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Lòng Sơn Mai
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MessageSujet: Être et Paraître   Être et Paraître EmptySam 8 Nov 2014 - 0:24


Il court, il court, le Dragon. Glissant entre les arbres comme un foutu serpent, il court et regarde partout, à la recherche d’une forme de vie, d’un éclat d’existence. Puis, brutalement, il s’arrête, pilant à un endroit où la jungle est moins dense. Sa tête tourne, au Dragon, il court depuis un moment et le pire c’est qu’il n’a aucune idée de pourquoi. Il a juste commencé et puis continué, parce que pourquoi pas et puis, ce n’était pas comme s’il n’avait pas de temps à perdre et maintenant... il a faim. Et il crève de soif, aussi. S’il n’était pas trop occupé à se marrer devant l’impulsivité qui l’a poussé à détaler, Lòng remarquerait même qu’il a un point de côté mais ça, c’est accessoire : la douleur, ça fait longtemps que le Dragon n’en a plus peur. Après tout, que ça soit la sienne ou celle qu’il inflige aux autres, la sensation reste dans l’ordre des choses, si familière qu’il l’oublie.

Plié en deux, hilare, le pirate finit par reprendre son souffle gentiment. Puis il se redresse, fait craquer sa colonne vertébrale, jette un oeil aux alentours et, avisant un arbre qu’il reconnaît, tend la main pour en cueillir un fruit mûr que le soleil a gonflé. La Jungle sauvage est d’un calme effarant, comme si la chaleur assommait les bestioles qui y grouillaient. D’un pas beaucoup moins pressé, Lòng se remet en marche. Evoluant au milieu d’un calme factice, il porte à la bouche le fruit et le crève de ses dents, laissant un jus sucré lui maculer la gueule. Le pirate s’en fout : sa soif s’apaise légèrement, sa faim aussi et pourtant quelque chose manque, quelque chose ne va pas. La photo dans sa poche, toujours là, le démange.

Les jours se suivent et se ressemblent, baignant dans le sang. Les prunelles du Dragon s’illuminent lorsqu’il réalise ce qui lui manque, ce qu’il croit lui manquer : un massacre pour transposer la lassitude, faire passer la souffrance.

Déglutition. D’un geste expéditif, l’asiatique s’essuie le menton et crache le noyau. Dans quelques temps, il y aura le crépuscule : les Perdus restent dans l’Arbre le soir, Lòng n’a aucun intérêt de rester et puis, il a des tours de garde à faire, aussi. Mais plus loin - s’il ne se trompe pas - il y a la rivière. Peut-être là-bas trouvera-t-il de quoi égayer sa journée, tuer le temps un peu plus longtemps. Le pirate se fige trois secondes, puis reprend son pas plus vivement : c’est décidé, un petit détour à sa course vers le néant ne peut que lui faire du bien.

Bientôt, le murmure de la Rivière Mystérieuse se fait entendre, augmentant alors que le Dragon, devenu furtif et fourbe, s’approche. Entre les branches, il aperçoit l’eau qui miroite et surtout... la silhouette qui s’y pavane. Une femelle, il lui semble mais l’eau - et la fille aussi d’ailleurs - lui renvoient des éclats de soleil qui l’aveuglent, l’empêchant de bien voir. Alors, vérifiant que ses armes sont bien à sa ceinture, le Dragon sort de la lisière, s’approchant de la rive, sourire aux lèvres. C’est immédiat : tout dans son attitude suggère soudainement la gentillesse d’un grand frère, une gentillesse qui contraste avec son allure de pirate.

Mais Lòng a choisi le mauvais déguisement : dans l’eau, ce n’est pas une enfant, c’est même loin d’être le cas. Trop tard, le Dragon est sorti du bois. Alors, mains dans les poches et camouflant au mieux l’insidieuse sensation de malaise qui s’est emparé de lui, l’asiatique s’approche de la Sirène, l’observant avec une neutralité aussi feinte que faussement inoffensive, attitude de façade pour ne pas montrer la peur qu’éprouve une potentielle proie devant un potentiel prédateur.

Merde, Lòng, quel con tu fais aussi.

C’était un peu tard pour se dire ce genre de choses. D’une voix amicale, le pirate établit le contact :

- Bonjour.

