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Runaan
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☯ Légendaire ☯


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MessageSujet: Re: FIN DE L'INTRIGUE | Combattre la Peur   Dim 8 Mar 2015 - 14:30

J'ai raté le premier coche du coup ça va faire un peu long à rattraper, désolée !






Combattre la Peur



La face blanche.
Elle brille dans le ciel, l’usurpatrice de lune.
Elle croit luire d’un éclat malsain, mais elle ne connait pas le regard de l’Autre…
Le Croquemitaine menace, L’Autre est une menace.
Il se glisse dans les ténèbres, il n’est que noirceur et duperie.
Les cauchemars ne sont rien face à lui, il est Le cauchemar.
Aucune fée ce soir ne volette sombrement autour du faune, elles sont mortes le matin même, avec cette lettre ridiculement sinistre.
Personne n’envoie de lettre à Runaan, il va où l’on ne désire pas le voir.
Mais ce soir il se tient aux portes du Village d’Halloween du côté de la forêt noire. Ses pattes noueuses se mêlent aux arbres biscornus. Ses yeux laiteux jauge la bataille en contre bas.
Tous sont là, tous se battent avec leurs moyens propres.
Ça explose, ça hurle, ça court, ça meurt.
Il y a tant de fées ici, claironnantes, tintinnabulantes. Mais pas ce soir, elles devront attendre. Mais tôt ou tard leur éclat sera à lui…
Le faune infini se plante là, il fixe la face blanche souriante.
Leurs regards s’affrontent.
Le Croquemitaine n’est qu’une création d’esprits faibles, il n’est rien.

Il rit, il rit face aux vains efforts de tous. Il rit de la tentative du faune.
Et comme en réponse à son attaque silencieuse, le Croquemitaine déploie la Peur.
Runaan ne bouge pas face au nuage, il est la Peur, il ne la craint pas, il...
Il chute.
Une ombre se dresse devant lui, portant un sablier dans ses mains. Impassible, le Temps le fixe.
La créature tente de fuir dans l'ombre, de disparaître comme il le fait toujours.
Mais le Temps est partout, il ne le lâchera jamais. Il l'use un peu plus chaque seconde, l'Autre ne sera plus que poussière dans un corps desséché.

Le Croquemitaine est la Peur.





(c) MEI pour APPLE SPRING





HRP:
 






Ce qui a marqué sa chair et son Être:
 




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Alive
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♣ Chasseur ♣


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Elle cauchemarde en lightskyblue.

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MessageSujet: Re: FIN DE L'INTRIGUE | Combattre la Peur   Dim 8 Mar 2015 - 15:13



HRP:
 

Alive n'avait pas bougé. Recroquevillée, imbriquée en elle-même. Petite, si petite. Mais ça ne suffisait pas. Il fallait se faire encore plus minuscule. Pour ne pas être vue, pour disparaître en silence.
Le chaos régnait autours d'elle. Devant, derrière, à ses cotés. Le bruit, le sang et la mort étaient partout. PARTOUT. Son petit corps était parcouru de tremblements incontrôlables, impossibles à réprimer. Et elle sanglotait encore, encore...

- Maman... Maman... Je veux rentrer à la maison...


Elle n'entendait pas sa propre voix ou ses pensée. Elle n'avait plus l'impression d'être humaine, d'exister. La Souris n'était plus que de la terreur incarnée. Elle appelait encore et encore sa mère. Maman. Elle n'avait pas l'habitude de dire ce mot. Cela ne la soulageait pas, au contraire, mais Alive ne savait pas quoi faire d'autre.

- Moi aussi. murmura une voix froide et dénuée d'émotion.

La petite chasseuse sursauta. Elle ne connaissait pas ce timbre. Une enfant ? Oui, la voix était celle d'un petit garçon. Mais qui ? Elle releva lentement la tête, bien que son cou lui fasse mal à force de se terrer. Elle pensait qu'elle verrait alors, un camarade. Il s'était arrêté à coté d'elle. Il avait avoué sa peur. Et ça la soulagerait.
Mais, il n'y avait personne. Tout le monde était trop occupé à mourir. Elle rêvait, voilà tout.

- Moi aussi, je voulais rentrer à la maison. répéta encore la petite voix.

La Souris se redressa sur ses jambes flageolantes et se tourna, cherchant du regard son interlocuteur. Mais il n'y avait personne. Personne. Elle était seule. Alive éclata à nouveau en sanglots. Elle allait mourir. Ils allaient tous mourir.

- Tu n'es pas seule. déclara la petite voix.

Elle sursauta une nouvelle fois. Elle n'entendait rien et pourtant ce murmure. Qui ? Alive aurait en temps normal gardé le silence. Mais, elle avais désespérément besoin d'une présence pour la réconforter. Elle balbutia :

- Qui es là ?

Ce fut le silence pendant lequel, Alive se désola. Elle avait rêvé. La peur vous donnait toujours de faux espoir, elle rendait l'imagination fertile.
Mais la voix retentit à nouveau.

- Coupable.

Les yeux d'Alive s'écarquillèrent. Elle plaqua ses mains tremblantes sur sa bouche pour réprimer un vomissement. Son crime.

- Non !

- Coupable.

- Tommy ? appela-t-elle. C'est toi ?

Il eut un nouveau silence comme s'il hésitait à répondre.

- Coupable. finit-il par répéter.

Où était-il ? La petite chasseuse se tourna, craignant que son frère ne surgisse dans son dos, près à la tuer. Après tout, il était sans doute venu pour cela. Il voulais se venger d'elle.
Mais, il n'y avait personne. Où était-il ?

- A l'intérieur.

Alive se figea. Elle murmura d'une voix à étouffée :

- Qu'est-ce que... Qu'est-ce que tu dis ? A... A l'intérieur ?

- Dedans.

Elle ne comprenait pas. Ou plutôt, elle croyait comprendre mais se refusait à l'envisager.

- Dedans quoi ?

Le silence. Le silence devenait insupportable. Elle préférait presque entendre la voix froide de Tommy. Elle attendait. L'angoisse lui broyait l'estomac.

- Toi.

Elle recula. Tommy était là. Il était en elle. C'est lui qui lui broyait l'estomac. Il se vengeait. Il était heureux. Oui, il jubilait. Sa vengeance. Il allait la tuer parce qu'elle vivait à sa place, parce qu'elle lui a volé sa place. Alive ne méritait pas d'exister. Tommy allait rectifier le tir. Il savait comment régler ce simple problème.  

- Tommy... balbutia-t-elle. Me... fais pas de mal...

- Je ne vais faire mal.

La voix de Tommy soufflait à son oreille. Non. DANS son oreille. Sa voix résonnait, son ricanement ricochait entre  ses côtes avant de se planter dans son cœur.

- Je vais manger. Je vais te manger. Te grignoter. Morceaux par morceaux. Jusqu'à ce qu'il ne reste rien. Sale viande !

Alive plaqua ses poings sur ses oreilles comme si elle pouvait étouffer la voix de Tommy. Mais il était partout. Dedans, dehors. Elle le sentait planté ses petits crocs. Des bruits sec et répétitifs. Non. C'était elle qui claquait des dents.
Elle poussa un hurlement. Elle laissa échapper toute sa douleur et toute sa rage à travers cet appel.

La petite chasseuse brandit son couteau et se rua vers le champs de bataille, déterminée à le traverser. Fuir. Il faut fuir. Mais il était toujours là. Il serait toujours là
Elle courait à en perdre haleine, enjambant les corps étendus. Parfois, elle ne prenait plus cette peine. Elle n'était que peur.

- 1, 2. Je te gobe les yeux

Alive glissa sur une flaque sanglante et s'étendit de tout son long. Le sang la couvrait, elle s'enlisait dans cet odeur étouffante. Elle essuya d'un revers de main son visage maculé.
Ça fait si mal. C'est si douloureux d'être mangé.

- 3, 4. Une saveur douceâtre.

L'enfant se releva, et poursuivit sa progression en titubant.

- 5, 6. Tu as le goût du vice.

Elle tentait en vain, d'ignorer la voix douce de Tommy. Il était là. Et là. Partout. Dedans, dehors.

- 7, 8. Abandonnes la fuite.

Ses jambes se défilaient, elle retomba. Elle abandonnait.

- 9, 10. Ta peur est un délice.

Alive fixait le vide, le néant. Elle se sentait vide. Sans courage, sans force. Et grignotée. Mais le repas n'était pas terminé.
Une créature approchait. La Souris ne tenta pas de fuir, se contentant de la regarder d'un air fou. Le baiser était froid.
La petite chasseuse vit la lumière et le bruit faucher la goule. La douleur.

- 11, 12. Tu étais jalouse.

Elle ? Jalouse ? Avait-elle envier Tommy ? Oui. Peut-être bien. Madame-maman le regardait comme s'il était son trésor, son soleil. Personne n'avait posé les yeux comme ça sur Alive. Parce qu'elle n'était rien.
Elle avait si froid.

