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Peter Pan
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♛ Roi des Garçons Perdus ♛


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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Jeu 5 Fév 2015 - 18:59

Une étreinte.
La tête de Peter tangue légèrement, elle semble alourdir son cou frêle et part inexorablement en arrière. Ses yeux luttent pour ne pas succomber à une inconscience cotonneuse qui assurément, annihilerait toute douleur.
Soul le serre si fort, si fort que l'air ne passe plus dans ses poumons fatigués. Son corps ressemble à la dépouille d'un oiseau tombé en plein vol, et il est si pâle qu'on le croirait presque luminescent. Le buste solide de Soul le soutient et le réchauffe, le sauve. Peter va se laisser partir, lentement, tendrement, enfoui comme un nourrisson dans les bras d'une mère. Il glisse, doucement, doucement...
Ses paupières allaient se clore pour de bon, sa douleur aussi, lorsque un coup de vent brutal l'arrache à son soutien.

Non. Ce n'est pas un coup de vent. C'est un être immense, aux yeux luisants, au visage morbide. Sous le regard enfiévré de Pan, l'être est déformé, démoniaque.  Belle ironie.  Puis il y a le rire.
Le rire le secoue tout entier, le glace et l'incendie à la fois, il fait trembler la terre et le ciel. Peter tient à peine debout mais sent le rire courir dans chaque vaisseau de son corps. Le rire est comme un manège qui l'a entraîné contre son gré, il ne peut pas l'arrêter, il ne peut pas en descendre, et le monde tourne en une danse macabre, grinçante. Il a peur. Il avait tellement oublié ce que ça faisait, avoir peur, qu'on dirait que c'est en train de le manger. Il est terrifié.
Après que le rire se soit dissipé, un son étouffé lui parvient. Une voix, plusieurs fois, mais Peter n'entend plus. Ses prunelles étincelantes rampent vers la silhouette effondrée d'Eilis. Imperceptiblement, ses sourcils se froncent. Tout est flou, tanguant, il va vomir. Il voudrait lui parler, marcher vers elle, ou même tendre le bras, mais plus rien ne lui obéit. Même lui-même ne s'obéit plus. L'Ombre s'est évaporé.

Ses yeux roulent. Il va tomber, pour de bon.
Et une étreinte encore. On ne le laissera pas se fondre dans le noir, quitter cette réalité qui le blesse, comme toujours. On le retient. Il gémit faiblement, et ses petites mains s'agrippent aux poignets qui l'enserrent. Il tousse, encore plus faiblement. Un contact froid glisse sur sa peau. Une lame. Une larme aussi. Alors seulement il lève ses yeux mi-clos en direction du visage qui le domine. Une expression perplexe contracte ses traits.

– S... Sobby ?

Sa mémoire déraille et déverse des souvenirs étiolés, perdus, confus.
La voix de Smee hurle en lui, pourtant il est toujours incapable de comprendre le sens de ses mots. Cette fois, rien ne peut le retenir. Peter Pan s'effondre dans les bras de l'ennemi. Soufflé comme la flamme d'une bougie. Son habit est devenu rouge, car toutes les feuilles sont mortes.


Mon Ombre, mon Ombre, mon Ombre...









La musique que je joue au gré du vent : Flûtes de Pan
Les dessins que je peins au gré du temps : Crayons de Pan



Je tyrannise en forestgreen.
Portraits par Kim Minji.





le merveilleux cadeau de mes enfants trouvés:
 
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Soul
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Ven 6 Fév 2015 - 16:52




Des milliers d’aiguillons glacés lui transpercent l’échine, propageant une brulure si intense, qu’il en aura le souffle coupé. Car il l’a retenu. Il s’est retenu – Un temps – d’exister.
Submergé par l’appréhension, par cette prescience de deviner bien avant de savoir. De sentir, bien avant de comprendre. Ou de pouvoir.

Soul a reconnu ce rire.

Soul le refuse pourtant, tétanisé encore, sous le regard de Pan. Le Démon blanc hagard, qui ne le voit déjà plus. Le démon qui l’a enlevé. Celui pour qui il a tout quitté. Celui pour lequel il tente de se battre, de pulser pour tous ces autres. Inlassablement. Celui pour lequel il s’est oublié.

Mais il n’a pas oublié son rire.

C’était son rire qui déjà, il y a bien longtemps, le faisait sortir. Laissait poindre les sentiments, les émotions calfeutrées par l’éducation et l’instinct. La survivance. Lui, dégommait le masque. Le harcelait jusqu’à l’en fissurer. Non, Bình n’aimait jamais quand Alexandre gardait son air fermé. Alors, comme tout ce qu’il méprisait, il s’en moquait. A provoquer. Une autre pulsation. Et l’âme du garçon s’exposait au futur dragon, qui, satisfait d’être le seul à en connaître la flamme, l’entraînait dans sa danse.
Ils se battaient souvent. Bình sentait Alexandre sans le comprendre. Quant Alexandre avait compris son fonctionnement. Ils étaient faits pour s’entendre. Ou du moins, se sentir vivre.

Et aujourd’hui mourir.


« Et il rigole ! Oh Soul, il rigole quand on a mal !
Il s’bidonne avec des larmes quand on pleure, quand nous on a peur.
Soul, son rire, son rire, il est là dès que j’ferme les yeux. Dès qu’il fait nuit.
J’veux pas r’penser à lui, mais j’peux pas ! Il est toujours là. Le Dragon, il s’marre.
Et moi j’continue de pleurer dans l’noir. »


Soul avait oublié Alexandre. Mais Soul n’avait jamais oublié Bình.
Il lui parlait. A son portrait. Le premier qu’il ait jamais fait de son carnet. Celui auquel il avait apposé le nom qu’il n’oublierait jamais. Jamais. Il lui parlait, lui racontait ce qu’il vivait, à demi-mot et à cœur d’encre. Pour gommer cette évidence : il l’avait perdu. Il l’avait abandonné. Comme il l’avait fait de son père. Quand le Démon l’avait emporté par-delà les mers.
Bình avait toujours été présent, là, dissimulé entre ses lignes. Entre cette… Île.


Ses premiers mots lui lacèrent l’âme comme on déchire une feuille. Le beau portrait. Les illusions. Les souvenirs au trois quart effacés, ceux que l’on remplace par des miasmes de réalité.


Te souviens-tu pourquoi étais-tu resté Alexandre ? Vous auriez dû fuir depuis longtemps, être rapatrié. Fuir la guerre. Vous étiez déjà les derniers par la volonté de ton père. Mais tu as refusé. Tu as refusé car tu savais. Bình n’était pas français. Bình n’était qu’à moitié. Bình serait refusé. Bình serait massacré en arrière, là où tu l’aurais laissé.
Alors tu avais persisté, et quitte à parler de mort pour un si jeune âge, tu t’étais affirmé. Il n’y avait aucune fierté à les laisser agoniser. La France n’était qu’une idée. L’Indochine elle, une réalité sanglante que tu refusais d’abandonner. Tu ignorais encore, que ton père savait. Mais qu’il ne pouvait faire autrement pour te protéger à défaut de celle, et ceux qu'il aimait. Après cette fameuse nuit,
Alexandre, cette nuit où Peter t’a trompé, tu aurais dû rejoindre l’un des derniers avions. La mère de Bình y avait veillé, au dépend de son existence. Se sachant condamnée, elle… et son hérédité.
Alors que persistent leurs souvenirs.

Ceux que l’on t’a enlevés.


Est-ce que Bình savait ?
Tu ne voulais que mourir à leur côté, puisqu’on ne t’autorisait plus à y vivre. Cela te suffisait.
Est-ce que Bình le sentait ?

Il était là à présent. A dérober ce qu’il y avait le plus précieux à protéger. La vie.
La vie qui elle-même t’avait volée.



Son regard est aussi trouble que celui du pirate qui le dévisage. Soul sait. Il sait avant de réellement comprendre. Entre les lignes et les échos, se dénoue l’encre.

« Son rire… Son rire me hante. »

Comme celui qui lui avait manqué, pendant toutes ses années. Soul lui-même ne riait plus, quand le dragon éclatait plus fort. Il couvrait son absence. Son silence.

