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Ancienne Sirène
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MessageSujet: High Hopes    Ven 7 Mar 2014 - 23:24

high hopes
Tap... tap... tap... tap tap tap.

Le bruit de ses pas se fait de plus en plus rapide au fur et à mesure qu'elle reprend de l'assurance, que ses Jambes retrouvent les repères, et reprennent l'habitude d'être cela: des jambes, et non pas des nageoires. Ses longs cheveux presque blancs collent à ses tempes et dans son dos. La chemise de Nuit volée il y a bien longtemps est trempée, lourde d'eau, et plaquée contre le corps fin et presque trop maigre de la Sirène.

L’Équilibre revient, elle tangue et titube moins, et son pas se fait plus assuré, plus silencieux. Elle est loin d'être Discrète, elle n'a clairement pas l'agilité d'une Indienne ou d'une Chasseuse, mais pour quelqu'un qui est normalement cantonné à la Nage, elle se débrouille assurément plutôt bien, sur deux pattes.

Le sable colle encore le long de ses Jambes, et la mousse humide absorbe la forme de ses pieds sur le sol. Où aller, ce soir ? Où aller quand tout le Monde s'ouvre à vous ? Par où Commencer ? Elle a Faim, oui. Elle pourrait manger, mais Nerida a toujours Faim, et elle a l'habitude d'ignorer son ventre et de le mettre en Sourdine. C'est une douleur lointaine, qu'elle arrive presque à Étouffer parfois. Mais ce soir, ce n'est pas de chair Humaine dont Nerida a faim. Elle a faim d'Excitation, et d'Aventures, et pendant un temps, elle se dit qu'elle pourrait pousser le vice jusqu'à essayer de s'inviter chez une des trois Tribus de Peaux-Rouges – comme elle aime à contempler la différence entre leurs Peaux tannées par le Soleil, et la sienne, pâle et blanche et presque Transparente.

Sous l'Eau, c'est le Silence. Toujours. Alors forcément, sur Terre, le moindre bruit prend des airs de Cacophonie mélodieuse, et si au début c'était trop pour elle, maintenant, elle s'y est faite. Son ouïe est fine, et au loin, les cris des Enfants Perdus résonnent. Alors Nerida change d'avis. Elle n'a pas faim de Danses autour d'un feu, elle a Faim de Jeux et d'éclats de rire. Elle a soif d'Histoires des Mères, et de poésie. Elle a envie de se planquer près du Grand Arbre, et d'écouter les Histoires de Maxence – c'est elle qui arrive toujours à la faire Rire. Elle a envie d'espérer croiser, même fugacement, la silhouette de Peter, de voir son Ombre du coin de l’œil, peut-être. Elle se prend à y rêver, comme souvent.

Et sa rêverie ponctue sa marche. Une. Pensée. Tous. Les. Pas. Un. Rêve. Pour. Chaque. Enjambée. Elle songe. Au rythme. De sa marche. Qui s'accélère. Sans qu'elle. Ne s'en. Rende compte. Plus vite. Plus vite. Arriver plus vite.

La voilà qui trottine et qui court et qui s'essouffle. Elle n'a, après tout, pas beaucoup de temps devant elle. Les Nuits sont si courtes, toujours trop courtes pour la Rêveuse en manque d'humanité. Son Cœur Tambourine dans sa poitrine, et ses poumons la brûlent. Elle s'appuie contre un arbre, une seconde, juste une seconde, le temps de reprendre son souffle. C'est compliqué, les Poumons, et l'Air, et tout ça. C'est compliqué, de calmer un Cœur emballé. Elle a besoin de toute sa Concentration, et ses jambes s'effondrent sous elle. Trop d'efforts trop vite, pour la faible Nerida.

Mais elle est Décidée, ce soir, et ce n'est pas son corps qui va l'empêcher d'assister en Voleuse à la soirée des Enfants Perdus. Alors... Faute de Marcher, elle rampe, elle racle ses Genoux sur les pierres et les branches d'arbre. Il ne s'agit pas d'être Discrète, juste d'arriver à Destination. Le Grand Arbre. Les Enfants. Max. Peter. Peut-être.

Son Cœur se remet, elle se redresse, et avance, plus doucement. Et quand Enfin elle arrive, elle se Cache contre le tronc d'un arbre, et ramène ses jambes contre sa frêle structure. La chemise de Nuit passe par-dessus, comme une couverture de Fortune. Elle Observe, par un petit trou dans le feuillage, la soirée Jeux des Enfants Perdus. Et elle cherche Max des yeux.


Dernière édition par Nerida le Sam 8 Mar 2014 - 23:09, édité 3 fois
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Peter Pan
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MessageSujet: Re: High Hopes    Sam 8 Mar 2014 - 22:49


 

 
High Hopes

 
Peter & Nerida

 

Au Pays de Jamais, on ne pouvait entendre autre chant du coq que celui, pourtant humain mais tout aussi véhément, de Peter Pan. L'Enfant Roi s'amusait régulièrement à extraire ses compagnons de leur sommeil ainsi, virevoltant autour des Cabanes comme un moineau pris de folie, son sempiternel Corocico haché de quelques éclats de rire étouffés. Il lui arrivait même de tambouriner contre les façades des Cabanes ou de secouer les branchages du Grand Arbre avec force, afin de réveiller les enfants en sursaut –  ce qui semblait en effet le distraire.
Ce jour-là, Peter fut le dernier à émerger, pourtant. Et pour cause. Le soleil lui-même s'apprêtait à se coucher. Ce fut d'ailleurs la Mère en Chef qui vint prudemment à son chevet, prenant garde à ne pas le frôler. Peter avait certainement passé une nuit tourmentée, à moins qu'il ne se fût endormi qu'au petit matin. Cela arrivait fréquemment et les prétextes en étaient multiples. Une danse prolongée avec l'Esprit Lune, une soirée arrosée avec les Fées, une concertation solennelle avec les Piccaninny, une promenade solitaire dont il avait déjà tout oublié... Quoiqu'il en fût, Peter garderait en lui-même le mystère de son absence, comme à chaque fois.

Au sein de la Maison Souterraine circulait une source, débouchant en ce lieu par un curieux et doux miracle. Elle prenait origine directement dans la Rivière Mystérieuse et longeait les galeries terrestres de l'île jusqu'à atteindre le repaire de Pan. Oh, elle n'était pas bien épaisse, on n'y trouvait qu'un mince filet d'eau claire, et seuls les Chefs avaient la permission d'y goûter. En se levant, Peter avait coutume de s'en abreuver grossièrement – il n'était pas de ces enfants qui prennent la peine de se servir un verre, nous nous en doutons – avant de quitter son refuge.
Encore engourdi par l'apathie qu'il venait à peine de délaisser, ses yeux en amande gonflés de sommeil et ses cheveux rubescents encore plus ébouriffés qu'à l'ordinaire – si tant est qu'il existât quelque chose d'ordinaire à Neverland – Peter Pan s'étira ostensiblement, éternua deux fois, poussa une exclamation de satisfaction à la vue de son petit monde méticuleusement désorganisée, et s'envola.

