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Fib Steiner
Fib Steiner

☠ Gabier du Jolly Roger ☠


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MessageSujet: Re: Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds   Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds - Page 2 EmptySam 25 Aoû 2018 - 11:25

Fib Steiner était sacrément remué et pas au sens mental du terme, plutôt physique, physiologique. Tout son être était plongé dans la brume, une semi inconsciente surnageant dans un brouillard opaque, une matière agglutinante qui s'accrochait partout, l'invitait à se laisser doucement avaler.
Quelque chose se produisait et il ne savait pas tout à fait quoi, tout en sentant – au plus profond de lui – que quelque chose n'allait pas.
C'était à cause du regard.
Cet échange.
Ce moment.
La folie de Doggy était probablement l'une des plus belles qu'il ait jamais pu croiser. Le tétrodon pouvait se vanter de savoir cerner les gens, c'était son petit super-pouvoir à lui, celui qu'il utilisait majoritairement à mauvaise escient, pour mener ses interlocuteur vers une nouvelle forme de chaos.
Chez DogFish pas besoin : le chasseur était déjà dans cette magnifique forme visqueuse qui l'encombrait lui-même.
Le même chœur des tambours.
La même mélopée démente.
Et il n'était même pas encore à son paroxysme, il n'avait pas atteint son maximum. Parce que quelqu'un l'en avait empêché.

Le cri fut comme une libération de sa conscience. La folie recula, un reflux soudain qui reviendrait obligatoirement, parce qu'elle prenait de plus en plus de place au quotidien. Fib était là et la douleur derrière son crâne le poussa à porter une main lourde pour tâter, vérifier. C'était chaud, douloureux, un peu enflé, et la migraine aurait pu lui faire monter les larmes aux yeux, si les globes du gabier n'avaient pas toujours été incroyablement secs. Le lac était vidé depuis longtemps, en même temps que son cœur.

Il pivota sur le côté ce qui lui demanda une énorme dose de volonté. Le pont tanguait, sa tête allait exploser, gonflée par les cris déments de Doggy. Il parvint avec peine à fixer son regard sur la Rouille, et le Pied-Beau qui se débattait.
Il ne se souvenait pas de ce qui venait de se passer. Il se souvenait du jeu, de son enquête, d'Apache aussi et du nom : Abel Fawkes.
Après... le trou noir.

Steiner aurait dû se relever, s'écarter mais il en fut largement incapable.
Il se redressa juste à temps pour vider le contenu de son estomac en tremblant, se sentant fiévreux.
Putain ça venait d'où cette sensation d'égarement, cette impression que tout lui avait échappé ?
Oui c'était ça... il avait tout bonnement perdu le contrôle. Encore. Pour la seconde fois. Au point même de ne pas se SOUVENIR de ce qu'il avait fait.
Une idée, soudain.
Si la Rouille n'était pas intervenu... Dieu seul sait ce qu'il serait advenu de lui.
En fixant ses pieds nus, en concentrant son attention sur Dog qui hurlait et s'agitait, il eut sa petite idée de l'avenir qui lui était réservé.

Il n'était clairement pas tiré d'affaire.






Fib parle en #666666

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Zeb Skelton
Zeb Skelton

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MessageSujet: Re: Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds   Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds - Page 2 EmptySam 25 Aoû 2018 - 21:10

Fib Steiner n’était certes pas tiré d’affaire, mais il était indéniablement en sursis : en cet instant, il n’y avait pas grand monde pour se préoccuper de sa silhouette tremblante, et Zeb encore moins que les autres.

En vérité, la Rouille n’avait même pas eu un regard pour le gabier en lambeaux. A la seconde où il s’était jeté sur DogFish, le monde du charpentier s’était résumé à un objectif à la fois très simple et horriblement complexe : sauver ce taré de lui-même.

Les gestes de Zeb furent vifs, précis, anormalement instinctifs. L’avant-bras gaîné de cuir qui se loge sous le menton, pour retenir le haut du corps tout en évitant les morsures. La main gauche qui dérape sur le poignet armé, cherche à s’accrocher lorsque la lame est tombée, renonce et préfère glisser sous l’épaule pour rejoindre l’autre main, verrouiller la prise, serrer aussi fort que possible. Le visage tourné sur le côté, à l’opposé, pour éviter les coups de tête. Les dents crispées à en grincer, aussi fort que les bras qui tétanisent, malgré les hurlements qui vrillent les tympans et filent la nausée, malgré les coups aveugles qui pleuvent sur les côtes et les jambes, malgré la peau du dos qui brûle à travers la chemise à chaque convulsion partagée contre les planches du pont.

Wilhelm hurlait, encore, et encore, et encore. Un premier matelot vint à la rescousse de Zeb et parvint à s’emparer d’un bras, un second échoua à attraper une jambe et cria à son tour quand le pied de DogFish lui cassa le nez. L’ensemble du pont était un chaos d’aboiements et de jurons tandis que le reste des témoins se précipitaient vers le traqueur et le charpentier, que des mains calleuses se tendaient vers les poignets et les chevilles de Wilhelm, et malgré tout cela Zeb n’entendait que ce hurlement abominable, ni humain, ni animal, juste fou, complètement fou, qui emplissait son crâne et hérissait sa peau d’une instinctive horreur.

Parce que oui, la Rouille ne savait plus pourquoi, quand, qui. Mais il connaissait ce son. Il l’avait déjà entendu, longtemps auparavant. Et c’était l’un de ces souvenirs qu’il avait volontairement donné à l'Île, parce qu’il ne voulait pas se rappeler de la raison pour laquelle DogFish avait déjà hurlé ainsi, jamais.

Il avait l’impression que ce jour-là, ce n’était pas que du vomi qui avait coulé sur le pont.

"Wilhelm ! WILHELM ! CALME !"

Il hurlait lui aussi, directement dans l’oreille du Pied Beau, dans le vague espoir de se faire entendre, aussi risibles que ses arguments puissent paraitre.

"Tu es sur le Roger ! TU NE DOIS PAS FAIRE CA SUR LE ROGER !"

Encore et toujours cette clameur de cauchemar. Presque malgré lui, la Rouille resserra sa prise sur le cou de DogFish, sans savoir s’il l’espérait l’étourdir assez pour le ramener à la raison ou si ça n’était plus que pour le faire taire.

"WILHELM ! C'EST LA ROUILLE! ARRÊTE!!!"


