Partagez | .
 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
Ancien Peau-Rouge
avatar

Invité



MessageSujet: Solitude, ma douce amie [Encre]   Dim 30 Aoû 2015 - 0:18

Il avait couru encore et encore, sur une si grande distance que son esprit aurait pu tenter de mesurer s'il n'avait pas été autant absorbé par le flot de pensées qui l'agitait. Et ni la brûlure de la sueur ni la douleur dans les muscles de son corps ne parvinrent à l'en détacher, si bien qu'il poussa plus loin encore que ce qu'il avait escompté, atteignant un rivage qui l'obligea à s'arrêter. Là se trouvait le bord d'une eau salée où un immense tourbillon se trouvait à proximité, le fameux tourbillon dont on disait qu'il pouvait vous permettre de respirer sous l'eau et de visiter les fonds marins. Très peu pour lui, mais Dan ne perçu qu'une chose, la fraicheur du liquide à portée de main et c'est harassé par un début d'épuisement qu'il vint se laisser tomber à genoux devant le bord de l'eau, plongeant ses mains pour s'asperger copieusement la nuque, le souffle rauque d'avoir tant couru. L'homme sentit ses yeux le piqueter et, pour conjurer brutalement le sort, plongea toute entière sa tête dans l'eau salée, y restant plusieurs secondes avant de s'en extirper en reprenant une grande goulée d'air, toussant et crachant, essuyant ses yeux qui, au contact du liquide trop agressif pour eux, se mirent à verser des larmes que le Pirate essuya rageusement. Mais était-ce vraiment la faute de l'eau ? Ah comme l'être humain est compliqué et aime à se torturer, alors qu'il serait si facile de tout arrêter, là tout de suite. Mais Dan était un survivant, un de ceux prêts à quasiment tout pour s'en sortir et il était hors de question de baisser les bras. Pas pour si peu, n'est-ce pas ? Quelle puissance pouvait bien avoir le cœur sur l'esprit ? Aucun, se répétait-il en boucle depuis déjà de longues minutes. Aucun et ce à jamais. Doux mensonge, infidèle mensonge tel une promesse sur le sable, vite faite et vite effacée. Celui qu'on surnommait Le Tordu se laissa tomber en arrière sur le sol, une jambe pliée devant lui, l'un de ses bras pendant en appui sur son genou, alors qu'il regardait tête basse les gouttes d'eau dégringoler le long des mèches brunes de ses cheveux couleur ténèbres. La solitude lui avait toujours sied, alors pourquoi vouloir en changer aujourd'hui ? Doux mensonge, infidèle mensonge qui choisissait si bien son moment pour se faire la malle. Dure réalité, cruelle vérité, se regarder dans un miroir n'était pas chose courante sur cette île et se prendre son reflet avec violence n'était jamais agréable. Pourtant Dan, tout à ce qui pouvait ressembler à du chagrin, n'en oublia pas pour autant ses instincts de chasseur et ce fut un bruit inhabituel dans l'eau qui attira son attention, lui faisant relever la tête et croiser le regard d'une créature ô combien dangereuse : une sirène. Et pas une jeunette comme celle qu'il avait malmené avec Smee, ça non, celle-là était d'une toute autre trempe, cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Mais le Pirate resta là, immobile, contemplant cette créature qui aurait du lui plaire, qui quelque part lui plaisait malgré tout, mais qui en cette fin d'après-midi n'avait guère d'attraits suffisants pour lui faire réellement tourner la tête.
Revenir en haut Aller en bas
Encre
avatar

≈ Sirène Doyenne ≈


✘ AVENTURES : 378
✘ SURNOM : La Famélique
✘ AGE DU PERSO : Ancienne.

✘ DISPO POUR RP ? : Non.
✘ LIENS : Hunger is the purest sin.
Sujet en cours : I

MessageSujet: Re: Solitude, ma douce amie [Encre]   Jeu 3 Sep 2015 - 23:05


Elle est au chaud, Encre. Elle a la tête enfoncée, la vision noyée de sang alors que ses crocs déchirent, que ses griffes maintiennent la peau, écartent toujours plus la plaie. Et elle mange tout, la Famélique. Organes, muscles, viscères, tendons : même les os, elle les suce pour les nettoyer totalement, les ronge ou en use comme parure. Elle ne fait pas de gâchis, Encre, elle dévore tout avec application. Et au bout du corps inerte, encore chaud, dans lequel elle a plongé sa tête, il y a une main écailleuse qui tressaute.

Pauvre Sœur, imprudente Sœur. Encre en pleurerait si elle n'avait pas si faim, si elle n'était pas aux prises avec cette Faim qu'elle tente désespérément de toujours plus satisfaire.

Il est rouge, l'abîme. Quand elle en sort enfin, de longues minutes après, Encre a les joues rougies et un sourire dément aux lèvres. Elle n'a pas tout mangé, pas entièrement - à vrai dire elle garde un peu de viande pour plus tard et peut-être aussi pour s'y blottir, quand elle s'endormira. Mais pour l'instant, la cannibale recherche la chaleur du soleil pour la réchauffer de l'extérieur. Et la Sirène est toute guillerette : c'est rare, mais elle se sent à peine coupable. De son estomac rempli émane une divine sensation d'apaisement : elle se sent si délicieusement lucide, si stupidement bien. Il en faut peu, pour être heureuse. Il n'y a qu'à voir : une Pareille à dévorer a suffi à faire son bonheur.

Elle file, la Famélique. Elle remonte doucement, loin de la Lagune. Et en Doyenne bannie, connaisseuse de l'Océan, Encre sait qu'elle n'est pas loin de ce tunnel sous-marin qu'empruntent parfois les bipèdes pour en visiter les fonds. L'idée de croiser du monde, à vrai dire, lui est égal en cet instant. La Sirène désire simplement se réchauffer au soleil, peut-être s'autoriser une sieste. Mais - alors qu'elle émerge non loin de la côte - la Famélique se rend compte que cela ne risque pas d'être possible.

Il y a un homme, sur le rivage. Un grand bipède qui sent le sel et les larmes. Se débarrassant de son air ravi, Encre se redresse pour le fixer. Il ne l'a pas vue, pas encore. Est-il dangereux ? Il m'a pas l'air d'avoir de harpon. Ou d'armes quelconque. Cela veut-il dire qu'elle peut s'approcher pour autant ? Les questions tournent dans la tête de la créature dont les tentacules ondulent avec perplexité. Puis, secouant la tête, la Sirène chasse ses inutiles interrogations et s'approche du rivage, ondulant sous l'eau jusqu'à s'arrêter à une distance raisonnable. Elle est un peu trop loin pour que le bipède puisse l'atteindre d'un bon. Mais lui, dans tous les cas, reste à portée de chant. Pour la curieuse anomalie, la situation est enviable.

