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Ancien Pirate
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MessageSujet: La grande galère   Mer 27 Déc 2017 - 17:12

Je n'avais jamais connu le port agité d'une effervescence comparable à celle de ces dernières semaines. La fin de la pluie salée avait apporté son lot de changement et nous devions à présent nous y ajuster. Paradoxalement, cette mort du chagrin avait œuvré comme un véritable souffle aux activités du Capitaine.
Les hommes n'avaient jamais été aussi actifs et heureux de se trouver là. La flotte grossissait de jours en jours. On voyait la baie se parer d'une multitude d’étendards de toutes les époques et autant de nouvelles recrues à l'allure bigarrée ajoutaient leur nom à la liste de ceux que l'on désigne unilatéralement sous le terme de « pirate ».

Les atolls concentraient désormais sur eux toutes les attentions. De nouvelles terres arrachées au monde... Peut-être. Je n'avais guère tardé à me porter volontaire, quand il fut question d'y envoyer des hommes en exploration. Il fallait que je sache...

De quoi l'esprit de l'enfant Roi s'est-il greffé ?

Le navire réquisitionné pour l'occasion dispose d'un matériel moins ancien que celui du Jolly Roger. Je découvre, non sans satisfaction, divers outils de mesure plus ou moins utiles, des registres, des livres... De véritables raretés, à Neverland.
Les hommes en charge n'ayant pas saisi l'intérêt de ces objets modernes, en ont entassé la majeure partie dans l'une des cabines du bateau. Je passe donc la traversé à disséquer ce bric à brac, imprégné d'un enthousiasme presque infantile.
Ma réputation n'étant plus à faire, on me laissa œuvrer en toute tranquillité, à l'exception des quelques moqueries d'usage dont la redondance me laisse désormais tout à fait indifférent.

Nous abordâmes le premier atoll vers le milieu de la journée.

La plage s'étendait longuement sur la mer. Un noyaux de verdure venait sertir cet anneau de sable blanc. Et sous nos pieds, des coraux donnaient à l'eau de vives nuances azurées.
Un véritable décors de carte postale.

La troupe s'engagea rapidement à travers la jungle de l'île, l'esprit obnubilé par les rumeurs de trésors qui circulaient au port. Chacun d'entre eux voulait être le premier à poser la main sur un sac d'or, ou que sais-je. Se faire bien voir par le Capitaine comptait moins, pour eux, que la perspective de se remplir les poches.

Pour ma part, l'attrait de la nouveauté me suffisait amplement. La sacoche pleine de matériel à dessin et de deux ou trois carnets de croquis, j'espérais sincèrement repartir avec des éléments probant à analyser. A défaut d'avoir été accompagné par Héléna, je pourrais au moins lui rapporter de quoi travailler ensemble.

Après un bref échange avec le lieutenant en charge de l'expédition, je pars donc de mon côté, tandis que le reste de la troupe s'engage à la suite de chimère aussi vaines qu'inutiles.
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Aeshna Etourdie
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MessageSujet: Re: La grande galère   Mer 27 Déc 2017 - 21:19

Aeshna il connaissait pas les triangles facétieux avant de passer au travers d'un sans comprendre comment et pourquoi. Aeshna il savait pas que c'était possible, même sur l'île, de passer d'un coup d'un endroit à un autre totalement opposé en ayant juste bougé un pied. Aeshna il avait jamais pensé qu'il pourrait être séparé de Diego comme ça, pendant une balade ou en plus tout se passait bien. Aeshna, y a plein de choses auxquelles il n'aurait jamais pu songer puisqu'il n'était simplement pas au courant, et on peut pas prévoir et anticiper quand on n'est pas au courant, on peut pas essayer de penser aux solutions du "et si ça arrivait".

Et voilà c'est arrivé. Il a collé son pied au mauvais endroit et hop, plus de Diego, plus d'arbres, plus de terre sous ses pieds. Là où il atterrit y a du sable, du sable blanc qui brille trop fort et qui brûle ses yeux sur un cri de douleur, y a aussi les vagues plus loin, les vagues de la mer et pas le clapotis de la rivière, et ça fait peur peur peur, tellement peur qu'il a les paupières qui s'abaissent de toutes leurs forces, les dents qui mordent juste là sur son poignet pour étouffer un hurlement qui résonne contre sa peau.

