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Zeb Skelton
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MessageSujet: Pale Sailors   Mer 15 Aoû 2018 - 3:37


- Pale Sailors -

Step in front of a runaway train
Just to feel alive again
Pushing forward through the night
Aching chest and blurry sight



Les falaises qui surplombaient l’ouest de la lagune n’étaient vêtues que de vent, de neige et de silence. Le Givre ne les avait pas davantage atteintes que le reste de la baie, mais son influence s’y faisait sentir : l’eau des cascades était juste un peu trop bleue, le ciel juste un peu trop nuageux, la brise juste un peu trop vive… On y sentait la proximité du Seigneur Hook, discrète mais angoissante comme une silhouette dans l’ombre des arbres, comme un souffle froid sur la nuque. C’était ce qui avait fait fuir la plupart des animaux, ce qui avait éloigné les Sirènes non contaminées. C’était ce qui rendait l’endroit dangereux. Mais c’était aussi ce qui intéressait Zeb Skelton.


☠️ ☠️ ☠️


"Vous devriez pas y aller seul."

La remarque parvint à la Rouille alors qu’il commençait à remonter la plage de gros galets. Il se retourna lentement, pour faire face à la barque qui venait de le déposer sur le rivage. C’était l’un des deux matelots chargés de ramer qui l’avait interpelé : un Bermudon, petit mulâtre très maigre au regard brillant, que tout l’équipage appelait déjà la Belette. Le jeune homme prétendait que c’était à cause de l’aisance avec laquelle il se coulait dans le gréement quand il jouait les gabiers, mais Zeb avait entendu Smee raconter son recrutement ; il savait que cet animal-là avait gagné son surnom quand l’équipage de son navire marchand du dix-neuvième siècle s’était rendu au Jolly Roger, et que comme souvent, histoire de faire le tri, les candidats à la piraterie avaient été invités à s’affronter dans des duels à mains nues. La Belette avait tué son adversaire. Il lui avait ouvert la gorge avec les dents.

Il était peu dire que Zeb ne lui faisait pas confiance.

"Je ne devrais pas, hein ?"

"Vous êtes le capitaine de notre meilleur navire. Ce serait un coup dur qu’il vous arrive quelque chose. Faudrait des hommes avec vous, pour vous défendre. Au cas où."

L’autre matelot jeta un regard alarmé à la Belette – visiblement, lui n’avait pas très envie de se porter volontaire pour jouer les gardes du corps lors d'une mission dangereuse. Le gabier l’ignora, pour garder ses yeux très noirs braqués sur Zeb. Le charpentier lui rendit son regard :

"Toi, par exemple ?"

"Vous seriez pas déçu. Je sais me battre."

Il avait l’air sûr de lui, franc, déterminé. Mais la Rouille avait vécu des siècles au contact des pires psychopathes de ce monde imaginaire, il savait les reconnaitre. Et il y avait quelque chose dans le regard de la Belette qui lui déplaisait profondément.

"Je sais. Mais c’est pour ça que je préfère te savoir sur la Zorra. J’ai besoin d’hommes fiables pour surveiller le navire. Après tout, je ne suis jamais certain que quelqu’un ne va pas essayer de déclencher une mutinerie ou de se débarrasser de moi pour tenter de prendre mon bateau, n’est-ce pas ?"

La Belette hocha la tête et se rassit doucement dans la barque, l’air impassible. Mais une infime crispation avait parcouru ses lèvres, et quand Zeb se détourna pour continuer à s’éloigner du rivage, c’était aussi pour dissimuler le rictus corrosif qui cherchait à s’afficher sur son visage.

Qu’est-ce que tu crois, petite saloperie ? Que c'est la première tempête que j'étale?

N'empêche que cela lui faisait encore un problème à régler, et qu'il s'en serait bien passé.

Alors qu'il approchait de la forêt qui cernait la petite crique, la Rouille se retourna à nouveau pour s’assurer que les deux matelots retournaient vers la Zorra. Le navire mouillait non loin de là, au pied d’une butte qui la garantissait du blizzard comme des regards. Zeb leur avait laissé pour instruction de l’attendre jusqu’au lendemain soir, ce qui devait lui laisser le temps de faire ce qu’il était venu faire – ce n’était pas pour rien qu’il y allait seul : il voulait être discret et rapide, sans avoir à se préoccuper d’autre chose que de lui-même. Si la durée du jour n’était pas trop fantaisiste, il pourrait ainsi passer au large de la lagune des Sirènes, atteindre les falaises occidentales de leur baie, puis revenir à son point de départ avant le coucher du soleil. Parce que sans même parler de (son) l’équipage, un peu trop neuf pour être fiable, qui risquait de s'impatienter très vite (heureusement que Keith était un vieux de la vieille lui aussi, il serait capable de les tenir), Zeb n’avait aucune envie de passer la nuit près de la lagune: il pensait pouvoir esquiver les filles de l'Océan tant qu’elles restaient dans les profondeurs froides de la baie, mais si elles commençaient à sortir de l’eau…

Zeb frissonna - à cause du froid, mais pas seulement. Il rajusta ses gants et remonta sur le bas de son visage l'écharpe qui lui servait également de masque, protection plus que symbolique de l'avis du pirate mais qui avait le mérite de rassurer les hommes qui (le suivaient) l'accompagnaient. Il ferma jusqu’en haut son épais manteau doublé de fourrure et en rabattit le capuchon, tout en laissant les boutons du bas ouverts pour faciliter sa marche et (surtout) pouvoir accéder plus vite aux armes passées à sa ceinture. Puis il remonta la lanière de sa sacoche sur son épaule, avant de s’enfoncer dans la forêt.


☠️ ☠️ ☠️


La marche fut plus longue qu’il ne l’avait anticipé, mais aussi plus facile : les bois autour de la lagune étaient déserts, et il n’avait eu besoin de contourner aucune zone touchée par le Givre. Il neigeait un peu, mais rien que Zeb trouvât intolérable, surtout avec ses bottes fourrées et l’épais pantalon de jean sombre qu’il tenait de la nouvelle couturière du ranch – un peu cinglée comme fille, mais assurément, quand il s’agissait de tissu, elle savait ce qu’elle faisait ; sur ce coup-là, Zeb lui devait au moins une bonne bouteille.

Soudain, un craquement.

Un regard vif aux alentours, le poignard déjà en main. La première pensée de Zeb fut pour la Belette, et l'idée à la fois stupide et glaçante que le gabier l'avait peut-être bel et bien suivi.

Mais bien évidemment, il ne vit personne.

Alors il reprit sa route, toujours en silence. Il prit garde de rester sous le couvert des arbres aussi longtemps que possible. Puis, arrivé au sommet de la falaise, il se déplaça courbé en deux, presque à quatre pattes, jusqu’à l’abri relatif que formaient quelques rochers. Après un regard prudent aux alentours, Zeb balaya la neige d’un pan de roche avant de s’y agenouiller. De sa sacoche, il tira une longue vue patinée par les ans, qu’il posa sur le rocher pour la stabiliser avant d’y amener son œil. Il ne lui fallut pas longtemps avant de repérer ce qu’il était venu chercher.

A quelques kilomètres à peine, pour la première fois depuis l'avènement du Givre, Zeb vit l’îlot du Crâne, surnageant au-dessus du brouillard qui étouffait la mer. Et juste à côté, trois mâts qui ne pouvaient appartenir qu’à un seul et unique navire.

Zeb sentit un étrange frémissement escalader sa colonne vertébrale. Rien à voir avec le froid cette fois, bien au contraire: c'était chaud, brûlant même. Cela irradia jusqu'à l'arrière de ses yeux et lui fit serrer les mâchoires. Et pourtant ce fut presque agréable.

La haine ne lui était pas encore une sensation très familière. Mais oh, qu’il apprenait vite.


