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Smee
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Dim 18 Jan 2015 - 18:21

Le regard d'Eilis lui poignardait le cœur tel un couteau. L'enfant la haïrait à jamais, son esprit hanté par le supplice de son ami, par le sentiment de la trahison. Smee n'avait jamais aimé s'attaquer aux enfants, sauf si nécessaire. Il se persuadait de faire un sacrifice pour le bien d'une communauté, mais sa conscience lui soufflait qu'une autre alternative aurait pu être possible. Mais ce qui était fait, était fait. Smee ne pouvait que reléguer, au mieux, ses sentiments personnels, durcissant son visage. S'il devait jouer le rôle du « sale pirate », il le ferait. Pour le bien de l'équipage.

« La vie est cruelle, princesse. »

Laissant Eilis entre de « bonnes » mains, Smee alla voir ce  que faisait Pied-Beau. Le sang, épais, gorgeait le sol. Les pieds reposaient à proximité du corps, coupés proprement. Rien qu'à la découpe on pouvait sentir que le pirate avait la main sûre, le geste professionnel.

« DogFish, veille à ce qu'il ne meurt pas. On doit alerter le Soigneur et, mort, il n'aura plus aucune valeur. »

Smee fit le tour du duo, pliant les genoux pour faire face au visage de Vinyle.

« Ne te débats pas, sinon tu risques d'y passer. Ce serait dommage de mourir si jeune. Avec de la chance le Soigneur viendra te sauver des griffes des ignobles pirates. »

Le second tapota la tête de Vinyle, geste qui sonnait presque comme une insulte. A l'image d'un crachat que le pirate lui aurait lancé à la figure. Smee se remit debout, ses pas le ramenant au centre de la scène entre les deux enfants, chacun prisonniers de la poigne d'un pirate.

« Mes amis, je vous félicite pour votre travail. Si nous restons ici, aucun Enfant Perdue ne nous approchera. Il nous faut laisser des traces de notre crime, si possible des survivants ayant besoin d'une aide extérieure. Je propose qu'on attache la fille à un arbre, de même que le garçon. A eux deux, ils sauront crier assez fort pour alerter leurs amis. »

Et avec un peu de chance, Peter Pan viendrait lui-même sur les lieux du crime. L'espoir faisait vivre.

Citation :
C'était rude d'écrire après vos posts, trop d'émotions dans mon petit cœur.  
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Ancien Enfant Perdu
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Dim 18 Jan 2015 - 20:16


Vinyle n'avait pas peur d'avoir mal.

Depuis qu'il était sur l'île en tout cas, ce n'était pas la douleur qui lui avait manqué. Il s'était cogné, éraflé, ouvert, battu. Il avait passé des heures dans l'infirmerie de fortune de l'arbre, et ses cicatrices pouvaient en témoigner. Il s'était même déjà fait mordre à la jambe, et depuis ce jour, boitait toujours un peu. En bref, il avait développé une tolérance à la douleur plutôt respectable.
Il ne cria pas lorsque le pirate qui le tenait le désarma d'un coup fluide du poignet. Quand il se retrouva par terre, ses poumons se vidèrent d'un coup et sa tête cogna sur le sol, le laissant étourdi, mais ce n'était pas grand chose. Pas grand chose face à la suite. Il paniquait, Vinyle. Il se débattait, mais la prise du pirate était étudiée, assurant son immobilité.

Il chantait, juste avant d'abaisser sa lame. Une chanson qui faisait se tordre quelque chose dans le ventre de Vinyle. La peur, les regrets, la peur encore, et une boucle de je ne devrais pas être là je ne devrais pas être là. Et puis il n'entendit plus rien du tout.

Quelques secondes de flottement, délicieuses, avant que la douleur ne frappe. Lui coupant le souffle avant qu'il n'ait le temps d’ouvrir la bouche pour respirer à nouveau. Il ne pouvait pas crier. Il ne pouvait que tenter en vain de prendre une bouffée d'air, s'étouffer sur la terre tout contre son visage et les larmes qu'il n'avait pas senti couler. Il paraît que les vrais hommes ne pleurent pas, mais on ne lui avait pas laissé l'occasion d'en devenir un, après tout.
Es taches blanches dans sa vision, un voile qui couvrait ses oreilles. Il entendit Eilis crier. Maman, elle disait. Maman, maman. Rachel. Maman. Pourquoi elle n'était pas là, maman ? Maman saurait quoi faire, maman n'aurait jamais laissé faire ça. Entre deux gémissements, entre deux hoquets incontrôlables, il balbutiait des syllabes. Maman.

Vinyle tremblait de tout son corps maintenant. Il sentait son sang qui désertait son corps, il ne pouvait pas respirer, le visage couvert de terre et de larmes. Il ne savait pas. Il ne savait plus. Il voulait que ça s’arrête. Il sentit vaguement qu'on le bougeait, se sentit incapable de résister, se contentant que hoqueter et tenter de dire quelque chose, mais les mots ne sortaient pas, seulement des sons, tous seuls, des sons sans but qui venaient se perdre dans les arbres de la forêt trop noire.
Maman, maman.

Peter, Peter avait promis qu'il serait heureux.

hrp:
 


Dernière édition par Vinyle le Mar 20 Jan 2015 - 20:39, édité 1 fois
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Wilhelm DogFish
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Lun 19 Jan 2015 - 0:10

DogFish était couvert de sang lorsque Smee s'approcha de lui et de sa victime.
Tout content de voir son supérieur arriver, Wilhelm lui fit un grand sourire.
Le liquide rouge et poisseux lui recouvrait la moitié du visage et avait aspergé ses vêtements, pourtant, l'attitude du Pied Beau n'avait pas grand chose de changé par rapport a d'habitude. C'était un peu comme s'il ne l'avait pas lui même remarqué.
Comme si tout était parfaitement normal.

Cependant, a l'écoute des ordres de Smee, son sourire se figea, retombant presque instantanément et se transformant lentement mais surement en une sorte de grimace de déception.

Quoi? On ne tue pas l'enfant?
Ses yeux bleus pales, qui semblaient plus bizarre encore du fait du contraste prononcé qu'ils rendaient avec le sang sombre qui tachait son visage, perlant de son front jusqu’à son menton, ne cessaient de faire des vas et viens de Smee a Vinyle, comme pour mieux percuter l'information.
Il soupira, ses épaules s'affaissant tout en écoutant le plan.

- Oui Mr Smee!
Se contenta t-il de répondre. On obéit toujours aux ordres, même si parfois, ils sont des plus cruels! Car oui, DogFish trouvait son supérieur cruel dans cette situation.
Wilhelm avait pour habitude d'achever rapidement ses victimes lorsqu'il avait prélevé leurs pieds, car soyons honnête, aucune créature saine d'esprit ne supporterait bien longtemps de vivre sans cette partie de son corps!
Vivre sans pieds, c'était sans doute le pire châtiment que l'on pouvait faire subir a quelqu'un! Mieux valait mourir!

Enfin... Smee était un pirate, un vrai! Dans l'esprit de DogFish, il faisait partit de ceux qui n’hésitaient jamais, qui n’éprouvaient ni compassion ni regret!
Un exemple a suivre en somme!
DogFish lui, était un gentil, bien trop souvent tourmenté par ses bons sentiments!

Le Pied Beau se mit donc a la tache. Il utilisa l'une de ses machettes souillées de sang pour découper et arracher un pan de son propre haut (plus très propre, mais l'avait-il été un jour?), raccourcissant la manche de son bras droit jusqu'au coude, et utilisa ces lanières de tissu comme garrot, enserrant chacune des chevilles de Vinyle avec.
Ainsi, l'hémorragie était ralentie.
Le souhait de Smee serait exaucé, le jeune garçon vivrait le plus longtemps possible.
Lorsqu'il s'agissait de blessure aux pieds, DogFish était incollable, surtout lorsqu'il les avait lui même infligé.
Puis, il souleva le corps inerte de l'enfant d'un bras, et ses pieds de l'autre, se dirigeant vers l'arbre le plus proche.
Mais problème.
Il n'avait pas de corde.
Il lâcha Vinyle prêt de l'arbre comme un sac a patate et trottina (oui oui, il trottine) vers Lòng, s’arrêtant juste devant lui.

Euh.. t'aurais pas une corde? J'ai rien pour l'attacher! Il  fit un beau sourire au Dragon en guise de s'il te plait et très vite son attention fut attiré par la petite fille que le pirate tenait toujours prisonnière.
Attendrit par la bouille recouverte par les larmes, il se pencha vers elle, s’appuyant sur ses genoux pour se mettre a sa hauteur.

- Hoo.. bah faut pas pleurer comme ça! Il est pas mort Vinyle! hn? Il lui pinça gentiment la joue, lui secouant doucement la tête. Puis regarde, maintenant, il sera toujours avec nous! Tout en lui parlant, il lui colla les pieds de l'enfant perdu dégoulinant de sang sous le nez. Allez, j'te fait un câlin moi! Et il la serra dans ses bras, attrapant les hanches de Lòng dans la foulé et la serra fort contre son cœur.
Une fois le câlin terminé, il se détacha d'elle, la laissant ainsi recouverte du sang de son ami.