Il tremble et sa respiration elle se coupe, repart, se coupe encore plus longtemps et il étouffe, hoquette, halète, se roule toujours plus en boule sur son propre corps et même qu'il reste comme ça un long moment à se battre contre lui-même. Il se mord très fort une fois, deux et trois, gémit, pleure peut-être un peu, mais heureusement y a le noir qui rassure derrière ses paupières et les battements de son cœur bam bam bam bam qui se calment petit à petit.

A un moment même il arrive à se relever. Ses jambes elles tremblent mais il y arrive et il fait quelques pas qui vacillent vers les arbres, reste pas immobile murmure une voix dans sa tête, et elle est plus forte, plus forte que la peur et tout ce qu'il comprend pas, alors il avance et il cherche un moyen de se sortir de là. Sauf qu'il fait trois fois le tour de l'île et que y a rien, rien que du sable et un peu de jungle, et un bateau là-bas au loin. Son sang se glace et il se réfugie entre les arbres, préférant éviter de tomber aux mains des pirates.

Sauf que y a pas vraiment de cachettes là où il est, il se trouve un coin de végétation et s'y planque comme il peut, les genoux contre son torse, le menton posé dessus, à attendre et à trembler.

Il entend bien vite des voix et des pas. Ça passe pas loin de lui mais il bouge pas, restant là à trembler, à attendre encore, toujours, il sait même pas quoi d'ailleurs peut-être que quelqu'un vienne le chercher ? C'est compliqué, même lui après tout il sait pas où il est, et si Diego rentre tout seul, s'il donne l'alerte... Ouais peut-être qu'on se mettra à sa recherche, sauf qu'on le trouvera pas.

Parce qu'Aeshna, les atolls ça non plus il connaissait pas, alors les autres y a peu de chances qu'ils soient au courant...
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MessageSujet: Re: La grande galère   Jeu 11 Jan 2018 - 21:34

Mon regard se perd dans le décors. J'aurais presque l'impression de n'être plus à Neverland, tant la vision de cette île encore inexplorée m'est neuve. Je suis certainement le premier à voir les plantes, les galets et toutes ces choses qui défilent sous mes yeux, tandis que je marche.
C'est un sentiment très particulier et, je dois bien l'admettre, extrêmement rafraîchissant. De la nouveauté dans l'incarnation de esprit complexe, c'est autant de nourriture à proposer à mon esprit affamé. Je suis impatient d'en tirer quelque analyse.

Déjà, mes yeux s'accrochent sur différents éléments de décors. Je tire mon carnet de croquis et entame une première esquisse. Mon trait est énergique, empreint d'une volonté pleine, comme lors des jours de belle inspiration. Je suis heureux, en un sens. Disséquer ce monde est l'une des raisons de mon existence, désormais. M'y affairer satisfait ma quête de sens.
Comme un apaisement de l'âme.

Chose étrange, il semblerait que ces atolls portent en eux les marques d'époques passées. J'aperçois, ça et là, les restes de constructions anciennes. De simples fondations, des meubles charriés par l'océan, rongé de sel. Toutefois, rien de comparable au décors typique du rivage des objets échoués. L'on dirait plutôt que l'endroit a été arraché à son temps, d'une manière ou d'une autre.
C'est tout à fait fascinant.

Tandis que je progresse, les animaux s'écartent. Je relève ainsi la présence de plusieurs espèces d'oiseaux originaires de l'île, que j'ai déjà eu le loisir de répertorier dans la partie dédiée de mon bestiaire. Sans doute ont-ils effectué la traversé de leur propre chef, dans les semaines succédant l'apparition des îlots. Je sais la chose courante et cela ne me surprend donc guère.
Ce qui m'intéresserait davantage, l'on s'en doute, serait de débusquer des variétés endémiques. Leur proximité d'avec le monde ordinaire pourrait éventuellement me renseigner sur le processus d'apparition des atolls en eux-même.
Ce serait une découverte extraordinaire.

