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Maman Brigitte
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MessageSujet: Tout eut disparu quand elle arriva.   Mar 13 Juin 2017 - 10:26

Ce sont deux immenses yeux noirs qui s’extirpent des eaux sales. Rougies par leur séjour dans l'eau, ils ne cillent pourtant pas, roule lentement de gauche à droite, inspectant la topographie du lieu d'un air nonchalant. Maman Brigitte n'est pas la bienvenue dans des eaux claires, ni dans les herbes grasses et vertes. Les esprits comme les mortels se plaisent à penser que toute forme de vie et de verdures n'est jamais en sécurité à ses côtés. Maman reste dans les ombres, c'est ce qui lui sied encore le mieux. Relevant lentement le nez et le visage de l'eau, elle se déplie et s'étend avec toute la grâce impie avec laquelle elle se meut. Elle dégouline d'eau putride et sale, tant et bien pour peu, elle se sentirait presque chez elle. Son visage perclus de scarification se tourne d'un côté ou de l'autre, elle sait que l'esprit du marais n'est pas loin, et elle est là pour une raison bien précise.

Elle lève une main, et pousse un sifflement pour signaler sa présence, il semble chanter un "Booonsoiiiiiir" traînant.
Les derniers rayons du soleil subsistent à peine derrière les arbres autour d'eux, mais les ombres se sont posées ici depuis bien plus longtemps que sur tout le pays de jamais. Maman déclare d'une voix claire, bien que chargée de son accent particulier « Je suis seulement ici pour un emprunt. »

Cela arrivait régulièrement en vérité. Si le Bayou était un paradis pour la flore particulière utilisée dans son art du vaudou. Ici, il y avait également bien des plantes qui pourrait lui être utile à l'avenir. Aussi bien pour les clients que pour ses propres rituels. Le silence qui lui répond lui annonce qu'elle a le droit d'entrer, sans être une invitée de marque. Elle hoche une tête respectueuse mais sobre, et avance d'un pas. Sa robe est lourde, il lui est difficile, voir impossible de bouger librement. Elle tire donc sur les ficelles de ses haillons rapiécés, une vieille robe faite par un de ses fils, et s'en délaisse. Le tissu usé et sobre flotte paisiblement derrière maman Brigitte qui s'éloigne, en tunique qui semble aussi vieille et usée qu'elle. Un instant, juste un instant, elle passe sa main dans ses dreadlocks, comme pour les recoiffer. Brève réminiscence d'une époque, bien bien lointaine, ou ses cheveux n'étaient pas cet amas salit et négligé. Une époque qu'elle n'a jamais oublié, et dont personne ne se souvient.

Quasi personne.

Plus tard, derrière la brume épaisse, les quelques reflets de lunes louvoient sur ses épaules et son dos nu, alors qu'elle s’attelle à sa cueillette de bais, pétales, et feuilles. La lumière bleutée fait danser ses tatouages et scarifications, les trophées de sa gloire de Reine des marécages. Derrière encore, à peine visible à cause du temps, il reste des mémoires d'un douloureux passé. Des cicatrices laiteuses et profondes. Des coups de fouets.

Mais Maman en fait fi. Elle renifle les odeurs autour d'elle, plonge la main au milieu des ronces, et chante doucement, à qui veut bien l'entendre. L'Esprit des marais, ou bien les âmes perdues qui passent ici. Mais personne qui ne veut rester quand Maman laisse voler son chant sinistre dans l'obscurité nocturne.






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Grizzly Funeste
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MessageSujet: Re: Tout eut disparu quand elle arriva.   Dim 30 Juil 2017 - 20:43

Ces marais, Grizzly les connaissait.
Ces marais… il les avait parcouru, les avait explorés. Nashashuk à sa suite, pour les lui dévoiler sans bruit, ce qui gisait là ; dans l’eau endormie, l’eau croupissante que l’on sentait pourrie, grouillante –pourtant- de vie.
C’était ici qu’il lui avait montré, Grizzly, combien il était vain de juger, de jauger de la richesse d’un paysage à la seule valeur de ce que l’on croyait apprécier. Car même derrière la brume, et sous l’odeur décomposée ; la vie. Sous toutes ses formes, s’y cachait.
Grizzly lui avait montré silencieusement ; le ballet des petites fées, l’importance de leur rôle souvent atténué, l’esprit noueux, l’esprit masqué qu’il était aussi bon de craindre, que de vénérer, le danger derrière ce qui ne semblait bouger.
Le guerrier lui avait alors appris à regarder, à deviner la menace, à savoir la contourner. Car l’affrontement n’était pas toujours… une finalité.

