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Ciel
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☼ Prince des Fées ☼


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MessageSujet: Le vent se lève   Lun 16 Juin 2014 - 23:16


 
Le vent se lève

 
Ciel & Wiliwaw


Avait-on arrosé sa jolie Rose ?
Avait-on nourri son beau Soleil ?
Avait-on repassé son précieux habit, fait son luxueux lit, trié ses royaux légumes ?
Les préoccupations de Ciel, en ce chaud matin, demeuraient fixés sur ces éléments futiles, étonnamment essentiels à son bien-être. Une routine qu'il se devait de maintenir, de maitriser, de crainte de perdre le peu de contrôle qu'il avait encore sur son existence régulée.
Ses précepteurs s'étaient succédés, et Ciel, dans sa lassitude mélancolique de plus en plus abyssale, n'avait prêté qu'une attention polie, celle d'un prince, à leurs discours redondants. L'organisation de la société féérique, les usages lors des cérémonies, l'histoire des Jardins de Kensington, les écrits du grand sage William (Shakespeare), les différentes espèces de fleurs, de feuilles et d'arbres qu'il n'approcherait qu'en étude. Le monde. Le monde derrière la fenêtre. Et Ciel baillait, baillait, Ciel s'ennuyait pour ne pas regretter, parce que même si c'était chiant, c'était toujours moins douloureux.

Et puis. La Reine Mab, soucieuse des échos qu'elle recevait de ces leçons interminables qui ne faisaient que pâlir encore et encore le regard brillant du petit prince, décida de dérider, de stimuler, de redonner un tant soit peu d'éclat à son protégé dont le sourire lui manquait.
Elle ne commanda nul instituteur, nul professeur, nul spécialiste de tel ou tel domaine plus ou moins clarifié. Elle fit un repérage consciencieux au sein de sa petite société. Fit une première sélection, parmi les êtres les plus fringants, les plus énergiques du peuple ailé. Une autre sélection. Puis une autre. Jusqu'à ce qu'un seul élément se distinguât parmi tous les autres. Le plus lumineux, le plus hyperactif, le plus libre de tous. Un électron libre.
Sa façon particulière qu'il avait eu de surfer – surfer ! – sur le vent lui-même, entrainant une foule d'autres fées à l'imiter, avait eu raison de sa décision finale. Avec un brin d'amusement, mais toujours protocolaire, la Reine exigea que le dénommé Williwaw fût escorté sur son palais. Il apprendra au prince quelques tours distrayants, des choses sur les vents, ou toute autre information susceptible d'allumer le regard morose de l'enfant fée. D'ailleurs, les fées des vents semblaient l'intriguer particulièrement. Un vent ne pouvait que s'entendre avec un ciel, n'est-ce pas ?

Ragaillardie par cette pensée à la fois logique et fantaisiste, ce qui incarnait tout à fait la souveraine des fées, Mab accueillit elle-même le jeune fée des vents au palais, avant d'exiger de la part de Tea, le majordome officiel de Ciel, qu'il amenât l'homme aux côtés du Prince. Celui-ci avait été averti, et son excitation, à défaut de s'estomper, n'avait cessé de croitre au fil de l'après-midi. Il voulait provoquer le meilleur effet chez ce nouvel arrivant, si exotique en comparaison des précédents. Mais il redoutait de paraitre ennuyeux, ignorant ou faible. Il avait accumulé les caprices tout au long de la journée. Même Tea paraissait harassé.

Enfin. La porte s'ouvrit. La fée apparut. Un sourire brut, entier, plaqué sur le visage. Ciel le décortiqua de ses immenses yeux d'azur. Il adressa à Williwaw une révérence exclusivement royale. Son habit délicat, brodé d'or, contrastait avec la tenue naturelle de l'Electron.
    – Je suis le Prince Ciel. Bienvenue dans mon Palais.

Il se redressa et poursuivit son inspection, se souciant peu de savoir si son interlocuteur s'en trouverait mal à l'aise. Il tâchait de ne point trop exprimer quelque sentiment d'admiration, d'envie, ou même une simple curiosité. N'était-il pas un prince, après tout ? Il durcit son regard, et celui-ci s'assombrit légèrement, prenant une teinte outremer.
    – Alors comme ça, tu es fée des vents ? Je n'en connais pas beaucoup. Mab dit que tu es spéciale. Voudrais-tu du thé ?