Elles perlent aussi, comme des reflets, échos glacés dont le pirate semble se moquer. Lui non plus ne peut se détacher de ses yeux. Ses yeux qu’il avait toujours  admiré, ces yeux que Bình haïssait, ces yeux qui lui évoquaient le ciel tumultueux ou l’infini d’une mer orageuse. Ses yeux sont des abysses où l’Immuable est sur le point de sombrer.

Il est tombé. A genoux. Ses jambes – tremblantes – lui qui n’hésitait jamais ; ses jambes avaient refusées de le porter plus loin. Le poids des regrets l’engonçait à la terre. L’enlisait. Alors que ces yeux d’un bleu reptilien, lui dévorait l’âme.

« …Bình » - C’est un murmure, entre deux larmes. Entre deux lames.

Un souffle de lucidité que sa raison refuse encore d’accepter. A aucun moment, ses yeux ne se seront fermés. Comme s’il refusait de risquer que cette ombre nouvelle, ne s’évapore. Dernier regret.
Était-il mourant pour qu’on lui accorde clémence ? Là, dans l’obscurité de ses pupilles affreusement dilatées.
Ses doigts se crispent vers l’entité, qu’elle ne lui échappe encore. Plus rien ne tourne, plus rien n’existe que ses deux orbes luminescents. Les cris et les tourments sont étouffés, par cet hurlement.
Celui de son cœur à demi-étranglé, qu’un dragon venait de lacérer.






« C'est un peu de ton espoir,
ce que les années en ont perdu.
On dirait ton ombre et qu'elle cherche
à se mettre debout. N'appelle personne.
Ton cœur ce n'est pas toi, c'est un enfant
qui se tourmente avec la crainte de tomber. »

Joe Bousquet




Dernière édition par Soul le Mar 17 Fév 2015 - 23:03, édité 1 fois
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Lòng
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Dim 8 Fév 2015 - 21:17

HRP:
 


Il a envie de rire. C’est incontrôlable, plus fort que lui, le rire l’emporte et le noie, broyant sa raison émue, vacillante. C’est que c’est si drôle de les voir tous se débattre, et - mieux encore - lui obéir, à lui, comme s’il était marionnettiste, chef d’orchestre, Dieu Dragon mort parmi les vivants ! C’est formidable, grisant. Debout au milieu des silhouettes qui se mouvent, le pirate voit Smee céder, obéir à son injonction et alors qu’il s’empare ainsi de l’éternel enfant, l’asiatique le trouverait presque... séduisant.

- Tu viens. Avec moi. Sur le Jolly Roger. Le capitaine attend ce moment depuis des années.

Bien, excellent. Le Dragon en ronronnerait presque, d’amusement. Sous ses yeux, le second s’est transformé, sublimé par la cruelle dévotion qui l’anime, le change en démon, lui aussi. Et tout cela... grâce à lui ! Lòng le contemple en souriant, ébloui, mortellement heureux. C’est si drôle, que le temps aie repris son cours grâce à lui ! Tourne, tourne le monde, meurt le Démon qui, plaqué contre la Mouche, cesse d’en être coeur. Et Lòng tourne, il fait un tour sur lui-même en riant comme s’il chantait une chanson.

Il en est persuadé, il le sent : durant cet instant, c’est à lui, à ses gestes que s’est suspendu le temps. C’est lui qui tire les ficelles, qui manipule. Il est sublime, le Dragon, au sommet de son art. Alors il s’arrête, contemple son ami, à genou devant lui. Si son coeur le pince ? Oh, bien sûr que oui. Mais c’est compliqué, c’est si compliqué d’identifier ce qu’il ressent, au milieu de l’instant, de la folie du moment. Les secondes s’égrènent, filent. Il faut agir. Briser, une fois de plus, le motif. Résoudre l’équation.

Que se passera-t-il lorsque disparaîtra le Démon Blanc, coeur de l’Île, âme de la prison ? Le Dragon s’interroge, mais croit comprendre qu’en toute logique, les choses ne seront plus comme avant. Et s’ils mourraient ? Et s’ils brûlaient tous, emporté alors que l’Enfer se consume avec eux ? L’idée est sublime, Lòng en a les larmes aux yeux. Il a envie de partager sa joie avec celui qu’il a enfin retrouvé, mais quelque chose en lui - ce qui lui reste de cerveau - calcule, le retient de donner dans le sentiment.

Une question, une seule.

En a-t-il eu assez ?

Laissera-t-il le Pays de Jamais à jamais crever ? S’infecter, infesté, et lui avec ? A-t-il fini de vivre et mourir ici ? A-t-il suffisamment souffert, suffisamment aimé ? De ce simulacre de vie qu’il mène ici, en a-t-il eu... assez ?

La question n’a pas de fin, la question a deux réponses et Lòng n’a pas le temps. Plongeant dans la poche près de son coeur, il en sort alors un petit objet, à peine éclairé par la lumière mourante.

C’est un dé. Un petit dé de bois, tâché de sang. Le Dragon le fait tourner entre ses doigts, en apprécie quelques instants la texture, le temps... de se décider.

De décider les enjeux.

S’il en a eu assez.

- Impair, c’est oui. Pair... c’est non. Énonce-t-il sagement, alors que le murmure, quasi-inaudible, glisse doucement dans l’air vicié. Puis, d’un geste rapide, il lance le dé en l’air. Et pendant que le petit cube tourne et que le monde tourne autour de lui. Bình - car c’est comme cela que le Perdu l’a appelé - sent sa mémoire, ravivée par le nom, se débattre et agoniser.

Mai Lan aurait pu être une belle femme, mais les regrets et l’anxiété avaient terni sa beauté, laissant des marques indélébiles, des rides prématurées sur son visage lassé. Cette nuit-là, hantée par l’inquiétude, elle était sortie à l’arrière de la maison, pour contempler le ciel dégagé, les étoiles qui y brillaient. Le soir était d’un calme surnaturel, si inhabituel en ces temps troublés. Si bien que, lorsque son fils l’avait rejointe, elle l’avait deviné bien avant de le voir.

Il était rare, inhabituel que Bình revienne ainsi vers elle. Si bien que Mai Lan garda le silence, pour éviter de le faire fuir. Depuis son erreur, depuis le départ du père, son fils n’avait eu de cesse de la confronter ou de l’éviter. Il n’y avait eu aucun milieu, aucun instant de répit.

Sauf cette nuit-là.

"Je sais, pour demain."

C’était lui qui avait brisé le silence, et sa mère n’avait pu s’empêcher de tourner un regard stupéfait vers son enfant, pour le contact et les paroles qu’il lui avait adressé.

"Est-ce que... tu lui as dit ?"

"Non."

La réponse avait été immédiate, presque expédiée. Mai Lan se mordit les lèvres, incapable de répliquer. Son fils était là, à des kilomètres d’elle. Et elle ne pouvait rien faire pour briser les océans qu’il avait, entre eux, dressés.

"C’est bien, qu’il s’en aille." Reprit l’enfant d’un ton insouciant mais qui ne trompait personne et encore moins sa mère. "Il faut bien que certains puissent s’en tirer et si c’est lui..."

Il ne termina pas, se contentant de donner un violent coup de pied à un caillou qui alla rouler plus loin. La mère hocha la tête, gorge nouée. Regarder vers le haut évitait de pleurer, lui disait tout le temps sa mère à elle. Alors elle fixa les étoiles, tenta de se faire digne pour ce fils qui la rejetait.

Il y eut un mouvement, dans le ciel. Un peu vers la droite, lui semblait-il.

"Tu veux... faire un voeu ?"

Elle s’attendit à un refus. Qui ne vint pas. Au lieu de cela, son fils jeta un oeil au ciel.

"J’ai envie qu’on s’en sorte."

À son ton, il était facile de deviner que ce voeu, ce n’était pas la première fois qu’il le formulait. Mai Lan ferma les yeux très fort, se surprit, elle aussi, à rêver.

Lorsqu’elle les rouvrit, Bình l’avait laissée.

Le dé tombe, fracturant le souvenir qui s’effiloche, laissant le Dragon au présent. Éclairé par la lanterne, le chiffre lui fait de l’oeil, le chiffre a décidé.

Une inspiration. Le monde se suspend, l’esprit se clarifie. Il s’agit maintenant de se faire magicien, de jouer comme il ne l’a jamais fait.

Car en cette nuit éternelle, cet instant maudit, Lòng comprend que le hasard a raison. Que ni lui ni les autres n’ont fini... d’en finir.

- Relève-toi.