"Cause you love, love, love
When you know I can't love / You love, love, love
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Lòng Sơn Mai
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Lun 19 Jan 2015 - 22:58


- T’ÉTAIS MIEUX QUAND TU FAISAIS DES CÂLINS A MAMAN TOI !

L’exclamation furieuse de la petite, adressée à Smee, eut le don de faire ricaner le Dragon. Ce dernier se tenait toujours immobile, serrant la gamine entre ses bras comme s’il voulait la protéger, comme si elle ne se trouvait pas déjà à l’endroit le plus dangereux des environs. Son sourire s’élargit lorsqu’il la sentit se débattre en vain, tenter de lui faire du mal. La colère de cette fillette était insignifiante, risible, typiquement le genre de manifestations enfantines que le Dragon adorait réduire à néant. Mais la remarque de la Perdue le travaillant, pourtant, imperceptiblement. Comme un mauvais venin au goût de poussière. Confondait-elle Smee avec son père ? Non, elle l’aurait reconnu ou appelé avant... la mère de la Mère s’était-elle - en son temps - montrée bien vilaine ? Le rictus de Lòng se modifia légèrement. Cela le travaillait, le tiraillait, réveillait d’anciens souvenirs et une partie de lui, engourdie, aurait voulu dire qu’il comprenait. Qu’il savait décrypter.

Il ne le fit pas, se contentant de resserrer imperceptiblement l’étreinte qui les liait.

La petite s’était calmée, lui obéissant comme s’il était son seul salut. Et Lòng jouait son rôle, contemplant avec une expression sereine le supplice de Vinyle. Il comprenait, aux réactions de la gamine, que sa présence était désormais salutaire, que sa voix, ses bras étaient tout ce à quoi l’enfant se raccrochait pour ne pas que la flamme de sa raison ne s’éteigne définitivement. Ce n’était pas la première fois qu’un tel lien s’établissait entre lui et sa victime et ce ne serait sans doute pas la dernière. Mais la sensation de pouvoir absolu était toujours aussi grisante, toujours aussi exquise.

Lorsque la fille hurla, il sentit un courant électrique le transpercer, le ramener à la vie.

- Il… Meurt … ? Je vais… Mourir aussi maintenant ? Je voulais juste…

Rencontre de regards. La petite s’était légèrement tournée vers lui, en quête d’une réponse.

- … Un câlin.

Ce fut Smee qui répondit. Lòng, lui, se contenta de vérifier, d’un geste léger de sa main armée, que la Mère ne s’était pas trop profondément coupée. Un peu de sang coulait, mais rien qui ne puisse la mettre en danger. La respiration du Dragon s’accéléra légèrement alors qu’il se perdait dans les contours de ce visage baignée de larmes, à l’expression typique d’innocence brisée. Mais pas assez à son goût. Il n’en avait jamais assez.

N’oublie pas de respirer.

- Mes amis, je vous félicite pour votre travail. Si nous restons ici, aucun Enfant Perdue ne nous approchera. Il nous faut laisser des traces de notre crime, si possible des survivants ayant besoin d'une aide extérieure. Je propose qu'on attache la fille à un arbre, de même que le garçon. A eux deux, ils sauront crier assez fort pour alerter leurs amis.

C’était là une proposition, pas un ordre. Rompant le contact, Lòng releva la tête et plongea son regard dans celui du second. L’idée de se séparer de la petite Mère ne lui plaisait guère.

Elle avait besoin de lui, il pouvait le sentir. Et lui avait besoin de ce qu’il pouvait obtenir d’elle. Et puis, il n’aimait pas partager. Il pouvait s’en souvenir maintenant... il n’avait jamais aimé.

- Oui Mr Smee!

Bien sûr, DogFish s’était empressé d’obéir. La main de Lòng cessa d’agripper les cheveux de la petite pour les lui caresser doucement, jouant avec les mèches blondes en une série de gestes apaisants. Il se pencha à nouveau et ronronna à l’oreille de la Perdue :

- Je sais ce que tu penses.

Sa voix était douce, mais la pression qu’il exerçait de sa lame sur le cou restait, elle,  omniprésente.

- Que cela n’a rien de juste et tu as raison.

Il marqua une légère pause et reprit, sourire aux lèvres :

- Tu as été sage, petite Mère. Assez pour que je te dise un secret. Mais avant cela, je veux que tu comprennes que cela ne te sert à rien d’avoir peur. La peur n’est utile que si tu peux t’échapper. Et tu ne pourras pas. J’y veillerais, princesse.

Il ricana doucement.

- Peter ne va pas venir te sauver, ni toi ni Vinyle. Peter se fout de vous, Peter vous a abandonné.

Une seconde passa. Sa main libre vint passer autour de la taille de la petite, l’entraînant vers lui.

- Mais ne t’inquiète pas. Je resterai avec toi jusqu’à la fin.

Il se redressa, redonnant une partie de son espace à l’enfant. DogFish trottina vers lui et lui adressa un splendide sourire édenté :

- Euh.. t'aurais pas une corde? J'ai rien pour l'attacher!

En guise de réponse, Lòng vint plonger sa main libre dans la poche de son manteau. Il avait toujours de la corde avec lui. Des cordes, des lames, un briquet. Pendant que le Dragon fouillait, le Pied-Beau se mit à parler à la Mère, aggravant encore plus la fracture qui devait s’être creusée à même l’esprit de l’enfant. Puis soudainement, il l’emprisonna dans un câlin dont le Dragon dut faire également les frais. Lòng se laissa faire, se contentant de rire doucement.

- Tout doux, DogFish.

Le Pied-Beau les libéra de la poisseuse étreinte, laissant l’enfant recouverte de sang. L’odeur ferreuse était omniprésente, enivrante en quelque sorte. Mais dans l’esprit du Dragon, elle éveillait - une nouvelle fois - autre chose. Des souvenirs, des sensations d’un autre temps. Une odeur de vieille guerre.

Il se ressaisit, tira de sa poche une corde enroulée qu’il tendit rapidement à son collègue. Puis il tourna la tête vers Smee et parla d’un ton d’une douceur indécente au vu de son regard, du sang qui l’avait maculé également :

- Si tu veux qu’elle crie, elle criera. Mais la petite reste avec moi.

Il espérait simplement que DogFish ne l’avait pas involontairement tirée de son emprise. Lòng ferma les yeux, encore légèrement étourdi par le sang. Cette gamine, les circonstances le fragilisaient, tentaient de ramener de vieilles choses à la surface. Des souvenirs sans intérêt, vides, morts comme lui l’était. Perturbé, il prit sur lui pour calmer sa respiration, ses pensées endiablées. Il fallait qu’il garde la maîtrise de lui-même, de ses pensées. Il était fragile, il surinterprétait. Mais il se resaisissait.

Il fallait qu’il cesse de penser aux morts pour se concentrer sur les vivants.

Après tout, il pensait - bien naïvement - en avoir fini avec le bon vieux temps.

Spoiler:
 








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Soul
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♣ Chef des Soigneurs ♣


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« L'âme naît vieille dans le corps ; c'est pour la rajeunir que celui-ci vieillit. »
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Jeu 22 Jan 2015 - 1:55


Un peu plus tôt...

Le gamin lui était rentré dedans, hagard. Il ne s’attendait visiblement pas à croiser quiconque sur sa route, et encore moins le Chef des soigneurs, qui l'interrogeait perplexe, devant son air halluciné.

Depuis que l’île entière avait sombré, que tant de choses étaient arrivées… Depuis le monstre qu’il s’était découvert… Soul ne parvenait plus à rester trop longtemps confiné. Comme craignant de blesser de nouveau, ceux qu’il s’évertuait à sauver.
Il avait toujours du mal à croiser le regard de Whistle, mais pourtant l’obligeait à sa présence. Pour se rassurer sur sa guérison. Le soigneur refusait de déléguer à quiconque, malgré le traumatisme qu'il avait infligé.

De fait, depuis l’Arène, beaucoup d’enfants s’étaient mis à l'éviter. Comment aurait-il pu leur en vouloir ? Il se faisait peur. Au moins, dans l’obscurité de ces tristes nuits, pouvait-il laisser libre court à son chagrin, sans craindre d’être surpris ou encore une fois… fuit.
Mais... visiblement, le garçon qui l’avait percuté, semblait plus effrayé par ce qu’il évoquait entre deux hoquets, que ce que le soigneur déchaîné aurait pu lui faire.

Il lui expliqua en bégayant : Des pirates. Et puis, Vinyle et Eilis. Il n’avait pas attendu d’en voir d’avantage, prenant la fuite : « comme un lâche » - avait-il gémit.

« Non. Tu as bien fait. Chercher du secours, c’est ce qu’il fallait. » s’était-il entendu lui répondre posément.

