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Pirate
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MessageSujet: Temps obscurs   Temps obscurs EmptyMar 11 Nov 2014 - 22:47

Bois Joli, bois ensoleillé, bois serein, à peine troublé par quelques frémissements d’ailes ou le son de quelque animal détalant entre les arbres. La nature, resplendissante, semble sommeiller dans la chaleur de l’été, douce chaleur qui berce les êtres, berce les bois.

Jusqu’à ce qu’un être profondément tapageur n’y mette les pieds.

Lòng n’a aucun scrupule, aucun remord à débarquer au milieu de tout ce calme comme une tache de sang sur une nappe blanche. C’est qu’en même temps, le pirate n’a pas vraiment fait exprès : perdu dans ses pensées, errant sans autre but que de briser la monotonie qui l’enserre, l’asiatique ne se rend compte de sa localisation qu’au moment où une chimère fille devant lui, manquant de le faire tomber. Retenant un juron, Lòng reprend son équilibre, jette un coup d’oeil à la ronde et prend finalement conscience du décor enchanteur dans lequel il se trouve.

C’est automatique, animal, mécanique : la douce expression de rêverie, simulée mais devenue naturelle à force d’entraînement, s’est fissurée sur un sourire mauvais. Avec les années, Lòng a appris à connaître les lieux. Il se trouve dans le bois, et pas n’importe lequel : le Bois Joli, petit paradis, repaire des Insectes. Un rire silencieux secoue les épaules du pirate : il n’a rien contre les Fées, rien de particulier. Mais voilà, Lòng est un Dragon et s’il y a une chose que ce Dragon aime, c’est de laisser une trace amère de son passage. Alors le matelot fouille dans sa poche et en tire un petit objet rectangulaire, qu’il secoue avant que son sourire ne s’élargisse : il lui en reste, c’est miraculeux.

Il y a un chuintement, une légère odeur de souffre. Puis, d’un pas désormais bien plus énergique que le précédent, le Dragon poursuit sa route dans les bois, jetant à intervalles réguliers derrière lui des allumettes brûlantes. La manoeuvre est sans soin, hasardeuse mais quelque part Lòng s’en fout : il n’a pas l’intention de se donner autant de mal pour quelques piafs. Et puis, la chance n’a pas vraiment été de son côté depuis qu’il est arrivé au Pays... il serait peut-être temps qu’elle tourne.

Trois allumettes, quatre allumettes. Le manège se poursuit encore sur une petite distance, berçant gentiment le pirate qui ne cesse de sourire comme un enfant ravi. Et, alors qu’il se saisit de la prochaine allumette, quelque chose se produit.

Il fait un pas, et c’est le noir. Comme si un Esprit mal intentionné avait soudainement éteint la lumière du monde, laissant le ciel, les arbres, le sol... absolument tout se teindre d’un noir profond, absolu. Saisi par cette obscurité étouffante, Lòng s’arrête brutalement, serrant par réflexe la boîte d’allumettes dans son poing. Il cligne des yeux une fois, deux fois... trente fois : rien ne change, l’obscurité et toujours là alors que lui-même est debout, les yeux ouverts et qu’il ne rêve pas.

- Bordel...


Les ténèbres semblent étouffer jusqu’au son même de sa voix. Pétrifié par cette soudaine intrusion et le fait que sa vision ne distingue toujours que trop peu de choses dans le noir, Lòng ressent alors une émotion étrange, sous-jacente, se glisser au milieu de son hilarité, de sa surprise. Une forme d’angoisse primaire, régressive, dangereuse de par ce qu’elle pourrait le pousser à faire. Une terreur enfantine. Après tout, cela ne fait pas si longtemps qu’il a cessé d’être petit.

La peur du noir.

Lentement, très lentement, Lòng fait un pas puis deux : des choses bougent dans la pénombre, des choses qu’il ne peut identifier. Le sourire figé du Dragon se fait grimace, la présence des armes à sa ceinture le réconforte brièvement. Alors il inspire, desserre le poing.

Dans la pénombre totale de la Sylve Obscure, une minuscule flamme fait son apparition.
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Un hibou
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MessageSujet: Re: Temps obscurs   Temps obscurs EmptyMer 12 Nov 2014 - 15:06

Un jour de mes jeunes années, alors que je n’étais qu’un intrépide hibou au service de l’Equilibre et de le Pureté, un nuage m’a dit cette phrase, alors que je partais vers un nouveau combat que je ne pouvais éviter : « Pas de repos pour les Braves. » C’est troublant de vérité, n’est-ce-pas ? Pas de repos pour les Braves. Il n’y a pas de combat de plus injuste que celui de combattre l’injustice. Les êtres comme moi, qui se dédient corps et âmes au service d’une chose plus importante que l’étincelle qui anime leur cœur, doivent au fil des années se résigner et balayer d’un coup d’aile l’idée d’un repos bien mérité. Ne croyez pas que je me plains, non... Je suis parfaitement à l’aise avec tout ça, depuis maintenant quelques décennies. Non ce qui me chagrine, voyez-vous, c’est que cette notion de dévouement se perd avec le temps et les instants, cette grandeur d’âme disparaît pour laisser la place à une noirceur... Une noirceur teintée de souffre.

