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Ibijau Assoupi
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♐ Membre des Delaware ♐


✘ AVENTURES : 19
✘ SURNOM : Le Rescapé
✘ AGE DU PERSO : Seize ans

✘ DISPO POUR RP ? : Oui
✘ LIENS : I don't decide to represent anything except myself. But that self is full of collective memory.

MessageSujet: I love sleep. My life has the tendency to fall apart when I'm awake, you know? ✿ Ibijau Assoupi    Ven 11 Aoû 2017 - 3:04

Ibijau Assoupi


Trucs

Surnom : Le Rescapé
Groupe : Peaux-rouges
Age : Seize ans
Rôle : Apprenti guérisseur des Delaware


Révérences

Rien ne s'est passé comme prévu. Sans rêve d'avenir, difficile de se projeter, d'imaginer un futur où l'on perd son identité volontairement pour se vêtir d'une autre. Ibijau ne peut que supposer qu'il y a quelque chose de plus important, une créature millénaire flottant dans le ciel et veillant sur les enfants de l'île. Une qui viendra murmurer des paroles rassurantes à son oreille. Sauf qu'il ne l'écoutera pas cette fois, qu'importe l'amour que lui portent peut-être le dieu de ce monde, l'adolescent n'en a que faire. Une vie ne se remplace pas, ce n'est pas comme être un serpent ayant besoin de retirer sa peau abîmée. Il croit aux esprits pourtant, comme à celui qui brûle ce qu'on lui offre pour rester en vie. Mais pas en ceux qui ont un visage humain. Si ses doigts tirent trop, que les ongles s'enfoncent dans la chair, tout ce qu'il trouve c'est du sang et des os. Ibijau souhaiterait fermer les yeux et prétendre qu'il n'a jamais eut l'opportunité funeste de découvrir ce qui se trouve sous sa peau. Il ne le peut pas. Son visage fermé lance un regard noir à sa main. Celle qui est un peu bancale. Le terme est conciliant, au vu des doigts qui peinent à se replier, de l'os de son poignet qui ne lui paraît toujours pas droit. Pourtant, il a tenté de le remettre à sa place des dizaines de fois. C'est devenu compulsif, que ses poignets soient identiques. Jusqu'à ce qu'il se blesse, que le souvenir distant de quelqu'un écrasant ses chairs et tout le reste ne lui revienne et que sa vision se brouille. Ibijau souffre, une douleur éternelle qui ne quittera plus jamais sa main. Ce n'est pas justifié. Personne ne s'en soucie véritablement, et ses doigts passent contre sa peau dès qu'il se prend à rêvasser. Il trace les contours imparfaits jusqu'à les mémoriser, les ancrer dans son cœur comme un memento.

Slumber était droitier.
Ibijau tente d'être gaucher.

Et gauche, il l'est. Maladroit dans ses mouvements. Ses doigts supplient qu'on les laisse en paix tandis qu'il les force à passer le fil dans les perles colorées dont il se sert pour faire des bracelets. Ces derniers n'ont que pour but de masquer son poignet, de l'empêcher de le voir. Tirer sur les fils est moins dangereux que de s'autoriser à porter son poignet à sa bouche pour y planter ses dents. Ibijau le fait également pour participer, prouver que sa nouvelle famille n'est pas un artifice à ses yeux. Les couleurs et la vie sont cruciaux, autant que la pluie et le soleil. Le garçon a cinq bracelets le long de son bras. Ils glissent vers sa main lorsqu'il bouge, les perles cliquetants ensemble. Ibijau tente de capter les couleurs de l'arc-en-ciel, et espère un jour retrouver la force de fabriquer un ouvrage aux perles bleues. La teinte lui donne envie de vomir. Il n'a pas non plus refait le vert qui lui manque tant. Ce dernier, il ira le récupérer à celui qui l'a volé, aucun besoin de gâcher des perles pour une nouvelle réalisation.

Auparavant, l'adolescent existait pour les autres, ne ressentant pas le besoin de découvrir ce qui l'entourait sans une main pour guider la sienne. Facile à combler, n'utilisant que rarement sa voix. Un détail qui n'a guère changé. Ibijau a du mal à justifier le silence qui lui fait tant de bien, celui qui vient de sa propre personne. Ce n'est pas comme le camp, grouillant de vie et d'entrain. Il ne rejette pas l'ambiance qui arrive pour repartir lors des mauvais jours. Son confort à lui se trouve néanmoins dans l'absence de paroles. De sa main valide, il tente d'effectuer des signes maladroits qu'il invente au fur et à mesure. A présent, l'ancien perdu n'a plus l'intention de s'exprimer verbalement s'il possède un autre choix. Ce qui ne l'empêche pas de mémoriser la langue propre à son clan, de hocher la tête fermement tandis qu'on lui explique quelque chose. De temps en temps, il s'assied dans un coin pour répéter les mots, tester leur sonorité. C'est un peu brouillon encore, comme sa langue maternelle l'est devenue avec le temps.

Se tenir là, avec ses gens qui ont accepté sa présence, c'est ce qu'il désire. Son souhait, celui qu'il a trouvé et pour lequel il se battra. Sans violence, sauf s'il y est forcé. Sa vie se construit, apparaît lentement devant ses yeux fatigués. Le rythme est différent, et le bruit ambiant lui donne encore plus envie de se reposer qu'avant. Ses siestes sont plus courtes durant les journées, tandis que ses nuits se rallongent. Ibijau ne souhaite pas causer de soucis à ceux qui ont veillé sur lui pendant sa convalescence pas tout à fait terminée. En vérité, à chaque fois qu'il s'endort, l'adolescent craint de ne pas se réveiller. D'être coincé de nouveau dans ce monde étrange où l'on peut entendre sans bouger. Exister dans le noir, sans personne pour vous tendre la main.

C'est difficile à expliquer, et il ne parvient pas à justifier ce qu'il ressent par rapport à cette expérience, à la peur. C'est un peu pareil avec son corps. Faire un mètre soixante-dix au lieu d'un mètre cinquante-cinq est troublant. Il évalue mal les distances, la hauteur de ce qui l'entoure. Souvent, il se cogne le front contre des objets accrochés à ses côtés, voir les branches des arbres. Ce n'est pas tant un problème. Ibijau a la tête dure, assortie d'une formidable capacité à donner des coups de tête dans ce qui l'entoure quand il perd patience. Ce qui était amusant dans son enfance. A présent, il a gagné assez de force pour faire véritablement mal à quelqu'un s'il lui donne un coup de boule un peu trop brutal. Heureusement, le garçon est plutôt patient, pas du genre à attaquer le premier. Son corps reviendra adroit, apte à suivre le mouvement. Ce n'est pas le plus concentré, ni celui qui s'applique le plus. Il s'investit néanmoins, surtout lorsqu'il s'agit de soigner les corps.

La colère vient parfois, comme un ouragan. Elle force ses pieds à quitter le sol, alors qu'il grimpe dans un arbre pour s'y réfugier. Assis sur les branches, le garçon contemple un monde qui lui était auparavant interdit. Ce n'était pas un grimpeur compétent lorsque son corps ne pouvait pas suivre. L'exercice déplaît à sa main, le force à la bander fermement pour éviter que ce qui tente encore de cicatriser ne se rouvre brutalement. Ibijau fait avec, prétendant être pragmatique. On ne peut pas soigner certaines choses. Le mal est trop profondément ancré en lui. Cela reste douloureux, complexe à vivre. Il oublie, juste un peu, en se concentrant sur les rituels des Delaware. Apprenant vite, se refusant à faire des erreurs, le nouveau venu n'est pas tendre envers lui-même. Il ne l'a jamais été. Les raisons paraissent mystérieuses. Jamais son corps ne bouge le premier pour initier un contact. Ses épaules se tendent contre son gré alors qu'une main s'y presse. Les contacts lui déplaisent, sans jamais qu'il ne s'énerve à cause d'eux. Il les tolère, sans souhaiter les rendre. Il est conscient d'être un peu compliqué avec certaines choses. La nourriture par exemple. Quoique les épices qui recouvrent ses repas aident considérablement Ibijau à se sustenter. Au Grand Arbre ce n'était pas aussi bon. Se faire peindre le visage le dérange également. C'est un exercice auquel l'adolescent se prête de temps en temps malgré tout, pour s'habituer au contact sur sa peau. Pour une coutume, il veut bien faire un effort.