A sa description, le soigneur avait reconnu de réputation deux des pirates, peut-être trois. Il savait déjà que les prisonniers n’auraient pas grande chance. Il en était presque venu à admettre - frustré et désolé - son impuissance (une nouvelle fois !), quand le récolteur évoqua leur objectif :
« Ils… veulent attirer un soigneur. »

L’heure n’était plus à s’interroger au pourquoi, sa décision était déjà prise. Soul suivait rarement ses impulsions, préférant toujours rationaliser, agir à froid. Mais voilà qu’il pourrait peut-être freiner l’échéance… Offrir un peu de temps au renfort pour contre-attaquer. Et peut-être… Oui…. peut-être n’y aurait-il aucun mort à déplorer. Peut-être qu’il pouvait réussir… à les sauver. Peut-être n’était-il pas qu’un monstre en sommeil. Peut-être, oui… peut-être pourrait-il purger sa peine. Purger cette haine qui l’avait consumé.

Incontestablement, l’indochinois était brillant, endossant les différentes spécialités médicales avec une aisance qui trahissait de longs moments à méditer et revisiter ce que son père lui avait appris, à s’adapter à cette île, au peu de moyens. A voir défiler blessures, et maladies. A soigner du plus petit bouton à la mortelle septicémie. Il ne vivait plus qu’avec cette fièvre d’en sauver un autre. Et encore un autre. Les visages défilaient, les paupières lourdes d’un réveil qui ne viendrait jamais, son carnet était peuplé d’une ribambelle de fantômes qu’ils avaient presque tous…
oublié.

L’adolescent n’en avait pas conscience mais il avait sauvé beaucoup plus que quiconque ne l’aurait pu. Continuant à s’attribuer la culpabilité de ses défaites, en oubliant ses mérites,  incapable de lutter contre cette pernicieuse maturité qui le faisait changer, il lui restait encore, cet espoir d’enfance, cette naïveté ineffable qu’il pourrait « se rattraper », que chacun puisse avoir un avenir, à défaut de grandir.
… A défaut d’être heureux.


Il pourrait faire quelque chose. Cette fois. Oui. Il aiderait à les sauver. Quitte à se risquer en pâture. C’était leur unique chance.

Le garçon le conduisit au plus près dans leur direction, les cris de souffrance tracèrent ensuite leur sillage, aussi distinctement que la rage et les pleurs.

Le chef des soigneurs avait déjà renvoyé le récolteur aux sentinelles :   « Trouve Scar. Puis va chercher  Sharpy. Expose-leur la situation. » - Peter demeurant introuvable, il n’avait pas 36 solutions ; « Dis-leur que je leur ferai gagner tout le temps que je pourrais. ».

Soul, dans sa quête de pardon, oubliait le précieux de son existence, de ses connaissances, les perdus qui persistaient à croire en lui. Sa tourmente lui faisait perdre pieds, il se jetait éperdu, tout droit au danger, comme s’il pouvait agir en héros. Ou peut-être… mourir en ayant essayé.
Que cesse l’agonie de ce repentir.


***


Il avait approché la scène sans un bruissement, étonnement alerte et conscient de la moindre odeur, de la moindre lueur. Les effluves qu’il connaissait pas cœur, le reflet des lames, les sourires carnassiers qui se révélaient à la lune. Il n’avait plus peur. Pris de la ferveur du juste, il s’était fondu dans la nuit, d’une agilité qu’il n'aurait jamais soupçonné… Pour soudainement se figer. Se réveiller.

Et réaliser que le cauchemar –lui– continuait. Vinyle… L’enfant qu’il n’avait jamais réussi à apprivoiser. Vinyle gisait adossé à un arbre. Les moignons de ses jambes pleuraient au travers des chiffons qui les entravaient. La jeune mère que Soul n’avait jamais pu considérer autrement qu’une enfant, continuait à se débattre, prise entre deux forbans.

Sa mâchoire se crispa. Il était arrivé trop tard. Trop tard pour leur éviter les pleurs, la douleur. Ce cauchemar...

Les poings serrés, il se redressa pourtant. On l’attendait. Et la béance des plaies de l’asiatique n’aurait pas pu faire plus grand écho, qu'à celle de son de cœur. Alors, dans un état second et muni de la sacoche qui ne le quittait jamais ; il s’approcha de l’arbre et du blessé. Comme s’il ignorait volontairement les pirates, ne leur accordant plus un regard, s’occupant, presque tranquillement à défaire ce qu’avait accompli « Pied-Tranchant ».

« Vinyle. » murmura-t-il, inébranlable : « Je n’ai jamais compris pourquoi tu me fuyais. Mais je ne te laisserai pas partir. » - Non. Pas comme ça. Pas sans lui laisser de quoi se rattraper. Il pourrait, grand dieu ! Il devait y survivre.

Déjà avait-il appliqué les compresses imbibées d'alcool sur les moignons nettoyé de toutes impuretés pour ensuite repositionner les garrots plus au-dessus, tout en décongestionnant les membres. Il secoua une petite bouteille, rempli d’eau et d’écorce de saule qu’il entreprit de faire boire au Rayé : « Cela empêchera la fièvre. ».

« Vous autres. » - Sa voix s’était clarifiée, tonnant légitimement, sans une once d'hésitation.

« Éclairez-moi à côté. » - Le soigneur ne cherchait pas à s’expliquer. Il était naturel que l'on exécute son injonction.

Être en pleine nature démultipliait les risques d’infections, mais il n’avait pas d’autre choix. L’immuable voulait d’abord tenter des sutures hémostatiques aux artères éventrées, mais aurait sans doute à se résoudre à pire… Cautériser ces deux jambes avec la torche qu’il attendait.

Il ne dépendait plus que de la volonté de Vinyle, et des chances que l’île, et ses multiples monstres lui laisseraient… à survivre.







« C'est un peu de ton espoir,
ce que les années en ont perdu.
On dirait ton ombre et qu'elle cherche
à se mettre debout. N'appelle personne.
Ton cœur ce n'est pas toi, c'est un enfant
qui se tourmente avec la crainte de tomber. »

Joe Bousquet




Dernière édition par Soul le Ven 23 Jan 2015 - 5:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Jeu 22 Jan 2015 - 18:34


Les pirates partent à la chasse

Ce monde ne tournait pas rond. Vraiment pas rond. Comment pouvait-elle encore supporter d’être ici ? Eilis écouta les paroles de l’homme à Lunettes. Smee d’après ce qu’elle avait cru comprendre. Mais ici maintenant plus rien n’était sûr. Non plus rien du tout. Elle ne répondit pas. Elle était vide. Vide de tout. Vinyle souffrait, et se vidai peu à peu de tout ce qu’il possédait. Et de son sang surtout. L’enfant regardait ce liquide vermeil avec un mélange de fascination et de dégoût. C’était beau, mais ça sentait mauvais et cela lui retournait l’estomac. Elle avait limite envie de vomir mais son petit ventre était vide donc dans tous les cas elle n’aurait pas pu évacuer grand-chose. Fort heureusement pour tout le monde, cela n’arriva pas. Pourtant quand tout ceci fut fini, c’est Lòng qu’elle ne pouvait plus quitter du regard. Fascinée par le Dragon, fascinée par cet être terrifiant et rassurant à la fois. Elle ne savait plus sur quel pied danser. Se débattre ? Ou bien s’abandonner à ses bras si rassurants qui tiennent pourtant ce couteau si effrayant… ?

C’est pile quand elle réfléchissait à cela qu’elle sentit cette douce caresse dans ses cheveux. Il… La câlinait vraiment ?! Mais qui était cet homme franchement ?! Elle renifla un peu, alors que les larmes se remirent à couler, encore et encore le long de ses joues. Ne pas savoir, ne pas être posée sur une idée fixe la rendait encore plus dingue. Devait-elle l’aimer ou le détester ? Elle avait envie de le frapper, de hurler encore, et pourtant, ses mains se resserraient sur le tissu de sa manche, se maintenant elle-même dans son emprise. C’est comme lorsqu’un animal est captif trop longtemps. Il fut tellement habitué à cette captivité qu’au final, quand on ouvre la cage, il ne sait pas s’il peut réellement partir et préfère rester entre les barreaux de la folie. Eilis se sentait exactement comme cet animal en cage. Et cette caresse. Trop rare, trop légère… Était pourtant le geste le plus rassurant qu’elle n’ait jamais connu. Elle ferma les yeux un bref instant, se laissant convaincre une demi seconde que tout cela était fini.

Même lorsqu’il parlait, et qu’elle ouvrit les yeux en l’écoutant, elle ne parvenait pas à se dire que tout ceci était horrible. Elle voulait juste oublier ce qui se passait sous son regard, juste pour rester dans les ronronnements du pirate aux yeux d’orage. Elle se mordit la lèvre, le corps parcouru de spasmes et de sanglots, qu’adviendrait-il d’elle maintenant que tout ceci s’était passé ? Pourrait-elle rentrer s’occuper de ses petits ? Elle était une mère non… ? Une mère… Quelle petite fille de onze ans peut prétendre à être mère ? Cette image la frappa tellement fort qu’elle eut l’impression d’avoir mal. Oui. Rien de tout cela n’était juste. Comme s’il lisait dans ses pensées, Lòng la rassura sur sa situation. En effet, elle ne s’enfuirait pas, elle n’aurait pas de moyens de s’échapper. Et elle le croyait quand il disait qu’il y veillerait personnellement. Mais alors, elle irait où ? Elle ferait quoi ? Elle le suivrait ? Partout où il irait ? Mais c’est un pirate ! Et puis elle ne sait même pas nager très bien…

Peter se fout de vous. Peter vous a abandonné. Encore des paroles qui font mal, tellement mal. Elle, elle voulait juste être heureuse, elle voulait juste profiter de la vie, jouer. C’était elle la joueuse. Mais il semblerait que maintenant, les jeux soient tout autres. Peter avait disparu quand la nuit était tombée pour l’éternité. Et elle n’avait même pas de feu, de bougie avec elle pour se rassurer. Non, sa seule bougie présente, c’était ce pirate qui la tenait, et sa lame aussi brûlante que le feu contre sa gorge.

