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Typhon
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MessageSujet: Le Conte des Couloirs Rouges   Dim 14 Jan 2018 - 17:48

Des ces couloirs de grottes et de failles, il faisait presque nuit. Il faisait totalement nuit lorsqu'aucune lumière n'atteignait les eaux ou les airs qui cohabitaient. Par moment, seule le liquide habitait certains boyaux. À première vue, il était presque impossible d'atteindre ce monde souterrain. Et pourtant, il existait bel et bien un moyen.

Il fallait bien apporter de quoi éclairer une grotte particulière, il le fallait car... les yeux des proies ne pouvaient pas être sous le charme sans qu'ils puissent voir la sirène à la lueur naturelle. Naturelle comme celle des flammes. Mais pas d'électricité.

Typhon vivait dans ce labyrinthe de grottes sous-marines, elle y entrait par la lagune, en bordure mais sous l'eau. Cependant, un chemin terrestre pouvait y accéder. Un chemin qui s'était un peu agrandi à cause des intempéries et des changements de météo. Certains couloirs forçaient à la nage, et d'autres ne laissaient plus de place à l'air.

Et pourtant. Le chemin pour rejoindre la "cage" existait bel et bien.

Cette "cage" c'était là où la Succube gardait ses proies, ses sources de chaleur. Un endroit où l'on arrive soit par le fond de l'eau, soit par une ouverture juste assez haute au-dessus des eaux pour ne pas l'atteindre depuis le liquide salé.

C'est ici, dans ce "terrarium" constitué de murs en pierres, de quelques zones avec du sable, et d'eau profonde que se trouve les hommes attrapés par Typhon. Il n'y en avait toujours qu'un à la fois. Elle le gardait en vie, le dévorait lentement. Petit morceaux par petits morceaux découpés avec précision.

Lente torture pour manger une viande encore chaude.

Le tout éclairé de la flamme d'une lampe à huile posée sur un îlot de terre. Elle avait été apporté par un complice terrestre.

Le sol, sous l'eau où l'on avait encore pied... était couvert d'ossements. Il y avait des chaines, des anneaux. La Succube gardait, collectionnait ce qui pouvait lui servir. Pour jouer avec ses hommes, pour qu'ils lui donnent encore plus de chaleur. Encore plus qu'avant. Ça s'était empiré depuis le jour où elle avait perdu sa Chaleur, une proie que l'on lui avait arraché du flan. Impossible de ressentir le chaud comme auparavant. Sa colère avait été grande.

Dans d'autres cavités, il y avait des couteaux, des scalpels, de quoi découper, de quoi jouer avec la chair.

Une proie, il y en avait une. Posée sur ce même emplacement où furent toutes les autres. Un pirate qui n'était pas entier, des morceaux en moins çà et là.

Les pieds enchainés entre eux.

Un gibier attrapé, mais pas encore tué. Un peu de lumière du jour venait depuis le sommet de la grotte, une ouverture qui ne donnait sur rien.

Personne n'aime manger sa viande froide.

Typhon l'avait laissé un peu tranquille, elle dessinait sur les murs d'une des grottes à moitié sèches. Elle dessinait les traits d'un humain, tentant de se souvenir de sa chaleur perdue. Mais elle n'y parvenait pas. Bientôt elle irait prendre encore un peu de rouge sur sa nouvelle proie.

La Succube ressentait un froid dans son ventre, même la chaleur des quelques bougies ne l'aidait pas. Oui, elle avait décoré les endroits secs avec des bougies, il y avait toujours des allumettes qui gisaient aux côtés de ces objets. Mais il y en avait de moins en moins, cela faisaient longtemps que le complice ne venait plus. Quelque chose s'était peut-être produit.La sirène n'en savait rien, mais ne s'en souciait pas plus. Seule la chaleur, seule la toture de l'homme l'intéressait.


Dernière édition par Typhon le Sam 31 Mar 2018 - 11:55, édité 1 fois
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Hérisson Chanteur
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MessageSujet: Re: Le Conte des Couloirs Rouges   Dim 18 Mar 2018 - 14:39

Tapis dans l’ombre, deux yeux scrutateurs violent l’intimité d’une scène macabre.