Dernière édition par Zeb Skelton le Jeu 23 Aoû 2018 - 2:41, édité 1 fois
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Wilhelm DogFish
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MessageSujet: Re: Pale Sailors   Mar 21 Aoû 2018 - 8:10

Le calme.
La neige.
Le blanc.
Le silence.

Et le froid à des kilomètres.

Les yeux pâles de DogFish scrutaient les environs alors qu'il marchait sans trop se presser, exécutant sa "ronde" comme on l'appelait.
Tout était nouveau, chez les pirates. Tout avait changé.
Plus personne ne s’affairait à s'occuper du Jolly Roger, toute tâches liées de près ou de loin à la piraterie pures s'étant trouvées remplacées par d'autres.
Surveillance, traque, il fallait chasser du perdu, mais pas que.
De la sirène, de l'indien, de la fée et... Du traitre.
Tout ce qui n'était pas gelé par le froid, tout ce qui ne tombait pas sous le courroux du grand seigneur Hook.
Il fallait que tous le rejoignent, de gré ou de force.
Lui aussi, il avait changé, le capitaine.
Ha ça.. oui.

Wilhelm n'avait pas assisté réellement à la transformation de Crochet, s'étant lui même retrouvé "piégé" sur le navire sans qu'il n'ai eu le temps de rejoindre le pont, sans qu'il n'ai eu le temps de réfléchir à la question qu'il n'avait de toute façon pas pu entendre.
Le Pied Beau faisait parti de ceux la qui était devenu orbleu sans même réellement comprendre, sans vraiment se rendre compte de ce que tout cela signifiait... Moins encore que les autres.
Mais il semblait que tout cela ne lui importe que peu.
Il ne fallait pas se leurrer, DogFish n'aurait jamais quitté son capitaine, aussi bleu qu'il soit devenu.
L'éloignement de la piraterie l'avait bien sur touché, Wilhelm étant de ceux qui avait embrassé le métier bien avant d'accoster sur l'ile imaginaire, mais pour des raisons que lui seul connaissait, et encore, le blondinet avait cette sensation que tout cela n'était que temporaire.
Il n'y avait aucune réflexion derrière cela, un bête instinct, comme ça, qui ne s'attardait pas mais rendait les choses plus simple à ingérer dans leurs totalité.

Tout avait changé.
Et DogFish le premier.

Oh, bien sur, il y avait le physique.
Sa peau avait viré au gris, ses lèvres et ses joues arborant des touches de bleu comme s'il était mort de froid. Cependant il ne tremblait pas, alors qu'il évoluait sous la neige. Le Pied beau ne portait pourtant pas de manteau, se contentant de ce pull fin qu'il revêtait si souvent.
Sur ses épaules s'accumulait un peu de blanc qu'il ne prenait plus la peine d'épousseter. Ses cheveux blond étaient parsemés de neige qui leur donnait un aspect plus clair encore, alors que les bijoux de bois qui les ornaient semblaient être devenu de glace, la lumière pâle s'y reflétant et les faisant luire doucement.
Ses yeux déjà pâles et atypiques d'accoutumé n'avaient pas tant changé quand à eux, même si une étrange lueur d'un bleu électrique s'y faisait nouvellement remarquer.

Mais ce n'était pas ça qui importait le plus. Ce n'était pas ces détails. Ce n'était pas cette allure de mort de froid errant.
Ce qui importait vraiment, c'était l'expression qu'arborait Wilhelm.

Calme.
Apaisé.
Comme gelé dans une sorte de sérénité.

Son visage n'était plus crispé comme tous l'avait connu. Il ne se tordait plus en grimaces, ne se mordait plus les lèvres continuellement.
Sur sa mine tailladée et bleuie par le froid, la douleur s'était en allé.

Wilhelm DogFish n'avait plus mal.
Il n'avait plus mal aux dents.
Et cela changeait tout.

Tout était changé.


Et le pirate marchait dans la neige, mais bien sur, ses pas ne l'emmenaient pas vers le hasard, non. Cela faisait un petit moment que le traqueur suivait une piste.
Des traces de pas dans le blanc.
Immanquables.
Et qui très vite l’amenèrent vers une silhouette qui se découpait, la, allongé à même le sol.

Peut être celui la l'aurait entendu arriver.
Peut être pas.
Il fallait dire que le froid et la neige étaient devenu l'élément du découpeur de pieds. Il s'y fondait parfaitement.
Cependant, Wilhelm ne compta de toute manière pas sur l'effet de surprise.

"Il est magnifique le Jolly Roger, pas vrai ? Sous la neige."
Qu'il fit d'une voix toute calme, s’arrêtant à 5 bons mètres de distance de l'autre pirate. A ses hanches, les deux machettes étaient bien en place, éternelles compagnes de ce matelot.













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Zeb Skelton
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MessageSujet: Re: Pale Sailors   Jeu 23 Aoû 2018 - 4:10

Non, Zeb ne l'avait pas entendu venir. En vérité, même si les pas de l'Orbleu sur la neige n'avaient pas été d'une discrétion irréelle, le charpentier aurait peiné à se rendre compte de sa présence. Toute son attention était absorbée, consumée par ces formes qu'il distinguait là en-bas, dans le brouillard gelé.

Une part de lui était consciente de l'importance extrême de ce moment: c'était la première fois que quelqu'un parvenait à s'approcher aussi près du fief des soldats de glace et chaque information que la Rouille pourrait glaner depuis son point d'observation pouvait faire une différence dans la lutte qui s'annonçait. Pourtant, malgré cet enjeu, le pirate devait faire un effort pour rester concentrer sur sa tache et ne pas se laisser envahir par la pulsion bourdonnante qui brûlait dans sa tête, cette rage au goût de cendre qui menaçait de le submerger à chaque fois qu'il distinguait les reflets de la glace qui couvrait le gréement du Jolly Roger, à chaque nouveau vaisseau qu'il comptait dans la flotte du Givre, à chaque silhouette qu'il distinguait sur l'Îlot du Crâne - et oh, il en voyait tellement...

Il ne savait pas ce qui le rendait plus malade: voir que l'armée de Hook comprenait des enfants, ou l'idée qu'à un moment, fatalement, il allait finir par apercevoir un visage connu - le visage d'un frère - dans les rangs de l'ennemi.

Et Zeb avait raison, bien entendu. Il ignorait juste que quand il verrait ce fameux visage, ce ne serait hélas pas à travers le grossissement protecteur de sa longue-vue.

"Il est magnifique le Jolly Roger, pas vrai ? Sous la neige."

La Rouille tressaillit, et dans ce frémissement s'installa une brutale sensation de vide, qui lui bouffa la poitrine et le ventre pour n'y laisser qu'un grand silence nauséeux. Au coeur de ce néant, il sentit vaguement son corps réagir à la peur et à la colère - le coeur qui cogne, les muscles qui se tendent, la vue qui s'aiguise - mais c'était comme une rumeur lointaine, détachée; à l'extérieur, Zeb avait à peine bougé, il n'avait fait que décoller son oeil de la longue-vue. Parce que le gouffre était trop grand.

Il parvint presque à se convaincre qu'il ne connaissait pas cette voix, trop calme, trop douce. Mais au fond, il savait.

Bien sûr qu'il savait.

Très lentement, Zeb se hissa sur les genoux. Avec un calme que lui-même vécut comme surréaliste, il replia sa longue-vue et la cala au creux de sa main paralysée, bien que celle-ci soit encore plus maladroite que d'habitude à cause du gant de tissu que le pirate avait glissé sous celui en cuir. Néanmoins, ce bras avait encore son utilité: du même geste, Zeb défit la courroie qui retenait dans sa gaine le poignard fixé sur son attelle. Bien qu'on puisse dès lors deviner la lame sous la manche de son manteau, la Rouille ne la poussa néanmoins pas à découvert - pas encore, fit le murmure froid et sans scrupule qui était né de l'adrénaline et du deuil. Puis, toujours aussi doucement, Zeb pivota sur lui-même pour faire face à la voix.

