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Freckles
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MessageSujet: #noRespect ☆ Fang   Mar 20 Oct 2015 - 22:36


Tout ça était définitivement la faute de Bow.
Si, comme n'importe qui, il était remonté à la base du problème, Freckles serait arrivé à une autre conclusion. Mais Freckles ne voulait pas remonter plus loin. Suivre une chaîne logique l'embrouillait et le fatiguait, et de toutes façons, c'était plus simple et beaucoup plus satisfaisant de blâmer Bow. Cet espèce de connard, qui avait suggéré la punition de sa voix doucereuse, l'air de rien. Comme quoi "ça leur ferait trop plaisir de régler ça a l'arène". Comme quoi il leur fallait quelque chose de "gentiment humiliant" pour leur passer l'envie de recommencer. Freckles avait l'impression d'avoir cinq ans et demi. Comme deux gosses qu'on essaie de réconcilier après une dispute, allez, maintenant vous redevenez copains. excusez vous et faites vous un bisou.
Oh, beurk beurk beurk.

Si il était remonté plus loin, il aurait pu dire que c'était la faute de Peter, qui avait gobé l'idée de Bow, convaincu en un battement de cils. Il pourrait accuser Fang, parce que c'est lui qui avait voulu se battre, pas vrai ? Il pourrait dire que c'était sa faute à lui, aussi. En vouloir au destin, au karma, au mauvais endroit, au mauvais moment.
Et en haut de la chaîne, c'était aussi un peu la faute de Honey.

Yep.
Il préférait en rester à Bow.

« Ta main est collante. Et dégueulasse. »

C'était la première phrase qu'il prononçait depuis un moment. Sur un ton à la fois geignard et accusateur. c'était plus fort que lui. Il FALLAIT qu'il l'ouvre. Parce que passé le premier moment d'humiliation, les quelques spectateurs lassés, il s'était rendu compte d'un problème de taille. Il se faisait chier. Profondément. Ils étaient assis là en silence. Fang refusait d'ouvrir sa gueule, ne répondant à ses tentatives de dialogue que par des grognements ou des insultes. Ou pas du tout.
Et c'était avec ça qu'il était censé passer les prochaines heures ? A l'aide.

« Fang. Fang. Faaaang. »

Il n'était même pas en position de force. Sa main droite bandée et recouverte de dessins enfantins restait plaquée contre lui comme pour la protéger. L'autre, la gauche, se faisait écraser les phalanges par la patte moite de Fang. Pas de quoi se défendre, même pas de quoi faire un doigt d'honneur. Triste à pleurer.

« T'es mort ? » nouveau silence. « Tu parles plus à cause de ton nez ? » si il s'en voulait pour le nez cassé? Un peu. « Du zais za z'entend bresque bas. »

Il s'exposait peut-être à beaucoup de souffrances supplémentaires, à vrai dire. Pour peu que Fang s'y risque. Mais c'était presque une vengeance en soi que de voir la patience du chasseur s'évaporer au rythme des plaintes, des moqueries, et du balancement nerveux des jambes de Freckles qui venaient cogner contre une chaise en bois.

« Arrête de bouder. T'as gagné. Et puis j'ai pas fait exprès.»

Oh. Il avait été à deux doigts de s'excuser, là. Comme si il ne lui en voulait plus. Mais c'était difficile de lui en vouloir, en réalité. Surtout avec le recul. Même avec les grimaces que lui arrachait parfois sa main blessée. Il était programmé pour oublier, faut croire.
Freckles réfléchit, se frotta le nez d'un geste du coude, et tira soudain sur la main de l'autre chef.

« Fang, on va à la cabane des artisans. Faut que je demande un truc à Harmony. »

Sale mensonge, mais il allait trouver quelque chose. N'importe quoi pour ne pas crever d'ennui avec la personne la moins agréable de la terre.

hrp:
 
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Ancien Perdu
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MessageSujet: Re: #noRespect ☆ Fang   Jeu 22 Oct 2015 - 13:26

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#Bientôtposteàprendrechezleslivreurs





Deux heures. Deux heures à supporter la main de Freckles, ses plaintes, ses mouvements nerveux, sa présence. Deux heures, dans une chaleur quasi caniculaire. Deux heures sans chasser, sans bouger. Deux heures où il comptait bien énumérer une centaine de possibilités pour tuer Bow sans se faire bannir.

Car bien évidemment, tout cela était né de la cervelle pourrie de ce putain de Diplomate. Plutôt que de le les laisser s'affronter dans l'arène - où Fang aurait brisé les deux genoux du livreur, histoire de lui apprendre à plus le faire chier - il avait susurré à Peter, son éternel sourire accroché à son faciès de rat, qu'il y avait des méthodes beaucoup plus intéressantes pour punir les deux fauteurs.

Et Fang avait du s'y plier. Car l'idée enchantait Peter. Parce que son nez bandé le rendait encore plus ridicule dès qu'il essayait de gueuler. Parce que l'idée - rester main dans la main avec FRECKLES pendant DEUX PUTAIN D'HEURES - avait été si insoutenable qu'il n'avait pu y croire sur le moment. Il s'était dit que Peter oublierait.

Il aurait pu oublier. Mais Bow, famélique, écorché, pestilentiel, s'était fait le protecteur de la mémoire du roi.

« Ta main est collante. Et dégueulasse. »

Ce n'était pas entièrement faux, mais Fang esquissa un sourire satisfait. La chaleur le rendait transpirant, il s'était pas lavé depuis deux semaines et avant hier avec ses pairs il avait du abattre un sanglier de belle taille, le vider de ses entrailles en pleine forêt, éclaboussant de sang ses vêtements et son visage. Il puait. Une odeur âcre de mort et de pourriture, une sueur amère et sâlée.

Et il était bien content d'être aussi dégueulasse pour Freckles.

« Fang. Fang. Faaaang. » Ta gueule. « T'es mort ? » Ferme la. « Tu parles plus à cause de ton nez ? » Je vais te faire bouffer tes dents. « Du zais za z'entend bresque bas. » Je vais t'élimer les brunes à coups de lames rouillées.

« Arrête de bouder. T'as gagné. Et puis j'ai pas fait exprès. »


Pas fait exprès de dire "oups" et de déchirer sa chemise ? Pas fait exprès de lui gâcher la vie ? Pas fait exprès de monter Honey contre lui ?

Non, à dire vrai, cette dernière question resterait soigneusement planquée dans son crâne. Il n'en avait pas fini d'ignorer le Sucre. Mais Freckles ne se laissait pas oublier.

Autour d'eux, les gamins railleurs s'étaient fait de plus en plus rares depuis qu'un petit malin avait déclaré, à voix suffisamment haute pour être écouté, que si Fang n'était pas en mesure de se défendre là tout de suite, la vendetta pourrait surgir à n'importe quel moment plus tard. Il en avait vu un blêmir - une bonne chose. Mais n'avait pas retenu tous les noms - pourtant la vengeance viendrait, à commencer par Freckles.

Juste après Bow.

Lui éclater la tête à coups de hache. Lui planter un poignard dans le ventre et lui dessiner un second sourire. Le foutre dans la forge et le laisser cuire. Ramasser des guêpes et les laisser bourdonner dans sa bouche. Prendre un couteau et une aiguille, lui découper les brunes et les remplir de fourmis avant de tout refermer. Le dépecer. L'écorcher. Le jeter en pâtures aux sirènes. Ou mieux, aux pirates. Le noyer. Le jeter dans le volcan. Lui briser les pieds et l'abandonner dans le désert. Le suspendre tête en bas et le vider comme un cochon. Le recouvrir de merdes.