Une des choses étranges qui composaient la personnalité de Peter était ce paradoxe tenace qui le liait au temps. Ainsi, il n'avait aucune conscience de la temporalité, de la course des heures et des jours, aucun intérêt pour le cycle des horloges dont il se savait préservé. Toutefois, l'Enfant Roi avait érigé autour de son existence une foule de rituels divers et plus ou moins loufoques, qu'il remplaçait ou délaissait parfois mais dont certains demeuraient immuables.
Comme le fait de s'envoler très très haut dans le ciel lorsqu'il retrouvait son île après une plongée en apnée dans la torpeur. Aucun rêve n'était plus doux que celui auquel il avait lui-même donné vie. A peine troublé par l'apparition progressive de l'Esprit Nuit qui venait recouvrir l'île de son manteau serti d'étoiles et d'aurores boréales – qui n'étaient, en fait, pas réellement boréales –, Peter surplomba la jungle et contempla son Pays un moment avant de s'attarder sur... Tiens, mais qu'est-ce que c'était ? Une sorte de tache blanche, presque luminescente, juste là,  entre deux troncs d'arbre... Fronçant les sourcils, l'enfant volant fixa son attention sur ladite tache, laissant ensuite un sourire fleurir à la bordure de ses lèvres. Nerida.

Pour faire son intéressant, Peter fonça dans sa direction et se mit à tourbillonner autour de la sirène avec grâce et souplesse. N'importe quel individu ainsi projeté dans les airs en aurait recraché son déjeuner, mais Peter avait l'habitude. Tout enorgueilli de son effet de scène, l'Enfant Roi se posa délicatement devant celle qu'on appelait la Fêlée.

– Pourquoi es-tu, ici ? Tu cherches Max ? Ou moi ?

Décortiquant des yeux la tenue saugrenue de la sirène, et sans même remarquer dans quel état de frigidité ladite tenue la plongeait, Peter observait les gouttes tomber de la chemise de nuit détrempée.

– Je ne sais pas où elle est, en tous cas. Mais je ne comprends pas pourquoi tu portes ça. C'est mouillé. Tu ne veux pas porter autre chose ? Tu ressembles un peu à un fantôme !

Cette dernière remarque sembla l'amuser lui-même puisqu'il éclata d'un rire gai et puéril, reconnaissable entre tous. Cela ne lui était même pas venu à l'esprit que la Fêlée n'avait peut-être pas le choix de s'accoutrer d'une tenue si peu appropriée...

   
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Dernière édition par Peter Pan le Sam 3 Mai 2014 - 14:39, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: High Hopes    Lun 10 Mar 2014 - 22:46

the grass was greener
Le coeur de la Fêlée rate un battement, quand Peter et son Ombre passent au-dessus d'elle. Elle n'a pas besoin de lever les Yeux au Ciel pour savoir dans l'Ombre de qui elle se tient. Pas besoin de confirmation visuelle. Elle sait. Elle sent. Et puis, des garçons qui Volent, même dans sa tête, il n'y en a pas cent. Elle lève ses yeux pâles, lentement, avec quelque part la peur presque tangible que ça ne soit qu'un autre de ses Rêves, qu'elle se soit à nouveau Perdue dans ses Songes. Mais non. Peter est bien là. Le Peter des Histoires, le Peter des Aventures, le Peter de ses Rêves. Celui qu'elle s'est mise à appeler tout bas "Son Peter", bien qu'elle sache qu'elle n'a pas de droit, par rapport à Lui. Il n'appartient à personne. Il n'appartient qu'à Lui. Il n'est que Liberté. On ne le possède pas.

Mais là, pour quelques instants, il tourbillonne autour d'elle, et elle essaie de le Suivre des yeux, mais la tête lui tourne bien vite. Elle aurait dû manger quelque chose, mais la Curiosité était plus forte que tout, ce soir. Son ventre hurle Famine, mais elle l'ignore. Il y a plus important, là : il y a Peter. Dont les pieds effleurent le sol avec une délicatesse irréelle, avant qu'il ne se pose devant elle silencieux comme son Ombre.

Les yeux de la Sirène sont écarquillés. Recroquevillée contre le tronc d'arbre, on pourrait penser qu'elle a peur. Mais non. Oh non. Elle n'a pas peur. Son Coeur bat la Chamade dans sa poitrine, le sang martèle à ses tempes, et tout son Corps et son Coeur sont en émoi de se trouver enfin devant le Compagnon de ses Rêves. Enfin. Elle ouvre les lèvres, mais ne sait pas quoi dire. Que dire ? L'essentiel est indicible. Il n'y a pas de mots assez Forts pour exprimer ce qu'elle ressent là, en cet instant figé de Bonheur. Si Intense, qu'elle a l'impression d'exploser. Un million de milliards de particules de Nerida qui se dissoudent dans l'atmosphère. Un million de milliards de bulles d'Essence d'elle, qui volent et virevoltent, charriées par le Vent du Sillage de Peter. Ca sent bon, ça sent le frais, l'herbe coupée, la rosée, le vent, la pluie, la neige, le feu, le vent, le vent, le froid, le vent, et... Non. Reste là. Reste avec Lui. Profite.

Et puis... Elle parle. Elle parle parce qu'Il lui a parlé. A elle. La Sirène solitaire qu'on aime bien ignorer, parce qu'elle est trop Etrange, et que ça dérange. Elle esquisse un petit sourire, un peu Rêveur. Le regard non pas dans le vague, mais fermement accroché à Celui de Peter, elle répond.
« J'ai entendu du bruit, de l'agitation. Je voulais voir ce que c'était. Je cherchais Max, oui. Je cherche toujours Max. » Ou Lui. Mais ce n'est pas pareil. Elle le cherche toujours des Yeux, lui. Toujours, dans un coin de ciel ou dans un coin de Verdure, elle le cherche quand même. Dans les Ombres et dans les Rayons de Soleil, elle a pris l'habitude de le chercher, et de rêver en silence. A lui. A ce qu'il lui évoque. Elle se demande s'il est frais au toucher. S'il sent le vent du matin, ou la rosée. Mais ses mains restent fermement contre son petit corps maigre et fragile. Elle ne leur fait pas Confiance. Elle ne se fait pas confiance. D'habitude en sourdine, ses Emotions lui font peur. Il y en a trop, c'est confus, chaotique... Intense. Elle Aime ça.

Ses yeux se baissent ensuite sur sa Chemise. La seule qu'elle aie. Elle relève ensuite son regard si pâle vers Peter, et hausse une épaule. Puis l'autre. Un geste qu'elle imite, mais qu'elle n'a visiblement pas l'habitude de faire. Elle sait l'identifier, le reconnaître. Mais ce n'est pas dans les gestes des Sirènes. Pas dans les siens.
« J'ai cru comprendre qu'il vaut mieux être habillée, quand je suis sous forme humaine. » Mais elle n'a pas réfléchi au fait qu'elle puisse avoir froid, dans un tissu trempé, elle n'a pas réfléchi à ça. C'est si trivial que perdue dans ses songes, et toute occupée à atteindre son Objectif de rejoindre les Enfants Perdus, qu'elle n'y a pas pensé. Qu'elle ne ne laisse même pas le temps de réaliser qu'elle a Froid. Alors que son corps tremble et frissonne et que ses lèvres virent au bleu.

« Je n'en ai pas d'autre. » Ajoute-t-elle un peu après, comme si elle avait oublié de préciser ça. Le plus important. Selon qui ? Pas selon elle. Rien n'est plus important, à ce moment précis, que ce Moment, justement. Cette Conversation. Tout son Être est tourné vers la Discussion entre elle et Peter. Aussi courte soit-elle. Il pourrait s'envoler, rejoindre les Cieux et reprendre sa Liberté qu'elle ne serait pas frustrée ni déçue. Alors... Vraiment. Sa faim, et son hypothermie peuvent bien attendre. Nerida est occupée. Nerida est concentrée. Et certainement pas sur des choses aussi triviales que des besoins physiques. Pas alors qu'elle Vit son Rêve.
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MessageSujet: Re: High Hopes    Dim 16 Mar 2014 - 0:14



High Hopes

Peter & Nerida


    Peter ?

