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Ninoxe Amer
Ninoxe Amer

↣ Musicien des Delaware ↢


✘ AVENTURES : 126
✘ SURNOM : Le Brasier
✘ AGE DU PERSO : Vingt ans

✘ LIENS : [Lawyer voice] the prosecution makes a compelling argument, but have you considered this? *puts middle finger up*


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MessageSujet: Dies Irae ♪ Ninoxe   Dies Irae ♪ Ninoxe EmptyJeu 12 Nov 2020 - 19:48

TW:
Ninoxe Amer


   
Les Trucs

   
Surnom : Le Brasier.
   Groupe : Natif / Delaware.
   Age : Vingt ans.
   Rôle : Musicien.
   
   


   
Les Révérences

   
Les cicatrices sont fraîches ou anciennes—ancrées contre la peau en une myriade de souvenirs, de moments où il n'a pas été en mesure de contenir ce flot qui tournoie en permanence en lui—parfois cachées, en partie, gants qui ne recouvrent jamais les phalanges, parfois non. Et il est une mélodie qui s'étend autour de lui, qui fait vibrer les cordes sous ses doigts—un son si puissant, esprit si las de cette colère, de la rage qui hurle, qu'il en est devenu une mélancolie agressive—qui est tout ce qu'il a apporté avec lui. Une guitare, trouvée au milieu d'un champ de bataille, d'une ville ravagée. Et si vous lui demandiez, il vous répondrait qu'il n'a pas peur des monstres. Parce qu'il lui manque des cases, on vous dira, que y'a un truc de brisé qui se remettra pas, qui n'a certainement jamais été là en premier lieu.

Insensible au danger, ou plutôt attiré par ce dernier, sourires aussi tranchants que ses lames, découverte du Givre, de limitations égarées, couteaux toujours à portée. Papillons qui dansent à la lueur des flammes, s'en approchant un peu trop. Les cicatrices sont uniquement des coupures, au début, puis il les laisse se rouvrir encore et encore, un peu désabusé qu'il reste quelque chose là-dessous. Ninoxe n'a pas de famille—aucune maison qu'il peut nommer sienne, encore moins de patrie—et pourtant, il reste là. Le soir, avec sa guitare, auprès des flammes, assis en tailleur.

Ses doigts s'imprègnent de ce qui l'entoure, fumée qui glisse contre ses vêtements, blouson épais et tout le reste—pas l'allure d'un des leurs, pas l'envie de l'avoir non plus, cette dégaine de natif. Ninoxe construit son propre domaine, fatigué d'être baladé d'une pensée à la suivante, composant l'air de son propre cœur sans aide.

Les papooses chuchotent, se rapprochent pour mieux fuir, pour ne pas trop découvrir ce qui semble être un interdit. Ninoxe les accumule, les fautes. C'est pas plus mal, après tout qui d'autre serait capable d'être aussi peu en phase avec le monde. Il aurait pu prendre la place offerte, cet échange qui s'est opéré sans qu'il ne soit guère plus que spectateur, troublé par une éternité dans la peau d'un autre.

(Les lèvres contre les siennes, la promesse que ça aiderait de rester là, rires au milieu de la fin du monde, éclats pas à leur place sur le rebord d'une fenêtre—monstres errants des étages plus bas, leurs jambes dans le vide, mains prêtes à se pousser l'un l'autre.

Juste une blague, rien de plus)

Ninoxe peut dire qui est malade, qui a les mains qui tremblent ou est incapable de bien voir le ciel au-dessus de leurs têtes. C'est simplement que ça ne l'intéresse pas, d'en parler. De voir ce qui est invisible pour les autres ; il a grandi dans une dictature, survie empoisonnée par des habitudes malsaines, par une montagne de mensonges et de lacs gelés cédant sous son poids. Ninoxe n'est pas guérisseur, ni soigneur, ni rien de tout ça. Il n'est qu'un musicien, celui qui compose et qui joue pour n'importe qui capable de l'entendre.

