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Wilhelm DogFish
Wilhelm DogFish

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MessageSujet: Re: Pale Sailors   Pale Sailors - Page 2 EmptyDim 21 Oct 2018 - 18:04

La Rouille avait bafouillé quelque peu, visiblement déstabilisé par les mots, les attaques, même si Wilhelm aurait sans aucun doute nié cet aspect violent des ses dires d'un peu plus tôt.
Ca faisait un peu bizarre de le voir comme ca, Zeb Skelton. Mais il y avait aussi un petit coté très satisfaisant que ressentait l'Orbleu, ou plutôt ce qui restait des traits caractériels adolescents de ce qui était pourtant sensé être un adulte. Un pirate.
Tellement immature parfois. Souvent. Et c'était pour ne pas dire toujours.

Ce bref instant durant lequel le charpentier sembla perdre pied, façon de parler, et ses mots en passant ne dura cependant pas, l'homme de sa trempe revenant vite au galop et réassurant le respect qui lui été du tout en se redressant de toute sa carrure.

"Je t’interdis de me dire ça Wilhelm, tu entends ?!"
Le blondinet aux joues bleuies par le froid en sursauta presque, ravalant sa salive et baissant la tête, comme prit en faute. "Je te l’interdis !" Une faute grave, en l'occurence, la mine toujours baissée bien que ses yeux pales ne quittaient pas son interlocuteur, DogFish se mordait la lèvre inférieure avec nervosité. Peut être bien qu'il regrettait déjà un peu ce qu'il avait osé dire à La Rouille. "Je n’en ai rien à foutre de Steiner et tu le sais mieux que personne ! " Pas de réels remords, il ne fallait pas trop en espérer, plutôt ceux d'un gamin qui venait de se faire attraper à chaparder un sachet de bonbon tout entier et qui redoutait bien plus la punition que la raison de la sanction. Un gosse qui craignait plus le jugement d'un adulte que la douleur d'une carie, et son sourire infernal pouvait en témoigner.

"Tu veux savoir de qui je m'occupe?"
Wilhelm s'écrasa quelque peu sur lui même, lâchant le rouquin des yeux, peinant visiblement à assumer le retour de flamme. "Je suis avec Braumeister et Jim, qui passent leur temps à chercher un remède rien que pour toi." Le Pied Beau fronça les sourcils, faisant une moue qui reflétait quelque peu ses regrets. Rien que pour lui ? Mais un remède à quoi ... "Je suis avec Tijl, et Earl, et Keith. Je suis avec le seul fils qui me reste, merde!" L'insulte qui ponctua la fin de phrase du plus vieux fit sursauter le blond pour de bon cette fois.
Wilhelm savait que Zeb pouvait employer ces mots la, mais ca l’impressionnait toujours quand il s’énervait et que ca sortait, pire encore quand ça lui été destiné.
Le lourd et doux poids de l'autorité.
Celui qui enchainait mais surtout rassurait. Protégeait. Guidait.

"Et on ne t'a pas abandonné. Je ne t’ai pas abandonné."

La voix de la Rouille s'était faite plus basse, le ton changeant sensiblement même s'il restait ferme alors que le traqueur relevait les yeux vers lui.

"Qu’est-ce que je fais là, à ton avis ? Je cherche une solution. Et je la trouverai. Si elle existe, je la trouverai, et je reviendrai te chercher, tu m’entends Wilhelm ? Je reviendrai te chercher."
Il avait la rage, Zeb Skelton, et ca s'entendait. De cette colère contenue et maitrisée, celle qu'exprimaient les hommes, les vrais, du moins ce qui correspondait à la définition de Wilhelm en donnait.

"Tu sais que je tiens mes promesses."

Le Pied Beau hocha doucement la tête à la positive, un peu comme s'il lui donnait raison, un peu comme s'il partageait les convictions du Charpentier.
Comme s'il était d'accord.

Comme si, oui.

Par ce qu'en vrai, si c'était réellement le cas, les choses deviendraient bien plus simple, n'est ce pas ?
Mais étaient-elles véritablement si compliquées ? Wilhelm DogFish peinait un peu à se rendre compte de la gravité de la situation.
Ou bien plutôt c'était un peu comme s'il savait sans savoir. Comme si un autre lui glacé devinait, s'en amusait, tout au fond, pendant que l'autre pataugeait dans l'incompréhension.

"Alors ramenez moi avec vous."

Le blondinet se rendait-il compte de ce qu'il proposait ? De tout ce que cela impliquait ? De ce qu'il se passerait s'il entrait ne serait ce qu'en contacte avec un non infecté ?
Non. Pas une seule seconde.
Mais l'Orbleu, lui, savait très bien ce qu'il faisait.
Le Givre qui avait prit le cœur du pirate et maintenait fermement la barre de son âme naviguait sans crainte.
C'était l’instinct du mort vivant qui parlait. L’instinct qui le poussait à faire grossir les rangs de son espèce.

