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Scorch
Scorch

♣ Chef des Diplomates ♣


✘ AVENTURES : 353
✘ SURNOM : L'Allumé
✘ AGE DU PERSO : 17 ans

✘ DISPO POUR RP ? : MP moi, on verra
✘ LIENS : C'est un géant très gentil, se faisant occasionnellement quelques amis...

Scorch ~ The dry straw Giant  Empty
MessageSujet: Scorch ~ The dry straw Giant    Scorch ~ The dry straw Giant  EmptyMar 2 Sep 2014 - 9:53

Scorch


Trucs

Surnom : L'Allumé
Groupe : Garçon perdu
Age : Aux alentours de 16 ans
Rôle : Diplomate


Révérences

- Scorch, arrête de culpabiliser.

La chaleur du feu de bois éclaire peu à peu le visage de la petite fille, qui s'approche doucement avec une assurance certaine. Visiblement, elle connaît l'adolescent accroupi qui fixe son unique source de lumière de son unique œil.

- Il a eu ce qu'il méritait. Moi, je pense que tu n'as pas à t'en vouloir.

Son ami ne réagit pas, ne bougeant pas le moindre sourcil pour montrer qu'il l'écoute, et préfère rester dans ses pensées. Hésitante et vaguement déçue par son absence de réaction, elle continue, le ton de sa voix adouci afin que la discussion ne ressemble pas trop à une engueulade, elle ne se le permettrait pas.

- Scorch, faut que tu comprennes. Tout le monde n'a pas bon fond, surtout ce p'tit con de Sunny, c'est un sale merdeux incapable de supporter l'autorité. Tu peux pas t'acharner comme ça, à t'obstiner à chercher des qualités aux gens qui ne font rien pour les montrer.

Les paroles de Glue sont sages, étonnant venant d'une enfant qui ne doit pas dépasser la dizaine d'années, mais elles n'atteignent pas les oreilles du borgne, qui tourne la tête vers elle et change de sujet.

- J'ai demandé à des garçons, d'après eux, Sunny vient tout juste d'arriver.

Il ment, à lui-même comme à Glue. Certains disent que le Teigneux n'est arrivé que depuis quelques jours, c'est vrai, mais d'autres disent qu'il est là depuis des années et il y en a même quelques-uns qui disent qu'il est là depuis demain. Ce qui est sûr, c'est que la notion du temps ne s'arrange pas, ici.

- On s'en branle, je te parle pas de...

- Il est sans doute perdu, un peu désorienté, c'est normal qu'il ait réagi comme ça, surtout à son âge, et il a peut-être un passé difficile pas encore oublié. J'ai eu un mauvais réflexe, j'irais m'excuser demain.

Glue se tait, elle sait que Scorch a parfaitement conscience que Sunny a essayé de le frapper, et elle n'a pas envie de le mettre mal à l'aise en démontrant sa nouvelle preuve de mauvaise foi. De toutes les facettes de sa personnalité, c'est celle qu'elle déteste le plus.
Trop tolérant, trop patient, il est incapable de reconnaître le mal du premier coup, surtout chez les enfants. Il a toujours été comme ça, et c'est en partie grâce à ça qu'ils ont pu s'apprécier mutuellement malgré la réputation de colleuse que Glue s'est formée. Mais à un moment, il faut savoir dire non, dire que ce n'est pas bien, que c'est une mauvaise action, ce que Scorch est pas fichu de savoir faire. Il passe son temps à chercher des excuses aux gens mauvais, pardonne les pires bêtises de ses aînés et les fourberies de ses cadets sans la moindre difficulté, et il lui faut des siècles avant d'admettre qu'une personne à un mauvais fond. Il aime à croire que son monde est un paradis, et qu'en chaque être humain se cache un ange dissimulé par des défauts parfaitement pardonnables.

- Tu fais ce que tu veux, je t'ai donné mon avis...

Glue est incapable de parler d'un sujet sensible avec Scorch très longtemps. Elle ne l'avouera jamais, mais il l'intimide. Il faut dire qu'il y a de quoi.
Scorch est grand, très grand, il fait partie des plus grands des enfants perdus. C'est un colosse, un géant qui fait lever les têtes et on pourrait presque s'attendre à ce que ses pas fassent trembler la terre. D'après lui, il tient cette particularité de son père, qui avait le haut du crâne encore plus élevé dans le ciel que lui, ce qui semble assez difficile à croire. Il aurait pu devenir Chasseur ou Sentinelle, il en a plus que largement la capacité, avec ses muscles de bûcheron, mais manque de bol, il est devenu Diplomate. Bien qu'il mange de la viande, il ne peut pas se résoudre à faire du mal aux animaux lui-même, et jouer les gros bras en rôdant dans le village ne l'intéresse pas non plus. C'est un gâchis de gaspiller tout ce potentiel, il aurait pu être la Sentinelle parfaite. Il a tout ce qu'il faut : La taille, la force, et l'élément intimidant, son bandeau qui lui barre le visage. Personne ne sait exactement ce qui se cache sous la masse de tissu, mais parfois, lorsqu'il est mal placé ou mouillé, on peut apercevoir un morceau de peau roussie. Ne cherchez pas à visualiser la blessure dans son intégralité, quoique vous imaginez, c'est sans doute pire. Les rumeurs les plus folles disent qu'un trou béant remplace son œil, c'est dire.
Il va sans dire que ce n'est pas ses cheveux blonds qui vont changer la donne et rassurer les plus jeunes, qui craignent parfois de le croiser la nuit. Pourtant, il n'a rien demandé à personne, Scorch, il voudrait être ami avec tout le monde, sans distinction. À cause de la mauvaise image qu'il se traîne, ses camarades ont longuement hésité avant de l'appeler par un surnom, voire même de l'appeler tout court. Sa petite appellation a finalement été inventée par une Sentinelle plus téméraire que les autres.

Glue a été la première à se rapprocher de lui, et à découvrir son véritable caractère, très éloigné de celui des histoires que racontaient les autres. Elle a découvert un garçon généreux et gentil, qui dévoile tout de suite sa joie de vivre dès qu'on apprend à le connaître. Alors, certes, sa sociabilité le rend un peu bavard, collant et parfois légèrement lèche-botte, mais il sait se maîtriser, pour peu qu'on lui fasse la remarque. Et puis, Glue, elle aime bien quand il est collant, ça lui fait un point commun avec lui, on ne l'appelle pas la Sangsue pour rien.
Mais malgré tout, l'ambiance lugubre de cette fin de soirée donne au grand blond un air inquiétant, ce qui pousse la petite fille à s'asseoir à côté de lui afin de lui dire quelque chose qu'il doit savoir depuis longtemps :

- Tu fais peur à beaucoup de monde, tu sais...

Il rit jaune. Un très petit rire, mais un rire quand même. Tout en arborant un petit sourire gêné, il murmure  :

- C'est ridicule, je ferais pas de mal à une mouche, et je ne déteste personne, ici.

- T'as cassé la main de Sunny en voulant stopper son coup de poing.

Glue a répliqué du tac au tac, comme si elle s'attendait à cette défense, mais elle regrette immédiatement ses paroles, elle ne voudrait surtout pas vexer le seul ami proche qu'elle possède, et bien qu'elle ait confiance en lui, elle n'aimerait pas qu'un garçon avec la moitié de la face carbonisée lui fasse les gros yeux, elle aurait du mal à dormir la nuit suivante. Mais à son grand soulagement, il répond toujours aussi calmement :

- C'était un accident.

- Évidemment, venant de toi. Mais tu ne me contrediras pas si je te dis que les nouveaux vont avoir du mal à te faire confiance après ça.

Il se tait, il ne sait plus quoi répondre. Ce genre de vérités lui fait mal, et il donnerait n'importe quoi pour être mieux vu par la communauté. De temps en temps, il regrette d'avoir choisi d'être Diplomate. Il se dit qu'il aurait dû prendre une occupation plus proche des autres, comme raccommodeur ou soigneur, mais dans les deux cas, il n'en a ni les capacités, ni l'envie de prendre une aussi grosse responsabilité sur les épaules. Si un ami venait à mourir par sa faute, il ne se le pardonnerait jamais.

