Partagez | .
 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Christopher-Marie Redskin
avatar

☠ Apprenti Cuistot du Jolly Roger ☠


✘ AVENTURES : 79
✘ SURNOM : Le Papoose
✘ AGE DU PERSO : une vingtaine

✘ DISPO POUR RP ? : pas encore.
✘ LIENS : Fiche de présentation
Dés à coudre
Feuilles volantes

MessageSujet: Tissage [PV. Serval et Kokoi]   Mer 23 Déc 2015 - 17:21

(suite du rp du rouge sur les peaux, du sang sur le pont)
Ce post sert d'introduction, il se situe aprés chronologiquement (moment non défini) le post de Kokoi. Christopher est seul dans le tipi.



Miroirs de pluie

Il y a parfois des songes qui imprègnent tant que des larmes viennent éclore des yeux clos, mouillant le cœur et l'âme une fois éveillés.
Il y a parfois des émotions si fortes que toute raison se retrouve submergée.


Christopher pleurait d'incompréhension quand l'inconscient l'avait pris dans la barque.
Il pleurait quand sa conscience, trois jours après, s'éveilla de son sommeil fiévreux.

~~~oOo~~~

Avec la lenteur de ceux qui reprennent pied dans le réel, ses yeux s'ouvrirent et balayèrent du regard l'endroit où il se trouvait. Autour de lui, pas de coque en bois, pas d'hamac, pas d'odeur de sel. Juste la peau des tipis, la chaleur de l'âtre et le parfum des onguents et des plantes.
Sans que Christopher ne puisse rien retenir, le temps et l'espace avait défilé. L'esprit trop ailleurs pour le réaliser, son destin lui avait échappé et le pirate n'était plus sur le Jolly Roger. Il n'était plus prét des siens.
La bouche du Papoose s'ouvrit sur un mot muet et des larmes de détresse jusqu'alors contenues par le rêve, perlèrent à son regard.
Il tenta de se relever et poussa un gémissement sous la douleur de son corps. Son buste retomba mollement et ses yeux se refermèrent sous un murmure.

« Laissez-moi partir s'il vous-plait... »

Il s'évanouit, l'esprit et le corps encore trop fatigués pour s'éveiller et, derrière les paupières, le rêve reprit forme. Les tipis réapparurent, les silhouettes brunes des enfants se remirent à rirent et à jouer, les femmes à tisser, les hommes à chasser, les pins à répandre leur parfum au vent et les canoës a descendre la rivière.
L'indien blanc de cœur se remit à rêver de cette vie dépassée, de cette langue oubliée et étrangère.

Songe d'hier doux et amer.
Réalité d'aujourd'hui qui, dans ses croyances, devait le déchirer.









Playlist de C-M. R
Redskin siffle en SteelBlue


Dernière édition par Christopher-Marie Redskin le Dim 3 Jan 2016 - 23:10, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
avatar

Invité



MessageSujet: Re: Tissage [PV. Serval et Kokoi]   Sam 26 Déc 2015 - 16:13

- Christopher et Serval
Tissage





La canicule se fait peu à peu insoutenable. La sueur lui pique les yeux tandis qu’il s’active autour de la litière du rescapé, préparant ses décoctions avec un soin particulier. Son regard cillant de la silhouette encore évanouie de son ami à ses propres actions. Sur sa joue, une plaie vive et bandée le lance à chaque fois qu’il parle ou essaye de sourire. Mais au sein du clan Piccaninny, la joie n’est pas au rendez-vous.

Ils ont ramené les survivants de la grande bataille et se sont résignés à laisser là-bas, à l’écume et aux pirates, les cadavres de ceux qui n’avaient pu en réchapper. La victoire les a fait chanter, le soir, mais faiblement, des paroles noyées sous les hommages des braves tombés au combat. Leur regard se sont posés, fiers, sur les marins emportés avec eux, prisonniers de guerre. Mais ils ne savent pas encore ce qu’ils vont en faire.

Trois jours après l’explosion, c’est la nervosité qui prime. On attend, froidement, la réplique des pirates. On observe de loin chacun de leurs mouvements. Et on soigne ceux qui pourraient nous apporter des réponses. Notamment ce marin à la peau mate qui s’est révélée être une femme. Au corps brûlé, au tempérament de feu. Et le monstre à crête qui fait tant peur à Serval.

Mais plus important, il y a Christopher. Mulot Agité. Son état est complexe, par les plaies créées à la sueur acide de Kokoï, de celle du couteau qu’il a fini par recoudre. La fièvre agite son sommeil, parfois il lance un cri, un appel. Des mots balbutiés, en anglais ou dans une langue que Kokoï ne comprend pas. Il semble appeler à l’aide.

Puma Sanguinaire s’est montré clément envers lui par ses seules origines. Pourtant malgré les arguments de Kokoï Avide, se portant garant de sa santé et de son devenir, le futur de Mulot Agité au sein du clan peau-rouge n’est pas encore assuré. On ne l’accepte pas facilement, pire encore qu’avec Jazz qui le seconde souvent dans ses soins et apprend, au fur et à mesure, les plantes et les essences à connaitre pour guérir les blessés. On murmure sur son passage, on parle de traître, de sang gâché.

Heureusement pour lui, Kokoï peut compter sur l’aide discrète et efficace de Serval Délicate.

L’après-midi est largement entamée quand il finit par souffler et se tourner vers sa compagne. Il exhale une odeur rance, peu agréable malgré la graisse de chlorophylle et d’arnica qui embaume ses mains. Son pansement vient d’être changé par sa sœur, mais il n’a rien mangé depuis l’aube et fatigue peu à peu. Le regard moins sûr, les gestes imprécis, il renonce à continuer son œuvre – à savoir préparer une pommade pour les brûlures de Christopher. Et rince ses mains, lentement, tout en murmurant pour ne pas troubler le sommeil de celui qui souffre encore.

« Je dois aller voir le chaman. A travailler dans cette chaleur, mon essence ne m’aide en rien et représente un danger. Pour toi, pour lui, pour tout le monde. Je dois aller parler à Boa pour que puisse arrêter de la prendre, et suivre ses conseils sur le Grand Ka et son jugement. »


Essuyant ses doigts à son pagne, il ajoute, dans un sourire presque forcé.

« Mais je te promets d’aller manger. »
Avant de désigner Christopher. « Je te laisse te charger de ses soins. Tu as les compétences nécessaires et je te fais confiance. Si Chèvre Amère profite de mon absence pour venir rôder, n’hésite pas à appeler Iguane Tonitruant. Lui sait comment s’en occuper. »

Kokoï voudrait l’embrasser au front. Mais se contente d’un geste maladroit, prudent. Ses paumes sont déjà encore moites. Et de sentir sa sueur qui revient le fait grimacer de déplaisir.