Il s'attendait à un choc. La réalité fut évidemment mille fois pire.

La première remarque qui lui traversa l'esprit, absurde, fut que que jamais auparavant il n'avait vu DogFish faire son âge. C'était quelque chose dans la sérénité terrible des traits de Wilhelm, mais aussi dans la manière dont il se tenait, bien droit et pourtant sans aucune tension. Il paraissait tellement calme, tellement apaisé - et pourquoi ne l'aurait-il pas été? Si le Givre n'avait pas menti, le Pied-Beau était devenu invincible, immortel. Il était un seigneur dans son royaume. Et Zeb, avec son sang chaud et la vapeur qui trahissait son souffle de vivant, avait conscience que dans le monde de cet être de glace, il était au mieux un intrus, et au pire...

Le regard de la Rouille glissa sur les machettes si familières. Le gouffre se creusa encore.

Il s'entendit parler comme si sa voix était celle d'un d'autre, lointaine, désincarnée.

""Je crois que je préférais le Roger avant."

Tout en veillant à ne pas faire de geste brusque, le charpentier se mit debout. Puis il leva sa main valide pour écarter l'écharpe qui couvrait le bas de son visage et repousser sa capuche en arrière, dévoilant complètement ses traits livides et accueillant la morsure de la bise comme une secousse bienvenue. Il lui fallait bien cela pour oser parcourir du regard la silhouette de DogFish, ses épaules poudrées de blanc (comme celles d'un cadavre), son visage lisse et creusé d'ombres cyanosées (comme celui d'un cadavre) et s'arrêter finalement sur les yeux, si pâles, si différents (et comme il aurait préféré qu'ils soient comme ceux d'un cadavre).

Zeb plissa un peu les paupières, comme si l'éclat bleu électrique qui vivait à présent dans les iris de DogFish lui était à peine tolérable. Il entrouvrit les lèvres, mais aucun mot ne lui vint. Il secoua à peine la tête, faible geste de déni, et cette fois-ci son abattement se lut sur ses traits tandis qu'il déglutissait un reste de salive, brulant et acide. Ce ne fut qu'ensuite qu'il parvint à émettre, d'une voix sans souffle:

"Oh Wilhelm... je suis tellement désolé..."


Dernière édition par Zeb Skelton le Ven 24 Aoû 2018 - 12:19, édité 1 fois
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Wilhelm DogFish
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MessageSujet: Re: Pale Sailors   Jeu 23 Aoû 2018 - 21:29

Sous les yeux de glace de l'Orbleu, l'homme s'était tendu perceptiblement, et puis, lentement, il s'était relevé, avait rangé sa longue vue. Chacun de ses gestes avaient été soigneusement suivit par les yeux acérés de Wilhelm qui ne manqua strictement rien, en bon traqueur qu'il était.
Ce pirate la avait toujours eu le regard aiguisé, et ce n'était pas sa nouvelle condition qui avait changé cela, bien au contraire.
La douleur qui anciennement lui brouillait l'esprit disparue, tout était désormais limpide autour de lui.
Clair comme de l'eau de roche.
Il n'avait pas bougé d'un seul centimètre, le chien du Jolly, alors que l'autre s'était retourné et complètement relevé, lui faisant pour de bon face bien que son visage soit toujours masqué.

"Je crois que je préférais le Roger avant."

Le Roger.
Un pirate ?
Cette voix...
Le blond pencha doucement la tête sur le coté dans cette manie caractéristique qui ne l'avait pas quitté.
Il connaissait cette voix.
Il n'y avait aucun doute.
Il l'avait entendu raconter tant d'histoires, tant de contes pour matelot.
Alors la mine inexpressive de Wilhelm se mue, ses sourcils se fronçant, se marquant de désarroi.
Son visage de glace reprit vie d'une certaine façon, mais pas de celle qu'on aurait cru pour ce garçon esclave de ses émotions.
Non.
Ce fut simple. Sans éclat.
Pointe de déception mêlée à de la tristesse en toute subtilité.

Zeb, puisqu'il s'agissait bel et bien de lui se découvrit, confirmant ce que DogFish avait déjà deviné, le fixant de ses yeux clairs, sans glace, eux, et qui semblèrent un instant inquisiteur.
En colère, même ?
Le blond ne pu s’empêcher de ravaler sa salive, sentant ce regard peser lourd sur ce qu'il était devenu.
Pourquoi ?
Et puis le visage de la Rouille se fit plus abattu alors qu'il avait doucement secoué la tête à la négative comme s'il n'y avait plus rien à sauver chez celui qui lui faisait face.

"Oh Wilhelm... je suis tellement désolé..."


Un silence, un peu étrange, tout juste accompagné du vent glacial qui soufflait entre les deux hommes qui se faisaient face.

"Pourquoi..."
La voix de DogFish s'était élevée, toujours calme, toujours méconnaissable de par ses intonations apaisées, comme lointaine. "... Êtes vous désolé, monsieur Skelton ?"

Oh, le Pied beau avait bien une idée.
Il se souvenait encore de cet instant, ou tous avait déserté la salle, laissant le clebs derrière eux.
L'abandonnant, visage ruisselant contre le sol, les larmes inondant les épaisses lattes de bois.
Il avait gémit.
Il avait appelé à l'aide.
Mais personne n'était venu le chercher.

Il n'y avait eu que le froid pour le prendre dans ses bras.
Glacial.
Réconfortant.
Anesthésiant son corps et son âme.






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Zeb Skelton
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MessageSujet: Re: Pale Sailors   Sam 25 Aoû 2018 - 19:21

"Pourquoi... êtes-vous désolé, monsieur Skelton ?"

Zeb sentit quelque chose de brûlant obstruer sa gorge et il eut une brève mais vive envie de pleurer, ou de hurler, ou plus probablement de faire les deux en même temps. Peut-être à cause de la question. Peut-être à cause de cette voix si calme, presque désincarnée. Peut-être à cause du « monsieur Skelton ». Sûrement à cause d’un peu tout cela.

Il savait que cette situation était dangereuse – mortellement dangereuse. Il savait également que, s’il voulait se sortir de là, la réponse qu’il donnerait à (Wilhelm) l’Orbleu serait importante, peut-être décisive. Mais aussi simples et pratiques que fussent ces certitudes, elles paraissaient soudain lointaines, négligeables en comparaison du traumatisme continu que causait la simple présence de DogFish.

A la décharge de Zeb, voir un Orbleu d’aussi près était déjà une expérience extrêmement désagréable ; le vieux loup de mer en avait pourtant vues pas mal, des horreurs contre-nature, mais il avait rarement ressenti quelque chose d’aussi viscéralement intolérable que devant ce visage gris et ces yeux de givre. C’était plus que l’aspect physique : la créature trainait une véritable aura d’erreur, un mélange de mort, de gel, de maladie. Tout en elle était une insulte au vivant.

Mais ce qui transformait la révulsion en désespoir, c’était que, malgré tout, cette chose froide était encore et toujours DogFish. La Rouille aurait tout donné pour se convaincre du contraire, mais c’était là, dans la moindre perle pendue dans les cheveux du pirate, dans cette manière qu’il avait de pencher la tête sur le côté, dans cet infime froncement de sourcil qui avait installé un subtil désarroi dans son expression.

Zeb réalisa que DogFish l’avait reconnu et que cela l’avait rendu triste.

Le vieux pirate aurait dû en ressentir de l’espoir. Il n’en éprouva que douleur et rage.

Cette saloperie de Givre allait payer pour tout ça.

"Ça n’aurait pas dû t’arriver. Surtout pas comme ça."

Zeb inspira à fond, pour essayer de débloquer l’oppression qui avait remplacé le néant dans sa poitrine. Cela ne marcha pas très bien.

