?

La Lascive ne répond pas tout de suite. Penchant la tête de côté, elle ferme les yeux quelques instants, réfléchit. C’est étonnant. À quel point il s’est repris. À quel point il sait cacher son jeu. Lorsqu’elle rouvre ses paupières. son regard se pose directement sur Moony, qu’elle fixe avec tranquillité. Elle sait, maintenant. Qu’elle va devoir faire attention.

Ou non.

- Je veux un parfum, Moony.

Un bâillement, qu’elle étouffe d’un geste de main gracile.

- Une odeur de sucre. De caramel. Que je pourrais mettre sur ma peau.

Et qui durerait longtemps. Mais il ne faut pas trop en demander tout de suite, au petit Fabricant. Ils ont le temps. De tester. Tout le temps, même. D’un geste las, la Mère apprentie ramène ses cheveux d’un côté de son crâne, laissant une épaule nue. Elle voudrait bien une nouvelle cigarette, mais la flemme l’en empêche. Elle se sent fatiguée. Même sa découverte n’aide pas à maintenir son intérêt. Soupir. Reportant son attention sur l’artisan, elle finit par reprendre :

- Ils disent que tu es doué. Que tu pourrais faire n’importe quoi. Alors tu ferais ça, pour moi ?

Battement de cils. Malgré la lassitude qui s’est emparée d’elle, Love engourdie parvient à sourire encore.
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Ancien Perdu
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MessageSujet: Re: Fais-moi une faveur   Mer 14 Jan 2015 - 13:47

Fais-moi une faveur


C'était terminé... oh oui bin terminé : passé, dépassé, trépassé, il ne fallait plus y penser. Maintenant que la demoiselle était loin, maintenant que l'étreinte était passée il fallait se calmer, ne pas se focaliser sur le regard si beau, ne surtout pas se fixer sur la bouche, penser aux dents mais aussi à la langue... Une langue c'est fait pour... pour... les goûts. Voilà c'est fait pour goûter ! Pour manger des fruits et des bonnes choses, des bonbons, des friandises et rien d'autre. Pour manger des cerises... des fraises...
Ne pas y penser. Ne pas y penser à cette bouche cerise qu'on a envie de croquer.

Le regard était troublant, un peu trop, et les gestes aussi qui donnaient l'impression à Moony que tout était calculé. C'était comme un piège, un gros piège qui t'attrapait pour que tu sois mangé, dévoré, qu'il ne reste plus que des os blancs et des chairs abîmées, des restes sanguinolents de ce que tu étais avant.
Avant ?
Non... de ce que tu es toujours. De ce que tu es, et de ce que tu resteras.
Il faut maîtriser son univers, maîtriser ses pensées aussi.
Les maîtriser avant qu'elles ne vous maîtrisent.
Maîtrise ? Maîtresse ? Il n'y a rien de plus traître. C'est avec une maîtresse que la maîtrise s'envole. Il ne reste que des trous, pleins des trous qu'on ne peut jamais reboucher.

De nouveau ce mot... parfum... il évoquait toujours la même chose à l'artisan, ce souvenir vague, un souvenir plein de femmes et de peaux.
« Je... je te l'ai dit, j'ai jamais fait de ça... je sais pas trop comment ça marche. »
Il fallait capturer l'odeur, mais capturer comment ? Il y avait forcément un truc... il allait devoir faire des tests, des tonnes de tests. Regarder comment les odeurs tenaient sur la peau, comment on les enfermait dans des flacons aussi.

Moony était déjà en train de réfléchir, de trouver un moyen de tout faire comme il le fallait, mais la vue soudaine de se morceau d'épaule lui fit perdre le fil de sa pensée, or tout le monde sait qu'une fois le fil disparu rien ne va plus, pour la retrouver c'est alors comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Qui sait ? Le fil est peut-être encore avec.