« Je passerai voir Ours Elancé à mon retour. A tout à l’heure. »


Sa silhouette disparait entre les peaux, discret et noir dans l’après-midi qui tombe et amène à l’intérieur du tipi une odeur de bouillon et de viande qui grésille. Les mets se font de plus en plus rares mais il faut entamer les réserves avant que la chaleur ne les gâte. Dehors, les enfants rient moins, s’essoufflent plus vite, mais profitent du soleil qui s’affaisse dans le ciel pour reprendre les entraînements. C’est une cohue qui perce à peine les peaux, mais saurait réveiller le plus endormi.

Si la douleur ne l’assomme pas de trop.

Revenir en haut Aller en bas
Invité
avatar

Invité



MessageSujet: Re: Tissage [PV. Serval et Kokoi]   Dim 3 Jan 2016 - 13:58

Nous étions peu après la Grande Bataille, mais avant l’Échange qui s'avérerait être un échec cuisant, après que Serval Délicate ait giflé Ian, mais avant qu'elle n'aille rendre visite à Hyène Ricanante pour lui demander conseil au sujet de Ours Élancé. La canicule faisait rage et n'épargnait personne, faune comme flore, mais chacun faisait de son mieux malgré ces temps difficiles, tout en espérant que les choses reprendraient bientôt leur cours normal. La jeune femme assistait son Frère, Kokoï Avide, dans tous les soins qu'il devait prodiguer, refusant de le laisser seul alors que son Essence, plus que jamais, le gênait considérablement dans toutes les tâches du quotidien. Si pour les autres prisonniers, les choses avaient prit une bien étrange tournure entre début de respect et provocations doublées de menaces, l'homme au teint semblable au leur qui reposait sous cette tente semblait être assez différent, bien qu'il soit encore difficile à l'heure actuelle de savoir précisément en quoi. Kokoï lui avait parlé de bien des choses et Serval Délicate avait écouté, grave et compréhensive, saisissant toute l'importance de ce blessé qui méritait d'être traité avec égards. Il s'était agité, avait visiblement souffert physiquement, mais son esprit portait également des traces d'une toute autre douleur qui nécessiterait d'autres attentions. Et alors que le Guérisseur s'occupait de son corps physique, sa cadette l'assistait au mieux et pensait à essuyer régulièrement le poison qui courait sur sa peau, mêlé à la sueur, à l'aide d'un tissu prévu à cet effet. Ce ne fut que lorsqu'il décida de s'arrêter qu'elle se recula, l'écoutant attentivement avant d'acquiescer doucement. Le fait qu'il lui promette de manger ne manqua pas de la faire légèrement sourire, elle le savait parfois trop passionné par les soins pour penser à subvenir à ses propres besoins pourtant essentiels.

- Et à boire aussi, tu as perdu beaucoup d'eau, il te faut la renouveler.

Sans quoi il risquait de faire un malaise ou pire encore, ça allait tellement vite avec cette canicule, si seulement l'Esprit Feu pouvait s'apaiser un peu, ils lui en seraient tous reconnaissant. Enregistrant mentalement les dernières recommandations de son Frère -ainsi que sa promesse concernant Ours Élancé- Serval Délicate le regarda sortir en soupirant légèrement. Prenant place près du blessé, elle fut soulagée de pouvoir enfin s'assoir et détailla d'un regard vif son état, notant les différentes plaies tandis que son propre estomac grognait contre un peu de nourriture. L'odeur avait flotté dans l'air, bientôt il lui faudrait à son tour aller se restaurer, mais en attendant il fallait s'occuper de Christopher.

La Piccaninny se leva pour aller prendre un tissu qu'elle plongea dans une petite bassine de cette précieuse eau qu'ils économisaient au mieux, l'essorant soigneusement avant de revenir passer le tissu ainsi imbibé et frais sur le front encore trop chaud de l'homme. Il avait perdu de cette agitation qui l'avait secoué durant les premières heures de son arrivée ici, mais la jeune femme se rappelait encore très nettement des larmes qu'elle avait vu perler à ses yeux, de quoi lui fendre son cœur de Guérisseuse parfois un peu trop tendre. C'est pourquoi sa main s'appliqua avec douceur à sa tâche, essuyant la sueur et, une fois le tissu replié dans l'autre sens, apaisant le feu de sa peau. De l'extérieur leur parvenait l'agitation du début de soirée, quand le soleil cesse enfin de cogner à son paroxysme, apportant un semblant de fraicheur illusoire après l'intensité de la chaleur d'une trop longue journée. Et c'est alors qu'elle s'employait à le rafraichir qu'elle vit papillonner les cils du Mulot, signe d'un début d'éveil qu'elle espérait définitif cette fois. Le Grand Esprit ne pouvait continuer à le réclamer, il était censé être sauvé, il se devait donc de revenir parmi les vivants.


Dernière édition par Serval Délicate le Lun 4 Jan 2016 - 16:58, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Christopher-Marie Redskin
avatar

☠ Apprenti Cuistot du Jolly Roger ☠


✘ AVENTURES : 79
✘ SURNOM : Le Papoose
✘ AGE DU PERSO : une vingtaine

✘ DISPO POUR RP ? : pas encore.
✘ LIENS : Fiche de présentation
Dés à coudre
Feuilles volantes

MessageSujet: Re: Tissage [PV. Serval et Kokoi]   Dim 3 Jan 2016 - 23:06

Ce post se déroule quelqu'un jours aprés le premiers post de Christopher! ♥



Miroirs de pluie

Son esprit s'éveilla mais ses paupières restèrent closes.
Dans l'obscurité des yeux aveugles et la brume des songes encore présents, Christopher écouta le bruit alentour, celui discret d'un être occupé dans le tipi. Il huma l'air d'herbes et d'onguents et en devina la signature de son Ami-peau-rouge.
Il sentit l’absence de sa croix sur son torse, frémit sous la caresse d'un tissu humide et inspira lourdement.

Quand ses yeux s'ouvriraient pour la seconde fois, le Papoose savait que les paysages qu'il verrait ne seraient pas ceux du Joly roger. Il savait que son premier éveil n'avait pas comme source un mauvais rêve et que c'était la réalité qu'il devrait affronter dans quelques instants, la boule au ventre  et l'esprit perdu.

Ses cils battirent et ses yeux s'ouvrirent sur un visage. Celui d'une femme, une belle indienne d'une vingtaine d'année surement. Christopher pensa aussitôt qu'il y avait quelque chose chez elle qui rappelait Kokoi. Pas dans cette odeur de plantes et d'onguents semblable à celle qui flottait sur la peau brune du guérisseur. Pas dans les traits de la chair.
Ce qui se trouvait de semblable n'avait pas sa source dans le visible mais l'invisible ; dans les traits de l'âme, dans cette douceur par delà l'âge.