Dans le fond, il n'estime pas avoir le choix.

Tout comme retourner au Grand Arbre aurait été une hérésie. Aucun ne l'a secouru, personne n'est venu. Combien de temps a t-il passé à moitié mort, oublié de tous ? C'est compréhensible, au vu de la taille de l'île, de la violence de la canicule à cette époque. Il pourrait facilement pardonner et accepter que ce n'est la faute de personne. Ibijau n'est plus un enfant, ce type d'excuse ne fonctionne plus. Il y a toujours un coupable, quelqu'un dont les actions ont causé une réaction en chaîne imprévisible. Un état d'esprit que le garçon se cache bien d'avouer. Sa personnalité était passive, auparavant. Une notion qu'Ibijau tente de repousser, un jour après l'autre. Blâmer Bright lui fait presque du bien, ça réchauffe quelque chose dans son corps qui lui donne envie de lui casser le nez avec sa main brisée. Dent pour dent, ou plutôt nez pour main.

Considérer que d'autres peuvent avoir joué un rôle indirect dans ce drame est possible. Ibijau s'applique à ne pas trop s'y étendre. Les champs de bataille et les combats sans but lui ont toujours fait horreur, ça n'a pas changé. Avec un seul adversaire, il limitera les dégâts. S'il a de la chance, il comprendra que c'est sa personne qui a effectué le mauvais geste, abandonnant sa vendetta. Pour l'instant, autant se concentrer sur le fait qu'il doit réapprendre à utiliser une partie de son corps. Slumber est bel et bien décédé, abandonné quelque part sur l'île. Il a décidé de se voir ainsi, de modifier la théorie de la réincarnation des Delaware à sa manière. Ibijau Assoupi n'endurera jamais un tel sort, n'autorisera plus personne à lui arracher son existence.

Lorsqu'on pose des questions, que l'on s'étonne de sa présence au sein du clan, l'adolescent ne paraît pas dérangé. Sa loyauté appartient entièrement à ceux qui se sont assurés qu'il allait vivre. Il ne se préoccupe pas véritablement de ce que les étrangers pensent. Son monde est vaste et réduit à la fois. Chaque créature y possède une place. Lors de ses balades pour entraîner ses jambes, il n'hésite jamais à s'arrêter pour saluer un animal croisant sa route. Aucun ne lui fait véritablement peur. Enfant, avant même d'être Slumber, il s'est fait mordre à plusieurs reprises par des bêtes tristes ou effrayées. Sa patience envers les animaux est immense, bien plus que sa capacité à s'asseoir au milieu d'humains. Les bestioles ne lui reprochent jamais de ne pas afficher la bonne expression. Un autre de ses troubles. Il s'entraîne un peu depuis qu'il est devenu Ibijau. Sourire reste incompréhensible, ne lui apporte pas véritablement de joie parce que ce n'est pas naturel. Au contraire des grimaces qu'il offre parfois aux plus jeunes, parce qu'ils le fixent un peu trop, celles qui déclenchent des éclats de rire qu'Ibijau n'imite pas. Il apprécie le son, la façon dont les enfants viennent l'entraîner dans leurs danses et leurs jeux parfois. C'est un sentiment agréable, d'appartenir à un tout.

Les enfants et le bruit qui les accompagne ne sont pas un souci, là où le garçon craint de décevoir les adultes. Ses épais sourcils amusent les petits, tout comme la façon dont il s'autorise parfois à les poursuivre, lorsqu'ils le demandent. Son corps court encore avec maladresse, mais les sensations reviennent. Bientôt, il pourra se défendre, voir attaquer au cas où ça serait nécessaire. Tout le monde semble libre chez les Delaware. Bien plus maintenant que la pluie a cessé, que les maladies paraissent disparaitre. Durant cette dernière, il n'était pas le seul à être cloué dans une position de repos, incapable de penser à quoi que ce soit. A présent, il profite d'être sur pieds, que les plus jeunes soient en mesure de rire de nouveau.

Cette nouvelle famille, il ne veut pas la perdre comme Slumber a quitté la sienne.




Unique au monde

✿ Au contraire de son visage peu expressif, sa voix monte rapidement. L'excitation ou la colère y résonnent, trahissant ses sentiments. Slumber n'était pas comme ça. Il faisait en sorte de chuchoter, de ne jamais hausser le ton. Ibijau Assoupi fait moins attention. Ce n'est pas le Grand Arbre, il n'est pas un poids qui doit se contrôler pour ne pas déranger. Son accent Japonais reste fort, malgré le fait que les mots se mélangent de plus en plus, par manque de pratique. Il reste incapable d'articuler certains sons occidentaux.

✿ En moyenne, Ibijau dort bien plus que ses compagnons. Son corps en a besoin, son esprit aussi. Il a le sommeil lourd, et ne bougera pas à moins que vous lui balanciez un seau d'eau en pleine figure. Et encore, s'il n'a pas envie de se lever, le garçon ne le fera pas. C'est sa rébellion, une qu'il peut prétendre sortie tout droit de sa brève rencontre avec la mort. Il a besoin de se reposer, qu'importe que seuls sa main et son poignet soient véritablement touchés à présent.

✿ L'ibijau gris n'est pas véritablement la représentation de la beauté et de la grâce. C'est une créature qui parait sur le point de s'écrouler au moindre bruit suspect. Un machin couvert de plumes qui donne l'impression de ne pas savoir quoi faire. Ibijau Assoupi le trouve plutôt amusant, avec ses gros yeux globuleux. Il ne lui manquerait que les sourcils et ils seraient semblables.

✿ Ses joues prennent une teinte vive dès qu'une émotion trop forte le traverse. Rougir est pénible, cela lui donne l'impression d'avoir de la fièvre tant sa peau est chaude. Difficile de combattre cette réaction involontaire que Ibijau trimballe depuis l'enfance. Ses mains couvrent maladroitement son visage lorsqu'il en a l'occasion, tentant de masquer au maximum cette preuve d’embarras.

✿ Se battre à mains nues était autrefois son unique technique pour gagner un duel. Son corps était une arme, de ses poings à son front. Jamais il n'a été le provocateur dans un combat, ne voyant guère d'utilité à s'engager de son plein gré dans ce type de problème. Depuis qu'il a commencé sa convalescence, Ibijau cherche un moyen de combler les limitations de sa main droite. Ceci en s'entraînant avec un long bâton qui lui permettrait d'attaquer son adversaire sans le laisser venir trop près. Bien sûr, une telle situation est hypothétique. Il s'entraîne plus pour recouvrer la santé que dans le but de prendre un titre de guerrier.

✿ La fatigue se lit en permanence sur ses traits. Des cernes entourent ses yeux, parce qu'il semble avoir été créé pour passer son temps à dormir. Lui ne le remarque même plus, tout comme la nouvelle dureté de son visage n'est pas primordiale. Grandir vous change, voilà tout.