« Fang, on va à la cabane des artisans. Faut que je demande un truc à Harmony. »
« Tu bouges, je te crève. Je dirai à Peter que t'as essayé de fuir. Et je me ferai un putain de plaisir de t'arracher les cordes vocales pour te les foutre dans le cul histoire de prendre le temps de t'abattre sans que t’avertisse les autres en gueulant. »

Un ton froid, presque pensif. Sa main se referma sur celle de Freckles.
Et plutôt que de broyer ses phalanges, il se mit à lui caresser le dos de la main du pouce. Dans un sens. Puis dans un autre. Patiemment.

« Me tente pas Freckles. Me fais pas chier. Fais toi oublier. Ou peut-être qu'il me viendra l'idée d'apporter de faire bouffer à l'Arbre les os équarris de chacun de tes mioches. Alors ta gueule. T'iras démonter ta petite Harmony plus tard. »

Si la chef des artisans ne lui avait, à proprement parler, rien fait pour le faire chier, elle n'en demeurait pas moins une sale petite femelle autoritaire, le genre à pas se prendre pour de la merde. Et il n'avait pas oublié les murmures moqueurs des deux compères, tant de nuits auparavant dans la maison souterraine.

Puis si s'attaquer aux amis de cette tête rouillée pouvait lui faire fermer sa gueule, ou le faire chier, alors tout était bon à prendre.







Dernière édition par Fang le Sam 14 Nov 2015 - 12:36, édité 1 fois
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Freckles
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MessageSujet: Re: #noRespect ☆ Fang   Jeu 12 Nov 2015 - 16:23



C'était fascinant, une telle crasse. Si il se concentrait très fort, il pouvait presque voir les germes ramper sur la peau de Fang, et prendre la sienne d'assaut dans des cris de guerre aigus. Soupir. Dire qu'il n'était pas prêt de se laver de sitôt … Il avait chaud, il collait. A mille lieux des fantasmes homicidaires du chasseur, Freckles ne rêvait que de pousser celui-ci dans la rivière. Ce serait sûrement la dernière chose qu'il ferait dans sa vie, mais ça en vaudrait largement la peine, rien que pour le côté artistique de l'auréole arc-en-ciel qui colorerait l'eau. Peut-être que sous les couches de crasse et croûtes de sang séché, Fang était blanc comme un cachet d'aspirine ? Fang propre. Oxymore ou il ne s'y connaît pas.

Les douces paroles de l'autre chef le ramenèrent sur terre. Il fixa Fang, presque impressionné, pendant qu'il débitait ses menaces anatomiquement impossibles. Pas franchement inquiétant. La voix du chasseur était tellement comique qu'il avait beaucoup de mal à le prendre au sérieux. La caresse sur sa main, cependant, était carrément inattendue, et presque plus flippante que si il s'était décidé à lui casser le reste des doigts. Regard mi-inquiet, mi-amusé, donc. Le mélange était pas très réussi.
Et voilà qu'il s'attaquait à Harmony, maintenant. Freckles prit un air choqué et déçu.Si il avait pu, il se serait bien plaqué une main sur le cœur. Vu que Harmony, c'était un truc quasi sacré à ses yeux, cette insinuation là relevait du blasphème.

« C'que tu peux être vulgaire ! » son ton scandalisé n'est pas sans rappeler celui d'une petite vieille. « C'est exactement pour ça que personne ne t'aime. »

Oh, c'était pas sympa ça. Et même pas vrai en plus. En cherchant bien Freckles aurait pu faire une liste d'au moins trois personnes qui toléraient le chef des chasseurs. Lui-même l'aimait bien ! Enfin, avant. Des fois. Une genre d'affection qui veut dire « t'es un psychopathe, tu te laves jamais et tu tapes mes gosses, mais ta compagnie ne m'est pas entièrement désagréable », et qui se résume en un très franc « t'es chiant ». Bon, maintenant Fang le haïssait du fond du cœur (ou absence du cœur susmentionné) et il était censé le haïr aussi. Il avait tendance à l'oublier, déjà. Il lâcha un soupir long et sacrément bruyant. Avant de s'agiter de nouveau, animé par de nouvelles préoccupations.

« Mais Fang, deux heures. Deux heures. Deux heures, pour Peter, si ça se trouve c'est toute la vie ! Autant qu'on s'habitue dès maintenant. Qu'on s’entraîne à marcher en rythme et tout et tout. P't'être qu'on va devoir fusionner nos groupes », qu'il lâcha d'un air effaré.

Les chasseurs-livreurs. Ouais, non, pas terrible. En plus il savait décidément pas tirer à l'arc, c'était bien connu. Fang allait devoir abandonner son poste, du coup. Tragique, mais c'était nécessaire. Pour le bien de tous ...
Et pour aller aux toilettes, comment ils allaient faire ? Merde c'était pas vraiment durable, comme situation.
Avec toute la bonne volonté du monde, il ne pouvait pas se résoudre à passer sa vie main dans la main avec Fang.

« Mais si tu préfères qu'on reste là à se regarder dans le blanc des yeux en s'insultant de temps en temps on peut faire ça aussi. Grosse ambiance et tout. »

Pour appuyer ses propos, il se mit à fixer Fang d'un air aussi inexpressif que possible. Devait avoir l'air bien con. Surtout avec l'hématome violacé qui ornait une de ses paupières. Il pouvait se moquer autant qu'il voulait du nez de Fang, il était pas beaucoup mieux. Duo de têtes à claques, ouais.

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Ancien Perdu
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MessageSujet: Re: #noRespect ☆ Fang   Sam 14 Nov 2015 - 14:30

- future victime
#VafalloirlafermerFreck





La vulgarité, le manque d’amour, autant d’accusations, de critiques, de remarques dont Fang n’avait que foutre. S’il fut satisfait du ton particulièrement choqué de cet abruti de chef des livreurs, cette joie ne dura que quelques secondes, le temps que son cerveau assimile que, réplique ou pas, la situation entre eux n’avait pas changé pour autant. Deux heures, oui, c’était long. Un certain temps s’était écoulé depuis le début de la punition mais sur une île sans horloge, sans autre métronome que la course du soleil dans le ciel, comment mesurer avec précision l’instant où tout devrait s’arrêter ?

Fang leva la tête en direction du ciel, dégagé, d’un bleu pâle comme si la couleur, surchauffée, tendait à se délaver. Et reniflant l’air comme un animal, il supposa qu’une heure à peine devait s’être écoulée depuis que Bow les avait quittés. Soit la moitié. Une moitié placée dans un silence somme toute relatif. Une autre moitié qui se profilait comme un calvaire à survivre vu que Freckles commençait à montrer des signes d’impatience.

Et lui donc. Sauf que lui, il emmerdait personne bordel.

« Arrête avec tes conneries. » Cessant de caresser sa main valide, Fang se renfonça dans son siège, croisant ses jambes devant lui, passant le doigt sous son nez avec un reniflement de mauvais augure. Contre sa nuque, le col de sa chemise était détrempé de sueur. Et plongeant le nez vers le col baillant de son trésor, il inspira une bouffée âcre. Ok. Ca fouettait grave.

« On va pas fusionner les groupes. Tu la boucles. Ca sera vite terminé. Et après ça, toi et moi, on s’ignore. Reviens seulement foutre un pied dans la Réserve et tu le perdras. Tu iras livrer l’eau à cloche-pied. » Un ricanement étouffé lui échappa. « Enfin, ça sera toujours plus efficace que la majorité de tes merdeux. A croire qu’ils veulent imiter ta putain de Mère. »

Tournant un peu la tête pour savourer l’expression de Freckles, il se retrouva presque nez à nez avec son visage constellé de tâches de son. Un grincement ressemblant fort à un couinement trahit sa surprise, et Fang eut un mouvement de recul vif, sans pour autant lâcher la main du livreur ce qui manqua de l’entrainer sur lui.

