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Grenouille
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♣ Éclaireur ♣


✘ AVENTURES : 324
✘ AGE DU PERSO : 9 ans

✘ DISPO POUR RP ? : Oui
✘ LIENS : Je coasse dans ma mare

MessageSujet: Il pleut, il mouille, c'est la fête à la Grenouille ✡ V2    Ven 6 Oct 2017 - 20:48

heum:
 



Grenouille


Trucs

Surnom : La Pétoche
Groupe : Perdus
Age : 9 ans
Rôle : Éclaireur


Dans la tête

Le véritable courage, ce n'est pas d'être sans peur. Sans peur, pas de courage. Le véritable courage, c'est de se tenir face à sa peur et de la regarder dans les yeux.
Il la répète dans sa tête cette phrase, Grenouille. C'est un Peau-Rouge qui lui a dit. Il la répète tout le temps. Puisque Grenouille a peur. Tout le temps.

Et le traite pas de lâche, toi ! Le traite pas de lâche.
Il est pas lâche Grenouille. Il est courageux, même si ça se voit pas. Parce que c'est tellement dur de vivre avec la Peur, tout le temps. Ça use, ça tend, ça épuise, ça vide de couleurs et ça vide de force. Tu sais pas, tu imagines pas. Ça poisse, la Peur, ça s'infiltre partout, c'est du froid, du poison, la Peur ça peut être une seconde peau. Pour Grenouille, c'est une seconde peau.
Ne vas pas dire que les monstres, ça n'existe pas. Qu'est-ce que tu sais de ce qui existe, toi ? Ça existe des prisons pour enfants ? Ça existe des mères qui disparaissent comme ça, d'un coup ? Ça existe des policiers qui tuent des vieux ? Ça existe, tant de Mort, pour rien, pour rien du tout ? Ça existe, tu dirais ?? Oui, ça existe. Grenouille était là.  
Alors puisque ça, ça existe, comment on fait pour pas avoir peur ? Puisque c'est ça le monde.

Te moque pas. Te moque pas !
Te moque pas parce qu'il sursaute au moindre bruit, qu'il claque des dents dès qu'une ombre est trop noire ou un son trop grinçant. Te moque pas quand il a le souffle qui tremble pendant les histoires qui font peur, même pas si peur que ça, pour toi. Te moque pas quand il voit des trucs qui, dans tes yeux, n'existent pas. Dans ses yeux à lui, ça existe, et toi aussi tu aurais tellement peur. Si tu voyais des paysages, des visages, des voix, se transformer en cauchemars vivants, petit à petit, sous l'effet invincible de la Peur, parce que la Peur c'est puissant, c'est vorace, ça peut tout déformer, et ça peut dévorer les enfants, tu aurais tellement peur.    
Te moque pas quand il se pisse dessus, et quand il gémit dans son sommeil, et quand il pique des crises d'hystérie qui te font dire qu'il est fou en fait, et quand il reste tout figé de Peur pour des choses qui te paraissent rien. Y a jamais de rien pour Grenouille, y a la seconde peau.

Alors Grenouille tremble dans le fond de son lit et fuit les horreurs qui ne le lâchent jamais, jamais vraiment. Il dit rien, il parle pas Grenouille, même quand ses poumons sifflent de Peur, parce que y'a l'asthme, et que ses yeux débordent d'Horreur, parce que y'a les hallucinations, Grenouille il parle pas. Il va voir personne. Qu'est-ce qu'il peut dire, hein ? Y a rien à dire. Ça marchera pas de lui dire « ce n'est rien » ou « n'aie pas peur ». C'est trop gros, trop fort, trop tout.
Il parle tout seul alors. Il récite des murmures très vite, comme des prières, des incantations secrètes. Peut-être que c'est sa protection. Te moque pas.
Et même quand il essaye d'affronter, ou de raisonner, de se dire que tout va bien, que c'est dans sa tête, ou que c'est juste le vent, c'est si difficile. De se convaincre, de se calmer, de garder son sang tout froid. C'est dur, c'est trop dur. Puisque la Peur finit toujours par saisir sa cheville, par l'entrainer dans son antre glacée en attendant de l'avaler. Tout cru. Parce que c'est vraiment ça, tu sais, vraiment ça.

Y en a qui disent qu'il est un peu taré Grenouille, mais c'est aussi parce qu'il a parlé de David. Il a dit à d'autres qu'il l'avait vu, son frère, son grand frère, sauf que son frère c'est un fantôme qui apparaît sans prévenir et disparaît jamais complètement. Alors les autres ils se disent qu'il est fou, c'est logique, il comprend Grenouille.  
Maintenant il en parle plus, et quand il voit David la Peur se mêle à la Joie, la Chaleur se mêle au Froid. Il sait bien que c'est pas normal, il a passé l'âge de raison après tout, et même ça lui fait un peu peur tu sais, mais la crevasse dans lui a l'air moins profonde quand David est là. Mine de rien.
Alors il gardera ça comme un secret entre lui et lui.
Quand Grenouille voit les autres fantômes par contre, et qui sont presque toujours des enfants, il n'y a plus rien que la Peur. Il en parle pas non plus. Il y a cet autre sentiment aussi, ce sentiment encombrant, tellement lourd. Un sentiment en métal de honte, puisque Grenouille se sent coupable d'être en chair et en respiration. Lui.
Il se sent tout seul Grenouille, dans l'immensité de sa survivance.

Il se demande pourquoi il est encore là, Grenouille. Il se demande pourquoi le miracle se produit encore et encore. Il se demande s'il a de la chance, ou si c'est un genre de malédiction. Il se demande pourquoi les grands, les costauds, meurent ou partent, et pourquoi lui, lui la Pétoche, lui le déglingué, pourquoi il est encore là. Pourquoi il survit. Pourquoi il a survécu à l'Ordinaire et pourquoi il survit à l'Extraordinaire. Pourquoi la vie se débat tellement dans ses entrailles.
Il se demande tout seul, parce que ça fait longtemps qu'il a arrêté de demander pourquoi à haute voix.  

Et parfois il se demande, il se demande. Comment ils font les autres. Est-ce qu'ils affrontent des choses énormes et sombres aussi ? Est-ce qu'ils sentent le poids de l'angoisse dans leur ventre, au bout de leurs doigts, est-ce qu'ils ont la seconde peau ? Est-ce qu'ils se font grignoter par la Peur en secret ? Est-ce qu'il est le seul comme ça, à ressentir ça, tout le temps ? Pourquoi c'est si dur pour lui, pourquoi tout est plus dur. Pourquoi c'est jamais tranquille, jamais simple. Pourquoi la Peur revient toujours, comme si elle craignait qu'on l'oublie. Pourquoi il est pas comme les autres.
Ils ont l'air tellement plus forts, c'est vrai. C'est vrai.
...

Mais c'est pas grave, tu vois.
C'est pas grave, Grenouille il se défendra. Avec ses petites armes. Peut-être que c'est elles qui l'ont fait survivre, on sait pas.
Comme troisième peau, il y aura le costume de chat. C'est rien qu'un costume, et tout abîmé maintenant, même si Curve l'a rafistolé. Comme lui, rafistolé. Rien qu'un costume en polaire rapiécée, tout vieux tout moche. Mais quand Grenouille le met, ça devient une armure. Grenouille devient un chat sauvage, Grenouille peut griffer, sauter, mordre, Grenouille se défend. Contre toi, contre les autres, contre les horreurs dans son coeur, contre les tempêtes dans sa tête. Grenouille devient costaud.

Comme armée, il aura les figurines. Tu sais il en a plein. Il a des animaux, des chevaliers, des pompiers, des bonhommes de la vie normale. Il a une collection. Grenouille joue sans cesse avec ses figurines, à tous les moments de la journée, même parfois à table ou dans son lit. Il en a toujours une sur lui, c'est comme un toc. Et il fabrique des décors, et des maquettes, il fabrique des mondes miniatures entiers avec du papier mâché et des bouts de bois, avec une foule de détails, et une fantaisie très ordonnée que tu n'aurais pas soupçonné derrière le visage de peur.
Grenouille reconstitue les histoires de Jules Verne, parce que Jules Verne est son auteur préféré, qui lui donne de la force aussi, puisqu'on peut jouer à Vingt Mille Lieux sous les Mers dans l'Océan et à Voyage au Centre de la Terre dans la Jungle, et que tout ça fait moins peur ainsi.

Comme bouclier, il aura l'étoile. L'étoile de David. L'étoile de David de David. Même quand il aurait pu mourir de la garder, Grenouille l'a gardé. Et elle est toujours là maintenant. Sur son habit de chat, une couverture pour son cœur, et elle est belle son étoile. Elle a six branches, c'est pas toutes les étoiles, ça.
...

Et puis Grenouille, il est peut-être tout pâle, et tout fragile, et tout craintif, et si tu le regardes il détournera les yeux, n'empêche que Grenouille il a survécu à une nuit sans fin, une chaleur qui fait mourir les plantes et une pluie qui noie une île. Il a survécu aux barbelés du Monde Ordinaire. Il a survécu à Pitchipoï. Il a survécu tout court.
N'empêche que Grenouille il est encore là, avec la Peur qui lui court après et la Solitude qui appuie sur son corps comme une cape en plomb.
N'empêche que tu sais, son esprit est rempli de jolies choses, d'une imagination colorée que tu ne peux pas voir sous son teint gris, n'empêche qu'il rêve et joue encore, n'empêche que Grenouille est un petit miracle.
Parce que les miracles aussi, ça existe. La preuve.


N'empêche.
N'empêche que Grenouille, un jour y a pas si longtemps, la Peur a tellement hurlé dans ses oreilles qu'il s'est senti prêt à mourir pour qu'elle se taise, et qu'il est entré dans la bouche d'un Cauchemar.
Le Cauchemar, on l'appelle l'Autre, on l'appelle Runaan, et Grenouille est entré dans sa bouche.