Il leva les doigts, prêt à les claquer au cas où son hôte approuverait sa proposition.




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Ancienne Fée
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MessageSujet: Re: Le vent se lève   Mar 17 Juin 2014 - 3:24

Jusque là, sa journée avait été parfaitement ordinaire. Le genre de journée comme il en avait déjà vécu plusieurs, un savant mélange de farces, de jeux, et d'adrénaline. Et souvent les trois en même temps.

Il s'était levé avant le soleil, comme souvent, et avait essayé d'être aussi discret que possible en attendant que le reste de l'île s'éveille. Avant l'aube, c'étaient souvent les pirates qu'il allait voir. Parce qu'il leur arrivait d'être encore debout après une nuit à boire et faire la fête – ça, il fallait reconnaître que pour des humains, ils savaient s'amuser, les pirates. Et qu'un pirate ivre était encore plus drôle qu'un pirate sobre. Il était allé mettre de l'encre dans le bon vin de Hook, avait inversé les pots et les étiquettes du sucre et du sel dans les cuisines, et avait ajouté juste ce qu'il fallait comme pigments colorés pour que tous les courriers de Hook soient écrits en rose pour quelques jours au moins. Et il était content de lui, l'animal.
Ensuite, il s'était caché, pour être le témoin silencieux [strike]discret[strike] seulement vaguement décelable du résultat de ses farce. Et puis il aimait bien observer les pirates. Surtout Hook. Et Smee. Ils savaient lire, tous les deux. Des fois, il se collait à la fenêtre des appartements du Capitaine, et les regardait lire et écrire. Cette bande de chanceux.

Ensuite, il était allé embêter les Sirènes. Il les aimait moins, elles. Elles étaient beaucoup moins drôles. Mais il ne se laissait jamais d'enguirlander les plus vaines d'entre elles. Il envoyait souvent le vent souffler dans leurs jolis cheveux qu'elles venaient de coiffer soigneusement. Mais elles n'étaient pas très drôles, alors il s'était vite lassé.

C'était donc une journée ordinaire, passée entre farces et petits plaisirs personnels, comme se laisser flotter sur les ailes du vent, pour voler sans le moindre effort, ou surfer sur les courants d'air, les cheveux au vent, et le sourire aux lèvres. Une journée tout à fait et totalement ordinaire.

Jusqu'à ce que. Jusqu'au moment où.

Jusqu'à maintenant. Maintenant, c'est à dire, là. Le moment où la Reine Mab exige qu'il vienne au château. Lui, alors qu'il n'a rien de spécial à son humble avis, et qu'il n'est certainement pas le mieux élevé parmi toutes les fées. Mais c'estlui qu'elle a exigé – Mab n'invite pas : elle exige. Et l'occasion est bien trop belle pour qu'il ne fasse que penser à refuser. Il suit, évidement.

Et quand c'est Mab elle-même qui l'accueille, il lui faut invoquer tout son – faible – self-control, afin de ne pas sautiller hystériquement ou se dandiner stupidement. Une fois hors de vue, cependant, l'Electron recommence à sautiller dans tous les sens, au risque de titiller la patience de Tea, le majordome particulier du Prince Ciel. Il laisse ses doigts traîner contre les murs et regarde tout autour de lui. Le moindre détail l'intéresse et le fascine, et il s'arrête plus d'une fois, juste parce que telle ou telle chose lui plaît.

Et enfin, la porte s'ouvre sur le Petit Prince et sa royale présence. Il est petit, oui. Il est faible, oui. Il ne brille pas bien fort. Mais diantre, qu'est-ce qu'il en impose, le bout de fée. Williwaw esquisse un sourire un peu gauche, un peu de travers, mais ses yeux pétillent de bienveillance. Il esquisse une révérence biscornue, et se remet aussitôt à se dandiner ensuite. D'un pied sur l'autre, d'un pied sur l'autre.