« OH ! D’où tu t’approches ?! D’où tu me fixes ! Baisse les yeux ! »

Incapable de garder son calme plus longtemps, Fang leva le poing.

« Je te signale que c’est ta putain de faute tout ce qui se passe là. Alors la ramène pas bordel, la ramène pas. Et commence pas à te foutre de moi avec tes idées. On bronchera pas d’ici, t’as capté ? On va nulle part et personne nous verra nous balader main dans la main ! Tu captes les conséquences ? Tu crois qu’on aura du respect pour toi après ça ? Tu t’en fous peut-être, mais la réputation, ça m’importe. Alors fais pas chier putain, fais pas chier ou je t’éclate, je m’en fous des conséquences, on terminera ça à l’Arène, espèce de merdeux ! »

Merdeux.

L’insulte, familière et pourtant déplacée dans sa bouche juvénile, lui rappela le pirate. Et si la consonance lui déplu, cela le réduit au silence. Pour quelques nouvelles et éphémères minutes de paix.  




Dernière édition par Fang le Dim 22 Nov 2015 - 12:09, édité 1 fois
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Freckles
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MessageSujet: Re: #noRespect ☆ Fang   Sam 21 Nov 2015 - 17:05


Outrage ! Non content d'insulter Harmony, voilà qu'il s'en prenait à Eilis, maintenant. Se moquer des infirmes, c'est pas bien, sauf quand on ne le pense pas et que c'est rigolo. Et là, Fang le pensait. Et ça le faisait pas vraiment rire. Freckles s'apprêtait à ouvrir la bouche, pour rétorquer quelque chose de cassant, subtil, quelque chose qui fermerait la gueule de Fang une bonne fois pour tous et resterait dans les mémoires comme l'apogée du non-respect. Mais malheureusement, le destin ne voulait pas qu'il brille, ce jour là. Et d'une secousse brusque, Fang manqua de lui arracher le bras. Et son front manqua de faire une connaissance plus intime avec le nez du chasseur, avant qu'il se rattrape in extremis. Il hésita à gueuler, se plaindre, lui demander quel était son putain de problème (même si il s'en doutait. un peu). Mais son cerveau s'arrêta sur le bruit que venait de faire Fang, surpris par sa proximité. Et il pouffa, avant d'éclater d'un petit rire qui explosa dans l'air comme des bulles de champomy.

« Tu t'es entendu ? T'as- t'as crié comme une petite fille ! »

Il repartit dans un fou rire un peu forcé, celui de quelqu'un à bout de nerfs. Et le fait est qu'il ne baissa pas les yeux devant l'avertissement de l'autre racaille de bac à sable. Non mais oh ! C'était son job, ça. Et il n'allait certainement pas perdre. Par pure provocation, il ne recula même pas d'un pouce malgré le poing levé du chasseur. Il arrêta de rire et fronça les sourcils.

« Tu crois que ça me fait plaisir de tenir ta main pleine de crasse ? J'vais attraper la gale » fit-il d'un ton triste et résigné. Puis il écarquilla les yeux en comprenant ce que Fang insinuait. « Du respect ? Ta réputation ? J'vois pas comment elle pourrait empirer, ta réputation. »

Vrai quoi. Fang était déjà bien catégorisé dans ce bled. Si on retirait les gamins qui l'admiraient et ceux qui pensaient qu'il faisait un bon chef, restaient ceux à qui il faisait peur, et ceux qui le prenaient pour un sacré crétin. Les deux, parfois. Quand aux rumeurs sur les préférences du chasseur, elles allaient déjà bon train, grâce à cette sentinelle, là. Freckles aurait bien aimé lui faire remarquer, mais se faire tabasser sans pouvoir se défendre n'était jamais très marrant. Il gonfla les joues, vexé.

« Puis c'est pas ma putain de faute ! C'est toi qui a voulu te battre ! Et puis ça » il brandit agressivement ses doigts bandés, faute de pouvoir lever le majeur seul. « c'est aussi de ta faute ! » il pointa du doigt son hématome. « Ça aussi ! »

Il aurait bien accusé Fang de tous ses maux, de la canicule, de la faim dans le monde et du calendrier maya, mais il devait reconnaître au fond de son cœur qu'il n'y était pas pour rien. Il passa à autre chose, donc. Une vraie question importante.

« Et comment tu proposes qu'on s'ignore, exactement ? On se voit tous les jours. On est obligés de se parler. »

Et si il ne peut pas aller à la réserve ? Qui livrera l'eau aux chasseurs, exactement ? Les trois-quart des livreurs refusaient de s'y rendre sans lui, pour des raisons plus que compréhensibles. Peut-être un point de ralliement ? Un rendez-vous hors de la réserve ? Une tyrolienne pour déplacer des bouteilles ? Faudrait qu'il en parle à Harmony, encore une fois. Fang ne lui facilitait pas la vie.

« Moi je pense que si t'as autant envie de m'éclater la gueule, c'est juste à cause de Hon- » marche arrière marche arrière. Alerte jaune déclenchement de la phase tabou ceci n'est pas un exercice. « HONNEUR. Ton honneur. T'as pas d'honneur. Regarde. Tu t'attaques à un handicapé. Pas d'honneur. »

Oui bien sûr.

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Ancien Perdu
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MessageSujet: Re: #noRespect ☆ Fang   Sam 21 Nov 2015 - 17:30

- future victime
#RIPFreckles





Fang en était blême, crachant des postillons furieux au visage de ce connard, expirant sa colère montante car NON il n’avait pas crié comme une petite fille, ni comme une fille, ni comme une tapette, contrairement à Chuwy, livreur de son état, qui avait commis l’erreur grandiose de le surnommer « la petite chatte ».

Chuwy avait cinq ans, déjà pas beaucoup de dents et autant dire qu’il n’avait pas aimé le vol brutal de sa canine principale quand Fang lui avait explosé sa gueule à terre.  Mais il l’avait cherché, parce que c’était un merdeux – oui le terme lui convenait de plus en plus – comme Blot et comme cet espèce de machin terrifiant, ce gamin portant un masque à gaz. Cracky, quelque chose comme ça, un morveux qui faisait froid dans le dos et plus d’une fois le chef des chasseurs s’était empêché de lui arracher son espèce de scaphandre pour voir la gueule qu’il tirait en dessous.

Tant de gosses malmenés, tant de disputes entre Freckles et lui – mais était-ce sa faute si le chef des livreurs n’avait pas les couilles de les mettre au pas ? Fang avait l’impression de se répéter mentalement, comme un disque sautant dans son lecteur – et la métaphore lui paru étrange, déplacée dans le contexte mais étrangement rassurante. Pourtant il y avait un fond de vérité à tout cela.

Freckles était peut-être courageux, téméraire et bon vivant. N’en demeurait pas moins qu’il était con, inutile et sans aucune autorité à l’Arbre.

Mais le pire était à atteindre, avec ce flot d’insultes, sa mauvaise foi évidente quant à l’origine de leur dispute. Qui avait débarqué en gueulant dans SA réserve ? Qui avait commencé à lui monter la tête avec ses PUTAINS de reproches ? Qui avait parlé d’Honey en premier et de ce que Fang devait ou ne devait pas faire au grimpeur ?

Et maintenant cette blondasse l’évitait – non, IL évitait cette sale blondasse de raclure de sucre de merde et le ferait jusqu’à la fin de sa longue et enrichissante existence, foi de chat !

Alors qu’il lui fasse une scène avec son énumération, qu’il pointe chacun des bleus marqués sur sa sale petite gueule, rien ne serait jamais assez pour rattraper sa propre blessure, cette plaie en lui, cette véritable déchirure. Et non il ne parlait pas de son nez cassé – pour ce qu’il en avait à foutre, les soigneurs avaient fait un bon boulot malgré le ridicule de sa prononciation et il avait d’autres moyen de se faire respecter le cas échéant.

