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Zeb Skelton
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MessageSujet: Catharsis   Catharsis EmptyDim 31 Mar 2019 - 20:46

--- Intrigue 6 - Le Givre Mortel ---
Suite de Pale Sailors



- Catharsis -

When everyday’s like a war between the will to go on
And a wish that the world would spiral into the sun
Turn your head toward the storm that’s surely coming along



Comme souvent depuis le début du règne du Givre, l’Esprit Nuit lui-même semblait hésiter à s’aventurer sur l’Île envahie par l’hiver, et le crépuscule n’en finissait pas ; le jour terne et brumeux se fondait dans une nuit dépourvue d’étoiles, sans que la moindre couleur passât à travers les nuages chargés de neige. Tout était juste sombre, enseveli dans un camaïeu de bleus et de gris qui oppressait l’âme autant qu’il compliquait la moindre tâche du quotidien.

Ainsi, même à la lumière des torches érigées le long de la jetée du ranch, l’équipage de la Zorra avait mis un temps interminable à amener le bateau à quai. Ils étaient d’ailleurs passés près du désastre lorsqu’un Bermudon avait trop serré l’une des amarres de la poupe ; Willy One Eye l’avait coupée d’un coup de hache juste à temps – si elle avait rompu au mauvais endroit, elle aurait balayé le pont aussi violemment qu’une bordée de canons et aurait certainement fait autant de victimes.

Zeb avait suivi l’incident depuis son poste de commandement sur le gaillard arrière, se contentant d’acquiescer d’un signe de tête quand Willy s’était chargé de secouer le responsable bien comme il fallait. Encore pas si longtemps auparavant la Rouille s’en serait chargé lui-même, mais il commençait à réaliser que, en tant que capitaine, il valait parfois mieux qu’il restât un peu en retrait. Plus encore que lorsqu’il était maître charpentier, sa voix avait du poids ; ses compliments comme ses reproches gagnaient de la force quand il les utilisait avec mesure – se faire engueuler par Willy One Eye, devenu maître voilier, c’était grave ; se faire engueuler par Zeb Skelton, cela devait rester la dernière étape avant de quitter le bord, et pas forcément en passant par la passerelle.

Mais ne nous leurrons pas : ce soir-là, Zeb était bien content d’avoir cette excuse pour déléguer la manœuvre à quelqu’un, vu que toute son énergie mentale et physique passait dans ses efforts pour dissimuler le fait qu’il avait mal à hurler.

Il n’avait raconté à personne le détail de sa rencontre avec Wilhelm DogFish sur les falaises de la Lagune aux Sirènes. Simplement, à quelques anciens du Roger qui avaient bien reconnu la machette maintenant accrochée à sa ceinture, la Rouille avait dit que le Pied Beau était vivant, et peut-être pas aussi perdu qu’ils le craignaient tous. Vision optimiste que les hommes avaient eu un peu de mal à croire, vu la brûlure qui s’étalait sur la moitié droite du visage de Zeb depuis qu’il avait utilisé l’une des bouteilles explosives de Von Jutz pour se défendre face à l’Orbleu – engin visiblement un peu trop efficace si on se tenait à moins de dix mètres de l’endroit où il explosait.

La Rouille ne savait pas exactement ce qui l’avait blessé dans le mélange chimique que contenait la bouteille, mais il avait découvert à ses dépens que cette saleté restait sur la peau. Il s’était pourtant immédiatement frictionné le visage avec de la neige, et une fois revenu sur la Zorra il avait rincé la brûlure avec autant d’eau douce qu’il le supportait ; cela avait sans doute sauvé son œil, mais sa joue et sa gorge n’avaient fait que le cuire de plus en plus. Durant les trois jours qui s’étaient écoulés depuis, de vilaines cloques étaient apparues sous la peau qui partait en lambeaux, dont une qui restait perpétuellement ouverte et suintante dans le pli sous sa mâchoire. Zeb s’était contenté de laisser la plaie à l’air libre, ce que beaucoup sur le navire avaient pris comme une impressionnante démonstration de courage. La Rouille avait perçu leur admiration comme une maigre consolation pour trois jours d’insomnie et le risque d’être durablement défiguré ; il s’était bien gardé de leur révéler qu’en fait sa brûlure lui faisait moins mal à l’air libre qu’au contact de n’importe quel semblant de pansement.

