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Peter Pan
Peter Pan

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MessageSujet: Ghosts   Ghosts EmptyMar 5 Avr 2016 - 22:52



ghosts

PETER PAN & SHIFTY






Comment elle s'appelait.
Comment elle s'appelait, déjà.

Est-ce qu'elle avait dit son nom ?
Est-ce que quelqu'un l'avait prononcé ?
Peter ne se souvenait pas. Même les éclairs puissants de ses souvenirs étaient floutés, comme du verre brisé, comme dans la fumée.

Mais il se souvenait de tout le reste. Il se souvenait. Ces éclats de mémoire là ne s'en iraient pas. Ils restaient accrochés à lui, comme un millier de petits hameçons incrustés dans sa chair. Chaque mouvement, chaque repos était alors assailli de micro-souvenirs envoyés comme des flashs, comme des bombes. Les évènements du Canton, tout emmêlés, se succédaient sous son crâne vidé de joie. Il ne pouvait que se souvenir.
Et plus que tout, il se souvenait d'elle.


Comment elle s'appelait.
Comment elle s'appelait, déjà.



*



Pirate. C'était une pirate.
Une fille pirate. Mais étrangement, Peter prêtait pas attention à cette distinction. Pirate, avant tout, pirate. Dans son souvenir déformé par l'émotion, il l'imaginait si grande, si laide, si redoutable. Plus encore que Hook. Il l'imaginait véritable flibustière, menace des mers, gigantesque et armée jusqu'aux dents sur la proue du Jolly Roger.
Comment elle s'appelait.

Peter avait vu la pirate en rêve. Si souvent.
Il dormait beaucoup depuis qu'il avait porté le collier. Ses rêves étaient insensés, angoissants, lourds, si lourds qu'ils le paralysaient sur son lit même après qu'il eût émergé, comme des liens serrés. Aliéné, étouffé, épuisé. Alors Peter criait, un peu bizarrement, un cri geignant, plaintif, paniqué, un cri avec presque pas de voix, et Bow des hauteurs de son bureau se précipitait à son chevet par son passage secret. Il découvrait Peter Pan grelottant, la peau grisâtre, les yeux d'un bleu maladivement vif. Peter Pan comme aucun enfant ne l'avait jamais vu.
Alors Bow l'apaisait, le rassurait, supportait sa rage affolée et ses paroles dispersées. Il faut dormir encore, majesté. Vous ne tenez pas sur vos jambes. Fermez les yeux, tout ira mieux.

Mais les rêves se poursuivaient, crispant et cambrant son corps malmené, et le visage de la pirate, oh, ce visage le hantait sans répis. Si bien qu'une nuit, Peter Pan, comme téléguidé par une force supérieure, fit une chose aussi déroutante qu'un capitaine Crochet éclatant de rire...
Il se vêtit d'une épaisse pélerine noire, une des premières créations de Pit lorsque Peter n'avait pas encore prit l'habitude de lui passer commande. Il ne l'avait probablement jamais porté, tant elle était terne et sobre. L'humeur s'y prétait à présent.
Sa démarche était mécanique, impulsée par une étrange raideur molle, et son regard ne semblait éclairé d'aucune flamme de vie. Lorsque Tinkerbell fit mine de l'accompagner, Peter Pan la repoussa sans prononcer une parole. Puis, de ce pas lent et mesuré qui ne lui ressemblait pas, Peter sortit à l'air libre. Bow ne l'avait pas entendu.
Il faisait nuit. Bleu nuit.

Quelques enfants, des sentinelles, des grands, des mères, veillaient encore. Ils s'étaient rassemblés autour du Bassin, d'autres s'éparpillaient dans le camp. Les conversations se turent lorsqu'on reconnut le tyran, le visage aussi lisse et mort qu'un masque de cire, gagner comme un automate les bois qui encerclaient le Grand Arbre. Il ne leur adressa ni mot ni regard. Peut-être même ne les avait-il pas vu.
Sous les regards déconcertés des enfants, Peter Pan rabattit sur sa tête la large capuche de sa cape, avant que l'obscurité ne l'avale tout entier.


*



Le Port.
Peter Pan, tout près du Port. A la vue et à la merci de tous.
Ce n'était jamais arrivé.
Qu'importe. Qu'importait.
Peter ne pensait à rien. Il ne s'amusait ni ne s'effrayait de rien.
Plus rien n'existait, en dehors de ce visage honni, visage d'horreur et d'obsession.

Guide-moi. dit Peter d'une voix basse alors que les premiers éclats de bruit et de lumière perçaient les troncs noirs.

On ne voyait que la partie basse de son visage et son habit de feuilles, d'un vert givré à présent, était entièrement dissimulé par la longue cape, noire aussi. C'était à son Ombre, plus noire encore, qu'il s'adressait. Et celle-ci lui répondit, désertant la terre humide pour s'élever plus haut que lui, plus haut que les bâtisses, esprit de ténèbres à la recherche de l'âme tourmenteuse.

Peter longea les maisons par derrière et sa silhouette ne s'entrapercevait que dans les rares interstices qui les séparaient. Il glissait sur le sol, fantôme, erre.
L'Ombre s'arrêta. Elle l'avait retrouvée. La pirate. Le coeur fatigué de Peter se souleva à la pensée qu'il allait la revoir. Revoir ce visage. Tandis qu'il prenait une inspiration féroce, deux larmes s'écoulèrent de ses yeux masqués par la capuche. Elles tombèrent en même temps qu'une pluie soudaine qui s'acheva aussi brusquement qu'elle était apparue.

Aide-moi, ordonna de nouveau Peter, sans esquisser un mouvement.

Il était trop faible pour voler.
L'Ombre se glissa derrière lui et le porta sans effort jusqu'à l'une des fenêtres de la Taverne. Il était tard. Quelques forbans soiffards et à demi-conscients occupaient encore quelques tables. Mais l'ambiance festive et déchainée s'était essoufflée. Bien. Il attendrait que tous soient partis. Seul avec elle. Seul avec le visage.
Peter chercha des yeux l'objet de tous ses cauchemars. Lorsque ses yeux le rencontrèrent, un frisson glacé le parcourut de part en part. Il redressa légèrement la tête, raide et crispé, toujours à moitié dissimulé sous son grand capuchon.

Elle était là.
Et son imagination créatrice, son fantasme givré, déformait son regard et ce qu'il voyait en elle. Fidèle à son imaginaire, à sa réalité, plus qu'à toutes les autres. Le visage était abominable.

Hé, Shifty ! Tu me sers un verre ?


Comment elle s'appelait.


Shifty.





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MessageSujet: Re: Ghosts   Ghosts EmptyMer 6 Avr 2016 - 15:33







Ghosts

Feat.Pan







J'étais rentrée chez moi.
Enfin, j'avais réussi.
A dos de centaure, boueuse, crottée, exténuée, mais j'étais rentrée. J'avais gardé le lit pendant pas loin d'une semaine, à dormir beaucoup, manger peu, et à tenter de cacher Bouly des yeux du reste des pirates.
Évidemment, la petite chèvre supportait mal l'enfermement, et bêlait qu'elle n'en pouvait plus dès qu’elle en avait l'occasion. il était grand temps que je me remette et que je me décide à la rendre à sa propriétaire légitime. Accessoirement, ma petite chambre sentait le bouc à plein nez, et la première sortie de la petite bête dehors avait été un réel soulagement.

