Partagez | .
 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Thomas Psy Whitman
avatar

☠ Matelot du Jolly Roger ☠


✘ AVENTURES : 196
✘ SURNOM : Le Penseur
✘ AGE DU PERSO : La trentaine

✘ DISPO POUR RP ? : Non
✘ LIENS : Présentation
Fiche de Liens
Tableau
Playlist
Musée des horreurs




MessageSujet: La fuite en avant.   Jeu 22 Juin 2017 - 11:18

Trigger Warning:
 

Psy


Trucs

Surnom : Le Penseur
Groupe : Pirate
Age : la trentaine
Rôle : Matelot


Révérences


C'est un garçon intéressant. Je dois bien admettre qu'il est assez unique en son genre.
La première chose qui m'a frappé, en le rencontrant, c'est son caractère imperturbable. Il est sans cesse dans l'introspection, à réfléchir sur les choses. Je me suis souvent demandée à quoi il pensait. Et puis, à force de le connaître, j'ai compris que c'était sa manière d'entrer en contact avec les autres.

C'est un garçon très observateur. Son intelligence est plutôt hors norme, en particulier dans sa dimension interpersonnelle. Rien ne lui échappe, pour dire les choses simplement. Et comme chez la plupart des surdoués, son empathie est très saillante.
Je pense d'ailleurs que c'est ce qui explique le mieux son côté distant. Car le fait de ressentir à ce point les émotions des autres, jusqu'à cerner presque instantanément leurs forces et leurs faiblesses, est un don à double tranchant. La moindre interaction menace autant qu'elle attire. A trop comprendre l'autre, on risque de se perdre soi-même.

C'est ce qu'il pense, même si je crois qu'il pourrait s'autoriser à se dévoiler un peu plus... parfois.
Le fait est qu'il ne le veut pas. Il n'aime pas parler de lui. Il ne dit jamais clairement ce qu'il pense, préférant toujours poser des questions. Un vrai professionnel du ping pong, comme j'aime à appeler ces profils là.
Je me suis longtemps sentie impuissante en sa présence. Chaque tentative pour le saisir s'est soldée par un échec. Il se dérobait à moi, à la manière d'une anguille agile... et il a fallu attendre longtemps, qu'il s'ouvre de lui-même, pour enfin découvrir qui se cachait derrière ce masque flegmatique.

Un garçon sensible, profondément blessé, mais qui ne veut pas le dire. Je ne l'ai pas aidé, de ce côté là... Et c'est peut-être même l'inverse. Je le sais.
C'est bien malheureux, mais c'est ainsi.

Le fait est qu'il cherche quelque chose... Un chasseur de chimère. Il a toujours cru en l'impossible et ce malgré l'expérience des ans. Il y a quelque chose qui le retient en enfance : une fascination contre productive. Mais ça, il ne veut pas l'entendre.
Il a quelque chose à prouver. A moi, très probablement.
Et ça, il ne veut pas le dire.

Que pourrais-je dire d'autre à son sujet ?

C'est un grand séducteur. Au sens premier du terme : il aime plaire. Il a besoin de plaire, non pas pour charmer, mais pour générer la confiance. Les autres lui permettent d'exister. Il faut qu'on lui fasse des confidences, qu'on se dévoile à lui. Sans cela, il sombrerait certainement dans une dynamique introspective morbide.

Ce garçon est son pire ennemi, en vérité...

Toujours est-il qu'à ce jeu, il excelle. C'est un caméléon. Il cerne, comprend et s'adapte. Changer de registre lui est aussi facile que de changer de chemise. C'est très rare qu'on le prenne au dépourvu.
Il ne le supporterait pas, d'ailleurs... Tout du moins, dans un premier temps : cela reviendrait à le castrer symboliquement.
L'intelligence est ce autour de quoi se focalise sa libido. Et faire des prouesses avec son propre esprit lui procure une jouissance bien trop intense pour qu'il y renonce.
J'y vois une obsession quasi masturbatoire... Mais il faut bien reconnaître que cela donne lieu à des situations assez inattendues, dans les faits. Maître de l'alternance entre spontanéité et calcul.

Moi-même, je m'y suis laissée prendre.

C'est vrai que tout cela le rend quelque peu imprévisible... Cette façon de manier les registres.
Car il a conscience des normes, mais n'éprouve aucun scrupule à les outrepasser si cela peut servir son objectif suprême. Il n'y a que son projet qui compte. Tout le reste est superflu : l'amitié, les relations... Pour se lier à lui, il faut être à la hauteur : le challenger, l'impressionner. Ce n'est pas donné à tout le monde... Et c'est pourquoi il est si seul, en vérité.

En apparence, on dirait un dandy. Il en a tous les traits : élégance, bonnes manières... D'autant qu'il est plutôt grand... un mètre quatre vingt quatre, si je me souviens bien.
Il a cette grâce agile propre au chat, avec toujours une pointe d'impertinence dans le regard. Des yeux bleus acier, en amande, qui captivent... Je lui trouve un charme atypique.
Ce n'est pourtant pas le genre d'homme à cumuler tous les critères de beauté. Il a le visage long, les pommettes saillantes et les joues un peu creuses. Ses cheveux châtain manquent cruellement de discipline... Et d'un point de vue strictement physique, il est plus élancé qu'athlétique. Enfin... sans m'étendre et si tant est que cela ait une quelconque importance, disons qu'il a l'allure d'un parfait gentleman anglais.

Enfin, je crois que tout cela donne un bon aperçu de sa personne... Faudrait-il en dire plus ? Peut-être... Je ne sais pas.
Plus je repense à lui, plus les regrets me viennent. Est-ce bien utile ? Probablement non.

Mais c'est une telle tristesse de le savoir disparu.
Je regrette tant de choses... tant de choses, à son sujet.


Susan White



Unique au monde

Psy est un individu particulier à Neverland. En effet, il est le seul adulte à avoir jamais été emmené sur l'île par Peter. Un véritable tour de force qui n'était pas gagné d'avance.
Face au scepticisme de Pan, le Penseur dû ruser : il le persuada de lui faire passer un test, afin de s'assurer qu'il était bien un garçon... presque comme les autres.
Son éloquence lui permit ensuite de déjouer les questions de l'enfant Roi, au point de le convaincre qu'il était bien l'un des siens.  

Le jeune homme prit donc part à la vie au grand arbre, comme n'importe quel garçon perdu. C'est à ce moment là qu'il commença l'élaboration de ses travaux sur Neverland et Peter.
Toutefois, Psy fut rapidement évincé, sous l'impulsion de Bow. Son succès auprès de Peter en faisait un rival dangereux.
Après son bannissement, le Penseur rejoignit donc les pirates. Ses connaissances en firent naturellement un allié de choix pour le Capitaine Hook, qui voyait en lui un atout à même de percer à jour les failles du garçon.

Toutefois, Psy n'est pas décidé à livrer Peter si facilement. C'est pourquoi il distille méthodiquement les informations qu'il donne. Le secret professionnel compte autant que son indifférence pour les querelles. Et il ne veut pas risquer de biaiser le cours naturel des événements.
Il y a encore trop à voir.

Psy ne s'identifie réellement à aucun groupe. C'est un électron libre, un observateur indépendant sans doctrine, ni allégeance. Même son obéissance au Capitaine est le fruit d'un compromis avec le réel. Ainsi, il assure sa survie et la poursuite de son projet. Les pirates, nouveaux compagnons de route, deviennent alors des cas d'étude intéressants.