"C’était le chaos, pendant le bal. Cette... chose... celle qui a envahi le Capitaine... Elle s’est emparée du Jolly Roger tellement vite, personne n’a su quoi faire."

Zeb avait l’impression de s’excuser et ses mots avaient un goût de moisissure. Pourtant, des excuses, il en avait. Il savait qu’il en avait fait dix fois plus que les autres pirates pour protéger un maximum de monde, il savait qu'il avait tenté jusqu'au bout de sauver Smee, il savait qu’au moins Keith et Christo ne seraient pas descendus du navire sans lui.

Mais savoir qu’on a fait au mieux et ne pas se sentir responsable, ce n’est pas la même chose.

Et Fib l’avait bien dit, n’est-ce pas ? « On a oublié Doggy ».

"On m’a raconté, pour la Sirène qui t’a mordu. Je ne savais pas. Sinon j’aurais fait demi-tour. Je serais revenu te chercher."
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Wilhelm DogFish
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MessageSujet: Re: Pale Sailors   Dim 26 Aoû 2018 - 21:10


"Ça n’aurait pas dû t’arriver. Surtout pas comme ça."


Wilhelm, une nouvelle fois fronça doucement les sourcils, écoutant ce que son ainé avait à lui dire.
C'était qu'il avait du respect pour cette homme la, et sa nouvelle condition de mort de froid n'avait rien changé à ça.
La Rouille, c'était quelqu'un.
Pas le genre de pirate qu'on ignorait, encore moins le genre à qui on coupait la parole.
Sa voix avait de la valeur, son avis tout autant, et ses histoires lui manquait.
Cela faisait parti des choses qui manquaient à Wilhelm, dans cette nouvelle vie de flibustier qui n'en étaient plus vraiment.
Ca reviendrait.
Ca reviendrait forcément.
Et il reviendrait...


Zeb prit une longue inspiration avant de reprendre, captant toute l'attention de son interlocuteur.

"C’était le chaos, pendant le bal. Cette... chose... celle qui a envahi le Capitaine... Elle s’est emparée du Jolly Roger tellement vite, personne n’a su quoi faire."


Pendant un bref instant, les yeux pâles de l'Orbleu lâchèrent le rouquin, balayant la neige environnante, comme s'il se remémorait les faits, avant de revenir à ceux bleus clairs de son vis à vis.
Bleu clair... Avec des touches de vert. Ça sonnait turquoise presque.
C'était étrange.
Wilhelm avait cette impression de tellement mieux voir depuis qu'il était devenu ce qu'il était devenu.
Peut être que cela faisait parti des plus de cette magie... Ou peut être que depuis que la douleur de sa mâchoire s'était éteinte, le Pied Beau se donnait plus le loisir de s'attarder sur les détails.
Moins nerveux.
Il n'était plus continuellement occupé à la souffrance de ses dents.
Elles ne le rongeaient plus de l’intérieur.
Le feu s'était tue, étouffé par la glace qui avait pris son cœur dans le même temps.

"On m’a raconté, pour la Sirène qui t’a mordu. Je ne savais pas. Sinon j’aurais fait demi-tour. Je serais revenu te chercher."


Une nouvelle fois, le blondinet baissa les yeux, semblant un instant préoccupé par ce que venait de lui dire l'autre pirate, mais l'instant d'après, son regard revint à Zeb, un sourire dessiné sur les lèvres.
Le genre de sourire qui ne lui allait pas.
Ou peut être que si, en fait. Mais qui pour changer avait tout d'inédit pour ce matelot la.
Un sourire doux, apaisé et apaisant, pour de vrai.

"Ne vous inquiétez pas, la plaie s'est soignée d'elle même, regardez !"
Et il tendit la jambe, la faisant légèrement pivoter pour que l'autre puisse constater de l'absence de dégât supplémentaire. Sur sa peau grise, il n'y avait pas de nouvelles cicatrices. Pas trace d'une quelconque morsure.
Le fait était, au delà de la guérison éclair, relativement remarquable, vu que Wilhelm portait son pantacourt de toujours, et se trouvait également être pieds nus, dans la neige, par ce froid épouvantable.

"Je n'ai plus mal."
Qu'il ajouta, toujours avec le sourire, puis son expression se fit plus sérieuse, plus touchée, un sentiment de soulagement le traversant soudain. "Je n'ai plus mal du tout, monsieur Skelton. Vous imaginez ?"

Peut être.
Peut être pas.
Peut être était-il difficile d'imaginer, en l'occurence, la douleur que ce pauvre pirate ressentait au jour le jour. Cette souffrance qui le transperçait et l'avait poussé à se détruire le foie a force d'alcool, en quête de soulagement, même bref.
Ce mal qui lui rongeait les dents, avait creusé jusque dans sa mâchoire, raisonnant dans sa tête et ayant attaqué son esprit, le dévorant à petits feux, consumant sa réflexion, sa patience, ses capacités de compréhension.
Ce tourment qui l'avait changé. Qui avait fait de lui ce qu'il était. Ce garçon plus perdu encore que d'autres devenu esclave de ses humeurs, de ses instincts, de sa folie grimpante avec les année.
Une véritable torture infligée, chaque années, chaque mois, chaque semaines, chaque jours, chaque heures, chaque minutes et chaque secondes, dans ce monde ou le temps n'était qu'éternité.






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MessageSujet: Re: Pale Sailors   Mer 29 Aoû 2018 - 15:37

Zeb s’attendait à de nombreuses réponses de la part de DogFish. Il avait anticipé la tristesse, la rancœur, le déni, l’agressivité même. Il s’était d’ailleurs vaguement dit qu’il était très mal barré, seul sur son bout de falaise, face à un Orbleu, avec pour seule alternative à l’affrontement un plongeon de plusieurs dizaines de mètres dans des eaux glacées où patrouillaient des Sirènes encore plus sanguinaires que d’habitude.

Mais Wilhelm lui avait répondu d’un sourire. Un vrai sourire, amical, presque réconfortant, qui s’étirait sans lutte autour de ses dents noircies.

"Ne vous inquiétez pas, la plaie s'est soignée d'elle-même, regardez !"

Sourcils à peine froncés, comme quelqu’un qui n’est pas sûr de bien comprendre ce qu’on cherche à lui expliquer, Zeb baissa les yeux sur la jambe intacte (mais si grise, si visiblement froide) que DogFish lui montrait de bonne grâce. Puis le maître charpentier releva la tête, mécaniquement, pour observer encore une fois le visage tout à la fois si mort et si apaisé de l’Orbleu.

"Je n'ai plus mal."

Zeb ne se rappelait pas avoir déjà vu le Pied Beau sourire ainsi, et cette fois il ne pensait pas que c’était un oubli dû aux années et au Pays de Jamais. D’un côté, il trouvait cela dérangeant, trop inédit et trop beau en même temps – dans ces paroles et cette expression si douces, il y avait quelque chose de l’ordre du piège. Et pourtant...

Wilhelm avait l’air tellement soulagé.

"Je n'ai plus mal du tout, monsieur Skelton. Vous imaginez ?"

La Rouille resta un instant silencieux, avant de répondre d’une voix trop lente :

"Tu parles de tes dents..."

Ce n’était pas une question : tout le monde sur le Roger, ou tout du moins tous ceux qui s’intéressaient un minimum à leurs camarades savaient que les problèmes dentaires de Wilhelm DogFish étaient loin de se résumer à un simple souci esthétique. Et encore une fois, Zeb ne se souvenait pas d’une époque où il n’aurait pas vu le jeune homme grimacer à chaque fois qu’il essayait d’ingérer quelque chose de trop chaud, trop froid, trop solide. Sa salive était toujours teintée de rouge. Et par tous les saints les réactions qu’il avait quand quelqu’un le frappait à la mâchoire...