C’était sa chemise. Son bien. Son précieux sur lequel Freckles s’était déchargé. Comme si Fang avait –

Bon. Il ne trouvait pas d’équivalence, preuve qu’il ne connaissait pas le chef des livreurs tant que ça. Mais insulter sa Mère, insulter son apprentie, bousculer les mioches et frapper les merdeux ne serait jamais au niveau de cette insulte, de ce crachat, de cet irrespect et de cette trahison.

Autant lire entre les lignes : Fang était blessé.

Et Freckles piétinait tout cela par ses blagues, par son attitude. Et par son –

« – juste à cause de Hon- »

De Hon ?

« HONNEUR. Ton honneur. »

De Hon ???

« T'as pas d'honneur. Regarde. Tu t'attaques à un handicapé. Pas d'honneur. »

Blanc.
Blanc comme son teint. Blanc comme ses yeux écarquillés.
Pas naïf le Fang. Pas dupe pour deux sous. Il avait parfaitement compris le sous-entendu. Parfaitement compris l’accusation sous-jacente. Parfaitement compris que Freckles n’en avait pas fini de lui chier à la gueule, de le pousser dans ses retranchements pour qu’il l’explose, ou qu’il le tue – des tendances suicidaires peut-être, ou juste de la connerie, à un niveau que Fang n’inégalait pas, oh que non.

Blanc. Blanc de rage, comme quoi ça pouvait exister, même pour un métis aussi sanguin que le chef des chasseurs.

Blanc, sans répliques.

Mais avec la respiration courte d’un taureau prêt à charger.

Hon. Honey.

Sa main partie en direction du bandage serré de celle, blessée, du chef des livreurs. Et la frappa, trois fois, trois coups de points insensibles pour une douleur qui elle, l’était à fond.

Trois coups de poings sur des os fragilisés pas encore rassemblés. Des os blancs.

Voilà.
Ca c’était pas avoir d’honneur.





Dernière édition par Fang le Dim 22 Nov 2015 - 12:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: #noRespect ☆ Fang   Dim 22 Nov 2015 - 11:46


Parfois Freckles se demandait ce qui ne tournait pas rond chez lui.
Pendant qu'il continuait à bafouiller des stupidités, tenter de se rattraper de la façon la moins convaincante qui soit, il se demandait. Pourquoi n'avait-il pas réussi à fermer sa gueule ? Pourquoi il y avait pas un filtre, là dedans, un département de la censure ? Ou même juste du bon sens ? Un instinct de survie pour le bâillonner juste avant que le mot tabou glisse -presque- de sa bouche ? La vie serait tellement plus simple si il réfléchissait avant de parler. Il n'aurait jamais parlé -presque- de Honey. Il ne voulait même pas parler de Honey. Il ne voulait même pas penser à Honey. Faut juste croire que toutes les parties de son cerveau n'étaient pas sur la même longueur d'onde.
En tout cas, si il était rarement d'accord avec le chasseur, ils s'accorderaient au moins sur un point : Freckles était le roi des cons.

Il vit Fang perdre toutes ses couleurs en l'espace de quelques secondes. Silencieux, enragé. Oh, il s'attendait à prendre cher. Il le méritait presque un petit peu. Ce qui ne l’empêcha pas de flipper pour sa vie devant ce regard là.
(oh, ça va, il avait bien le droit d'avoir peur. Il n'y avait personne à impressionner)

Et Fang frappa. Les doigts.
Les doigts, putain !

Il aurait bien voulu reculer d'un bond en arrière. Tout lâcher, utiliser son bras valide pour se protéger, répliquer, n'importe quoi, mais le chasseur ne desserra pas sa poigne – et il se retrouva à tirer comme Fang l'avait fait quelques minutes avant. Le couinement de douleur qu'il avait poussé n'avait rien à envier à celui-ci, et il déversait maintenant un flot d'injures incohérentes. Ça faisait mal. Putain de mal. Il ne l'avait pas tapé assez fort pour recasser quoi que ce soit, mais PUTAIN.

« Mais putain ça va vraiment pas bien dans ta tête ! T'es un grand malade ! Complètement fini ! Espèce de – de – putain ! Enculé ! »

Et sous la douleur, ses yeux se brouillèrent. Freckles pleurait rarement. Et sûrement pas de douleur. Mais là, encore une fois, il n'y avait personne à impressionner. Alors il faisait ce qu'il voulait. S'essuyant les yeux du dos de la main d'un geste rageur, il fusilla le chasseur du regard.

« Mais qu'est-ce que je t'ai fait ? »

Question à laquelle il pouvait répondre tout seul. Sûrement. Le tabou, tout ça. Au final, Fang ne faisait que confirmer ce qu'il venait de dire, pas vrai ? Tout ça, c'était la faute de Honey. C'était toujours le facteur à risques. Le truc qui fait tout déborder et qui finit par porter préjudice à ses pauvres os.
Mais pourquoi toujours les doigts, putain ?
Il fixa Fang, et lâcha, l'air de tout juste réaliser :

« Tu me détestes. »

Je te déteste. Il avait voulu dire « je te déteste », mais il s'était trompé.
Au final, ça sonnait plus juste comme ça.

« Tu sais quoi ? J'en ai marre. Ça vaut pas. Je me fiche de ce que tu fais. Je me fiche de vos – tes histoires de merde. Je veux plus en entendre parler et je veux plus vous voir. »

Puis il fixa leurs mains jointes et moites, comme si il avait oublié la punition. Il n'avait même pas pensé à se venger. Il n'avait même pas envie de se venger. Fort de sa résolution, il se recala à sa place, maussade.

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Ancien Perdu
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MessageSujet: Re: #noRespect ☆ Fang   Dim 22 Nov 2015 - 12:06

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#Allomamanbobo





Ah ces larmes de douleur, ces cris perçants, ce retrait face à ses poings – même si Fang pris sur lui de ne pas lâcher sa main, pour ne pas être surprit par un témoin et récolter deux heures de punition supplémentaires. Il but la souffrance de Freckes sans même lui sourire, sans même rire, son regard noir centré sur le visage offert du chef des livreurs.


Honneur ou pas honneur, c’était tout le mal qu’il lui souhaitait, la traduction visible de son propre mal-être. Alors il pouvait bien le traiter de taré fini ou même d’enculé, Fang se contenta de se réinstaller convenablement sur sa chaise sans plus lever le poing. Clairement satisfait.

« Mais qu'est-ce que je t'ai fait ?
- Pose pas la question si tu connais déjà la réponse. Et arrête de me prendre pour un con, j’ai horreur de ça. » Répondit-il presque tranquillement. Il avait sa chemise et la couture récente de Bambi à lui foutre dans la gueule si Freckles se permettait d’insister. Il avait encore ses poings pour viser ses dents et sa langue crasseuse plutôt que ses doigts cassés. Il avait encore mille et une manière de lui faire rentrer dans le crâne à quel point il en avait marre que le rouquin se foute de lui, si Freckles n’avait toujours pas comprit.

Fort heureusement pour tout le monde, la lumière semblait briller de nouveau dans la cervelle esquintée du chef des livreurs.

« Tu me détestes.
- Maintenant oui. »

Étonnant trait de franchise pour un mec comme Fang. Mais il n’avait plus envie de tourner autour du pot, plus envie de risquer que l’autre s’agite, se mette à turbiner pour trouver une autre manière de le faire chier, ou agisse accidentellement. Accidentellement. Tiens ça allait bien à cet abruti. Voir Freckles parler, agir, courir, c’était comme regarder un accident se produire sans qu’on puisse rien faire pour l’arrêter.