Lorsqu’enfin la Zorra fut convenablement amarrée, Zeb descendit du navire d’un pas lourd qui trahissait sa fatigue. Une fois n’étant pas coutume, il laisserait le soin aux officiers de bord de gérer le débarquement : il avait tenu aussi longtemps qu’il le fallait, mais à présent qu’ils étaient de retour au port, la Rouille n’avait plus qu’une hâte, foncer directement chez Earl et lui quémander assez de laudanum pour le plonger dans le coma pendant une semaine.

C’est pourquoi il fut si agréablement surpris de repérer une silhouette familière parmi les pirates qui avaient accouru pour aider à l’amarrage – le genre de silhouette qu’il devinait même du coin de l’œil, même en pleine bataille ou au milieu d’un gros coup de vent, presque un sixième sens qui n’avait pourtant rien de mystérieux ou magique : c’était un instinct qui lui était venu dès que son fils aîné avait commencé à marcher.

Il y a certaines choses plus importantes à protéger que des coffres d’or et de bijoux.

"Eh, Jim ! Tu sais où est Earl, garçon?"
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MessageSujet: Re: Catharsis   Catharsis EmptyJeu 11 Avr 2019 - 10:09


L’arrivée d’un navire n’avait jamais fait aussi forte impression. Quand la silhouette fantomatique de la Zora parut dans leur champ de vision, les badauds s’attroupèrent sur les docks. La plupart des pirates restés à quai étaient partagés entre l’espoir de revoir le Jolly Roger et son équipage leur revenir et la crainte de se retrouver face à ce qu’il était devenu.

Jim était de cela. Il observait ses collègues et remarquait de la nostalgie, même chez les plus bourrus. La perte du Jolly Roger avait laissé un vide qu’il n’aurait jamais imaginé. Même avec la meilleure des volontés, il était difficile de remplacer leur bâtiment principal et son capitaine. A ces pertes d’ajoutaient celle du Second et des personnalités très fortes de l’équipage. Autant dire, les meilleurs – ou les pires selon les points de vue.
Jim lui-même avait le sentiment d’avoir perdu ses repères. S’il n’y avait pas eu Tijl, il aurait certainement envisagé une énième désertion.

Quelques personnes se détachèrent de la masse de curieux pour assister l’amarrage du navire. Jim leur prêta main forte, saisit les cordages qu’on lui lançait et se mit à tirer. Au moment de nouer l’amarre au bollard, il opta pour un nœud de grapin, plutôt que l’habituel tour de mort et deux demi-clés, craignant que le givre ne rende les cordages plus glissants et donc à même de se desserrer. N’ayant pas l’habitude de se lancer dans ce genre de gymnastique, il mit quelques minutes avant de former un nœud solide.

— Eh, Jim ! l’interpella une voix familière. Tu sais où est Earl, garçon ?

Le mousse n’appréciait pas ce genre de sobriquet mais il préféra ne pas relever, le respect qu’il éprouvait pour son mentor l’obligeait à plus d’humilité. Et puis, de tous les noms qu’on lui avait affublés, garçon était certainement le moins pire.

— Capitaine Zeb ? Il hésita, pas encore habitué à ce titre pourtant mérité.

Comme le charpentier arrivait à sa hauteur, son attention se porta sur ce qu’il avait pris pour le reflet rougeoyant des torches sur sa peau. Une longue brûlure suintante coulait le long de la gorge de Zeb, par endroit la peau était si sèche qu’on aurait cru qu’elle s’effriterait au moindre contact. Jim écarquilla les yeux, cette vision d’horreur lui fit l’effet d’une douche froide. Son repas faillit remonter. Il ouvrit la bouche pour demander des explications mais se ravisa juste à temps. Zeb venait de lui poser une question bien plus importante.

— Il s’est installé au ranch… pour travailler…

Il avait retrouvé son sang froid mais sa voix trahissait son trouble. Il avait bien du mal à ne pas fixer l’horrible blessure au lieu de soutenir le regard de son interlocuteur.