– Je sais qui tu es. Evidemment que je sais qui tu es. Tout le monde sait qui tu es. Mais ils sont pas beaucoup à te rencontrer.
Alors pourquoi lui, hein ? Qu'est-ce qu'il a de si spécial, l'Electron ? Il observe le Prince, pas très respectueusement parce que beaucoup trop franchement et entièrement. Mais son regard est doux, malicieux, et il n'y a pas l'ombre d'un jugement, là-dedans.
– Merci de m'accueillir. C'est un honneur.
Malgré tout, Wil n'oublie pas le peu de bonnes manières qu'il connaît.

Et c'est ensuite un sourire bienveillant qu'il adresse au jeune prince. Il opine du chef, aussi. Oui, il est fée des vents. Il est fée des vents et il hausse les sourcils très haut, quand Ciel lui annonce que Mab raconte qu'il est spécial. Pourquoi ?

– Spécial ? Moi. Bah. Non. Je fais juste ce que j'ai envie de faire, c'est tout.
Comme par exemple se gratter très peu élégamment la tête devant l'héritier, et faire une moue pensive à la notion du thé. Est-ce qu'il veut du thé ? Bonne question. C'est quand la dernière fois qu'il a bu du thé. Il ne se souvient même pas, et se souvient encore moins de s'il a aimé ou non. C'est l'occasion de goûter à nouveau. Ou de goûter tout court.

– Je veux bien du thé, oui... Merci. Le dernier mot sort après une petite pause, comme s'il le rajoutait après coup, après s'être souvenu qu'il n'est pas face à n'importe qui après tout.

Il se balance sur les talons, et se gratte l'arête du nez tout en regardant tout autour de lui. Sa bouche va de droite à gauche, et finalement décide de s'étirer en un grand sourire.

– Pourquoi je suis là, en fait ?

Bonne question. Non, parce que. C'est vraiment sympathique et tout de l'avoir invité. Mais il doute sincèrement que Mab l'ait fait venir ici juste pour boire du thé avec le prince. Alors encore une fois, son regard trop franc, trop entier, trop intense se pose sur Ciel. Et il attend une réponse.
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MessageSujet: Re: Le vent se lève   Mar 24 Juin 2014 - 13:25


 
Le vent se lève

 
Ciel & Williwaw



Ciel arqua un sourcil tout en considéra l'énergumène désinvolte, contrastant avec quasiment tout ce qui le composait lui-même, intensément intrigué par Williwaw.
Il fut plutôt flatté d'entendre que tout le monde avait ouï dire de son existence pourtant recluse, mais les propos qui succédèrent à cette annonce glorifiante fanèrent son sourire pâle presque instantanément. Les traits de son visage s'affaissèrent, et ses iris s'assombrirent brusquement.

Je fais juste ce que j'ai envie de faire, c'est tout.
Ah, qu'il se sentait fier, probablement, en cet instant ! Il ne portait ni bel habit, ni n'avait la chance d'avoir un chenard, un château pour lui tout seul, des milliers de jouets, mais comme il pavanait ! Et il avait l'audace suprême de déclarer que cela n'avait rien de spécial. Rien de spécial ! Ciel fulminait, mais son éducation réglée comme du papier à musique bridait toute expression de cette rage montante. Il était surtout piqué, triste même, en vérité.

– C'est bien vrai que ce n'est pas si spécial ! ajouta-t-il un peu brutalement, de sa voix claire, presque chantante.

Williwaw ne savait pas se tenir. Il n'avait pas l'habitude. Cela se sentait, se voyait, se devinait aisément. Il était agité, turbulent, pas très droit et peu au fait des usages. Ciel s'en moquait, au fond, ce genre de pomperie tendait parfois à l'irriter. Mais en cet instant où il s'était senti glisser en lui-même, il saisit l'occasion pour retrouver un semblant de supériorité. Lui était si noble, si royal. L'envie était un sentiment trop intense pour sa santé déclinante.

Sans cesser de fixer des yeux l'Electron, Ciel frappa dans ses deux paumes blanches. Une petite troupe de domestiques fit irruption, apportant dans le même coup table ronde, chaises confortables et nécessaire à thé. Le prince ne veut pas prendre le thé dans le petit salon, soit. Le petit salon viendra à lui.

Ciel incita, d'un geste ample, Williwaw à s'installer en face de lui. Tandis que les majordomes, à la fois secs, précis et mesurés, remplissaient les tasses impeccablement, Ciel continuait de lorgner le visage lumineux de Williwaw. Il n'avait pas encore répondu à sa question.