Assez pour que, dès que leurs regards se croisent, la Famélique engage la conversation de la voix rauque et grave qu'est la sienne.

- Il est dangereux, pour les humains seuls. De traîner près du rivage.

Simple constatation, constatation amusée. Rendue joviale grâce à son cannibale repas, la paria accompagne ses paroles d'un sourire plein de crocs.








I'm going hunting
I'm the hunter


Playlist ♡


Dernière édition par Encre le Mar 8 Sep 2015 - 21:32, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://elorecohlt.tumblr.com
Ancien Peau-Rouge
avatar

Invité



MessageSujet: Re: Solitude, ma douce amie [Encre]   Ven 4 Sep 2015 - 7:59

Elle était là, dangereuse à souhait, nullement effrayée par le Pirate tout en gardant une prudente distance du rivage et donc de lui. Elle le fixait, son sourire plein de crocs, leurs regards rivés l'un à l'autre, sa voix s'élevant dans l'air entre eux, rauque et grave, similarité dérangeante avec celle de Dan qui fronce les sourcils entre les mèches noires qui trempent son visage. C'est vrai qu'il s'est aventuré un peu trop loin, seul, sans avoir prévenu personne, mais tant qu'il n'y a qu'une seule sirène, il devrait pouvoir s'en sortir. Tant qu'il n'entre pas dans l'eau.

- Et c'est dangereux d's'approcher d'un Pirate qu'est pas d'humeur. Retourne nager avec les poissons et fiche-moi la paix, sirène, j'ai pas envie d'pêcher aujourd'hui.

Ni non plus de trousser une telle créature, pas aujourd'hui et encore moins maintenant. Sa voix est comme un écho plus grave et plus rauque que celui de la créature, plus grognon aussi. Le Tordu passe une main sur son visage et rabat ses cheveux relativement courts en arrière, expirant fortement avant de fusiller la sirène qui n'a pas daigné s'éloigner ni même plonger. Il grogne le Dan, il grogne et montre presque les dents comme un animal, grogne pour dissuader cette bestiole-là de continuer à lui imposer sa présence, lui qui n'est venu ici que pour la solitude des lieux. Qui viendrait au bord de l'Océan Bariolé à une heure pareille ? Alors que l'après-midi commence à être bien avancée et que d'ici quelques temps le soleil va commencer sa descente à l'horizon, faisant ainsi de l'île une zone plus que dangereuse où les Ténèbres reprendront leurs droits. Mais le Pirate reste assit à deux pas du bord de l'eau, fixant la sirène comme si elle était responsable de quelque chose, coupable d'être là, de l'empêcher d'être seul avec lui-même et ce qui pulse dans sa poitrine. L'homme a couru, longtemps, durement, il est encore en nage et vient à peine de retrouver son souffle. Pourtant malgré la chaleur qu'il incarne, Dan n'en demeure pas moins grand et large d'épaule, ce qui au-delà de la quantité de viande qu'il peut représenter, est signe de force et de danger pour celle qui demeure encore à l'abri dans l'eau.

- T'as pas autre chose à faire que d'rester là à me reluquer ?

Lâcha-t-il finalement, ne supportant pas qu'elle le fixe ainsi, qu'elle le regarde, qu'elle soit là, tout simplement. Notre humain était du genre hargneux et, tel un animal blessé, mordrait certainement quiconque s'approcherait trop près de lui à cet instant. Et son sourire à celle-là... son sourire, il a presque l'impression qu'elle se moque, pourtant elle ne peut pas savoir, n'est-ce pas ? N'est-ce pas ? Saleté de chienne de vie.
Revenir en haut Aller en bas
Encre
avatar

≈ Sirène Doyenne ≈


✘ AVENTURES : 378
✘ SURNOM : La Famélique
✘ AGE DU PERSO : Ancienne.

✘ DISPO POUR RP ? : Non.
✘ LIENS : Hunger is the purest sin.
Sujet en cours : I

MessageSujet: Re: Solitude, ma douce amie [Encre]   Mar 8 Sep 2015 - 22:00

- Et c'est dangereux d's'approcher d'un Pirate qu'est pas d'humeur. Retourne nager avec les poissons et fiche-moi la paix, sirène, j'ai pas envie d'pêcher aujourd'hui.

Pirate, bien entendu. Homme de la mer, c'est donc de là que provient l'odeur saline. Mais Encre ne s'éloigne nullement, penchant la tête de côté comme si ce geste lui permettait de mieux comprendre la rage du Pirate. C'est qu'elle ne désire pas s'en aller, la paria. Qu'elle ne se refuse jamais un peu de compagnie, qu'elle aime être mauvaise parfois. Et qu'elle est d'humeur curieuse, joueuse. Comme un chat.

Un très très gros chat.

Et l'humain soupire, l'humain grogne pour bien lui faire comprendre qu'elle n'est pas la bienvenue. Mais c'est drôle, de le voir se comporter ainsi comme un animal. Dans un réflexe de mimétisme, la Famélique se redresse et, retroussant ses babines, feule à son tour alors que ses cheveux se hérissent sur son crâne en une tentative d'intimidation.  Mais même là, elle sourit et ses yeux fous luisent d'amusement : même si cela ne fait pas partie du réflexe d'intimidation, on peut dire que ce rictus rend le tableau encore plus dérangeant.

Peut-être qu'elle le sait, Encre.

Peut-être même qu'elle le fait exprès.

Les humains ne sont pas télépathes. La Famélique le sait et pourtant, lorsqu'elle voit l'inconnu la fusiller du regard, elle se demande s'il a - d'une façon ou d'une autre - eu écho de ses sombres pensées. Mais peu importe, au final puisqu'il reprend :

- T'as pas autre chose à faire que d'rester là à me reluquer ?

La remarque acerbe du Pirate, loin de la décourager, provoque en elle un profond rire de gorge, grave et vibrant. C'est qu'il est comique, ce bipède, à croire que tout tourne autour de lui. Mais n'est-ce pas là la caractéristique de ceux de son espèce ? Si Encre était capable de réflexion profonde, nul doute qu'elle se le demanderait. Mais à la place, la Sirène lui adresse un grand sourire et répond :

- Non.