- A l'aide... bafouilla-t-elle.

Appelait-elle ? Pensait-elle ? Elle même l'ignorait.

" Ouvrez moi, pitié ! Sortez-le ! Je veux qu'il sorte ! "

Elle leva un bras tremblant. Ses doigts se refermèrent sur un vêtement. Il y avait donc quelqu'un. Elle sentit un contact chaud. Quelque chose de chaud et de réconfortant. Quelqu'un.

- ça... ça.. va ?

- Ouvrez moi, pitié ! Sortez-le ! Je veux qu'il sorte ! murmura-t-elle entre deux sanglots.

Alive ferma les yeux pour tenter en vain de se calmer. La terreur était un adversaire coriace. Elle sentit deux bras l'entourer. C'était si chaud. Non, tiède. Et elle avait si froid.

- ça va... aller.  Pet...er va se li...berer. Il y arrive... touj...ours... car... c'est le Roi... ici...Moi...jpen...se qu'il... est... en train... de... de... mater... le... Croq... avec...ses.. .ca...pr...ices...de...go...sse. »

Alive aurait tant voulu le croire, ou rire. Mais, elle avait si peur. Et puis, il y avait cette odeur de putréfaction qui la troublait. Si familière. La même que celle de Tommy. Si elle en avait eut la force, elle aurait repoussé cette étreinte pour vérifier son identité. Tommy était-il sorti par ses propre moyens pour la hanter ? Il avait fait un trou, un large trou pour sortir. Mais, la voix était différente. Une vois de vivant. La Souris se blottit contre l'inconnu. Elle ignora l'odeur, et la bile. Tout ce qui comptait c'était cette chaleur, cette main qui lui caressait doucement la tête, et cette voix qui chantait un air qu'elle ne connaissait pas.
Il eut un instant de silence. Un grognement. Puis, il reprit la mélodie.

Lea...ning, lea...ning,
Lea...ning on the ever...las...ting arms.


La chaleur semblait baisser. Mourait-il ? Il ne poursuivit pas son chant. Mais peu importait. Il était là. Alive se serra d'avantage contre le garçon.

- Leaning on the everlasting arms. répéta-t-elle.

Cette odeur de pourriture la hantait. L'odeur de Tommy.
Tommy. Tommy. Tommy.
Et cela réveillait une sensation qu'elle connaissait. La faim. Mais ce n'était pas face à une proie abattue, que la faim commençait à l'écraser. Ce garçon qui la rassurait devenait de plus en plus alléchant.
Non. Tommy était toujours là et martelait.

- Coupable.

Un crime était lourd à porter. Pas un deuxième.
Elle se mordit les lèvres. Et murmura au garçon:

- Est-ce qu'on va mourir ?

Résumé (indispensable dans le cas présent):
 

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Ancien Peau-Rouge
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MessageSujet: Re: FIN DE L'INTRIGUE | Combattre la Peur   Dim 8 Mar 2015 - 15:53


Merle avait réussi à se frayer un chemin jusqu'à Noiraud, qui avait semblé rassuré de le voir là et s'était mis à le suivre. Merle était content de pouvoir au moins l'aider lui. Mais tout ne se passa pas comme il l'aurait voulu : pris au cœur de la bataille qui faisait rage autour d'eux, Merle ne parvenait pas à garder son influence positive sur toutes ses fumerolles, certaines virèrent au noir et commencèrent à s'en prendre aux alliés comme aux ennemis. Merle était davantage concentré sur le passage qu'il cherchait à ouvrir devant lui pour guider Noiraud à l'abri et ne s'en aperçut pas immédiatement, ni de la riposte générale des monstres. Bien sûr, ils n'allaient pas se faire massacrer sans opposer de résistance. Ils avaient volé la lune, ils étaient puissants ce soir. L'invitation avait sans doute bien été un piège, mais Merle ne regrettait toujours pas d'y avoir répondu avec ceux de son clan. Il voulait faire tout son possible, il ne devait pas se laisser abattre. Même si cette fumerolle qu'il avait invoqué s'en prenait à une petite fille, il ne devait pas abandonner : dès qu'il serait sorti de là, il irait rétablir l'équilibre.

Mais alors qu'il repoussa un monstre d'un coup de bâton, Noiraud lui cria de faire attention et bondit devant lui pour se jeter sur... rien. Les crocs de Noiraud ne purent rien contre le spectre qui s'était approché d'eux à leur insu, et Merle vit comme au ralenti le fantôme qui sembla se fondre en Noiraud. Le comportement de la Comète changea aussitôt et Merle comprit trop tard que sa rage nouvelle n'était pas destiné à leurs ennemis communs. Le fantôme n'avait pas changé de cible, il fonçait encore sur Merle, mais cette fois sous une forme matérielle. Celle de son ami. Merle n'osa même pas lever son bâton ou user de sa torche, qui roula à côté de lui. Il ne pouvait en aucun cas faire de mal à Noiraud. Très vite la Comète fut sur lui, prête à mordre, et Merle la fixa dans les yeux avec toute l'amitié et la tendresse dont il était capable dans cette situation. Si seulement il pouvait le ramener à lui...

Il crut d'abord avoir réussi en voyant les pupilles de Noiraud regagner leur forme habituelle. Libéré de son poids, il se releva et vit que la Comète était effrayée par quelque chose que lui-même ne pouvait voir. Comment l'aider alors ? Mais tout le monde autour de lui était terrorisé. Merle commença à paniquer. Il voyait ses alliés, ses amis, sa famille, tous se faire piétiner par les monstres. Il serra son bâton entre ses deux mains pour frapper ceux qui l'attaquaient, cherchant sa torche des yeux. Il la trouva. En roulant, elle avait enflammé... Sa mère ! C'était sa mère qui hurlait parmi les flammes ! Toute couleur quitta son visage, il se sentit vidé et, en même temps, au bord de la nausée. Mais il n'y avait pas une seconde à perdre : il sauta sur la forme enflammée pour la plaquer au sol et éteindre les flammes. Mais il s'était trompé, ce n'était pas sa mère. C'était un vampire. Une fois le feu éteint, la créature légèrement noircie sourit de ses crocs acérés et retourna Merle contre le sol pour le mordre dans le cou. Il ne put le repousser que trop tard. Grimaçant alors que les canines s'enfonçaient dans son artère, Merle vit le monde changer autour de lui. Sa vision devint plus nette, la nuit n'était plus un obstacle, mais le feu l'éblouissait comme un soleil trop lumineux. Et ses alliés s'attaquaient les uns les autres, bientôt leurs ennemis n'auraient plus qu'à les regarder s'entre-tuer. Toutes les fumerolles qu'il avait invoquées étaient maintenant noires et s'attaquaient à tous ceux qui croisaient leur chemin. C'était absurde, Merle devait agir !

Se libérant enfin de l'étreinte du vampire, Merle se releva et assomma son assaillant d'un coup de bâton puissant. Sa force avait été décuplée par sa transformation. Mais une telle force avait besoin d'être entretenue, nourrie, et l'odeur du sang qui parvenait aux narines de Merle l'attirait irrésistiblement. Il y en avait partout, partout autour de lui ! Mais là-bas, vers les arbres, l'odeur était particulièrement forte, comme si un festin n'attendait que lui. Il commença à progresser en direction du piège installé par Wise, aveuglé, affamé.

Résumé:
 
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Cendre
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MessageSujet: Re: FIN DE L'INTRIGUE | Combattre la Peur   Dim 8 Mar 2015 - 16:01


C'était une bonne idée. Ça aurait pu marcher. Ça aurait du marcher.
Mais Cendre a fini par comprendre qu'il ne suffisait pas d'une bonne idée pour combattre des horreurs. Des vrais horreurs. Même la fée des étoiles ne peut pas les vaincre comme ça. Il se rend bien compte qu'il a peur, que la peur grignote les autres émotions qu'il a mis en barrage. La colère, la volonté, la bravoure, elles s'effritent au profit d'une peur gigantesquissime.

Au fond, cette pyramide le protège. Il ne la voit plus comme une arme mais comme un bouclier. Il s'espère à l'abri. Il ne l'est pas.
Lorsque le gros loup-garou, dont l'haleine carnassière lui donne la nausée, percute leur procession biscornue, tout s'écroule, et son courage aussi.

Il essaye de s'enfuir, mais il voit que le loup garou poursuit Pyxis. Il lui lance une gerbe de flamme sur la queue et l'Horreur hurle de rage, distrait par la meurtrissure roussie qui l'élance dans son dos. Cendre soupire de soulagement, avant qu'une nuage noir ne le recouvre. Il se voit alors répandre un incendie malgré lui, des flammes s'extrayant de tout son corps. Il brûle ses frères de poussière, il brûle tout son peuple, et même son Amour. Puis il se consume lui-même. Incapable de distinguer cet atroce fantasme de la réalité, il crie longtemps, très fort, et se met à exploser en continu. Une boule de feu détraquée.

