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Angelor Mist
Angelor Mist

☠ Pirate du Port ☠


✘ AVENTURES : 41
✘ SURNOM : L'Effrayé
✘ AGE DU PERSO : Anywhere between 21 and 25

✘ LIENS : Our feet are planted in the real world, but we dance with angels and ghosts.

I thought I saw the devil, this morning, looking in the mirror // Angie Empty
MessageSujet: I thought I saw the devil, this morning, looking in the mirror // Angie   I thought I saw the devil, this morning, looking in the mirror // Angie EmptyLun 1 Mar 2021 - 19:43

TW + Explications:
 

Angelor Mist


   
Les Trucs

   
Surnom : L'Effrayé
   Groupe : Pirate de terre
   Age : Entre 21 et 25.
   Rôle : Petits boulots au Port.
   
   


   
Les Révérences

   
Ce qui revient de la Lande, ce n'est ni toi ni un autre ; c'est un entre-deux incompréhensible pour lequel on ne peut rien. C'est une figure voûtée, qui trésaille à chaque pas, qui vacille pour continuer à avancer sans raison. C'est l'éclat d'un sourire qui s'est flanqué à ton visage, derrière des paumes recouvertes de sang séché.
Ce que tu as vu, c'est la vérité.

Enfin, la tienne. 
Pas celle des autres. 

Une vérité parmi des dizaines—un univers peuplé de ce qui te dégoûte le plus. Est-ce suffisant ? C'est la réponse que tu voulais, et c'est celle qui te restera. Qu'importe qu'elle ne soit juste que pour toi. La Lande a répondu à ta question, le reste est superflu, négligeable. 

Tu es revenu sans en être capable, t'arrêtant bien avant le Grand Arbre ; si tu avais continué, tu les aurais tous fait disparaître. Amis devenus monstres—paranoïa personnifiée dans des visions permanentes qui se superposent comme le Tsukuyomi d'Itachi. Ah, Na-ru-to. Tu te souviens—de détails qui n'étaient plus là. Pas de ce que tu avais oublié, ça c'est impossible que ça revienne, juste de ce que tu avais mis de côté. 

De visages familiers qui s'étaient estompés, et c'était pas plus mal, de vivre sans se soucier de quoi que ce soit. Tu pouvais être inconscient, ne rien ressentir d'autre que ce rire logé dans ta poitrine, de ces moments de défiance maladive. Maintenant, peur revenue après une absence interminable, tu ne sais pas quoi en faire. Pas qui être. 

Tu es un concept abstrait, un qui a gardé ses chaussures avec des ailes, les cicatrices sous l’œil et au coin des lèvres. Une de plus sur le front, béante et horrible parce que tu as voulu t'ouvrir la tête. Tu es un enfant qui a été victime d'une secte abominable, et tout ce qu'on t'a donné en retour, ça a été un mois dans un centre médicalisé avant de te rendre à ton père. 

Puis rien d'autre, juste une case cochée sur un formulaire avant d'être là, dehors. Ces souvenirs, tu les secoues comme s'ils étaient prisonniers d'une jarre impossible à ouvrir de temps en temps, tu espères peut-être les briser, les mettre en morceaux et ne plus rien pouvoir en faire. Ou bien c'est de la curiosité. 

Tu es souvent en hauteur, plus près du ciel et des tiens—tu es un ange, un qui a été déchu de tout droit, uniquement le simulacre d'ailes dans ton dos, un regard chargé de vérité. Tout ça c’est ton inconscience latente qui refuse de totalement te lâcher. Lorsque tu ris, tout sonne faux, rythme bafoué, et tes mains qui couvrent ton visage. Tu n'as pas honte ; tu as simplement peur de ce qui pourrait s'échapper de ta bouche. 

Les miroirs te renvoient une folie qui s'estompe pour mieux revenir si tu clignes les yeux. Tu vois ce liquide noir qui dégouline sur ton menton, milliers de pupilles sur ta peau qui disparaissent si tu cherches à les regarder. Pourtant, tu ris encore. Hystérie qui s'entrechoque avec la rage, avec tout ce qui passe devant tes yeux sans être réel et inversement. Plus rien de stable, outre les toits sur lesquels tu t'assieds, poignets contre tes genoux, respiration difficile à calmer. 