Putain... Mais qu’est-ce qui s’est passé ?
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MessageSujet: Re: Catharsis   Catharsis EmptyDim 9 Juin 2019 - 21:51

En temps normal, Zeb aurait certainement fait plus attention à la manière dont il s’adressait à Jim; même s’il n’avait jamais pensé le mot « garçon » comme autre chose qu'une marque d'affection (il appelait la moitié de l’équipage comme ça), la Rouille savait que le mousse était aussi susceptible qu’introverti, combinaison délicate s’il en était - rien de pire que quelqu’un qui se vexe facilement tout en n’osant pas vous dire pourquoi.

Oh, Zeb avait bien remarqué quelques points sensibles, comme le fait que Jim détestait que les marins l’appellent Demi-Portion, ou la haine féroce que le garçon vouait à Fib (et que le maître charpentier ne comprenait que trop bien). Pourtant la Rouille avait toujours régulièrement la sensation de contrarier le mousse, sans seulement deviner ce qu’il avait pu dire ou faire et qui n’était pas du goût de Jim. Il avait bien essayé d’en parler, mais l’adolescent s’était refermé comme un foutu clam à marée basse. Les bons jours, c’était décevant; les mauvais, c’était juste chiant.

Mais bon. Comme Jim ne se départissait jamais de son envie de bien faire ni de son écoute attentive, la Rouille avait décidé de respecter ce point du caractère de l’adolescent. Il s’efforçait de rester le plus naturel possible et il parlait avant tout au gamin en tant que marin et en tant que pirate. Il répondait à la soif de connaissance de Jim avec son dévouement habituel, et laissait à ce coeur d'artichaut de Tijl le soin de creuser la carapace de ce jeune bigorneau émotionnel.

C’était un drôle d’arrangement, mais au final, il ne fonctionnait pas trop mal. Même les jours où il parlait à peine, Jim semblait toujours content de traîner avec Zeb, qu'il ne manquait jamais d'impressionner par sa vivacité d'esprit et sa vitesse d'apprentissage. Du coup le charpentier s’appliquait à confier au jeune homme des tâches nettement plus techniques et complexes que ce qu’exigeaient les autres officiers du bord - parce que comme DogFish lui-même l’avait remarqué, Jim était intelligent, beaucoup plus qu’il ne le laissait paraître, et qu'il avait un énorme potentiel. La Rouille aurait fait un piètre instructeur en laissant ce gamin-là nettoyer le pont.

D’ailleurs, encore une fois, Zeb put constater l’astuce du mousse quand son regard passa machinalement sur la borne d'amarrage devant laquelle Jim était agenouillé: il avait pensé à effectuer un noeud de grappin pour assurer l’amarre blanchie de givre. Bon raisonnement, belle technique. La Rouille hocha imperceptiblement la tête et il s’apprêtait à lâcher un sobre compliment, genre « bon travail », quand Jim l’interrompit dans son élan:

"Capitaine Zeb?"

La Rouille reporta son regard sur le mousse et cilla, surpris par l’association incongrue du titre et de son prénom. Il aurait pu se moquer de la maladresse de l'adolescent, ou en être contrarié - ce n’était pas exactement le niveau de respect qu’attendait le commandant d’un navire. Mais au final, ce fut un sourire en coin un peu cynique qui apparut sur la moitié intacte du visage du pirate: lui-même n’était pas vraiment certain de le mériter, ce respect-là. Il l’exigeait de ses hommes, parce qu’il fallait bien ça pour tenir la bande d’andouilles sanguinaires qui lui servait d’équipage; mais y croire, c’était une autre histoire, et le penser légitime, alors là...

"Je t’en prie Jim. À terre, Zeb suffira."

Le garçon ne parut cependant pas plus à l’aise: il s’était figé dans son travail, toujours à genoux sur le ponton verglacé, les yeux écarquillés, la bouche légèrement affaissée. La Rouille retint un soupir: il faisait trop sombre pour qu'il vît la soudaine pâleur du mousse, mais il n'avait pas besoin de ce détail pour comprendre ce qui tétanisait Jim de la sorte. La manière dont le regard du garçon pesait sur le bas de son visage valait toutes les explications du monde.

"Je sais. C'est moche."

Le charpentier s’humecta les lèvres, avant de poursuivre avec patience:

"Je sais que Earl a installé son cabinet au ranch. Ce qui m’intéresse, c’est où est-ce qu’il est là, maintenant."

Il fit un geste vers sa gorge suintante:

"J’ai un tout petit peu besoin de lui, sur ce coup-là."