La critique lui brûla les lèvres, comme deux/trois piques bien senties histoire de lui rabattre le caquet et le plier en quatre. Mais rien ne semblait assez bon pour le ramener à sa place : soit ramper à ses pieds. Et puis honnêtement, Fang était fatigué. Fatigué de cette punition, de cette chaleur, de ce manque de respect que Freckles semblait lui réserver sur un plateau d’argent. A ce stade, il devait le faire exprès.

Alors autant ne pas perdre de temps à lui expliquer qu’il y avait eu entre eux un « avant » et un « après ». Qu’avant il ne le détestait pas – loin de là. Mais que chaque phrase, chaque blague vaseuse, chaque réflexion sur un certain hon-neur les éloignait immanquablement de ce passé amical qui les liait encore –

Quand ?

Une semaine ? Trois semaines auparavant ? De quand datait l’incident près de la rivière – ok non nommons les choses par leurs définitions : cette tentative de meurtre.

Impossible à dater. Tant mieux.

« Tu sais quoi ? J'en ai marre. Ça vaut pas. Je me fiche de ce que tu fais. Je me fiche de vos – tes histoires de merde. Je veux plus en entendre parler et je veux plus vous voir.
- Ca a mis le temps hein. »

Le temps que Freckles ait un éclair de génie et s’aperçoive enfin des mines sur lesquelles il posait les pieds. Fang se racla la gorge, étrangement rassuré – et cela n’avait rien à voir avec ce « vous » qui lui indiquait clairement la fin de toute représentation théâtrale, sortie sucrée, amitié fusionnelle entre un certain rouquin et un sucre avarié. Parce qu’il s’en foutait maintenant, se foutait de Honey et de son devenir, de leur devenir à lui et à Freckles, de leur relation et de tout ce qui constituait l’ensemble de ce qu’il ne serait jamais aux yeux de l’un comme de l’autre.

Non absolument rien à voir, pardi.

« Maintenant ferme ta gueule. On a encore une heure ou moins à tirer pour ce que j’en sais. Et j’aimerais la passer sans avoir à t’arracher les couilles, à te les peler, et à te foutre dans le fion. »

Un point en plus pour sa vulgarité.



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MessageSujet: Re: #noRespect ☆ Fang   Dim 22 Nov 2015 - 14:37


« Maintenant oui. »

C'était pas tant la confirmation qui le frappait que l'implication derrière. Maintenant. Maintenant, ça voulait dire qu'il y avait un avant. Et ça voulait dire qu'avant, Fang ne le détestait pas. Il écarquilla les yeux, surpris par cette déclaration à retardement. Surpris par le ton du chasseur qui était passé de d'une rage blanche à la plus grande des sérénités.
Il n'avait jamais réfléchi à la question. Il pensait juste que l'autre chef le considérait comme une emmerde, un élément perturbateur périodique et pas très utile. Comment expliquer cet espèce de dédain indifférent, sinon ? Mais si il lisait entre les lignes, il comprenait que Fang l'avait un jour envisagé comme une personne décente. Alors ça c'était carrément dingue.

C'était une piste. Pour que l'autre le considère – reconsidère – avec estime ? Estime, peut-être pas. On en était pas encore là. S'agissait juste de plus se faire détester, pour commencer. Freckles regarda ses doigts cassés d'un air concentré. Il cherchait la rupture. Pas celle des os, hein, la rupture entre eux, l'avant du « maintenant ». C'était pas difficile de mettre un nom à cette rupture. Ni un lieu, ni un moment. Sa rivière le savait bien. L'autre jour, en y allant, il avait retrouvé quelques petites taches séchées dans l'herbe.
Pas difficile non plus d'identifier le facteur déterminant. Ce n'était pas les gamins, ni le chat, ni aucun autre de ces reproches. C'était pas le « tu », qui calmait Fang. C'était le « vous ».
La solution paraissait évidente, donc. Plus de Honey.

Oh, alors ça tenait qu'à ça ?
Pendant une ou deux secondes, Freckles se sentit un petit peu triste.

Maintenant ferme ta gueule.

« Ok. »

Il ne fit pas vraiment gaffe à la suite. Fang ne manquait pas d'imagination quand il s'agissait de menaces, même si il penchait souvent vers les mêmes parties du corps.
Il ferma sa gueule, donc. Avec beaucoup d'application, parce que ce n'était pas quelque chose de très facile pour lui. Il tenta même de ne pas gigoter ni balancer ses jambes. Le chemin de la rédemption était un vrai supplice.
(Il réussit à se taire pendant deux minutes et vingt-huit secondes)

« Pourquoi tu tiens autant à ta chemise ? »

Il n'avait pas vraiment pu se retenir. C'était une question qui le travaillait, à vrai dire. Et passer encore une heure en silence ?
Non, décidément, c'était trop dur.
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MessageSujet: Re: #noRespect ☆ Fang   Dim 22 Nov 2015 - 14:58

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Le silence. Pendant près de deux minutes, Fang le savoura comme un verre d’eau par temps de canicule – et autant dire que ça allait devenir de plus en plus rare dans les jours qui allaient suivre. Fermant à demi les yeux, la main toujours dans la sienne, il bascula la tête en arrière pour observer le ciel et ne pas prêter attention au gamin – certainement un récolteur vu son sac en bandoulière et ses jambes griffées – qui s’était subtilement rapproché, dans l’intention de surprendre une dispute et d’aller les dénoncer. Fort heureusement, il arrivait après la (énième) bataille et haussant une épaule en direction d’une autre personne toujours invisible avant de repartir sur la pointe des pieds. Le chef des chasseurs entendit leurs murmures sans y prêter attention. Et expira longuement un air qu’il n’avait pas eu conscience de retenir.

Deux minutes, sans mouvements de jambe et sans claquement de langue impatient. Cela ne pouvait pas durer mais il était content de cet effort que Freckles faisait pour lui – à croire que le rouquin avait constamment  le corps parcouru d’un fourmillement électrique pour lequel il n’y avait pas de bouton off. Alors rasséréné, Fang ne se crispa pas quand la voix du livreur retentit à nouveau.

Pour lui poser une fichue colle.

« Ma chemise ? »

Fronçant les sourcils, Fang rebaissa la tête pour fixer l’horizon, sans ciller en direction de sa nemesis du moment. Dans cette question se cachait un discret abandon que Fang apprécia : Freckles lui concédait l’importance de sa chemise et cherchait simplement à connaitre la valeur d’un tel trésor. Seulement le chef des chasseurs, déjà pas brillant, était proprement incapable de mettre des mots sur des impulsions proprement inconscientes.

Il n’avait pas de mémoire pour lui expliquer l’origine de ce vêtement. Pas de souvenirs pour lui raconter une belle histoire. Il ne désirait pas lui mentir – n’était jamais trop bon pour raconter les contes dans tous les cas et les rares récités se terminaient assez mal.

Alors quoi répondre ? Un vulgaire « Ta gueule » qui remettrait le feu à leurs courroux respectifs et replacerait la chemise comme une cible potentielle ?

« J’en sais rien Freckles. Je veux pas qu’on y touche c’est tout. Depuis le temps que je suis ici, c’est la seule chose que j’ai réussis à garder. » Et soudain conscient que ses mots pouvaient porter à confusion, il préféra préciser. « Pas que ça me rappelle le Monde Ordinaire – peut bien aller se faire foutre, j’ai aucun regret d’être ici. C’est seulement que j’ai besoin de cette chemise, ok ? T’as jamais eu besoin de quelque chose pour te sentir bien dans tes baskets ? Cadré dans ta tête ou je sais pas quoi ? Une babiole, un rituel, quelque chose quoi ? »

Mal à l’aise, ce fut au tour de Fang de s’agiter sur sa chaise. Sa main moite glissant sur celle de Freckles.