Je tentais justement de prendre un peu de repos, alors que je sortais d’une négociation musclée entre les fiers Piccaninny et ces maudits Garçons Perdus, quand j’entends des bruits de pas un peu plus bas, sur un sentier que je n’avais pas l’habitude de voir emprunté par des individus de la sorte. Un Pirate. Comment je le savais-je ? Oh... Je les repère des collines à la ronde, ces lascars ! Des maudits forbans, capables seulement de tout détruire sur leur passage et de piller ce qui est beau et précieux sur cette Île ! Que venait-il faire dans un endroit aussi reculé ? Hum... Je ne pouvais décemment pas le laisser sous surveillance. Non, pas question. Après quelques étirements d’aile, je sortis du creux de mon arbre et le regarda d’un air suspect, m’envolant sur une branche voisine pour ne pas le perdre de vue.

Ah... Pas de repos pour les braves, n’est-ce-pas ?

Pendants quelques minutes, le garçon s’était tenu tranquillement, semblant rêveur et peu attentif au monde autour de lui. Savait-il où il allait ? Ou bien errait-il au gré de ses pas, cherchant inconsciemment un Eden à détruire pour satisfaire son appétit de feu et de mort ?! Me retenant de lui foncer dessus pour lui soutirer quelques informations, je remarqua au loin une chimère, tranquille et solitaire, se trouvant sur la route de l’individu grossier et belliqueux. Je ne pouvais pas laisser la pauvre créature se faire attraper par ce monstre ! Ouvrant grand mes ailes et me jetant avec courage dans le vide, je planais silencieusement vers la Chimère afin de la prévenir du danger approchant.

- Fuis ! Fuis malheureuse ! Ou tu finiras en trophée au milieu des cadavres de tes semblables !

La pauvre bête regarda autour d’elle et prît peur devant mon ombre et mon mauvais présage et couru aussi vite que possible... En direction du Pirate. Par les Cieux et ses Cavaliers, mais qu’avais-je fait !! Je venais de précipiter une créature innocente vers le plus terrible des trépas ! Ah ! Si elle n’avait pas mal interprété mon appel ! Dans le même élan je fis demi-tour, m’apprêtant à aller au secours de la pauvre bête quand je m’aperçu que le Pirate n’eut aucun geste à son égard. Pire encore, il ne sembla même pas la remarquer ! Pour preuve, lorsqu’elle passa en trombe à côté de lui elle manqua de le faire tomber. Posé sur une branche, je me permis un hululement de soulagement, au moins une vie avait été épargnée ce soir là.

- Bordel...

Entendis-je de la bouche du forban. De toute évidence il venait de se perdre... Ah ! Cela lui apprendra  à rôder là où sa présence ne pouvait rien apporter de bon ! Je pris la décision de rester caché cependant je ne le lâchais pas pour autant. Il pouvait toujours causer du tort, j’ai une fois dans ma jeunesse fait l’erreur de sous-estimer un Pirate, vous savez. Plus jamais je ne recommencerais... Ça non !
Le temps passa et je le vis sortir de sa poche un objet étrange, qui m’était inconnu. Ignorant parfaitement la nature de cet objet je ne fus pas rassuré en voyant l’air satisfait du garçon lorsqu’il le tenait en main... Cela ne devait rien apporter de bon, ce que je compris très peu de temps après : c’était du feu ! Du feu en boîte ! Quelle idée d’inventer une chose pareille ! Aussi dangereuse soit cette invention dans un endroit comme celui là, il fallait en plus que cette énergumène ne jette des flammes derrière lui comme un enfant jetterait des cailloux pour marquer sa route ! Ah non, moi vivant et en pleine forme, je ne laisserais pas un Maudit Pirate mettre le feu à mon île !
Me lançant une nouvelle fois dans la bataille, je tomba sur les flammes comme la pluie s’abattait sur les montagnes, éteignant à l’aide de mes serres ces bouts de bois qui n’attendaient que de répandre le feu maudit qui les consumaient. Un bout de bois, deux bouts de bois, trois... Quand survint le drame.

- Je brûle ! Par les Sept Chants du Roi Silencieux, je prends feu !

M’écriais-je alors que je sentais la fumée se dégager de mon plumage ! Je n’avais plus le choix, si je devais trépasser ici, alors je trépasserais en emportant ce Pirate avec moi ! Ne m’étant pas rendu compte que nous étions dans une obscurité totale car j’avais cette extraordinaire capacité de voir dans la nuit la plus noire, je fondis sur mon ennemi, une légère flamme éclairant mon plumage plein de panache !
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MessageSujet: Re: Temps obscurs   Temps obscurs EmptyVen 14 Nov 2014 - 0:54

La flamme fend les ténèbres, jetant autour d’elle un halo de chaleur que le Dragon, perdu dans l’obscurité, se surprend à trouver particulièrement rassurant. Hélas, le feu ne dévoile rien... rien d’autre qu’un sol noir, des troncs d’arbres noirs, une voûte céleste noire. Un. Univers. Noir. Bouche bée, Lòng avance d’un pas hésitant, à l’affût du moindre son. Comment a-t-il fait pour se retrouver dans un endroit pareil ? Un quelconque piège tendu par les Insectes, peut-être ? Sans doute pas mais tant pis : le Dragon n’a pas le temps d’y réfléchir et sa réserve de feu n’est pas infinie. L’important reste de sortir d’ici, avant que quelque chose ne l’attaque. Quoi ? Le gamin n’en a aucune idée, mais il s’imagine volontiers quelque chose de noir. Noir et immense comme les ténèbres qui l’entourent.

