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Trouble
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MessageSujet: Goats have legs [Grudge]   Dim 27 Mar 2016 - 18:30

Elle allait quand même pas risquer son cul pour sauver la peau de cet abruti de roi ?
C'était pour ça qu'elle n'avait pris part à aucune des expéditions organisées sur l'île. Elle avait pas que ça à faire; de toute façon aucun Révolté n'y avait pris part. Fallait pas les prendre pour des cons; elle était restée bien tranquille à la forge, à continuer son taff. Les autres étaient juste des foutus branleurs qui préféraient aller s'éclater à causer avec des nuages ou avec des esprits, plutôt que de faire ce à quoi ils étaient assignés. Pourtant comme c'était pas son trip à elle de les juger, elle se contentait d'attendre leur retour.

Le retour de Grudge. Entre autres, bien sûr, mais c'était quand même Grudge qu'elle attendait le plus. Dude elle en avait rien à cirer de lui, il pourrait crever que ça l'arrangerait, même. C'était qu'un petit con.
Alors, mine de rien, elle levait de temps en temps les yeux de l'épée qu'elle réparait, voire si quelqu'un entrait. Vaguement. C'est qu'elle était pas si mal, dans la forge. Tous les Armuriers avaient foutu le camp pour sauver le monde, et elle était bien peinarde, toute seule. Personne pour l'emmerder, elle ne pouvait s'énerver que sur elle même ou sur ce qu'elle avait entre les mains. Ça changeait et c'était pas plus mal.
Bon, il restait Moon, mais c'était pas le genre à faire du bruit, quoi.

Alors, quand enfin la Bombe se pointa, elle fut soulagée et contrie à la fois.
Mais Grudge était bizarre. Trouble en la voyant ne sourit pas, ne fit pas de geste accueillant. Elle ne lui ouvrit pas grand les bras. Elle ne la salua même pas, elle se contenta de la fixer, en cherchant vainement à comprendre ce qui avait pu se passer. Elle était pas médium, et lire dans les pensées c'était, genre, absolument pas son truc. En tous cas elle avait l'air chamboulée.
Et merde. Sa mission c'était pas de trouver le roi et de le faire chialer? Ça avait été si dur que ça?

Trouble fronça les sourcils et posa son marteau sur l'enclume. L'épée chauffée à blanc tomba en fracas sur le sol, elle ne prit même pas la peine de la ramasser.
Elle en avait RIEN à péter.
Y'avait bien plus urgent.
Elle s'approcha de sa collègue, tendit le bras vers elle et ouvrit la bouche pour parler. Sa voix était rauque et desséchée, à force de ne pas être utilisée.

— Grudge.

L'Épouvantail se gratta la tête machinalement.

— C'est bon, il a chialé?

Elle le savait. Elle avait bien entendu la pluie dehors. Puis, y'avait l'odeur si caractéristique qui flottait dans l'air, et il faisait bien moins chaud. Et elle voyait bien que la Bombe était trempée. Elle tenta de sourire un peu, mais ça se voyait que c'était forcé. En plus Grudge avait pas grand chose contre Peter, il lui semblait. Au contraire, même. Bah.

— Ça a pas l'air d'aller.

HRP:
 








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MessageSujet: Re: Goats have legs [Grudge]   Dim 27 Mar 2016 - 18:51



Goats have legs

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Elle venait de récupérer le collier. Il était là, inerte, dans son poing. Il ne brillait plus et n’occasionnait plus un seul tourment à son âme. Il ne vivait plus mais le souvenir était encore là, celui de Valentine et de sa voix, comme des visages qui se succédaient sous l’eau, à la demande de cette sirène en proue de navire, reniflant piteusement leurs âmes écorchés de tristesse. A cela s’ajoutaient désormais les récents évènements dont ils revenaient juste. Grudge s’était refusée à approcher Peter, même à lui présenter des excuses, convaincue que ses mots, à cet instant, n’avaient de toute façon aucune valeur – et comment auraient-ils pu en avoir ? Qu’on la fasse retourner dans le passé, elle agirait encore de même, pour suivre la mission donnée par les carpes, pour faire honneur au poids qui avait reposé sur ses épaules du moment qu’elle avait saisi le collier donné par la sirène.

Seulement, il n’y avait plus d’honneur. Encore moins de fierté. Elle était là, à trainer des pieds dans la boue, la pluie martelant sa tresse, sa nuque, ses épaules, comme des petites piques, des accusations, sur ce qu’elle avait dû faire – et pousser les autres à faire – histoire qu’ils puissent survivre.

Grudge n’en menait pas large. Le front blême. Le regard vide. Les lèvres molles de toute protestation, elle semblait douchée de son mauvais caractère et retourna à la forge, le pas presque automatique, sans vraiment y penser. C’était là sa place, son travail, qu’elle avait beaucoup trop ignoré avec cette canicule. Il n’y avait pas de repos à prendre – quoique le soir-même, elle tomberait sans doute comme une masse pour dormir trois jours durant. En cet instant, elle était là – enfin, là... – et quand elle poussa la porte de la forge, découvrant la seule silhouette de Trouble, occupée à battre le fer chaud d’une épée, elle ne put ni lui parler, ni lui sourire, ni la rassurer.

Ca bourdonnait dans sa tête. Ca bourdonnait et criait et vrillait comme des flashs de culpabilité mêlée de peur. Elle sentait encore sur sa gorge la lame du couteau de Pan, ayant manqué de trancher sa chair. La mort qu’elle avait vu dans son regard devenu fou puis sa flamme vacillante, passant de rouge à bleutée. Elle avait entendu les murmures de Dusk, puis ceux de Mirka, quand Shifty l’avait relâché. Et ne parvenait pas à s’inquiéter pour la pirate qu’elle avait enjoint à fuir, pour se protéger.

Pour reprendre sa place de serveuse. A croire que chaque chose, finalement, s’en retournait à sa place pour mieux faire l’effort d’oublier.

La voix de Trouble perça ses tempes. Et comme à son habitude, Grudge grimaça à peine. Avant de relever les yeux sur la petite fille, avec son mauvais caractère et sa manière de parler qui lui faisait grincer des dents, sans qu’elle puisse s’en empêcher. Elle l’aimait bien pourtant, cette petite grenade aussi prête à exploser qu’elle l’était elle-même. Mais aujourd’hui, l’armurière n’avait pas la force de combattre.

