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Apache
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MessageSujet: Au fin fond du gouffre   Mer 12 Sep 2018 - 22:56

Des arbres, des arbres, et encore des arbres, à perte de vu et tout autour, il n'y avait que des arbres.
Il s'agissait bien la du bois joli.


Cependant, ce bois la n'était pas fleuri. Il sonnait même un peu gris. Fatigué.
Les arbres semblaient las.
Le vent soufflait, glacial, sifflant entre les branches, glissant sur les écorces, faisant chanter les feuilles.
Apache resserra son blouson autour de lui. Ce bon vieux perfecto qui datait, tout bardé d'épines de fer, de badges, de patchs rouges et usés.
Le punk dans toute sa splendeur, comme toujours. Comme chaque jours.
Le punk était mort, vive le punk.
Et le chasseur chassait.

Du lapin, comme toujours. Sa cible de prédilection. Mais aujourd'hui, pas un seul rongeur ne pointa le bout de sa truffe.
Tout était calme.
Tout était silencieux.

Pas un bruit dans le bois joli...

...Quand soudain.

Crk

Habitué à l'exercice, ne paniquant pas une seconde, l'iroquois plia les genoux, se faisant discret, se fondant dans le décors autant que cela lui était possible malgré son look peu adapté.
Quoi que...
Son baggy bien large jaune à motif léopard restait dans le thème de la nature et de l'animal.
Mais le T-shirt Hello Kitty par contre... On repassera.
Bref.
Apache se déplaçait désormais parfaitement silencieusement, s'avançant entre les hauts buissons, tachant de ne pas se faire remarquer par celui que lui avait remarqué, et alors que d'une main il écartait silencieusement quelques branchages, la source du craquement précédemment entendu entra enfin dans le champ de vision de l'indien des villes.

Un pirate.

Un frisson désagréable remonta l'échine de l'adolescent alors que ses yeux noirs ne semblaient plus capable de lâcher l'homme qui s'avançait paisiblement dans la foret.

Un putain de pirate.

Le métisse fronça les sourcils, son regard se faisant plus aiguisé alors qu'il fixait le plus âgé, l'analysant avec grand intérêt.
Il boitait, le vieux.
Et alors qu'il notait le détail dans un coin de sa tête, l'iroquois se déplaçait, les genoux toujours pliés, contournant l'homme, passant derrière lui, planqué derrière la végétation qui masquait sa présence.

Que devait-il faire ?

Attaquer ?

Un instant, l'idée plus sage de simplement se barrer lui traversa l'esprit, mais quelque chose bloqua sous les cheveux rouge dressés en crêtes agressives.

Tu as peur Apache ?
Tu as peur des pirates maintenant ?

Le garçon serra les dents, s'humectant les lèvres alors qu'il fixait toujours le flibustier depuis sa planque toute faite de vert.

Non... Bien sur que non il n'avait pas peur.
Il le prouverait.
Il se le prouverait à lui même.
Il flipperait pas.
Pas devant un pauvre pirate boiteux...

Alors, toujours le plus silencieusement du monde, l'iroquois du macadam dégaina sa lame, la faisant lentement glisser de ce qui lui faisait office de fourreau et la tendant à l'horizontal, toujours dans l'optique de ne pas se faire repérer.

Il resta ainsi pendant un temps. Parfaitement immobile...

Et puis...

Une brise qui fit chanter les feuilles, et Apache poussa brutalement sur ses jambes, brisant le mur de végétaux qui le séparait de l'adulte, courant à toute allure dans sa direction alors que les feuilles volaient encore tout autour de lui, l'arme bien en main, filant droit sur sa cible.
Perçant la cime des arbres, les rayons du soleil balayaient la lame dorée, la faisant luire d'un éclat puissant alors qu'elle fonçait sur Zeb Skelton, prête à le découper en morceaux sans aucune pitié.








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Zeb Skelton
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MessageSujet: Re: Au fin fond du gouffre   Lun 17 Sep 2018 - 21:19

Quelque chose n’allait pas avec la forêt.

Zeb ne l’avait pas remarqué tout de suite. Il connaissait bien le Bois Joli, pourtant : depuis que le Jolly Roger avait jeté l’ancre au Pays de Jamais, le maître charpentier avait parcouru cette région en long, en large et en travers. Evidemment, « bien connaître » ne signifiait pas qu’il était capable de s’y retrouver – comme partout sur cette Île, la topographie y changeait bien trop vite. Mais on pouvait dire qu’il avait appris à ne pas s’y perdre. Progressivement, au fil d’expéditions d’abord commandées par la nécessité (il avait bien fallu trouver du bois pour entretenir le navire, et par la suite pour construire le Port), mais aussi, et de plus en plus, parce que la Rouille aimait cet endroit.

Il en avait lui-même été surpris, au début : entre son habituel mal de terre, l’horizon bouché d’arbres et les multiples dangers qui guettaient dans le sous-bois, il y avait de quoi transformer cette exploration en indispensable corvée. Pourtant, Zeb avait rapidement trouvé du charme à ce lieu, à sa vie débordante, aux couleurs magnifiques qui trahissaient si aisément la présence des fées et des sylvains.