- Les mères vont commencer leurs histoires, éteins le feu et rejoins la tienne avant qu'une Sentinelle ne te remarque. Et surtout, pense pas à Sunny toute la nuit, ou tu vas être fatigué pour aller chez les Delaware demain.

Conseil inutile, car c'est exactement ce qu'il va se passer. Il ne va peut-être même pas fermer l’œil, qui sait. Ça n'a pas grande importance, de toutes façons, vu que les Delaware l'apprécient tel qu'il est, même s'il s'assoupit au beau milieu d'une discussion. Mais ce n'est pas une raison pour défier l'autorité de Peter Pan en restant debout toute la nuit.

- J'y vais tout de suite.




Unique au monde


Je pense que vous vous trompez sur Scorch.

- Scorch ! Scorch, où est-ce que t'es ?

Essoufflée, épuisée, Glue cavale dans le village enveloppé par le voile de l'esprit nuit. Les premiers feux de bois sont en train d'être allumés, et le dîner devrait bientôt commencer, mais toujours aucune trace de Scorch.

- Scoooorch !

Puis brusquement, elle voit le géant sortir d'une cabane de Sentinelle, accompagné par un petit enfant portant un petit chapeau bleu, probablement un nouveau qu'il était en train de briefer. Pour contrer sa mauvaise réputation, Scorch a pris l'habitude d'aller voir les garçons perdus qu'il voit pour la première fois pour se présenter, afin qu'ils ne se fassent pas de fausses idées avec les rumeurs qui circulent. C'est d'ailleurs cette habitude qui a causé la dispute avec Sunny, alias le Teigneux. Les mauvaises langues disent que Sunny a essayé de le frapper parce qu'il s'attendait à une mère jolie et douce pour venir l'accueillir, et non pas à un grand Diplomate borgne et costaud comme un rondin de bois. Ils ont tout faux, c'est juste que Sunny, il déteste tout le monde, et Scorch est trop gentil et complaisant pour qu'il le supporte plus de 2 minutes.

C'est vraiment quelqu'un de bien, vous savez.

- Glue ? Qu'est-ce qui t'arrive ?

Il fonce vers elle et l'attrape fermement par les épaules pour la calmer, contaminé par la panique palpable de la jeune fille. Cette dernière bégaye une réponse, peinant à aligner 3 mots à cause du poids du stress :

- Sunny... Il est... Ils sont en train de le...

Scorch se mord la lèvre. Son petit protégé du moment a des problèmes. Peut-être que sa main cassée est en train de s'infecter ? Il n'y connaît rien en médecine, alors pour lui, c'est tout à fait plausible. Face au manque d'éloquence de son amie, il la secoue légèrement, et demande, un ton au-dessus :

- Il est où ? Dis-moi où est-ce qu'il est !

- Au... Au... Il est au grand arbre ! Pr... Près du feu de bois !

Il se retourne immédiatement et se met à courir, hurlant derrière son épaule :

- Occupe-toi de Moon, je reviens après !

C'est un garçon très gentil, il est loin d'être le monstre que vous décrivez.

Au même moment, Sunny passe un sale quart d'heure. Ils sont plusieurs autour de lui, lui donnant des coups de pieds dans le ventre et le dos alors qu'il est écroulé par terre, et crachent d'horribles insultes. La plupart de ses agresseurs semblent avoir le même âge que lui, mais certains sont plus vieux, et doivent frôler la quinzaine de printemps. Il aimerait se battre, mais ils sont trop nombreux, et il est contraint de se mettre en position fœtale en se protégeant la nuque pour ne pas mourir sous leurs coups et leurs insanités.
Soudain, l'ambiance change.
Il y a d'abord une exclamation venant de l'un des enfants, puis une sorte de mouvement de panique, durant lequel tous ses assaillants s'enfuient en jurant. Sunny en profite pour se redresser douloureusement, luttant pour garder son honneur.

Comme je suis sa meilleure amie,
je peux vous le dire.

Surgissant d'un sentier, un titan se précipite sur eux. Déterminé, il se rapproche à une vitesse effrayante, avec des enjambées gigantesques qui arrachent des mottes de terre entières sur son passage. Avec une masse pareille, on pourrait se demander comment sa course peut être aussi rapide, le Teigneux pourrait presque sentir l'air se déplacer sous les foulées du léviathan.
Son sauveur s'arrête en face de lui, et jette des coups d’œils furieux sur les autres garçons, qui sont restés à proximité malgré leur appréhension évidente de la réaction de Scorch.
Une question, presque hurlée, fait sursauter la moitié des personnes présentes :

- Qu'est-ce qu'il se passe, ici ?

Les plus courageux s'approchent de quelques pas pour se donner une contenance, ignorant le blessé, qui est toujours affalé par terre.

- Sunny, qu'est-ce qui s'est passé ?

Il se mure dans le silence, et tâte sa main droite, toujours enveloppée sous une épaisse carapace de tissu blanc. C'est un autre qui répond à sa place, cherchant à détourner la colère du grand blond à son avantage :

- Il a dit qu'il voulait grandir !

Pour être franche, je ne l'ai jamais vu s'énerver pour de bon.

Scorch fixe le gamin, légèrement irrité, et crache sèchement :

- Ce n'est pas à toi que j'ai posé la question.

Il a toujours leur acte de lâcheté en travers de la gorge, et il veut d'abord savoir la vérité, avant de se mettre à pardonner quelqu'un. 8 contre 1, ça ne se fait vraiment pas, et ils ont intérêt à avoir une sacrée bonne excuse, sinon il va froncer les sourcils.

- C'est vrai, Sunny ?

L'enfant, meurtri par ses bleus, empêche ses larmes de couler et hoche doucement la tête en tremblant du menton. Le Diplomate soupire, se gratte la tête, et s'accroupit à une bonne dizaine de mètres. L'ambiance est tendue, et beaucoup hésitent à respirer, conscients que l'instant est plutôt grave. Seul Scorch semble détendu.

- Écoute, c'est pas grave, c'est arrivé à plein de gens, ici, de vouloir grandir. Quand on vient d'arriver, on peut se sentir mal, et avoir ce genre d'idées bizarres, mais t'es absolument pas le seul dans ton cas. La seule chose nécessaire, c'est en parler aux bonnes personnes.

Bien qu'il n'en ait aucune certitude, Scorch part du principe qu'il est nouveau. Il a peut-être complètement tort, peut-être complètement raison, mais il s'en fiche, ce n'est pas le sujet du moment. Tout ce qu'il faut, pour l'instant, c'est le mettre en confiance.

- J'm'en tape d'en parler aux bonnes personnes, ce que je veux, c'est grandir et avoir des muscles et de la cervelle. Pas comme vous tous.

Le géant fait une grimace, frustré d'avoir raté son approche et de s'être pris son blindage de hargne irréfléchie dans la face. Après quelques instants de silence gêné, il repart à l'attaque en ignorant les provocations du jeune garçon :

- Tu n'as pas besoin de grandir pour avoir des muscles et de la cervelle, regarde les chasseurs ! Toi, tu es un Grimpeur, c'est ça ? Tu verras, dans quelques temps, à force de grimper dans les arbres, t'en auras, des biceps !

Bien qu'il ait essayé de répliquer avec entrain, les premières larmes du Teigneux apparaissent, et pour le cacher, sa tête se dissimule dans ses bras croisés sur ses genoux.

J'ai bien remarqué qu'il a une légère fascination pour le feu...

Puis, avec la discrétion d'un souffle de vent, un léger murmure se fait entendre :

- Je veux rejoindre l'équipage de Hook.

Tous les souffles se coupent, les plus petits n'osent même pas bouger les lèvres. Le temps semble s'être arrêté, et la conscience de certains leur ordonne de propager la nouvelle dans tout le village. Mais aucun ne remue le moindre doigt, trop éberlués par ce que vient de dire Sunny.
Les minutes passent, et aucun mot n'a été prononcé. Rouge de honte et de peur, le principal concerné lève la tête, terrorisé par la possible réaction du titan.
Il glapit.
Il s'est déplacé. Sans un bruit, sans un souffle, Scorch s'est avancé.

...mais ça ne vous donne pas une raison pour avoir peur de lui.