✿ Qu'importe la dureté du cœur des gens qui sont à ses côtés, ou leurs crimes, Ibijau fera avec. Même Bright, devenu Xen, à qui il souhaite reprendre ce qui lui a volé, et qui doit payer, n'est pas totalement son ennemi. Difficile de lui reprendre un titre d'ami qu'il lui a offert sans réfléchir. Sans doute est-ce une faiblesse de sa part, de ne pas être en mesure de totalement rejeter les autres, de croire un peu trop en eux.

✿ Il s'est fabriqué des baguettes, lorsque son corps a été en mesure de tenir en position assise. C'est la seule manière avec laquelle il apprécie de manger. Utiliser ses doigts ou les couverts occidentaux lui donne l'impression de perdre le peu qu'il lui reste de sa vie avant. Ce n'est pas un grand ouvrage, mais elles vont plutôt bien.

✿ Autrefois un excellent confident, grâce à sa capacité à écouter sans rien répondre, l'adolescent a l'impression d'avoir égaré ce talent. Il a moins envie de laisser les autres tout lui déballer sans être en mesure de faire de même. Si vous faites semblant de vous intéresser à ce qu'il tente d'expliquer et qu'il le remarque, Ibijau sera bien moins enclin à vous rendre service par la suite.

✿ Abhorre les coups de feu ou de canon, cette violence qui peut tout arracher en une seconde. Ses mains couvrent automatiquement ses oreilles face à ce type de son.

✿ Ibijau a un léger souci avec les pelles. Il est incapable de se rappeler le pourquoi du comment, mais la sensation de malaise est très forte dès qu'il en aperçoit une.



L'île

Comment vis-tu ton séjour à Never Never Land ? Que représente ce lieu pour toi ?  
Comment vivre quoi que ce soit alors qu'on est passé si près de la mort, que des doigts osseux ont frôlé sa chevelure en une caresse apaisante uniquement pour tirer jusqu'à ce qu'il se réveille ? Ibijau survit, parvient péniblement à souhaiter exister une fois encore. Le Grand Arbre est devenu synonyme de trahison, de souvenirs à enfouir si loin dans son cœur qu'il ne pourra plus les atteindre. L'adolescent n'a pas décidé de ses sentiments envers ce qui est à présent sa maison. Une différente de ce qu'il croyait à l'époque.

A présent, il a une possibilité, quoique infime, de décider pour lui-même.


Regrettes-tu ta vie d'avant ? Voudrais-tu pouvoir retourner dans le monde ordinaire ?  Si tu n'en as jamais connu d'autre, désirerais-tu une autre vie ? L'autre monde te fait-il envie ?
Le temps a passé. C'est une notion qui est lui apparue comme évidente après son accident. Plus personne ne se souviendrait de qui il était, et certainement pas Ibijau. L'ancien monde est devenu flou pour le garçon, qui peine à remettre des visages sur ses parents. Ils l'aimaient, c'est l'unique détail en lequel il s'obstine à croire. Rien n'est jamais venu indiquer le contraire. Même les raisons de sa venue sur l'île se sont évaporées. Ibijau a une dent contre Londres, sans se souvenir de son nom, et encore moins de ce qui s'est produit. Par conséquent, retourner chez 'lui' n'est plus une possibilité. Mieux vaut ne pas y penser, s'efforcer de ne pas se sentir trimballé de foyer en foyer.

Son unique demeure est l'île, ceci jusqu'à sa mort. La suivante, la finale. Ibijau ignore combien de temps il tiendra. Tant d'enfants perdus n'ont pas réussi à s'accrocher. Il a le souvenir du sang qui tâchait ses mains, de l'impuissance face à des armes n'ayant rien à voir avec des jouets. C'est son île, son univers dénué de sens. Et il le protégera.


Comment vois-tu Peter Pan ? Quels sont tes sentiments envers lui ? A l'inverse, que ressens-tu pour le capitaine Hook ?
Hook est le maître de Bright, là où Peter Pan ne sera plus jamais celui de Slumber. La comparaison est nécessaire, née du besoin de changement. Ibijau réalise, à présent, que les pirates et les enfants perdus ne sont que deux faces de la même pièce. Seul leur âge diffère, même si leur cruauté reste la même. A quoi bon vouloir limiter les pots cassés, fermer les yeux devant les vêtements ensanglantés qui font soupirer les mères ? Au final, chaque camp est exactement le même. En tant que Slumber, il vivait pour voir le visage de Soul s'éclairer brièvement lors des bons jours, pour la main de Bright tirant sur la sienne lors d'une balade, ou encore l'expression de Bambi face à une corbeille de fruits. Ce n'était pas suffisant, ça ne signifiait pas exister pour lui-même. Hook et Peter Pan manipulent les vies, les tournant en ce qu'ils désirent. Les enfants perdus et les pirates ne sont que le produit de leurs fantasmes de mort et de jeux qui ne finissent jamais.

Plus jamais le Grand Arbre ne sera un foyer. Ibijau en est convaincu. Ce n'était pas un mauvais lieu, parce qu'il respectait les règles, qu'il était obéissant et aimant. Rien de tout ça ne l'a empêché de frôler la mort à cause de son besoin de faire passer les autres en premier. Peter ou Hook, que choisir ? Le côté où l'enfance est éternelle, où l'on devient détaché de voir ses amis mourir, ou encore celui de l'âge adulte, tâché par la corruption et le besoin de posséder tout ce qui nous entoure ?

Ibijau restera adolescent. Un peau-rouge qui ne s'approchera pas du mal qui règne un peu partout.





Bout d'aventure


✿ Partie 1 | Ryoichi ✿
The older I get, the more I appreciate my rural childhood. I spent a lot of time outdoors, unsupervised, which is a blessing.
(tw: mort d'un animal + nourrisson mort-né)


✿ Le bol est rempli jusqu'à presque déborder, des grains de riz tombant sur la table sans que personne ne le remarque. L'enfant n'a jamais beaucoup apprécié l'aurore, la manière dont le soleil vient chatouiller son visage malgré la couverture tirée au maximum. Une fois qu'il est parvenu à se traîner jusqu'à la table basse autour de laquelle toute la famille est réunie, ses yeux restent fermés. Maladroitement, les mains enfantines cherchent le bol et les baguettes posées à côté. Ce n'est qu'une fois la nourriture dans sa bouche qu'il retrouve ses marques. L'odeur de l'herbe fraîche qui s'introduit dans la ferme, la chaleur du bol qu'il tient d'une main. De petites choses qui l'encouragent à se souvenir que le monde existe en dehors de ses rêves. Le garçon ouvre un œil, puis le second, ses paupières se soulevant lentement.

Il est sans doute trop tôt pour lui demander de participer à ce qui se passe autour de lui. Ses parents bavardent, leurs voix grimpant de temps en temps. Leur affection est contagieuse, elle s'étend pour emplir la pièce. Ce sont des gens discrets, qui vivent un peu isolés du monde. Cela paraît leur convenir, tant qu'ils restent ensemble. Le bol est pratiquement terminé, seuls quelques grains échappant à son contrôle.

« Ryoichi ! » Une main donne une légère tape sur le haut de son crâne, l'enfant redressant la tête avec une expression confuse. Ce n'est pas un crime de lécher le fond avec sa langue, du moment qu'il termine son repas sans rien gâcher. Visiblement, sa mère ne partage pas sa merveilleuse opinion. Un fort rire, un peu bourru, échappe à son père, qui place un morceau de viande dans son bol vide.