C'est du courage, ça.





Sur l'île

Comment vis-tu ton séjour à Never Never Land ? Que représente ce lieu pour toi ?  
Il y a eu trois phases.
La phase 1 : émerveillement, féérie, euphorie, tout est en magie, ça pique les yeux et gonfle le coeur.
La phase 2 : désenchantement, angoisse, violence, finalement ça fait peur et c'est dur, et des gens meurent, ou disparaissent, et c'est terrible.
La phase 3 : Grenouille devient un enfant-vieux et c'est extraordinaire, et ça le rend plus faible dans son corps et plus fort dans sa tête, et le Pays de Jamais commence à devenir aussi le Pays de Grenouille.


Regrettes-tu ta vie d'avant ? Voudrais-tu pouvoir retourner dans le monde ordinaire ?   Si tu n'en as jamais connu d'autre, désirerais-tu une autre vie ? L'autre monde te fait-il envie ?
Grenouille a regretté. Grenouille a repensé à l'Ordinaire, celui d'avant Pitchipoï, encore et encore. Grenouille a poli ses souvenirs comme des galets, jusqu'à les faire briller. Il n'avait qu'à fermer les yeux pour voir le sourire de Maman, même après tout ce temps, même après avoir perdu son nom, parce que l'Amour sait combattre l'Oubli. Grenouille a regretté d'être venu, Grenouille s'est trouvé faible, lâche, et même méchant, méchant de ne pas être resté pour sa mère, pour son frère, pour tous les morts de Pitchipoï. Et ça, ça pèse encore sur Grenouille, comme une enclume invisible qu'il ne peut pas raconter, pas expliquer, et de toutes façons qui comprendrait ? ...

Mais aujourd'hui Grenouille est occupé à devenir un aventurier, à affronter la réalité et même la non-réalité, et Grenouille ne peut pas y penser au risque de tout effondrer. Alors il ne regrette plus, il n'y pense plus. Il est occupé à survivre.
David est là, de toutes façons. Même si tu le vois pas.


Comment vois-tu Peter Pan ? Quels sont tes sentiments envers lui ? A l'inverse, que ressens-tu pour le capitaine Hook ?
La Peur demeure, la Peur existe même face au Roi, puisque le Roi peut déchainer une tempète, comme ça. Mais la Peur n'est plus la même. C'est une Peur de prudence, de méfiance, ce n'est pas la même Peur que celle des uniformes et de la mort. Grenouille a vu Peter triste, Peter gelé, Peter cassé, et il a compris que Peter Pan est comme lui. Il a mal, tellement mal que ça fait de l'orage. Il a peur, tellement peur qu'il devient du givre. Peter Pan déteste les adultes et Peter Pan accepte les monstres. Et même si son coeur bat plus vite à côté de Peter Pan, dans son âme ça sonne juste.
C'est dommage que Peter Pan soit comme un tyran. A cause de ça, parfois dans la tête de Grenouille Pitchipoï et Neverland ne font plus qu'un.

Hook fait Peur, et juste Peur. Hook est comme un humain-horreur. Comme un cauchemar. Comme Runaan.
Il attire, il captive comme le vide, puis son regard semble avaler dans un froid infini. Et Grenouille ne veut plus vivre ça. Jamais.




Dans les souvenirs





Avec la Sombre Aventure, Grenouille a perdu des dents, mais il a gagné des souvenirs. Ils reviennent dans des flashs qui secouent tout le corps. Ils sont de plus en plus durs au fil de l'histoire, mais s'il te plait lis jusqu'au bout. Il le mérite, Grenouille. Pour toi ce sont juste des choses difficiles à regarder, mais lui c'est dans lui pour toujours.

Il y a un souvenir par branche, tu sais, son étoile a six branches.



Le premier souvenir





Le premier souvenir c'est le plus chaud. C'est dommage parce que c'est aussi le plus vide. Dans ce souvenir il y a les osselets, les billes, la blouse à l'école, le cirque pour son anniversaire. Il n'y a pas de nom, puisque Peter Pan l'a pris, mais il y a ça : Jojo.
Puis il y a les affiches placardées devant les parcs, les lieux publics, et même l'école de musique où il joue du violon. INTERDIT AUX JUIFS. Il y a son vieux professeur embarqué qui lui dit "tout va bien, ce n'est rien, on se voit demain". Et puis rien. Pas de demain pour le vieux professeur. Il y a les caillasses et les insultes lancées dans la cour de récré, youpin, youpin ! Et c'est même pas tellement grave. Il y a papa qu'il a déjà trop oublié, mais par contre il sait qu'il est horloger. Il y a David, David c'est son grand frère tu vois, qui se bagarre quand on injure Jojo.
Et Maman, Maman, avec ses robes d'été, et puis tout d'été, parce que Maman c'était l'été, même quand ses sourires étaient mouillées. Maman avec son accent polonais qui fait déraper les mots et qui se glisse jusque dans son rire. Maman qui l'appelle « petit miracle » parce que Jojo a survécu à une pneumonie quand il était têtard (c'est maman qui dit têtard). Maman et ses yeux comme lui. Il y a beaucoup Maman, dans ce souvenir-là.

Puis, il y a l'étoile jaune. Il faut l'afficher partout, la porter partout, en plein sur le coeur. Comme il est fier, t'imagines pas. David est furieux, mais pour Jojo c'est comme un cadeau.
Et le premier souvenir est déjà fini, tu vois il est court.









*



Le deuxième souvenir




Le deuxième souvenir est très chaud aussi finalement, mais tu vois c'est pas la même chaleur. C'est la chaleur qui brûle et qui étouffe, celle qui rend tout plus dur.
Dans ce souvenir, Jojo a l'âge de raison.
Dans ce souvenir, il y a la porte qui sursaute sous les coups, et Maman qui ouvre à moitié en colère, à moitié en angoisse. Jojo reconnaît le policier, c'est celui qui fait des rondes en bas du quartier. Il a comme un autre visage aujourd'hui. C'est le premier visage que Jojo voit se déformer. Et c'est ce visage qui leur dit que cette fois : « les enfants aussi ». Alors le visage de Maman, là, devient l'automne.
Dans ce souvenir, y a plus rien que de la hâte, et de la confusion, et de la brusquerie, et même de la violence, puisque Jojo ne se dépêche pas assez et que ça provoque des cris, déjà tant de cris, et que des cris comme ça c'est violent. Il demande ce qu'on va faire de Jules le chat, et personne lui répond, et il demande encore « Et Jules ? Et Jules ? » et David lui hurle dessus alors, même David. C'est pas le moment Jojo, tu comprends pas que c'est pas le moment ?!
Mais non, tu vois Jojo il comprend rien. Et toi non plus tu comprends rien, alors fais pas semblant.

Alors Jojo donne trois boites de pâté à Jules, au cas où ils reviendraient dans trois jours seulement. Maman s'est occupée des bagages. Ils ont droit à deux tricots et c'est tout, mais il fait tellement chaud de toutes façons.

Ne lâche pas la main, Jojo. elle dit Maman.

Jojo ne lâche pas.
Même en bas de l'immeuble, où tout le monde hurle et bouscule, où des vieux monsieurs pleurent, il lâche pas. Il demande une dernière fois pour Jules. Personne ne répond.
A la place, il y a la voix d'un policier qui crie de se dépêcher, et Jojo n'a jamais entendu un si féroce cri, et puis des cris des gens aux fenêtres qui disent « Vermine !!! » et « C'est injuste !!! » et tout se mélange dans un furieux manège de cris, et Jojo n'a jamais entendu autant de cris d'un coup. C'est de plus en plus dur de ne pas lâcher, tellement il y a de corps et de mouvements qui se dressent sur son passage, bientôt il ne voit plus le ciel, il n'y a plus que des valises, et des chapeaux, et des mains, tellement de mains qui s'agitent dans tous les sens. Son regard s'accroche aux vieux monsieurs qui pleurent, car ça aussi c'est la première fois, et puis David le tire en avant, et Papa le fait monter dans un bus. Le voisin, qui n'a pas de femme ni d'enfant parce que c'est un intellectuel, va dans l'autre bus. Les deux sont remplis de gens qui ont l'air très perdu.

Pourquoi on ne paye pas de ticket pour le bus   ?

Personne ne répond.
Tout ce qu'on entend, ce sont les cris, les cris.

C'est la première fois, aussi, que Jojo voit les adultes être si violents avec d'autres adultes. Il ne comprend pas que Papa se fasse frapper à l'épaule par un policier, il ne comprend pas surtout que Papa ne dise rien. Il le fixe d'un regard sévère, mais toujours sans lâcher, alors qu'ils descendent des bus et marchent en se dépêchant, toujours en se dépêchant.

Est-ce qu'ils vont reprendre mon étoile ?

Personne ne répond.

On va où ?

Personne ne répond.

Maman ?

Personne ne répond.








Le pire, c'est pas la chaleur, c'est pas le bruit, tu sais, c'est l'odeur. Le Vélodrome d'Hiver, c'est pas pour l'été, et on est le 16 juillet 1942. Jojo arrête de poser des questions. C'est encore plus fatigant quand personne ne répond. David lui dit de pas se plaindre. Qu'ils vont pas chialer, quand même. Après tout, Jojo a l'âge de raison. Et puis, vaut mieux garder ses larmes, il fait trop soif pour les gâcher. David est fort, David est robuste. David a treize ans et il regarde les policiers dans leurs yeux, et il a rien besoin de dire. Les policiers baissent les yeux.
C'est là que David rencontre Elias.
Elias a douze ans. Il est déjà plus grand que David, pourtant. Il vit aussi tout près du Sacré-Coeur, mais moins près qu'eux, et Jojo est un peu fier alors.