L'Enfant Roi tourna négligemment la tête vers le côté afin de faire face à celui qui l'avait interpelé. Un gamin un peu sale qui, manifestement, ne savait pas quoi faire. Le genre de trucs qui irritait suprêmement Peter, incapable de concevoir qu'une telle chose fût possible.
    – Capitaine. rectifia-t-il durement. En plus, on l'interrompait en pleine conversation avec une de ses Sirènes préférées.

L'enfant allait parler, puis il remarqua la silhouette fantomatique de Nerida. Son teint vira au blême, presque aussi blême que la Fêlée, et Peter leva les yeux au ciel en laissant échapper un sourire de ses narines.
    – Arrête d'avoir peur, dit-il d'un ton brusque, un peu méprisant. Nerida est pas comme les autres, je vous l'ai déjà dit. Même si c'est une Sirène.

    – C'est bien une Sirène qui a mangé Martin.

A la mention de l'Ogresse, Peter sentit un souffle glacé pénétrer ses vaisseaux et les traits de son visage s'affaissèrent brutalement. Il attrapa l'enfant par les cheveux et le força à cambrer la nuque avec hargne.
    – Ne compare pas l'Ogresse à Nerida. Espèce de froussard. Deux jours de cachot pour toi !

D'un geste bref, les dents serrés par la rage, Peter fit signe à Scar de faire en sorte que l'enfant fût mené au trou noir qu'on réservait aux fautifs.
Les joues empourprées, l'Enfant Roi rejeta une mèche de cheveux en arrière avant de reporter son attention sur la Sirène, mutant son expression contrariée en sourire jovial.
    – Max est occupée, Nerida. C'est une mère tu sais. Elle a souvent à faire. Pourquoi tu la cherches ? Tu as quelque chose à lui dire ? Parce que moi, je ne suis pas occupé. Et je peux demander à Rose de te donner sa robe, par exemple. Vous faites presque la même taille.

Les lèvres de la diaphane Sirène tremblaient. Peter dut réprimer le frisson qui lui démangeait la peau à ce constat. Nerida devait vraiment vouloir rejoindre les Cabanes pour avoir quitté le Lagon jusqu'à s'enfoncer jusqu'au coeur de la Jungle. Elle avait ainsi parcouru plusieurs bornes. Mais Peter ne se rendait que partiellement compte de l'effort qu'endurait Nerida pour venir jusqu'à eux. Sans rien d'autre dans l'estomac qu'une substance à peine vitale. Il ne se rendait pas compte de tout ce que la Sirène employait simplement pour les approcher de plus près, pour s'intégrer à eux, les toucher du bout des doigts. Sans penser à goûter leurs chairs. Il sentait juste, car Peter savait sentir pas mal de choses, que Nerida était spéciale.
Et c'était frustrant de savoir que la douce Fêlée n'était pas vraiment venue pour lui.
    – Tu. Tu veux monter dans les Cabanes ?

Sourire au goût d'espièglerie.
Oh, ne pensez pas que la proposition de Peter n'était encouragée que par une candide générosité. L'Enfant Roi ne ratait, surtout, jamais une occasion d'émerveiller. Encore moins une fille. Et Nerida, là, vous pourrez dire ce que vous voulez, elle était plus proche des petites filles dans leur lit que des sirènes dans leur lagune.

Doux mais assuré, le petit démon empoigna la main gelée de Nerida.

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Dernière édition par Peter Pan le Sam 3 Mai 2014 - 14:52, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: High Hopes    Mar 22 Avr 2014 - 21:16

the light was brighter
Pas sûr qu'elle aime ce qu'elle voit là. Elle le sait, quelque part, au fond d'elle, que Peter n'est pas parfait, il ne peut pas l'être, personne ne l'est, personne ne peut l'être. La Perfection, c'est abstrait, et Peter est terriblement concret, et donc, il ne peut pas être Parfait. C'est logique, c'est comme ça, c'est tout. Mais elle aurait aimé ne pas voir ça, ne pas y assister, pas si vite, pas si tôt, pas maintenant. La brutalité de l'Enfant-Roi à l'égard du gamin qui a peur d'elle lui resserre un étau froid autour des entrailles. La faim ? Non. C'est autre chose. Autre chose qu'elle n'arrive pas à identifier. Autre chose qui la dérange, beaucoup. Ca ne devrait pas être là, ça n'a rien à faire là. Au prix d'un effort, elle choisit de l'ignorer. Elle aimerait choisir de l'oublier, mais elle n'en est pas capable. Alors elle le range, dans un coin de sa tête, pour ne pas y penser, pas maintenant. Elle s'en occupera plus tard. Pour le moment, Peter est à nouveau tourné vers elle, et l'observe, le gamin oublié.

Il lui parle. Beaucoup. Longtemps. Elle sourit malgré elle. Il est tout concentré sur elle, focalisé sur elle. Pourquoi ? Pourquoi elle ? Qu'est-ce qu'elle a de spécial ? Rien. Mais pour le moment, pour l'heure, elle retient son attention, et c'est tout ce qui compte. Elle sourit, et le rose monte à ses joues. Oublié le froid à l'intérieur. Y a un Soleil dans son cœur, à cet instant. « Rien de spécial, non. Je voulais entendre ses Histoires. » Ah oui. Elle aime ça, les histoires, Nerida. C'est la Rêveuse, qu'on aurait dû l'appeler, pas la Fêlée. Même si elle le porte bien. Mais Peter aussi, il a des histoires. Et mieux : il a des Souvenirs. Pas à raconter, pas à partager. Non. Il veut les lui offrir, créer des souvenirs. Avec elle.

Oubliée la robe chaude de Rose, la robe sèche de Rose, à laquelle elle a pourtant songé avec envie il y a quelques secondes. Non. Il y a bien plus important : il y a le sourire de Peter, et sa proposition. Voir les cabanes. Évidemment qu'elle veut voir les cabanes. En cet instant, il n'y a rien qu'elle voudrait plus que ça : voir les cabanes avec lui.

Les yeux de Nerida s'illuminent, son visage aussi. Elle sourit. Un sourire ravi, rêveur, et enthousiaste. Oui oui et oui, elle veut voir. Elle veut monter dans les Cabanes, elle veut y aller avec Lui. Alors quand il lui prend la main, elle sourit. Une bouffée de chaleur réchauffe ses veines et tout son petit corps froid et maladif. Elle serre ses doigts, et hoche la tête. Oui oui et oui.

Si elle fermait les yeux, elle se prendrait à Rêver. Rêver que son corps devient léger, léger, plus léger qu'une Plume, et plus léger qu'un oiseau, et que Peter la fait voler, qu'il partage son Don avec elle. Elle se prendrait à rêver que ses Pieds quittent le sol, et qu'elle s'Envole, vers Là Haut, vers les Cabanes et vers le Ciel, et main dans la main avec Peter, elle volerait. Et oh, ça serait beau, ça serait bon, ça serait doux, et chaud, et un rêve si intense et si parfait qu'elle a presque envie de se laisser aller à fermer les yeux et à rêver.

Mais non : ses yeux restent ouverts. Fixés, rivés, ancrés à Peter. Accrochée à la réalité par la main de l'Enfant-Roi autour de la sienne. Une fois n'est pas coutume, Nerida abandonne les rêves, et se consacre à la Réalité, à l'Instant. Pour une fois, elle va Vivre, au lieu de Rêver.

