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Skunk
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MessageSujet: Du Givre sous les Braises   Du Givre sous les Braises EmptyJeu 18 Mar 2021 - 22:11

--- Après l'Hiver ---


- Du Givre sous les Braises -


Yesterday, any way you made it was just fine
So you turned your days into night-time
Didn't you know, you can't make it without ever even trying?
And something's on your mind, isn't it?




Comme souvent depuis la fin de l'Hiver, la nuit est douce, scintillante de lucioles et de lumière d’étoiles. Le Grand Arbre porte toujours quelques cicatrices de l’Hiver, ponts affaissés et cabanes effondrées qui n’ont pas encore été réparés. Mais son bois est redevenu vivace, ses branches sont à nouveau chargées de feuillage et de fleurs qui attirent les fées. Il revit, reprend sa place dans le rêve de Peter Pan, et bientôt même les Perdus qui l’habitent auront oublié qu’il a pu être froid et sec. Tout comme ils auront oublié tous ces hamacs qui, le soir venu, restent vides.

Skunk reprend sa routine, lui aussi, avec une résolution morne qui contraste avec la joie de si bon ton en ces beaux jours de printemps. Se lever aux aurores, partir en forêt ou sur le Rivage des Objets, chercher l’utile, le malin, l’astucieux. Puis essayer de s’occuper, de s’instruire, lutter contre ce temps qui passe sans passer et contre l’Oubli qui s’y cache. Se préoccuper (des amis) de ceux qui en valent la peine. Garder l’alambic en tête, toujours un peu, pour ne pas arriver à court de fruits fermentés, à court de sucre - à court d’alcool. Grappiller un dîner dans la Cabane à Manger, participer au repas commun s’il en a la force et la patience. Fuir le rituel du coucher. Et à un moment, peut-être, essayer de dormir.

Entre les cauchemars gluants et ricanants qui se glissent à sa suite dans son sommeil, entre les souvenirs de glace et de sang qui sont peut-être à lui, ou peut-être aux Autres, ces anciens reflets de gel qu’il ne sent plus dans sa tête et que pourtant, parfois, il se terrifie à chercher.

Skunk fait comme (avant) d’habitude. Il fuit les rêves en sortant malgré le couvre-feu. Il va lire dans sa distillerie, il rejoint le Bassin où il pourra laver ses précieux costumes, il cherche un recoin de l’Arbre où il pourra s’allonger et observer le ciel nocturne.

Il essaie de ne pas trop penser que quand il était Orbleu, il dormait.

Ce soir-là, il s’est décidé pour la corvée de lessive, quelque chose qu’il aime et exècre tout à la fois. C’est long, exténuant, l’eau froide et le savon crevassent ses mains, la planche à laver lui ruine les épaules et le dos - Owl n’en finit plus de se défoncer les doigts sur ses muscles tétanisés. Mais malgré tout, le Dandy éprouve une satisfaction profonde, presque sauvage, à chaque fois qu’il repasse et plie ses chemises immaculées. Rester impeccable, d’une propreté irréprochable, même dans ce camp scout à la con, c’est devenu sa fierté, la preuve qu’il a la force de rester qui il est, malgré les jugements, malgré les moqueries, malgré l’incompréhension et le rejet, malgré ce foutu nom qu’on lui a infligé. S’il n’y réfléchit pas trop, il arrive même à faire passer cela pour de l’honneur plutôt que du désespoir.

Et il essaie de ne pas trop penser que quand il était Orbleu, il n’avait plus peur de la saleté.

Fatigué, courbaturé, mais satisfait, Skunk remonte lentement le long des échelles et escaliers de l’Arbre. Son sac à dos est plein à craquer d’un linge humide, qu’il laissera sécher dans sa distillerie. Alors, dans sa hâte de poser son lourd paquetage, il prend un raccourci à travers les branches des Armuriers. Et soudain, malgré l’heure tardive, il est surpris de voir la Forge allumée.

Puis il se rappelle. Et il comprend.