– Je suis une fée aristocrate, finit-il par dire, portant la tasse à ses lèvres.   Je suis censé maitriser la lumière et certains formes d'enchantement sur les humains. Mais... Son visage s'assombrit.   J'ai des... difficultés. Peu importe, je présume que mes états ne t'intéressent point. Avant de passer à la démonstration de tes talents aériens, je voudrais... Je voudrais savoir ce tu vis.  Comment est ta vie ? Et... elle te plait ?

C'était étonnant, et si juste. Ciel n'avait pas dit "où tu vis" ou "comment tu vis". C'était sa vie entière, la vie entière, qu'il interrogeait. La vie d'une fée des vents, qui lui semblait incarner la liberté elle-même. Il tâchait de ne pas trop révéler sa curiosité alléchée, afin de conserver un rapport sinon de supériorité, d'égalité, entre eux.

– J'espère tout de même que cela ne te fait pas perdre ton temps.

Le ton chargé d'excuses qu'il avait tenté de comprimer. Mais c'était vraiment cela. Ciel craignait, aussi prince fût-il, que ses hôtes, ses compagnons quelconques, fussent bien embêtés d'avoir à passer leurs moments avec un être tel que lui, diminué, inintéressant. D'autant plus qu'un moment chez les fées parait plus long, bien plus long.




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Ancienne Fée
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MessageSujet: Re: Le vent se lève   Sam 28 Juin 2014 - 14:28

C'est un vrai défilé de servants et de tables et de chaises et de thé et de biscuits autour de lui, et Williwaw regarde l'agitation autour de lui avec un petit sourire mi-amusé, mi-con. Quand le Prince l'invite à s'asseoir, l'Electron pose son cul sur l'une des chaises délicieusement rembourrées et regarde les tasses se faire remplir avec une précision absurdement méticuleuse. Ca le fait sourire un peu plus largement, et ses yeux se reportent ensuite sur le Petit Prince.

– C'est parce que tu es une Fée Aristocrate que tout le monde fait les choses à ta place ?
Un coup d'oeil aux serviteurs, qui versent le thé au millimètre près dans les tasses de porcelaine. Puis ses yeux se posent de nouveau sur Ciel.

– C'est pas important que t'aie des difficultés. C'est ta façon de réagir face aux difficultés qui est importante. C'est ça qui compte. Tu peux pas t'endurcir et devenir plus fort si t'as toujours eu la vie facile. Tu peux tout apprendre, tout ce qui est possible pour toi de faire, tu peux le faire. Ca peut prendre plus ou moins de temps, mais y a que peu de limites.
C'est beau, la vie, quand on en a plein. Il ne se rend pas compte, Williwaw, de ce qu'il dit. Et bien qu'il n'ait pas tout à fait tort, ça change rien au fait que l'égalité parfaite n'existe pas. Lui est né d'un fou-rire. Ciel est né d'un petit rire hésitant. Et ça fait une différence malgré tout, malgré ses jolis mots et ses grandes idées.
– Et si. Ca m'intéresse. Je m'intéresse à tout. Et tu fais partie de tout. Alors si t'as envie de raconter, moi je t'écoute. Et si tu as pas envie de raconter, j'ai quand même envie d'écouter. Je suis curieux. On est différents. Donc t'es intéressant. Alors tu me fais pas perdre mon temps.

De toutes façons, une Fée pleine de Vie comme lui a probablement un peu de temps à perdre. Même si le temps passe vite, pour lui comme pour toutes les autres Fées. Il en a peut-être un peu plus. Il pose une main autour de la tasse de thé, et lâche un petit soupir de plaisir. Chaleur.

Il gigote sur sa chaise. Voilà. C'est fini. Il a été calme pendant quelques minutes, quelques instants. Maintenant, l'Electron recommence à bouger. Il tapote du pied par terre et se dandine un peu. Il remue le nez, cligne des deux, et se fend d'un large sourire.

