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Carne Salt
Carne Salt

☠ Harponneur du Jolly Roger ☠


✘ AVENTURES : 612
✘ SURNOM : Le Prêcheur
✘ AGE DU PERSO : Entre 25 et 30 ans

✘ DISPO POUR RP ? : Full ! Mais Contacte-moi; je ne suis jamais contre une bonne idée...
✘ LIENS : "Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn"

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MessageSujet: Re: Event : Le Bal d'Hiver   Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 EmptyMar 22 Mai 2018 - 9:31

-  Oh frère, il faut plonger ! Plonger ! J’ai peur. J’ai peur. J’ai peur. J’AI PEUR.

La petite Fibule s'agite de l'intérieur, tel un poisson hors de l'eau, tout en restant immobile. Elle est pétrifiée de froid et de terreur. Carne, par le truchement de son colocataire "non-euclidien", perçoit par vague inintelligibles ses ondes affolées. Le pécheur est, lui aussi, perclus de gelures, pour autant, il lui semble que son esprit et ses mouvements ne sont pas complètement pétrifiés. C'est grâce à lui.

C'est grâce à moi.

Avec une tendresse inopinée, le Blafard ouvre ses bras et enrobe la silhouette menue de la saline. Il la couvre de son manteau d'algues tressées et dégoulinantes d'encre noire. Il la surplombe de toute sa grandeur.

Ma grandeur.

Les tentacules de son masque, se mêlent à celles de Fibule, pétrissent ses appendices inquiets de sa présence.

- Je suis là.. petite soeur de sel.... je suis là...

Le discours du Capitàn tombe en boulet de canon. Carne s'en trouve profondément choqué. Son foyer, son bateau, sa place.... Toute ces belles et fragiles certitudes volent en éclat.  Devenir renégat, encore une fois, alors qu'il n'a commis aucune faute qui mérite bannissement. Le Harponneur du Jolly Roger n'existera plus, car la survie prime avant tout. Son dépit se mêle à une colère plus profonde et ancestrale.
Le pantin des glaces choie, disparaît  du bastingage dans les gorges d'un crocodile qui n'attendait que cela. Smee prend sa suite, poignardant le palpitant du pirate tour à tour orphelin de ses deux padres. Carne gronde et renifle. Haines conjuguées. Il soulève la minuscule sirène comme l'oisillon qu'elle est. Un poids plume. Avec superbe, il saute par dessus bord et atterrit sur le ponton. Il repose son paquetage tremblant au sol. Son regard se tourne vers le navire entièrement recouvert de givre.


- Cra zyah'legeth !!!
Y' ymg' mgvulgtlagln !!!!
Ymg' ephaikneel mgep throdogoth ot ya r'luh !!!



De sa main libre, l’albinos plante ses ongles dans le masque gluant et tire. La chose visqueuse et ventousée, se déglue avec difficulté de son visage. Cela bouge. Cela a sa propre volonté. Carne ouvre la bouche pour gober l'horreur indicible. Son goitre, sa trachée se déforment sur le passage de la bête rentrant dans sa tanière de chair. Une fois fait, le pécheur étanche un filet de bave noirâtre du bord de ses lèvres. Ses yeux myopes  brûle d'une rancœur farouche.

Son autre main, elle, se pose alors sur la tête blanche de Seiche.

- Ami, fait-il en écho de la sienne, d'une voix rauque d'épuisement. Je suis ton ami.

C’est une promesse, un pacte. Il s’acquittera de la protéger de cette menace, le temps qu'il faudra.
La Faim attendra.

Résumaaaaaay:
 







Iä, Iä, Cthulhu naflfhtagn...


NNL Award  Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 3864948088  :
 
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Flot
Flot

≈ Sirène Simple ≈


✘ AVENTURES : 113
✘ SURNOM : La Dodue
✘ AGE DU PERSO : Jeune

✘ DISPO POUR RP ? : oui !
✘ LIENS : C'est la baleine
qui tourne qui vire
comme un joli petit navire
Prenez garde à vos p'tits doigts
ou la baleine les mangera !

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MessageSujet: Re: Event : Le Bal d'Hiver   Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 EmptyMar 22 Mai 2018 - 10:08

-  ASSEZ.

La voix de stantor du chatnuscule résonne dans sa tête, tel l'écho caverneuse d'une grotte. Elle relâche son gôuter et pose ses mains sur ses oreilles endolories. Elle chouine, le masque de guingois, le blanc-seiche de sa robe et son menton tout empoissés de sang.
Faim !
Elle est toujours là.
Elle glapit dans son estomac.
Faim ! FAIM ! FAIIIIIM !
Ses bras potelés se tendent vers le jambon encore frais.

- Il n’est plus temps. Tu devras t’en contenter.

La grande main du Chatnuscule, l'agrippe, la force à gravir les escaliers. Dans sa course, elle lorgne sur la nourriture, en retrait et qui couine toujours. Elle salive, enfiévrée par sa fringale et cette jambe appétissante qu'on abandonne.

Sur le pont, Flot lâche la main de son pourvoyeur de viande. Elle écoute, pétrifiée, le discours terrible du Papitaine. Lorsque Hook est brusquement croqué par le Crocodile, la Dodue pousse un cri suraigu de terreur qui vrille les tympans de ceux qui l'entourent. Elle se laisse tomber à genoux, en pleurs. Inconsolable.
La Faim en sourdine, elle caresse les planches du navire.
Son sel se mêle au sang,
se mêle au bois,
se mêle au givre.
Elle s'allonge et colle sa joue contre son pauvre bateau, qui n'a plus de papa.

- Je ne te laisserais pas tout seul, mon Jolly. Je te tiendrais la main. Promis, promesse...


Son chant s'élève alors, puisant et distordu, soulevant la buée qui s'estompe peu à peu. Cri de ralliement pour ceux qui demeurent, hymne mortifère pour ceux qui s'en vont. La peau de la sirène pâlit, bleuit. Ses larmes se tarissent et gèlent sur ses joues. Son coeur ralenti.
Fièvre et Faim se sont tues.

Ne reste que ces quelques trilles qui s'égrainent dans le froid polaire.
Un adieu à l'Océan.


Résumé:
 






Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 Flot-s11


Dernière édition par Flot le Mer 23 Mai 2018 - 8:03, édité 2 fois
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Aurèle Aries
Aurèle Aries

☠ Fermier du Port ☠


✘ AVENTURES : 45
✘ SURNOM : L'Échoué
✘ AGE DU PERSO : Petite vingtaine

✘ DISPO POUR RP ? : A discuter
✘ LIENS : "Quel est le plus profond, le plus impénétrable des deux : l'océan ou le coeur humain.”

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MessageSujet: Re: Event : Le Bal d'Hiver   Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 EmptyMar 22 Mai 2018 - 19:14

Aurèle au milieu de la fête ressemble à une écorce à sa façon de se laisser ballotter, il bouge parce qu'il y est forcé - par son rhume soudain par exemple - mais il ne s'implique pas plus que ça, spectateur détaché, plus sensible à cette "discussion"  avec le garçon qu'à tout ce qui les entoure. Pourtant il a conscience de tout ce qui les frappe, des maux qui touchent presque chacune des personnes présente. Il voit les souffrances et sent la sienne aussi pour sûr, mais il n'y prend pas vraiment part, d'abord concentré sur la santé du petit qui heureusement semble lui affirmer qu'il va bien. Tant mieux. Aurèle n'aurait pas voulu le savoir malade lui aussi, surtout que de ce qu'il en voit ça n'est, pour beaucoup d'entre eux, pas la joie, alors son sourire répond au sien avant qu'il ne fixe les nouveaux gestes, comprenant rapidement la question. Et elle le soulage énormément à vrai dire la demande car ça le rend fou de rester là, piégé comme un rat à l'intérieur de ce bateau qui craque et gémit sous ses pieds, un peu trop plein de vie.

Il en frémit et puis acquiesce tout en fixant le garçon, attrape son poignet pour ne pas le perdre dans la foule et déjà tente de rallier l'escalier. Seulement il s'arrête en chemin pour observer l'homme à la cape rouge, ses sourcils se froncent et même s'il ne parvient toujours pas à lire quoique ce soit sur les lèvres (de toute façon elles sont masquées) il peut comprendre rien qu'aux visages des autres que la situation est encore pire que ce qu'il a pu croire. Il y a des hommes qui se traînent comme ils peuvent, la carotte qui s'écroule à son tour, et le Bermudon tourne un regard plein d'angoisse vers son compagnon de fortune. Est-ce qu'il comprend mieux lui ? Il ne saurait le dire.