Une voix le tire de ses réflexions. Une voix qui résonne avec fracas dans le bois d’ombres.

- Je brûle ! Par les Sept Chants du Roi Silencieux, je prends feu !

Le timbre, les intonations lui sont familières mais le Dragon n’a pas le temps de développer : surgissant du néant, une boule de feu lui fonce dessus. Et le Pirate a tout juste le temps d’identifier la créature avant qu’il y aie impact. Reculant d’un pas, Lòng ne réfléchit pas trop : prestement, il lâche l’allumette, fait glisser sa veste et - sans lui demander son avis - enveloppe l’honorable volatile dans le tissu pour étouffer les flammes. A les voir ainsi, c’est comique, on croirait presque que le Dragon bercerait l’oiseau ! S’il n’était pas aussi nerveux, entouré d’une obscurité renouvelée par l’extinction des flammes, le pirate en rirait sûrement. Mais voilà, d’autres choses le préoccupent : l’état de santé du hibou, par exemple.

C’est ainsi que sa voix, légèrement inquiète, résonne alors qu’il penche la tête vers l’oiseau qu’il tient dans ses bras comme un bambin.

- T’es toujours en vie, Papy ?

Non pas que Lòng soit capable d’un quelconque attachement, mais voilà : le noir, c’est pas très rassurant... contrairement à la présence d’un animal de sa connaissance, à comprendre ici un vieil hibou tout aussi dément que peut l’être le Dragon.
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Un hibou
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MessageSujet: Re: Temps obscurs   Temps obscurs EmptySam 29 Nov 2014 - 11:47

Les événements qui suivirent furent confus et douloureux. Tout ce dont je me rendis compte sur le moment fût qu’un grand voile noir –noir malgré ma vision- s’était abattu sur mon regard perçant, éteignant au passage les flammes qui attaquaient mon postérieur homérique. Dans la torpeur de mon réveil je me rendis compte que j’étais rentré en collision avec quelqu’un, ou quelque chose, ce qui ne me rassurait pas tellement à la vue de la situation dans laquelle je me trouvais avant de perdre connaissance. Quelques hululements mal réveillés sortirent de mon bec quand une voix se porta à mes oreilles.

- T’es toujours en vie, Papy ?

Ah ! Damnation ! Je reconnus cette voix que j’avais déjà, par le passé, entendu dans la bouche d’un Pirate ! C’était celui que l’on appelait le Dragon, le terrible pyromane, semeur de flammes et de mort là où ses pas viennent toucher terre ! Soudainement, tout devint clair. Oui. Si j’avais pris feu en cet instant ce n’était pas un hasard, ça non. Il m’est arrivé par le passé d’éteindre des incendies, bien plus imposants que ça d’ailleurs ! Rappelez-vous la fureur qui s’était emparée de l’Île lorsque la Chimère Salamandre était née ! Les montagnes fondaient sous la chaleur de ses flammes, l’Océan était devenu bouillant, les forêts s’étaient même enterrées pour espérer survivre... Oui, à cette heure terrible et désastreuse, là où toutes choses étaient déjà perdues, il en est resté un qui a décidé de garder la tête haute et de mettre un terme à tout ça. Croyez-vous que je me sois brûlé en éteignant cet incendie titanesque ? Non, pas même une plume, mes chers amis. Alors comment aurais-je pu prendre feu avec quelques bouts de bois comme ceux là ? C’est grotesque.    

Sursautant comme un désaxé, je me débattis de toutes mes forces pour m’échapper de l’étreinte mortelle de ce Dragon de malheur, cherchant à tout prix à éviter d’autres dégâts. Une fois à terre, je dû faire quelques bonds pour arriver à prendre mon envol et me poser sur une branche, hors d’atteinte.  Posé et serrant ma branche avec conviction, je toisais le garçon d’un regard mauvais. J’étais encore essoufflé et je dû battre des ailes un grand coup pour dissiper la fumée qui m’entourait encore, mais je parvins à trouver les mots pour m’adresser à lui.

- Tu n’as rien à faire ici, Dragon ! Retourne sur ton navire de malheur et brûle donc les mécréants qui l’habitent ! Mais tes flammes n’ont rien à faire sur mon Île, tu entends ?!

Je m’élance dans les airs, poussant des hululements terrifiants et frôlant sa tignasse brune, et m’envole pour me reposer sur une branche de l’autre côté du chemin. Je le regarde de nouveau, la tête haute et la posture digne, dévisageant cet individu qui me voyait à peine dans une telle obscurité.
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Le Croquemitaine
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MessageSujet: Re: Temps obscurs   Temps obscurs EmptyMar 2 Déc 2014 - 13:16

Je te maudis.



Le froid vous tétanise.
La peur vous électrise.
Vos pires sentiments vous submergent.
Le Croquemitaine de l'ombre émerge.
Vous êtes désarmés, impuissants.
Et lui sourit de toutes ses dents.


Le Croquemitaine maudit Ansem :
ANSEM CRACHE DU FEU S'IL SE LAISSE GAGNER PAR LA COLÈRE.


Ansem devra utiliser sa malédiction pendant toute la durée du RP.