Cherchant toujours à s'adapter à son environnement, Psy a appris à se battre. Ses remarquables facultés d'analyse en font un adversaire qu'il serait imprudent de sous estimer et ce, en dépit d'une technique largement perfectible.
Toutefois, il est extrêmement rare que Psy recourt à la force. La violence ne l'intéresse pas : il la juge même contre-productive. Ce qui le passionne, c'est le langage : la parole, l'échange. Voilà son arme.
C'est pourquoi, quand une situation tourne mal, le Penseur a plutôt tendance à fuir ou chercher un moyen de mettre fin au combat, plutôt que de faire face. En définitive, il fait un adversaire relativement inoffensif.

Car son acharnement à cerner les autres n'est pas malveillant. Le Penseur se vit comme un professionnel impliqué dans un rapport thérapeutique, avec tous ceux qu'il rencontre. Ce n'est pas un pervers, ni un manipulateur. Il veut simplement comprendre.
Il en a besoin.

Cependant, même si Psy adopte une conduite déontologique, il peut lui arriver d'utiliser ce qu'il sait pour tromper, ou réorienter une situation défavorable. C'est plutôt rare et cela n'advient que lorsque sa survie en dépend. Dans tous les cas, il ne le fait jamais pas plaisir. Ce n'est pas un sadique.

Pour autant, Psy n'est pas un individu foncièrement moral non plus. En vérité, il tient très peu compte des notions de bien et de mal, lorsqu'il s'agit de décider de nuire, ou non, à autrui. Il ne raisonne qu'en terme d'éthique, de code. C'est une nuance importante.

Le jeune homme est éloigné des affects, presque anesthésié. Rien ne l'atteint et il ne se bat pour rien, si ce n'est sa cause, à lui. C'est un observateur du monde et ses actions sont autant d'occasions de réfléchir encore plus avant.
Peu importe de savoir si la conséquence d'un effet blesse, ce qui compte, c'est de comprendre pourquoi. Disséquer, expérimenter, c'est sa devise, sa posture.

Psy travaille énormément. Il passe le plus clair de son temps à tenir à jour ses carnets de note, quand il ne lit pas pour sa propre culture. Culture remarquable et qu'il veille à entretenir autant que possible.

L'avancement de ses travaux est sa principale priorité, au point que Psy semble presque incapable de se consacrer à autre chose. Toute son énergie est focalisée sur « le mystère Pan ». Une relation frôlant le morbide et ce, d'autant plus que le Penseur ne supporte pas de rester sans comprendre.

En réaction à ces périodes d'activité intense, succèdent de longs moments d'inactivité. Psy peut alors rester plusieurs jours sans rien faire, comme absorbé en lui-même, et sans parler à personne. Son énergie n'est pas inépuisable et il la gère davantage comme un sprinter que comme un coureur de fond.

Psy est hermétique à l'amour. En revanche, il lui est arrivé de fréquenter des prostituées. Un fait quelque peu insolite et qui résulte d'une volonté d'expérimenter en vue d'affiner ses recherches. Dans la même veine, il lui est arrivé, une ou deux fois, de boire plus que de raison. En vérité, le travail reste sa principale source de satisfaction.

Psy est capable de se mettre dans n'importe quelle situation, s'il estime que cela pourra lui permettre de comprendre ou de prouver quelque chose.
Il n'a honte de rien et surtout pas de se retrouver dans une situation embarrassante.




L'île

Comment vis-tu ton séjour à Never Never Land ? Que représente ce lieu pour toi ?  
« Je pense que la réponse est assez évidente. Dit-il. C'est un endroit fascinant.
Quelques secondes s'écoulent, comme son regard se perd dans l'air.
« Imaginez... votre propre inconscient incarné, devant vous. Ne seriez-vous pas surpris par les abominations merveilleuses que vous y trouveriez ?
Il esquisse l'ombre d'un rictus.
« Si, bien sûr que si... N'importe lequel d'entre nous serait horrifié. C'est d'ailleurs pour cela que nous refoulons. Nous ne sommes pas fait pour connaître ce qui se trouve en nous.
Nouveau silence, il semble jubiler malgré une parfaite immobilité.
« Neverland c'est notre... « abomignifique » sanctuaire.
Quatre ou cinq secondes s'égrainent encore. Il a le regard brillant.
« Nous avons tous quelque chose de Neverland.


Regrettes-tu ta vie d'avant ? Voudrais-tu pouvoir retourner dans le monde ordinaire ?
« Non.
Le menton posé sur les mains jointes, il se balance très lentement, presque imperceptiblement. Ses yeux bleu glacier furètent d'un coin à l'autre.
« Pour quoi faire ?


Comment vois-tu Peter Pan ? Quels sont tes sentiments envers lui ? A l'inverse, que ressens-tu pour le capitaine Hook ?
Il se redresse tout d'un coup.
« Enfin... enfin une question pertinente ! C'est la question. La question qu'il faut se poser. La question que je me pose...
D'un pas vif, on le voit aller et venir. La main sur le front, dans les cheveux, il s'agite.
« Peter Pan a... il a créé un monde. Il a créé son monde. Son monde : c'est très important. Car cela signifie... cela signifie que tout ce qui est là est de lui. Ce sont des pièces : un puzzle. La carte de son inconscient. La clé.
Le jeune homme s'en va feuilleter plusieurs cahiers de note, ainsi que des croquis disposés ça et là. La nervosité de ses gestes traduit tout le tumulte de son obsession.
« On dit que la folie est parfois la meilleure manière de s'adapter à la réalité. Mais, ici, c'est tout l'inverse : c'est la réalité qui s'adapte à la folie.
Il s'arrête un instant pour lire.
« L'hallucination est le mécanisme de défense le plus emblématique de la psychose. Mais ma thèse... Ma thèse, c'est celle du délire incarné. Incarné : comprenez bien cela. La psychose qui prend corps dans le réel. En d'autres termes : l'île et le psychisme de Peter ne font qu'un. Comprendre l'île, c'est comprendre Peter... Et inversement.
Il s'en va se rasseoir, plus calme que jamais.
« Et je vais les assembler... Les clés. Je saisirais le vaste tableau qui se cache derrière... derrière chaque détail. Il se mordille l'ongle du pouce. Tout disséquer. Tout comprendre. C'est une œuvre magnifique : c'est mon œuvre. C'est ce qui m'attend. Ce que j'essaie de faire.
Bref silence.
« Peter Pan a accompli quelque chose d'éblouissant... et vous êtes là à... à vivoter. Vous ne voyez pas ce qui se joue devant vous ? Vous ne voyez pas combien c'est beau ? Incroyable !
Il ferme brièvement les yeux, laissant échapper un profond soupir.
« Médiocre... Il faut bien que quelqu'un prenne ce travail en main. Comment peut-on passer à côté de ça ?
Immobile.
« Est-ce que je vais trop loin ? Naturellement, oui... Je suis un obsessionnel, c'est ma nature... J'ai besoin d'aller au fond des choses... Et c'est pour cela que je suis brillant.
Ses mots ne sont plus qu'un simple murmure, une litanie presque étouffée, comme il s'en retourne à lui-même, paupières closes.

« Le Capitaine...
Son intonation est lointaine, il n'est déjà plus tout à fait là.
« Le Capitaine est mon supérieur hiérarchique. Je n'ai rien à déclarer à son sujet...
Inutile d'espérer lui faire dire quoi que ce soit désormais.




Bout d'aventure


Psy a écrit:
Carnet de note numéro cinq : Chapitre III

Introduction

Nous avons déjà eu l'occasion d'évoquer la structuration particulière des instances psychiques de l'enfant Roi, dans un précédent chapitre, à travers la référence aux théories psychanalytiques de Freud dans la seconde topique.