C'est la première fois que Maman dit « je ne peux pas » quand Jojo lui demande de l'eau. Je ne peux pas. C'est la première fois que personne ne peut l'aider quand ses bronches se coincent. C'est la première fois qu'il sent son père le serrer si fort aussi, car Papa est assez pudique. C'est plus inquiétant que tout le reste, ce câlin si fort.
Mais la fièvre rend tout encore plus chaud et plus flou. Le souvenir s'arrête au nom qui résonne dans tout le vélodrome d'été :


STARVINSKI.


C'est le nom de Jojo.








*






Le troisième souvenir





Les trains.
Le troisième souvenir il commence par des trains.
C'est pas des trains normaux, tu vois, y a pas de siège, et puis surtout y a pas de lumière, y a pas d'air, et dedans que des étoiles à six branches. Grenouille lâche pas. Tu te dis que ça dure une heure, ou deux heures comme ça, et que c'est déjà trop, et Grenouille se dit pareil, mais non, c'est trois jours. Trois jours. Et pendant trois jours, pas de lumière et pas d'air, alors la fièvre et l'asthme, alors y a des vieux qui se salissent, des hommes qui pleurent et un bébé qui meurt. Et Grenouille il a jamais vu la mort, tu sais, c'est la première fois.
Et quand les portes s'ouvrent, y a pas le temps de s'habituer à la lumière qui brûle les yeux et à l'air qui revient dans les poumons, pas le temps, puisque déjà ça crie, ça crie de partout et ça bouscule. C'est comme si on pouvait plus marcher normalement. Parler normalement. C'est comme si on était des animaux.


Le camp.
C'est un truc inimaginable le camp, on sait pas ce que c'est, le camp. C'est pas vraiment une prison, mais tu vois ça ressemble. C'est quoi ces blocs alors ? C'est pas des maisons, ça. Y a des clôtures et des gardes, des chiens, et tellement d'ordres, c'est pas possible de tous les retenir, surtout quand les vieilles dames débitent du baratin yiddish dans les oreilles, sans arrêt. C'est épuisant ce baratin, qui se mêle aux cris ordonnés, aux ordres criés. Y a jamais, jamais de silence, jamais de tendresse, et on dirait que y en aura jamais plus.
Papa se prend un coup sur la tête quand il veut rester avec eux, et Maman pleure, le corps de Jojo est secoué contre le sien parce qu'elle le porte, parce qu'il a de la fièvre, parce que ça fait trois jours et parce que Papa part. Papa part parce que les hommes ne sont pas dans le même camp. David lance son regard contre le visage des policiers, mais ça ne marche plus si bien. Ça fait trois jours pour David aussi.

Et dans le camp, y a les couchettes rouillées, où on dort les uns sur les autres, et les repas sans rien dedans qui donnent soif, et les cheveux rasés pour les poux, et même pour rien parfois, et les punitions, les os qui percent, l'hygiène qui s'effiloche et les corps empalés sur les barbelés. Sur les barbelés !! Tu comprends ? Ça y est, la mort est là, c'est plus comme la première fois, elle est vieille ou jeune, elle est bruyante ou silencieuse et elle est partout, ça s'appelle même parfois du suicide. C'est partout, ça sent.

Et encore des bousculades, qui font de plus en plus mal tu sais, parce que quand c'est une bousculade ou deux bousculades, tu te dis que ça va encore, c'est juste énervant, mais quand tu te fais bousculer toutes les minutes de toutes les heures, c'est comme si ça t'arrachait la peau, comme des bleus partout, et des cris encore, des cris, des cris, des cris !!!! Le silence est mort, puisque même quand les cris se taisent, leur écho résonne toujours dans la fièvre. Tous les matins, Maman se réveille en sursaut et le presse fort, et Jojo a l'impression de mourir, mais il lâche pas. Tu sais, il lâche pas.

Et quand Maman doit partir, il lâche pas. Ce sera le dernier à lâcher. Et tu peux pas imaginer comment c'est ce jour là. Ça fait déjà des jours et des jours qu'ils sont là et qu'ils deviennent des squelettes au regard trop brillant, ça fait des jours qu'ils meurent mais c'est jamais trop finalement. On sépare les mamans et les enfants. Tu imagines l'hystérie ? Tu imagines si on t'arrache ta maman, alors que t'as jamais, JAMAIS lâché ? Tu imagines, ça ?! Tu imagines comme Jojo pleure et hurle, même plus comme un humain, c'est tout son corps qui hurle, et il hurle encore quand le jet d'eau perce sa peau, entre dans sa gorge, éclate ses yeux. Et surtout il lâche pas, Jojo, et il faut trois policiers pour les séparer, avec les chiens et tout, Jojo et sa maman, trois policiers pour les séparer.
Alors Jojo lâche, puisque même David s'est fait plaquer au sol, puisque même Papa est déjà loin, puisque même Maman se fait emporter en criant « vis, vis petit miracle », puisqu'il est tout seul. Y a plus rien à tenir, et sa main se referme dans un vide qui l'avale tout entier.

C'est là que la Peur arrive pour de vrai. C'est quand y a plus de main à tenir, plus rien. Alors elle vient et elle avale, aussi.










*




Le quatrième souvenir



 


Les camions, les trains, le camp.
Encore.
Encore plus loin.
Tu continues de lire ?
Ça fait un mois, plus d'un mois, qu'il y a plus de parents. Tu connais un monde sans parents, toi ? C'est comme se sentir trop petit et trop grand en même temps. Tu sais pas comme ça creuse le ventre, presque avec une pelle tellement c'est violent.
Il y a un autre camp, il s'appelle Drancy, où tous les enfants sont malades. La nourriture est en forme d'eau. Aujourd'hui, on doit repartir. Jojo ne sait toujours pas où, mais les autres enfants disent que c'est à Pitchipoï. Le Pays de Nulle Part.
Jojo a les yeux qui piquent, c'est pas parce qu'il pleure parce qu'il pleure plus,  c'est parce qu'ils ont été réveillés à 5 heures.
Pendant le trajet dans le camion qui saute, David et Elias parlent. Entre eux, ils s'appellent Kertész et Starvinski. Ça fait grand. Ils font exprès.

J'ai entendu le médecin parler avec l'infirmière. Les camps de Pologne, on en revient pas. Tu sais ce qu'ils font ? Ils nous brûlent. Nous, on peut nous prendre au travail, mais lui, il est trop petit.

Lui, c'est Jojo, mais Jojo répond pas, puisque Jojo parle plus depuis que Maman est partie.

Les enfants, ils les gardent pas. Surtout Jojo, avec son asthme. Alors voilà ce qu'on va faire.

Là, David se penche et Jojo entend plus. De toutes façons, il s'endort.
Et dans le train, dans le train où on s'entasse comme des bêtes, parce que c'est un train pour bêtes, Jojo dort encore. Il peut dormir où il veut Jojo, c'est facile, et parfois même David doit lui donner des claques pour le réveiller. Une femme avec un autre langage lui donne de l'eau, il dit pas merci parce qu'il parle plus.
Elle l'appelle : "niebieskie oczy".

Et puis David lui parle et lui fait répéter. Quand on descend, tu vas sous le train. Tu te caches sous le train. Quand on descend, tu vas sous le train. Quand on descend, tu vas sous le train. Quand on descend, tu vas sous le train. Jojo répète avec une voix sans vie.


Quand ils descendent, Jojo va sous le train. Il n'a pas le temps de voir à quoi ressemble Pitchipoï. Tu n'imagines pas comment c'est, une masse de gens qui sont devenus presque fous à force d'avoir faim et mal et peur. Qui parlent tout seuls, qui griffent, qui ont les cheveux dans tous les sens, même les mamans. Qui se pressent hors des trains qui sentent comme les toilettes bouchés, après un trajet qui ne finissait pas. Qui se cognent dessus sur le quai, sans savoir où aller, avec des gardes qui hurlent des mots comme des cailloux. .
Jojo tremble de tout son corps et étouffe ses gémissements. C'est épuisant ces cris, ça écorche toute la peau, jusqu'à laisser que la Peur. Il comprend aucun langage et devant lui, les chevilles de David ont disparu. Personne l'a vu dans la foule, Jojo. Il s'agrippe au train, comme s'il voulait s'y fondre, et heureusement qu'il est bon en acrobatie.
Tu sais combien de temps il reste ? Parce que rien que ça c'est déjà dur. Parce que Jojo reste là une nuit, tu vois. Tu vois. Y a plus David et y a plus Elias, y a plus que lui et sa main vide. Il dort sur les rails, tu vois, avec des vêtements abandonnés autour de lui. On dirait un petit mort.
Tu continues toujours de lire ?

Après, le souvenir est tout écorné, mais Jojo revoit la valise. L'âge de raison lui permet encore de tenir dans une valise tu sais. T'as déjà été enfermé dans un minuscule endroit ? Jojo se fait enfermer dans une grosse valise. Y'a encore moins d'air et de lumière que dans les trains, mais il aime bien, c'est bizarre. C'est Elias qui porte la valise, ça il en est sûr Jojo. Elias est grand pour son âge, il a été mis dans la file de gauche, celle qu'on garde, celle qui travaille. Elias s'occupe des bagages des arrivants à Pitchipoï. Il est venu chercher Jojo sur les rails. Pendant la nuit, un autre train est arrivé, mais personne n'a rien remarqué, puisque de loin Jojo est un tas de vêtements, un petit mort. C'était facile de mettre Jojo dans la valise.
Combien de jours dans la valise, tu dirais ? C'est facile, ça aussi, tu sais. Dormir, attendre, se taire, dormir. Les jours défilent dans la valise et Jojo ne voit que le visage d'Elias, de temps en temps. Il ne ressemble plus à rien, Jojo, avec son visage qui se creuse, sa peau qui blêmit, ses os qui saillent. Il est sale et pouilleux. Elias lui donne une vieille peluche moche qui pendouille. C'est une grenouille. Elias lui dit : "tu dois la protéger, c'est important". Tu y aurais cru, toi ? Jojo se dit que c'est de la connerie, mais un truc en lui y croit un peu.

