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Psy
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MessageSujet: Believe it or not, it's just me.   Ven 30 Juin 2017 - 16:45

La mer d'ombre. Et, tandis que la pluie accapare l'air, sempiternelle partition, la houle nous berce de son roulis apaisant. Tout est terne, détrempé. La terre même n'en peut plus de boire. Nous sommes réduits à l'état de bêtes attendant quelque divine intervention. La clémence du petit Roi, en la fin d'un sanglot qui n'aura que trop duré.

Il aura pleuré... Il aura pleuré, au point de manquer de les tuer. Est-ce une manière de tester leur résistance ? Se demande-t-il s'ils sont bien là, au garde à vous, tandis qu'il pleure ? Regardez comme je suis malheureux, comme que je scrute lesquels de vous s'en inquiètent : est-ce cela qu'il se dit ?
A moins qu'il ne s'agisse de larmes froides. Celles qui contiennent au lieu de libérer. Celles qui roulent sans un bruit, hormis les bruits du dehors. Le ciel pleure des larmes chaudes à ta place, Peter Pan. Les larmes de Flaubert... je me souviens, cette idée là...
Non... Peut-être. Que m'avait-il dit, ce professeur, au sujet des larmes ?

Je ne sais plus. Tout est confus.
Quel beau gâchis... Ma culture s'érode sans références... Il me faut des livres. Entretenir la machine, sans quoi...
Peu importe...
Est-ce cela... Parle moi petit Roi. Envoie moi un signe, pour comprendre. Comprendre ce qui bouleverse ton ingénuité. Je m'y intéresse, moi. Je veux savoir. Toi qui aime tant te donner à voir...
Donne moi la clé.

La mer roule, la mer berce.
Elle endormirait presque.

Sous le pont, les pirates sont réfugiés. La plupart ont déserté le navire, préférant noyer leur morne humeur dans le rhum. Pour ceux qui restent, c'est l'heure du désœuvrement. Il y en a qui chantent à mi voix, dans l'ombre... tandis que d'autres préfèrent jouer aux cartes.

L'ennui dans son manteau superbe.

Et moi qui n'ait pas la tête à travailler... Trop peu d'occasions de sortir. Trop peu d'occasion de saisir le monde. Je suis comme un rat en cage, contraint à la discipline. Attendre.
Attendre...
Ça me frustre, ça m'aliène. Trop de pensées en bataille... La faim de l'esprit et rien à se mettre sous la dent. Assurément, si cela dure, je vais devenir fou.

Non.

Bien sur que non.

Soupir. J'étire les bras au dessus de la tête. Paupières closes, mon corps m'agresse de sensations inconfortables. Depuis combien de temps suis-je là, à attendre que le temps passe ?
Les bougies des lanternes semblent largement consumées. Je laisse doucement retomber ma tête contre le bois du navire. Mes yeux s'élèvent alors en direction du hublot, derrière lequel la pluie tombe encore : toujours. Mes mains glissent sur mes genoux. Assit en tailleur, dans ce coin du dortoir, j'aime à penser qu'on ne me remarque pas.

« Look at what's happened to me,
I can't believe it myself;
Suddenly I'm up on top of the world,
Should've been somebody else...


Les paroles s'échappent dans un murmure. Je ne sais plus d'où me vient cette chanson. Mais elle m'arrache l'esquisse d'un sourire, au coin de la bouche. Je me rappelle de certains beaux jours... Le parc de l'Université. Tiédeur de vivre. L'existence facile.
Trop facile, naturellement : insatiable insatisfait...

Le bateau tangue encore, doucement. Je ferme les yeux.
Il y a des images qui me viennent.
Des images d'ailleurs...
Peut-être.


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Last
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MessageSujet: Re: Believe it or not, it's just me.   Dim 2 Juil 2017 - 0:23

Son œil lui faisait un mal de chien.