Nous n'y reviendrons pas en détail ici, si ce n'est pour rappeler de bien garder en tête la partie relative à la fragilité du Surmoi. Fragilité que l'on trouvera en amont de toutes les autres descriptions à venir.
Comme nous l'avons précédemment signalé et pour être bref, nous posons l'hypothèse d'une instance partiellement achevée et donc peu effective au refoulement de certaines pulsions primitives. Toutefois, considérer que le Surmoi de l'enfant Roi serait tout à fait absent constituerait, probablement, une erreur.

La justice est une notion bien présente dans la société du grand arbre, comme nous le verrons un peu plus tard. En revanche, c'est bien la dimension morale qui semble faire défaut. A savoir un véritable sens du bien et du mal.
Un postulat à nuancer, bien évidemment. Pour notre part, nous considérons que le Surmoi de Pan s'est cristallisé autour du père, sans introjection efficace. L'imago maternel (Klein), en revanche, semble avoir été correctement intégrée au psychisme comme objet désiré et désirant, bien qu'il demeure source de conflit.
Cependant, pour cette dernière, il semble que le désir soit resté à un stade primitif d'oralité. Plus que du désir, nous postulons le registre d'une véritable dévoration symbolique n'ayant pas évolué vers la génitalité (les sirène en sont le flagrant exemple, puisqu'il s'agit de créatures sanctionnant le désir sexuel par un acte d'anthropophagie).
Sans Surmoi efficace, la pulsion libidinale devient trop menaçante. Une menace amenant naturellement à un refoulement massif de la part de l'enfant Roi, qui préfère s'entourer d'avatars artificiels, vouées à incarner la représentation un peu caricaturale de mère suffisamment bonne (Winnicott) pré pubères (c'est là que nous constatons que la dimension morale n'est pas tout à fait absente) donc non menaçante du point de vue de la sexualité.
C'est pourquoi nous considérons que les mères du grand arbre ne sont pas véritablement désirées par Peter Pan, pas plus qu'elles n'incarnent sa mère véritable. Elles représentent plutôt la possibilité d'un rapprochement avec l'extérieur. Les histoires racontées étant autant d'opportunités de rompre avec le cycle de la répétition des jeux entre garçons, puisqu'elles ont un début, un milieu et une fin.

Nous pensons, à l'inverse, que cette « mère originelle » est à chercher auprès des sirènes et des fées. Les unes et les autres incarnant respectivement les deux facettes d'une même pièce.
Les mères de l'arbre étant, quand à elles, des objets de défense contre la menace incestueuse, mais dont l'efficacité ne peut être que toute relative, puisqu'elles procèdent du monde ordinaire.

Tout ceci fera l'objet d'une description détaillée dans le chapitre qui suit.

La pluie vient de cesser. A présent, la ville goutte. Depuis les toitures, les gouttières et les reliefs de la maçonnerie, c'est la saison d'automne qui s'écoule. L'humidité persistante s'invite sous la laine et fait frissonner. On se calfeutre.
Le jeune homme fixe le fond de sa tasse de café sans conviction. À son côté, un ouvrage de psychanalyse qu'il dédaigne, grand ouvert sur un nouveau chapitre. Il a les yeux dans le vague, l'air absent. L'observer invite à l'introspection, sur un fond de mélancolie.
« Thomas.
Il élève le regard vers cette femme qui vient d'entrer. Aussitôt, son visage change pour une teinte plus claire et malheureuse tout à la fois. Un bref hochement de tête retourne le salut. Il la regarde s'asseoir en face, sans mot dire et, jusqu'à ce que la serveuse apporte sa commande, ne dit rien.
« Je voulais te féliciter. Fini-t-elle par déclarer, un petit sourire en coin. Te voilà finalement psychologue, après ces longues années d'étude. C'est une belle réussite.
-Major de la promotion.
Ajoute-t-il après elle, sans conviction.
« Oui, major. Chuchote-t-elle. Tu n'es pas content ?
Elle passe les doigts à travers sa chevelure blonde à l'éclat fade.
« Je devrais dire que c'est maintenant que tout commence. Réplique-t-il. Mais mon instinct me porte à croire que c'est tout l'inverse, en vérité.
Silence. On entend le murmure des autres clients s'élever, en fond et plus loin encore l'agitation du personnel autour de la caisse, derrière le bar, en cuisine. Au dehors, deux voitures passent. Un passant ferme son parapluie.
Elle souffle sur son café, les paupière closes à demi. Timidement, le jeune homme la scrute, du coin de l’œil. L'odeur du manteau de laine mouillé, les graines torréfiées, le papier du livre : il pense aux jours de grand départ. Quand on se réfugie au cœur des gares et qu'il faut attendre l'autre, on s'en va tuer le temps sur un coin de table. On s'offre un café sans goût que l'on avale sans conviction, car toutes les pensées sont focalisées sur celle que l'on attend.
Alors enfin, elle ouvre les yeux et pose sa tasse vide.
« Je pars à Paris dans un mois.
Voilà la sentence. Le jeune homme ancre son regard bleu délavé dans celui de la femme, comme pour s'assurer d'avoir bien entendu. Mais une fois de plus, il a correctement pressenti des événements.  
« Nous. Moi et mon mari. Corrige-t-elle. C'est terminé Thomas. Pour de bon cette fois. On ne se verra plus.
Il pince les lèvres et s'en va fixer un coin de mur.
« J'aurais finalement été ton idiot utile jusqu'au bout.
-Je t'interdis de dire ça.
-Mais c'est dit.

Elle semble agacée.
« Tu as toujours fait les choses selon ton bon vouloir. Reprend-t-il, la voix cassée à demi. Tes envies, tes besoins en priorité.
-C'est toi qui est venu vers moi le premier.
L'entendant parler, le jeune homme se redresse et s'exclame trop haut.
« C'était ta responsabilité de m'en empêcher.
Deux personnes se retournent sur eux. Il se laisse retomber contre le dossier de sa chaise, tandis qu'elle lui intime de se taire d'un geste de la main. L'ambiance est électrique, pesante : la moindre sensation devient aussitôt désagréable. Il poursuit donc à voix basse, presque dans un souffle, comme pour s'apaiser lui-même.
« Tu ne te rend pas compte de ce que cette relation a fait de moi...
-Ce que je vois c'est la frustration d'un garçon qui n'a pas eu ce qu'il voulait. Cassante. Tu voudrais me faire porter la responsabilité de ta propre incapacité à respecter les limites.
Piqué, le jeune homme la foudroie du regard, mais son intonation est pourtant bien mal assurée.
« Ne joue pas à l'analyste avec moi maintenant.
-C'est mieux comme ça... Dit-elle. Il faut passer à autre chose.
Il déteste ces phrases toutes faites, tellement vides de sens. Assurément, il pourrait la tuer pour cela. Ou, à défaut, renverser la table et détruire ce maudit café. Tout anéantir, afin que sa peine n'échappe à personne. Mais c'est un garçon que l'on a fort bien élevé et fort bien frustré.
Aussi, ne fait-il rien, ne dit-il rien.
Et quand elle se prépare à partir, il trésaille à peine. La monnaie est jetée sur la table, sonnant le glas de leur courte entrevue. Elle réajuste la position d'une mèche derrière son oreille. Pas un regard, aucune tendresse. La fuite en avant.  
« Adieu Thomas.
-Adieu Susan.

C'est terminé.

Psy a écrit:
Carnet de note numéro cinq : Chapitre III


b) Le miroir subjectif

En addition aux notions décrites plus haut, nous ajouterons aux garçons perdus le rôle symbolique de miroir subjectif.

