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Erzulie Dantor
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☠ Habitant du Bayou ☠


✘ AVENTURES : 121
✘ SURNOM : l'Amour
✘ AGE DU PERSO : Une vingtaine d'années en apparence...

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Erzili O!Ke ou nwe,
Erzili O! Ke ou nwe,
Ke o nwe,
Men se pa put petit kay la!


MessageSujet: Dife ak flanm dife [ Baron Dimanche]   Mar 31 Oct 2017 - 21:19



Dans, Erzili, dans.
Mari ou ap tann sou rivaj la.
Dans, Dimanch, dans.
Madanm ou, ap mache sou vag yo pou li retounen nan ou.







La Nuit les enveloppe tous.
Corps et cœurs frêles sur l'esquif.
Trois âmes du Bayou.

La plus jeune tremble de froid, à la proue. Les lumières du marigot se distinguent au delà du rivage. Les feux et les lampions accueillent les champions de la Noire Magie. Les Morts ont sauvé les vivants, les enlisant un peu plus dans leurs dettes. L'île, leur nouveau foyer, est sauf pour ce soir et de nombreux autres à venir. Le peuple vaudou accueille en liesse la Mère de tout, son fils le plus illustre et sa bru. La plus petite des Erzulies, la plus jeune, a gagné un nom dans l'âpre bataille. Les Loas font vibrer l'air de ce titre obtenu dans l'ire et la juste douleur.

Dantor, Dantor, Dantor !
Dantor, Dantor, Dantor !
Dantor au Coeur Noir.
Dantor aux Flammes Vengeresses !

Le peuple chantent  les louanges de la Licencieuse, du Fétide, oubliant l'Amour sur son banc de sable. On porte les héros au cœur des marais, au cœur des festivités où le bourbon et le rhum empoissent les gorges de rires. Les corps se remplissent de nourritures et de tumultes. La Vie se mêle à la Mort, sur le rythme ébouriffant des djembés. Les peaux se frottent, s'échauffent et s'endiablent. On crève mille fois pour mieux se gonfler d'une sève nouvelle. Les conteurs reprennent déjà les récits épiques de bouches en bouches. Les différentes lignées mêlent leur sang et leurs esprits. Le Bayou s'embourbe dans la glaise et la joie. Ce soir, de nombreux bébés naîtrons. Demain, nombre de leurs parents mourront.

Se konsa, se pou li !

A la lisière des réjouissances, la silhouette fragile et esseulée d'Erzulie Dantor observe les siens s'ébattre. Les bras enroulés autours de sa jeune poitrine, elle grelotte. Elle se sent parcourue par un grand vent désertique, une lande rocailleuse, hantée par ses actes qui lui reviennent par gorgées liquoreuses. Traîtres. Elle se sent vieillie, loin de l'ingénue qui dansait hier avec le Fantôme-Farine. Ses baisers d'enfants lui semblent lointains, dépourvus de substance et de chaleur.

Elle a froid.
Tout à l'intérieur.







avatar de Loish.
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Baron Dimanche
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☠ Guédé du Bayou ☠


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✘ SURNOM : Le Calciné
✘ AGE DU PERSO : Indicible

✘ LIENS : _Kriké?
_Kraké.

MessageSujet: Re: Dife ak flanm dife [ Baron Dimanche]   Dim 4 Fév 2018 - 16:29

Le Bayou célébrait, ce soir. Le Bayou était en fête. Brigitte était revenue de l’Océan victorieuse, et avec elle le terrible Fétide que tous respectaient et craignaient. Pour lui, point de festivités : on respecterait son amour de la solitude et du calme des morts.

Le Second Fils attendait avec les autres dans la gueule béante de la mangrove sur l’océan : tous étaient là, exposant leurs corps sombres sur le sable argenté de la plage, ou immobiles dans l’ombre des palétuviers. Les flambeaux et les lampions rougeoyaient doucement, car les gens du Bayou aimaient ces lumières amenuisées, qui soulignaient l’éclat des yeux et des sourires mais sans révéler tout à fait les visages. Aux côtés du Baron Dimanche, deux de ses serviteurs calcinés: ils portaient son roulèr, son précieux instrument, ainsi qu’une grande bouteille de rhum.