J'espérais juste que Grudge allait bien, et que Pan ne l'avait pas punie. Vraiment, pourvu que ça aille.
Moi, franchement, j'avais connu des jours meilleurs.

J'avais pris la décision de ne rien dire au sujet de ce qui s'était passé dans le canton. Personne n'avait vraiment besoin de savoir ce qui s'était passé, et comment j'avais laissé vivre la mère en chef alors que je pouvais la tuer. Personne n'avait besoin de savoir, non plus, quelle avait été la réaction de terreur de Pan devant mes actions. Il fallait que je reste Shifty, la petite serveuse, la pas-grand-chose. La fille de rien, pas dangereuse, et pas importante.
Être important, ça voulait dire être regardé. Tout le temps. Et ne plus avoir aucune liberté. Alors, j'avais fait mon choix. J'avais tu ce que j'avais fait.
Mon cerveau, par contre, ne se taisait pas.

Je ressassais sans cesse cette scène. La dernière seconde du dernier plan. Mirka, serrée contre moi, presque suffocante, pour une larme arrachée. La pauvre avait du avoir tellement , tellement peur de mourir. Elle qui avait l'air de me faire confiance en entrant devait être terriblement déçue et dévastée.
J'étais devenue une pirate, en fin de compte.
Et ça ne me plaisait pas.

Il était exclu que je laisse derrière moi un sillage de peur et de destruction. Ce n'était pas... ce n'était pas moi, tout bêtement. Je ne laissais pas de sillages. Point.
J'en avais bien trop fait ces derniers temps, de toutes manières. Il fallait que ça cesse.
Et j'en avais assez de voir le visage de Pan, cet odieux gamin, quand je fermais les yeux.



---------------------------------------


Cela faisait quelques jours que la Taverne avait rouvert. Après la soirée de réouverture, chargée, le rythme était revenu à la normale.
Je m'affairais à servir tout le monde, sur un rythme de musique assez entrainant. J’oubliais presque ce qui me désolait ces derniers temps, et je trouvais, chose assez rare, plutôt agréable de blaguer avec les pirates et de passer la soirée avec eux.

L'un d'entre eux me rappela pour lui resservir un verre. Sourire aux lèvres, j'arrivais, bouteille de rhum en main.
Tiens?
Quelque chose à la fenêtre.
Temps suspendu.
J'avance la tête, un tout petit peu.

La bouteille de rhum tombe et s'écrase avec fracas sur les planches de la Taverne.
Statique, terrifiée, les yeux révulsés.
J'ai hurlé.
Pan.
Il est venu pour moi.
Je prétexte que c'est un rat, je panique, je ramasse à peine ce que j'ai fait tomber, tout le monde dehors, on ferme, il faut partir maintenant.
Verrou sur la grande porte.
Dépêche-toi, Shifty.
Il arrive.
Dépêche toi.

Je remonte dans ma chambre, j'attrape Bouly sans ménagement, je l'enferme dans mon coffre. Pardon, mais il y a urgence.
J'essaye de tirer les meubles devant la fenêtre, c'est trop lent, c'est trop lourd, j'y arrive pas comme j'aimerais.
Il est venu, putain. Il est venu. Pourtant, tout le monde avait fait attention. Personne n'avait prononcé mon nom. Je m'étais terrée chez moi pour que surtout, il ne me retrouve pas.
Il était là.

J'allais mourir.
Bon sang, j'allais mourir.
Et cette armoire qui ne bouge pas, putain, qui veut pas se mettre devant cette putain de fenêtre, mais merde!
Abandonne.
J'enfile le dernier cadeau de Grudge, cette armure bien trop petite. J'attrape mon poignard.
Je ne peux plus appeler personne, maintenant.

Dos au mur, je l'attends.
Pan.



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MessageSujet: Re: Ghosts   Ghosts EmptyDim 10 Avr 2016 - 20:25

hrp:


ghosts

PETER PAN & SHIFTY






Shifty, Shifty, Shifty.
Je t'ai retrouvé.
Toi et tes yeux noirs, toi et ta bouche mauvaise, toi et ta méchante, méchante méchanceté !
Je t'ai retrouvé, Shifty.
Je ne serai pas venu Shifty, car j'ai peur, j'ai peur de toi, toi Shifty, comme tu me fais trembler et vomir mes larmes de terreur Shifty, toutes les nuits, comme je revois tes mains difformes sur la gorge de ma mère Shifty, et tes mots qui résonnent dans ma tête et frappent tout mon corps et personne ne voit les bleus de mon corps sur tout le bleu de moi. Je te hais, Shifty, JE TE HAIS !!


Peter Pan tremble.
Ses lèvres n'ont plus de couleur. Il pleut dans ses yeux. Oui, vraiment, car si l'on s'approche on voit les gouttes tomber dans les iris. Comme son coeur est lourd et comme il saute pourtant, tressaute.
Peter Pan tremble et il a tenté de la fuir, de l'enterrer en lui-même, Shifty. Il n'y arrive pas. Il a peur comme elle a peur, et il ne le sait pas, car Shifty est un monstre et les monstres mangent sans jamais se faire manger.

Partons ! crie-t-il à son Ombre d'une voix éraillée, voix au désespoir. Je ne veux plus la voir ! Je voudrais qu'elle n'existe plus !

L'Ombre le soutient toujours, Peter est si léger, il est seulement lourd en lui-même.
L'Ombre le dépose sur le sol et il pleut. En fait, il pleut de plus en plus. Peter a dit "Partons !" mais Peter ne part pas. Il reste planté là, sous la pluie, dans sa pluie, au fond de son capuchon noir qui l'avale. L'Ombre lévite devant lui, ombre noire elle aussi. Le rouge et le doré sont partis. A cause de Shifty.

Partons. Il veut fuir. Ses pieds tentent bien de décoller du sol. Même pour une seconde. Il n'a même plus son arrogance, celle qui le fait gagner les nuages sans jamais que l'effroi de tomber ne le fasse vaciller. Alors Peter est cloué à la terre qui se nourrit de ses larmes.

Mais dès qu'il ferme les yeux, Peter Pan, il la revoit encore et encore ! Il ne peut plus voler si haut pour oublier, pour quitter la terre qui le meurtrit, la terre et son enfant Shifty !!!!  Shifty doit disparaitre. Disparaitre de sa tête. Disparaitre de son monde.

L'Ombre l'a compris sans qu'il le dise. L'Ombre l'entend toujours, après tout. Son silence, lui, ne dit pas "Partons".
Peter Pan marche alors, au milieu de tous, et sa petite silhouette encapuchonnée circule parmi les matelots pressés de s'abriter. C'est surnaturel. Cette scène, l'Enfant Roi qui avance dans la grande rue, toute raide, au regard des adultes, à la merci des adultes. Et pourtant, personne n'y fait attention. C'est un peu magique, au fond.
Il contourne, il se laisse guider, il est devant la façade. Il tremble toujours, mais de l'extérieur on dirait juste une vibration.