Son œil gauche le transperce d'un regard perplexe, encadré par un sourcil froncé à l'extrême. Il est là, devant lui, il entend son souffle. Mais, bien que l'enfant s'attende à une mise à mort en direct, Scorch lui demande à la façon d'un grand frère compréhensif :

- Est-ce que tu peux me donner une bonne raison ?

Le Teigneux se coince la langue entre les molaires. Sa survie ne tient plus qu'à un fil, maintenant. Mais il en a marre.
Marre de vivre dans la terreur d'être dévoré par une bête, marre de vivre dans la tyrannie, marre de vivre avec ses opinions cachées, marre de devoir rester jeune toute sa vie pour la volonté d'une communauté stupide.
Alors, quitte à mourir, autant mourir debout, et non à genoux.
Il ravale ses larmes, et se lève en s'appuyant sur sa main blessée, ce qui lui arrache un grognement. En accumulant tout son courage et toute son effronterie, il se tient fièrement sur ses pieds, face au titan, et le toise malgré la différence de taille, avant de lui cracher avec un ton de défi :

- Je... Je ne veux pas vivre comme un pouilleux, parmi les bêtes féroces, sous l'autorité d'un roi qui a autant de bon sens que mon cul.

Autour du duo, une petite foule s'est rassemblée, principalement des curieux de passage, mais le résumé de l'événement se propage comme une vague. On se met la main devant la bouche, on murmure un juron, on blêmit, on sourit, mais on ne reste pas indifférent. Le colosse contre le Teigneux, c'est un spectacle qui ne se rate pas. Les plus excités imaginent déjà le sang sur l'herbe et les dents arrachées qui réfléchissent la lumière de la lune, mais à leur grande déception, Scorch répond, imperturbable :

- Je vais te faire une dernière faveur, Sunny, alors écoute bien. Ce que tu viens de dire arrivera forcément à l'oreille de Peter Pan, alors ce que je te propose, c'est que je plaide ta cause auprès des chefs. Si ils se laissent convaincre, tu m'accompagnera quelques temps, en tant qu'apprenti Diplomate, et je te prouverais que tu n'as que des amis, ici.

En tout cas,
il y a une chose que je peux vous assurer...

À la surprise générale, Sunny s'esclaffe. Ce n'est pas un rire forcé, ni un rire nerveux, non, c'est un rire franc, destiné à se foutre de la tronche de Scorch. Tout le monde en est convaincu, ce taré veut se suicider.
Mais le Diplomate ne bronche pas, et le laisse pouffer tranquillement en croisant les bras. Puis, le Teigneux réplique, avec des joues inondées de larmes :

- J'en veux pas, de tes amis ! Ici, on oublie tout ! Si tu crevais demain, tout le monde oublierait ton nom au bout d'une semaine ! Avec Hook, au moins, je serais mieux traité, et je ne vivrais pas avec des poissons rouges qui croient être mes potes ! Et...

...c'est que Scorch ne fera jamais de mal
à un Garçon Perdu volontairement.

Il n'a pas le temps de continuer, la main qui l'attrape à la gorge l'en empêche.
Avec une facilité déconcertante, il quitte le sol, et se retrouve au bout du bras du Diplomate, pagayant désespérément des pieds pour se libérer. Il tente d'appeler à l'aide, mais rien ne sort de sa bouche excepté un gargouillement étouffé, complètement recouvert par les exclamations du public.

- Je... Je suis désolé, Sunny.

Avec un effort considérable, le traître baisse les yeux pour regarder la face du borgne, qui affiche une grimace surprenante, comme s'il souffrait à sa place avec une tristesse infinie.

- Mais je ne peux pas te laisser vouloir faire du mal à cette île comme ça.

Le Teigneux suffoque, ses joues deviennent écarlates, sa langue s'agite hors de sa bouche comme si elle cherchait à s'envoler et malgré ses ongles qui griffent les bras du géant, ce dernier ne lâche pas prise. Cette fois, il est perdu.
Avec une vitesse de somnambule, le Diplomate se déplace vers le feu de bois, portant l'agonisant comme une plume. Mais son mouvement est arrêté par la foule qui se brise en deux à cause d'un petit groupe de Sentinelles, lances à la main. Le plus grand et le plus fort d'entre eux, bien qu'il soit loin de dépasser Scorch, lui hurle :

- Arrête ça, l'Allumé !

Son surnom est né. Si ils n'étaient pas arrivés, Sunny serait sûrement en train de vivre ses derniers instants sur un bûcher improvisé, et bien qu'elle n'en ai pas encore conscience, la Sentinelle a tapé juste.
L'interpellé, avec un coup d’œil médusé, semble enfin remarquer la masse d'enfants qui se tient autour de lui. Il n'a pas l'expression d'un criminel pris en flagrant délit, et c'est avec incompréhension qu'il lâche le Teigneux, qui s'écroule au sol comme un vieux sac de farine en reprenant sa respiration et en tâtant sa nuque douloureuse. Rassurés par l'obéissance du monstre, l'une des Sentinelles balance d'un ton vaillant, bien que la pointe de son arme tremble comme une feuille :

- C'est pas à toi de faire la justice, okay ? On va l'amener à Peter Pan, et toi, tu vas tranquillement faire ton travail de la journée, c'est d'accord ?

Gêné, le Diplomate met les mains dans ses poches et secoue la tête pour montrer sa soumission. Le titan qui avait l'air de pouvoir briser des crânes la seconde précédente respecte maintenant l'autorité de trois gosses avec des armes en bois.
Bien qu'il ne soit pas du tout d'accord avec leur vision de la justice, il la ferme et se décale pour les laisser traîner le blessé ailleurs, directement à l'enfant-roi. Sunny méritait une punition pure, une punition qui l'aurait amené en enfer sans souffrance inutile, afin que son âme puisse être allégée de toute ses imperfections. Mais ici, c'est son monde, il l'aime, et bien qu'ils se trompent tous, ne pas exprimer son opinion fait partie des règles.
Mais le borgne a le cœur serré. Le Teigneux aurait dû brûler tranquillement, et tel que c'est parti, il va être tourné en ridicule avant de se faire tuer dans une arène, ou mourir dans la forêt en compagnie des bêtes. Il ne méritait pas ça.

Le spectacle est terminé, les enfants se dispersent. Son surnom peu glorieux se répand comme une traînée de poudre, et demain matin, il deviendra officiel, tout le monde l'utilisera, de la sirène à la fée, du peau-rouge à l'écureuil de passage. Il grince des dents. Pourquoi les gens ont toujours une mauvaise image de lui ? Il n'a rien fait de mal, et il n'arrive pas à saisir ce qui ne va pas dans son comportement. C'est pourtant normal de vouloir punir quelqu'un comme Sunny, non ? Et il y a des garçons perdus 10 fois plus violents que lui, avec 10 fois plus d'amis ! À moins que ce soit son apparence qui les dérange, dans ce cas là, c'est encore réparable, et ce n'est qu'une question de temps avant qu'on l'accepte tel qu'il est.

- Sco... Scorch ?

Le géant se retourne vivement, un grand sourire placardé sur le visage, heureux de retrouver une amie. Mais sa bonne humeur ne dure pas longtemps face à l'expression peinée de Glue... Et à la grimace terrorisée de Moon, le petit au chapeau bleu. Son regard n'a même pas le temps de se poser sur le petit garçon qu'il détale avec un petit cri. Choqué, surpris, Scorch avance le bras, comme pour le rattraper, mais Glue l'en empêche d'un mot.

- Scorch, laisse-le.

Pourquoi il s'enfuit ? Il avait pourtant confiance en lui, tout à l'heure ! Il lui parlait normalement, et même si son bandage l'a légèrement effrayé au début, il s'y est vite habitué. L'Allumé ne comprend pas sa réaction, il ne comprend pas ce qu'il a fait de plus que les autres. Il n'est pas plus violent, il n'est pas plus vulgaire, il n'est pas plus rebelle, il est tout l'inverse alors pourquoi ?
C'est Glue qui lui donne la réponse, en murmurant une dernière question, presque méprisante, en s'éloignant elle aussi :

- Tu ne ferais pas de mal à une mouche, hein ?