Les arbres, surtout, étaient pour lui une intarissable source de fascination : après toutes ces années, le charpentier en découvrait toujours de nouveaux, parfois identiques à ceux du Monde Ordinaire, parfois à peine différents – quelques feuilles dorées par-ci, un peu d’écorce bleue par là – et parfois encore des prodiges ridiculement beaux sortis tout droit d’un dessin d’enfant, tellement saisissants qu’il en renonçait à les couper et allait en chercher un autre plus loin.

Il leur parlait, aussi, comme il parlait au Roger, en silence ou à voix haute, indifférent à ses apprentis qui riaient sous cape en le voyant faire : Zeb était loin d’être un botaniste, mais il avait travaillé le bois toute sa vie et il savait que les arbres étaient vivants. Leur bois l’était aussi. Il fallait en avoir conscience pour savoir comment l’utiliser, comment le tailler, où le placer, ce qu’il pourrait supporter, ce qu’il allait pardonner. Un charpentier qui ne comprenait pas quelque chose d’aussi fondamental n’était pas un bon charpentier.

Mais ce jour-là, le vieux pirate n’était pas vraiment là en tant que bucheron. Enfin si, toujours un peu, comme en témoignait la hache accrochée sur sa hanche gauche : ils avaient encore besoin de beaux troncs bien droits pour terminer le nouveau gréement du Roger et la Rouille, qui n’était pas homme à s'autoriser des loisirs facilement, ne manquait pas de noter en passant les bosquets qui pouvaient se prêter à cet usage. Mais au fond, il avait surtout besoin de marcher un peu. Pour remuscler sa jambe gauche, toujours sensible et vacillante après une double fracture et des semaines d’immobilisation. Et pour s’éloigner des visions infligées par la Créature sous la mer, aussi : si les fantômes ensanglantés de ses fils le suivaient hélas jusque sur la Zorra et loin au large, ils semblaient moins à leur aise dans l’air féérique du Bois Joli, et c’était un soulagement indicible que de les voir disparaitre même temporairement.

Sauf que cette promenade-là n’était pas aussi sereine qu’elle aurait pu l’être, car encore une fois, quelque chose n’allait pas avec la forêt.

C’était subtil. Des couleurs un peu trop fades, des animaux un peu trop rares, le vert juste un peu trop sombre de la pelouse et des fougères qui tapissaient le sous-bois. Et ce vent, toujours, sec mais frais, presque froid – Zeb avait dû passer un foulard avant de quitter le Roger, il portait un gilet sans manches sous son manteau et malgré cela il devait régulièrement porter ses mains à ses lèvres pour y souffler un peu d’air chaud. Rien de bien traumatisant en tant que tel, mais l’ensemble du tableau avait une sorte... d’unité préoccupante.

Zeb s’arrêta pour examiner de plus près ce qui ressemblait à un grand cèdre, au tronc anormalement grisâtre. Il venait de poser la main sur l’écorce lorsqu’il réalisa brusquement que son malaise n’était en fait pas dû qu’au paysage.

Une soudaine sensation d’urgence acide. Là, au creux de l’estomac. Une émotion brute, primitive, qui escalada sa colonne vertébrale pour raidir les muscles de son dos et tendre ceux de ses membres, aiguiser son ouïe et sa vue.

Il n’aurait pas su l’expliquer. Peut-être qu’il avait perçu un détail, sans même s’en rendre compte – un bruissement de feuilles alors que le vent était tombé, l’ombre d’un mouvement saisie du coin de l’œil. Un rien, une broutille.

Mais Zeb Skelton était un pirate, et il n’avait pas atteint son âge actuel en négligeant ce genre de broutille là. Il avait de l’attention, de l'expérience. Mais surtout, il avait de l’instinct. Un bon instinct.

Et encore une fois, ce jour-là, ce fut ce qui lui sauva la vie.

Cela se joua dans le minuscule espace d’une seconde. Zeb ne prit pas le temps de comprendre ce qu’était vraiment le brutal froissement végétal dans son dos (quelque chose est sorti des buissons et c'est rapide), il plongea plus qu’il ne pivota autour du cèdre, roulant sans état d’âme sur le relief inégal des racines pour éviter de s’appuyer de tout son poids sur sa jambe convalescente.

Un son sec, familier : celui d’une lame qui vient de violemment heurter un tronc.

Zeb finit sur un genou après avoir fait presque tout le tour de l’arbre, sa main handicapée déjà occupée à envoyer valser son tricorne pendant que la gauche se refermait autour de la garde de son sabre. L’ensemble de ses gestes avait la fluidité d’une parade bien rôdée, connue et travaillée, et il était évident que normalement il aurait dû finir en se relevant, lame pointée vers son adversaire pendant que ce dernier était toujours occupé à extraire sa propre arme de l’écorce dans laquelle elle s’était figée. Sauf que la Rouille commit l’erreur de relever la tête avant d’achever son geste.

Un Garçon Perdu. Ce qui n’était pas une surprise en soi, hélas – certains de ces gosses savaient chasser, de l’animal comme du pirate. Mais jamais Zeb n’avait vu de Perdu semblable à cette étrange demi-portion hérissée de rouge, emballée dans une quantité improbable de cuir et de pics, un haut trop (rose) petit et une espèce de sac imitation léopard qui servait de pantalon. L’ensemble était à la limite de l’épileptogène et la Rouille mit réellement plusieurs secondes avant d’intégrer l’image.