Le ton est froid, glacial. Sans attendre que le soigneur obéisse, le Dragon le saisit par le col pour le soulever, user de sa propre force pour le remettre sur pieds. Dans ses yeux d’orage danse le rire, l’hilarité. Il se fait magicien, le pirate. Il a tout intérêt.

La magie n’existe pas, l’illusion est créée par l’attention que l’on détourne. Il se passe deux choses, simultanément : alors qu’une des mains du Dragon fouille dans une poche pour trouver un reste de corde qu’il lance à Eren, l’autre procède à un tour de passe-passe, un échange discret.

Une lame tranchante, qu’il glisse dans la main de Soul rapidement.

- Si tu veux neutraliser le chien, vise ses dents.

Sa langue natale, hésitante et rouillée, claque dans le silence alors qu’un sourire éclatant, provocateur et sublime nargue celui à qui il s’adresse.

- Maintenant frappe-moi. Fais pas semblant. Si tu veux gagner du temps, débarrasse-toi du Dragon.

Sourire vénéneux, sourire plein de dents. En a-t-il eu assez ? Définitivement, non.

HRP:
 








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Soul
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Mar 17 Fév 2015 - 22:49

AnteScriptum:
 




Là, tout près du gouffre, il sent son haleine lui mordre l’échine, quand ses dés roulent aussi dément que son rire, Soul se dit que ce froid-là n’est rien, rien comparé à la béance qui le traverse. Vide, il se sent… vidé. Sans plus de substance, sur le point d’exploser, étiolé par le poids de l’âge, et de la culpabilité. D’un espoir, d’un presque-secret, bien caché qui venait de disparaitre, étouffé au fond de ce regard rieur. Rieur.

Mais le froid ne l’était pas tant, se rend compte l’immuable. Non. Ce sourire, il le reconnait. Il le connait. Et il ose enfin lire entre les larmes, regarder au-delà… de l’insondable.
Affronter les abimes. Et plonger. Oui. Plonger dans ses flammes.

Celles de son cœur qui redémarre au contact glacé de cette lame que Bình vient de lui confier. De ses tempes bouillonnantes, de ce corps presque-mort que le dragon venait de ranimer. D’un souffle. D’un seul. L’âme d'Alexandre, dans le regard de son meilleur-ami, venait de se retrouver.

Il a envie de lui sourire en retour. Il a envie de l’enlacer, de le serrer jusqu’à l’étouffer, de l’étrangler. De faire semblant. De rire et de pleurer. Tout en même temps. Soul pourrait même danser, et chanter. Plus expressif que jamais. Mais il se contient. Il a appris.
Et puis il sait, l’immuable. Il sait. Qu’il y aura un après.
Un après où il devra aussi s’interroger sur la signification de ce nouveau nom. Sur ce qu’il a commis. Sur ce qu’il a provoqué. Sur tous ses crimes que Soul, voudra probablement expier. Mais la joie, déchainée, l’hystérie de ces retrouvailles éloigne toute raison. Il y aura toujours un Après pour leur ‘horizon’. Un après pour se poser des questions.

Alors il s’en contente. Et le vert de ses yeux soudainement affirmés, brillent d’une nouvelle détermination.

Un des pirate s’est avancé, ramassant le bout de corde que Bình venait de lui jeter. Il arbore une chevelure atrocement criarde, paraissant briller du même feu que le lampion qui brule encore au chevet du mort. Son cache-œil, sa manière de se mouvoir et de sourire, un peu gauchement, lui picote l’intérieur. Ce n’est pas si absurde que cela, certains bannis survivaient au-delà. En rejoignant leurs ennemis. Soul trouvait étrange de ne pas avoir pu penser qu’il s’agisse de son cas. Des images qui lui reviennent, floues, en cascades. Il prie seulement pour qu’elles l’aident. L’aident à alimenter encore cette tragédie comique, que son ami Dragon, aura orchestrée.


Bình, sens dans mon étreinte ma liesse extatique de te retrouver.

Ce n’est qu’un bref instant. Celui où, Soul a projeté tout son poids sur la poitrine du Dragon, l’entrainant en arrière alors qu’il le chevauche et propulse son poing – sans retenue – dans son œil luisant et moqueur.

Ils n’avaient jamais fait semblant. Aucun ne l’aurait jamais pu. Quand ils se haïssaient, c’était avec douleur. Cette perspective d’être sur le point de se briser. Ils se battaient, jusqu’à qu’ils en pleurent. Avant de s’ignorer… Toute une nuit durant. Et de se retrouver le matin, l’air nonchalant de celui à qui ce ne fait rien. Mais cela ne pouvait vraiment en duper aucun.

Un autre poing fuse. Soul ne joue pas la comédie. Il sait comment mettre hors d’état de nuire. Il sait aussi où et quand s’arrêter pour que l’autre puisse se relever.

Les deux énergumènes l’ont déjà fait. Se battre quand ils y étaient acculés par d’autres. Et quand la harangue de leurs rivaux était à son apogée, le français et le métisse se liguaient contre l’univers tout entier.

Bình avait toujours été le seul capable d’extraire cette effervescence, cette violence qu’Alexandre réprimait. Mais qui les avait sauvés tous deux, à tant de reprises.
A deux, ils n’étaient pas des dieux, mais un duo suffisamment surprenant pour désarçonner leurs assaillants. Des êtres miséreux portés par la guerre, saoulé d’opiacés, qui voyait en la peau blanche de l’un, et le regard azur de l’autre, raison suffisante à leur malheur.

Oui, Bình avait toujours senti le
Tigre tapi dans l’ombre indulgente de son ami.


… Alors le Tigre, faisait de nouveau, une de ses terribles sorties.

Et quand il se relève, pour accueillir le pirate aux babines écumantes, il parait danser avec lui, concentré à esquiver, à patienter pour mieux bondir. Attendre que son heure vienne. Que la garde s’ouvre, quand le pirate dresse ses machettes, Soul se jette, tête la première. Le front contre ses crocs.
Il ne peut éviter l’attaque meurtrière de l’une des lames qui s’enfoncera dans son flanc, alors que l'homme chancelle sous la violence de l’assaut.

Le soigneur a le front couvert de son sang. Il n’a pas encore réalisé qu’il était lui-même sérieusement blessé. Il se contente d’essuyer son visage, d’observer sa main tachée. Il parait sourire, quand il prononce et harangue : « Alors le chien, tu ne sais plus mordre ? ».

Il sait que le roux n’est pas loin. Il sait aussi qu’il n’entend pas bien. Et il se doute qu’aucun n’attendait ce retournement. Après tout, n’avaient-ils pas tous sagement souffert jusque-là ?
Il ricane, et quand le Pied-beau charge, se précipite vers l'autre pirate, qu’il agrippe et projette vers l'enragé.

« Alors CHIEN, ne sais-tu qu’ABOYER ? » - continue-t-il de crier, avant de s’éloigner quand l’autre commencera à s’acharner sur le mauvais coupable. Le Silencieux, que Soul vient de sacrifier sur l’autel de leur survie.

Il faut faire vite. Le sang coule. Le sang s’écoule de son flanc droit. L’adrénaline continue de pulser, tel le venin qu'un dragon aura insufflé.

Soul, en quelques enjambées, barre le chemin du second.
Il n’est armé que d’une lame.

Et de toute la hargne féroce, et inespérée du monde.

Le tigre, celui qu’il cache, tapit dans ses nuits aux embruns de rhum. Le tigre, celui qui s’était montré et avait presque tué. Le tigre, c’était encore le tigre qui parlait.

« Alors Peter, serais-tu en train de ‘faire l’adulte’, à en faire pleurer ta mère ? Qui voudrait d’un roi même pas foutu d’se battre ? »

C’est la première slave. La première détonation, celle qui, déchirera peut-être le cocon embrumé du tyran asphyxié.
Soul a beau être devenu quelqu’un d’autre, il ne fait que se servir au plus profond, dans la bile et le ressenti que son âme tenta de contenir. Ce qui le hante chaque nuit. Ce qui le tourmente pour chaque vie.

Pour une fois, il ne laisse pas faire l’inconscient, il se sert de son fiel sciemment, espérant un résultat. Une réaction. Le démon blanc tient dans ses mains apathiques, leur destinée à tous, bien plus que de raison.