Elle est juive la Grenouille ? sa voix est comme l'air qui sort d'un ballon percé.


Combien de jours dans la valise, tu dirais. Combien de jours on peut tenir, même quand on rapetisse chaque nuit. Jojo peut pas te dire.
Puis un jour, la valise tombe, la valise s'ouvre, la grenouille glisse et roule sur le sol. Jojo sort. Pour la grenouille. Il rampe, ça tire sur tous ses muscles dégonflés.
Et ça crépite, tout à coup. C'est le cri d'un Allemand, l'aboiement d'un chien, y a pas de différence dans la tête de Grenouille. Dans la valise, tout était étouffé, alors maintenant tous les sons ont l'air trop fort, comme des claquements dans l'air. Jojo reste allongé sur le plancher, comme quand il était sur les rails, de toutes façons ses jambes sont trop molles, et puis y a la Peur qui le plaque comme des bras tendus. Tu sais ce qui est plus violent que la Peur, malgré tout ? La Rage. Les uniformes ont tellement de rage dans leur voix et même tout leur corps que tu peux pas battre ça, tu vois, même si tu veux jouer au héros, tu peux rien faire face à cette rage-là. Jojo fait rien, ils le redressent sur ses pieds mous et il fait rien, ils le tiennent par ses épaules maigres et il fait rien.

On crie, encore, un numéro maintenant, Grenouille reconnait car le baratin yiddish ressemble à l'allemand. Elias arrive. Elias est un numéro. Jojo comprend lentement. On questionne Elias. Jojo a eu le temps de comprendre qu'il ne doit rien dire. Pas dire qu'il connait Elias. Rien dire.

Juif ? un uniforme demande.

Jojo fait non de la tête.
Un autre uniforme parle, même quand il parle on dirait un cri étouffé, et le premier uniforme baisse son pantalon. Jojo pleure un peu, mais un tout petit peu. Tout le monde regarde son zizi. L'uniforme a une grimace de dégoût et on balance Jojo vers Elias. Il tombe, parce que son pantalon n'est pas remonté. Rien que ça, tu sais, c'est tellement plein de violence.

Il a du échapper à son groupe. Il part vendredi au block 11. dit un uniforme en français, avec un accent qui grésille comme une clôture électrique.








Le reste est encore effacé, mais Jojo se souvient du pyjama rayé et du baraquement plein de gens. Et puis l'odeur, tu sais, encore pire que toutes les autres odeurs.

Qu'est-ce qui sent comme ça ? Elias, qu'est-ce qui sent comme ça ? il demande, alors qu'Elias l'entraine dans l'immense immense immense camp avec des maisons en bois.

Elias répond pas.
Elias doit pas savoir que c'est un miracle que la voix de Jojo sorte encore.
Les gens en pyjama font encore plus peur que les uniformes. Ils le regardent fort et ils ont l'air mort. Il y en a par terre, partout par terre, avec l'air encore plus mort. Plus mort que mort. Tu sais pas comme c'est horrible de marcher parmi eux, comme c'est comme dans ces rêves où on sait plus comment sortir.
C'est dur de se souvenir dans l'ordre après. Le feu brûle ses habits, pour désinfecter. Le jet d'eau glace sa peau, pour désinfecter. ALLEZ ALLEZ ALLEZ. Les cris ont repris, les bousculades ont recommencé. C'est toujours de la violence. Chaque morceau de peau de Grenouille est atteint, contaminé par la violence, et c'est pour la vie.
Le pyjama avec une nouvelle étoile. La tête rasée encore plus près. Le numéro, le sien, pour lui tout seul, en plein milieu du bras. Il commence comme Elias. Et ce numéro, c'est beaucoup de violence encore.

Jojo demande où est David. Il demande sans arrêt maintenant, à tout le monde. Il sait que s'il s'arrête, il n'y aura plus rien alors, il n'y aura plus que le vide. Où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David...

Sa voix s'éraille mais tient bon.
Et à force, tu sais quoi ? Un petit miracle. David arrive. Dans le baraquement, alors que c'est pas le sien, et Jojo s'agrippe à lui comme il s'est agrippé au train, à la grenouille, à la vie, il pleure toutes ses larmes, et toute la douleur du monde revient en lui comme si la tendresse avait ouvert la porte.

T'inquiète pas mon Jojo, dans moins d'une semaine, tous les trois, on se tire.  

Tous les trois, on se tire.







*




Le cinquième souvenir






La nuit sans David et sans Elias est la pire nuit. Mais il n'y a pas le choix, ils sont loin la nuit. Il ne lui reste que la grenouille. Jojo lui parle beaucoup, il se persuade que la grenouille a encore plus peur et ça l'aide. Il est avec plein plein d'hommes dans un baraquement qui sent la pisse et la maladie. Ça peut pas être le vrai Pitchipoï, tu crois pas ?
On essaye de lui voler de la nourriture et de lui en donner aussi. Les adultes le collent, ils lui touchent le visage et les bras, parce qu'il n'y a plus d'enfant ici, Grenouille est leur miracle. Ils sont partis les enfants. Plein de gens lui demandent s'il a vu Mariuzs, Marek, Felix, Shmuel, Claude, Gretel, Martyna ou Jacob. Il répond pas. Il sait pas. Tu sais, même ça c'est comme une violence.

Ce qui choque le plus Jojo après, c'est pas de dormir au milieu de plein de grands qu'il doit coller parce que y a pas la place, où les os qui se voient beaucoup sous leur peau... Ce qui va le plus le choquer, cest l'appel, le lendemain.
L'appel est plutôt la nuit que le matin tellement c'est tôt. Un adulte l'aide à descendre du lit qui est haut et qui n'est même pas vraiment un lit. L'adulte est très gentil avec lui. C'est lui qui lui a donné du pain hier. Il n'a pas d'étoile, il a un triangle rose. Tu trouves ça joli ? Autant que l'étoile ? L'appel commence.
Il faut rester debout les mains sur la tête. Il faut rester comme ça, des heures. Tu imagines, des heures ? Jojo a les bras qui tremblent, les jambes aussi, parce que ça fait des jours qu'il était recroquevillé dans une valise en plus. Il tient plus. Il y a des adultes autour de lui qui tombent et personne les ramasse. Il y a même une dame. Voir une dame tomber c'est une énorme violence. Tu vas croire qu'il s'habitue mais non, un trou s'habitue pas à être creusé tu vois, il devient juste plus profond. Et ça creuse encore, puisqu'un uniforme vient et que son pistolet tire dans la dame, qui est pas loin de Jojo, de sorte que cette image là elle s'incruste dans les yeux de Jojo pour l'éternité.






Le soir, Jojo à plein d'images incrustées. Il y a les femmes qui sortent du docteur avec des croûtes sur la peau ou des visages déformées. Il y a Triangle Rose qui se fait battre et battre et battre parce qu'il a fait tomber une grosse pierre tout près du pied d'un uniforme. Il y a les corps étalés par terre et Jojo imagine que ce sont des bateaux et que le sol est la mer, la mer morte. Il y a les malades qui crachent du sang et qui veulent pas aller à l'Infirmerie, parce que dans le camp l'Infirmerie soigne pas. L'Infirmerie envoie aux douches qui tuent. C'est pour ça qu'il y va pas, parce que Triangle Rose lui a dit. Même si ses poumons sifflent et que son numéro le gratte.

La nuit, Triangle Rose le serre fort en chantant une chanson, et il s'endort.

Le matin, il y a l'appel encore, et Jojo tient encore moins. Peut-être parce qu'il a de la fièvre, et des plaques, et des frissons, et qu'il tousse. Il faut se retenir pourtant, Triangle Rose lui a dit. Les uniformes ont peur des maladies. Le reste du temps, Grenouille ne fera rien, rien du tout, à part absorber chaque image et recevoir chaque choc de plein fouet, même que ses yeux semble s'agrandir par manque de place.

C'est le midi qu'il y a l'évasion. Comme cadeau, Triangle Rose lui a donné son triangle, parce qu'il n'a rien d'autre. Jojo sait qu'il va mourir pour ça mais Triangle Rose a dit : ce n'est pas grave.

Jojo est le premier à passer, sous les barbelés. Ils ont creusé un tunnel et Jojo est fort pour ramper. Ils ont mis plusieurs pulls pour pas se faire déchirer la peau, ils ont arraché les signes de juiverie qui risquent de les trahir dehors, ils ont fait tout ce qu'il fallait.
Elias est le deuxième et il rampe bien aussi, il fait presque pas de bruit. C'est lui qui a trouvé des vêtements pour l'extérieur, dans les bagages des gens morts.
David est le troisième, et il y est presque, mais d'un coup : Jojo crie. Les larmes débordent de ses yeux trop grands, il pique une crise de nerf, une crise d'angoisse, on sait pas trop, et tu sais pourquoi ? Parce qu'il a pas son étoile. C'est comme s'il avait oublié un morceau de corps dans le camp, ça le panique tellement qu'il peut pas baisser la voix, et qu'à cause de ça ils risquent d'y passer tous les trois.
Alors David lui dit de ne pas pleurer, David dit qu'il va y retourner. Qu'il va la chercher son étoile. Il a laissé la sienne sur sa veste d'uniforme, ça ira ? Oui, il dit Jojo, dans un hoquet bourré de nerfs, ça ira.

David y retourne. Dans la tête de Jojo, c'est pas possible que David se fasse attraper. C'est hors de sa raison, hors de sa conscience. C'est pas envisageable. David sera toujours là, David échappe à tout, David est plus fort que TOUT.
Sauf que David ne passe pas les barbelés. David revient, lance son pyjama à Jojo, puis une ombre d'un noir absolu s'abat sur David. On dirait que c'est l'ombre de la nuit.
David se fait attraper.
David s'est fait attraper.
Jojo regarde l'ombre extrêmement noire.
Jojo regarde de l'autre côté des barbelés et toute l'horreur du monde est dans ses yeux.
David hurle : "DÉGAGEZ ! DÉGAGE JOJO ! KERTESZ, N'OUBLIE PAS TA PROMESSE !!". Et Jojo se débat, dans les bras d'Elias, il hurle et pleure, plus fort que les aboiements des chiens, plus fort que les hauts-parleurs, et David disparait, tu vois, il se fait manger par Pitchipoï, il disparait pendant qu'Elias traine Jojo, le force, le sauve.
Il disparait.