Une offrande que paix acceptée sans le moindre souci. L'enfant dévore, étouffant un bâillement la bouche encore pleine. Une fois encore, on lui fait remarquer, sans qu'il ne comprenne véritablement de quoi il retourne. La conversation dévie sur lui, ce qui est assez habituel pour que Ryoichi n'y prête guère attention, occupé à mâcher. La viande vient d'un animal qui est décédé d'une blessure il y a quelques jours. C'est un peu malheureux, le cycle de la vie, utile également. L'enfant a toujours vécu ainsi, entouré par les naissances et les départs.

« Ryoichi, remercie ta mère pour le repas. » On lui suggère alors que son attention n'est pas focalisée sur ce qui se passe.

Il n'est pas rare que sa famille ne lui demande de s'exprimer. Le matin, en général, pour s'assurer que leur fils en soit toujours capable. Le garçon n'ignore pas qu'ils l'interrogent ainsi pour faire taire les rumeurs qui pèsent lourdement sur leurs épaules. Celles que l'enfant est incapable de comprendre ce qui l'entoure, d'être comme ses camarades. A l'école, à laquelle il ne se rend presque jamais, Ryoichi n'est pas mauvais. Seulement désintéressé. Pourquoi devrait-il utiliser sa voix si ça ne l'intéresse pas ? Apprendre la lecture au lieu de savoir comment récupérer le troupeau égaré ?

« Merci. » Une pause. « Mère. Père. » Les mots sortent avec toute la peine du monde. Lents, hachés, comme une torture. Ils sont plus difficiles à mastiquer que la viande séchée. Au moins, ça se termine rapidement, et on l'autorise à aller se laver les mains avant d'entamer sa journée de travail.

Plus tard, alors qu'il guide le troupeau avec l'homme, ce dernier le remercie, lui rappelle que malgré ses demandes, il reste libre de ses choix. « Tu dois être en mesure de parler, sans être forcé de répéter ce qu'on te demande. Ta voix n'appartient qu'à toi. » Comme souvent, l'adulte s'excuse ensuite, avec une maladresse presque tendre tout en lui promettant de le laisser choisir les plus beaux fruits pour le déjeuner.

Le lendemain, Ryoichi est conscient que la scène se répétera.
Il aimerait bien que ses parents aient un peu plus confiance en eux.
Et en lui aussi.


✿ Sa naissance a brisé quelque chose, volé l'innocence de sa mère de la plus cruelle des façons. Ryoichi n'en est pas conscient, au départ. Ce n'est qu'en grandissant, qu'en observant la maladie prendre possession d'elle pendant quelques mois pour disparaître brutalement, que la réalité vient. Lentement, l'horreur prend ses quartiers dans la petite ferme pour ensuite imploser au pire moment. La scène se répète, la grosseur du ventre n'étant qu'une illusion destinée à leur offrir un faux espoir. C'est lorsque ses parents cessent de traiter la nouvelle comme une possible bénédiction que ce dernier meurt définitivement.

Ryoichi prend l'habitude de lancer des regards furieux à la pelle posée contre le mur, vers l'entrée. Tout son corps en tremble, alors qu'il l'observe résister au vent et à la pluie battante. La neige la ronge totalement en hiver, laissant des marques brunes sur le métal. Pourtant, son utilité reste la même. Une fois par an environ, le malheur se reproduit, comme une malédiction contre laquelle il est impossible de lutter. Les premières fois, l'enfant n'est pas autorisé à regarder. Il se contente de nettoyer, de frotter avec l'éponge le sol si rouge. Parfois, le liquide s'accroche à ses ongles, et le garçon laisse sa mère lui couper trop court ensuite, faisant saigner ses doigts. Ce n'est pas grave, elle lui promet, couvrant son front de baisers qui lui font froncer les sourcils. Ces gestes n'ont guère de sens. Il les tolère uniquement pour la soulager, lui faire comprendre que son existence n'est pas une erreur.

Une nuit, Ryoichi refuse de ne pas observer. On ne le chasse pas, cette fois. Il y a cette sorte de résignation pitoyable de la part de ses parents. Les larmes qui brillent dans leurs yeux tandis que les cris sont remplacés par le bruit de quelque chose qui s'écrase contre le sol. Le vague espoir, un long fil rouge qui, une fois coupé, ôte la vie pour de bon. A onze ans, c'est lui qui prend la pelle, qui presse une main sur l'épaule de son père sans le regarder. Sa hantise de toucher les autres est ignorée, juste pour cette fois. Il est leur unique enfant, le seul qu'ils ne pourront jamais avoir. C'est son rôle, d'assumer cette abomination, de tenter de la faire disparaître.
Il aimera toujours son père.

Enroulé dans une couverture, son petit frère qui n'existera jamais n'aura pas froid. Et, dans la terre, entouré des siens, il pourra retourner vers les esprits de la nature. Renaître en tant que quelque chose de différent, de plus fort. Son estomac tient le choc, son esprit un peu moins. Ryoichi reste dehors jusqu'à ce que le froid lui gèle le bout des doigts. Pourtant, le petit être était chaud, lorsqu'il l'a récupéré, soulevé avec toute la tendresse qu'un frère aîné devrait avoir. Maintenant tout est glacé, et la pelle trop lourde. Ses parents lui font promettre de détourner le regard la prochaine fois, que ce n'était pas nécessaire, tout en lui demandant de revenir à l'intérieur. L'odeur du sang ne lui est pas étrangère. Elle ne devrait pourtant jamais être familière que ça.

Ce n'est pas la dernière fois, uniquement la première.
Ils pleurent, ils jurent que ce n'est pas de sa faute. Ryoichi presse son front contre celui de la femme épuisée, juste une poignée de secondes.
Il aimera toujours sa mère.


✿  Il y aura certainement une cicatrice sur sa jambe, là où les dents se sont plantées avec violence. L'animal appartenait à leurs voisins, résidents d'une ferme éloignée. Ryoichi n'affiche pas de peur sur ses traits. Pas plus que lorsqu'il s'est interposé entre la bête affolée et le troupeau. Son corps penche d'un côté, celui duquel il tient le chien par son collier. Sa famille aussi en possède un pour garder leurs animaux et les protéger. Sauf qu'eux savent s'en occuper. Sa mère ne se met pas à hurler. Son travail de couture est abandonné sur la terrasse en bois tandis qu'elle s'approche. La bête grogne, prête à attaquer de nouveau, l'arrêtant dans sa marche.

« Ryoichi. »

Le ton signifie sans doute qu'il a fait une bêtise. L'enfant hésite, se baissant pour caresser la tête du chien, grattant cet endroit si doux derrière ses oreilles. L'attitude change un peu, se fait plus douce. Il n'y a pas vraiment de manière d'arranger les choses pourtant. Les voisins ont déclaré la fuite de leur protecteur il y a de cela une bonne semaine. Le canidé est devenu incontrôlable, dangereux également. Ryoichi le comprend, ne l'ignorait pas alors qu'il l'a attrapé.

Peut-être qu'ils ont encore de la viande séchée, quelque chose pour combler le vide à l'intérieur de celui dont il voudrait devenir l'ami fidèle. Les crocs se plantent dans sa mains, fermement. Ce n'est pas un jeu, pas un chiot désirant assouvir un besoin d'autorité pour trouver sa place. Assis sur le sol, le garçon sait qu'il peut retirer ses doigts sans les perdre, que ça ne sera pas si difficile. La suite est incertaine, surtout lorsque sa mère attrape la pelle d'une main frêle. Son énergie s'évapore de plus en plus, alors que leur jardin ne fait que s'agrandir.

Le message n'est pas très clair, presque incompréhensible. Pourquoi agripper cet instrument de mort ainsi ? Quel est le but d'un tel geste ?