Simple, efficace. Replongeant sous les flots, la Sirène se rapproche très légèrement, vire vers la gauche avant de ressortir la tête de l'eau.

- Encre a déjà mangé, humain. Donc non, je n'ai rien de mieux à faire.

Instant de flottement. Avisant une forme glissant sous l'eau, Encre y disparaît brutalement avant de ressortir, joyeuse, un poisson frétillant coincé entre les dents. Puis elle y mord sauvagement, le dégustant sans quitter le Pirate des yeux. Le dessert est bienvenu, de toutes façons. Si bienvenu que c'est fatal : elle en ronronne de contentement.

- Et toi, bipède. Tu es trop trrriste pour rrejoindre ton banc... aller pêcher ?

Dommage pour lui, en même temps. Elle, ça la réconforte toujours de manger. Pour preuve, la carcasse de poisson qui sort d'entre ses dents.








I'm going hunting
I'm the hunter


Playlist ♡
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://elorecohlt.tumblr.com
Ancien Peau-Rouge
avatar

Invité



MessageSujet: Re: Solitude, ma douce amie [Encre]   Dim 13 Sep 2015 - 11:51

Le rire de la créature avait de quoi inquiéter n'importe qui ayant un minimum d'instinct de survie. Ne disait-on pas que les Pirates n'en possédaient pas assez, abrutis qu'ils étaient par leur violence et leur obéissance envers leur Capitaine ? C'est ce qui se racontait en tout cas, mais ce ne furent pas ces raisons-là qui firent songer le Tordu à un danger potentiel, car en vérité il se moquait bien de celui-ci et de tout ce qui viendrait le déranger à cet instant précis. La sirène affirmait avoir déjà mangé et c'était bien ainsi, au moins ne venait-il pas ici en quête d'un quelconque repas, ce qui ne la rendait pas moins dangereuse pour autant, ou peut-être juste un peu. Elle plongea le temps d'aller chercher un poisson, remontant avec celui-ci entre ses dents avides de déchirer la chair tendre de la créature frétillante. Dan grogna de mécontentement, sa lèvre supérieure se soulevant au coin pour dévoiler ses propres dents, comme le ferait un animal et non un homme. Il se sentait plus bête blessée qu'humain à cet instant, allez savoir pourquoi.

- Ce ne sont pas tes affaires, Sirène. Va voir ailleurs si j'y suis et laisse-moi tranquille.

Il ne voulait voir personne et, pour bien le lui prouver, ramassa la pierre la plus proche pour la jeter à côté d'elle, espérant -un peu naïvement- l'effrayer et la convaincre qu'il ne désirait pas qu'elle reste dans les parages.

- Ca c'était l'avertissement, maintenant dégage !

Ne pouvait-il pas évacuer ce reste d'humanité en paix ? Pourquoi fallait-il qu'une de ces maudites créatures vienne interrompre ce semblant d'apaisement dont il avait tant besoin ? Le Pirate ne désirait que vider son corps de ces larmes infâmes, vider ce qui restait de son cœur pour mieux aller de l'avant et ainsi mettre toutes les chances de survie dans son camp. D'un autre côté... Non, mourir était une très mauvaise idée, il ne devait pas laisser cette maudite île avoir prise sur son esprit, il devait s'accrocher et faire en sorte d'en partir un jour, de recouvrer sa liberté. Liberté... Le regard de Dan s'adoucit à cette pensée, ses muscles se détendant alors qu'il se rasseyait près du bord de l'eau, ou plutôt qu'il s'y laissait tomber, une jambe repliée vers lui, son avant-bras revenant prendre appui sur son genou alors qu'il soupirait fortement.

- ... Je voudrais être libre.

Lâcha-t-il finalement, autant pour lui que pour le vent, le ciel au-dessus de sa tête et la terre sous ses pieds.
Revenir en haut Aller en bas
Encre
avatar

≈ Sirène Doyenne ≈


✘ AVENTURES : 378
✘ SURNOM : La Famélique
✘ AGE DU PERSO : Ancienne.

✘ DISPO POUR RP ? : Non.
✘ LIENS : Hunger is the purest sin.
Sujet en cours : I

MessageSujet: Re: Solitude, ma douce amie [Encre]   Dim 20 Sep 2015 - 13:18

Il grogne encore, l'humain. C'est tellement comique qu'Encre en sent ses zygomatiques frétiller.

- Ce ne sont pas tes affaires, Sirène. Va voir ailleurs si j'y suis et laisse-moi tranquille.

Elle en pouffe de plus belle, la Sirène. Aucun respect. Et ça ne s'arrange pas quand le Pirate jette un objet à côté d'elle. Cependant, la Famélique doit résister à l'envie, totalement animale, d'aller récupérer le galet avant qu'il ne touche le fond. Elle frémit donc mais se force à rester à la surface. Peut-être que le bipède a pris ce signe pour de la peur ?

- Ca c'était l'avertissement, maintenant dégage !

Bien entendu, Encre ne bronche pas. Elle se contente de cracher sa carcasse de poisson, dardant sur l'humain un regard perçant alors que ses tentacules ondulent sur sa tête en guise de curiosité. Il est drôle, ce Pirate, avec son envie d'être seul. Pour la paria traquée et trop souvent laissée à elle-même, une telle envie est absolument incompréhensible. Elle est étonnée, donc. Perplexe.

Et la réplique suivante, confession spontanée et incongrue, ne l'aide pas.

- ... Je voudrais être libre.

- Sois-le, alors.

Pour Encre, la solution est aussi simple que ça. Sentant une faille dans la rage du Pirate, un instant de répit vague, la prédatrice repue s'approche, gardant ses yeux fixés sur le marin.

Doucement.

À nouveau, la Sirène se met à ronronner. Pour ne pas le faire fuir, s'imagine-t-elle.

- La liberté demande des sacrrifices, humain. Mais elle perrrmet d'être soi-même.

Une sensation précieuse, mais ô combien perturbante.

Contournant soudain la part de plage où le bipède se recueille, Encre avise un rocher émergeant sur lequel elle grimpe et s'étale, laissant un soleil mourant venir réchauffer sa peau écailleuse. Et son regard ne quitte pas l'humain, qu'elle observe comme des enfants regarderaient un animal sauvage, au zoo.

- Je ne partirai pas. Si tu veux être seul, tu devrrras te déplacer. Mais je ne suis pas... de mauvaise compagnie.

Elle parle beaucoup, d'un seul coup. Et sa voix rauque n'y est pas habituée. Pourtant Encre ne regrette pas le message qu'elle a cherché à transmettre.