« Tu entends non ? » Répondit-elle sans oser clamer que oui, ils avaient réussi.

Au fond, non. Ils n’avaient rien réussi. Peter était malheureux. Et y’avait juste de quoi avoir honte.

Comme de prendre le pain de la bouche d’un autre pour pas crever de faim soi-même. Rien d’idéal dans ça.

« Sharpy est là ? » Où était donc son chef tiens. Elle n’avait aucune idée de s’il avait participé à l’une des expéditions mais ne se sentait pas capable de lui en vouloir pour son possible absentéisme.

Mais Grudge fronça du nez. Et redressant un peu la tête, elle chercha du regard ce qui clochait « Qu’est ce que… » l’origine de cette odeur de

« Bon sang ! » Brulé.

L’épée, chauffée à blanc et tombant au sol, venait d’heurter les lattes en bois et tout en imprimant sa marque, commençait à peine à les consumer. Grudge se précipita, étrangement vive après tout ça, ramassant un drap épais faute d’avoir de l’eau. Pour choper l’épée à la garde, la posant brutalement sur la table et sur la pièce de métal qui leur servait de soutien et de pince. Piétinant les braises à terre, elle étouffa le début d’incendie, tournant un regard furibond sur Trouble.

« C’est à ça que tu sers alors ? Foutre le feu ici pendant que d’autres – » Elle s’interrompit, brutalement. Le souffle court. Le regard malheureux. « Merde. »

Pour mieux chuchoter. « J’suis désolé. Non. Ça s’est pas bien passé. Pas bien du tout. » Maigre aveu.





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MessageSujet: Re: Goats have legs [Grudge]   Dim 27 Mar 2016 - 20:16

Bien sûr qu'elle entendait. Un jour Trouble apprendrait à se débarrasser des convenances, et à venir droit au but, de toute façon quel intérêt de poser des questions dont les réponses l'intéressaient même pas? Rien à foutre d'être courtoise, à la fin. Ça l'énervait que Grudge lui parle comme ça. Ça l'énervait qu'elle parle de Sharpy.

— Nan, il est pas là, il est allé se mettre bien au pays des arcs en ciel, ce branleur.

Elle avait la rage quand elle cracha ses mots. Sharpy aussi, elle l'emmerdait. TOTALEMENT. Mais c'est là que ça tournait au vinaigre. Grudge se précipita, tout alla un peu trop vite. Ça sentait le cramé, ouais, possible. Trouble l'avait peut être senti, mais elle avait rien à péter, alors elle avait fait abstraction. Pis la Bombe semblait disposée à réparer les conneries de l'autre, jetant un drap par dessus, ramassant l'épée, la posant ailleurs. Éteignant les braises. Somme toute, Trouble aurait pu s'excuser. Elle aurait pu remercier, aussi. Génial, un incendie évité. Même si, si la forge cramait, ça lui ferait ni chaud ni froid.

Mais voilà, elle pouvait pas s'en contenter. Oh, non c'était trop lui en demander! Fallait qu'elle la regarde vénère et qu'elle l'engueule.
L'Épouvantail haïssait qu'on lui fasse des reproches.

— JE T'EMMERDE, D'ACCORD?

Elle avança comme pour intimider la jeune fille brune. Comme pour la repousser, mais elle ne la toucha pas.

— J'ai pas que ça à foutre de ma vie d'aller gambader avec des poneys multicolores et réparer les conneries de ce foutu chiard, d'accord?! Moi, je bosse au moins! Tu peux en dire autant?! Nan?! Alors va t'faire foutre!!

Trouble ne capta pas le regard désespéré de son aînée. Nan, c'était trop tard. Elle était déjà excédée, d'ailleurs elle lâcha un soupir qui ressemblait plus au souffle d'un buffle en colère. Du chuchotement elle n'entendit que la dernière phrase.

—Pas bien du tout.

La plus jeune fit un geste dédaigneux de la main. Ah ouais, elle allait mal? Bah tant pis pour sa gueule!! Elle cracha avec une fausse pitié, le regard plein de mépris:

— Pauvre petite, tu veux un mouchoir??








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MessageSujet: Re: Goats have legs [Grudge]   Lun 28 Mar 2016 - 21:00



Goats have legs

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Trouble s’était avancée, dans le but de la faire reculer mais Grudge ne rentra pas dans son jeu, se contentant de fixer la gamine avec la même placidité effacée qu’en arrivant. Elle n’avait jamais levé la main sur quiconque, aucun enfant, même ceux qui s’étaient amusés à lui chercher des noises. Si Trouble la frappait, la Bombe ne lui rendrait aucun coup. Mais ça ne l’empêcherait pas de répliquer à ses gueulantes non méritées.

Elle était comme ça, la grenade. A exploser au premier détail venu. Un fichu caractère finalement bien pire que le sien. Avec ses injures pleins la bouche et son envie d’en découdre, l’Epouvantail semblait en guerre contre tout le monde et dans ces moments là, Grudge ne parvenait pas à la raisonner. Elle ne pouvait que la contrer, en punching-ball officiel, victime consentante qui se disait sans doute que ça leur faisait du bien, à toutes les deux, de se farcir deux trois répliques dans le nez comme d’autres se prenaient des droites, là-bas dans l’Arène.

Aussi laissa-t-elle la tristesse disparaître pour laisser place à une vendetta toute personnelle, de propos outrés, vifs et visant à l’enguirlander.

« Moi je bosse pas ? MOI JE BOSSE PAS ? »

Elevant la voix au sein de l’Armurerie, comme elle l’avait toujours fait.

« Je suis ici tout le temps ! Tous les jours ! Je trime je bosse je conçois je dessine, toi-même tu le sais ! Tu m’as vu, dormir ici, me réveiller ici, bouffer ici et j’en passe ! J’ai le nez dans mes projets et je suis bosseuse plus que quiconque ici ! Alors c’est pas parce que je trouve occupée avec une épée que tu peux la ramener à me donner des leçons ! Quand t’es pas trop concernée par gueuler sur chaque personne qui passe ici tu fous quoi hein Trouble ?! Si tu tapais aussi fort que ce que tu cries, peut-être que tu serais plus efficace, ouais ! »

Son poing frappa l’établi, et la douleur lui remonta dans le poignet, jusqu’à l’épaule. Mais ça faisait étrangement du bien et son souffle se précipita, dans cette course folle, à bride rabattue pour maitriser à nouveau ses sentiments et reprendre enfin l’identité de celle qui avait toujours été fidèle aux concepts de l’Arbre, à l’innocence des enfants.