Au même moment, un éclair le frappe. C'est un Frankenstein dont la foudre a rebondi. Il crépite. Des flammes et des étincelles jaillissent de son corps tout noirci. Un vrai cauchemar.



résumé:
 


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L'Ombre
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MessageSujet: Re: FIN DE L'INTRIGUE | Combattre la Peur   Dim 8 Mar 2015 - 16:49

Combattre la Peur III






Et soudain, tout s'arrête.
Vous êtes toujours métamorphosés, défigurés, mais l'effet semble suspendu. Car quelque chose plus grave encore est en marche.
La terre semble vibrer. La brume se dissipe, les horreurs se figent, comme si elles avaient entendu un appel qu'elles seules sont en mesure de percevoir.
La Lune macabre grossit, elle se rapproche, englobe la nuit. Puis, une sorte de fumée blanchâtre, froide et sinistre, s'en évade.

Le Croquemitaine, immense et terrifiant, apparaît devant vous. Un vent de frisson saisit l'assistance.
Par réflexe, les deux camps se scindent, retrouvant leurs places initiales. Les horreurs reculent d'un côté, les neverlandiens de l'autre. Tous fixent l'Allégorie d'épouvante qui surplombe leur assemblée. Les uns avec terreur, les autres avec admiration. Le sourire du Croquemitaine ressemble à une cicatrice béante et narquoise.

Ce n'est qu'alors que vous l'apercevez.
Dans les bras rachitiques du Roi des Cauchemars, un corps inerte est niché. Vos yeux se plissent, l'évidence tarde à se frayer un chemin jusqu'à votre conscience. Puis vous comprenez.

Peter Pan.
Ce qu'il en reste. Vous vous demandez s'il est mort, tant il est pâle, chétif, apathique. Il ne bouge absolument pas. Son habit, autrefois vert ou rouge, n'est plus que feuilles mortes. Noires. Le Croquemitaine, sans se départir de son sourire acéré, l'élève dans les airs. Comme un trophée.

 « Regardez le ! Regardez le, votre roi ! »

Il jette le corps mou du petit coq, qui n'en est plus un, sur le sol.
Sa voix caverneuse et surnaturelle, qui émane de lui sans qu'il articule le moindre son, résonne en vous et fait vrombir le tonnerre. La pluie se met à tomber.
Son ton est méprisant, mais il s'y trouve une sorte d'extase aussi. Un air de triomphe.

 « Voilà ce qu'on récolte à vivre dans l'Imaginaire ! Vous avez oublié que les rêves sont aussi des cauchemars, que les aventures sont aussi des périls, que les jeux sont aussi des pièges, que la magie peut être aussi noire que la nuit ! Vous vous condamnez vous-même. Regardez-vous ! Regardez en quoi l'Imaginaire vous a changé ! Vous oubliez que par votre foi inébranlable, vous donnez vie au meilleur comme au pire. Lui aussi l'a oublié. »

Il contemple le corps mourant de Pan avec une tendresse malsaine.
Alors il tend sa longue main devant lui, et un brouillard obscur s'en évade avant de s'enrouler autour du corps, comme un cocon. La vapeur tournoie autour de l'enfant, puis pénètre subitement ses lèvres entrouvertes. Peter hoquette, convulse, et soudain un flot étrange, comme une gerbe d'étincelles multicolores, jaillit de lui. Par la bouche, le nez, les oreilles, les yeux, même le bout des doigts.

Puis le silence, la pénombre. Plus rien. Si. Il vous semble entendre, très loin, comme un écho, un rire grave et frénétique. On dirait celui de James Hook.
Peter Pan est mort. L'île va tomber aussi. Vous mourrez aussi.

 « Comme c'est amusant, finalement. C'est l'Imaginaire qui le maintenait en vie. Et c'est l'Imaginaire qui provoqué sa perte. Votre roi n'est plus. Votre foi n'est plus. Je le vois dans vos regards vides. Dans vos âmes brisées. J'ai mangé votre espoir et votre force, ne vous laissant que le pire. Peur, angoisse, désespoir, cynisme. Horreur. Vous ne croyez plus aux rêves. Vous ne croyez plus aux fées. Vous ne croyez plus en lui ! »

Chacun fixe la silhouette étendue de Peter Pan.
C'est vrai. Vous le sentez. Quelque chose s'est détruit en vous. Vous êtes faibles et abattus. Sans vie. Vous savez que le combat est vain. Vous savez que la mort est la seule fin.
Comme sous l'action d'une épidémie ravageuse, les fées tombent toutes une à une, éteintes. Mortes.

Le Croquemitaine déploie à nouveau son horrible rire qui vous accable un peu plus. Vous lâchez vos armes. Elles ne serviront plus. Les Horreurs ricanent en cœur elles aussi, excitées.
Le Roi des Cauchemars s'approche de la dépouille terne de l'Enfant Roi. Il plonge son bras dans sa poitrine. Dévorer le cœur de l'âme de l'île. Par ce procédé, il s'assure d'un pouvoir sans limite. Il régnera sur l'île, sur les êtres qu'elle abrite, mais aussi sur l'Imaginaire tout entier. Il maîtrisera les rêves et les croyances des enfants de tout temps, tout lieu. Le maître de l'univers.

C'est alors qu'un enfant, minuscule et tremblant, s'avance. Il vient de voir quelque chose. Ça ressemble à une lueur d'espoir. Un message tracé dans le sol, discret, imperceptible pour ceux que la désespérance a déjà envahi. Le message dit : « CROIS ».
Crois, crois, crois, crois, crois.

L'enfant s'écrit alors, et sa voix fluette fait un drôle d'effet après celle du Croquemitaine :

 « Tapez dans vos mains ! »

Sans énergie, les regards se tournent vers lui. L'idée lui est venue sans réfléchir, poussée par un instinct enfantin, une certitude saugrenue mais non moins puissante.
Il se met à frapper très vite et très fort dans ses mains. Les enfants sont les premiers à l'imiter, timidement. Puis, à mesure que le battement s’accroît, de plus en plus d'habitants le nourrissent, le rejoignent.

L'un s'écrie :  « Je crois aux fées ! »
Et tous se mettent à scander à la suite.  « Je crois aux fées, je crois aux fées, je crois aux fées ! »

Le Croquemitaine perd son sourire. Les Horreurs reculent, ébranlées, effrayées. Les neverlandiens, malgré leurs âmes maudites, sans cesser de taper, sans cesser de crier, se mettent à marcher sur eux. La pluie cesse. La nuit tremble. Les fées tombées clignotent.

Et tandis qu'ils marchent, tandis que la force se remet à frémir dans leurs corps et leurs âmes, des animaux en sable dorés marchent avec eux, des jouets transformés en compagnons d'arme marchent avec eux, des œufs colorés énormes qui roulent sur eux-mêmes marchent avec eux, des objets de toutes tailles, armes ou boucliers variés, marchent avec eux.

Le combat n'est pas perdu.
Tant qu'on croit aux fées.
Alors croyez.

Croyez.


_____________



✘  En résumé, tout le monde s'unit dans la foi : la croyance en les fées incarnant la force de l'imaginaire lumineux, par opposition à l'imaginaire d'épouvante.
✘  Les mystérieux alliés qui vous accompagnent à la fin sont libres d'interprétation, vous imaginez ce que vous souhaitez du moment que ce n'est pas surpuissant.
✘  Chacun est encore sous l'emprise d'une transformation mais elle est amoindrie par ce qui se passe autour.
✘  Vous êtes libres de raconter les réactions des horreurs que vous imaginez, de vous attardez sur le spectacle de la fin de Peter, le désespoir ambiant, l'espoir renaissant, ce que vous voulez.
✘  Les fées devront prendre en compte le fait qu'elles se sentent mourir (ce ne sera pas définitif, vous vous en doutez).
✘  On oublie pas les résumés.
✘  Les retardataires sont toujours bienvenus.

✘  Prochain passage dans une semaine.


Suite à quelques interventions dans le flood j'ai senti une certaine confusion alors j'éclaircis quelques points ! Les effets de masse dont l'event parle ne sont pas forcément unanimement vécus par vos personnages ! Vous êtes libres d'interpréter la situation comme vous le souhaitez, selon la personnalité ou la nature de votre perso. Vous êtes libres également de parler d'actions antérieures ou se déroulant pendant, de continuer vos interactions ou les éventuelles actions que vous aviez en tête. Ce post ne décrit qu'un élan collectif (c'est forcé dans un tel event, si on veut que ça mène quelque part) mais chaque perso le vit personnellement, individuellement, à sa manière. Libre à vous de poursuivre le combat autrement, de ressentir les choses d'une façon différente, de rester en retrait, quoique vous fassiez, du moment qu'autour de vous, vous prenez en compte ce qui se passe. La liberté n'est pas bridée, on doit juste s'adapter à notre environnement. Si quelque chose vous pose problème, le staff reste à votre écoute bien sûr !