Rapidement tout le monde se met en mouvement. Ils vont vers l'escalier et Aurèle suit, ballotté par le flot de personnes. Que se passe t-il ? Ça l'agace de ne pas savoir. Grimper les marches cependant lui fait du bien, déjà il sent l'air frais se glisser dans ses poumons. C'est peut-être un peu trop frais toutefois, il serre avec force la petite main du garçon sans se dire qu'il pourrait la casser s'il continue, inquiet, surtout quand sa peau se fait mordre par le froid. C'est pire encore qu'à son arrivée, l'Échoué n'aime pas ça du tout. D'ailleurs de sa main libre il indique l'oreille de Nacre puis Hook monté à son tour, d'un air de dire "Il dit quoi ?". Et même si il peut pas lui expliquer, Aurèle se contentera d'une expression pour savoir si c'est bon ou mauvais. ...Quoique. Il lui suffit de voir le bonhomme rouge se précipiter par dessus bord pour savoir que ce n'est pas la joie. De même quand le second suit. Tiens, on lui avait pas dit que c'était concours de plongeon ce soir ! Sur son visage passe une ombre dépitée, déjà certains ont commencé à s'en aller. Et lui alors ? Il se tourne vers Nacre et se pointe du doigt avant d'indiquer la berge : pas question qu'il reste ici une seconde de plus même s'il n'a rien pigé quant à cette soirée.

Parce qu'il déteste la mer et les tempêtes qui lui ont pris son père. Parce qu'il déteste les navires qui ploient et se brisent trop vite. Parce qu'il a été trop imbécile de s'aventurer ici.

Alors il relâche le petit poignet et après un regard appuyé pour demander au garçon ce qu'il va faire, le voilà qui s'éloigne déjà. Hors de question de rester ici même un court instant de plus. Hors de question de rester avec cet homme au visage bleu ou n'importe qui de cet acabit puisque visiblement le Capitaine se trouve désormais au fond du ventre d'un crocodile. Mouais, pas top comme sort. Aurèle préfère s'en aller tant qu'il est encore temps (au moins la question ne se pose pas puisqu'il n'a rien entendu et que même dans ce cas-ci il est peu probable qu'il se soit décidé à rester).

A voir son compagnon va suivre.

En bref:
 
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Nacre
Nacre

≈ Sirène Simple ≈


✘ AVENTURES : 21
✘ SURNOM : La Neigeuse
✘ AGE DU PERSO : environ cent ans

✘ DISPO POUR RP ? : Ouip !
✘ LIENS : Comme une étoile qui s'est perdue loin de l'océan.

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MessageSujet: Re: Event : Le Bal d'Hiver   Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 EmptyMar 22 Mai 2018 - 20:12

La main du garçon sur mon poignet serre fort, fort. Je grimace mais je sais que tant que j'ai mal, c'est que je ne l'ai pas perdu. On essaie de se faufiler vers l'escalier mais tout à coup, l'homme en rouge se met à parler et l'angoisse me tord le coeur. Quelque chose ne va vraiment, vraiment pas. Tout le monde se bouscule pour sortir mais la main serre toujours mon poignet et le garçon qui ne parle pas est encore avec moi. Il me tire, je le tire, on se tire ensemble, manquant de tomber à chaque pas jusque sur le pont.
Mon compagnon ne comprends pas ce qui se passe mais cette fois, je ne peux lui offrir qu'un haussement d'épaules en réponse. Moi non plus je ne comprends pas. Les humains sont des gens vraiment bizarres et, pour la première fois depuis le début de la soirée, j'ai vraiment peur. Même si je ne sais pas de quoi.

Enfin, on arrive sur le pont. Il y a tellement de monde tout à coup ! Vraiment très inquiète, je regarde tout autour de moi tout en restant proche du garçon muet. Certains pirates n'ont pas l'air bien du tout, on dirait qu'ils sont statufiés, ils ne bougent pas d'un poil. Même pas pour faire ce que font tous les humains, se frotter le nez ou cligner des yeux. Rien du tout. Ils sont tout pâle et leurs iris sont si clairs que c'est franchement effrayant. On pourrait presque croire qu'ils sont morts, ils ressemblent à ces poissons qu'on trouve échoués sur la plage. Sauf que eux ils parlent et des fois ils se déplacent. En tout cas, je n'ai pas, mais alors pas du tout, envie d'y goûter.

Cette fois j'entends vraiment ce que dit l'homme en rouge. Il pense vraiment qu'il peut faire la loi sur notre océan ? C'est ridicule. Sauf qu'il a l'air tellement sûr de lui que ce n'est pas rigolo du tout. Le bateau pue la peur et je sens mes soeurs qui s'inquiètent, qui s'affolent. Un violent message d'alerte manque de me faire plonger sans réfléchir. Il faut quitter cet endroit, et vite. La main qui serre mon poignet est toute chaude mais elle s'en va. Le garçon me regarde, il a l'air de m'attendre.

- On s'en va.

Cette fois c'est moi qui attrape son poignet. Il fait vraiment froid, c'est bizarre. Je sens la glace qui affleure et qui fait frissonner mon corps humain, moins solide que mon corps aquatique. Sans l'épaisseur de mes écailles, je risque de vite m'endormir. Il va falloir que je plonge, comme les autres. Flots, par contre, a l'air de vouloir rester ici. Mon coeur se déchire entre l'envie de rester auprès d'elle, de ne pas l'abandonner, et le besoin d'aller mettre mon joli garçon au chaud pour qu'il ne s'abime pas. Finalement, je me dis que Flot est grande. Elle doit savoir ce qu'elle fait. Et elle saura très bien se sauver toute seule, alors que mon garçon il est tout fragile.

Comme je ne peux pas plonger avec lui, je le suis sur la terre ferme avec les autres rats qui quittent le navire.

Du coup:
 
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Baron Dimanche
Baron Dimanche

☠ Guédé du Bayou ☠


✘ AVENTURES : 94
✘ SURNOM : Le Calciné
✘ AGE DU PERSO : Indicible

✘ LIENS : _Kriké?
_Kraké.

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MessageSujet: Re: Event : Le Bal d'Hiver   Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 EmptyMar 22 Mai 2018 - 21:56

Si Dimanche prenait la peine de demander le consentement de son frère aîné, ce n’était pas seulement par respect pour Kaplata et certainement pas parce qu’il doutait de ce qu’il allait faire. Ce n’était ni pour venger les siens, ni pour aider le Capitaine ou son équipage. Lui même ignorait (ignorait volontairement) ce qui le poussait à vouloir décortiquer les secrets de ce qui restait de Hook, alors qu’il savait que leur priorité était ailleurs.

Panzou, encore une fois, avait raison. Le danger attirait et attisait Dimanche.

Et sans doute le Wa savait-il déjà que peu de choses le dissuaderaient : il n’avait fait que hocher la tête.

(Tick ! Tock ! faisait le Crocodile contre les flancs du bateau.)

(Tac ! Tac ! faisaient les talons du Capitaine dans l’escalier)

Dimanche sembla pousser un soupir, lourd fumerolle anthracite craché par la gueule géométrique du masque – il tourna la tête légèrement, considéra Erzulie qui s’acharnait à aider même quand la force lui manquait. A côté, Mardi s’amusait et il lui restait un peu de sang sur le menton – un sang étrangement étoilé.  Dimanche ne dit rien, encore. Ses dents restèrent serrées. La douleur l’empêchait sans doute de réfléchir correctement, ou peut-être était-ce encore une colère souterraine qui l’aveuglait ; qu’importe, au final. Il serait vite fixé sur leur sort commun.

Les enfants du Bayou se mirent en marche.

En arrivant sur le pont à la suite de Samedi, le Second Fils fronça les sourcils sous son masque. Tout était blanc, et bleu, givré, glacé – la précieuse charpente de la Rouille était mangée par le gel et le sel tandis que les vagues chantaient lugubrement dans l’obscurité de l’océan. Une étrange sensation glissa sur la peau du Calciné, courant sur sa peau et serpentant le long de son dos jusqu’à l’échine – pas douloureuse non, juste...méconnue. Diab, distrait par cette nouveauté, pencha la tête et considéra son bras droit à travers les ajours travaillés de sa manche. Sa peau avait pris une texture inédite – comme piquée de minuscules points à peine plus clairs que sa peau.