Dernière édition par Zeb Skelton le Mer 29 Aoû 2018 - 9:33, édité 1 fois
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Wilhelm DogFish
Wilhelm DogFish

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MessageSujet: Re: Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds   Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds - Page 2 EmptyDim 26 Aoû 2018 - 20:23

Wilhelm DogFish était un bon pirate.
Un élément même presque modèle sur le Jolly Roger.
Il faisait parti de ceux qui s'étaient engagés dans la première vie du navire, embrassant le métier de flibustier dans son entièreté en faisant ce choix de rejoindre le capitaine Hook.
Cela n'avait pas été une réelle question de survie, l'enfant des rues ayant pu continuer de voler sur terre plutôt qu'en mer.
Non, il avait pris cette décision en connaissance de cause. En ayant pesé le pour et le contre, et avait fait les démarches nécessaires, signé le registre, ce soir la, dans une taverne très certainement, la veille du grand départ alors que l'équipage cherchait à se renforcer avant un nouveau voyage vers nul-part.
Wilhelm avait alors 16 ans, et s'était inventé son drôle de sobriquet à la va vite.
Un bête nom de bière, mais ca, tout le monde eu tôt fait de l'oublier.

Wilhelm DogFish était né.

Très vite il s'était avéré bon travailleur. Pas dans les meilleurs, jamais dans les plus mauvais, mais toujours le premier à tout donner, obéissant sans jamais questionner, aveugle malgré son excellente vue.
Il s'était même par plusieurs fois démarqué lors de missions. Se montrant particulièrement efficace, rapide, ne discutant pas un seul ordre et rendant les choses plus fluide, devenant parfois, souvent même, un réel appui pour la hiérarchie, soutenant le second du Roger et son capitaine sans vaciller, entrainant par la même les autres hommes dans sa confiance absolue et sans faille.
Un bon matelot.
Qui pourtant ne bénéficia jamais d'un meilleur poste.

La raison était simple et sans appel.
Parfaitement illustrée en ce jour sur le pont du Jolly Roger.

"Wilhelm ! WILHELM ! CALME !"


Zeb Skelton maintenait toujours le traqueur de toute ses forces, accompagné de quelques hommes supplémentaire qui s'étaient joint à lui, n'étant visiblement pas de trop.
La Rouille avait beau hurler, sa voix semblait ne pas porter assez au delà de celle du chien qui s'égosillait encore comme un possédé, sa gorge visiblement capable de moduler sa voix à la manière d'un animal blessé et prit aux tripes par une colère sans borne et démentielle.
Et il se débattait avec ça ! Fichant des coups de pieds à tout ce qui passait, la partie haute de son corps, elle, se trouvant piégée par la prise experte du plus vieux qui tentait de le ramener à la raison.

"Tu es sur le Roger ! TU NE DOIS PAS FAIRE CA SUR LE ROGER !"


Ne fais pas ça !
Ne fais pas ça !


Un instant de silence qui ne dura cependant pas, un grognement inhumain roulant dans la gorge du blond dont le front restait plaqué au sol, de longs filés de bave sombre et sanguinolent s'accrochant aux lattes de bois qui lui faisaient face.
Et puis, le grondement se changea de nouveau, se muant en gémissements de colère qui n'exprimaient rien d'intelligible.
C'était presque s'il donnait l'impression de parler dans une autre langue, une langue primitive d'animal blessé et enragé qui n'exprimait que la haine et la frustration, mêlées à de la souffrance tout au fond.
Le volume montait, encore et encore, ses muscles se crispant, cherchant à se relever, encore et encore, semblant ne jamais se fatiguer. Et il hurlait.

Encore et encore.

Et puis, brutalement, le cri se coupa net, semblant se noyer dans une toux dans un premier temps alors que la Rouille avait resserré sa prise autour de la gorge de Wilhelm, lui coupant la respiration.

"WILHELM ! C'EST LA ROUILLE! ARRÊTE!!!"


Un silence.
Un vide.
Une dernière tentative de frapper avant qu'enfin le corps du Pied Beau ne se relâche perceptiblement sous le poids de ses collègues et principalement de celui de Zeb.
Il se calmait.
Du moins, c'était ce qu'il semblait.

Toujours bloqué au sol, le chien du Jolly avait doucement tourné la tête, ses yeux pales, étranges, aux pupilles monstrueusement dilatées et dont le blanc était injecté de sang et de folie se posant sur celui pour qui tout avait dérapé.

Fib Steiner.

Wilhelm DogFish le fixait, silencieusement maintenant, des larmes lui coulant sur les joues, sa mine crispée et déformée semblant vouloir lui faire passer un message.

Dis leur.
Dis leur que t'es d'accord.
Dis leur que t'es à moi.
Ils sont à moi.
J'ai le droit.
Dis leur.

Et ses lèvres gercées pleine d’hémoglobine noyée de bave remuaient sans pourtant rien dire.
"Dis leur"


"C'est bon il se calme les gars..."

- Bon sang j'ai bien cru que cette fois y'en a un qui allait y passer !
Quelques éclats de rires nerveux s'élevèrent alors que la tension redescendait.
- Bien joué La Rouille ! Sans toi, on aurait du trouver un autre Gab..."


Brutalement et sans crier gare, alors que les autres pirates avaient desserré leurs prises, et Zeb Skelton peut être compris dans le lot, Wilhem, mue d'une monté d’adrénaline mémorable était parvenu à se redresser à genoux, tordant les bras qui tentaient de le retenir, tirant comme un dingue en direction de sa proie, la bave aux lèvres, le regard flou et abimé braqué vers le Tétrodon.
Dans un dernier effort, tremblant de tout son corps, DogFish tendait son bras, sa main cherchant à rattraper la machette qui trainait toujours la.
A quelques centimètres...
Et il tirait, comme une bourrique, il parvenait à trainer les pirates derrière lui.

"BON SANG MAIS ASSOMMEZ LE !!!"

Un autre pirate s'était précipité, celui qui s'était fait briser le nez durant le premier assaut. Dans ses mains tremblantes, il avait dégainé son mousquet, visant DogFish avec une mine incertaine.








Sourire de l'Enfer



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MessageSujet: Re: Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds   Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds - Page 2 EmptyMar 28 Aoû 2018 - 10:04

Le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils avaient attiré l'attention, ce que Fib n'aimait pas particulièrement. Pas dans ce cas là en tout cas. Ce lien qu'ils avaient créé, Doggy et lui, ce lien malsain, compliqué et excitant, était trop intime pour être partagé avec d'autres membres du navire.

Lorsque les yeux du pied-beau croisèrent les siens, contenant dans leur lueur une supplique silencieuse mais efficace, Fib hésita un instant : un instant de trop. Le calme passa vite et Wilhelm perdit à nouveau le contrôle.
La menace.
Le pirate tirerait-il sur son camarade ? Possible... même si c'était interdit dans les règles il s'agissait là de légitime défense, non ? Alors pourquoi pas ?