"Vous ne voulez pas parler au Capitaine, mais moi je voudrais leur parler."
A ceux qui avait osé trahir Hook. "A nos frères hésitants."
Il y avait eut cette drôle de façon de les nommer, reprenant les termes qu'avait utilisé Skelton un peu plus tôt, et surtout comme un gout amère dans ces mots, comme une ironie étrange.
C'était la voix du froid qui s'était exprimé.
"Ils me manquent..." Et pourtant celle de Wilhelm était toujours la, emprunte de sincérité, comme en écho en arrière fond. "Vous me manquez."






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Zeb Skelton
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MessageSujet: Re: Pale Sailors   Pale Sailors - Page 2 EmptyMar 30 Oct 2018 - 2:52

"Alors ramenez moi avec vous."

Juste quelques mots, une simple demande, presque une proposition. Une réponse calme, humble, qui contrastait avec la colère de Zeb, avec la hargne qui transparaissait dans ses explications et ses promesses. Une réponse qui n’en paraissait que plus raisonnable.

C’en était même doucement cruel, comme intervention, parce que c'était vraiment quelque chose que DogFish aurait pu dire. Il avait cet art de réagir aux remontrances en baissant les yeux, en affichant un air penaud et en parlant d'un coup beaucoup plus lentement, d’une voix bien plus basse, qui s’appliquait à paraitre aussi tendre qu’inoffensive. Exactement comme un jeune chien qui vient se coller à votre jambe en gémissant doucement, la queue sous le ventre et en vous faisant les yeux doux, pour bien vous montrer qu’il est désolé, même s’il n’a pas très bien compris pourquoi il devait l’être. Un peu simple, mais tellement sincère que c’en était touchant et donc, le plus souvent, efficace.

Sauf que ce cabot aux yeux de glace ne brillait pas vraiment par sa sincérité, n’est-ce pas ?

"Vous ne voulez pas parler au Capitaine, mais moi je voudrais leur parler. A nos frères hésitants."

Oh, ce n’était pas grand-chose. Le visage gris de l’Orbleu n’avait rien laissé transparaitre, son regard était resté doux et attentif, sa bouche n’avait pas esquissé la moindre grimace. Mais Zeb connaissait trop bien DogFish pour être dupe.

La Rouille souffla trop longtemps, expira un long filet de vapeur d’eau comme il aurait aimé se défaire de la rage et de la souffrance qui vrillaient encore sa poitrine, cet étau glacé que le ton du traqueur venait de serrer d’un cran supplémentaire.

Nos frères hésitants.

Ce n’était guère qu’une pointe d’ironie, mais ce fut assez. DogFish ne parlait pas ainsi ; il avait toujours lutté avec le second degré, et bien que parfois le Pied-Beau parvînt à dire quelque chose qu’il ne pensait pas vraiment, il le faisait toujours maladroitement, sans aucun naturel, comme s’il appliquait un protocole soigneusement appris. Il pouvait exprimer son mécontentement vis-à-vis du reste de l’équipage, il parvenait à être cynique, mais pas comme ça, pas aussi subtilement.

Et surtout pas en tentant de dissimuler son dégoût.

Ce ton-là, Zeb le reconnaissait comme celui de la Chose Froide qui les avait chassés du Roger, et sa mémoire d’homme meurtri s’empressait déjà de lui rappeler ce qu’il avait ressenti ce soir-là sur le quai, ce qu’il ressentait à nouveau tandis que l’Orbleu qui lui faisait face utilisait une voix qu’il n’aurait jamais dû posséder :

"Ils me manquent..."

"Wilhelm…"

"Vous me manquez."

Zeb voulut déglutir, mais sa bouche asséchée par le stress et le froid ne daignait plus produire la moindre salive ; il avait à nouveau cette envie de pleurer et hurler en même temps, ce mélange informe et primitif de fureur, de haine et d’indignation qui carbonisait ses pensées et lui donnait envie de dégainer son sabre, là, maintenant, aussi ridicule et inutile que ce fût - n'importe quoi pour faire taire la chose qui avait pris Wilhelm, n'importe quoi pour faire cesser cette conversation ignoble.

Comme lorsqu’il avait empêché Lòng de prolonger son « jeu » avec une gamine, au risque de se faire tuer ou au minimum de voir ses dangereux scrupules dénoncés au Capitaine.

Comme la fois où il avait frappé Big Jack de toutes ses forces pour une insulte hideuse envers Kit, tout en sachant très bien que c’était un combat qu’il ne pouvait pas gagner.