Plusieurs secondes qui auraient pu lui coûter cher, si son regard n’avait pas alors noté les trois seuls détails qui avaient véritablement de l’importance.

Agenouillé comme il l’était, Zeb ne pouvait pas rater les cicatrices qui s’étalaient sur la peau brune de la taille du garçon, laissée apparente par sa terrible tenue.
Il s’est déjà battu. Plusieurs fois. De nombreuses fois.

Il ne pouvait pas non plus ignorer le regard que le gosse posait sur lui, et qui contenait peut-être de la peur, mais loin, bien loin derrière une rage incandescente.
Il me hait.

Et enfin, surtout, la Rouille vit l’épée que le Perdu venait de retirer de sa prison de bois, pendant que son adversaire perdait stupidement son temps en considérations vestimentaires.
Il va me tuer.

Encore une seule seconde, de l’expérience et beaucoup d’instinct.

Zeb eut juste le temps d’extraire son propre sabre de son fourreau avant que le garçon n’abattît une nouvelle fois sa lame (dorée ?...).

Le pirate se releva pour donner de l’élan à son arme et contrer brutalement le coup du jeune chasseur, dans un fracas métallique qui raisonna loin dans la forêt trop silencieuse.

Peut-être que, dans d’autres circonstances, il aurait profité de cette brève parade pour parler à son adversaire, tenter de le dissuader de s’engager dans ce duel-là. Mais encore une fois, Zeb était un pirate, un homme qui avait appris à combattre et à prendre des vies pour défendre la sienne. Il avait vu les cicatrices, le regard, la lame. C’était une mauvaise trilogie, qui sentait le sang et la mort. Les gamins comme celui-là, ils ne s’arrêtaient pas pour un simple avertissement. La Rouille le savait bien, il les reconnaissait: c’étaient ceux qui finissaient par le mettre dos au mur, ceux qui le forçaient à prouver que ce n’était pas parce qu’il avait horreur de tuer des gosses qu’il ne l’avait jamais fait.

Qu’il n’était pas prêt à le refaire.

Il détourna un autre coup, brève confirmation de ce qu’il savait déjà. Et sans aucun mot ni retenue, il frappa à son tour. Fort. Juste. Pour désarmer, blesser si nécessaire. Mettre un terme au combat avant d'être obligé d’en faire une exécution.

Mais sans promettre qu’il y parviendrait.
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MessageSujet: Re: Au fin fond du gouffre   Mar 18 Sep 2018 - 9:27

Brutalement la lame avait stoppé, s’enfonçant dans quelque chose de bien trop solide pour être de la chair de pirate.
L'iroquois en colère serra les dents, gémissant de hargne alors que l'information était monté a son cerveau en moins d'une seconde.
L'enfoiré avait esquivé !

- Mm.. MMmeeeerde...!!!
Qu'il avait grincé en français. Il tira une première fois sur ses bras afin de déloger l'épée le plus rapidement possible, mais il fallait croire qu'il y avait vraiment mis toute ses forces, que son intention avait belle et bien été de tuer l'homme dès la première attaque, car la lame opposa une certaine résistance, bloquée dans l’écorce rude de l'arbre.
Un coup d’œil encore plus noir que ce que ses mirettes l'étaient déjà au naturel vers l'adulte, tout en plaçant un de ses pieds contre le tronc, poussant sur sa jambe pour s'aider à libérer son arme dorée.
Un peu brusquement, l'adolescent partit en arrière alors qu'enfin l'épée revenait à lui accompagnée de débris d'écorce sombre, mais pas le temps de s'en réjouir, il fallait agir !
Le punk n'avait pas réalisé le temps de réaction anormalement long de son adversaire, ne s'y attardant pas. Tout ce qui comptait en l'instant, c'était de le mettre hors d'état de nuire le plus rapidement possible. Son premier coup avait manqué sa cible, ce ne serait pas le cas du second.
Cependant, une fois de plus les choses ne se passèrent pas comme prévu.

Le hurlement du fer qui s'entrechoquait violemment s'éleva dans la foret, brisant le silence, quelque oiseaux s'envolant même aux alentours. La brutalité du parage fit geindre le plus jeune, la douleur lui remontant du poignet jusqu'au coude.
La force qui avait été mis dans le coup avait été telle que l'indien des villes en fut même déséquilibré, manquant de se vautrer au sol mais se rattrapant de justesse.
Putain ça faisait mal !
Mais encore une fois, pas le temps d'y penser ! Il ne devait surtout pas se faire avoir ! L'histoire ne se répèterait pas !!!
Alors armé de toute sa haine, mais surtout de sa maudite épée, Apache ré attaqua, ne laissant pas le temps à l'autre de prendre l'avantage.
Il y eu plusieurs échanges pendant lesquels les fers se croisaient, durant lesquels aucun des deux combattants ne prenaient l'avantage sur l'autre.

Et puis soudain, l'adulte, dans une poussé violente attaqua plus brutalement que jusqu'ici. Ce fut le moment que choisit le jeune chasseur pour user de son esquive favorite, tournant sur lui même et glissant le long du sabre qui avait cherché à le transpercer, se rapprochant rapidement du plus grand et cherchant à le trancher dans le même temps, visant la gorge.