Particularités:
 




L'île

Comment vis-tu ton séjour à Never Never Land ? Que représente ce lieu pour toi ?  
Lorsqu'un garçon perdu lui pose ces deux questions, Scorch a deux types de réaction :
Si le garçon perdu est très jeune, alors l'Allumé lui tapotera la tête avec un grand sourire, et continuera ce qu'il est en train de faire.
Si le garçon perdu est plus âgé, voire plus vieux que lui, alors il touchera son front avec le doigt pour le taquiner, et, toujours avec un large sourire, il dira :

- À ton avis, nigaud ?

Pour lui, c'est tellement évident qu'il croit que tout le monde le remarque, malgré la méfiance que tout le monde lui porte. Il ne comprend pas que son apparence et sa réputation forment un rideau de fer autour de lui, et qu'il faut ramer pour en trouver la faille et accéder à sa véritable nature. Il l'aime, cette île, bien sûr, mais lorsqu'on le croise, comment croire qu'un bulldozer pareil peut avoir la sensibilité d'aimer la nature ? Ce serait comme dire qu'un chasseur aime les animaux ou qu'un pirate aime boire de l'eau : C'est parfaitement possible, mais il faut des efforts pour enfin voir la vérité en face, et Scorch n'échappe pas à cette mentalité.
Il ne manque jamais une occasion pour prouver sa totale adaptation à son lieu de vie, si Peter disait un jour qu'il est le plus ancien garçon perdu, ça n'étonnerait personne. Oh, il n'a pas la science infuse, il est très loin de connaître chaque tronc d'arbre, et beaucoup de créatures lui sont encore inconnues, mais il a une sorte d'habitude devenue naturelle lorsqu'il doit prendre une décision ou faire face à une difficulté dans la vie de tous les jours. Un sanglier menace de détruire une habitation ? Il réunira les garçons les plus forts aux alentours et ira défendre son territoire. Une petite fille s'est blessée ? Il la portera sur son dos jusqu'au soigneur le plus proche.
Et tout cela sans hésitation, comme s'il avait regroupé le plus de réflexes possibles qu'à pu lui offrir l'éternité dans sa petite tête naïve.
Vous avez un problème ? Allez voir tonton Scorch, si vous l'osez, il aura sûrement une solution, avec sa dose de bonne humeur en prime.


Regrettes-tu ta vie d'avant ? Voudrais-tu pouvoir retourner dans le monde ordinaire ?  Si tu n'en as jamais connu d'autre, désirerais-tu une autre vie ? L'autre monde te fait-il envie ?
Vie d'avant ? Quelle vie d'avant ? Il n'a plus aucun souvenir, et il n'en veut pas. Ils ont saccagé son visage, et la seule bribe de mémoire dont il apprécie encore la présence est une petite boîte d'allumette poussiéreuse, toujours à l'abri dans sa poche, ou sous son lit de fortune pour le protéger des voleurs.
Malgré l'attachement inexplicable qu'il éprouve envers ce cube de carton, il ne peut s'empêcher de cracher sur son passé qui lui a infligé une blessure inguérissable. Ce n'est pas une métaphore, la blessure sur son visage ne peut réellement pas cicatriser. Effet indésirable du pouvoir rajeunissant de l'île ? Phénomène médical inconnu ? Il ne le sait pas, mais il n'a pas envie de le savoir, ni de rejeter la faute sur son paradis. C'est la faute de son passé, uniquement de son passé, son horrible passé dont il ne veut pas se souvenir du moindre visage.
Alors, pour oublier ses envies naturelles de savoir d'où il vient, il panse sa blessure, encore et encore, réclamant sans cesse les bandages si précieux aux soigneurs.


Comment vois-tu Peter Pan ? Quels sont tes sentiments envers lui ?
Les sentiments qu'éprouve Scorch envers Peter Pan, en voilà un thème difficile. Tout d'abord, il ne faut pas oublier que l'Allumé est un garçon plutôt compliqué sur le plan psychologique, alors n'espérez pas plus de simplicité lorsque l'on doit détailler ce qu'il pense de celui qui dirige sa vie. De la fascination, de l'amour et du mépris, voilà ce que lui inspire son dictateur.
De la fascination, parce qu'il représente l'enfance qu'il n'a jamais eu dans sa vie d'avant, l'enfance qu'on lui a toujours refusé, que son ancien monde a toujours enfermé, maltraité, mis en cage. Il représente sa libération, une utopie qu'il a enfin atteinte, une porte ouverte qu'il a bien cru ne jamais pouvoir ouvrir. Il veut rattraper son retard, récupérer les jeux puérils qu'il a raté, les histoires qu'il n'a pas eu l'occasion d'écouter, et sans Peter, il perdra son âme d'enfant durement méritée dont il n'aura, de toutes façons, jamais assez profité à son goût.
De l'amour, parce qu'il l'a sorti des enfers. Il ne s'en souvient plus, mais dieu sait qu'il préférerait être prisonnier par la première tribu peau-rouge venue que retourner dans les ruelles sales et malfamées qui ont meurtri son innocence jusqu'à l'os. À force d'amnésie, il n'a aucune idée de la reconnaissance qu'il est censé lui porter, alors, par une forme d'instinct mêlée de respect, il le considère comme le sauveur de sa destinée toute entière.
Du mépris, parce qu'il n'est pas parfait. Il représente tout ce qu'il lui a manqué durant son enfance, certes, mais sa justice est exécrable. Le feu, rien ne remplace le feu. Et Peter est dur, beaucoup trop dur. La mort ne devrait être réservée qu'aux traîtres qui veulent rejoindre les pirates, pour les autres, c'est les barreaux de la prison qui devraient leur rendre les idées plus claires.
Scorch, il n'est pas religieux. Le feu n'est pas dieu. Le feu est la justice. Seuls les pirates ne méritent pas la purification de se faire consumer la chair, car, ultimes lambeaux de sa mémoire disparue, ils lui rappellent son monde d'avant. C'est inconscient, mais ces adultes qui veulent la mort de sa communauté symbolisent pour lui tout son malheur passé, qui cherche à le faire revenir dans son ancien monde dur et froid. Il veut s'en débarrasser, avec la vigueur et la volonté d'un enfant qui écraserait des moustiques qui troublent ses rêveries.
Voilà donc ce que ressent Scorch sur la question de l'Enfant-Roi : Un puissant respect teinté d'un désaccord moral, recouvert par un voile de soumission. Il ne serait rien sans lui, et même s'il n'est pas toujours d'accord avec ses caprices, il s'exprime à la place de son enfance qu'il n'a pas encore tout à fait vécue, alors il ne peut que se résigner à ne jamais le contredire.







Bout d'aventure

Est de Londres, 1902.