Il murmura, l'incertitude aux lèvres.

« Vous êtes la soeur de Kokoi avide ? »

Il se tut un instant et son regard dévia vers le bas, un fond d'eau et de honte dans l'obscurité des iris.

« Comment va-il ? »

Ses sourcils se froncèrent à la recherche des souvenirs noyés par la fièvre.

« Je me souviens que Keith s'est jeté sur lui après que Kokoi m'ait blessé... Keith était furieux... mais ce n'était pas la faute de Kokoi...C'était un accident... Je me suis interposé... Je... Kokoi... Il a du être blessé à cause de moi... mais il est tout de même revenu me chercher sur le pont...Je crois m'en souvenir... Et après... »

Christopher essaya de se rappeler la scène sur le bateau mais seul la douleur de la brûlure lui revient avant le rideau opaque de l'inconscience.

« C'est lui qui m'a emmené ici n'est-ce pas...  Il a du avoir des problèmes non ?  Il n'aurait pas dû … je suis un ennemi pour votre clan.  Je suis désolé...  »

La voix était lente, hésitante, le regard maladif. Les dents se serraient sur des mots qui n'arrivaient pas à sortir. Il avait mal au cœur.
Un filet de sueur roula sur sa tempe et vient s'écraser sur sa mâchoire.

« Je... »

Un léger vertige le prit.
Son poing se contracta sur sa poitrine, emprisonna l'air là où il y avait habituellement sa croix.
Il articula plus difficilement, le besoin de pardon en seule eau.

« Je... suis désolé pour votre peuple... »

Sa bouche se referma sur le repentir. Ses yeux se refermèrent sur la fatigue. Seul restait éveillé l'esprit et la volonté de savoir.







Playlist de C-M. R
Redskin siffle en SteelBlue
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
avatar

Invité



MessageSujet: Re: Tissage [PV. Serval et Kokoi]   Lun 4 Jan 2016 - 17:13

Il s'éveillait, ce n'était pas un rêve, le protégé de Kokoï ouvrait enfin les yeux sur le monde des vivants, alors même que Serval Délicate éloignait le linge humide de son visage, observant avec une grande attention chacun de ses gestes, écoutant chacune de ses paroles avec un calme paisible qui aurait presque pu la faire passer pour un Esprit quelconque. Sa question reçu pour toute réponse un simple et délicat hochement de tête, accompagné d'un doux sourire empli de compréhension. Ainsi donc son Frère avait parlé d'elle à cet homme, ce semblable qui vivait parmi les Pirates sans en être tout à fait un. Un pacifiste qui n'avait pas hésité à s'interposer entre l'ennemi et le Piccaninny, au risque même de sa propre vie. La seconde question nécessita des mots et, cette fois, la voix posée et tranquille de la jeune femme résonna dans l'air, avec ce timbre qui caractérisait si bien son nom.

- Il va bien, ne t'inquiète pas.

L'anglais n'était pas une langue facile à parler, mais au moins ces mots-ci purent-ils s'échapper sans encombre de ses lèvres malgré un accent évident. Mulot Agité s'avéra pourtant porter très bien son nom -mais comment en aurait-il été autrement ?- et se mit à débiter un flot de paroles qui retraçaient le fil de ses souvenirs, avec un besoin évident de raconter, de s'expliquer... presque de se justifier. Se sentait-il coupable de quelque chose ? Malgré la lenteur de ses propos, il était évident qu'il lui fallait expulser de mauvaises émotions qui semblaient entraver sa complète guérison. Et ce ne fut que quand il finit par s'excuser pour leur tribu que, finalement, la main de la Guérisseuse vint se poser sur le poing fermé, aussi légère qu'une plume, espérant par ce geste l'apaiser un peu.

- Pas de pardon, il n'y a pas de faute. Tu as voulu sauver Kokoï, alors Kokoï t'a sauvé aussi et notre Chef est d'accord. Il dit que tu es le bienvenu ici, que tu es chez toi.

Elle lui offrit un autre doux sourire et prit une gourde d'eau, passa un bras derrière ses épaules et l'aida à se redresser un peu, lui présentant le goulot contre ses lèvres.

- Tu dois boire et te reposer, tu as la fièvre. Le Grand Esprit a voulu que tu vives, alors tu dois guérir.

Nulle trace d'une Chèvre Amère dans les parages, aussi mieux valait-il en profiter et s'occuper de Mulot Agité qui semblait encore mal en point malgré les soins. L'eau de la gourde était encore fraiche, provenant de l'un des derniers approvisionnements, puis une fois qu'elle fut bu, Serval Délicate s'employa à passer de nouveau le linge ré-humidifié sur les tempes et le front du jeune homme.

- As-tu faim ?
Revenir en haut Aller en bas
Christopher-Marie Redskin
avatar

☠ Apprenti Cuistot du Jolly Roger ☠


✘ AVENTURES : 79
✘ SURNOM : Le Papoose
✘ AGE DU PERSO : une vingtaine

✘ DISPO POUR RP ? : pas encore.
✘ LIENS : Fiche de présentation
Dés à coudre
Feuilles volantes

MessageSujet: Re: Tissage [PV. Serval et Kokoi]   Sam 9 Jan 2016 - 15:41




Marie, Nicole Rieux


Auréolée de sérénité, elle l'écoute, le rassure avec la douceur d'une mère, ouvrant ses mains en soutien sur ses poings et son cœur clos.

"Pas de pardon, il n'y a pas de faute. Tu as voulu sauver Kokoï, alors Kokoï t'a sauvé aussi et notre Chef est d'accord. Il dit que tu es le bienvenu ici, que tu es chez toi."

Et Christopher, dans sa pensée le dénie. Il ne le mérite pas car il est l'ennemi et que son regard envers ce peuple hospitalier est péché. Il ne peut les aimer, le rejet enraciné dans l'âme.
Il en est désolé mais son esprit et son cœur remercie néanmoins sincèrement.

- Merci à votre chef. Je ne pensais pas que les piccanniny étaient aussi...

Bon, allait il ajouter avant de se reprendre, coupant cours à sa phrase précédente.

« J'irais le remercier personnellement quand j'irais mieux... ».

Ses yeux se baissent et elle l'aide à se relever, lui tend une gourde. Il s'y abreuve et dans la fraîcheur de l'eau clair qui coule dans sa gorge, un peu de tristesse se dilue.
Il laisse l'indienne lui éponger les tempes et sourit d'une pudeur mélancolique.

"Merci de vous occupez de moi. Votre bonté vous fait honneur. Et je veux bien manger un peu s'il vous plait"

Il se tait un instant.

« Vous savez, vous pouvez parler votre langue. Si je ne la parle pas je la comprends... J'ai vécu dans le clan du Loup il y a longtemps... »

De nouveau un silence puis une question timide et hésitante.