– Je peux pas te raconter. Je crois qu'on est trop différents. Je sais pas si c'est... la peine. Et voilà. Il n'aura pas duré longtemps ce morceau de rêve. Pauvre Ciel. Mais si tu veux, si j'ai le droit, je peux te montrer. Williwaw s'emporte, parle un peu plus vite, et accompagne ses mots de longs et grands gestes vifs avec les mains. Il ne parle pas qu'avec la bouche, non. Il parle avec tout son corps.
– Je peux te montrer comment rendre chaque instant mémorable, et comment le moindre instant est important et magique, et je peux t'apprendre à collectionner les bons souvenirs, pour laisser les mauvais derrière. Je peux pas t'apprendre à faire du vent, mais je peux t'apprendre à te laisser porter par le vent.

Un silence, court. Et une moue.
– Enfin. Je pourrais te raconter. Mais c'est pas pareil. Je sais pas bien parler. J'ai pas les mots qui vont avec. Je sais pas bien m'exprimer. C'est pour ça que je te propose de te montrer. Si tu veux, si tu peux. Et en échange, tu me montres toi. Ce que tu sais faire, ce que je sais pas faire. Tout ce que tu comprends et que je comprends pas. Enfin. Si tu veux.

Petite grimace. Il coince ses mains entre ses cuisses. Il s'est laissé emporter par sa fougue naturelle, encore. Il dénote, ici, dans cet endroit si propre et ordonné et bien rangé. C'est une tornade dans une cristallerie. Arrête de bouger dans tous les sens, Wil. Mais il offre un sourire à son prince. Un sourire mi-figue, mi-raisin. Un sourire de mauvais garçon malicieux.
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MessageSujet: Re: Le vent se lève   Mer 2 Juil 2014 - 17:19


Le vent se lève

Ciel & Williwaw

Williwaw est vraiment une fée des vents. Pour preuve, l'habileté avec laquelle, inconsciemment, il déploie tour à tour brise et tempête dans le coeur de Ciel. Le petit prince ne cesse de s'offusquer, puis s'intriguer, puis s'adoucir, puis s'insurger à nouveau.
En cet instant, le teint de Ciel s'ombrageait d'un rose soutenu. Jamais encore on ne s'était adressé à lui de la sorte. Les gens qui l'entouraient étaient toujours prudents, démesurément respectueux. Oh, ils ne le craignaient pas tant lui-même, c'était surtout son influence sur la reine qui les restreignait de tout débordement, aussi minime fût-il.

C'est un vrai paysan, ce Williwaw. Il dit "y a", il dit "c'est pas", il dit "que t'aies". Ses phrases sont bourrées de familiarités, qui sans être choquantes attirent pesamment l'attention du prince des fées. Il ne les juge ni ne les méprise, car Ciel ne fait pas cela, mais on dirait... Oui, on dirait que ça le fascine.

Le discours de l'Electron avait transporté Ciel. L'espace d'un instant, son coeur qui ressemblait à celui d'un tout jeune humain, s'emballa avec vigueur, suivant comme il pouvait les gestes et les paroles lestes de Williwaw. Ciel tentait de se cramponner à cet enthousiasme inédit, retenant le sourire nerveux qui grattouillait ses commissures.
Mais le petit prince se faisait vite ébranler par l'inconsistance de ce discours, qui comme le vent se tournait et se retournait, se mélangeait, se contredisait. Williwaw était une sorte de grande bourrasque, très entrainante, mais qui parfois revenait en contre-sens, sans prévenir. Et Ciel s'en trouvait perdu, agité par ce vent imprévisible qui remuait en lui-même. Il avait juste envie de dire "Finalement, on est différent ou on ne l'est pas ?!". Mais il ne dit rien. D'une part parce qu'il n'osa pas, d'autre part parce que Williwaw s'en était retourné dans les méandres de son plaidoyer venteux.
    – Je n'ai rien de grandiose à montrer, je crois. J'entends, pour une fée comme toi.

Ciel plongea ses yeux bleus dans le fond de sa tasse. Il se sentait étriqué, tiens, dans ses habits bien lissés, bien brodés.
    – La Reine a fait venir des feuilles, celles que tu utilises pour glisser. Elle a décoré ma salle de jeux d'un ciel artificiel. C'est sa magie qui peut faire cela... Ainsi, je pourrais avoir l'impression de voler vraiment dans le ciel. Je dispose même d'un harnais – celui que j'utilise pour mes oiseaux – et ce harnais, par des câbles en fil d'araignées qui rejoignent une toile au plafond, m'amène dans les airs. C'est un système compliqué, mais il aidera à l'illusion.