Les joues de l'artisan s'empourprèrent un peu, beaucoup même mais il espérait que le nuit cachait, sans penser aux lumières suspendues qui arrangeaient la vue.
« Je... euh... »
De quoi parlaient-ils déjà ? Retrouve Moony... c'est important.
« Je... pourrais... »
Oui voilà c'est ça.
« ...Mais ce n'est pas gratuit. »
C'était toujours gratuit, d'habitude. Mais sa petite part d'adulte voulait prendre le dessus et lui soufflait que dans ce monde rien n'était jamais gratuit. Il ne fallait pas donner si on ne voulait pas se faire voler. Moony pourrait toujours faire passer ça pour un caprice. Parfois adultes et enfants sont similaires : ils ne pensent qu'à eux-mêmes.  


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MessageSujet: Re: Fais-moi une faveur   Dim 18 Jan 2015 - 20:11


Moony semble troublé. Trop, mais c’est souvent le cas des garçons. Quand ils la voient. Love le sait, Love abuse. Mauvaise fille qu’elle est.

- Je... je te l'ai dit, j'ai jamais fait de ça... je sais pas trop comment ça marche.

Regard songeur, qu’elle lui adresse en réponse. Elle non plus ne sait pas. Savoir est un talent, deviner ou essayer. Avoir une démarche scientifique, ce genre de choses. Mais la Lascive n’en sait rien, elle n’est pas douée. Ne l’a jamais été.

- Moi non plus. J’imagine... qu’il faut essayer.

Mais il ne l’écoute pas, le Fabricant. Son regard la dévore, ses joues sont rouges comme ses lèvres à elle le sont. L’ego de Love en est flatté, c’est plus fort qu’elle. Mais quelque part, elle s’est déjà lassée. Elle veut parler. Inventer. Cesser de jouer au docteur, se concentrer sur les choses importantes. Et Moony ne l’aide pas, à danser ainsi près du précipice.

- Je... euh... Je... pourrais... Mais ce n'est pas gratuit.

La sirène d’alarme résonne dans les pensées de la Mère avec une brutalité dérangeante. Entre deux états, le Fabricant souhaite des choses qu’il n’est pas raisonnable de souhaiter. Car en l’observant, Love devine bien ce qu’au fond, il souhaite. Ou aimerait bien souhaiter. Faire vivre, grandir. Séduire pour servir ses intérêts. La seule chose qu’elle n’a jamais su faire.

Avec paresse, le regard de l’adolescente détaille Moony. Sans doute cela ne la dérangerait pas. De vivre un peu en sa compagnie. Ce serait fatiguant mais. Elle pourrait.

Pourtant voilà. Si elle ne joue pas assez bien, elle pourrait avoir des ennuis. Et Love n’en veut pas, des ennuis. Elle veut qu’on la demande, qu’on l’attende, rien de plus. Ne rien donner, ne rien sacrifier pour tout obtenir. Si elle acceptait de se faire catin, elle perdrait son emprise sur lui. Son seul pouvoir.

Elle ne le veut pas.

Son regard, soudainement, se vide de toute chaleur pour laisser place à l’effrayant néant qui la hante et la comble. Replantant son regard dans celui de l’artisan, Love se fige. Elle n’est plus prédatrice, elle est mise en garde. Bouclier. Déesse de glace, indifférente et frigide, présente de par son vide. Elle prend donc ses responsabilités. Fini de jouer.

- Prends garde à ce que tu souhaites, petit garçon.

Le ton est dur, peut-être un peu trop. Love est entrée dans une nouvelle phase de négociation.

- Ce que tu veux, tu peux l’avoir. Mais je ne donne rien sans rien. Il me faut des résultats. Et toi tu vas devoir réfléchir. Au prix de tes services.

Un instant. Tendue, elle en oublie presque de soupirer. Elle le rejoint au bord du précipice tout en sachant qu’elle n’y restera jamais bien longtemps.

- À ça. Et aux conséquences de ce que tu peux me demander.

Il y a quelques secondes, glaciales. Puis Love se détend, laisse aller son dos contre le bois, s’éloigne de la limite. Le masque habituel s’est remis en place. Tranquillement, elle observe les ongles rongés de sa mauvaise main. À nouveau indifférente, absente. Plus concernée.