Oh ce soir, même l’Esprit Nuit danserait un kabar avec eux.

Quand ils débarquèrent tous trois, les héros, Dimanche se tenait prêt : à cheval sur son grand tambour sorcier, ses bras à nu, il aspergea le cuir de son roulèr d’une large rasade et le caressa dans un mouvement circulaire, lent et racé, avant d’en tirer d’un premier son, sec et sonore.

Manman Brigitte allée !
Guingue, Gongue !

Son appel rituel fut repris en écho par la sombre assemblée et les Loas tapis dans leurs ombres : Brigitte s’en était allée, Brigitte était revenue. Les cloches tintèrent et l’instant d’après, un concert de djembés et de percussions s’élevait dans l’air apaisé du soir, l’échauffant et excitant les cœurs du peuple nocturne. Dimanche porta à sa bouche le goulot de la bouteille et en but une large gorgée, avant de la tendre à ses frères. Il se mit à jouer à son tour, et à chanter avec un accent de joie et de fierté dans sa voix. Car sa mère était victorieuse, et tous les gens de cette île ingrate l’avait vue triompher, et son frère avait aidé à sauver cette même île, ce qui était chose inédite. Il était fier, si fier d’eux.

Et il y avait Erzulie. Erzulie Dantor, car tel était le nom que les Loas avaient inscrit dans sa chair et son âme pour couronner son cœur brave et enragé. Il avait entendu leur chant par-delà la mer et la tempête.

Dimanche l’aperçut de loin, et il sembla qu’un instant leurs regards se croisèrent. Au même instant, la procession se mit en marche, guidant Maman et Kaplata vers le cœur du Bayou. Diab embrassa tendrement sa mère et baisa son front trois fois, puis profita d’un moment d’inattention de son frère aîné pour  se jeter sur lui et le soulever de terre dans une embrassade joyeuse et taquine. Lorsqu’il libéra le pauvre Kaplata de son éteinte trop chaude, il fit un signe à ses serviteurs de porter son instrument au Bayou. Il laissa le peuple défiler à ses côtés, mais resta immobile, le regard rivé sur la silhouette de sa mère et de ses frères qui s’éloignaient, portés par la foule adoratrice et exaltée de leurs sujets.

Il tourna le regard vers la plage pour jeter un dernier coup d’œil à l’océan, qu’il adorait autant qu’il évitait. Et il la vit encore. Erzulie n’avait pas bougé, et elle semblait bien petite et bien seule cette petite tâche sombre sur la plage baignée de clair de lune.  A la lisière du bois, tout juste englobé d’ombre, Dimanche l’observa attentivement. Lui-même luisait de son propre éclat redevenu rouge, mais il n’avait échappé à personne (et surtout pas à Maman) qu’il était plus terne que d’ordinaire.

De fait, et même s’il avait insisté pour accueillir les héros du Bayou en grande pompe, le Baron La Croix était à bout de forces. En tant que second de la lignée, c’était lui qui avait veillé sur leur domaine en l’absence de son frère et de sa Mère. Et les tâches ne manquaient pas: l’océan avait cherché à gober et avaler leurs terres déjà gorgées d’eau, et les monstres s’y étaient multipliés. Alors le Calciné avait dansé et chanté, tout le long de la bataille du Jolly Roger qui se jouait sur les flots et dans les airs. Son corps crevassé, blessé maintes fois par sa propre humanité mais brûlant d’un feu éternel était parvenu à préserver une partie des habitations de la destruction, et il avait enjôlé les zams pour porter secours à ceux de son peuple qui erraient dans les terres de l’Île. Il espérait que Maman serait fière de lui.

Mais pour l’heure, il y avait Erzulie.

Dimanche émergea à pas lents de la pénombre fraîche du marigot en liesse, et s’avança vers sa fiancée. Elle ne semblait pas l’avoir vu. Elle semblait à peine elle-même, en vérité. Il remarqua alors qu’elle frissonnait, et son pas ralentit encore. Il s’arrêta à quelques mètres de distance, et l’interpella sans brusquerie de sa voix chantante :

« E’zili. »






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