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Freckles
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MessageSujet: Re: FIN DE L'INTRIGUE | Combattre la Peur   Dim 8 Mar 2015 - 17:20

Le sang qui dégouline sur ses mains et son visage n'est plus le sien.
Il ne saigne plus du tout, en fait. La douleur lancinante qui pulsait dans son crâne s'est atténuée, doucement, avant de disparaître. Il sent encore son cœur battre dans ses oreilles, mais c'est l'adrénaline, ses sens qu'il a retrouvés après son moment d'étourdissement. Un miracle qu'il ait survécu à ça. Pas le temps de se poser des questions, son arme providentielle fend l'air en tous sens, précise et mortelle. C'est une lame de qualité. Elle a probablement appartenu à un pirate avant de finir entre ses mains rouges et poisseuses.

Les corps tombent autour de lui. Pas les bons. Si seulement ça pouvait être comme dans un film, où seuls les méchants meurent, mais non. Que des visages amis tordus par la douleur, la peur, qui parsèment le sol du champ de bataille. Que des alliés qui se retournent pour attaquer les leurs. Le sang qui dégouline sur ses mains et son visage n'est plus le sien. Ce n'est pas celui de ses ennemis non plus.
Il ne fait que se défendre. Il se répète cette phrase alors que son épée fend l'air en direction de quelque chose de bien trop humain. Il se répète cette phrase et des larmes se mêlent au sang séché sur ses joues. Tu ne fais que te défendre.

Pourquoi c'est si dur de respirer ? Chaque bouffée d'air rentre en brûlant dans sa trachée, un doux supplice qui engourdit tout son corps. Et chaque inspiration est plus douloureuse, lui arrache de nouvelles larmes. Il porte une main à sa gorge, sent la texture rugueuse d'une longue bandelette enroulée tout autour de son cou. Les mêmes bandelettes qui ont pansé sans qu'il ne s'en rende compte sa blessure au crane, et qui sont maintenant en train de l'étrangler.
Il se rend compte qu'il s'est arrêté au beau milieu du champ de bataille. Mains à la gorge et yeux dégoulinants, tentant désespérément de se libérer avec des doigts tremblants. Ils glissent et dérapent, sa bouche s'ouvre dans un cri muet alors que sa respiration s'accélère, se fait saccadée.
Et c'est ça, la peur. Pas la peur que d'autres meurent, pas la peur que l'île disparaisse, ni la peur de ne plus revoir le soleil. C'est la peur que cette bouffée d'oxygène qui rentre mourir dans sa trachée soit la dernière.

Il n'a pas remarqué qu'il est tombé à genoux. Le choc est amorti, comme si le sol était fait de coton. Et du coton, il en a aussi dans les oreilles. Les cris d'agonie et les coups de feu lui parviennent à travers un voile d'eau. Instinctivement, il s'accroche aux vêtements de la personne à côté de lui, comme un appel à l'aide, comme si cette fille pouvait lui fournir de l'air par la pensée.

Et puis tout s’arrête. Le combat se fige, les bandelettes freinent leur avancée meurtrière autour de sa gorge. Chacun recule, et il se sent lui-même la force de se rapatrier à quatre pattes au milieu des siens. Et le Croquemitaine apparaît. Le voleur de lune au sourire terrifiant leur présente le corps sans vie de Peter, pendant que les fées tombent comme des mouches. Les genoux écorchés et la bouche entrouverte, il regarde sans oser comprendre. Il a envie de vomir. Et il n'a plus une goutte d'eau à pleurer, ni d'air pour hurler. Et non, plus une seule miette de foi.
Si Peter meurt, c'est fini, pas vrai ?

Il les entend avant de les voir, les claquements de mains et les battements de cœur. Les cris timides puis solides, les affirmations hurlées à pleins poumons. J'y crois, j'y crois, j'y crois.
Freckles se relève doucement. La pression autour de sa nuque s'est atténuée, comme si la bandelette hésitait. Autour de lui, c'est collectif, la foi revient, petit à petit. Et marche, d'un seul bloc, faire face aux Horreurs.
Il y croirait presque, et puis au bout de deux pas, sa tête tourne. Et fait connaissance de nouveau avec le sol vibrant du retour de l'espoir.

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MessageSujet: Re: FIN DE L'INTRIGUE | Combattre la Peur   Dim 8 Mar 2015 - 23:09


Leur pyramide avait fini par s'effondrer. La poussière de fée que Pyxis avait répandu s'était dissipée. La fée lutait pour conserver des émotions lui permettant d'aller de l'avant. Il ne devait pas lâcher. Il n'en avait pas le droit. Il ne devait pas abandonner. Le Pays de Jamais ne devait pas finir ainsi. Ne pouvait pas finir ainsi. Soudain, il vit un loup-garou arriver sur lui, la gueule béante hérisser de crocs grands comme les membres de la fée des étoiles. Une goutte de bave l'éclaboussa. Pyxis ne parvenait plus à bougé, pétrifié par la peur. Le monstre lui donna un grand coup de patte, griffant sa poitrine avant de hurler de douleur. La fée des étoiles tourna ses yeux rubis en direction de son sauveur. Cendre. Cependant, il sentait qu'il se passait quelque chose. Quelque chose de bizarre. De vraiment anormal. Il ressentait. De vrais sentiments. Des sentiments incontrôlables qui l'inondaient. Il était certain que ce n'étaient pas ceux de quelqu'un d'autres. C'était bien les siens dans leur totalité. Pyxis se prit la tête entre les mains. Il ne comprenait pas. Il avait envie de s'énerver. De taper quelqu'un. Une pluie de météorites s’abattirent autour de la fée des étoiles qu'un tel flux de sentiments laissait sans aucune défense. Il avait l'impression que sa tête allait exploser et que son coeur était en train de fondre. Comment faisaient les autres pour vivre ça en permanence ? Lui ne s'en sentait pas la force. Il avait mal. Il voulait frapper. Faire du mal. Que cette douleur rejaillisse sur quelqu'un d'autre. Que tous puisse comprendre cette tempête qui s'agitait sous son crâne. Le petit être se releva et se jeta dans la bataille. Ses petits poings ne faisaient guère de dégâts mais ce qu'il faisait tomber du ciel se révélait meurtrier même pour les créatures du cauchemar. Pyxis avait mal. Il se démenait pour infliger autant de souffrance autour de lui qu'il n'en ressentait en son âme. Ce n'était pas bien. Une petite voix le lui soufflait mais il n'en avait que faire. Il ne l'écoutait pas. La colère brûlait trop fort. La voix hurlante de la haine emplissait trop ses oreilles. Amis ou ennemis cela n'avait plus d'importance. Seul comptait le combat.

Soudain, aussi vite que son esprit s'était embrumé, il s'éclaircit. Evidemment la fée des étoiles ne parvint pas à sa paix intérieure habituelle mais c'était mieux. Ou peut-être pas. Il sentit la bile remonter le long de sa gorge en prenant conscience de ses actes. Comment cela avait-il pu se produire ? Pourquoi ? Qu'avait-il fait ? L'apparition du Croque Mitaine l'empêcha de mener sa réflexion plus avant. Il était là. Plus horrible encore que tous les fantassins réunis. Pyxis eut envie de pleurer en voyant le petit corps entre ses mains. Peter. C'était Peter Pan. Il avait tué l'enfant roi. Il avait éteint leur soleil. Il avait volé ce qui les faisait vivre tous autant qu'ils étaient. La fée des étoiles sentit que quelque chose se brisait en elle. Quelque chose comme lorsqu'il était descendu du ciel pour venir se poser ici. Une fois encore il perdait son chez lui. Une fois encore il ne serait qu'un être errant sans but, tentant de trouver refuge quelque part. Peut-être pourrait-il polir une nouvelle étoile. Mais à quoi bon ? Pourquoi polir une étoile que Peter Pan ne verrait pas ? Cela n'avait aucun intérêt. Aucun. Ils était tous condamné.

Une clameur nouvelle s'éleva pourtant. Cela avait démarré d'un point éloigné. Pyxis n'aurait su dire d'où exactement. Tout ce qu'il savait c'était que cela faisait renaître l'espoir. Les créatures de l'ombre ne semblaient pas trouver cela à leur goût. La gorge nouée la fée ne parvenait pas à articuler la moindre syllabe. Aucun son ne daignait sortir de sa gorge. Ils croient en eux. La fée se contenta de frapper dans ses mains. De grosses larmes incongrues coulant de ses yeux rubis. Aucune fée ne perdrait la vie aujourd'hui. Aucune puisque, pour une fois, tous croyaient en eux. En elles. En ceux qui, comme Pyxis n'étaient ni lui ni elle.

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MessageSujet: Re: FIN DE L'INTRIGUE | Combattre la Peur   Lun 9 Mar 2015 - 1:35

Sauver Villy.

Une simple pensée traversa l'esprit de Braumeister.

Sauver Villy.