« Qu’est ce qu’on s’emmeeeerde sur ton île. La seule grande aventure à y foutre, c’est d’y grandir. Et d’en partir. »

A l’exemple même du dragon qui l’avait tant, et tant tiraillé enfant. Qu’explose la fureur du tyran, qu’il tressaute, et lutte, car le soigneur seul contre la Mouche, ne fera pas le poids longtemps, malgré son air bravache, et ce regard torve qu’il affiche, conquérant.

Au loin, la terre s’était mise à trembler, sous le grondement colérique d’une armée d’enfants dont les échos étaient scandés.


Post Scriptum:
 






« C'est un peu de ton espoir,
ce que les années en ont perdu.
On dirait ton ombre et qu'elle cherche
à se mettre debout. N'appelle personne.
Ton cœur ce n'est pas toi, c'est un enfant
qui se tourmente avec la crainte de tomber. »

Joe Bousquet




Dernière édition par Soul le Jeu 19 Fév 2015 - 6:47, édité 1 fois
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Wilhelm DogFish
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Mer 18 Fév 2015 - 17:35

Wilhelm avait observé le manège du Dragon avec un œil attentif, le fixant d'un peu plus loin.

- Mouche. Tu as devant toi un médecin et un tyran à moitié crevé.
Qu’est-ce que tu attends pour faire ce qui doit être fait ?


La voix de Lòng était douce, comme si souvent, mais DogFish ne put empêcher un grondement sourd d’émaner de sa gorge.
Il grognait.
Sa tête s'inclina légèrement sur le coté, ses yeux pales passant de Smee au pirate asiatique.
Depuis quand un matelot donnait des ordres a un supérieur?
Lòng avait-il gagné en grade ce soir la?
Le blond renifla, grimaçant, ne lâchant pas la scène des yeux.

Ce fut la petite main d'Eilis qui finit par attirer son attention, lui faisant perdre le fil de ses pensées.
Il baissa la tête vers la petite fille, surprit de la voir s'agripper a lui de cette manière.
C'est vrai, le Dragon l'avait laissé en plan, le visage mutilé, comme ça, ni plus ni moins, comme on laissait un vieux jouet cassé dans un coin.

Cruel et infidèle Dragon, mais DogFish ne savait pas encore a quel point.

Attendrit par la petite qui semblait au bord du désespoir, il lui attrapa le bras et la remit sur pied sans aucune délicatesse, puis, il lécha l'une de ses propres mains sales et essuya nerveusement le sang qui s’échappait des plaies de la joue meurtrie de l'enfant, nettoyant la blessure avec sa salive.

Chhhtchhht... Ca pique hein? Il s'était de nouveau mit a sa hauteur, s'accroupissant devant elle. Hoo c'est pas joli ca... Il avait accompagné sa remarque d'une grimace exagérée, ses lèvres se tordant et sifflant entre ses dents. Aie aie aie, il t'as pas raté hn? Le pirate avait prit le menton de l'enfant entre ses doigts ensanglantés et lui tournait le visage pour mieux voir les dégâts. Sa question n'attendait évidemment pas vraiment de réponse, il s'agissait plus d'une sorte de taquinerie qu'autre chose.

L'enfant perdrait sans doute l'usage de son œil et automatiquement, l'esprit dégénéré de DogFish fit des rapprochements. Un œil en moins, comme Le Silencieux.. Souffla t-il, tout en se prenant de passion pour le visage d'Eilis.

Il se mordit la lèvre inférieure, un sourire illuminant de nouveau son visage. Comme Kit Skelton aussi. Te voila prête a devenir... Le blond singea une expression grave, mais son sourire tordu trahissait le fond de sa pensée. Une vraie pirate! Il ricana, puis, comme prit dans un étrange jeu avec l'enfant, lui imposa de nouveau la vu des pieds de Vinyle sous le nez.

Première leçon de pirate! Regarde bien... Wilhelm attrapa l'une de ses machettes par la lame, prenant garde de ne pas se couper, mais lui permettant ainsi de manier l'arme avec plus de précision. Il transperça méthodiquement les deux chevilles tranchées, et y passa ensuite un bout de corde de part et d'autre, reliant ainsi les deux membres en un collier macabre. Et voilaaa! Fit-il fièrement, montrant son travail a la petite fille comme s'il s'agissait un joli collier de perles. Toujours prendre soin de ses affaires!

Il se releva, laissant ainsi Eilis mais ne s'en éloignant cependant pas, nouant la corde solidement autour de ses hanches. Ainsi, il garderait son trophée près de lui et ses mains resteraient libre.

« DogFish, Eren ! Trouvez de quoi attacher le grand roi de l'île. Nous allons l'emmener en grande pompe jusqu'au navire. »


Le pirate sursauta littéralement a l'entente de son nom et tout son corps se raidit, soudain replongé dans sa mission de pirate. Il rangea sa machette et ni une ni deux, il rejoignit Eren qui se trouvait a quelques pas de lui. La petite Eilis venait tout bonnement de s’évaporer de son esprit. Les jeux d'enfant avaient assez duré; Mr Smee avait donné un ordre.

« Lòng, fais ce que tu veux du gamin. Pareil avec la gamine. Faites-en ce que vous voulez. Mais si vous me gênez dans ma tâche, je vous tue. »

Le pirate frissonna, déglutissant, mais ne pu s’empêcher de de nouveau tiquer. Le Dragon avait grimpé dans la hiérarchie, c'est ce que tout semblaient indiquer, et Mr Smee était en colère, ou plutôt, il ne supporterait pas un écart, ou une erreur de leurs parts. Il allait falloir être sérieux et concentré sur sa tache... En occurrence, ligoter Peter Pan.

Le regard acéré de DogFish fut attiré par un mouvement furtif. Lòng venait de jeter quelque chose dans les airs. Un objet... que le pirate n'identifia pas, puis, le vietnamien jeta une corde a Eren.
Il était sympa Lòng, toujours prévoyant, toujours la pour ses collègues, pour donner un coup de main!
Wilhelm savait.
Wilhelm pensait.
Wilhelm croyait qu'il pouvait lui faire confiance.

Le Pied Beau posa amicalement sa main sur l’épaule du Silencieux borgne, l'entrainant vers la tache qui leur avait été assignée, mais a peine avait-il amorcé le mouvement que l'impensable arriva.

Devant ses yeux ébahit, le chef des soigneurs s’était jeté sur le Dragon, le plaquant au sol avant de lui assener un terrible coup de poing au visage.

Lòng était en danger.

La réflexion était encore moins de mise qu'a l’accoutumé et déjà, Wilhelm avait lâché Eren, se dirigeant a grandes enjambés vers Soul, dégainant ses machettes, montrant les dents dans une grimace effrayante.
L'immuable se releva et se tourna vers lui avec un calme olympien, ce qui était loin d’être le cas du Pied Beau qui tremblait déjà de colère et d'impatience.

Ce sale mioche avait osé lever la main sur l'un de ses coéquipiers. Il avait attaqué le groupe, il le regretterait...
Tout en pensant a cela, les deux adversaires se jaugeaient, tournant l'un autour de l'autre comme deux bêtes sauvages prêtent a s’égorger mutuellement.

Le chien contre le tigre.

Cet instant ne dura pas plus d'une minute et déjà, Wilhelm se jeta sur Soul, les machettes relevées et trancha le médecin au niveau du torse, croisant ses lames et découpant de l’intérieur vers l’extérieur.
Seulement, le pirate le sentit bien, une seule de ses armes avait entaillée la chaire, la deuxième avait été déviée par une lame plus courte que tenait Soul.

Le sang de l'immuable se déversa en une magnifique blessure le traversant de part et d'autre ce qui, un instant, fit grand plaisir a Wilhelm, mais ce bonheur fut de courte duré.



Le pirate le vit venir, le coup.

Ce fut comme si soudain, le temps avait ralentit, le blond pouvait voir et analyser chacun des mouvements de son adversaire mais n’était pas assez rapide pour y réagir.
Le Pied Beau le savait, ainsi positionné, les deux machettes vers l’extérieur, il était vulnérable.
Il avait mal calculé son coup, ou plutôt mal calculé la résistance du médecin et soudain, alors que le crane entrait violemment en contact avec sa mâchoire, le cerveau de Wilhelm disjoncta littéralement.

Tout devint noir, tout devint blanc, tout devint vide.
Le bruit de quelque chose que l'on brise.
Un éclaire qui zèbre les ténèbres.
Un flash rouge.
Des fragments...