Skunk n’est pas... exactement à l’aise, avec Nasty. Doux euphémisme pour exprimer le fait qu’elle lui fout un peu la trouille, avec ses sautes d’humeur imprévisibles et sa tendance à envahir l'espace vital des gens, mais que surtout elle le gave - beaucoup, très vite, tout le temps. Elle lui parle comme à un chien (il fait pareil), elle se fout de sa gueule (il fait pareil), elle le provoque (il fait pareil). Pour lui, gérer une conversation avec Nasty sans péter un câble, c’est faire du saut d’obstacle avec un cheval qui vient de se faire agresser par un essaim de guêpes.

Pourtant, il lui parle, de temps en temps. C’est qu’elle sait faire des bouteilles en verre, voyez-vous. Et lui, il sait trouver les denrées rares dont les gens ont besoin. L’association est assez évidente et rentable pour valoir quelques petits coups bas.

Et puis, parfois, au détour d’une vanne un peu moins hargneuse ou d’un travail un peu plus appliqué, Skunk a l’impression d’entrevoir quelque chose chez Nasty qui ne lui déplait pas tant que cela. Son art de souffler le verre, notamment, le fascine en silence - c’est quelque chose qu’il ne connait pas, qu’il n’a jamais vu. De temps en temps, il hésite à demander une explication, une démonstration. Mais il n’a jamais osé ; il lui parait bien trop évident que Nasty va l’envoyer chier comme un gosse envahissant, et ce n’est pas un type de rejet que le Dandy sait bien encaisser.

Cependant, ce soir-là, quelque chose est un peu différent. Skunk n’a pas vraiment discuté avec Nasty depuis l’Hiver, mais il y a eu ce petit moment de grâce, à la boum, ces précieuses minutes de jubilation quand elle a chanté et défoncé sa batterie devant tout le monde. Même si le Dandy était fin saoul, il se rappelle encore très bien de cet instant. C’était... Il ne sait pas trop ce que c’était. Mais il en a retranscrit chaque seconde dans son carnet le plus récent.

Alors, suivant l’une de ses rares impulsions, Skunk décide de déposer son précieux chargement à l’abri dans un coin et de s’approcher silencieusement de la Forge. Il ne sait pas s’il va aller jusqu’à signaler sa présence à Nasty ; il se dit qu’il verra bien.

Il a juste vraiment envie de voir comment elle souffle son verre. Et depuis son retour au Grand Arbre, il a cessé de remettre les choses à plus tard.






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Nasty
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MessageSujet: Re: Du Givre sous les Braises   Du Givre sous les Braises EmptyDim 2 Mai 2021 - 13:13

Du Givre sous les Braises 93f91905317fc6a7078a8081bc53fca1

We all sin, so why am I so guilty?
Back to the trenches of the life I lead
This hole, the only place that I can be free

Don't follow me

La nuit.
Mon refuge.
Aucune garantie de répit cependant.
Les flammes de la forge dansent, comme si c'était facile de s'allumer et de s'éteindre. Comme si oublier était simple.
J'ai ce visage qui flotte sur mes rétines quand je ferme les yeux. L'île a décidé que ce souvenir là, serait indélébile.
Mon vide souffle son rien dans des bocaux. Bulles fragiles de vacuité. J'espère y laisser le trop plein qui m'encombre, mais le poison reste accroché à mes veines. Saloperie! J'entends sa voix qui me susurre ses mots pleins de venin : mon palpitant en a le vertige, encore, PUTAIN !

J’ai une famille,
plus de douleur.
Je suis vivant. Plus que toi.

Je balance ma canne de souffleur à travers la pièce. La pâte de silice au bout s'écrase comme un soufflet tout mou, et agglutine les résidus de terre battue au sol. La beauté limpide du verre est souillée.

Pourquoi ?
Pourquoi tu veux pas me lâcher ?

Je suis vivant. Plus que toi.

Mon poing s'écrase sur l'établi jonché de verroteries qui attendent d'être livrées sur commande. La planche cède sur ses tréteaux envoyant valser bocaux, lunettes, loupes, godets... Fracas de la chute. Pluie de tessons.

Plus vivant que toi.