« Je te parlais pas de moi alors fous toi aux fesses ta petite pitié et tes piques, je n’en ai rien à battre Trouble ! J’ai pas besoin de mouchoir ni de l’épaule de personne, contrairement à Pan qu’on est effectivement allé faire chialer ouais ! Que les choses redeviennent comme avant ! Parce que cette pluie, là, NON, c’est - PAS - l’AVANT ! Alors commence pas à l’insulter, à le traiter d’chiard ou je sais pas quoi ! T’es bien contente d’être ici non ? T’es pas contente ! Alors bosse dur, trime, fais toi aimer, deviens une mère, et une fois fait, CASSE TOI D’ICI ! Plutôt que de foutre le feu et bousiller l’endroit qui te donne une raison de vivre ! »

L’épée refroidissait enfin sur son établi. Et avec elle, sa colère diminua à peine. La main refermée sur le collier, le visage pourpre et non plus blême, Grudge eut un grognement, les jambes en coton, le cœur battant à tout rompre.

« Des poneys et des arcs-en-ciel, je t’en ficherai moi – comme si c’était aussi simple ! »

Et Sharpy qui n’était même pas là, cet enfoiré d’inutile, bien évidemment !





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MessageSujet: Re: Goats have legs [Grudge]   Dim 3 Avr 2016 - 18:50

La tempête pouvait commencer, c'était prévisible.
Et elle aimait ça.
Grudge s'échauffa, démarra, s'enflamma. On aurait dit un incendie qui prend dans un tas de feuilles mortes. Tout grille trop vite pour qu'on l'éteigne. Ça lui faisait un peu cet effet. Et ça faisait longtemps qu'elle s'était pas fritée avec quelqu'un. Qu'elle s'était pas fait engueuler comme du poisson pourri, pour dire la vérité, parce que c'était bien ce que faisait la Bombe. Elle lui balançait ses quatre vérités à la gueule, d'une traite, elle relâchait un espèce de gros paquet qui devait lui moisir dans le bide, sans s'arrêter.

Une genre d'onde de choc, qui fit reculer d'un ou deux pas Trouble.
Qui l'avait rendue un instant muette, plantée comme deux ronds de flan.
Jusqu'à ce que le poing de son aînée s'écrase bruyamment sur un établi.
L'Épouvantail sursauta, elle reprit conscience en quelque sorte. La vague de cris reprit de plus belle, cette fois elle ne fut pas décontenancée. Ses traits se durcirent à nouveau, elle serra les poings. Ses sourcils se froncèrent, mais tout ce qui sortit à la fin de la tirade de Grudge fut cette protestation pathétique:

— Mais j'ai même pas fait exprès !

De là les phrases fusèrent.

— J'en ai rien à branler et tu sais très bien que j'ai pas que ça à foutre de torcher des mômes! Je reste, si t'es pas contente j'en ai rien à branler NON PLUS! Et puis, tu peux parler! Tu pourrais aussi te barrer, j'te signale, plutôt que de râler et de chialer contre ce tocard de Sharpy de mes couilles ! Tu l'aimes pas, tu l'aimes pas, arrête de te lamenter, dégage! T'as pas besoin d'être ici pour faire tes canons et tes pièges. Alors quoi? T'es attachée? T'ES ATTACHÉE, Grudge?

À son tour d'avoir la respiration haletante, le souffle court. Elle avait presque des remords de toucher des points sensibles.
Mais tant pis.

— Je sais pas, moi! Fais pas genre que t'es contente d'être là. Fais pas semblant. On peut pas être content, c'est pas possible. C'est...

Sa voix s'éteignit. Elle baissa la tête vers ses pieds. Plus un mot. Son coeur lui déchirait la poitrine, à cogner comme un dingue. Elle allait pas s'excuser, elle aurait pu. Elle ne le fit pas parce que quelque part elle ne savait pas faire. Quelque part ça l'emmerderait bien, parce que la libanaise n'avait pas été tendre non plus. Sa vue se brouilla un peu, sans qu'elle comprenne ce qui lui arrivait.
Elle avait blémi. C'était plus de la colère qui lui crevait le bide, mais elle était pas capable d'identifier.
Ça faisait plus mal que d'habitude.
Elle n'allait pas s'excuser, hein? Pourtant ses mots d'excuses dégoulinaient de ses yeux, roulaient sur ses joues et s'éclataient sur les lattes du plancher.








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MessageSujet: Re: Goats have legs [Grudge]   Dim 3 Avr 2016 - 22:35



Goats have legs

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Pas fait exprès. Plaintif et pathétique petite phrase, petite réplique, petite Trouble. Et comme de l’eau tombant en masse sur le feu de forêt, Grudge manqua soudain d’air, les joues brûlantes, le poing serré mais incapable de donner la réplique, de répondre, finalement, à cette guérilla déclenchée par l’enfant. Dans sa tête, ça tournait trop vite. Ça écoutait, ça entendait, sans trop comprendre, sans trop saisir le fil de l’évidence. Que Trouble, peut-être, s’était inquiétée. Qu’elle avait souffert de la canicule et pas seulement par la chaleur. Qu’elle était aussi fatiguée qu’elle. Épuisée de se battre contre ses tourments qui les accablaient presque de saison en saison. Avant, il y avait les pirates à combattre – ou les Piccaninny quand ça leur prenait – mais les guerres finissaient par stopper et les choses reprenaient à la normale. Mais depuis quelques temps, depuis un temps incertain et non mesurable, tout allait de mal en pis. Les conséquences bénéfiques viraient toutes au tragique et l’équilibre se distendait sur sa corde de chanvre rongée par les aléas d’une malchance qui leur collait tous au cul. Et dont le point central était Peter.

Puis il y eut l’accablement. Le retour des points sensibles parce que si Grudge la connaissait, Trouble pouvait en dire autant à son sujet. Elle lisait en elle facilement, non pas par talent mais par confidence. Par témoignage de tout ce temps que les deux fillettes avaient passé ensemble depuis la nomination de Trouble à l’armurerie. Et la gorge de Grudge se serra, autant que ses doigts sur le collier, la larme, qui n’en finissait pas de lui rappeler ce par quoi elle avait du passer pour tout arranger.