Il actionne la poignée. Fermé. Il actionne encore. Encore, encore. Tchak tchak tchak tchak...
Shifty entend forcément les coups sur la poignée. La poignée dit "je suis là, j'arrive, j'arrive". C'est comme un tambour.
Peter abandonne. Pendant un instant, Shifty se croit peut-être sauvée.

Puis, un grand fracas de verre brisé, plus loin, dans une autre pièce. Peter n'a jamais aimé les portes, il a toujours préféré les fenêtres. Tu entends le silence, les derniers morceaux de verre qui tombent comme les gouttes dehors. Les petits pas de Peter Pan ensuite, lents, presque doux, et le vent froid que son Ombre amène avec lui. Il fait craquer le plancher, le son s'approche, s'approche. Jusqu'à s'arrêter, là, devant ta porte.

Alors Shifty verra, dans la pénombre de sa chambre, la poignée bouger, sans bruit cette fois. Tout doucement, délicatement.  Pourtant, il n'y a pas de pression, pas de choc. La poignée se redresse finalement, se rétracte.
Silence. L'Ombre s'est collée au mur face à lui, juste à côté de cette porte, qu'elle parait immense cette porte.
Silence. Puis.

Tu es là ? ... Je crois que tu es là.

Et c'est étrange, comme cette voix est faible, infantile surtout, comme c'est la voix d'un petit garçon. Qui voudrait, peut-être pour une fois, ne pas y croire.

Shifty.

Le nom est prononcé bizarrement, comme déformé, comme un mot maudit. C'est le ton des sorciers qui invoquent les ténèbres avec une appréhension malade, excitée et terrifiée.




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MessageSujet: Re: Ghosts   Ghosts EmptyMer 11 Mai 2016 - 20:00







Ghosts

Feat.Pan










La poignée s'abaisse une première fois, tandis que ton coeur tombe au fond de ton ventre, au fond de ton corps, comme un rocher qui tomberait au fond d'une mare, éclaboussant partout autour.
Tu brûles, tu brûles de l'intérieur, et c'est drôle, même si il fait frais, même si il pleut, tu sues à grosses gouttes, ta tresse moite reposant mollement, comme un serpent mort, contre ta poitrine qui se soulève en respirations saccadées.
Assise, recluse dans le coin le plus éloigné de la porte que tu aies trouvé, tu serres ton poignard comme un homme de foi serre son cierge face au démon.
Il est ta porte de sortie, ta seule arme, ton unique chance de vivre après cette rencontre.
Mais même si tu tues Pan, tu ne vivras pas.
Tu le sais, ça.
T'es coincée, coincée là, et résignée à mourir. C'est ce soir que tu y passes, Shifty. Pour toi, c'est terminé. Tu peux dire adieu à l'Inde, à Ganesh, au Port et aux pirates.

Et la voix de l'enfant terrible, qui me demande si je suis là. Je n'ai pas besoin de répondre. Il sait que je suis là, il sait que je sais qu'il sait que je suis là.
Aussi simplement que ça.
Et je m'affaisse, comme si le combat avait déjà été livré.
Je tombe.
L'espoir est mort, et tu es femme couverte de boue dans la jungle, tu es éclaireuse qui se cache pour fuir, tu es petite fille qui échappe à son père, en s'enfuyant.
Tu es la misère dans un corps de femme.
Finalement, il n'avait pas si tort que ça, l'affreux môme, en te donnant ce surnom.
Shifty, la Sournoise. La trouillarde qui esquive les emmerdements. La pas courageuse, qui fait jamais rien de bien de son existence.
Celle qui blesse, qui utilise les autres dans sa fuite désorganisée de son propre monde. Celle qui a réussi a faire peur à Mirka, qui semblait pourtant si gentille.
Celle qui a failli faire tuer tellement de monde a cause de tout ce qu'elle a pu se cacher.

Celle qui ne bougera pas le jour ou la mort frappe à sa porte.
C'est Pan qui avait raison, et ça te frappe comme une évidence.
La prophétie auto-réalisatrice de ton nom s'abat sur toi comme un éclair. Tellement sournoise, tellement pourrie, que toi-même, tu te laisses tomber.
Regarde toi, qui pleure en attendant qu'il vienne te trouver.
Regarde toi, malade de peur.
Regarde toi, putain.

Et brise le silence ton nom, celui que tu as tellement détesté, prononcé d'une voix tellement étrange d'enfant malade.
Il sonne faux, rien ne va, et l'espace d'un instant, tu relèves la tête.
Quelque chose te chatouille, dans un coin de ton crâne.
Shifty, relève toi.
Debout.
Ce nom.
T'as toujours haï ce nom, ce surnom, t'as jamais pu le blairer.
Et l'entendre le prononcer, c'en est trop.
T'avais peur?
Maintenant, t'es fachée.
Une vague de rage grandit en toi.

T'es venu, Pan. Tu vas en avoir pour ton pognon.
Et quand ta sale gueule goûtera avec élan le parquet moisi de ma chambre de merde, quand je la maintiendrais sous mon pied, et que je te forcerais à me rendre mon ombre, ce prénom de Shifty, ta faute, tout sera effacé.
J'en prendrais un autre, un qui représentera mon courage, ma force, ma hargne.
Et tu seras mon tout premier trophée, Pan.

Je me relève, arme au poing. Je tremble de fureur, la colère est là, elle me porte alors qu'autour de moi, tout est noir.
J'ai peur, oui.
Mais ça ne me bloque plus.
L'énoncé du prénom à réveillé mes jambes, et j'avance vers la porte, qui me semble si loin.

Je pose la main sur la poignée, et je me prépare.
Joue ton dernier rôle à la perfection, ma belle. Joue Shifty, une toute dernière fois.
Tu tires la porte d'un grand coup, dans un grincement insupportable, et tu offres à ce que tu trouveras devant toi le plus carnassier des sourires.
Plein de dents.
Plein de haine.

"...Bonsoir, petit prince."

Et maintenant, rends moi ma vie.




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MessageSujet: Re: Ghosts   Ghosts EmptyMar 24 Mai 2016 - 14:13

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ghosts

PETER PAN & SHIFTY






Là, il aurait pu se rendre compte qu'elle n'est pas celle qu'il voit dans sa tête. Que ses yeux ne sont pas si noirs, et son corps pas si déjeté, que ses ongles ne sont pas des griffes et que ses dents ne sont pas des crocs. Mais Peter Pan ne s'adapte pas à la réalité, c'est la réalité qui s'adapte à lui. S'il s'embourbe un peu plus dans son vertige, l'égarement se fera fixe, physique, il se mettra à exister, et Shifty sera monstre, pour de vrai.

Pour l'instant, il ne voit que ce qu'il hallucine et il est le seul à le voir, dopé par les ombres dramatiques qui dansent sur les murs, sur l'obscurité qui permet tout, sur le givre qui est venu fissurer ses vaisseaux. Il ne peut pas se défendre contre lui-même.
Il entre, très lentement, et chacun de ses pas fait grincer le parquet. Des gouttes tombent dessus, de petits éclats de verre aussi. En fait, Peter saigne, du visage et des mains, un peu des pieds, mais il n'a pas remarqué.