Après tout, qui y'a-t-il de meilleur pour tenir compagnie à un meurtrier... qu'une autre meurtrière ?








I'm going hunting
I'm the hunter


Playlist ♡
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://elorecohlt.tumblr.com
Ancien Peau-Rouge
avatar

Invité



MessageSujet: Re: Solitude, ma douce amie [Encre]   Sam 26 Sep 2015 - 11:42

Lui-même parlait beaucoup, sans doute parce que la rage et la peine le disputait à son habituel silence qu'il conservait si souvent. Se débarrasser de son reste d'humanité n'était jamais chose aisée, il l'avait si bien dissimulé durant tout ce temps au milieu de ses frères Pirates, qu'il s'étonnait de le sentir encore au fond de son âme. Il ignorait que la sirène était perplexe, pour lui ce n'était qu'une curiosité mal placée face à un besoin évident de solitude. Quand elle lui dit que c'était à lui de partir s'il voulait être tranquille, il songea brièvement qu'il était arrivé là le premier, puis eut un sourire douloureux en se disant que c'était là une réflexion bien puérile. Dan, avais-tu vraiment grandit ? Pas encore, pas tout à fait, il subsistait encore des traces de cette enfance oubliée, de ce qu'il était autrefois et qui agonisait en cette journée qui avançait de plus en plus. L'espace d'un instant, il avait fixé la terre devant lui, mais la voix lui sembla soudain plus proche dans son ronronnement et, relevant vivement la tête, l'homme s'aperçut que la sirène s'était rapprochée, dangereusement. Pourtant elle est encore assez éloignée pour lui permettre de s'enfuir si jamais cela s'avérait nécessaire, juchée qu'elle est sur ce rocher qui la met plus en valeur qu'il ne le faudrait. Le soleil commence doucement à descendre à l'horizon et le Pirate se contente d'observer cette créature du diable aux paroles bien trop douces. Elle a mangé, lui a-t-elle dit... Peut-être est-ce la vérité, peut-être pas, mais si jamais elle l'attaque, il saura lui répondre. Tout du moins le croit-il à cet instant précis. Ce qu'elle a dit ne lui a pas échappé pour autant et un sombre sourire cynique barre ses lèvres fines.

- Tu parles d'une compagnie. Une sirène qui va me boulotter dès qu'elle en aura l'occasion, ou me noyer, ou que sais-je encore.

Pourtant il ne bouge pas de là où il se trouve. Dan ne se sent pas la force de supporter à la fois l'agonie de son humanité et la nécessité de fuir cette chasseuse d'un tout autre ordre que le sien. Il devrait se vanter d'avoir déjà fait du mal à l'une des siennes, c'est ce que d'autres à sa place ferait. Il pourrait ainsi être fixé sur ses véritables intentions à son égard, il verrait sans doute un éclat de colère passer dans ses yeux avant que ses tentacules ne s'agitent et qu'elle ne lui saute à la gorge.

- Et si j'avais fait du mal à l'une de tes sœurs, tu serais toujours de bonne compagnie ?

Une compagnie mortelle, une beauté fatale dont le ronronnement n'aurait pas du lui provoquer le moindre apaisement. Et pourtant... cette vile créature avait trouvé le moyen de rester, plus têtue que lui encore, qui quelque part ne désirait peut-être pas rester seul malgré ses dires. Tiraillé, le Pirate songea qu'il était pitoyable dans sa tentative de rester encore un peu humain. C'est qu'il en restait si peu, de ce zeste, juste de quoi ne pas virer comme certains de ses camarades sur le bateau.
Revenir en haut Aller en bas
Encre
avatar

≈ Sirène Doyenne ≈


✘ AVENTURES : 378
✘ SURNOM : La Famélique
✘ AGE DU PERSO : Ancienne.

✘ DISPO POUR RP ? : Non.
✘ LIENS : Hunger is the purest sin.
Sujet en cours : I

MessageSujet: Re: Solitude, ma douce amie [Encre]   Sam 3 Oct 2015 - 20:52

- Tu parles d'une compagnie. Une sirène qui va me boulotter dès qu'elle en aura l'occasion, ou me noyer, ou que sais-je encore.

Si elle était du genre à s’offusquer facilement, nul doute que la Famélique l’aurait fait. Mais voilà, avec ce soleil radieux qui lui réchauffe la peau et cette douce chaleur dans son estomac, Encre est de trop bonne humeur pour s’énerver. Elle se contente donc de rire un peu, d’un rire de gorge grave et grinçant. Qu’il s’illusionne, l’humain. Qu’il la craigne s’il le souhaite, de toutes façons il ne peut rien lui faire et il suffirait qu’elle chante pour le neutraliser. Les hommes, décidément, sont des proies bien trop faciles. Pour peu, Encre pourrait presque comprendre les appétits de ses Soeurs.

- Et si j'avais fait du mal à l'une de tes sœurs, tu serais toujours de bonne compagnie ?

Encre ferme les yeux, vaguement excédée.

- Tu es un humain, un Pirate. Bien sûr que tu as fait du mal à l’une de mes Soeurs.

Il n’y a nulle accusation dans les paroles de la paria. Une simple constatation, légèrement blasée. C’est qu’elle est ancienne, Encre, et sa folie n’a pas su lui faire oublier l’ordre naturel des choses.

S’étirant avec un contentement tout félin, la Famélique reprend :

- Mes Soeurs mangent tes frères et tes frères traquent mes soeurs. C’est mangé ou être mangé, ordinaire, norrrmal.

Les épaules de la Famélique se haussent, puis elle se tait, laissant un silence vaporeux s’installer entre le Pirate et elle. Prendre son temps ne la dérange pas, elle aime faire lentement tout ce qui n’est pas traquer d’ailleurs. À cette pensée, ses paupières se soulèvent pour dévoiler des yeux jaunes aux pupilles fendues, prédatrices. Et son regarde se pose sur le Pirate, s’y colle.

- Et parfois, l’ordre des choses s’inverse. Parfois je ne suis pas un Pirate mais je mange ce que je ne dois pas manger. Parfois je chasse, parrfois je crrroque. Et toi, humain, qu’as-tu fait de ma Soeur ? Tu l’as mangée ?

Ses babines se sont retroussées à cette idée et un long sourire dément vient étirer ses lèvres. Elle se redresse, contemple le Pirate avec fébrilité. L’idée de la sauvagerie, du repas - quel qu’il soit - l’a fait sortir de sa torpeur, la laissant apparaître à travers ses appétits. Elle veut le savoir, maintenant. Elle veut comprendre. Et peut-être qu’elle s’énervera, parce qu’elle aime - malgré tout - ses Soeurs. Mais peut-être qu’elle rira.