Zeb l’avait déjà fait. Il aurait pu le refaire.

Mais ce n’était ni Lòng, ni Big Jack, n’est-ce pas ? C’était DogFish. Ils en avaient traversé des tempêtes, tous les deux, ils s’étaient mutuellement sauvé la vie trop de fois pour que le maître charpentier en gardât le compte. Alors même si le Froid changeait la manière d’être du Pied-Beau, même s’il lui faisait dire ces choses horribles, même s’il utilisait l’amitié des deux pirates contre eux de manière lâche et odieuse, il allait en falloir plus pour que Zeb Skelton décidât sciemment d’attaquer celui qui était, encore, malgré tout, Wilhelm DogFish.

"Tu me manques aussi mon grand."

Et la Rouille osait croire que l’homme englouti par la glace sentirait à quel point il était sincère.

"Mais je ne peux pas non plus t’emmener jusqu’aux autres. Si tu veux, je peux leur répéter ce que tu as à dire. Tu as ma parole que je le ferai."

Un instant, Zeb hésita. Il aurait dû s’en tenir là, il le sentait ; c’était trop austère, trop distant, mais c’était tout ce que la prudence autorisait. Donner des explications, c’était trop s’avancer. C’était provoquer le Givre.

Mais encore une fois, cet Orbleu, c’était DogFish. Et la Rouille avait le sentiment aussi irraisonné que fort que le vrai Wilhelm était encore là, pas très loin sous le gel. Il l’avait déjà atteint, il l’avait fait douter ; il ne pouvait pas résister à la perspective de lui donner un peu d’espoir.

"Ce n’est pas contre toi Wilhelm. Mais je te l’ai dit, le Givre que tu portes en toi n’a pas l’air d’attendre que les gens soient d’accord pour les envahir. Tant qu’on ne comprend pas comment ça fonctionne, personne ne s’approchera de toi. Et tu ne t’approcheras pas d’eux."

C’était dit comme un constat, mais au fond, cela ressemblait quand même un peu à un ordre. Ce fut sans doute pour cela que Zeb se sentit obligé d’ajouter :

"Je suis vraiment, vraiment désolé. J’aimerais te ramener avec moi, j’aimerais vraiment, et beaucoup d’autres seraient ravis de te revoir. Mais pas maintenant. Pas tout de suite."

Une inspiration, juste un peu trop forcée.

"Aujourd'hui, Wilhelm, je dois rentrer tout seul."






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MessageSujet: Re: Pale Sailors   Pale Sailors - Page 2 EmptyMar 20 Nov 2018 - 21:19


"Tu me manques aussi mon grand."

Et dans le froid, dans la glace pourtant si solide qu'était devenu le cœur de DogFish, il y eut comme une touche de chaleur.
Une goutte.
Toute petite goutte d'humanité réchauffée.
Était ce lié a ce qu'exprimait Zeb à son sujet ? Il lui manquait. Ou bien à cette façon qu'il avait eu de l'appeler. Mon grand. Paternelle. Protectrice. Plus qu'un simple collègue de travail, une famille.
Sa famille lui manquait.
Sa famille...

"Mais je ne peux pas non plus t’emmener jusqu’aux autres."
Et soudain, le vent de glace se remit à siffler et souffler de plus belle en Wilhelm, ses hurlements inhumains recouvrant la chaleur des mots de l'instant d'avant. la neige et la glace, coupante et glaçante étouffants ce minuscule débris de feu humain. "Si tu veux, je peux leur répéter ce que tu as à dire. Tu as ma parole que je le ferai." Et pourtant, sur le visage gris aux joues et lèvres bleuies par le froid, il n'y avait plus rien de lisible.
L'orbleu s'était refermé aussi vite que son cœur avait cessé de battre.
Une pulsation.
Rien qu'une.
Et tout s'était de nouveau arrêté.
Engloutis par la mort froide.

"Ce n’est pas contre toi Wilhelm. Mais je te l’ai dit, le Givre que tu portes en toi n’a pas l’air d’attendre que les gens soient d’accord pour les envahir. Tant qu’on ne comprend pas comment ça fonctionne, personne ne s’approchera de toi. Et tu ne t’approcheras pas d’eux."

Lentement, le blond gelé avait penché la tête sur le coté dans cette mimique qui le caractérisait tant. Pourtant, ici, elle n'exprimait en rien un questionnement naïf ou une curiosité digne d'un enfant.
Cela se voyait.
Zeb aurait pu aisément le remarquer.
Par ce que le regard que lui lançait présentement Wilhelm n'avait rien d'innocent.
Il s'y reflétait plutôt comme un éclat malsain, angoissant peut être, pas réellement de la colère, mais un quelque chose qui s'en rapprochait d'une certaine manière.