« Mon nom est Christopher-Marie. Quel est le votre ? »

Il la fixe un instant, en attente d'une réponse.

Cette femme qui lui fait face, dans sa grâce, ressemble tant à la Vierge Marie.







Playlist de C-M. R
Redskin siffle en SteelBlue
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
avatar

Invité



MessageSujet: Re: Tissage [PV. Serval et Kokoi]   Mar 12 Jan 2016 - 22:50

Ce fut un léger et doux sourire qui apparut sur les lèvres de Serval Délicate lorsque le blessé affirma qu'il irait remercier leur Chef une fois qu'il irait mieux. Et ces mots qu'il avait voulu dire, elle les devinaient sans mal, comprenant bien que l'image que renvoyait les Piccaninny était d'ordinaire celle des féroces guerriers et non pas celle d'êtres de compassion. Mulot Agité ignorait-il donc à quel point la tribu était attachée à ses semblables, d'où qu'ils viennent ? Que ce soit de cette île ou de l'autre monde, il n'en demeurait pas moins l'un de leur Frère, qui méritait tout autant qu'un autre de boire cette eau contenue dans la gourde qu'elle l'aidait à atteindre, tout comme il méritait soin, protection et assistance, même s'il s'était retrouvé dans l'autre camp. La haine qu'éprouvait la Guérisseuse envers les Pirates n'avait pas cours pour un homme tel que Christopher-Marie, car à ses yeux comme à ceux des autres, il n'était coupable d'aucun crime, si ce n'est d'avoir cherché à survivre dans un lieu hostile et dangereux.

- Je préfère parler ta langue, car plus on parle et plus on apprends.

Même si cela restait difficile et demandait une certaine concentration, ce qui n'enlevait rien à ses actes sous le tipi. Ainsi elle s'éloigna le temps d'aller prendre de la nourriture dans un récipient qui demeurait posé sur des braises entourées de pierres solides, servant une copieuse portion dans un bol de terre cuite avant de revenir le lui tendre, accompagné d'une cuillère en bois finement sculptée pour être aussi lisse qu'un instrument.

- C'est chaud.

Affirma la jeune femme en l'aidant à s'installer, s'assurant de rouler deux fourrures dans son dos pour le soutenir au mieux, avant de répondre à sa question d'une voix douce et tranquille.

- Je suis Serval Délicate, la sœur de Kokoï Avide et Guérisseuse de la tribu avec lui.

De nouveau un sourire serein vint éclairer ses traits, tandis qu'elle l'observait avec un mélange de gentille curiosité et de retenue, hésitant à lui poser les questions qui tournoyaient dans son esprit. Il était différent des autres Pirates, forcément car c'était un Peau-Rouge se disait-elle, mais sans doute parce qu'il devait être quelqu'un de bien, comme on le lui avait dit.

- Mon Frère avait raison. Tu as le cœur pur, je le vois dans tes yeux. Tu es comme un papoose, gentil, non violent.

Elle butait parfois sur certains mots, mais s'appliquait toujours à les prononcer, articulant convenablement pour se faire comprendre, prenant le temps de délier les syllabes, ce qui ajoutait encore à son attitude calme et tranquille.

- Tu as mal ?
Revenir en haut Aller en bas
Christopher-Marie Redskin
avatar

☠ Apprenti Cuistot du Jolly Roger ☠


✘ AVENTURES : 79
✘ SURNOM : Le Papoose
✘ AGE DU PERSO : une vingtaine

✘ DISPO POUR RP ? : pas encore.
✘ LIENS : Fiche de présentation
Dés à coudre
Feuilles volantes

MessageSujet: Re: Tissage [PV. Serval et Kokoi]   Jeu 14 Jan 2016 - 7:40




Marie, Nicole Rieux


Elle s’appelait Serval délicate.Elle était belle, pleine de grâces. Elle voulait continuer à parler anglais pour apprendre et ne pas se limiter à ce qu'elle connaissait déjà. Elle l'aidait, l’accueillait dans sa bonté, lui l'ennemi, lui l'étranger.
Christopher, lui sourit en remerciement. attrapant bol et cuillère.

« C'est un beau nom que le votre. Vous le portez à l'âme. »

Et c'était un grand compliment pour cet homme qui portait tant d'importance aux mots.

«  Merci pour le repas »

Il hocha la tête, plongea la cuillère dans le bol, et porta la nourriture à ses lèvres avant de s'interrompre sur la phrase de l'indienne.

« Mon Frère avait raison. Tu as le cœur pur, je le vois dans tes yeux. Tu es comme un papoose, gentil, non violent. »

Son sourire s'effaça, ses dents se serrèrent et son ventre et sa gorge se nouèrent sous les mots.
La gravité se peignit sur son visage là où l'instant d'avant s'était esquissé un sourire.
L'indienne, posément, s'enquit de ce changement brusque et Christopher répondit, non à son interrogation cependant.

Vous devez être jeune pour penser cela.

Il n'y avait aucun jugement ni prétention dans ces paroles. Peut-être juste un peu de tristesse.

Je ne suis plus un papoose et personne n'est non-violent car la violence est partout et peut prendre bien des formes. Elle ne s'encombre pas toujours de gestes ni de menaces....

Il se tut un instant.

Je crois que les plus dures des violences sont celles silencieuses... car on ne peut se défendre contre elle. On ne peut que les comprendre trop tard.

Dans ces mots prononcés, il pensait à la peur, à l'indifférence et à la violence du silence lors de ces nuits si courantes à Shubenacadie où, dans l'obscurité des dortoirs trop calmes, un camarade malade s’arrêtait à jamais de tousser sous une dernière quinte violente.

Vous vous trompez avec Kokoi... Je ne suis pas non-violent car pour me protéger, j'ai trahi plus d'une fois les miens. J'ai fermé les yeux sur leurs plaintes, j'ai fui en sachant qu'ils mourraient...
J'étais enfant alors et ceux que j'ai trahi l'était aussi... Les enfants que j'ai connu n'étaient pas comme ceux que vous décrivez... Ils n'étaient que des hommes miniature...Reflet du monde adulte...


De ses joies, de ses valeurs ; de ses brisures.

Un silence s'installa à la suite de la révélation. Pour le combler surement, Christopher apporta la cuillère pleine à sa bouche. Il grimaça, gêné par quelque chose puis avala et reposa la cuillère dans le récipient, un sourire mélancolique sur son visage.

C'est du caribou n'est ce pas ? C'est bon. Ça faisait longtemps que je n'en avais pas manger.

Le goût du caribou. Il l'avait oublié pendant si longtemps...Christopher ferma ses paupières pour libérer sa mémoire et laisser le passé revenir, colorant les tableaux d'Avant de ses parfums.