Et voilà que Trouble pleurait.

Sa petite morveuse, sa sale grenade, sa gamine intempestive, avec ses sourcils froncés, ses dents toujours en avant, prête à mordre griffer se battre. Elle était là, devant la Rancune, les bras ballants, la tête baissée, à chouiner comme pas possible – comme pas permis – comme l’enfant qu’elle était.

« D’accord Trouble. D’accord je vais le dire. Je suis pas contente d’être là. » Et dans sa tête, il y eut un faible pépiement d’oiseau. Semblable au flash d’un appareil photo, avec la brièveté d’un éclair. Ca passa, dans son œuf fêlé qui lui servait de crâne. Et il y eut l’odeur du sucre, le sourire de Fail, un bref instant.

Elle fut désolée de cette traitrise, vis-à-vis de lui et de son soutien. De son amitié toute simple de demeuré confiant. Elle fut désolée de manquer de respect vis-à-vis de ceux qui l’aimaient – Shifty, et Shark, et Tweet aussi, et Fail, son petit Fail à la lance toujours cassée.

Mais c’était comme ça. C’était vrai.

« J’ai jamais demandé à venir ici. Je me suis contentée de suivre. Et on m’a volé la seule raison qui me faisait rester. C’est pas pour autant que j’ai envie de partir. Ici, j’ai le matériel et mes projets. C’est la seule imagination qu’il me reste, mon seul rêve. De protéger l’Arbre. Protéger l’Arbre et que les gamins comme toi soient heureux d’y vivre. Même si en ce moment, je sais que c’est compliqué. »

D’un pas en avant, elle se rapprocha de la petite. Et presque maladroitement, elle tendit la main pour lui serrer l’épaule, sans oser l’enlacer. La gorge nouée, les mots étranglés mais aussi sincères que possible.

« Je voudrais que ça aille mieux pour toi. J’aimerais faire en sorte que ça aille mieux. J’suis pas douée pour ce genre de choses. » Elle aurait voulu la réconforter, la bercer – le souvenir était encore là, de la méthode, de Valentine, de comment la mère des livreurs faisait avec Squeal ou avec d’autres, quand ils n’allaient pas bien.

Il suffisait de les câliner, de leur sourire, de chantonner, de les embrasser. Et avec quelques mots, avec un peu de bonté, avec de la patience et de l’espoir, tout allait alors bien mieux pour tout le monde. Y comprit elle.

Oui y comprit elle.

Mais elle n’y arrivait pas.

« J’suis attachée à vous. » Marmonna-t-elle. « J’suis attachée à vous comme une fée aux rires des enfants. Si je vous ai pas, je suis plus personne. J’ai plus de but. J’ai que les fleurs de soleil. Là dans ma tête. Ça n’arrête pas d’exploser. » Alors Grudge se pencha un peu. Et plutôt que de câliner, puisqu’elle n’en était pas capable, elle assura, à demi-mots.

« Et j’suis attachée à toi. Imbécile. »





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MessageSujet: Re: Goats have legs [Grudge]   Dim 10 Avr 2016 - 2:55

Et voilà donc elle chialait, et elle savait que c'était pas des poussières dans les yeux. Après, mettre des mots sur son ressenti, c'était toujours une autre tasse de thé. Elle ne comprenait rien à rien, et c'était même pas le malheur, ni quoi. C'était juste le trop. Elle renifla pathétiquement et redressa un peu la tête. Sans pour autant faire l'effort de la monter jusqu'en haut, tout en haut où culminait la Bombe, ses yeux imbibés d'eau salée restaient juste fixés sur le menton de Grudge.
Pas un mot, elle écoutait.
Elle aurait pas été capable de s'exprimer, à ce moment-là. Ça serait pas sorti.
Pitoyable.

Puis une main furtive qui lui serrait l'épaule, qu'elle n'avait même pas le courage de repousser, supportant le contact. Même si elle aurait peut être préféré se dérober, se rétracter. Reculer puis s'évanouir, courir sous la pluie le plus loin possible.
Mais les mots de la libanaise lui remuaient le crâne, et le bide. Le coeur, aussi, un peu. Ou le plus?
Elle articula d'une voix étranglée:

— Les...les fleurs de soleil? Des tournesols... qui explosent? Grudge qu'est ce que tu..

Pas cohérent comme propos, mais. C'est que les métaphores étaient pas trop compatibles avec elle, c'était pas faute d'essayer. Elle n'y voyait qu'un sens propre, souvent incompréhensible. Elle essuya rapidement ses yeux, ça devenait trop gênant. Trouble voulait reprendre une contenance, froncer les sourcils, gueuler, frapper. Pas être molle comme ça, à pas savoir où se foutre et quoi faire d'elle. À se trouver aussi impuissante, faible.

« Tu dois pas t'attacher, c'est mauvais, ça fait mal. Je vais peut être mourir demain, tu.. tu  peux pas savoir. » Elle se rattrapa comme elle put, consciente qu'elle ne devait pas être au centre de sa propre question. « Si c'est pas moi ça sera des autres. C'est trop fragile ici, la vie. Tu dois pas t'attacher.. Moi, moi j'm'attache pas.»

Sa voix puait le mensonge tandis qu'elle enchaînait les maladresses. Parler pour dire quelque chose, pour continuer le truc qui s'était tissé. Pour pas être inutile, pour pas disparaître.

— Parce que tu dois rester toi, pas t'écarter. Tu dois niquer du pirate, on peut pas faire confiance à ces branleurs de Sentinelles. Pas moi en tous cas. Pas d'attachage, pas de confiance. C'est toujours trahi, ça vaut que dalle.

L'Épouvantail prenait un peu d'assurance au fur et à mesure qu'elle déballait son sac à rage, son sac à pourriture qui avait trop moisi dans son bide. Même que ça lui avait fait des réactions gastriques de merde qui lui polluaient la vie. Et elle savait bien que c'était temporaire, c'était juste apaiser. Ce feu là s'éteignait jamais, au pire il diminuait un peu, pour mieux s'attiser après. C'était pas comme Peter Pan, songea-t-elle avec un vilain rictus. Bien refroidi cet enfoiré là.