Encore trop sonné pour réagir, la vie tanguant toujours autour de lui – en plus de la houle naturelle de la mer ça commençait à faire beaucoup – Fib ne trouva aucune autre solution que de chercher à nouveau l'attention de DogFish pour murmurer, comme un secret, des petits mots discrets qu'il ne voulait offrir qu'à eux-deux.
Comme un pacte. Encore.
Non.
Plutôt une promesse, folle et mal contrôlée, matinée d'enthousiasme et d'une excitation parfaitement physique, une chaleur dans les reins.
« Pas cette fois. Plus tard. »
Pas maintenant, pas à bord. Plus tard, oui plus tard, dans l'intimité.
Tenter, vivre, expérimenter encore cette sensation inédite, cette odeur suave de peur, de danger, de folie, cette fascinante impossibilité de se maintenir qui réveillait quelque chose de mort en lui.

Il se releva enfin et feint la nonchalance, alors qu'il n'était pas loin de se pâmer à nouveau. Son regard de hibou observa les personnes présentes et il força un sourire qui n'avait rien de l'immense éclat blanc qui lui trouait habituellement le visage.
Du contrôle. Besoin de contrôle.
Besoin de stupidité.
Besoin de haine.

« Bon bah les gars c'était sympa hein. »
La bouche pâteuse, du mal à détacher les sons. Paupières lourdes.
« Je vous laisse régler ça hein ? »
Il aurait voulu une sortie classe mais donna plutôt l'impression du poivrot qui quitte la taverne. Au bout d'un mètre il dut s'appuyer sur le bastingage pour maintenir l'équilibre.
L'équipage avait d'autres choix à fouetter, ils ne l'avaient peut-être pas même pas entendu mais peu importait au fond : il devait simplement contrôler son image vous comprenez ? Même si c'était bien raté.

Une prière : pour ne pas entendre un coup de feu. Calme-toi Doggy, calme-toi fascinant petit taré aux kink déplacés. Ce serait vraiment con que s'arrête là l'une des plus belles relations que Fib pusse jamais avoir.
La seule aussi, d'ailleurs.






Fib parle en #666666

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Zeb Skelton
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MessageSujet: Re: Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds   Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds - Page 2 EmptyMer 29 Aoû 2018 - 11:44

Un instant, DogFish parut se calmer. Et Zeb, comme tous les autres, y crut juste un peu trop.

Oh, pas complètement non plus. La Rouille n’était certes pas le meilleur combattant du Roger, mais il n’avait pas atteint son poste et son âge par hasard. Il savait se battre. Et il savait aussi que faire perdre connaissance à quelqu’un en l’étranglant, ce n’était pas si facile et si rapide que cela. Surtout si le quelqu’un en question est un jeune homme en plein délire meurtrier dont la force ne connait plus aucune limite humaine.

Malheureusement, les années qui avaient apporté cette expérience au maître charpentier étaient aussi sa faiblesse : si les réflexes de Zeb étaient toujours aussi vifs et que sa force restait conséquente, il n’en était pas de même pour son endurance. Malgré l’adrénaline, il ne sentait que trop bien que ces quelques secondes de lutte avec DogFish l’avaient déjà mis en sueur et que ses épaules commençaient à tétaniser. Alors oui, quand Wilhelm cessa enfin de hurler et que la Rouille le sentit s’affaisser légèrement sous lui, il ne put s’empêcher de relâcher un peu sa prise – pour laisser le traqueur respirer, mais aussi parce que Zeb ne pouvait tout simplement plus la maintenir.

La suite fut trop rapide et trop brutale pour que quiconque comprît ce qu’il venait de se passer. L’instant d’avant, DogFish grognait, immobile, plaqué contre le pont par une demi-douzaine de marins aussi costauds que déterminés. L’instant d’après, le traqueur s’était redressé et avait parcouru près de deux mètres en un unique bond rageur, en traînant les autres pirates derrière-lui comme s’ils n’étaient guère plus que des poids morts à peine capables de le ralentir. Un effort aussi monstrueux aurait dû lui déchirer les muscles. Peut-être qu’il lui avait déchiré les muscles, en fait. Mais de toute évidence, le Pied Beau n’était plus en état de sentir quelque chose d’aussi basique que la douleur.

C’était bien trop terrifiant pour être impressionnant.

Et il n’était plus question de le raisonner.

"BON SANG MAIS ASSOMMEZ LE !!!"

Comme tous les autres, Zeb avait perdu le peu de contrôle qu'il avait sur Wilhelm quand ce dernier les avait repoussés d’une convulsion animale ; le charpentier était tombé du dos du traqueur, ne restant agrippé à lui que par sa main valide qui avait réussi à accrocher le col du Pied Beau. Le tissu s’était partiellement déchiré et cela n’avait que misérablement ralenti le jeune homme hors de lui. Mais encore une fois, les miracles naissent dans les détails.

Un détail de onze centimètres, pour être exact. La distance qui séparaient encore (les griffes) les doigts de Wilhelm et la machette que personne n’avait jugé bon d’écarter.

Les hommes qui tentaient de maîtriser le Pied Beau y gagnèrent quelques secondes de délai pour tenter désespérément de raffermir leur prise. Zeb y gagna le temps de lever les yeux. Et de voir l’arme.

Instantané sur le pirate qui tenait le mousquet. Guère plus qu’un gosse. Pas d’ombre. Le nez qui saignait, les mains qui tremblaient, l’urine qui traçait une raie sombre sur sa jambe de pantalon. Les yeux écarquillés de celui qui n’avait jamais vécu d’abordage, qui pensait qu’on ne trouvait horreur et angoisse qu’au fond de la jungle. Qui n’avait jamais vu la folie. Et qui, tout comme DogFish, était bien trop loin dans son propre monde en ruines pour entendre un ordre.

Il allait tirer.

A bout portant.

Zeb lâcha le col de DogFish et bondit par-dessus la mêlée avec une vivacité que peu devaient lui connaitre. D’un unique élan, il ramassa la machette, frôlant les doigts de Wilhelm au passage (il l'avait presque) et frappa d’un grand geste circulaire vers le haut. La lame percuta le pistolet au moment où le coup partait.

La balle se perdit dans le gréement.

Et le gosse et Wilhelm recommencèrent à hurler en même temps.