Non parce que très virilement et stoïquement, ça pique un peu, là.
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MessageSujet: Re: Catharsis   Catharsis EmptyDim 23 Juin 2019 - 22:25


— Je sais. C'est moche.

Pris sur le fait, Jim baissa les yeux, un peu embarrassé. Il bafouilla un vague désolé, peut-être trop bas pour être entendu.

— Je sais que Earl a installé son cabinet au ranch, reprit le maitre charpentier. Ce qui m’intéresse, c’est où est-ce qu’il est là, maintenant.

Cette fois, le mouse les yeux, le visage cramoisi. Ce n’était pas de la colère, plutôt un mélange d’embarras et de frustration. Dans l’émotion, il regarda Zeb bien en face et oublia tout le dégoût que pouvait lui inspirer sa blessure.

— J’ai un tout petit peu besoin de lui, sur ce coup-là.

— Oui, c’est sûr. Il reprit avec prudence : Il est au ranch. Enfin… suivez-moi…

Sa dernière phrase laissée comme en suspend ressemble à une proposition. Le mousse se redresse et ouvra la marche, d’un pas rapide en direction du ranch. Là-bas, il y a un passage aménagé menant au cabinet improvisé du vieux Earl.
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MessageSujet: Re: Catharsis   Catharsis EmptySam 20 Juil 2019 - 23:33

Le Givre avait amené avec lui son lot de changements : la plupart de ceux qui n'avaient pas rejoint les Orbleus avaient dû, au Ranch, s'habituer à de nouveaux repères et se trouver une nouvelle fonction. Earl n'en avait pas eu besoin : sur l'Île, on a toujours besoin de soins.

Le moment du départ avait été précipité, et Earl n'avait pu emporter avec lui qu'une partie de son matériel médical. Suffisamment pour pallier les problèmes les plus urgents, et quant au reste... il avait fait avec.
C'était que l'Hiver avait apporté son lot de maladies, la plupart contre lesquelles il s'était cassé la tête et parfois le coeur. Mais Earl ne se décourageait pas : il en avait vu, des changements sur l'Île depuis son arrivée, et il était persuadé que le froid finirait bien par céder du terrain.

Quand bien mêmes, certains jours le trouvaient plus las que d'autres.

Ce jour-là fait partie de ces derniers.
Alors qu'il nettoie du matériel à son cabinet, que quelqu'un l'appelle de l'extérieur.

- Hé, Earl !

- Hmmm ?

- C'est Zeb, il a l'air mal en point !

Earl lève la tête et fait un pas : à travers sa porte - ouverte, comme souvent - il distingue deux silhouettes qui s'approchent alors que le Pirate qui l'a averti s'éloigne en sifflotant.

- Jim ? Zeb ? Que me vaut...

Sa vision se heurte à la brûlure qui recouvre la moitié du visage de la Rouille.

- ... ah !

Bon, l'objet de la visite a le mérite d'être au moins clair.

Oubliant toute forme de politesse inutile - c'est qu'il y a une légère urgence, là - Earl se détourne et s'engouffre dans son cabinet. Et commence à enfiler ses gants.
S'il est curieux de connaître les circonstances qui ont pu donner lieu à une telle blessure ? Assurément. Mais, d'un autre côté, c'est impossible que Zeb n'en souffre pas.

- Assieds-toi, je prépare un anesthésiant.

Ses gestes sont rapides, mais ses pensées tournent à toute allure. La base de sa mixture est prête, mais au vu de la brûlure, peut-être faudrait-il rajouter une dose de ce suc aux propriétés étonnantes qu'il a obtenu en l'extrayant de lianes sournoises.
Nouveau coup d'oeil à Zeb, bref mais qui suffit à le conforter dans sa décision : il en rajoute un peu, mélange.

Quelques instants plus tard, Earl est prêt. Seringue à la main, désinfectant dans l'autre, il s'assied en face de la Rouille et procède à l'injection.

- Ça va mettre un petit moment à agir. En attendant, si tu me racontais comment tu t'es fait ça ?

Il sourit, Earl : ce n'est pas une maladie du Givre qui a causé ça, il en est sûr.
Ça veut dire qu'avec un peu de chance, c'est quelque chose qu'il saura guérir.