Il est 11 heures du soir, et un froid tenace saisit Hanbury Street, chassant les dernières prostituées qui y traînent dans leur chaumière, au plus proche des cheminées. Tout le quartier n'est qu'un assemblage de maisons de bois qui crachent de la fumée noire, rejoignant les épais nuages de pollution des industries voisines. En 1902, la rue s'est calmée, Jack l'Eventreur est passé par là. Il y a des lampadaires, de plus en plus d'enfants quittent les usines pour aller à l'école, et les policiers prolifèrent.
Parmi toutes les bâtisses, une seule a la discrétion de ne pas avoir de cheminée allumée. C'est la maison de l'assistant commissaire Erwan Chauncey, un policier ivrogne qui a construit sa renommée de lui-même après avoir visité la moitié des bars de Londres. Enfin, c'est ce que tout le monde dit, mais au vu des bouteilles qui débordent de ses poubelles, un mensonge ne serait sans doute pas très loin de la vérité. Il n'allume jamais de feu, c'est l'alcool qui le réchauffe, c'est la seule solution qu'il a trouvé pour ne jamais sortir d'allumettes, bien qu'il soit toujours au bord de l'engelure.
Dans sa maison, il est chez lui comme un lion dans son coin de la savane. Il n'est pas seulement assis sur son vieux fauteuil usé, il l'écrase de tout son poids, littéralement. En effet, Erwan est le plus grand policier de Whitechapel, mais sa démarche titubante donne plus l'impression d'un géant aux pieds d'argile. Pendant son service, il lui arrive d'être moqué, parfois cruellement, parfois par ses propres collègues. Son air inquiétant n'a jamais effrayé personne, tout le monde le sait placide et soumis. Seul le voyageur étranger prendrait peur face à ses yeux fatigués, son nez rouge de pochard, sa mâchoire carrée et sa tignasse ébouriffée qui frôle le ciel. L'alcool le ronge, le transforme en monstre, ses cheveux blonds virent au gris à chaque gorgée, mais il n'impressionne plus aucun voisin. Personne ne craint les épaves de vieux navire de guerre. Lorsque le désastre est passé, les frégates, aussi grosses soit elles, rejoignent les barques détruites des pêcheurs au fond de l'océan.
Pour Erwan, le désastre, c'est la mort de sa femme. Elle l'a trompé avec un autre, il s'est énervé, il a renversé une bougie par mégarde, et le feu a pris aux rideaux. Depuis, il se sent partagé entre l'acte irréfléchi et l'acte légitime, si bien qu'aujourd'hui, personne ne saurait dire s'il boit pour avoir chaud et ne plus avoir à allumer de feu, ou bien s'il boit tout simplement pour oublier.
Mais la catastrophe n'est pas totale, dans une frégate, il y a toujours un trésor à sauver. Le trésor d'Erwan, c'est son fils, le deuxième survivant de l'incendie qui a perdu son œil droit dans l'affaire, mais qui a conservé le gigantisme de son papa. C'est tout ce qui lui reste de sa famille, mais étrangement, ils n'ont jamais été très proches, et la relation père-fils ressemble plutôt à une basique tolérance d'existence, teintée d'une poignée d'attention de temps à autre. Ils savent ce que l'un doit à l'autre, mais ils n'ont jamais tenté de se montrer un peu plus d'affection, à cause d'une sorte de pudeur gênante forgée par la pression de la rue. Whitechapel n'est vraiment pas l'endroit idéal pour améliorer sa sociabilité, l'endroit aurait même plutôt tendance à l'annihiler. Son fils a une excuse : Il est né ici, il a grandi ici, et c'est le comportement qu'il en a tiré. Son père n'en a pas. Il s'est crée un cocon de protection tout seul, rongé par les remords.
Peut-être que s'ils avaient vécu à la campagne, ils auraient pu être heureux, mais c'est trop tard pour y penser, maintenant, leur vie est ce qu'elle est. Erwan n'a pas trop à se plaindre : excepté quelques soucis de santé évidents liés à l'alcool, son travail est stable, il y aura toujours de la criminalité à Londres, et on aura toujours besoin de policiers. Il n'a pas non plus à se soucier pour son fils : à l'usine, son avenir est garanti, et même si on finit par le virer un jour, il n'hésitera pas à user de son influence d'assistant commissaire pour qu'il soit à ses côtés au poste de police, ultime cadeau que peut faire ce père distant. Certes, son grand garçon n'a jamais eu vraiment d'amis, et n'est jamais allé à l'école, mais pourquoi en aurait-il besoin ? Erwan est persuadé que l'enfance n'est pas nécessaire, et que l'important, c'est de devenir un homme débrouillard et indépendant le plus vite possible. L'amitié et l'amusement ne sont que secondaires, dans son monde. De toutes façons, il ne s'est jamais plaint d'être malheureux, alors c'est qu'il doit bien avoir quelques bons camarades à l'usine.
Si son fils est heureux, alors Erwan est satisfait : Ça lui fait une chose de moins à penser.

- Papa ?

Erwan ouvre doucement les yeux, encore enveloppé dans ses dures rêveries d'alcoolique et dans sa permanente gueule de bois, et met quelques secondes avant de se tourner vers la porte, toujours fermée. Pour une raison qu'il ne connaît pas encore, son fils n'a même pas franchi le seuil, préférant l'appeler depuis le palier. Avec une voix irritée par une vilaine toux, le père lance :

- Eh bien, qu'est-ce que tu attends ? C'est ouvert !

Avec un long grincement, la porte s'ouvre, et la silhouette du borgne se dessine sur la lumière des lampadaires. Après une légère inspiration, il s'abaisse pour ne pas se cogner et se met devant son père, les mains dans le dos. Il a une mine dure, et ses sourcils froncés semblent montrer la contrariété, mais il n'y a pas mieux placé qu'Erwan pour déceler la fragilité que tente de cacher son fils. Quand le mur est fissuré, il le sait, et ça ne lui plaît pas. Lorsque ça arrive, il a l'impression qu'il essaye de rester un enfant, qu'il n'est pas encore tout à fait endurci par le monde dans lequel il vit. C'est une forme d'inquiétude qu'il éprouve dans ses moments là, une inquiétude mêlée de déception.

- Qu'est-ce qui t'arrive ?

Le borgne se tord les lèvres, avant de lâcher d'un ton qui se veut désintéressé, comme s'il voulait que ce qui le préoccupe soit derrière lui :

- Il y a une femme qui a essayé de m'agresser.

Même s'il veut paraître fort, ses genoux tremblotants le trahissent, et lorsque son père le repère enfin avec ses yeux absents, c'est trop tard pour le cacher.

- Et alors ?

- Co... Comment ça, et alors ?

Il y a de ces forces de la nature qu'on peine à imaginer en mouvement. Erwan en fait partie. Avec une lenteur troublante, mais respectable pour quelqu'un de sa masse, il se redresse, et se lève sur ses deux jambes, toisant son fils de toute sa hauteur. Son regard n'est ni fâché, ni compatissant. Il est froid, froid comme cette maison dénuée de chauffage. Le borgne recule légèrement, bien qu'il soit parfaitement conscient qu'il ne s'est pas mis debout pour le gronder : Il cherche juste à se mettre en valeur, à lui rappeler que l'homme de la maison, c'est lui, et que même s'il le considère déjà comme un adulte, il cherche tout de même à établir une certaine forme de respect.

- Elle était seule ? Elle avait une arme ? Elle était forcément plus petite que toi, pas vrai ?

La première question n'était même pas terminée qu'il baissait déjà les yeux, à la manière d'un animal craignant le bâton. Son père ne l'a pourtant jamais frappé, c'est sa règle d'or, un principe qu'il s'est tellement efforcé d'appliquer depuis l'incendie qu'il est maintenant gravé dans son sang. Il veut que son fils soit solide psychologiquement parlant, mais pas grâce à ses coups. Face au silence, le père siffle entre ses lèvres :

- Tu pouvais la blesser, mais tu n'as pas osé, c'est ça ?

Le silence continue de prendre de l'épaisseur, un silence à la fois rassurant et honteux. Il n'y a aucune tension dans l'air, et pourtant, le borgne peine à parler, comme s'il ne voulait pas trop en dire sur son incapacité à se défendre. Au fond, il a exactement le même problème que son père, et ce dernier n'accepte pas de retrouver ce qu'il se reproche à lui-même dans sa descendance. Avec un bégaiement à peine audible, le blondinet murmure :

- Elle... Elle était complètement bourrée, elle disait des trucs obscènes et... Je crois qu'elle a cru que j'étais un homme et elle a essayé de m'attirer, et quand elle a vu que je continuais mon chemin sans la regarder, elle l'a mal pris.

Rompant le sérieux de la discussion, Erwan pouffe, avec la grâce d'un cheval qui soufflerait des naseaux. Il s'attendait vraiment à quelque chose de plus grave, pas à une simple menace d'une prostituée pompette. Voyant qu'il n'esquisse pas un rictus, le policier éteint peu à peu son ricanement, et répond d'un air léger :

- Mais tu es un homme ! Regarde ta carrure, grosse bête !

Il lui lance une bourrade dans le torse, manquant de basculer face à la résistance qu'il lui oppose instinctivement. Il ose un sourire : Bien qu'il se croit toujours faiblard, son fils n'est décidément pas un freluquet. Mais il conserve son visage grave, et alors qu'Erwan est sur le point de lui envoyer une nouvelle pique, le borgne lance subitement :

- Elle m'a dit d'aller brûler en enfer.