Haletant, la tête bourdonnante, Zeb observa d’un regard vide le jeune pirate qui battait en retraite en braillant et en tenant sa main contre lui. Avec l’étrange clarté anesthésiée que confère l’adrénaline, le charpentier se dit qu’il ne voyait pas de sang, ce qui paraissait rassurant : il ne lui avait probablement que cassé un doigt.

Il se débarrassa de la machette en l'envoyant bien à distance, d'un geste qui contenait autant de rage que de dégoût.

"Que quelqu’un lui prenne son autre machette, foutredieu !"

Le regard clair de la Rouille se reporta sur Wilhelm avec quelque chose de l’ordre du désespoir (ses yeux sans âme ses ongles qui griffaient le pont sa salive teintée d’hémoglobine qui badigeonnait sa bouche hurlante) et le pirate mortifié se dit qu’ils allaient effectivement devoir l’assommer. Puis il réalisa quelque chose.

Il suivit le regard de DogFish. Jusqu’à la silhouette titubante qui s’éloignait en s’appuyant contre le bastingage, non loin de là. Et à son tour, la Rouille sentit quelque chose claquer dans son esprit.

J’ai un jeu qui va te plaire.

En trois enjambées, le maître charpentier rattrapa Fib, le fit pivoter sur lui-même d’une brusque poussée sur l’épaule pour pouvoir lui faire face et le frappa à la volée, une grande baffe du revers de la main qui n’était vraiment pas loin d’un vrai coup de poing. Puis, sans laisser le temps au gabier d’en placer une, la Rouille l’attrapa par son col et le traîna sans ménagement jusqu’à la scène que Steiner semblait si pressé de quitter, jusqu’à le flanquer à genoux juste devant DogFish. Il s’accroupit à côté de lui et passa son bras valide autour de son cou pour lui maintenir la tête levée, face au traqueur.

"Dis-lui que le jeu est terminé. Clairement. Maintenant."

Puis, tout en resserrant sa peu sympathique accolade, et d'une voix si basse que c’était à peine plus qu’un grondement :

"Ou je te jure que c’est moi qui te les arrache, tes putain de pieds."
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Wilhelm DogFish
Wilhelm DogFish

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MessageSujet: Re: Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds   Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds - Page 2 EmptyJeu 6 Sep 2018 - 10:15

« Pas cette fois. Plus tard. »

DogFish n'avait pas entendu la voix de Fib, trop assommé par sa propre folie, devenu sourd à l’extérieur, sa tête saturée d'autre chose; mélange violent et amère de frustration et de cramage de neurones.
Ca sentait le brulé.
Il ne l'avait pas entendu, non, mais il avait pu le comprendre.
Peut être avait-il su lire dans ses yeux.
Sans doute avait-il plutôt réussi à lire sur ses lèvres.

Peu importait, le message était passé, donnant un nouveau coup de chaud dans les veines de Wilhelm qui se trouvait maintenant parcouru de frissons incontrôlés si violent que tout ceux qui tentaient de le maintenir au plus près du sol devaient le sentir vibrer sans mal.
Le blondinet péguait de sueur, de bave mêlée de sang et de larmes et ses muscles crispés à l’extrême ne semblaient toujours pas prêt à relâcher la pression, l'un de ses bras toujours tendu, ses doigts cherchant à attraper la lame, effleurant le manche et faisant même légèrement pivoter la machette mais...

"HHAaaaaa...."
Gémissement frustré mal contenu, alors que Zeb s'était emparé de l'arme avant que la main du traqueur ne se referme dessus.
Le chien avait entamé un nouveau grognement, poussant sur ses jambes, cherchant à se relever, y parvenant presque, soulevant ses collègues qui pourtant cherchaient à peser au plus lourd sur ses membres, mais une violente détonation lui claqua aux oreilles, semblant faire brusquement lâcher ses genoux et soudainement, Wilhelm s'écroula sur le sol, maintenu comme jamais par les autres flibustiers.
La balle l'avait pourtant manqué, et pas de justesse.

"Que quelqu’un lui prenne son autre machette, foutredieu !"


Le Pied Beau n'eut pas le temps de comprendre ce qui avait été dit et encore moins d'y réagir qu'il se sentit déposséder de sa deuxième lame, son poids disparaissant de sa hanche. L'action sembla un instant raviver sa colère, son hurlement reprenant de la force mais mourant en sanglots sur la fin, alors que l'objet de tout ses désirs s'éloignait en chancelant, les yeux pales aux pupilles dilatées et aux vaisseaux éclatés ne lâchant pas celui qui visiblement quittait la scène.
Fib Steiner l'abandonnait la !
Pas cette fois.
Plus tard.
Plus tard.
Plus tard.

Et l'espoir restait malgré les larmes et la bave qui suintait, s’étalant sur le pont, les ongles qui grattaient le bois, l'animal cherchant à s'extirper de la poigne des pirates attroupés.
Jim allait avoir du travail.

Et puis, contre toute attente, un retournement de situation alors que tout près de son visage qui frôlait le sol, Wilhelm senti le mouvement de quelque chose qui passaient. Un quelque chose qui était en fait une paire de pieds, ceux de Zeb Skelton qui venait de le dépasser, marchant à grandes enjambées vers le Gabier, le rattrapant.
Les pieds, les pieds, les pieds. Toujours les pieds. Ils étaient partout, ils le narguaient ! Ils étaient a lui. A lui. A lui... Ils avaient dit oui.. oui et...
Un geste violent, une baffe de donnée qui coupa le souffle, toute action et même les pensées tarées venant de DogFish qui s'était figé, sa tête comme vidée, fixant les deux autres qui se trouvaient à quelques mètres devant lui.
La scène semblait complètement le subjuguer. Il ne hurlait plus. Ne bougeait plus. Ne respirait même plus. La bouche restée ouverte mais n'articulant pas un seul son.

Ses collègues eurent tôt fait d'en profiter pour resserrer leur prise, cette fois bien décidés à ce que le traqueur ne leur échappe plus.
Sans doute se dirent-ils qu'ils avaient bien fait, vu que déjà, le charpentier ramenait Fib vers le Pied Beau dont tout les muscles se tendirent perceptiblement, tirant méchamment sous sa peau.
Ca grinçait.
Une vague tentative de se libérer avec un mouvement d'épaule, mais cette fois les hommes tinrent bon, gardant les deux bras du blond croisés serrés et tordus dans son dos.

Le tétrodon tomba à genoux devant eux accompagné de La Rouille.
Devant DogFish qui levait la tête, se faisant sans doute mal au cou pour se faire, la mine pétrifiée, les yeux écarquillés a l’extrême.
Comprenant la volonté du plus vieux, les matelots soulevèrent Wilhelm, lui permettant de se mettre à genoux lui aussi et qu'il puisse ainsi faire mieux face à celui qui avait bien faillit devenir sa victime.
Une de plus sur la liste.