L’enfant est arrivé depuis un chemin secret, compliqué, au travers duquel se mêlent vie marine et vie terrestre. Ses cheveux gouttent encore dans un ploc silencieux sur le sable frais. Sa peau est néanmoins déjà presque sèche. Le froid ambiant dresse au garde-à-vous la pilosité tout le long de ses bras.

S’il devait être sincère, cependant, Hérisson Chanteur admettrait que le froid n’est pas la seule chose qui lui arrache des frissons.

Son regard paraît encore plus sombre depuis sa cachette ombragée. Il ne se détache pas du spectacle muet, qui se joue devant lui.
Au début, l’odeur rance et forte se révélait particulièrement dérangeante. Plus maintenant : elle reste effectivement entêtante mais devient abstraite, pour mieux laisser le loisir au Narrateur de capter toute la poésie à l’œuvre sous ses autres sens. De là où il est, il ignore si l’homme gémit encore, ou s’il pousse des râles. Ce qui est pourtant certain, c’est que malgré son état de poupée démembrée, il respire. L’autre victime, en revanche, ne peut pas en dire autant.

L’auteure de ces faits s’est quant à elle éloignée. Hérisson a une vision exercée ; toutefois il ne parvient pas à voir ce qu’elle trace, sur les murs, du bout de ses doigts ensanglantés.
Elle est belle.
Pas comme une femme a des traits harmonieux et une silhouette généreuse, à vrai dire ; plutôt à la façon d’une créature possédant un charme étranger… Dérangeant. Mais hypnotisant.

Peut-être est-ce pour cette raison que l’inconscience porte le papoose aux limites du suicidaire.
De toute façon, la sirène n’est-elle déjà pas repue du repas chaud et bouillonnant de vie dont elle s’abreuve ?

Hérisson Chanteur se dévoile.

Il se détache avec leste de l’ombre avec laquelle il avait fait corps, se redresse et s’avance à pas feutrés de la Fille de l’Océan. Il ignore si elle l’entend, si elle le sent, ou si elle le ressent, tandis qu’il approche ; le fait est qu’il arrive à ses côtés indemne. Pour l'instant.
Son cœur bat un peu vite : Le Narrateur sait sa condition de proie. Pourtant, il ne ressent pas la peur -pas même la crainte.

Que dessines-tu ?

Sa voix résonne avec légèreté sur les parois des murs, alors que ses yeux dévorent avec avidité tout ce qu’ils découvrent.






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Typhon
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MessageSujet: Re: Le Conte des Couloirs Rouges   Sam 31 Mar 2018 - 12:11


Dans cette antre où se mêlaient en permanence le chaud et le froid, le rouge et le bleu, le feu et l'eau, une chaleur nouvelle vint envahir l'odorat de la sirène. Cependant, elle restait le regard océan figé sur la paroi de pierre. Dessinant encore du bout des doigts. Ces traits, ceux de la chaleur perdue.

Ce froid au ventre qui ne voulait pas s'en aller.

Le sang sur les phalanges était chaud au moins.

La question qui résonna dans l'air, rebondissant sur la pierre et l'eau, ne détacha pas le fille de l'océan de son oeuvre approximative. Oeuvre qui ne laissait voir que l'appartenance de la figure à l'Humanité.

Que dessinait-elle ?

Typhon ne parlait pas souvent, non... elle ne chantait pas souvent, mais parler elle le faisait.

- Un souvenir qui m'a échappé. Ce qui me manque de chaleur.

Elle parlait de cela naturellement, comme s'il s'agissait de sa conscience propre. Doucement, elle porta les yeux sur le visiteur. Un enfant, très probablement Peau-Rouge. Mais elle ne saurait pas lui donner le nom de la tribu à laquelle il appartenait. En tout cas, il ne s'agissait pas de la chaleur qu'elle cherchait à dévorer.

La Succube se tourna enfin vers l'enfant, prenant appui sur le bord non aqueux. Elle laissa valser un peu sa nageoire dans les eaux, observant attentivement. Calme. Elle n'avait pas fini son repas de toute manière. Elle prenait toujours son temps. Le plus possible. Garder la viande au chaud. Parfois même dormir à coté de ces hommes. Lorsqu'ils étaient trop faibles pour pouvoir l'attaquer en retour, peut-être lorsqu'ils n'avaient déjà plus de bras.