Personne ne s’approchera de toi. Et tu ne t’approcheras pas d’eux.
Ca sonnait comme un ordre. Et quelque chose en lui, une entité malfaisante, grondait sourdement, faisant vibrer ses veines et rendait son regard plus mauvais.

Sa famille...

Peut être que c'était par ce qu'il avait remarqué ce changement d'attitude chez le Pied Beau que Zeb Skelton ajouta, dans une volonté certaine d'adoucir les angles :

"Je suis vraiment, vraiment désolé. J’aimerais te ramener avec moi, j’aimerais vraiment, et beaucoup d’autres seraient ravis de te revoir. Mais pas maintenant. Pas tout de suite."


Sans succès aucun.

Sa famille...


Le blondinet ne bougea pas, son expression figée dans une poker face étrange.
Calme olympien qui lui allait si mal.
Serein.
Il n'y avait que ses yeux pales et bleus qui brillaient de cette lueur méchante, menaçante, et qui ne lâchaient plus l'autre pirate, comme s'il était capable de lire dans son esprit.

"Aujourd'hui, Wilhelm, je dois rentrer tout seul."

- Vraiment ?
Et le masque de glace s'était envolé, la mine de Wilhelm se mouvant dans une expression ironique qui encore une fois collait si mal avec ce qu'il était.

Sa Famille... C'était les Orbleus.
Il n'était plus lui.
Il n'était plus Wilhelm DogFish.
Il était Orbleu.
Il était eux.

Et il fit un pas dans la direction de la Rouille.
"Rentrer ? Déjà ?"
Sous ses pieds, alors qu'il avait exécuté un pas de plus vers le charpentier, la neige se durcissait, craquant méchamment.

Il n'avait aucun ordre à recevoir de Zeb Skelton.
Il lui manquait.
Il était Orbleu.
Unité.
Ils ne faisaient qu'un.
Et le Givre hurlait en lui dans une tempête assourdissante alors que doucement, avec une douceur glaçante, des flocons de neige s'étaient mis à tomber autour des deux pirates.
L'atmosphère changeait.

"Je veux bien que vous leur passiez un message de ma part, monsieur Skelton."
Un sourire doux qui contrastait avec ce regard qui brillait comme l'Enfer.

"Dites leur que j'arrive."










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MessageSujet: Re: Pale Sailors   Pale Sailors - Page 2 EmptySam 19 Jan 2019 - 23:16

Il avait suffi de deux mots et d’un pas.

C’était tellement dérisoire. Après tant d’hésitations, de doutes, de douleur et de colère, après tous ces efforts pour négocier, apprivoiser, convaincre, pardonner, voilà que tout s’effondrait pour si peu.

Deux mots.

"Rentrer ? Déjà ?"

Un pas.

Celui de Wilhelm DogFish, un pied nu qui fit crisser la neige.

Celui de Zeb Skelton, une botte qui esquissait un geste de recul.

Et c’était fini. Toute illusion de fin heureuse s’était enfuie, tout espoir de pouvoir régler cette situation à l’amiable avait disparu. Ils n’étaient plus ces deux amis qui se connaissaient et se faisaient confiance depuis des siècles, ils n’étaient plus ces hommes de la mer qui avaient survécu aux tempêtes du Monde Ordinaire comme à la sorcellerie du Pays de Jamais. Ils n’étaient plus des pirates du Jolly Roger.

L’un était un Orbleu, vivant pour et par le souffle glacé du monstre expansionniste qui se faisait appeler Seigneur Hook.

L’autre était un traitre en exil, qui s’était juré de défendre le peu de famille qui lui restait et de récupérer ce qu’on lui avait pris.

C’était peut-être tout ce qu’il y avait à savoir sur leur tragique conversation : elle était vouée à l’échec dès le départ. A l’instant où DogFish avait vu Zeb allongé là, en train d’observer le royaume du Givre, la fin de leur rencontre était écrite. A coups de sabre et de machettes.

"Je veux bien que vous leur passiez un message de ma part, monsieur Skelton."

Wilhelm fit un autre pas, son visage figé dans un doux sourire qui prenait des airs macabres sous l’éclat gelé de ses yeux trop bleus.

"Dites-leur que j'arrive."

Zeb sentit un froid péniblement littéral se glisser le long de sa gorge, mordre ses yeux, geler ses dents. Il vit une fine pellicule de givre bleuir la surface de la neige, d’étrange flocons se mêler aux courants d’air glacés qui s’agitaient soudain autour d’eux. L’Orbleu souriait, car l’Orbleu était sur ses terres, et il le savait.