"Dis-lui que le jeu est terminé. Clairement. Maintenant."


Le clebs lâcha un bref instant Fib des yeux, fixant ceux de Zeb avec une expression horrifiée et revenant bien vite à celui qui comptait tellement en cet instant.
Dans un mouvement saccadé, faisant tinter les perles qui s'entrechoquaient dans ses cheveux, il secouait la tête à la négative.
Non
Non
Non non non...

C'était nerveux.
Terriblement nerveux.

"Ou je te jure que c’est moi qui te les arrache, tes putain de pieds."


Et Wilhelm s'agitait plus encore, ne sentant même pas les mains qui se resserraient par sécurité autour de lui, secouant la tête de façon erratique.

Non non non non...
Non non non non non non non non non non non non (...)






Sourire de l'Enfer



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MessageSujet: Re: Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds   Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds - Page 2 EmptyDim 16 Sep 2018 - 22:33

Le bruit de la balle qui résonne dans l'air électrique du navire. La peur, le combat, la haine, la tension.
Boum.
Tout ça ne pouvait qu'exploser. Mais où était donc parti la balle ? Dans Doggy ? Oh non pauvre, pauvre Doggy.
Brouillard. Envie de rire à nouveau, comme une ivresse formidable au milieu de la douleur. C'était lui qui avait provoqué tout ça n'est-ce pas ? Comme il se sentait heureux à cette idée...
« La tempête n'est pas déclenchée par Dieu, fils, mais par un souffle d'homme. Dès qu'il franchit les lèvres, il est trop tard ».

Il sentit que la balle avait troué les cieux, et c'était un peu comme si on le trouait lui. Son plafond azur ou gris, nuageux et volage, venait de subir l'outrage d'une arme d'homme. Il ne savait plus vraiment comment il se sentait à cette idée : vaguement en colère, un peu comme un amant trompé. C'est qu'elle se faisait dépuceler la salope, et y'avait pas d'armoire assez grande pour planquer son promis.

C'était le promis en question qui venait de lui foutre une grande tarte dans sa gueule ? Il en fut sonné, l'oreille sifflante et la mâchoire tombante. Pas le temps de se péter la binette, voilà qu'on le traînait fissa devant le grand juge aux yeux trop clairs. Il n'aima pas la manière dont on lui bloqua la tronche, il se sentait oppressé, à l'étroit, incapable de fuir comme à son habitude – dans une pirouette vulgaire avec son gros doigt du milieu en l'air.
Faire face aux conséquences de ses actes, que ça s'appelait. Et y'avait un foutu rouquin drôlement doué pour vous mettre le nez dans la merde.
Brave petite odeur va.
« Dis-lui que le jeu est terminé. Clairement. Maintenant.»

Terminé ? Oh non... non M. Skelton, ça ne faisait que commencer. Vous avez beau arriver avec votre belle assurance et votre belle lucidité, vous ne comprendrez jamais ces jeux-là... oh non.
Et plus tard nous jouerons nous aussi, un autre jeu, plus cruel et plus drôle encore.
Plus tard, plus tard, toujours plus tard.

La tête tournait et tournait, la nuque lui faisait mal au point qu'il n'arrivait pas à la maintenir, la tête lourde.
Badum, badum.
Bats mon cœur, bats fort.
Relance le jeu.

« Tu as aimé mon jeu, Dogg ? Il était bien... hein ? »
C'était un enfer pour parler, comme si on lui avait demandé de bavoiser avec une grosse bite bien nerveuse dans la gueule. Manquait plus que les boules et il s'étouffait.
« Moi j'ai aimé... »
Et le mot était terriblement faible.
« Mais on va rajouter une règle, t'en dis quoi ? Pour que ce soit encore mieux. »
Le rire roula dans sa gorge, encore, grinçant, cassé, un bruit de scie rouillée sur un vieux sabre.
« On va laisser le temps, juste un peu de temps et ensuite... »
Il essaya de tordre son cou, de regarder Zeb, de le défier en ricanant pour lui faire comprendre qu'il n'aimait pas être contraint et que – rien que par esprit de contradiction – il ne pouvait pas arrêter. C'était plus fort que lui, un besoin impérieux de ne se placer sous l'ordre de personne.
Aucun ordre, aucune logique. La beauté du chaos.
Son dernier gloussement s'étrangla dans sa gorge, ça devait être un peu de sang, mais d'où ? Si beau.

« Mais t'as entendu celui qui joue les capitaines ? Si on arrête pas il me coupe les pieds... et plus de jeu, non plus de jeu. Monsieur la Rouille casse l'amusement, monsieur la Rouille casse la tempête. Tu ne vas tout de même pas lui laisser mes pieds, hein ? »
Les lucioles noires, les tâches qui grandissent, la conscience qui s'en va.
« Tes pieds... »
Juste un murmure qui s'étale en même temps qu'un peu de gerbe et de salive sur le pont.
Ouvrons le crane au gabier, voir s'il en sortira des gerbes d'étincelle.
Des tâches de ciel, des étoiles, et des trous noirs.






Fib parle en #666666

Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds - Page 2 Test210
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Zeb Skelton
Zeb Skelton

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MessageSujet: Re: Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds   Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds - Page 2 EmptyVen 21 Sep 2018 - 10:50

Fib aurait dû avoir raison. Zeb Skelton était un homme calme et raisonnable, marin réfléchi, père responsable. Il ne pouvait pas comprendre le jeu du gabier et du traqueur, il ne pouvait pas saisir l’attrait du vide, l’appel d’un long rire sans fin qui meurt en lui-même. Et s’il s’était interposé, c’était forcément pour des raisons logiques – aversion pour la violence inutile, affection pour un membre de l’équipage originel.

Oui, bel instinct, Monsieur Steiner. Rien de tout ceci n’était faux.

Mais cela ne signifiait pas pour autant que c’était totalement vrai.

Parce que bien qu’ils ne fussent que deux à jouer, Fib et Wilhelm avaient entraîné tout l’équipage présent dans leur sillage de folie. Zeb y compris.

Il avait tenu longtemps, pourtant. Tenu malgré l’adrénaline et la lutte acharnée contre Dogfish, tenu malgré ce jeune con et son pistolet qui aurait pu tuer quelqu’un, tenu malgré l’atmosphère dense de panique et de peur qui suffoquait le pont du Roger, les hurlements de Wilhelm qui résonnaient encore sous son crâne, la bave souillée de sang sur ses bras et sa chemise.