Une onde de rage brute inonde la moindre fibre de mon être. Je réduis en miette tout ce qui se trouve sur mon passage, tout mon bel ouvrage. La destruction est le dernier moyen de me libérer. J'ai jamais demandé à éprouver cette honte, cette douleur, ce rejet ! J'ai jamais voulu croire en Lui, jamais désiré crever la dalle pour une miette de son affection à Elle, jamais souhaité au point de chialer qu'On me choisisse moi plutôt que des salauds ou des macchabés.
Mais surtout, je lui en veux.
Je lui en veux d'avoir réussi à ne plus rien ressentir quand moi, je continue de marcher pieds nus sur du verre pilé, quand moi je me bats contre ce cancer qui fait grandir.

Quand je m'arrête essoufflée, tremblante, je constate que j'ai bousillé tout ce que j'avais réalisé ces dernières semaines. J'ai les métacarpes écharpées par la castagne et même brulée d'avoir frappé dans les braises. J'ai mal mais je m'en fous. Mes joues sont détrempée de sel et des sillons noirs se diluent de mes yeux jusqu'au menton. Aquarelle de cauchemar. Alors, seulement, je relève la tête et je le remarque.

Le fanboy du concert, avec ses bières.

- Hé bien quoi ? que je fais d'une voix rauque et cassé d'avoir crié. Pas d'acclamations ? Pas de binouses ? J'ouvre les bras, trônant au centre de mon œuvres explosives. Je crache un rire pathétique. Y'a d'quoi, pourtant....

Mes bras retombent, ballants. Je tourne mon regard vers le feu qui continue de crépiter, en toute tranquillité. Je m'y jetterais bien. Un bouton arrêt, ça ferait tellement de bien.

Mais c'est pas aujourd'hui que je meurs.
Pas comme ça,
Pas sans faire de bruits.






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MessageSujet: Re: Du Givre sous les Braises   Du Givre sous les Braises EmptyDim 2 Mai 2021 - 21:53

Il n’a pas voulu espionner Nasty. Ce n’est pas son genre.

Bon d’accord, il aurait pu s’approcher moins discrètement, ou s’annoncer : dire bonsoir, c’est une convention sociale assez standard, même pour lui. Peut-être que dans d’autres circonstances il aurait fait un effort. Un petit “oy”, tout sauf spontané, mais qui fait le job - coucou compagnon humain, je suis là et je ne suis pas un ennemi, merci de ne pas me sauter à la gueule.

Mais là, face à Nasty ? Skunk la côtoie peu, mais depuis assez longtemps pour savoir que toute politesse va simplement entraîner une moquerie, dont le degré d’acide sera directement proportionnel à la mauvaise humeur du Panda. Le Dandy peut s’en accommoder, évidemment - question sarcasme, lui-même n’est pas exactement un petit ange tombé du ciel. C’est juste que parfois cette grognasse tape un peu trop juste, et qu’en ce moment le Perdu craint certaines (accusations) insultes plus que d’autres ; éviter un duel inutile n’est pas pour lui déplaire.

Juste un coup d’oeil, c’est ce qu’il s’est dit. Histoire de tâter le terrain, peut-être d’entrevoir quelque chose d’intéressant. Et décider ensuite de se montrer, s’il s’en sent encore le courage et que Nasty ne semble pas être dans un mauvais jour.

Sur ce dernier point, en tout cas, la stratégie de Skunk est payante : il ne doute pas longtemps.

Il vient d’arriver sur le seuil de la Forge, sans avoir eu le temps de passer la tête dans l’encadrement, quand la canne de verrier de Nasty vient rouler dans l’entrée, quasiment jusqu’à ses pieds. Interdit, le Dandy fixe l’amas de cristal chaud imprégné de terre, qui rougeoie au bout du long bâton creux. Puis un violent fracas de bois qui s’écroule et de verre brisé le fait tressaillir.

Pas autant, cependant, que le hurlement qui suit.

Trop hébété pour songer à fuir, Skunk relève la tête et découvre que cette nuit-là, Nasty ne crée pas. Elle casse.