Son cobaye. Son ami. Cet être à la fois tellement amusant et tellement touchant dans sa naïveté. Celui qui avait accepté de subir ses tests pour quelques pintes en douce.

Sauver Villy.

Et quelque chose en lui disait que Villy était dans la merde.

Après avoir offert un verre à un indien désespéré, Braumeister se leva d'un coup. Villy. Trouver Villy. Dans ce chaos complet. L'Alchimiste courut et chercha. Sans trouver. Peut-être était-ce trop tard. Peut-être n'était-il plus humain, comme ce garçon électrique, ou cette fée aux allures de loup. Le retrouver allait être certainement impossible.

Ses pieds.

Braumeister se mit à réfléchir très vite. Le temps lui manquait, et son cobaye pouvait mourir d'un instant à l'autre.

Trouver ses pieds

... Non. Le Pied-Beau devait protéger ses précieux moyens de locomotion. Ce n'était pas la soution. La solution... était...

Braumeister retira une chaussure, et espéra que l'instinct du Pied-Beau parle pour lui. Son pied nu toucha le sol, froid, humide, boueux à cause des courses et des combats. Et il le vit.

C'était un être emmailloté, retenu par une momie, et l'on ne pouvait rien voir de lui. Mais à travers les bandelettes, Braumeister pouvait sentir le regard brûlant visant sans le savoir le pied nu de l'Alchimiste. Le Piedar du Pied-beau venait de le sauver.

« PAS TOUCHE À MON COBAYE ! »

Le marteau dans une main, sa chaussure dans l'autre, l'Alchimiste chargea l'emmailloteur. Le combat aurait été perdu d'avance, si la momie n'était pas occupée et si la surprise ne l'avait pas clouée. Le marteau s'enfonça dans son crâne tandis que la chaussure lui arracha la mâchoire. La momie s'effondra, inerte.

« Villy ! »

Braumeister lâcha ses armes pour attraper le corps emmailloté de son protégé. Vite ! Le sortir des bandelettes ! Respirait-il encore ? Oui... Il respirait... Il vivait ! Son protégé, son cobaye... Il avait l'air si fragile entre ses mains... Il avait été blessé. Braumeister en voulait à cet être souriant qui insufflait la peur...

En relevant la tête pour jeter un regard noir au Croquemitaine, Braumeister vit quelque chose de bien pire. Le Roi des Cauchemars tentait de dérober le cœur de l'Enfant-Roi. Un sacrilège ignoble qu'un seul être existant avait le droit de faire ! Dérober l'ingrédient vital de la Pierre Magistrale ! Ça y est. Ce n'était plus une guerre où Braumeister participait, ça devenait personnel.

« Entschuldigung, Villy... » murmura-t-il alors qui lui versait l'équivalent d'une pinte de concentré dans la bouche. « Mais on va avoir besoin de toutes tes forces pour détruire ce monstre. Je me fiche de ce qu'il en reste et de ce que tu feras avec ses pieds, mais... Tue le Croque-mitaines. »

Lui-même se releva et fit craquer ses phalanges.

L'espoir commençait à revenir.

Des choses étranges apparaissaient.

Autour de Braumeister, le sable prenait d'étranges formes... Des ingrédients dangereux, et vivants. Une mandragore, un basilic... Même un Phénix. Et des cornues, des éprouvettes pleines de liquides dangereux...

Il était temps de frapper le mal à la racine. Menant ses nouveaux alliés dorés, son marteau à la main, l'Alchimiste, faisant fi de toute prudence, chargea.

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MessageSujet: Re: FIN DE L'INTRIGUE | Combattre la Peur   Lun 9 Mar 2015 - 14:19

Paon Chamarré était, tout bonnement, perdu. L'infortuné Peau-Rouge tournait en rond au sein de la fosse cherchant une issue. Sa mutation en vampire lui permettait, au moins, d'échapper à la soif de sang des vampires qui étaient tombés avec lui dans la fosse. A toute chose malheur est bon.

Fumette, la fumerolle, avait décidé de s'élancer dans les airs, voltigeant parmi les combattants en espérant trouver un allié. L'esprit manqua, plus d'une fois, de finir écrasé par un habitant de l'île, ou broyé par un Cauchemar. Le danger était partout, mais la fumerolle continuait à avancer, habitée par une seule pensée : sauver le chef des Delaware. Son salut lui apparut sous les traits du chaman de la tribu. La grande sagesse de Corneille Ardente lui permit de comprendre promptement ce qui était advenu. S'appuyant sur son bâton sacré, le chaman trotta sur ses vieilles jambes repoussant, vaillamant, les ennemis à grands coups de canne.

Du côté de Paon Chamarré, le chef manqua de finir écrasé par un nouvel arrivant. Le Peau-Rouge s'écarta juste à temps, laissant Merle Oisif s'écraser au sol. Chance pour l'apprenti chaman que d'avoir été mordu par un vampire : son chef ne s'en prendrait pas à lui. Ce dernier l'aida d'ailleurs à se relever, son sourire reprenant toute sa place sur son visage.

« Que voilà une chute surprenante, mon jeune ami ! Je sens que, toi aussi, tu as été victime de ces ignobles enfants du Croquemitaine. Que se passe-t-il là-haut ? Depuis que je suis tombé ici, je n'ai pas pu voir la suite du spectacle... »

Le chef écouta le récit du jeune apprenti, hochant la tête pour l'encourager à tout dire. La bataille ne s'annonçait guère victorieuse, du moins pour le moment. Paon Chamarré semblait avoir été préservé des brumes des cauchemars en demeurant dans la fosse. Du moins, pour le moment.

La silhouette de Corneille Ardente se dessina au-dessus d'eux, accompagnée de l'éclat de Fumette. Tendant son bâton en guise de corde, le vieil homme sortit de la fosse le chef Delaware et Merle Oisif. Fumette, elle, tentait d'éloigner les vampires qui essayaient de grimper hors du piège, brouillant leur vue en volant près de leurs visages, ou en les menaçant de leur crever les yeux avec son bec.

Dès que Paon Chamarré posa son pied hors de la fosse, la brume du Croquemitaine l'assaillit. L'obscurité laissa place à un brasier ardent, à un incident qui dévorait tout sur son passage. Il voyait son peuple, tout entier, rôtir comme de vulgaires animaux, hurlant à pleins poumons leur douleur. Parmi les silhouettes désarticulées, Paon Chamarré discernait, distinctement, celle de son ancienne épouse, de Veuve Enjouée et de Héron Placide.

Quelqu'un hurla. Paon Chamarré mit quelques instants à comprendre que c'était sa propre voix qui lui perçait les tympans.

Un violent coup sur le crâne le ramena à la réalité, déchira la brume traîtresse du Croquemitaine. Corneille Ardente venait de le frapper avec son bâton chamanique. Paon Chamarré réprima un cri de douleur, se frottant le crâne.

« Tu pourrais être plus doux, mon ami... »

Mais, aussi brutal soit le remède, il était efficace. Paon Chamarré venait de regagner toute sa lucidité. Il pouvait contempler, dans son intrégalité, l'arrivée du Croquemitaine et sa macabre mise en scène. Peter Pan ne pouvait pas mourir. Il était l'Imaginaire, la Jeunesse, l'Eternel Enfant. Et, pourtant, Paon Chamarré sentait le froid se glisser dans son corps. Comme le jour où sa première épouse avait quitté ce monde.

Ce furent les applaudissements qui rallumèrent la flamme dans son âme, qui lui firent redresser la tête. Tant que les croyances demeuraient, que l'espoir était là, rien n'était perdu.

« Corneille Ardente, Merle Oisif, suivez-moi ! »

D'un pas décidé le chef des Delaware se rendit vers une parcelle d'herbe dégagée. Ramassant un bout de bois enflammé, le chef traça un cercle de feu qui s'embrasa, dévorant l'herbe piétinée par les combattants.

« Aidez-moi ! Nous allons invoquer un Esprit. Nous allons demander l'aide de l'Esprit Nuit ! »

Se plaçant au centre du cercle, Paon Chamarré se mit à entonner les chants sacrés, accompagné de Corneille Ardente qui se balançait en rythme. Des animaux en sable doré, des jouets vivants, des lapins en chocolat se rapprochèrent du cercle comme hypnotisés. Ils se mirent à danser en ronde autour du brasier, accompagnant le chef Delaware dans son rite.

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MessageSujet: Re: FIN DE L'INTRIGUE | Combattre la Peur   Lun 9 Mar 2015 - 16:05

— Bouge-toi et retourne te battre ! Arrête de chialer !

Mes larmes se sont asséchées directement, comme les trainés de lave refroidissantes des volcans. Mon souffle aussi.
J'ai vu Clumsy, pourtant je le considérais comme une merde en temps normal, mais il dégageait un truc différent, plus grand, plus large, plus fort. Plus fort que moi. En le regardant me surplomber comme ça, je continuais de porter mécaniquement des morceaux de chair à ma bouche, et le sang dégoulinait sur mon menton.