Ces marais étaient lourds du passé, et chaque branche, chaque enchevêtrement de racine le lui rappelait. Le peau-rouge qui essayait de ne plus s'en laisser submerger sans en être capable – depuis ce jour – sans être capable de les repousser, de les nier. De les gommer.
Et même si elle creusait un sillon de douleur, plus tortueux que les larmes de l’Esprit Enfant, même si chaque souvenir martelait son cœur au fer blanc; Sa mémoire… ne pouvait se résoudre à les laisser s’atténuer. A les abandonner. A cicatriser vraiment.

Il était là pour les retrouver.

Puisque c’était là, après tout, qu’il les avait perdus la dernière fois, n’est-ce pas ?
Quand ils étaient réapparus. Sur la bouche muette de Nashashuk, il était sûr d’avoir pu lire : «Nohsh».

… Papa …

Grizzly n’avait pu se résoudre à questionner Boa Nocturne. L'Écorché craignait beaucoup trop sa réponse impassible, du monde de l’au-delà, où seul l’Esprit Nuit comptait. D’où on ne retournait.

Pourtant, ils avaient été là. Que ce soit sous l’impulsion du démon d’autres marais, que ce soit des effluves des peaux d’ombres… Grizzly Funeste s’en moquait.

Car il les avait retrouvés.
Quelques secondes.
Quelques fragments.

Avant qu’on ne les lui arrache, encore. Toujours. Comme dans ses rêves dont il émergeait trempé, la bile et le sang au bord des lèvres, prêtes à fleurir...
Cela faisait des lunes que Grizzly n’avait réellement pu dormir.

Seul la face du monstre lui était voilée.

En quête des visages aimés et pris de l’espoir insensé de les voir, Grizzly s’était rendu au seul endroit semblable aux contrées dont le canoë volant des blancs s’était arraché.
Et alors qu’il patauge entre le brouillard et la vase, se perd entre ses doigts l'inattendue caresse d'un linge mouillé.
Le guerrier, de ses deux mains, brandit l’étoffe dégoulinante pour l'identifier. Cela ne ressemble en rien à ce qu'il connaît.

Une certitude pourtant ; il n’est pas seul.
Il ne l'est plus.
S'il l'avait déjà vraiment été.

Le peau-rouge se fond dans la brume, glissant sur les branches aussi habilement qu’un de leurs habitants, atténuant le moindre de ses bruits.

Il y a quelqu’un.

Quelqu’un qui trouble sa quête, quelqu’un … qui se sera délesté de ses parures. Grizzly pourrait tout aussi bien rebrousser chemin, tout cela ne le concernait pas, mais… désespéré à l’idée de trouver... quoi que ce soit; le guerrier continue et s’enfonce plus profondément.

La mélodie le guide.
C’est une voix.

Elle lui parait étrangement familière, il s’accroche à son filet et se laisse guider silencieusement jusqu’à sa source, le vêtement toujours en main.

Et quand il la distingue enfin, Grizzly est incertain.

S’il s’agissait ici de l’œuvre des esprits, s’il s’agissait de ce qui les lui rendraient, Grizzly ne savait. Ne pouvait juger.
L’apparition baignait… littéralement dans les eaux troublés, curieusement affairée. L’Ecorché avait tout loisir d’observer les lueurs sur sa peau d’ombre clairsemée d’écritures bien plus sombres qu’il reconnaissait; bribes de survies, marques d’une douleur révélées et endurées, mêlés aux desseins étranges et étrangers.

Ce n’était pas un esprit.

Pourtant, Grizzly tardait à se décider. Il n’y avait qu’à partir, laisser choir la parure sur la racine la plus élevée et s’éloigner, tout aussi discret qu’à son arrivée.

L'Écorché hésitait sans en comprendre l’origine.  Peut-être était-ce la lune, peut-être était-ce les jeux de brume, peut-être était-ce la conviction étrange qu’on l’avait conduit jusque-là.

Alors Grizzly s'est hissé. Sur cette même racine, les jambes luisantes de l’eau dont il venait de se retirer. Assis, le guerrier continuait de la contempler.

Retourne-toi.






Il s’était éveillé. Il s’était réveillé.
Le monstre demeurait. A ronger ses entrailles, à exiger encore sa part insatiable. Les lunes décroissent, s’effacent... Et le regard sombre de Grizzly fend la pluie.
Il est de retour chez lui.




