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Jim Crazyleg
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☠ Mousse du Jolly Roger ☠


✘ AVENTURES : 164
✘ SURNOM : la Demi-Portion
✘ AGE DU PERSO : 16 ans

✘ DISPO POUR RP ? : 2/2
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Il écrit en EC7907.


MessageSujet: Seiche tes larmes   Dim 4 Juin 2017 - 6:47


Un silence pesant régnait, cadencé par quelques soupirs arrachés par l’effort. Une pluie fine tombait et l’Océan, lui-même, semblait s’en chagriner. Péniblement, les rames brassaient ses eaux mornes, et le vent s’essoufflait sur sa croupe. La détresse de l’Enfant Roi l’aurait-elle affecté au point qu’il soit vidé de toute sa vitalité ? De toute son énergie si chère dont les pirates aiment s’enivrer ?

Jim s’en fichait, le nez plongé dans sa propre affliction. Seule la lenteur de leur progression troublait sa nostalgie, éveillait en lui un plaisir narquois devant les difficultés de ses collègues. Puisque ce n’était pas lui qui ramait, il les regarderait se fatiguer pour du vent. D’ici qu’ils renoncent et fassent demi-tour, il rirait en silence de leur entêtement.

Un entêtement qui pourtant portait ses fruits : à mesure que l'Épave se rapprochait, Jim sentait son assurance lui filer entre les doigts. Déni, nervosité, angoisse. Le mousse, de plus en plus agité, se tordait les doigts pour dissimiler les quelques tremblements qui les parcouraient. Ses yeux scrutèrent ceux des matelots à la recherche d’une trace de renoncement, mais rien. La tâche leur avait trop coûtée pour qu’ils reculent : aussi absurde que soit leur mauvais tour, il aurait été plus stupide de renoncer en cours de marche.  

La barque toucha terre dans une légère secousse. Les matelots débarquèrent dans un râle général. Ils défroissaient leurs muscles, profitant de ce qui était pour eux une simple escale. Pour Jim, il s’agissait d’une destination.

— Allez sors, Demi-Portion. commandait un pirate à la figure boursouflée.

— Vous allez pas me laisser ici… répondit l’intéressé sans pour autant quitter sa place.

— Fais ce qu’on te dit, putain. râlait un autre, en se grattant l’épaule.

Le Mousse s’exécuta et rejoignit le groupe. Il y avait dans son pas des airs de condamnés, en marche pour la potence.

— Qu’est-ce que je fout ici…

— On est pas content, Jimmy. déclara son collègue. En s’moment, t’oublies quelle est ta place, et ça nous fait pas mal chier.

— Héhé. Pas mal chier, ouais.

Le mousse serra les dents. Il avait toujours été un peu insolent, ça n’avait jamais été un vrai problème. Loin de s’en insurger, la plupart des matelots s’en trouvaient confortés dans leur désir de bizutage. Non, ce qu’ils lui reprochaient, c’était plutôt sa nouvelle tendance à les ignorer, à ne plus réagir à leurs sarcasmes.

— Tu sais s’qu’on dit d’ici, hein Jimmy ? reprit le pirate d’un ton narquois. Tu sais s’qui y traîne ? Alors à ton avis pourquoi t’es là ?

— J’ai pas peur des fantômes. répliqua Jim, regard dur, comme pour s’en convaincre.

— J’ai pas peur des fantômes ! singea un matelot.

— Le joyaux. Tu le trouves, tu le ramènes et tu attends qu’on vienne te chercher.

Le ton était didactique, la moue charmante. Jim ne se laissa pas apaiser pour autant.

— C’est pas possible !!

— T’as même pas essayé.

— Si le Capitaine savait que v- !

— Le Capitaine s’en fout, Jim. Il déteste les gosses, il te déteste. P’tête même qu’il s’ra soulagé ?