L'errance.
Jojo est comme sa grenouille, il est en chiffon. T'imagines, un humain en chiffon. Il parle plus. Il a plus de larmes, plus d'expression. Jojo n'a plus le pyjama, mais il a gardé l'étoile de David et le Triangle Rose. Ses pieds saignent de marcher, les cloques éclatent, et Elias doit le porter. Ils dorment dans des fermes, dans des champs, dans la merde. Ils mangent rien. Jojo tousse encore, Jojo est presque mort. Il s'arrête souvent pour vomir. Il s'effondre. Est-ce qu'un pistolet tirera sur lui ? Il entend encore les cris.

Une église, une voiture, une grande maison. Jojo est trop presque mort pour comprendre. Elias l'a porté tout le long. Elias est tellement courageux qu'on dirait quasiment plus un enfant. Elias l'accompagne à l'orphelinat. La grande maison, c'est un orphelinat.
Les femmes à l'intérieur ont l'accent de Maman, et si Jojo avait des larmes ça le ferait pleurer. Jojo dit rien. Il ne comprend pas, de toutes façons, personne ne parle français, à part Elias, qui lui parle tout le temps, et tout le temps de jolies choses. Ça doit être un gros effort pour Elias, de trouver tant de jolies choses à dire. Elias reste avec lui tout le temps. Jusqu'à ce qu'il guérisse, parce que Jojo a le typhus.
La vie revient dans Jojo, et ça fait mal partout.
On dit que Jojo a la rage de vivre.

Il y a un prêtre qui est venu au cas où la rage de vivre ne serait pas assez forte. C'est lui qui rend Jojo tout transparent, pour le protéger.
Tu n'es plus juif. Ta maman n'a pas l'accent de Pologne. Ta maman est morte. Ton papa est mort. Tout est mort. L'ancien Jojo aussi.
Ne montre pas ton zizi. Non, tu ne peux pas garder ton étoile. Allons, elle est laide, elle est si laide, pourquoi tu pleures ? Non, c'est trop dangereux.

Jojo la gardera quand même. Dans sa semelle, bien cachée, bien trésorée.
On dit que Jojo a la rage de vivre.

Jojo s'en fout d'être juif, Jojo s'en fout de tout, parce que y a David, y a David qui est resté là-bas vous comprenez, et David va mourir, un pistolet dans la tête, David va mourir du typhus, et si David fait tomber une grosse pierre au pied d'un uniforme, DAVID !!!

— Je vais le chercher.

C'est Elias qui dit ça, une nuit, au fond des lits, dans le silence obstrué de soupirs et de pleurs étouffés. Grenouille comprend qu'Elias va retourner à Pitchipoï.

Je viens avec toi.

Mais Elias refuse, Elias a fait une promesse, et quand Jojo dit qu'il s'en fout de mourir, Elias s'énerve comme jamais il s'est énervé, Elias sort Jojo de son lit et le plaque contre le mur, Elias lui dit : Tu n'as pas le droit de mourir  !! Tu dois toujours fuir, et toujours te cacher, et toujours vivre  ! Ne dis jamais ce que tu es ! Ne reviens jamais là-bas  !! Tu n'existes plus ! Personne ne doit te trouver ! TU N'EXISTES PLUS !!
… Alors, alors, qu'est-ce que tu es ? tu es juif ?

Alors Jojo dit non, et Elias le bouscule plus fort  : alors tu es juif ???
Non !
Plus fort encore.
ALORS TU ES JUIF ??
NON !!!
Jojo doit vivre mais ne pas exister.
C'est tellement de violence encore, la pire des violences, de ne pas exister.

Alors Elias part, part à Pitchipoï, et Jojo use sa réserve secrète de larmes.
Tu lis encore  ? ...









L'orphelinat est comme le camp, la chaleur qui étouffe remplacée par le froid qui mord. Les enfants sont durs, et cruels, et mesquins, parce qu'ils sont mangés par le chagrin.
Jojo est celui qui ne parle pas. Les plus grands font la loi, ils se vengent contre la vie. Jojo subit des offenses qu'il ignorait possible. Des offenses qui vont loin. Loin jusque dans les culottes. Tu te dis que c'est pas possible, hein, autant d'atteintes pour un seul enfant, une seule peau, mais si, SI c'est possible. C'est quand y a tellement d'atteintes qu'on parle de miracle.
Et Jojo se laisse faire. Il laisse les atteintes venir et s'envole un peu en lui-même quand ça fait trop mal. Il attend David. Elias a dit qu'il reviendrait vite. Jojo marque les jours, sur le mur derrière son lit. Rien n'a plus d'importance à part ça, tu vois.

Des centaines de jours.
On dit que Jojo a la rage de vivre.







*





Le sixième souvenir




Sans la fée, Jojo serait peut-être jamais parti. Mais c'est elle qui vient sur son lit. Elle vient sur son bras, elle vient sur son numéro, et même sa lumière est si forte qu'elle avale les chiffres pendant quelques secondes. Jojo se réveille alors, et il suit la lumière jusqu'à la fenêtre. Elle est ouverte.
Il y a déjà d'autres enfants, qui s'exclament de tous les côtés. Jojo n'arrive pas à bien voir Peter Pan.

Ça ne l'étonne pas que Peter Pan existe. Il a déjà vu des morts marcher. Il a vu Pitchipoï.
Une petite fille dit à Peter Pan qu'elle a toujours cru en lui, et même un garçon dit "moi aussi", et comme il l'envie Peter Pan, Jojo, comme il l'envie de savoir si bien exister. On dirait que ça ne lui fait même pas peur.
Après, Peter Pan parle de son pays, et Jojo commence à le voir dans sa tête.

Jojo est le seul, pourtant, qui ne veut pas venir. Il doit rester ici. C'est Elias qui l'a dit. Il doit rester ici et attendre David. Attendre Maman, puisque Maman viendra le chercher, puisque l'été revient toujours.
Et Puis, Jojo s'est déjà fait avoir. Le Pays de Jamais, pourquoi ce serait différent du Pays de Nulle Part ? Jojo reste dans un coin, il gomme toute trace d'existence.
Mais tu sais, les promesses de merveilles grattent sa volonté. C'est qu'il fait si froid ici, et l'île du ciel a l'air pleine de soleil. Il tangue. Il a peur. Peur de mourir de froid. Et autant peur de louper l'été. Peter Pan se rapproche, écarte l'ombre dans lequel s'est glissé Jojo. Il dit des mots qui dansent dans la tête de Jojo. Tu n'auras plus jamais peur. Tu n'auras plus jamais mal. Tu sais, il y a des fées. Des vraies fées.
Il n'y avait pas de fée à Pitchipoï.

Alors Jojo pose ses pieds sur le rebord de la fenêtre. Il dit oui. A une condition. On va chercher un bout d'été, rien qu'un. On va chercher David. Et Elias, aussi.
Il lui faut du courage pour faire ça tu sais, à Jojo, parce que Peter Pan c'est pas n'importe quoi on lui lance pas des conditions comme ça, et que ça fait des centaines de jours que sa voix n'est pas sortie. Mais il dit ça, il le dit et d'ailleurs il raconte tout à Peter Pan maintenant, tout tout tout, ça veut plus s'arrêter, pendant que les autres enfants jouent dans les airs, sa voix s'envole aussi. Et le visage de Peter Pan est dur, il est triste et tremblant, et Jojo tremble aussi, sans aucune pensée heureuse dans la tête.
Peter Pan lui prend la main.

On va les sauver. On va sauver tous les enfants.

Il n'ose pas demander pour Triangle Rose. De toutes façons, il est forcément mort.

Jojo n'arrive presque pas à voler. Peter Pan lui dit de s'accrocher à son étoile jaune. Il fait froid dans le ciel, mais c'est un bon froid, un froid qui rosit les joues, et Jojo hurle. Il hurle !!
JE SUIS JOJO ! JE SUIS JUIF ! JE SUIS JUIF ! JE SUIS JOJO !!!!!

Jojo est comme une fée, il se met à croire en lui-même puisque y a personne d'autre, alors, alors il existe.









Jojo ne sait plus où est le camp, mais Peter Pan renifle l'odeur de la douleur d'enfant. Après, Jojo ne sait plus tout.
Il se souvient de son coeur qui explose quand il revoit le visage d'Elias, le visage tout maigre et vieilli d'Elias, sans cheveux et sans force, et Jojo lui fonce dessus, il aurait peut-être pas du, et il le serre, plus fort que la main de Maman, plus fort que la grenouille, plus fort que TOUT.
Ça dure un peu longtemps parce qu'il a peur qu'Elias ne soit plus là quand il s'écartera.

On s'est trompé de Pitchipoï. C'était pas le Pays de Nulle Part, c'était le Pays de Jamais.

Alors seulement il demande.
Et David.
Et David. Où est David. Où est David. Où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David où est David.  
 
Et cette fois, il n'y a pas de réponse.
Il n'y a pas de réponse.
Pas de réponse.
Où est David.
Pas de réponse.
S'il vous plait.
Où est David.
Non, non, attendez, David.
Elias le serre à son tour, tellement fort aussi, et l'intérieur de Grenouille explose en entier, et son corps est secoué de sanglots sans larmes, de sanglots sans bruit, tant la douleur est comme une lame et qu'elle coupe le souffle.


Ça sert à rien, d'être un miracle.
















Grenouille côasse en steelblue.  
.....