Pourtant cette fois, la Rouille ne recula pas. Certes, il avait fait un pas en arrière quand tout éclat d’humanité avait quitté le regard de DogFish, quand le traqueur avait baissé le menton dans cette attitude si caractéristique de l’animal en chasse – parce que le maître charpentier avait eu peur, bien sûr, jamais il n’aurait prétendu le contraire : il aurait fallu être stupide pour sous-estimer Wilhelm « Pied Beau » DogFish, il aurait fallu être fou pour ne pas craindre le monstre qu’il était devenu.

Mais Zeb connaissait la peur. Il la côtoyait depuis son enfance, il l’avait épousée en choisissant d’être pirate. Et le jour il était devenu père, il avait accepté qu’elle ne le quitterait jamais. Il savait comment la maîtriser. Il savait ne pas se laisser paralyser.

La peur faisait la différence entre le courage et la témérité : elle gardait en vie. Mais elle pouvait aussi tuer, si on se laissait faire.

Et même si la Rouille savait que mort, il l’était déjà un peu, il ne comptait pas se laisser faire.

"Recule, Wilhelm."

La voix de Zeb était calme, mais ceux qui le connaissaient l’auraient trouvée bien trop sèche, trop basse : il était tendu, nettement moins sûr de lui qu’il ne voulait bien le laisser paraitre. L’angoisse et la dangerosité de la situation avaient brusquement calmé aussi bien sa rage que sa souffrance, laissant son esprit tourner à pleine vitesse dans un lugubre silence. L’inconvénient, c’était que du coup, il avait très conscience que quelques mètres derrière-lui, il n’y avait qu’une longue chute libre, des eaux glaciales et des Sirènes affamées, et que son seul espoir de sortir de là vivant passait par l’Orbleu qui se tenait en face de lui. Un Orbleu aussi décidé que lui à tuer pour honorer son serment.

Zeb n’avait plus qu’une seule incertitude, dans laquelle subsistait peut-être aussi sa dernière chance : ils étaient tous deux prêts à tuer, certes. Mais tuer qui ?

"Recule."

Quand Wilhelm s’était avancé pour la seconde fois, Zeb avait, d’un geste sec du bras droit, déployé le poignard fixé sur son gant. La lame s’était bloquée au-dessus de son poignet avec un déclic. Mais ce n’était qu’une diversion : la véritable menace venait de sa main valide, qui avait instantanément filé dans sa sacoche et qui maintenant en extrayait lentement l’une de ces bouteilles mal dépolies dont Braumeister se servait pour remiser son tord-boyau.

Elle n’était fermée par aucun bouchon. Seulement par un foulard humide.

"Tu sais ce que c’est, Wilhelm ? En deux mots, quand on le brise, ça explose. Puis ça brûle."

Zeb plissa légèrement les yeux face à la neige qui se densifiait, sans que cela atténue l’éclat d’acier qu’avaient prises ses prunelles claires. Sous sa barbe de plus en plus encombrée de flocons, la ligne de sa mâchoire s’était durcie, des ombres creusaient sa lèvre supérieure qui semblait frémir en un début de grognement. S’il bluffait, il n’en avait pas l’air.

"Laisse-moi passer. Je n’ai pas envie d’utiliser ce truc contre toi. Mais si tu ne me laisses pas le choix, je le ferai."

Un frémissement des paupières, une ombre de tristesse dans la voix.

"Tu sais que je le ferai. Ne m'y oblige pas, garçon. Ne m'y oblige pas."






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MessageSujet: Re: Pale Sailors   Pale Sailors - Page 2 EmptyLun 21 Jan 2019 - 0:42

"Recule, Wilhelm."

La voix de Zeb était calme, mais sèche. Ne laissait place à aucune discussion.
C'était un ordre qui avait été prononcé, et pourtant le chien malade n'avait pas obéis, continuant de fixer son collègue plus ancien avec un regard méconnaissable.
Son sourire s'était fait moins grand cependant, bien qu'il le regardait toujours un tantinet par en dessous, l'éclat de ses yeux glacés se faisant plus mauvais que jamais il n'avait été jusqu'à cet instant.

"Recule."

La Rouille insistait, mais le clebs ne bougeait toujours pas, et dans un geste brusque qui ne fit pourtant pas ciller une seule seconde le blondinet, le charpentier avait dégainé une lame, menaçant, cherchant visiblement à garder ce collègue qui n'était plus lui même à distance.
Il avait peur.
Wilhelm pouvait le sentir.
Le humer à pleine narines.
L'odeur de la peur.
Et le vent qui sifflait, glaçant, chargé de neige virevoltante et brulante de froid s'intensifiait, comme accompagnant le changement d'humeur de l'Orbleu. Quelque chose se passait, et la respiration de DogFish se faisait plus forte, augmentant la cadence de sa poitrine qui se soulevait.
Silencieux, le regard du Pied Beau avait suivit le mouvement du charpentier lorsque de sa main gauche il avait sortit un flacon de sa besace.
Une bouteille dans laquelle avait été fourré un tissu qui dépassait du goulot.