La Rouille savait ce que c’était, d’avoir mal en permanence. Il le savait même de plus en plus, vu que le temps perpétuellement suspendu de Neverland ne semblait pas avoir trouvé utile de lui épargner les complications de son métier et d’interrompre la destruction programmée de son dos et de ses articulations. Il gardait également un souvenir aussi vif que cruel du jour où il s'était (on lui avait) cassé le bras droit, et les brûlures fantômes de ses nerfs arrachés continuaient de le réveiller la nuit. Mais dans l'ensemble ses douleurs, bien que constantes, restaient maitrisables ; c’était un grinçant rythme de fond émaillé de quelques crissements occasionnels, plus qu’un vacarme permanent. Est-ce que c’était vraiment comparable à ce que vivait le pauvre Wilhelm ?

Vu l’intensité de la délivrance qui se lisait dans le sourire du traqueur, Zeb suspectait que non.

"J’imagine un peu, je suppose. Ça se voit."

La Rouille fut presque sur le point de dire à Wilhelm qu’il était content pour lui. Il se retint de justesse, en se morigénant lui-même : ce soulagement n’était pas un cadeau. C’était une promesse du Givre, l’appât séduisant que la voix de gel leur avait présenté le soir du bal – plus de douleur, plus de souffrance... Zeb se rappelait très bien s’être posé la question, lui aussi. Il se rappelait avoir été curieux, presque tenté. Sans vouloir le reconnaitre, il l’était toujours un peu.

A quel point est-ce que la douleur disparaissait ? A quel point est-ce que tout disparaissait ?

"Est-ce que c’est vrai, ce que cette chose a dit ? Que tu ne sens plus rien ? Que tu n’as plus faim, plus froid ? Que tu ne peux plus mourir ?"

Une part de Zeb, la plus grande part, se disait que c’était l’occasion ou jamais de se renseigner sur les Orbleus, d’essayer de distinguer leurs forces, leurs faiblesses, tout ce qui pourrait aider à les affronter.

"... Que tes doutes s'en vont aussi?"

Mais au fond, il savait bien que ce n’était pas que pour cela qu’il posait la question.
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MessageSujet: Re: Pale Sailors   Lun 3 Sep 2018 - 15:43


"Tu parles de tes dents..."


Il y avait eut un silence avant la réponse du charpentier, et il y en eut un autre juste après, DogFish se contentant de le fixer, attendant sa réaction, quelle qu'elle puisse être.

"J’imagine un peu, je suppose. Ça se voit."


Ca se voyait.
Ca se voyait, qu'il n'avait plus mal.
Ca se voyait, qu'il allait mieux.
Ca se voyait, que son esprit n'était plus encombré par la douleur.
Et tout ça, c'était forcément à prendre positivement, non ? Pourtant, Zeb Skelton ne semblait pas tant s'en réjouir, laissant Wilhelm dans un drôle d'entre deux, lui faisant plisser les yeux, la curiosité se reflétant sur ses traits gelés.
Il y avait un étrange arrière fond à cet échange, un quelque chose qui ne semblait pas passer, mais pourtant, DogFish ne s'en formalisa pas sur le moment, se disant que La Rouille n'était pas homme à exploser en sentiments.
Il n'était pas le genre de pirate à se laisser porter de trop par ses émotions, pas même par la joie, alors s'il n'exprimait pas tant son soulagement de voir un collègue sauvé de ses tortures, cela ne voulait pas pour autant dire qu'il n'en pensait rien.
Pas vrai ?
Comment pourrait-il en être autrement, de toute manière.
Comment pourrait-il être déçu de choses pareilles.
Cela n'aurait aucun sens...

"Est-ce que c’est vrai, ce que cette chose a dit ?"
Le blondinet pencha une nouvelle fois la tête sur le coté, attestant de son attention. Cette chose ? "Que tu ne sens plus rien ? Que tu n’as plus faim, plus froid ? Que tu ne peux plus mourir ?" Un bref instant avant de reprendre.
"... Que tes doutes s'en vont aussi?"

Il y eut un nouveau silence pendant lequel visiblement le chien du Jolly réfléchissait à la question. Aux questions.
Toute ne semblaient pas avoir la même portée, mais chacune lui semblaient légitimes. Dignes d’intérêt.

"C'est vrai..."
Qu'il fit dans un premier temps, sans tant d'enthousiasme au final. "C'est comme si..." Il hésitait le pirate. Il avait du mal à choisir ses mots, à exprimer ce qu'il ressentait. Ce n'était pas le genre d’exercice auquel il était habitué. Mais maintenant qu'il pouvait s'entendre penser, que le hurlement de sa mâchoire s'était évanoui, cela lui semblait plus à sa porté. "Le froid avait tout gelé en dedans." Et il avait posé sa propre main sur son ventre, la faisant ensuite glisser jusque sur sa poitrine, a hauteur de son cœur. "Tout gelé..." Il répéta un ton plus bas, sa main se relevant plus encore comme pour désigner sa tête, pour au final, comme un ravisement de dernier instant, s'ébouriffer les cheveux, la neige qui s'y était accumulée s'envolant, relâchant les mèches blondes.

"Les doutes..."
Il fronça les sourcils, une mine boudeuse se dessinant sur sa bouille. "Je n'en ai jamais eu de toute manière. Il n'y a pas de chose. Il n'y a que le capitaine." Comme pour renforcer ses affirmations, Wilhelm avait secoué la tête à la négative, puis, ses yeux pâles s'étaient re focalisés sur l'autre homme, se faisant plus acérés, plus soupçonneux peut être. A moins qu'il ne s'agisse que d'une simple curiosité ?

"De quelle chose est ce que vous parlez M'sieur Skelton ?"






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MessageSujet: Re: Pale Sailors   Mar 4 Sep 2018 - 12:32

Zeb écouta la réponse de DogFish avec une douleur contenue, qui transparaissait néanmoins dans ses traits juste un peu trop crispés et son regard résolument triste. Le Pied Beau articulait son ressenti en termes appliqués, la voix douce, une main voletant au niveau du cœur, et toutes les pensées rageuses et désespérées de la Rouille se condensait en un seul constat, affreux, amer : il avait été terriblement naïf. Naïf comme il ne se pensait plus capable de l’être – pas à son âge, pas avec tout ce qu’il avait vu, tout ce qu’il avait subi, tout ce qu’il avait fait.

Et pourtant.

Depuis ce bal maudit, Zeb s’était dit que les Orbleus s’étaient faits piéger. Peut-être par bêtise, peut-être par lâcheté, peut-être par opportunisme, peu importait ; le point clef, c’était que le monstre qui se faisait passer pour Hook les avait trompés, que sa magie leur avait vidé la tête, qu’ils n’étaient plus que des zombies sans volonté et que c’était pour cela qu’ils restaient à son service. C’était simple, facile à justifier. C’était une belle histoire. Un fin mensonge.

Zeb avait dit à tout le monde que ses frères et son Capitaine pouvaient être sauvés. Mais en vérité, ce qu’il avait cherché à croire avec une telle force, c’était qu’ils voulaient être sauvés.

Or DogFish ne donnait pas l’impression d’un esclave sans conscience propre. Et il n’avait pas non plus les paroles de quelqu’un qui souhaite qu'on vienne à son secours. Bien au contraire.

"Les doutes... Je n'en ai jamais eu de toute manière. Il n'y a pas de chose. Il n'y a que le capitaine."

Un petit rien, ces mots à peine plus tendus. Presque un détail, ce regard brusquement plus vif et pesant. Mais ce fut tout ce qui était nécessaire pour briser l’étrange atmosphère presque amicale qui s’était installée entre les deux hommes.

Entre l’Orbleu et le traître.

"De quelle chose est ce que vous parlez M'sieur Skelton ?"