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Dernière édition par Grenouille le Sam 7 Oct 2017 - 18:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il pleut, il mouille, c'est la fête à la Grenouille ✡ V2    Ven 6 Oct 2017 - 20:48

Grenouille


le changement


Tout ce qui suit fait suite à cette sombre aventure...

résumé:
 



C'est grand la bouche d'un Cauchemar. Ça n'en finit pas.

Grenouille court, et plus il court, plus son souffle est rauque, plus son cœur cogne contre ses côtes, mais ça, il a l'habitude. Ce qu'il ne connait pas, par contre, c'est les douleurs dans les os, ces affreuses douleurs dans les os, et la vision qui se trouble, d'ailleurs il ne voit plus ses mains, tandis qu'il court et court encore. Peut-être que c'est juste la Peur, elle a tant d'effets secondaires la Peur, elle a tant d'effet sur lui.

Le Labyrinthe Infesté se referme sur lui, c'est comme la gueule géante d'une plante carnivore géante, et sa Peur est tellement géante aussi. Il n'a plus d'épée, l'épée est restée coincé dans le ventre du Cauchemar, le ventre de l'Autre, il n'a plus rien que ses jambes.  
Il ne sait pas si l'Autre le poursuit, mais Grenouille voit encore son visage partout dans sa tête, c'est presque le visage de la Peur maintenant.

Il distingue le Grand Arbre, à travers sa vision brouillée, dans son costume de chat tout déchiré, alors il sourit, et tandis qu'il sourit une dent tombe. C'est celle de devant. Grenouille continue de courir, des dents continuent de tomber. Il sait pas depuis combien de temps, il a jamais été doué pour mesurer le temps.

Grenouille s'est sauvé. Il s'est sauvé tout seul.




Tu crois que ça existe, un enfant vieux ? Grenouille non plus, il pensait pas.
Sauf que quand il rentre chez lui, au Grand Arbre puisque c'est son chez lui, Grenouille n'est plus pareil. Grenouille n'est plus tout à fait un enfant. Parce que l'Autre, Runaan, lui a pris un morceau de jeunesse. Même Pitchipoï avait pas réussi. L'Autre a réussi. Grenouille met un petit temps avant de réaliser.
Il réalise, de seconde en seconde, qu'il est devenu un enfant qui a de l’arthrite. Un enfant qui voit plus bien de près. Un enfant qui a les doigts qui tremblent. Un enfant à qui il manque des dents, même devant, un enfant qui respire encore plus mal qu'avant, un enfant avec une grosse mèche de cheveux blancs. Il a même pas grandi, pourtant.

Grenouille comprend pas. Grenouille s'horrifie, panique, hurle en dedans. C'est comme la suite du cauchemar, tu vois, et il est tellement épuisé par tout ça maintenant. Il a plus la force. Il espère que la Mort voudra de lui, cette fois, et même il reste sous la Pluie pleine de sel pendant longtemps, tout seul dans la nuit, en espérant qu'il se fasse emporter pour de bon. Mais la Mort veut pas, la Mort vient pas. Grenouille devra survivre, encore, il a pas le choix.  

Grenouille se planquera sous sa capuche à oreilles de chats et ira à l'Infirmerie, trempé jusqu'aux os, au creux de la nuit pour pas qu'on voit, qu'on voit sa bouche édentée et sa mèche argentée, parce qu'il veut pas être ça. Il veut PAS. Et quand il voit le regard de Soul qui tombe dans les orbites, quand il le voit tomber, il arrive même pas à pleurer. Peut-être que ça pleure pas, des yeux d'enfant-vieux.





Pendant des jours il reste dans un coin, caché derrière un rideau, à inspirer des infusions pour dégager la crasse de ses poumons, à boire des remèdes pour se remettre d'aplomb. Au fil du temps, on va se rendre compte des dégâts, de toute la vieillesse qui s'est propagée dans le corps encore tout petit de Grenouille, dans les reins, dans les os, les poumons, dans les yeux, partout !! C'est comme un poison, comme une infection, et Grenouille a envie de se déchirer la peau pour faire sortir ça !!! Les Soigneurs se relaient à son chevet, ils ont peur qu'il meure, ils savent pas, eux, que la Mort veut pas de lui.

Il a honte, Grenouille, il veut pas qu'on le regarde, surtout pas. Il a plus de dents, plus de cheveux, un regard vitreux. Il respire comme une machine !! Il est devenu un Monstre. Il devrait déménager chez les Monstres. Ils accepteraient, il est sûr. Et tant pis s'il se fait manger. La Honte, c'est poisseux comme la Peur. Et d'ailleurs, la Peur est toujours là, elle l'a pas quitté depuis le Labyrinthe, la seconde peau est presque devenue la première. Le costume de chat suffit plus, l'étoile non plus, elles sont nulles ses armes, nulles nulles nulles, comment il a pu croire que ça marcherait !!! IL SE DÉTESTE !!






Il arrête pas de trembler, de vomir, et puis la fièvre et puis la toux, il peut à peine marcher, à peine parler. C'est le contre-coup de la Peur. Ou c'est parce qu'il est un enfant-vieux ?
Tu sais pas toi, bien sûr, puisque jusqu'ici, un enfant-vieux ça existait pas.

C'est tellement fatigant, de réapprendre à vivre, encore et encore.
Mais oui, la vie revient, regonfle ses vaisseaux, c'est toujours comme ça quoiqu'on en dise. C'est pareil que dans l'orphelinat, pareil qu'après le typhus. C'est la Rage de vivre, qui s'invite sans frapper.
Il arrive à marcher, avec une canne d'abord et avec ses deux jambes qui tremblent après. Il arrive à regarder son visage changé dans le miroir sans pleurer. Il arrive à accepter qu'il va continuer de vivre. Il arrive même à parler, un jour, quand Soul lui dit que Jerk est là. Jerk est presque mort de Honte aussi, alors Grenouille va lui tenir la main, parce que Jerk c'est son copain. Ensemble ils affronteront la Honte en face et c'est du courage. C'est peut-être à partir de là qu'il laissera vraiment entrer la vie.





Grenouille a pas tant changé, après tout, hein ? Y a toujours les figurines, y a toujours le costume de chat. Tant pis pour l'artrite et les calculs rénaux. Grenouille est toujours l'enfant qui parle pas, l'enfant qui tombe malade facilement, l'enfant qui est trop pudique, qui ne veut pas qu'on le touche !! L'enfant qui dessine beaucoup et qui ne montre pas ses dessins. Qui a des tics, des petits tics.
L'enfant qui voit son fantôme, toujours. Alors Grenouille reste Grenouille, pas vrai, même après tout ça.
...

Sauf que si, en fait, si, quelque chose change dans Grenouille, au-delà de la Peur tenace, au-delà de la Honte qui poisse, au-delà de la malédiction. Au-delà de juste les dents et les cheveux qui tombent. Ça prend du temps, mais regarde bien.
A mesure que les jours passent et que Grenouille digère, Grenouille sent quelque chose d'autre que la crasse dans ses poumons. Tu crois que c'est juste les infusions ? Ou alors c'est parce que Jerk l'a regardé sans dégoût ? Parce que ça a l'air puissant, tu sais comme si quelque chose venait d'éclore en lui et étendait ses branches dans tout son corps. Peut-être qu'il comprend seulement maintenant, qu'il lui fallait plusieurs jours, pour se rendre compte que là, il a vaincu la Peur. La Peur avait un visage de vieux Faune, une peau d'écorce et une haleine de brouillard froid, et il l'a vaincu.
Elle est encore là, tu sais bien qu'elle est encore là, mais il l'a vaincu, rien qu'une fois. Il lui a planté une épée dans le ventre. Tu te rends compte ou pas. Il s'est battu, il s'est débattu, tellement fort. Il en est presque mort. Encore. Mais presque mort, c'est plus fort que mort.

Grenouille va survivre alors. Il sera le seul enfant-vieux de l'univers, le seul enfant à qui on aura pris sa jeunesse et qui aura quand même une armure, des figurines et des rêves. Un enfant en carence de jeunesse mais encore plein d'enfance.
Il tiendra bon, comme une mauvaise herbe. Avec sa mèche, là, tu trouves pas qu'on dirait une mauvaise herbe ? C'est ce qu'elle dit, Curve. Qu'il résistera, comme les mauvaises herbes. C'est elle qui lui a fait cette coupe-là, puisqu'il perdait ses cheveux.

Grenouille résiste.
Grenouille s'équipe.
Grenouille se prépare à survivre jusqu'à la fin des temps.

Son armure-troisièmepeau-costumedechat, Curve la recoud mais surtout, Curve la complète. Grenouille devient invincible.
Quand Grenouille déboule dans la Mercerie, alors que Grenouille il déboule jamais nulle part, et qu'il dit "Je veux une panoplie", Curve sourit. La voix de Grenouille est forte, ample, ferme, remplie à ras bord d'assurance. C'est pour ça qu'elle sourit. Avant qu'il soit un enfant-vieux, avant qu'il ait sa mèche argentée, avant qu'il ait enfoncé l'épée dans le ventre d'un cauchemar, Grenouille aurait jamais fait ça. Aujourd'hui, Grenouille a un sac à dos avec des pics et un casque à tête de dinosaure. Grenouille a un boomerang, un lance-pierre et une PANOPLIE.

Grenouille aura du caractère, Grenouille dira «  non  » quand il ne veut pas. Il dira «  non  » quand on le tape, quand on l'insulte, et un encore plus gros «  NON  » quand on touche à ses affaires, parce que ça il supporte vraiment pas. Il aura une mini voix, mais il aura une voix. Il se défendra.