= Fresques =



Dernière édition par Grizzly Funeste le Dim 27 Aoû 2017 - 1:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tout eut disparu quand elle arriva.   Mar 22 Aoû 2017 - 22:47



Ils l'avaient suivit. La douce voix aux relents noircies étaient ponctuées par les grondements envoûtants des Loas. Reine des Marais puants ne quitte jamais son royaume sans une cour attentionnée, de zombie ou d'esprits. Choyés et aimants. Prêtent leurs voix d'orgues et d'horreur à leur maîtresse. Lui chuchotent des merveilles parfois. Brigitte n'est jamais seule, même quand elle s'éloigne. C'est des dizaines de mains qui accompagnent les siennes, et des dizaines de pas qui se posent dans les traces de ses pas nus.

Une ronce effleure sa main avec douceur, l'ouvre avec tendresse et l'hémoglobine coule avec langueur avant de nourrir l'herbe flétrit. Ses larges yeux noirs suivent la course, tête penchée, le sang est rouge mais noir, si noir. Chuinte de ténèbres. L'index de l'autre main perturbe le sillon sanguinolent d'un geste rapide et brutal. Les loas s'agitent autour d'elle, chantonnent encore, comme des petites crécelles. Maman n'est jamais seule, mais Maman attire les esprits. Pas la chair.

La demande lui vint avec une facilité déconcertante. Retourne-toi. Son sourire s'étire en coin, cisaille sa face à la peau brunie et couturée par la vie. L'âme qui l'appelle crache, gémit et gronde avec rage. C'est un appel qu'elle est ravie d'écouter, car elle sait déjà qui l'appel. Maman tourne sur elle même, se redresse lentement, droite comme un I, exceptée pour la tête qui penche. Fixe en biais l'imposante silhouette. Elle découvre ses dents noirs alors que ses yeux se plissent.

Le vent monte, frais et léger. Il fait danser le brouillard qui se meut autour d'eux avec naturel.

Elle ne dit mot pourtant. Pendant une minute. Peut-être trois. Sûrement cinq. Elle observe. Le grand move lespri assit sagement. Comme lui l'a observé : avec patience. Il a pu voir de tout son saoul les marques sur sa peau, les témoignages du passé. Il s'est assit pour la regarder. Sans malignité. En serrant sa robe dans ses mains plus habituées au sang et au tomahawk. Maman sait bien des choses, mais parfois, Maman ne sait pas tout. Ou peut-être qu'elle veut juste qu'on parle, qu'on affirme. Il est fatiguant de tout deviner.

Elle tend un index qui pointe le tissu trempé et déchiré. La robe encore chaude de sa peau, là où elle se tient obscènement à peine vêtue. La bretelle du vêtement est tombé, dévoile la naissance d'une poitrine qui s'en moque bien. Qui a besoin de vêtement quand la brume des marais dissimule déjà tout? Elle les coupe du monde, même les loas se tiennent tranquille. Maman chantonne.

« C'est à moi. »
Son sourire s’élargit, et sa bouche pleine de venin dit sans perfidie : « Tu peux la garder. » Elle n'en a plus besoin.

Avec attention, elle fait un pas vers lui, puis un autre. Roule des épaules et rentre la tête. Elle observe, prudente. Il est encore loin quand elle s'arrête, et l'eau les sépare, comme un avertissement. Maman comprends. On ne met pas les mains en territoire d'une autre bête si on veut les garde. Elle s'agenouille lentement, plonge ses iris noires dans celles du peau-rouge. C'est lui. Grizzli Funeste. Celui qui eut menacé l'une des siennes de scalp. Tout le monde défend son territoire. Maman sait. Maman vit pour ça.

« Perdu? » Il faut bien l'être pour être seul ici, bloqué avec elle dans la brume électrique. Sa tête penche sur le côté. « Non. » Elle tranche.
Il sait.

Ils savent.






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MessageSujet: Re: Tout eut disparu quand elle arriva.   Dim 27 Aoû 2017 - 4:45

C’est alors qu’il la reconnait. Ses mains se sont, un temps, crispées, devant ce sourire encrassé, ce regard soutenu, cette réponse au désir imprononcé.

Elle s’était retournée.

Et il ne doit pas ciller. Même s’il sait désormais. Le peau-rouge semblait être curieusement lié aux peaux d’ombres qu’il ne cessait de croiser. De confronter.
Il ne cille pas sans s’y opposer vraiment, elle et ses voix, ses murmures. Ses tourments.