Voilà donc le pourquoi du comment de sa tête d'enterrement. En réalité, le plus gros problème n'était pas l'agression en elle-même, mais les paroles qui ont été prononcées. Pour n'importe qui, ce serait resté une insulte sans importance, bien moindre comparé à l'acte de la femme, mais pour cette famille, tout ce qui traite au feu est un sujet presque tabou. En une seconde, le regard presque joyeux d'homme ivre d'Erwan retrouve sa froideur habituelle, et il s'assoit de nouveau, mourant d'envie de clore cette discussion par pur désir égoïste. Mais brusquement, un feu naît dans sa poitrine, rongeant son bon sens et sa raison avec une rapidité effrayante. Une remarque de son fils attise la flamme :

- Vu que tu es policier, je l'ai repoussé et je me suis enfui, en me disant que tu l'arrêteras plus tard. Je l'ai déjà croisé, et je sais qu'elle habite au...

Avec un grognement, Erwan se plaque la main sur le visage. Toute la cruauté de la société commence à déborder sur son fils et à le prendre pour cible pour les mêmes raisons que lui, ce qui le met dans une rage immense. Tiraillé entre sa moralité de policier et son envie de vengeance, il se frotte le front d'un geste lent et sévère et réduit au silence son fils, qui n'est pas habitué à sentir autant de colère de sa part. Troublé par l'alcool, il ne parvient pas à réfléchir, et dans un dernier soupir d'abandon, il décide de lâcher les rênes de la destinée de son fils.

- C'est plutôt elle qui devrait brûler en enfer...

La phrase a été lâchée presque instinctivement, et Erwan ne passe pas une seconde de plus à songer à ce qu'il vient de dire. Cette seconde négligée lui sera fatale.

- Je n'ai aucun pouvoir sur cette putain. Arrêter les prostituées, c'est pas mon boulot.

Dorénavant, son fils se débrouillera tout seul, il ne lui donnera plus de conseils. Si il veut sombrer dans le gouffre du déshonneur et de la moquerie avec lui, eh bien, qu'il n'hésite plus. Si il est aussi stupide que lui, si il n'utilise pas sa force pour se faire respecter, si il ne profite pas des attributs monstrueux qu'on lui offre, si il ne sait pas tirer parti du mal qu'il pourrait faire, alors tant pis pour lui. Il n'a tout simplement plus la force, ni l'estime nécessaire pour l'éduquer. Encore une fois, avec une indécision ridicule, il se lève, et sans regarder son fils, il se dirige vers l'escalier menant vers la porte de sa chambre, à l'étage. Mais avant de monter, sa voix grave résonne une dernière fois, mais elle sonne comme si il ne voulait pas qu'il l'entende :

- Ce monde est pourri, parfois, on se demande si il ne faudrait pas faire la justice soi-même.

Au même moment, l'église sonne minuit et accompagne le sourire qui s'étend doucement sur la joue du borgne, qui murmure :

- Bien compris, papa...

~~~~~~~~

- … Et c'est ainsi que se termine mon histoire !

Assis sur le pavé d'une ruelle sale, une bande d'enfants frémit aux contes d'un petit brun perché sur un vieux tonneau servant de refuge aux rats. Passé l'heure du crime, rien ne vaut les histoires de P'tit Louis, et s'enfuir en douce de la maison pour l'écouter en vaut toujours la peine. Avec des gestes expressifs, il parvient toujours à mettre dans le feu de l'action son public, et les monstres qu'il narre semblent parfois sortir de ses mains. Pendant qu'il descend de son estrade improvisée, un petit roux tremblotant proteste :

- Une dernière, p'tit Louis !

Parmi la dizaine de marmots, la moitié soutiennent sa demande, tandis que les autres somnolent. P'tit Louis, qui n'arrive visiblement jamais à décrocher son rictus de son visage, répond avec un ton amusé :

- Nan, c'était la dernière, j'avais dit ! Allez, tout le monde se casse, je vous raconterai l'histoire du cyclope mangeur d'homme la prochaine fois !

Avec une motivation discutable, le petit groupe se hisse sur leurs pattes, et s'apprêtent à repartir sur le chemin de leur chaumière, mais dans le pénombre de l'impasse, une voix s'élève jusqu'à eux.

- Raton ? Raton, t'es là ?

Tous les marmots se retournent en même temps, et voient un géant émerger de l'obscurité comme un bateau qui sort de la brume. Quelques petits cris s'échappent, rapidement suivis par des insultes :

- Flippez pas, bande de fillettes, c'est le Borgne.

Dévoilant enfin son visage à la lumière de la lune, le fils du policer s'avance vers le petit groupe et tapote rapidement la tête de quelques connaissances avec un petit sourire, avant de chercher quelqu'un du regard.

- C'est moi que tu cherches, imbécile ?

Caché dans son angle mort, un garçon brun comme la suie le fixe les bras croisés avec un regard moqueur. Ses yeux entourés de marques de cambouis lui donnent l'air d'un raton-laveur, avec un léger air sinistre.

- Ah, Raton, je te cherchais.

Les autres enfants contournent le titan et rentrent chez eux en trottinant, évitant les flaques d'eau boueuses sur leur chemin. En partant, P'tit Louis jette un dernier regard au borgne ; À chaque fois qu'il le croise, il lui rappelle certaines créatures gigantesques qu'il rencontre de temps en temps dans ses propres histoires, et ça ne manque jamais de le perturber.

- Qu'est-ce que tu veux ? Je dois y aller.

Avec un mouvement ample, le borgne approche la paume de sa main, et demande comme s'il réclamait un dû :

- Tu peux me prêter ta boîte d'allumette ? Je te la rendrai demain, à l'usine.

Après un moment d'hésitation rallongé par la fatigue, Raton fouille dans sa poche et pose son bien dans la paume, observant d'un air perplexe le bras tremblant du grand blond. Il ne s'attendait pas vraiment à cette demande... Il est sorti de chez lui, après minuit, et l'a cherché juste pour lui demander une boîte d'allumette ? Il est au courant des lieux où P'tit Louis a l'habitude de réunir ses amis, il lui en a parlé plus d'une fois à l'usine, mais à moins qu'il n'ait quelque chose de très urgent à faire, il aurait pu attendre demain.

- Pourquoi t'en a besoin maintenant ?

- Merci beaucoup.

Trop absorbé par ses pensées, le borgne n'entend même pas la question et se retourne comme une girouette qui se prend une bourrasque, avant de s'enfoncer de nouveau dans le pénombre, laissant Raton seul dans la ruelle désertée. Tout en se grattant la tête, le petit brun se parle à lui-même :

- Toi, j'y mettrais ma main à couper que tu vas faire une connerie...

~~~~~~~~

- Comme je te dis ! Un incendie juste à côté, à même pas 2 pâtés de maison !

Avec de grands gestes, Erwan raconte sa journée à son fils, qui bande son bras avec d'épais rouleaux de pansements. Il peine à se calmer, et son fils qui s'improvise soigneur doit souvent forcer pour l'obliger à se tenir tranquille. Une émotion indéfinissable envahit les yeux du blond, mais son père ne semble pas le remarquer, trop absorbé par son cauchemar qui est revenu et qui a faillit lui coûter la vie.

- Vers 7 heures du matin, je passais dans la rue avec le commissaire, et là, qu'est-ce qu'on voit ? Paf ! Une énorme colonne de fumée qui sort d'une maison ! Les pompiers n'étaient pas là, tu penses ! Forcément, moi, je panique, et là, y a ce salaud de commissaire qui m'ordonne de prendre un vieux seau rouillé et de jeter de l'eau sur le feu en attendant les pompiers ! Tu me connais, j'étais en train de trembler comme une feuille, je protestais, mais il voulait rien entendre, soi-disant qu'on devait ralentir l'incendie en attendant les pompiers ! Après, j'sais plus... Dans le feu de l'action, je me suis brûlé, et voilà, quoi... Mais dis moi, à cette heure, tu partais pour l'usine, non ? T'as pas vu la fumée ?

N'écoutant que d'une oreille pendant qu'il se débat avec les bandages, le fils ne lève même pas la tête et répond distraitement :

- J'étais sur le trajet, oui... La fumée devait être dans mon dos.

La brûlure était bénigne, mais des soins étaient tout de même nécessaires. Avoir gardé un minimum de matériel médical dans leur masure était une très bonne décision. Après avoir glissé une épingle poussièreuse pour faire tenir le tout, le borgne se redresse et contemple son œuvre, qui tient presque uniquement par la force de la foi.

- Est-ce qu'il y a eu des morts ?