Ils n’eurent plus rien à ajouter et embarquèrent, tout naturellement. Ce n’est que lorsqu’ils furent assez éloignés que Jim laissa ses protestations se changer en insultes brutes.

Mais quand ils eurent disparu de son champ de vision, le mousse fut soudain pris de panique : et si cette fois, ce n’était plus un jeu ? Et s’il venait d’être abandonné pour toujours, ici ? Son esprit rationnel retrouva aussitôt contenance, giflant sans retenue sa sensibilité exacerbée.
Ce n’était pas la première fois. Et cela finissait toujours de la même manière. Ils viendraient, le ramèneraient, se moqueraient. Mais ils reviendraient.

Jim se tourna vers l’épave. Il ne trouverait rien de toute manière, il en était certain. Est-ce que ça valait la peine de s’y aventurer ?

Très franchement, non.

Le mousse ramassa un canif qu’un des matelots lui avait délibérément laissé et s’installa au pied d’un large rocher. D’ici, il pensait pouvoir guetter n’importe quelle menace et réagir en conséquence.
Mais comme souvent, il pensait faux.
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Seiche
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≈ Sirène Simple ≈


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✘ AGE DU PERSO : Apparence juvénile. Mais pas si jeune.

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MessageSujet: Re: Seiche tes larmes   Sam 10 Juin 2017 - 22:12

Il y a dans l’eau, niché dans l’entrave des roches… Il y a dans l’eau, au plus profond d’un écrin de vieux bois, où les petits poissons – et les crabes – sont rois…
Il y a dans cette eau-là ; un trésor.

C’est ce qui se dit. Ce qui s’est toujours transmis. Au plus profond du bois qui dort, celui à moitié échoué. Bercé, et mangé un peu… Mangé ? par le sel, les flots, les vagues qui roulent et envahissent.

Formidable terrain de jeu, fait d’ombre et d’interstices. A l’intermédiaire des terres… et de la mer.
Une petite sirène aime s’y réfugier, elle ne craint pas vraiment les entités gardiennes, car Seiche n’a rien à leur dérober. Et Seiche est un peu comme elles, à la fois présente… et dissimulée.

Le caméléon s’était endormi, à moitié enseveli dans ce sable qui la recouvrait. Aussi n’avait-elle pas eu le temps de filer, quand le bruit des rames et des flancs de l’eau maltraité retentirent. Elle ne put que s’enterrer d’avantage et trembler là, à quelques mètres à peine du lieu où ils débarquaient.
Tant d’effrayants humains, leurs mines poilus et patibulaires, leurs morceaux de fer clinquant. Et Seiche qui était presque à découvert. Seulement mué des couleurs du sable grisé et du bois pourris de l’épave.  Le caméléon attendait. Peut-être que les grands deux-jambes s’en iraient ? Peut-être qu’elle n’aurait plus qu’à s’enfuir pour se réfugier dans le giron d’une de ses sœurs ? Une de ses sœurs. Peut être qu’une de ses sœurs ne serait pas loin ?

Seiche se coupe soudainement en son cri intérieur. Quelque chose… Ou plutôt quelqu’un vient de capter son attention.
Tout pâle. Tout blond. Si jeune. Perle perdus dans la souillures des giclées humaines.

Seiche s’émerveille

Elle a vité oublié tout désir de…
Partir ?

Oh non ! Non, de non ! Il faut rester ! Rester et l’observer. Se rapprocher même. Doucement. Sans le brusquer.
Il a de longs cheveux blonds ; ils sont doux, c’est certains ! Oh qu’est ce que Seiche veut les caresser pour le vérifier ! Sa peau est claire, mais légèrement ambrée, tout emmailloté dans un superflus d’étoffe indignes, probablement rêches et rigides. Il a aussi, quelque chose qui brille au bout des doigts, qu’elle que chose qui renvoie la lumière, arrache un peu de solaire…

La sirène semble hypnotisée, et toute à sa joie quand enfin les deux-longues-jambes repartent, laissant en arrière le seul qui en valait vraiment la peine ; pour elle ! C’est sûr, c’était un cadeau !