Mais ça, pour l’instant, l’homme ne peut pas le savoir.








I'm going hunting
I'm the hunter


Playlist ♡
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://elorecohlt.tumblr.com
Ancien Peau-Rouge
avatar

Invité



MessageSujet: Re: Solitude, ma douce amie [Encre]   Mer 7 Oct 2015 - 16:27

Bien sûr qu'ils se faisaient tous la guerre, bien sûr que personne n'était plus innocent sur cette satanée île, à part peut-être certains enfants trop jeunes pour participer à toute cette mascarade... Mais il fallait reconnaitre que même là, ça restait assez rares car ils apprenaient vite à devenir de vraies petites teignes. Pourtant il ne fallait pas s'y tromper, si Encre lui posait une telle question, cela ne pouvait pas être innocent. Pas elle, pas avec un tel regard doré ni un tel sourire. Aucun d'eux deux présentement n'était innocent.

- Je ne mange pas de sirène. Vous nous ressemblez trop pour ça.

Il aurait l'impression de manger une femme, une humaine. Il avait déjà entendu Carne parler de leur viande, du goût que ça avait, mais il avait préféré passer son chemin plutôt que d'en entendre davantage. Ce genre de choses n'étaient pas pour lui, seuls certains actes de violence lui étaient accessibles, mais la barbarie à l'état pur, découper une créature vivante, la dévorer alors qu'elle hurle à l'agonie... Non, ça n'était vraiment pas pour lui. Il était un chasseur, respectueux de ce qu'il tuait, pas un cannibale ou un tueur d'enfant. Et alors même qu'il fixe le sourire dément de cette sirène qui ne se trouve pas si loin que ça de lui, le Pirate se rappelle ce qu'il a fait à la créature qui avait osé se moquer d'eux et les provoquer. Lui et Smee l'avaient bien punie pour son audace, mais au final, ils l'avaient rejetée à l'eau et lui avait laissé la vie sauve... Non sans lui laisser deux douloureux souvenirs, la blessure infligée par le Second et...

- Je l'ai souillée, pour lui apprendre ce qu'il en coute de s'en prendre à notre bateau.

Lâcha Dan en posant sur Encre un regard assombrit par le souvenir de son acte. Oh elle risquait fort de s'énerver, mais peut-être que c'était ce qu'il lui fallait pour cesser de penser à son reste d'Humanité : de quoi le faire taire un peu plus, devenir plus mauvais qu'il ne l'était, au travers d'actes violents chargés de provocation. Devait-il vraiment changer pour survivre à cette maudite île ? Le rictus de la sirène trouva écho sur les lèvres du Tordu, qui ricana avec un certain désabusement. Tout ça c'était des conneries, ces combats et ces haines qu'ils se lançaient tous à la tête, ça ne rimait à rien, même si c'était déjà le cas bien avant qu'on ne l'amène sur cette terre mystérieuse. Le Pirate inspira puis se redressa, poussant sur ses jambes pour se relever, massif, quoique encore légère voûté, alors qu'on aurait presque pu suivre le cheminement de son esprit qui se voilait la face, occultant son chagrin pour laisser un sombre instinct prendre le dessus.

- Et toi t'as certainement du en becter un ou deux, peut-être même davantage. Tu leur fait quoi d'habitude ? Tu les noies d'abord ou tu les bouffes vivants ?
Revenir en haut Aller en bas
Encre
avatar

≈ Sirène Doyenne ≈


✘ AVENTURES : 378
✘ SURNOM : La Famélique
✘ AGE DU PERSO : Ancienne.

✘ DISPO POUR RP ? : Non.
✘ LIENS : Hunger is the purest sin.
Sujet en cours : I

MessageSujet: Re: Solitude, ma douce amie [Encre]   Jeu 15 Oct 2015 - 15:19

- Je ne mange pas de sirène. Vous nous ressemblez trop pour ça.

En guise de réplique, une moue noire barre les lèvres d'Encre. Se ressembler, sirènes et humains ? Aberration. Mais à quoi bon argumenter ? Lancer un débat entre le Pirate et elle serait inutile, stérile. Alors la créature, en guise de réponse, se contente de croiser les bras et d'attendre la suite.

Qui vient, bien évidemment.

- Je l'ai souillée, pour lui apprendre ce qu'il en coute de s'en prendre à notre bateau.

- Souillée ?


Elle a répété le mot, perplexe, et son sourire dément se fane doucement alors que ses yeux fixent l'humain sans ciller. Il lui faut un moment pour comprendre ce que le Pirate signifie, pour se rappeler des mœurs des bipèdes. Et lorsqu'elle comprend enfin, Encre hoche la tête doctement. La réponse est bien moins intéressante qu'elle ne l'imaginait. Puis l'humain se lève, reprend :

- Et toi t'as certainement du en becter un ou deux, peut-être même davantage. Tu leur fait quoi d'habitude ? Tu les noies d'abord ou tu les bouffes vivants ?

Il y a un instant de flottement, où Encre se fait ingénue, hésitante. Mais l'éclat dans ses yeux s'est ranimé, sauvage et cruel. Fauve.

- ... je...

Elle se dandine, la Doyenne. Elle ménage ses effets. Mais c'est plus fort qu'elle, son sourire à crocs est revenu.

- ... attends. Je te montre.

Puis sans attendre d'approbation, la Famélique plonge et nage, vite. Vite dans l'Ocean, vite vers les Abysses. Filant dans les courants, toujours vers le fond, suivant l'appel du sang. Jusqu'à l'abri qu'elle a quitté, le corps qu'elle a laissé.

Les Sirènes ne pourrissent pas. Dans l'eau, leur élément de prédilection, elles meurent belles et ne le laissent voir qu'à leur simple absence de respiration. Mais celle qui attend Encre et flotte dans la grotte a le ventre ouvert et la moitié du visage dévoré. Et les chairs blanches qui pendent, et les écailles arrachées. Et les os à peine retenus par les tendons, visibles à plusieurs endroits. Creusée la chair, détruite, arrachée. À moitié intacte, ou presque. Indécente. Obscène. Souillée, d'une autre manière.