Plus loin, j'ai vu Arrow dans une posture bizarre, repliée, il avait l'air plus petit et plus maigre. Tout était inversé, en fait. Les petits étaient grands, les grands étaient petits. Arrow était comme malade, alors qu'il ne l'était jamais, et un parasite chouinard me disait d'arrêter de pleurer. C'était l'horreur, ça, c'était l'horreur vraiment.

Quand le Croquemitaine est apparu, j'ai cru que la mort était entrée dans moi. Je n'avais jamais ressenti ce froid-là, alors même qu'à la Napola on faisait exprès de nous faire courir les matins d'hiver en maillot. C'était un autre froid, le genre qu'on ne peut pas combattre en courant, en sautant, en se frictionnant les épaules. On ne frictionne pas l'âme, on ne peut pas.
J'ai vu Peter faible, moribond, à terre. La magie de l'imaginaire jaillissait de lui comme un vomi coloré. Ça m'a fait l'effet d'un coup de poignard, en plein dans le cœur. Je pense que j'aurais réagi pareil si j'avais vu le Führer mourir. Un grand échafaudage invisible, dans mon corps, s'est effondré. J'avais l'impression d'être plus qu'un tas de miettes.

Lorsque l'enfant a commencé à taper dans ses mains, j'ai eu peur. Je me suis dit qu'il était foutu. Complètement fou ou con, je sais pas. Pourquoi les autres l'imitaient comme ça ?

— Je crois aux fées !

J'ai sursauté. Mais qu'est-ce qu'ils faisaient ?? Ça devenait une incantation.
Une silhouette haute m'a frôlé avec hargne. Je crois que c'était un pirate. Il fonçait vers le Croquemitaine. Avec des formes brillantes, comme du sable en mouvement, autour de lui. Le truc des fées avait l'air de produire quelque chose... J'étais perdu. Je me rendais pas compte que je mastiquait encore des petits morceaux de chair.
Une autre incantation, plus monocorde et plus sourde, me parvenait. J'ai regardé dans cette direction pendant que les autres avançaient, comme une armée, sur les Horreurs. C'était le chef des corbeaux. J'ai plissé les yeux pour voir ce qui dansait autour de lui. Sûrement des esprits... En chocolat. Mon sourcil se haussa. C'était peut-être possible, aprè...

Bam. Bam, bam, bam. On me bousculait. L'armée d'habitants avançaient, certains fonçaient, d'autres marchaient timidement, d'autres restaient à l'écart, aussi confus que moi. J'ai murmuré un très très bas : "Je crois aux fées". Même si je savais plus trop si j'y croyais.
Alors j'ai vu une sorte de pistolet de cow-boy par terre. On aurait dit un jouet, mais il avait quelque chose de plus sophistiqué, plus grave. C'était un vrai flingue. Je l'ai pris, il était lourd. Une arme. Je tenais une arme.

Alors moi aussi j'ai marché, avec mon pistolet de cow-boy à la main, et j'ai tiré, tiré, tiré. En plein dans les Horreurs qui reculaient. Et ça faisait BANG, comme quand on joue, comme pour de faux, mais c'était pour de vrai.


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MessageSujet: Re: FIN DE L'INTRIGUE | Combattre la Peur   Lun 9 Mar 2015 - 16:54

Elle ne t’aime pas. Et ne t’as jamais aimé. Toute ton existence n’a été qu’un songe empli de vaines espérances. Tu es pathétique. Pitoyable.

Il déglutit. Ses lèvres tremblèrent, il y planta ses dents et détacha son regard du fruit de sa déception. Se laissant tomber en arrière, il prit sa tête entre ses mains, s’enfonçant lui-même dans sa tristesse en se répétant les paroles de Mab, encore et encore et encore. C’était vrai. Après tout, pourquoi avait-il cru, pourquoi avait-il nourrit l’espoir d’avoir une place dans son cœur, même infime ? C’était ridicule. Cela faisait bien trop longtemps qu’il n’avait pas vu l’Etincelante, qu’elle n’avait même pas cherché à savoir s’il était en vie. Pas une seule fois.

Une douleur fulgurante le sortit immédiatement de ses sombres pensées. Obéron poussa un cri et se jeta sur ses jambes, attrapant son poignet blessé et tourna autour de lui pour trouver son agresseur. A sa grande surprise, ce n’était pas un monstre hideux mais une poupée, une simple poupée de porcelaine et aux longs cheveux blancs qui s’égosillait à tenter de remotiver les troupes.
Un instant, l’Ebloui resta ainsi, l’air hagard. Il jeta un coup d’œil à ses pieds et n’y découvrit qu’une chauve-souris morte, baignant dans son sang.
Le fé s’autorisa quelques secondes de réflexions, et parvint finalement à mettre les choses au clair. Il hocha la tête comme pour se remettre totalement dans la réalité, et avisa sa rapière du coin de l’œil. Autour de lui, le monde semblait faiblir, désespérément faiblir. Il ne pouvait pas se permettre de les laisser ainsi. S’il avait vécu si longtemps, ce n’était pas que pour Mab. C’était pour protéger les siens. Aujourd’hui était un jour décisif.

- Insieme per la vittoria ! cria-t-il en levant le poing au ciel.

Ses ailes s’agitèrent et Obéron décolla du sol pour s’envoler à grande vitesse. Il récupéra son arme et se relanca dans la bataille. Quand il croisait un habitant de NeverLand, il tentait de les motiver, de les tirer de leurs sombres songes. Quand il s’agissait d’un Cauchemar, sa lame affutée se retrouvait rapidement plantée dans son œil. Il refusait de laisser mourir son Île ! Si elle disparaissait, ce serait la fin, la fin de tout !

L’apparition du CroqueMitaine tenant Peter Pan arrêta tout mouvement de la part d’Obéron. Comme un coup dans le ventre, son souffle fut coupé, et il se sentit faiblir. Si faible …. Si faible qu’il descendit lentement vers le sol, ses ailes ne répondant plus à son appel.

- Pan ne peut pas mourir, répétait-il. Il ne peut pas mourir …

Ses doigts agrippèrent le sol. Il y planta ses ongles et ferma fortement les yeux. Lui qui pensait être insubmersible, il sentait sa dernière heure arrivée. Mais … Comment cela était-il possible ? Il avait vécu avant NeverLand, il vivrait après ! Cette Île n’était qu’une de ses nombreuses maisons, il pouvait y partir comme bon lui semblait, alors … pourquoi ?

Il n’était pas énervé. Aucune rage ne l’habitait. La simple justification qu’il trouva à ses questions fut que c’était ainsi. C’est ainsi. Ce sera ainsi.

Je crois aux fées. Je suis une fée. Je crois en moi.

Prit d’une impulsion, Obéron s’envola pour venir se poser sur l’épaule d’un petit garcon blond. Il tenait une arme entre ses mains et tirait, encore et encore.

- Il n’y a pas de lumière sans ombre, lui confia-t-il sans vraiment savoir pourquoi. C’est quand le Soleil s’éclipse qu’on en voit la grandeur.

Il sauta pour se retrouver prêt d’une fée des étoiles. Sans réfléchir, poussé par une foi gonflée des mots des combattants, il lui prit la main et la serra fort, très fort dans la sienne. La puissance de son semblable le traversa de part en part.

- NeverLand est. NeverLand restera, murmura-t-il en fermant les yeux, comme pour s’imbiber de cette force surhumaine.

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MessageSujet: Re: FIN DE L'INTRIGUE | Combattre la Peur   Lun 9 Mar 2015 - 18:56


Pyxis pleurait sans pouvoir s'arrêter. Sans trop savoir pourquoi non plus. Les horreurs reculaient mes les douleurs de tous les êtres jaillissaient en lui. Ce n'était pas pour rien que les fées des étoiles se tenaient habituellement éloignées des autres. Les ressentis étaient trop nombreux. L'espoir revenait mais la peur, la haine et la colère continuaient d'affluer de toutes part. Pyxis ne savait comme stopper tout ça. Il n'avait que ses yeux rubis pour laisser couler des larmes amères. Il continuait de frapper dans ses mains. Murmurant des paroles sans queue ni tête. Peut-être ces syllabes agencées dans un ordre inhabituel avaient réellement eu un sens par le passée. Mais il ne savait pas. Il ne savait plus. Il avait oublié. Oublié depuis longtemps. Il resta prostré ainsi pendant ce qui lui sembla être une éternité. Une de douleur. Une éternité peuplée de cauchemars qu'il ne parvenait pas à repousser.

Soudain il sentit une main saisir la sienne. Entre ses larmes la fée parvint à distinguer un visage fin entouré de longs cheveux d'un blond pâle. C'était un de ses semblables à n'en pas douter. Pyxis sentit sa peau contre la sienne. Les émotions de l'étranger prirent le pas sur les autres. Prirent même presque le pas sur ses propres peurs et sur ses propres angoisses qui ne daignaient se taire depuis qu'il s'était rendu compte de sa totale perte de contrôle.