Son bras, se fit sentir autour de ses hanches, et elle retint son souffle craignant d’avoir mal. Mais rien ne se passa. Juste, son étreinte, douce, et reposante. Elle avait envie de dormir. Ses yeux lui piquaient de trop pleurer, ils devaient être tous rouges et tous gonflés, sa gorge lui faisait mal d’avoir hurlé et sa peau la brûlait là où elle s’était coupée avec le couteau. Et puis, il lui promit qu’il serait toujours là avec elle, jusqu’à la fin. Une part d’elle désirait que la fin arrive vite, qu’elle puisse juste se blottir dans son lit et pleurer, pleurer jusqu’à ce qu’elle soit complètement sèche. Pourtant, elle s’entendit répondre…

« Ne me lâche pas… » Dans un souffle érayé.

Peut-être avait-elle dit cela parce que Dogfish approchait avec son air de chien mal-nourri. Et que son odeur putride ne lui disait rien qui vaille. Il lui pinça la joue, elle se contenta d’un, « AÏE ! » avant de vivre l’horreur à nouveau. Ces pieds qui se balancent sous son nez. Elle faillit vomir de nouveau mais elle se contenta de tourner la tête, quitte à se couper à nouveau, pour enfouir le plus possible son visage contre le haut de Lòng. Et puis… Et puis le câlin. Elle eut un petit cri, agitant ses pieds comme pour se défaire de l’étreinte du pirate puant, du tueur. Vinyle, Vinyle où es-tu ?! Son image lui revint soudainement. C’est vrai çà ! Si ses pieds étaient là ? Où était le reste ?! Elle se redressa, une fois l’étreinte terminée, et regarda autour d’elle comme une biche effarée. Son regard se posa sur l’arbre. Il faisait sombre, mais au  vu de la forme, il n’y avait pas de doutes, c’était lui.

« VINYLE ! Accroche toi ! Tu vas vivre ! »

Dernier espoir avant de fondre en larmes à nouveau, elle fait son rôle de mère, restant prisonnière de son pirate, prisonnière de son emprise, de sa voix, de son amour… Pour le moins… Spécial. Quelque chose la rassurait, le fait qu’il ne veuille pas la lâcher, mais c’est aussi ce qui la glaçait sur place. Comment arriverait-elle à s’en sortir ? Et puis, Vinyle ? Il ne pouvait plus marcher ! Il devrait lui rendre ses pieds. Non… On ne peut pas recoller des pieds. Zut. Elle soupira, entre deux sanglots, ne parvenant toujours pas à stopper son chagrin. C’est là qu’un nouvel espoir, une nouvelle flamme, apparu, elle ne le reconnu pas tout de suite mais quand il parla sa voix fit tilt dans son esprit détruit par le dragon. Elle prit une grande inspiration, et leva le visage vers Lòng, a qui d’autre pouvait-elle annoncer la bonne nouvelle ?

« C’est Soul… » Un simple souffle sortit d’entre ses lèvres.

Eilis n’était plus. Eilis était morte. Ses jambes tremblaient et elle peinait à tenir sur ses jambes. Elle avait eut un sursaut de vie, plus pour faire croire à Vinyle que tout irait bien, c’est le rôle des mamans que de rassurer les enfants, ce n’était pas le sien, mais elle ne pouvait s’empêcher de les protéger tous… Pourtant, elle était incapable de quoi que ce soit. Elle chavira légèrement, contre le ventre du jeune homme, appuyée contre lui, elle s’en remettait totalement à ses bras. De nouveau son regard larmoyant se leva vers le Dragon, demandant d’une voix suppliante.

« … Dis, on rentre maintenant qu’il est là… ? »






Spoiler:
 
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Smee
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Jeu 22 Jan 2015 - 20:08

Smee s'était incliné face à la remarque de Lòng. Le second n'avait pas envie de se battre pour une telle broutille. Vinyle avait été ligoté à l'arbre figurant un simulacre de rite amérindien. Les pirates n'eurent pas le temps de se disperser comme l'avait souhaité le second.

Le soigneur arriva, le visage fermé, son regard fixé sur le garçon ligoté. Un lourd silence accueillit sa venue. Smee fit signe à ses compagnons de ne rien tenter. Que le soigneur fasse donc son travail. Les pirates pourraient, ainsi, l'observer en pleine ouvrage, et juger pleinement de ses compétences.

Sur l'injonction de Soul, Smee ramassa une lanterne (amenée par qui ? Un pirate, un Enfant perdu?) et se rapprocha du soigneur, lui permettant de voir l'état des moignons du Diplomate. Smee observait, sans un mot, ses yeux suivant le moindre mouvement du Soigneur. Les gestes étaient opérés avec calme, comme si Soul procédait au sein de son infirmerie. Smee était fasciné par le calme du Soigneur, son détachement, sa volonté de vouloir aider l'enfant. En dépit même du danger que lui-même courait.

Le souffle de Vinyle ralentissait, Smee lui-même pouvait le percevoir. La peau devenait plus pâle, le regard plus trouble. Le second avait déjà de multiples fois ses symptômes. Et, à chaque fois, le résultat avait été le même : il avait fallu creuser une tombe sur l'île, en guise d'ultime adieu. Soul ne pouvait sauver Vinyle. L'enfant sombrait déjà, la Mort avait glissé ses bras maigres autour de son cou.

« Il va mourir. »

Inutile de dépenser de l'énergie pour un condamné. La lame du poignard brilla dans la main de Smee.

« Je peux abréger ses souffrances. Ce serait plus humain que de le laisser souffrir. »

Smee avait déjà opéré un pas avant, son regard se plantant dans celui de Vinyle. C'était à lui que revenait la décision. Mais c'était au soigneur qu'il parlait, au médecin demeuré au chevet du mourant.

« Ce sera rapide. Il ne sentira rien. Si tu dois haïr quelqu'un ici, Soigneur, c'est moi. Je suis celui qui a planifié toute cette attaque. »

La lame était prête à plonger dans la gorge du Diplomate. Smee n'attendait qu'un signe de sa part pour briser le dernier fil qui le reliait à la vie. Le regard du pirate s'accrocha à celui du Soigneur, cherchant à voir si ses paroles avaient réussi à le troubler.

Citation :
Vinyle, ce fut un honneur de t'avoir parmi nous.  
Si jamais tu veux mourir de la main de Smee, tu peux le PNJiser dans ton post.
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Peter Pan
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Et aussi tout ça !

MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Jeu 22 Jan 2015 - 23:01


Peter tremble.
Peter sort de son repaire, il tremble.
Peter porte une cape rouge, rabattue, sur son dos, il tremble.
Peter a froid, peur, c'est inédit et terrassant. Il tremble.

Son Ombre l'a extrait des ténèbres rassurantes de son nid pour le projeter dans celles de la nuit. Il ne voulait pas, pourtant, il ne pouvait pas. Mais Peter ne lui résiste pas, à l'Ombre. C'est la première fois qu'il sort depuis... Oh, à quoi bon. On ne sait jamais vraiment. En tous cas, le soleil ne se lève plus, le chant du coq ne résonne plus, et son pays est aussi ravagé que son cœur. L'un est l'autre, après tout. Peter tremble.
Il distingue à peine son Ombre devant lui, qui le guide à travers la forêt haute et noire. C'est mécanique, hypnotique, soumis. Ses pieds sont si lourds, il a oublié comme c'est pesant, douloureux de marcher. L'air l'écrase, il ne le porte plus. Il tremble, tellement tellement fort. Sa peau n'est plus pâle, elle est translucide, comme un fantôme, un souvenir. Un frisson le secoue.

L'Ombre l'a mené jusqu'au centre du carnage. Les fées elles-mêmes ne s'approchent pas de lui. Que craignent-elles réellement ? Lui ou l'Ombre ? L'ombre en lui, peut-être. On dirait que tout est éteint. Peter lève la tête. L'Esprit Lune ne danse pas. Sa bouche est figée, comme de la cire. Une larme coule sur sa joue, il ne la remarque pas. Il tremble. Ses ailes sont dépouillées de plumes.
L'Ombre s'arrête, Peter sent sa froide chaleur à son côté. Il l'attire à lui, dramatiquement, terriblement. Peter le craint, le vomit, mais le suit. Toujours. C'est inébranlable. L'Ombre écarte lui-même les arbres qui barrent le paysage morbide qui s'annonce.

– Non !

Elle est faible, sa voix, il ne l'entend presque pas.