« Oui. Montre-moi. »

Cet instant-là, il vaut tous les Rêves du monde.
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MessageSujet: Re: High Hopes    Sam 3 Mai 2014 - 15:38



High Hopes

Peter & Nerida

Sans quitter du regard la sirène fantomatique qu'il bombardait de son charme aspirateur, Peter Pan hêla le nom de sa fée. Tinkerbell apparut aussitôt, émergeant de la Maison Souterraine et manifestement pas encore tout à fait révéillée. Sa trainée de poudre lumineuse fendit l'air avant de fuser en direction de l'Enfant Roi, lévitant juste au-dessus de son épaule. La Clochette lança un regard dédaigneux à l'égard de Nerida, puis déclara quelque chose dans le langage des fées.
    – Allez, Tink ! Saupoudre Nerida de poussière. Je ne le dirai pas deux fois.

Contrainte d'obéir, la fée leva les yeux au ciel avant de s'approcher de la Fêlée. Elle projeta sur sa chevelure blanchâtre un nuage de poudre compact, un dosage bien plus important que nécessaire.
    – Excuse-la, Nerida, Tink a mauvais caractère. Tu risques d'éternuer.

Peter s'empara du petit corps virevoltant de sa fée, repliant ses doigts contre son buste en lui la scrutant d'un regard bizarre, intense.
    – Laisse-nous, Tinkerbell. Je veux être tout seul avec Nerida.

Il relâcha la Clochette d'un geste un peu brusque, et sa silhouette tintinabulante disparut en quelques secondes dans les hauteurs du Grand Arbre. Peter prit une expression perplexe après avoir remarqué le teint écarlate qui avait envahi le visage de sa petite fée.
    – Je ne comprends pas pourquoi elle est comme ça, c'est très irritant. Je pense qu'elle veut juste nous embêter. Pas vrai ?

Resserrant l'étreinte de sa main contre celle de Nerida, à présent ensevelie d'un pollen scintillant, il retrouva son sourire espiègle et souffla à voix basse :
    – A présent, Nerida, tu vas faire quelque chose. Tu vas avoir une pensée heureuse. La pensée la plus heureuse, la plus jolie, la plus douce que tu trouveras. Tu vas y penser très fort. Et juste après, tu t'envoleras.

Il plongea son regard lutin dans celui, pâle et intense, de la sirène blafarde.

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MessageSujet: Re: High Hopes    Sam 17 Mai 2014 - 2:17

the taste was sweeter
Une Pensée Heureuse. Rien de plus simple pour la Fêlée en cet instant. La seule chose qu'elle ait besoin de faire, c'est de ce concentrer sur cet Instant, sur ce Moment, sur Là, Maintenant, sur Peter, qui veut la faire Voler avec lui. Même dans ses Rêves les plus fous, elle n'a jamais osé Imaginer Voler. Jamais. C'est trop loin, c'est bien trop inaccessible. Et pourtant, c'est juste Là, à portée de main. Plus que ça. C'est présent, c'est Maintenant.

Elle est Légère, elle l'a toujours été, mais jamais autant qu'en cet Instant. Elle sent ses Pieds quitter le Sol. Son Ancre, son Amarre à la Réalité. Ses pensées vagabondent tellement quand elle est dans l'Océan, qui peut dire ce qu'elles feront, quand elle sera dans l'Air ? Portée par le Vent, qui pourrait imaginer qu'elle arrive à se concentrer sur quoi que ce soit ?

Facile. Peter est face à elle. Peter veut qu'elle Vole. Alors elle s'Envole. Et c'est bien au-delà de tout ce qu'elle aurait pu imaginer. Elle ne se rend même pas compte du Sourire qui étire ses lèvres en cet Instant, pas plus qu'elle ne réalise à quel point ses yeux Brillent. Elle est Heureuse. L'incarnation du Bonheur. Son visage entier est illuminé, et pour une fois, des Couleurs teintent ses joues autrement si pâles et blafardes. Et pour une fois, elle Ressent. Tout. Tout est décuplé, centuplé. Le Vent dans ses cheveux, la façon dont l'Air la porte, et elle est Légère, Légère, tellement Légère. Pour une fois, elle n'a pas besoin de faire le moindre effort. Ca va tout seul.

Nerida est faite pour Voler.

Et elle sait aussi que ça ne durera pas. Alors elle Grave, tout, dans sa Mémoire. Le moindre Instant, le moindre Moment, mais aussi et surtout la moindre Seconde avec Lui, avec Peter. Qui lui a offert la Liberté, le Vol, et sans rien demander en retour.

Comment pourrait-elle ne pas s'envoler, avec ça ?

Alors elle Vole, la Fêlée. Ou plutôt, elle flotte. Elle ne maîtrise rien. Mais elle Profite. Et elle Rit, oh oui, qu'est-ce qu'elle Rit. Et son Rire est le tintement d'un carillon, un Rire de gosse, un Rire Pur et Innocent comme ne devraient pas pouvoir l'être ceux des Sirènes. A part peut-être celui d'une Sirène qui se refuse à manger de la chair.

Chaque parcelle de son corps est comme électrisé. Elle s'Abandonne totalement. A l'Apesanteur, à Peter, à... au monde. C'est presque trop, pour elle. Et la voilà déjà qui dépasse la cime des Arbres. Mais elle est beaucoup trop perchée pour s'en inquiéter. Elle Voit. Elle Vit.

Et machinalement, instinctivement, elle tend la main, espérant inconsciemment que Peter refermera ses doigts autour des siens et la guidera.

Et peu importe où, tant que c'est avec Lui.
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MessageSujet: Re: High Hopes    Lun 2 Juin 2014 - 18:17



High Hopes

PETER & Nerida

Peter était entièrement dans son élément. Immergé, envahi. La recette était complétée de ses ingrédients les plus fins, les plus essentiels. La magie, la féérie, l'assrance. La recette était maitrisée, bien dosée, digne d'un grand chef. Après tout, c'était ce qu'il était. Un émerveilleur, un tisseur de rêves. Un ravisseur.
La recette atteignait son apogée, bouquet de saveurs multiples éclatant sur les papilles. Petit démon.

Dévoué à sa mise en scène, Peter ne regardait pas le sol, qu'il abandonnait dans une lenteur gracieuse. Son regard lutin et étincelant demeurait dardé sur l'expression envoûtée qui avait pris d'assaut les traits de Nerida. Que le spectacle commence. Peter crut entendre son coeur chanter.

Déséquilibré et apeurée, la sirène contemplait ses pieds lévitants dans un mélange – toujours parfaitement dosé par son instigateur – de crainte et d'allégresse. Peter lui empoigna la main d'une étreinte tendre mais puissante, et lui adressa un sourire bourré d'une arrogance charmeuse. Il effectua une légère poussée aérienne qui les propulsèrent dans les hauteurs, et pendant un instant, on aurait pu croire qu'ils viendraient se cogner au ciel étoilé.
    – Voilà, ce sont toutes les Cabanes.

Le tableau était plutôt joli. Des dizaines de cabanons de fortunes éparpillés, illuminés par la lueur des chandelles et des lucioles apprivoisées. Il y avait même quelques fées.
    – Nous les regroupons par zones, suivant le métier de mes soldats.