Grenouille sera cet enfant-là, un enfant-vieux, un enfant-vainqueur, un enfant-fort. Il est copain avec les Monstres de la Contrée, Grenouille, et même s'il a peur de toi, peut-être que toi tu aurais peur des Monstres, tu vois. Grenouille se compare plus à toi. Grenouille a sa petite force aussi, et parfois elle est grande, elle est hyper grande. C'est juste que tu le verras pas.
Tu le verras lui, avec son armure de chat, son casque dinosaure, son sac hérissé et ses gadgets importants, avec son attirail à la steampunk qui doit l'aider à survivre, tu le verras parcourir le Pays avec les os qui craquent, parce que c'est toujours en dedans qu'il a mal Grenouille. Et c'est pas grave, il court encore, il brave encore, et parfois même il marche sur les mains pour rire.

Et tu entendras son cri quelque part, un cri sans Peur et sans Honte :  
JE SUIS GRENOUILLE ! JE SUIS UN MONSTRE ! JE SUIS UN MONSTRE !!!!




l'attirail

Chaque image ci-dessous présente une page du carnet de Grenouille.
Les photos ont été prises par Shark. En échange, Grenouille lui a donné une figurine de requin, mais Shark l'aurait fait de toutes façons même si elle a l'air grognon.


  LA PANOPLIE (avec les accessoires)
Le costume de chat
La ceinture d'aventurier
Le sac à dos à piquants
Le casque dinosaure
Les lunettes


  LES MASQUES (pour les poumons)
Le petit masque
Le masque respiratoire
Le masque de la nuit


  LES AUTRES CHOSES
Les armes
La grenouille
Les figurines
Feraille

 A SAVOIR
page 1
page 2




Invisible pour les yeux

T'as un Pseudo ? Sakripan
Et un âge ?   JEUNE
C'est quoi ton Avatar   ? Max et les Maximonstres et Max tout court.
Comment t'as découvert l'île ? par miracle
Tu la trouves comment ? miraculeuse
Dis, tu crois bien aux fées ? c'est une seconde famille.









Grenouille côasse en steelblue.  
.....

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Dernière édition par Grenouille le Lun 9 Oct 2017 - 19:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il pleut, il mouille, c'est la fête à la Grenouille ✡ V2    Ven 6 Oct 2017 - 23:10

Je. Vais aller euh. Photoshopper des fleurs sur des lapins à paillettes. Ouais. Ça paraît bien.

(J'ai tout lu, et je suis mort à l'intérieur. Ça devrait être illégal d'écrire aussi bien des trucs qui font aussi mal.)
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✘ DISPO POUR RP ? : Non.
✘ LIENS : Change is coming through my shadow.
Sujets en cours : I - II - III - IV - V

MessageSujet: Re: Il pleut, il mouille, c'est la fête à la Grenouille ✡ V2    Sam 7 Oct 2017 - 0:15

J'AI FINI et je te jure, j'ai l'impression que mon coeur a triplé de volume.

Cette fiche m'a mise dans tous mes états : au début, j'étais en morceaux. C'était terrible de relire le passé de Grenouille (surtout que j'en avais un souvenir encore bien clair), repasser par ses épreuves. Ton écriture est toujours très cinématographique, très prenante et précise, c'était impossible de ne pas se laisser happer.

Et après, en lisant l'autre partie, ça allait mieux.
C'est dingue de voir ce que Grenouille a traversé sur l'Île, le courage dont il fait preuve et ta façon de l'écrire ! Quand j'ai commencé à lire les pages du carnet, j'ai rien compris, j'ai commencé à chouiner mais de joie, en quelque sorte. C'était hyper chouette.

ENFIN BREF. TL;DR : ÇA M'A FAIT QUELQUE CHOSE.

Rebienvenue à cette version toute neuve de ton Enfant-Vieux, j'espère qu'on continuera de faire des figurines encore longtemps ensemble






I'll forget you, yeah I will
And yet you are still
Burning inside my brain


Playlist



F A B U L O U S:
 
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Stealth
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✘ AVENTURES : 826
✘ SURNOM : L'Ardente
✘ AGE DU PERSO : Aux portes du bannissement...

✘ DISPO POUR RP ? : À voir en MP !
✘ LIENS : Une flamme dans la nuit, un sourire dans les ombres.

MessageSujet: Re: Il pleut, il mouille, c'est la fête à la Grenouille ✡ V2    Sam 7 Oct 2017 - 4:26

J'ai tout lu putain !! Au réveil, devant le petit déjeuner... J'avoue que ça m'a tordu de l'intérieur et que j'ai pas mangé...

J'y connais pas grand chose aux camps, à la déportation et tout ça, juste des bribes de cours d'histoire... Mais ça colle parfaitement au point de vu de Jojo, qui y comprend et connait pas grand chose non plus. Et qui pourtant communique TELLEMENT. C'est une vraie histoire dans l'Histoire et que ce soit du point de vu d'un enfant... C'est vraiment bouleversant.....
Je suis hyper fière d'avoir un tel courageux dans les éclaireurs, il est flamboyant de rage de vivre ce petit miracle !

Et en vrai, elle est pas si longue, t'as raison ; vives les images !

(J'ai hésité à poster avec Runaan, mouahaha)

OH ET CES CARNETS OMG !! Je meurs, c'est beaucoup trop chou (ce portrait de Runaan est fort flatteur je dois dire)

J'ADORE CETTE V2 ET MON AMOUR POUR GRENOUILLE A JXJDBSJJZKSLAODNZNQLNtuplé !








♥️ Stealth's Song ♥️

Composée, écrite, chantée par Peter Pan et Stealth

Stealth's Voice
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Carne Salt
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☠ Harponneur du Jolly Roger ☠


✘ AVENTURES : 568
✘ SURNOM : Le Pécheur
✘ AGE DU PERSO : Plus de 20 ans et moins de 25... mais combien exactement ?

✘ DISPO POUR RP ? : Full ! Mais Contacte-moi Viande Fraiche, on verra ça ensemble !
✘ LIENS : I'm in the middle of the Cannibal Buffet
Now we cannibals always say grace...
And then we eat your face!

MessageSujet: Re: Il pleut, il mouille, c'est la fête à la Grenouille ✡ V2    Sam 7 Oct 2017 - 12:45

Cette V2 est copieuse et riche *3* (et j'adore les photos de carnet et merci d'avoir associé "Nassti" à cette remouture <3 )







Oraciones para la carne....


Merci de ta bénédiction, Duck prêtresse de SWAG ZE GREAT GOD !!!!:
 
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Heaven
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♣ Récolteur ♣


✘ AVENTURES : 412
✘ SURNOM : La Mésange (Ou Panda Hero)
✘ AGE DU PERSO : 17 ans

✘ DISPO POUR RP ? : Readyyy !
✘ LIENS : A smoky haze and bags under her eyes
Let all make way for our pinch hitter
It's really her, the Panda Hero
So long to our opponent's killer liner !

Chante et délire en lightpink ~


MessageSujet: Re: Il pleut, il mouille, c'est la fête à la Grenouille ✡ V2    Sam 7 Oct 2017 - 20:11

WAAAAAH LA V2 ! Jétoulu. uvu
Et c'était encore trop bien, on le répétera jamais assez. Ah pour une fois j'ai pas pleuré. C'était autre chose. C'est parti d'une grosse déception pour arriver à un "Non non, petit ! Faut pas mourir !" et puis "C'est bien, FIGHT !". C'était dingue, surtout les souvenirs, j'étais à 200% dedans.

Il a enduré un tas de choses le petit père, et j'espère bien qu'il vivra encore vieux et longtemps... Mh c'est déja un peu le cas ? Hihi... ^^"
Le carnet m'a tué, il y a même les tas de fautes d'orthographe, taches d'encre et les ratures pour bien faire voir que ça a été écrit par un gamin de 9 ans. Même l'écriture de gamin... J'approuve, moi qui ai encore mon écriture de collège -lol.
J'ai été sceptique en arrivant sur la dernière page quand même, c'était du grand n'importe quoi... puis après en lisant je me suis marré. X)

FIGHT, P'TIT PÈRE !!! >v<








Merci !
- Joy
- Lou : 1, 2, 3
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Brother
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♣ Chasseur ♣


✘ AVENTURES : 38
✘ SURNOM : L'Inconstant
✘ AGE DU PERSO : 13-14 ans

✘ DISPO POUR RP ? : A discuter
✘ LIENS : Il y a des moments où il suffit de peu de chose pour que la vie continue ou qu'elle s'arrête.

MessageSujet: Re: Il pleut, il mouille, c'est la fête à la Grenouille ✡ V2    Dim 8 Oct 2017 - 12:32

RAH MON PETIT BONHOMME. Tu l'as déjà dit et moi aussi, mais vraiment ce petit bout complète parfaitement Brother et inversement ! L'histoire est tellement prenante, inscrite sous le point de vue d'un esprit d'enfant qui ne comprend pas, s'interroge, vit et meurt et vit encore, cherche sa place, la trouve, la perd, en trouve une autre... Et que de force dans ce petit gars bien sûr ! J'ai hâte de jouer avec et de le voir évoluer encore, et de savourer toujours plus ta plume ! ♥️

Tu le sais aussi mais j'ai gagaté sur les petites photos et tout ! Bébé Grenouillon me fait fondre olalalalala !