L'autre eu cependant un reflex rapide, sans doute poussé par son expérience et ses bonnes capacités d'analyses, stoppant l'attaque de l'iroquois en lui assenant un violent coup dans les côtes et le repoussant l'instant de juste après, l'envoyant valdinguer à quelques mètres.

Apache pesait bien trop léger pour pouvoir encaisser correctement ce genre d'attaque, surtout venant d'un homme bien plus épais que lui, alors sans surprise, il en tomba en arrière, roulant sur le sol, la douleur lui transperçant le corps à l'en faire grimacer.
Il se releva cependant rapidement, même si haletant, fonçant de nouveau sur l'autre, hurlant cette fois toute sa hargne, donnant tout ce qu'il avait, comme ça, tête baissée, percutant le pirate de plein fouet, usant d'un habile jeu de jambe, emmêlant les siennes à celle du plus vieux dans le but de le faire basculer à son tour , n'hésitant pas la seconde d'après de lui assener un méchant coup de pied dans le genoux, du coté boiteux de la Rouille.






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MessageSujet: Re: Au fin fond du gouffre   Ven 21 Sep 2018 - 14:12

Le combat n’était engagé que depuis quelques minutes et pourtant Zeb trouvait qu’il prenait déjà des allures de dangereux marathon : ce gamin n’avait visiblement aucun sens commun quand il s’agissait de choisir ses vêtements, mais il était peu dire qu’il savait se battre. Ce qu’il lui manquait en technique et en puissance, il le rattrapait en hargne et en vitesse, à tel point que Zeb était trop occupé à le parer et à le repousser pour développer pleinement ses propres coups. Alors, comme sa première attaque n’avait pas eu l’effet escompté, le pirate avait changé de tactique et il s’était mis à reculer, sur la défensive. Il était plus tendu qu’il n’aurait aimé l’admettre, mais il savait qu’à ce rythme son jeune adversaire s’épuiserait avant lui ; le gosse allait finir par faire une erreur.

L’occasion finit par se présenter quand le Garçon Perdu brandit son épée à deux mains par-dessus son épaule, sans doute pour tenter un coup en force. Zeb ne lui laissa pas le temps d’achever son geste : il frappa d’estoc, cherchant le flanc exposé.

Jamais il ne se serait attendu à ce que le gamin esquive d’une pirouette. Une véritable pirouette – dans un combat, l’une des règles d’or était qu’on ne tournait jamais le dos à l’adversaire ; les vrilles et les entrechats, c’était bon pour les démonstrations entre nobliaux, pas pour un duel à mort. Et pourtant, non seulement ce petit couillon se payait le luxe de se détourner de Zeb, mais en plus il le faisait à une telle vitesse qu’il se retrouva brusquement à l’intérieur de la garde du pirate.

La Rouille sentit le rythme de son cœur exploser sous l’effet de la plus glaciale des surprises et ce fut par pur réflexe que son coude droit trouva les côtes du gamin avant que celui-ci ne parvînt à porter son coup. Le petit punk valsa à quelques mètres, laissant l’opportunité à Zeb de prendre une profonde bouffée d’air et de raffermir sa prise sur son sabre.

Juste. Bien trop juste à son goût.

Et alors que le charpentier se jurait de ne pas commettre deux fois la même erreur, voilà que le Perdu le chargeait à nouveau, en hurlant à pleins poumons, écartant sa lame d’un violent coup de taille rien que pour l'attaquer au corps avec une fureur désordonnée complètement surréaliste. L’épaule du gosse percuta Zeb en plein dans le plexus solaire, coupant nette sa respiration ; l’instant d’après, un coup l’atteignait au genou gauche, avec une force et une précision qui ne pouvaient être dues au hasard.

Putain de...

La douleur explosa dans sa rotule et jaillit immédiatement jusqu’à sa fracture à peine cicatrisée pour transformer tout son tibia en un atroce brasier. Un râle de douleur échappa à son diaphragme paralysé tandis que sa jambe se dérobait sous lui ; il tenta de tomber sur un genou, mais c’était trop demander à ses muscles encore raides et atrophiés, et Zeb n’eut pas d’autre choix que de s’étaler de tout son long sur l’herbe du sous-bois.

La suite, cette fois, la Rouille n’y réfléchit pas – trop mal, trop handicapé, trop dans l’urgence. D'instinct, il brandit son sabre au-dessus de lui, interceptant le coup descendant avec lequel le gamin tentait logiquement d’en finir. Encore une fois, le choc fut violent, et l’épaule d’adulte de Zeb eut bien moins de mal à l’encaisser que celle de son adversaire. Alors, profitant de l’instant de déséquilibre de ce dernier, le pirate fit violence à ses poumons toujours bloqués et détendit sa jambe valide pour faucher celles du gosse : égalité, tout le monde par terre.

Ce fut à cet instant que Zeb décida d’être stupide.

Le Perdu était dangereux, inutile de tergiverser sur ce point. Et la Rouille se retrouvait au sol, avec une jambe gauche tétanisée de douleur et son bras droit toujours aussi inutile. La prudence et l’efficacité dictaient un coup définitif, immédiatement, pour en finir.

Et pourtant.

Peut-être était-ce parce que Zeb était un peu impressionné par ce petit salopard. Peut-être était-ce parce qu'il avait un mauvais pressentiment vis-à-vis de cette lame dorée. Peut-être était-ce à cause de la tenue, si stupidement je m’en foutiste.