D'une main, il force l'animal à ouvrir sa gueule pour retirer ses doigts. Techniquement, il n'y aura pas de marque sur le long terme, pour cette blessure là. Le sang autour de lui, celui qui s'écoule de sa jambe, lui rappelle le sol de la grande pièce lors des horribles nuits. Ryoichi redresse la tête, voyant la pelle se soulever.

Oh.

S'il lâche le chien, ce dernier ira se jeter sur sa mère.
La seconde possibilité ne lui vient pas, n'en a pas le temps. De toute ses forces, le garçon enroule le corps de l'animal de ses bras, bloquant sa tête pour ne pas qu'il mordre.
Et la pelle s'abat, brisant le crâne de celui qui aurait pu être un ami.

Le jardin s'épanouit un peu plus.


✿ Son oncle, installé au Royaume-Uni après la Première Guerre Mondiale, débarque telle une tempête, brisant tout sur son sillage.
A Londres, on pourra lui offrir un avenir que Ryoichi ne souhaite pas.
Lui apprendre la normalité, la lecture et une vie dans une demeure avec des barrières pour délimiter chacun de ses gestes.
Cela sonne comme une mise à mort. Il ne s'agit que d'un désir macabre de la part d'un homme qui n'a pas d'enfant et qui veut voler l'unique de sa famille pour ne pas être seul.
Ses parents acceptent en croyant être généreux, tout en brisant leur cœur pour un sacrifice qui n'aboutira à rien.

Londres n'est pas son foyer. Uniquement une mascarade polluée qui lui donne mal au crâne et envie de se jeter dans la Tamise pour ne plus jamais en ressortir.

En suivant Peter, son unique regret est de ne pas avoir emmené la pelle avec lui, pour la jeter dans l'Océan et ne plus la revoir.
Est-ce qu'elle est restée là, posée contre le mur, jusqu'à ce que sa mère ne puisse plus avoir d'enfant ?
L'ont-ils gardé pour l'enterrer lui aussi, au cas où il rentrerait un jour à la maison ?
Ryoichi préfère oublier.


✿ Partie 2 | Slumber ✿
Most people get a fair amount of fun out of their lives, but on balance life is suffering, and only the very young or the very foolish imagine otherwise.


✿ Les voix l'entourent, étouffant ce qui se passe en dehors de l'infirmerie. Il y a toujours une tâche à accomplir, une raison à sa présence. Slumber se rend nécessaire, s'investit autant que possible pour faire plaisir aux autres. Les souvenirs restent encore présents, plus dilués qu'effacés. Le garçon les repousse avec douceur, tout comme il fait de même avec les plus jeunes qui pleurent dans ses bras au moindre bleu. Quelqu'un les ramène toujours, un chef, un grand. Le concept même de la famille. Un auquel il s'accroche tout en pansant chaque plaie avec soin. Pendant un temps, c'est assez pour lui faire ignorer la tragédie qu'est en réalité l'île.

L'enfant qui a toujours été au centre du monde souffre d'être effacé au milieu de la masse, bien qu'il soit incapable de mettre un nom sur ses émotions. A la place, son corps l'entraîne de plus en plus souvent vers un repos bien mérité. Lové sous un arbre, ou bien dans un coin de l'infirmerie, Slumber disparaît aussi longtemps que nécessaire. Jusqu'à être capable de se tenir avec les autres de nouveau, de retrouver son équilibre. Les autres enfants ne lui sont pas désagréables. Il s'attache même à certains, suivant Soul comme son ombre perdue pendant quelques temps.

Jusqu'à ce que d'autres soigneurs arrivent, qu'il cesse d'être le petit nouveau. Exister au sein d'un groupe n'est pas si difficile, du moment qu'il ignore un peu ses limites. Sa voix est forcée de sortir du fond de sa gorge plus souvent qu'il ne le souhaiterait, pour consoler et choyer. Certains deviennent ses amis, des gens sur qui il souhaite veiller jusqu'à leur dernier souffle.

Et puis, ce scénario se produit. Des gamins de son âge sont ramenés dans un tel état que l'on ne peut rien faire pour eux. Le rouge recouvre le sol, s'infiltrant au travers du bois. Slumber devient talentueux à ignorer ses souvenirs. Sa mémoire se fait plus insistante pendant un temps, des bribes revenant contre sa volonté, comme une punition. Après quelques temps, tout ça cesse, et il peut de nouveau dormir autant qu'il le souhaite. Ceux qui partent sont remplacés, et son attention se reporte sur les nouveaux venus. Une fois, il se glisse derrière Soul. Le cadet n'ignore pas que son chef note certains détails, les gardant en sécurité. Et s'il lui demandait d'y avoir accès ?

Slumber cligne les yeux alors que l'adolescent se retourne, son corps effectuant un pas en arrière. Non, autant ne pas le faire. Après tout, l'enfant ignore comment lire sa propre langue. Alors à quoi bon se concentrer sur une seconde. Son expression renfermée se solde par un haussement d'épaules. Du travail l'attend, les blessés ne cesseront jamais d'affluer. Le garçon n'a pas besoin de mémoriser les noms des disparus, de s'y intéresser.

Dans le fond, s'ils avaient offert une identité aux esprits enterrés dans le jardin familial, Slumber est convaincu que sa mère en aurait perdu la raison.


✿ Une nouvelle couverture sera nécessaire, puisqu'il a offert celle dans laquelle il avait l'habitude de s'enrouler à une perdue. Son esprit a du mal à se concentrer sur autre chose, à se rappeler des plantes qu'il faut ramener pour le bien de tous. Ce qui l'embête un peu, c'est que ce n'est pas son rôle, que la personne qui devrait endurer cette sortie a simplement décidé de ne pas le faire. Bien sûr, Slumber n'est guère étonné. Et il l'est encore moins lorsqu'une voix familière se fait entendre au milieu du bois.

Son corps n'a pas besoin d'une telle épreuve, quémandant une sieste à la place. Le gamin a cessé de se nourrir le matin, histoire de gagner un peu de répit au lit. C'est frustrant, de respecter les horaires que l'on ne peut mesurer du reste des enfants perdus. Il lui arrive même de tomber de sommeil avant les plus jeunes le soir. Au moins, personne ne se moque. Enfin, Slumber ne s'est jamais posé la question. Le dernier qui l'a défié à l'arène à perdu. Son front, caché sous les mèches sombres, est marquée d'une trace rouge. Le témoignage du coup qui a envoyé l'autre gamin à terre. Il n'y a pas de culpabilité, et encore moins de compassion, pour ceux qui souhaitent faire mal ainsi.

« Slumber. » Oh, c'est vrai. Il en a presque oublié la figure assise sur une branche de l'arbre. Quelle plaie, de devoir monter le rejoindre. Ses mains ont du mal à se raccrocher au tronc, à trouver les bonnes prises. Heureusement que l'autre n'est guère plus doué, et par conséquent pas trop haut. Il se demande, tout en s'asseyant aux côtés de Bright, si ce dernier peut voir l'agacement qui brille dans ses yeux. Probablement pas, puisqu'il évite son regard.

« Fais ton travail, » Slumber sort sans beaucoup y réfléchir. Avec certains, jamais il ne se permettrait un tel ton. Bright, par contre, n'est que contradictions et difficultés. Préférant geindre au lieu de donner de sa personne pour le bien de tous. Pourtant, ils sont amis. Il le suppose en tout cas. Leurs difficultés sont similaires, bien que leur orientation soit à l'opposée. L'un s'exprime trop, l'autre pas assez.

« Est-ce que tu voudrais quitter l'île ? » L'énergumène interroge sans écouter. Une question insensée qui en soulève d'autres. Il y a tant de façons dont Slumber pourrait répondre. La plus pertinente serait sans doute tu étais avec Sushi quand elle est morte. Sauf que c'est un terrain glissant, sur lequel l'enfant trop passif ne veut pas se risquer.