« Peut-être que je suis le seul à agir ainsi, mais j’aime pas qu’on touche à mes choses. A ce qui m’appartient. Je suis pas chiant tant qu’on me gonfle pas. Je fais pas de mal si on me cherche pas. J’aime pas l’irrespect. J’aime que tout soit cadré et à sa place. Qu’on obéisse aux ordres. Alors quand je dis que ça, on y touche pas, eh bien on y touche pas. Voilà tout. C’est comme mes veuchs. »

Son ton fut soudain acéré.

« Le premier con qui me déchire encore ma chemise ou m’arrache une mèche, il aura pas le temps d’aller s’en vanter ou de flairer sa chance. T’as survécu. Maintenant je veux qu’on fasse comme t’as dit. Après la punition, on s’évitera. On se parlera plus. On s’ignorera sauf si Peter nous demande de nous causer. C’est calé dans ta tête ou je dois encore te préciser des trucs Freckles ? »

Pas de menace, pas d’agressivité. Un simple besoin de remettre les points sur les i vis-à-vis d’un type qui comptait encore beaucoup à cet instant.


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MessageSujet: Re: #noRespect ☆ Fang   Lun 21 Déc 2015 - 19:16


Il se cala plus confortablement à sa place, se tortillant légèrement sur ses fesses. Bougeotte. Les yeux brillants, comme si il s’apprêtait à écouter une belle histoire de Laila ou Mirka avant d'aller se coucher. Mais ce n'était que Fang et ce n'était pas une belle histoire, juste une explication, des faits, des mots moins crachés que d'habitude, peut-être. Aucune importance, Freckles était bon public. A ouvrir grand les yeux quand il fallait, froncer les sourcils quand le chasseur évoquait le Monde Ordinaire, hocher la tête quand il rectifiait le coup. Il ne pensait pas que Fang faisait partie de cette espèce là. Ceux qui y pensaient trop. Ceux qui regrettaient. Ça l'aurait déçu, un peu, que ce soit le cas.

« T’as jamais eu besoin de quelque chose pour te sentir bien dans tes baskets ? Cadré dans ta tête ou je sais pas quoi ? Une babiole, un rituel, quelque chose quoi ? »

Il fit non de la tête. Il n'avait pas de babiole ni de rituel, et de toutes façons il ne comprenait pas l’intérêt. Il ne pouvait pas se rappeler d'un seul truc qui avait voyagé avec lui depuis le monde ordinaire – non, d'ailleurs, il ne se rappelait pas de quoi que ce soit qu'il aie jamais possédé dans le monde ordinaire. Ces histoires de chemises et de cheveux et de trésors qu'on cache contre son cœur pour ne pas oublier, ça le dépassait.
Ils étaient là pour oublier, alors pourquoi le faire à moitié ?

Fang finit sa tirade et il cligna des yeux, une fois, deux fois. Se rendit compte qu'il se contentait de le fixer d'un air un peu stupide, sans rien dire. Et comme une réalisation :

« C'est la première fois que je t'entends parler autant, en fait. »

Avant de lui adresser un trop grand sourire. Pas moqueur, hein, plutôt lumineux. Comme un encouragement qu'on ferait à un enfant grognon qui se force à sociabiliser. Puis il lança d'un ton qui forçait l'enthousiasme :

« C'est clair. Très clair hein. Que des trucs de chef. Trucs sérieux. De collègues. »

Forçant, parce qu'il ne se sentait pas vraiment enthousiaste, en fait. Il avait l'impression de perdre, dans l'histoire, avec cet accord de semi-tolérance. C'est idiot, non ? D'avoir l'impression de perdre quelque chose qu'il n'avait jamais eu.
Stupide abruti de Fang.
Il le savait bien, Freck, qu'il ne tiendrait pas non plus cette promesse là. Ignorer l'autre chef ? Il y arriverait, quoi, maximum deux jours, avant d'oublier et de revenir lui parler comme si de rien était. Il aurait voulu l'expliquer, mais il n'avait pas trop envie que l'autre s’énerve de nouveau. Il gérait à peu près le niveau de colère, là. Haussement d'épaule mental. Il trouverait des excuses. On peut faire rentrer n'importe quelle broutille dans la catégorie des « trucs de chef », avec assez de conviction.

« C'est juste... »

Il chercha ses mots quelques secondes. Peut-être pour essayer d'expliquer à quel point il trouvait la situation injuste, à quel point il aurait aimé rembobiner le temps et changer deux trois trucs qui auraient fait qu'ils ne se seraient pas retrouvés dans cette situation, les phalanges glissantes de sueur sur celles de l'autre. Mais dieu sait que Freckles n'était pas doué avec les mots. Et encore moins pour démêler le fouillis de ses propres pensées.

« Je suis désolé ? » tenta-t-il.

Sincère, un peu.
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MessageSujet: Re: #noRespect ☆ Fang   Lun 21 Déc 2015 - 19:42

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Fang n’a aucune envie que Freckles en rajoute une couche avec ses conneries habituelles, ses moqueries, ou n’importe quelle attitude pouvant déclencher ses foudres – à ce stade de nervosité, un haussement d’épaule insolent lui aurait suffi pour l’attraper par les cheveux et lui faire racler le sol en prenant son temps. Mais le chef des livreurs a parfois des éclairs de lucidité, des moments d’émerveillements bruts où son visage s’illumine comme éclairé de l’intérieur par une fée qu’il aurait bouffé. Ca lui pétille les yeux, lui fronce les taches de rousseur et Fang se demande ce qu’il a pu dire pour déclencher ce soudain accès de joie. Parce que c’est pas comme si il venait – encore – de le faire chialer de douleur en lui tapant ses doigts cassés, ce con là.

Mais c’est de parler, de s’expliquer, et d’offrir à Freckles sa voix qui rend ce dernier heureux. Surprit, un peu bête, le Chat lui offre un regard sceptique presque dédaigneux. Avant de râler à sa phrase parce que non, c’est pas qu’il parle pas beaucoup, c’est que souvent y’a pas besoin, surtout quand on doit se contenter d’écouter ses ordres et d’arrêter de le faire chier. Mais c’est comme se répéter et Fang n’a rien d’un disque rayé. Alors il croise un bras, bougon, comprend le ridicule de sa position vu que l’autre main est toujours liée à celle de l’insupportable ex-copain – ex-ami – ex-acceptable – et la rabaisse, tape du pied nerveusement.

Son zozotement est plus prononcé, quand il affirme, souhaitant vainement retrouver toute sa stature de grand ponte.

« On a des responsabilités, toi et moi. On doit les assumer comme tel, et pas laisser des trucs nous pourrir nos liens. On n'aura pas l’air fin si on s’fait la gueule devant Peter. Ca finira dans l’Arène et j’ai pas envie de te buter aujourd’hui. »


Ni demain. Parce que ça ferait du bordel, malgré sa victoire. Il n’était pas certain d’être respecté pour ce meurtre. Serait plutôt la victime des gamins revanchards, de leur foutue apprentie et surtout, de Honey. La jalousie lui piqua le cœur mais la colère revint plisser ses sourcils. Que n’en avait-il pas à foutre des remontrances de ce sucre.

Pourtant, peu à peu, il arrêta de grommeler. Immobile. Le visage tourné vers la lisière. La lèvre un peu pincée d’un air contrarié qui ne présageait rien de bon. Une expression que les Perdus lui connaissaient mal et qu’ils jugeaient, généralement, avec une grande prudence.