Peut-être était-ce parce que ce sale gosse paraissait vraiment, vraiment jeune.

La Rouille se redressa pour se jeter sur le Perdu. Mais au lieu de chercher la poitrine à découvert, son sabre alla frapper de plein fouet l’épée dorée dans l’évident objectif de l’arracher à son propriétaire, tandis que son avant-bras droit s’écrasait sur le torse de l’adolescent pour tenter de glisser jusque sur sa gorge.
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MessageSujet: Re: Au fin fond du gouffre   Ven 21 Sep 2018 - 18:26

Ha ca faisait maaaal hein ? Ha il avait visé juste le petit enfoiré de punk quand il avait décidé de foutre un grand coup de pied dans le genou du pirate déjà bancal.
En l'entendant geindre de douleur, l'iroquois ne pu retenir un sourire mauvais, lâchant même un ricanement en passant.
Voir le pirate s'affaisser sur lui même ne fit que raffermir un peu plus la vague d'excitation qui lui avait grimpé le long de la colonne, une déferlante d'assurance le prenant au ventre et explosant dans tout son corps, électrisant ses gestes et son regard.
Il était mort ! MORT le pirate MORT !!!

Et déjà l'épée dorée s'élevait dans les airs, absorbant la lumière et la renvoyant dans un éclat morbide, juste avant de s'abattre brutalement sur l'homme à terre, cependant celui la ne s'était pas admit vaincu, parant l'attaque avec brutalité, déviant le fer doré avec une telle force qu'une fois de plus, le chasseur s'en retrouva déséquilibré, glissant dans le même temps, l'herbe trempée lui jouant un mauvais tour.
Déstabilisé, Apache ne vit pas venir le fauchage de ses chevilles, et ni une ni deux il se retrouva les quatre fers en l'air, heurtant méchamment le sol à son tour.
Ca faisait mal bordel !!!

Et cet enflure de pirate avait de nouveau retourné la situation !
L'excitation de jusqu'à maintenant se changea brutalement en une angoisse profonde et tordante qui serra le cœur de l'adolescent, la haine lui remontant jusqu'à la gorge comme une envie de gerber.
Bien sur, l'Hérissé voulu se relever le plus rapidement possible, mais très certainement par ce que l'échange commençait à durer, et que mine de rien le gamin avait du déjà encaisser pas mal de coups, dont un dans les côtes qui lui lançait encore douloureusement, il ne parvint pas à se redresser assez vite, prit de vitesse par l'homme qui se jeta sur lui, le plaquant au sol sans ménagement, lui arrachant un cri de douleur mêlé a une protestation colérique.
L'ado voulut en profiter pour embrocher l'adulte, mais l'autre ne le laissa bien évidemment pas faire, frappant violemment la lame dorée de la sienne, faisant hurler le métal et le punk d'une même voix.
Le choc une fois de plus avait été si brutal qu'il s'était répercuté jusqu’à son coude, la douleur se concentrant particulièrement sur son poignet.
Insupportable.
Jamais il n'aurait voulu lâcher le manche de son épée, cependant les nerfs de sa main eurent un reflex mécanique, ses doigts se desserrant sans qu'il ne le veuille.
Merde merde meeeeeerde !!!!

Se faire prendre son arme était la pire chose qui puisse arriver pour Apache, n'ayant pas la force physique de gérer un adulte au corps à corps !
Le Flibustier eu d'ailleurs tôt fait de le maitriser, calant sont bras sur son torse et le faisant glisser jusque sous sa gorge, cherchant visiblement à l'immobiliser.
Mais qu'est ce qu'il foutait ??
Pourquoi est ce qu'il ne le plantait pas ??
Un frisson glacial remonta tout le long de l'échine du jeune révolté, lui faisant serrer les dents plus fort encore.
Pourquoi pourquoi pourquoi ???

Et la réponse s'imposait à lui comme un cauchemar pas si lointain.
Un souvenir dégueulasse.
L'image d'un autre pirate qui se superposait par dessus le visage de celui qui lui faisait face.
Qui le surplombait.
Qui le dominait.

Prit d'une brusque montée d’énergie, déterminé à ne pas se faire définitivement piéger. Pas comme la dernière fois. L'iroquois laissa tomber l'idée de récupérer son arme et se mit à frapper le rouquin de tout ses forces, de son poing resté libre.
"Lâche moi sale tarrrééééééé !!!!" Et il frappait, il se débattait. Il se mit à hurler comme un dément et réussi même à planter ses crocs dans le poignet de l'adulte, le mordant sans aucune retenu et sentant avec une certaine satisfaction le gout du sang lui peindre la langue.
Profitant d'un bref instant d'échappé, le chasseur rassembla toute ses forces restantes dans l'idée de faire basculer le flibustier sur le coté, lui grimpant ensuite dessus sans vergogne et attrapant dans la foulée son épée qui était resté la, juste à coté.
"Cette fois tu baisera pas, ordure !" Qu'il lui cracha avec toute la haine dont il était capable.
Il voulu abattre son épée pour enfin mettre fin à cet échange et à la vie de ce type qu'il détestait sans même le connaitre, mais c'était se précipiter, car évidemment l'autre ne s'en laissa pas compter, retournant une fois de plus l'adolescent, l'écrasant sous son poids.