Ça lui arrivait souvent, en ce moment. Depuis que son œil de verre a été brutalement délogé par la batte de Cilla, il grimaçait à cause de l'irritation. Sans parler des gouttes salées qui, lors des rares fois où il ôtait son cache-oeil, s'introduisaient là où il n'y avait plus rien, et le brûlait légèrement. Il commençait à prendre l'habitude, car après tout, c'était nettement moins douloureux que le jour où il avait perdu l'original, l'oeil gauche...

Les Peaux-Rouges, les Mères... tout les camps allaient un jour se rebeller contre lui.

Last laissa donc son œil vide à l'air libre le temps qu'il soit encore à l'intérieur... puis rabat le cache-oeil une fois sur le pont. La pluie était forte, plus qu'avant, et il se souvint même de cette vague à la fois d'eau et d'air qui lui avait fait perdre la trace de cette gamine qui lui avait dérobé son œil de verre. Y penser lui donna une envie de vengeance, mais qu'il allait devoir canaliser pour ne pas quitter le Jolly sur un coup de tête. Dire que c'est à elle que ça aurait dû arriver, à elle de ne jamais repartir, ou si, mais avec une jambe en moins ! Les enfants sont trop irréfléchis pour provoquer des catastrophes pareilles... et pourtant, elle avait disparu avec un butin.

Last ouvrit une porte en claquant l'autre côté de la poignée contre le mur de bois. Ça y est, il était agacé.

En plus, là où il allait, son agacement risquait de grandir.

Aujourd'hui était un jour banal, aussi banal que les autres banals. Pourtant, Last avait jugé bon depuis ses entrailles qu'il avait une soudaine envie à satisfaire. Elle ne datait pas d'hier, et cette fois, elle avait décidé de se réveiller à nouveau. Ça arrivait, des fois, que ça reste endormi durant des jours, puis revienne pour lui rappeler que « Mais si, ça, tu ne sais toujours pas... Et ça t'agace, oooh, que ça t'agace ! ». Donc, d'humeur assez titillable, Last quitta son petit confort pour rejoindre ce qui allait hautement l'énerver (possiblement) à la fin de la journée.

Voir Psy.

L'espion, comme Last le surnommait dans un coin de sa tête. Last n'appréciait pas Psy. Il ne le détestait pas non plus, tant qu'il ne lui avait rien fait. Il n'aimait juste pas sa façon d'être. De fonctionner; du moins, en surface. Last n'aimait pas ne pas savoir les choses. Et Psy était un concentré humain de frustration du savoir. Il était une boule de complexité énorme, et pourtant, ne laissait rien paraître. C'était un gâchis de connaissances, pour le forban fou de théâtre. Pourquoi Hook s'intéressait-il autant à lui, si au final, c'était pour rester dans l'ignorance ? Ça le frustrait, ça le gênait, ça l'enthousiasmait mal dans le feu de l'action.

« Ah, il est temps à Psy, le personnage de... » de quoi ? De quoi ?! Non, il n'en savait rien ! Quel rôle lui attribuer ? Quelle importance délicate ou passagère devait-il apposer sur lui ? Il pouvait facilement coller une étiquette à tout ceux qu'il croisait, mais Psy était l'exception. Aujourd'hui, une fois encore, il allait essayer de briser sa carapace. Ou au moins essayer de la fissurer suffisamment pour pouvoir s'infiltrer à l'intérieur.

Car il voulait vraiment, vraiment savoir.

- Oh, tu es là, comme c'est étonnant.

Last entra dans la pièce où Psy se trouvait habituellement et disait ça sur un ton aussi ironique qu'agacé. À croire qu'il cherchait volontairement à ce que le pirate profite de cette occasion à l'énerver plus qu'il ne le fait d'habitude – c'est-à-dire, rien qu'avec sa présence. En fait, c'est Last qui venait « chercher la bagarre ». Et si cette fois, Psy ne se dévoilait pas, tant pis, il allait disputer pour calmer sa frustration.