Tu voudrais oublier toute cette connaissance, souvenirs et l'horreur de ce monde. Tu voudrais tuer tous les anges pour que plus jamais ils ne puissent te transformer en martyr. Tu es l'un des leurs, tu es le traître, la chute et les conséquences. 

Incapable de garder un job, de faire plus que d'aider ici et là. Tu restes loin des navires, d'un appel du vide que tu ressens déjà bien trop, seul au-dessus du monde. Tes paroles n'ont pas toujours grand sens pour les autres, encore moins pour toi. 

Vigilance constante, regard qui revient toujours vers les gens qui passent trop près. Tu grignotes des sucettes artisanales pleines de tu-ne-sais-quoi. C'est enfantin, les sucettes, ça ne va pas avec l'esthétique du Port, donc tu dois les faire toi-même, avec des bonbons que tu fais fondre et des bâtons de bois. Tu mélanges les parfums, les souvenirs et de l'alcool ou bien des plantes aux propriétés variées. 

C'est ça ou bien tu partirais en croisade contre l'ennemi ; tu ne crains plus qu'un seul ange. Et il porte ton nom et te vole ton visage. La Lande t'a englouti et tu ne sais plus quoi faire sans ailes, sans halo. Parfois tes doigts couverts de pansements, d'absences et de blessures, le cherchent en vain au-dessus de tes cheveux blonds. Tu retapes les bâtisses, tu grimpes d'un toit à l'autre, et puis le jour suivant peut-être que tu trancheras les têtes des poissons pour les pêcheurs qui rentrent avec leur cargaison. 

Tu évites de t'attarder, esquivant l'envie de soudainement te dévoiler, de te présenter comme Celui Qui Sait. Ça brûle ta langue, alors tu y presses une sucette dont le goût te dégoûte parfois. 

Les gens passent dans les rues, et tu les observes, tu cherches l'horreur ailleurs que sur leurs visages. Tu n'es pas exactement méfiant, tu es plutôt paranoïaque et inconscient à la fois. Ça n'a pas de sens, sauf pour toi, de temps en temps. Tu réponds si on te parle, tu viens trop près, qu'importe le besoin de t'arracher tout le bras lorsqu'un tissu le frôle. 

Tu offres des sourires, bras repliés derrière ton dos et tes ongles qui y tracent un malaise qui te rappelle le sable du désert. Tentative de suicide, personne n'utilise ça, c'est trop vulgaire. 

On coche des cases et on oublie comment écrire et quel est son numéro de sécurité sociale. Un sourire, merci beaucoup, bonne journée. 

Tu te persuades sans peine que chaque individu, chaque ange qui est si poli, si patient, ne veut qu'une fin lente et douloureuse pour toi. En découle des pulsions qui te laissent solitaire, en errance pour ne pas détruire. Tu crois en cette vision déformée du monde que tu as voulu en la pensant logique, en te disant que ça te donnerait enfin une semblance de réponse. 

Pourtant, qu'importe que tu n'aies plus, techniquement, de limite claire, qu'il n'y ait plus de chef pour te dire de rester au Grand Arbre, de faire attention—tu ne te laisses pas totalement partir. La violence t'attire en une danse macabre que tu refuses plus souvent que tu ne l'acceptes (même si tu dérapes parfois, combats de taverne, rencontre avec des perdus). Tu as envie de les vider, de mettre ce monde en lambeaux, ce repère d'anges qui t'ont attirés là juste pour se moquer de ta malchance. 

Ou bien te punir d'un crime ancestral. 
Un jour—un jour, le jugement dernier se produira.

Tes anciens compagnons, ceux qui ont tenté de te tirer de là, de te maintenir dans l'ignorance pour ton propre bien, tu ne ressens pas grand-chose pour eux. Là est ta plus grande peine, cette indifférence qui est vouée à revenir contre ton gré. A se muer en violence imprécise. 

Il ne fallait pas te bourrer le crâne de vhs aux messages trop clairs. Encore moins te graver ces règles sous la forme d'un souvenir permanent contre ta peau. 