Cap-cap aster, si li?

Le Guédé abaissa lentement son bras, concentrant son attention sur le Capitaine, rouge comme une flamme sur le ponton glacé, mais froid, tellement froid anndédan. Il fanfaronnait et irritait par sa seule posture. Son discours était nu d’explications : aucun mot sur le macchabée laissé dans l’entre-pont, ni sur le mal obscur qui avait frappé même les plus puissants convives du bal. Il faisait une offre, et niait ce faisant tout ce qui caractérisait Jas. Hook. Oublier Pan ? Devenir le Roi de l’Île ?
Dimanche, juste en peu retrait aux côtés de Samedi, secoua lentement la tête. Puis, assez soudainement pour arracher à l’assemblée pantoise un hoquet de stupeur horrifiée, le Capitaine disparut. Tick ! Tock ! Le Crocodile aurait-il enfin gobé le sacrifice qui lui était dû depuis toujours? Le Calciné, trop épuisé pour trouver la situation amusante, ne vit que du coin de l’oeil le second du capitaine s’arracher aux bras de Skelton pour se jeter à la mer : son attention fut arrêtée par le répugnant spectacle qu’offrait le protégé d’Erzulie, proférant des menaces en langue abyssale avant de ravaler goulûment son propre « masque ». Une grimace passa brièvement sur ses lèvres tandis qu’il détournait le regard – il ne doutait pas que sa fiancée le tînt en laisse, mais ce pauvre boug’ à l’âme rapiécée faisait de plus en plus peine à voir.

Samedi parla alors. Dimanche écouta. Il nota également les regards qui s’étaient posés sur le Premier Né, avec une nette attention à ses menaces autant qu’à l’assurance que le Bayou tiendrait. Kaplata parlait peu, mais parlait bien : en quelques mots il était parvenu à rassurer les dalons rassemblés autour des Barons, et à tenir tête autant aux matelots consumés par le gel qui lorgnaient sur eux qu’aux autres pirates qui hésitaient à partir.

Cependant, Dimanche doutait aussi, doutait encore. (Vilain défaut, dirait Maman)

Sous le couvert de son masque, il dévisageait avec insistance les quelques marins serviles, presque bleus d’être trop pâles, qui amarraient le bateau à quai. Il était à l’affût d’un détail utile, d’une petite déchirure dans le manteau de mystère et de gel dont le Jolly Roger s’était couvert en l’espace d’une nuit : tout indice serait bon à prendre pour, comme l’avait si bien prophétisé Samedi, revenir plus forts.

(L’idée de rester lui vint, bien sûr. Lui, le fils d’une fournaise, goûtait pour la première fois aux frissons du froid. Cela forçait le respect. Attisait la curiosité. Affirmait l’envie d’écraser.)

En silence, épuisés et probablement sous le choc, beaucoup quittaient déjà le navire pour rejoindre le ponton. Son bois glacé était glissant et un impitoyable vent hivernal sifflait dans leurs oreilles, obligeant certains à rentrer la tête dans les épaules, d’autres à regretter la légèreté de leurs costumes. Les sirènes retournaient à la mer, leurs chants déchirant l’air de leurs harmonies navrées – l’une des filles de l’eau choisit de rester, et sa lamentation parvint à tirer le baron de sa froide inspection.

Dimanche détacha enfin son regard des marins envoûtés pour regarder sa fratrie : Samedi, sans autre forme de procès, se dirigeait déjà vers la sortie avec la plupart des autres enfants du Bayou à sa suite. Mardi était soutenu par une femme blonde, celle qu’Erzulie avait appelé Janblanche, et le corps de Mercredi reposait sur les épaules du brave Pearl. Vendredi lui tenait la courtisane serrée dans ses bras, et « déboussolé » peinait à peindre fidèlement l’état dans lequel semblait se trouver le benjamin des Barons. Il avait l’air effondré, comme s’il devinait une autre catastrophe imminente.
Enfin, le regard incandescent du Baron se posa sur Erzulie.

(Doux poison de ses veines.)

Pour la première fois qu’ils avaient mis pied sur le pont à la merci des vents et du froid, Dimanche se déplaça. Il s’avança vers sa fiancée tout en esquissant un vague mouvement d’épaules : puis, dans un ample froissement, son manteau bordé d’une laine noire et crue vint doucement retomber sur les petites épaules de la mambo.

 « Allons. » 

Encore une fois, un seul mot s’échappa de ses lèvres. Sa voix était calme, mais indéfinissable au-delà de ça – et ses traits toujours dissimulés sous son masque rouge ne pouvaient trahir ce qu’il pensait à cet instant précis. Le Baron se détourna de sa fiancée et, allant à contre-courant, se dirigea vers le mât principal. Des matelots glacés lui lançaient des regards noirs, mais il les ignora royalement : il avait une idée en tête.

Ainsi, avec un geste élégant et mesuré, le Baron se délesta de son masque en étirant son bras devant lui: les longues tresses noires et emperlées glissèrent de ses épaules et s’enroulèrent autour de son avant-bras dans une cascade de cliquetis légers. Un nuage d’une fumée noire et sulfureuse glissa autour de lui comme un second manteau, et l’on pouvait enfin voir son visage : fermé, soucieux, crispé dans une grimace qui pouvait à la fois tenir de la colère et de la souffrance. Arrivé au pied du grand-mât, il appliqua le masque rouge contre le bois, à hauteur d’yeux. Il pressa sa main comme pour enfoncer le masque - et de fait, ce fut ce qui arriva : un sifflement vif emplit l’air, et une vapeur virulente qui sentait le souffre fit reculer les quelques marins les plus proches. Le bois gelé, au contact du masque, siffla, craquela, s’affaissa tandis qu’une matière noire et pâteuse suppurait de l’intérieur du masque, enduisant son contour en grasses cordées avant de s’écouler sinistrement le long du mât par filets visqueux. Point de rougeoiements dans cette lave-ci : au contact de la glace, elle bouillonnait, demeurait noire et dessinait rapidement des bulles lugubres qui en refroidissant deviendraient d’étranges cloques de verre. Le masque du Calciné se logea ainsi dans le grand-mât, rappelant aux convives la malédiction lancée par Erzulie et son masque brisé aux pieds de l’usurpateur de Hook.

Le Baron La Croix à son tour laissait sa marque sur un navire maintes fois maudit.

Dimanche abaissa son bras, contemplant son masque comme s’il se regardait dans le miroir. Il tourna la tête, altier et sombre, chercha le charpentier roux des yeux et le trouva sans difficulté : il lui adressa un coin de sourire qui valait moquerie et excuses en presque égales mesures.

Puis il tourna les talons, et rejoignit son clan.

Bref!:
 






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Gourou fakir dann pié sapan
Sa mon kor, mon lèv sanm ou

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Grizzly Funeste
Grizzly Funeste

♐ Bras Droit des Piccaninny ♐


✘ AVENTURES : 148
✘ SURNOM : L'écorché
✘ AGE DU PERSO : Entre 35 et 40 Hivers

✘ DISPO POUR RP ? : Négociable. Si tu l'oses. (Pour 1 ou 2 topics, 3/5 hors Bayou; rythme tranquille)
✘ LIENS :
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Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 Bulletred Sinistre Oraison
Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 Bulletred Mélopée Funèbre

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Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 Bulletred Chute de scalps: I - IV - VI -
Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 Bulletred Peaux tannées: 0 - II - III - V - VII
Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 So2T8GM


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MessageSujet: Re: Event : Le Bal d'Hiver   Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 EmptyMar 22 Mai 2018 - 23:16

Grizzly fulmine, sur le manteau givré qu’est devenu le Grand Canoë des visages-pales. Son sourire est resté, comme gravé, comme figé. Il voudrait rire, en rire. La situation n’a cessé de l’amuser, malgré les avaries, la douleurs, les maladies qui surgissaient mais… un ennemi que l’on ne peut tuer, cela l’amuse… bien moins.