Quel mot terrible. Le mot qui régit sa vie.
    – Je vais te montrer la salle de jeux.

Ciel reposa brutalement la tasse, fit racler sa chaise, et incita Williwaw à le suivre. Malgré son statut, beaucoup de ses manières pouvaient sembler brusques, malvenues même. C'était son côté, point encore trop étouffé, spontané, vivace. Ainsi, il empoigna la main de l'Electron et l'entraina à sa suite jusqu'à l'immense porte de la pièce qui lui servait d'exutoire.

Une foule de jouets, très beaux pour la plupart, y était éparpillée. Rouges-gorges à bascule, épées de bois, costumes de pirates et de peaux-rouges, manèges, peluches, figurines... Et, bien sûr, de somptueuses bibliothèques garnies de livres ouvragés, méticuleusement établis tout autour des murs d'enceinte.
    – Ne prête pas attention au désordre, la femme de chambre est venue mais j'ai tout dérangé par la suite. Voici les feuilles d'automne, par terre. Et voici le plafond. Je trouve qu'il fait plutôt vrai, qu'en penses-tu ?

Mais ce n'était pas le plafond que Williwaw observait.



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MessageSujet: Re: Le vent se lève   Dim 13 Juil 2014 - 19:25

Une Fée comme lui ? Qu'est-ce que ça veut dire que ça ? C'est un compliment ? Une insulte ? Du dédain ? De l'envie ? Wil ne sait pas quoi en faire, et n'est pas sûr de vouloir savoir quoi en faire. Alors il laisse glisser, il laisse les mots voler loin. C'est pas bien important de toutes façons. Le plus important, c'est le visage du Petit Prince qui s'illumine et s'éclaire, et rien que ça, ça fait sourire Williwaw.

Mais le sourire de l'Electron se casse sévèrement la gueule quand Ciel parle des câbles et du système et.. du faux ciel !? Comment peut-on ? Mais il ne dit rien. Il cache la disparition de son sourire derrière sa tasse, qu'il vide sans un mot, et repose sur la chaise avec des gestes raides qui tranchent abominablement avec la grâce aérienne dont il faisait preuve quelques secondes plus tôt.

Il se lève, va voir la salle de jeux. Et malgré lui, Ciel lui arrache un sourire, quand il lui prend spontanément la main, pour l'entraîner vers la salle en question. Wil sourit encore, et ses doigts affermissent leur prise sur la main du prince des Fées.

Et lorsqu'il entre dans la salle de jeux, son regard effleure les somptueux jouets avant de s'arrêter sur les livres. Les bibliothèques qui semblent crouler sous les somptueux ouvrages. Il y a tant de livres ici ! Bien plus qu'une Fée pourrait lire dans toute une vie, dans deux vies, même ! Sa bouche s'ouvre toute seule, et son pas se ralentit.

Non. Williwaw n'observe pas le plafond. Wil observe les livres, les étagères qui débordent de bouquins dont il rêve depuis toujours. Les voyages que ces ouvrages doivent comporter, le nombre d'aventures et de contes et de récits et de merveilles. Il lâche la main de Ciel, et s'avance dans la bibliothèque. Il a le geste de toucher les livres du bout des doigts et de les laisser courir le long du cuir des couvertures. Mais il se retient. Il mime le geste, le long des ouvrages, mais ne les touche pas. Il y a de la lumière et du rêve dans ses yeux.

– Ils sont à toi, tous ces livres ? Tu les as déjà lus ?
Oublié, le vol, oubliées les glissades sur le vent, oublié le faux ciel et toutes ces bêtises, toutes ces choses qui remplissent sa vie et qui pourtant lui semblent bien futiles à cet instant, surtout comparé aux mots, à la lecture, à l'écriture, à tout ce qui est à la portée de ses doigts et qu'il ne peut pas toucher.
C'est un vent calme, à présent, le Williwaw. Fait rare.

Mais quand il se tourne à nouveau vers Ciel, c'est une véritable bourrasque. Il est tout fou, tout excité. Les livres, la connaissance, il n'en a jamais vu autant en même temps, il n'a jamais été aussi proche des ouvrages dont il rêve tant.