Mais bientôt, mon attention se trouve accrochée par tout autre chose. Une vague impression, un zeste de paranoïa, peut-être. Je ne saurais dire pourquoi, mais j'ai le sentiment de n'être pas seul. C'est un sens que l'on n'explique pas. Le reste d'une époque ancestrale, quand l'homme était proie.

Toujours est-il que je ne peux me résoudre à poursuivre mon entreprise en toute insouciance.

Immobile, je laisse donc errer mon regard dans l'espace alentour. Je cherche, je fouille, en quête d'un point d'accroche. Quelque chose d'anormal, un signe...

C'est alors que je les vois : des traces de pas dans le sable.

S'agissant de pieds nus, j'écarte l'éventualité d'un compagnon. Il ne peut s'agir que d'autre chose : un natif ou un aventurier issus d'une autre faction. Les expéditions sont réglementées au port. Aucun pirate n'a posé le pied, ici, avant nous. C'est un fait avéré.

La prudence me commanderait de passer mon chemin, ou bien de m'en retourner auprès des autres, pour les avertir. Toutefois, il y a quelque chose en moi qui murmure... Comme pour me persuader d'aller voir. Ne pas écouter la conscience raisonnable, étancher la soif de intarissable curiosité, plutôt.
Je peine à lutter contre ma propre nature.

Alors j'y vais.

Je vais voir, je fouille entre les branches et les feuilles. J'approche, doucement, je scrute encore. Et c'est alors que je le vois. Un jeune homme... Plus que moi, en apparence. Il est brun, blanc de peau, ou presque. Il semble du sang de ceux que l'on appelle « civilisés », bien à tort parfois. Mais sa tenue m'évoque davantage l'habit des peaux-rouges. Il ne bouge pas, ou si peu, recroquevillé qu'il est.

Je pense immédiatement à un naufragé, perdu en mer... ramené ici par la houle. Il semble désorienté. Je ne sais pas.

« Qui es-tu ?


Je questionne à mi voix, plus pour moi même que pour lui.
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Aeshna Etourdie
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MessageSujet: Re: La grande galère   Dim 14 Jan 2018 - 22:54

Il a posé les yeux sur du vide Aeshna, c'est plus facile et ça fait moins peur, moins mal, il arrive à mieux respirer, à un peu moins trembler. Pourtant tout autour de lui y a toujours du bruit, le son des hommes, ceux qu'il connaît pas et qui peuvent le blesser, le son de la Mort aussi s'ils décident de l'attaquer même s'il sait pas trop pourquoi ils le feraient. Après tout ce sont que des Adultes comme lui, mais peut-être que c'est à cause des peuples : tout le monde se voit comme ennemis et oublie qu'en chacun il y a un être humain. A vrai dire il en sait rien, mais ce dont il est en revanche certain c'est qu'il veut pas mourir aujourd'hui, embroché sur le fil d'une épée ou jeté aux requins ou même d'un sort plus cruel encore, alors il bouge pas et il attend, avec l'espoir vain, l'espoir fou qu'un peau rouge le retrouve à temps. Sauf que ça se rapproche, il le remarque, il l'entend, se resserre un peu plus autour de lui et dans les feuillages semble vouloir disparaître.

Mais l'homme, car s'en est un, le remarque. Aeshna brièvement lève la tête vers lui, la replonge sur ses genoux pour y trembler à nouveau et de toutes ses forces. Y a la panique qui grimpe en lui encore une fois, et les mots, les mots qui pleuvent sur le bord de ses lèvres, sans logique réelle avec la question posée, cette interrogation pourtant simple que même un enfant, oui un tout petit enfant peut comprendre. "Je suis.. je.. c'est... un buisson.." C'est la seule chose rassurante le buisson sur le moment, et il lui vient dans les mots sans qu'il contrôle vraiment."Vous pouvez pas me faire de mal, s'il vous plaît, le buisson, j-je bouge pas..!"