- Psy... Psyyy... chopathe ? Psychologue ? Psychédélique ? Ha ha ! … Tu m'inspires tout ces mots. Tous dégoûtants dans ma bouche et à mon oreille. Un véritable extraterrestre.
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MessageSujet: Re: Believe it or not, it's just me.   Dim 2 Juil 2017 - 10:46

Mes paupières s’ouvrent et je découvre Last qui m’interpelle. Heh… J’aime cette manière qu’il a d’afficher ses humeurs à mon endroit. Nous n’avons pas encore échangé et pourtant, je l’agace déjà. Toi, tu as pensé à moi, Last. N’as-tu pas honte ? Comment étais-ce ? Intense, très probablement. Tes émotions sont à fleur de peau… J’ai donc ce pouvoir sur toi ? Fascinant.
Sans mot dire, je le laisse monologuer. C’est étonnant, cette aisance avec laquelle il se dévoile. Et ces qualificatifs : ai-je besoin d’un radical après un préfixe déjà si lourd de sens ?

« Psychopathe, psychologue, psychédélique…

Je laisse glisser les mots, presque à mi-voix. Last est là, mais je ne le vois plus. Psychopathe… c’est amusant, je n’aurais pas choisi celui-là en premier. On voit d’ailleurs bien que tu parviens à tomber juste dès la seconde tentative. Mais pourquoi « psychopathe » en premier ? Tu as une attache particulière à cette notion ? Ou bien je t’effraie à ce point-là ? Non, probablement pas. Maniaque, peut-être… psychopathe, certainement pas.

Ou alors, c’est de toi dont il s’agit…

Psychédélique ? Il est intéressant, celui-ci. La jonction de « psyché », l’âme, et dēlóô : rendre visible ou montrer. Dans tes yeux, je suis celui qui perce les âmes à jour, alors. Tu as peur que je te mette à nu, Last, c’est bien cela ? ça te rassurerait probablement de voir la mienne en retour, je suppose… comme tout homme qui se respecte. Tu veux comparer la taille des phallus que nous avons dans la tête. Je vois.

« Et ton nom « Last », il est intéressant. Fais-je alors, le ton badin. On croirait un nom de perdu… Pourtant, ce n’est pas le cas, n’est-ce pas ?

Je jette un coup d’œil à son ombre sur le sol. Il en a une, lui. Pourquoi ne pas l’investir pleinement ? Cela pourrait bien lui rajouter quelques centimètres symboliques dans le pantalon. Ne serait-ce pas rassurant ?

« Renoncer à son nom originel pour « le dernier », c’est un drôle de choix, Last.

Et germe le sentiment insécure.
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MessageSujet: Re: Believe it or not, it's just me.   Dim 2 Juil 2017 - 11:23

« Et ton nom « Last », il est intéressant. On croirait un nom de perdu… Pourtant, ce n’est pas le cas, n’est-ce pas ? »

Oh que non. Last restait pour l'instant de marbre, face à cette comparaison. Il est vrai qu'ici, tout les enfants (du moins, tous sauf ces bâtardes de Mères) n'avaient plus connaissance de leur vrai nom; ainsi on les renommait par un adjectif qui convenait à leur apparence ou leur personnalité – Pan devait être l'exception, mais bien normal, pour l'antagoniste principal. Lui, non, rien à voir. La plupart de ses compères pirates avaient choisi de garder leur nom d'origine en quittant la véritable terre, et d'autres qui étaient des Perdus ont même voulu s'en affubler d'un neuf; à prénom et nom.

Le Mélodrame, lui, n'était ni l'un ni l'autre. Il voulait renaître, se trouver un nom et non pas un surnom pour reconstruire son identité. Il fallait bien qu'il le fasse, sinon il allait encore avoir l'impression d'être attaché à son ancien monde – qui ne lui manquait pas, mais qui ne le dégoûtait pas non plus. Si Last avait le choix, to come back or not to come back, il le ferait certainement. Surtout par nostalgie. Tant qu'il avait son théâtre, il était content.

« Renoncer à son nom originel pour « le dernier », c’est un drôle de choix, Last. »

Là, en revanche, il fronça légèrement les sourcils, car l'abandon de son nom véritable n'était pas non plus anodin. Ça aurait pu être parce qu'il voulait se donner un nom d'acteur, afin de respecter sa vision post-théâtrale qui lui sert de lunettes pour le Pays de Jamais, mais non. La signification était toute simple :

- Je suis le dernier, fit-il en levant les bras pour approuver, l'air tout simplement de dire « mais oui, c'est clair » ou simplement « c'est évident ».