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Grenouille
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✘ AVENTURES : 324
✘ AGE DU PERSO : 9 ans

✘ DISPO POUR RP ? : Oui
✘ LIENS : Je coasse dans ma mare

MessageSujet: Re: Il pleut, il mouille, c'est la fête à la Grenouille ✡ V2    Dim 8 Oct 2017 - 19:02

Merci beaucoup à vous tous vous me touchez beaucoup beaucoup. J'avais peur que la densité de la fiche de Grenouille soit un peu un frein à l'émotion hehe. Je suis trop content que ce nouveau Gre vous plaise, vraiment vraiment <3
et merci d'avoir lu jusqu'au bout







Grenouille côasse en steelblue.  
.....

merci Arrow ♥:
 


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Castor Apaisé
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♐ Membre des Hurons ♐


✘ AVENTURES : 95
✘ SURNOM : L'Aurore
✘ AGE DU PERSO : A l’orée de la cinquantaine

✘ DISPO POUR RP ? : pas encore.
✘ LIENS : Nouvelle fiche
ancienne fiche de présentation
Dés à coudre
Feuilles volantes

MessageSujet: Re: Il pleut, il mouille, c'est la fête à la Grenouille ✡ V2    Lun 9 Oct 2017 - 21:19

Caro, tu as encore de la place pour l'atelier "fleurs sur lapins à paillettes" ? Car je réserve une place :D

Bon que dire d'autres que les gens n'ont pas déjà dit sur cette fiche ?
L'intensité narrative: dit
La petite histoire dans le grande histoire : dit
Les photos + commentaires avec tout comme un petit garçon : dit
Cette V2 avec toutes les évolutions qui le rend si fort avec sa rage de vivre : dit

J'ai plus rien à dire en fait hormis que c'est une très bonne fiche, encore plus forte et violente que la V1 (que j'adorais déjà) et que je suis impatiente  de pouvoir jouer avec Castor et Grenouille pour rattraper le temps perdu (et se le prendre en pleine tronche car pas mal de choses à changer)

Bref, vous vous êtes bien rencontré avec Brother et avait fait quelque chose de chouette même si du coup, on va devoir se faire une table ronde pour revoir un peu le lien avec Christo pour que ça reste cohérent :)

Ps-dont-tout-le-monde-sen-fou : Le petit lien avec le "triangle rose" m'a vraiment surprise et émue. C'est une note douce pour cette "communauté" qui a été reconnue tardivement dans l'histoire de la Shoah ♥️







Playlist de C-M. R
l'Aurore brille en SteelBlue


Merci à Hemeros pour ce superbe dessin de Castor ♥️
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Soul
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✘ AVENTURES : 1060
✘ SURNOM : L'Immuable
✘ AGE DU PERSO : Un peu trop mature.

✘ DISPO POUR RP ? : Sauf trame importante/idée précise (hésitez pas à MP)!
✘ LIENS :
« L'âme naît vieille dans le corps ; c'est pour la rajeunir que celui-ci vieillit. »

Points de Sutures...:
 



MessageSujet: Re: Il pleut, il mouille, c'est la fête à la Grenouille ✡ V2    Jeu 12 Oct 2017 - 22:41


T'as insisté forcément pour que je me dépêche de le lire, et je pense qu'au fond, je savais que ça me ferait cette effet. C'était aussi pour ça je pense, je lisais dans l'ordre (toutes celles que je n'avais pas encore fait) parce que la tienne m'achèverait, parce que je savais déjà dans quel état elle me mettrait, qu'elle effet (que t'a souvent sur moi) elle aurait.
C'est assez violent en vrai, je lis en échos et en reflet dans ce petit bonhomme.
Grenouille, c'était un des premiers de toi que j'avais lu, un des premiers aux liens si fort. Et ça ne change pas, il ébranle toujours, même plus encore. Je me moque pas. Craché, juré.
De ce qu'il endure, de ce qu'il essaie pour rester fort à son niveau, par ses limites. Il est vraiment beau Grenouille, il l'a toujours été. Il m'impressionne dans sa persévérance, et son quotidien contre les vagues (en raz de marée) de la peur qui ne peut s'empêcher de venir, de refluer.
Il est beau, il est intense comme toi seul sait le représenter, avec cette foule de nuance, de petits détails jamais en trop, presqu'indispensable en fait pour le constituer. Le faire tenir. Même si c'est pas tout droit. Et ça, c'est aussi tout toi.
Il bouleverse ce bonhomme, pas que par son histoire mais pour tout ce qu'il est, tout ce qui transparait au travers de ta plume (et tous les parallèles que je peux pas m'empêcher de faire, mais c'est fait exprès aussi). Il est vivant. Il est résistant. Il est beau. Il peut être fier de son courage, il peut. Il doit même!
On peut que l'aimer, l'aimer très fort et espérer que ce sera suffisant, suffisant pour l'aider dans son quotidien à tout supporter et à avancer, à s'accepter complètement.

Et puis il ya ta plume toujours aussi jolie, aussi poétique qui parait toute simple avec tout son dégradé de profondeur. Qui dit simplement et avec une gravité douce; l'horreur et son ressenti, sans juger. Il s'agit juste d'une histoire à écouter, presqu'à vivre au travers des yeux étrangers qui nous deviennent d'un coup très familier.
On devient le fils, le frère, la mère, on devient un peu chacun des protagonistes qui gravitent autour de Jojo, on est là avec lui, le coeur qui bat aussi. A être petit, à grandir peu à peu au même rythme. A retenir notre souffle au même moment.
Même si c'était riche et long, c'était difficile de décrocher avant le dernier mot qui nous le disait. Et même après, on y est toujours encore un peu. Jojo, il nous marque la rétine et le coeur pour s'y loger, et prendre une place qu'on lui fait belle.

Et c'est tout en douceur, que ça s'éloigne dans le fond, en regardant les photos (de Shark) que tu as construite avec soin, une véritable oeuvre d'art plastique pour tout un monde, qui le rend encore plus tangible, encore plus réel, authentique et... touchant.

Alors viens là dans mes bras, à nouveau petit Grenouille. Je serrerai pas trop tu sais. Je suis le docteur, celui un peu du coeur.






« C'est un peu de ton espoir,
ce que les années en ont perdu.
On dirait ton ombre et qu'elle cherche
à se mettre debout. N'appelle personne.
Ton cœur ce n'est pas toi, c'est un enfant
qui se tourmente avec la crainte de tomber. »

Joe Bousquet


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MessageSujet: Re: Il pleut, il mouille, c'est la fête à la Grenouille ✡ V2    Jeu 12 Oct 2017 - 23:07

Je vous remercie beaucoup tous les deux <3

Castor je sais que tu es attaché au petit Grenouille (comme moi à Castor) alors ça me fait doublement plaisir, et oui Triangle Rose est apparu dans mon histoire sans prévenir, Grenouille a encore son triangle. Ton commentaire m'a rendu très fier et ravi, merci.

Souly bien sûr que j'avais hâte que tu lises Grenouille et que tu vois ce qu'il devient, et que tu vois aussi ce que ce petit carnet plein de fautes donne dans sa version finale
Merci mille fois pour ces mots qui, même si on se moque toujours de leur taille, font extrêmement chaud au coeur, il faut bien l'avouer. Tout ce que tu dis m'a énormément ému d'ailleurs, et je ne pensais pas que Grenouille te ferait tant d'effet, alors je suis touché en toute humilité.


J'ai vraiment hâte de le faire vivre maintenant, avec vous tous !!







Grenouille côasse en steelblue.  
.....

merci Arrow ♥:
 


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MessageSujet: Re: Il pleut, il mouille, c'est la fête à la Grenouille ✡ V2    Ven 13 Oct 2017 - 13:46

Félicitations mon enfant


Tu es condamné.





Quelle histoire mais quelle histoire !
J'ai meme plus envie d'appeler ce récit une fiche ! Comme d'habitude tes mots font du tricot avec mes tripes, cette fois meme un peu plus encore que d'habitude si c'est possible. C'est cru, c'est vrai, c'est intime. C'est comme une série de baffes et de coups qu'on recoit en meme temps que Grenouille, et oui on continue de lire ! Comment faire autrement ? Je m'attendais a ce que ca soit triste et dur, et ca l'a été. Mais je ne pensais pas en ressortir comme plus forte, plus déterminée. Comme s'il avait transmis un peu de cette incroyable force qu'il possede. Grenouille inspire, motive. S'il peut encore tenir debout apres tout ca, nous aussi on peut affronter la vie et ses cotes moches.

Va donc affronter tout le Pays de Jamais, Keurve te rafistole ta troisieme peau quand tu veux pour t'en faire la meilleure des armures !

PS : Mention speciale pour ce carnet merveilleux !!!


_______________________________


Je te serre chaleureusement la main. Cours vite créer ton Dé à Coudre et demander un Compagnon de Jeu afin de vivre une aventure !  Par ailleurs, n'oublie pas de prendre connaissance de L'intrigue du moment. Tu peux aussi participer au RP d'introduction spécialement conçu pour les nouveaux arrivants et qui permet d'immerger facilement ton personnage dans l'univers : Le Bannissement. A moins que tu ne choisisses de te lancer dans Mission Périlleuse ?  Si tu préfères passer du bon temps en papotant, rejoins sans tarder la Nursery. Quoiqu'il en soit, que ton séjour à Never Never Land soit fabuleux et éternel.









Curve roule des hanches en #b81f4d.
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MessageSujet: Re: Il pleut, il mouille, c'est la fête à la Grenouille ✡ V2    Lun 16 Oct 2017 - 22:35

JE SUIS PAS EN RETARD zjfehjsbhvg je prends juste le temps de commenter maintenant.
Je veux pas m'étendre sur le passé de Grenouille, tu pouvais de toutes façons pas en faire une lecture agréable, même si t'arrives à faire ça très justement, sans mélo, et avec juste les détails qui frappent.
A part ça en vrai c'est les révérences qui m'ont frappé très fort, ça mélange l'ancien et le nouveau Grenouille à la perfection, c'est très percutant et cool.
Et pis cette évolution, j'avais lu le rp avec Runaan mais je m'y attendais pas ! Tous les petits éléments du carnet, de l'attirail tout ça, c'est du chocolat chaud pour le cœur t'as vu.
Bref Grenouille est formidable et je suis si fort heureuse et honorée que Shark y aie une petite part héhéhé.
Rebienvenue mille fois jeune papi.






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MessageSujet: Re: Il pleut, il mouille, c'est la fête à la Grenouille ✡ V2    Ven 20 Oct 2017 - 15:21

Ooh merci vous les deux

Je suis vraiment heureux que vous aimiez ce nouveau Grenouille, du tricot pour les tripes et du chocolat chaud pour le coeur, voilà des compliments en or ! ça me touche énormément <3


BISOUS







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