— Bordel, il m'avait dit que y'aurait moins de connards ici, que y'aurait moins de pourris embusqués de partout, c'était des conneries, voilà ce que c'était! Un putain de paradis, hein? Pas de raclures de parquet lubriques et crades? Il peut bien aller se faire foutre, je suis contente qu'il chiale!! Bien fait pour sa sale gueule de menteur! Et toi, toi, tu l'aimes? Alors que t'es piégée dans son pays à la con pour toujours, que t'as perdu ce qui t'y avait emmené, que t'es partie sans en avoir vraiment envie? Que t'es pas... pas contente?

C'était une question rhétorique. Énervée sur le début de la tirade, elle s'était finalement refroidie sur la fin. Elle la connaissait la réponse, elle l'avait comprise. Ouais, Grudge l'aimait ce chiard. Et probablement qu'elle n'arrêterait pas de l'aimer comme ça. Trouble n'avait même pas envie de l'en dissuader, elle la fixa d'un air un peu las, osant enfin la regarder. Puis d'une voix plus petite, presque plaintive et suppliante; presque:

« Je... on peut aller dehors? » Elle y ajouta un mot incongru, puisque c'était là une des fonctions permanentes de l'être humain. «Respirer.»










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MessageSujet: Re: Goats have legs [Grudge]   Dim 10 Avr 2016 - 22:16



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Pas d’attache. Pas de confiance. Ni envers Sharpy, ni envers les autres enfants. Mais si elle ne le faisait pour les protéger, pour veiller sur l’intégrité de l’Arbre et sur sa pérennité, pour qui le faisait-elle ?

Pas d’attache. Pas de confiance. Mais il y avait encore Shifty, ayant survécu au Canton Poupon, sa confiance aveugle en son amie, ses souvenirs d’avant la Chute et son Départ. Il y avait Shark et son arme, son appareil photo, et son besoin de regarder en arrière, de revoir toutes ces images de vie. Il y avait Fail et ses chansons, ses lances cassées et ses chansons inconnues. Il y avait la larme dans sa poche.

Pas d’attache. Pas de confiance. Vis-à-vis des promesses de Pan, qui était apparu une nuit de soleils, tendant la main par la fenêtre et la Bombe se rappela de son cri, à voir Squeal près de l’encadrement « RECULE OU ILS VONT TE VOIR » ils - eux - les Autres - les Adultes, ces foutus adultes qui avaient amené la guerre – Ils étaient descendus par les montagnes, et l’air avait senti la poudre, l’air avait explosé de poussière, les bâtiments s’étaient écroulés, on les avait amené dans une cave, faute de pouvoir fuir la ville car ils étaient encerclés, mais les murs étaient tombés pendant la nuit et il n’y avait plus eu qu’elles.

Pas d’attache. Pas de confiance. On lui avait vanté les mérites d’une île de paix pour les enfants, de jeux sans fins, de vies préservées. Squeal avait ri et chanté avec les autres, elle avait fait son travail de livreur jusqu’à ce que les Adultes reviennent s’en mêler. C’était eux, ici, qui gâchaient tout. Pas Pan. Pas l’enfant roi. Qui n’était qu’un gamin dépassé par ses propres pouvoirs, ses sentiments.

Alors Grudge ferma les yeux, en pensant que cela suffirait pour ne plus écouter ces insultes qui pleuvaient sur Peter. Cette culpabilité qu’on s’essayait à lui faire endosser tandis que tant d’enfants morts attendaient d’être enterrés.

« Je sais pas s’il nous a menti. » Avoua-t-elle enfin, dans un coassement grésillant, comme si sa gorge se trouvait dans les mains de Trouble et que l’enfant s’amusait à serrer, serrer toujours trop fort. « Je crois qu’il a les yeux d’un innocent, qu’il ne voit pas le mal qu’il peut faire. Mais si tu avais ses pouvoirs, si tu savais voler, et créer des choses comme ça, sans y penser, si tes émotions pouvaient influencer l’air, alors comment ferais-tu pour que tout aille au mieux ? C'est innocent dans tout cela. Qu’un gosse. Et c’est ce que nous cherchions tous en venant ici. Disparaitre des lois et des règles, disparaitre de l’autorité des Adultes, faire ce qu’on voulait, quand bon nous semblait. Mais ils sont venus par la mer. Et si quelqu’un ici tue en ayant conscience de le faire, c’est bien Eux. »

Grudge rouvrit des yeux et la première chose sur laquelle elle tomba, fut le feu ronflant de la forge. Entre ses doigts, la larme glissait, roulait, sans pourtant atteindre son cœur. Ca, Trouble l’avait déjà fait.

« Je voudrais ne pas m’attacher. Je voudrais seulement les faire exploser, et peut-être même mourir en accomplissant mon œuvre. M’accrocher une dernière ceinture autour du corps, et aller les trouver, pour nous venger. Je leur ferais voir comment moi je sais faire pousser des fleurs de soleil. »

Les tournesols de flammes qui avaient brillé dans les nuits de son enfance, l’emportant avec eux.

Ceux qui avaient rasé sa ville, décimant avec elle hommes, femmes et enfants sans aucunes distinctions. Ce n’était jamais les généraux, ou les soldats qui mouraient en premier. Ce n’était jamais les gouverneurs des pays, les politiciens ou même les rois. C’était ceux qui vivaient là, qui mangeaient, respiraient, ou allaient à l’Eglise quand les ravages commençaient.

Dehors la pluie se fit plus forte. Et Grudge hocha la tête quand la voix suppliante de Trouble perça l’air – l’air, respirer, partir oui. Loin de la chaleur de la forge ou des plantes trop petites. La Bombe lui prit la main, et d’un pas rapide, la traina dehors.

Il fallut la lâcher en chemin, s’éloigner de l’Arbre, pour ne pas avoir à croiser le regard des curieux. Il fallut continuer, s’enfoncer près de la prairie qui n’était plus qu’une lande décharnée, une terre de boue sous les larmes de Peter. Grudge renifla, frissonna de froid. Et observa les alentours, avant de se tourner vers la brune.

Pas d’attache, pas de confiance.