Le silence assourdissant.
DogFish ne sentait rien. N'entendait rien, Ne voyait rien.
Il vacille.
Plus rien.

Puis, progressivement, une vibration.
Elle augmentait de secondes en secondes, cette vibration. Elle lui montait a la tête, lui brulait la gorge, lui déchirait la mâchoire, cette vibration, elle augmentait, encore et encore.

La vibration de ses cordes vocales se brisant dans un hurlement qui déchirait la nuit en deux et faisait trembler la foret.
Sa voix poussée a l’extrême, s'enraillait dans la poussé violente de la douleur.

L’électricité était rétablit a un étage.
DogFish entendait.
Il s'entendait lui, hurler comme jamais il n'avait hurlé.
Puis, un deuxième palier reprit de l'activité.
La douleur le transperçait, le tétanisait. Elle était si violente!
Aveuglé par les larmes, le sang et la folie.
Tout tournaient, tout vacillaient autour de lui.

Le cri de DogFish se transforma d'un seul coup en un grognement étouffé par le sang qui lui coupa la respiration.
Il cracha une gerbe d'hémoglobine devant lui, tremblant comme une feuille, meurtrie a en perdre la tête.
Il n'était plus tout a fait humain, a ce moment la, la gueule écumante de bave couleur carmin.
Ses yeux braqués dans le vide, les babines retroussées, dégoulinante de sang, gémissant et grognant comme un animal blessé et enragé.

« Alors le chien, tu ne sais plus mordre ?

DogFish reprenait sa respiration par accoues, s’étouffant dans son sang.
Souul....
Il avait entendu sa voix, dans la déchirure de son esprit.
Ses grognements augmentèrent de volume. Il était dans la totale incapacité de fermer la bouche, il arrivait a peine a la mouvoir, tentant de s'exprimer, mais seul des grognements et rugissements inhumains semblaient être capable de franchir ses lèvres.

Ssouuuul...

Et il se jeta comme un dément vers la voix qui le torturait, les yeux aveugles, les nerfs a vif.
Il plaqua le corps de Soul, ou plutôt celui qu'il pensait être Soul sur le sol, lui faisant violemment heurter la terre, le coinçant entre ses jambes, resserrant ses cuisses pour le maintenir.
Il attrapa le bras du médecin et y planta une de ses machettes, transperçant ce qu'il pensait être sa chaire pour l'immobiliser.

« Alors CHIEN, ne sais-tu qu’ABOYER ? »

DogFish hurla a s'en décrocher la mâchoire au visage de sa victime, l'arrosant de sang et de bave.

LLaaaaa FeeeeEEEEeeeerme!!!!

Et il le frappa au visage, encore et encore, s’acharnant comme un damné. La douleur lui vrillait les tympans. Frappe Frappe! Encore!
Plus fort!
ATTAQUE!
Il hurle, déverse sa rage, déverse sa folie!

Il lève sa seconde machette au dessus de la tête d'Eren a la façon d'une épée de Damoclès.

CRÈVE SOUL! CReeeeeeeeve!

Et il planta son arme dans le cou de l'enfant perdu, le transperçant définitivement.

Hrp:
 






"Cause you love, love, love
When you know I can't love / You love, love, love
When you know I can't love you"





Dernière édition par Wilhelm DogFish le Jeu 19 Fév 2015 - 2:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Mer 18 Fév 2015 - 22:16

Eren avait décroché depuis un moment. Tout ce qui se passait autour de lui l’importait peu. C’était déjà bien assez chiant. De se concentrer suffisamment pour entendre toutes ces voix environnantes. Après le dernier ordre de Smee, le jeune homme était devenu totalement hermétique. Une migraine lancinante vrillait le crâne du Silencieux, qui laissa un sifflement agacé s’échapper de ses lèvres. DogFish le rejoignit, pour l’aider à sa tâche donnée. Si Eren avait été moins idiot, à relâcher autant son attention, il aurait sans doute pu agir un peu plus vite. Parce que là, à l’instant présent, il ne vit rien venir. D’ailleurs, il n’entendit pas grand chose. Ce fut le mouvement de Wilhelm qui titilla son attention.

Présent à ses côtés il y a quelques instants, le voilà volatilisé. Eren arrêta son mouvement, avant de tourner la tête, suivant la direction prise par DogFish. Le Soigneur s’était jeté sur le Dragon. Ce dernier était rué par les coups de Soul, jusqu’à ce que DogFish atteigne L’Immuable. Jusque là, le Pirate n’avait pas bougé, se contentant d’observer la scène d’un drôle d’air. Surpris, blasé ou je-m’en-foutiste, difficile de savoir. Enfin, ça, c’était jusqu’à ce que Soul se précipite vers Eren. Hors du champ de vision du Pirate, qui avait reporté son attention en direction des autres membres de cet espèce de petit jeu, comme s’il avait craint que cette petite fille désormais borgne ne décide de se rebeller.

S’il avait été moins con, il aurait sans doute pu parer au plan que Soul avait monté dans sa tête.
Eren ne comprit pas ce qui se passait. Jusqu’à ce qu’il entende un hurlement distinct, clair, comme s'il avait été hurlé dans sa tête, avant d'entrer en collision avec le Pied - Beau. Enfin. Un DogFish comparable à un chien enragé. Une bave un peu rosâtre, un peu trop rouge, un regard perdu dans les méandres de sa folie provoquée par la douleur. Le visage ensanglanté, Wilhelm n’avait plus l’aspect d’un humain. Eren ne parvenait pas à déchiffrer ce qui sortait de la gorge du Pied - Beau. Sa liste mentale n’était pas opérationnelle. Lire sur les lèvres ne lui vint pas à l’esprit. Sans doute parce qu’il n’y avait rien à comprendre, et qu’il s’en doutait pertinemment.

Dans le feu de l’action, une seule pensée traversa l’esprit du Silencieux, lorsque sa tête, puis son corps tout entier heurtèrent violemment le sol, compressés par le poids du blond.
Sale clebs.

Sonné par la rencontre de sa tête avec le sol, le Pirate ne put se défendre face aux coups portés par Wilhelm. D’ailleurs, il ne lui en laissa pas l’occasion. Saisissant le bras d’Eren, DogFish finit par y planter sa machette d’un geste violent et sec. Fort heureusement qu’il n’y voyait rien. La lame rouillée se ‘contenta’ de déchiqueter l’avant-bras droit du Silencieux, qui étouffa sa réaction par un grognement de douleur, que lui-même pu entendre. Puis il entendit Soul. Du moins, ce qui semblait être sa voix. Il criait ses paroles, d’ailleurs. Comme c’était aimable, de penser au sourdingue dans un moment pareil. Ce qui est sûr, c’est que le chien ne faisait pas qu’aboyer. L’Immuable serait ravi d’avoir une réponse à sa question.

Les coups pleuvèrent, sonnant de plus en plus le Pirate, qui réussit à placer ses bras devant son visage, puis son torse, pour parer aux morsures de DogFish. Bientôt, le sang qui dégoulinait de l’avant-bras d’Eren se mélangea à celui de Wilhelm. Il avait mal. L’adrénaline ne l’aidait en rien. Encore fallait-il qu’il agisse, mais il n’en trouvait pas la force. Il détestait être pris par surprise.

Finalement, Eren parvint à bloquer le poignet de DogFish, se laissant un temps de répit pour reprendre un peu de son assurance. Un éclat, au dessus de sa tête, attira cependant son attention. Eren leva son regard, avant de remarquer avec horreur, un peu trop tard, la lame qui menaçait sa vie.

Une lame qui s’abaissa, en direction de son cou. Un coup qui risquait d’être fatal. Et pourtant, les pensées d’Eren tournèrent à plein régime.
Le temps semblait se suspendre, à ‘ses’ yeux. Il connaissait bien cette sensation, qui apparaissait lorsque notre vie était menacée. D’ailleurs, il avait l’étrange impression que la mort l’attendait sagement, ravie d’emporter une âme de plus. Son regard olive s’accrocha à cette lame, qui allait s’abattre sur lui.