Sa tirade était parfaitement sérieuse, sincère même, et l'Enfant Roi décrivait l'organisation de sa société infantile comme l'aurait fait un gradé militaire de la plus haute distinction.
    – Si tu veux, nous pouvons jouer à ce que tu sois une Garçonne Perdue. A moins que tu ne préfères être une mère, comme Maxence ? Dis-moi, quel groupe aimes-tu le plus ? Certains chassent, ou grimpes, ou partent en reconnaissance... Il y en a qui soignent, qui raccomodent... C'est très compliqué. Tu veux visiter une Cabane ? Tu préfère laquelle ?

Il s'approcha de l'oreille de Nerida et dit d'une voix plus profonde, plus basse.
    – Ce soir, tu peux tout faire. Dis-toi que tu es dans un rêve.

C'était curieux. Ainsi enseveli de poussière de fée, Nerida semblait irradier, comme si sa pâleur spectrale s'était muée en éclat chaleureux. Une sirène fille, devenue sirène-fée.


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MessageSujet: Re: High Hopes    Ven 13 Juin 2014 - 22:16

with friends surrounded
Les Pieds dans le vide, la Tête dans les Nuages, et le Coeur en suspens, Nerida écoute Peter. Elle suit des yeux ce qu'il montre du doigt. Elle sourit, elle écoute, elle Vit. Il lui en faut si peu, à la Fêlée. Quelques instants volés en compagnie de Pan, quelques minutes dans les airs, à flotter voler se laisser porter par le vent et par son coeur et par l'affection du Garçon... et pour un peu, elle n'aurait presque pas besoin de Poudre de Fée pour voler. Se concentrer pour tout graver dans son Esprit n'est même pas un effort. Si la Poudre de Fée sur sa peau pâle semble irradier, ce n'est rien comparé au Sourire qui étire ses lèvres, qui teinte du rose de la Vie ses joues trop claires. L'Enfant-Roi n'aurait pu lui faire de plus beau Cadeau que celui de sa Compagnie, de lui offrir son Attention, toute entière, de sa Présence, son regard malicieux, son sourire, et sa Main, sa Main, sa Main dans la sienne. Elle tourne tout son Être vers lui, et sourit encore.

Elle regarde le Ciel, elle regarde les Cabanes, elle regarde la Terre, et malgré elle, ses yeux s'attardent sur la portion de Mer que l'on peut apercevoir depuis là. C'est beau. La mer d'encre qui reflète l'image de la Lune. Peut-être que ce n'est pas si mal, l'océan. Peut-être bien que ce n'est pas qu'attaches et lourdeur et lenteur. Peut-être bien qu'il y a un peu de Magie. Ou alors c'est la Magie de Peter, qui transforme tout ce qu'il touche en Poésie, en Magie, en Merveille, en tout cas au moins aux yeux de la pâle Sirène. Et qui veut Jouer, qui Parle, beaucoup, tant et si bien qu'elle peine à se raccrocher aux mots. Doucement, Peter. Doucement. Elle n'est pas à habituée à ça, pas habituée à sentir son Coeur battre ainsi dans sa poitrine, pas sans l'Effort qui va avec. Mais là... C'est simple. Tellement que c'en est étourdissant.

— Jouer ? J'ai jamais joué... Je ne suis pas sûre de savoir comment faire.
Elle dit ça d'une petite voix. Petite, parce qu'elle a peur du rejet, peur de ne soudain pas être assez intéressante pour retenir l'Attention tant désirée du Faiseur de Rêves. Elle mord ses lèvres. Dans un Rêve. Oui, peut-être bien qu'elle est dans un Rêve.

Même si dans ses rêves les plus fous, elle n'a jamais osé. Sa maigre poigne s'affermit dans la main de Peter, et ses yeux sombres accrochent ceux du Garçon-Roi. Non. Elle n'est pas dans un rêve. Elle Vit. L'Instant est Réel, plus réel que tous ceux qu'elle a vécus jusque là, plus réel qu'elle-même, semble-t-il. Et rien n'est plus Vrai que cette main qui entoure la sienne.

— Ce n'est pas un rêve, non. Mes rêves ne sont pas aussi beaux.

Elle est un peu plus sûre, sa voix, moins éthérée. Comme si de floue, Nerida était passée à nette. Sa Présence s'affermit sur la réalité. Ce qui se passe est Important.

— Mais ça m'est égal, ce que je suis. Je voudrais juste rester avec toi... Ce soir.

C'est ajouté avec un peu de retard, parce qu'elle Sait, Nerida, malgré la Douce Folie qui la ronge, elle Sait, que ce moment-là ne peut pas durer, que ça sera une Nuit, un Instant, mais pas plus, pas plus, parce que c'est Peter, et qu'il est Instabilité et Liberté et Vol et Vie et qu'elle ne peut pas le retenir, qu'elle ne peut pas l'enchaîner, ni l'attraper, et que même si demain et après-demain et tous les jours après elle ne pourra le voir que de loin, ça lui conviendra, parce qu'elle aura cet instant auquel se raccrocher. Et que pour elle, c'est Tout. Même si ce n'est que quelques minutes.

Alors pour un instant, pour un court moment, elle peut bien être ce que Peter voudrait qu'elle soit. Elle peut Jouer, oui. Être n'importe quoi, n'importe qui, pourvu que lui aussi puisse garder un Souvenir de cet instant, et le chérir et l'apprécier et se le remémorer parfois, peut-être, avec un Sourire aux lèvres.
Oui. Pour faire sourire Peter, elle peut bien être ce qu'il veut.

— Tu peux me montrer, si tu veux. M'apprendre. Me dire ce que tu veux que je sois. Et je peux essayer.

Pour Toi.
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MessageSujet: Re: High Hopes    Mer 25 Juin 2014 - 12:08



HIGH HOPES

PETER & NERIDA


Jamais joué ??
Allons, elle exagérait ! Comment pouvait-on n'avoir jamais joué ? N'avoir jamais prétendu ? Peter, sans cesser de voler paisiblement, comme porté par le vent lui-même, considérait la sirène d'un air ébahi. Jamais encore Nerida ne lui avait paru si triste. Normal qu'elle fût si vide de couleurs ! Elle n'était rien d'autre qu'une fleur fânée.
    – Quand tu étais petite, jeune sirène, tu as forcément joué. Les sirènes jouent à toutes sortes de jeux. Des fois, nous jouons avec elles à des parties de ballon-bulles. Certaines ne résistent pas à dévorer quelques uns de mes Garçons, mais dans l'ensemble, on s'amuse beaucoup !

Ce fut à cet instant qu'il se souvint – miracle – de la distance qui séparait Nerida de ses soeurs. Le sourire de la Fêlée sembla s'affaisser, justement, et Peter serra sa main plus fort de peur qu'elle chutât.
    – Tu ne joues toujours pas avec tes soeurs ? Tu ne veux pas manger leur nourriture ? Je trouve que tu as l'air un peu malade. Tu me fais penser aux enfants morts que je prends par la main.

Son ton n'était même pas grave, même pas chagriné. Pour lui, il s'agissait d'une chose plus ou moins anodine, sinon naturelle.

Toutefois, la tristesse exhibée, entière qui émanait de Nerida commençait à l'irriter. Il ne comprenait pas ce qui lui manquait pour retrouver quelque matière à sourire, quelque source de couleur. Elle était extasiée, certes, mais Peter sentait bien qu'un ingrédient essentiel à sa recette était manquant. Le truc, c'est qu'il n'y était pour rien, n'y pouvait donc rien, et que cette impuissance ne faisait qu'accroitre sa frustration.
    – Mais ça m'est égal, ce que je suis. Je voudrais juste rester avec toi... Ce soir.