Et il se tord les doigts et les enfonce dans ses jambes, laisse les marques de ses ongles sur sa peau sans y faire attention, attaque même ses poignets avec ses dents. Le buisson, penser au buisson qui le protège, aux feuilles tranquilles et sans haine pressées contre sa peau blanche et à la terre douce sous ses pieds. Ne pas regarder l'homme, le pirate, ne pas penser, ne pas essayer d'imaginer ce qui pourrait arriver. Se rappeler le ciel, bleu comme ses yeux, au sable, chaud et amical, le bateau... Oh bien sûr, le bateau ! "Le Jolly Roger est un brick, c'est un bateau très rapide avec deux mâts, des voiles carrées et en triangles, qui est maniable et léger." qu'il lance d'une traite.

Ouais, ça aussi ça le rassure parler de choses qu'il sait, de choses qu'il aime. C'est confortable, il aime bien, et des bateaux sûrement qu'il pourrait en causer longtemps. Peut-être moins que les étoiles qui sait ? Moins que les chiens – son chien – également. Et de toutes ces choses qui le mettent bien, la cueillette par exemple, les fruits, les différents champignons, tout ce qui se mange ou pas, oui ça Aeshna il aime, ça il est certain que ça lui fera pas de mal. C'est peut-être pour ça d'ailleurs qu'il se cache si fort dans le buisson.

hrp:
 
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MessageSujet: Re: La grande galère   Jeu 8 Fév 2018 - 14:28

Le jeune homme disparaît en lui-même, tremblant comme une feuille. Ses propos témoignent de toute l'intensité de sa confusion. J'ai beau le voir, c'est comme s'il n'était plus qu'une branche verte parmi les autres, tant son désir de se fondre dans le décors transparaît.
Immobile, perplexe, je l'observe sans mot dire. Mes pensées se mettent en mouvement, m'invitant sur toutes sortes de pistes et morceaux de conclusions. J'ai le sentiment de comprendre des choses... Par instinct. Quand les propos sont absurdes, il n'y a plus que le croisement des subjectivités pour communiquer.
Ce que je ressens, c'est la détresse face à l'absurdité du monde et d'une situation qui ne devrait pas advenir. Les choses ne sont pas à leur place... Et quand il me parle du navire, c'est pour énoncer une réalité qui se tient bien, à opposer à celle dans laquelle il se trouve maintenant.

Je fais donc quelques pas vers l'arrière. Je lui donne de l'air, laisse les feuillages retrouver leur place autour, comme un cocon tiède. Et alors, je vais m'asseoir en tailleurs dans le sable, à peut-être deux mètres de là. On se toise en silhouette à travers les feuilles, comme deux animaux étrangers l'un à l'autre.

« Les voiles du grand mât arrière s'appellent la grand-voile, le grand hunier et le grand perroquet. Le mât de misaine, à l'avant, compte la voile de misaine, le petit hunier et le petit perroquet. Les voiles triangulaires sont respectivement la brigantine, les voiles d'étai et les focs.

Fais-je doucement, d'une intonation constante et dans un flot de parole régulier.

« Le Jolly Roger a été construit en planches de chêne et chevillé de cuivre. Toutes les planches sont bien entretenues, mais il y en a une qui est fendue au niveau de la cloison qui sépare les dortoirs des réserves. Il peut supporter un chargement de deux cents tonneaux, soit environs soixante quatre tonnes. Par vent arrière, il peut filer à une vitesse moyenne de six virgule cinq nœuds.

Comme je les comprends, les douces obsessions. Comme je les entends, les passions sélectives... J'ignore pourquoi j'ai choisi de parler de tout cela, mais il est des choses que l'instinct vous édicte sans vous laisser le choix de faire autrement.

Mon regard bleu dirigé vers le sol, j'énonce tout ce que je sais de ce navire. Je parle, sans le dire, de mon propre regard acéré, celui qui remarque les choses à mes dépends.
Je pense au nombre de ces planches que je me suis surpris avoir compté. Je pense aux tâches laissées par la suie des bougies contre le plafond, à l'odeur des choses dans la réserve, au nombre de coudées de corde dont on dispose. Je pense au compte des marchandises déplacées de la terre au navire et du navire à la terre. Je pense aux calcul du poids des hommes additionnées à celui des vivres et des meubles. Je pense à l'état des rations d'eau, ramené du stock à la consommation journalière, en tenant compte du fait que certains hommes boivent plus que d'autres.