Le fait de priver les enfants de leur nom et de leur ombre n'est pas anodin. Cette action revient à prendre symboliquement possession d'eux, puisqu'ils perdent le fondement de leur identité.
Plus essentiellement encore, il s'agit d'un déni de la filiation : on remplace le nom donné par les parents par un nouveau nom. Nom tiré de l'imaginaire de chacun : une caractéristique physique, un trait de caractère, etc.
Il s'agit de qualificatifs froids, au sens où ils ne procèdent pas de la culture et donc de la transmission générationnelle. On peut ainsi y voir une forme d'essentialisation objectivante.
En étant renommés, les garçons accèdent symboliquement à une seconde naissance. Ce n'est qu'à ce prix qu'ils pourront intégrer l'univers subjectif de l'enfant Roi. Le nom originel et l'ombre sont ensuite évacués, emportant avec eux l'empreinte générationnelle laissée par les parents et qui procède des conséquences de leur sexualité.
Sans origines et sans géniteurs, les garçons perdus se retrouvent privés d'identité propre et donc de liberté. En effet, le libre arbitre ne peut exister sans identité distincte du reste du groupe. C'est donc bien en vue de les intégrer comme éléments de son propre psychisme que Peter Pan prive les enfants de leur nom et de leur ombre.
Malheureusement, le rituel est imparfait, puisque les garçons courent toujours le risque du changement et donc du grandissement. S'ensuit la répétition indéfinie d'un cycle alternant espérance et déception et que seul l'oubli permet de maintenir, et garantissant la mise en échec de la symbolisation du refoulé.

La symbolique de l'ombre n'en est pas moins intéressante. Nous pensons que s'y trouve le cœur de ce que nous appellerons « la mise en reflet ». Car il n'est rien en ce monde qui n'ait pas d'ombre, si ce n'est le reflet de soi-même à travers une glace.
Par ailleurs, il semble que l'ombre puisse également être associée à la mort. Comme on a pu le constater lors des événements de l'Esprit Loup, il existe un lien entre dévastation et ombre. Sans entrer dans le détail de la symbolique présente ici, on se contentera de dire qu'être privé de son ombre revient à être épargné par la mort. Tout du moins, en apparence.  
Le temps est une notion incertaine sur l'île et ce, d'autant plus qu'elle appartient tout à fait à Peter Pan. Ainsi, la mort et le vieillissement devienne la responsabilité personnelle de chacun et non pas la conséquence d'une fatalité arbitraire (pour plus de détails, se référer au chapitre consacré à la mort).
Ainsi, en privant les garçons de leur ombre, Peter Pan les extrait du réel : il les fait symboliquement passer à travers le miroir. Les garçons perdus n'existent plus que dans ses yeux propres. L'enfant roi n'a plus qu'à s'approprier tous ces visages d'enfant comme les siens : des avatars de lui-même. Une confirmation de sa propre jeunesse.
Le fait qu'il s'agisse quasi systématiquement de garçon, les quelques filles étant elles-mêmes « garçonnifiées » est un élément supplémentaire permettant d'étayer cette hypothèse.
Ce sont des piliers narcissiques et les renforts indispensables au délire de Pan et au maintien de la réalité de l'île.

Établir le profil de chaque garçon perdu permettrait donc fournir des indices précieux à la compréhension de la personnalité profonde de Peter Pan.
Notre hypothèse consiste à dire que Peter ne choisi par les enfants au hasard : chacun d'eux possède en lui quelque chose qui fait écho à l'inconscient de l'enfant roi.

C'est par la dissection méthodique de ces personnalité que l'on pourra donc dresser un tableau d'ensemble de cet inconscient et des forces qui l'anime.

Mon âme voulait être
Libre de passions,
Mais Amour s'est fait maître
De mes affections,
Et a mis sous sa loi
Et mon cœur et ma foi.

Les formes entremêlées, pleines du froissement électriques de la soie. Tension de l'air et des soupirs relâchés. Ma femme, à moi. Je t'aime.
Je n'ai jamais aimé personne comme je t'aime.
Quand nous allons ensemble et que nos regards se croisent, je vois l'objet impossible à saisir. Es-tu mon objet, toi ma femme ?
Mon objet fantasmé : celui de ma complétude.
C'est quand je te caresse, que j'ai l'impression d'être entier. Toi ma femme, la moitié de mon manque. Je retrouve en toi les origines, l'absolu des géniteurs omniscients.
C'est mon fantasme, à moi, que tu me donnes, ma femme.
Dis moi que tu m'aimes.
Je veux exister dans tes veines, sous ta peau. Fais moi oublier que je suis né. Ôte de mon esprit la frustration de ne pas tout pouvoir.
Prend moi, ma femme, et ensemble nous ne mourrons pas.

Approche donc ma belle
Approche, toi mon bien,
Ne me sois plus rebelle
Puisque mon cœur est tien.
Pour mon mal apaiser,
Donne-moi un baiser.

Toi mon objet, je te fantasme et te cherche en toutes choses. Tu es le tout pouvoir et je veux t'aimer pour bénéficier de tes bienfaits en retour. Prend mon âme et faisons, avec la tienne, un Tout nouveau. Tes désirs sont une ombre dont on peine à discerner les contours.
Dans tes yeux, je vois un petit garçon.

« Tu es mon petit garçon »

Pourquoi me blesser ? Faut-il que je disparaisse pour te plaire ?

« Personne ne t'aimera jamais comme je t'aime »

Ma femme, mon objet, la moitié de mon fantasme.

« Seule une mère saura t'aimer à jamais »

Je meurs mon angelette,
Je meurs en te baisant.
Ta bouche tant doucette
Va mon bien ravissant.
À ce coup mes esprits
Sont tous d'amour épris.

« Ta maman seule »


Il s'éveille tout à coup et sans un bruit. La pièce est sombre, éclairée seulement par la clarté pâle d'un lampadaire au coin de la rue. Rien ne bouge, pas même les poissons au creux du bocal, pas même le chat en boule sur le fauteuil.
Minuit est l'heure immobile.

« Tu es mon petit garçon »

Le jeune homme est en sueur. Il a la respiration vive et s’asphyxie à vouloir la contenir. Corps vain qui se débat contre les maltraitances de l'esprit. C'est la fugace panique de celui qui ignore encore dans quel monde il se trouve : celui des rêves ou bien la réalité.
Mais déjà, les images de son songe perdent en intensité.
Il les oublie au profit de sensations volatiles. Tout se perd, tout se refoule. Et après une minute, seulement, il se trouve dans ce curieux état de celui qui s'estime ridicule de s'être fait berner par les forces brutales de son propre inconscient.

A son côté, il y a la femme. Elle l'a entendu s'agiter, en dépit des précautions. Son œil brille dans le noir d'un éclat ensommeillé, comme elle passe une main satine sur le torse de son compagnon. Âme torturée. La voyant, il articule son prénom sans le dire : « Susan ».
« Rendors-toi.
Commande-t-elle dans un souffle.
Il obéit.

Psy a écrit:
Carnet de note numéro cinq (bis) : Chapitre IV
La Mère


Introduction

Notre analyse de la figure maternelle, dans l'univers de Peter Pan, se basera sur la théorie psychanalytique développée par S. Freud dans sa première topique. Nous ne rappellerons pas les principes généraux du complexe d’œdipe et les stades précédents son avènement, ceux-ci ayant déjà été largement développés (se référer aux annexes bibliographiques). Il faudra, néanmoins, bien les avoir à l'esprit.

Comme nous l'avons déjà brièvement évoqué, il semble que Peter soit ancré dans une sexualité pré-génitale infantile dans laquelle la mère est l'unique objet d'amour. Un amour largement ambivalent, entre désir et rejet et vecteur d'une profonde souffrance.
La puissance absolue de l'imaginaire rend néanmoins possible le maintien d'une situation psychique critique. On assiste régulièrement au retour du refoulé, notamment par l'intermédiaire de l'environnement (voir l'annexe sur les événements de la pluie salée).
Il est certain que sans cette capacité unique à la sublimation, la détresse de l'enfant Roi serait telle que l'île ne pourrait pas exister. De la même manière, c'est bien cette profonde détresse qui semble alimenter l'imaginaire fertile du jeune Pan, comme un bouclier indispensable à la survie psychique.
C'est donc la scène d'une perpétuelle fuite en avant qui se joue devant nos yeux.