Fallait pas te torturer et espérer que tu n'irais pas dissocier de tout ce qui t'entoure, que tu ne t'imaginerais pas avec tes doigts autour de leur gorge. 


   

   


   
L'Unique au monde

   
+ Cercles sous tes yeux, tu dors mal et n'importe quand. Tes yeux se ferment sous la fatigue et tu loupes une partie de ce monde sans vraiment t'en rendre compte. Dormir n'a pas une grande importance pour toi, parfois tu peux passer la nuit entière allongé sur un toit, à laisser tes pensées divaguer. Ce n'est pas très sain. 

+ Tes oreilles tu les as percées toi-même, il en va de même pour ta langue. Tu as enfoncé l'aiguille sans t'interroger sur une possible infection, c'était avant, à l'Ossuaire. Ça roule contre ton palais lorsque tu te retiens de déborder et de détruire le peu que tu possèdes encore. Tu t'es recousu chaque blessure par tes propres moyens, c'était si facile—a présent tes doigts tremblent si tu tentes de le faire. Ton cerveau a retrouvé un soupçon de réflexes, instinct de survie tardif. 

+ Tu préfères Angie. Tu l'as toujours fait. Angelor, c'est—trop. Pourtant, c'est ton nom, ça le reste parce que tu ne sais pas trop quoi prendre d'autre, que c'est une preuve de plus que tu as toujours été un monstre et que tu étais trop bête pour t'en rendre compte. 

+ La kleptomanie te prend, t'arrache une sorte de rire étranglé quand tu contemples tes trouvailles. C'est comme acheter, sauf que tout est gratuit et le risque si grand. Tu as des babioles sans intérêt, dans un coffre que tu ouvres pour y plonger tes doigts. Tout ce qui brille, tout ce qui pourrait détruire un ange. Ah, un suicide ou une destruction, tu n'es pas certain de ce que tu cherches. 

+ Les événements sont souvent mélangés, dans le mauvais ordre, en une salade décomposée et indigeste. Le temps n'existe peut-être pas dans l'Ordinaire non plus, qui peut savoir ? 

+ Amoureux des explosions, des artifices et de tout ce qui remplira ton champ de vision avec autre chose que le pire. Tu as toujours quelques bâtons qui feront des étincelles dans tes poches, et un briquet. Juste pour te focaliser sur les couleurs des cierges magiques, pour ne pas totalement t'égarer dans le noir. 

+ Le paranormal, ancienne passion, s'est mêlée au réel. A cause de ça, ton intérêt s'est amenuisé. Tu as bien assez des anges monstrueux qui apparaissent devant toi dès que tu mets un pied dehors. Tu kiffes toujours les mystères quand même. Juste moins. Ils te demandent une plus grande attention, un effort. 

+ Tu es trop vieux, selon toi, pour les jeux de ninja et le bandeau frontal que tu t'étais fabriqué. Tu l'as laissé dans la Lande, un souvenir qui fera peut-être trébucher la prochaine âme à entamer ce voyage au retour plus qu'incertain. Tu ne sais pourquoi tu es revenu, pourquoi on t'accorde inlassablement cette 'chance'. 

+ Le pardon permanent, c'est un reste de ton passé, de cette nature angélique qui pousse à tendre l'autre jour. Tu n'en veux plus. C'était drôle de laisser un pirate te défigurer lorsque tu étais Seraph, juste un moment un peu étrange, l'aiguille qui a glissé entre tes doigts ensuite. A présent, ceux qui te poussent ou se moquent de ton esprit brisé n'ont pas le droit à la même nonchalance. Et si tu as peur, si tu es habité par cette terreur constante, tu ne le montres pas toujours, lorsque tu rends les coups, que tes doigts s'enfoncent dans leurs cotes et que tu espères qu'en craquant elles feront ressortir les ailes enfouies derrière. 

+ Tu t'es rasé les cheveux en une undercut sans aide, ce qui fait que ce n'est pas parfait au niveau de la nuque. Tu adores y passer tes doigts, sentir la masse plus courte et c'est un geste que tu répètes beaucoup. 

+ Franco-Américain, né en France qui a vécu en Ohio depuis ton enfance, tu en as oublié ta langue maternelle bien avant l'île.