« C’est plus facile à dire qu’à faire. Je pensais me lier avec personne, je pensais rester concentrée sur mon travail. Mais la vie ne décide pas des choses ainsi. Et avec tous tes efforts, parfois, tu faiblis. Des gens comptent sur moi. Et ils comptent pour moi. Je ne peux pas m’en débarrasser, arracher ça comme on retirerait un vêtement. Je peux pas me faire exploser le cœur » Kaboom les sentiments, mais s’il ne lui restait que la froide logique sans conscience, alors elle ne vaudrait pas plus que les Pirates.

« Quand il n’en restera aucun de vivant, aucun Adulte sur l’Île, alors les mensonges de Peter deviendront la réalité. Tout ira pour le mieux. Ca sert à rien de se battre contre le Roi. Il faut liguer nos forces contre eux, contre le Port. Et en attendant… je suis désolée. Mais je tiens à toi et je ne compte pas changer ça ou faire quoique ce soit pour que ça disparaisse. Si nos engueulades à la forge ont pas su modifier ce fait… je crois que rien le pourra. »

A part peut-être la traîtrise d’une révolution en marche, et encore ?





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Trouble
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MessageSujet: Re: Goats have legs [Grudge]   Mer 13 Avr 2016 - 19:43

L'écouter. Comme elle écoutait parfois ce que disaient les autres, quand elle ne décidait pas d'être hermétique coûte que coûte. Mais elle déchanta vite plus le propos avançait. Ses yeux de réglisse se voilèrent, devinrent plus vitreux. Très vite, Trouble ne chercha même plus à entendre ce que pouvait lui servir Grudge, ce qui desservait totalement ses opinions personnelles à elle. Très vite, elle avait compris que s'engageait encore une fois un dialogue de sourd.
Trouble, elle, n'avait jamais de demi-jugement. Elle ne nuançait pas, jamais. Faire la part des choses n'était pas dans ses aptitudes. Et bien sûr, elle avait vu tout noir, tout de suite. Emportée par sa haine, sa rage de vivre et d'exister. Emportée par deux adolescents assoiffés de liberté et de Révolte.

Étonnamment, il ne lui avait pas fallu des siècles pour saisir que ce sujet-là pourrait les diviser à jamais. Faire exploser pour toujours le petit truc fragile qui les soudait de manière étrange. Tout de suite, elle s'était refermée. Faire le choix entre Grudge et Apache, ça n'était pas envisageable. Pas pour l'instant. C'est pour elles deux qu'elle s'abstint de balancer son avis qui lui brûlait pourtant les lèvres, le coeur, la cervelle.  C'est pour elles qu'elle se tut et se laissa entraîner au dehors, retirant néanmoins prestement sa main. De toute façon la Bombe l'avait lâchée. Et là qu'est ce qui empêchait l'Épouvantail de s'enfuir, partir loin dans une direction opposée?
Elle ne savait pas, mais elle la suivit.
Sans encore un mot.

Néanmoins, elle ne pouvait pas garder silence tout ce temps, ce n'était pas possible. La prairie nue et froide s'étalait sur leurs yeux, et Grudge continuait à parler, à surenchérir.
Le coeur battant à la chamade, Trouble darda son regard sur la brune, morne, désolé, qui soudain s'enflamma.

— Non.

Un inspiration, brève mais intense.

— Non, Grudge. C'est un roi. Un tyran. Qu'il y ait des pirates ou pas, ça restera un roi. Enfant ou pas, innocent ou pas, il continuera à coller ses lois. Ses règles. Ses chefs. Il aura toujours ses foutus courtisans, tous ses foutus cabots. Il décidera toujours de la vie et de la mort comme le despote qu'il est. Il te foutra en prison, il te punira, il t'enverra risquer ton cul pour ses petits interêts. Il te virera de là s'il est pas contente. Il te butera, même, si ça lui chante.

Expiration, puis nouvelle aspiration.

— Arrête de te voiler la face.

Tout se bousculait à la porte de sa bouche. La Révolution aux bords de ses lèvres. Mais Grudge était une ennemie de la Révolte, Trouble venait de le piger. Elle croyait à une liberté, elle aussi, mais pas la même. Elle pensait qu'elle l'avait déjà , cette liberté. Elle voulait une monarchie constitutionnelle peut être? Une monarchie parlementaire? Elle n'aurait que la monarchie absolue. Elle aurait dû pourtant s'en rendre compte, que leurs vies étaient réglées comme du papier à musique ici. Chaque jour suivait la même routine. Le travail, les inspections du travail, la bouffe à heures fixes. Le couvre feu.
UN PUTAIN DE COUVRE FEU?
C'était quoi son problème? C'était quoi leur problème, à tous? Pourquoi ils ne voulaient pas voir la vérité en face?

Ça, la française ne l'entendait pas.
Trouble, incompréhension, douleur.
Une dernière phrase de Grudge, sur leur relation. Elle frémit un peu.

— Rien ne le pourra... répéta-t-elle. Que se passerait-il ensuite? Seraient-elles divisées?

— Je sais pas.

Un muet j'espère qui ne sortit pas, ne sortirait jamais.
Pourquoi tout s'embrouillait toujours comme ça dans sa tête? Pourquoi elle avait l'impression d'être vide, creuse?
Elle n'était même pas tout à fait sûre d'y tenir, à son explosif ensoleillé. Elle n'était jamais sûre de rien. Surtout devant un dilemme assez gros pour qu'elle refuse de le regarder, pas assez pour qu'elle hésite sur son choix; la Révolution, l'Anarchie, la Liberté, toujours et à jamais.
Elle évada ses prunelles, les reporta sur le paysage désolant.

— Pourquoi on est ici?








Fuck off.
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MessageSujet: Re: Goats have legs [Grudge]   Jeu 14 Avr 2016 - 20:56



Goats have legs

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Non. Non, piétine l’enfant face à elle. Non, tempête-t-elle avec sa foule d’arguements. Ses propos qui décident – et même que c'est moi qui ai raison. C’est à Grudge d’arrêter d’être aveugle – et trop stupide – et trop naïve sans doute pour ce monde. La Bombe l’observe en se taisant, tout simplement. En croisant les bras, seul signe visible de son austérité. Sans être braquée, elle écoute ce que la petite a à dire sans pour autant remettre en question ses vérités. Et elle n’aura pas le culot de lui sortir un temps qui n’existe pas ici – car elle en a vu, des choses, en a constaté d’autres aussi. La lame du couteau de Peter est toujours là contre sa gorge, y restera un moment. Pourtant, au lieu de l’épuiser, au lieu de lui faire peur, cela la conforte dans son opinion. Trouble a seulement besoin de quelqu’un sur qui reporter la faute pour ne pas devenir folle. Et mieux vaut sans doute que cela soit Peter plutôt qu’elle-même.