- NeverLand est. NeverLand restera.

Un air déterminé apparut sur le visage encore humide de la fée des étoiles. Elle ne pouvait abandonner. Elle n'en avait pas le droit. Pas alors que tous voulaient croire en eux. Pas alors que cette foi les abreuvait d'un pouvoir nouveau, d'une force qu'ils n'avaient jamais connu. Ce soir nulle fée ne pouvait mourir. Toutes et tous étaient invincibles. Plus forts qu'ils ne l'avaient jamais été parce que, aujourd'hui, ils n'étaient pas seuls contre tous. Ils n'étaient plus seulement les petits êtres discrets. Ils étaient ceux qui les sauveraient. Peut-être était-ce vrai. Peut-être était faux. Peu importait. Le plus important était qu'il devait y croire. L'Insondable se redressa et d'un revers de main, essuya les larmes qui perlaient encore sur ses joues. Tous ensemble ils vaincraient le cauchemar. Le Croquemitaine ne pourrait rien contre eux tous. Peter allait renaître de ses cendres. C'était obligé. Pyxis ne voulait pas imaginer une autre fin. Le Pays de Jamais ne pouvait se passer de son enfant roi.

- Les fées sont ici. Les fées existent. Nous ne vous abandonnerons pas.

Il ne savait si quelqu'un l'avait entendu et cela importait peu. Il se rassérénait lui même. Il devait garder espoir. Ne pas baisser les bras avant d'être certain que tout était bel et bien perdu. Il tourna ses yeux insectoïdes vers le fé qui était venu à lui et lui désigna simplement le ciel en souriant. Il rajouta cependant quelques mots. Se comprendre à demi mot alors qu'on ne savait pas à qui on avait affaire n'était pas chose aisée.

- Un peu de poudre de fée ne pourrait pas leur faire de mal.

Ils ne pourraient pas prendre leur envol mais cela aurait au moins le mérite de leur montrer qu'ils étaient encore là. Pyxis attendait de savoir s'il devrait s'envoler seul. Il n'avait pas la trempe d'un meneur. Il ne tenait pas à s'imposer.

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MessageSujet: Re: FIN DE L'INTRIGUE | Combattre la Peur   Lun 9 Mar 2015 - 19:50

Ow. Voilà qu’une délicate odeur de sardine grillée venait chatouiller les narines de Wise… Tout guilleret, le garçon renifla l’air avec un air béat plaqué stupidement sur sa frimousse habituellement si impassible, avant de s’intéresser à ses mains qui grésillaient. Héhé, non seulement les flammèches qui léchaient le bout de ses doigts – et son être tout entier – avaient une sacrée classe, mais en plus elles mettaient K.O. même des créatures aussi redoutables que les Sirènes… !

- A ton service, poissonneuse de mon cœur ! salua dignement le Diplomate avec une ridicule révérence quelque peu ratée, sans tenir compte des vociférations enragées et des sursauts électriques de la créature marine.

Ah, que la vie était douce quand une folle insouciance baignait l’âme, et que la simplicité de la stupidité se substituait aux complexes tourments du génie ! Même l’effroyable spectacle de mort qui l’entourait ne pesait plus vraiment sur lui, et la potion de Braumeister le poussait à se perdre joyeusement dans les méandres de sa propre bêtise… Oui, cette potion était parvenue, enfin, à faire de Wise un gosse parfaitement heureux ; quoi de plus simple ? Il suffisait de le rendre aveugle à la souffrance d’autrui et indifférent à la sienne, d’éveiller ses instincts primaires et de lui supprimer quelques synapses… Un jeu d’enfant.

Et cette béatitude illusoire grappillée au cœur-même de l’Horreur faisait l’émerveillement de ce qui restait de la pensée analytique de l’Aiguille, qui n’était que trop consciente que cet état ne pourrait guère durer. De fait, tandis que Wise sautillait en beuglant à tue-tête une petite hymne à la gloire de Peter – composée dans la foulée, tout-à-fait -, les effets de la potion de l’Alchimiste s’évanouissaient lentement.

Fumant et crépitant, le garçon arpentait l’immense charnier ; une première conscience, profondément ancrée en lui, affleurait de nouveau à son esprit qui regagnait en complexité à mesure que les minutes s’égrenaient : il était dans une bagarre, et il devait mettre une raclée aux méchants qui étaient en train de tuer l’Ile et ses habitants. Or, il avait une super arme à sa disposition, comme l’avait prouvé la femme-à-écailles...

Avec un hurlement barbare, Wise se mit alors à charger la première monstruosité qu’il vit, ses mains survoltées tendues en avant ; et il eut le bonheur d’apprendre que quand les momies s’embrasaient et s’empêtraient dans leurs bandelettes enflammées, bien qu’elles soient censées être mortes depuis longtemps, elles avaient tout de même l’air d’avoir drôlement chaud aux fesses.

Un loup-garou voulut le mordre, mais il se prit une telle décharge – bien involontaire de la part de Wise -, que la créature velue rebroussa chemin en couinant de douleur et de surprise, la queue entre les pattes… Hélas, tandis que son organisme se purgeait de la potion et que son esprit se clarifiait, la douleur de l’électrocution revenait elle aussi, sournoisement. Le garçon perdit son sourire niais pour grimacer, retrouvant ses sensations de brûlures en même temps que l’usage de ses neurones…

C’est alors que le froid tomba. Plus glacial qu’il ne l’avait jamais été. Et le Croquemitaine apparut, terrifiant avec son sourire démesuré de dément, portant dans ses bras une petite chose recroquevillée. Avant même de comprendre de qui il s’agissait, Wise se figea, bras ballants, ses yeux clairs fixés bêtement sur cet oisillon humain que l’Horreur arborait comme un trophée.

Il refusait de comprendre. Il refusait. Il refusait. Il refusait.

Son cerveau tournait en boucle cette pensée comme un disque rayé, une machine brisée par un choc trop violent. Il entendait, comme dans un rêve, les paroles du Croquemitaine, et il était incapable de remuer ne serait-ce qu’un orteil, pétrifié qu’il était par la vison improbable qui s’offrait à lui. Il lui sembla qu’il se déconnectait, et que tout ce qui arriverait par la suite lui était égal.

Si Peter ne respirait plus, alors Neverland était déjà mort, et lui n’avait plus de raison de vivre.

Une minute s'écoula, ou peut-être une heure. Dans la nuit et l'incrédulité, de surcroît au Pays de Jamais, le temps est une notion dépourvue de sens. Les oreilles de l'Aiguille bourdonnaient, tout était flou devant ses yeux vides d'émotions. Mais sans prévenir, on le tira de sa torpeur abrutissante : une voix, fluette et enfantine, suivi d’un son sourd. Un frappement de main qui se multipliait peu à peu, devenait une puissante vague d’espoir, une rumeur fiévreuse qui enflait avec le bruit que fait l’envol de milliers d’oiseaux.

A demi-conscient, entre folle espérance et peur d’y croire vainement, entre rage de résister et souffrance cuisante, Wise se joignit à ses compagnons d’âme de toute la force de ses mains. Il n'était pas très sûr de ce en quoi il croyait, il n'était pas de ceux qui sont bourrés de certitudes. Mais un tel élan traversait les survivants que le garçon se laissa emporter par la marée, dans un étrange mélange de détachement et de frénésie. Des étincelles fusaient à chaque fois que ses paumes se heurtaient, mais il s’en fichait. Mieux, elles lui apparurent soudain comme de minuscules fées, des étoiles de flammes, un feu d’artifice célébrant chaque Neverlandien qui s’accrochait à cette même conviction.

Un cheval à bascule sortit brusquement de terre, s’ébroua et poussa un hennissement qui sentait le rire et la forêt ; une fée lui bondit aussitôt sur le dos et ils s’élancèrent contre les lignes ennemies avec une ardeur renouvelée. A côté du Diplomate, un jaguar de sable doré jaillit du sol et se mit à feuler avec hargne en direction des Cauchemars, sans quitter le garçon d'une semelle, comme s'il allait de soi qu'ils livreraient cet ultime combat ensemble.

Malgré la douleur qui le consumait de part en part et sa peau qui cramait en continue, un timide mais authentique sourire s'esquissait sur les lèvres de Wise. Et celui-ci ne devait plus rien à la potion de Braumeister.

Résumé :
 


Dernière édition par Wise le Mer 11 Mar 2015 - 0:55, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: FIN DE L'INTRIGUE | Combattre la Peur   Lun 9 Mar 2015 - 23:54

La pourriture et le feu aidant, ce qui devait arriver arriva. Un coup de trop, et les poings de Cogneur explosèrent dans une gerbe du jus poisseux et de graines. De nouveaux Cogneurs naîtront peut-être... Si le soleil se montrait. Mais la plante n'avait même plus cet espoir. Ses mouvements furent plus lents, plus mou... Cogneur ne pouvait même plus voir le ciel tant les zombies lui avaient grimpé dessus. Et tous grignotaient le Cogneur que plus personne ne pouvait voir...