Il se fout de ce qui vient de se produire, de l’effet de mise en scène. Il se fout des blancs trop livides, des encore vivants à qui l’on propose cette indécente malédiction.

Seules les légendes sont vraiment immortelles

Tout devait avoir une fin. C’est ainsi que les Grands Esprits l’avaient voulu, il n’y avait que les âmes errantes qui perduraient à jamais. Comme celle de l’Enfant qui riait, comme son ombre générée par delà les mers, celle-là même qui venait de se jeter dans le gouffre du crocodile hoquetant.
Mais aucun n’était invulnérable.

Ni immortel. Même les sirènes finissaient par s’échouer, revenir au cycle. Ce que l’entité propose va au-delà de ce qui pourrait être acceptée.
Alors il laisse éclater son rire, Grizzly. Il aurait sans doute applaudit, si ce n’avait été une coutume de blancs ; son rire suffit à apprécier toute l’absurdité.

Pour redevenir sérieux, aussi soudainement :

« Cela signifie que Grizzly Funeste devra anéantir ceux qui choisiront de rester. »

Avant qu’ils ne soient transformés. Derrière, une sirène chue, s’est vidée de ses couleurs, alors qu’il avait tant pris soin à la remplir, à la peindre de sa propre splendeur.

Devra-t-il commencer par l’imposante squaw des mers ? Lui qui jamais ne s’attaquait aux frères de l’ile et de ses eaux, lui qui respectait chaque vivant tant que l’on attaquait aucun membre de sa tribu…

L’aïeule de leur petite troupe interrompit sa réflexion d’un acerbe « Je pars. » auquel Grizzly répond par d’inclinaison discrète qu’elle ne pourrait voir. Il n’avait jamais douté du choix qu’elle prendait.

« Vous venez ? » – C’est la voix de Héron, celle de la raison, comme… il n’y a pas si longtemps.

« Partez devant. Je vous rejoindrai. J’ai encore à faire ici. » répond-t-il, inflexible, alors qu’Ibijau rejoignait aussi ses ainés.

Il s’est accroupi, le grand guerrier, caressant du bout des doigts, la carcasse pâlie de la sirène. Peut-être qu’il cherche à l’achever, ce qui arrêtera son cycle pour de bon. C’est un acte de pitié, mais il hésite. La squaw n’était pas le véritable ennemi ici.
Comme une mère qui avait allaité son petit, Grizzly Funeste l’avait abreuvé d’un peu de lui, comme il avait lavé dans le sang un ancien très pâle, adoubant le nouveau brave qu’il intégrait.

Mais une sirène comme suppôt du Grand Canoë ?

Pourrait-il déjà la tuer ? Ou était-ce trop tard. Cela le frustre, de ne pas pouvoir décider, choisir ce qui devait être, agir en conséquence. En guerrier.

Une quinte de toux le traverse, lui coupant toute intention. Son sang égrène ses gouttes, pluie vermeille bien vite figée, en se redressant, il observe l’étrange manège du fils d’Hastsezini, contemple son fait et approuve de nouveau silencieusement.

Il en crachera encore en dehors, du sang d’en dedans, mais qu’importe. Son ton enfle, se fait plus que jamais menaçant, suffisamment fort pour qu’aucun ne l’ignore :

« GRIZZLY FUNESTE RENDRA A LA MER CEUX QUI CHOISISSENT L’HIVER. »

Il n’y a pas d’immortalité. Il n’y a que l’oubli. Le danger. Et l’épuisante danse des esprits avec ceux qui survivaient.
Si le guerrier pouvait à son tour dissuader les derniers hésitants, ceux qui n’avaient pas été convaincu par le premier né de Brigitte, il demeurerait jusqu’aux dernières secondes. Se frotter à ses nouveaux gisants avant de rejoindre à son tour – et au dernier moment – les tréfonds de l’océan.


Résumé:
 







Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 Grizzl11
Il s’était éveillé. Il s’était réveillé.
Le monstre demeurait. A ronger ses entrailles, à exiger encore sa part insatiable. Les lunes décroissent, s’effacent... Et le regard sombre de Grizzly fend la pluie.
Il est de retour chez lui.


Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 Blood_10

= Fresques =

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Baron Mardi
Baron Mardi

☠ Guédé du Bayou ☠


✘ AVENTURES : 38
✘ DISPO POUR RP ? : La fiche d'abord !
✘ LIENS : La couleur est un corps de chair où un coeur bat.

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MessageSujet: Re: Event : Le Bal d'Hiver   Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 EmptyMer 23 Mai 2018 - 0:30

Le spectacle continue, et Mardi sourit encore d'un drôle d'air. Il écoute le Kapitan parler, et rit doucement en entendant ces mots impis et effrontés. Eux, le Bayou, devoir choisir ? Eux, le Bayou, sans qui le Kapitan n'est qu'un pantin des mers ? Ah ! Ah que c'est drôle ! Janblan rit doucement en roulant de la tête qui est bien trop lourde. Son coeur est encore un peu fou, mais pourtant bien plus sage qu'avant. Il s'appuie contre Mercy et rit doucement mais sans s'arrêter.

- Li fou sa a, se li. Li gen awogans nan moun fou, li Kapitan.

L'arrogance, oui, c'est bien de ça qu'il s'agit. Qui es-tu, Zonbi, pour croire les impressionner, les fiers enfants du Bayou ? Ne sais-tu donc pas que tu leur est redevable ? As-tu déjà oublié ce que tu dois à Brigitte, ou le pacte avec Mardi ? La Toile s'en amuse, comme un voit les chiots jouer aux terribles face aux grands molosses. Jeu dangereux, oh Kapitan fou. Tu n'es pas toi-même, la Toile le sent bien. Mais oh, quel réveil douloureux ce sera quand tu sortiras de tout ça !

Mais en sortiras-tu ? Un bond, un "CLAC", un bruit d'éclaboussure. Mardi reste là, les yeux ronds et le sourire grand grand qui lui bouffe le visage. Tick Tock ? Le Krokodil il a mangé Zonbi, heh ? Ah ! Et ton toutou fidèle qui saute te retrouver en prime ! Si Kapitan tu meurs, de part votre marché il possède donc ta carcasse si le croco meurt ? Ah, c'est qu'il n'a pas oublié cette envie à votre première rencontre, Kapitan, de t'avois dans son salon. Mais cette mort.. C'est absurde. Trop facile. Gâché. Et si ridicule ! Mardi, une fois de plus, éclate de rire à ce revirement. Les voix, les murmures se sont tues. Ne restent que quelques tambours, timides mais présent. Non, il n'a pas la force de les invoquer sur sa peau, plus maintenant. Plus tard, sans doute.

Au milieu de la stupeur générale, Mardi rit.

Autour, ça bruisse et ça réagit. Les gens se regardent entre eux, certains partent. Désordre, oh qu'il aime ça ! Et puis y a le Bayou, heh. Sa petite famille qui réagit. Kaplata fait le petit chef, et ça fait rire de plus belle Mardi quand il les menace de la colère de Maman. As-tu donc si peur que ton autorité seule ne suffise pas, Samedi ? Et tu aurais sans doute raison. Tu as beau être l'ainé, tu n'es pas Maman..

S'appuyant un peu plus contre Mercy -Janblanche, ah oui !- Mardi se redresse tant bien que mal, et sourit à Panzou, Mercy, Zuzu.. Qui veut. Il n'a pas peur pour deux sous, ni du Kapitan ni du Démon. Viens donc, viens ! Viens, que l'on joue un peu ! Et d'ailleurs, il a envie de le dire haut et fort.

- Sans vouloir jeter un froid le Bayou, il ne s'incline devant personne heh ! Jolie soirée, soirée bien animée et givrée. On se reverra un jour, heh.


Ces retrouvailles là, il ne doute pas qu'elles auront lieu un jour. Mardi ne sait juste pas quand. Mais il sera patient et t'attendra, ô Kapitan. Ne lui as-tu pas accordé ta main ? Il n'oublie pas, non. Il la veut ! Tout comme ton corps, pendu en décoration. Quel beau trophé tu feras, Zonbi.

Il s'est tourné vers Janblanche avec un début de sourire en coin et des yeux qui pétillent. Le monde est fou, et la Toile s'en amuse.