Il lui faudrait une Valentine. Une maman douce et paisible pour hocher la tête et la bercer tout en même temps. Souffler sur cette colère comme pour dompter un feu bien trop nourri. Les évènements se sont déchainés dans ce corps malingre jusqu’à la pousser aux extrêmes – et là-encore, elle ne peut pas lui en vouloir, ne veut-elle pas tuer tous les Adultes sans exception ?

« C’est toi qui compte. Tu as ton avis, j’ai le miens. Mais c’est toi qui compte. » Répéta-t-elle seulement, en point d’orgue à toute cette scène. Dans la prairie délabrée et loin des oreilles indiscrètes. Grudge soupira, décroisa paisiblement les bras, et imitant sa consoeur, jeta un regard incertain à ce paysage choisi par hasard. Avant de hausser une épaule.

« Tu avais besoin de respirer et quand je vais courir, ou quand je pars piéger les Adultes, je passe souvent par ici. C’est plus pratique pour Bouly. » Ah Bouly, sa petite chèvre trop indocile. Sans doute occupée avec Shifty tout juste revenue du Canton des Poupons. Grudge grimaça, un sourire amer, presqu’au bord des larmes. Et pria n’importe qui de plus haut placé et avec un peu plus de pouvoir que tout se passe bien pour son amie, qu’elle soit rentrée sain et sauve et que l’animal ne lui fasse pas trop la misère.

Quoique les pirates l’avaient peut-être trouvé et mangé, sa chèvre. Ne détruisaient-ils pas tout ce qu’ils touchaient ? Shifty était demeurée intacte, mis à part son grandissement, et cela devrait perdurer. Mais combien de temps leur échapperait-elle encore ?

Il lui tardait d’agir, la pluie désormais revenue. Elle pourrait aller déterrer la poudre et –

Grudge s’enfonçait encore en elle-même. Comme ces moments de travail intense où elle en oubliait de manger et même de dormir. Se fichant une claque mentale, elle tourna son regard sombre vers Trouble. Et se surprit à tendre la main pour secouer son épaule.

« Tu as jamais pensé à – faire quelque chose pour extérioriser tout ce qu’il y a en toi ? » Essuyant ses joues humides de pluie, Grudge précisa à mi-voix. « Moi j’ai la forge et je tape, je tape jusqu’à ce que j’en ai mal dans les os à force de donner forme aux armes et aux boucliers. C’est pour ça que j’ai insisté pour avoir la place – Sharpy voulait me coller aux récoltes de matériels puisque j’étais toujours en vadrouille avec Bouly mais je savais que si j’acceptais, j’allais pas revoir la forge de sitôt et que je serais trop épuisée pour me mettre au travail. Taper me fait du bien. Ca, et courir. Et parfois, je me trouve un endroit, au bord d’une falaise, et je me mets à hurler. »

Son regard se voila.

« Toi et moi on est de la même trempe tu sais. Même si toi t’es. Enfin tu as… » Plutôt que des mots, Grudge choisit de lever deux poings fermés. Deux poings de combattante. Mais dans sa pose mal assurée on voyait bien l’incongruité d’une telle prise de position chez l’armurière. Ce n’était pas son genre, et ça ne le serait jamais.

De rendre les coups par son corps. Sa vendetta serait brutale, unique et implacable. A croire qu’elle se réservait uniquement pour ce seul mantra.

« … C’est vrai que t’as combattu un pirate à toi toute seule ? J’ai entendu les rumeurs la dernière fois. Tu lui aurais cassé les dents. »

Inexplicable fascination.





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MessageSujet: Re: Goats have legs [Grudge]   Lun 18 Avr 2016 - 21:56

Alors, Grudge avait fini par se résigner. Dans cette discussion de bornées, de toute façon, elle le savait bien, aucune ne convaincrait l'autre. Trouble avait fini par comprendre que ça ne risquait qu'une chose: lui attirer des ennuis. Et ça plairait pas aux autres, ça, et elle n'avait pas envie de se friter avec eux. Elle haussa les épaules par mimétisme, sans se poser de questions. Bien sûr qu'elle avait raison, elle en était intimement convaincue de toute façon! D'accord, elles pourraient passer à autre chose. Mais ça ressemblait plus à une trêve qu'à autre chose, et l’Épouvantail avait l'impression que tôt ou tard le sujet reviendrait. En attendant, sa colère s'estompa largement, et elle souffla doucement.

C'est qui ça?

Mais au fond peut être que le détail était minime, sans importance; une créature, bestiole, peut être même une personne (son anglais n'était pas des plus riches, peut être que Bouly était un mot qu'elle ne connaissait après tout) qui aimait venir là . Bah, aucune idée. ET elle en avait peut être un peu rien à cirer, au passage. Mais bon. Le silence semblait à nouveau s'être installé, et elle l'apprécia. Elle avait un soudain coup de barre, mais la Bombe la réveilla de sa torpeur en la secouant un peu par l'épaule. Pour lui tenir un discours qui se voulait rassurant, maternel, peut être. Chaleureux, sans doute. Le genre qu'elle pouvait pas blairer. Trouble fronça le nez, son cerveau vrombissait sous son épais casque de cheveux bruns.

Qui lui expliquait soigneusement qu'il fallait se défouler et blablabla. C'était comme se faire resservir la même soupe depuis dix jours parce qu'on refuse de l'ingurgiter (ceci sentait le vécu). Et entre temps, le potage avait bien refroidi, et devenait de plus en plus immonde. Et Trouble avait de plus en plus envie de le balancer dans la gueule de celui qui avait tendu l'assiette. En l’occurrence dans la tronche de Grudge. C'est pour ça qu'elle répondit aussi sèchement.

Nan. J'me laisse vivre, j'ai pas besoin d'un défouloir. J'reste comme je suis, et si y'en a qui sont pas contents, j'en ai rien à foutre. J'ai pas de gens à épargner ou je sais pas quoi, j'suis moi.