- Tu le feras ? Tu y penseras ?

Elle est tellement lasse. En cet instant. Que ses questions n’ont aucune intonation.
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MessageSujet: Re: Fais-moi une faveur   Mar 20 Jan 2015 - 14:43

Surprise !




OH !

Un cadeau apparait sous les yeux de Moony.

Un objet dont il rêve sans le savoir s'y trouve. Il s'agit d'un flacon capable de capturer les odeurs. Attention, s'il en contient trop, il explosera et déferlera sur son détenteur un parfum enclin à déchainer les passions.


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Ancien Perdu
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MessageSujet: Re: Fais-moi une faveur   Sam 24 Jan 2015 - 16:00

Fais-moi une faveur


Ce qu'il souhaitait ? Au fond Moony ne le savait pas vraiment lui-même... il y avait tant de choses à demander, des choses basiques, des choses normales et d'autres beaucoup moins habituelles ou beaucoup moins avouables.

La mère en face changea de posture, quelque chose en elle se durcit et Moony plissa un peu les yeux, essayant de mieux cerner la sensation si particulière du changement. Il s'amusait à mettre en place le petit jeu des différences, tentant de mieux capter le changement dans l'attitude de la jeune fille. Même ce qu'elle répondit ne sonnait plus comme avant, ça n'avait plus le goût du jeu et du danger, plus le goût de la nouveauté : c'était une mise en garde. L'enfant avait envie d'aller contre, il n'aimait pas les mises en garde, il n'aimait pas les limites. L'adulte lui se méfiait. Les mots sont mal passés, les idées aussi. Ils ont perdu l'onde. Moony sentit l'autre petit bout d'adulte prendre le dessus. Son esprit était trop carré, trop coupant aussi. Il limait savamment les bouts arrondis de son imagination folle, cassait la souplesse de la pensée pour la rendre tranchante et pragmatique. Chez lui aussi l'attitude changeait : plus droit, plus sûr de lui, la voix douce et un peu plus grave, moins rêveuse aussi. L'adulte sentait à plein nez l'odeur de la négociation et de l'enjeu, il était avide et calculateur et l'enfant ne s'en rendait pas compte. Ce glissement qui l'effrayait habituellement lui passait inaperçu. Il était endormi au fond, roulé en boule pour la sieste, en hibernation déprogrammée, imposée par un adulte en manque de liberté.

« Je ne fais rien au hasard et les résultats tu les auras. Mais ça risque de prendre du temps, un temps que je te laisse pour réfléchir à ce que tu es prête à me donner. Je te retourne la question. Tu y penseras ? »
Moony ressentait cette lassitude entourée de glace, ces paroles à la fois froides et vides, fatiguées et tranchantes. Un instant le jeune homme vrilla ses yeux noirs et décidés dans le regard sans motivation de sa camarade. Un instant suspendu, un moment étrange, comme un entre deux, une pause dans un monde déjà sans temps...

Mais ça ne dura pas. Moony sentit un petit picotement à ses pieds et son regard assuré céda la place à l'émerveillement de l'enfant. Un tout petit cadeau venait d'apparaître là, sur la branche. Il savait toutes les merveilles que pouvait offrir l'île : des merveilles souvent dangereuses et traîtresses, des merveilles nées des plus beaux rêves et qui possédaient un double tranchant redoutable. Un sourire enfantin étira les lèvres du petit garçon et un doux air rêveur remplaça bien vite l'assurance de l'adulte.

Le garçon perdu se baissa, récupéra le paquet et l'ouvrit rapidement, avec empressement, pour y découvrir un petit flacon en verre. Un bel objet à n'en pas douter, avec de belles formes, des formes qui font rêver.
« Qu'est-ce que c'est... »
Il tourna et retourna l'objet entre ses longs doigts. Il titillait ses souvenirs, il avait déjà vu quelque chose comme ça... quelque part dans son passé. Cet objet qu'il voyait, celui qu'avaient les femmes : le flacon pour voler les odeurs.
« Je crois que quelqu'un veut t'aider à avoir ton odeur. »
La conscience de l'île avait apparemment décidé de leur donner un coup de pouce. Aide bienvenue ou piège ? L'avenir le leur dirait vite.