C'est presque avec amour que la paria la saisit, l'entraîne vers le haut. La nage au retour, avec un poids en plus, est plus difficile mais elle ne se décourage pas : l'idée de la réaction de l'humain l'encourage, la fait ricaner d'avance ; Encre reste mauvaise, même si on a tendance à l'oublier.

Les minutes passent, mais Encre et son repas finissent par crever brutalement la surface. Sans ménagement, la Famélique pousse le corps hors de l'eau, le rejette sur le sable avant de jaillir à son tour, fière comme un chien qui ramènerait son os. Et son sourire est terrifiant, à s'en déchirer les joues. Et ravissant de bonheur noir comme celui d'une enfant.

- Voilà ce que je chasse, Pirate. Et voilà pourquoi je ne te mangerai pas.

Gloussement grave suivi d'un ronronnement. Rien que d'être à la proximité de sa dernière victime suffit à la rendre heureuse...








I'm going hunting
I'm the hunter


Playlist ♡
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://elorecohlt.tumblr.com
Ancien Peau-Rouge
avatar

Invité



MessageSujet: Re: Solitude, ma douce amie [Encre]   Ven 23 Oct 2015 - 11:41

Un regard pareil avait de quoi faire frissonner même le plus valeureux des hommes. C'était le regard d'un prédateur qui s'amuse, un cannibale qui s'épanouit dans la subsistance que lui procure ses semblables et le plaisir qu'il en retire, chose qui échappait complètement à la compréhension du Pirate. Il vit disparaitre dans les flots la sirène, restant non loin du bord en attendant de voir quand est-ce qu'elle allait revenir. Et ce fut quand elle remonter le cadavre qu'elle jeta sur la rive qu'il sursauta, bondissant sur ses pieds, mû par des réflexes de chasseur comme de guerrier. Pourtant ce qui reposait à présent, les entrailles à l'air, n'avait rien de menaçant. Ses yeux et son esprit mirent quelques secondes à comprendre qu'il ne s'agissait pas d'une Garçonne Perdue, mais d'une sirène au corps atrocement mutilé et à moitié dévorée. Et au vu des dires de celle qui en était la cause, il était effectivement évident que l'humain ne risquait pas d'être jamais dévoré par Encre. Sa voix rauque aurait pu être légèrement inquiète, mais il n'en fut rien, car en vérité ce n'était pas la première fois qu'il assistait à ce genre de spectacle.

- Je vois... On en a un comme ça nous aussi, sauf que nous si jamais il lui prend l'envie de tuer un Pirate, il finira en morceaux. Après ce qu'il fait aux autres humains ce n'est pas notre affaire.

Il agita légèrement la main en l'air, comme pour chasser à la fois la suite de ses propos ou pour changer de sujet, si ce n'est les deux. Carne, car c'était bien de lui dont il était question, était de ceux que le Tordu préférait éviter la plupart du temps, justement parce qu'il n'était pas si Tordu que ça pour adhérer à ce genre de pratiques. Lui était un chasseur somme toute ordinaire, il préférait des proies qui ne parlaient pas, ne ressemblaient pas aux humains, même de loin. Il les chassaient, les tuaient proprement et avec respect, puis les ramenaient pour nourrir tout le monde, suivant ainsi la chaine alimentaire dans son plus pur appareil. Tout comme il savait qu'un jour un prédateur pourrait bien le bouffer en retour. Dans le fond, on pouvait bien dire ce que l'on voulait, mais Dan n'était pas le plus sanguinaire des pirates... ce qui ne plaisait pas forcément à tout le monde d'ailleurs.

- Et donc tu ne me boulotera pas, c'est sympa... Mais je suppose que tu es quand même capable de me trancher la gorge si l'envie t'en prend. Alors dis-moi, sirène, pourquoi tiens-tu tant à me tenir compagnie ? Tu t'ennuies à ce point-là ? Ou bien t'as cru que j'allais finir par sauter à l'eau ?

Idée qui aurait pu être tentant si Dan ne tenait pas à ce point-là à la vie. Sa face de tueur prenait soin de se focaliser sur la sirène qui barbotait encore dans l'eau, plutôt que sur ce cadavre qui menaçait de s'assécher au soleil, sans parler de l'odeur qui pourrait bientôt s'en échapper. Il ne s'était jamais demandé comment elles étaient à l'intérieur, ou plutôt il avait supposé qu'elles leur était similaire. A voir le corps grand ouvert de la malheureuse, il savait maintenant que c'était le cas. Ca lui aurait presque fait mal au cœur, s'il avait été assez tendre pour ça. Ce qu'un chasseur ne pouvait être.

- Pour ce qui est de ton repas, je te remercie, mais je ne le partagerais pas. Mais si tu as faim, ne te prive pas pour moi.
Revenir en haut Aller en bas
Encre
avatar

≈ Sirène Doyenne ≈


✘ AVENTURES : 378
✘ SURNOM : La Famélique
✘ AGE DU PERSO : Ancienne.

✘ DISPO POUR RP ? : Non.
✘ LIENS : Hunger is the purest sin.
Sujet en cours : I

MessageSujet: Re: Solitude, ma douce amie [Encre]   Jeu 5 Nov 2015 - 23:19

L’humain sursaute et sa réaction fait rire Encre d’un petit gloussement mutin, presque charmant. Hélas, au sourire se substitue bientôt la moue : le Pirate réagit peu après, n’affiche aucune peur. Cruelle déception pour la prédatrice.

- Je vois...

Mais voit-il vraiment, ce qu’il s’est produit ? Voit-il vraiment la Soeur derrière la chair, la personne dans le meurtre, dévorée vive ? La Soeur avait un nom, des amours, des envies. Et tout cela s’est évaporé alors qu’Encre lui prenait la vie.

- On en a un comme ça nous aussi, sauf que nous si jamais il lui prend l’envie de tuer un Pirate, il finira en morceaux. Après ce qu’il fait aux autres humains ce n’est pas notre affaire.

Encre hoche la tête, déçue et légèrement songeuse. Il y a des monstres, partout, c’est vrai. Pourtant ce n’est pas vraiment cela qui l’interpelle.

- Mes Soeurs ont tenté de me mettre en morceaux aussi, humain. Elles ont essayé, oh oui.

Mais Encre est une prédatrice parmi les prédatrices, Encre nage vite et Encre mord fort. Encre s’est échappée avant de payer les conséquences de ses crimes. Et même maintenant qu’on l’a exilée, elle ne craint pas réellement pour sa vie. C’est pour cela qu’elle se tient devant le Pirate, en criminelle survivante.

À chaque espèce ses cannibales.