Car c'était la vérité. Elle n'avait pas l'impression d'avoir besoin d'extérioriser puisqu'elle recrachait déjà à fond ce qu'elle pensait et ressentait, au moment où il le fallait. Sans se poser de questions, ni se cacher. Elle en avait rien à péter, tout simplement, de ce qu'on pouvait bien penser d'elle. Mais c'était peut être difficile à saisir. L'Armurière ricana en voyant sa collègue lever les poings, comme une guerrière, parce qu'on voyait bien qu'elle était pas à l'aise avec ça. Même son propos le confirmait. Sans une once de fausse modestie, Trouble lui expliqua:

Ah, ouais, ptêt, je m'en souviens pas. Mais probablement que c'est vrai, ça serait pas la première fois. Elle haussa les épaules. Sauf que j'me contente pas de leur péter les dents. Lueur dérangeante et haineuse dans les yeux, début de rictus mauvais. Je les bute. L’Épouvantail pinça les lèvres puis les mordit. Puis elle braqua son regard sur les poings serrés de Grudge. Je crois pas que ça soit si dur de faire ça. Frapper, frapper, frapper encore. Se battre, c'est pas de la réflexion. Ça marche pareil avec n'importe qui.

Se disant elle craqua machinalement ses doigts au moyen d'une torsion particulière de ses mains; elle haussa à nouveau les épaules. Mais ses yeux crépitaient dangereusement. Oh, si, finalement, elle se mettrait bien un truc sous la dent. Ou plutôt sous les poings. Elle avait une vague envie de casser la figure à quelqu'un, ou quelque chose. Fort heureusement, ce désir n'était pas encore très intense.








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MessageSujet: Re: Goats have legs [Grudge]   Dim 24 Avr 2016 - 21:49



Goats have legs

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Grudge ne comprend pas cette différence entre laisser vivre et évacuer. Elle fronce les sourcils, pensant simplement que si elle n’avait pas ses techniques pour décompresser, cela ferait bien longtemps que Sharpy aurait trouvé d’autres arguments pour la faire dégager. Mais la Bombe ne commente pas les propos de sa compagne, car ce qu’elle voit briller dans les yeux fous de Trouble, c’est un appel au combat, pas à la discussion. Hélas pour la vive, Grudge n’est pas du genre à savoir rendre les coups, ni même en donner. Elle serait bien en peine de pouvoir lui répliquer, préférant à chaque fois la fuite, ou la discrétion d’un par camouflage. Pendant un instant toutefois, elle se surprend à regretter cet état de fait. Parce que ça lui fourmille dans les membres, de pouvoir coller un pain à quelque chose ou à quelqu’un.

Si ça fait autant de bien aux autres, pourquoi pas à elle après tout ?

Au fond, elle ne sait pas si c’est pour préserver sa vengeance ou bien seulement par facilité. Par lâcheté. Elle n’a, de toute façon, jamais essayé. Mais se rappelle sans problème d’être tombée au premier coup quand Dude est venu la chercher pour l’Arène, une fois, il y a très longtemps. L’armurier s’était décidé à venger l’honneur de leur chef, que Grudge rabrouait trop facilement. L’enfant ne lui avait pas grand mal mais la trace restait en elle. De cette épée de bois s’essayant à l’affronter. Des efforts misérables du petit pour la vaincre. Elle avait chuté, pour lui concéder cette victoire et mettre fin à leur calvaire.

Elle sentait qu’avec Trouble, le jeu serait bien moins simple, et elle, bien moins dupe.

« Je ne sais pas me battre. Et tuer. Je n’ai encore jamais tué. »

Mais elle tuera, un jour. Ses bombes ne sont pas faites de paillettes et de poussières. Elles sauront exploser à la face des pirates et par sa conception, c’est sa main qui les ravagera.

Une honte indescriptible lui chauffe pourtant les joues, sous la pluie. Et Grudge respire un peu plus fort, évitant le regard de Trouble.

« Je préférerai ne pas avoir à le faire, pour ne pas leur ressembler. Mais si on n’agit pas, eux n’arrêteront jamais. »
Elle ne peut tout de même pas envier ce pouvoir que Trouble possède. De pouvoir les fracasser jusqu’à leur arracher leur existence de ses poings sanguinolents. Oui elle l’imagine très bien frapper à mort son assaillant. Et s’écarte d’un pas, inconsciemment.

« Tu aides à préserver l’Arbre. » Murmure-t-elle prudemment. « C’est bien. » Et la Bombe étouffe ses conseils de prudence, son inquiétude vis-à-vis de sa sécurité. Elle n’a pas l’impression que ses propos précédents ont bien été pris en compte par l’armurière, ou qu’elle les a apprécié. Et ne cherchera pas la petite bête pour faire exploser la flamme qu’elle sent gronder en elle.

La libanaise se sent elle-même épuisée. Mais aussi sur le qui-vive. Prête à réagir à la moindre incartade de l’autre. Elle ne peut pas s’empêcher de répliquer de toute façon.

« Bouly, c’est ma chèvre. Tu sais, cette espèce de carcasse que je me traine pour renflouer mes tonneaux de poudre et nos caisses d’armes volées. Je – l’ai confié à quelqu’un. Il faudra que j’aille la rechercher très vite. J’avais peur que les Perdus ne s’attaquent à elle pour la bouffer. »

Ses lèvres forment une ligne fine, à nouveau crispées.

« J’imagine que tu vas trouver ça très con. Vu qu’un animal, c’est fait pour remplir les estomacs, et que c’était de ma responsabilité d’avoir à faire ce sacrifice. Mais j’aime bien cette pauvre bête et elle méritait pas de finir ainsi à mes yeux. Voilà. » La plus nue des vérités.

Et la pluie redouble au-dessus d’elles.

« Bordel, ce qui tombe… Et peut-être que ça n’en finira jamais. » Dangereux. De rappeler l’état de Peter quand Trouble l’a traité de chiard. Alors Grudge gratte du talon et marmonne. « Faudra que je trouve une accalmie pour déterrer la poudre qu’on a planqué avec Sharpy. Je dois me remettre au travail. … Tu voudras m’aider ? »





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MessageSujet: Re: Goats have legs [Grudge]   Jeu 28 Avr 2016 - 1:03

The End


Mais Trouble fut hélas vite sommée,
D'une autre tâche à s'occuper,
Pensez-vous qu'elle aurait accepté ?


FIN DE L'AVENTURE




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