Voilà, le premier mot avait été dit. Les politesses échangées, il ne manquerait plus de savoir lequel mangerait l’autre en premier.






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MessageSujet: Re: Être et Paraître   Être et Paraître EmptyDim 16 Nov 2014 - 0:16

Un ricanement. Grave, méchant. C’était exactement ça. Un rire vilain qui accompagnait ses mains crispés dans les airs, ses doigts crochus. Un regard aliéné, délirant. C’était exactement ça. La Précieuse ne se lassait pas de ce petit jeu vaniteux, et se complaisait sans retenue dans la contemplation de son propre reflet. Qu’elle voyait à peine en réalité, comme il ne lui renvoyait que l’éclat d’une couche épaisse de bijoux et autres pierreries en tout genre. Voilà sûrement pourquoi il y avait peu de chance pour que l’Orgueilleuse se décide finalement à détourner les yeux.

Elle en faisait des manies. Un rejet de cheveux par ci, une mèche qu’elle faisait disparaître de son visage par un habile tour de main, une épaule un peu en avant, le bras dans une position ou dans une autre. Et puis elle gloussait, et sa queue remuait de joie. Emeraude jouait. Emeraude jouait à être ce qu’elle n’était pas. Une grande dame. Mais elle avait le jeu malsain, le geste frivole, une idée finalement assez vague et illusoire de ce qu’elle s’appliquait à imiter, restant malgré l’effort dans le superflu. A dire vrai cela lui demandait un temps et une énergie folle. Ca n’avait l’air de rien non, mais pour la Précieuse, c’était tout un art. Un jeu sérieux où l’élève essaye d’apprendre du maître, et c’était ce qu’elle essayait en vain de faire. Après tout, les grandes dames, ça ne courrait pas les rues, les tableaux peut-être, mais elle avait beau rester planté des heures devant les portraits de Madame de Montespan et de Marie-Antoinette, cela ne lui servait franchement à rien. Tout au plus elle en rêvait.

Marie-Antoinette l’inspirait beaucoup. Bien sûr elle ignorait tout du personnage jusqu’à son nom ! Mais elle inventait. La reine était belle comme une sirène, et une innovatrice en matière de coiffure. Aussi se promenait-elle dernièrement avec une énorme choucroute de cheveux ornée d’une couronne de perles blanches sur la tête. C’était un édifice assez conséquent. Enorme même. Avec des boucles qui lui tombaient sur la nuque, des boucles aussi grosses que des bigoudis. Franchement c’était à se demander comment on pouvait réussir à nager, braver mers et océans avec un truc aussi massif sur le haut du crâne. Nul doute qu’elle avait dû y passer des heures. Mais c’était parfait. Ridiculement parfait pour une stérile imitation de son modèle préféré. Et c’était la raison pour laquelle son arrogance semblait atteindre des sommets.

Elle s’était pavanée durant des heures peut-être. Mais les moqueries de ses sœurs devant sa choucroute de cheveux l’avaient franchement vexée. Emeraude, au contraire de Marie-Antoinette, ne lançait pas la mode chez ses paires. Et bien que certaines s’étaient hâtées à l’imiter pour le jeu, ou bien que d’autres y virent réellement une forme d’esthétisme, cela ne lui plut pas. Mais alors pas du tout. Vous savez bien comment elle fait la Précieuse. Elle défile devant ce qui lui semble être ses sujets, on la critique, on la copie, bien mal en plus. On se fait des choux plus petits ou voir encore plus gros sur la caboche, et ça ne va pas du tout. Mais alors pas du tout. Parce que la Précieuse n’a plus le monopole, et ça lui déplait. Souverainement. Ca s’isole, ça change de coin, de public, et ça se dit que de toute façon la plus belle des Marie-Antoinette, s’il devait y en avoir une, ce serait certainement elle, et que de toute façon ce genre de coiffures ne peut pas aller à tout le monde. On a une tête de choucroute ou on ne l’a pas. Voilà tout.

Et puis. La solitude avait bien là encore raison des âmes un peu bougonnes. La rivière lui avait fait retrouver sa joie, son euphorie. Et surtout son envie de jouer à son jeu favori : paraître.