Ninoxe est une révolution qui n'accepte pas les compromis—nuits courtes, corps qui pousse et repousse les limites jusqu'à être au bord d'un gouffre qui l'attire, bouton d'autodestruction pressé à deux mains, juste pour voir ce qui arrivera. Est-ce que grandir sauve ? Est-ce que ça efface ? Tant de conneries ! Grandir c'est simplement comprendre pourquoi.

(Pourquoi est-ce qu'il a été assez con pour quitter la Corée du Nord, tout ça pour un abruti de jumeau qu'il a aperçu chez les perdus avant de se casser pour devenir un monstre de givre ? Pourquoi ne pas être stupide, après tout ?

Ce frère pour lequel il est mort, crâne ouvert, passeur qui avait déjà pris l'argent, tout ça pour devoir revenir à la vie, juste parce que c'était le rêve de leurs parents. Personne ne lui a demandé son avis—)

Les différences entre quinze et vingt sont simples, huit centimètres—il aurait été grand, dans son pays d'origine, ici même pas—cette libération de ses sens, de son esprit. Les mêmes bandages, juste faits avec moins de nonchalance, cigarette entre deux doigts et vernis écaillé. Des sourires qui sont terribles, quoique mieux que cette fausse neutralité, politesse créée de toutes pièces pour ne pas se prendre une balle entre les deux yeux ou un couteau dans le dos.

(Si vous aimez vos amis, mieux vaut les poignarder en plein ventre, puis regarder l'incompréhension sur leurs traits.)

Ninoxe est une révolution dangereuse qui n'est contrôlée que par la paranoïa et la dévotion.

Les Delaware méritent des remerciements, pour l'avoir accepté, qu'importe les paroles de Kaze en sa faveur.

(Les doigts de ce sale con insolent dans sa chevelure, tirant juste assez pour lui donner envie de mordre ses lèvres de toute ses forces, un jeu d'une nuit, il en a eu d'autres.

Coincé entre deux destinations, musiques pulsant dans ses oreilles et dents acérées.
Kaze n'est rien de plus qu'un amant. Qu'une rencontre.
Ninoxe ne peut pas aimer qui que ce soit.)

Ils auraient pu noter tout ce qui ne va pas chez lui, et refuser. Il ne réalise pas que les autres n'ont pas cette crainte constante qu'un supérieur le dénonce, qu'on le pointe du doigt au détour d'un virage, qu'ils ne mémorisent pas chaque détail. Ninoxe est un peu excessif, répétant ses gestes plusieurs fois pour bien les ancrer lorsqu'il en a besoin, un peu brutal aussi. Protéger les Delaware n'est pas sa mission, néanmoins c'est un ordre qu'il s'impose au même titre que le reste.

Les papooses ne craignent pas Ninoxe lorsqu'il joue, qu'il lance quelques mots dans leur langue. Après tout, il leur laisse même toucher sa guitare et chanter avec lui lorsqu'il est d'humeur. C'est lorsque ses armes brillent à la lueur de la lune, qu'une lame vrille entre des doigts experts, qu'ils gardent leurs distances. Ninoxe ne leur ferait rien, bien que gagner la confiance des autres soit trop bien compliqué. La paranoïa n'est pas partie juste parce qu'il est plus vieux, qu'est-ce que pensiez ? Qu'il pourrait guérir de sa propre tête ? Même la mort doit être méritée—à quoi bon tomber en face du premier ennemi s'il peut cracher du sang au visage du dernier qui se tiendra debout lui. Il y a tant de choses qui ne vont pas chez Ninoxe.

Doigts volages, nourriture jamais partagée, toujours laisser quelqu'un goûter le plat commun avant de se servir, répondant dans un anglais trop bon d'un seul coup, jusqu'à ce que Ninoxe brise sa phrase pour faire genre qu'il n'est encore qu'un gosse naïf. Être un Orbleu a eu des conséquences désastreuses, libérant un barrage qui maintenait le contrôle. Ses émotions se répandent, voix étrangement douce pour les horreurs qui s'en échappent, pour toutes les injustices impossibles à rattraper qui le hanteront jusqu'à la fin de ses jours.