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MessageSujet: Re: Temps obscurs   Temps obscurs EmptySam 6 Déc 2014 - 0:04

Pour toute réponse, il n’obtient que mouvement. Soucieux de ne pas étouffer le vieil emplumé qui se débat entre ses bras, Lòng ouvre les bras, le laissant s’échapper. Battements d’aile, le pirate devine que le hibou s’est perché, intuition confirmée par le son de la voix de la créature, résonnant, vindicative, au-dessus de lui.

- Tu n’as rien à faire ici, Dragon ! Retourne sur ton navire de malheur et brûle donc les mécréants qui l’habitent ! Mais tes flammes n’ont rien à faire sur mon Île, tu entends ?!

C’est plus fort que lui : un sourire malin, vicieux, se dessine sur ses lèvres. C’est que Lòng aime bien quand on l’appelle ainsi par son surnom... même si c’est pour le gronder. Il veut rétorquer quelque chose mais Ansem l’interrompt, à coup de hululements. Par réflexe, le Dragon porte la main à ses yeux : il entend un mouvement, sent l’air qui se déplace alors que le volatile lui passe juste au-dessus, frôlant le sommet de son crâne. A nouveau les battements se calment : l’oiseau a dû se poser ailleurs. Lòng se redresse, aux aguets.

- Je rentrerais bien mais-

Il n’a pas le loisir de continuer. Pourtant il aimerait bien, le Dragon, mais une vague de froid s’est abattue sur lui. Une vague qui lui coupe le sifflet, le fige comme s’il avait reçu un coup. Yeux grand ouverts dans l’obscurité du bois rongé, il titube, recule et s’adosse à un arbre, souffle coupé. Il ne sait pas pourquoi, il n’a aucune idée mais d’un seul coup, il se sent seul. Seul dans le noir, seul dans le néant. Oublié.

À l’abandon.

La présence de cette chose qui est apparue dans le bois est immense, oppressante. Elle l’étouffe, l’enferme, le noie dans le silence. Et Lòng ne peut pas, il est incapable de supporter cette absence qui risque de le dissoudre. Alors le Dragon se redresse et, faisant un effort qui lui paraît surhumain, tire une lame de son fourreau, prêt à tout pour faire disparaître cette horrible sensation de chute.

Il amorce un geste...

... et la sensation disparaît.

C’est brutal, tellement brutal qu’il reste un instant figé. L’angoisse a quitté son âme, comme si elle n’avait jamais existé. Seuls les battements chaotiques de son coeur lui rappellent que la sensation a bel et bien été là.

Quelques secondes passent. Reprenant peu à peu contrôle d’une respiration qui s’est faite un peu trop rapide pour faire illusion, Lòng déglutit.

- ... tu as senti ça aussi, Papy ?

Il y a dans sa voix une légère trace d’enfance, une angoisse primaire qu’il n’a pas totalement réussi à dissimuler. Décidément, cette part de la forêt ne lui apporte que des ennuis. Toujours en attente, le Dragon fouille dans ses poches pour y récupérer les allumettes salvatrices qui l’aideront - peut-être - à sortir d’ici.
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Un hibou
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MessageSujet: Re: Temps obscurs   Temps obscurs EmptyLun 8 Déc 2014 - 0:53

Tout était pourtant en ma faveur ! Moi, Ansem, Gardien Irrévocable et Grandiloquent de Never Never Land, face au Terrible Dragon qui, dans un égarement funeste, tentait de mettre le feu à la Sylve Obscure, j'étais en position de force, là où je voyais tout et où lui ne voyait rien ! Je pouvais faire tourner le cours des choses en un battement d'aile, comme dans le temps en ces moments épiques et fantastiques où j'avais le pouvoir de créer des nuages et de pousser le vent ! Mais mes vieux jours sont également le témoin de mon inexorable décadence. Ce n'est pas seulement mon corps que je dois voir décroître, mais aussi ma chance...

Car en cet instant le Dragon était perdu. Probablement impressionné par ma sommation et intimidé devant mon éloquence, j'entendis :

- Je rentrerais bien mais-

Quand soudainement, comme évadé des ténébres, un vieil ami vînt nous rendre visite. Ce ne fût pas ma première rencontre avec ce spectre de malheur, et que les Astres et les Abysses m'entendent, j'espère que ce fût la dernière. Mais ce genre de malheur arrive toujours quand on le craint le plus. Il est présent dans les pires moments, là pour vous enfoncer la tête sous l'eau quand vous vous noyez, là pour couper la liane qui pourrait vous sauver d'un sable mouvant, toujours là pour enfoncer un peu plus la lame qu'un pirate viendrait vous enfoncer dans le ventre ! L'air s'était refroidi brutalement et le silence ambiant se fît plus paisant. Mes ailes frissonnent encore de la peur que sa présence m'inspirait en ce triste instant. Mais c'est loin d'être tout ce qui émergea en moi.

Un tourbillon de sentiment s'empara de ma personne, d'abord de la peur, que je parvins à contrôler très vite, puis de la lassitude. Comme une forte dépression, une tristesse sans nom et une impression d'abandon. Comme si j'étais seul, terriblement seul et que personne ne se souvenait de moi. Comme si, dans cette obscurité si claire à mes yeux, je ne voyais plus rien. Puis un autre sentiment vînt remplacer cette sollitude : la haine. Une haine sans nom, violente et rugissante, qui me donnait envie de sauter au cou de ce pirate pour lui arracher la chair... Une colère terrible suivie d'une chaleur brûlante qui semblait s'infiltrer tout doucement dans mon bec, puis ma gorge jusqu'à enrober mon coeur d'un voile chaud et douloureux.