[spoiler_"HRP"]Premier rp où Earl fait vraiment son taf mdr
PAR CONTRE SOYEZ INDULGENTES JE N'AI ABSOLUMENT AUCUNE CONNAISSANCE EN MEDECINE LMAO
ON VA FAIRE COMME SI[/spoiler]






Racing away from the shoreline
Back there as a young lad at Brooklands
Mountains rise into the distance
Jetsam adrift on the water


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MessageSujet: Re: Catharsis   Catharsis EmptyLun 26 Aoû 2019 - 0:44

Il n’était pas dans l’intention de Zeb de se montrer sec ou désapprobateur avec Jim, mais le maître charpentier ne maîtrisait plus très bien sa voix. Il ne maîtrisait plus grand chose, pour être honnête, si bien que lorsqu’il emboîta le pas au mousse qui se proposait de le guider, toute sa considérable volonté (Tijl aurait dit toute sa considérable obstination) ne servait plus qu’à lui faire mettre un pied devant l’autre.

Et ce fut encore pire, si c’était possible, lorsqu’ils arrivèrent à l’intérieur du ranch: ce foutu vent glacial qui soufflait au dehors avait au moins pour mérite de soulager un peu la souffrance incandescente qui bouffait le visage de la Rouille. Alors que dans l’air presque chaud des bâtiments, la douleur faisait rage sans frein ni limite, noyant le monde dans un bourdonnement cramoisi qui envahissait la tête de Zeb.

Alors le charpentier avançait du pas lent et hésitant d'un homme perdu dans le brouillard, inconscient du chemin que Jim lui faisait prendre. Heureusement que le mousse était là, d'ailleurs: si Zeb n'avait pas gardé sa mince silhouette en point de mire, il aurait tout simplement été incapable de retrouver son chemin. La preuve, il ne réalisa qu’ils étaient arrivés à destination qu’en entendant la voix de Earl, avant de distinguer sa silhouette dans l’embrasure d’une porte toute proche:

"Jim ? Zeb ? Que me vaut..."

Puis une séquence que Zeb commençait à trouver familière: brutal silence, regard qui quittait ses yeux pour descendre le long de son visage, moment de flottement.

"... Ah!"

De manière un peu absurde et très nerveuse, Zeb eut envie de se mettre à rire: oui, en effet, « ah ». Commentaire approprié s’il en était, auquel la Rouille répondit comme il l’avait fait avec Jim:

"Je sais. C’est moche."

Est-ce que ce fut le simple filet de voix blafard qui passa ses lèvres? Ou simplement la vision en pleine lumière de la brûlure qui s’étalait sur sa joue, mélange de chair à vif et de cloques qui s’infiltrait sous sa mâchoire et coulait dans sa gorge? Soudain Earl était partout dans la pièce, récoltant matériel et drogues à tour de bras avec sa vivacité habituelle. Bien trop las et épuisé pour suivre ce que faisait l'Argenté, Zeb se contenta d'obéir à son injection et se dirigea vers une paillasse improvisée posée contre le mur, non loin de là.

La Rouille ôta manteau et baudrier pour les accrocher au pied du lit - la machette de DogFish cliqueta contre son sabre. Puis il se laissa tomber sur le matelas de paille plus qu’il ne s’assit, avant d'appuyer sa tête dans ses mains avec un long soupir soulagé:

"Putains de Neptune... ça fait trois jours, Earl... j’en peux plus."

Il releva les yeux, vit la seringue que l’Argenté préparait et entreprit de remonter sa manche gauche - lentement et laborieusement: il fallait qu’il utilise sa mauvaise main pour un geste fin, ce qui était déjà assez compliqué quand il n’était pas distrait par une tronche en feu. Puis il laissa docilement Earl faire son injection, sans seulement se demander quelle substance le vieux toubib pouvait bien lui administrer : Zeb avait abandonné toute méfiance au mot "anesthésiant".

"Ça va mettre un petit moment à agir. En attendant, si tu me racontais comment tu t'es fait ça?"

"Je ne sais pas exactement... J’ai utilisé l’une des bouteilles explosives de Von Jutz. Je ne sais pas ce qu’il a foutu dedans, ça a pris feu quand la bouteille a éclaté sur la glace. Et ça a dégagé quelque chose, une sorte de gaz. Je pensais être assez loin, mais il y avait du vent, et..."