Mais voir Fib, là, dans tout ce chaos, qui tentait de se défiler, comme il le faisait toujours... La Rouille n’aurait même pas vraiment su comment l’expliquer, mais quelque chose en lui avait décidé que c’était trop.

Alors oui, il avait rattrapé le gabier, il l’avait frappé avec (haine) plus que de la colère, il l’avait traîné jusque devant Dogfish pour lui flanquer le museau dans sa propre merde. Et à présent, alors qu’il se tenait sur un genou aux côtés de Fib, son bras valide verrouillé autour de la gorge du Tétrodon dans une étreinte tout à la fois implacable et frémissante de rage contenue, Zeb avait toujours l’impression que sa tête était emplie de sons trop aigus, carillons scintillants qui bourdonnaient par-dessus ses pensées (c’est déjà arrivé) et noyaient ses capacités de raisonnement (les cicatrices sur le dos de Wilhelm), pour ne laisser de la place (pour qui tu te prends petite merde pour qui tu te prends d’oser faire une chose pareille) qu’à une profonde fureur.

Steiner avait tort de le penser lucide. Dangereusement tort.

"Tu as aimé mon jeu, Dogg ? Il était bien... hein ? Moi j'ai aimé... Mais on va rajouter une règle, t'en dis quoi ? Pour que ce soit encore mieux. On va laisser le temps, juste un peu de temps et ensuite..."

Zeb resserra sa prise sur le cou du gabier, presque malgré lui. Fib dut le sentir car il se détourna de Dogfish pour le regarder lui, bien dans les yeux, pour le provoquer du fond de ses iris trop gris et de son sourire badigeonné de sang, pour lui balancer son inconséquence et sa satisfaction comme il aurait pu lui cracher à la gueule.

Le Tétrodon ne s’en rendit peut-être pas compte. Mais l’espace de quelques secondes, le temps d’une petite éternité, Zeb Skelton, homme calme et raisonnable, marin réfléchi, père responsable, faillit le tuer.

La pulsion (étrangle-le) remonta de loin, mais si vite, tellement vite, qu’elle eut le temps de faire frémir le bras du charpentier, pourtant déjà crispé à l’extrême. Et les paroles qui suivirent n’arrangèrent rien :

"Mais t'as entendu celui qui joue les capitaines ?"

Comment oses-tu.

"Si on arrête pas il me coupe les pieds... et plus de jeu, non plus de jeu. Monsieur la Rouille casse l'amusement, monsieur la Rouille casse la tempête."

Comment. Oses. Tu.

"Tu ne vas tout de même pas lui laisser mes pieds, hein ?"

Zeb ne regardait plus Fib – l’entendre lui suffisait amplement, et cela l’obligeait déjà à mobiliser toute sa volonté, le moindre gramme de lucidité qu’il lui restait pour ne pas faire exactement la connerie qu’il avait voulu éviter à Dogfish, pour ne pas se laisser empoisonner par ce rire, ces mots, ces sous-entendus, tout ce fiel si ridiculement bien distillé et déposé au compte-goutte là où ça ne pouvait que (ronger) brûler.

Soudain, le vieux pirate se rendit compte que la voix du Tétrodon s’effilait.

Il avait vraiment fini par serrer trop fort.

La Rouille relâcha Steiner d’un geste raide et lent, comme à contrecœur, le laissant répandre encore un peu de bile sur le pont. Fib vacilla puis s’effondra, amorphe. Ce ne fut qu’à ce moment que Zeb remarqua le sang qui colorait les cheveux blonds du gabier, là où sa tête avait heurté le pont plusieurs fois de trop.

Voilà qui expliquait la sensation poisseuse qui tapissait sa propre gorge, donc.

Tout le monde était tellement silencieux, d’un coup.

Zeb s’obligea à fermer les yeux et à souffler le plus longtemps possible, sans vraiment parvenir à reprendre ses moyens – la rage se diluait doucement, mais elle l’avait surpris, déstabilisé, envahi, et cela n’était pas normal, pas après tout ce temps, pas pour…

Quoi, pour si peu ?

La Rouille reporta ses yeux clairs sur Dogfish, évaluant encore une fois l’état catastrophique dans lequel se trouvait le Pied Beau : non, non, pas si peu. Cela aurait pu être tellement grave (comme la dernière fois). Cela pouvait toujours le devenir, si Zeb ne s'occupait pas de la véritable priorité, à savoir Doggy ; ce que Fib venait de faire, l'effet de ses paroles... attendrait.

"Wilhelm ?"

Une voix un peu rauque, saturée de trop d’adrénaline. Mais c’était quand même celle de Zeb, et en insistant un peu le charpentier parvint à retrouver le ton calme et posé avec lequel il s’adressait toujours au clebs du Jolly Roger :

"Wilhelm, regarde-moi. Non, pas lui, moi. Ici. Voilà, c’est bien. Gentil."

Les deux mains qui s’élevaient, paumes ouvertes, inoffensives, dans le silence absolu que maintenaient les autres pirates toujours cramponnés aux bras du Pied Beau. Et lentement, très lentement, Zeb avança la gauche vers l’épaule de Dogfish, sans cesser de parler:

"Tu me reconnais garçon ? C’est la Rouille. Ca va aller maintenant. C’est fini. Tu as été sage, tu n’as pas fait de bêtise. Pas de pied de pirate coupé sur le Roger, tu te rappelles ? Pas de pied coupé."
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Wilhelm DogFish
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MessageSujet: Re: Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds   Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds - Page 2 EmptyVen 28 Sep 2018 - 17:02

Il y avait eu comme un silence de souffrance, alors que DogFish fixait Fib de toute son âme, pendu à ses lèvres, sa tête tressautant encore à l’occasion de gauche à droite, reste de ses "non" répétés de l'instant d'avant.
Ses yeux écarquillés à l’extrême et sa gueule grimaçante semblaient figés, dans l'attente d'une réponse qui ne tarda pas tant à venir.

"Tu as aimé mon jeu, Dogg ? Il était bien... hein ?"
Il avait du mal à parler, Steiner, et pourtant ses mots arrivaient parfaitement à toucher leur cible; Wilhelm, et ce dernier cligna des yeux à répétition, sa bouille se tordant un peu plus. Est ce que c'était un sourire qu'il avait essayé d'exprimer ? Est ce qu'il avait tenté d'acquiescer ? Nul ne le saurait jamais, pas même le principal concerné.

"Moi j'ai aimé..."

Moi aussi !
MoiAussiMoiAussiMoiAusiMoiAussiMoiAussiMoiAussiMoiAusiMoiAussi...