Et puis plus rien.

- ... tu as senti ça aussi, Papy ?

L'état second dans lequel je me trouvais m'empêchait de répondre quelques secondes pendant lesquelles je m'étirai les ailes. Je ne me sentai pas vraiment bien. Mon regard se porta de nouveau sur l'individu. Lui aussi semblait quelque peu perturbé par l'apparition da la maudite créature, mais je ne pouvais me permettre de l'indulgence à son égard.

- Oui... Et tu devrais prendre ça pour un signe ! Maintenant déguerpis avant qu'il ne reviAAAAARRRGGGGHHHH !!!!

Ne puis-je m'empêcher de hurler dans un déchainement digne de la Grande Fournaise Sous-Marine ! Sans que je ne comprenne pourquoi ni comment, des flammes sortirent de mon bec en direction du Dragon !! Une vive incompréhension m'envahissait tandis que je crachais un torrent de feu vers le jeune homme, me forçant à fermer le bec pour ne pas enflammer le bois entier.
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MessageSujet: Re: Temps obscurs   Temps obscurs EmptySam 13 Déc 2014 - 13:32

Toujours affairé à fouiller le fond de sa poche pour y récupérer de quoi éclairer les alentours, Lòng finit par mettre la main sur sa boîte d’allumette qu’il retira de sa poche. Non loin de lui, le hibou finit par lui répondre :

- Oui... Et tu devrais prendre ça pour un signe ! Maintenant déguerpis avant qu'il ne reviAAAAARRRGGGGHHHH !!!!

La phrase de l’Homérique volatile s’était muée en un hurlement étrange, pourtant ce ne fut pas le son qui alarma le plus le Dragon. En effet, un nouveau jet de flammes avait jailli dans sa direction. Alerté par ce déluge brutal de chaleur au milieu des ténèbres, le matelot eut tout juste le temps de reculer hors de portée du feu, échappant de peu à une carbonisation malvenue. Trébuchant sur une racine, il manqua de s’étaler, se rattrapant à une branche qu’il parvint à peu près à saisir - à l’aveuglette. La lumière des flammes s’était imprimée dans ses rétines, teintant l’obscurité d’un gris dégueulasse. Perplexe, il se redressa, retrouvant l’équilibre. L’idée que le feu puisse provenir du hibou commençait à faire chemin dans son esprit, faisant naître sur son visage une expression de stupeur qui le rajeunissait, le rendant inoffensif. C’est qu’il faisait peu d’effort pour maintenir le masque, le Dragon, puisqu’il était dans le noir le plus complet...

- ... on dirait que le Croquemitaine t’as maudit, Ansem.

Oui, il connaissait le nom du hibou. Après tout, cela faisait une soixantaine d’années qu’il parcourait l’Île et puis, comme il aimait bien l’oiseau, il avait retenu l’information.

Avec prudence, il fit un pas en arrière, espérant ainsi se mettre à portée des flammes. Il n’avait pas l’impression que l’animal avait fait exprès de lui cracher le feu à la gueule mais... il n’en était pas sûr. Fixant l’endroit d’où avaient jailli les flammes, il reprit :

- Crois-moi, j’aurais rien contre le fait de me casser d’ici. Mais j’ai aucune idée de comment.

Il était perdu. Et cette sensation d’égarement, d’incertitude, commençait à lui courir sur les nerfs. Dans le noir, beaucoup de choses pouvaient arriver. Et, privé de l’un de ses sens, le Dragon se verrait - lentement - passer du statut de prédateur à celui de proie.

Il ne le supporterait pas.

Avec une violence dont il n’avait pas vraiment conscience, le pirate fit brutalement un tour sur lui-même, examinant comme un animal en cage les ténèbres pour comprendre comment sortir de cet enfer de néant.
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Un hibou
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MessageSujet: Re: Temps obscurs   Temps obscurs EmptyMer 17 Déc 2014 - 23:12

Que le Vent ne m'emporte, le Dragon a raison ! Par je ne sais quel jeu de l'implacable et terrible hasard, ce maudit lanceur de malédiction m'a maudit à mon tour ! Ah c'est comme si ce monstre sans cœur était à la solde du pirate que je m'apprêtais à chasser de ce bois une bonne fois pour toute ! Mais soit, ce n'est pas la première et certainement pas la dernière fois que je serais confronté à ce genre de chose... Je me dois de faire face avec toute la dignité dont je suis capable. Trépignant sur mes serres, tenant avec force la branche sur laquelle je suis posé je me force à fermer le bec de peur d'en faire surgir des flammes à la moindre ouverture. Et si j'incendiais le Bois Joli, comment ferais-je pour réparer un tel désastre... ? Décidément, me voilà dans de beaux draps !

- ... on dirait que le Croquemitaine t’as maudit, Ansem.

Entendis-je de la bouche de l'individu peu recommandable d'en bas. Je le toise d'un air redoutable, désireux de me jeter sur lui pour le lacérer de mes serres, mais je me dois de d'abord régler ce problème de malédiction. Levant ma tête vers le haut, vérifiant de mon regard nyctalope que la voix est libre, j'ouvre le bec et m'apprête à cracher les enfers mais... Rien. Absolument rien. A mon grand étonnement je referme le bec et songe quelques secondes à ce qu'il venait de se produire. Serais-je soudainement capable de cracher du feu ? Le Croquemitaine ne m'aurait-il en fin de compte pas maudit ? Je souffle quelques volutes d'air chaud pour vérifier mais rien, pas même une e.