La question a eu du mal à être posée naturellement, et son père l'a bien remarqué, mais il n'y prête pas plus d'attention, et répond avec un désintérêt marqué, se souciant plus de sa propre souffrance :

- Oui, on a retrouvé un corps de femme, je crois.

Son fils ne répond pas, mais au vu de la fébrilité soudaine de ses doigts qui rangent le matériel de soin, Erwan se doute que sa réponse lui fait un certain effet. Mais un détail augmente encore plus son doute.

- Fait voir ta main.

- Hein ?

- J'ai dit : Fait voir ta main.

Erwan ne laisse pas plus de temps à son fils d'essayer de comprendre l'ordre et son sens, et bascule en avant pour attraper le poignet de son fils avec son unique main intacte. En franchissant cette ligne qu'il n'a jamais franchi, il ne se rend pas compte que son fils lui jette un regard épouvanté, comme s'il venait de se transformer en monstre en l'espace d'un geste. Mais Erwan ne remarque jamais le plus important, et préfère se focaliser sur la main rougie qu'il tient fermement entre ses doigts. Pendant que son fils lutte doucement pour retirer son bras de son étau, la voix rauque du policier résonne dans la pièce, stoppant net le moindre mouvement du borgne :

- Depuis quand tu peux te brûler à l'usine ?

Dans un dernier effort brusque, le fils parvient à libérer son bras en poussant un gémissement de colère et de douleur. Il se tâte le bras sans oser lever les yeux, pendant que son père fait tourner ses méninges rouillés par l'alcool. Il retente une nouvelle fois, faisant reculer le moment fatidique de la vérité à chaque question :

- Ton usine, là, elle fabrique des moteurs, non ?

- Je... Je me suis brûlé en touchant la porte d'un four par mégar...

- ARRETE DE ME MENTIR, TU VEUX ?

Comme soulevé par ce cri qui a sans doute résonné dans toute la rue, le borgne recule de quelques pas et une mèche de cheveux dévoile un œil terrifié, surveillant les rides de son père qui se sont soudainement déformées sous la colère. Pourtant, malgré ses veines qui parcourent son front comme des fêlures de porcelaine brisée, le policier chuchote d'une voix calme, mais qui a tout de même le don de saisir d'effroi :

- C'est toi qui a allumé l'incendie ?

Avec ses yeux effarés, Erwan observe, impuissant, une larme rouler sur la joue de son fils, qui semble se recroqueviller sur lui-même à chacune de ses paroles.

- REGARDE-MOI !

La mâchoire tremblotante, le futur Scorch lève le menton. Il n'ose mettre aucune émotion dans son regard, aucune reproche, aucune colère, aucun signe de défiance. Il n'a jamais vu son père s'énerver comme ça, et il a la sensation que la moindre étincelle pourrait mettre le feu aux poudres.

- Hier, j'ai juste sous-entendu que tu aurais pu lui mettre... Je sais pas, moi, une beigne ! Une torgnole dans le nez ! Juste un peu de sang, quoi ! PAS JUSQU'À LA TUER, MERDE ! QU'EST-CE QUI T'ES PASSÉ PAR LA TÊTE ?

- Tu... Tu as dis que c'était elle qui devait brûler en enfer...

Dans sa phrase, il s'est efforcé de ne pas mettre la moindre once d’agressivité, faisant preuve d'une soumission presque semblable à un loup et son chef de meute. Malgré cela, Erwan siffle entre ses dents, comme un cobra qui se prépare à mordre :

- Tu te rends compte de ce que ça veut dire, tout ça, pour moi ? Un fils de policier qui tue quelqu'un ? Mon propre fils qui tue avec ce qui a tué sa propre mère ?

Le dernier mot s'est terminé dans un postillon qui s'est écrasé au pied du borgne, et sans baisser le ton, Erwan s'approche d'un seul pas, suffisamment proche pour être juste en face de son fils, le pointant de son index comme s'il s'agissait d'une arme. Puis, subitement, le borgne crache au visage de son père, hurlant au géant qui frôle le plafond de la maison de sa tête :

- TU M'AS DIT DE FAIRE LA JUSTICE MOI-MÊME !

Le son d'une puissante gifle claque dans l'air.
Pris d'un réflexe horrible et contre sa nature, Erwan reste figé dans sa position, le bras en l'air, choqué par sa propre action, pendant que son fils s'écroule au sol lentement, sonné par le coup. Le visage des deux titans se décomposent, quelque chose vient de rompre, la règle d'or vient d'être transgressée. En une demi-seconde, la situation change.
Le borgne se relève, bouillonnant d'une rage qu'il s'efforce de contenir, et semble presque plus grand que son père, qui se rétracte sur lui-même, saisi par l'énormité de son geste. Les deux monstres semblent avoir échangé leurs âmes, comme si ce simple contact physique avait tout bouleversé. Une voix faible comme un souffle de vent traverse la pièce :

- Je... Je suis désolé, je ne voulais pas...

Dans l'unique œil du borgne, tout un monde s'effondre. Le seul adulte en qui il avait confiance vient de redescendre au niveau des raclures qui fourmillent dans les rues de Londres. Le seul adulte qui avait encore son respect le plus profond, vient de le perdre d'un mouvement de bras. Il n'a plus de père, il n'a plus de famille, il n'a plus d'adulte. Il regarde derrière lui, vers l'Eden de l'enfance qu'il a raté à force de trimer à l'usine, et voit les silhouettes de Raton et de P'tit Louis s'estomper, le laissant cruellement seul, face à la porte de l'âge adulte qu'il s'efforce maintenant de laisser fermée. Si il ne peut pas avoir confiance aux seuls adultes de ce monde qui représentent la justice et l'autorité, alors pour quelle raison s'aventurerait-il à franchir cette porte ?
Sa décision est prise, jamais il ne tournera la clenche.

Il recule en toisant son père comme un serpent qu'on ne quitterait pas du regard, et sort de la maison avec un vif demi-tour, accompagné par la voix de son père qui crie entre deux bégaiements :

- ATTENDS !