Mais la raison derrière était un peu plus délicate. « Alex Faraday ». Son vrai nom et celui qu'il a laissé au port là où il a embarqué pour la toute première fois. Pour laisser le suspens à cette dernière remarque de Psy, le pirate marcha en tournant autour, à une certaine distance, sans briser le contact visuel.

Faraday était le nom dont il ne voulait absolument plus. C'était aussi le nom de sa mère, souffrante, gênante, jeune, mais un véritable fardeau pour sa jeunesse... Il ne regrettait toujours pas son premier meurtre, de l'avoir refroidi sur sa chaise, une balle dans la tempe. Elle n'avait rien remarqué, pas eu le temps de souffrir, si bien que sa mort semblait si douce qu'elle en fut belle à regarder – peut-être était-ce pour ça que Last ne pouvait jamais regretter son premier crime, et par la suite, de tuer encore pour le compte du Jolly. En quittant le Monde ordinaire, il ne pouvait pas emporter son souvenir. Trop de grimaces, trop de gêne à amener et qui l'embêterait dans sa tâche de narrateur.

Il aurait pu continuer de se faire appelé Alex, mais seule sa mère l'appelait ainsi – et donc, était la seule connaissance qu'il avait jusqu'à ses 25 ans. Peut-être se serait-il fait à la chose, en entendant des voix de barbares l'interpeller ainsi, mais sur le moment, il n'en voulait plus. Alors il monta sur le bateau, souriait, riait... et avait donné pour seul appellation « Last », au capitaine.

Last. Le dernier recruté.

Le dernier personnage à monter sur les planches (du navire) en quittant le monde réel.

C'est pourquoi il ne voulait plus jamais parler de sa mère. Et encore moins à Psy.

- J'ai changé de théâtre. Changé de spectacle. L'autre était trop ennuyeux, loin d'être ambitieux. Me serais-je amusé à apprendre les lignes d'un texte tiré d'une pièce aussi barbante ? En gardant le nom de ce personnage ? Non. Il m'en fallait un neuf. Le narrateur s'appelait Last. Je suis le narrateur. Fin de ma réplique.

Il s'arrêta et jugea l'homme devant lui en le regardant de haut en bas, comme il le fait à chaque analyse – tentative, cette fois, dommage. Il s'amusa à l'approcher en pas d'automate, une jambe levée, posée, puis l'autre.

- Et toi donc, mon cher... Psychiatre, pourquoi s'appeler ainsi alors qu'on ne fait plus partie du clan de l'antagoniste ?
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MessageSujet: Re: Believe it or not, it's just me.   Dim 2 Juil 2017 - 15:13

La réponse de Last m’arrache un rictus. Ainsi, il n’a pas pris la mouche. Mon allusion était pourtant volontairement ambiguë : le dernier, par opposition au premier… et donc au meilleur. Non, lui est resté ancré dans le premier degré. Faut-il comprendre qu’il se prend très au sérieux ? Sans doute un peu… après tout : metteur en scène auto-proclamé ! C’est superbement égotique. Spectaculaire…

Mais en dépit de cette réponse, tellement évidente, voilà qu’il s’agite. J’imagine les raisons ayant précédé ce choix remonter à sa mémoire. Il y pense. Il se rappelle le pourquoi du comment. Et cela sème le trouble, au point qu’il lui faut aller et venir. Les mouvements trahissent le fracas de l’âme.
Après un court moment d’introspection, il poursuit sur sa lancée. J’aime son explication : elle est pleine d’images. Elle en dit long. Délicieuse métaphore.

Ainsi donc, l’homme a quitté la scène du monde pour monter sur les planches de son théâtre imaginaire. Tu as embarqué pour devenir le narrateur, quand l’ordinaire ne t’offrait qu’un rôle de figurant insignifiant. En devenant matelot sur le Jolly Roger, c’est une belle promotion, que tu as décroché… Last.