(Les gens s'en foutent, de ses rêves—personne n'a demandé ce qu'il voulait faire de sa vie, alors la réponse a été enterrée vivante, prétendue absente lorsqu'il est arrivé sur l'île—du piano qu'il voulait cajoler pour rejoindre l'école de musique de Pyongyang.

Pas assez doué, pas assez chanceux, le sang détermine la valeur et le sien est poisseux et dégueulasse, n'est-ce pas ?

Ce rêve brisé, étouffé dans l'œuf pour des dizaines de raisons stupides, ce rêve a brisé son cœur.)

Son nouveau briquet, il récupérera jamais l'ancien, allume des clopes qu'il fume dans son coin; manquerait plus qu'il en vienne à prendre la même chose que les Delaware, perdant l'infime pression qu'il parvient encore à effectuer sur sa langue pour ne pas imploser. Ninoxe danse avec les papooses, avec les adultes aussi, déposant sa guitare alors qu'il a encore un goût de fumée dans la bouche. Il est plein de vie lorsque la nuit tombe, là où le jour, les coins de son corps sont trop coupants pour qui que ce soit. Il est né pour les festivités, pour la musique qui s'étend jusqu'au matin, et peut-être que c'est ça qui le sauvera.

   

   


   
L'Unique au monde

   
 ♪ La patience n'est guère son fort; la musique le maintient en place, rien d'autre n'a le même effet. Ninoxe est impatient, regard voilé par l'agacement dès que les choses ne vont pas à son rythme.

♪ Son instrument favori est le piano, et non la guitare. Le second est plus une passion privée qui est plus simple à atteindre, sans avoir le même désir de perfection. Avec le piano, doigts jouant Chopin pendant des heures sans pause, il était capable de se faire saigner juste pour se prouver qu'il pouvait se pousser un peu plus loin.

♪ Les épices sont plus que tolérées dans ses repas. Ninoxe a un goût et une résistance à la nourriture qui brûle la langue qui est difficile à égaler.

♪ Un brin pyromane, un brin kleptomane, beaucoup de mots en-mane pour une seule personne.

♪ Capable de mentir sans ciller, ou sans avoir besoin de réfléchir à ce qu'il va dire, c'est instinctif. Dommage que ça soit lié à une paranoïa constante qui l'empêche de nouer correctement des liens.

♪ Sait lire et écrire en coréen (la version du Nord sans anglicisme), russe et a des bases en mandarin. Pour l'anglais, disons que ça dépend des jours et de sa bonne foi.

♪ Ninoxe n'apprécie ni la magie ni la religion. Il a vénéré assez d'idoles dans sa vie, ça lui suffit. Si l'esprit feu est une part importante de son clan, il évite simplement de mentionner son existence, sans pour autant la rejeter. La magie l'effraie, le rend méfiant. Il aime la réalité des choses qu'il peut toucher et contrôler.

♪ Se trouvait juste et sensé autrefois, lorsqu'il était Wrath. Depuis son passage en Orbleu, il a revu ce jugement. Reste qu'il campe sur ses positions au sujet de ne pas s'en prendre à ceux qui ne peuvent pas se défendre. Eux, il ne leur fera rien.

♪ Possède deux tatouages. La ligne d'une partition, tatouée sur le côté de son ventre, à droite, qui représente sa phrase préférée de l'hymne national de son pays. Le second est la tête d'un cerf, de façon abstraite sur son omoplate gauche; lorsqu'il était en Chine, sur le chemin non-linéaire de la liberté, il a un jour dit qu'il était un tigre à un homme, qui, éclatant de rire, lui répondit qu'il était un cerf. Borné jusqu'à la moelle, gracieux plus que puissant, et apeuré de l'inconnu. Rapide et résistant. Et il même s'il est un oiseau, à présent, ça lui est resté.