Cogneur aurait pu mourir. Cogneur aurait du mourir. Si les zombies ne s'étaient pas tout à coup arrêté de le mordre pour s'éloigner. La confusion s'empara du peu d'esprit qui restait de la plante. Pourquoi ? Comment ? Elle était encore prête à se battre jusqu'à la dernière goutte de sève... Et Cogneur vit le Croque-Mitaine.

Et dans ses bras, il y avait...

Oh non.

Machin vert volant.

Tu n'as pas le droit.
Tu ne PEUX pas.
Reviens à la vie, Machin vert volant.
Il n'y a que moi qui ai le droit de te tuer.
Reviens, Machin volant.

« STWAY AWIVE ! STWOOPID GWEEN FWYING THRWLING ! GRWLGMWRGL ! »

Ça n'était pas possible.
Cauchemar.
Le Cauchemar n'avait pas le droit.
Et Cogneur n'était plus en état. Ni lumière, ni force... Ni poings. Plus rien.

Et tandis qu'une étrange clameur montait dans les rangs du Rêve, Cogneur dépérit peu à peu...

Ou. Pas.

Une chaleur connue lui envahit les feuilles. Le Soleil. La Lumière. D'où cela venait-il ? Il faisait encore nuit ! Cogneur se tourna et les vit. Trois tournesols immenses luisaient dans le noir, produisant assez de lumière pour aveugler la Mauvaise Herbe... et la raviver. Sans poings, mais plein de vigueur et de haine, la plante se releva du haut de ses deux mètres et jeta un regard de défi au Croque-Mitaine.

L'instant d'après, le sable tourbillonna autour des moignons du Cogneur. Peu à peu les poings prirent forme et la plante les regarda avec une satisfaction non cachée. Cette fois, il y avait tout. Le voleur de soleil à portée de poings, de l'énergie, et une nouvelle paire de poings. La Peur allait se prendre une jolie raclée, et même après, ça ne serait pas fini !

Cogneur commença à s'avancer vers le maître des cauchemars, mais l'armée des zombies en avait décidé autrement. La plante s'était rétablie, pas question de la laisser passer. Elle commença à charger avec sa lente hâte, quand l'un d'entre eux s'effondra. Il venait de recevoir un pois de la taille d'une tête dans la figure. À côté de Cogneur venait de pousser une étrange plante. Une lige reliée à une énorme tête, qui cracha alors un  deuxième pois, puis un troisième... Deux autres plantes poussèrent, faisant face courageusement à la menace zombie, crachant leurs pois sans s'arrêter.

Mais l'instant de surprise passé, l'infâme armée des morts se remit à avancer sans s'arrêter... Ou presque. Plus têtues que des rugbymen en mêlée, un régiment de noix venait de pousser entre Cogneur et les morts, qui se mirent à les grignoter pour passer. Et les pisto-pois continuaient inlassablement à tirer sur les morts-vivants...

Les noix commencèrent à se fêler, à tomber... Elles auraient pu disparaître, si un régiment de plantes à la gueule plus patibulaire que celle du Cogneur n'avaient pas fait leur apparition pour envoyer leurs poings végétaux dans la face des zombies. L'une d'entre elle se retourna et fit un signe entendu au boxeur végétal qui n'attendit plus. Cette fois, le Croquemitaine allait subir sa rouste, et pour de bon !

Il restait tout de même un dernier obstacle..

« GRWLGMWRGL ! WAKE WRUP, GWEEN BWARLSTAWD ! LWRET MRWLE KWRILRCK IT'SWRL ASS ! OW I'LL KWRLICK WOURLS TOOW ! »

Résuméééé:
 
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Noiraud
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✘ AGE DU PERSO : Pas bien vieux ; c'est encore un enfant

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✘ LIENS : We Go Where No One Goes.

MessageSujet: Re: FIN DE L'INTRIGUE | Combattre la Peur   Mar 10 Mar 2015 - 11:50




Combattre la peurDu combat, seuls les lâches s'écartent.



C'était terminé. Malgré son corps translucide, Noiraud sentait la morsure de l'un de ses frères le prendre à la gorge, puis serrer, encore et encore. La pauvre bête suffoquait et s’étouffait, alors qu'il n'y avait que de la brume qui s'en prend à lui. Mais d'un coup, tout prit fin et sembla revenir à la normale. Enfin, c'était un grand mot. Lorsque la créature reprit ses esprits et se releva, elle aperçu la silhouette sombre du Croquemitaine, là, en plein milieu des deux camps qui s'étaient scindés. Aux côtés de la Comète se tenaient de nombreuses furies défigurées et sales, mais également des hommes des mers et des rouges. L'Incapable s'étonna même d'être rassuré de ne pas apercevoir les silhouettes de Cosmos ou bien encore de Soul. Et Fuse, dans tout ça ? Où se tenait-elle ? Il avait été persuadé de voir des flammes danser à un moment, mais n'avait pas la certitude que ce soit sa camarade de jeux ; cette sœur d'une autre espèce.

Et puis, là, tout bascule. Le maître des cauchemars était déjà présent, mais la vision qu'il offrit à ses sujets comme à ses ennemis fit frémir chacune des écailles du reptile. Là, dans ses longs bras d'araignée, gisait le corps inerte de Peter Pan.

« Le Roi.. Mort ? » s’égosilla-t-il tout en voyant le corps inerte de Peter Pan.

Tout n'était plus que feuilles mortes et silence. Lorsque le corps du Roi tomba sur le sol, tous semblèrent retenir leur souffle. C'était impossible, un rêve ? Non, un cauchemar. La gueule à moitié ouverte, Noiraud respirait avec difficulté, haletait, comme s'il venait de courir un marathon ; il était terrorisé. L'arc-en-ciel qui s'échappa du corps de l'Enfant-Roi sembla représenter les dernières couleurs du pays de jamais. Le Croquemitaine jubilait, on entendit même un rire lointain, sinistre, comme si l'île elle-même riait de la mort de son Roi. Là, sous les yeux de l'Incapable, de nombreuses poudrées brillante se mirent à tomber. Il hoqueta, craignant que l'une d'elle ne soit Obéron. Puis, petit à petit, nombreuses s’éteignirent, moururent de la même manière que Peter Pan.

C'est la fin, tout est terminé. Les horreurs se mirent à rire, le Croquemitaine s’apprêta à arracher le cœur de Peter Pan et là..

« Tapez dans vos mains ! » lança une petite voix.

Surprit, la créature releva la tête tout en posant le regard sur cette petite furie. Dans un moment de foule dingue, de nombreuses personnes se mirent à taper des mains, à faire un bruit monstre ; au point d'en faire reculer les monstres et à en faire grimacer le Croquemitaine. Poussé par ce mouvement de foule, Noiraud frappa le sol de ses pattes et sa queue, manquant de renverser quelques enfants au passage ; mais lui aussi, ne voulait pas laisser son île mourir.

« Je crois aux fées ! » scande un autre.

Puis suite à cela, ces quelques mots se mirent à résonner dans le village. Plus motivé que jamais, l'Incapable ouvrit ses ailes tout en continuant à frapper le sol de ses pattes, tel un enfant emplit d'espoir. Il fallait faire du bruit, réveiller les morts, raviver la flamme de Neverland ! Peter Pan ne pouvait pas mourir, ils ne pouvaient pas périr ! Du sable doré et des drôles d'objets se mirent à entourer les habitants de l'île, tandis qu'une minuscule Comète de sable venait se glisser entre les pattes de Noiraud. Surprit, il manqua de tomber à la renverse, avant de se rendre compte que celle-ci n'était plus un ennemi, mais un allié. D'un coup, elle partit en courant en direction de deux petites lumières affaiblies.

Interloqué, l'Incapable la suivit avant d'apercevoir Obéron en compagnie d'une autre Fée. Leur lumière était faible, diffuse, comme s'ils se mourraient petit à petit. Inquiet, la Comète les entoura de sa queue, comme dans un vain espoir de les protéger ; et malgré la poussière d'étoile qui s'éleva dans les airs, Noiraud ne bougea pas.

« Je crois, en vous. » parvient-il à articuler, avant de se répéter. « Je crois, en vous. Je crois.. en vous ! »

Sa voix était tiraillée, douloureuse ; et son visage, grimaçant. L'île ne pouvait pas mourir, ils devaient vivre, Peter Pan devait se relever ! Alors, d'une voix de plus en plus forte, la Comète se mit à scander ces quelques mots, encore et encore ; pour permettre à leurs lumières de revenir.

Pour que le soleil revienne sur Neverland ! Pour la vie !


© Jawilsia sur Never Utopia




Résumé:
 






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Look all around you and see: deep in the forest the dragons will be.
Look all around you and you will find me.

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