L'imaginaire étant voué à occuper toute la sphère mentale de l'enfant Roi, on assiste à un extraordinaire appauvrissement des affects. Joie, peur, amour, haine, ne sont ressentis que par l'intermédiaire du jeu et la symbolisation.
Mais, n'étant pas véritablement vécues, ces émotions ne peuvent faire l'objet de l'empathie de l'Autre. Ainsi, Peter Pan se voue à errer dans une solitude extrême et ce, en dépit d'un entourage omniprésent. L'angoisse d'exister est palpable, d'autant plus qu'aucun adulte n'est à même de rassurer l'enfant, puisque ces dernier sont circonscrits au rôle d'ennemis mortels.

La peur de Peter, c'est la peur d'une vie située entre deux néants. Immortel, il ruse avec la fatalité : celle même qui oblige chacun à reconnaître ses propres limites et, par conséquent, les autres et la Loi. C'est là que nous en revenons à notre propos de base et l'hypothèse d'un complexe d’œdipe non abouti.

Pour en revenir à la mère véritable (à distinguer des mères du grand arbre, dont la fonction est un peu différente), nous pensons qu'elle se trouve quelque part à l'intermédiaire des sirènes et des fées, en particulier Tinkerbell.
Comme une mère, Tinkerbelle jalouse les femmes qui s'approchent de Peter. En faisant don de sa poussière magique, elle offre la capacité de voler, symbole de toute puissance. Aussi, elle extrait aux forces de la gravitation, de la même manière qu'un bébé flotte dans sa poche amniotique.
C'est la mère-ventre : celle grâce à qui le fœtus est en sécurité et dont la conscience, encore partiellement fusionnée avec l'être de sa mère, ne conçoit pas la mort, ni l'angoisse.

Les sirènes, quant à elles, incarnent la menace du désir maternel. Il y a confusion entre désir œdipien et le fantasme d'incorporation, au point d'interdire toute pulsion sexuelle.
Il s'agit généralement d'hybrides dotées d'un buste de femme et d'une queue de poisson. Leur beauté et leur chant sont des leurres destinés à éveiller le désir des hommes, en vue de les dévorer.
Le fait d'en retrouver dans l’univers subjectif de Pan n'est donc pas anodin. D'un point de vue purement symbolique, il est clair que la sirène incarne la sexualité dans ce qu'elle a de plus menaçante.
C'est la crainte de voir son désir sanctionné par l’absorption d'un Autre. La quête d'altérité n'est donc plus permise.

Pour reprendre la célèbre formule de Lacan selon laquelle « il n'y a pas de rapport sexuel », nous pouvons dire que dans le cas présent « il n'y a pas de rapport » tout court.  
 

L’amphithéâtre se vide peu à peu de ses étudiants, tandis que la professeure rassemble ses affaires à la hâte. Déjà, l'on se presse pour poser quelques questions et autres précisions relatives au contenu du cours. Mais l'enseignante pressée les éconduis un à un, suggérant simplement de lui envoyer un e-mail. Elle glisse ensuite en direction de la porte du bas, cartable en main, alors que les jeunes échangent des notes.
Ce n'est qu'une fois la quiétude toute relative du couloir désert retrouvé qu'elle consent à calmer la marche. Une impression étrange l'habite et l'on peut voir passer sur ses traits le voile d'une angoisse fugace. Elle se fige, avant de faire volte face.
« Jeune homme.
Dit-elle à l'attention d'une silhouette postée au croisement.
« J'ai bien senti que c'était toi.
S'empresse-t-elle d'ajouter, le ton piqué d'un soupçon de roguerie. En réponse, le garçon s'avance. Il a bien grandi depuis la dernière fois : l'adolescent a laissé place à un jeune homme de vingt ans à l'allure calme et au regard perçant d'intelligence. Face à face, elle constate qu'il la dépasse d'une tête.
« Mrs White.
-Wilson. Corrige-t-elle. Je me suis remariée, depuis.
Un léger silence imprègne l'air. Brève hésitation.
« Bien... tu n'as qu'à venir jusqu'à mon bureau. Dit-elle. J'ai un rendez-vous à préparer. Et puis... inutile de rester au milieu du couloir...
Il la quitte brièvement pour constater le flux et le reflux des élèves circulant d'une salle à l'autre. Puis, il acquiesce et le duo se met en mouvement.

« Tu fumes ?
Lance-t-elle, tendant son paquet tout en ouvrant la fenêtre du petit bureau. Il refuse d'un léger signe de tête, avant de sortir ses propres cigarettes.
La vue sur le parc de l'Université est superbe. Le domaine s'étend avec, en contraste gris sur un ciel pâle, la ville. Sur les parterres, les étudiants s’agglutinent en petits groupes. Il y a de la vie. C'est le début du printemps.
« Tu ne m'as pas dit que tu faisais psycho.
Lance finalement la femme. Il hausse légèrement les épaules en réponse.
« Pour quoi faire ?
Elle plisse les lèvres, visiblement agacée par le style laconique du jeune homme. Mais cela ne se voit pas tant que cela.
« Tu avais peur que je prenne mal de savoir que tu fais comme moi ?
Il étouffe un rire, à travers une courte expiration.
« Tu ne m'as pas dit que tu étais remariée.
Elle esquisse l'ombre d'un sourire, s'abstenant de relever le fait qu'il vient de changer de sujet. Aujourd'hui, ce n'est pas une séance de psychanalyse.
« Pour quoi faire ?
Fait-elle alors, avec un sourire provoquant qui laisse échapper la fumée de cigarette.
« Tout ne tourne pas autour de toi.
Lance-t-il finalement, rompant la tension accumulée depuis le début de leur rencontre. Aussitôt, elle s'exaspère. Il n'aura pas fui longtemps.
« Mais que croyais-tu Thomas ?
On ne sent pas qu'elle est énervée. Son intonation est froide, cinglante.
« J'avais déjà trois enfants, quand on s'est rencontré. Bref silence. Qu'est-ce que tu imaginais ?  
Il ne répond rien, sentant la fugace blessure tirailler à l'intérieur de sa poitrine.
« Je pensais qu'en prenant nos distances, la situation se tasserait. Ajoute-t-elle. Pour notre bien à tous les deux.
Elle se retourne tout à fait en direction de la fenêtre, l'abandonnant au champ périphérique de sa vision. Une bouffée de cigarette : elle poursuit.
« Mais quand je te vois arriver comme ça... avec cet air...
-Quel air ?
-Je te connais Thomas.
-Et donc ?
-Tu me mets dans une situation difficile.

L'entendant, il s'en va écraser le mégot à peine entamé de sa cigarette sur le rebord de la fenêtre. Après quoi, il fait quelques pas au milieu du bureau, dépité.
« Personne n'est obligé de savoir, mrs Wilson.
-Ne m'appelle pas comme ça.
Elle a le ton doux cette fois-ci. Ça lui fait l'effet d'un glaçon qui coule le long du dos : frisson inattendu, mais guère déplaisant.
« Susan.
Corrige-t-il. Elle esquisse un léger rictus.
« Je sais que tu ne diras rien. Qui te croirais, de toute façon ?
Il fronce les sourcils, mais elle ne le voit pas : son regard est toujours rivé sur le parc.
« Mais c'est plus compliqué que ça.

