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Tayysan Ne Lwin
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☠ Employée de la Fumerie du Port ☠


✘ AVENTURES : 37
✘ SURNOM : L'Effacée.
✘ AGE DU PERSO : Pas plus de vingt ans.

✘ DISPO POUR RP ? : Oui !
✘ LIENS : Go slowly now, sands of time.

MessageSujet: Essence   Dim 12 Aoû 2018 - 20:59

Il régnait un silence étrange, dans l’un des ateliers d’artisanat du Ranch.

Il faut dire qu’il n’y avait pas beaucoup de monde. A peine quelques personnes, trop occupées à s’affairer. Tayysan se tenait un peu à l’écart, face à une table improvisée - une simple planche de bois. Brièvement, elle avait repensé qu’elle mouche avait pu la piquer, pour qu’elle prenne l’initiative de se rendre ici. Tayysan avait pourtant eu l’idée le matin même ; elle tournait en rond, pensive. Si pensive qu’elle s’était apprêtée très sobrement - nouant négligemment ses cheveux, s’emmitouflant dans son épais manteau.

Si elle avait attiré les regards en ayant décidé, tant bien que mal, de se lancer et de s’en retourner à ce qui faisait une partie de son identité, de son essence - le travail manuel, donc, la birmane s’était désormais enfermée dans sa bulle de travail. Finalement, les Pirates-artisans s’étaient accommodés à sa présence. Une main d’œuvre supplémentaire ne faisait jamais de mal par les temps qui courent.

Silencieuse comme une tombe, concentrée au possible, elle avait amoncelé à ses côtés des chutes d’un bois solide. C’était un matériau précieux qui venait facilement à manquer, et il était hors de question de le jeter ou de le faire flamber. Elle avait eu le déclic, en voyant un employé de la fumerie arriver avec des outils agricoles usés et brisés ; il lui suffisait d’en faire des outils divers et variés - et pourquoi pas des ustensiles, qui sait. Là voilà désormais occupée à fabriquer une bêche et un râteau. Ses premiers gestes avaient été rouillés, maladroits. Mais au fur et à mesure, tout se débloquait et lui semblait plus facile, plus naturel. Alors, elle avait continué. Construisant des outils avec les dernières chutes, elle les consolidait comme elle le pouvait. Un travail qui l’empêchait de trop penser et qui, plus que ça, occupait son esprit.

Lorsqu’elle eut fini de fabriquer ses outils, Tayysan s’équipa et sortit de l’atelier, pour se rendre en direction des plantations d’opium gérées par les employées de la fumerie. En rendant les outils réparés à son propriétaire, ce dernier se montra surpris - peut-être ravi, avant de finalement s’en retourner à son travail en la remerciant. Tayysan s’était sentie étrangement galvanisée.

En chemin, elle avait pris la pelle cabossée d’un agriculteur improvisé, qu’elle comptait à son tour réparer. Et tandis qu’elle tournait les talons pour s’en retourner dans l’atelier, il lui sembla apercevoir, entre les flocons de neige virevoltants, une silhouette familière et terriblement nonchalante. En plissant les yeux, elle crut reconnaître Aaron. Voilà quelques temps qu’elle ne l’avait pas croisé. Et depuis qu’il lui avait parlé, il faut dire que l’Effacée... s’effaçait moins. Un peu plus ouverte, peut-être. Si ce n’était la situation du Givre qui l’obligeait à sortir de sa bulle.

Elle ne mit pas longtemps à hésiter. Lorsqu’elle entra dans le champ de vision d’Aaron, elle leva la main en guise de salutation et lui adressa un sourire amical. Un peu sincère, un peu malicieux, aussi. Il faut dire qu’Aaron éveillait en elle une certaine prudence. Et pourtant, c’était elle qui ouvertement, s’était décidée à le saluer. Pelle à la main. Une étrange scène, à quelque part.

- Encore en train de s’ennuyer ? Demanda-t-elle, histoire d’engager la conversation. Avec un naturel qui serait surement déconcertant dans une autre situation.