Les siens sont cachés.
Elle les sent.
Elle sait.

Grizzly n’avait déjà pas apprécié sur leur canoë de blancs. Il continuait de s’y soustraire avec défiance. En vain. Comme il l’était de se dérober à ses yeux d’obscurité. Il lui renvoie les siens. Provocation subjuguée dont il renie l’effet ; pourtant captif, Grizzly ne sait s’en détacher.

Elle le fascine comme un monstre qu’il aurait à traquer. Elle le fascine – et l’attire – par son danger. Ô il sait. Il l’a vu à l’œuvre. Elle appelle en lui ce qu’il ne peut nommer, comme envoûtant la bile… à refluer. Mettant la primalité à ses pieds. Il sait Grizzly. Il sent. Il devrait tellement être plus prudent.

Les peaux sombres ne sont qu’imposteurs, suceur de terre et de morts, à s’approprier ce qui jamais ne sera approuvé. Ils ne sont pas des frères : ils sont étrangers ; invasion. Colons.
Grizzly les hait par principe, par devoir, même si leurs manies, leurs rituels mystérieux pas si éloignés de leurs esprits, même si leurs litanies l’intrigue plus que de raison.

Ils sont venus avec les blancs.
Les visages pâles.
Ils en sont les servants.
Visages d’ombres.

Il n’aurait besoin d’autres admonitions.

Et pourtant.
Il ne la quitte pas des yeux, scrute le moindre de ses gestes, comme le ferait le chasseur pour sa proie ou la bête… apprivoisée.
Son doigt s’élève, semble accuser et se moquer à la fois. Aucun des grands manitous de l’île ne sauraient comment la contenir, ni même la traiter. Elle le dérange. Elle l’a déjà dérangé. Son existence entière est une injure faite sur ses terres.

Grizzly reste immobile, à la scruter, la deviner.

Elle et son sourire, ses compositions de moitié. Animale, elle l’est. Et c’est sans doute ce qui l’attire autant que lui donnerait envie de détaler. Grizzly Funeste reste, appuyant son regard là où il ne le devrait, puisqu’elle le lui offre, généreusement décomplexée.

Si elle s’était prudemment arrêtée, c’est que c’était à lui d’avancer. Le peau-rouge s’est redressé pour glisser à son tour dans les eaux grouillantes à la brume rampante. La robe en main, il la rejoint en se moquant éperdument d’une distance préconisée. Il lui tend ce qu’elle venait de lui abandonner, le visage impénétrable et ses yeux toujours, qui ne veulent se détacher.

« Pourquoi… Il se déteste d’hésiter. Il doit vérifier. Pourquoi es-tu là Squaw ? »

Le ton n’a rien d’agressif, presque curieux, celui qu’il reprend bientôt d’une pugnace réprobation ; un réflexe chez lui. Une diversion.

« Tu veux aussi nos marais ? »

L’accusation pour noyer ses illusions. Ce ne pouvait être elle. Ce ne pourrait… par elle, l’ennemi, l’envahisseur.
Mais Grizzly restait. Comme prenant position.






Il s’était éveillé. Il s’était réveillé.
Le monstre demeurait. A ronger ses entrailles, à exiger encore sa part insatiable. Les lunes décroissent, s’effacent... Et le regard sombre de Grizzly fend la pluie.
Il est de retour chez lui.




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MessageSujet: Re: Tout eut disparu quand elle arriva.   Dim 22 Oct 2017 - 0:17

Peu de gens seraient venus la trouver dans un endroit pareil. Les yeux assoiffés de sangs sont furieux, et outrés. S'égare aux endroits qu'ils détestent. Il avait précédemment promis rage et sang, avec toute la mesure du chasseur qui épie une menace.
Mais qui n'attaque pas. Peut-être pas pour l'heure. Les yeux noirs s'aggrandissent, la tête penche sur le côté quand il la rejoint. Pas étonnée non : elle regarde. Et derrière la main qui tend le tissu sale et poisseux, peut-être de l'hésitation. Peut-être. Il sait pourtant, qu'il ne faut pas approcher les gens comme elle. N'avait-il pas menacé celle qui l'avait touché?

Les doigts s'agitent, dansent un peu devant le visage impassible du Funeste. Mais sans toucher : Comme il l'a demandé. Pourtant les yeux disent autre chose. L'animal est gourmand, il regarde, et il sait que c'est défendu.