« Bright. Arrête. » Il lève une main, la glissant devant les yeux de son ami sans toucher sa peau. La conversation va dégénérer, tourner en une dispute qui leur donnera envie de ne plus se parler. Slumber n'a pas envie que ça se produise. Honnêtement, Bright est sympathique la plupart du temps. Capable d'écouter et de le laisser dormir sans rien dire. Mais c'est parce que toute son attention se reporte sur une autre personne, qu'il n'a ni colère ni jalousie restante à utiliser contre son ami. « On ne peut pas partir. »

Des doigts s'approchent un peu trop de son regard, lui faisant fermer les yeux. La main qui les couvre est un miroir de la sienne, le contact en plus. C'est un brin désagréable.

Le jeu pourrait aller plus loin, se transformer en une erreur fatale pour l'un des deux. Slumber doit bien avouer qu'une infime partie de sa personne aimerait bien, uniquement pour briser la monotonie, pour se donner de l'importance. Après tout, il vit dans l'ombre des autres soigneurs, silencieux et efficace mais distant également. « Bright, ça suffit. » Son ton se fait plus ferme, tandis qu'il se rapproche. Sans voir les limites de la branche, c'est dangereux. Suicidaire presque.

Qu'est-ce que Bright est stupide, parfois.
Néanmoins, c'est Slumber qui presse ses lèvres contre les siennes, en profitant pour retirer sa main ensuite. Ça ne lui a rien fait du tout, d'embrasser Bright, ce qui ne l'étonne guère. Bien que ça brise les règles, que ça lui donne l'impression de s'être rebellé, de contrôler la situation.

L'air estomaqué de l'autre garçon est plaisant. C'est un changement bienvenu, un bref moment de paix entre eux. Et puis son ami éclate de rire, se traitant de mauvaise influence. C'est sans doute le cas. L'attrapant par la manche, Slumber les fait sauter ensemble. Ses pieds heurtent le sol un peu trop fort, et il met quelques secondes à recouvrer l'équilibre. Maintenant, est-ce qu'ils peuvent travailler au lieu de traîner comme des idiots ?

« Soul va me disputer si je ne ramène pas les plantes. Alors tu dois m'aider.
-Est-ce que tu m'embrasseras encore ?
-Jamais. »

Pour Bright, il ne s'est certainement rien passé entre eux. L'instant n'était que curiosité. Similaire à cette fois où Slumber l'a vu embrasser Darkness, il y a longtemps. Ce dernier aussi a disparu depuis. A croire que c'est une malédiction qui poursuit Bright. Malgré ça, il n'y a pas de culpabilité chez le plus jeune. Un baiser, ça n'est pas quelque chose de mal. C'est juste un peu amer, et le goût reste sur ses lèvres un moment. Il fait signe à son ami de le suivre et ils se concentrent sur leur tâche quotidienne.


L'avantage de ne pas montrer ses émotions sur son visage outre mesure est que Slumber peut feindre de ne pas avoir suspecté la tragédie qui se produit par la suite. Le bannissement de Bright est malheureux, quoique ça devait arriver. Un mal inévitable. A force de tuer leurs amis, il allait finir par subir un sort similaire. Et puis, ce n'est pas comme si Bright l'avait aimé. Entre eux ce n'était qu'un jeu dénué de sens, un acte isolé. Il aurait quand même préféré que ce soit un malentendu, que Bright n'ait pas véritablement causé le décès de qui que ce soit.

C'est la première et l'unique fois que Slumber ment à Soul, en lui jurant qu'il n'avait rien remarqué.
Tout le monde sait que c'est toujours de la faute de Bright.


✿ Tout est lourd. L'air, tout autant que ses vêtements qui s'accrochent à sa peau et que sa tête qui ne cesse de tourner. Slumber n'a pas de temps à perdre avec le repas du matin, et le soir il est trop épuisé pour s'en soucier. Son corps en souffre, au point que refuser d'y faire attention devient de moins en moins cohérent. Les hautes températures l'énervent, l'empêchant de se concentrer sur ce qui se passe. Les conseils se transforment en ordres presque malsains. On lui demande toujours de courir partout, de soigner ceux ont besoin de boire et de se reposer, les idiots qui travaillent alors que le soleil ronge leur peau jusqu'à ce qu'elle tombe toute seule.

Son passé s'est totalement effacé depuis longtemps. Pourtant, il sait que plus on monte plus on se rapproche de cet astre malsain qui maltraite les chairs et rend la peau trop rouge. Slumber ne participe à aucune mission, manquant de courage pour s'investir. Son état qui empire passe inaperçu, au milieu du chaos. A la première occasion, il profite d'une excuse pour s'enfuir de l'infirmerie, marchant à la recherche de plantes n'ayant pas été consumées par la chaleur.

Est-ce qu'il prend trop son temps ? Oui. C'est un fait dont même le Bélier est conscient. Ce jour-là, l'air est si épais que respirer lui fait mal aux poumons, que ça tire à l'intérieur de son corps. Il ne réalise pas que c'est de sa faute, à force de se priver d'eau et de nourriture pour gagner un peu de sommeil. Que la foule constante au sein de l'infirmerie lui prend le peu d'énergie qui lui reste. Lorsque les points noirs se mettent à danser devant sa vision, c'est trop tard. Slumber connaît ce type de maux, ceux qui peuvent vous terrasser en quelques minutes. C'est de sa faute, il est trop éloigné du Grand Arbre, incapable de marcher assez vite. Son corps titube, ses pieds ne peuvent plus suivre le rythme qu'il tente de leur imposer. La chute est moins douloureuse que brutale.

En plein soleil, le garçon ne tiendra pas longtemps, allongé là. Son esprit n'est pas aussi combatif qu'il l'aimerait, le courage ne vient pas. Ou plutôt plus. Petit, il aurait été capable de se redresser, de ramener un animal devenu monstrueux chez lui pour tenter de le sauver. Toujours pour les autres, jamais pour sa propre personne. C'est là sa faiblesse, ce qui lui fait perdre connaissance sans véritablement essayer de s'en sortir. Ce qui parvient pratiquement à l'achever là, dans l'attente de secours qui ne viendront pas. Les rayons du soleil bouffent sa peau, et la terre est plus lourde qu'un aimant, l'empêchant de se réveiller d'un songe aux allures de cauchemar.


✿ Une fois, il reprend connaissance. Assez pour apercevoir les étoiles, sentir la légère baisse de température contre sa peau. Puis, son corps perd encore la bataille.
Vient le garçon le lendemain, celui dont il n'a aucun souvenir, qui aurait aimé faire quelque chose n'ayant rien d'une aide. Le garçon qui part en courant, épée à la main.
Après ça, c'est une voix qui le réveille sans qu'il ne soit en mesure d'ouvrir les yeux. Tout est si sombre, et il entend sans comprendre, ressent sans savoir où s'arrête et commence son corps. Ce n'est pas un sommeil réparateur, mais une sorte de coma absolument terrifiant.
Bright ne l'en réveille pas, ne vérifie pas non plus si son cœur bat toujours.
Xen lui brise la main et le poignet, sans qu'aucune douleur ne vienne. Dans ce monde sombre où il est si seul, personne ne l'entendrait crier. Quelque chose manque, un truc qui ne reviendra pas. Il entend la voix de Bright, celle qui a changé. Ses mots sont moins pires que le reste. Sa confession d'amour perdu ne marque pas véritablement Slumber en premier lieu. Après tout, Bright est adulte, et lui non. Il était normal que ses sentiments s'éteignent d'eux-mêmes.
Ironique qu'il doive tout de même mourir pour ça.