- Mwen bèl Mercy, merci de ton aide. Tu veux bien m'accompagner encore sur un bout de chemin ? Sof si ou jwenn fatige nan mwen. Un regard vers le givre tout autour, et sa respiration rendue visible par la température trop basse pour son corps frileux. Bien heureux d'avoir encore sa cape, ça oui ! Je partage de ma cape si tu as froid, heh. Aide échangée.

Mais en se tournant vers toi, Mercy, il est un peu plus redevenu lui-même. Un chatoiement de nuances et d'expressions à peine esquissées. Il était temps de redevenir mesuré : jusqu'à présent, seule sa famille avait vu ses éclats francs. Heureusement pour lui tu acceptes de l'accompagner encore un peu. Au moins jusqu'au Port, il sera toujours temps de voir la suite plus tard.

Ah ! Quelle soirée mémorable !

Du coin de l'oeil il remarque le manège de Dimanche, et hoche doucement de la tête. Sans doute lui demandera les nouvelles du pont. Il est curieux de voir ce qui se passera. S'il avait connu le principe, il aurait sans doute pensé à ça comme de la Télé-réalité.

Derrière, il entend une grosse voix vociférer des menaces à quiconque oserait rester. Ne fut-ce que pour voir le spectacle, Mardi aurait pu être tenté s'il avait été en meilleur état. Mais son corps malheureusement le rappelle bien trop à la dure réalité

En bref:
 






Mardi trace des vévés en #ffffcc.
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Seiche
Seiche

≈ Sirène Simple ≈


✘ AVENTURES : 106
✘ SURNOM : Le Caméléon
✘ AGE DU PERSO : Apparence juvénile. Mais pas si jeune.

✘ DISPO POUR RP ? : Yup, pour 1 ou 2 topics! (3/5) Rythme un peu lent.
✘ LIENS : Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 Bulletwhite La Juste Seiche
Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 Bulletwhite Encre & saucissons
Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 Bulletblue Fraîchement Tranchées: I - II - III
Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 Bulletblack Désossés : IV - V - VI


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MessageSujet: Re: Event : Le Bal d'Hiver   Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 EmptyMer 23 Mai 2018 - 2:29

Sous les convulsions, il y a la chaleur et l’odeur. Si familière odeur. Seiche s’y terre, s’y réfugie comme le faisait-elle entre les faons de sa grosse jeune sœur. C’est comme un rideau, ces algues et son odeur. Un rideau qui la coupe de l’extérieur. Et dans une relative obscurité, ventouses contre ventouses, tendresse spontanée ; Seiche parvient à calmer un peu, les battements de son cœur.

Sa voix. Elle n’est pas seule. Oui. Il est là. Petit frère à l’aura millénaire. Il avec ton son ça. Ce sépia condensé dans lequel on ne voit pas.

Lui arrive à demi-filtré, la grosse voix menaçante et glacée, les promesses de terreurs plus grandes encore. Ce n’est pas prononcé. Mais Seiche le sait. Oui. Elle le sait. Elle n’a pas besoin de comprendre. Juste de sentir.
Et Grand-Frère tentaculaire fait rempart de ses bras, grand-frère tentaculaire les protègera, n’est-ce pas ? N’est-ce pas ?

C’est fou, ce qu’il fait plus froid. Le Caméléon y est pourtant bien moins sensible que ses sœurs, mais elle le sent s’infiltrer entre les écailles transformées de sa robe d’humaine. Elle sent l’invasion par sillon, ses rainures blanches, un peu bleuies qui lui rappelle curieusement la chevelure de Coquillage.

Petites sœurs…

La sirène sent l’émoi de son gardien et porteur. Elle a placé sa main sur son cœur, avant d’être surprise par l’élévation.
Petite sœur

Il y a en fond, comme un murmure un peu brouillé. Ce que couvrait sans doute la voix sépia de son gardien, qui se faufile par les rainures, et les flocons de Père trop rafraichi. C’est une douce litanie, qui la berce un peu.
Seiche reconnait, reconnait bien. Et ses yeux se mouillent d’encre, ses doigts s’agrippent plus fort dans la peau de ce frère. Elle a compris, elle a senti la décision de Flot.
Et sous la terreur, Seiche ne peut émettre un son, ni un mot.

Que des sanglots.
Ô Flot !

Elle ne peut empêcher son un-peu-trop-deux-jambes de sauter, elle n’a même pas la force de le retenir, de revenir en arrière. Sa sœur si chère, son récif, son îlot.

Flot ! Flot ! Flot !

Elle la sent s’atténuer, son aura chérie, comme si elle s’endormait… bercée par les…

« FLOT !!! »

Sœur, sœurs. Plus que la peur. SŒURS. Plus qu’un cœur. SŒUR.

Elle a crié, petite Seiche, elle a crié, couverte par une voix plus rauque et plus sombre de maux qu’elle ne comprend pas, dont elle sent le poison bien moins inoffensif que son sépia. Le petit oiseau dont le masque est resté solidement amarré, voit se démener son gardien avec le sien.
Ses tentacules gesticulantes qu’il absorbait comme s’il se nourrissait. Lui-même sans être lui. Un cannibalisme égocentré. Elle n’a pas le temps d’avoir Peur, trop bouleversée qu’elle est.
Ne peut qu’assister, désemparée, à ce ravalement d’entité. Transie quand il la touche.

Grand frère a la figure d’un deux-longues-jambes. Grand frère n’a plus la carrure tentaculaire.

Qu’est Grand-frère ?
« Ami, je suis ton ami. »

Oh. C’est un ami. Oui. Un ami.

Sense tu vois, je me suis fait un ami.
Un autre que toi. Mais lui,
je n’ai pas envie de le manger, tu vois ?
Non. Non. Lui, il est différent de toi.
Il a quelque chose de moi.
Mais plus vieux, tu vois ?
Plus grand. Plus jeune.
Plus terrifiant, je crois.

« Flot… » – C’est un dernier murmure, un dernier sanglot.

Sous les soubresauts, et les doigts de la sirène courant sur ses yeux, le crâne si bien orné s’effondre à ses pieds, comme déposant les armes, tachetée des larmes noires de la sirène ; une offrande florale que l’on déposait devant… la stèle mortuaire que représentait désormais le navire endormi.
Et Seiche qui s’est réfugiée dans la seule antre qu’elle reconnaissait encore. Dans les bras de son porteur de mort.

Résumé – Carne – Flot – Sirènes un peu:
 






« Que je laisse à mon tour, courir mes doigts.
Que je te goûte. Que je t’aime plus fort encore
même si tu ne bouges pas...
Mon dormeur aux yeux ouverts...
Ô ma première proie. »

Juste Seiche:
 
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MessageSujet: Re: Event : Le Bal d'Hiver   Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 EmptyMer 23 Mai 2018 - 8:52

La procession du peuple du Bayou fait son apparition sur le pont. Erzulie tremble de froid et de rage. Une ire tournée vers l'intérieur pour maintenir son coeur noir sur les braises.
Il faut bien cela pour encaisser le spectacle.
Elle aurait ri, avec Mardi, du risible de ce triste opéra-bouffe, si son peuple n'était pas grignoté dans sa chair par la farce. La magie qui s'étale sur ces planches, sur ces carcasses est inédite. Elle tue les sentiments. Elle tue l'Amour. Frisson. Un moment , une poignée d'instants, l'Amour doute. Est-ce plus fort que les loas ? Est-ce plus puissant que Manman Brigitte ?

- Nous allons nous préparer. Devenir plus forts.
Nous sommes le Bayou, et ce n'est pas le froid qui va nous enterrer.
Si vous ne voulez pas subir la colère de Maman, vous feriez mieux de me suivre.


Le plus vieux jour de la semaine n’est pas ébranlé. Il ranime en la jeune femme la certitude de leur souveraineté. Elle reste, pourtant, plantée là, dans l'attente du chaînon qui la raccroche à cette famille.

Dimanche.
Diab.
Son fiancé.
Son allié dans cette vie éternelle de solitude.

Le regard incandescent du Calciné se pose sur elle. Il s'approche, dépose son lourd manteau sur ses épaules nues. Un soulagement diffus s'infuse dans toutes ses veines.

- Allons, dit-il simplement.
- Allons, fait-elle en écho, avec la même simplicité.