- Crois-moi, j’aurais rien contre le fait de me casser d’ici. Mais j’ai aucune idée de comment.

Entendis-je de nouveau de la voix du Pirate. Il est désormais temps de s'occuper de ce maudit hurluberlu. Me laissant tomber dans le vide quelques seconds je déploie mes ailes à un mètre ou deux du sol et frôle les racines de l'arbre sur lequel je me trouvais. Dans le même élan je m'élance vers le Dragon, fin prêt à le faire déguerpir quand il se retourna brutalement, me montrant désormais son dos plutôt que sa face. Lâche ! Venant d'un pirate je ne pouvais m'attendre à un autre comportement, mais il y a des choses que je ne supporte pas... La couardise en faisant partie !

- Ose ! Ose regarder la moAAAAAARRRGGGHHHGGGHHH !!!!

Quand soudainement d'autres flammes jaillirent de mon bec ! Je ne comprends plus rien ! Surpris, aveuglé et désorienté voilà que je fais une vrille en plein vol et percute violemment un arbre qui se trouvait à quelques mètres derrière le Dragon. Fermant brutalement mon bec, ce qui stoppa les flammes, je m'écroule sur le sol et m'étale de tout mon long au pieds de l'arbre qui venait de m'assommer. L'affrontement avec de pirate devenait de plus en plus compliqué...

- Oh... Oh ma tête... Tu me le paieras, Dragon ! Oh...

Parvint-je à dire entre quelques râles de souffrance. J'ignore comment et pourquoi, mais ce Dragon est certainement responsable des maux qui m'affligent en ce moment même... Pour cette raison, mais aussi pour tant d'autres, je me dois de chasser de cet endroit... Tout du moins, quand je serais en état.
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MessageSujet: Re: Temps obscurs   Temps obscurs EmptyLun 29 Déc 2014 - 11:23



Il est toujours dans le noir, le Dragon. Et toujours perdu. Une panique sournoise a commencé à s’infiltrer entre ses poumons, panique qui disparaît soudainement lorsqu’une lumière flamboyante éclaire les troncs alentours, lumière précédée du cri d’un volatile un brin trop vindicatif pour son bien. Faisant à nouveau volte-face pour contempler la source de lumière, Lòng sent s’imprimer dans sa rétine l’image d’un hibou qui cesse soudainement de cracher des flammes alors qu’il part à la rencontre d’un tronc d’arbre. Le bruit d’une chute étaye l’hypothèse : c’est clair, le vieil emplumé s’est fait surprendre par ses propres flammes.

Un ricanement s’échappe d’entre les lèvres du pirate alors qu’une plainte sourde s’élevait du sol, non loin de lui.

- Oh... Oh ma tête... Tu me le paieras, Dragon ! Oh...

Il ne bronche pas, l’asiatique. Au contraire, le frémissement qui agite ses épaules s’est intensifié. L’accident l’a distrait de sa peur, lui rappelant que, même s’il n’est pas en position de force, il existe une créature encore plus mal en point que lui. Cette constatation le rassure, lui permet de reprendre de l’assurance. C’est ainsi que le rire filtre d’entre ses dents, rire inégal, rire cassé et dément, rire joyeux, coloré de tant de sentiments. Quelques secondes passent, secondes hilares avant que le Dragon ne reprenne le contrôle.

Et maintenant ?

Maintenant, essuyer les larmes.

- Je ne suis pas responsable de ton état, Papy.

Le surnom, auparavant si enfantin, s’est chargé d’un mépris étrange, curieuse affliction. Souriant comme si on lui avait tiré de deux coins de la bouche vers les haut, le Dragon fait un pas vers l’endroit où est censé se trouver la bête blessée.

- Maintenant, dis-moi, tu vas faire quoi ?

Il ricane de plus belle, et son rire éclate comme un sanglot. Une allumette craque dans le noir, éclairant quelque peu la scène, le pirate qui fixe l’Homérique hibou laissé au sol comme un vulgaire mourant.

- Le Croquemitaine t’a peut-être donné le don de cracher des flammes, mais blessé comme tu l’es, ça ne te servira qu’à éloigner les quelques trucs qui essaieront de te bouffer.

Silence. Lòng laisse tomber l’allumette dans son poing qu’il serre, replongeant la Sylve dans l’obscurité. La morsure du feu ne le fait pas grimacer, il se sent las, soudainement. Si fatigué.

Un temps. Puis le pirate se retourne, fait quelques pas jusqu’à trouver un tronc auquel il s’adosse précautionneusement. Ses yeux se sont à peine habitué aux ténèbres, mais l’habitude a agi, apaisant la peur de l’inconnu. Sourire toujours aux lèvres comme si c’était là un réflexe, le Dragon joue avec l’allumette calcinée, la faisant passer entre ses doigts alors qu’il reprend.

- C’est dingue, ça, tu trouves pas ?

La question est rhétorique, bien sûr. Il poursuit.

- Un jour, il se passe un truc minuscule. C’est tout con, ça prend un rien de temps et pourtant... paf. T'es mort.