« Ce serait une bonne raison. » Ses yeux se plissent d'amusement quand elle penche la tête vers l'arrière, en découvrant des dents noirs dans un sourire sans malice – étrangement. « Que moi et mes morts envahissent aussi vos marais? Veux-tu une excuse... » Elle se plante une main aux ongles crasseux de boues et de vase sur le haut du crâne. « ...pour arracher mon scalp? »

Les yeux s'étrécissent, quand elle ne touche ni la robe tendue ni lui. Elle recule de quelques pas et croise les bras, le sourire a disparu, et difficile de savoir ce que Maman pense. Et encore moins de savoir ce que Maman veut.

Bien loin de son Royaume, Brigittte grade toujours son port royal. Inébranlable.
Indécent.

Ses doigts jouent avec sa tenue, remonte les pans trempés qui pendent à ses cuisses pour les essorer. Derrière elle, sa cueillette inachevée gît au sol, et ne semble plus l’intéresser. Elle n'a pas quitté le peau-rouge des yeux.

« J'ai un royaume, tu le sais. Un petit royaume, qui ressemble un peu à celui là. Si venir m'y attaquer te semble trop hardi -et cela l'est. Oh que oui! - Tu peux mettre fin à tes tourments ici. » Son pouce passe, trace un signe sans équivoque sur sa gorge. Le sang perle toujours dans sa main, et laisse un sillon noirâtre. Son ongle n'a pas quitté sa gorge avant qu'elle n'ajoute :

« Tu n'aies pas ici pour ça. » L'affirmation ne souffre d'aucune constatation. Derrière elle, les esprits son calme. Autour d'eux, la brume s'épaissit : Brigitte est l'invitée ici, et est traitée comme tel par les lieux. Si elle veut de l'isolation, elle se l'offre sans y voir ombrage.

Son poing se serre, le sang épais qui coagule s'extirpe dans entre ses doigts. Le bruit organique qui en sort et peu ragoutant.

« Tu as tellement de questions, Grizzly. »
Elle clique des yeux, et conclue par un sourire franc. « J'attendrais que tu troques les fausses pour les vraies. Celles qui te brûlent.» Veut-il au moins entendre les réponses ?

La robe pend toujours entre ciel et terre alors que le sang coule paresseusement et tombe lentement sur le sol.
Les voix ne résonnent pas -plus. Sont-ils seuls? Impossible d'en être sûr.






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MessageSujet: Re: Tout eut disparu quand elle arriva.   Jeu 1 Fév 2018 - 23:16

Le moindre balancement, la moindre ondulation. Qui de l’autre sera le serpent, qui de l’autre soufflera les notes empoisonnées du charmeur ou bourreau. Qui… mordra le premier ?
C’est comme s’il continuait de l’épier, à découvert. Grizzly n’a jamais éprouvé de honte, il a toujours su se gorger de fierté des actes, de gestes… qu’il assumait.
Il continue de la regarder comme si les réponses se dissimulaient aux courbes de ses ombres.
Elle n’est pas effrayée. Elle le défierait presque sans la moindre provocation, l’assurance détachée des êtres de moitié.
Moitié hommes… Moitié…
Esprit ? Démon ?
Devenait-on ce qu’on avait trop côtoyé ? On en trouvait dans chaque clans des étrangetés dont l’humanité s’était trop… muée.
Le Funeste respecte qu’elle lui tienne tête sans chercher à dominer. Ce n’est pas un rapport de force mais la rencontre inopinée de deux entités ; de quoi chacun est vraiment capable?
Ne l’avait-il pas déjà expérimenté avec l’un des siens?

Et il ne pouvait toujours pas trancher.

Il aurait tout aussi pu s’agir d’un Esprit, car c’est ainsi que Brigitte – Il avait retenu son nom – agit. Possédée de l’Entre-Monde.
Etait-ce à tous leurs cas ou seulement quelques singularités, tel le guédé brasier ? Pas tout à fait là, étrangers et familiers à la fois. Ennemis, entrelacs de foi, gardien d’échos, de soupçons ignorés, passeur de frontières flouées.
Le brave qui avait autrefois été plus opiniâtre, n’était plus si sûr de ce qu’il en était. Du sort à leur réserver.

« Grizzly n’a pas besoin d’excuse, Squaw. »

Pas même de prétexte, une fois que sa décision est prise. Tant que l’honneur était sauf ; au nom des siens, de l’Île, en réponse à l’Ecorché.