Elle s'avance jusqu’au bord du bastingage, et fait sereinement halte, le temps que le guédé effectue son oeuvre. Son coeur est en paix, ses protégés -Xen, Carne, ces quelques pirates qu'elle a gratifié de ses charmes...- ne sont plus sur le navire. Laissant préséance à son baron, elle se coule dans sa foulée, port royal et regard haut.
Une fois sur le sol du port, elle a un regard en arrière pour ce bateau qui pleure par le truchement de cette sirène, qui a choisie d'être sa proue. Ses lèvres pleines s'entrouvrent et prononce cette prière presque imperceptible :

- Gede Zarenyen
Woy woy
Gede Zarenyen

Gede Zarenyen
Woy woy
Gede Zarenyen
Woy woy
Gede Zarenyen

Gede Zarenyen
Yap fé konplo
Pou yo touye mwen

Woy woy
Gede Zarenyen


C'est ce moment que choisi Mercredi pour se réveiller. Il s'étire et baille, tel un chat, lové paresseusement dans les bras de Pearl.

- Quelle sieste à réveiller les MORTS ! Mwaha ! La bringue est d'jà fini ?... Sourire "tranche-papaye" (comme le qualifie parfois Diab.). Doooommage... Nous faudra ouvrir le bal, la prochaine fois....

Et sur cette phrase aussi désinvolte que menaçante, le baron du milieu, s'éloigne sur sa litière zombie, son rire flottant dans la nuit comme flambeau pour la caravane de bayouteux rentrant au marais.

Résumé:
 
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Fib Steiner
Fib Steiner

☠ Gabier du Jolly Roger ☠


✘ AVENTURES : 152
✘ SURNOM : Le Tétrodon
✘ AGE DU PERSO : Inconnu

✘ DISPO POUR RP ? : Nope
✘ LIENS : Pour obtenir un grain de folie
Il faut déjà une bonne recette...

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MessageSujet: Re: Event : Le Bal d'Hiver   Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 EmptyMer 23 Mai 2018 - 14:16

Le malheureux Fib se fit l'effet d'un ballon de baudruche qui se dégonfle soudain, en faisant de petits bruits de prout – mais ce n'était peut-être pas que la métaphore, ça. En hype la plus complète quelques minutes plus tôt, il faisait désormais la tête de l'enfant terriblement déçu, à qui on venait d'arracher son fusil à pompe – vous l'aurez deviné, il s'agit donc d'un enfant américain, ou mexicain, ou mettez là le pays cliché de votre choix.

Il n'aimait pas vraiment les choix.
Jusqu'à présent il s'était plutôt laissé porter, permettant à son esprit de se briser encore un peu plus sur les rochers abrupts de sa folie. Mais choisir...
Déjà il était nul pour choisir. A quoi bon ? Non ce n'était pas son truc.
Ensuite : pourquoi Hook avait le sex Appeal d'un lémurien gelé ?
Enfin : Smee venait-il réellement de plonger ? Really ? Non vraiment un niveau d'attachement pareil c'était... wow. Un petit tour chez Psy ne lui aurait pas fait de mal. Enfin... s'il survivait bien sûr...

Que faire ? Toujours la même question. Rester lui plaisait bien, en partie parce qu'il sentait que cette nouvelle armée de zombie version freezer allait foutre un dawa monstre.
Mais d'un autre côté il avait un but, un but qu'il ne pouvait pas oublier. Et puis il avait des trucs à faire au sol avec tout un tas de gens qu'il lui aurait déplu de lâcher comme ça. Non vraiment il était trop gentil, trop honnête, et trop attentionné pour prendre le large en laissant derrière lui des gens qui l'aimaient.
Xen. Samedi. Peut-être même Jimmychou.

Son choix était fait. Douloureux, mais fait. Qui eut cru que l'idée de quitter ses hauteurs et ses cordages lui ferait si mal dans la poitrine ?
Ah non. Rien en fait. C'était dans sa tête ?
Sans perdre de temps il emboîta le pas aux autres. L'avenir promettait d'être excitant.
Il en avait le popole tout dur.

Résumé:
 






Fib parle en #666666

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Zeb Skelton
Zeb Skelton

☠ Charpentier du Jolly Roger ☠


✘ AVENTURES : 152
✘ SURNOM : La Rouille
✘ AGE DU PERSO : Cinquantaine

✘ DISPO POUR RP ? : Tout se discute, moussaillon
✘ LIENS :
⚓️Le Charpentier et ses Outils
⚓️ Histoires en cours: I - II - III - IV - V - VI - VII - VIII - IX - X - XI

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MessageSujet: Re: Event : Le Bal d'Hiver   Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 EmptyMer 23 Mai 2018 - 17:53

Plus tard, la Rouille se dirait qu’il avait su dès le début du bal que quelque chose était arrivé à Hook. Oh bien sûr, jamais il n’aurait envisagé l’ampleur du désastre qu’allait devenir cette soirée, d’autant plus que son lien avec le Capitaine n’avait rien de la dévotion quasi fusionnelle de Smee. C’était à la fois beaucoup plus simple et beaucoup plus triste : Zeb Skelton, charpentier du Jolly Roger, connaissait James Hook. Depuis longtemps. Peut-être depuis toujours, allez savoir sur cette île de cauchemar. Il lui arrivait de douter de l’homme, d’interroger ses décisions, de regretter de vagues souvenirs d’Avant. Mais il le connaissait, et malgré tous les calvaires, même malgré ce que Hook avait fait à Silas et à Kit, la Rouille avait continué de le suivre. Et il aurait pu continuer encore longtemps.

Voir le gel dans le regard de celui qui avait été le Capitaine fut douloureux.

Entendre les paroles d’un démon de glace sortir de sa bouche pour réquisitionner le Roger et dévoyer son équipage fut odieux.

Mais le voir se pencher par-dessus bord pour, de manière aussi brutale qu’impossible, se faire soudain happer par le Crocodile, ce fut insupportable.

Zeb cria, un son inarticulé porteur d’une vague négation, pur réflexe de surprise et d’horreur. Peut-être esquissa-t-il un geste vers le bastingage. Mais il était trop tard, bien entendu, et pas que pour Hook.

Smee, qui l’instant d’avant semblait au bord de l’évanouissement, jaillit en avant dans un sursaut épileptique. Zeb avait dû se douter que cela allait se produire, au moins inconsciemment, car il parvint par réflexe à retenir le second. Pour toute récompense, il reçut une pluie de coups, féroces, implacables, bien trop furieux pour être parés, ou seulement déviés ; il ne fallut que quelques secondes avant que le poing de Smee ne s’abattît sur la vieille fracture du bras de la Rouille. Le charpentier lâcha prise avec un cri de douleur. Et l’instant d’après, la Mouche avait disparu à la suite de son Capitaine.

Par pur instinct de marin devant un homme tombé (ayant sauté) à la mer, Zeb dérapa sur le pont gelé jusqu’à atteindre le bastingage. Il voulut s’y accrocher de sa seule main encore valide (après le coup de Smee, tout son bras droit brûlait mille morts), mais sa paume se retira vivement lorsqu’elle rencontra la morsure du gel. Il se pencha par-dessus bord, précautionneux. Mais il n’entendait plus le Crocodile. Il n’y avait aucune trace de Smee. Et Hook aurait tout aussi bien pu ne jamais avoir existé.

Engourdi par une sensation bien plus douloureuse que le froid, Zeb se redressa et posa un regard sans vie sur le pont du Jolly Roger, ce bateau qui n’était pas officiellement le sien et qui pourtant l’avait toujours été un peu. Il devait plisser les paupières pour lutter contre le blizzard qui harcelait ses yeux, mais rien n’aurait été suffisant pour lui dissimuler la terrible réalité : la glace était partout. Partout. Agrippée au pont, infiltrée dans les écoutes, raidissant les haubans et les voiles. Elle avait figé la barre dans une énorme congère et tombait en stalactites depuis les vergues. Elle luisait sur la peau et dans les yeux de ceux qui avaient déjà abandonné, qui avaient choisi de suivre la voix gelée – Zeb connaissait plusieurs d'entre eux. Beaucoup d'entre eux, en fait.

Le Jolly Roger, navire du Capitaine James Hook, seule demeure dont Zeb était capable de se rappeler, était devenu un bateau fantôme peuplé de cadavres.