Tout, sans distinction, sans préférence, sans précaution ni prudence. Elle brise, ravage, saccage, réduit en poussière scintillante ce qui doit représenter des heures de travail. Les braises et les éclats de verre arrosent le sol de terre battue et l’adolescente pleure et crie en même temps, comme ces bêtes prises au piège qui finissent par se mordre elles-mêmes pour tenter de se libérer.

Skunk ne bouge pas. Il reste planté là, à la porte, en silence. Son expression est illisible, en-dehors d’un curieux détail : quelle que soit l’émotion qui le fige ainsi, ce n’est pas de la peur.

Pourquoi aurait-il peur? Il sait.

C’est rare qu’il comprenne de manière aussi vive et sans filtre ce qu’il se passe dans la tête de quelqu’un d’autre, qu’il puisse se projeter dans la douleur d’autrui aussi aisément qu’il enfilerait l’un de ses costumes taillés sur mesure. Pour lui qui d’habitude voit plutôt les sentiments de ses semblables comme un brouillard illisible, cette soudaine connivence s’avère d’une violence inouïe, aussi nette et brutale et impitoyable qu’un projecteur braqué sur sa figure.

Nasty danse avec ses démons et Skunk reconnait chaque pas, chaque geste. Il sent cette envie, ce besoin de détruire. Il sait qu’un corps ne peut contenir qu’un certain niveau de colère, de douleur, de haine, et qu’à un moment il faut que ça explose. Au moins contre quelque chose, à défaut que ce soit contre quelqu’un.

Mais c’est la première fois qu’il le voit de l’extérieur, qu’il réalise à quel point c’est encore plus sombre et terrible qu’il le pensait. Et il repense à toutes les fois où quelqu’un l’a surpris dans cet état. Il comprend à quoi il a ressemblé, aux yeux des autres. Quel visage il a montré à Owl, Witted, Apache, Her...

Et pour ses proies de l’Hiver, quel visage avait-il ?...

D’un coup, Skunk se sent froid, d’un gel qui n’a pourtant rien à voir avec les traces de glace incrustées dans son regard pers. Le choc est si rude qu’il en oublie presque la souffleuse de verre, l’espace d’un instant qui n’existe pas.

Puis, soudain, il réalise qu’elle a cessé de hurler.

Nasty le fixe, de ses yeux féroces et éteints. Avec son visage blafard et son maquillage délavé par les pleurs, elle ressemble moins à un joli panda qu’à l’un des squelettes du Croquemitaine. Elle écarte les bras. Le regard du Dandy accroche (le sang la cendre) l’état de ses mains. Il devient livide et fait au mieux pour dissimuler son instinctif mouvement de recul.

"Hé bien quoi ? Pas d'acclamations ? Pas de binouses ? Y'a d'quoi, pourtant..."

Elle émet un ricanement défait. Skunk met quelques secondes avant de comprendre à quoi elle fait allusion. Puis il sent quelque chose vriller dans sa poitrine, tandis que deux pointes de rouge viennent marquer ses joues trop pâles : Nasty parle de la boum, de ce moment qui soudain n’est plus vraiment un bon souvenir. Elle se fout de sa gueule, et il réalise qu'elle a raison, bien sûr qu’elle a raison. Rétrospectivement, il s’est comporté comme un nigaud trop enthousiaste, comme... comme un putain de gosse, oui. Un pathétique chiard en mal d'attention, trop content qu’on le laisse traîner avec plus cool que lui. Qu’est-ce qu’il a cru?

... Qu’est-ce qu’il fout là, en fait?

Soudain extrêmement conscient de l’erreur qu’il vient de commettre, Skunk esquisse un pas en arrière ; Nasty a l’air mal en point, mais qui est-il pour lui demander si elle a besoin d’aide ? Lui n’aimerait pas qu’on le fasse. Enfin, il ne pense pas. Il n’est pas sûr.

Il ne devrait pas être là.

Indécis, Skunk recule encore. Son talon bute alors dans la canne à vent, toujours au sol. En baissant machinalement les yeux, il se rend compte que le verre en fusion touche maintenant l’un des montants en bois de la Forge. Même si la matière brûlante s’est bien refroidie, elle reste visiblement assez chaude pour arracher quelques filets de fumée à la poutre.