"Tu sais ce que c’est, Wilhelm ?"
Énième inclinaison de la tête, comme pour répondre à la négative. Attendant visiblement une réponse. "En deux mots, quand on le brise, ça explose. Puis ça brûle."

Ca brule.
Le feu.
L'attention de DogFish qui s'était re-focalisé sur Zeb revint automatiquement à la fameuse bouteille.
Danger.
Il ne souriait plus.
Plus du tout.
Sa mine s'était faite froide, aussi froide que le souffle qui balayait les deux pirates, les deux amis, et qui les séparait inexorablement, de plus en plus semblait-il.
Quelque chose se passait.
Quelque chose allait se briser ?

"Laisse-moi passer. Je n’ai pas envie d’utiliser ce truc contre toi. Mais si tu ne me laisses pas le choix, je le ferai."

Et Wilhelm avait de nouveau posé les yeux sur La Rouille, la mine fermée.
Sérieux.
Mais il y avait quelque chose qui avait brillé au fond de ses iris trop claires et abimées, comme en écho a cette ombre de tristesse que la voix du plus vieux avait porté.
Un drame qui se jouait.
Une amitié perdu dans le froid, séparé par une tempête de neige, un mur de glace infranchissable.
Wilhelm s'était perdu dans le blizzard, et la voix de cet homme qu'il avait considéré comme un mentor l'appelait au loin, hurlait à travers le torrent de vent glacé, étouffé par le blanc.

"Tu sais que je le ferai. Ne m'y oblige pas, garçon. Ne m'y oblige pas."


Une main tendue dans le froid, tremblante, à bout de force.

Brutalement, Wilhelm avait dégainé une de ses machettes, la plantant aussi sec dans le sol devant lui, dans la neige qui l'instant d'avant avait été tendre mais s'était durcit comme de la pierre au contacte de l'acier rouillé, le sol se fendant, s'écorchant, se zébrant, ses cicatrices se répandant rapidement et ce jusqu'aux pieds de Zeb Skelton, menaçantes, mais ne brisant pourtant pas la terre.

Et sur les joues du jeune chien du Jolly Roger, le bref éclat de quelques larmes gelées.

La main du Pied Beau glissa sur le manche de son arme, la quittant, et sans rien dire, sans rien ajouter, sans prévenir, il s'était précipité vers Zeb, fondant sur lui à toute allure, courant sans mal dans la neige, comme si ses jambes avaient été porté par le vent et le froid, dans un silence dissonant. Fondant sur le rouquin, sans aucune arme à la main, sans aucune émotion sur le visage et sans un son qui aurait pu exprimer de la rage.
Rapide.
Vraiment rapide.






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MessageSujet: Re: Pale Sailors   Pale Sailors - Page 2 EmptyDim 3 Mar 2019 - 0:39

Certains choix sont graves. Certaines décisions doivent se prendre dans l’urgence. Et quand les enjeux sont insurmontables et que le temps fait défaut, la réflexion disparait pour laisser place à l’instinct, aux convictions, aux sentiments, à l’émotion.

C’était un problème que Zeb connaissait bien. Plus d’une fois il s’était retrouvé dans une situation catastrophique, face à un dilemme impossible, obligé de trancher entre l’ignoble et l’odieux. C’était quelque chose qu’il savait faire, qu’il avait déjà fait ; il avait choisi au cœur de certaines tempêtes de couper des haubans ou d’abattre des mâts sans savoir si les matelots qui se trouvaient dessus auraient le temps de s’échapper, il avait plusieurs fois amputé un bras ou une jambe pour tenter de sauver une vie. Parfois cela fonctionnait pour le mieux. Parfois non. Et la Rouille trainait dans ses cauchemars le petit cimetière personnel de tristes décisions et d’échecs qui va avec toutes les lourdes responsabilités.

Alors quand Wilhelm planta sa machette dans le sol pour cisailler la neige d’une multitude de plaies béantes, quand il releva la tête pour dévoiler la mort dans ses yeux clairs et les larmes qui filaient sur ses joues gelées, Zeb sut. Il sut qu'il allait devoir faire l'un de ces choix impossibles.

Et cette fois, ça se jouait entre sa vie et celle de l'un de ses plus vieux amis.

Vaguement, l’esprit du charpentier tenta d’éprouver un sursaut d’indignation, un reste de fureur. Mais au final, l'expression tout à la fois vide et hantée qui défigurait DogFish ne provoqua chez son aîné qu’un désespoir acide et lancinant, auréolé d’une haine éperdue pour le Givre qui avait provoqué tout cela et qui avait réussi ce que des siècles d’exil dans un monde irréel n’étaient pas parvenus à faire.