Oh, les deux-longues-jambes ne sont pas si effrayants en fait ! Non, non ! Ils rapportent aux sirènes… les plus délicates offrandes. Oh pirates, si vous pouviez savoir combien Seiche chérira ce moment. Oh oui. Elle prendra… tout son temps.

Elle veut le connaître, l’appréhender, savoir de quel chaire est-il fait. Le savourer.
D’un coup, elle comprend pourquoi Typhon ne chassait pas si souvent.

Il est magnifique.
Il est tout à elle.

Alors Seiche fera des efforts. Seiche s’exhorte à la patience, à la retenue. Au plus lent des préambules. Ce n’est pas grave si c’est un peu lent. Oh non. Ce n’est pas grave.
Pour lui, elle sera douce. Pour lui ; elle sera tendre. Elle épanchera ses larmes, asséchera ses pleurs, fera disparaître toutes ses peurs.

Mais d’abord… attirer son attention. L’attirer tout court, sans forcément avoir à chanter.
Seiche réfléchit. Intensément. Elle pense aux gardiens et sourit, ébauche un semblant de plan.

Une bruine légère commence à tomber, les deux-jambes n’aiment pas vraiment… être mouillé à la surface, peut-être que son délicieux Prince voudra s’y réfugier.

Une propulsion rapide, quelques bruits d’éclats et d’eau, voilà Seiche à peine visible, derrière un nouveau rocher.
Elle est tout près. Si près. Il lui en faudrait peu pour pouvoir le toucher.
Mais elle se concentre, petite sirène. Elle se concentre, toujours cachée, prend une voix profonde et rocailleuse, qu’elle espère un peu sombre, un peu… effrayante :

« QUI OSE DÉRANGER NOTRE REPOS ? »

Si son plan marche, le deux-jambes terrifié, ira se réfugier dans la partie émergée de l’épave. Pour se mettre à l’abri, à la fois de la pluie, et de ce qui rampe à la lisière de l’eau… prêt à bondir sur lui. Hihihihi.







Juste Seiche:
 
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Jim Crazyleg
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MessageSujet: Re: Seiche tes larmes   Mer 14 Juin 2017 - 21:43


Les minutes se traînaient les unes après les autres. Inévitablement, Jim relâchait sa vigilance ainsi que la lame qu’il laissait reposer au creux de sa paume. Parfois un bruit retentissait et lui faisait d’un rappel à l’ordre. Ses doigts se pressaient alors contre le manche de son canif et dans un soubresaut, il cherchait la menace du regard.

Des fausses alertes, toujours. Aussi dangereuses que les vraies puisqu’elles le confortent dans son imprudence.

Son agacement lui arracha un soupir. D’ordinaire, la Demi-portion parvenait à se concentrer fort, et longtemps. Seulement, ces derniers temps, il n’avait pas du tout la tête à ça.
Et à ce rythme, il n’aurait plus de tête du tout.

L’attente va être longue.
Mais comme pour lui donner tort, les ennuis commencèrent :

« QUI OSE DÉRANGER NOTRE    REPOS ? »

— PUTAIN !! hurla Jim en sautant sur ses jambes.

La peur et la surprise ne l’avaient pas tétanisé, au contraire. Brandissant son arme qui ne lui serait pas d’une grande aide, Jim balaya du regard les alentours pour y déceler le danger. Il était à la recherche de quelque chose de gros et d’agressif. Rien, encore.
Fausse alerte … ?

Sa mâchoire se crispa. Concentre-toi. Il n’avait pas rêvé, il devait bien y avoir quelque chose. Où. Où. La mer était inerte. D’ici, l’épave semblait déserte. Rien sur le sable.
Jim se percha sur un rocher, fixant ce dernier d’un air méfiant.

Et si ça venait… d’en-dessous ?
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