- Et donc tu ne me boulotera pas, c’est sympa... Mais je suppose que tu es quand même capable de me trancher la gorge si l’envie t’en prend. Alors dis-moi, sirène, pourquoi tiens-tu tant à me tenir compagnie ? Tu t’ennuies à ce point-là ? Ou bien t’as cru que j’allais finir par sauter à l’eau ?

La réponse, pour Encre, est d’une simplicité désarmante. Pourtant elle ne se sent pas de l’énoncer, pas tout de suite. À la place, elle tire le cadavre de sa victime vers elle d’un coup sec et la serre comme un doudou, fort avant de la bercer doucement.  Elle est seule, Encre, si seule et personne ne veut d’elle vraiment.

Il y avait un robot, auparavant... un robot affreux au coeur tendre, qui tuait ses semblables en voulant les aimer trop fort... il voulait d’elle, lui. Mais il est parti.

Elle a le coeur serré, Encre. Et son regard fixe l’homme sans le voir alors qu’il reprend :

- Pour ce qui est de ton repas, je te remercie, mais je ne le partagerais pas. Mais si tu as faim, ne te prive pas pour moi.

En guise de réponse, la Famélique pouffe. Ce n’était pas dans ses intentions, de toute façon. Elle avait juste envie de lui faire comprendre clairement pourquoi le fait d’accorder ses proies au masculin était une absurdité. Puis, joue contre celle de sa Soeur, elle avise un oeil qui pend, encore intact malgré le reste du visage - et cet oeil, elle le gobe sans plus de façon. Friandise, friandise. Ronronnement. Et tristesse, un peu : la Soeur était plus belle de son vivant.

- Je suis traquée, humain. Personne ne veut de ma compagnie...

Oh, elle n’est pas si idiote. Elle sait pertinemment qu’elle ne peut leur en vouloir. Mais la solitude... cette solitude dans laquelle on l’a plongée lui fait tant de mal. De ses lèvres noires s’échappe alors une plainte suraiguë, berceuse d’une tristesse abyssale alors qu’elle continue de serrer la Soeur morte dans ses bras, toujours plus fort. Et la mélopée s’élève, chant de Sirène suintant de magie mais qu’elle n’a pas adressé à l’homme, pas vraiment.

Quelques secondes à peine avant qu’elle ne s’arrête, posant sur le Pirate un regard las.

- Il est rare que je parvienne à discuter avec des gens sans qu’ils me fuient ou que je veuille les manger. C’est pour cela que je suis venue vers toi, humain. Parce que c’est difficile d’être seule.

Il est rare qu’elle soit aussi franche, aussi ouverte. Elle le serait sans doute plus si elle en avait l’occasion, cela dit.

Prise d’une impulsion soudaine, Encre disparaît de la surface, emportant le cadavre avec qu’elle, qu’elle traîne plus loin et coince entre deux rochers, la... le laissant immergé. Puis elle revient, réapparaît et sa tête crève la surface de l’eau à nouveau. Elle sourit un peu et son regard s’est refait félin.

- Mais tu ne me comprends sans doute pas, toi qui veux être seul. Ooooh non, je doute que tu puisses te mettre à ma place.

Doucement, la Famélique fait basculer sa tête de gauche à droite.

- Vivre en étant traquée, vouloir aimer mais chasser, blesser et TUER ENCORE, être toxique et ne faire que faire fuir... c’est mon lot. Pas le tien, homme des mers. Tu as ton banc, des amis sans doute. Moi je n’ai que... des corps.

Des corps magnifiques, dans le garde-manger.

Elle l’a exprimée doucement, cette cruelle vérité. Avec un sourire un peu absent, comme si cela ne l’atteignait déjà plus. L’insouciance noire, fataliste que créée sa folie l’empêche de sombrer totalement, mécanisme de défense développé avec le temps. Et pas une seule seconde ses yeux jaunes ne quittent l’homme.
Peut-être joue-t-elle avec, à sa façon.

!!!:
 








I'm going hunting
I'm the hunter


Playlist ♡
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://elorecohlt.tumblr.com
Ancien Peau-Rouge
avatar

Invité



MessageSujet: Re: Solitude, ma douce amie [Encre]   Ven 6 Nov 2015 - 0:16

Elle avait l'air seule, à serrer ainsi le cadavre de sa sœur qu'elle avait à demi dévoré, sœur qui avait sans doute participé à la tentative de punition collective à son égard, peut-être même à la traque, ignorant qu'elle finirait piégée et acculée, puis finalement dévorée. A bien y réfléchir, cela n'intéressait pas Dan qui se contentait d'écouter et d'enregistrer ce que lui disait la sirène, qui avait le mérite de l'avoir détourné de sa mélancolie et de l'abime de douleur qui creusait son cœur. Le fait que Encre recherche une compagnie semblait à présent nettement plus clair et le Pirate plissa légèrement ses yeux sombres, écoutant la mélodie déchirante, complainte d'une créature esseulée qui ne supportait pas son sort. Ses paroles firent mouche, avant qu'elle ne disparaisse sous la surface de l'eau avec le cadavre, provoquant un mouvement d'approche du Tordu qui s'avança au bord, scrutant les vaguelettes à la recherche de sa silhouette. La sirène ne tarda pas à remonter, mais cette fois nul recul de la part de son interlocuteur qui finit par hausser les épaules, agitant ainsi légèrement sa grande carcasse de Pirate.

- J'ai connu la solitude. Je ne croyais pas qu'elle me manquerait, mais j'me dit en te voyant que je dois me tromper.

Dan vint s'accroupir, les pieds presque en équilibre au bord de l'eau, tandis qu'il appuyait ses avant-bras sur ses solides genoux pliés. Il était loin d'être un canon de beauté, mais fort heureusement cette créature n'en avait que faire.

- Si tu veux, j'peux te tenir compagnie de temps en temps, quand j'aurais quartier libre. J'suis un des chasseurs, donc j'ai pas mal de boulot en plus de celui sur le bateau, mais je pourrais revenir te voir.

Il se retint de demander une immunité en échange de ses visites, car une petite voix morbide au fond de lui suppliait encore pour qu'on achève cette existence sur cette maudite île. Pourtant le Pirate tenait à la vie, sans quoi il ne se battrait pas pour la garder ni n'aurait pas fait preuve de tant de méfiance à la vue d'une sirène. Alors quoi ? Une espèce d'instinct qui lui soufflait cette confiance ? Ou bien était-ce une sorte de similitude entre leur deux manières de se sentir seuls ? Car il l'était, seul, contrairement à ce que pensait Encre. On pouvait être entouré de tout un équipage et se sentir plus isolé que jamais. Le Tordu n'avait pas d'ami à proprement parler, personne à qui confier réellement le fond de ses pensées... Tout au plus la surface à quelques rares, ce qui était déjà énorme en soi. Il eut un léger sourire, ce sourire qui ressemblait plus à un rictus peu rassurant qu'à autre chose, puis pencha légèrement la tête du côté droit.