- Comment as-tu trouvé mes grottes ?

Était-ce son complice disparu qui lui en avait parlé ? Ou alors... les intempéries avaient modifié en partie les terres ? Possible. Quoi qu'il en soit, Typhon voulait bien savoir. Pourquoi ne pas parler à cet être qu'elle ne dévorerait pas. Fidèle à ses règles.
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Hérisson Chanteur
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MessageSujet: Re: Le Conte des Couloirs Rouges   Sam 21 Avr 2018 - 16:05

L’art de la Sirène est à son image : étranger mais chaleureux. Envoûtant. Hérisson Chanteur cligne à peine des yeux tandis qu’il s’essaye à percer le message transmis par les tracés rougeoyants. Il absorbe tout.

Un souvenir qui m'a échappé. Ce qui me manque de chaleur.

Il hoche la tête savamment. Il semble comprendre.
La chaleur qui manque.
Des fourmis montent dans ses mains et le picotent. Son corps se rappelle les liens arrachés, saignés à blanc. Son esprit, avide du calme du vide qui l’emplit, rejette le reflet qui miroite derrière ses yeux.

À la place, il dévisage avidement la Sirène. Il n’a pas peur de croiser son regard ; ni de le soutenir. Ils se jaugent mutuellement. Captent les informations que chacun peut apporter à l’autre sans avoir besoin de parler.
Hérisson détaille la chevelure noire. Elle a l’air douce. Il aime aussi la couleur de ses écailles, ainsi que leurs chatoiements sombres et clairs entre l’ombre et le soleil. Elle a des peintures sur les bras, d’autres œuvres d’art. Son visage est félin.

Comment as-tu trouvé mes grottes ?

Les paupières du Narrateur se ferme un instant. Il donne l’impression de se remémorer des souvenirs perdus. Lorsqu’elles se soulèvent à nouveau, sa voix résonne avec simplicité :

J’ai suivi la piste.

Celle dans le sable, désormais effacée par les remous de la mer ; celle dans le vent salé, qui porte l’odeur caractéristique de la mort ; celle de l’instinct, qui pousse à toujours dénicher de nouvelles Histoires. Celle-ci promet d’être belle.
Hérisson Chanteur ne développe pas. Il est persuadé qu’une Sirène capable de faire des œuvres d’art, peut comprendre ces choses-là.

Son regard vogue et revient se poser sur l’homme mourant. Son souffle est un sifflement rauque qui donne chaque fois l'impression qu'il est le dernier.

Qu’attends-tu pour le manger tout entier ? Aimes-tu le voir souffrir ?

Ce n’est pas de la compassion qu’il exprime, loin de là.
En fait, il est curieux. Il a déjà vu les Sirènes manger, depuis ses cachettes ; jamais d’aussi près, cependant. Il aimerait profiter de l’occasion.






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MessageSujet: Re: Le Conte des Couloirs Rouges   Mer 25 Avr 2018 - 19:18

L'être humain semblait conscient de ce qui se passait, de son semblable en train de mourir doucement dans cette étrange prison. Dans le coeur du labyrinthe de grottes. Le Narrateur avait suivi la piste, cela peint un sourire sur le faciès de la sirène.

Ses doigts se lavèrent des dernières traces de sang dans les eaux, dans un petit geste circulaire afin de peindre dans le liquide.

La question suivante ne coupa pas Typhon alors qu'elle se dirigeait vers le prisonnier. Elle se dressa hors du monde aquatique, s'asseyant ainsi sur le banc de sable rougi par le sang de ceux d'avant. Ou bien était-ce plutôt brunâtre ? Un oxyde de fer sans doute. La Succube caressa la joue de ce qui restait du pirate, elle cherchait à savoir si de la chaleur demeurait encore.

Oui, encore un peu. Un tout petit souffle.

Il gémit, de douleur ou de peur. Il ne tiendrait pas longtemps.