La bête, un monstre sans nom ni visage, le tire vers son antre un peu plus tard, après un si long silence. Elle est interrompue, et d'autres protagonistes font leur apparition. Sauf qu'à cet instant précis, Slumber n'est plus suffisamment vivant pour faire attention.
Est-ce la mort ou l'absolution ?
Au fond, c'est la même chose.


✿ Partie 3 | Ibijau ✿
An awareness of one's mortality can lead you to wake up and live an authentic, meaningful life.


✿ La guérison est un principe lent, qui demande une patience qu'il est difficile d'avoir lorsque votre corps refuse de répondre. Slumber ne réalise pas les dégâts supplémentaires qu'a causé la créature qui voulait en faire son repas, après le départ de son ancien ami. Pendant de nombreuses nuits, son esprit est comme déconnecté du reste du monde. Le sommeil qu'il subit est réparateur, tout en étant terrifiant. L'absence totale de contrôle sur lui-même l'empêche de faire quoi que ce soit. De temps en temps, ses paupières se soulèvent, contemplant ce qui l'entoure, uniquement pour se refermer quelques secondes plus tard. Il n'y a rien d'autre, pas de grande conversation et encore moins de compréhension de sa situation.

La discussion avec Bright s'estompe un peu, ne laissant que des bribes informes auxquelles Slumber se raccroche sans avoir le choix. Lorsque ses songes reviennent, ils n'ont rien à voir avec les précédents, ceux qui l'encourageaient à se cacher sous les couvertures chaque matin. Dormir devient une épreuve, une qu'il n'arrive pas à vaincre. Lorsque enfin le garçon parvient à se maintenir éveillé plus de quelques instants, le monde s'est effondré. Le ciel s'est abattu sur la terre, et sa teinte a recouvert l'île. La pluie cogne contre la toile de la tente dans laquelle il est forcé de se reposer. Le son l'apaise pendant un moment, pour ensuite se transformer en quelque chose d'insupportable. L'air humide lui donne des difficultés à respirer, à avancer dans ce qui n'est même pas encore une convalescence.

S'asseoir. Une des premières étapes. D'abord, c'est sur ses coudes qu'il doit se concentrer, les plantant dans ce qui l'entoure pour se redresser. Slumber ne s'autorise à essayer qu'une fois seul. Il ignore pourquoi. Dans le but de ne pas déranger ? Quel concept idiot. Il vient de passer un temps qu'on ne peut calculer à ne rien pouvoir accomplir. A ce niveau là, son existence en elle-même n'a plus tellement de sens. Son dos n'est pas brisé, au contraire de cet avant bras et de cette main bandés qui le gênent. Lorsque l'os du coude s'appuie contre le sol, la douleur se répand, neutralise ses autres sens. Il n'y a que le toucher qui reste, que l'envie de se rallonger et de ne plus essayer. Les larmes le paralysent, lui donne l'impression que ça ne sert à rien. Il doit s'asseoir, être au moins capable de réaliser ce mouvement qui était si simple auparavant. Le Bélier se force, cherchant à répartir son poids du côté opposé pour limiter la casse. Lorsque finalement, il est parvenu à s'asseoir, la sueur perle sur son front. Le garçon pousse un soupir, son visage se tordant en une grimace frustrée.

Puis son corps se rallonge, ou plutôt retombe.
C'est uniquement ainsi, alors que ses yeux se ferment contre son gré, que Slumber se souvient que personne n'est venu le chercher. Aucun de ses amis du Grand Arbre.
Peut-être qu'il préfère dormir, après tout.


✿ Héron narre leur navrante aventure une fois que l'adolescent est en mesure d'écouter sans perdre le fil. Assis en tailleur, son corps menaçant se s'écrouler en avant, Slumber s'accroche à la voix de son aîné. Pour enfin comprendre ce qui s'est passé. Le mal apporté par la canicule n'est pas important, sa tête se secouant pour signifier que ça il le sait déjà. Tout comme l'ancien perdu ne se formalise pas que son interlocuteur se trompe au sujet de la tragédie qu'est sa main brisée. C'est un secret qui doit en rester un. A la place, il s'intéresse au reste, à la bête neutralisée par un guerrier nommé Grizzly. La manière dont ce dernier n'était pas sûr de vouloir le sauver. C'est malheureux d'avoir vécu tant de drames à la fois, et leur combinaison ne pouvait que résulter en cette situation catastrophique. Les deux hommes l'ont néanmoins secouru. Et Oural a autorisé sa vie à se poursuivre par la suite. Tant de noms inconnus, de visages que Slumber n'a pas encore mémorisé. Le ton calme de l'homme ne parvient pas à apaiser les battements trop brutaux de son cœur.

Son attitude l'effraie un peu. Il y a comme un fossé entre la réalité et ce qu'il ressent. Un vide qu'il ne comprend pas. Son corps et son esprit ne se sont pas encore raccrochés. Cette distance pèse entre les os et la chair, le pousse à arracher les bandages avant que l'on ne puisse l'en empêcher. Le bracelet n'est plus là, ce n'est qu'une fois que tout est teinté de rouge qu'il le remarque. L'objet n'avait pas une grande importance. Il ne s'agissait que d'un porte-bonheur fabriqué lors d'un jour de mauvais temps. Bright n'avait aucun droit de s'en emparer. Ses dents n'ont pas le temps d'atteindre son poignet en un geste dénué de sens qu'une main parvient à maintenir sa tête éloignée de ce dernier. Qui effectue ce geste ? Slumber n'en sait rien.

Il se rendort, fatigué de se battre en permanence.


✿ Le choix est indirect, tiré tout droit de la réalisation de son état. Il est mortel, sa vie peu précieuse par rapport à l'île en elle-même. Une vérité douloureuse, qui signifie que ses efforts précédents n'ont pas été très utiles. Il ne sait pas comment agir pour lui-même, ne se souvient pas d'avoir jamais été seul avant de s'écrouler sous le soleil brûlant. Même s'il n'était pas le plus bavard ou intelligent, des enfants se tenaient toujours dans l'embrasure de la porte de l'infirmerie. Ses compagnons le saluaient brièvement avant de poursuivre leur journée. Et Slumber songe qu'il n'a jamais rien fait en retour. Suivre n'est pas une preuve de loyauté, ça n'a fait que l'éloigner. Ses amis, il ne leur a jamais rien confié. Engager la conversation n'était pas non plus son fort.

L'enfant liste ces détails dans un coin de son esprit, un par un.
Il ne parvient pas à les faire se rejoindre, à trouver la cause exacte de sa passivité.

Ce qui ne l'empêche pas d'être furieux. Contre les autres d'abord, la manière dont ils l'ont laissé agir ainsi pendant tout ce temps. Il y a ses propres erreurs, qu'il relègue un peu plus loin pour l'instant. Le sommeil reprend ses droits, l'attire de nouveau. Fermer les yeux ne lui est plus agréable. Il fait avec, n'ayant pas son mot à dire. Slumber a été dévoré par une créature, cassé par un ami, oublié par les siens, assommé par la chaleur et la déshydratation. Tout ça à la fois peut-être.

Ses jambes mettent un moment avant d'être en mesure de soulever son poids. Tout lui paraît lourd, ses repères effacés par un manque d'activité physique, lorsqu'il est enfin capable de le faire. Pieds-nus, le garçon effleure le sol humide, devant s'appuyer sur Héron pour avancer. Sa tête se redresse après un moment, jugeant le soleil caché par des nuages encore sombres. Impossible de le défier pour l'instant, de faire plus que de demander qu'on le laisse marcher seul. Il chancelle, sans s'écrouler, cette fois.