Bonsoir, petit prince.

Les "S" crissent sur lui comme un serpent. Il veut parler, il veut exploser, la battre, la TUER, mais tout est figé, Shifty est la Méduse qui l'a pétrifié. Son Ombre glisse sur le sol entre ses deux jambes et vient se mouvoir contre le mur à leur côté.

Peut-être galvanisé par cette présence, pourtant aussi froide que le fond de ses entrailles, Peter s'anime enfin. Il abaisse lentement sa capuche, et ses yeux devenus aussi bleus que des saphirs luisent prodigieusement dans la pénombre. Les saphirs se harponnent au poignard qui étincelle tout autant.

Tu vas me tuer.

On ne sait pas trop si c'est une question ou une certitude. Sa voix tremble comme son coeur. Vidée de force et de hargne, elle se mue en murmure essoufflé.

Monstre, monstre tueuse de mères.

Un pas. Gouttes blanches et rouges tombent un peu plus, tout faiblement.

Moi aussi, je tuerai ta mère. Toute ta famille. Tous ceux que tu aimes bien, tous les pirates. Et en dernier, je tuerai ta mère.

Peter, l'enfant qui haïssait les mères, l'enfant qui adorait les mères, et qui seul avait le droit de les tuer, de les blesser, de les détruire.

Son visage changea, durci et terrible en même temps, car le noir avait pénétré de nouveau l'éclat bleu, et qu'un sourire bizarre défigurait ses lèvres grises. Il pleurait en même temps, et les gouttent tombèrent aussi sur le sol, au milieu des autres.

Un autre pas.



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MessageSujet: Re: Ghosts   Ghosts EmptyLun 30 Mai 2016 - 22:16







Ghosts

Feat.Pan








La vérité sort toujours de la bouche des enfants, Pan.
Oh que oui.
Tu énonces mon rêve, mon rêve depuis que tu m'as offert ce surnom si laid, ce nom si injuste, et que tu m'as tout volé. Tu m'as tout pris, mon nom, ma vie, ma terre, la plupart de mes souvenirs, tout.
Alors oui, je vais te tuer.
Tu n'es qu'un petit enfant despote qui vole grâce à sa poussière, juste un moucheron scintillant, éminemment dangereux. Tant sont tombés de par ta main prétendument innocente, tant sont tombés à cause de toi.
Tant sont morts.

Alors oui, je vais te tuer, avec tes yeux sombres d'enfant capricieux.
Tu vas mourir ce soir, Pan.
Et ton sang s'écoulera lentement entre les planches de ma chambre, et demain, lorsque rien ne sera plus, je reprendrais le cours de mon existence.
Ou alors, il n'y aura plus rien.
Comme lorsque Soul me berçait, inconsciente, de ses histoires fabuleuses au Grand Arbre.

Rien ne sera plus jamais comme avant.
Rien ne sera plus.

Et lorsque tu me traites de tueuse de mère, Pan, toi qui a pu rentrer à l'arbre avec la tienne, intacte, je ris. Comme une folle, je ris, la bouche pleine de dents, je ris rauque, je ris aigu, je ris grave, je ris doux, je ris comme une folle, quelque chose de déconstruit, d'improbable, d'incohérent et qui fait peur.
Alors c'est pour ça, que tu es là.
Parce que j'ai tué ta mère.
Qui vit encore.
Idiot, idiot de Pan.
Je ris aux larmes, dans un cri hilare et presque bestial, que je m'étonne d'entendre.
Et à chacun de ses pas, le visage déformé par un sourire terrifiant, je me rapproche.

Enfin, tout s'arrête.
Tu ne seras plus jamais Shifty après ce soir là. Après tout, tu l'as déjà presque fait une fois. Et tu as guidé Keith, guidé ses mains et été ses yeux pour qu'il entraine un autre à la mort.
Maintenant, c'est mon tour.
Et j'ai choisi une proie de choix.

Poignard en main, je suis là, devant lui.
Un geste, et c'est fini.

Et il dit encore quelque chose, il me dit qu'il va tuer tous ceux que j'aime, tous les pirates.
Je n'aime personne, Pan.
Mensonge.
Le visage du Dragon apparaît, avec celui de Keith, histoires presques romantiques, étranges, incontrolables et incontrolées. Puis Carne, l'imbécile tout nu, le Carne de jolie-tresse, avec Malik, le grand frère. Allan, le père, rigide et protecteur, qui me fixe aussi. Les cernes de Braumeister, et les dents pourries de Dogfish. Un visage étonnant, monté sur un équin rayé.
Les petites lunettes de Squint, au loin.
Je n'aime personne.
Je n'aime personne.
Je n'aime personne.
Chaud. Froid. Chaud. Froid.
Et il tuera ma mère.

Silence dans mon cerveau.
Il pleut dans mon coeur comme il pleut dans mon appartement.
Je lâche le poignard, du bout des doigts, et je viens faire face à Pan, en silence.
Et d'un coup, je parle.


"Tu veux tuer ma mère, Pan? Tu as envie de me faire mal en tuant ma pauvre petite maman?"

Le ton est sec, blessé, furieux. Je montre les dents, que j'imagine presque comme une gueule monstrueuse.
Les souvenirs de ma mère n'existent plus.
Seul, reste le souvenir d'une petite boite de cendres déversées dans le Gange, et d'une petite fille que je ne reconnais plus qui pleure toutes les larmes de son corps.
Et tu es venu me chercher juste après, Pan, rappelle toi.
Rappelle toi bien, putain.

Rage.
Je vois rouge. Tellement rouge.
Je hurle.


"Mais elle est DÉJÀ MORTE, ma mère! Elle est DÉJÀ MORTE, Pan! Et c'est pour ça que tu étais venu me chercher, et que tu m'avais dit que cette île, ta création monstrueuse, était une vraie merveille."

Et pendant que je parle, je commets l'irréparable.
Ma main s'envole, et s'abat comme un coup de fouet, avec toute la force qu'il me reste, sur la joue de Pan, dans la gifle formidable des espoirs déçus et des trahisons grandioses.


"T'as envie de tuer tout ce qui m'est cher, Pan? Ca t'emmerde, que je soie là, hein? Hein? Mais c'est toi qui m'a fait venir là. Comme nous tous. Tu trouves que je suis un monstre , Pan?"

La gifle retour est armée, dans les airs.


"Je suis le monstre que ton esprit malade a créé."





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MessageSujet: Re: Ghosts   Ghosts EmptyMar 14 Juin 2016 - 17:44




ghosts

PETER PAN & SHIFTY






Il n'a pas le temps de comprendre. Le temps. Le temps lui échappe comme une petite revanche sur le seul être au monde capable de lui glisser entre les doigts. Peter n'a plus d'emprise sur rien, sa conscience et sa vivacité s'écoulent de lui comme les gouttes de sang, de pluie, qui tombent de son corps.
Peter Pan a reçu les mots et la gifle en plein visage, dérapant sur sa peau, l'écrasant, le brûlant, le lacérant ! Les étoiles qui l'ont abandonné dans les cieux viennent danser dans ses yeux. Tout vibre en lui, tout résonne et tonne, ça part de la joue et ça se diffuse partout. Il a mal mais c'est bien plus que ça.