L’une des Sirènes, celle qui avait enlacé le Capitaine en riant ce qui semblait des siècles plus tôt, s’abandonna au gel en caressant le pont d’un geste tendre qui hanterait longtemps les cauchemars de la Rouille. Il pensa à Kit, qui n’était plus là. Puis à Silas, qui aurait voulu ne plus être là. Au grand large, qu’il ne verrait sûrement plus jamais.

L’espace d’un instant, il se demanda à quel point la voix de glace pouvait effacer la douleur. Si elle parlait de toutes les douleurs.

Et puis il vit Keith. Ce bon vieux Keith, encore à moitié empêtré dans un pavillon déchiré, en train de lutter avec l’énergie du désespoir pour relever un jeune Peau Rouge pratiquement inconscient. Et la dangereuse rêverie de la Rouille s’effaça.

Il traversa le pont aussi vite qu’il le pouvait sans s’étaler sur la glace, regard fixé sur le visage de son ami timonier : cela faisait des jours et des lunes que Zeb ne l’avait pas vu aussi déterminé, les mâchoires serrées, les yeux légèrement écarquillés, son souffle traçant de courtes volutes de vapeurs dans l’air glacé. Le charpentier mit un temps ridicule à comprendre. Puis un rayon de lune tomba sur le visage du jeune homme que Keith tentait d’aider et un soupir un peu triste s’échappa des lèvres de la Rouille.

« Passe à sa gauche, l’Barré. »

Même pas une directive, juste une indication, comme celles qu’ils échangeaient quand il fallait guider le navire ; Keith comprendrait. Parce que lui aussi, la Rouille le connaissait.

Ignorant la pointe de glace qui semblait prendre ses aises dans son estomac, Zeb défit la cape qui recouvrait son surcot et la déposa sur les épaules frêles de celui que l’âge n’avait pas assez changé pour qu’on oubliât qu’un jour il s’était appelé Christo. Puis il se baissa et passa son bras gauche autour du jeune homme, avant d’aider d’une poussée Keith à soulever sa masse inerte.

Ce fut lorsqu’il se releva qu’un filet de fumée accrocha le regard de la Rouille. Il ne lui fallut pas longtemps pour repérer, au milieu des gens du Bayou qui quittaient dignement le navire, une certaine silhouette élancée au parfum de boucane, et l’horreur qu’il venait de graver dans le grand mât façon pyrographe. Le Baron se rendit compte que le charpentier l’avait vu et sourit, ce qui eut au moins pour mérite de couper un peu du chagrin de la Rouille d’une saine et franche bouffée de colère : mais pour qui se prenait cette grande tanche volcanique, pour abîmer son bateau de la sorte ?!



Ah.

Non.

Ce n’était plus son bateau, n’est-ce pas ?

L’expression contrariée de Zeb fondit dans une terne neutralité tandis qu’il secouait la tête à l’attention de Dimanche, l’air aussi dépité qu’abattu. Puis il rajusta sa prise sur Christo et fit signe à Keith d’avancer vers la passerelle. En passant, il distingua une grande silhouette vêtue de rose qui se dirigeait elle aussi vers la terre ferme, accompagnée d’une douce lueur. Il vit également descendre Carne, qui s’était enfin débarrassé de son horrible masque, et même ce trou du cul de Fib. Cela dilua un peu de douceur dans son amertume.

La Rouille descendit sur le quai sans un regard en arrière : il ne voulait pas voir davantage son foyer dans ce triste état. Et puis, se retourner, c’était un peu comme dire adieu. Alors qu’au fond de lui, sous un fatras de chocs et de deuils, la Rouille sentait déjà une vieille chaleur se réveiller. Une flamme qu’il n’avait pas sentie depuis longtemps, faite de fureur, de vengeance et de hargne. Un brasier qui l’avait mené à la bataille plus d’une fois, sabre au clair, quand la raison lui semblait adéquate et le moment juste.

Le vieux pirate ne dit pas au revoir au Jolly Roger, parce qu'en fait si, sans Hook, sans Smee, c’était son bateau. Et qu’il comptait bien trouver un moyen de le récupérer.

Spoiler:
 
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L'Ombre
L'Ombre



✘ AVENTURES : 2107

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MessageSujet: Re: Event : Le Bal d'Hiver   Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 EmptyMer 23 Mai 2018 - 21:54

Le Bal d'Hiver





Les sourcils se froncent, de colère ou d’hésitation. Certains ne se sont même pas arrêtés et ont quitté le pont dès l’annonce du Capitaine. D’autres restent un peu plus longtemps, hagards, avant de trancher. Certains discutent aussi. Petit à petit tout le monde se décide. Hook a beau avoir disparu, la Chose Froide reste, tout le monde le sait bien.

Les derniers invités quittent le navire, de gré, ou de force pour certains troubles-fêtes : les pirates de glace ne se laissent pas faire. Ils ôtent le ponton et lèvent l’ancre. Ils semblent connaître les mouvements et les ordres sans les entendre. Nul n’a revu le capitaine ni son second. Et pourtant, le crocodile tourne en rond, il guette encore, vous l’entendez à son tic tac qui résonne sous la fine couche de glace qui s’accroche désormais aux parois du Jolly Roger.

Le navire est entièrement blanc, il scintillerait presque, mais hélas, il n’y a là-dedans rien d’enchanteur… Le givre ressemble plus à une toile d’araignée maudite qu’à quelque poudre de fée. Tout est silencieux quand il se met en mouvement, les voiles ne claquent plus, figées. Depuis le ponton, on croirait un bateau fantôme qui s’apprête à disparaître vers le large.


Au loin émerge alors la silhouette du reptile. Il secoue la tête, comme s’il avait avalé de travers ou s’il cherchait à recracher son repas. Le goût du capitaine n’a pas l’air à sa convenance, ce n’est pas de ce Hook-là qu’il cherche à faire pitance !
Une main, non, un crochet d’argent s’extirpe des mâchoires béantes de la Bête. Sur le Jolly Roger, on s’active et une corde est lancée. Il faudra plus que cela pour vous débarrasser du vieux Hook et de la chose qui semble avoir pris possession de lui. Pour faire bonne figure, on repêche aussi le pauvre Smee, sans doute à moitié frigorifié.

Le nouvel équipage et son mystérieux guide s’éloignent petit à petit. Cap sur l’Île du Crâne. Tout cette histoire ne fait que commencer, vous le savez… Les choses empireront, le froid se fera plus aigu, les maladies plus virulentes, et ceux qui ne les rejoignent pas devront résister...


______

Précisions :

> Ce poste est la dernière intervention MJ de l’event. Merci à tous d’avoir suivi, c’était une sacrée aventure grâce à vous !

> Précisions concernant les personnages incertains de leur sort :
- Smee est repêché et rejoint son capitaine
- Si Grizzly lutte contre les hommes glacés, il en atteindra sans doute certains, mais sera repoussé (sur le ponton ou bien à l’eau, au choix)

> Vous êtes libres de poster après ce poste pour indiquer les réactions de vos personnages si vous le souhaitez.

> Cet event lance la nouvelle intrigue, sur laquelle vous aurez bientôt plus d’informations. En attendant, vous trouverez la FAQ la concernant ici !




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Coquillage
Coquillage

≈ Sirène Simple ≈


✘ AVENTURES : 204
✘ SURNOM : La curieuse
✘ AGE DU PERSO : 70

✘ DISPO POUR RP ? : ok mais en mode tranquillou :3
✘ LIENS : Coquillages et crustacés
aventures en cours : 1-2-3-4

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MessageSujet: Re: Event : Le Bal d'Hiver   Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 EmptyMer 23 Mai 2018 - 23:02

Quand Coquillage se retourna, la vision de Flot écroulée sur le pont la fit sauter un battement de cœur.

 « FLOT ! »

Pourquoi ? Pourquoi est-elle restée ? Elle a… choisi de rester ? Préférait-elle être auprès de ce bateau de malheur qu’auprès de ses sœurs ? Non ce n’est pas possible ! A-t-elle été envouté par la malédiction glacée ?

Elle ne pouvait pas faire ça ! Qu’allaient-elles faire sans elle ? Seiche sans son récif ? Elle avait besoin d’elle ! Coquillage avait besoin d’elle !

Pourquoi ?