Sa tribu chassait le cervidé au début de l'automne. Les femmes confectionnaient avec la peau des vêtements, des bottes de neige ou des traîneaux puis faisait fumer la viande, l'odeur du feu lézardant alors entre les wigwans, réchauffant l'air froid du mois du dressage (*).

Son regard s'humidifia et de ses yeux clos, une larme perla.
En vérité, peut-être avait-il été papoose il y a longtemps. Peut-être avait-il ri, vécu comme un enfant et un amérindien puis qu'il avait oublié le gout du caribou quand, à ses sept ans, on l'avait soustrait aux siens pour l’emmener à l'école des blancs.


(*) appellation micmac du mois d'octobre

[note : bon j'ai un peu transformé le contexte du "tu as mal" eheh]







Playlist de C-M. R
Redskin siffle en SteelBlue
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
avatar

Invité



MessageSujet: Re: Tissage [PV. Serval et Kokoi]   Jeu 14 Jan 2016 - 11:29

L'homme agissait en adulte, réfléchit et posé autant que possible dans une telle situation, mais aux yeux de Serval Délicate, la vérité était toute autre. Mulot Agité affirma à sa façon qu'elle se trompait, le lui expliquant avec une certaine forme de respect et de sagesse, bien qu'elle soit loin d'être d'accord avec sa façon de penser. Bien sûr, personne n'était parfait et le Mal pouvait prendre bien des formes, bien des aspects, de même que le silence pouvait parfois être la plus grande souffrance qu'on puisse infliger à autrui, par le mépris et l'ignorance qui déconsidéraient l'existence même d'un être... Mais reprocher à un homme ce qu'il pu faire jadis, sous prétexte que c'était cruel alors qu'il n'avait pas forcément les outils pour comprendre et agir au mieux à cette époque, ça, c'était cruel. Ainsi la jeune femme écouta-t-elle son semblable qui donnait d'étranges explications sur ce qu'elle supposa être son passé, ne l'interrompant pas, jusqu'à-ce qu'enfin il prenne une cuillère de son repas. Peut-être le goût lui déplu-t-il ? Non, c'était une forme de chagrin, un mélange de peine et de regret, ce que certains appelaient "mélancolie", qui tapissait le visage du sang-mêlé. Une larme roula sur sa joue et Serval Délicate tendit la main, venant la récolter sur son index avant de s'accroupir devant lui.

- Les êtres mauvais ne pleurent pas.

Affirma-t-elle d'une voix à la fois douce et ferme, lui offrant alors un sourire chargé de réconfort avant d'ouvrir les bras. Lentement elle se pencha vers Mulot Agité et, comme elle l'aurait fait avec un de leur papoose, le serra dans ses bras, l'une de ses mains venant caresser ses cheveux en un geste aussi doux qu'apaisant. Sa voix s'éleva dans l'air en un chant réconfortant, parlant des temps difficiles et du chagrin, du Grand Esprit qui veillait sur eux tous et qui leur montrerait la voie, pourvu qu'ils veuillent bien la suivre. Elle chanta la souffrance et le pardon, le droit au papoose de se tromper et d'apprendre pour devenir un homme meilleur, chanta au Père Soleil et à la Terre mère, tandis qu'à l'extérieur du tipi des Guérisseurs, on s'interrogea brièvement sur le pourquoi de ce chant, alors qu'on pensait le blessé hors de danger, puis on songea que ce devait être un mauvais esprit qui voulait le revendiquer et on passa son chemin. Serval Délicate caressa doucement les cheveux et le dos de Mulot Agité durant son chant, espérant que son chagrin voudrait bien s'écouler en même temps que ses larmes, puis que l'apaisement viendrait. Quand sa voix mourut sur les dernières syllabes, elle s'écarta lentement et scruta son semblable, attendant, espérant pour son esprit que la culpabilité ait été entamée, peut-être même gravement blessée.

- Le passé n'est pas important. Seul compte présent et avenir.

Affirma-t-elle simplement en se relevant, allant chercher un bol de nourriture pour elle-même, ce chant ainsi que le fait d'être au chevet de Mulot Agité depuis tout ce temps ayant vidé ses forces. A quoi dire à Kokoï Avide de manger si elle-même ne montrait pas l'exemple ? La jeune femme revint donc s'assoir près du blessé et commença à manger, sans un mot, prête à l'écouter ou à le laisser dans le silence selon ses besoins.


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Christopher-Marie Redskin
avatar

☠ Apprenti Cuistot du Jolly Roger ☠


✘ AVENTURES : 79
✘ SURNOM : Le Papoose
✘ AGE DU PERSO : une vingtaine

✘ DISPO POUR RP ? : pas encore.
✘ LIENS : Fiche de présentation
Dés à coudre
Feuilles volantes

MessageSujet: Re: Tissage [PV. Serval et Kokoi]   Dim 17 Jan 2016 - 22:04




The Letter that never came

D'un sourire, d'une caresse et d'une étreinte, elle essuya ses doutes.
Elle le prit dans ses bras, l'enlaça et Christopher, trop fatigué pour se défendre face à la douceur, ne recula pas. Ses yeux et sa bouche s'ouvrir largement de surprise puis se refermèrent sous un sourire. Le Papoose n'avait jamais connu la douceur d'une mère dans sa tribu. Non parce qu'il était orphelin mais parce que les gestes de tendresse et de réconfort n'étaient pas habituels chez les siens, disparaissant totalement à l'école des blancs.
Sa tête se posa sur l'épaule de la guérisseuse et après une seconde d'hésitation nécessaire pour apprivoiser cette sensation nouvelle, ses bras vinrent entourer ce dos chaleureux. Il ferma les yeux et sa respiration ralentit.
Il se laissa bercer par le chant de mots d'hier au sens parfois obscurs, d'autres fois évidents.
La langue piccaninny était différente de celle des hurons qui était elle même différente de celle des micmacs. Cependant certaines notions restaient les même, vestige d'une racine ancestrale identique; celle des Natifs, celle qui était sienne.  

La mélodie, à la croire en accord avec son esprit, s’arrêta sur cette pensée.
Avec douceur, Serval se recula et se leva sous un dernier conseil.

- Le passé n'est pas important. Seul compte présent et avenir.

Christopher la regarda aller chercher un deuxième bol plein puis revenir s'asseoir vers lui.
Le silence s'installa quelques minutes. Le pirate réfléchit à la dernière parole de la Résiliente alors que celle-ci mangeait sans mot dire.
Il finit par murmurer.  

- Vous devez avoir raison...Seul le présent et le futur comptent.  Si Dieu nous pardonne nos péchés et nos erreurs c'est pour que nous puissions avancer et retrouver sereinement le droit chemin.