+ 1m80

   

   


   
L'île

   Comment vis-tu ta vie à Never Never Land ?  
   
« Ma vie ? J’ai failli mourir—plein de fois. A cause de pirates, d’autres perdus, mais surtout de moi-même, » Ses épaules s’affaissent, et il semble un peu déstabilisé par cette constatation, « L’île est un paradis qui n’en porte que le nom. C’est là où je dois—être, parce que j’ai fait quelque chose d’horrible. Je ne comprends juste pas quoi. Il y a des tas de raisons—ouais, des raisons pour être un monstre. Juste que y’en a un paquet, et que je ne les connais pas vraiment.  Je ne pense pas être heureux. Dingue, oui. Mais heureux ou malheureux—c’est trop m’en demander. C’est—je ne veux pas en parler. »
   


   Qu'éprouves-tu pour l'Ordinaire ?
   
« J’ai grandi dans—une secte. Un groupe. Pas très grand, mais pas petit non plus. Et il y avait toujours ces champs qui entouraient le complexe, ce maïs bien trop haut, » Sucette en bouche, il glisse ses deux mains contre sa nuque, contre ses cheveux rasés, « Je suis pas sûr de là où je veux en venir, juste que ça a dû s’arrêter. Parce que c’était mal, ce qui s’y passait. J’ai des cicatrices—on m’a charcuté avec un couteau, ça et d’autres trucs. Trucs c’est marrant, c’est pas violent comme mot. Pourtant, ce que je ressens c’est—horrible.

Je ne veux pas y retourner. Et même si après c’était mieux, j’en veux pas non plus. Je crois que je suis trop grand pour—pardonner. Croire. Voilà. »
   


   Que représente Peter Pan pour toi ? Et le capitaine Hook ?
   
« Peter Pan—était bien plus terrifiant quand je croyais que c’était le Créateur, l’unique ange de l’île, » il grimace, puis esquisse un sourire, lèvres cachées derrière sa paume, « Je ne l’aime pas. Comment le pourrais-je ? J’ai—je suis un cauchemar pour les autres anges, je suis une erreur. Je pense qu’il veut ma mort, mais qu’avec lui elle serait plus brutale qu’avec les autres, ceux qui veulent—je sais pas, m’arracher la peau carré par carré ? »

A la mention de Hook, il fait tournoyer une sucette dans sa main libre, éclats colorés au milieu du sucre fondu. Impossible de déclarer ce qui se trouve à l’intérieur, juste que ça a l’air plus beau que bon. « Peut-être que c’est une âme damnée, comme moi. Je—je ne lui ai jamais parlé, je sais qui c’est, je suis pirate, enfin je crois. Oui, j’le suis. Donc Hook—il est là quoi. »
   


   Développe ta chronologie en dates ou en intrigue :
   
Arrivé en 2013, Raccommodeur depuis.
Pendant le Givre, est à l'Ossuaire, et tente de se tuer dans le désert, ce qui échoue. Par la suite, toujours aussi désorienté par les propos d'Ether, il fantasme être un ange, l'avoir toujours su, et termine dans La Lande. Il lui demande une réponse au sujet de son identité et, bien sûr, la dite-réponse lui rend son nom mais fout également en l'air le peu d'équilibre mental qu'il avait en lui affligeant des hallucinations grotesques et permanentes. Il voit les gens en 'anges monstrueux' depuis. Sachant que cela risquait de lui faire tuer ses anciens amis, il a décidé de grandir et de devenir pirate à la place.
   

   



   
Le Bout d'aventure

   
I //
+ Tout le monde promet le pardon, personne ne dit jamais pour quoi. Tu assumes qu’il doit y avoir une sorte de secret dont on ne parle pas, un crime ancien et immortel. 

+ Les bâtiments sont déserts dès que tu t’éloignes un peu du domaine, tombant en ruine l’un après l’autre. Personne n’y a vécu depuis une éternité—tu sais ignorer les rideaux en lambeaux qui semblent se soulever lorsque tu passes par là. Aucune âme (humaine) n’habite ici, passe ton chemin.