Son balancement, le moindre de ses gestes, crispations, expressions simiesques, le luisant de son regard ; tout en elle crie la démence ; le démon. Dans un suintant silence où bruissent d’autres murmures, d’autres sons qu’il ressent à défaut de percevoir.
Pourtant Grizzly ne se détourne pas, il continue de la fixer, suit sa lente progression, le tracé de son échine toujours plus offerte et glissement des nuées suffocantes l’accompagnant…
Et la magie, la magie, la même que leurs chamanes, celle qu’elle déploie, celle qu’il déplore.

Fasciné par ce qu’elle est, il ne peut s’empêcher de la contempler comme les couleurs de Nadie, qui le transportaient ailleurs, cet antan où le sang n’avait pas la même douleur
Ses lèvres s’étaient presque relevées, son visage couperet faillit s’adoucir d’un sourire, vite oublié à ce qu’elle aura prononcé.

La Fierté, il l’incarnait.

Mais Grizzly ne réfléchit ni ne s’interroge sur leurs mœurs, il n’ira pas chercher à les comprendre. Aussi, qu’on lui impose ce qui est censé le troubler… Il ne pourra que s’en offusquer, prêt à l’abandonner là, à ses vérités un peu trop éclairées.

Il demeure.

Et se rapproche encore, imposant une proximité déplacée pour deux étrangers. Deux ennemis. Deux opposés. Peau d’airain et peau encrée. Magie au Guerrier. Qu’est-ce qu’il cherche ? Peut-être à l’ébranler, à souffler sur leurs écran de fumée.

Un bruissement fend leur silence ; il a relâché l’étoffe qui glisse, se mêle à l’hémoglobine.

Il sent

Mais il ne sait. Pas plus comment agir, ce qui suivra, ce qu’il faudrait vérifier, si Elle était aussi tangible qu’on le supposait.

Sa main s’est lentement rapprochée pour effleurer le cou mutilé, de l’autre, il écarte doucement mais fermement le poing tortionnaire. L’odeur ferreuse prend le pas sur l’humidité, attisant des désirs plus carnassier.
Il serait si simple de resserrer sa poigne, de la briser, faire taire ce qui fusait, d’annihiler tous ses doutes.
Il le ferait du moindre visage-pâle. Nul besoin d’excuse, de prétexte ; la protection des siens pour seul étendard. Mais à l’instar de Puma, Grizzly n’est pas sanguinaire. Il est guerrier, et Elle ne leur a, encore ; rien fait. Ni moqué, ni provoqué. Ou d’une manière si particulière que le Peau-Rouge - même agacé - n’aura pas à laver de son honneur.
Une dignité altière qu’il lui concède ; elle est Reine. Chez elle. Une souveraineté qu’elle ne peut cependant ici légitimer.

« Qui te dit que ce sont de tes réponses dont Grizzly a besoin ? »

S’il n’a pas apprécié l’intrusive allégation, son ton semble égal, même… adoucit. Le peau-rouge essuie spontanément et calmement la plaie infligée, d’une dissonante familiarité.

« Ce n’est pas toi que Grizzly cherchait. »

Même si…
Non, il ne veut même pas l’envisager. Il a vu, il a combattu les marcheurs d’ombres. Ces traineurs d’agonie. Grizzly ne pourrait pas leur imposer ça. Grizzly ne pourrait pas. Ne peut pas. Ne doit pas.

Ces Marais sont voilés, des souvenirs et murmures passés, de la brume humectée de dangers bien présents, de la rencontre insolite à la peau et l’âme maudite…

parents






Il s’était éveillé. Il s’était réveillé.
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Il est de retour chez lui.




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Dernière édition par Grizzly Funeste le Lun 14 Mai 2018 - 1:11, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Tout eut disparu quand elle arriva.   Mar 1 Mai 2018 - 3:08

« Squaw n'en demande pas. Noooon, non. »

Qu'elle répond aux tac-o-tac dans un sourcil acéré, ponctué par un long index tendu vers le ciel. Maman serait déçue du contraire, à être tout à fait honnête. Déçue de le voir se confondre en pardons et regrets. Ce n'est pas ce qu'elle veut voir. Elle aime le voir avec ses yeux la défiant, ceux qui ne se détournent pas. En lui gronde une puissance qui l'intérésse, une qu'elle a longtemps convoitée. Une qui lui a été si souvent reniée, pour qu'elle finisse enfin par l'offrir à ses propres fils. Grizzly en suinte. Mais ce n'est pas la seule chose qu'il exhale, tel de l'oxygène. Maman ne s'approche pas, mais ses yeux, eux, s'aventurent partout. Ses énormes pupilles noires qui ne clignent qu'en très rares occasion, roulent, découvrent, explorent. Rien ne dit qu'elle cherche, rien ne dit qu'elle n'a pas déjà trouvé.