Dans sa vie et parce qu'il était Enfant de Dieu, Christopher avait oublié les coups de fouets des bourreaux et avait souri à ceux qui l'avait blessé. Il avait souvent pardonné autrui car c'était la volonté de son Seigneur et que dans cette action se trouvait le "bien".  Il avait agit pour le mieux mais, soumis aux ordres de son dieu, s'était toujours contenté d'obéir sans chercher à en comprendre le sens véritable.
Le pardon et son message profond lui venait à peine maintenant, comme une évidence révélée par des paroles d'un tiers,
Un sourire doux et amer tourné vers hier, vint étirer ses lèvres.

" De toute ma vie j'ai toujours essayé de voir la lumière en chaque chose.  Quand je suis arrivé à Neverland, j'ai essayé de me réconcilier avec l'indien que j'ai été dans le monde ordinaire... J'ai demandé l'accord à Peter de quitter pour un temps le Grand-Arbre et je suis allé vivre chez les Hurons... Cependant, malgré leur amour et leur accueil, je n'ai toujours pu que les rejeter car il y avait quelque chose en moi de douloureux qui n'arrivait pas à cicatriser. Je m'en suis toujours voulu et je les ai abandonné eux aussi un matin... "

Un voile de tristesse passa sur ses yeux à la fin de sa phrase.

"Je viens de comprendre que si j'ai toujours échoué, c'est parce que je souhaitais la réconciliation sans penser d'abord au pardon. A me pardonner..." Christopher se tut quelques secondes. " Si Dieu ne m'a pas rappelé auprès de lui après la bataille et que je suis ici aujourd'hui, peut-être est ce parce qu'il pense qu'il est temps pour moi que je me pardonne et que je pardonne à ceux de mon sang... "

Un silence presque apaisé s'installa et le pirate réfléchit une longue minute avant de reprendre.

"Quand j'irais mieux, utilisez-moi comme objet d'échange auprés des pirates...  Je dois retrouver les miens et savoir s'ils vont bien mais je passerais pour un traitre si je ne suis pas considéré comme un prisonnier auprès des votres..."

Son regard, à l'idée du rejet des siens, s'alarma le temps d'un instant puis retrouva sa mélancolie songeuse.

"Si vous le voulez, une fois sur le bateau, j'irais rechercher les dépouilles et les affaires qui ont appartenu à ceux qui sont tombés dans vos rangs. Que vous puissiez donner une sépulture correcte à vos morts et honorer leurs mémoires."

L'indien blanc de cœur se souvint des cheveux courts et des visages noirs de suie des siens en deuil, des dépouilles des disparus enterrées sur les îles désertes.
Il se remémora la détresse et la tristesse qu'il avait ressenti quand, à la mort de Pierre, privé de sépulture, il n'avait pas eu de lieu pour le pleurer. (*)
Sa gorge se noua sous le souvenir et des larmes remontèrent, contenues par le courage et la force de la pudeur.

"Je crois que c'est ce que le Seigneur voudrait, que c'est la mission qu'il m'a assigné."

------------------------------------------------------------------
(*) cf : feuilles volantes







Playlist de C-M. R
Redskin siffle en SteelBlue
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
avatar

Invité



MessageSujet: Re: Tissage [PV. Serval et Kokoi]   Jeu 21 Jan 2016 - 11:10

Personne, en ce monde comme en aucun autre, ne méritait de souffrir. Ainsi pensait Serval Délicate lorsque aucune rancœur n'obscurcissait son cœur de Guérisseuse, lorsqu'elle laissait parler son moi profond et non l'être qui avait jadis souffert à cause de la cruauté des Hommes, des Pirates notamment. Personne ne méritait de souffrir et encore moins l'un des leurs qui semblait avoir enduré tant d'épreuves, supporté tant de douleurs qu'il avait finit par se perdre sur un autre chemin. Heureusement le Grand Esprit savait et voyait tout, il avait su le guider sur cette obscure voie et le ramener vers ceux qui étaient capables de l'aimer tel qu'il était, peu importait ses fautes passées. C'est ainsi qu'il reçut une tendre étreinte de la part de la jeune femme, qui sentait par une sorte de lien empathique les meurtrissures dont il était affligé et qu'elle espérait voir disparaitre progressivement. Le conseil donné, elle le relâcha pour de bon, ne désirant pas lui imposer son contact, allant se chercher à manger car, il fallait le reconnaitre, le jour avançait et son estomac commençait à crier famine. Il y eut un silence qui n'avait rien de pesant, tandis qu'ils mangeaient chacun leur repas, assis à demi tourné l'un vers l'autre sur la couchette, jusqu'à-ce que finalement Mulot Agité ne confie le fond de ses pensées à la Piccaninny qui l'écouta sans l'interrompre, grave et sereine à la fois, acquiesçant avec un léger sourire à ses paroles.

- Le Grand Esprit veille toujours sur les siens, où qu'ils se trouvent et peu importe le nom que Ses enfants lui donne.

Elle avait déjà eu vent de ce "Dieu" et avait compris à force d'explications qu'il s'agissait du Grand Esprit des Peaux Pâles, celui qui était censé n'être qu'amour et bonté, mais dont certains disaient qu'il était également fureur et colère. Un être que Serval Délicate ne voudrait pas rencontrer, assurément, bien qu'il sembla similaire au Grand Esprit. Mulot Agité reprit alors la parole, évoquant son passé, sa quête et son errance, une autre douleur perçant au milieu de son discours tandis que la jeune femme l'écoutait sans l'interrompre, toujours, car elle sentait combien il était important pour lui de mettre au clair le contenu de son cœur blessé. Elle sourit avec douceur et compassion, ressentant un peu de chagrin pour celui qui avait tant erré, pour heureusement enfin trouver ce dont il avait besoin. Le pardon était une notion que Serval Délicate envisageait sans y avoir jamais vraiment été confrontée, peut-être parce qu'elle n'avait jamais fait de mal à quelqu'un au point qu'on doive lui accorder le grand pardon dont il était ici question. Mais à travers de menus exemples comparatifs, elle pouvait comprendre toute la teneur et l'importance de ce sentiment. Il y eut un nouveau silence, puis Mulot Agité parla de se servir de lui et, cette fois, la jeune femme fronça les sourcils, reposant sa cuillère de bois pour secouer légèrement la tête.

- Non, jamais nous ne mettrons un des nôtres en danger pour ça, pas après tout ce que tu as enduré.

Elle inspira profondément puis déposa le bol sur le côté, faisant de même avec celui du blessé avant de prendre ses mains dans les siennes, fixant sur lui ses grands yeux sombres brillant d'émotion. Son expression était à mi-chemin entre fermeté et douceur, entre exigence et demande, car en vérité si jamais il désirait les quitter, rien ni personne ne devrait le retenir.