Les têtes se lèvent à son arrivée.
Son visage est hagard, blafard, émacié, ses yeux paraissent plus grands et vides que d'habitude. Sa silhouette abattue est changée. Les autres peinent à reconnaître l'Enfant Roi. Ils repèrent l'Ombre, par contre. Par réflexe, ils s'écartent sûrement légèrement, mais Peter ne le remarque pas. Il voit son jeune perdu à terre, estropié, abîmé. Une autre larme déroule son ruisseau claire, les chevilles mortifiées de Vinyle lui évoquent, certainement, ses ailes. Il tremble.

Pan s'approche, très lentement, lourdement, faiblement, du garçon agonisant. Il s'assoit. Une tendresse absolument triste et inédite vibre dans son regard. L'Ombre domine la scène. Une jubilation intériorisée le fait vibrer lui, mais Peter ne l'a pas senti. Les autres, peut-être.
Les gestes qui suivent ne ressemblent toujours pas trop à Peter Pan. Il tourne Vinyle vers lui, forçant sur ses bras frêles. Il est vraiment petit en comparaison du garçon, mais ça n'a même plus d'importance, là. Il le supporte, l'approche de lui, l'enlaçant comme il peut. Des feuilles mortes tombent de son habit. Il tremble.
Un éclat moribond illumine les prunelles de Vinyle. Peter voit la mort. Elle le touche, l'accable. Son cœur palpitant se serre. Il serre, aussi, ses doigts contre l'habit souillé du Diplomate. Toujours aussi lentement, avec des gestes mesurés qui ne lui ressemblent décidément pas, il sort son poignard de sa ceinture. Tout le monde, autour, s'est arrêté. Ils ne doivent pas comprendre. Ils n'osent pas. Pourtant, Peter n'a jamais été si faible, si vulnérable. Il s'expose, exhibe son corps et son âme vacillants. Un seul coup et il s'effondre.

Les yeux de Vinyle sont devenus son univers.
Le poignard glisse sur la poitrine qui se soulève avec effort, encore. La lame s'enfonce alors, brusquement, implacablement. Le sang s'écoule en une cascade gargouillante, vermillon, presque belle. Les larmes chutent en même temps, mais elles se mêlent au sang.

Voilà. C'est lui qui a achevé le tableau. C'est lui qui a achevé son sujet, son garçon, son fils. La vie s'évade du corps libéré de Vinyle. L'Ombre, vorace, la capture en une étrange inspiration. Peter pleure un moment, plutôt long en vérité, recroquevillé contre le buste de Vinyle. Il est déjà tout froid.

Puis, il tourne la tête et lance un regard embué à Soul. Le regard veut dire « Aide-moi. Je n'arriverai pas à me relever tout seul. Je n'arriverai plus à rien tout seul ».
Et c'est vrai. Ses jambes ne se lèvent plus. Comme le Soleil.

Il tremble.



Spoiler:
 









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Soul
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Ven 23 Jan 2015 - 5:37



« Non. » - avait-il asséné sobrement à la Mouche.

« Non. »  - avait-il appuyé plus fortement, les sourcils froncés toujours concentré sur sa tâche, lorsqu’on lui parla d'y mettre fin.

Il n’avait pas à se préoccuper de ce qui était plus humain. Sur l’île, toutes ces notions devenaient sibyllines. La survie n’avait jamais été belle. Elle tachait, faisait courir son histoire sur tout l'épiderme. La survivance l’accompagnait depuis longtemps déjà, bien avant l’arrivée du Démon Blanc.
Il avait accepté qu’elle soit macabre. Il lui avait concédé d'être insatiable. Dure. Cruelle.
Mais Soul savait. Soul persistait. Il y avait toujours un espoir. On pourrait toujours s’en relever. Le soleil se lèvera après le noir.

« Je DOIS le sauver. »  - termina-t-il. Emmêlant pouvoir et responsabilité. L’immuable ne s’interrogeait plus sur ce qui était raisonnable, l’île depuis longtemps, lui avait montré que rien ici, n’était réellement prédéterminé. Acquis. Pas même la mort. Oui.
Alors il s’acharnait. Tant qu’il restait un frémissement dans l’agonie. Tant qu’il en avait encore la force. Certains s’étaient relevés. Oui. Ils étaient restés. Alors pourquoi pas lui ? Vinyle devait... vivre.

Il arrêta son geste, aiguille en main, dévisageant le pirate, inflexible. Il allait lui gronder sèchement de cesser de l’interrompre. Il savait ce qu’il faisait. Il était prêt à s’interposer contre l'éclat de cette arme dégainée. Il était prêt à mourir pour aller jusqu’au bout.

Mais avec l’Île… Rien n’est jamais acquis. Et les intentions… qu’elles soient nobles ou viciées, ne sont rien. RIEN. Face à ses décisions.
Comme cette ombre qui grandit, cette ombre que l’on ne devrait pas distinguer plus que les autres. Cette Ombre qui les saisit, comme les figeant, glaçant les membres de tous les êtres présents. Et cet enfant, ce songe, qui s’avance vers eux. Vers lui.

L’île encore une fois… Voulait l'emporter.

Comme les autres, Soul n’a pu s’empêcher de s’écarter. Reflexe viscéral à la morsure évaporée. Il ne l’avait pas tout de suite reconnu, à peine réussissait-il à l’en distinguer. Le soigneur s’obligea à se rapprocher, luttant contre l’irrationnel. Il veut l’arrêter. Il a deviné bien avant de comprendre. Oui. Il a senti. Il lutte contre le courant, contre cette oppression. Il s’y refuse, même transi, même ralenti. Pas un autre. PAS ENCORE.

Pas UNE MORT.

Il la voit pourtant. Elle lui apparaît, furieusement magistrale en ce nouvel éclat. Celui qui se dresse, et se noie. Celui qui arrache les derniers vestiges, éteint la protestation de sa voix, alors que la main levée, il réussit enfin à s’y précipiter.
En écho silencieux, il pleut de ses yeux, quelques gouttes qui lentement s’incurvent, et meurent, se mêlant au sang. A ce qui reste de l’enfant. Celui qui l’avait toujours fui. Celui qu’il n’avait sûrement pas… comprit.

Son bras est retombé. Soul fixe la scène, encore hébété. On ne lui a encore volé… On le lui a encore volé. La possibilité de lutter.

Il ravale un sanglot qu’il trouve de mauvais goût. Ses mains ont perdues leurs belles assurances, à ses joues continuent de perler ce qu’il ne peut arrêter. En deux enjambées, il rejoint la dépouille et son meurtrier. Il s’abaisse. Ses doigts caressent les longs cils de celui qui ne se relèvera plus jamais. Voilant ce regard pour toujours figé.

Le soigneur a l’impression d’étouffer. En une impulsion, il se saisit – un peu durement – de son « Démon Blanc », l’obligeant à se plaquer contre lui. Il le serre, comme il pourrait aussi bien le briser, agrippant son dos d’une main révulsée. Il voudrait faire disparaître la douleur. Soul ne se rend pas vraiment compte de ce qu’il inflige. Son corps parle pour lui. Son cœur est aussi raidi que le cadavre à ses pieds.

« Qu’as-tu fait… »  - il murmure à son oreille ; « Qu’as-tu fait Peter… » .

Il se redresse, l’enfant toujours maintenu, comme suspendu tout contre lui. Il le soulève. Son poids n’est plus rien, face à la lourdeur de son cœur.

Son regard croise celui du second. Et maintenant ?

Le silence se brisera bientôt d’une morne oraison.



PS:
 






« C'est un peu de ton espoir,
ce que les années en ont perdu.
On dirait ton ombre et qu'elle cherche
à se mettre debout. N'appelle personne.
Ton cœur ce n'est pas toi, c'est un enfant
qui se tourmente avec la crainte de tomber. »

Joe Bousquet




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Ancien Enfant Perdu
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Ven 23 Jan 2015 - 19:38


Ils disent des choses, tout autour de lui. Il arrive à entendre des voix, des cris, des pleurs, difficilement, comme si ses oreilles étaient plongées dans l'eau. Il a en revanche une conscience aiguë des bruits que fait son propre corps : son cœur qui bat à ses tempes, sa respiration brusque et douloureuse, les hoquets et sanglots hachés qui agitent son corps immobile. Si sa douleur pouvait faire du bruit,ce serait celui-là : ce cri silencieux qui vrille l'intérieur de son crâne, qui supplie et promet des choses délirantes et impossibles, pour que ça cesse.
Son regard passe furtivement d'un pirate à l'autre, puis à Eilis en larmes, yeux écarquillés comme ceux d'un petit animal pris dans les phares d'une voiture. C'est atroce. Moins atroce que de regarder ses chevilles. Ne pas regarder ses chevilles.