Sans réfléchir, en bon locataire habitué à faire du feu dans un arbre (et à avoir un pote qui s’endort régulièrement la clope au bec), Skunk ramasse la canne. Il pourrait se contenter de la pousser du pied, mais sourdement, il a conscience que c’est un objet important qui n’a rien à faire par terre.

Le Dandy se redresse et hésite un instant, incapable de décider où il doit poser le précieux ustensile. Puis, toujours sans un mot et en esquivant le douloureux chantier de crasse qui s’étale sur les mains de Nasty, Skunk se décide à tendre la canne à sa propriétaire. Peut-être comme une vague excuse. Pour avoir vu ce qu’il n’aurait pas dû voir. Pour le fait d'être resté là. Pour avoir cru...

Il ne sait pas vraiment ce qu'il a cru. Mais cela n'a plus d'importance, maintenant.






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MessageSujet: Re: Du Givre sous les Braises   Du Givre sous les Braises EmptyLun 3 Mai 2021 - 20:03

Les flammes dansent sur mes rétines. Combien de temps je reste comme ça, figée, poupée de cire sans âme qui songe au délice de fondre? Le craquement des tessons me ramène à l'instant présent. Je louche sur mon précieux bâton et sur cette main étrangère. Je lève le pif pour mieux voir au bras de qui elle est attachée.

Tiens.
Toujours là.
Moi j'aurais fui, à ta place. Tu brilles pas par ton instinct de survie.
C'est quoi son blaze déjà ?
Chipmunk ? Skull ? Monk ?
Un truc avec un "k" qui sonne creux quand on tape dessus.

....... Skunk !

C'est ça. Skunk.
Mon dealer de "trucs". (que j'ai jamais appelé autrement que "l'dealer" du coup, son nom m'important si peu.)

Je récupère mon précieux bâton, dans un silence orchestral. Il y a dans le mutisme de Skunk un truc qui retentit en moi comme un solo de guitare électrique nerveux et abyssal. Pas besoin d'avoir une oreille pour entendre cette foutue mélodie. La mélodie. Celle de la connivence secrète entre gens de même acabit.
Je sers ma canne de souffleur contre ma poitrine. Je me sens soudain pudiquement à poil, mon instrument comme seul paravent. Skunk m'a vue. Sous la peau, sous le tatouage de papillon, sous le fardeau de mes os, sous les muscles en trop. Il m'a vue toute crue.

L'envie de  m'immoler revient me chatouiller.

- Tu ris pas... ? que je demande tout doucement, la voix toute éraillée. T'auras jamais meilleure occasion de porter ton nom que maint'nant, tsais...

Mon sourire est tordue, par une éruption d'émotions qui me pousse comme de l'acné. Pustule sentimentale. Plutôt crever de la laisser éclater devant un inconnu. Un presque inconnu. (Il vient de fourrer le nez dans mes plaies, y'a quoi de plus intime au fond ?)
Il faut que je fasse diversion.

- Qu'est-ce tu fous là, au fait ?

Putain, on dirait presque une conversation, au calme.
Surfant sur cette vibe "Je badine tranquille", je pose mon bâton en équilibre sur un tabouret et je trempe mes mains défoncée dans la flotte qui sert aux armuriers pour refroidir le fer forgé. Je grimace en retirant un bout de verre ou deux. Me suis pas loupée. Je grogne un peu en jurant quelques saloperies fleuries.

- 'Fait longtemps qu't'es pas v'nu dealer....J'aurai bien eu b'soin d'toi pendant l'Hiver...

C'est vrai, ça, t'étais où, Skunk ?






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MessageSujet: Re: Du Givre sous les Braises   Du Givre sous les Braises EmptySam 22 Mai 2021 - 22:34

De ses mains lacérées, Nasty reprend son bâton creux et le serre contre elle, avec une étrange pudeur qui pousse Skunk a regarder ailleurs. Un instant qui s’étire en longueur, ils restent tous les deux plantés là, dans la lumière rougeâtre de la forge. Le silence est lourd, sépulcral même, peuplé des fantômes de ce qu’elle ne veut pas avouer et de ce que lui refuse de reconnaitre.