- Tu es un membre de la tribu, pas prisonnier. Pas seulement parce que le Chef l'a dit, mais parce que c'est ce que nous pensons aussi. Mon Frère, Kokoï Avide, t'aime très fort et moi aussi je t'aime beaucoup. Si tu retournes là-bas, tu auras mal à nouveau, ici...

Elle lâcha une de ses mains pour venir la poser délicatement sur son torse, à l'emplacement du cœur, esquissant un sourire un peu triste à son encontre.

- Personne veut que Mulot Agité ait mal ici. Personne.

Serval Délicate ôta sa main et revint serrer la sienne, avec un peu plus de force sans lui faire mal pour autant, le fixant gravement avec un rien de supplique dans les yeux.

- Ici on est heureux, tu pourrais l'être aussi. Ici il y a bonheur et pardon, il y a vie. C'est ici que le Grand Esprit voulait que tu sois, pour naitre à nouveau, laver peine et chagrin.

La Piccaninny soupira doucement puis relâcha les mains du blessé, esquissant un sourire à la fois réconfortant et inquiet à l'idée qu'il puisse partir, retourner auprès des Pirates où il n'avait visiblement pas été si bien que ça puisqu'il avait culpabilisé tout ce temps. Si seulement il pouvait comprendre que le Grand Esprit ne se trompait jamais, que s'il indiquait un chemin et qu'il y ramenait de force un de ses enfants, c'était bel et bien pour qu'il l'emprunte et non qu'il s'enfuit de nouveau sur un autre. Ce qu'il aurait fallu, c'est leur Shaman, Boa Nocturne, lui trouverait sans doute mieux les mots que la Guérisseuse. Il faudrait que Serval Délicate pense à lui demander cette faveur, pour leur Frère, Mulot Agité.
Revenir en haut Aller en bas
Christopher-Marie Redskin
avatar

☠ Apprenti Cuistot du Jolly Roger ☠


✘ AVENTURES : 79
✘ SURNOM : Le Papoose
✘ AGE DU PERSO : une vingtaine

✘ DISPO POUR RP ? : pas encore.
✘ LIENS : Fiche de présentation
Dés à coudre
Feuilles volantes

MessageSujet: Re: Tissage [PV. Serval et Kokoi]   Dim 7 Fév 2016 - 19:31




The Letter that never came

Il y avait de la douceur dans les paroles de Serval. De l'aigreur aussi.
Elle était attentionnée, inquiète mais sa prévenance était entravante, trop maternelle pour cet homme qui n'avait jamais connu aucune figure de Mère.
Elle pensait à son bien de toute évidence mais elle se trompait au fond de maux : s'il avait si mal, ce n'était pas à cause des pirates.
Christopher répondit en écho à son soupire, un peu peiné des mots qu'il s’apprêtait à dire.

"Je suis touché par vos mots mais je peux pas rester ici. Ils m'attendent là-bas. C'est mon clan. " Celui qui, en premier, avait accepté son existence et son identité. " J'ai un père qui doit s'inquiéter de mon absence. Un ami qui compte sur moi pour l'aider à la cuisine...".  

Sous le souvenir de Keith et d'Oswald, un sourire à peine visible étira ses lèvres, embrumant son regard de nostalgie.

" J'aurais mal au coeur si je ne dois pas les retrouver."

Son poing se serra sur sa poitrine là où l'indienne avait l'instant posé sa main.

"J'ai mal déjà car je ne sais pas ce qu'ils sont devenus depuis que j'ai perdu conscience sur le pont. Je ne sait pas s'ils sont morts ou vivants ou si le bateau même est encore à l'eau. Je suis perdu et ignorant.

Il ancra un long instant son regard dans celui de l'indienne.

Je suis désolé... Vous êtes bons et je sais qu'ils ne sont pas tous exemplaires et que beaucoup on fait du mal mais j'ai besoin d'eux.  Je ne peux pas écouter tout de suite le Grand esprit car je trahirais alors mon coeur.

Et il était bien question d'amour ici. De compagnonnage, de tendresse filiale, d'amour de la mer.
Sa main se posa sur celle de l'indienne avec douceur.

S'il vous plait, comprenez et n'insistez plus. Ni vous, ni Kokoi, ni personne. Je resterais ici le temps d'aller mieux car c'est ce que le Seigneur veux mais une fois rétabli, je partirais. .

Sa décision était sans concession :  Il retrouverait les siens.  







Playlist de C-M. R
Redskin siffle en SteelBlue
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
avatar

Invité



MessageSujet: Re: Tissage [PV. Serval et Kokoi]   Ven 12 Fév 2016 - 20:32

Serval Délicate ignorait tout des pensées de Mulot Agité, probablement parce que même s'il s'employait à lui confier ce qu'il ressentait, on ne pouvait jamais se mettre tout à fait à la place de quelqu'un d'autre, même avec beaucoup de bonne volonté. L'homme désirait rentrer là où il se sentait chez lui, auprès de ceux qu'il appelait son "clan", ces mêmes êtres qui faisaient tant de mal sur l'île et auprès de ses semblables. Qui avait-il là-bas qu'il ne puisse trouver ici, chez les Piccaninny ? La jeune femme ne comprenait pas, une partie d'entre elle le voulant tandis que l'autre désirait tout rejeter en bloc. Les mots atteignirent pourtant son cœur et elle eut un faible sourire, faible car attristé de devoir déjà dire au revoir à l'un des siens, car il s'en retournait vers ceux qui les blessaient chaque jour et qui continueraient encore et encore, jusqu'à la fin de tout. Mais ce n'était pas la Guérisseuse qui l'entraverait au risque qu'il ait mal au cœur, ça non, elle n'était pas ainsi et ne le serait jamais. Mulot Agité s'inquiétait déjà et souffrait de ne pas savoir ce qui leur était arrivé, sans doute qu'elle aussi aurait ressentie la même chose si les rôles avaient été inversés, à ceci près qu'elle n'aurait pas été aussi bien traitée que ne l'avait été ce frère. Ce fut pourtant d'une voix douce teintée de compréhension qu'elle lui donna le peu d'informations qu'elle possédait.

- Le bateau est sur la plage, il y avait le feu, mais les Pirates ont tout arrêté. Ils ont construit des maisons et répare le bateau. On dit qu'ils sont très en colère.

Elle soupira un peu, puis secoua la tête, venant tapoter doucement l'une des mains de Mulot Agité en lui offrant un sourire qui se voulait réconfortant. Jamais elle ne lui demanderait de trahir son cœur en suivant une voie qu'il n'est pas encore prêt à emprunter. Un jour viendra où ce sera le cas, en attendant il devait suivre son chemin.

- Que le Grand Esprit t'accompagne, qu'il te protège et te guide. Quand tu seras guérie, tu pourras partir.