Il fit un geste vers son visage, comme pour résumer la suite.

"Je l’ai lavé tout de suite, et d’abord ça allait mieux. Mais ça a recommencé à me lancer un peu plus tard et ensuite ça n’a fait qu’empirer. Au début j'arrivais à nettoyer la peau morte et les parties suintantes, mais là ça fait deux jours que j’ose plus y toucher, j’arrive même pas à passer de l’eau dessus: ça fait un mal de chien."
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MessageSujet: Re: Catharsis   Catharsis EmptyDim 22 Sep 2019 - 17:02


Fort heureusement, Jim connaissait bien le chemin. Déjà qu’il se rendait régulièrement au cabinet de Earl pour l’entretien de ses membres mécaniques, il avait aussi pris l’habitude d’arpenter le ranch à longueur de journée. Le mousse n’avait pas de fonction clairement établie et se contentait d’aider là où une paire de bras supplémentaire était requise.

Jim se dirigeait sans trop de peine dans ce brouillard, ayant retenu parfaitement le plan des lieux. Il lui arrivait quand même de bousculer une barrière ou un mur ayant mal calculé les distances. Ce brouillard n’arrangeait pas leurs affaires. Régulièrement, le jeune garçon jetait des regards en arrière pour vérifier si Zeb le suivait.

Bientôt, ils approchèrent de la bicoque que le médecin avait investie. Un vague soulagement envahit Jim lorsqu’il vit la silhouette du vieillard se découper dans l’embrasure. Il les attendait.

— Jim ? Zeb ? Que me vaut...

Pas de questions. D’un simple coup d’œil, Earl comprit la gravité de la situation.

Ils entrèrent. Jim regarda Zeb retirer son manteau, Earl enfiler des gants. Lui, il ne savait pas comment se placer dans tout ça. Peut-être qu’on lui demanderait de sortir parce qu’il pourrait être gênés de l’avoir dans les jambes. Pourtant, lui, il aimerait rester. Ne serait-ce que pour filer un coup de main. C’est donc hésitant qu’il retira son manteau pour le poser dans un coin.

— Putains de Neptune... ça fait trois jours, Earl... j’en peux plus.

Trois jours ?! Jim déglutit. Il était resté trois jours comme ça ? Sans médecin de bord ?

— Assieds-toi, je prépare un anesthésiant.

Le mousse se plaça aux côtés de Earl – mais à une distance respectueuse – pour observer ses gestes. Malgré son grand âge, le vieillard avait la main sûre et semblait très efficace. Du moins, c’était ce dont le mousse pouvait juger avec toute son inexpérience.

Zeb présenta son bras pour qu’Earl y injecte le curieux mélange à l’aide d’une seringue.

— Ça va mettre un petit moment à agir, l’avertit le médecin. En attendant, si tu me racontais comment tu t'es fait ça ?

— Je ne sais pas exactement... J’ai utilisé l’une des bouteilles explosives de Von Jutz. Je ne sais pas ce qu’il a foutu dedans, ça a pris feu quand la bouteille a éclaté sur la glace. Et ça a dégagé quelque chose, une sorte de gaz. Je pensais être assez loin, mais il y avait du vent, et...

Jim se promit de ne jamais utiliser les inventions du distilleur.

— Je l’ai lavé tout de suite, et d’abord ça allait mieux. Mais ça a recommencé à me lancer un peu plus tard et ensuite ça n’a fait qu’empirer. Au début j'arrivais à nettoyer la peau morte et les parties suintantes, mais là ça fait deux jours que j’ose plus y toucher, j’arrive même pas à passer de l’eau dessus: ça fait un mal de chien.

Le mousse pinça les lèvres mais ne détourna pas le regard des blessures du charpentier. Dans la lumière du Cabinet, il ne pouvait plus rater le moindre détail de ce spectacle infecte, mais il commençait à s’habituer à cette vision désagréable. La dernière chose dont Zeb avait besoin était de lui rappeler qu’il était moche.

Jim imagina Zeb sur son bâtiment, tenter de désinfecter la plaie avec de l’eau de vie. Ça devait faire un mal de chien. Et il avait pourtant géré ça. Tout seul.
Pendant trois jours.

Il y repenserait avant de se plaindre de ses articulations rouillées…
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