Flatté, Peter releva légèrement la tête, le regard haut et droit, fier de son effet. Cela apaisa quelque peu l'agacement qui rendait son sourire grimaçant.
    – Tu peux me montrer, si tu veux. M'apprendre. Me dire ce que tu veux que je sois. Et je peux essayer.

OK. Il dut admettre que le compromis était efficace. Le serait.

Peter freina leur vol avec douceur et, saisissant l'autre main de Nerida, il fit pivoter leurs corps en position debout, avant de se déposer délicatement sur une des plateformes qui jalonnaient le Grand Arbre. Les lucioles et les lueurs de bougie se reflétaient dans les grands yeux pâles de la Fêlée. Peter l'observa un moment.
    – Ils t'appellent la Fêlée parce que tu manges pas d'humain ?

Il vit nettement le visage de la sirène s'assombrir. Il n'en fut pas réellement embarrassé, mais il craignit que la mélancolie ne l'assaillît de nouveau, aussi s'empressa-t-il d'ajouter :
    – Je pense que tu ferais une bonne mère, Nerida.

En vérité, l'Enfant Roi n'avait pas vraiment songé à la question – pour peu qu'il sût penser – mais il savait que cette idée serait la plus glorifiante, la plus formidable aux yeux de Nerida.

Empoignant brusquement son poignet, il l'entraina quelques pas plus loin, traversant un minuscule pont branlant – il n'avait pas pensé, de même, qu'une sirène pût être prise de vertiges – avant de déboucher sur une Cabane. Il ne savait même plus quelle partie de quel groupe l'occupait. Peu importe.
    – Tout le monde dehors ! Je réquisitionne cette Cabane pour la nuit ! Trouvez-vous un autre endroit où dormir.

Aucun râlement, aucune protestation, quelques vagues soupirs réprimés. Les enfants sortirent à la file indienne, désertant leur chambre précaire afin de laisser leur roi s'adonner à ces manigances loufoques. Ils n'avaient pas le choix. Par chance, aucune mère ne dormait dans cette cabane ce soir-là. Un seul groupe n'avait pas assez de place dans une seule cabane, ils devaient s'en partager plusieurs, et les mères variaient l'emplacement de leur nid en fonction des nuits, des humeurs, des besoins aussi.
Peter pénétra dans la Cabane vide, encombrée de chandelles et d'objets en tous genres.
    – Alors Nerida, cela te plait ? Je sais que ça ne ressemble pas à vos chambres de corail. Mais c'est plutôt pas mal. Assieds-toi.

D'un bond volant, il s'installa lui-même sur une des rares couches présentes dans la maisonnette.
    – A présent, concentre-toi. A ton avis, quel est le rôle d'une mère ?

Il pensait réellement tout savoir à ce sujet, comme s'il se fût agi d'un fait scientifique, étudié, une profession comme une autre qu'il s'agissait d'apprendre par coeur. Pour Peter, être mère n'avait rien d'instinctif. C'est lui qui les créait.


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MessageSujet: Re: High Hopes    Ven 27 Juin 2014 - 23:22

the nights of wonder
Si jouer, c’est faire semblant, alors oui, Nerida sait jouer. Elle joue tous les jours. Elle rêve à une autre vie, elle rêve à être quelqu’un, quelque chose d’autre. C’est son quotidien, c’est facile, c’est inné. C’est juste difficile de s’en convaincre, d’y croire, et peut-être bien qu’elle n’est pas douée pour ces choses-là. Et même si son sourire s’efface un peu, même si les pensées qu’il évoque – solitude, seule, seule, seule, encore seule et pas rejetée, pas vraiment, mais seule quand même – sont tristes et amères, elle ne chute pas.
Parce que quoi qu’il arrive, quoi qu’il advienne, peu importe qu’elle Marche ou nage ou Vole ou flotte ou sombre, elle a toujours ses Rêves. Et là, elle Vole, et tout le reste semble si dérisoire, si petit, minuscule et infime que ça n’a vraiment aucune importance qu’elle soit seule isolée et rejetée ou Entourée et Acceptée.

Elle ne jouait pas avec ses sœurs, non. Elles ne lui menaient pas la vie dure, au moins. Mais elle les mettait mal à l’aise et elles préféraient l’éviter. C’était ainsi, la vie de Nerida était Solitude. Et cela lui convenait: elle avait plus de temps à consacrer à ses Rêveries ainsi.

– Mais je ne suis pas morte, pourtant. Je vis. Je ne vis juste pas comme les autres pensent que je devrais vivre.

Elle dérange, la Fêlée. Elle dérange par son refus de manger de la viande humaine, et de la viande tout court, elle dérange parce qu’elle préfère s’affamer plutôt que de prendre une vie, elle dérange parce qu’elle ne ressemble pas à ses sœurs, elle n’est pas belle et mystérieuse et intrigante et charmeuse. Elle est pâle, et fine-maigre, et éthérée et presque transparente. Sa présence dans la Réalité est floue. Elle est là, mais à peine. Tout juste.

– Peut-être. Peut-être qu’ils m’appellent ainsi parce que ma façon d’être et ma façon de vivre ne conviennent pas.

Elle hausse les épaules. Son surnom, elle s’en fiche. Peut-être bien qu’elle est un peu Fêlée, oui. Et peut-être bien que ça lui convient. Ils sont nombreux a la regarder avec de la pitié dans les yeux, la pauvre, la pauvre, elle s’affame, et elle passe son temps dans un autre monde, a se Rêver une autre Vie tellement elle est malheureuse dans la sienne. Mais non. Nerida est Heureuse. Elle est Heureuse comme elle Existe, comme elle Est: discrètement, a voix basse. Sa Vie rêvée lui convient, parce que son Secret, ce que les autres ne peuvent même pas Imaginer, c’est que Nerida vit mille vies. Nerida est tout et Nerida n’est rien. O est l’Océan et Nerida est Tout. Elle est l’Arbre aux racines profondément ancrées dans le sol, elle est le rayon de soleil qui caresse les cheveux des Enfants, elle est le Vent, elle est la Rosée sur l’herbe, elle est le Brin d’herbe, elle est la Pluie d’été, elle Est, elle est louve, souris, hirondelle, animal ou Chimère. Elle est Sirène, mais elle est aussi Pirate, Indienne, Fée, Garçon Perdu et elle est Mère. Et elle est bien plus encore.

– J’ai déjà rêvé que j’étais Mère. J’étais une bonne Mère. Mais c’était un Rêve. Je ne sais pas si ça compte réellement…

Et le voilà qui chasse tout le monde hors d’une des Cabanes. Et il faut s’installer ? S’asseoir ? Elle ne dit rien, mais la Sirène aurait préféré continuer à Voler, encore et encore, toute la Nuit – et tout le Jour, bien qu’elle sache que c’est impossible. Il avait tiré son poignet un peu brusquement. Oh, elle allait avoir une marque, certainement. Mais elle s’en fiche. Ce serait un Souvenir de cette soirée. Une Marque qui lierait ce moment au Réel, pour quelques jours encore. Une Porte vers les événements de cette Nuit. La douleur lancinante lui arrache un sourire.

Elle entre dans la Cabane à la suite de l'Enfant Roi et regarde autour d’elle. C’est du bois, du bois partout. Mais surtout, c’est la Vie. Les objets entassés pêle-mêle, le Bordel ici et là, la poussière, et le Désordre. C’est un endroit ou l’on Vit, intensément. Et cela, aux yeux de la Fêlée, ça vaut toutes les chambres de corail du monde. Rien ne pourra jamais égaler l’impression de Vie Désordonnée qui règne ici. Elle sourit un peu plus largement, et s’installe à même le sol, comme le lui recommande Pan.