Les choses auraient pu s’arrêter la, seulement voila, les deux ne s'étaient pas rendu compte qu'à force de bagarre, ils s'étaient dangereusement rapproché d'un ravin, et ce fut donc dans un tourneboulé chaotique que les deux ennemis basculèrent dans ce qui sembla être le vide pour le métisse prit de panique.
Et ils roulaient roulaient roulaient, les chocs inondant le garçon perdu de douleur.
Et ca durait durait durait, à lui en coller le tournis !
Jusqu’où allaient-ils dévaler comme ça ??






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MessageSujet: Re: Au fin fond du gouffre   Hier à 1:48

Lorsque le gamin lâcha son épée et que Zeb parvint à le plaquer au sol, le pirate eut approximativement deux secondes pour se sentir soulagé – sa respiration toujours à moitié bloquée hésitait entre les halètements et les sifflements, sa jambe était un sac de souffrance sans utilité, une bonne partie de ses cheveux roux s’était échappés de son catogan et pendaient en mèches collantes devant son visage en sueur… Il avait tout l'air d'un homme qui en avait ras le bol de ce cirque.

Puis le gosse se mit à hurler et à se débattre comme un putain de chat sauvage pris dans un collet et tout ce que la Rouille fut encore en mesure d’éprouver, c’était des regrets.

Zeb aurait bien aimé pouvoir crier quelque chose à l’adolescent pour tenter de le calmer un peu, mais il luttait toujours pour récupérer une respiration fonctionnelle, sans compter que le poing libre de son jeune adversaire faisait pleuvoir les coups sur ses côtes elles aussi récemment fracturées - et cela avait beau ne pas le blesser sérieusement, par toutes les putains de Neptune, ça faisait juste mal, terriblement mal, assez pour que le monde commençât à vaciller sur lui-même et bon sang il fallait arrêter cette hystérie maintenant!

Mais le gosse se débattait comme un beau diable. Zeb aurait déjà peiné à l’immobiliser en temps normal, mais là, avec la douleur et ses poumons en détresse, cela relevait de l’impossible – ce que le jeune punk ne manqua pas de lui prouver dès qu’il en eût l’occasion : la Rouille finit par faire un écart du bras droit, pur réflexe pour éviter un coup sur sa vieille blessure toujours si sensible, et le gosse en profita pour dégager sa gorge… et ses dents.

La mâchoire supérieure du Garçon Perdu glissa sur le gant de cuir du charpentier, mais ses canines inférieures trouvèrent très bien la peau que Zeb sentait encore, à l’intérieur de son poignet, et le pirate gaspilla un peu de son précieux air dans un cri de douleur et d’indignation – est-ce que ce petit salopard venait de le mordre ?!

L’instant d’après, mettant à profit souffrance et surprise, l’adolescent l’avait renversé d’une violente bourrade. Il inversa leurs positions pour récupérer sa précieuse épée et encore une fois Zeb eut juste le temps d’interposer sa propre lame avant que l’arme dorée ne lui fendît le crâne. Son regard croisa celui du garçon, encore et toujours si noir, empli d’une fureur et d’une haine sans fond.

"Cette fois tu baiseras pas, ordure !"

Pas le temps de comprendre, pas le temps d’analyser : la Rouille repoussa l’épée ennemie avec un long râle avant d’envoyer son avant-bras droit dans la tronche du gamin, un grand revers sans aucune retenue cette fois, fait pour péter des nez et rabattre des claque-merdes, parce que oui, effectivement, il en avait ras le bol de ce cirque, et si ce petit con voulait la jouer méchante, Zeb pouvait très bien la jouer méchante.

Sauf que, alors que l’adolescent valsait encore une fois dans le décor, alors que le pirate se jetait à sa suite, sabre au clair, aucun d’entre eux ne réalisa qu’ils ne se trouvaient plus sur le sol bien ferme de la forêt, mais sur un entrelacs de racines couvert d’herbe et de mousse. Et que sous les racines, mises à jour par quelque glissement de terrain pendant la saison des pluies, il n’y avait juste… plus rien.

Zeb eut une fraction de seconde pour comprendre ce qui allait se passer quand son pied passa à travers le sol. L’instant d’après, tout le surplomb s’effondrait sous le poids conjugué des deux adversaires, qui culbutèrent ensemble dans le vide.

Impossible de dire combien de temps dura la chute, impossible de réaliser ce qu’il se passait, à peine le temps de lâcher son sabre pour tenter tant bien que mal de protéger sa tête alors qu’ils dévalaient la paroi, heurtant pierres et racines dans une cacophonie de douleur. Ils glissèrent, roulèrent, dévalèrent avec les débris du surplomb, avant de finir dans une brève mais horrible chute libre qui avait des allures de dernière page.

Puis, au lieu d’un définitif lit de rochers, Zeb percuta une surface glacée qui s’enroula autour de lui comme un linceul et qui ne pouvait être que de l’eau.