Psy a écrit:
Carnet de note numéro six : Chapitre I
Le Père

Introduction

Le père est certainement la figure à la fois la plus emblématique et la plus mystérieuse de toutes. Il est omniprésent en ce que son absence génère de conséquences. Et quand il s'incarne, cela fait de lui l'adversaire principal de l'enfant Roi.

Le rôle du père est essentiel au le développement dit « normal » des individus. Il agit comme acteur central au maintien des Tabous (Freud, Totem et Tabou) et permet à l'enfant d'accéder à la Loi, par la formation du Surmoi au sortir du complexe d’œdipe. S'ensuit la reconnaissance de l'Autre comme indépendant de Soi. Ainsi, il donne à l'enfant les outils nécessaire à son autonomisation.

Avant d'entrer dans le détail de l'analyse, nous observons que les pirates sont l'incarnation parfaite de l'âge adulte. Ce sont des individus ayant accepté de grandir et sur lesquels la menace du temps (et donc de la mort) pèse constamment. La peur maladive du capitaine Hook à l'endroit des horloges en est le parfait exemple. Les pirates symbolisent donc ce que Peter Pan combat avec force.

A première vue, le Capitaine Hook agit bel et bien en tant que Père à l'endroit de Peter Pan. De la même manière qu'il faut combattre le désir de l'enfant pour sa mère, celui-ci combat l'enfant Roi dans une lutte incessante. L'absence de motif clair à ces escarmouches n'est pas à négliger et tend plutôt à renforcer cette hypothèse.

En lui coupant la main, Peter a fait de Hook son père idéal. Dans le cas présent, la main s'assimile naturellement au phallus : en la coupant, l'enfant roi prive le Capitaine de sa virilité et donc de sa puissance. C'est un adversaire, mais un adversaire mutilé, émasculé et donc qui ne peut pas vaincre.
Toutefois, loin de renoncer à sa puissance, le capitaine Hook aura remplacé le membre manquant par un crochet : substitut plus menaçant encore que l'original, mais factice malgré tout. La perte demeure irréparable, ce qui garanti une lutte sans fin.

Nous estimons en effet que Peter Pan a bien plus besoin du Capitaine que ce qu'une simple observation laisserait d'abord à penser.
Sans lui, la menace de la pulsion érotique à l'endroit de la mère deviendrait trop difficile à supporter (voir le chapitre consacré aux sirènes), ce qui donnerait sans doute lieu à des situations déplaisantes (pour employer un euphémisme).

La lutte parricide entre Peter et le Capitaine Hook nous offre donc le spectacle d'une lutte antérieure à la formation du Surmoi. Elle est indispensable et il serait certainement vain de chercher à y mettre un terme. Ce n'est qu'à ce prix que le Tabou est préservé : celui qui consiste à empêcher le petit garçon de coucher avec sa mère.

Sur le divan, l'adolescent est étendu. Son regard, les paupières mi-closes, traduit une grande lassitude. Sans conviction, il scrute le ciel grisâtre de Londres, par dessus l'arrête irrégulière des toitures. C'est un jeudi comme les autres, au cœur de la capitale.
A son côté est une femme. Bien assise, dans un fauteuil de velours côtelé blanc crème, elle prend quelques notes brèves. Son écriture rappelle la course du lévrier : nerveuse et pleine de grâce, avec la courbe conquérante. Le stylo fouette le papier comme un éclair, tout en produisant ce son scolaire si caractéristique.
On voit ses longs cheveux blonds tomber de part et d'autre d'épaules droites. Leur teinte délavée répond maussadement au bleu vif d'un tailleur de marque fort bien coupé. Elle est élégante et encore belle, en dépit des stigmates des ans. Un collier de perle fatigué et une broche un peu trop clinquante viennent en touche finale à cette allure de professionnelle intimidante.

Dans le ciel londonien, une envolée de pigeons rompt la monotonie et, passant devant la fenêtre du petit cabinet, trépasse l'instant.

Le jeune garçon reporte son regard sur la femme. Elle a levé les yeux de son petit moleskine et affiche désormais un air bienveillant. Il a seize ans, elle quarante. Leur intimité est celle du cabinet du psychanalyste : espace chaleureux, bien qu'un peu impersonnel. Et Freud, de veiller depuis le cadre installé en haut de la bibliothèque : témoin attentif des silences échangés plus que des mots. Là où les regards se croisent, les inconscients s'entrechoquent.
« Je crois que je vous aime, mrs White.
Dit finalement le jeune homme, articulant comme si chaque syllabe était précieuse. Elle le dévisage en réponse, interdite. Une seconde chasse l'émotion. Elle esquisse un sourire, avant de poser doucement son stylo sur la couverture du carnet de note.
« Bien... Je crois qu'il serait intéressant d'en parler, Thomas.
Il ferme les yeux, très brièvement. C'est une fugace blessure et dont la plaie saignera longtemps, que l'on vient de lui infliger.
« Vous pensez au transfert ?
Dit-il. Elle croise les jambes et répond.
« Tu es un garçon intelligent, Thomas... et cela fait presque un an, déjà, que nous nous suivons.
-Et me voilà transporté par la tiède réassurance de nos séances hebdomadaires... Interrompt-il, ironique. Je ne m'enflammerais pas pour un avatar.
La peine au cœur est vive. Elle remonte en amertume au fond de la gorge. Mais la praticienne ne se démonte pas. Son calme est une parfaite statue de sel.
« C'est ce que tu penses ?
-Je pense que ce n'est pas à la psychanalyste que j'ai envie de parler, actuellement.

Il se redresse afin de s'asseoir au bord du divan. Ses iris bleu glacier percute les siennes en un choc sourd, violent.
« Thomas... tu sais que je ne peux pas répondre à une telle déclaration.
L'adolescent s'en va jeter un œil au portrait du père, tout en haut de la bibliothèque. La déontologie, l'interdit, le tabou. Il sait.
« Nous en reparlerons la semaine prochaine... Il est l'heure, malheureusement.
Finit-elle par dire. C'est un fait étrange, mais elle semble sincèrement désolée de le constater. Ses yeux restent figés sur le cadran d'un réveil à bas coût, sur le bureau à leur droite. Elle ne s'en détourne pas, tandis que le garçon rassemble ses affaires. Il est humilié. Elle sait.

Et sans mot dire, elle le raccompagne à la porte du petit cabinet. Il lui tend finalement le paiement de la séance, le regard fuyant : du liquide, comme l'exige la tradition psychanalytique, car il faut que le patient ait bien conscience du coût de son travail sur lui-même.
Le loquet claque et la porte s'ouvre. Elle lui tend la main pour qu'il la serre. Nouveau flottement, puis il s'engage, d'un pas, dans le noir.

« Attends.
Le garçon sent une main le saisir au col. Il est traîné, d'une grande force, en face de cette femme interdite et qui le dévisage désormais d'une manière nouvelle. S'écoulent les secondes. Déjà, le futur  déroule son cours inévitable, tandis qu'ils songent aux conséquences d'un acte non encore commis. C'est elle qui hésite. Lui, semble paralysé de surprise.

Et puis alors, l'on voit s'unir leurs ombres, au centre du cadre de lumière projeté à travers le couloir, depuis l'encadrement de la porte. Des pas hasardeux résonnent faiblement jusqu'en bas de la cage d'escalier. Ils reculent maladroitement à l'intérieur du petit cabinet, tandis que se rabattent sur eux les serres de la honte. Le secret se scelle comme claque le loquet.

Le tabou est brisé.