Elle le regarde, le fixe, toute entièrement concentrée sur Lui, sur sa Présence, sur ses Mots, et sur ses mouvements. C’est un instant rare, que celui ou elle n’a pas au moins une parcelle d’elle Ailleurs, dans les Nuages. Non. En cet instant, elle est Là, et entièrement Là.
Se concentrer ? Mais elle est déjà concentrée. Sur Lui, sur Peter, sur l’Enfant Roi, sur le petit Tyran qui dirige l’ile et les enfants perdus d’une impitoyable main de fer.

– Je ne sais pas vraiment. La patience, je suppose ? La douceur ? Il faut être capable d’aimer, aussi. De pardonner. Être calme, mais savoir se faire respecter ? Je n’y ai jamais vraiment réfléchi. Mais je pense que Max fait une bonne Mère. J’aime ses Histoires. Elle sait mettre des images sur les mots. Elle Raconte bien. J’aime beaucoup les histoires.

D’ailleurs. En parlant d’histoires, et puisque tout son être et toute son âme sont tournés aussi entièrement vers lui, elle se demande.

– Tu sais raconter des histoires, toi ? De vraies histoires ?

Ses grands yeux sombres sont tournés vers lui, et elle l’observe, attentive, dans l’expectative. Elle attend une réponse, et espère. Qui sait, peut-être que ce soir, Peter lui racontera ses Aventures. D’ailleurs.

– De toutes façons, tu dois avoir plein de choses a raconter. Plein d’aventures. Comment tu fais pour ne jamais être essoufflé ?

Nerida aussi, aimerait vivre des Aventures, encore plus si ce sont des Aventures en sa compagnie. Mais elle a beau être une grande Rêveuse, elle n’est pas Naïve, et bien qu’elle ait la tête dans les Étoiles et les Nuages, ses pieds restent sur Terre. Et elle sait qu’elle n’est pas faite pour Vivre une Aventure. Pas directement. Alors elle en Rêve. Parce que son corps est trop faible, trop fatigué, elle s’épuise trop vite.

Oh elle sait pourquoi. Elle sait aussi comment y remédier. Et elle s'y refuse.
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MessageSujet: Re: High Hopes    Lun 30 Juin 2014 - 15:16



HIGH HOPES

PETER & NERIDA


Peter hoche la tête, opine du chef, grave et sérieux, fermant les yeux comme le ferait un professeur acquiesçant l'exposé consciencieux de son élève. Nerida sera son élève du jour, son modelage du jour, car Peter est roi, Peter est ambassadeur, Peter est surtout pygmalion.
L'oeil est critique, tout de même, l'oreille attentive mais sévère. Peter est assis en tailleur, plus haut que Nerida. Il n'a pas fait exprès, mais sans le savoir il fait toujours gaffe à ça.


Peter s'apprêtait à rétorquer qu'être une mère était un travail plus fastidieux que semblait le penser la sirène. Oh bien sûr, il s'agissait avant tout de raconter des histoires, de coucher les enfants, broder et border. Il s'agissait de remplacer les originelles. Certains, beaucoup, pensaient certainement que c'était là un bienfait offert par le petit roi, un don qu'il faisait aux enfants délaissés pour les aider à supporter leur brusque statut d'orphelin. En vérité, Peter avait choisi les mères pour séduire les filles, mais avant tout, avant tout pour faire oublier à ses Perdus leur mère véritable. Et le pire, le mieux, c'est que ça marchait.
Nerida oubliait les punitions, les remontrances et les gronderies. Ce n'était pas dans sa nature. Nerida lui faisait penser à Selene. L'ombre en moins. C'était même physique. Nerida n'avait pas de noir en elle. Même ses yeux, on les aurait cru sans pupille. Le contraire des siens, qui paraissaient sans iris. Un instant, ce constat le perturba.

Alors oui, Peter fut tenter de mettre les choses au clair, avant que Nerida ne lançât l'ultime offensive, plus ardente que toute autre. Les histoires. Les aventures.
Peter ouvrit la bouche, la referma, ses sourcils fins se froncèrent sous l'intensité de la réflexion, qu'il maitrisait fort mal du reste. Savait-il raconter des histoires ? Il aimait à les écouter, dans la Maison Souterraine ou aux bordures des fenêtres du monde ordinaire. Il se perchait même sur les cheminées parfois, dans l'espoir de saisir quelques bribes. Ce n'était pas pour rien que les cigognes faisaient là leur nid, vous savez.

Il fut soudain tétanisé, terrassé de découvrir qu'il ne racontait point d'histoires. Il n'avait jamais récité les chapitres des contes qu'il dévorait pourtant, ceux qui sortaient en mélodies formidables des bouches des mères. Rose, Agathe, Maxence. Elles savaient faire des choses, des choses de magie, car rien n'est plus magique qu'une histoire qui prend vie, que lui ne savait pas faire !
Un courroux contenu, vrombissant comme un orage, passa dans ses yeux, et foudroya Nerida. Pourquoi le mettait-il face à son infirmité, comme ça, sans raison ?? Qu'elle était vilaine ! Il voudrait lui faire mal, la blesser, la punir ! Heureusement, Nerida bride par sa candeur, par sa douceur séduisante, cet élan de violence. La dernière question le calme. Direct.
Ça. Ça, c'est son affaire.

Peter se leva, d'un bond, les poings sur les hanches et des scintillements dorés dans les yeux.
    – Moi, essoufflé ? claironne-t-il, fier et jovial, changement radical. Tu sembles oublier qui je suis, Nerida ! Pan ne s'essouffle jamais, Pan n'a jamais assez d'aventures ! Pan ne craint ni la mort ni la fatigue ! – Il était intéressant de constater comme la fatigue semblait prendre une place plus dramatique dans sa logique, que la mort. – Je vis des aventures chaque jour ! Et d'ailleurs, ma vie est une aventure !

Pour peu qu'il eût une vie.

Peter était grisé par son ébullition, son corps s'énervait, s'agitait, ivre de puissance.
Il gesticulait dans la pièce, bousculant les meubles et les objets, théâtral et déchainé. Il se mit à raconter ses péripéties, en vrac. Qu'elles fussent vécues ou non, il ne le savait pas lui-même. Son récit n'avait quasiment pas de sens. Il avait l'air dément, un peu délirant, comme sous l'effet d'une fièvre. Il mimait, criait, déformant son corps et modulant sa voix. Le spectacle devait être impressionnant, excitant, pour sûr ! Un peu effrayant aussi.

Jusqu'à ce qu'un enfant pénètre dans la Cabane. Interrompant Peter dans sa lancée, dans l'apogée de son effervescence. Le poitrail soulevé par sa respiration de plus en plus sèche, Peter fut contraint – contraint, c'était là toute l'horreur de la situation à ses yeux – de freiner son élan.
L'enfant le regarda un moment. Il était petit, plus petit que lui. Pas beaucoup, en vérité, mais son regard rond et apeuré le rendait vraiment petit en comparaison de l'Enfant Roi. Son regard se posa sur Nerida, mais il n'eut même pas peur. Il avait peur de quelqu'un d'autre, tellement tellement qu'il n'y avait plus de place pour tout autre effroi.
    – Pardon. Pardon, Peter. Je. Je ne savais pas que les autres étaient partis. Je... Je vais les chercher. Pardon.