- J'aime la chaleur. Mes soeur dévorent vite, si vite que la chaleur s'échappe. Moi, je prends le temps. Je veux que le rouge réchauffe les eaux glacées.

Elle releva les yeux vers son visiteur.

- Je ne suis pas affamée, je mange un peu chaque jour. Je coupe soigneusement les morceaux. Il faut soigner cette denrée rare, la chaleur peut se perdre.

Le sadisme demeurait tout de même malgré ces discours, juste que Typhon voyait au-delà de ça. Certes elle prenait du plaisir, mais ce plaisir résidait dans la chaleur que libéraient ses proies. De l'énergie, de la vie intense.

- La vie est intense lorsqu'elle aime ou qu'elle souffre.

Elle aime la première nuit, puis elle dévore petit à petit. Comme le feu de l'amour passionnel. Celui qui rend fou, qui démarre dans un torrent de flammes. Mais qui consume si fort qu'il peut détruire.

Les doigts se glissèrent dans les cheveux parsemés de sable du pirate. Typhon observait Hérisson, elle eut un fin sourire. Elle parlait beaucoup à ce petit être. Il semblait savoir écouter, observer, comprendre.

Peut-être.

- Comptes-tu te mettre en travers mon besoin de cette chaleur ?

Sur ces mots, déjà elle effleurait la joue encore intacte de l'homme, du bout des ongles. La Succube convoitait une tranche.
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Hérisson Chanteur
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MessageSujet: Re: Le Conte des Couloirs Rouges   Jeu 13 Sep 2018 - 18:41

Elle comprend. Hérisson Chanteur voit le sourire qui peint délicatement les lèvres de la Sirène, et il sait. Tous deux sont tout autant étrangers d’esprit comme de corps ; mais ils partagent quelque chose d’intime et de terrible.

La Sirène s’éloigne et dessine l’eau : de loin, les cercles semblent former les pétales d’une fleur teintée d’un rouge sombre et mourant. Lorsqu’elle revient ensuite, le jeune Huron attend patiemment la réponse à sa question.

J'aime la chaleur. Mes soeur dévorent vite, si vite que la chaleur s'échappe. Moi, je prends le temps. Je veux que le rouge réchauffe les eaux glacées.

Le papoose hoche la tête d’un air compréhensif, sans lâcher des yeux le pirate à demi-vivant et les caresses tendres qui lui sont portées. La précipitation gâche les belles choses.

Je ne suis pas affamée, je mange un peu chaque jour. Je coupe soigneusement les morceaux. Il faut soigner cette denrée rare, la chaleur peut se perdre.

Il n’est pas donné aux prédateurs de savoir déguster et apprécier. Ils ne songent qu’à assouvir un besoin primaire, beau et vulgaire ; toutefois, Rissou leur préfère de loin l’esprit artistique et profond de la Sirène. Il y a là une poésie qui dépasse la simplicité brutale de la faim.

La vie est intense lorsqu'elle aime ou qu'elle souffre.

Alors qu’il ne prononce pas un mot, Le Narrateur est persuadé que la Fille de l’Océan devine son assentiment.

Comptes-tu te mettre en travers mon besoin de cette chaleur ?

La question fait détourner les yeux du papoose du spectacle ensanglanté. Il observe la Sirène et son sourire. Il sait ce qu’elle lui demande à demi-mots. Il sait également quelle est sa propre pensée.

Non.

Après quoi il retourne à sa contemplation hypnotique.

Lentement, mais sûrement, sa main se détache de son corps et s’aventure vers le pirate. Il effleure les blessures ouvertes du bout des doigts, découvre les réactions subtiles et intenses du pauvre malchanceux. Il assouvit sa soif de curiosité. Puis, sans crier gare, il enfonce sa main dans l’une des plaies béantes de l’adulte. Là où les organes palpitent encore malgré leur exposition au monde extérieur. Là où le sang gicle à peine, surpris par cette intrusion.
Les yeux de Hérisson Chanteur s’agrandissent quelque peu.
Il voit à peine le cri muet et la bouche grande ouverte du pirate.

C’est chaud.

Il n’imaginait pas cette sensation au toucher. Tiède, lisse, souple.
C’est agréable.






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