La souffrance attentive brodée sur les traits et l’attitude de la Rouille ne disparut pas tant qu’elle se dispersa. Brisée, morcelée, réduite en poussière et enfuie dans le vent gelé. D’un mouvement à peine perceptible et pourtant révélateur, le pirate se redressa comme si un poids trop lourd venait de tomber de ses épaules. Son port de tête se modifia légèrement et son expression se dilua dans une étrange neutralité qui conféra un éclat très différent à ses iris bleu clair, quelque chose de froid qui évoquait moins la glace qu’une lame fraîchement trempée.

Zeb prit le temps d’observer DogFish, une nouvelle fois, pour s’obliger à noter ce que sa compassion cherchait à lui faire oublier, ce qui faisait mal d’une autre douleur, plus brûlante, plus mordante – cette peau grise poudrée de neige, la dureté du bleu trop vif de ce regard. Les machettes accrochées aux hanches.

Oh, Wilhelm.

"Je pense que tu le sais très bien."

D’un geste lent qui se voulait naturel, Zeb releva le rabat qui fermait sa sacoche sous prétexte d’y déposer la longue-vue qui encombrait toujours ses doigts handicapés. Il prit bien garde de laisser ses mains visibles, pour ne pas exciter la méfiance de DogFish. Mais il fit également attention à ce que la lunette n’émît pas de cliquetis révélateur en touchant le contenu de la sacoche. Et il laissa cette dernière bien ouverte.

"Tu me connais, Wilhelm. Tu sais ce que j’ai fait pour le Capitaine. Tu sais que je le suivrai jusqu'au bout. Tu sais que je mourrais pour lui."

Un geste, trop lent, pour désigner la baie noyée de brouillard.

"Mais celui qui s’est construit un trône dans ce château de glace, ce n’est pas le Capitaine. C’est quelque chose d’autre, quelque chose qui l’a piégé, qui t’a piégé toi."

A peine une ombre de contracture sur la mâchoire de la Rouille, un reflet fugitif d’espoir qu’il savait futile et qu’il ne pouvait pourtant pas s’empêcher de ressentir.

"... Tu dois forcément t’en rendre compte, au fond de toi."
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MessageSujet: Re: Pale Sailors   Mar 4 Sep 2018 - 22:22

La Rouille s'était redressée, reprenant de sa grandeur, de sa hauteur, et même un peu plus de ce charisme qui le caractérisait tant. Le mouvement n'avait pourtant pas été si notable. Parfaitement subtil. Mais le traqueur avait le regard perçant, et il ne ratait que trop rarement ce genre de changement chez un autre, d'autant qu'il s'était fait très attentif à celui la.
Jusqu'alors, la neige et les vêtements chauds qui le recouvraient avaient donné l'impression d'écraser le charpentier sous leurs poids, comme si tout cela pesaient lourd sur ses épaules pourtant fortes, mais désormais, il avait semblé à DogFish que le pirate qui lui faisait face avait retrouvé un peu plus de son panache habituel.
C'était que dans les yeux de Wilhelm, Zeb Skelton était cet homme que rien ne pouvait faire plier, à l’expérience sans fin, celle d'un vrai marin, d'un pirate qui avait écumé les mers bien avant lui, bien avant de rester coincé ici, sur cette ile maudite.
Il avait de la valeur.
Tout ce qu'il disait ou faisait comptait, et pas qu'un peu.

"Je pense que tu le sais très bien."

L'Orbleu fronça les sourcils, attentif, baissant doucement la tête tout en l'inclinant légèrement, ses yeux étranges restant fixés dans ceux du plus vieux.
Il sembla que le traqueur ne prêta aucun intérêt aux gestes de Zeb alors qu'il rangeait sa longue vue dans sa sacoche, pourtant il n'en était rien, ayant perçu chaque mouvements avec attention sans pour autant les avoir suivit du regard. Cependant la méfiance n'était pas de mise.
Pas le moindre éclat de stress dans l'attitude ou au fond des mirettes du blondinet, ni même dans son fort intérieur.
Le calme plat.

"Tu me connais, Wilhelm. Tu sais ce que j’ai fait pour le Capitaine. Tu sais que je le suivrai jusqu'au bout. Tu sais que je mourrais pour lui."

Pendant qu'il parlait, la mine du Pied beau s'était radoucie, son menton se relevant légèrement, comme si soudainement cette déclaration avait balayé les doutes évoqués l'instant de juste avant.
Et puis, dans le même temps, il s'était mis a hocher de la tête à la positive, acquiesçant silencieusement aux dires de son collègue de longue date.

"Mais celui qui s’est construit un trône dans ce château de glace, ce n’est pas le Capitaine."
Zeb avait désigné la baie, derrière lui, comme pour illustrer son propos. Toujours attentif, soudainement visiblement troublé, clairement touché, la mine de Wilhelm s'était peinte d'une moue mi boudeuse mi réflexion, alors que ses yeux avaient suivit le geste de la Rouille presque par automatisme, se fixant sur le Jolly Roger enneigé, figé dans la glace, plus blanc que ce qu'il n'avait jamais été.

"C’est quelque chose d’autre, quelque chose qui l’a piégé, qui t’a piégé toi."


Nouveau froncement de sourcils alors que le regard du traqueur ne quittait pas la baie. Il ouvrit la bouche, semblant vouloir dire quelque chose, répliquer quelque chose, mais rien ne vint, sa bouille tordue dans une grimace figée, témoins des doutes qui se réveillaient, renvoyant peut être un peu mieux à celui qu'il avait toujours été. A ce DogFish aux allures de gosse trop facilement excitable, naïf et manipulable. Jamais bien sûr de lui, surtout face à quelqu'un qu'il respectait profondément. Quelqu'un de bien haut placé dans sa hiérarchie intérieure.
Ca allait vite.
Vraiment vite.
Peut être un peu trop vite ?

"... Tu dois forcément t’en rendre compte, au fond de toi."


Toujours la gueule contorsionnée, le pirate gelé l'avait pourtant refermé, son attention toujours porté à ce qui faisait dos a Zeb. Il réfléchissait. Il doutait.
"M... Mais..." Vague tentative d'argumenter sans pour autant avoir trouvé quoi que ce soit à répondre, mise à part quelque chose comme C'est le Capitaine. Il n'y a qu'un Capitaine ! Qu'est ce que vous racontez ? Vous avez perdu la tête ?
Et pourtant Wilhelm DogFish avait beau être un crétin fini, il ne pouvait pas nier les changements de ces derniers temps.
Le Givre...
Ce froid... Ce qu'il était devenu lui même.
Il ne pouvait pas faire comme si de rien. Comme si tout cela n'avait pas existé. Les bouleversements avaient été si grand, impossible de les nier. Et le Capitaine...

Le traqueur prit une inspiration, ses yeux lâchant enfin la baie pour balayer la neige devant lui, au sol, la, entre lui et la Rouille.

"Il y a eu beaucoup de changement c'est vrai..."
Et c'était peu dire. "Mais..." Le blond se passa une main sur le visage, relevant de nouveau la mine mais ne regardant toujours pas celui qui lui faisait face. Visiblement, cet orbleu la n'était pas vraiment sûr de rien.

"Comment en êtes vous sûr ?"
En posant cette question, très certainement simple et très compliquée à la fois, les yeux pâles s'étaient enfin de nouveau fixés dans ceux du charpentier.

Ce qui paraissait évident pour d'autres ne l'était visiblement pas pour tous.
Il allait falloir expliquer ce qui pourtant coulait de source.
Car DogFish avait beau avoir retrouvé certaines capacités enfouies tout au fond de lui, enterrées par la douleur, il il n'en demeurait pas moins être un garçon relativement simple. Demeuré même, justement, diraient certains.