Sa dernière remarque me laisse songeur. L’autre camp : les méchants. Une vision bien manichéenne de notre monde, Mélodrame.

« Que disent-ils de nous, les noms, Last ?


Fais-je, songeur. Distraitement, je passe une main sur le visage, chasse quelques mèches de cheveux vers l’arrière.

Que disent-ils de nous ? C’est toute la question. Toute la question… Et Peter Pan ? J’ai toujours trouvé son nom fascinant. La jonction du perdu et de l’enfant réel. Sa mère l’a-t-elle réellement appelé Peter ? Ou bien est-ce un pseudonyme ? Non, je ne crois pas. Si bien associé à Pan, on l’oublierait presque. Enfant nature…

Je prends un moment pour réfléchir. Le silence retombe doucement sur nos têtes, brisé seulement par le remous des vagues au dehors. Ce nom…
Saisissant alors le carnet dans la poche intérieure de ma veste, je griffonne quelques notes à la hâte, pour l’y remettre l’instant d’après. Le nom… le nom… Il faut que j’exploite cela. C’est intéressant…
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MessageSujet: Re: Believe it or not, it's just me.   Mar 4 Juil 2017 - 22:45

« Que disent-ils de nous, les noms, Last ? »

Un nom, c'est comme un rôle : ça désigne, ça assimile une fonction. Peu importe l'acteur sur scène, tant qu'il porte le nom du personnage qu'il joue, il devient ce dernier. Last aurait pu être quelqu'un d'autre. Ressembler à un roux aux yeux bleus. À une femme noire au crâne rasée. Ça aurait pu être l'homme en face de lui. « Last », au final, n'était pas plus son nom que le titre de Maître-artillerie dont on l'a attifé peu après son arrivée sur le navire. Ça faisait de lui le personnage, mais au fond, qui était-il ? Le nom, sur l'île, c'était pareil.

« Last ». Le dernier de l'équipage originel. Le dernier amené sur le bateau avant qu'ils ne s'en aillent. Avant qu'ils ne quittent le Monde ordinaire. Le « petit dernier ». Alors qu'il y avait plus jeune. Eh oui, c'était ça, le rôle.

- Les noms ? Quels noms ? Moi, je ne vois que des rôles, Psy. Une fonction. Une signification. Tu sais très bien pourquoi tu t'appelles « Psy », hm, n'est-ce pas ? C'est une question rhétorique, tu connaissais déjà sa réponse...

Il afficha un petit sourire mesquin, bien content de n'avoir, cette fois, pas eu de secret à cacher. Cependant, un geste le fit tiquer : Psy sortit un carnet dans lequel il nota quelque chose, avant de le remettre à sa place. Cet objet attira son regard, qui évidemment, resta scotché là où il avait disparu durant deux, peut-être trois longues secondes. Il leva à nouveau les yeux vers ceux de son « confrère » pirate, puis les baissa vers le carnet invisible. Avant de le regarder à nouveau.

Ce carnet, était-ce un outil ? Il était certain que, s'il s'en emparait, il trouverait les informations pour lesquelles il sue tant...

Last reprit donc sa petite promenade autour de Psy, mains derrière le dos. De quelle manière allait-il le récupérer ? Psy n'était pas juste fourbe, il était très doué dans ses analyses. Et Last se savait aussi remarquable qu'une tâche d'encre au milieu d'un milk puzzle. Et pas question d'user de violence; Last n'aimait pas faire couler le sang ou faire des bleus pour si peu. Fou, mais maître de soi, tout de même. Voyons... Comment détourner l'attention d'un énergumène comme Psy, juste le temps de lui dérober son précieux ? Il se trouvait à l'intérieur de la veste, alors le voler avec discrétion, une main glissante quelque part, n'allait pas marcher. Il fallait procéder doucement, et par étapes.

Heureusement, bien qu'il soit facile à lire, il est également bon acteur (et pas menteur, même si ça revient souvent au même, de jouer la comédie !)