Aussi ne fut-elle nullement ennuyée lorsqu’on vint la rejoindre dans la partie. Elle le sentit arriver. Elle ignora certainement ce qui aurait pu la déranger. Elle se décida à oublier l’espace d’un moment qu’elle n’était qu’un prédateur affamé, au sommet de la chaîne alimentaire, le bide rempli de cailloux.

- Huum.

Très honnêtement. Il était difficile de savoir ce qu’elle voulait vraiment dire par là. Un bonjour ? Non pas vraiment. Mais elle s’était retournée, toute fière de montrer une fois encore sa coiffure. Pourtant, on n’aurait pas su deviner si elle semblait plutôt agacée par le fait de découvrir un homme, et donc comprenez bien, un être clairement inférieur, ou si elle devait ressentir de la fierté à dévoiler toute l’étendue de sa remarquable personne, de son prestige, de son aura.

La Précieuse releva sa tête. Un geste qu’elle voulut empreint de dignité, mais qui contrastait bizarrement avec le volume de sa tignasse enroulée. Sa figure à moitié tournée vers lui, ses lèvres donnèrent l’impression de s’élargir. Son charme était reconnaissable entre tous, léger, maladroit et fantaisiste, d’une tendre folie.

- Plait-il ? Je ne crois pas avoir reçu de baise-main.

Elle tendit sa main en direction de l'inconnu comme elle le voyait approcher.

Puis sa bouche se fit toute ronde. La brave voulait se donner plus d'allure. Parce qu'elle était grandeur, honneur. Elle devait se comporter de la sorte. Elle pinça les lèvres, tout un manège pour signaler qu'elle était en parfait raccord avec ce que tout le monde pensait. Vous savez. Les voix dans sa tête.

- Et vous pourriez m'offrir quelque chose, oui faîtes-moi plaisir ! Ou je pourrai vous chanter une chanson... 

Et puis une grande dame, ou un monstre, qu'importe, ça pouvait bien se permettre un petit coup de chantage de temps en temps, exiger ce que ça voulait, ça en avait bien les moyens.
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MessageSujet: Re: Être et Paraître   Être et Paraître EmptyMar 18 Nov 2014 - 23:03



Buste de femme, queue de poisson, c’est bien d’une Sirène dont il s’agit, une créature qui le gratifie d’un "Huum" que Lòng oublie aussitôt, distrait par l’apparence de cette chose qui s’est tournée pour lui faire face.

Belle et grotesque, grotesquement belle avec les dizaines de bijoux dont elle a paré son corps, bijoux qui luisent, éblouissent. Et, sur son crâne, une montagne de cheveux relevés, bouclés, disciplinés avec un soin que le pirate devine maniaque, édifice à la mémoire d’une folie qui se reflète dans les gestes de la créature, dans sa voix alors qu’elle s’adresse à lui.

- Plait-il ? Je ne crois pas avoir reçu de baise-main.

Elle n’est que mimiques, cette Sirène. Que tics, que ridicule et splendeur, charme rococo stupidement efficace, fantastique en quelque sorte. Lòng l’observe, un sourire toujours figé sur ses lèvres alors qu’elle tend sa main vers lui. Il s’arrête avant de pouvoir la toucher, prenant garde à rester hors de portée, prêt à se boucher les oreilles au cas où.

Le poisson reprend :

- Et vous pourriez m'offrir quelque chose, oui faîtes-moi plaisir ! Ou je pourrai vous chanter une chanson...

Et merde.

Si Lòng n’était pas si sûr de lui, il jurerait qu’elle peut sentir sa peur. Mais c’est impossible, il préfère le penser : après tout, cette saleté peut très bien simplement avoir envie de jouer... une envie que le Dragon peut comprendre, puisque sa vie n’est que jeu, que succession d’instants faussement distrayants. Son regard s’attarde encore un instant sur l’impressionnante coiffure de la dame, puis le pirate fait un pas, s’avança cérémonieusement et s’inclinant, saisissant la main de la Sirène pour en embrasser le dos avec une douceur effrayante, une précaution qui vous donne l’impression que la dernière chose que l’on voudrait vous faire serait de vous blesser.