♪ A trop de cicatrices pour en faire le compte; crâne ouvert dans le monde ordinaire, puis à bord d'un zeppelin, lacerations sur le flanc qui sont restées, ses mains; une putain une ode à la destruction dans un corps qui continue d'aller trop loin. Certains diraient qu'il est suicidaire, Ninoxe ne serait pas trop quoi répondre. Des fois, il doit l'être.

♪ Il fabrique ses propres médiators, uniquement pour les perdre et en refaire d'autres. Un cercle sans fin qu'il n'explique pas vraiment mais ça ne le dérange pas. C'est juste qu'il ne doit pas avoir de chance.

♪ Lorsqu'il n'est pas occupé à jouer, Ninoxe part en vadrouille ou bien il se rend utile. Après tout, les Delaware l'ont adopté alors s'il peut rendre service. C'est sa façon de participer. Il a l'habitude des tâches ménagères de toute façon.


   

   


   
L'île

   Comment vis-tu ta vie à Never Never Land ?  
   
Douloureusement.
Ninoxe s'inflige des tas d'obstacles, incapable de s'en empêcher. Quelque soit son lieu de vie, est-ce qu'il a déjà été heureux ? La réponse est, au mieux, incertaine. En s'enfermant dans la musique, en ne quittant jamais trop longtemps sa guitare, il a un moyen de s'ancrer, juste un peu. S'il cesse de jouer, qu'il contemple le monde, tel qu'il soit, il ne pourra pas s'empêcher de le haïr.

Règles qui se contredisent, une injustice rampante—Ninoxe est bien mieux dans sa bulle sur laquelle il sait qu'il n'a qu'un contrôle qui manque de basculer à n'importe quel instant.

Si quelqu'un doit le tuer, autant qu'il le voit venir, que ça soit les yeux dans les yeux. Peut-être qu'un miroir ferait l'affaire.
   


   Qu'éprouves-tu pour l'Ordinaire ?
   
Tout aurait mieux s'il était né un peu plus proche du ciel. Pas de séparation, de voyages sans billet de retour. Ninoxe est lassé de ces foyers qu'il ne reverra pas de toute manière. Autant les dépeindre avec une touche d'horreur et de tyrannie, de se dire que ça n'a aucune importance qu'il y soit ou non.
   


   Que représente Peter Pan pour toi ? Et le capitaine Hook ?
   
L'un est un dictateur qui règne d'une main d'une fer sur un groupe dont il a acheté le contrôle avec une once de magie factice, le second est un inconnu sur un navire à la dérive. Adultes ou enfants sont tout autant destructeurs, cœurs qui battent sans harmonie, armes et paroles qui partent sans qu'ils ne puissent les retenir.

Ninoxe ne prétendra pas connaître le capitaine, bien qu'ayant été sous ses ordres, virus qui contrôlait les Orbleus en une entité morbide qui était, dans le fond, la version idéale de sa patrie. Pas de pensées parasites, colère refoulée et même éteinte par le Givre, certains jours. Une solution temporaire qui a simplement causé plus de dégâts et de sang sur ses mains.
   


   Développe ta chronologie en dates ou en intrigue :
   
Arrivé Pluie Salée, puis Orbleu pendant le Givre et finalement est devenu Delaware.
   

   



   
Le Bout d'aventure

   
Les interdictions existent pour être bravées—c'est ce que disent les idiots qui se font prendre. Mieux vaut acquiescer uniquement lorsque c'est nécessaire, n'afficher que de l'indifférence le reste du temps. Pleurer sur commande ? Devenir une ode à la joie ? C'est simple, non c'est de la survie. Et les véritables émotions sont là quand même, tapies sous une langue brûlée par une litanie de mensonges. Les pensées sont la clé de la survie, mieux vaut l'avaler et ne jamais la donner à quiconque. Famille ? Amis ? Tous des traîtres potentiels !