Il n'a même pas compris, toujours pas, il n'a pas le temps, et même en cent ans, il ne comprendrait pas. Sa logique toute rôdée, pas finie, mal formée, lui dit qu'un pirate est un pirate, et que c'est pour cela qu'un pirate frappe un enfant. C'est pour cela qu'une fois, lors d'un combat, il a tendu une main au capitaine et que le capitaine l'a mordu. Parce que le capitaine est un pirate, un adulte, et que les adultes mordent avant les enfants. Mordent et giflent.

T'as envie de tuer tout ce qui m'est cher, Pan? Ca t'emmerde, que je soie là, hein? Hein? Mais c'est toi qui m'a fait venir là. Comme nous tous. Tu trouves que je suis un monstre , Pan ?

Il ne comprend pas, il ne comprend pas cette voix lestée de détresse, il ne comprend pas comment Shifty, difforme et abominable Shifty, pourrait avoir des sentiments, de la douleur, il ne comprend pas que sa monstruosité soit remise en cause, soit de l'ordre de l'avis, de son avis, quand il croit que ce qu'il voit est une évidence, béante, éblouissante d'horreur. Shifty EST un monstre et Shifty EST terrible, pourquoi c'est elle qui l'accuse, pourquoi c'est lui qui la trouverait monstre ? Non, non, elle renverse tout, il ne comprend pas, il ne comprend plus rien.

Je suis le monstre que ton esprit malade a créé.

Il ne comprend pas, il ne comprend plus rien.


La gifle l'a assommé et il tangue un peu sur ses pieds. Le bleu de ses yeux s'est terni. L'Ombre bouge, elle, elle s'arrache au mur et se rue sur Shifty pour arrêter un geste qui, pourtant, ne venait pas.
L'Ombre la plaque contre l'autre mur et Shifty doit avoir froid, très froid, et se sentir vide, très vide. Shifty est écrasée par le noir abyssal du corps qui la colle, qui n'a pas d'odeur et pas de matière. Peter Pan la fixe bizarrement, le sourire mort, le regard perdu, on dirait une poupée de cire trop vieille, oubliée.

Tu n'as plus de mère. Pauvre Shifty.

Sa voix est un souffle atonal, un peu irréelle.

Je t'en aurais donné, des Mères, j'en ai plein. Mais tu es un monstre, les monstres n'ont pas de mère. Personne ne voudrait s'occuper d'un monstre, personne ne voudrait lui donner des dés à coudre et lui raconter des histoires. Les monstres font bien trop peur.

Toujours ce même ton un peu fluet, un peu ailleurs.
Il se déplace à présent, tout lentement, il se dirige vers un miroir posé sur un meuble. L'Ombre n'a pas bougé.

Je ne créé pas de monstre. C'est l'île, c'est l'île qui créé tout.

Il ne comprend pas, toujours pas.

C'est toi qui m'a fait pleurer. C'est toi qui ressemble à un cauchemar. Pourquoi c'est toi qui est en colère ? Parce que tu es un monstre ?

Les mots résonnent encore en lui, viennent et reviennent, comme la houle.
Chercher.

Je ne vais pas chercher les monstres. Tu devais être autre chose, avant que mon esprit malade te créé.

Il rit soudain, après avoir appuyé sur l'expression qui l'amuse bizarrement, bancalement, et d'ailleurs oui il tangue un peu plus. Il tripote le miroir. L'Ombre s'est un peu relâché.

Tu devais être une petite fille. Je ne vais pas chercher les pirates ou les monstres. Soit tu mens, soit tu m'as trahi, il y a longtemps. Tu as grandi. Et tu es devenue un monstre. C'est ça, de grandir. Tu es devenu un monstre.

Le miroir se tourne brusquement, l'éclat de la lune le percute, puis le reflet de Shifty. Le reflet que Peter a créé, oui, avec son esprit pas moins surpuissant que malade, il t'a recréé, remodelé, mais tu sais, il n'a pas fait exprès.

Alors tes yeux sont écarlates Shifty, tes dents sont acérées, Shifty, tes cheveux sont vivants et ta peau est grise. Ta main, Shifty, la main qui vint heurter le visage de l'Enfant Roi, est noire, couronnée par cinq doigts immenses aux griffes effilées.


Je suis le monstre que ton esprit malade a créé.



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MessageSujet: Re: Ghosts   Ghosts EmptySam 18 Juin 2016 - 23:51







Ghosts

Feat.Pan














Il fait froid.


Il fait si froid.


Et il fait si vide, aussi.
Tellement si vide, tellement si rien.

Seulement maintenant tu comprends que c'est l'Ombre qui te tient, alors que tu avais la main en l'air , prête, peut-être, à le frapper encore.Jusqu'à ce que le cauchemar soit fini, à tout jamais.
Il fait noir en dedans et tu comprends à présent ce que l'esprit ne peut se représenter. Le néant est là, et il te serre dans ses bras.
Et quand on regarde dans l'abysse, l'abysse elle-même regarde en nous.

T'es plus fâchée, Shifty, et tu sais pas pourquoi.
T'as oublié la raison de ta colère dans tout ce vide. Ça fait combien de temps que tu n'as pas pensé à rien? Que tu ne t'es pas fait des nœuds au cerveau , que tu ne t'es pas fait mal au ventre.

Et Pan qui parle.
Lui non plus, il n'est plus vraiment là, tu te dis, l'espace d'un instant. On dirait presque un enfant normal. T'arrives plus à le haïr, et tu réalises que l'ombre te tient si fort que t'arrives plus à rien.
Consécration de l'échec de ton existence.
Tu voulais le tuer.
Regarde le résultat.
Tout flotte autour de toi au fur et à mesure. Des visages, des couleurs, des odeurs, avalées dans tout ce rien. Tu ne sais si tu rêves ou si tu te souviens. Tu ne sais plus rien.

Et Pan qui parle encore.
Il me dit que je suis un monstre, et qu'il aurait pu tout m'offrir, et que je l'avais refusé. J'ai du mal à réfléchir et j'ai du mal à penser. Et que personne ne voudra jamais de moi.
Personne ne voudra jamais de moi.
Tu revois tes larmes, après Keith qui dit non.
Tu revois, fugace, ta fuite dans les bois.
Tu revois Long, un jour oui, un jour non.
Tu revois une silhouette ivre qui cogne.

Personne.

Personne.

Vide.

Il fait tellement froid.

Et Pan qui parle toujours, alors que les larmes gonflent dans ma gorge.
Oui, j'étais une petite fille.
Oui, j'avais vieilli.
Mais c'était pas ma faute.
J'avais pas fait exprès.
Je voulais pas mourir. Je voulais pas aller me battre.
Je voulais pas tomber.

Et mes yeux rencontrent les miens, écarquillés et écarlates.
Souffle coupé.
Mouvement de recul.
Un avatar de Kali la noire me regarde dans le miroir, grise, griffue et monstrueuse. Alors, c'est ça, ce qui arrive, quand on ne fait rien de bien de sa vie? On se change en monstre.
L'espace d'un instant, j'envisage de tirer la langue, en signe d'excuses.