On ne s’attarde pas, on résiste à la tentation de transpercer cette main d’un coup de poignard. Se redressant, l’asiatique fixe la Sirène et déclare d’un ton sentencieux, empli d’un cérémonial aussi grotesque que l’allure de la créature qui lui fait face :

- Je n’ai hélas pour vous distraire que des compliments, Dame.

Une lueur étrange, presque espiègle, danse dans ses yeux d’orage.

- Il faut dire que jamais je n’ai eu l’occasion d’admirer une telle allure. Cette coiffure... ces bijoux...

Son sourire se fait enjôleur lorsqu’il conclut :

- ... vous avez vraiment - si vous me permettez l’expression - une classe folle.

Difficile à dire s’il le pense vraiment ton son attitude transpire l’humilité et la bienveillance. C’est là tout le problème avec le Dragon : il n’hésite pas à jouer avec les travers, encourager la déviance tant que c’est dans son intérêt. Et là, l’enjeu est de taille : sa survie, sa vie.

C’est pour ça qu’il ne court pas.

Au contraire, qu’il fait un pas de plus vers cette apparition qui scintille sous le soleil de l’après-midi.






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MessageSujet: Re: Être et Paraître   Être et Paraître EmptySam 22 Nov 2014 - 17:26

La Précieuse voit sa main emprisonnée dans celle de l’autre. Elle remarque à peine ces lèvres se posaient tout contre sa peau. Elle sent le doux contact. Ca ne la surprend pas réellement, ça ne lui déplaît pas complètement. Mais elle ne ressent rien. La tension est palpable. Ce sont ses yeux à lui qu’elle fixe, ce sourire qui se veut bienveillant mais qui frise l’insolence qu’elle devine. La créature se montre alerte, prête à se défendre contre les bassesses du pirate. Car Emeraude comprend ce qui se trémousse docilement devant elle. Ce n’est pas un garçon perdu, ce n’est pas tout à fait la même odeur. C’est plus malsain encore, plus dangereux, plus grave. Ca sent la sournoiserie, une odeur de vieille canaille. Il sent mauvais, comme tous les autres. Et puis, c’est cette apparence que la Précieuse ne juge pas vraiment naturelle. Le pirate se montre galant pourtant. Cela lui plaît, l’extrême douceur avec laquelle il la touche lui arrache malgré elle un petit rictus, ravi. Mais ça l’agace dans le fond, la courtoisie du pirate est toute artificielle. Emeraude sent ces choses-là. Elle ne connaît pas d’homme galant. Les femmes sont plus douées, elle en est convaincue. Pourtant ses traits s’adoucissent l’espace de quelques secondes. Le misérable s’incline devant elle, lui baise la main, sage. Voilà l’image parfaite de l’homme.

Et à partir du moment où le pirate se redresse, la méfiance s’évanouie comme elle est venue. Disparaissant sans crier gare par la plus hypocrite des attaques. L’attitude du pirate lui plaît. Elle accueille les mots volontiers. Ca ne ressemble plus tellement à un jeu, ce dernier se mêlant allégrement à sa réalité rêvée.

Cependant Emeraude n’aime pas les pirates. A peine la sirène récupère-t-elle sa main qu’elle la plonge dans l’eau, faisant mine de purifier l’endroit où les lèvres de l’humain se sont posées. Non réellement. Les pirates ont un effet révulsant. Emeraude n’aime ni leurs mauvaises manies ni leur brutalité à l’antipode de la grâce parfaite qu’elle recherche frénétiquement. Mais la Précieuse aime mieux sa personne plus qu’elle ne déteste les grossiers personnages. Alors elle laisse faire. Les mots se font aspirer par l’imposante coiffure qui paraît mystérieusement tripler de volume. Les compliments la gonflent d’orgueil. La monstrueuse choucroute seule respire l’insolence, l’arrogance.

La sirène souleva sa queue, qu’elle peina à sortir hors de l’eau tant celle-ci était massive. C’était qu’il s’agissait d’une queue plutôt imposante, tant par la multitude d’émeraudes qui y étaient nichées que par son poids alourdi par son petit régime particulier.

- Dites-m’en plus. Beaucoup plus.