Il reste. Et la raison n'est pas uniquement l'odeur ferreuse du sens, qu'elle sait accroché son intérêt. Elle le sait pour l'avoir bien souvent constaté, avec d'autres hommes forgés dans le même argile brute. Mais Grizzly est différent, assez pour avoir son intérêt. Quand elle sent les doigts rugueux sur sa peau sale, elle ne fit nulle remarque, et n'y accorde aucun intérêt. Autour d'elle règne un silence trop rare, la voix des loas ne traversent plus les brises froides et les vapeurs étouffantes des marais. Peut-être est-ce ici la preuve qu'elle est -pour une unique fois- approchable. Touchable. Peut-être même est-elle descendue de son indestructible trône pour être vulnérable. Après tout aucun de ses fils n'est là pour la défendre. Là où sept guédés lui auraient déjà sauté à la gorge pour l'affront sans borne que représente un simple contact sur la main de la maîtresse du Bayou.

On ne touche pas Maman, mais ici, comme invitée, elle semble s'y plier. Et Maman ne se plie jamais sans raison.

Elle sent maintenant son pouce dans la paix ouverte, se liant au sang gorgé de magie, pour l'essuyer, le laver. Ce même sang qui peut provoquer autant de supplices que de merveilles, et souvent les deux en même temps dans un ensemble bâtard de beauté et d'horreur. Un pouvoir dont il fut témoin. Et le voilà a le toucher, ce sang sale et putride. Celui qui entre des dents menaçait de scalpe quiconque osait la moindre proximité. Elle ne rit pas à l'ironie. Elle sourit pour une tout autre raison. Des dizaines d'autres. Des centaines peut-être.

« Rien. » Avoue-t-elle sans concession. « Mais! Les cherches-tu seulement? »

Sa main remonte, saisit avec une douceur de serpent celle qui s'est aventuée dans le sang, pour que leurs paumes et leurs doigts s'épousent.

« Grizzly ne m'a pas cherché, mais... Ça nous a trouvé. »


Il le sent aussi, le danger rampant du lieu. Peut-être que le marais a reprouvé l'invitation gracieusement offerte à Maman, ou alors, peut-être souhaitent-ils leur faire peur, leur rappeler que malgré sa présente, Maman ne domine nullement. Ou alors en ont peut-être après lui. Ce qui dort en lui. Ce qui siège dans son esprit. Peut-être même que celui de Maman aussi est troublé. Elle cligne légèrement -lentement- des yeux. Une rareté. Assez rare pour que ses dents noires se couvrent a nouveau de ses lèvres charnues, dans une moue grave. Sa main dans celle du peau-rouge, devient un poing, qui se love dans sa paume à lui. Alors qu'elle avance. Un seul pas. Un seul, pour briser un peu plus ce qui n'avait jamais vraiment eu lieu entre eux. Elle marche sur le tissu trempée de la robe laissée ici, et annonce.

« Ça nous a trouvé, et ça vient. Viiiiite... » Qu'elle ponctue entre ses dents dans un murmure sifflant et désagréable. Le regard exorbité aux aguets. Et pourtant tellement calme. Tellement impériale.

« Veux-tu me suivre?... »
Sa tête penche vers le côté, dans un cliquetis charmant des breloques - ses offrandes- qui pendent dans ses dredds. « … ou dois-je te suivre? »

Réponses ou pas, c'est à deux qu'ils sont désormais ici, le propre sang de Maman en est le témoin. Si la brume se charge de dangers, c'est pour eux deux qu'ils sonnent. Et c'est pour eux deux qu'il rampe.
C'est à deux qu'ils doivent faire front.






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Grizzly Funeste
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♐ Bras Droit des Piccaninny ♐


✘ AVENTURES : 146
✘ SURNOM : L'écorché
✘ AGE DU PERSO : Entre 35 et 40 Hivers

✘ DISPO POUR RP ? : Négociable. Si tu l'oses. (Pour 1 ou 2 topics, 3/5 hors Bayou; rythme tranquille)
✘ LIENS :
Sinistre Oraison
Mélopée Funèbre

Chute de scalps: I - IV - VI - VII
Peaux tannées: 0 - II - III - V


MessageSujet: Re: Tout eut disparu quand elle arriva.   Lun 14 Mai 2018 - 1:11

Le brave lui permet d’ainsi s’aventurer, d’explorer ce qu’il est quand il n’aura vraiment fait que l’effleurer. Son contact n’a pas l’heure de le déranger, tel un prédateur qui se laissait flatter des caresses inconséquentes ou… inconscientes avant de se décider. Avant de laisser aller ou bien d’achever.