- Alors ?

La réponse était attendue, peut-être même quelque part... espérée.
Revenir en haut Aller en bas
Encre
avatar

≈ Sirène Doyenne ≈


✘ AVENTURES : 378
✘ SURNOM : La Famélique
✘ AGE DU PERSO : Ancienne.

✘ DISPO POUR RP ? : Non.
✘ LIENS : Hunger is the purest sin.
Sujet en cours : I

MessageSujet: Re: Solitude, ma douce amie [Encre]   Mer 11 Nov 2015 - 23:34

Elle s’attendait à ce que, devant la vérité crue, le Pirate s’éloigne. Mais cela n’a pas été le cas, au contraire : il s’est légèrement avancé, près de la zone où l’eau vient lécher le sable. Encre le fixe avec une curiosité toute féline, sourire toujours plaqué aux babines.

- J'ai connu la solitude. Je ne croyais pas qu'elle me manquerait, mais j'me dit en te voyant que je dois me tromper.

La remarque a le don de la faire rire, d’un rire grave et séduisant, rire de prédatrice au repos. Ainsi Encre est si seule qu’il suffit de la voir pour avoir envie d’être entouré... c’est logique. Et peu blessant, les choses sont ainsi après tout, depuis bien des années.

Lorsque l’homme vient s’accroupir au-dessus de l’eau, Encre s’approche également, de plus en plus curieuse. Qu’attend-il pour la fuir ? Excellente question, qui la pousse à le scruter avec une intensité redoublée. Curieux humain aux pensées sombres et troublées. L’aurait-elle touché, avec son chant et son histoire ? Ce serait totalement inespéré, pense-t-elle à tort.

- Si tu veux, j'peux te tenir compagnie de temps en temps, quand j'aurais quartier libre. J'suis un des chasseurs, donc j'ai pas mal de boulot en plus de celui sur le bateau, mais je pourrais revenir te voir.

Elle s’attendait à tout, sauf à cela. Surprise, Encre laisse se peindre sur son visage une expression d’étonnement tout à fait humaine, incongrue. Elle est trop proche de lui pour ignorer ses sentiments, elle comprend ainsi qu’il ne se méfie plus vraiment.

Il ne ment pas donc. Mais, habituée à être haïe, la Sirène ne parvient pas encore à appréhender vraiment sa proposition.

- Alors ?

Par mimétisme, Encre penche la tête du même côté de celle du Pirate. Et peu à peu l’idée se fraie un chemin dans son crâne confus.

Un sourire énorme étire ses lèvres noires. Tendant les bras, la Famélique prend son élan et se jette dans les bras du bipède, l’enserrant de ses bras maigres et glissants. Mais loin d’elle l’idée de le bouffer, non. Au contraire, c’est à pleins tubes qu’elle ronronne désormais, si fort que toute la crique doit l’entendre. Mais Encre s’en fiche, elle est trop contente.

- Ce serrrait volontiers, chasseurr.

Se détachant du Pirate, la Sirène se laisse retomber dans l’eau et le fixe avec perplexité.

- ... je ne sais toujours pas ton nom.

Cela fait désordre, quand même. De considérer comme son nouveau meilleur ami un humain dont elle ignore l’appellation.








I'm going hunting
I'm the hunter


Playlist ♡
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://elorecohlt.tumblr.com
Ancien Peau-Rouge
avatar

Invité



MessageSujet: Re: Solitude, ma douce amie [Encre]   Jeu 12 Nov 2015 - 0:21

Dan s'était attendu à bien des réactions de la part de la sirène, mais certainement pas à ce qu'elle lui saute au cou de cette manière, bondissant hors de l'eau pour se blottir dans ses bras, le faisant basculer sur les fesses dans son élan, la faute à l'équilibre précaire d'être accroupit sur la pointe des pieds. Plus surprenant encore, elle se mit à ronronner furieusement de telle manière qu'il sembla à l'humain entendre le son se répercuter en écho contre les rochers les plus proches, mais peut-être était-ce une illusion auditive, allez savoir, toujours est-il que c'était quelque chose d'agréable, presque doux... rassurant. Encre acceptait donc avec plaisir sa proposition, confirmant ainsi le poids de la solitude qui devait l'accabler et, quelque part, le pirate fut touché de sa réaction si pleine de joie spontanée. Le naturel revenant cependant au galop, la créature plongea de nouveau dans l'eau, le laissant trempé par l'écume que son corps écailleux avait laissé au passage, ce qui ne le dérangea pas outre mesure. Il sourit en coin, de ce rictus si singulier qui le caractérisait, réalisant qu'effectivement il ne lui avait toujours pas donné son nom.

- Dan.

Juste Dan, inutile de lui donner son surnom de "Tordu", seuls ceux du navire l'appelant parfois ainsi, notamment lorsque son comportement prêtait à ce genre de propos. Il passa une main dans ses courts cheveux noirs et se rassit en tailleur au bord de l'eau, ses avant-bras en appui sur ses genoux, sa grande carcasse légèrement penchée en avant pour lui permettre de se rapprocher un peu de celle qui était devenu, en l'espace de quelques instants, sa nouvelle amie. Une sirène et un pirate, de quoi faire jaser si jamais ça devait se savoir.

- Comment est-ce que je ferais pour t'appeler ? Et est-ce que c'est ici que tu viens toujours ou bien y'aura d'autres endroits d'où tu pourras m'entendre ?

En admettant par exemple qu'il ne puisse pas venir jusqu'ici pour x ou y raison, ou même si, lors d'une garde nocturne sur le navire, il avait envie de discuter un peu avec quelqu'un. Enfin si aucun pirate ne se levait pour venir voir sur le pont ce qu'il était en train de faire.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Solitude, ma douce amie [Encre]   

Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

 Sujets similaires

-
» Manon Margaux Chérie (springs to me) version Manon la douce (blonde)
» Entrée en douce
» Grand moment de solitude
» Exposition de Mon amie Koumori
» Un même regard ...Une solitude commune...[RP privé]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: La Mer Imaginaire :: L'Océan Bariolé-