Pas beaucoup d’eau, hélas, pas assez pour totalement amortir sa chute : le pirate heurta le fond sans douceur et une souffrance acide lui cisailla la tempe droite, assez brutale et violente pour l’étourdir. Mais son corps déjà électrisé d’adrénaline par le combat n’était pas décidé à perdre connaissance aussi facilement, si bien qu’avant même de réaliser comment, Zeb se retrouva sur ses pieds dans l’eau qui lui arrivait aux hanches, toussant et crachant un peu de liquide qui avait tenté de s’inviter dans sa trachée.

Il était bien trop secoué pour comprendre où il se trouvait, mais ses yeux enregistrèrent vaguement une image de fossé assez profond pour être sombre et empli d’une eau bien trop bleue, presque laiteuse.

Le gamin. Attention. Le gamin.

Toujours en mode automatique, perclus de douleurs trop nombreuses pour en faire le compte, la Rouille vacilla jusqu’à pouvoir appuyer son dos sur la paroi toute proche, tout en dégainant le poignard passé à sa ceinture. Trop hébété pour comprendre que ce qui aveuglait l’un de ses yeux était le sang qui coulait de son cuir chevelu méchamment tailladé, il s’obligea néanmoins à sonder l’étrange ravin du regard, sans trop savoir s’il craignait une nouvelle attaque de cette saleté de punk ou s’il redoutait de retrouver ses morceaux épars en train de flotter à la surface.

Ce qui, soyons honnêtes, aurait au moins eu l’avantage de régler le problème.

Ce petit connard l'avait mordu, merde!


Dernière édition par Zeb Skelton le Sam 22 Sep 2018 - 22:32, édité 2 fois
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Apache
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MessageSujet: Re: Au fin fond du gouffre   Hier à 20:24

Un temps difficilement quantifiable après que le pirate ne se soit remis sur ses pieds, l'eau lui remontant jusqu'aux hanches, l'iroquois était brutalement remonté à la surface, perçant violemment l'eau turquoise, inspirant une grande quantité d'air, la mine visiblement choquée, trempé jusqu'aux os et de ce fait, ses cheveux noirs et rouge plaqués sur le front, lui barrant même les yeux la ou les mèches se faisaient plus longues, désordonnées.

Il avait la respiration courte, l'adolescent, sifflante même, un peu comme s'il avait manqué de se noyer. Ce n'était pourtant pas le cas, loin de la, mais la chute et le plongeons brutale avaient eu semblait-il de quoi lui couper le souffle.

Apache eu besoin d'un instant pour remarquer que l'homme qui lui faisait face était armé, et un moment de plus pour se rendre compte que lui était désormais les mains vides.
Cependant, la panique ne vint pas tout de suite, ses réactions comme assommées par ce brusque retournement de situation.
Les yeux noirs balayèrent alors l'endroit, passant sur les parois, se relevant vers le ciel qui semblait bien lointain de la ou ils étaient.

Tout portait à croire que les deux adversaires étaient tombés au fin fond d'un gouffre.
Un fossé.
Un trou.
Un putain de trou.


Rempli d'eau.

D'eau glaciale.

Putain... putain putain PUTAIIIIIIN...


Dans la tête du punk, ca s'activait, mais bizarrement, aucune réaction ne suivait. Il restait la, planté dans la flotte trop froide, celle ci lui arrivant plus haut que pour l'homme qui lui faisait face puis-qu’évidemment, le garçon faisait pas mal de centimètres de moins que lui.
Silencieux.
Bizarrement calme.
C'était comme si le bain glacé forcé l'avait soudainement complètement calmé.
Ne disait-on pas après tout que punk échaudé craignait l'eau froide ?
Non ?
Et bien dans ce cas la, le dictons se vérifiait .
Il était la, immobile, les yeux écarquillés.
Sous le choc.

Et puis, doucement, puisqu'il avait remarqué que l'autre, contrairement à lui était armé, il se mit à reculer, un pas, deux pas, trois pas, jusqu'à ce que des limites s'imposent à lui. Ce fut rapide, et elles se matérialisèrent en un mur froid et rugueux qui entrait en contacte avec son dos.
Il ravala sa salive alors qu'enfin ses yeux se focalisaient pour de bon sur le plus vieux, le regardant en face et pour de vrai, pour la première fois sans doute depuis le début de cet échange.
C'était un homme.
Un homme plutôt âgé. Il avait l'air bien mûre en tout cas..
Un vieux...
Et il avait les cheveux roux qui partaient dans tout les sens, dégoulinant d'eau. Mais ca faisait pas comme avec Stealth ou avec Freckles. Non. Ca faisait pas pareil.
Il avait même de la barbe.
Il avait l'air mal en point.
C'était lui qui l'avait mis dans ce sale état ou c'était surtout la chute ? Sans doute un peu des deux.
Apache ravala cependant son sourire, désormais très conscient de la situation. Cependant, cela ne l'empêcha pas de l'ouvrir, car aussi trempé qu'il puisse t-être, l'iroquois en berne restait l'iroquois du macadam.

"Tu vas faire quoi avec ça ?"
D'un mouvement de tête dédaigneux, il avait désigné le poignard que Zeb tenait solidement en main. "Tu crois qu'tu m'fais peur ?" La bouille toute jeune du métisse s'était faite méprisante à l’extrême.
Le jeune imbécile le provoquait, comme une façon à lui de se protéger, d'attaquer sans pour autant être armé.
Sur la défensive.