Slumber est mort, et maintenant il a seize ans.


✿ Ibijau Assoupi. Oural Bienveillante. Héron Placide. Grizzly Funeste. Les noms sont devenus familier. Il fait des efforts pour écarter le reste, ce qui n'a plus rien à faire dans sa vie. La demande est venue d'Ibijau lui-même. Celle de rester avec les Delaware, de s'éloigner des méfaits du Grand Arbre. Son corps a commencé à récupérer. Suffisamment pour qu'il soit assis dehors, appliqué à la confection d'un nouveau bracelet. Des perles rouges et orangées qui lui font un peu trop penser à la canicule. Ce n'est guère important puisque ce n'est pas pour lui. Un présent pour remercier Héron Placide de sa gentillesse. Ibijau les fait un peu plus larges qu'il n'en avait l'habitude.

Une façon de ne pas oublier ce qui s'est produit avec Bright. Plus tard, l'adolescent ira voir Oural Bienveillante, écoutant ses conseils pour son nouveau rôle. C'est la dernière fois qu'il s'est exprimé avec sa voix, lorsqu'il a voulu devenir son apprenti. Sa faiblesse physique ne justifie pas d'être inactif. Il ignore ce qu'il aurait fait en cas de refus. L'ancien Soigneur n'a pas d'autre talent a partager, rien qui le rendrait important. Quand au fait de ne plus parler, ça lui fait du bien.

Ses doigts s'emmêlent après un moment, le bracelet lui échappe et les perles roulent sur le sol. C'est frustrant. Pénible même. Assez pour qu'il se refuse à les ramasser tout de suite. Ibijau préfère tripoter le bandage qui maintient son poignet C'est douloureux, ça le restera sans doute. Ses dents pressent contre le tissu, l'arrachent presque.

Il est interrompu par une voix, et une enfant qui tient ses perles dans le creux de ses paumes.

Alors il ignore sa colère pour ouvrir la sienne et accepter de les récupérer. Sauf que la petite ne s'en va pas, s'asseyant en face de lui à la place. Ibijau compte les perles, hésite. Ce sont ses dernières. Héron Placide devra attendre sans doute. Il hoche la tête, se remettant au travail. Ce bracelet là ne sera pas très grand de toute façon.

Peut-être que l'enfant lui apprendra une nouvelle danse en échange.



Invisible pour les yeux

T'as un Pseudo ? Kane
Et un âge ? 20+
C'est quoi ton Avatar  ? Shioe Monjirou de Nintama Rantarou
Comment t'as découvert l'île ? Freckles babe
Tu la trouves comment ? L'île c'est un rêve réveillé, là où je voudrais rester autant que possible. Et je ne vais pas dire que c'est mon dernier compte (techniquement c'est le premier d'ailleurs) parce qu'on sait tous que ce n'est pas la vérité. Au secours. D'ailleurs, vous remarquerez que je suis incapable de tuer un personnage et de le laisser mort. Nope, au lieu de ça je passe six mois à me demander comment le ramener sur le forum.
Dis, tu crois bien aux fées ? Oui~
Les passages avec Grizzly et Héron ont été vus avec les joueuses au préalable.






✿ I have awoken from a deep slumber ✿
I don't think that the spoken words solve everything. Sometimes silence delivers truer feelings while the words can distort the meaning in some situations.


Dernière édition par Ibijau Assoupi le Lun 14 Aoû 2017 - 1:45, édité 36 fois
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MessageSujet: Re: I love sleep. My life has the tendency to fall apart when I'm awake, you know? ✿ Ibijau Assoupi    Ven 11 Aoû 2017 - 9:51

Aowh et bienvenue une fois encore !

Je le fais avec Oural, j'avais envie.
Vivement vivement que tu finisse cette fiche. Le début est vraiment vraiment chouette et touchant, ca se lit tout seul et un peu trop vite.

Et rappelle toi de dormir. Toi aussi, tout comme lui, tu as besoin de dormir. <3

Si tu as des questions etc, évidemment, tu sais comment nous trouver.






Oural te sourit chaleureusement en #85ADFF.
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MessageSujet: Re: I love sleep. My life has the tendency to fall apart when I'm awake, you know? ✿ Ibijau Assoupi    Lun 14 Aoû 2017 - 0:36

Merci beaucoup~
J'ai tendance à écrire assez tard, malheureusement. Même s'il est vrai que j'ai un peu poussé pour le coup. Je vais faire plus attention.

Je pense avoir terminé ! Après avoir réussi à affronter l'histoire et quelques soucis de pc






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✘ LIENS : Je suis un petit oiseau à peine sorti de l'oeuf.
Et aussi tout ça !

MessageSujet: Re: I love sleep. My life has the tendency to fall apart when I'm awake, you know? ✿ Ibijau Assoupi    Mar 15 Aoû 2017 - 16:26

Félicitations mon enfant


Tu es condamné.





Et voilà j'ai tout luuu ! Ce fut parfois un peu laborieux car ta fiche est dense et détaillée, mais c'est aussi ce qui fait la force de tes écrits pas vrai ? Ce qui m'impressionne toujours, c'est ça, le côté extrêmement précis, comme si on voyait défiler les pensées dans la tête de tes personnages, et les sensations, les images, tout ce qu'il vit, tu nous l'offres en long et en large. C'est long et riche du coup, mais c'est une sacrée expérience en tant que lecteur. Ibijau est vraiment touchant, du début à la fin. Rebienvenue, now and forever donc <3

_______________________________


Je te serre chaleureusement la main. Cours vite créer ton Dé à Coudre et demander un Compagnon de Jeu afin de vivre une aventure ! Par ailleurs, n'oublie pas de prendre connaissance de L'intrigue du moment. Tu peux aussi participer au RP d'introduction spécialement conçu pour les nouveaux arrivants et qui permet d'immerger facilement ton personnage dans l'univers : la Danse de la Victoire. A moins que tu ne choisisses de te lancer dans Mission Périlleuse ? Si tu préfères passer du bon temps en papotant, rejoins sans tarder la Nursery. Quoiqu'il en soit, que ton séjour à Never Never Land soit fabuleux et éternel.









La musique que je joue au gré du vent : Flûtes de Pan
Les dessins que je peins au gré du temps : Crayons de Pan



Je tyrannise en forestgreen.
Portraits par Kim Minji.





le merveilleux cadeau de mes enfants trouvés:
 
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MessageSujet: Re: I love sleep. My life has the tendency to fall apart when I'm awake, you know? ✿ Ibijau Assoupi    Mar 15 Aoû 2017 - 18:14

Merci Peter ! Désolé pour le pavé, je n'arrive pas à ne pas m'étaler sur la vie de mes personnages. En tout cas, je suis content que tu ais apprécié de me lire






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Sujet en cours : I - II

MessageSujet: Re: I love sleep. My life has the tendency to fall apart when I'm awake, you know? ✿ Ibijau Assoupi    Mer 16 Aoû 2017 - 0:00

C'est très chouette de revoir Slumber comme ça et d'en apprendre plus sur lui et son histoire. Il fait de la peine, aussi, avec tout ce qu'il traverse ! Et ta plume est d'une précision impeccable, quasi chirurgicale : elle dit tout sans trop en faire, j'ai tout lu d'une traite et c'était bien cool.

REBIENVENUE DONC, et amuse-toi bien avec ce drôle d'oiseau








"Humankind has not woven the web of life.
We are but one thread within it.
Whatever we do to the web, we do to ourselves.
All things are bound together. All things connect."

- Chief Seattle
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