Au sein du marché—babioles dont la valeur n'est pas toujours certaine, reliques prétendues originales quand elles ne sont que de pâles copies—il vadrouille. Uniforme retiré, échangé pour des vêtements plus discrets. Les vendeuses, avec leur autorisation autour du cou, ne font pas attention, habituées à sa présence. Hyung Soo esquive les patrouilles qui se baladent dans le marché comme s'il craignait quoi que ce soit—il n'est qu'un gosse, et puis si c'était illégal d'être là, ça se saurait non ?

Ses jointures sont violacées, gonflées et douloureuses lorsqu'il serre le poing, un geste qu'il répète régulièrement, pour s'amuser que la douleur soit toujours là. Pour ça non plus il ne risque pas plus que sa vie.

Cet enfoiré qui a été sélectionné pour jouer dans l'orchestre qui accueillera des visiteurs, camarade de classe que Hyung soo n'a jamais franchement apprécié. Ah, en dehors de son frère, ça n'a jamais été son truc, de nouer des liens. Ses ongles glissent contre son crâne, cicatrice qui ressort sous ses doigts.

Être le frangin d'un traître, on a vu mieux.

Bref, l'autre connard, Hyung Soo l'a simplement choppé après les cours, lame tirée de sa poche. Pour lui faire peur—il n'est pas meilleur que lui au piano, ce fils de pute. Ses parents sont simplement mieux vus par le régime. Lui n'est pas si bas, pas assez haut non plus. La lame a frôlé la jugulaire et rien de plus. Hyung Soo passe pour un enfant sage, se mêlant si bien au paysage lorsque c'est nécessaire. Jamais un mot plus que l'autre en face de l'autorité. Dès qu'elle a le dos tourné, c'est une autre histoire.

Une fois cet abruti loin, pas si traumatisé que ça non plus, au final—ils sont tous anesthésiés face à l'horreur, non ? C'est faux, c'est faux, c'est lui qui a un problème—son poing a heurté le mur. Classique. La fois précédente aussi, il suppose.

Hyung Soo sait démonter un fusil et le remettre en place en un temps record. Doigts qui bougent mécaniquement, assemblant des rêves qui ne sont pas les siens. Il préfère les armes blanches, lames qui volent dans les air et s'abattent. La violence dans l'adrénaline, la proximité avec l'ennemi. Les fusils, qui s'enrayent et qui sont trop vieux, c'est juste pour les préparer à leur formation militaire.

Comme souvent, cigarette entre les lèvres, qu'importe qu'il soit trop jeune, personne ne lui dit jamais rien, il s'arrête devant le stand de dububab ; peau de tofu enroulée autour de riz, le tout recouvert de sauce épicée. Hyung Soo prétend qu'il n'est pas supposé disparaître bientôt, effacé sans laisser de traces.

A la place, il bavarde avec la femme qui tient le stand, celle qui ne le fait pas toujours payer s'il parvient à avaler un dububab, recouvert de sa sauce la plus forte, sans avoir les larmes aux yeux. Un challenge qui l'amuse énormément bien qu'il n'y ait pas forcément assez de sauce chaque semaine pour se permettre d'en gâcher gratuitement.

Visiblement, aujourd'hui il faudra qu'il se contente de tendre son argent—gagné d'une façon ou d'une autre—pour espérer rapporter le diner. On l'a relocalisé après la débâcle d'il y a quelques années. Soit disant que ça serait mieux qu'il vive avec sa grand-mère dans une autre ville. Probablement pour éviter que les autorités ne s'intéressent de trop près à ce qu'il s'est passé.

Hyung Soo repart à l'aventure, déambulant en tentant de ne pas grignoter ce qu'il compte bien ramener chez lui, clope écrasée en chemin. Ils ont obtenu un autocuiseur, en négociant bien—c'est un modèle un peu bancal qui surchauffe facilement, mais il ne va pas s'en plaindre. Certaines parties du marché ne viennent à la vie que lorsque personne ne regarde, disparaissant aussi rapidement si besoin. Il faut juste s'éloigner un peu de la zone autorisée pour les découvrir.