Je suis si laide et si méprisable.
Happée par le miroir, la Sournoise me dégoûte au plus profond. Je me dégoûte au plus profond de mon être. Représentation visuelle de tout ce que je hais chez moi, le monstre verse des larmes en même temps que moi. L'horreur m'est apparue, et plus jamais elle ne me quittera. L'horreur du monstre que je suis devenue. Pan peut bien parler.
Je ne l'écoute plus.
Je vais à ma rencontre.

Silence.

L'ombre relâche un peu sa pression.
Le monstre c'est toi.
Le monstre c'est toi.
Le monstre c'est moi.
C'est pas vrai.

C'est pas vrai.
Je suis pas un monstre.
D'accord je fais pas toujours des choses jolies jolies mais je suis pas un monstre tu as grandi c'était pas ta faute tu as juste eu peur et j'ai pas failli tuer toute l'île moi non je l'ai sauvée rappelle toi Shifty t'avais pas d'autres solutions et même si tu as eu peur tu as sauvé tout le monde quand même.
Le vide disparaît l'espace d'un instant.
Le monstre te semble lointain et injurieux.

Je n'enlève pas des enfants dans mon charnier imaginaire. Je ne suis pas un monstre.
Et mue par une formidable impulsion, je frappe le miroir, j'essaye, je le touche juste car l'ombre me tient fort, d'un coup, mais ça suffit. Il est par terre, cassé. Sourire.
Il fait de plus en plus vide à présent.

Je comprends seulement maintenant beaucoup de choses. Nous ne faisons que nous défendre dans ce monde infantile et dangereux.
Et ça me revient.
Un jour, nous allons tous mourir, et il n'y aura plus rien.
Dans cette lutte folle et injustifiée, nous mourons tous les uns après les autres.

Et maintenant, c'est à mon tour, pour la deuxième fois.
Je suis immobilisée.
C'est fini.
Je pense à tout le monde que j'embrasse mentalement. J'aurais bien aimé dire au revoir. Tant pis. Je vais me laisser aspirer dans ce grand vide qui m'appelle, mais j'aurais compris quelque chose d'essentiel. Il n'y a pas de monstres.
Il n'y a que des hommes. Et tout peut changer avant la grande fin.
Trop tard.

"Il y a des choses que les enfants ne pourront jamais comprendre."

Et je ferme les yeux.

Tu n'es pas un monstre, Shifty.
T'avais pas envie de partir comme ça, on sait.
Jusqu'au bout, tu auras fait de ton mieux.





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MessageSujet: Re: Ghosts   Ghosts EmptyJeu 30 Juin 2016 - 14:56



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PETER PAN & SHIFTY






Il ne sursaute pas lorsque le miroir se brise et que ses éclats rebondissent de toutes côtés, comme les morceaux de rire qui font naitre les fées. C'est la deuxième fois ce soir que du verre éclate contre la peau de Peter Pan. Et Peter Pan a tout vu, le moindre détail de cette scène qui s'est allongée, élastique, infinie. Le miroir qui chute longtemps, la félure, la fontaine de postillons tranchants venus maculer ses pieds. Il se voit lui-même dans un bout de reflet, un lui morcelé aux yeux trop bleus, il ne se reconnait pas.
Shifty sourit, et son sourire est comme le sien, un sourire pas vraiment vrai, pas vraiment là.

Son visage est bizarre, trop serein et trop lisse. La confusion se propage de nouveau en lui, il la sent vrombir dans sa tête et ses sourcils se froncent de contrariété. Même lui peine à la voir comme un monstre en cet instant brisé, comme le miroir. Elle parait presque petite, presque tendre, et quand il plisse les paupières il a l'impression qu'elle devient invisible. Mais qu'il ne s'y trompe pas, c'est bien le propre des monstres de se fondre dans la nuit. Sa main est déjà sur son poignard. Les éclats de miroir lui renvoient le reflet de Shifty, et chaque reflet est différent. Dans l'un d'eux, il voit une toute, toute petite fille. Il le pousse violemment de son pied, et d'autres gouttes de sang tachent le parquet.

Il y a des choses que les enfants ne pourront jamais comprendre.

Une larme s'écoule de son oeil en colère.
Comme il les hait, quand ils font ça. Quand ils se drapent dans leur orgueil d'adulte, quand ils présentent l'enfance comme une carrence, un manquement. Jamais comprendre. Il ne veut PAS comprendre ! Qu'importe de comprendre quand il voit et entend tant, tant de choses qui ne savent plus t'atteindre toi ! Shifty le monstre, Shifty la grande personne.
Mais Peter ne saura pas formuler cette rage-là, alors il se tait, la mâchoire serrée, les lèvres pincées. Il lèvera son bras pour cela, encore plus que pour ton visage de monstre.

Qu'est-ce que tu fais ?!

L'Ombre s'est arrachée à l'étreinte de la Sournoise. Sa paix l'a peut-être troublé. Ou alors sait-elle que Shifty ne s'enfuira pas, prisonnière d'un étau plus froid et plus solide encore que le sien. Peter Pan est en colère que Shifty ne tremble pas, ne se défende pas ! Peter Pan est en colère que même son ombre renonce à la maintenir. Peter Pan est en colère de devoir tuer un monstre qui ne ressemble plus à un monstre. Sa colère le fait trembler, alors ses doigts se serrent contre le manche du poignard, alors il lève le bras d'un geste vif, alors il vise le coeur, son sale coeur noir, et...

Et.
Et quelque chose l'arrête.



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Dernière édition par Peter Pan le Ven 17 Fév 2017 - 17:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ghosts   Ghosts EmptyMer 6 Juil 2016 - 22:27

Tijl court. Tijl s'essouffle sur des marches soudains bien encombrantes. Tijl se rue sur l'ennemi. Tijl se sent dans un autre univers, comme si tout allait trop vite.

Et c'est sans aucun doute le cas.

Il y a deux minutes et quarante sept secondes, Tijl se dirigeait à la taverne Rhumantique pour aller se détendre avec la bande. Pour aller rire, boire un verre, écouter les âneries enivrées de ses camarades. Il y a deux minutes et quarante sept secondes, sa vie était simple, pleine, et il souriait. Il parlait avec son père, un peu, aussi, comme un vieux célibataire qui vit encore chez ses parents. Enfin, avec le paternel de tout là-haut en tout cas, c'est plutôt vrai. Quand on y pense. Et puis, il y avait eu cet instant où tout bascule. Généralement dans les mauvais films, on le voit au ralenti, parce qu'il faut beaucoup de temps à l'esprit humain pour réaliser que oui, un truc important se passe. Tijl lui n'a rien de ça, et le verre d'une fenêtre plus haut lui est tombé sur la gueule sans qu'il ne comprenne pourquoi ni comment. Avant qu'il puisse dire "ouf !" le sol était jonché d'éclats, ses cheveux aussi. Il les avait entendu tintinnabuler sur le sol quand il avait redressé la tête vers la fameuse fenêtre. Et puis après, bah..