La Précieuse brossait sa queue tout en l’exposant soigneusement au nez à la vue de son interlocuteur, mais pas seulement, elle s’était entièrement retournée, dévoilant sans pudeur la seule partie de son corps encore humaine, ruisselant de petites gouttes d’eau, fraîche sous les lourds rayons de soleil, cherchant visiblement à plaire, glaner encore quelques compliments. Parler encore de vanité. Reconnaître son écrasante beauté.

Elle se fit suave.

- Ce sont des émeraudes. Je suis certaine que vous n’en n’avez jamais vu d’aussi belles… On dit que les pirates sont attirés par les trésors… Voulez-vous toucher ?

Et le jeu taquin était revenu. On aurait pu la trouver séduisante, et elle l’était sûrement au même titre que ses paires, elle aimait tellement plaire… Mais la parade envers le mâle ne restait toujours que moquerie, perfidie. Alors en même temps qu’il avançait d’un pas, elle ne manqua pas de glisser cette remarque. Faussement ingénue.

- Savez-vous que la viande préférée des sirènes provient des pirates ?

Elle le testait, cherchant malicieusement à le déstabiliser.

Emeraude ne reculait pas, se laissait à son tour docilement approcher. Mais un curieux processus de réciprocité s’enclencha. Celui qui lui portait tant d’intérêt sembla enfin gratifier en retour. La sirène l’identifia. Au-delà d’une odeur, d’une vision fragmentée, elle le regarda réellement et dans son entièreté. Ses pupilles luisantes fixaient sans vergogne pour la première fois. Et quelque chose la piqua, l’intrigua.

- Qu’est-ce que c’est ?

Elle posa un bras devant elle, puis un autre. Ils étaient déjà tout proches, mais la sirène se traîna un peu plus, s’avançant de la même manière. Et quelque chose changea dans le visage de l’Emeraude. Quelque chose de moins précieux, plus habituel des sirènes. De la curiosité. Espiègle. L’homme restait plus grand qu’elle, et la sirène ne pouvait que rester agenouillée juste en-dessous de lui. Et la garde parut momentanément baissée. La tête relevée, elle tendit un bras en l’air, cherchant visiblement à toucher quelque chose, ou plutôt quelqu’un, que sa condition ne lui permettait pas d’atteindre.

- Quel drôle de visage vous  avez là ! La voix était agitée. C’était quelque chose de nouveau, de perturbant, d’amusant. Montrez-le moi, montrez-le moi !
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MessageSujet: Re: Être et Paraître   Être et Paraître EmptyJeu 27 Nov 2014 - 23:29



A peine l’a-t-il lâchée que la créature plonge sa main dans l’eau comme pour la laver de la souillure. L’expression neutre mais le regard bienveillant, Lòng l’observe sans broncher. Il voit bien, il sent que la sirène se méfie mais ne change pas d’attitude, glissant lentement de plus en plus proche, toujours plus près de la prédatrice. Ses mots fonctionnent, il voit l’expression de la sirène s’adoucir presque imperceptiblement. Le jeu des apparence est un jeu subtil, jeu auquel ni l’un ni l’autre ne semble vouloir céder de terrain et - étonnement - le pirate se surprend presque à éprouver une sorte d’excitation pour cette nouvelle forme de jeu.

Il n’est qu’un enfant un peu grand, après tout.

Emergeant de l’eau avec une grâce lourde, la queue de la sirène lui renvoya l’éclat du soleil, le forçant à se déplacer légèrement. L’appendice semble lourd ; au vu des pierres précieuses qui le parsèment, enfoncées entre les écailles comme de ridicules vis de luxe, c’est compréhensible. Un éclat étrange passe dans les yeux du matelot : c’était donc ça qui brillait dans la Rivière, sous la surface aqueuse.

- Dites-m’en plus. Beaucoup plus.

Et la femme-poisson se tourne vers lui, lui dévoilant la partie la plus humaine de son anatomie. C’est automatique et il ne s’en cache pas : sans fausse pudeur, l’asiatique contemple la prédatrice dans son ensemble puis s’attarde quelques instants sur la poitrine dévoilée qu’elle offre à sa vue. Quelques instants seulement : la sirène reste tentatrice, prédatrice et s’il se doute bien qu’elle ne va pas le noyer dans une rivière, Lòng préfère garder les yeux sur la bouche de cette dernière, s’assurer que le chant maudit n’en sortira pas.