Il pense à leur maison à peine assez grande pour deux ; lecteur DVD planqué avec soin dans une petite cache creusé sous le bâtiment lorsqu'il n'est pas utilisé, soirées à regarder des films piratés, à remplir des pages de devoirs pour glorifier un régime pendant que son regard reste rivé sur l'écran.

Devenir musicien ne paye pas ce genre de luxe, pas si l'on ne parvient même pas à être sélectionné pour un stupide concert. Hyung Soo a d'autres talents—aider dans les champs alentours ou bien voler, tout simplement. Sa grand-mère bosse encore, parce qu'il faut bien et des fois il a envie de lui promettre la lune juste pour retirer un peu de fatigue de son visage.

Au final, il le fait—parce qu'elle pose ses mains sur ses joues à peine la porte passée, qu'elle s'égare dans sa mémoire et lui demande s'il jouera un jour à Pyongyang, s'ils auront un bel appartement tous ensemble, avec son frère et ses parents. Et Hyung Soo n'est jamais certain de si elle ment aussi bien, voir mieux, que lui ou si elle a simplement oublié que leur famille est en pièces.

Son frangin est parvenu à rejoindre le territoire ennemi, terre promise qui ne l'intéresse pas spécialement. Il ira quand même, pour Min Hwan. Ses parents ont payé un nouveau passeur, mois froids permettant un passage vers un autre pays, une étape sur le chemin et Hyung Soo les trouve si stupides.

Gaspiller de l'argent pour lui donner un bonheur qu'il n'atteindra pas plus là-bas. Son unique rêve a été bousillé—des dizaines de fois, un rappel constant de son échec, un favoritisme que même les marchés noirs ou légaux ne peuvent totalement détruire.

Une fois sa grand-mère endormie, seul sur le perron, chaussures boueuses à cause de la météo pourrie—une nouvelle coulée venue des montagnes serait uniquement une tragédie de plus, rien de bien inhabituel—Hyung Soo presse un doigt contre la lame de l'un de ses couteaux. Ça, c'est une semblance de vie, ça lui rappelle une mortalité qui lui tape sur le système.

On ne l'a pris qu'une fois, et ça lui a valu de s'ouvrir la tête dans une rivière qui a cédé sous son poids. C'est pas un score si terrible, hein ? Il n'a fait qu'un minuscule coma de deux jours.

Les coupures se multiplient, jusqu'à ce que le violet de ses jointures soit masqué par le sang qui s'écoule lentement. De toute façon, il ne sera jamais un grand pianiste. Tête contre ses genoux, un cri silencieux lui échappe, son bloqué par son désir de rester en vie, de ne pas attirer l'attention.

Les passants ne sont pas nombreux, dans la petite rue, et la plupart n'ont plus tous leurs sens. Drogue, auto-mutilation, cigarettes, il faut choisir un poison, et un seul. Sinon, ça sera trop dur d'en cacher les signes. Les gens qui déconnent un peu trop, on cesse de les voir du jour au lendemain. Et Hyung Soo préfère disparaître parce qu'il sera dans un autre coin, plutôt que pour ça.

Son cerveau rejoue la mélodie du dernier film qu'il a regardé, un vieux truc russe qui était pas si mal, qui lui a occupé l'esprit. Il faut combler le vide qu'il ressent, celui qui hurle à l'horreur.

Parfois, Hyung Soo se prend à regarder le fusil posé dans un coin de la salle de classe, se demandant ce que ça ferait, de l'attraper et de le pointer sous son menton—vu que le machin s'enraye régulièrement, probablement pas grand-chose. En plus, il faudrait prendre en compte la longueur du canon et—perte de temps.