Après il a couru, que voulez-vous qu'il fasse d'autre ? Jamais la salle de la taverne ne lui a semblé si grande à traverser, et pourtant jamais il n'a fait le voyage si vite. D'un coup d'épaule il avait enfoncé le bois qui lui résistait. Pas de réflexion, pas de temps d'arrêt. Juste la course, juste le sentiment d'urgence, juste ses grandes jambes qui avalent la distance le plus vite possible, à s'en faire une indigestion.

Alors il est là, Tijl, à se jeter entre les eux enfants pour  arrêter le bras vengeur. Du coin de l'oeil, d'un replis d'esprit, il lui semble voir une ombre bouger, mais il ne pourrait pas jurer. Et puis de toute façon, il ne s'en préoccupe pas. Il a juste ce gamin, ce petit enfant prisonnier de sa poigne.

Peter Pan.

Il pourrait sans doute l'abattre, tenter, s'il le voulait. Bon sang qu'il est petit.  Bon sang qu'il est jeune. La paluche en battoir du prêtre lui semble trop grande soudain, et il se demande s'il pourra attraper ce gamin tellement il semble frêle en comparaison.

- Oy, Peter. L'île a déjà perdu beaucoup de gens, tu ne crois pas ?

C'est dit tout doucement. Tellement doucement. Gentiment. Tijl a de l'amour dans sa voix, comme on s'adresse à son ami, son fils, son frère. Foutu curé. Foutu grand gars avec le coeur trop gros, trop grand. Il n'a pas envie de se battre, Tijl, pour changer. Il t'aime, Peter. Il t'aime comme tous les autres, comme les pirates, comme les indiens, comme les enfants et les animaux. Tijl a un coeur trop gros pour lui, un amour céleste hérité du paternel. Sa main libre se pose sur ton épaule, pour te garder en place. Ou te protéger ? Du calme, bonhomme.

D'un mouvement de tête et sans relâcher son emprise, il se retourne désormais vers toi, Shifty. Et sa voix a la même chaleur quand il te parle.

- Tu vas bien ?

Il n'aurait peut-être pas du tourner le regard. Sous estimer l'enfant roi. Mais il a envie de se dire que, bah. A soupçonner le combat où il n'est pas encore, on l'appelle. C'est peut être un peu con, comme façon de penser.

Il a juste le cœur trop grand. Heureusement qu'il est solide sur ses jambes. Sans ça, il serait envolé depuis longtemps.






Tijl vous aime en #90A0AF.
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MessageSujet: Re: Ghosts   Ghosts EmptyLun 19 Sep 2016 - 14:14







Ghosts

Feat.Pan







C'est drôle, comme tout s'est arrêté.
Tu étais tellement prête à mourir, c'est comme si tes chairs s'étaient écartées avant même que le poignard ne les pénètre, en signe de bienvenue et d'acceptation.
L'espace d'un instant, tu as serré les dents. Est-ce que ça va faire mal? Bien sur, que ça va faire mal.
Est-ce que ça va durer longtemps?
Ah, ça, on sait pas, on peut pas te dire. Essaye, tu verras bien.

Est-ce que les gens se rappelleront de moi, un peu?
Bof.

Tu as compris au bon moment le mouvement de l'air, l'impulsion après le cri de l'enfant. Tu ne bouges pas.
Tu ne bouges plus, statique contre le mur, les yeux clos. Tu attends.
La mort vous va si bien.

L'impact arrive.

Finalement, ça ne fait pas mal du tout. On ne sent rien, quand on meurt.
Et on entend des voix.

Qui ressemblent drôlement à la voix de Tijl.
Et quand on ouvre les yeux, on réalise bien vite qu'il est là, que Pan est toujours là, qu'on est en vie.
Non.
Non, non, non.
Non, non, non, non, non!

Non, je ne veux pas être en vie, pas maintenant. Pan ne va jamais me laisser, maintenant. Je ne serais jamais tranquille et je vais devoir fuir, fuir, fuir encore, non! C'est pas possible, c'est pas possible, c'est pas possible, Tijl, qu'est ce que tu fais là, pourquoi tu es venu me sauver, non, pourquoi?
Comment est-ce que je vais faire?

Et Tijl qui me demande si ça va.
Si ça va.
Sérieusement.
Si ça va.

"...Non. Non, ça va pas."

Faut m'emmener, faut m'emmener très loin d'ici, par pitié. T'as pas fait tout ce chemin pour me laisser dans ma merde, Tijl, oh non.

Bang-boum.

Le coeur bat fort.

Bang-boum.

Le coeur bat vite.

Bang-boum.

Tu as très envie de vomir.

Bang-boum-bang-boum-bang-boum-bang.

Tête qui tourne, on se concentre, on se concentre, on ne cède pas à la panique, on y cède totalement, puis on s'effondre, les genoux qui ne tiennent plus, le coeur qui fait mal, la voix qui ne fait plus rien.
J'arrive plus à parler.
Je rampe comme je peux, lamentablement, les larmes qui commencent à couler. Je veux fuir. Il y a du verre partout, maintenant, et ça fait mal, mais il faut que je parte.
Il faut que je saute par cette fenètre.
Soit je cours.
Soit j'y reste.

Il faut que je m'enfuie le plus vite possible.



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MessageSujet: Re: Ghosts   Ghosts EmptyVen 17 Fév 2017 - 17:25



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PETER PAN & SHIFTY






Comme il tremble. Comme il tremble, Peter.
Ce n'est pas tant visible, mais tout son être crépite, les fondations de son palais intérieur s'effondrent en trainés de poussière.
Peter est sidéré, pétrifié, il ne respire plus. Le choc qu'on lit sur ses traits, dans ses yeux exorbités, contraste fort avec la sérénité tranquille de la voix de Tilj.
Peter n'a pas lâché le poignard. Ses mains sont crispées dessus, l'empreinte du manche marquera sa peau. Ses mâchoires sont tellement serrées qu'il sent des fourmillements courir dans sa bouche. On lit tout sur son visage, tout à la fois, la haine, le choc, l'horreur. On dirait qu'il ne comprend pas ce qui se passe, ce qui s'est passé.

Il se met à regarder les alentours d'un drôle d'air, à la fois lent et fébrile, comme s'il cherchait d'où l'homme avait pu surgir. C'est le corps de Shifty, lorsqu'il impacte le sol, qui le ramène à elle. Elle.
Peter, à même pas deux mètres, la regarde d'un visage aussi lisse que celui d'une statue de cire. Il la regarde gémir, pleurer, ramper, saigner. Il voit les morceaux de verre s'incruster dans sa peau comme ils se sont fondus dans la sienne, juste avant. Il ne sait même plus ce qu'il éprouve pour Shifty. Son coeur s'est dérobé à lui. Son coeur s'est engouffré dans des contrées que Peter ne connait pas, qu'il n'a jamais foulé et qu'il voudrait pulvériser, bombarder, détruire à tout jamais.

D'un geste toujours si tendu qu'on le croirait rouillé, il observe le poignard dont la lame luit sous l'éclat lunaire. Un violent désir de le planter dans ce coeur-là, le sien, l'envahit soudain. C'est tellement intense que son bras tremble vraiment pour de bon, maintenant, et que des larmes d'effort glissent de ses yeux. Il recule un peu, se détache de l'étreinte virile qui, pourtant, semblait le maintenir debout.