Le Dandy devrait partir, il le sait. Il n’a rien à foutre là, tout comme il n’avait rien à foutre avec Apache et Nasty après le concert. Il est venu attiré par une vague idée de complicité, qui n’existe pas et n’a jamais existé ; maintenant que l’adolescente le lui a rappelé sans délicatesse, il n’a plus aucune raison d’insister. Il ne lui reste qu’à tourner les talons et laisser Nasty tranquille avec ses blessures. Et s’il se sent vraiment d’humeur altruiste, il n’aura qu’à lui envoyer un Soigneur en passant, voilà tout.

...

... Sauf que l’Artisane ne voudra pas d’un Soigneur, n’est-ce pas ? Quand on est une Nasty ou un Skunk, quand on peut détruire si fort, en se faisant si mal, il y a certaines plaies dont on ne peut s’occuper que soi-même. Cela aussi, il le sait.

Alors il hésite. Et pendant qu’il hésite, il reste. Debout, silencieux, au milieu des braises et des tessons de verres. Jusqu’à ce que l’adolescente le mordille encore, d’une voix sourde qui ne lui va pas :

“Tu ris pas... ? T'auras jamais meilleure occasion de porter ton nom que maint'nant, tsais...”

Skunk lui jette un drôle de regard, d’abord fait d’une indignation sincère, puis de quelque chose de bien plus froid et artificiel. Imperceptiblement, le Dandy se redresse, recule, se ferme. Ses mains s’enfoncent dans ses poches et il lève légèrement le menton, pour lâcher d’un ton péremptoire :

“Mon nom n’a aucun rapport avec le fait de rire. Tu dois me confondre avec un autre connard.”

Est-ce que cela le vexe qu’elle le pense capable de se marrer devant un tel spectacle ? Un peu. Et qu’elle ait pu oublier son nom, même si c’est celui qu’il ne supporte pas ? Aussi, oui. Mais d’un côté, cette nuit-là, c’est une bonne chose : si Skunk avait encore besoin d’une preuve que Nasty le voit juste comme un trouduc sans importance, c’est fait.

Quand il s’agit d’enterrer ses illusions, le Dandy n’a jamais trop de clous à planter dans le cercueil.

“Qu'est-ce tu fous là, au fait ?”

“J’ai vu de la lumière, alors je suis rentré.”

Réplique pas très aimable, mais plus ronchonne que vindicative : Nasty ne s’est sans doute même pas rendue compte de la baffe qu’elle lui a mise d’entrée de jeu. Et quand bien même, de quoi se plaindrait-il ? C’est sa faute, son erreur ; il ne peut s’en prendre qu’à lui-même et à ses foutus accès de naïveté. Alors non, il n’a toujours aucune envie de s’engueuler avec Nasty. Il ne tient juste pas à s’attarder sur le sujet.

“'Fait longtemps qu't'es pas v'nu dealer... J'aurais bien eu b'soin d'toi pendant l'Hiver...”

Les yeux clairs de Skunk se détournent de manière opportune, pour aller contempler le feu dont il s’est rapproché sans y prendre garde - malgré la taille impressionnante du foyer et ses trois couches de vêtements, sa peau toujours trop froide perçoit à peine la chaleur.

“J’étais... occupé.”

Cyniquement, il se fait la réflexion qu’il a de la chance : avec cette histoire de Perdus éparpillés entre trois campements, difficile de savoir qui était où. Et qui n’était pas là du tout.

Nasty, elle, était sans doute à l’Ossuaire, avec Apache. Skunk ne se rappelle pas l’avoir vue (là où il chassait) près du Canyon.

Réprimant un frisson, le Récolteur jette un coup d’oeil à l’eau troublée de sang sur laquelle l’adolescente se penche. Il grimace sans s’en rendre compte, avant de demander avec une prudence qui trahit le double sens un peu trop évident de sa question :

“... Est-ce que tu as besoin de quelque chose, du coup ?”






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