Il l'entendait, pas vrai ?
C'était certain que le Gabier pouvait l'entendre, la réponse muette. Et DogFish ne le lâchait pas des yeux, comme s'il allait le dévorer à tout instant rien que du regard.

"Mais on va rajouter une règle, t'en dis quoi ? Pour que ce soit encore mieux."

Une règle ? Wilhelm adorait les règles.
Plus il y avait de règles et plus il se sentait bien.
En sécurité.
Excité.
les nerfs à vif.
Et Fib se mit à rire, comme s'il avait sentit, comme s'il avait entendu l'enthousiasme enfoui sous la nervosité et la folie. Un rire abimé qui grinçait qui raclait le sang et la douleur. Malsain.

"On va laisser le temps, juste un peu de temps et ensuite..."

Ensuite ?
Les prunelles grises barbouillées de fatigue et d'instabilité quittèrent celles bleues trop pale, s’intéressant visiblement à celui qui venait de resserrer sa prise autour du cou de leur propriétaire de gabier.
La peau sembla en grincer, et dans le même temps, les pirates qui maintenaient toujours DogFish firent de même, comme pour suivre l'exemple de la Rouille. Les os du chien hurlaient silencieusement alors que rien de plus ou de moins ne transparaissait sur sa mine folle.
Il ne sentait rien, lui.
Toute ses sensations n'étaient que pour le Tétrodon. Pour ses mots malades. Pour lui. Pour eux.

Un nouveau rire étranglé qui ne parvint pas tant à s'envoler, et Steiner repris, distillant sa haine et son poison toujours plus loin, toujours plus profondément dans les veines de DogFish.

"Mais t'as entendu celui qui joue les capitaines ?"
Capitaine? Le Capitaine ? Que dirait le Capitaine s'il te voyait comme ça... Dog... Il veut remplacer le Capitaine ? Personne ne remplace le Capitaine. Il joue. Il joue. Le jeu. "Si on arrête pas il me coupe les pieds... et plus de jeu" Le jeu. Le jeu. Le jeu. "Non plus de jeu." Les pieds. Aux pieds !
La tension montait.
Les prises déjà rude se resserraient et les quelques matelots qui tenaient toujours le Pied Beau s'échangèrent des regards, a la fois mal assurés mais se tenant tout de même prêt.

"Monsieur la Rouille casse l'amusement, monsieur la Rouille casse la tempête. Tu ne vas tout de même pas lui laisser mes pieds, hein ?"

Non non non non non non ...
Et Wilhelm s'était mit à trembler, des grognements sourds remontant à la surface de sa gueule. Ses dents se firent de nouveau serrées et un liquide noir et dégueulasse coula sur ses babines, retraçant les marques de ce qui avait déjà souillé son menton et son cou sous les traces de bave sombre et séchée.
La folie colérique grimpait.
Le plan pourtant pas fin pour un sous du Gabier fonctionnait à merveille, car qui avait besoin de finesse pour manipuler le chien ? Le faire montrer les dents, le faire mordre.
Attaque ! DogFish !Il vient bouffer dans ta gamelle !
Alors bouffe le !
Bouffe lui la gorge !
Tue le !
Ca hurlait dans sa tête d'attardé mental et l'immonde douleur lancinante de sa mâchoire semblait aviver plus encore la démence galopante qui montait.
Les muscles se bandaient sous les prises trop serrées.
Ca grinçait.
Ils se tenaient tous prêt.

"Tes pieds.."


Égorge cet enf.... Et puis soudain, Fib Steiner s'en était allé.

Comme dans un souffle, le brasier de colère s'éteignit brusquement, en même temps que le Tétrodon s'affaissait.

Un vide.
Un silence.
Et Wilhelm restait la, tendu à l’extrême, ses yeux braqués sur le corps mou et désarticulé du Gabier qui tombait au sol, inconscient.
Mort ?
Inconscient...
Le silence s'éternisa, gagnant toute la petite assemblée.
Plus un bruit, plus un mouvement.
Et puis, une voix bien que basse se fit entendre, cassant le mur lourd insonore.

"Wilhelm ?"

Aucune réaction. Le blond continuant de fixer le pirate inconscient

"Wilhelm, regarde-moi."
Les yeux pales finirent par lâcher le gabier, obéissants, se relevant vers Zeb, mais le quittant aussitôt pour revenir a Fib "Non, pas lui, moi." Une fois de plus le regard revint au plus vieux pirate. "Ici." Et il y resta. "Voilà, c’est bien. Gentil."
Gentil...
Gentil.. Shhh...

Il se répétait à lui même, dans sa tête, comme dans une tentative de se raisonner lui même en s’appuyant sur la Rouille.
Alors que les mains du charpentier se relevaient, l'une d'entre elle s'approchant de l'épaule du traqueur, sur la bouille de ce dernier, il y eut comme une vague de panique.
De la peur.
Une expression qui s'était faites rare ces dernières heures.

"Tu me reconnais garçon ? C’est la Rouille."
Et contre toute attente, la mine de Wilhelm s'effondra, le pirate fondant en larmes. "Ca va aller maintenant. C’est fini." Tout le corps du clebs s'était relâché brutalement et les hommes qui le maintenaient avec rudesse se rendirent alors compte d'à quel point DogFish avait pu être tendu, les soutenant avec force, car dans l'action, ils se retrouvèrent tous plus ou moins étalés sur lui, descendant d'un cran. Et il pleurait le Pied beau. Il pleurait à grosses larmes. "Tu as été sage" Tout en gémissant comme un enfant, il avait hoché la tête à la positive. "Tu n’as pas fait de bêtise." Puis à la négative, sur le même rythme. "Pas de pied de pirate coupé sur le Roger, tu te rappelles ? Pas de pied coupé."
- P.. Pas de pieds coupés... Il chialait à n'en plus pouvoir, hoquetait, s'exprimant avec un peu de mal. "S.. Sur le Roger !!!"

Les matelots qui jusqu'ici avaient assuré une prise solide sur les bras de Wilhelm se jetaient des regards circonspects, hésitant visiblement sur la bonne attitude à adopter.

"PPPPPaaaaaAaaardoooooooon....."

Wilhelm semblait inconsolable, gémissant au sol. Parfaitement pathétique. "Paaaardoooooooon.... Je l'ai pas faiiiit... Je l'ai pas faiiiiiiiiiit....."

Il l'avait pas découpé hein ?

"Je le referaiiiiis pluuus .. Paaaaaardoooooooon !!!!"