Pour l'instant, le faire penser à autre chose. S'il lui proposait d'ôter sa veste maintenant, évidemment que ça serait suspect.

- Tu vas sans doute me trouver quelque peu lèche-bottes, Psy... Mais crois-moi que je ne le suis pas : pour employer d'autres termes, je dois dire que tu me... « fascines ». Tu attises tant ma curiosité que ma frustration est égale.

Un peu de flatterie peut toujours servir.
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MessageSujet: Re: Believe it or not, it's just me.   Mer 5 Juil 2017 - 19:57

Last m'agace : ses babillages m'empêchent de penser. Il manque de subtilité... Trop aveuglé par sa lecture de la réalité, il ne parvient pas à lire entre les lignes... Ce genre d'homme qui cherche à faire entrer le monde dans les cases de son petit esprit, à lui : c'est d'une stérilité édifiante, à terme.
Pourquoi n'est-il pas capable de saisir ce que je lui donne et me rendre autant ? Nous entrerions alors dans une dynamique fertile... Deux vues de l'esprit qui s'entrechoquent...
Il pourrait me nourrir.
Au lieu de cela, il s'obstine dans une voie étriquée. Réfléchis, Last : ce n'est pas si difficile.
Je ne suis pas si difficile.

Non, je ne le suis pas...

Tu me frustres, Last.
Car si tu le voulais, tu m'aurais déjà trouvé un rôle.

Bavard...

Pourquoi attendre que je lui livre les secrets de mon âme sur un plateau, quand il y a matière à faire un personnage nimbé de mystère ?

La vérité, c'est qu'il soigne son angoisse, à travers ce fantasme de petit théâtre de marionnettes. Il impose sa pièce au monde comme un obsessionnel. Il en a besoin. Last ne veut pas traduire la réalité en scène... il veut contrôler. Il veut que les autres soient ce qu'il pense qu'ils sont. Et puisqu'il se sent ainsi démuni, le voilà incapable de me penser.

La pensée magique sans pensée : le vide abyssal de l'âme. Plus de magie pour toi, Last.
C'est à peine triste.

Je le vois s'agiter, l'esprit encombré par je ne sais quelle idée. Les émotions qui traversent son visage me renseignent sur l'état psychique dans lequel il se trouve. Le même qu'en arrivant, une dose de calcul en plus.

Mais voilà que son ton change. Il se fait obséquieux, m'avoue de quel côté incline ses pensées à mon endroit. Ce qui lui était inavouable, il y a quelques minutes encore, s'écoule comme au naturel. Il veut me toucher, il me tend une main... mais sur le terrain de notre mésentente. Comme si, par un miracle de l'esprit, nous en étions rendu à l'heure des confidences.

Toi, l'acteur, je sais ce que tu es en train de faire.

Si tu savais, Last... à quel point ce que tu me proposes résume l'histoire de ma vie.

Ne me sous estime pas.

D'un geste lent, j'incline la tête sur le côté et lui adresse un long regard en biais. J'attends ensuite de capter l'éclat viride de sa prunelle unique dans le glacier des miennes... et de dire :

« Et si tu me disais simplement pourquoi tu es venu me voir aujourd'hui... Last.


Intonation doucereuse.

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MessageSujet: Re: Believe it or not, it's just me.   Dim 16 Juil 2017 - 0:29

« Et si tu me disais simplement pourquoi tu es venu me voir aujourd'hui... Last. »

Son regard l'agaçait. Psy avait cette façon de fixer les gens avec un calme si frustrant que... que Last, qui avait pourtant une certaine patience, sentait à tout les coups cette dernière s'écrouler. Heureusement, cette fois-ci, l'effondrement était discret : maintenant qu'il avait un objectif, il devait rester dans son rôle. Le narrateur pouvait bien jouer le « séducteur » un temps. Tout ce qu'il voulait, c'était le carnet.

- Toi, s'amusa-t-il à avouer avec un petit sourire coquin.