Et puis c'est le silence. Vinyle se sent transparent. Comme si tout ce sang qui s'échappait de lui partait avec toute la substance qui le composait. Et puis Soul. Qui ne fait que confirmer ce qu'il pense : il n'existe déjà plus. La scène est trop irréelle, le soigneur qui s'avance et les pirates qui s'écartent, presque révérencieusement, comme si tout ça n'était qu'une pièce sacrément bien montée. Il s'agenouille en face de lui, et Vinyle ne voit plus que des yeux où se mélangent le désespoir et la détermination. Soul.
Il n'arrive pas à avaler -le corps toujours secoué de tremblements furieux-, la moitié de ce que lui fait boire le soigneur dégouline sur son menton déjà sale de larmes, de terre et de sang. Il s'est mordu la langue. Il ne s'en aperçoit que maintenant à travers un goût salé et ferreux dans sa bouche pâteuse.

C'est bientôt fini, il n'y a pas vraiment de doute. C'est ce qu'il peut lire dans leurs yeux à tous, quand ils le regardent. Et pourtant, la remarque du pirate, le second avec des lunettes, réveille en lui quelque chose de nouveau. La rage de vivre. Vivre, merde ! Sa bouche s'ouvre, pour faire écho au « non » de Soul. Non, il voudrait hurler. Non, non, non ! Il est prêt à supplier, supplier qu'on l'épargne, qu'on le sauve, qu'on le ramène à la maison. Tout ce qui sort de ses lèvres est un gémissement douloureux à la limite de l'hystérique. Un regard suppliant en direction de Soul. S'il te plaît, Soul. Dis leur quelque chose. Tu peux faire quelque chose, pas vrai Soul ? Je vais pas mourir, pas vrai, Soul ?
Comme à chaque fois en présence du soigneur, il est muet comme une tombe.

Il y a une ombre.
La première pensée de Vinyle, c'est que c'est injuste de leur part de lui enlever la lumière aussi.
La deuxième, c'est que c'est étrange, ces feuilles qui tombent. C'est pourtant pas l'automne.
Il y a des bras maigres passés autour de lui, des doigts serrés sur ses vêtements. C'est chaud. Il lève les yeux pour rencontrer ceux de Pan, vides et cernés. C'est triste.
Sa langue se délie comme par magie. Magie, hein, Peter ? T'avais promis de la magie. Il souffle quelque chose à l'oreille du roi.

« Je comprends pas. »

Il se sent plus fatigué que de sa vie entière. Dans sa tête résonne la voix bravache d'une petite fille qui s'exclame qu'elle vivra jusqu'à cent-cinquante ans. Cent-cinquante ans, elle répète ! Ça fait combien, dis, cent-cinquante ans ? Il est encore loin du compte pas vrai ?
Y a sa poitrine qui s'abaisse et se soulève dans un rythme rapide et irrégulier, un peu compressé par l’étreinte de Peter. Peut-être qu'il est déjà mort, si il voit l'Enfant Roi comme ça.
Il est trop occupé à planter ses yeux dans les siens pour voir le poignard. Ce sera rapide, disait Smee, il ne sentira rien. Il avait raison.

….....


hrp:
 


Dernière édition par Vinyle le Sam 24 Jan 2015 - 15:57, édité 1 fois
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Wilhelm DogFish
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Ven 23 Jan 2015 - 22:38

L'enfant avait été attaché solidement a l'arbre, tout se déroulaient correctement. L'ambiance était plutôt calme aux yeux de DogFish, entre pleurs, lamentations et râles de souffrance.

Et soudain, il était apparu.

Wilhelm avait attrapé l'une de ses machettes, embrayant un mouvement mais Smee l'avait arrêté d'un geste de la main, appelant a l'observation.

Le blond fronça les sourcils avant que la lumière ne fasse son chemin jusqu’à son esprit.
Cela devait être le fameux médecin!
Mais oui, il n'y avait pas d'autres explications, sinon pourquoi le second le laisserait ainsi s'approcher de Vinyle?

L'information prise en compte, DogFish reprit son calme, observant attentivement le garçon qui rejoindrait bientôt l'équipage!
Il était plutôt grand, mince, et ses cheveux châtains lui tombaient devant les yeux.

"C’est Soul…" Souffla la petite fille a la robe bleue plus si bleue.
Si l'on mélange du bleu et du rouge cela donne... Du rouge apparemment.

Un sourire se dessina sur les lèvres abimées d'être si souvent mâchonnée de Wilhelm.
Il avait l'air sympa, Soul!
C’était donc lui qui s'occuperait de ses dents?

Il y eut un échange entre Smee qui avait apporté de la lumière et le soigneur qui avait commencé a s'activer au dessus de sa victime et puis...

DogFish eut un mouvement de recule alors que ses pupilles pales se dilataient a toute vitesse.

Comme sortit de nul part, certainement attendu de personne, du moins pas des pirates, dans un silence de mort, le temps s’arrêta autour d'eux.

Peter Pan!

Il avala de travers et manqua de s’étouffer mais fit tous les efforts du monde pour ne pas faire un bruit.
DogFish ne savait pas trop pour quelles raisons, mais son instinct lui hurlait de faire silence.
Et encore une fois, il observa.

Il vit ses compères s’écarter devant l'enfant roi, même Smee!
Il vit que Peter Pan n'avait pas l'air au plus grand de sa forme et que l’état de Vinyle semblait l'affecter grandement. Il s’était arrêté a son chevet, l'avait prit contre lui.
Il le pleurait...
Et puis, contre toute attente, le tyran de l'ile de jamais acheva son enfant perdu, mettant fin a ses souffrances.

La scène était d'une tristesse a faire pleurer le pire des sociopathes et Wilhelm se mordit l’intérieur des joues, planquant les pieds de sa victime derrière son dos.
Il ne s'était pas attendu a un tel retournement de situation et avait certainement mal jaugé sa dernière victime.
Ce Vinyle devait avoir une grande importance pour Peter Pan, car jusqu'ici, toute les victimes de DogFish, et elles étaient plutôt nombreuse, n'avaient jamais attiré l'attention du roi.

Hors de question qu'il lui enlève ses pieds.
Il lui avait déjà chipé sa proie, et pour DogFish, cela équivalait a faucher un os dans la gamelle d'un chien trop maigre.
Cela suffisait.

L'expression du Pied Beau était a la concentration. Ses yeux passaient d'une personne a une autre, revenant toujours a Peter Pan. Il ne souriait pas, son air était grave.

Que devaient-ils faire maintenant?
Que devait-il faire lui?
DogFish était dans le flou, et automatiquement, ses yeux pales finirent par stopper leur course sur celui qui était sensé lui donner cette réponse.

Smee.

C'était a lui de lui dire ce qu'il devait faire. C’était lui le chef.

Un lourd manteau de silence s’était imposé sur la petite assemblé, mais celui ci fut brutalement déchiré par un rire.

DogFish tourna presque automatiquement la tête vers l'origine de la voix qui avait en un instant brisé l'étrange ambiance de recueillement qui s’était installé dans le bois.

Le Dragon s’esclaffait.
Wilhelm pencha la tête sur le coté, interrogatif.
Il avait raté une blague?






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When you know I can't love you"



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Lòng Sơn Mai
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Lun 26 Jan 2015 - 23:39

Et donc, la surprise c’est:
 


- VINYLE ! Accroche toi ! Tu vas vivre !

Le cri avait résonné dans le bois, s’achevant sur le plus adorable sanglot que Lòng avait jamais entendu. Il ne cessait de sourire, le Dragon, d’un sourire qui lui déchirait la gueule. La petite Mère n’était peut-être pas en âge de procréer, mais elle savait déjà mentir à ses enfants, comme le faisait toutes les mamans.

La pression de la lame augmenta légèrement. La voix de Lòng, doucereuse et ronronnante pour sa proie, résonna une fois encore.

- C’est si gentil, petite Mère, de lui mentir comme ça.

Il voulut peut-être un dire plus, mais un mouvement attira son attention. Une silhouette avait surgi d’entre les arbres, s’avançant, imperturbable, vers le mourant. Et le Dragon - comme ses compères, sans doute - ne pouvait détacher son regard du nouveau venu. Il y avait, dans cette démarche, dans ces gestes, quelque chose d’atrocement familier. Plus encore que le comportement de la Mère, plus encore que l’odeur du sang. Quelque chose qui brouillait sa vision, comme si ses glandes lacrymales avaient compris, bien avant son esprit, de quoi - de qui - il s’agissait.

- C’est Soul...

La voix de l’enfant le ramena à la raison. Croisant le regard de la petite, Lòng acquiesça. Sa voix répondit en un murmure étranglé :

- Soul, hein...

Un si joli nom.

- … Dis, on rentre maintenant qu’il est là… ?

Son sourire se raffermit. En se concentrant sur la gamine, il reprenait la maîtrise de ses esprits. Doucement, il se saisit de l’épaule de l’enfant pour la tourner vers lui. Là, il l’attira à lui comme pour l’étreindre, sauf que le bras qui la maintenait le faisait trop fort, trop fermement.

- Surtout ne bouge pas.

Dans l’autre main, la lame scintillait toujours. Avec l’application d’un scribe, Lòng la leva pour l’apposer doucement contre la joue de l’enfant. Dans les yeux de la petite Mère, il y avait de l’effroi. Une puissante ruine, preuve de la destruction dont elle avait été victime. L’esprit avait été brisé, il ne manquait donc plus... que le corps.