Je pense à tout ça, parce que ces choses m'ont un jour traversé et que j'ai le sentiment que ça a de la valeur, là tout de suite.
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Aeshna Etourdie
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MessageSujet: Re: La grande galère   Jeu 8 Fév 2018 - 19:09

Un pas en arrière. C'est le mouvement le plus rassurant que ses yeux parviennent à saisir comme un peu d'espace qu'on lui offre, mais ça c'est son interprétation parce qu'elle est agréable, peut-être l'homme va t-il au contraire appeler du renfort, supposition anéantie avec l'homme qui s'assied à quelques mètres de lui. C'est étrange comme situation et un instant il lui fait penser à Diego qui observe et comprend. Cependant il n'oublie pas que ce n'est qu'un homme et que les qualités de silence que possède son frère le pirate ne les a guère, à moins d'être muet – ce qu'il n'est pas puisqu'à peine un temps plus tôt il lui posait sa question. C'était quoi déjà ? Le Huron sur le moment ne s'en souvient pas, c'est normal après tout avec toutes ces émotions d'un coup qui ont venues en tourbillon, et sans doute l'homme la reposera t-il plus tard à moins qu'il n'abandonne tout simplement. Après tout il serait pas le seul et sûrement pas le premier parce que quand Aeshna répond pas les autres préfèrent abandonner.

Cependant celui-ci il est pas comme les autres, il s'en rend compte quand il rouvre la bouche, quand il lui parle des voiles. Aussitôt alors l'esprit du Rêveur se braque sur les mots et les battements de son cœur ralentissent un peu, s'apaisent sur ce qu'il entend, les informations qu'il enregistre pour compléter sans doute ce qu'il sait déjà. Jusqu'au détail de la planche fendue. Ça le fait sourire, enfin pas ce sourire trop vif qu'ont souvent les gens non, c'est juste ce petit étirement sur sa bouche qui pourrait presque être une grimace sauf que c'est pas le cas, car ce que dit son vis à vis ça l'intéresse plus que tout. "Qu'est-ce qui a fendu la planche ?" C'est lui le bavard d'ordinaire sur des sujets qui l'intéressent, et c'est lui aussi qui sait jamais quoi répondre à ce qu'on lui dit, lui qui passe à côté, se trompe, oublie de laisser les mots s'échapper à voix haute.

C'est lui aussi qui aime pas qu'on intervienne quand il essaye de se calmer, quand il a peur comme c'est le cas là, pourtant étrangement il ne le rejette pas, il ne lui en veut pas, il le laisse même un peu prendre la place de Diego. C'est sans doute la première fois. Et s'il ose pas lever les yeux vers lui (c'est plus simple pour lui de regarder le sol), il dirige quand même ses céruléennes vers sa silhouette, vers les pieds et les jambes en tailleurs, pousse même jusqu'au torse. Mais le visage c'est encore un peu trop d'efforts alors Aeshna se stoppe aux épaules.

"Tu es venu avec les autres, tu es un pirate comme eux." Ses propos sont redevenus plutôt cohérents – quoique dénués de méchanceté –, un bon point sans doute. "Moi je suis pas un pirate. Je suis un Huron et je.. j'ignore comment je me suis retrouvé ici..." Son ton est plus hésitant, un peu inquiet, de retour dans la peur parce qu'il comprend pas comment ça se fait. "J'étais avec mon frère, Diego. C'est un terre neuve, tu connais ? Il est vraiment beau, il est grand comme ça (il montre une taille assez haute avec sa main) et il a le poil brun et épais et long. Et tu sais il est gentil Diego, il se balade avec moi tous les jours, il m'aide quand je vais pas bien." Il sourit. "Et puis d'un coup je marchais et il a disparu. Et moi je me suis retrouvé ici."

Aeshna enfin glisse ses céruléennes vers le pirate, toujours inquiet mais moins paniqué. "Où on est ici.. ?"
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