Mais c'est trop tard, la porte est définitivement fermée, maintenant.

~~~~~~~~

Quelle chance, qu'il ait oublié de rendre la boîte d'allumette, n'est-ce pas ? Ce feu est tellement magnifique. Quel dommage que des hurlements gâchent le spectacle, le crépitement du bois qui brûle est tellement plus apaisant.
Debout, en haut des escaliers, le borgne regarde la justice entamer avec impartialité la porte de la chambre de son père. Il est bloqué à l'intérieur, il ne pourra pas sortir, il est cerné par les flammes. On n'échappe pas à la justice, surtout lorsqu'elle est à notre porte. Sur la bouche du grand blond se dessine un vague sourire triste, comme s'il faisait un travail dur, mais nécessaire. Il s'approche de la justice qui commence à chauffer la clenche de la porte à blanc et marche doucement sur le plancher qui fragilise sous l'incendie. Si il devient trop téméraire, il risque de traverser l'étage au prochain pas, mais, grâce à son instinct, il s'arrête, et contemple son œuvre qui transforme les hurlements de son père en pleurs désespérés. Il est sans doute replié dans un coin, suppliant Dieu de le sauver des enfers qui reviennent le chercher, mais son fils met un terme à ses espoirs en lui lançant à travers la porte, avec un ton presque affectueux :

- Ne panique pas ! Tu t'entendras très bien avec les autres adultes, en enfer !

Ce n'était pas une blague, ni même une moquerie pour rendre le supplice d'Erwan plus difficile. C'était sincère. Pour le borgne, le monde des adultes est maintenant relié à l'enfer, et maintenant qu'il a pris la décision de ne jamais les rejoindre, ils ne sont plus que des monstres derrière une paroi de verre infranchissable. Il ne songe pas à son avenir dans ce monde d'adultes, trop absorbé par la folie de son acte qu'il juge juste. Peut-être qu'il se dit que faire quelques pas en arrière suffiront pour retourner dans le monde de l'enfance, et que la seule difficulté restante sera d'empêcher les adultes d'y empiéter ?
Peut-être, mais il n'a de toutes façons plus le temps d'y songer non plus.
Son bandeau vient de prendre feu.
Emporté par une tornade d'injures et de cris de douleur, le policier s'est précipité vers la porte pour essayer de l'enfoncer, malgré le mur de flammes. Malheureusement pour lui, sa tentative d'échapper à sa mort fut très brève : On a du mal à garder la raison lorsque notre peau se met à roussir. Dans le choc, il a toutefois réussi à envoyer une étincelle vers le visage de son fils, avant de vivre ses derniers instants, la chair dévorée par le royaume de Satan.
Surpris que la justice se soit jetée à son visage, le fils ne réagit pas tout de suite, et ce n'est qu'en sentant le premier picotement qu'il fait enfin un mouvement de recul. Il ne hurle pas, et tapote sur son bandeau avec sa main droite pour éteindre la menace tout en titubant vers l'arrière, mais le pansement est un trop bon combustible.
D'un geste brusque, il arrache tout, et sa face droite indescriptible se retrouve à nu, et encore une fois, grièvement brûlée. Le sang coule sur son cou, le pousse à gémir comme un animal blessé et tombe dans sa bouche, lui laissant un goût ignoble dans le palais. Le brasier avance, la justice a pris la forme d'un monstre incontrôlable, n'acceptant plus aucun témoin.
La justice ordonne au borgne de partir, ou bien elle le tuera.
Tournant la tête à s'en briser la nuque, il remarque avec un nouveau gémissement que les escaliers mènent, eux aussi, directement en enfer. Il ne reste plus qu'une solution : La fenêtre ouverte au bout du couloir.
Sans même réfléchir, il y court, trébuchant sur les morceaux de plafond qui commencent à s'écrouler et saute dans le vide. Dans l'air, le temps semble ralenti, presque arrêté. Des gouttes de sang provenant de son visage lui tournent autour, et le sol ne semble pas décidé à se rapprocher. Des paillettes semblent également danser devant son unique œil...

De la poussière de fée ?




Invisible pour les yeux

Pseudo : J'en ai pas vraiment, utilisez "Scorch", ça me va très bien.
Avatar : Dio, Mad Father
Age : Aux alentours de 16 ans... Mais ma mentalité me chuchote que je n'ai que 10 printemps.
Comment as-tu découvert l'île ? Partenariats.
As-tu quelque chose à dire ? Pâtes à l'eau.


Dernière édition par Scorch le Mer 22 Oct 2014 - 19:30, édité 19 fois
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MessageSujet: Re: Scorch ~ The dry straw Giant    Scorch ~ The dry straw Giant  EmptyMar 2 Sep 2014 - 16:43

Bienvenue mon garçon !

Tu m'as l'air bien abîmé, je me demande quelle sera l'histoire de ton personnage. Si tu as des questions, n'hésite pas !
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MessageSujet: Re: Scorch ~ The dry straw Giant    Scorch ~ The dry straw Giant  EmptyMar 2 Sep 2014 - 19:41

Bienvenue Scorch et bon courage pour ta fiche. Scorch ~ The dry straw Giant  3614328208
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MessageSujet: Re: Scorch ~ The dry straw Giant    Scorch ~ The dry straw Giant  EmptyDim 7 Sep 2014 - 15:25

Je ne l'avais pas encore fait officiellement (SACRILÈGE) mais bienvenue le borgne ! Je vois que mes propositions de noms t'ont convaincu et franchement, faut avouer qu'elles vont très bien à Scorchy.
Je suis agréablement surpris par ce début de fiche, je m'attendais à un perso plus manichéen, assez violent et sanglant, finalement il est plein de complexité et d'humanité, je l'aime beaucoup. Scorch ~ The dry straw Giant  730260236

Bon courage pour la suite petit bout o/








La musique que je joue au gré du vent : Flûtes de Pan
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✘ LIENS : C'est un géant très gentil, se faisant occasionnellement quelques amis...

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MessageSujet: Re: Scorch ~ The dry straw Giant    Scorch ~ The dry straw Giant  EmptyMer 22 Oct 2014 - 1:56

Merci, Peter Pan !
Je ne vous salue pas, bande de pirates, je suis sûr que c'est mon bandeau qui vous a attiré mais vous faites erreur, je ne fais pas partie de vos rangs, muhahaha.
Et merci à Hook et à Smee qui m'ont salué alors que ma fiche était vide ! 8D
La partie "Unique au monde" est maintenant disponible !

EDIT : Fiche terminée !






Scorch ~ The dry straw Giant  267386ScorchAvaDoggy
Scorch ~ The dry straw Giant  Scorcch
Scorch ~ The dry straw Giant  Dio__by_raid0u-d5wb9u2
Scorch met le feu en
Blaze Orange (#FF6600)
Icon by RRRAI
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Capricorne Silencieux
Capricorne Silencieux

♐ Assistant du Chaman des Piccaninny ♐


✘ AVENTURES : 198
✘ SURNOM : Le Capricieux
✘ AGE DU PERSO : La vingtaine

✘ LIENS : Un Capricorne capricieux muni de grigris

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MessageSujet: Re: Scorch ~ The dry straw Giant    Scorch ~ The dry straw Giant  EmptyMer 22 Oct 2014 - 8:51

Oooh, mais c'est Dio de Mad Father  Scorch ~ The dry straw Giant  3067018987  (oui je regarde l'avatar et après je regarde la fiche x) )

Bref, il est tout meugnon Scorch 8D j'aime bien ton perso ^^
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MessageSujet: Re: Scorch ~ The dry straw Giant    Scorch ~ The dry straw Giant  EmptyMer 22 Oct 2014 - 11:25

Mignon. Oui, surtout quand il joue avec des allumettes.

Bon on aura attendu mais ça valait le coup :D ♥️ Enfin non c'est un peu nul pardon.
Même si t'es particulièrement doué pour décrire le décor et nous mettre dans l'ambiance et que tes dialogues sont pas mal non plus. Quand même ça craint :B

Scorch ~ The dry straw Giant  496016072
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MessageSujet: Re: Scorch ~ The dry straw Giant    Scorch ~ The dry straw Giant  EmptyMer 22 Oct 2014 - 19:06

Je me devais de commenter avec Rachel. On l'a attendu ce Scorch, et l'attente en valait le coup. Il pourrait bien s'entendre avec Tycho : deux colosses sensibles. Je pense que Peter ne verra aucun problème à te valider ! Pour ma part je vais te surveiller. Je ne voudrais pas que ta justice brûle ma cabane. Scorch ~ The dry straw Giant  2302810372
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Peter Pan
Peter Pan

♛ Roi des Garçons Perdus ♛


✘ AVENTURES : 2816
✘ SURNOM : L'Enfant Roi
✘ AGE DU PERSO : jeune à jamais

✘ DISPO POUR RP ? : dur dur
✘ LIENS : Je suis un petit oiseau à peine sorti de l'oeuf.
→ Et aussi tout ça !

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MessageSujet: Re: Scorch ~ The dry straw Giant    Scorch ~ The dry straw Giant  EmptyVen 24 Oct 2014 - 15:56

Félicitations mon enfant


Tu es condamné.





Waouh. Comme dit Loony, ça valait le coup d'attendre, si c'était pour nous pondre un tel récit. J'étais complètement immergé. Je le rejoins aussi sur le fait que tu sais divinement retranscrire les ambiances (au niveau environnement mais émotions aussi) c'en est captivant. Cette fiche aurait quasiment pu être une nouvelle ! Et je trouve qu'elle avait un quelque chose de Loisel aussi. Bref, je suis ravi d'avoir enfin pu lire ce portrait. Va rejoindre les autres diplomates, géant rouge, tu l'as vraiment mérité ! (et nous aussi)

_______________________________

Je te serre chaleureusement la main. Cours vite créer ton Dé à Coudre et demander un Compagnon de Jeu afin de vivre une aventure ! Tu peux même rejoindre d'autres rêveurs dans l'Odyssée des Songes. Si tu préfères passer du bon temps en papotant, rejoins sans tarder la Nursery. Quoiqu'il en soit, que ton séjour à Never Never Land soit fabuleux et éternel.











La musique que je joue au gré du vent : Flûtes de Pan
Les dessins que je peins au gré du temps : Crayons de Pan



Je tyrannise en forestgreen.




le merveilleux cadeau de mes enfants trouvés:
 
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