La lame fendit dans la peau comme un scalpel fendrait une étoffe de soie. Le Dragon agissait avec minutie, scarifiant le visage de la petite pour y laisser la preuve la plus visible de sa destruction. Mais il restait en surface, il y restait doucement. Il ne s’agissait pas de lui infliger des blessures dont elle ne saurait guérir.

Puis il y eut une voix. Qui transperça le néant.

- Vous autres. Éclairez-moi à côté.

La lame dérapa, s’enfonçant profondément mais Lòng n’en avait cure. Son bras - qui auparavant retenait la fillette - s’écarta avant de la pousser brutalement de côté. Il y avait dans cette voix quelque chose qui le pétrifiait, quelque chose d’inattendu. Et d’attendu. Depuis longtemps. Il y avait dans cette voix quelque chose qui provoquait, en lui, un arrêt monumental, un malfonctionnement. Le sourire, pour la première fois de la soirée, mourut brutalement.

Quelque chose roula le long de la joue du Dragon.

Il était presque sûr que ce n’était pas du sang.

Ce fut la lumière projetée sur les lieux et les personnages présents qui acheva brutalement les doutes qui, agonisant, subsistaient encore en l’âme de Lòng. Immobile, paralysé, il observait la scène comme tous, sauf qu’il y avait sur son visage la surprise, le désarroi le plus total.

Un Soigneur, bien sûr. Un Soigneur dans l’Arbre, un Soigneur si dévoué qu’il ne quittait presque jamais son lieu de travail.

C’était donc là que tu te cachais.

Quelque chose se noua brutalement dans le gorge de l’asiatique. Sa raison haineuse, vacillante, venait de faire le tour de la question, résoudre enfin l’équation. Mais la vérité, celle qui désormais l’assaillait, la solution, n’avait rien de plaisant. Bras ballants, il demeurait muet, à regarder son meilleur ami se débattre pour ne pas que l’on achève un mourant.

Car rien n’a changé, hein ? On est toujours comme avant ?

Il fallait qu’il fasse quelque chose. Qu’il brise le silence. Après tout, il était le Dragon, non ? Il fallait qu’il s’avance.

Mais il y a Rupture.

Quelqu’un en décide autrement.

Lòng frissonne, percevant la présence du Démon avant même de le voir. Et quand son regard finit par se poser sur l’Enfant Roi, il se trouve incapable de réagir une fois encore. Ainsi Peter Pan lui-même est venu leur démontrer, à lui et à Eilis, à quel point il a tort. C’est ce que pense le Dragon... jusqu’à ce que, se traînant jusqu’au Perdu agonisant, Peter ne lui ôte la vie définitivement. Et Soul - Soul, comme ils l’appellent tous maintenant - vient le soutenir, soutenir son tyran.

Il n’y a plus un bruit dans la forêt. Plus le moindre petit battement.

Jusqu’à ce que ça brise le silence.

C’est un petit rire, au départ. Un ricanement. Mais il enfle et augmente comme une vague. Secoué de sanglots hilares, Lòng rit. Il rit comme on hurle, comme on pleure, comme on vomit. Il rit comme un dément, d’un rire aiguisé, terrifiant. L’amertume, la folie qui le consument chantent derrière ce rire, chantent avec le choeur de tous ses démons.

N’oublie pas de respirer, Dragon.

Il aimerait bien, mais c’est si dur de s’arrêter. Pourtant, lorsqu’il finit par se calmer, que ses mains se détachent des côtes dans lesquelles elles se sont enfoncées, Lòng semble avoir repris toute la maîtrise de lui-même. Il se redresse, sourire retors aux lèvres malgré les larmes qui coulent. Alors que ses yeux d’orage glissent vers les damnés présents, le Dragon croise le regard interloqué de DogFish. Ce dernier ne comprend sans doute pas ce qu’il y a de si drôle, quelle est la blague dans tout cela. Mais Lòng l’a compris, il l’a compris enfin.

La blague, c’est lui et ça a été lui tout ce temps.

- Comme c’est émouvant.

Sa voix résonne, coule comme du miel mais ses mots sont poison. Se passant la langue sur les lèvres, il reporte son regard vers le duo formé du Roi et de son sujet.

- Le Démon Blanc venu achever l’un de ses sujets. Quel acte de bravoure, vraiment.

Sur ces paroles, il laisse rapidement glisser son arme dans sa poche pour pouvoir frapper des mains en une série de sarcastiques applaudissements. Puis il se rapproche, rapidement. Des deux enfants. Il sait que ce qu’il s’apprête à faire ne lui ressemble pas, qu’il ne calcule pas assez. Mais voilà, quelque chose en lui s’est cassé, momentanément. Sans doute sa capacité à réfléchir correctement à ses actions.

- Vous permettez ?

En quelques enjambées, le voilà près de Soul et Pan. Ses bras viennent brutalement les séparer alors que son regard bondit de l’un à l’autre. Son sourire est revenu, déchiré, déchirant. Finalement, ses yeux s’arrêtent sur le visage du Soigneur, qu’il dévore comme s’il avait encore le moindre doute.

- T’as grandi.

Poison, poison, poison le Dragon.

Et il s’écarte d’un bond, se tournant vers le Second.

- Mouche. Tu as devant toi un médecin et un tyran à moitié crevé.

Sa voix se fait douce, son sourire enjôleur.

- Qu’est-ce que tu attends pour faire ce qui doit être fait ?

Et Lòng rit, un peu. Parce que c’est drôle, qu’au fond, ce soit à lui de remettre en marche le monde.
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Mar 27 Jan 2015 - 16:47


Les pirates partent à la chasse

Eilis semblait être la seule à croire en la vie de Vinyle. Elle semblait être la seule à vouloir encore se battre pour lui. Pourtant, tout le monde ici présent était d’accord pour qu’il meure. Même lui-même. Le monsieur à lunettes n’était décidément pas l’amant de maman, le pirate aux allures de chien ressemblait de plus en plus à un animal avec ses bouts de pieds dans les mains. Et Soul au milieu de tout cela semblait désemparé. Il semblait être coincé dans un étau, que faire ? Achever la douleur du diplomate ? Ou le soigner coûte que coûte ? Il semblait au premier abord choisir cette dernière proposition. Mais là, la lame se fit sentir à nouveau contre sa peau, ouvrant un peu plus la petite plaie qui s’était formée. Elle glapit tristement, regardant à nouveau Lòng dans les yeux.

« … Je ne lui ais pas mentis ! Se défendit-elle désespérément, Je veux y croire moi ! »

Dans le désespoir de la mort, elle y croit encore, elle veut se raccrocher à cette flamme brulante qu’est la vie… Seulement, seulement si le Dragon n’était pas lui-même une flamme potentielle à qui se raccrocher. Son regard fut forcé d’être détourné du futur cadavre et du soigneur pour ne contempler à nouveau que cette flamme vacillante qui ondulait dans les yeux orageux du pirate. Elle le regarda, comme il le lui avait demandé et elle se mordit la lèvre, le goût et l’odeur ferreuse du sang ayant déjà envahit tous ses sens. Comment cette histoire se terminerait-elle ? Une nouvelle étreinte l’empêcha de penser, lui laissant échapper un sanglot bruyant, si ses glandes lacrymales étaient encore suffisamment fournies, elle se serait remise à pleurer. Mais il y a un temps pour tout, et maintenant, il était temps d’avoir peur, de réfléchir. Quand on laisse une enfant dans la panique réfléchir, cela cause de grosses séquelles.

Après la panique. La douleur. Son cœur s’accéléra considérablement, elle ferma l’œil droit –côté où l’incision avait commencé- tout en grimaçant, ses petites jambes tremblotantes. Elle ne survivrait jamais à tout cela. Ou alors elle tomberait dans les pommes avant même d’avoir eut le temps de voir tout ce qui se passait. La douleur se propageait dans sa joue, la piquant, comme une brûlure de papier entre les doigts mais en beaucoup plus fort. Elle couina faiblement, la douleur remontant le long de ses jambes pour lui chatouiller le bas du ventre de façon très désagréable. Elle serra les fesses et les poings, se disant que ça passerait, entre deux couinements, elle murmurait des « Non… » complètement inutiles, mais elle y croyait. Quel était ce pouvoir qu’avait cet homme ? Pourquoi avec un seul son de sa voix, il pouvait parvenir à la faire obéir ? Il lui disait de crier, elle criait, il lui disait de ne plus bouger, elle s’immobilisait. Cette impuissance terminait d’achever le peu de force mentale qu’elle possédait encore.

Et puis il dérapa. Eilis n’eut que le temps de pousser un cri lorsque la lame trancha son œil violemment. Celui qui était fermé fort heureusement, mais ce n’est pas pour autant qu’il y avait moins de dégâts. Et contrairement au dragon, c’était du sang qui coulait à présent sur sa joue. Elle tomba à la renverse au sol, parcourue de spasmes, la main plaquée contre son œil qui venait de se prendre un coup de scalpel. Elle se remit à pleurer à nouveau, ne parvenant pas à calmer ses pauvres tremblements. Son œil qu’était-il arrivé à son œil ? Et son espoir ? Il était partit où… ?