L’amitié des deux pirates étouffait sous la glace et la neige ; elle était forte, et elle avait tenté de résister. Mais en cet instant, elle venait vraisemblablement d’expirer dans un triste silence.

L’Orbleu chargea. Il était horriblement rapide, aussi fluide et mortel que le blizzard qui l’accompagnait et qui redoublait soudain d’agressivité, et Zeb dut presque fermer les yeux pour ne pas être complètement aveuglé par la rafale glacée, et il eut à peine le temps de comprendre que la créature lui fonçait dessus, sans pouvoir la voir, sans pouvoir lui parler.

La Rouille n’avait pas le temps d’hésiter. Alors il fit son choix.

Il jeta la bouteille.

Mais au lieu de viser l’Orbleu qui se précipitait sur lui, Zeb balança l’arme de verre vers l’étendue froide et zébrée de crevasses qui s’étendait entre eux. Peut-être parce que c’était une cible bien plus facile qu’un monstre en train de se déplacer à une vitesse surhumaine. Ou peut-être parce que même face à la perspective d’une mort certaine, la Rouille ne pouvait pas se résoudre à lancer une bombe incendiaire au le visage baigné de larmes de ce qui avait été Wilhelm.

Zeb lui-même ne savait pas. Il ne voulait pas savoir.

La bouteille explosa à l’impact. Le mélange instable de phosphore et d’alcool qu’elle contenait réagit instantanément au contact de l’air et s’enflamma avec un rugissement pour faire apparaitre une énorme colonne de flammes, d’un jaune presque blanc tant il était intense. Zeb en était près, vraiment très près – trop près : il n’avait pas pris le temps d’évaluer la distance qui le séparait encore de Wilhelm et dans un réflexe défensif pur il avait lancé la bouteille à peine deux ou trois mètres devant ses pieds. Le pirate fut heurté de plein fouet par la chaleur de l’incendie, mais surtout par le nuage blanc qui s’en dégageait et instantanément il sentit que son cou, ses joues, ses yeux se mettaient à brûler.

Avec un cri de douleur, la Rouille battit en retraite et bondit derrière l’amas de rochers à côté duquel il se tenait, pour plonger tête la première dans la neige et tenter d'essuyer cette substance poisseuse qui lui calcinait le visage. Il ne lui fallut qu'une poignée de secondes, mais ce fut une poignée de secondes pendant laquelle il oublia complètement l’Orbleu, au point de commettre l'erreur potentiellement fatale de le quitter du regard.

Il le comprit soudain, sentit son coeur exploser d'horreur dans sa poitrine; sans même prendre le temps de balayer les larmes qui coulaient de ses yeux injectés de sang, la Rouille pivota sur lui-même pour brandir devant lui son bras armé, mais au fond il savait que c'était dérisoire: si Wilhelm avait passé la barrière de flammes, lui était mort.

N'est-ce pas?






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Searched the seas of gold
How come it's got so cold?


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In remembrance I relive.
How can I blame you
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Dernière édition par Zeb Skelton le Dim 3 Mar 2019 - 17:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pale Sailors   Pale Sailors - Page 2 EmptyDim 3 Mar 2019 - 17:10

Une lumière puissante et aveuglante accompagnée d'une sensation de brulure incommensurable.
Une chaleur infernale qui balayait tout sur son passage, soufflait le froid, repoussait le givre, calcinait la peau.
Zeb Skelton avait jeté la bouteille.
Bien sûr qu'il avait jeté la bouteille.
Pourquoi ne l'aurait-il pas fait ! Sans doute avait-il bien fait de le faire.
Wilhelm avait réussi a traverser le mur de feu, ses bras en croix placés devant son visage pour se protéger au maximum mais ne pouvant empêcher les flammes d'attaquer et de ronger sa peau de toute part, s'accrochant à ses vêtements pour le transformer en une presque torche humaine.
Ca brulait. Ca hurlait !
Le Givre agonisait !
Mais DogFish, lui, n'avait rien dit, continuant de courir droit devant lui, et lorsqu'il était arrivé à hauteur de la Rouille, il s'était contenté de tourner légèrement la tête et de lui jeter un dernier regard entre ses bras boucliers, continuant sa course.
Un regard qui ne disait rien.
Ou peut être qui disait tout.
Un regard brillant ou se réverbérait la lumière rougeoyante du feu.
Un regard bref mais bien la, qui avait accroché celui du charpentier, peut être une dernière fois.
Le regard de Wilhelm, et pas celui de l'Orbleu.

Le Pied beau n'avait pourtant pas ralenti sa course, se jetant dans le vide sans un brin d'hésitation alors qu'il arrivait au bord de la falaise et disparaissait l'instant de juste après.