Oh, à quoi bon se débattre.
C’était une petite voix qui murmurait, au plus profond de lui. Une petite voix qui semblait pousser un soupir. Tout était las, de toute façon. Il était tenté de se laisser faire. De ne pas rater cette belle occasion de disparaître une fois pour toute. Après tout, il ne savait même pas pourquoi il avait continuer à s’accrocher à cette vie cruelle, et surtout fatiguante. Il n’avait plus rien, ici. Il n’avait plus rien depuis le jour ou il avait franchi le seuil de la fenêtre, le seuil de ce foutu pays. Et ce n’était pas la vie de Pirate qui aurait pu le tirer d’affaire, loin de là.

Il pourrait se laisser faire, oui.
La lame de DogFish descendit d’un cran.
Après tout, tu n’as plus rien ici. De toute façon, tu ne sers à rien. Tu es bien trop incapable.
Puis d’un autre.
C’est vrai.
Puis il finit par sourire.

Il était hors de question de disparaître avant d’avoir montré à tous ces crétins qu’il était capable de quelque chose. Il avait des comptes à régler. Alors il garda ce sourire amusé. Puis ses pensées s’arrêtèrent. Ce n’était plus son cerveau qui commandait ses gestes, c’était l’adrénaline qui affluait dans ses veines.
Eren bascula sa tête sur le côté au dernier moment. La lame manqua son but. Mais elle ne manqua pas de déchiqueter la joue du Silencieux. Après ça, il ne se dérangea pas pour redresser une de ses jambes prisonnières, avant de flanquer à DogFish un coup bien placé. Dans l’entrejambe, pour être exact. Que ce soit déloyal ou pas, Eren n’en avait rien à foutre. Ce n’est pas comme si Wilhelm l’avait épargné, à la base. Maintenant que Wilhelm n’avait plus une emprise complète sur Eren, ce dernier put enfin se redresser. Au lieu de frapper Wilhelm, il se contenta d'agripper son cou, puis de plaquer le Pied - Beau au sol avec une force que Eren puisait d’on ne sait où. Et ce dernier se redressa, écrasa son pied sur l’estomac à DogFish, tout en lui arrachant des mains une de ses machettes rouillées.

Son sang continuait de filer sur sa peau. Malgré les coupures, malgré les hématomes, malgré la douleur qu’il devait encore être présente, il ne la sentait pas. Il n’avait plus mal, lui non plus. Mais cet effet demeurait temporaire. Il ne pensait plus aux autres, d’ailleurs. Eren détailla la lame du regard, laissant un sifflement s’échapper de ses lèvres. Avec une lame pareille, ses plaies avaient de fortes chances d’être infectées.
Eren abattit la machette en direction de DogFish, sans vraiment regarder ou il la plantait. Que ce soit à proximité de lui, ou en plein dans son corps. A l’instant présent, il s’en foutait.
Son corps en avait assez de forcer. Le Silencieux haletait, finissant sur ses genoux, le regard rivé en direction du sol. Il gardait ce sourire sur les lèvres. Ses oreilles sifflaient. Il n’entendait plus que cela. Et ce sifflement insupportable se répercutait dans sa tête.

Vraiment, il se demandait s’il avait bien fait de se défendre.
Ce qui est sûr, c’est que leur plan n’avait pas spécialement bien marché. Eren souriait toujours. Mais cette fois, ce sourire était motivé par l’idée que les Pirates se soient fait avoir par un seul Perdu.
Tant pis pour les autres. Il était bien trop sonné pour être encore de la partie.

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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Dim 22 Fév 2015 - 17:06


Les pirates partent à la chasse

La douleur s’intensifiait tellement qu’elle en devenait assourdissante, complètement aveuglée par tout ce qui se passait autour d’elle, la petite mère se retrouvait dans l’incapacité de bouger d’elle même. Elle était juste anesthésiée de la vie. Elle se contentait de fixer les personnes autour d’elle sans jamais vraiment les voir. Elle se contentait d’avoir l’air fatiguée, abattue par la vie, la douleur palpitant dans sa joue et son œil qui, inondé de sang, n’était pas visible. Elle ce qu’elle savait c’est qu’elle voyait flou, et qu’elle ne distinguait que de vulgaires masses ponctuées de points colorés. Rouge. Surtout du rouge. C’est la couleur dominante dans cette pénombre. Elle ne distinguait plus très bien la réalité de la fiction. Quand est-ce que cette chasse aux baies était-elle devenue une réunion de pirates et de criminels ? Peter était là, mais Peter était le plus grand criminel qu’elle n’eut jamais l’occasion de rencontrer. Il avait tué Vinyle, le pauvre petit Vinyle. Et dans sa folie, elle murmurait son nom.

«Vinyle... Vinyle... » Sa voix était si étouffée. Rauque.

Elle ne pouvait pas lui faire confiance, même les pirates n’avaient pas fait autant de mal. Sauf peut-être celui qui avait coupé les pieds du garçon perdu à la rigueur, mais tous les autres... Tous les autres l’effrayaient beaucoup moins que Peter Pan à cet instant. Le roi des enfants serait le personnage principal de ses cauchemars, elle en était certaine. Ce qui se passait ensuite, elle ne s’en souvient pas, où alors elle n’a pas fait attention. Il faut dire que tout se passait trop vite pour qu’elle ne comprenne ou n’analyse tout. Qu’est-ce qu’elle ne ferait pas pour se retrouver à nouveau dans les bras de sa maman, à rechercher l’attention et la tendresse en son sein. Qu’est-ce qu’elle ne ferait pas maintenant pour se retrouver à nouveau dans les bras de Zàba. Ce gentil garçon perdu, partir à la chasse au chocolat avec  Grenouille, espérer qu’il devienne la bougie tant attendue. Mais non, tout ça n’existerait plus maintenant. Ton monde s’effondre petite fille. Tu n’as plus qu’à abandonner, laisse couler.

C’est là que le terrifiant chien fit son apparition, plus dangereux que jamais avec son haleine de poubelles abandonnées et son air débile. Elle fut remise sur pieds, elle fut obligée de le regarder du mieux qu’elle pouvait. Elle supporta sa salive avec un air de dégoût sur le visage, tout en couinant timidement. Elle avait mal, mais plus aucune larme ne parvenait à sortir de ce visage boursouflé qui en avait déjà bien trop vécu. Ses jambes tremblotantes ne lui permettaient pas de tenir debout suffisamment longtemps si Dogfish ne la maintenait pas de cette façon. Il parlait, et expliquait des choses qu’elle ne comprenait pas. Il évoquait des personnes qu’elle ne connaissait pas. Elle l’écouta, mais ne compris pas tout de suite. Un œil en moins ? Elle avait un œil en moins ? Elle sentit la nausée remonter en elle, mais les actions du pirate étaient tellement variées qu’elle n’avait même plus le temps d’être dégoûtée. Elle suffoquait ici, elle voulait se réfugier dans les bras de quelqu’un, elle voulait retrouver ce cocon de douceur. Ce qu’il faisait était inhumain. Impensable. Les pauvres pieds de Vinyle !

«Vinyle... Vinyle... » Sa voix était si étouffée. Rauque.

Elle l’observait faire, bien contre son gré. Elle priait pour que le supplice prenne fin. Pauvre Vinyle. Il était mort. Terriblement mort. Que peut-on faire contre la mort ? Peter était censé les sauver tous. Le Dragon avait raison. Alors que le pirate se désintéressait d’elle, à son tour, elle tomba, genoux aux sols, s’écorchant la peau contre les branches et divers débris présents. Elle regarda partout autour d’elle, il lui sembla qu’une bagarre éclatait. Soul avait démarré les hostilités. Était-il avec Peter lui aussi ? Mon dieu, mais si tout le monde tue tout le monde, vers qui pourrait-elle se tourner ?

Paniquée, elle commença à ramper du mieux qu’elle pouvait dans les feuilles mortes, avançant sans savoir où aller, il fallait partir loin d’ici, trouver ce cocon réconfortant. Trouver cette accroche, ce petit quelque chose qui lui permettra -enfin- de souffler. Elle était à bout de souffle, larmoyante, geignant, la douleur se ranimant soudainement alors qu’elle vit là bas, au sol, le Dragon. Il ne semblait pas en bon état lui non plus. Était-ce Peter qui avait fait du mal à cet homme ? Ou bien était-ce Soul lui-même ? Elle n’avait pas eut le temps de suivre la conversation ni les faits qui s’étaient déroulés il y a pourtant quelques minutes. Dans le doute, elle continua à ramper, mais plutôt que de s’enfuir, elle se dirigea vers la seule personne qui fut rassurante aujourd’hui...