Il s'agit de bien comprendre la situation qui se déroule en cet instant. Se trouver dans la même Cabane que Peter, aux côtés de Peter, en présence de Peter, ce n'était pas grave. Peter n'en faisait rien, il n'y prêtait guère attention. Il n'était pas de ces rois qui ne supportent pas que leur air soit pollué par le souffle putride du peuple, inférieur et soumis. Mais Peter savait, et l'enfant savait, qu'il venait de couper le récit de Peter Pan, l'emballement de Peter Pan, qu'il avait assommé son excitation qui s'en trouvait maintenant toute aplatie, étourdie et faible.

Peter lui-même était furieux, déboussolé, il peinait à reprendre pied avec la réalité – du moins ce qui s'en approchait le plus à Neverland. Il balaya son environnement du regard, sa mémoire s'enclenchant péniblement, se raccrochant au réel. Mais il était triste, là, il était très en colère, brisé, perdu.
    – TU M'AS INTERROMPU !

Il avait beuglé, et personne ne s'était attendu à une telle intensité. Il hurlait littéralement.
    – Pour... Pourquoi ?? J'étais... Je... Je faisais... ! Je t'interdis ! Tu vas mourir ! Je vais te tuer !

Il attrapa une flèche qui trainait – dans sa confusion, il n'avait même pas songé à se saisir de son poignard – et se rua sur l'enfant. Ce dernier ne s'enfuit pas. Il pleurait, en silence, mais ne bougeait pas. A quoi bon ? Si Peter avait décidé qu'on meure, on mourrait. Il se mit à genoux et présenta dignement sa poitrine. Ses paupières se crispèrent, autant que les lèvres de Peter Pan tandis qu'il dardait sur le corps exposé du fautif la pointe aiguisée. Lui aussi, pleurait.


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MessageSujet: Re: High Hopes    Dim 6 Juil 2014 - 14:41

there's a hunger still unsatisfied
Oooh, Peter qui s'Illumine, qui s'Eclaire, qui parle, qui mime, qui Vit ses Histoires de façon si intense que c'en est à la fois déconcertant, terrifiant et fascinant. Et Nerida est fascinée, complètement bouleversée que l'Enfant-Roi partage ses Aventures avec elle de cette façon si entière et si désinhibée. Il n'a aucune pudeur, ne retient rien, ne cache rien, n'enjolive même pas. Il parle, il Vit, il Raconte, et la Fêlée, avide d'Histoires, avide des Aventures de Peter boit ses mots et semble reprendre des couleurs au fur et à mesure. Peut-être que c'est de cela qu'elle se nourrit, la vraie Nourriture pour elle : les Histoires.

Et puis. Et puis tout se casse, pourquoi ? Juste à cause d'un garçon perdu, qui vient interrompre Peter pendant ses Récits. Nerida s'arrache à sa transe comme on sort d'un Rêve. Elle peine à retrouver la réalité et cligne des yeux quelques secondes. Il lui faut du temps avant de comprendre que Peter est très très contrarié, et que l'enfant est beaucoup plus repentant que nécessaire. Sûrement, ce n'est pas bien grave, non ? Ils pourront reprendre une fois que le garçon sera parti. Mais Peter hurle, et Nerida sursaute, et le garçon se ratatine sur lui-même. Oh qu'il est abrupt, ce réveil. Nérida préférerait cent et mille fois reprendre, comme si de rien n'était, parce que ce n'est pas bien grave, et les Mots sont magiques et le Charme n'est pas brisé, pas même rompu, c'est juste une parenthèse, une petite parenthèse, un moment de flottement, rien d'important, rien de grave, pourquoi Peter hurle ainsi ?

Tuer ? Non. Non non non. Les vies sont précieuses, la Vie est précieuse, la vie de chacun, c'est pour ça que Nerida ne mange jamais de viande et préfère s'affamer plutôt que de tuer, et qui sait, qui sait, cela fait trop longtemps que son Être crie famine, qui sait comment son corps va réagir à l'odeur du Sang d'un enfant ? Qui sait si elle ne risque pas de le dévorer après, incapable de résister à l'Instinct qu'elle enferme et réprime depuis bien trop longtemps ?

– Non... Peter... Non. S'il te plaît...

Mais il attrape une flèche et se rue sur l'enfant, qui semble accepter son sort et ne fait même pas mine de lutter contre l'injustice cruelle dont il est victime.

Alors Nerida se fait force, et contraint ses faibles muscles à se presser, vite vite, il n'y a pas le temps de réfléchir à comment mettre la machine se met en marche, il faut que ça se fasse. Elle est faible, oui, mais pas assez pour ne rien faire, pas assez pour se laisser être témoin d'une scène pareille. Alors elle aussi se rue. Entre Peter et l'enfant, et barde toutes ses forces, et toute son énergie pour non pas repousser – elle sait qu'elle n'en a pas la force – mais au moins retenir Peter.

– ARRÊTE, PETER ! – Oui, les Sirènes ont de la Voix. Nerida ne se laisse pas souvent l'utiliser à sa pleine puissance, mais l'organe est bel et bien là, puissant, imposant – Ce n'est pas grave ! Il n'a pas fait exprès. Et tu peux recommencer, on peut continuer, c'est pas cassé. S'il te plaît...

Trop d'efforts, trop vite. Nerida brûle ses réserves pour sauver le gosse dont elle ne connaît même pas le nom. Son coeur s'affole, son souffle s'étrangle et ses Jambes s'écroulent sous elle. Sa tête cogne dur contre le sol de la cabane. Ses membres tremblent, plus d'énergie, plus de jus. Il lui faut de la nourriture et du repos. Mais elle ne s'écoute pas. Comme d'habitude.

– S'il te plaît, Peter...

Elle se redresse, les bras tremblants, ses pâles cheveux rouges vif et poisseux là où elle s'est cognée. Mais ses traitresses de Jambes ne suivent pas, ne veulent pas, et elle reste au sol, paralysée, et tétanisée. Il n'y a plus rien qui puisse empêcher Peter de tuer cet enfant.
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MessageSujet: Re: High Hopes    Lun 14 Juil 2014 - 19:39



HIGH HOPES

PETER & NERIDA


Ce fut la voix de Nerida qui stoppa son geste. La scène était théâtrale, dramatique. Un enfant effondré au sol, poitrine exhibée, tête tournée, les lèvres blanchies par ses dents qui s'enfonçaient dans sa chair tremblante. Un autre enfant, au regard fou, aux joues vibrantes de fureur, le genoux posé au sol et le bras brandissant une flèche acérée.
Au cri de Nerida, d'une puissance insoupçonnée, Peter ne détourna pas le regard de l'enfant. Il continua de le fixer intensément, sans pivoter la tête vers la sirène. Mais on sentait son regard troublé, indécis, confus.

L'enfant finit par desserrer ses lèvres blêmes, qui se mirent à grelotter, et Peter vit ses yeux se cramponner à une vision externe à lui-même. Nerida. Sans bouger d'un pouce, il s'arracha au spectacle de sa victime offerte et s'attarda sur celui de la sirène. Nerida paraissait plus morte que vive. Son crâne blanchâtre était maculé d'un sang sombre qui le bouleversa, car c'était l'unique tache de couleur qu'on pouvait voir sur le corps débile de la Fêlée.
Peter l'observa tenter de se relever, de retrouver vie et force. En vain.
Les yeux de la sirène papillonnèrent, roulèrent dans leurs orbites. Nerida s'immergea dans l'inconscience alors que Peter, abandonnant le petit mortifié, accourait vers elle.


L'aventure se poursuit ici : Still hoping ?



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