"Si tu ne trouves pas une raison pour vivre, trouve une raison pour mourir."
"I aspire to inspire before I expire"
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Zeb Skelton
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MessageSujet: Re: Au fin fond du gouffre   Aujourd'hui à 0:54

"Tu crois qu'tu m'fais peur ?" :
 


Oh cool dis donc, le petit taré était vivant. Visiblement bien amoché par leur combat et la chute, lui aussi, et avec un score de charisme nettement abaissé à présent que ses jolies crêtes étaient devenues une serpillière bicolore qui lui pendait sur la tronche, mais vivant. Zeb ne savait pas très bien s’il devait se réjouir de voir ses scrupules récompensés de la sorte ; machinalement, il fit jouer son épaule pour vérifier qu’il avait toujours un bras fonctionnel, des fois que son jeune adversaire fût assez suicidaire pour (encore une fois) lui sauter à la gorge.

Néanmoins l’eau froide semblait avoir littéralement douché les ardeurs du gosse, qui se contenta de reculer lentement jusqu’à la paroi opposée à celle de Zeb, le regard fixé sur le poignard de ce dernier. Bien, très bien même. C’était une excellente nouvelle qu’il ait la trouille, parce que pour être tout à fait honnête le pirate n’était pas certain de pouvoir tenir debout sans l’appui que lui offrait la roche, alors ne parlons pas de se battre. Il ne pensait pas qu'il s'était cassé quelque chose cette fois, ou peut-être juste quelques côtes (la douleur dans son torse était trop diffuse pour qu'il fût catégorique), mais sa jambe gauche le lançait encore et il avait clairement pris un mauvais coup sur le crâne - le moindre mouvement de la tête lui donnait l’impression que le sol tanguait sous ses pieds comme l’aurait fait le pont de la Zorra lors d’une sortie en pleine mer. Zeb espérait que cela allait rapidement s’améliorer, mais en attendant, il s’agissait de tenir le teigneux à distance.

"Tu vas faire quoi avec ça ?"

Ah ben tiens, quand on parle du punk…

"Tu crois qu'tu m'fais peur ?"

Zeb cilla, observant la petite chose plaquée contre la paroi rocheuse qui le fusillait du regard tout en affichant une caricature de mépris sur la partie de son visage qui n’était pas cachée par ses cheveux trempés.

Toujours un chat sauvage, mais bien mouillé maintenant.

La Rouille sentit un sourire courber ses lèvres et très vite un rire à peine audible vint secouer ses côtes maltraitées. Un rire nerveux, incrédule, mais étrangement sincère :

"Si je crois ? Je le sais que je te fais peur, mon couillon."

Les mots avaient un côté menaçant, mais le ton sur lequel ils étaient dit était posé, presque badin. Zeb réprima son amusement sans parvenir à effacer totalement son sourire, avant de lever sa main armée pour désigner le garçon avec le poignard :

"Seul un abruti n'aurait pas la trouille."

La peur est une bonne chose. La peur garde en vie.

Une phrase un peu trop dite, qui appelait des souvenirs indésirables ; Zeb les laissa atténuer son expression goguenarde, avant de rabaisser sa lame.

Sa main gantée frôla alors sa hanche droite, notant la disparition de sa hache. En revanche, il avait toujours son pistolet, ainsi que le poignard rangé dans la gaine de son brassard. Du même geste, le pirate dégagea ensuite les mèches rousses collées à son front et essuya le sang qui aveuglait son œil droit, avant de remonter juste un peu plus haut pour tâter sa blessure. Il grimaça en sentant l’entaille conséquente qui partait de sa tempe et se perdait dans ses cheveux : à recoudre. Dabeid allait râler.

Lorsqu’il écarta sa main de son visage, Zeb ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil aux marques de dents qui traçaient un demi-cercle sanguinolent sur son poignet, avant d'adresser au Garçon Perdu un regard empli d'une digne désapprobation - "c'était quand même pas la peine d'en arriver là". Après tout, la Rouille avait clairement tenté de l'épargner, non?

Les yeux bleus du pirate s'attardèrent alors sur son adversaire. Le punk lui avait déjà paru jeune lors de ce bref moment où il l’avait détaillé au début de leur « rencontre », mais là, avec ses mèches bicolores qui lui dégoulinaient sur le visage et le T-shirt rose qui collait à son torse maigrichon sous le cuir noir du blouson, il était évident que ce n’était qu’un foutu gosse. Au jugé, Zeb aurait dit treize, quatorze ans. Peut-être un peu plus : il était bien placé pour savoir que les adolescents (métis?) d’origine asiatique étaient souvent plus petits que les Caucasiens.

Et qu’est-ce que ce très jeune garçon avait crié, de nouveau, pendant qu’ils se battaient là-haut?...

Les derniers restes du sourire de Zeb se diluèrent dans une expression pensive, un regard interrogateur qui pesa longuement sur le Perdu – cet enfant plein de haine et de peur, avec ses cicatrices, son regard, son épée. Son épée dorée.

Quand le charpentier reprit la parole, sa voix était toujours très calme, trop froide pour être sympathique, trop factuelle pour être vraiment menaçante :

"Je n’ai pas l’intention de te tuer. Mais je le ferai si tu m’y obliges."

Une pause. Puis, exactement sur le même ton :

"Est-ce que tu comptes m’y obliger ?"
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