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MessageSujet: Re: Pale Sailors   Dim 9 Sep 2018 - 0:54

Comme au ralenti, l’expression de DogFish se brouilla. D’abord ce fut un froncement de sourcils, puis la crispation gagna ses paupières et sa bouche. Zeb était bien en peine de lire quoi que ce fût dans l’éclat contre-nature de ces yeux trop bleus, mais il reconnut très bien la manière dont ils se mirent soudain à errer sur la baie, trébuchant sur l’îlot du Crâne et le Jolly Roger enneigé.

L’Orbleu doutait. Wilhelm doutait.

"Il y a eu beaucoup de changement c'est vrai... Mais..."

Le plus jeune des deux pirates se passa une main sur le visage, l’air perdu, et le plus âgé sentit sa pointe d’espoir devenir une expectative presque fébrile : ainsi, l’emprise du "Seigneur" Hook sur ses hommes n’était pas sans faille. On pouvait leur parler, on pouvait les pousser à s’interroger. Peut-être qu’on pouvait les raisonner.

Peut-être qu'on pouvait les ramener.

Et peut-être que Hook lui-même était encore là, sous la neige et le gel.

A cet instant, DogFish redressa la tête et Zeb capta à nouveau le mystère glaçant de son regard :

"Comment en êtes-vous sûr ?"

Voilà. C’était le moment. C’était l’opportunité. Un test, un essai. Si la Rouille choisissait bien ses mots, il pouvait trouver une solution à cette guerre maintenant, tout de suite. Il lui suffisait de raconter la bonne histoire, celle qui obligerait DogFish à se poser des questions, celle qui allait le convaincre.

Pourtant, quand Zeb entrouvrit les lèvres, seul un silencieux panache de vapeur en sortit. Parce que Wilhelm n’était pas le seul à ne plus être sûr de rien.

La Rouille connaissait cet étrange homme-chien depuis tellement, tellement longtemps. Même s’il ne s’en rappelait plus, il savait que DogFish n’était qu’un adolescent quand il était arrivé sur le Roger, à l'époque où lui-même était encore un jeune homme qui courait sur le pont après son cadet de même pas cinq ans. Tous les deux, ils avaient connu le grand large, les batailles et les fêtes. Ils s’étaient raconté tous les beaux chapitres et quelques-uns des plus sombres. Ils avaient suivi leur Capitaine jusqu’au bout de cet enfer imaginaire, en gérant comme ils le pouvaient la disparition progressive de tous leurs camarades, en gérant comme ils le pouvaient leur propre désespoir et la folie qui s’en nourrissait.

Cela faisait des années, des siècles que Zeb racontait des histoires à DogFish et que DogFish les écoutait. La Rouille avait ce pouvoir sur le Pied Beau et il le savait. Il en avait déjà fait usage, quelques fois, pour détourner Wilhelm d’une obsession par trop dangereuse ou lui déguiser une vérité jugée trop cruelle. Mais même si Zeb l’avait fait sincèrement, en se disant que c’était dans l’intérêt de son cadet, il n’avait pu s’empêcher de se dire qu’il approchait la ligne rouge lui aussi, qu’il ne valait pas beaucoup mieux que tous ces pirates plus malins que DogFish qui en profitaient pour le manipuler, le tromper. Lui mentir.

Et à voir la manière dont Wilhelm le regardait ce jour-là, Zeb savait que, Orbleu ou pas, Givre ou pas, cette fois-là ne serait pas différente des autres : DogFish allait l’écouter, peut-être le croire.

Mais croire quoi ?

Fais attention. Fais très attention. Si tu lui mens...

Qu'est-ce que cela faisait de lui, s'il mentait à Wilhelm?

Mais qu'est-ce que cela faisait de lui, si ne pas mentir lui faisait rater un atout décisif contre le Givre?

"... Je ne suis pas sûr. Jamais je n’ai vu quelque chose comme ce froid. Je ne sais pas comment il fonctionne."

La Rouille baissa brièvement la tête, l’air de réfléchir, avant de reposer tout le poids de son regard bleu sur DogFish :

"Mais il y a des choses qui ne me plaisent pas dans cette histoire."

Alors, d’une manière complètement improbable, il s’assit sur le rocher à côté duquel il se tenait toujours. Il s’assit vraiment, jambes légèrement écartées, pieds bien à plats, à peine penché en avant pour pouvoir joindre les mains entre ses genoux, sans cesser de fixer son interlocuteur. Exactement comme il avait l’habitude de s’asseoir pendant ces longues soirées sur le Roger, quand les plus éméchés s’étaient endormis, quand les rires et la musique se taisaient et que ceux qui appréciaient les bonnes histoires se regroupaient en silence autour de ceux qui savaient les raconter.

"Cette chose qui veut qu’on l’appelle Seigneur. Tu as vu ce dont il est capable. Tu as vu ce qu’il a construit sur l’îlot du Crâne, tu as vu ce qu’il a fait au Roger. Tu as vu ce qu’il a fait subir à tous ceux qui étaient au bal."

Zeb ponctua sa phrase d’un léger froncement de sourcil, raccord avec la manière nerveuse dont il massait sa main paralysée : non, il n’était toujours pas capable de parler sereinement de ce soir-là. Pas devant celui qu’ils avaient laissé en arrière.

"Et pourtant, il nous demande de le rejoindre ? Il nous demande notre accord ? Pourquoi ? Pourquoi ne pas prendre toute l’Île de force, tout de suite, puisqu’il s’en dit capable ? Qu’est-ce qu’il cherche ? De quoi est-ce qu’il a besoin ? Il nous cache forcément quelque chose. Et s’il a menti sur ça, peut-être qu’il a menti sur tout le reste. Même sur qui il est."

Un coup d’œil par-dessus son épaule, au trois-mâts figé dans les glaces. Juste pour ne pas perdre le fil. Juste pour ne pas oublier la colère.

"Je ne suis pas sûr, Wilhelm. Mais je connais le Capitaine, tu connais le Capitaine. Est-ce que tu crois qu’après tout ce temps, tous ces efforts, alors que Peter Pan est au plus mal, Hook se contenterait de dire « oubliez-le » ?"

Un silence, pour bien marquer ses deux derniers mots.

"Est-ce ce que le capitaine James Hook dirait ça, Wilhelm ?"
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MessageSujet: Re: Pale Sailors   Dim 16 Sep 2018 - 19:49

Après la question du plus jeune des deux pirates, il y avait eut un silence qui s'était installé.
Il fallait dire que le sujet abordé n'était pas des moindres. On parlait du Capitaine ! Pire...Bien pire... On parlait ici d'une possibilité d'usurpation d'identité de Hook.
"Ce n'est pas le Capitaine."
Il s'agissait bien la des mots de Zeb Skelton.
C'était bien ce qu'il avait dit !
Cela ne souffrait d'aucune concession. Cette accusation aurait été prodigué par un autre que très certainement Wilhelm l'aurait balayé d'un revers de sa main désormais gelée, cependant ici, il s'agissait de la Rouille.

Un homme respectable.
Un pirate respecté.

Alors, sagement, DogFish attendait, fixant de ses yeux changés celui qui lui faisait face, dans un silence religieux, un calme étrange. Une certaine forme de sérénité.

"... Je ne suis pas sûr."
Le blond cligna des yeux, attentif. "Jamais je n’ai vu quelque chose comme ce froid. Je ne sais pas comment il fonctionne."
Et personne ne pouvait l'en blâmer. Le Pied Beau lui même, bien que prit dans cette étrange tempête givrée, entièrement livré à ce froid venu d'ailleurs et bien différent de celui qu'ils avaient pu connaitre jusqu'ici, ne pouvait expliquer ne serait ce qu'un peu comment tout cela s'était mis en place. Le pourquoi du comment. L'origine de ces changements.

"Mais il y a des choses qui ne me plaisent pas dans cette histoire."
Le blondinet eut à peine le temps de froncer les sourcils, tout juste de quoi ressentir un picotement de désapprobation qu'il ne s'expliquait pas lui même, que soudain le charpentier avait bougé, s'installant tranquillement sur un rocher non loin de lui, nonchalamment, confortablement, les mains jointent. Il donnait l'impression qu'il allait raconter une de ses histoires.