+ Ne reste que la rouille et le bois pourri là où, autrefois, se dressaient des maisons pleines de vie dans la campagne de l'Ohio, et parfois tu y joues avec les autres enfants. Le ballon passe par un trou béant dans les bardages couverts de peinture au plomb. Tu frappes toujours avant d’entrer, qu’importe qu’aucune porte n’existe pour t’accueillir. Tu sais mieux que personne qu’il faut se montrer poli avec ses voisins.

+ La bâtisse au fin fond du domaine est spéciale ; c’est là où le soleil se glisse sur les vitraux, que tout étincelle comme si les flammes étaient à tes pieds. C’est là que tu hurles jusqu’à en oublier ce qu’est la peur. 

+ Au moins, les champs de maïs cachent ce qui a décidé de s’y tapir. Les années sans récoltes, lorsque les orages ont réduit à néant les hautes plantes, ce qui se trouve au fin fond des champs est trop réel.

+ A propos du maïs, qu’importe ce qui te fait signe ou te salue, ignore le et continue ton chemin. Ce n’est pas la voix de quelqu’un que tu connais, de toute façon. Et si c’était le cas, ça serait trop tard.

+ La question de l’existence d’ailes dans ton dos est secondaire. Qu’elles furent là ou non, on te les a arrachées, sinon tu n’aurais pas ces cicatrices tracées grossièrement avec un couteau chauffé à la flamme. La question, celle qui importe, c’est est-ce qu’on les a retirées pour sauver ce monde ou celui au-dessus de ta présence. Une fois encore, personne ne te dit quoi que ce soit. Tu n’as pas peur.

+ L’unique sortie de l’année est au lac Erie. Descendre du bus, se tenir en ligne pendant que le responsable compte. Tu restes aussi loin de l’eau que possible. Ceux qui en sortent ont des sourires trop larges, dégoulinant tandis qu’ils s’approchent, qu’ils te proposent de les rejoindre, il fait si chaud—tu réponds ‘non merci’. En remontant dans le bus, tu réalises que le nombre n’est pas le même. Oh, tu dois mal te souvenir.

+ Il n’y a rien au-delà des bâtiments qui s'effritent au fur et à mesure, des champs de maïs, de la route jusqu’au lac. Tu te souviens néanmoins d’un autre pays, d’une langue étrange qui brûle ta langue. Ta mère se prend à rire, devenant hystérique, et elle te répond dans la même langue que tu ne comprends plus. Elle dit que c’est du français, et tu ne sais pas ce que ça veut dire. 

+ Tu n’as pas peur, les vhs te rappellent de ne rien craindre, ni les aiguilles ni les couteaux ni les mains des élus qui ne devraient pas peser si lourd contre ta peau. Les cassettes sont si usées qu’elles répètent les mêmes paroles encore et encore—tu ne dois pas avoir peur. Tu es heureux, n’est-ce pas ? La femme qui parle te regarde toujours toi, au milieu de la dizaine d’enfants enfermés dans la pièce. Tu es heureux, qu’elle répète tandis que sa voix saute inlassablement sur le même passage, et ça sonne comme un ordre.

+ Entre deux et quatre heures du matin, tout est différent—les ombres trop longues, et le silence qui s’accroche à toi et qui étouffe ta voix. Si tu devais crier, tu en serais incapable, et ils le savent. Si tu prétends ne pas voir ce qui se tient dans le coin de tes yeux, tout ira bien.

+ ’Je suis la préférée de la classe,’ une enfant qui te laisse copier sur ses devoirs te chuchote, le regard brillant. Tu ne réponds rien, te contentant d’écrire un peu plus rapidement. Le lendemain, la chaise est vide. L’enseignante te lance un grand sourire, te rappelant que toi aussi, tu pourrais être le favori, en étudiant un peu plus. Tu bâcles les réponses trois et cinq.


II /
+ Les autres enfants du centre médicalisé haussent les épaules face à ton malheur, nonchalance contagieuse qui te fait croire que ce n'est pas très grave. Tu ris avec eux tout le temps, sans trop savoir ce qu'il y a de drôle. 

+ Ton père vous conduit au Wendy’s au bout de la rue. Il y a un Wendy’s devant le parc, un autre près de l’arrêt de bus, et tu te dis que ça doit être le même, qui est toujours avec toi, au coin de la rue.