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MessageSujet: Re: Fais-moi une faveur   Sam 31 Jan 2015 - 15:42


Elle ne s’y attend pas et pourtant, cela se produit. En face d’elle, l’enfant mime, l’enfant (ou s’agissait-il vraiment d’un enfant ?) répond.

- Je ne fais rien au hasard et les résultats tu les auras. Mais ça risque de prendre du temps, un temps que je te laisse pour réfléchir à ce que tu es prête à me donner. Je te retourne la question. Tu y penseras ?

Le regard de Love se voile de surprise. Où est donc passé le gamin rougissant, incapable de sortir une phrase pour elle sans bafouiller ? Paré ainsi de cette nouvelle assurance, Moony lui semble soudainement... différent. Plus intéressant ? Elle ne saurait dire. Mais ses ongles s’enfoncent dans le bois, le sillonnant alors qu’elle se laisse happer par le regard de l’artisan. À quoi jouaient-ils déjà ? À danser, au bord du précipice. Franchir les limites, revenir. Funambuler.

Elle allait finir par croire que, lui comme elle, se montraient particulièrement doués.

L’instant se brise, fracassé par l’apparition d’un paquet. Une nouvelle nuance de surprise scintille brièvement dans les yeux de la Mère apprentie. Moony ramasse le cadeau, l’ouvre pour en sortir un objet délicat que Love reconnaît immédiatement. Fascinée malgré elle par cette nouvelle intrusion, la Lascive se redresse, tend la main comme pour s’assurer de la réalité de l’objet. C’est si... parfait. Si providentiel. À croire que l’Île encourage leurs petites affaires.

- Qu'est-ce que c'est...

- C’est un flacon de parfum.


Sa voix, une fois, semble presque dotée de chaleur. Elle ramène sa main contre elle, se ravisant.

- Je crois que quelqu'un veut t'aider à avoir ton odeur.

Un mince sourire vient étirer les lèvres rouges de la Lascive.

- C’est possible.

La torpeur reprend ses droits. Doucement. Comme souvent, avec elle. Et la Nuit Permanente ne l’aide pas. Elle a envie de dormir. Et elle a froid. Elle s’étire, bâille comme un chat, bat des cils. Quelques fois.

- Je vais aller dormir. Annonce-t-elle simplement.

Un bref instant, Love a une pensée pour son coussin préféré, le Peau-Rouge doté de cornes. Elle porta sa main à ses cheveux, y remet de l’ordre.

- J’y penserai. À ce que je veux te donner.

Elle en rêvera même, sans doute. Il y a quelques secondes, un temps. La Mère apprentie n’a pas envie de partir comme cela, pas après s’être trouvé. Un camarade de faux-semblant. Quelqu’un qui la surprend, qui brise le vide momentanément.

Il l’intéresse, finalement.

Alors la Mère apprentie s’approche doucement, contemple successivement le flacon puis le visage du Fabricant. D’un geste, elle vient - de sa main soignée - écarter une mèche du Garçon Perdu, comme pour mieux voir ses yeux.

- Merci.

Pour jouer le jeu.

Love ne laisse pas l’instant s’éterniser. Elle s’écarte vivement, un peu trop brutalement. Tant pis.

- Si tu as des questions, tu peux toujours me chercher. Je suis avec les Sentinelles. Principalement.

Il arrive qu’elle dorme un peu partout ailleurs, aussi. Mais elle se garde de le dire. Fouillant dans ses poches, la Mère en tire une nouvelle cigarette qu’elle coince entre ses lèvres alors qu’elle rejoint le mécanisme pour redescendre. Avant de tirer la corde pour faire glisser la plateforme, la Lascive jette un dernier regard au Fabricant.

- À bientôt, mon coeur.

Mieux vaut partir prestement.

Vite, avant qu’elle ne se décide vraiment à le trouver séduisant.
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