C'était bien ce qu'il allait faire, à dire vrai, et voyant ce portrait qui lui semblait si lointain maintenant, Wilhelm sentit ce picotement nerveux fondre en autre chose.
Une sorte de nostalgie du temps d'avant le froid. D'avant le Givre. D'avant le scindement des pirates sur l'ile imaginaire.
Le temps des histoires de Zeb Skelton lui manquait atrocement.
Un instant, les yeux pâles du clebs du Jolly balayèrent la neige aux pieds du flibustier plus âgé, avisant la zone avec intérêt.
Il mourrait d'envie de s'assoir la, en tailleur, comme il l'avait toujours fait auparavant. Et pourtant, un quelque chose d'angoissant et d'excitant à la fois l'en empêchait. L’empêchait pour l'instant de s'approcher.

"Cette chose qui veut qu’on l’appelle Seigneur."
Le rouquin avait reprit, captant de nouveau toute l'attention de l'Orbleu. "Tu as vu ce dont il est capable. Tu as vu ce qu’il a construit sur l’îlot du Crâne, tu as vu ce qu’il a fait au Roger. Tu as vu ce qu’il a fait subir à tous ceux qui étaient au bal." Le matelot restait silencieux,mais son attitude calme semblait acquiescer à sa place.
Sans un mot.
L'invitant sans pour autant rien dire à continuer.

"Et pourtant, il nous demande de le rejoindre ?"
Comme par mimétisme d'avec la Rouille, Wilhelm s'était mis à froncer les sourcils. "Il nous demande notre accord ? Pourquoi ? Pourquoi ne pas prendre toute l’Île de force, tout de suite, puisqu’il s’en dit capable ?" Toujours aussi facilement lisible malgré sa nouvelle condition de mort vivant, DogFish avait ouvert la bouche comme pour dire quelque chose mais sans pour autant exprimer quoi que ce soit. Puis ses yeux avait quitté Zeb pour revenir à lui la seconde d'après. "Qu’est-ce qu’il cherche ? De quoi est-ce qu’il a besoin ? Il nous cache forcément quelque chose. Et s’il a menti sur ça, peut-être qu’il a menti sur tout le reste. Même sur qui il est." Le discours était rodé, et il tapait juste.
Bien sur, cela paraissait évident aux yeux du Pied Beau, Zeb Skelton n'aurait pas quitté le navire sur un coup de tête, sans réflexion.
Et toute ces questions qu'il posait. Elles avaient un sens. Elles faisaient écho en Wilhelm, lui étreignant le cœur. Ce cœur certes glacé mais qui battait encore, même si faiblement.
Il ne se faisait presque plus entendre...

Ca allait vite.
Très vite.
Trop vite pour le clebs qui malgré qu'il ai recouvré une bonne partie de ses capacités de réflexion restait tout de même bien en dessous de la moyenne intellectuellement parlant.
DogFish avait cette impression d'avoir perdu pied un peu trop vite et de devoir surnager, maintenant la tête hors de l'eau autant que possible et non sans difficulté.
Les doutes s'insinuaient, et en même temps un quelque chose d’inexplicable semblait vouloir se battre contre ceux la.
Un quelque chose sans voix qui protestait tout au fond de lui.
Un hurlement inhumain...
Un souffle glacial.
Le Givre.

"Je ne suis pas sûr, Wilhelm. Mais je connais le Capitaine, tu connais le Capitaine."
Le calme sur la mine de l'interpellé avait disparu, remplacé par une sorte de détresse nerveuse. [color:bc97= #993300]"Est-ce que tu crois qu’après tout ce temps, tous ces efforts, alors que Peter Pan est au plus mal, Hook se contenterait de dire « oubliez-le » ?"
Le palpitant figé dans la glace sembla sursauter à l’intérieur de la poitrine de l'Orbleu.
Peter Pan...
Comment avait-il pu l'oublier lui même ?
Il se rendait compte soudainement qu'en effet l'enfant semblait avoir disparu de toute les attentes du Capitaine.
De toute ses préoccupations.
Ce n'était pas normal.
Vraiment ?
Depuis quand ?

Depuis quand est ce que le fait que le Capitaine oublie l'enfant volant était devenu quelque chose d'anormal ?
Est ce que le Capitaine avait nourrit cette obsession pour le gamin roi depuis toujours ?
Depuis toujours...

"Est-ce ce que le capitaine James Hook dirait ça, Wilhelm ?"


Il y avait eu un bref silence qui avait ponctué le discours juste avant que cette dernière question ne soit posé, et il paraissait évident que désormais c'était à lui de répondre à tout cela. Mais comment pourrait-il ? Il n'en savait rien...
Il ne savait rien.
Il n'avait jamais rien su...

Alors, un peu compulsivement, rappelant très certainement un peu plus ce que Wilhelm DogFish avait été, le blondinet se mit à secouer la tête à la négative, un peu comme en réponse à la dernière interrogation posée.
Cependant ce n'était pas tout à fait le cas.
Pas tout à fait.

"Non non non non non...."
Il s'était mit à marmonner, un peu pour son interlocuteur, beaucoup pour lui même. "Peut être qu'il faut...." Il ne termina pas sa phrase, en commençant une autre sans se formaliser. "Peut être que c'est pas..." Et encore une fois, les mots restèrent sans but, alors que les perles continuaient de s'agiter, se balançant dans les cheveux blonds, accompagnant le mouvement d'un non répété, muet.

Le charpentier avait su insuffler le doute.

Mais il y avait aussi la fidélité sans borne de Wilhelm.
Il y avait la bêtise de Wilhelm.
Il y avait la peur de Wilhelm.

Et il y avait un autre chose... Qui n'appartenait pas à Wilhelm.

Le Givre qui s'exprimait, hurlant sans pour autant que rien ne soit intelligible.
C'était comme le son d'un vent violent qui sifflait avec rage.
Et ça tordait tout.
Rendait tout plus flou. Moins clair.
Comme une barrière à franchir.
Un bruit assourdissant par dessus lequel il fallait hurler pour se faire entendre.
DogFish avait pu donner l'impression de sérénité, de calme. Peut être même d'être plus proche de lui même que ce qu'il n'avait pas été depuis longtemps.
Mais pourtant, c'était encore loin d'être le cas.
Il était désormais un Orbleu, et cette condition rendait certaines choses très compliqués.
Et peut être bien que la première d'entre elles était de remettre en question le pouvoir et la légitimité du Seigneur Hook.

Le Givre avait alors réagis un peu à la manière d'un parfeu, brouillant l'esprit du Pied Beau, le rendant visiblement incapable de répondre aux questions, d'y réfléchir avec insistance.
C'était presque comme s'il buguait, présentement .

Et puis, enfin, il semblait se calmer, cessant de s'agiter, ses yeux se re-focalisant sur Zeb.

"Il faut que vous lui parliez."


Le ton avait été étrangement brusquement calme et posé, contrastant avec les dératés de juste avant.

"Venez avec moi, m'sieur Skelton, je vais vous amener à lui, et comme ça, vous pourrez lui poser toute ces questions."

Vraiment ? Cela semblait si simple, proposé comme ça.
Bien sur, il n'en était rien, et surtout...

"Je suis sur qu'il saura y répondre. Et comme ca... Comme ca..."
Un sourire fendit la mine du traqueur. "Ca redeviendra un peu plus comme avant..." Et il pencha la tête sur le coté, de cette manière si typique du clebs qu'il était.
C'était que depuis quelques temps, ca manquait d'un charpentier sur le Jolly Roger...
Ca manquait du conteur d'histoire.


Et surtout, il paraissait évident que Wilhelm se raccrochait à un quelque chose d'irréel.






Sourire de l'Enfer



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