A croire que Fang avait de la peine, haha, quelle drôlerie. Et le coup fut plus puissant à cet instant puisque Freckles profita de son silence pour lui présenter ses excuses.

Ses excuses bordel.
Carrément.

L’art du timing. Fang ne pipa mot. Troublé.

Mais cela valait-il quelque chose avec ce type à la mémoire trouée ? Il pouvait vous promettre une montagne et zapper sa mission l’instant d’après. Freckles n’était pas digne de confiance, surtout quand cela ne touchait pas le terre-à-terre mais bel et bien le sentimentalisme.

Il y avait tout de même une brèche dans laquelle il pouvait s’engouffrer. Et ce fut sans malice qu’il finit par répondre, la voix basse, éraillée.

« Ouais ben tes excuses, j’en ai rien à foutre si on met pas au clair une autre chose. »
Incapable de le regarder dans les yeux, le Chat débita à toute vitesse. « J’te signale que y’a un truc qui nous a mené ici – nan, le nomme pas, je veux même pas entendre son nom. Et je te conseille de l’oublier comme moi j’vais le faire parce qu’il apporte que des emmerdes – oui c’est vrai, l’nie pas. Alors on conclut un pacte, parce que je te connais. Toi faut te proposer quelque chose de valable pour que tu suives un ordre qu’est pas donné de Peter. Pas de soucis. Je marche. »

Sa main manqua de déraper contre la sienne. Il agrippa ses doigts plus fermement.

« Tu l’évites, tu l’ignores, tu l’fuis au besoin. Et moi, plus jamais j’m’attaque à un de tes gosses. Même s’il vient me pisser sur les pompes, je viendrais t’en parler, j’te demanderais de le corriger, mais je foutrais plus aucune torgnole à aucun de tes livreurs. »


Il ne jurait pas pour les engueulades. Mais il ne fallait pas non plus trop lui en demander.



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MessageSujet: Re: #noRespect ☆ Fang   Mar 2 Fév 2016 - 22:14


Oh surprise, oh joie. En s'arrondissant, les yeux de Freckles lui mangent le visage. Sa bouche se fend d'un o très géométrique. Fang ne veut pas le tuer, pas aujourd'hui, ni demain, ni après demain, d'après ce qu'il lit dans son regard. Alleluia ! Les cloches sonnent, les oiseaux chantent, et le monde n'est plus qu'amour. Elle est bien basse, la barre, pour que cette simple déclaration déclenche en lui tant de bonheur.
Il lance un « cool » à la volée, mais Fang est déjà passé à autre chose, débit rapide, regard fuyant, et ton sérieux. Un air de pur business, le chef rezzzzponsable. Freck se marre doucement, à ça, pas assez pour risquer une nouvelle crise de colère, ça non. Il écoute les conditions du chat en bon collègue businessman, hochant la tête comme le font si bien les quadragénaires sévères coincés dans un trois-pièce. Les hommes d'affaire tiennent rarement la main de leurs collègues parce qu'on les a mis au piquet, il remarque, mais la comparaison tient, tout de même.

« Un pacte », il répète, comme pour mieux peser le mot sous sa langue.

Et il sourit sans le vouloir. On pourrait le croire narquois, ce sourire, celui de l'éternelle insolence du lionceau, mais non, il a vraiment l'impression d'avoir décroché le deal du siècle. Un pacte avec Fang. Il lui propose exactement ce qu'il veut, le chasseur. Une entente cordiale et pas touche aux livreurs. Ça semble trop beau pour être vrai, tellement beau qu'il en oublierait presque le compromis. Presque. Il fait mine de réfléchir, mais soyons honnêtes, c'est déjà vendu. Ignorer Honey ? Rien de plus simple. Au calme. Tranquille. Fingers in ze nose. Il peut faire ce sacrifice, pour le bien de l'arbre, de son groupe, des chefs, du monde, et il se sent à cette idée, particulièrement héroïque. Ça ne lui vient pas à l'esprit qu'ignorer Honey, c'est quasi impossible. Qu'il n'en a même pas envie. Tout ce qui compte, c'était cette promesse, ici, maintenant, et c'est avec un débordant enthousiasme, qu'il marche.

« Je marche. »

Vague froncement de pif de l'intense réflexion, puis sans prévenir, il crache dans la paume de sa main droite et la tend à Fang. L'air de sérieusement y tenir, à son échange de salive. Dans son registre, on ne conclut pas de pacte, sans salive. On jure craché, ou sur la tête de quelqu'un qu'on aime. C'est symbolique, vous voyez ? Sinon ça tient pas.

La main tendue aux doigts cassés, c'est symbolique, ça ? Tu veux vraiment qu'il te la serre, encore, ton bourreau ? Tu serais pas un peu maso, des fois, rouquin ? Un peu, oui, peut-être. Et dans ses yeux d'ambre, un rien de défiance, un brin de sourire, mais ça s'évade un peu sur les côtés, ça réfléchit (parce que le cerveau, lui, en est incapable). Ce regard qui fuit un peu, qui se rend bien compte qu'il sait ce qu'il fait : une énorme connerie. Mais c'est trop tard. Il attend, main tendue, en se demandant vaguement si Fang va le laisser en plan jusqu'à ce que sa salive lui coule des doigts. Ça y est, c'est craché, reste plus qu'à jurer.

hrp:
 


Dernière édition par Freckles le Dim 6 Mar 2016 - 19:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: #noRespect ☆ Fang   Jeu 4 Fév 2016 - 17:20

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Quelque chose attendait la réponse, quelque chose d’angoissé. Ca gonflait dans son ventre à guetter les mots de Freckles mais bien évidemment il fallut que ce con en rajoute avec sa tête de benêt, à le fixer comme s’il était le messie ou quelque chose dans ce goût-là.

Sa surprise, sa joie béate avait toujours le don de le foutre en rogne car on n’avait pas idée d’être un chef, de porter cette médaille que Peter leur avait refilé pour que les autres morveux de l’Arbre captent enfin qui ici étaient les vrais patrons, pour finalement agir comme l’un de ces gamins, avec cette hystérie des moments de bonheur et cette hilarité déplacée quand quelque chose les contentait. C’était bon pour les craignos, les petits perdus en couche-culotte tout juste tout juste bons à réclamer des câlins et des bisous à leurs mômans. Eux, ils étaient les boss, les durs, les meneurs. Ils devaient se détacher de ces réactions infantiles pour se montrer dignes, froids, puissants. C’était qu’un foutu pacte qu’il proposait à Freckles, et avec un peu d’effroi Fang s’attendit à ce que ce dernier l’enlace pour le remercier.

« Ouais un pacte ! »
Répète-t-il, à peine plus énervé. Il le fait sans doute exprès, à le faire attendre pour une réponse qui importe bien plus à ce moment que ce qu’ils peuvent montrer aux témoins. C’est qu’il est nécessaire de l’éloigner de ce foutu miel, de ce petit blond qui n’en finit pas de causer tant de mal sur son passage. Depuis l’arrivée d’Honey, il n’a jamais eu autant d’emmerdes avec Freckles. Autant d’engueulades avec les autres. Il se sent atteint, percé à jour, lui le gamin qui est peut-être trop violent, peut-être trop implacable, peut-être trop fou pour continuer ici indéfiniment. Lui, qui ne rêve que de rester un enfant. Seulement, Honey pose des « pourquoi » à la fin de chaque affirmation.

Pourquoi être humain quand il ne l’est pas ou se défend simplement de l’être ?
Pourquoi prétendre être un monstre quand il arrive encore à ressentir et s’inquiéter sur l’avenir d’une relation qui ne devrait pas tant compter entre le rouquin, stupide rouquin, et lui-même ?
Pourquoi refuser d’être un adulte quand il se présente en patron, en grand ?
Pourquoi défendre Peter quand il représente tout ce qui l’agace dans l’enfance ?