Un crissement.
Ses yeux bleuis se lèvent vers la silhouette accablée de Shifty. Tout près de la fenêtre. Elle va s'envoler. Elle va s'envoler et pas lui.
Peter Pan marche sur le verre qui lui déchire la peau, son visage est lisse, toujours aussi lisse. Il s'approche de Shifty et d'un geste ni brusque ni doux, l'écarte de la fenêtre. Il caresse ses longs cheveux. On ne sait pas ce qu'il pense. Il pleure toujours, mais son visage est lisse.

Il s'accroupit, juste à côté de Shifty.
De l'autre côté de la fenêtre, des fées tournoient, épient, attendent.


Vangheluwe essaye de s'avancer, alerte et crispé. Le calme de Peter Pan est aussi inconstant que lui. C'est l'eau tranquille de l'océan d'où peut brusquement surgir un monstre assassin. C'est cette eau-là et Vangheluwe le sait. Alors Vangheluwe essaye de s'avancer, tout doucement. Mais lorsque sa main effleure Peter Pan, celui-ci se retourne d'un seul coup et HURLE. Les veines de son cou enflent et ses cheveux se hérissent autour de son crâne.
Il HURLE si fort que l'île toute entière semble hurler avec lui. Comme un millier de loups.

Alors tout s'enchaine, le monde se remet en marche dans toute sa frénésie, comme s'il rattrapait le retard qu'il vient d'accumuler. L'Ombre se plaque dans le dos de Vangheluwe et l'entraine en arrière avec une force que seuls les êtres d'un autre monde possèdent. Tandis que l'homme est à terre, le petit corps de Peter Pan en furie se jette sur lui et lui plante son poignard dans la main, la main qui l'a retenu, la main qui l'a empêché de tuer.
Son cri de rage, jeune et terrible, couvre celui que Tilj pousse sous la douleur.

Puis Peter l'abandonne et retourne prestemment à Shifty, il glisse sur le sol comme le vent, comme un fantôme, mais le verre crisse toujours sous ses pas. Il la retourne sur le dos, elle n'a déjà plus de force, pratiquement plus de vie.
Sans presque le regarder, accroupi sur le sol ravagé, Peter attrape le morceau de miroir, celui qui montrait l'enfant Shifty. Il l'observe un moment, immobile, de nouveau impassible, tandis que Vangheluwe se débat avec le poignard qui l'a empalé.
Les souvenirs le frappent, les anciens, ceux de l'enfant Shifty, puis les frais, les cinglants, ceux qui cognent partout dans lui. La tristesse inommable qu'il a ressenti, quand le bleu a remplacé le rouge. A cause de Shifty.
Ses doigts se remettent à trembler. Les larmes coulent en pagaille. Comme il a mal.

On entend le "NON !" de Vangheluwe alors que le morceau de miroir s'abat puis s'enfonce dans les entrailles de Shifty. Des éclats de mémoire rebondissent de tous côtés, ceux-là ne créeront pas de fées.
Il n'y a pas d'autre cri. Pas d'autre bruit. Shifty respire encore, comme les moinaux tombés du nid. Il connait Peter, il est déjà tombé.


Peter Pan se redresse lentement, le morceau de miroir entre ses doigts sanguinolents. Sa tête est baissée, ses cheveux cachent son visage, ses épaules sont secouées de très faibles sanglots qui ne produisent, eux non plus, aucun son.
Vangheluwe parle mais Peter ne peut pas l'entendre. L'Ombre le rejoint. Peter finit par redresser la tête et fixe longtemps l'homme dans la pénombre. Il lui adresse un regard d'un infinie tristesse, avant de se tourner vers la fenêtre. Ses lèvres semblent réciter quelque prière silencieuse connue de lui seul. La fenêtre se brise alors en une fracture parfaite, presque belle, et une énorme bourrasque pénètre dans la pièce. Un Esprit au long corps vaporeux, à moitié translucide, l'accompagne, projetant son aura partout sur les murs, contre les corps abîmés. Un autre lui succède, et celui-ci est brillant, majestueux, celui-ci on le voit de très loin. C'est l'Esprit Lune, venu au secours de son Soleil. Peter enfouit leurs deux visages contre lui, avide de chaleur, de réconfort, de quelque chose que ses enfants ne lui donnent plus.

Je voudrais la ramener avec moi. murmure-t-il.

Alors le corps de Shifty se hisse sous l'action d'une force invisible, contre celui de l'Esprit Vent, tandis que Peter chevauche, lui, l'Esprit Lune, s'accrochant à sa toison avec désespoir. Il s'allonge sur lui, posant sa tête tout délicatement, jetant un dernier regard à Vangheluwe avant de fermer ses yeux. Il ne les rouvrira pas.
Même le ciel le rend triste.



*



Les rumeurs courent et Peter ne sort pas.
Bow grince des dents, les chefs s'inquiètent et Peter ne sort pas.
Peter ne sort pas de sa chambre où le corps de Shifty, lentement, s'éteint. Peter lui tient la main.
Peter ne sort pas pendant des jours, même pas pour manger. Les enfants n'entendent pas le chant du coq. Peter reste avec Shifty tandis que la vie la quitte, tout doucement. Peter lui caresse les cheveux alors que son souffle se raréfie. Il s'enfort à ses côtés, il ne la lâche jamais.
Lorsque le souffle s'éteint pour toujours, Peter ne sort pas non plus. Peter reste avec Shifty. Il tient encore sa main qui, chaque heure, refroidit. Il hurle quand on frappe à la porte. Il repousse tout le monde, le monde entier, à part Shifty. Il chantonne pour Shifty.

Et quand Shifty devient bleue, aussi bleue que lui, Peter accepte de sortir. Il demande aux fées de porter le corps bleu de Shifty hors de sa chambre, jusqu'à l'extérieur. Dans la Maison Souterraine, les chefs et les courtisans s'écartent sur leur passage. Peter les fixe du même air, l'air impassible, l'air lisse.
Les fées suivent Peter Pan. Les enfants s'écartent aussi. Tout s'écarte. Il s'arrête au Cimetière. Ash aussi s'est écartée. Tous les perdus regardent de loin. Aucun ne s'est approché.

Alors Peter enterre Shifty. Avec ses bras faibles et son air lisse, il enterre le corps bleu de Shifty. Ce sera la seule adulte jamais enterrée ici.

Les feuilles du Grand Arbre se teignent de bleu, petit à petit.
Il se met à pleuvoir.
La pluie est salée.




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MessageSujet: Re: Ghosts   Ghosts EmptyVen 30 Juin 2017 - 22:00

The End


Qui blessera le coeur de l'Enfant Éternel,
Risque un sort plus funeste que la mort elle-même,
C'est à son coeur à soi qu'il faudra s'accrocher,
Au risque de le voir en ses mains étreigné,
C'est là le sacrifice d'une fille ordinaire,
Qui pour sauver son monde d'un insolent brasier,
Au roi aura offert le sang de ses artères,
Diluant dans l'eau bénie quelque goût salé,
Que subiront ceux qui continuent d'exister.


FIN DE L'AVENTURE




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