+ Le juge pose des questions. Le psychiatre pose des questions. Est-ce que tu es heureux, est-ce que tu veux vivre avec ta mère ou ton père ? Leurs voix se superposent et tu es certain que le juge et le psychiatre sont la même personne, dans des lieux différents. Ta réponse reste la même ; tout va bien. Tout va toujours bien.

+ Tu te fais des amis, et ensemble vous explorez des lieux hantés. Tu n’as pas peur de ces endroits délabrés, et si quelque chose te fait signe dans le miroir, tu sais qu’il ne faut pas te retourner, et encore moins y prêter attention. Les fantômes ne te font pas peur, ce sont juste des gens morts. Tu as le souvenir des ombres qui s’allongeaient contre dos dans ton enfance. Mieux vaut voir un mort que ce qui se trouve chez les vivants.

+ Naruto sauve le monde. Des gens sont tués, puis reviennent. Pour le guider, pour lui raconter un souvenir dénué d’importance. Naruto sauve le monde, traînant avec lui une armée de fantômes. Naruto sauve le monde. Sasuke le détruit. Tu préfères Sakura, au moins, elle n’est pas enchaînée à une pile de cadavres. Naruto sauve le monde. Tu passes à l’épisode suivant.

+ Tu n’as pas peur. Tu n’as plus le droit d’avoir peur, ils ont retiré cette émotion de ton cerveau, tu ne te souviens pas du scalpel et des hurlements ? Tu n’as pas peur, mais tu te dis que ton père devrait s’inquiéter des menaces de mort qu’il reçoit de la secte, pour vous avoir récupérés ta sœur et toi. 

+ Les anges sont partout, sauf dans les Wendy’s, probablement aveuglés par les néons et la nourriture grasse qui glisse de tes doigts. Tu ne parviens jamais à les essuyer, qu’importe combien tu les frottes contre tes jeans et t-shirts recouverts de groupes et de mots qui n’existent probablement pas. Les anges sont ceux qui te regardent juste quelques secondes de trop, dont le sourire est tordu ; les grandes écharpes autour de leur cou trop longs, doigts peints pour cacher le sang séché qui se trouve au dessous.

+ Tu te réfugies dans les églises, centres de commandement depuis longtemps abandonnés. Les vrais croyants prient n’importe où, ce sont ceux qui ont quelque chose à se reprocher qui se glissent derrière le rideau pour une confession, qui s'assoient sur les bancs de bois à n’importe quelle heure en serrant une bible que tu sais fausse ou incomplète. Là, les anges ne te trouveront pas. 


III /
+ Tu oublies. Tu oubliais déjà avant. 

+Le drap te cache du monde. Pourquoi ? Est-ce pour les fantômes, pour qu’ils se sentent en confiance, ou bien parce que tu ne souhaites pas spécialement être vu ? 

+ Tu te sens si éloigné des gens de ton âge—si tu dis 'jouons à Naruto' les gamins te répondent 'qui c'est' et tu peux leur dire. Les grands c'est 'pas encore, Seraph bordel'. Tu ne te souviens pas leur avoir déjà parlé, tu ne sais pas avec qui tu as confondu tes interlocuteurs. Le lendemain, lorsque tu t'excuses, ils te regardent bizarrement et s'éloignent sans rien ajouter. Ah, encore la mauvaise personne. Ou bien ils sont plusieurs à avoir le même visage. 

+ Un enfant arrive, il y a une fête. Tu tombes deux fois sur un cadavre dans le Bois Joli (heureusement ce n'est pas le même cadavre). Tu te demandes si le nom est mal choisi ou si tu manques simplement de chance. Un enfant arrive, il y a une fête. Inlassablement. 

+ Certains jours tu es le seul humain (non-ange) au Grand Arbre. Tu ne sais pas où sont les autres où s'ils existent vraiment. 

+ Les Raccommodeurs sont ta famille ; ta dernière famille aussi vivait dans une cabane isolée au milieu de nulle part. Tu comptes les marques d'aiguille sur tes doigts, il y en a toujours des nouvelles. Même lorsque tu n'as pas fait de couture depuis un moment. 