Le Dragon
«Dragon... » Sa voix était si étouffée. Rauque.

Les Dragons après tout, n’était-ce pas des fées en bien plus gros et puissant ? Et puis, ça fait du feu les dragons ! Elle qui adorait les fées, elle pouvait se trouver heureuse d’en avoir une vraie auprès d’elle maintenant. Elle oublia de nouveau tout ce qu’il y avait autour d’elle. Elle abandonna ses croyances, sa fierté, sa peur, ses envies. Elle lâcha absolument tout pour rejoindre le seul qui avait osé la prendre dans ses bras pour la câliner... Excepté l’autre pirate qui l’avait recouverte de sang. A quelques centimètres à peine de lui, elle tomba de fatigue, le bras tendu, ses petits doigts effleurant la joue douce et humide du pirate. Malgré son visage atrophié, et cette drôle de plaie qu’il lui avait créé, elle lui adressa le plus tendre des sourires brisés.

La petite fille avait retrouvé sa bougie.
Une simple lumière dans l’obscurité.

Elle aurait voulu se traîner un peu plus jusqu’à lui. Pouvoir se blottir réellement dans ses bras. Perdre enfin connaissance, s’endormir et attendre le lendemain, attendre que tout cela cesse enfin et découvrir que ce n’était qu’un simple cauchemar. Lòng serait son sauveur.

«Dragon... » Sa voix était si étouffée. Rauque.




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Smee
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Dim 22 Fév 2015 - 17:29

Tout n'était que chaos et anarchie.

L'arrivée de Peter Pan avait tout fait vaciller. Les esprits, les convictions, agrandissant les fêlures des esprits déjà blessés, accroissant la rage qui habitaient les âmes. Smee ne leva pas, une seule fois, la main pour aider ses compagnons. Seul Pan comptait, et rien d'autre. Que les autres pirates meurent s'il le faut. Leurs disparitions ne seraient pas vaines. Elles n'étaient que des marches pour lui permettre d'accéder au capitaine, à la consécration, à la Victoire.

Sans la moindre délicatesse, le second mit Peter Pan sur son épaule, comme s'il portait un simple sac à pommes de terres. L'enfant était étrangement léger, ne pesant pas plus qu'une plume. Était-ce son état naturel, ou cette faiblesse de corps provenait-elle de son état actuel, de cette figure vacillante de fantôme ? Smee n'en savait rien. Smee n'en avait cure.

Sourd aux hurlements, sourd à la violence, le pirate avançait droit devant. Vers l'horizon. Vers l'océan. Vers le Jolly Roger.

Une silhouette se campa devant lui, crachant des paroles qui rebondissaient sur le pirate. Laissant l'Enfant haranguer tout son soûl, Smee glissa son poignard à sa ceinture. Sa main alla chercher une autre arme, qu'il avait pris soin de se procurer avant de partir en mission. On n'était jamais trop prudents. Le canon d'un pistolet se positionna face au visage de Soul.

Le regard de Smee était glacial, détaché. Le regard d'un homme observant un moucheron, et déjà bien décidé à l'écraser. Le regard d'un adulte faisant face à un enfant présomptueux, à un petit coq se prenant pour un prédateur.

« Reviens me voir quand tu auras grandi, chaton. Tu auras peut-être une chance la prochaine fois. »

Le canon se baissa, dans un geste rappelant celui d'un couperet.

Un tir.

La balle se logea dans le mollet dans une gerbe de sang et de douleur. Le canon remonta, le pirate choisissant méthodiquement les endroits exposés, les parties les plus fragiles.

La seconde balle percuta le flanc blessé par DogFish.

La troisième atteignit Soul à l'épaule, obligeant le Soigneur à abdiquer, à faire profil bas.

Smee enjamba le corps sans même un regard. Se contentant simplement d'appuyer son pied sur le flanc exposé, broyant les organes sous sa semelle.

N'est pas héros qui veut. Et encore moins un enfant.

Le second se mit à accélérer son allure, courant pour distancer les enfants perdus dont les chants se faisaient entendre. Aucun d'eux ne le stopperait dans sa marche, aucun d'eux ne l'empêcherait de réaliser la quête de sa vie. Livrer Pan au capitaine James Hook.

Arrivé à la berge, Smee jeta, sans cérémonie, Peter Pan dans la barque et souqua ferme. Les enfants perdus s'étaient rapprochés. Il pouvait même voir l'éclat de leurs lances parmi les frondaisons de la jungle. Mais un tout autre éclat accaparait son esprit. Celui du sourire de James Hook qui, accoudé au bastingage, semblait presque applaudir l'action de son second. Le capitaine tendit même les bras alors que la barque percutait la coque du Jolly Roger.

Plus qu'un cordage à remonter et l'Enfant-Roi serait aux mains du capitaine des pirates.

Un vent glacial se leva alors, obligeant tout le monde, pirates et enfants perdus, à lever la tête. Une lune spectrale se dessinait sur la voûte de ténèbres. Une lune au large sourire.

Le Croquemitaine.

Citation :
SURPRISE !  
Pan, je te prie, à ton tour.  
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Le Croquemitaine
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✘ AVENTURES : 42

MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Dim 22 Fév 2015 - 19:50


Et c'est bien le Croquemitaine, qui sans son halo funeste se penche sur l'assemblée. La silhouette d'oiseau mort de Peter Pan, qu'il a tant cherché, l'a intrigué. L'Enfant Roi semble s'être animé l'espace d'une seconde — à moins que ce ne fût qu'une heure, qui sait — suite à l'insistance farouche et provocatrice d'un autre enfant, plus grand. Presque trop. La détresse qui étreint celui-ci, qui tente de réveiller un roi tout frêle, tout faible, qu'il sait pourtant vacillant, sa détresse à lui est lucide, profonde, quasi adulte. Elle fait retrousser les babines voraces du monstre de nuit. Mais malgré l'offense efficace du garçon, malgré l'urgence, la douleur, la fatalité, la fille éborgnée, les pirates aux lames d'acier, l'Enfant Roi ne se lève pas, et ne se lèvera pas.

Le Croquemitaine s'approche à nouveau, glaçant d'effroi les êtres qu'il surplombe. Il survole les âmes. Certaines sont ébréchées, quasi mortes, et ce constat le fait sourire d'avantage. D'autres sont abîmées, tordues, blessées. Aucune n'est intacte. Il rit alors, de son rire sonore, aigu, acide.

Son regard vide se plonge dans celui du capitaine, d'un mouvement presque humble, du moins respectueux, comme s'il reconnaissait un collègue dont il estimait le talent. Il secoue doucement son énorme visage, toutefois, comme pour dire "non". Non, tu n'auras pas Peter Pan, pas ce soir, pas pendant ma nuit. Car le Croquemitaine a besoin, envie, du coeur de l'île. Le coeur est affaibli mais bat toujours au rythme de la fantaisie qui perdure, qui lutte, et le Croquemitaine a faim de ces vestiges colorés. L'ancien roi doit mourir, en pénétrer son âme damnée à lui, s'il veut devenir le véritable roi du Pays de l'Imaginaire. Avoir tout le pouvoir. Alors doucement, le corps inerte de Pan s'arrache à la carcasse de Smee. Il lévite dans les airs et s'avance tragiquement vers la lune-croquemitaine. Le sourire énorme l'avale, puis, lentement, disparait, avec le reste du monstre. Une brume humide vous encercle alors. Le rire resurgit, plus puissant, plus animal encore. Il vous fait tanguer, vous emporte, et vous fait plonger au coeur d'un tourbillon gelé.

Long et Soul, que le Croquemitaine a senti soudés par un lien tragique, sont envoyés au coeur du Cimetière Lugubre.
Eren et Wilhelm, que le Croquemitaine a hâte de voir en équipe tant le duo promet d'être réjouissant, sont envoyés au coeur de la Forêt Macabre.
Smee et Eilis, simplement car le Croquemitaine se réjouit de la souffrance cuisante de la fillette et la préfère en une obscure compagnie, sont envoyés au coeur du Manoir Funèbre.


A la fin, la brume se dissipe et le rire s'évanouit. Ne reste sur le chemin que quelques traces de sang, de sueur et de larmes, celles d'enfants trop grands ou d'adultes trop instables qui ont oublié qu'un coeur qui se meurt condamne toute vie.