Il appuie sur un genou pour se redresser, les lumières du quartier disparaissant d'un seul coup. Bien, il n'a plus qu'à se laver les mains dans le noir, et à faire les bandages aussi. Il a l'habitude que tout saute, ou bien que la coupure soit volontaire, pour alimenter un autre quartier.

Après avoir recouvert ses doigts de pansements et s'être allongé pour une nuit probablement trop courte, sa dernière pensée et que s'il parvient à se rendre au Sud, il arrêtera le piano pour la guitare. Puisqu'il est bon à rien avec le premier, visiblement. Qu'il adore jouer, mais que l'échec lui a été inculqué comme minable.

Ça ne sera jamais pire que le violon où il était véritablement une horreur, incapable de produire un son correct selon lui. Hyung Soo est un perfectionniste, compulsif sur les bords, obsessionnel jusqu'à la moelle.

Ah, ça ne pourra jamais être pire, hein ?

   

   


   
L'Invisible pour les yeux

   
T'as un Pseudo ? Kane
   Et un âge ? Encore et toujours
   C'est quoi ton Avatar  ? Jake Park de Dead by Daylight, pas de changement.
   Comment t'as découvert l'île ? Rica a hacké mon téléphone pour qu'un message de pub s'affiche en gros sur mon écran toutes les cinq minutes me disant de rejoindre NNL.
   Tu la trouves comment ? Agréable !
   Dis, tu crois bien aux fées ? Hmmm yep.
   









"I should have trusted my trust issues"


KoalaVolant


Dernière édition par Ninoxe Amer le Sam 4 Juin 2022 - 18:24, édité 1 fois
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Mephisto
Mephisto

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✘ AVENTURES : 28
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MessageSujet: Re: Dies Irae ♪ Ninoxe   Dies Irae ♪ Ninoxe EmptyJeu 12 Nov 2020 - 21:11

Wrath et maintenant Ninoxe c'est un de tes persos que je ne connaissais pas encore ! Ca a l'air d'être compliqué d'être lui XD

:( Son rapport à la musique a l'air d'être compliqué aussi ce qui attriste Mephisto (... comment ça c'est intéressé de sa part parce qu'il cherche toujours et encore plus de profs potentiels pour ses élèves instrumentistes ?).

En tous les cas, bon retour à lui parmi les animaux à sang chaud !
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Cygne Entêtée
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↣ Papoose des Delaware ↢


✘ AVENTURES : 53
✘ SURNOM : La Volontaire
✘ AGE DU PERSO : 12-13 ans

✘ DISPO POUR RP ? : Oui !
✘ LIENS : La danse est une poésie muette.

Chorégraphies : I - II - III - IV - V - VI - VII

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MessageSujet: Re: Dies Irae ♪ Ninoxe   Dies Irae ♪ Ninoxe EmptyJeu 12 Nov 2020 - 22:04

Oh là là, il a l'air tellement cool et en même temps un peu effrayant, ce nouveau membre du Clan ! Ca se comprend, quand on voit en filigrane ce qu'il a vécu, mais tout de même...

Je l'ai déjà dit, mais la musique, la danse ET le russe, tellement d'options de liens, ça va être trop trop trop bien ! Dies Irae ♪ Ninoxe 496016072

J'espère que ce passage chez les Delaware aidera Ninoxe à aller mieux. En tous cas, Cygne serait très contente de pouvoir l'aider ! Dies Irae ♪ Ninoxe 304983004






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Ibis Maladroit
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MessageSujet: Re: Dies Irae ♪ Ninoxe   Dies Irae ♪ Ninoxe EmptyJeu 12 Nov 2020 - 23:39

"Viens Ninoxe, on va jam un peu, s'en fumer une et discuter."

Non plus sérieusement cette v2 est ouf et ta plume est ♡ j'ai aimé aussi le soin apportés au détail !

Et bienvenue chez les Delawere. Ibis et ton Amer sont issus de milieux très différents mais je pense qu'ils ont assez de points communs pour s'entendre. Et il le jugera pas d'avoir été orbleu.