နီလာ စန္ဒာ နေ
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Aaron Dirtyhands
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MessageSujet: Re: Essence   Hier à 10:57

Sous l’assaut du froid, le monde se figeait. Drapé de blanc et blizzard, le paysage se cristallisait dans une impression d’éternel, de mort lente et d’agonie silencieuse ; c’était presque un beau tableau, de constater une détresse aussi délicieuse. Le temps semblait s’arrêter, les tics et les tacs givrés, et pourtant les jours ne cessaient de filer. Les heures s’écoulaient, les minutes s’écrasaient dans le fond du sablier, et lui, il ne cessait de s’ennuyer. Les jours étaient éblouissants, les nuits longues et angoissantes, et Aaron comptait l’écoulement des journées au nombre de cigarettes qu’il faisait chuter dans la neige. 
Il travaillait pour combler l’ennui, s’ennuyait quand il travaillait, et ne semblait jamais réellement trouver le moindre intérêt dans ce qu’il faisait. Parfois, il lui arrivait de s’intriguer face au trésor d’un matelot, porté à son annulaire ou autour de son cou, qu’il ne tardait alors pas à ramasser d’une main d’expert. Il regardait ses nouvelles merveilles quelques instants, détaillant la moindre trace de poussière, de rouille ou d’usure, avant de les fourrer dans ses poches sans un dernier coup d’oeil amoureux. 

Voler ne le lassait jamais, c’était la facilité qui le fatiguait : les gens ne faisaient plus attention à rien. Cette manie de se détacher des choses futiles était compréhensible, en temps de guerre et de danger, mais Aaron avait eu l’étrange naïveté de songer que ce serait justement à ces morceaux de souvenirs que ses camarades s’attacheraient avec plus d’attention. Peut-être pouvait-il trouver dans cette réflexion une marque du passage de la belle birmane dans son esprit, qui lui avait parlé de sentimentalisme et d’affection pour les objets précieux au coeur ; peut-être avait-il fini par assimiler ces belles paroles à ses propres opinions. 
Comme une éponge, il absorbait les pensées sensibles de ceux qui pouvaient encore se targuer d’en posséder, pour compléter son déguisement. 
Celui d’un humain bien pensant. 

Il serait alors mentir que de dire que cette rencontre avec la chanteuse l’avait laissé totalement indifférent : malgré lui, le pirate se surprenait parfois à penser à Tayysan. Au détour d’une mélodie résonnant dans le fond de sa mémoire, de l’éclat d’un peu de glace rappelant la beauté de son épingle, ou simplement lorsqu’il essayait de comprendre ce qui l’avait submergé lorsqu’elle s’était mise à chanter ; il ne considérait pas la jeune fille comme un simple fantôme ayant hanté un moment de sa journée. 
Elle était un peu plus que ça. 
Et il n’aimait pas ça. 

Après avoir passé d’autres heures à préparer les prochains repas, ses mains fatiguées de tenir des couteaux et autres ustensiles de cuisine, Aaron s’était alors autorisé une pause bien méritée. S’armant de son écharpe et de ses manteaux, il se dirigea vers l’extérieur, creusant la neige de ses chaussures usées. Fourrant les mains dans ses poches, il ne tarda pas en en sortir une boîte d’allumettes, ainsi qu’un paquet de cigarettes. 

A la buée s’échappant d’entre ses lèvres à chaque souffle, ce fut bientôt une épaisse fumée grisâtre qui vînt l’accompagner dans son envolée. Il ferma les yeux, s’apaisant contre sa dose de toxine, se réconfortant dans son malêtre. 
Il aurait pu sourire, si seulement une présence ne s’était pas fait remarquer à ses côtés pour l’en empêcher. 

Elle était là ; la chanteuse, la birmane, l’intruse dans ses pensées vides. Tournant ses yeux ambrés vers son visage de porcelaine, Dirtyhands ne put s’empêcher d’être surpris face à sa venue. Après avoir dérobé son épingle et l’avoir forcée à chanter, jamais il n’aurait pu imaginer que la jeune fille viendrait le rencontrer d’elle-même. 
Il hocha la tête dans un signe de salutation discret. 

« Peut-être plus pour longtemps, répondit-il alors à sa question. »

Si elle restait à ses côtés, entendait-il. 

« J’avoue être légèrement surpris de vous voir me saluer. »

Après tout, il l’avait suffisamment tourmentée. 
Peut-être avait-elle aimé, être condamnée aux tours d’un démon comme lui. 
Peut-être voudrait-elle être damnée à l’approcher, jour et nuit. 

« Que fait donc la chanteuse, aujourd’hui ? »

A part se perdre dans les griffes d’un maudit.
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