HRP:
Ainsi s'achève cette magnifique aventure ! Nous avons prévu cette fin avant que le rp ne s'essouffle et afin de permettre une ouverture finale qui, nous l'espérons, conviendra au plus grand nombre. Ainsi, vous êtes libres de poursuivre le rp dans les lieux indiqués avec le partenaire choisi, mais cela n'est en rien une obligation ! Par ailleurs, pour ceux qui désirent poursuivre en un dernier poste pour décrire la réaction de leur personnage peuvent le faire.
Bravo à tous pour cette incroyable péripétie digne d'une tragédie antique !  



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☠ Matelot du Jolly Roger ☠


✘ AVENTURES : 573
✘ SURNOM : Le Dragon
✘ AGE DU PERSO : La vingtaine. Pas plus, peut-être moins.

✘ DISPO POUR RP ? : Si tu l'oses ♥
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Sam 28 Fév 2015 - 14:06


Il y a un instant. Une fraction de seconde, de peur infime alors que le Dragon attend une réaction de l’Immuable. Un doute, une hésitation.

Est-ce qu’on est toujours comme avant ?

Il y a réponse. Le doute est balayé, foudroyé par l’euphorie alors que son meilleur ami le pousse, l’entraîne au sol. Il s’étale, le Dragon, de tout son long alors que deux coups de poing manquent le sonnent. Pourtant, loin de s’en formaliser, Lòng en rit en silence, ses épaules secouées par l’exaltation et l’hilarité. Cette violence-là... a un goût de passé. Mais, contrairement au reste, ce passé-là est doucereux. Acceptable. Sans doute magnifié. Les restes d’une amitié, seul souvenir lumineux des années passées là-bas.

La douleur fuse, pulsant sous la peau de son visage amoché alors que Soul se détache de lui pour s’occuper de son équipier. Lentement, pour éviter qu’on ne remarque qu’il est toujours conscient, le Dragon tourne la tête et observe de ses yeux luisants son dessein se réaliser. À quelques mètres, son ami s’est engagé dans une danse mortelle, défiant et narguant DogFish avec une morgue jouissive jusqu’à un impact que l’asiatique devine d’une violence rare. Et Lòng n’a aucun regret, de voir la douleur rendre son collègue plus fou encore qu’il ne l’était : il a même envie de rire et d’en rire encore. Il n’y a, dans son esprit vicié, aucune place pour un quelconque regret. C’est ainsi que Lòng a toujours fonctionné, objectifiant les êtres qui l’entouraient pour sa propre survie ou par jeu, incapable de reconnaître l’être derrière le nom, le coeur et l’âme du pion.

- Dragon...

C’est un murmure d’outre-tombe qui le tire de ses réflexions, le pousse à se concentrer. Près de lui, si près à nouveau, il y a la petite Mère, celle dont il a méthodiquement détruit l’esprit avant de la défigurer, celle qu’il a marqué... à jamais. Derrière elle se détache l’ombre de deux pirates qui, ignorant celui qui les a montés les uns contre les autres, ont recommencé à se battre. Un rictus tendre soulève le coin des lèvres du Dragon alors que sa victime effleure de ses doigts la peau de sa joue à lui, encore humide des larmes qu’il a auparavant versées. Il y a, sur le visage de l’enfant, le plus beau sourire du monde. Le pirate en oublierait presque le rire qui continue de secouer doucement ses épaules en une hystérie tranquille, continue.

- Dragon...

- Petite Mère.


Un peu plus loin, la voix de Soul résonne. La harangue a commencé. Tout en écoutant le Soigneur parler, Lòng tend le bras et attire la petite fille vers lui, la laissant se blottir contre son flanc. À nouveau sa main vient caresser les cheveux de l’enfant mais son esprit est ailleurs, accroché aux paroles de celui qu’il a enfin retrouvé.

C’est flou, c’est encore si flou et pourtant il parvient à s’en rappeler : à l’époque, il passait son temps à le chercher. Le Tigre entre les murs, la violence que son ami tentait de contenir, de réfréner. Et que lui seul pouvait faire sortir.

Dis-moi qu’ils ne nous ont pas changé.

- Je suis désolé, petite Mère. Pour ton oeil.

Sa voix s’est teinte d’une simplicité cruelle, désarmante. Du coin de l’oeil, Lòng voit qu’Eren et DogFish sont toujours en plein duel. S’aidant de son coude, il se redresse alors, se plie pour embrasser doucement le crâne de l’enfant. Le geste, de même que les mots, sont sincères : il n’avait pas prévu de la priver ainsi de sa vue. Mais peu importe au final, le mal est fait. Et l’enfant grandira, l’enfant se souviendra de lui.

- Ne m’oublie pas. Souffle-t-il alors que son sourire se refait cruel, malsain. L’envie de rire est revenue comme une vague, mêlée à l’électricité qui ne cesse de l’animer depuis que lui et Soul se sont retrouvés. La question de son incompétence, de ce qui aurait pu se passer est occultée, mise de côté pour le moment. Seule importe pour lui la fébrilité du moment, la joie stupide de deux idiots un peu trop cassés.

Il se redresse encore, le Dragon, en entendant la voix de Smee. Il voit l’éclat du canon mais tout s’est assourdi. Le ricanement meurt dans sa gorge, étouffé. Il n’a plus envie de rire parce qu’il sait ce qui va se passer.

Trois détonations, implacables, résonnent dans la forêt. Et Lòng voit Soul s’écrouler.

C’est étrange, qu’il ne réagisse pas tout de suite. Qu’il regarde ainsi son ami se faire piétiner sans réagir, paralysé par une vague de froid glacial, si forte qu’elle souffle le feu du Dragon.

Et Bình n’entend plus les bruits du combat, le chant furieux des renforts qui se rapprochent. Les détonations n’ont laissé derrière elles qu’un silence qui dévore son âme, le plonge dans la panique. Il en oublie de rire, de s’esclaffer. Il en oublie même... de respirer. Tout ce que peut faire Lòng, c’est hurler en silence le nom oublié de celui qui se meurt.

Il y a encore un temps, un instant de vertige puis le souffle revient brutalement et l’air de la nuit est tranchant comme du verre. Le visage crispé par une panique obscène, le matelot s’est relevé, abandonnant une fois de plus la Mère mutilée au profit du Soigneur. Et l’asiatique se précipite vers lui, tombe à genoux mais ses gestes sont sans âmes, saccadés : il se perd dans la panique, l’horreur de perdre ainsi son frère alors qu’ils s’étaient à peine retrouvés.

- Alexandre...

Le nom est sorti machinalement, porté par une voix blanche. Le pirate le contemple, perdu comme l’enfant qu’il aurait pu rester s’il l’avait dès le départ retrouvé.

Et le sang, ce sang qu’il se plaisait tant à faire couler, ce sang lui semble obscène à présent, déplacé. Que faire, que dire ? ... c’est si drôle, au fond, que le seul disponible pour soigner le docteur soit celui qui ne sait que détruire. Et les sanglots roulent dans la gorge du pirate, entrecoupant ses mots de soubresauts horrifiés.

Que faire.

Que dire.

- Espèce de fils de pute. Grogne-t-il avec un sursaut de hargne alors qu’il saisit son ami par le col et le secoue, tentant de le garder éveillé. Conscient. Il ne peut rien faire d’autre, son esprit est bloqué. Et c’est si drôle, qu’il aie lui-même occupé ses autres alliés potentiels.

Comme s’il s’était amusé à se retrouver tout seul en fin de compte.

- T’as intérêt à rester avec moi.

Et c’est tout ce qu’il peut dire, avant que le froid ne le saisisse à nouveau. Pétrifié d’une nouvelle vague de terreur, il lève instinctivement la tête et voit, au loin, le Croquemitaine apparaître et emporter le Démon Blanc. Le Dragon veut crier, réagir, mais plus rien en lui ne semble fonctionner. Il devient poids mort, inutile, noyé dans le silence de ses hurlements.

Quelqu’un.

Il n’y a personne.

Je vous en prie.

Personne pour les aider.

À la place, une brume glaciale l’enveloppe, le perd. Le lézard apeuré, créature pitoyable, reste d’un Dragon paralysé, se dissout dans le brouillard pour se retrouver à des lieues de là.

Dans un cimetière, en compagnie d’un mourant.

Tout cela avait quelque chose... d’hilarant.


HRP:
 








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