Serval Délicate n'insisterait pas plus, elle ne désirait pas lui imposer quoi que ce soit et le Chef avait été très clair : il était libre d'aller et venir, de rester comme de repartir, si tel était son désir. Peut-être nourrissait-il secrètement le même désir que la Guérisseuse, que leur frère leur revienne, mais cela devait venir de lui, non d'eux. L'obliger aurait été mal, en revanche il était une chose certaine, c'est qu'il repartirait seul, sans aucun des autres prisonniers du clan. La jeune femme sourit et se pencha pour déposer un doux baiser sur le front de Mulot Agité, se redressant en emportant son propre bol terminé, un léger sourire aux lèvres.

- Maintenant il faut dormir pour bien guérir. Plus vite tu seras guéris, plus vite tu retrouveras les... les tiens.

Elle tourna la tête pour lui sourire, se voulant tolérante et respectueuse malgré tout ce qu'elle pouvait penser des Pirates et du mal qu'ils n'hésitaient pas à dispenser autour d'eux. S'il désirait y retourner, ainsi soit-il, le Grand Esprit veillerait à tout. Retournant à ses occupations, elle s'assit sur une paillasse et commença à broyer et mélanger différentes plantes médicinales, entamant un chant aussi doux qu'apaisant, destiné à endormir ceux qui avaient sommeil et à apaiser leurs tourments, quels qu'ils soient. Le chant s'éleva sous le tipi, calme et tranquille, rythmé par le bruit du petit mortier écrasant contre le fond d'un récipient ce qui bientôt deviendrait un médicament, dont l'odeur délicate se répandit dans l'air. Le repos était de mise, bientôt tout serait rentré dans l'ordre et Mulot Agité, ici, pouvait demeurer serein. Serval Délicate veillait au grain.

Revenir en haut Aller en bas
Christopher-Marie Redskin
avatar

☠ Apprenti Cuistot du Jolly Roger ☠


✘ AVENTURES : 79
✘ SURNOM : Le Papoose
✘ AGE DU PERSO : une vingtaine

✘ DISPO POUR RP ? : pas encore.
✘ LIENS : Fiche de présentation
Dés à coudre
Feuilles volantes

MessageSujet: Re: Tissage [PV. Serval et Kokoi]   Sam 2 Avr 2016 - 19:35


Seeds of Gold, Aaron.

La nouvelle du bateau sur la plage est un ouragan.
Tout a changé en si peu de temps. On ne l'a pas attendu pour avancer et Christopher, par peur qu'on l'oubli, un instant, se sent déstabiliser.
Son regard vacille, son épaule se met à trembler légèrement et Serval d'un geste, tente de l’apaiser. Elle lui fait une promesse. " Quand tu seras guéri, tu pourras partir".

Sept mots en canot de sauvetage dans la tempête caniculaire.

~oOo~

Christopher est resté longtemps au camps.
Auprès des peaux-rouges, il a découvert et partagé. Il a célébré chaque discussion,  remercié chaque rencontre et, à la chaleur des êtres, son coeur trop blanc a bruni, les feuilles vierges  de son carnet se sont remplis de croquis de Vie.  
Christopher a changé depuis son arrivée.
La plaie dans son esprit et celle de son dos se sont mises à se refermer, bien qu'il sache qu'elles ne disparaîtront jamais complètement, que des cicatrices et des réminiscences douloureuses persisteront.  Cependant, à cet instant, cela ne l'inquiéte plus . Il les as accepté. Il s'est accepté. Comme Shubenacadie, c'est une partie de sa vie; de son identité. Douloureuse mais précieuse.

Sur la paillasse sur laquelle il se repose, il sourit à l'idée, en paix comme il ne l'a pas été depuis longtemps. Il est impatient de revoir les siens mais l'attente auprès des indiens ne lui est plus un fardeau. Il a l'impression que l'être triste dans son coeur est mort là-bas, sur le pont du bateau lors de la bataille; qu'ici est une renaissance voulue par le Seigneur, la première épreuve d'une vie apaisée; éclairée. Renouée.
Il se lève et va voir le chef du village. Tout à l'heure aura lieu l'échange. Puma l'a accepté. Sous le couvert d'être un prisonnier des piccanniny, il retournera chez les pirates.
Christopher est un peu anxieux mais tend à ne rien montrer. Il doit être inébranlable dans sa volonté car c'est maintenant l'heure des adieux.
Il inspire, expire pour se donner une contenance et se dirige vers le tipi des soigneurs. Il frappe la peau tendue pour prévenir de sa venue puis entre et hume l'odeur familière de fumée et de plantes qui plane toujours dans le lieux. Il salue la jeune femme du logis, sourit.

"Bonjour Serval. "

Depuis son arrivée, le visage du Papoose est moins émacié, il semble plus serein.

"Je vais bientôt partir alors je viens vous dire au revoir."

Il s'avance un peu plus et sort de sa poche un petit objet entouré d'une piéce de peau de caribou.

" Mais avant, j'ai un présent à vous offrir"

Il le dévoile et derriére les peaux, apparait un médaillon en bois finement cisellé où figure le portait de l'indienne. Son visage est entouré d'un châle et en contrebas est écrit "Madona".
La vierge-Marie, la Sainte Mère, celle que Christopher voit en Serval malgré le brun de sa peau.

"Pour vous remerciez de tout ce que vous avez fait pour moi. C'est un talisman à porter. Il vous protégera. "

Il lui tend, déroule avec délicatesse le lien pour qu'elle puisse l'accrocher à son cou.
Ce n'est qu'une cordelette de crin, symbole pourtant si fort d'un lien entre deux peuples, entre hier, aujourd'hui et demain.

C'est un fil fragile, le premier d'un tissage entremêlé de blanc et de brun.



Spoiler:
 







Playlist de C-M. R
Redskin siffle en SteelBlue
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
L'Ombre
avatar



✘ AVENTURES : 1506

MessageSujet: Re: Tissage [PV. Serval et Kokoi]   Lun 13 Juin 2016 - 21:20

The End


Si les sceptiques rejettent avec vaste dédain,
Le pouvoir que ces choses ont sur l'âme des humains,
La foi qui porte l'île saura sans aucun doute,
Transmettre à l'objet rare une aura bien réelle,
Oeuvrant donc pour que les suspicions soient dissoutes,
En offrant un halo protecteur à la belle.


FIN DE L'AVENTURE




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://neverneverland.forumactif.org
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Tissage [PV. Serval et Kokoi]   

Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Tissage [PV. Serval et Kokoi]
» Howlett James ~ Serval
» Tuiles tissées et cousues ?
» [Empire] Serre et Erynie
» tuto nouveau prisme

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Les Villages Peaux-Rouges :: Le Village des Piccaninny-