Et c’est facile de répondre à ça. Ca l’est moins d’affronter le simple fait qu’il est et restera toujours un morveux jaloux. Jaloux et possessif.

Ses doigts caressent et lissent les bordures plus rigides de sa chemise à carreaux.

Il est mieux qu’eux, mais il a besoin d’eux, pour être. Là est toute la complexité de vivre.

Crachat porté, main tendue, Freckles marche sans de douter de tout ce que cela implique. Fang fixe ses doigts avec une absence de retardé, avant de grogner. Et faire monter la salive d’un raclement écoeurant. Il marque sa paume à son tour, attrape les doigts d’une poigne ferme qui voudrait presque les lui tordre si leur fragilité ne lui imposait pas la prudence. Et l’agite, deux fois, froidement, en signature.

A leurs peaux, leurs salives tièdes se mélangent et les empoissent comme du sang.

« Mais si tu me trahis. Si le pacte, tu le brises. Je te préviens qu’y’aura pas de retour en arrière Freckles. Tes p’tits, je te les démonterai à la moindre erreur, et ça leur fera pas de mal parce que t’auras prouvé que t’es qu’une lopette incapable de tenir la moindre parole. Alors je m’impliquerai vachement plus dans leur éducation, en m’foutant bien de tes mômans pour venir me piailler aux tifs qu’elles sont mécontentes. Seulement, toi. »
Le Chat a une vague inspiration colérique, et on pourrait prouver qu’en plus de zozoter, il feule, le con. « Toi tu me referas plus jamais l’coup de l’ami qui veut recoller les morceaux ou des conneries de ce genre. T’auras plus à v’nir me chercher pour rattraper les choses ou passer au-dessus. T’auras à baisser les yeux et à ployer la nuque quand tu m’verras. Parce que tu seras rien qu’une merde, si tu me trahis. Alors oublie pas l’pacte. »

Sa tension lui fait trembler la jambe. Mais d’une expiration plus lente que les autres, comme Sharpy a pu lui apprendre, Fang se recule un peu, reprend son masque d’arrogance et hausse un sourcil, désignant du museau leur poigne toujours figée.

« Maintenant jure. Jure que tu t’approcheras plus de lui. Que tu l’ignoreras s’il te parle. Et qu’tu fais ça pour nous. »


Il ne le relâchera qu’à ces mots, à ce point final. Au timing parfait des pas venant d’une autre direction. C’est le Borgne, sous sa tignasse de foin emmêlée, qui avisera le profil de son chef, toujours un peu contrarié, plutôt que leurs mains – les autres – liées en punition.

« Chef. On m’fait vous dire que le temps y est. »
Sans doute pas, mais sur une île comme celle-ci, comment mesurer le temps avec exactitude ? Peter a renoncé à la punition, ou bien le Borgne a su jouer de la langue auprès de Bow, utilisant ses armes de diplomatie pour mieux les délivrer. Fang s’en fout. Il a confiance et se lève, lâche la main et ça lui laisse comme une drôle d'impression au creux de la paume. Le chef s’étire, joue des épaules un peu nerveusement. En fait trop sans doute mais lui n’a pas cette médaille à la chemise, lui n’a pas besoin d’un rappel pour que les gosses se souviennent de qui il est et de ce qu’il représente. Seul Freckles a tendance à le prendre de haut sans le vouloir, en minimisant ses réactions et ses promesses.

Mais ça ne sera plus le cas. Plus jamais. Et c’est ainsi persuadé de la véracité de cette pensée, que Fang lui sourit à peine. Balayant les semaines de conflits qui se sont passés depuis l’arrivée du Sucre entre eux.

« A la revoyure, pédale. »
Le ton n’est pas entièrement inamical.



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MessageSujet: Re: #noRespect ☆ Fang   Lun 7 Mar 2016 - 16:54

Leurs mains se joignent et se serrent dans une humidité écœurante. Fang a juré et craché sans un mot, puis crache, maintenant, toute une suite de conditions et de menaces. Il a envie de lui dire que c'est pas du jeu, que tu peux pas changer le pacte une fois la main serrée, mais le chasseur lui lance un regard capable de le cramer sur place. Alors il se tait. Et il écoute. Écoute Fang lui expliquer que c'est sa dernière chance, qu'il aura plus aucune occasion de se racheter, de toute la vie, s'il le trahit. Et dans ce choix de mots, ce ton, y a quelque chose qui lui tord le ventre, lui bloque un peu la gorge. Alors il acquiesce, en commençant à douter, un peu. Déjà.

« Maintenant jure. Jure que tu t’approcheras plus de lui. Que tu l’ignoreras s’il te parle. Et qu’tu fais ça pour nous. »

« Mais oui c'est bon j'ai juré ! » il proteste, un peu trop sur la défensive.

Quelques neurones lui gueulent de lâcher la main, mais c'est Fang maintenant qui ne veut plus le lâcher. Jusqu'à ce que lui sorte un « je jure » un peu plus sincère. Il arrive presque même à grimacer un sourire. Pour briser la façade de dur que le chasseur affiche. Il devrait savoir qu'il n'a aucune chance de ce côté là.

« Chef. On m’fait vous dire que le temps y est. »

C'est ce qui s'appelle communément être sauvé par le gong. Le gong qui se présente sous la forme d'un gamin défiguré aux cheveux filasses. Freckles lui est infiniment reconnaissant. Il a cru, pendant un moment, qu'il allait vraiment devoir rester collé à Fang comme deux siamois pendant le reste de sa courte existence. Il n'a aucune idée de si ça fait deux heures, ou deux mois, mais ça fait déjà bien trop. Et il doit se l'avouer, cette histoire de pacte lui a laissé comme une impression bizarre à l'estomac. Comme du trac, mais peut-être un peu mieux.
Leurs mains se délient, paire par paire. Il se met à essuyer frénétiquement la gauche sur le tissu de son tee-shirt, comme si elle était plus sale que l'autre, encore souillée de salive. Fang se lève le premier, alors que Freckles s'étire en arrière avec un long soupir de soulagement. L'angoisse reste. Il n'est pas vraiment inquiet : ce genre de choses, ça passe vite, chez lui.
Puis le chef des chasseurs se tourne vers lui, et sourit. Et c'est tellement rare, qu'il n'est pas sûr d'avoir bien vu. Mais oui, c'est un sourire, il n'y a pas à s'y méprendre. C'est discret, presque invisible, c'est pas répertorié dans la liste des expressions maussades ou colériques qu'il affiche habituellement, mais c'est un sourire. Il sourit, et Freckles se rend compte que définitivement, il ne comprend rien.

« A la revoyure, pédale. »

Est-ce que c'est gagné ? Est-ce qu'en deux heures (ou moins, ou plus), il a réussi à passer du statut de rebut de l'humanité à celui de personne fréquentable à qui on sourit ? Et qu'on appelle pédale, d'accord, d'accord, mais il faut dire que l'insulte lui passe largement au dessus de la tête. Il songe un instant à demander sa mutation chez les diplomates, tellement il a été bon sur ce coup là. Il sourit aussi, un vrai de vrai d'une oreille à l'autre, avec les dents aussi, même si le chasseur ne peut pas le voir.

« Salut euh » mais en l'espace des quelques secondes qui lui auraient fallu pour trouver une insulte à lui retourner, le dos du chasseur est déjà trop loin. « Fang. » conclut-il.

Il regarde la paume luisante de sa main avec introspection. Comme si cet espèce de mélange chimique et sûrement nocif de salives allait lui révéler les secrets de l'univers. Un pacte, un pacte, un pacte. Ça se brise les pactes, ça s'oublie. A la revoyure, oui.
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