Invisible pour les yeux

T'as un Pseudo ? Grigri
Et un âge ? 27 ans toujours
C'est quoi ton Avatar  ? Sherlock Holmes - Sherlock BBC
Comment t'as découvert l'île ? DC des familles (Susuarana)
Tu la trouves comment ? Soyeuse
Dis, tu crois bien aux fées ? Ue ue ue


Dernière édition par Psy le Mer 28 Juin 2017 - 18:23, édité 12 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Last Wills
avatar

☠ Maitre-Artillerie du Jolly Roger ☠


✘ AVENTURES : 103
✘ SURNOM : Le Mélodrame.
✘ AGE DU PERSO : 25 années et une éternité.

✘ DISPO POUR RP ? : Plus avec lui pour l'instant !
✘ LIENS : Dans sa loge, l'artiste se pend, et le casting du spectacle contemple son cadavre.

MessageSujet: Re: La fuite en avant.   Jeu 22 Juin 2017 - 13:24

J'ai explosé à l'avertissement.

PSY, AAAAH ♥ J'ai eu le coup de foudre pour ce prédef, et voilà que ça fait dokidoki en le voyant bientôt joué ♥♥

Re-bienvenu ♥♥♥
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Peter Pan
avatar

♛ Roi des Garçons Perdus ♛


✘ AVENTURES : 2627
✘ SURNOM : L'Enfant Roi
✘ AGE DU PERSO : Eternel

✘ DISPO POUR RP ? : Un peu chaud !
✘ LIENS : Je suis un petit oiseau à peine sorti de l'oeuf.
Et aussi tout ça !

MessageSujet: Re: La fuite en avant.   Mer 28 Juin 2017 - 11:40

Rebienvenue toi !!

On peut dire que tu aimes les persos contrastés

Je dois dire que cette fiche est phénoménale, j'ai rarement été aussi impressionné.
Je ne sais pas si tu as lu quelques analyses psychologiques liés à Peter Pan mais moi qui en ai lu quelques unes, j'ai reconnu quelques trucs (par exemple de "Peter Pan ou l'Enfant Triste") et c'est assez incroyable de constater l'analyse psychanalytique que tu as développé autour de tant de notions. C'est très Freudien dis donc ! Mais ça correspond tout à fait à Psy. C'est franchement, franchement bluffant (et oui, dérangeant, mais après tout la psychanalyse c'est super dérangeant). J'aurais pas rêvé d'un meilleur Psy.

Alors juste une mini chose, quand on joue un predef on a parfois tendance à ne pas redire ce qui a été dit dans le predef pour le développer autrement, c'est normal. Je vois qu'ici tous les points sont développés, mais je ne suis pas sûr qu'on sente le côté un peu fiévreux dans l'obsession de Psy pour le mécanisme de l'île, pour Peter (en tant que Coeur avant tout), de même que tu ne parles pas distinctement de psychose (ou alors je l'ai manqué, la fiche est dense !). En lisant le détail, on comprend que l'île est né de son inconscient malade selon Psy, mais peut-être que tu devrais ajouter une phrase claire sur le sujet quelque part ? Dans la description du predef, on dit bien que Psy est quasiment obsessionnel, fasciné au sens le plus fort par ce que la psychose de Peter Pan a conçu, c'est ce qui se rapproche le plus pour lui d'une émotion au final.
Donc voilà, juste clarifier le côté "psychose incarnée" quelque part pour que ce soit très clair et spécifier d'une façon ou d'une autre que ce travail de décorticage du monde, sa relation à Peter Pan est de l'ordre d'une obsession presque malade, fébrile. Un peu comme les scientifiques face à un mystère, ça les fait vivre intensément, ça les tue aussi un petit peu...

J'espère que tu vois ce que je veux dire ? Tu peux te contenter d'une phrase ou deux honnêtement, ce sera bien assez.

Sinon, je me répète mais chapeau très bas pour cette présentation de dingue !









La musique que je joue au gré du vent : Flûtes de Pan
Les dessins que je peins au gré du temps : Crayons de Pan



Je tyrannise en forestgreen.




le merveilleux cadeau de mes enfants trouvés:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://neverneverland.forumactif.org/
Thomas Psy Whitman
avatar

☠ Matelot du Jolly Roger ☠


✘ AVENTURES : 196
✘ SURNOM : Le Penseur
✘ AGE DU PERSO : La trentaine

✘ DISPO POUR RP ? : Non
✘ LIENS : Présentation
Fiche de Liens
Tableau
Playlist
Musée des horreurs




MessageSujet: Re: La fuite en avant.   Mer 28 Juin 2017 - 13:59

Merci Last (moi aussi ça me fait rire x) ) !

Bonjour grand chef !

Merci, ça me fait très plaisir. Le contraste, la diversité, c'est le sel du RP.

Je dois dire que ces analyses m'ont donné du fil à retordre ! Je n'ai jamais lu d'analyse psychologique de l'oeuvre (en dehors d'un billet, pour un passage pour lequel je manquais un peu de matière).
Mes sources remontent pour la plupart à des ouvrages de psychanalyse et l'enseignement de mon praticien/enseignants de fac ("la psychose froide" de Evelyne Kestemberg, que je cite à un moment, notamment).
J'ai aussi utilisé certains concepts présentés dans les vidéos de la chaîne "Mardi noir" (que je vous recommande à tous, si la psychanalyse vous intéresse), notamment pour tout ce qui fait référence à Lacan (le "il n'y a pas de rapport sexuel").
Le passage du rêve est également un clin d’œil à Marcel Gotlib (Rhaa Lovely, Tome 1). Ah et la chanson, c'est "belle qui tient ma vie", pour les fans de Kaamelott.
Sinon, pour les piqûres de rappel et autres détails, l'ami Wikipédia.

La référence est effectivement très freudienne, mais ça c'est un débordement de ma propre personne sur le personnage, puisque j'ai moi-même fait une psychanalyse (passage obligé pour tout étudiant en psychologie) avec un Freudien, pendant quelques années (du coup c'est l'école que je connais le mieux, mécaniquement).

Pour ce qui est de la psychose : en effet.
Je l'avais abordé dans des brouillons que je n'ai pas retenu dans le montage final de la fiche.
Le truc, c'est que je n'arrivais pas vraiment trancher sur un tel diagnostic en l'état (j'ai beaucoup cogité sur la question)... c'est pour ça que je suis resté assez vague à la fin...
Cela dit je peux le clarifier un peu mieux, y'a pas de souci (pendant que j'écris ces lignes, y'a des idées qui me viennent, ça devrait le faire).

Pour ce qui est de l'obsession : je comprends.
J'ai fais le choix de l'aborder de manière un peu "subtile" en faisant des parallèles entre les moments de la vie de Psy et ses carnets de note. Chaque extrait fait écho à son propre vécu et mon idée était qu'on comprendrait que cet intérêt pour Peter Pan découle aussi des méandres de son propre psychisme un peu torturé.
En fait, l'idée c'était qu'en étudiant Peter, il se soigne lui-même (puisqu'il prend la place de l'analyste face à l'enfant, configuration qu'il a vécu (de manière abusive, puisqu'il y a eu détournement de mineur) et qui est à l'origine de ses soucis).
C'est un retournement, une projection qu'il veut curative, en quelque sorte, avec l'inversion des rôles.

Du coup je m'étais dit qu'on comprendrait qu'il y a quelque chose de vital dans cette nécessité à l'analyse. Cela dit, c'est vrai que c'est à peine suggéré et peut-être un peu trop fouillé pour qu'on le comprenne à la première lecture (ça fait pas cet effet quand on a le nez dedans, forcément)... même à la seconde, tu me diras.

Enfin bref, tout ça pour dire que je prend bien note de tes commentaires et que je modifie ça très rapidement (oui j'ai épilogué pendant deux plombes pour en arriver la haha... mais j'avais envie d'expliquer ma démarche) !