Avec peine, elle se redressa pour voir le dos de Lòng s’éloigner vers d’autres personnes. Il la quittait, il la laissait. Il avait joué, et il ne s’amusait plus, il avait trouvé un nouvel amusement peut être. Et elle ? Elle se retrouvait seule avec elle-même. Dans sa peine, dans sa douleur. C’est comme si, en la repoussant de la sorte, elle venait de prendre réellement conscience de tout ce qui s’était passé depuis le début. Et dire qu’elle ne voulait que ramasser des baies pour les enfants… Pauvres enfants.

Pauvre enfant. Tu n’es qu’une enfant Eilis. Grandis un peu, et tu verras ce que c’est !

C’est là, affalé par terre, la main contre son visage atrophié, qu’elle contemple la scène, la tête relevée. C’est là, que Peter arrive. Le roi, le sauveur. Elle y croit à nouveau, esquisse un sourire et puis…. Hurle à nouveau. Du moins, elle aurait voulu hurler, mais aucun son ne sortit d’entre ses lèvres tant l’horreur était grande. Elle aurait voulu demander pourquoi, Peter, pourquoi t’as fais ça ? Mais rien n’est sortit… Au final, c’était Lòng qui avait raison. Peter n’est rien d’autre qu’un monstre. Il lui a ouvert les yeux (et détruit un au passage). Elle tenta de se relever, mais en vain, elle ne fut capable que de ramper sur quelques centimètres à peine.

Abandonnant l’idée de se déplacer, elle ne serait qu’un spectateur lointain de la scène qui se déroule sous son regard. Le rire de du Dragon, ses applaudissements, chaque bruit produit autour d’elle semble former un tintamarre assourdissant. Elle gémit douloureusement, et s’agrippa au premier petit bout de tissus de pantalon qui passa à sa portée. Elle voulait juste partir d’ici. S’enfuir loin de tout ça, fermer les yeux sur la vie, la mort et le désespoir. Pitié.





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Ancien Pirate
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Lun 2 Fév 2015 - 16:03






C'était amusant de sentir à quel point ses sentiments et ses sensations basculaient d'un bout à l'autre de son esprit. Bah. Après tout, il n'avait pas eu à agir. Ses collègues avaient pris les postes les plus intéressants. Il observait simplement les alentours, attentif à tout mouvement suspect, avant de s'avancer en direction de DogFish, comme s'il comptait se rendre utile pour l'aider. Après cette étrange euphorie, Eren s'était calmé. Il ne se l'expliquait pas pourquoi. Il avait presque oublié le pourquoi du comment. Mais le spectacle restait néanmoins agréable à regarder. Ce Perdu qui se vidait de son sang, cette gamine naïve, sans doute brisée, à l'heure actuelle. Trop de détails et de paroles qui devaient s'enregistrer dans la tête du Silencieux. Eren secoua sa tête bourdonnante, comme s'il espérait chasser cette migraine lancinante, avant de reporter une attention toute particulière aux gestes de Willhelm. Il semblait amusé, lui aussi. Et c'était sans doute ses nouveaux objets de collection qui lui arrachait cette joie sans feinte.

En attendant, Eren observait le nouveau venu, dans cet étrange tableau. Il s'agissait bien de Soul, le Soigneur qui leur avait valut tout ces efforts. Et bien que son nom n'ait réveillé aucune bribe de souvenirs lorsqu'il a été évoqué sur le Jolly Roger, le Pirate ne pouvait s'empêcher de le reluquer, d'une façon bien étrange. Bien évidemment que ce Perdu lui disait quelque chose. Il s'en souvenait de façon quelque peu douloureuse, puisque sa mémoire ne voulait apparemment pas contribuer. A chaque fois que le Silencieux se forçait à se souvenir, les portes de sa mémoire s'éloignaient à grands pas. Bah. Tant pis. Ca lui reviendra tôt ou tard, sans doute.

Des cris, voir même hurlements, bourdonnaient de façon agaçante dans les oreilles du jeune homme. Sans compter l'étrange rire de Lòng, qu'il était difficile de déchiffrer. Un pirate est toujours difficile à décoder. Pas la peine de chercher plus loin. Ce qui occupait le peu d'audition d'Eren, c'était ces cris de petite fille, qui auraient presque pu être doux à entendre. Après tout, c'était toujours agréable de voir un Garçon Perdu souffrir. C'était comme un poids en moins. Une sensation agréable. Et bien que cette sensation perdure ou non, ce fut une silhouette qui coupa court au petit tourbillon mental d'Eren. D'ailleurs, toute l'assemblée s'était tut. Pan, Peter Pan était là. Et bien que ce ne fut pas le genre du Silencieux – comme bien d'autres – ce dernier ne bougea pas, à la fois glacé, surpris, curieux, anxieux, peut-être même craintif. Au fond de lui.

L'enfant Roi ne ressemblait en rien au Pan que tout le monde connaissait, admirait, haïssait. On peinait à le reconnaître. C'était peut-être la présence glaciale de l'Ombre qui trompait les sens, et qui figeait le Pirate. Peut-être. En tout cas, il se sentait bien étrange, comme si cet être d'ailleurs aspirait son énergie vitale. Il avait l'impression de redevenir un tout petit garçon craintif et faible. Eren observa, comme les autres. On eut dit que le temps s'était arrêté, que seul les souffles des humains environnants brisaient cette nuit de plomb. Un instant rapide aux yeux du Silencieux, et Pan ôta la vie du corps du Rayé. Et étrangement, ce surnom correspondait à merveille à la situation présente.

Pan ne bougeait plus. Il était là, à portée de main, lui, ce Soigneur et cette Perdue complètement... perdue. A bout portant. Et pourtant, le Silencieux ne bougeait pas, patient qu'il pouvait être. Pourvu que cela dure. Le regard morne du Pirate dériva vers le Second, dirigeant des opérations. C'était lui le chef, après tout. Il valait mieux attendre sagement ses ordres. Et puis, c'était un Pirate. Ce n'est pas comme s'il comptait laisser l'âme du Pays de Jamais, ou ce soigneur compétent fuir. N'est-ce-pas ?

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Smee
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MessageSujet: Re: Les pirates partent a la chasse   Mar 3 Fév 2015 - 0:48

Il était là.

A portée de main.

Faible et pâle comme un fantôme, Peter Pan se tenait là devant lui, trop faible pour combattre. Trop faible pour voler. Trop faible pour pousser son cri.

Assez faible pour être capturé.

L'occasion était trop belle. Les mains de Smee en tremblaient. Le second avait occulté Vinyle de son esprit, enjambant même le corps pour mieux se rapprocher de l'Enfant-Roi. Le rire de Lòng résonnait en lui, brisant les derniers barrages qui l'empêchaient d'agir.

Faire ce qui doit être fait.

Les paroles du Dragon s'insinuaient dans son esprit, grignotant sa raison, réduisant sa raison à une peau de chagrin. Masquant les paroles du capitaine, les déformant pour qu'elles s'adaptent à la situation, pour effacer le dilemme qui le rongeait.

Il n'est pas de bon ton, Monsieur Smee, de combattre un homme à terre.

Peter Pan doit être éradiqué.

Je veux le tuer, Monsieur Smee, dans un combat en bonne et due forme.

Le jour où Peter Pan gisera à mes pieds, je serais libéré, Monsieur Smee. Tout l'équipage du Jolly Roger sera libre. Nous partirons vers de nouveaux horizons, vers un avenir brillant.

Je serais à jamais redevable à celui qui me ramènera Peter Pan.


Les doigts de Smee se refermèrent sur le col de Peter Pan. La Mouche avait relégué le principe d'honneur au plus profond de son âme, le roulant en boule pour qu'il prenne moins de place. La lame de son poignard se posa sur la gorge de l'enfant, menaçant d'entailler la chair tendre. Les muscles du pirate étaient crispés, tel un fauve prêt à bondir si sa proie s'échappait de ses griffes.

« Tu viens. Avec moi. Sur le Jolly Roger. Le capitaine attend ce moment depuis des années. »

Brave Smee, prêt à souiller son honneur pour les beaux yeux de son capitaine. L'homme plaqua l'enfant contre ses jambes, son bras enserrant son cou, la pointe du poignard glissant sur son visage.

La voix du second n'était plus qu'imprécations. On aurait cru entendre un molosse aboyer.

« DogFish, Eren ! Trouvez de quoi attacher le grand roi de l'île. Nous allons l'emmener en grande pompe jusqu'au navire. »

Le regard de la Mouche se posa sur le Soigneur. L'enfant avait perdu toute importance aux yeux de Smee dès que Peter avait fait son apparition. L'Enfant-Roi était la seule personne qui comptait désormais.

« Lòng, fais ce que tu veux du gamin. Pareil avec la gamine. Faites-en ce que vous voulez. Mais si vous me gênez dans ma tâche, je vous tue. »

Smee avait insisté sur le dernier mot, démontrant qu'il ne plaisantait nullement. Il était l'ombre du capitaine Hook, son âme damné. Il était prêt à souiller ses mains du sang de ses compagnons si cela pouvait satisfaire son capitaine. Peter Pan devait être amené à Hook, c'était là tout ce qui comptait.
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