Car peut-être que l'imprévisible était le seul point faible de Psy. L'analyse n'était logique que par une observation logique. Si Last faisait de l'improvisation, peut-être qu'il allait le déstabiliser au point de pouvoir le voler... ou mieux, même : de le définir enfin ! Mais il ne fallait pas aller trop vite non plus, au risque de le faire fuir, alors il rétablit ensuite avec un petit rire chafouin :

- Je t'ai surpris ?

Et faisant mine de s'amuser de l'amusement, Last joua à faire grimper ses doigts comme un bonhomme-main à deux jambes le long de son torse, jusqu'à l'endroit précis où devrait se trouver la poche intérieure.

Maintenant, comment lui faire enlever cette satanée veste ? Ses deux doigts, en V – comme « victorieux d'avance » - restèrent là, mais l'oeil vert de Last le regarda.

- Ce que je veux, c'est bien toi... toute ta personne. Pas de corps, mais d'âme, il soupira alors. Mais comment, comment le spectateur peut-il te reconnaître ? Savoir qui tu es ? Révèle-toi donc un peu, Psy... Montre qui tu es. Montre-moi ton rôle. Autrement, pour l'oeil de celui qui te regarde, tu ne seras rien. Il n'aura pas de mot à poser sur toi. Il ne se souviendra jamais de qui tu es.

Il tapota là où il avait posé ses doigts, comme pour lui indiquer le cœur, alors qu'il sentait la couverture du carnet sous son gant. Il le voulait. Il voulait le lire. La tâche allait s'annoncer ardue.
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MessageSujet: Re: Believe it or not, it's just me.   Dim 16 Juil 2017 - 19:36

Sans mot dire, je regarde Last dérouler son jeu. Sa gestuelle, ses expressions… J’entrevois l’expression d’un secret dessein, mais dont l’objectif suprême m’échappe encore. Qu’à cela ne tienne : il me le dira bien assez tôt. Ses manières me le diront, le moment venu. Il suffit d’être patient.

Lorsqu’il invoque la surprise, je demeure muet. Mon visage affiche une mine contrariée… l’espace d’un instant. Un instant fugace, subtil, mais qui ne lui échappera pas : je veux qu’il pense que son propos m’atteint. Mince expression, en accord avec mon tempérament maîtrisé. Je veux qu’il se pense maître du jeu. Flatter son narcissisme d’acteur, renforcer son ego.

Le parcours de ses doigts, sur mon torse, capture mon attention. Aucun contact physique n’est anodin. Et, tandis qu’il déblatère, je poursuis l’assemblage des pièces à disposition.
Il vise le cœur, le siège de l’âme. Cette âme qu’il veut tant capturer, cerner, pour la réduire à une pièce à placer dans son théâtre miniature. Il énonce ses intentions, il parle de « l’œil ».

L’œil qui me regarde : lui.

Quand a-t-il changé de discours ? C’était après le nom… Après le nom… Ses interrogations sur le nom.
Sa remarque inspirante…
Il m’a donné une idée alors. Il m’a nourri de réflexions à venir. Inspirantes, pertinentes. Réflexions mises en attentes… Dans le carnet. Le carnet qui se trouve sur le cœur.
Nous y voilà.

Mon regard quitte ses doigts pour venir s’ancrer dans l’œil émeraude. Je prends quelques secondes pour le détailler, les paupières légèrement plissées. Le moment est venu de tester notre hypothèse.

« Tu crois que les rôles les rendront immortels ?


Je demande, tout en me relevant. Face à face… J’esquisse alors l’ombre d’un sourire et avance, le dépasse, de sorte à ce que nous soyons dos à dos.

« Etre rien, n’est-ce pas déjà être « quelque chose », Last ?


Tester sa logique, explorer les limites de sa philosophie. Je profite de ce moment pour m’emparer du carnet, dans la poche de droite et y inscrire quelque chose. Mais, cette fois-ci, je le garde en main. Nous allons voir…

Je me retourne alors, de sorte à lui faire face à nouveau. Mes prunelles glacier attendent de constater la direction de son regard. Le carnet, dans la main, Last : est-ce bien cela que tu veux ?

« Est-il à ce point dur à porter… le monde autour de la scène ?

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