Voilà voilà ! ♥

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lacerate
avatar

♣ Chef des Chasseurs ♣


✘ AVENTURES : 504
✘ SURNOM : La Gueule Cassée
✘ AGE DU PERSO : 17 plaies

✘ DISPO POUR RP ? : Non.
✘ LIENS : Razor sharp like a knife.
Sujets en cours : I - II - III - IV - V - VI

MessageSujet: Re: La fuite en avant.   Mer 28 Juin 2017 - 15:59

J'AI REUSSI, J'AI TOUT LU.

Et c'était trop trop bien

J'avais l'impression de me replonger dans mes vieux cours, sauf que c'était plus intéressant, je sais pas je. Je suis bluffée, un peu.
On sent que tu y as mis du coeur et du travail, dans cette fiche et ce prédef ! T'as de loin pas choisi le plus facile à interpréter, pourtant c'est vraiment très convaincant. Du coup GG.

J'ai vraiment hâte de voir Psy évoluer sur l'Île
Rebienvenue !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://elorecohlt.tumblr.com
Thomas Psy Whitman
avatar

☠ Matelot du Jolly Roger ☠


✘ AVENTURES : 196
✘ SURNOM : Le Penseur
✘ AGE DU PERSO : La trentaine

✘ DISPO POUR RP ? : Non
✘ LIENS : Présentation
Fiche de Liens
Tableau
Playlist
Musée des horreurs




MessageSujet: Re: La fuite en avant.   Mer 28 Juin 2017 - 18:23

Merci Lace !
C'est très gentil à toi d'avoir pris le temps de tout lire, ça me fait très plaisir. Je suis heureux si ça t'a plu.  :)

Alors, pour ce qui est des modifs, j'ai ajouté un petit paragraphe dans la partie "unique au monde" :

Spoiler:
 

La psychose a été clairement mentionnée dans la partie "l'île" (je fais le lien entre hallucination/délire et psychose, comme ça, ça rend les autres allusions, dans l'histoire, plus claires) :

Spoiler:
 

Une autre référence au caractère obsessionnel de Psy, à la suite du même passage :

Spoiler:
 

J'espère que ça ira. :)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Peter Pan
avatar

♛ Roi des Garçons Perdus ♛


✘ AVENTURES : 2627
✘ SURNOM : L'Enfant Roi
✘ AGE DU PERSO : Eternel

✘ DISPO POUR RP ? : Un peu chaud !
✘ LIENS : Je suis un petit oiseau à peine sorti de l'oeuf.
Et aussi tout ça !

MessageSujet: Re: La fuite en avant.   Mer 28 Juin 2017 - 22:30

Félicitations mon enfant


Tu es condamné.





Quelle efficacité hehe. En effet qui d'autre mieux que toi aurait pu incarner Psy ! Je pense que même si ce sera pas facile, tu as de quoi t'amuser (à ta façon, ou à la sienne quoi) avec un tel personnage. J'espère qu'il ne sera pas trop dur à prendre en main ; il te va comme un gant en tous cas, pour rester dans le thème. Je me répèterai pas mais c'est un plaisir de découvrir une telle interprétation. Allez, je te laisse retourner à tes hautes pensées complexes cher ami  

_______________________________


Je te serre chaleureusement la main. Cours vite créer ton Dé à Coudre et demander un Compagnon de Jeu afin de vivre une aventure !  Par ailleurs, n'oublie pas de prendre connaissance de L'intrigue du moment. Tu peux aussi participer au RP d'introduction spécialement conçu pour les nouveaux arrivants et qui permet d'immerger facilement ton personnage dans l'univers : la Beuverie. A moins que tu ne choisisses de te lancer dans Mission Périlleuse ?  Si tu préfères passer du bon temps en papotant, rejoins sans tarder la Nursery. Quoiqu'il en soit, que ton séjour à Never Never Land soit fabuleux et éternel.










La musique que je joue au gré du vent : Flûtes de Pan
Les dessins que je peins au gré du temps : Crayons de Pan



Je tyrannise en forestgreen.




le merveilleux cadeau de mes enfants trouvés:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://neverneverland.forumactif.org/
Soul
avatar

♣ Chef des Soigneurs ♣


✘ AVENTURES : 1056
✘ SURNOM : L'Immuable
✘ AGE DU PERSO : Un peu trop mature.

✘ DISPO POUR RP ? : Sauf trame importante/idée précise (hésitez pas à MP)!
✘ LIENS :
« L'âme naît vieille dans le corps ; c'est pour la rajeunir que celui-ci vieillit. »

Points de Sutures...:
 



MessageSujet: Re: La fuite en avant.   Sam 1 Juil 2017 - 1:10

J'aime beaucoup comment tu as ébauché l'approche de Psy, ce qui se retrouve dans le ton de toute sa fiche, en constante analyse et dissection.
Aussi c'est drôle (enfin pour moi) mais Susan White, c'est une des première occidentale à avoir adapter l'astrologie chinoise de manière compréhensible (oserais-je dire ludique ? ) pour les Européens.
Alors bon, du coup, ça m'a fait marrer. Hum.
Elle est belle ta plume, et passer de Susu à Psy est vraiment très déroutant!
Et tu l'incarnes avec brio, de manière parfaitement cohérente, fouillée, en l'humanisant aussi (peut être un peu contre son gré). C'était très instructif de tout lire (même si c'était copieux, mais ça ne fait que servir cette présentation). Psy était (selon moi) l'un des prédefs les plus complexes à incarner, et je crois bien que tu es en passe d'avoir relever le défi.
J'ai assez hâte de te voir en jeu, mais je n'ai pas le moindre doute quand à ta maitrise ni sa fluidité.
Plus de la curiosité sur comment il va réellement s'adapter !

Bref, une très jolie incarnation, et une belle appropriation du personnage, tout en finesse, intelligence et -malgré tout - expériences.

Rebienvenue parmi nous!






« C'est un peu de ton espoir,
ce que les années en ont perdu.
On dirait ton ombre et qu'elle cherche
à se mettre debout. N'appelle personne.
Ton cœur ce n'est pas toi, c'est un enfant
qui se tourmente avec la crainte de tomber. »

Joe Bousquet


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://cidiene.wordpress.com/
Thomas Psy Whitman
avatar

☠ Matelot du Jolly Roger ☠


✘ AVENTURES : 196
✘ SURNOM : Le Penseur
✘ AGE DU PERSO : La trentaine

✘ DISPO POUR RP ? : Non
✘ LIENS : Présentation
Fiche de Liens
Tableau
Playlist
Musée des horreurs




MessageSujet: Re: La fuite en avant.   Sam 1 Juil 2017 - 1:57

Merci Soul, c'est un très beau commentaire. J'espère que je serai à la hauteur sur la durée des aventures à venir. :)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Caroline
avatar

★ Mère Apprentie des Artisans ★


✘ AVENTURES : 548
✘ SURNOM : La Fouineuse
✘ AGE DU PERSO : 14 ans

✘ DISPO POUR RP ? : On va tâcher de rester raisonnable (mais demandez toujours)
✘ LIENS : Fiche ♦️

MessageSujet: Re: La fuite en avant.   Lun 16 Oct 2017 - 23:05

Le prédef était un peu intimidant et... ben ta fiche l'est bien plus ^^ Mais dans le bon sens. C'est impressionnant de minutie et de recherche, et ça rend très bien le côté obsessionnel du perso. Bonus pour le titre de la fiche que je n'ai compris qu'en arrivant à la fin =') Franchement, je suis soufflé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: La fuite en avant.   

Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [KAZEBUL] Derniers jours avant fermeture définitive !
» Le calme avant la tempête
» Avant-premiere WOW Betrayer
» [Maquette] Photos d'un avant-poste nain...
» [Événement] Marquer le coup avant Cata' ?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Faire naufrage :: Gais, innocents et sans coeur. :: On s'envole !-