Lui, non. Il ne l'avait pas découpé.
Par ce que c'était déjà arrivé, en fait, pas vrai ?

"Je le referaiiiiiis paaaaas..... Plus jamaiis... plus jamais... Plus jamais..." Le front plaqué contre les lattes de bois dégueulassées par ses propres soins, sa voix se faisait de plus en plus basse.

"Jamais... jamais..."






Sourire de l'Enfer



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MessageSujet: Re: Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds   Jouer avec le Doggy, s'y brûler les pieds - Page 2 EmptyDim 7 Oct 2018 - 19:55

La Rouille ne devait jamais savoir à quel point DogFish avait été près de lui sauter à la gorge. Peut-être parce que le maître charpentier était lui-même trop isolé dans sa bulle de haine et de rage pour vraiment prêter attention à ce qui l’entourait. Peut-être parce qu’il avait un peu trop confiance dans les inhibitions du Pied Beau. Ou peut-être, sûrement, malheureusement, parce qu’il sous-estimait gravement l’influence que Fib Steiner pouvait avoir sur les autres, et sur Wilhelm en particulier. Il n'en prendrait la pleine mesure que plus tard. Sans doute trop tard.

Mais pour l’instant, le gabier ne faisait plus partie des préoccupations de Zeb. Le charpentier l’avait laissé vautré sur le pont, à quelques centimètres de son propre vomi, en regrettant peut-être vaguement qu’il ne fût pas tombé dedans. La Rouille n’avait même pas vraiment vérifié qu’il respirait encore ; il lui semblait l’entendre, néanmoins, un discret souffle trop ample, rendu humide par le sang et la bile qui tachaient les lèvres du Tétrodon et stagnaient dans sa bouche, et Zeb savait qu’il aurait dû en être soulagé (on ne tuait pas un autre pirate ainsi, certainement pas sur le navire). Sauf que

J’aurais dû continuer à serrer.

il n'était pas soulagé du tout.

J’aurais dû le tuer.

Et que la Rouille ne souhaitait pas s’attarder sur ce constat.

Dans un effort presque violent pour reprendre pied dans la réalité, Zeb reporta toute son attention sur DogFish, cherchant son regard, étudiant les transformations subtiles mais rapides qui lavaient la folie de ses traits pour laisser la place à quelque chose qui ressemblait davantage à ce que l’équipage du Roger connaissait du Pied Beau – un certain égarement, de la peur. Et pour finir, de longs pleurs sans retenue, tandis que le traqueur s’effondrait sur le pont juste au moment où la main de la Rouille effleurait son épaule.

"Paaaardoooooooon.... Je l'ai pas faiiiit... Je l'ai pas faiiiiiiiiiit....."

"Je sais. Je sais Wilhelm, tu ne l’as pas fait."

La voix de Zeb était un peu creuse, un peu cassée ; il avait encore la tête bourdonnante de son propre accès de fureur, de ce qu’il avait (voulu) failli faire à Fib, et il n’était pas certain d’éprouver quelque chose de positif à voir les gros sanglots qui secouaient DogFish – ses longs gémissements de gosse, sur son visage barbouillé de bave pourpre et noire.

Encore ce vague écho obscur au goût de pourri, que Zeb avait appris à reconnaitre : le fantôme d’un souvenir dévoré par Neverland, les restes d’un traumatisme effacé, qui avait pourtant laissé une trace informe et glauque dans la mémoire qui l’avait abrité.

DogFish a aussi pleuré ainsi la dernière fois, n’est-ce pas ?
Après.
Quand il était bien trop tard.


"Je le referaiiiiiis paaaaas..... Plus jamaiis... plus jamais... Plus jamais..."

"Lâchez-le."

"… T’es sûr la Rouille ? On… on devrait pas attendre encore un peu ?..."

Zeb jeta un coup d’œil au corps inanimé de Fib, puis au jeune matelot sans ombre qui s’était assis plus loin pour sangloter silencieusement au-dessus de sa main blessée. Puis le maître charpentier hocha la tête, son ton calme et posé contrastant avec l’extrême pâleur de son visage :

"Lâchez-le. C’est fini."

Lentement, presque à regret, les autres pirates desserrèrent leur prise. Certains refusèrent cependant de se relever, comme s’ils restaient prêts à sauter à nouveau sur DogFish au moindre mouvement intempestif. Zeb ne pouvait pas vraiment leur en vouloir, mais il savait que ce n’était pas la meilleure garantie qu’ils avaient contre un nouvel accès de folie de la part du Pied Beau. Alors il s’approcha, toujours à genoux, avant de saisir doucement les épaules de Wilhelm pour le redresser en position assise :

"Je sais garçon, je sais."

Il resserra sa prise autour de son cadet pour l’attirer contre lui, et sa main valide retint fermement la tête du traqueur contre sa poitrine tandis que l’autre se verrouillait dans son dos. Le geste était étrangement ferme, presque trop pour être affectueux. Certains pensèrent certainement que c’était pour s’assurer que DogFish ne s’en échapperait pas facilement, ou parce que Zeb cherchait à prévenir toute éventuelle agression. D’autres, qui connaissaient mieux les deux pirates, surent que c’était parce que le maître charpentier ne cherchait pas tant à consoler Wilhelm qu’à lui donner une prise, une ancre ; il voulait ramener le Pied Beau dans le monde réel, loin des jeux de Fib, loin de ses machettes et de ses fantasmes de pieds coupés. Il voulait le faire revenir parmi l’équipage, parmi ses frères, et il savait que le faire physiquement serait plus simple et plus efficace – même s’il parlait quand même, bien sûr, un murmure presque continu, monotone, apaisant, qui donnait l’impression qu’il s’adressait à un gamin tout juste sorti d’un horrible cauchemar et pas à un pirate à moitié fou qui avait failli démembrer un collègue :

"Shhh, ça va aller Wilhelm, c’est fini maintenant, c’est fini. Je sais que tu es désolé, on le sait tous. Personne ne te fera de mal. Tout va bien, tout va bien… c'est fini..."

De là où il se tenait, Zeb voyait toujours la silhouette amorphe de Fib, que les autres commençaient à examiner – il entendit vaguement quelqu’un parler de Dabeid, quelqu'un d'autre de Smee – et le charpentier eut envie de dire à Wilhelm de ne plus jamais s’approcher de ce petit vicelard, de ne plus jamais l’écouter, même pas une fois. Mais ce n’était pas le moment de reparler de Steiner. Ce n’était pas le moment d’être logique et constructif.

Pour l’instant, tout ce qui intéressait Zeb, c’était juste de s’assurer que, effectivement, le cauchemar était terminé.
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