+ Il fait trop chaud, tout le monde implore la pluie de tomber. Dès les premières gouttes, des cris de joie explosent. Lorsque la pluie refuse de s'arrêter, qu'elle se fait trop forte, tu n'entends plus qu'un vague murmure en fond. Un hurlement étouffé. Il pleut, c'est ce que tout le monde voulait, non ? 

+ Il y a des rumeurs sur Pit, sur son sourire et ses actes. Tu n'y prêtes pas attention. Ses paumes sont chaudes lorsqu'il prend tes mains entre les siennes, qu'importe que ça ne soit pas sa peau contre la tienne. C'est un contact humain quand même, non ? 

+ On te retient, pour ton bien, pourquoi ne pas t'asseoir et réparer ce manteau. Il vaut mieux ne pas trop t'éloigner, te perdre dans l'Ossuaire. Est-ce pour t'empêcher de sortir, ou pour ne pas tenter quelque chose d'entrer et de t'arracher au groupe ? 

+ L'Ange te donne une mission impossible ; détails omis, moquerie sur ses lèvres qui pressent contre tes paupières. Il est Terreur, et tu es Innocence. Ou bien est-ce l'inverse ? 

+ Tu ne trouves pas l'arbre, pas certain qu'il existe. Et qu'est-ce que tu offriras, hein ? L'Ange a ordonné que tu déposes un présent par jour. A quel moment vas-tu ne plus avoir assez d'organes pour ça ? Tu t'égares, âme perdue dans le désert. 

+ Le soleil est de moins en moins caché par les nuages, tout le monde semble se réjouir. Tu te dis qu'ils sont un peu stupides. Il y a tant de choses qui ne doivent pas être touchées par la lumière du jour. Il y a une grande cicatrice sur ton front, du côté droit, tu la caches sous tes cheveux, pour ne pas que la soleil la touche. Que ce qui s'y cache décide de remonter à la surface. 

+ La Lande est affaiblie, ils disent, tout comme toi. Tu y vas pour mourir une seconde fois, incapable de réussir une tâche aussi basique du premier coup. Tu termines à genoux, entouré de brouillard, mains enfouies dans tes cheveux ; je veux juste des réponses, une réponse, tu pleures. La Lande te la donne. 

Tu n'as pas précisé que ça devait être la bonne. 
Dommage. 
   

   


   
L'Invisible pour les yeux

   
T'as un Pseudo ? Kane
   Et un âge ? A ma connaissance, oui.
   C'est quoi ton Avatar  ? Oc by Santa
   Comment t'as découvert l'île ? Je passais tranquillement mes partiels quand la question 'êtes-vous sur NNL pour dix points supplémentaires, signé Rica' est apparue sur ma copie.
   Tu la trouves comment ? Merveilleuse.
   Dis, tu crois bien aux fées ? Yep !
   






ANGELOR MIST


If you battle monsters, you don't always become a monster. But you aren't entirely human anymore, either. FRIMELDA



Dernière édition par Angelor Mist le Jeu 11 Mar 2021 - 21:44, édité 1 fois
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Lynn Lakeland
Lynn Lakeland

☠ Pirate du Port ☠


✘ AVENTURES : 129
✘ SURNOM : Le Loir
✘ AGE DU PERSO : 18 ans (probablement un peu moins)

✘ DISPO POUR RP ? : Toujours !
✘ LIENS : Le Loir ouvrit lentement les yeux. « Je ne dormais pas, » dit-il d’une voix faible et enrouée.

Vestiges de Kaitlyn par Clumsy
Timory


I thought I saw the devil, this morning, looking in the mirror // Angie Empty
MessageSujet: Re: I thought I saw the devil, this morning, looking in the mirror // Angie   I thought I saw the devil, this morning, looking in the mirror // Angie EmptyLun 8 Mar 2021 - 10:47

Preums !

Et encore un perso qui décolle ! Seraph goes bye-bye...

Lynn me dit à l'oreillette qu'elle aime bien le mood enfantin des sucettes expérimentales, et qu'elle viendra lui en demander - mauvaise idée, donc. Elle est même prête à partager ses Bonbons s'il veut planer... sans être un ange, évidemment.
Le hic ? C'est un ancien Raccommodeur. Si elle s'en rend compte, elle va flipper !