– C'est trop bien ! Tu sais lire, tu peux voyager dans ta tête, pas besoin de bouger, pas besoin de rien ! Tu peux visiter mille endroits en une journée ! Tu peux respirer sous l'eau, tu peux cracher du feu, tu peux tout faire avec les livres ! Tu peux visiter tout un tas de mondes qui n'existent même pas ! C'est... C'est la plus belle magie du monde !
C'est un regard nouveau qu'il pose sur son prince. Un regard toujours plein de respect, mais un respect tout à fait différent. Et il y a quelque chose qu'il n'y avait pas avant, dans ses yeux : une envie, une soif de connaissance et d'apprendre. Et s'il n'ose pas le dire à voix haute, peut-être bien que le Prince pourrait lui apprendre à lire..?
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MessageSujet: Re: Le vent se lève   Lun 21 Juil 2014 - 12:21


Le vent se lève

Ciel & Williwaw


Ciel abaissa ses bras et considéra la fée des vents dont le visage semblait s'être illuminé d'un enchantement soudain. Son petit corps se trouvait d'ailleurs toujours tourné en direction des feuilles docilement plaquées au sol, que Ciel s'impatientait de hisser dans les airs. Seule sa tête avait pivoté en direction de Williwaw, et il dut réprimer un petit soupir irrité. Il n'avait pas l'habitude de devoir attendre. Il n'avait pas l'habitude qu'on ne le comblât pas, complètement, immédiatement.
Apercevant un livre ouvert négligemment posé sur un siège, il alla s'en emparer, parcourut distraitement les pages délicates avant de le refermer dans un claquement mat. Puis il s'approcha finalement de la grande étagère finement sculptée qui paraissait excessivement ravir l’Électron. Il tenta de reposer l'ouvrage à son emplacement, aisément identifiable puisqu'il formait une cavité rectangulaire clairement dessinée. Mais il était trop petit. Rosissant d'embarras, Ciel déclara d'un ton un peu pédant :
    – Peux-tu voler le remettre en place ?

Remarquant alors le regard vibrant de son interlocuteur, le petit prince observa le livre, puis Williwaw, puis le livre, avant de lâcher d'un ton désinvolte, assez indifférent :
    – Tu peux le garder si tu veux, je te le donne.

Il s'éloigna et s'approcha de la vaste fenêtre, semblable à celle de sa chambre, les mains derrière le dos. Un réflexe qui devait revenir une vingtaine de fois dans la journée. Ce ne fut qu'alors qu'il se décida à répondre.
    – Oui. J'ai lu tous les livres. Plusieurs fois. Tous. Ceux qui parlent d'astronomie, de l'étude des glands, des empreintes d'animaux, des rites ancestraux des fées, de nos cousins les Pixies et les Korrigans. Même les rares qui parlent des humains, je les ai lus. Et puis bien sûr, les contes de fée. C'est nous qui les avons écrit, à l'origine, tu dois le savoir. D'où le nom.

L'enthousiasme de Williwaw l'avait perturbé. Il ne le comprenait pas réellement.
    – Parfois, je me dis que c'est grâce à cela que je survis. L'ennui, sais-tu, est la pire des choses pour une fée. Les livres sont mes uniques amis. Avec Soleil, bien entendu. Mais toi, toi, pourquoi aurais-tu besoin de lire ? Tu n'as rien à combler. Ta vie est toujours remplie, toujours intense. Tu as certainement une foule d'amis... C'est pour ça que tu n'as pas de livres. Car tu n'en as pas, c'est bien cela ?

Ciel n'avait, en effet, pas décelé l'espoir secret que Williwaw éprouvait, les yeux luisant d'une faveur encore tue.



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MessageSujet: Re: Le vent se lève   Dim 15 Mar 2015 - 13:04

The End


Ce fut hélas en cet instant,
Que sans qu'on ne sache trop comment,
Un malaise étreignit le prince,
A l'image d'une énorme pince,
Lui broyant l'air des poumons,
Pour qu'il tombât en pâmoison,
La leçon fut donc reportée,
Le temps qu'il se remît sur pieds...
 


FIN DE L'AVENTURE




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