Pourquoi l’avait-elle entrainé dans ce bal, tout est de sa faute, sa faute, sa faute…

Elle se leva du mouton et commença à courir vers la passerelle : peut-être qu’il n’était pas trop tard, peut-être qu’elle pouvait encore la sauver, peut-etr…

Mais son ventre la trahit au pire des moments, un pic de douleur la transperça er la fit tomber lamentablement sur le sol. Comme si la malédiction l’empêchait de sauver sa sœur. Les glaces prédatrices défendant leur proie.

Elle essaya de se relever, échoua, ne pouvant que se mettre fébrilements sur les genoux. Elle usa ses dernières forces pour lancer des appels désespérés vers Flot :

« Grande sœur reviens ! Relève toi vite ! Je t’en supplie ! »

Mais il était trop tard. Coquillage avait beau le nier mais au fond elle le sentait. L’esprit de Flot était plus là, elle ne pouvait pas l’atteindre. Il n’y avait que le froid, cinglant, coupant, vide.

Une fois de plus elle ne pouvait rien faire. Une fois de plus elle était inutile.

Le navire de glace a jeté l’ancre et commençait à s’éloigner du ponton, entrainant sa sœur avec elle. Elle semblait déjà si loin, son cœur envolé dans un ailleurs gelé.

La sirène restait ainsi à genoux, le masque s’échappant doucement de son visage, à coté de ses genoux.
Elle ne bougeait plus, comme tétanisée, paralysée par le choc. Son regard était fixe mais ne voyait rien, ni le crocodile, ni le crochet remontant sur le bateau.

Elle ne pleurait même pas.


Le chant d’adieu de Flot résonnait encore dans sa tête.


résumé:
 






Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 Sirene11

Merci Zanou :3 :
 


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Wilhelm DogFish
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☠ Matelot du Jolly Roger ☠


✘ AVENTURES : 1148
✘ SURNOM : Le Pied-Beau
✘ AGE DU PERSO : 25/30 ans

✘ DISPO POUR RP ? : 4/5
✘ LIENS : Fiche
et Collection
Chansons et débris de mémoire

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MessageSujet: Re: Event : Le Bal d'Hiver   Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 EmptyVen 25 Mai 2018 - 9:38

Les crocs acérés s'étaient enfoncé dans sa chair et la douleur violente s'était insinuée en lui, partant du mollet et remontant jusqu’à sa cuisse, lui tordant le ventre et les muscles puis essorant son cœur pour enfin s'échouer dans sa mâchoire qui s'était brusquement contractée dans une explosion de souffrance terminant d'achever ses pensées.
Le pauvre Wilhelm n'était plus que douleur et amertume.
Il avait mal. Si mal.
Et il hurlait hurlait hurlait à s'en briser la voix ! Cependant, ces cris ne communiquaient plus de haine, plus vraiment de colère, simplement la douleur qu'il ressentait et le désespoir en toile de fond qui pointait.
Il allait donc simplement se faire bouffer ?
Comme ca ?
Non non non, c'était injuste !
Mais qu'est ce que la justice avait a faire la dedans hein?
C'était le destin.
Et il avait beau se débattre, celui ci avait apparemment décidé qu'ici s’arrêtait son aventure de matelot.

Vraiment ?

Un nouveau cri qui claqua dans l'atmosphère, couvrant les siens, les faisant taire. Comme si même dans situation pareille DogFish restait ce pirate obéissant, soumis, même à celui qui le maintenait tête à l'envers et offrait sa chaire à bouffer à la première venue.

Quelques nouveaux échanges. Quelques silences.
Et le destin avait finalement tranché.
Avait-il entendu les suppliques de Wilhelm ?
Lui même n'y songeait même pas.
Resté la, seul allongé face contre le sol, baignant dans une marre de sang, tremblant de douleur et pleurant à qui voulait entendre.

"Capitaine..." Il gémissait, appelait, à peine audible, noyé par les sanglots.

Mais personne n'entendait.

Wilhelm était tout seul.

Il n'avait pas connaissance des évènements qui se tramaient.

Tout seul avec que ses yeux pour pleurer.

Doucement, il se recroquevilla sur lui même, les larmes ne cessant de tremper ses joues, sa jambe couverte de sang a laquelle la belle bleue avait arraché un bon morceau.
Le froid l'envahissait.
Est ce qu'il allait mourir ?
Non.. On ne mourrait pas d'une bête morsure de sirène au mollet, aussi béante et vilaine soit la plaie... Qu'il se disait.
Alors pourquoi est ce qu'il avait si froid, maintenant ?
La joue plaquée contre le sol, ses yeux pales braqués devant lui et plein de larmes, il pouvait voir le nuage de buée qui s'échappait d'entre ses lèvres.

Wilhelm DogFish n'était pas homme à faire des choix.
Et ce jour la, encore une fois, il n'en fera pas.
D'autres décideront à sa place,
Et bien évidemment, le chien restera attaché au bateau de glace.


Résumé:
 






Sourire de l'Enfer



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Loutre Sage
Loutre Sage

♐ Princesse des Hurons ♐


✘ AVENTURES : 242
✘ SURNOM : L'Harmonie
✘ AGE DU PERSO : La vingtaine

✘ DISPO POUR RP ? : Venez tenter votre chance
✘ LIENS : Peindre en mille couleurs... L'air du Vent.

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MessageSujet: Re: Event : Le Bal d'Hiver   Event : Le Bal d'Hiver - Page 13 EmptyVen 25 Mai 2018 - 10:21

Le Bal d'Hiver




La foule s'agglutine en une masse grouillante. L'Harmonie sent l'impatience envahir ses veines, comme un liquide noir et poisseux. Elle aimerait leur crier de dégager le passage mais un cris de douleur l’interrompt. Son regard d'encre se pose sur Grizzly Funeste en compagnie d'une femme gigantesque aux dents plantées dans le mollet d'un peau-rouge - Delaware au vu de sa coiffe extravagante. L'incompréhension remplace l'impatience : l’Écorché n'est pas homme à laisser ses semblables se faire attaquer.
Il finit par entraîner la femme - sirène au vu de son régime alimentaire - dans la cohue qui se fraie un chemin vers le pont.
Loutre Sage, elle, est restée figée, contemplant le corps tremblants et gémissant du peau-rouge à la chair déchiquetée.
Un combat se déroule en son cœur, entre la glace de l'indifférence, le noir de la puissance et la lueur de bienveillance.
La glace noire étouffe la braise et l'Harmonie détourne le regard, abandonnant son frère dans le besoin.
Elle finit par atteindre le pont où l'air glacé vient lui griffer le visage, malmener ses vêtements et pénétrer ses os. Pourtant, Loutre Sage ne frissonne qu'une fois : la glace de son âme et son cœur est encore bien présente et protège son corps.

Le Capitaine se tient là, toujours dissimulé derrière cette aura étrange qu'ici encore l'Harmonie ne peut atteindre. Son discours se mêle au mugissement du vent et la huron n'écoute qu'à moitié, toute à sa tentative d'entrer en contact avec la chose qui contrôle James Hook.
Lorsqu'il tombe le masque l'Harmonie parvient à s'approcher un peu plus, mais toujours pas assez et lorsqu'il se jette dans la gueule du Crocodile, elle ne peut retenir un cri de frustration : elle ne sera pas parvenu à percer ses défenses.
Pourtant, l'aura étrange semble toujours présente, mais dans l'air ambiant, dans le vent, dans le bruit des vagues, dans la noirceur du ciel, dans la glace recouvrant le navire.
La foule chuchote, s'indigne, s'emporte ou se tait, puis le mouvement s'amorce entre ceux qui restent et ceux qui partent.
Pour ce qui est de la Princesse des Hurons, elle en a assez entendu pour ne pas hésiter plus d'une seconde : elle vient à peine de commencer à craqueler la glace de son cœur et de son âme, elle ne souhaite pas retourner dans le froid de l'indifférence. De plus, la puissance noire en son sein s'agite furieusement à cette possibilité et elle craint de perdre de nouveau ses capacités méditatives. L'Harmonie ne veut pas perdre sa nouvelle puissance.

Elle suit les déserteurs sur le quai et disparaît dans la neige sans attendre ni se soucier de ses frères hurons ni de quiconque.




Masque & Robe:
 

Résumé:
 






Avatar par Nephyla
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