Se fendant d’un sourire appréciateur, seul geste sincère au milieu d’un océan de paraître, le pirate s’incline légèrement, laissant le miel couler entre ses dents.

- Vous êtes belle, infiniment belle et tentante. L’éclat des pierres que vous portez renforce votre charme, bien qu’il ne puisse surpasser celui de vos yeux.

C’est ça, joue au bouffon, Dragon. Fais comme tu l’as fait avec Hoa, ronronne pour obtenir ce que tu veux, même si tu mens.

La créature reprend :

- Ce sont des émeraudes. Je suis certaine que vous n’en n’avez jamais vu d’aussi belles… On dit que les pirates sont attirés par les trésors… Voulez-vous toucher ?

C’est qu’elle se rit de lui et de ses pulsions, la salope. Pourtant Lòng ne s’en offusque pas, parce qu’ils jouent. Rien de ce qu’ils disent n’est vrai, c’était un jeu, une parade grotesque. Il fait un pas de plus.

- Savez-vous que la viande préférée des sirènes provient des pirates ?

Le Dragon se contente de rire légèrement. Son coeur bat plus vite mais il met un point d’honneur à ne rien laisser paraître, persuadé que cela signifierait sa fin. D’une voix un peu éraillée, la gorge sèche, il répond alors :

- Oui, j’en ai entendu parler.

Le voilà près, vraiment trop près à présent, presque sur la rive. Et la créature le fixe avec une intensité qui le dérange. Il ne détourne pas le regard pour autant, c’est ce qui lui permet de voir la curiosité soudaine dans les yeux de la sirène.

- Qu’est-ce que c’est ?

Elle s’avance et, là où terre et mer se heurtent le pirate se retrouve au-dessus d’elle, à la regarder de haut, regarder l’étonnement se peindre sur ses traits. Il est vrai que les sirènes ressemblent, elles aussi, à des enfants devant quelque chose qu’elles ne connaissent pas.

Une main s’agite vers lui, tente de l’atteindre. Luttant contre l’envie de donner un bon coup de pied à cette créature devenue gesticulante, Lòng attend de comprendre ce qui, en lui, peut provoquer une telle réaction chez elle.

- Quel drôle de visage vous avez là ! Montrez-le moi, montrez-le moi !

Il comprend aussitôt.

Le geste est rapide, la poigne violente. L’une des mains du pirate sort de sa manche, venant saisir le poignet de la sirène qu’il enserre fort, le maintenant légèrement en l’air. Mais la tension est temporaire, ne dure qu’une fraction de seconde : se penchant, il abaisse le poignet et pose la main étrangère contre sa joue avec une douceur presque indécente comparé à la brusquerie de son geste précédent. Son sourire s’est fait étrange, mélange d’amertume, de cruauté et de tendresse.

- La forme de mes yeux, la couleur de ma peau vous intrigue-t-elle donc tellement ?

Oui, il l’a comprise sans avoir besoin d’explications. Il y a de tout au Pays, bien sûr, pourtant même là, il est impossible au pirate d’oublier ses racines, d’oublier qu’il n’est pas Blanc. Cela reste une fierté, une part de son identité qu’il ne peut ignorer et il ne le veut pas : cette haine-là, souvenir d’une vie passée, est restée ancrée en lui. Fermement.

C’est pour ça qu’il comprend.

- Regardez. Regardez donc. Murmure-t-il en lâchant la main de la sirène, la laissant palper son visage à sa guise. Et à nouveau, malgré le danger, le Dragon sent une étrange fierté se mêlé à la rage qui bout en lui. Dans les yeux de la créature, il ne voit que de la curiosité. Une curiosité enfantine. Inoffensive.

Dans ces conditions-là, pourquoi ne pas lui donner ce qu’elle veut ?






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MessageSujet: Re: Être et Paraître   Être et Paraître EmptyMer 18 Mar 2015 - 16:20

The End


Un jeu de séduction se noua entre eux
Mais la sirène ne put croquer le beau matelot
Et ce dernier n'eut pas l'occasion de l'approcher dans l'eau.
Des prédateurs se ruèrent à leur rencontre
Les obligeant, chacun, à trouver un abri
.


FIN DE L'AVENTURE




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