C'était terminé.

Le souffle du vent glacial tomba brutalement, presque instantanément, à la seconde ou Wilhelm était sortit du champ de vision de Zeb.
Le calme était revenu.

Le froid fit rapidement mourir les dernières flammes et doucement, la fumée se dissipa, laissant réapparaitre la machette laissée la, plantée dans la neige devenue solide, noircie et encore fumante d'avoir subit l'explosion de plein fouet.
Dernier vestige de cette rencontre étrange entre deux amis, deux pirates, qui avaient, tout deux a leur manière tenté de combattre ce mur de glace qui s'était dressé entre eux.
Sans succès.

Ou presque.






Sourire de l'Enfer



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MessageSujet: Re: Pale Sailors   Pale Sailors - Page 2 EmptyDim 3 Mar 2019 - 19:51

∽Cold Wind∼


Il s’était retourné. Il avait accroché du regard la silhouette auréolée de flammes de l’Orbleu, à peine compris que ce dernier le dépassait sans le toucher et qu’il se précipitait vers le bord de la falaise. Puis la créature de glace avait pris un dernier appui sur la neige et elle avait bondi dans le vide, laissant sur la rétine du charpentier l’étrange image rémanente d’un jeune homme aux pieds nus qui volait sur les ailes du givre, quelques lambeaux de feu encore agrippés à ses vêtements et à ses cheveux, le genre d’image définitive qui appartient aux rêves, aux cauchemars et aux légendes.

Puis l’Orbleu avait disparu, le vent était mort d’un coup, la neige était retombée sur l’incendie pour l’étouffer aussi brutalement qu’il avait commencé.

Et c’était terminé.

La Rouille inspira brutalement, comme s’il prenait seulement conscience d’avoir suspendu sa respiration pendant plusieurs dizaines de secondes. Lentement, il se hissa sur ses jambes avant de s’approcher du vide, vacillant sans trop comprendre pourquoi. Le souffle court, le rythme trop rapide de son cœur matraquant le silence qui résonnait dans ses oreilles, Zeb s’avança autant qu’il l’osât, autant qu’il le pouvait, pour tenter de distinguer le pied de la falaise.

Il vit le noir de la roche, le bleu froid de la mer. Et là, à la verticale de l’endroit où il se tenait, juste un peu de blanc, un îlot de glace surmonté d’un jaillissement de givre, une explosion d’eau instantanément gelée par la créature qui avait plongé là.

De Wilhelm DogFish, Zeb ne vit aucune autre trace.

Le ressac envoya la délicate œuvre translucide contre la paroi rocheuse, où elle se brisa en mille éclats de verre dans un fracas qui fut entièrement avalé par le puissant chant des vagues. Dans un unique tremblement, la Rouille se laissa tomber à genoux, fixant l’abime sans plus le voir.

Parce que oui, il avait eu le temps de croiser le regard de Wilhelm (de Wilhelm) avant que ce dernier se décida à sauter. Cela n’avait duré qu’une seconde, peut-être moins. De quoi douter, de quoi se dire que ce n’était qu’une illusion, un faux espoir, un instant de grâce fabriqué de toutes pièces par son cœur à l’agonie.

Sauf que le Pied Beau avait vraiment sauté, n’est-ce pas ? Zeb ne l’avait pas rêvé, ces débris de glace, là en bas, en témoignaient : alors que l’Orbleu avait gagné, qu’il lui suffisait d’un geste, d’un contact pour achever l’homme allongé juste à ses pieds, il avait choisi de sauter.

D’une main tremblante, Zeb porta encore un peu de neige à ses lèvres perlées de sang, nettoyant comme il le pouvait et aussi bien qu'il le supportait la peau à vif de sa gorge, de sa joue, de ses paupières. Puis, encore une fois, il se releva et se dirigea vers la surface noircie qui témoignait de son choix à lui, de cette décision qu’il avait sans doute bien fait de prendre et que pourtant il ressasserait encore longtemps. Il s’approcha de la machette plantée là, en effleura la garde noircie de suie. Puis, comme elle était restée froide, Zeb l’attrapa à pleine main et l’arracha à son fourreau de glace, avant d’en essuyer cérémonieusement la lame dans la neige et de l’accrocher à sa ceinture, à côté de son propre sabre.

La Rouille posa un dernier regard sur les mâts du Jolly Roger qui dépassaient de la brume, et son regard portait à présent moins de haine et de douleur qu’une profonde détermination. Puis il tourna le dos à la mer de glace pour s’en retourner vers son propre navire.

Il avait promis à Wilhelm qu’il reviendrait le chercher. Et Zeb Skelton était un homme qui tenait ses promesses.







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