Ricanement. Il reprend :

- Un geste mal maîtrisé, une parole de travers... ou mieux, une saloperie de gamin qui débarque et qui, d’un claquement de doigt, te vole ce que t’as de plus précieux et  te laisse en arrière.

Un temps.

- C’est l’affaire de rien, pourtant. Une nuit passe et ta vie s’écroule.

La dernière phrase, amère comme un mauvais thé, s’est abattue avec la gravité d’un verdict coupable. Il fait une pause plus longue que les autres, puis se remet à rire, d’un rire un peu plus fort.

- Dis-moi, vieille chose, tu as vraiment envie que ça t’arrive aussi ? Ou tu vas me laisser approcher ?

Le sous-entendu est bien là : c’est de l’aide que le matelot - indirectement - lui propose. Mais rien n’est gratuit en ce bas-monde : la créature ne sera mise en lieu sûr que lorsque le Dragon le sera aussi, c’est-à-dire loin de cette maudite forêt.
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MessageSujet: Re: Temps obscurs   Temps obscurs EmptyJeu 22 Jan 2015 - 23:10

Mes ailes sont douloureuses, mes os me font souffrir et mes serres elle même ne m'obéissent pas totalement ! Ô quels torts ai-je pu causer au destin pour qu'il ne s'acharne ainsi sur ma pauvre personne ! Je ne pensais pas mériter une telle chose... Moi, le protecteur des faibles, le défenseur des innocents, la sauveur de l'impotent et du dérisoire, me voilà maudit et à la merci d'un forban terrible et pyromane ! J'ai il semblerait la faculté étrange et certainement temporaire -si mes connaissances sur le Croquemitaine sont exactes- de cracher du feu... Mais comment ? Je ne maîtrise plus rien...
De mes yeux nyctalopes j'observe ce garçon misérable qui semble se parler à lui-même, comme perdu dans une sombre mélancolie dont j'ignore les tourments... Et d'ailleurs à quoi bon ! Il n'est qu'un ramassis de vices et de cruauté !

Quelques forces semblent me revenir, j'en profite pour me redresser mais voler reste encore une chose inaccessible dans mon état actuel. Je le vois, là, si près de moi, une allumette à la main et une envie, j'en suis certain, irrépressible de l'allumer pour embraser cette magnifique forêt ! A cette pensée je sens mon bec se chauffer lentement, mais très vite il refroidit pour revenir à la normale. Je fais quelques bonds volontaires dans la direction inverse de là où il se trouve mais jamais je n'aurais assez de force pour me mettre hors de sa portée. Ah, je me fais si vieux !

Dans son monologue, j'entends le jeune homme parler manque, de regret, de rancœur... Et j'entends une proposition. Une main tendue ? De la part d'un pirate ?
Je ne suis pas né de la dernière pluie !

- Que crois-tu ? Que je vais te laisser poser tes mains de pyromane sur moi ? Pour quoi faire ? Tu es soigneur ?! Je ne crois pas, Dragon ! Le jour où je laisserais un pirate poser la main sur moi, ça sera surement quand je... OH !

Dis-je juste avant de m'écrouler, pétri de fatigue et de rhumatismes. Il semblerait que mon corps ne veuille plus répondre à mes attentes... Imaginant le sinistre individu derrière moi se délectant du repas à venir -on dit que les humains mangent les hiboux ! N'est-ce pas répugnant !- je laisse échapper un mince filet de flamme de mon bec, ce qui embrase quelques brins d'herbe à mes côtés. Les flammes semblent éclairer la scène d'une lumière légère, mais suffisante, qui me fait voir sa silhouette sous un profil encore plus inquiétant. Je l'observe longuement, de longues secondes durant lesquelles il me fixe, semblant attendre une réponse de ma part à sa proposition.
Après-tout... Ai-je le choix ?

- Tu dois savoir, misérable forban, que si tu me dévores, me brûle ou m'empaille, jamais tu ne retrouveras la lisière de ce bois ! Tu es prévenu !

Cet avertissement aura, je l'espère, l'effet d'un bouclier contre sa cruauté. Je me doute qu'une menace telle que moi dans une si mauvaise posture doit être une occasion de choix pour un sbire du Jolly Roger... Je m'en remet aux astres !
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MessageSujet: Re: Temps obscurs   Temps obscurs EmptyMer 28 Jan 2015 - 1:18

Surprise !




UH !

Un sable d'or saupoudre les cheveux de Lòng.

Un songe de Lòng se matérialise en sable pour l'aider.
Lòng chevauche un dragon de sable.


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MessageSujet: Re: Temps obscurs   Temps obscurs EmptyMar 17 Fév 2015 - 13:37

HRP:

- Que crois-tu ? Que je vais te laisser poser tes mains de pyromane sur moi ? Pour quoi faire ? Tu es soigneur ?! Je ne crois pas, Dragon ! Le jour où je laisserais un pirate poser la main sur moi, ça sera surement quand je... OH !

La phrase s’achève dans un cri, auquel fait immédiatement écho le ricanement du pirate. Toujours adossé à son arbre, Lòng s’en détache et fait quelques pas vers l’endroit d’où provient la voix du hibou. Ce dernier, au sol, se met à cracher quelques flammes tremblotantes qui, picorant l’herbe noire du bois putréfié, illuminent faiblement les alentours. Quelques secondes passent, secondes durant lesquelles se fixent l’homme et l’animal. Alors qu’il contemple le volatile, le matelot réprime un sourire. Non, il n’a rien d’un soigneur. Au contraire, il n’a jamais eu le souvenir d’avoir su faire autre chose... que de détruire.