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MessageSujet: Re: Dies Irae ♪ Ninoxe   Dies Irae ♪ Ninoxe EmptyVen 13 Nov 2020 - 23:23

DE LA GUITARE, CHIC ! Ca me donne envie d'y gratter quelques notes, heh.

Je ressens encore que Ninoxe est plus ou moins resté une bombre à retardement... il y a toujoirs cette petite part d'ombre en lui que personne ne peut comprendre. C'est pas rassurant, brrr.
Mais ça ne change rien que je suivrai ses posts le plus possible ! Et puis, je le répète inlassablement, mais j'adore la façon dont tes fiches sont narrées. **

Hâte de voir comment Ninoxe réagira inRP, comme le fait d'être passé par la case Orbleu l'a changé. Pourvu qu'il finisse enfin par s'apaiser, et grâce à la musique, on l'espère !






Dies Irae ♪ Ninoxe FK9YeaL_

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Freckles
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MessageSujet: Re: Dies Irae ♪ Ninoxe   Dies Irae ♪ Ninoxe EmptyDim 15 Nov 2020 - 12:32


Félicitations mon enfant


Tu es condamné.





Au risque de me répéter sur mon commentaire de ton autre v2, je trouve ça vraiment intéressant la façon dont ton perso vit son retour des orbleus ... Je m'attendais pas à ce qu'il termine chez les delaware, et j'ai hâte de voir ce que ça va donner avec ceux qu'il a laissé au Grand Arbre. Peut-être parce que j'ai un peu suivi l'évolution de Wrath, cette fiche m'a fait quelque chose ! Et hypé aussi. Et bien évidement c'est joliment écrit.
Re-re-re[................]bienvenue, tu connais la chanson.


_______________________________


Je te serre chaleureusement la main. Cours vite créer ton Dé à Coudre et demander un Compagnon de Jeu afin de vivre une aventure ! Par ailleurs, n'oublie pas de prendre connaissance de L'intrigue du moment. Tu peux aussi participer au RP d'introduction spécialement conçu pour les nouveaux arrivants et qui permet d'immerger facilement ton personnage dans l'univers : la Danse de la Victoire. A moins que tu ne choisisses de te lancer dans Mission Périlleuse ? Si tu préfères passer du bon temps en papotant, rejoins sans tarder la Nursery. Quoiqu'il en soit, que ton séjour à Never Never Land soit fabuleux et éternel.



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Sick
Sick

♣ Sentinelle ♣


✘ AVENTURES : 97
✘ SURNOM : Le Poison.
✘ AGE DU PERSO : 17 ans.

✘ DISPO POUR RP ? : Nn j'vais mourir
✘ LIENS : Come into my head with me and make it stop.
Sujets en cours : I - II - III- IV - V - VI - VII

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MessageSujet: Re: Dies Irae ♪ Ninoxe   Dies Irae ♪ Ninoxe EmptyLun 16 Nov 2020 - 23:31

Quelle horreur de lire Ninoxe après avoir créée Sick. Je l'entends glousser dans un coin de ma tête, c'est EXTRÊMEMENT DÉRANGEANT.

Kaze n'avait pas tort : peut-être que les Delaware vont aider à apaiser quelque peu ton Brasier, ne serait-ce qu'avec un peu de musique et de danse.
C'est incroyable de revoir Wrath sous cette nouvelle identité, porté par ta plume vive et détaillée (je me répète mais c'est ce que je préfère chez toi !). Tu as vraiment le don de nous émouvoir avec tes personnages complexes et pourtant infiniment humains.

Quoiqu'il en soit, j'espère que Ninoxe pourra trouver une forme d'équilibre chez les natifs de l'Esprit du Feu. Dies Irae ♪ Ninoxe 3864948088






Life is a song, a song
And the fires of hell burn long and dull
Life is a song, a song
And the raging fires of hell burn long

Life is a song, a song

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