C'est touchant, qu'il ait décidé de partir pour ne pas mettre les Perdus en danger. Franchement, c'est un de tes persos avec lequel j'ai pas eu d'interactions back then, et je le regrette.
Faut que je me rattrape maintenant !

Citation :
Tu voudrais tuer tous les anges pour que plus jamais ils ne puissent te transformer en martyr.
Heaven, qui trouve les anges beaux et essaye plus ou moins d'en avoir le "thème" (non, elle a jamais vu les "Bible accurate angels", sinon elle aurait changé d'avis /PAN/) : *chuckles* "I'm in danger."

Je suis curieuse de voir comment il va interagir avec tous ces monstrueux anges de l'Île... courage, Angie ! X)






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I thought I saw the devil, this morning, looking in the mirror // Angie Sleep210

I thought I saw the devil, this morning, looking in the mirror // Angie Soft2611
By @Pastal
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Miss Annabelle
Miss Annabelle

☠ Fille de Joie ☠


✘ AVENTURES : 217
✘ SURNOM : La Dormeuse
✘ AGE DU PERSO : 20 années

✘ LIENS : L'entrée des Contrées est par la mer, mais Il y dort... prenez garde au Dormeur qui rêve et attend

I thought I saw the devil, this morning, looking in the mirror // Angie Empty
MessageSujet: Re: I thought I saw the devil, this morning, looking in the mirror // Angie   I thought I saw the devil, this morning, looking in the mirror // Angie EmptyDim 14 Mar 2021 - 19:50

Mooooh Seraph, il va manquer à Pit u.u

Mais c'est une chouette évolution huhuhuhu 8D
S'il veut retrouver une famille, Annabelle le comptera dans la liste des sandwich triangles et lui parlera des horreurs cosmiques I thought I saw the devil, this morning, looking in the mirror // Angie 304983004

Bref, la re-bienvenue <3






Hafh'drn'fhalma
~
Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn

I thought I saw the devil, this morning, looking in the mirror // Angie 1454353281-signapieuvre



Spoiler:
 
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MadMax
MadMax

★ Mère des Chasseurs ★


✘ AVENTURES : 1114
✘ SURNOM : L'Increvable.
✘ AGE DU PERSO : La bonne quinzaine.

✘ DISPO POUR RP ? : Globalement, ouais.
✘ LIENS : Naissance, renaissance & La Meute

I thought I saw the devil, this morning, looking in the mirror // Angie Empty
MessageSujet: Re: I thought I saw the devil, this morning, looking in the mirror // Angie   I thought I saw the devil, this morning, looking in the mirror // Angie EmptyDim 14 Mar 2021 - 19:53

Félicitations mon enfant


Tu es condamné.





Rha la la la ! Mais ta pluuuume wsh! (Enfin, tes plumes, avec les ailes. Hurm. Non ?)

Je suis tres déso pour Angelor et ce qu'il traverse. Y a de quoi en perdre l'esprit, le sommeil, les repreres.. Un peu tout. C'est toujours saisissant comme ta prose nous trimballe dans un autre univers avec des petits rien, des détails qui donnent corps a tout le reste. Dans ce qui est raconté, oui, mais aussi les tournures et l'ambiance globale que tu arrives a créer. C'est je crois une des choses que j'apprécie dans tes écrits : c'est a la fois simple, et en meme temps extremement riche avec toujours un coté tres tres unique.

Bon courage pour cette nouvelle vie au Port, j'espere qu'elle te conviendra malgré tout.


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Je te serre chaleureusement la main. Cours vite créer ton Dé à Coudre et demander un Compagnon de Jeu afin de vivre une aventure ! Par ailleurs, n'oublie pas de prendre connaissance de L'intrigue du moment. A moins que tu ne choisisses de te lancer dans Mission Périlleuse ? Si tu préfères passer du bon temps en papotant, rejoins sans tarder la Nursery. Quoiqu'il en soit, que ton séjour à Never Never Land soit fabuleux et éternel.








J'suis Parole en #cc3300.

Merci Dog. ♥:
 

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