- Tu dois savoir, misérable forban, que si tu me dévores, me brûle ou m'empaille, jamais tu ne retrouveras la lisière de ce bois ! Tu es prévenu !

Nouveau rire, cruel et doucereux.

- Très bien, Papy. Je ferai gaffe.

Il veut poursuivre, prendre l’oiseau dans ses bras mais quelque chose l’en empêche. Mille éclats d’or semblent apparaître, tomber du ciel pour se perdre dans ses cheveux, parsemer le noir de sable. Aussitôt, le Dragon se raidit, prêt à combattre le piège qu’il imagine que le Pays veut lui tendre.

Pourtant, il n’y a pas de piège. Juste une danse. Devant eux, le sable tourbillonne et s’amasse pour former une créature longiligne et splendide dont Lòng, fasciné, oublie de se méfier. Sous ses yeux se forment écailles, griffes et crocs, jusqu’à ce que la créature, parachevée, atterrisse avec dignité. Et le pirate ose à peine y croire, tant l’instant est précieux, magnifique. Tant le reptile lui semble beau. Et familier.

Pour cause, c’est un dragon qui a surgi devant lui. Un dragon d’Orient, aussi beau que ceux des légendes de son pays. Et l’apparition le salue comme un frère et ses yeux brillent dans la nuit. Lòng ne réagit pas immédiatement car la surprise - et l’émerveillement - le pétrifient.

- Vous... êtes réel ?

Devant la créature de sable, sa langue maternelle lui revient instinctivement. Et le dragon d’or semble le comprendre puisqu’il acquiesce, gravement. Le matelot s’approche de l’apparition, la contemple avec déférence : son esprit refuse de croire qu’une telle créature puisse provenir de l’Île maudite, non. En cet instant, il est persuadé que le Dragon d’Or est une divinité, arrivée au Pays pour l’aider.

... l’aider à quoi ?

À sortir d’ici.

Seulement, il n’est pas seul. Il a un hibou, avec lui. Alors que le pirate s’est avancé vers l’apparition, il se rappelle soudainement de l’existence d’Ansem.

Le rire revient, piquant.

- On dirait que le vent a tourné, vieille chose. Plus rien ne me force à t’aider.

D’un geste étrangement solennel, il passe la main sur les écailles sablonneuses du dragon qui se laisse faire sans broncher. Lòng n’a pas besoin de lui parler pour percevoir ses intentions : cette créature est là pour l’emmener hors de la sylve maudite. Et rien, absolument rien ne l’oblige à sauver l’Homérique.

La situation est décidément savoureuse, mais voilà : les flammes vacillent, terminent de consumer l’herbe sombre des bois. Le pirate doit se décider, vite.

Les flammes s’éteignent. En quelques pas, le Dragon a rejoint le hibou blessé, qu’il saisit délicatement pour le caler au creux de ses bras. Le geste est précieux, d’une tendresse atroce pour qui sait que Lòng n’adopte cette indécente douceur... qu’avec ses victimes. La  créature de sable s’est abaissée, offrant au pirate son dos longiligne. Tout en veillant à ne pas blesser encore plus le volatile, l’asiatique s’y installe, se faisant cavalier de la créature mythique.

- Tu es peut-être sage, mais tu n’as toujours pas compris comment je fonctionne, Ansem.

Il ricane. Le Dragon d’Or s’ébroue nerveusement, en attente d’un signe. Lòng le perçoit, répond.
- On y va.


Prenant appui ferme de ses griffes dans le sol, le dragon de sable se redresse soudainement, fendant l’air vicié de la Sylve Obscure pour les sortir de là. Et soudainement, les ténèbres laissent place à un crépuscule naissant qui les entoure de toutes parts. L’apparition - fruit de l’Île bien que Lòng se refuse à la considérer ainsi - sait voler et le montre, s’élevant loin du Bois Joli jusqu’à se refaire horizontal, planer doucement au-dessus du Pays.

Durant tout ce temps, le matelot n’a pas dit un mot. L’adrénaline et l’émerveillement ont fait battre son coeur à toute allure, le grisant encore plus efficacement que toutes les réserves de rhum du navire. Il se remet à rire, mais d’un rire d’enfant, qui achève de lui tirer les larmes causées par le vent.

Il est ainsi, Lòng. Certains ont tendance à oublier qu’il n’est qu’un enfant.

Une fois l’éclat de rire passé, le pirate jette un oeil au hibou.

- On te dépose où ?

Il est en train de le sauver, et il le sait bien, le Dragon. S’il était prévisible, il serait méchant tout le long mais ce serait contre-productif. Plus imprévisible il sera, plus les autres auront à craindre de lui. Et puis, il apprécie l’Homérique et ses délires permanents. Un jour, il lui brisera une aile, ou deux sans doute, mais... pas pour l’instant.
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MessageSujet: Re: Temps obscurs   Temps obscurs EmptySam 9 Mai 2015 - 16:11

The End


Mais le hibou se contentera,
D'une ignorance d'apparat,
En s'envolant sans prendre le temps,
D'ajouter un remerciement,
Il n'y a bien que ce vieux barjot,
Pour voir en Long un matelot,
Certes bizarre mais point dangereux,
Juste un petit délinquant gueux !



FIN DE L'AVENTURE




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