Même les monstres avaient leur moment de docilité.

Ses doigts sont rugueux, de ceux qui ont vu trop d’hiver, de ceux qui jamais ne s’arrêtèrent. Mais son cuir l’est tout autant, leur peau se répondent en aimant, elles s’accrochent, pourraient même se sceller. Ce n’est pas ce qu’il se dit, simplement ce qu’il sent, l’écorché, quand il se permet d’occulter le reste. Un temps.

Et voilà qu’elle se met à danser… comme une enfant.
Elle se rit de tous les dangers, lui-même ne peut s’empêcher d’en sourire. D’apprécier. La vue. Les ondulations et toutes les provocations. L’exaltation de Maman.

« Brigitte. »

Il ne dit rien de plus. A ce moment, c’est elle qu’il voudrait chasser, qu’elle cesse de s’agiter, de se dandiner, turbulente insolente qu’il voudrait… dompter. Cette envie le surprendrait presque de son intensité. Mais Grizzly a toujours aimé se mesurer aux dangers.

Tous les dangers.

Le guerrier semble ricaner quand il se tourne vers l’entité qui s’est elle déployée, révélée. Dévorant tout l’espace, toute vie. Le silence n’est plus perturbé que par les clapotis et encouragements de la Licencieuse. Tout vie s’est tue.

Ils représentent la Mort.
Chacun de leur couleur.
Noire & Rouge.
Rouge et Noire.

A aucun instant, Grizzly Funeste n’a peur, même s’il aura rarement vu plus gros prédateur, plus impressionnante créatures. Peut-être qu’il aurait crié à ses guerrier de fuir, mais il n’y a que Maman. Et elle a choisit. Le guerrier s’en est presque réjouit.
S’il vient à bout du Démon, peut-être qu’il réussira à la tuer aussi.

De ses lèvres suinte un filet de bave. Le brave tape sur sa poitrine, éructe un provocant :

« C’est MOI que tu VEUX WENDIGO ? »

Dans sa langue. Celle de l’Île.

Au fond, tout au fond, cela se tord. Si ses tripes remuent, s’agitent… avec fureur contre l’inconstance de leur porteur. La bête ira mordre aussi. Mais la bête ne veut pas disparaître aussi stupidement. Le Wendigo est un frère d’égarement. Ils chassent, ils sont même concurrents.
S’eut été utile que le Guerrier l’eut achevé la première fois. Mais c’est impossible, vraiment… Tant que quelqu’un y croit.
Chaque entité tirait sa force de la crainte qu’elle inspirait, ce que les enfants du Bayou devaient bien maitriser.

Le Peau-Rouge décline des cercles, il rôde, gronde, provoque le monstre nauséabond qui griffe avec puissance, achève l’air toujours plus viciés de sa mâchoire ferreuse. Le Guerrier est agile. Il danse entre les racines, il joue des éclaboussures (celles qui pourtant continuent de le brûler, comme si la Pluie Salée… ne s’était jamais arrêtée), il excite le Wendigo. Continue de le haranguer, son propre rire semble s’y noyer. Le Peau-Rouge ignore les plaies qu’il ne peut esquiver, la fatigue qui finira par le consumer, l’énergie trop vite dépensée, le sang qui gicle, rejoignant celui de Maman.

Vices. Contaminés.

Du rouge le plus ardent. On le dirait presque habité, en lui, la bête bien éveillée n’a pas encore entièrement pris possession. Elle ne fait que veiller à leurs intérêts quand le monstre s’impatiente, détruit des pans entiers de mangroves, de racines nouées arrachées, creusant d’indécentes clairières en ses lieux trop couverts. Le Wendigo s’ébroue contre celui qui ose encore le toucher. Il veut MANGER. GOBER. Tout ce qui osera s’animer.
Il fonce vers Brigitte.

Grizzly ne fait rien pour l’en arrêter. Elle avait voulu rester.

Il sourit, couvert de sang. Il sait que le Wendigo reviendra vers lui.
Peut-être qu’on les dévorera… en même temps.






Il s’était éveillé. Il s’était réveillé.
Le monstre demeurait. A ronger ses entrailles, à exiger encore sa part insatiable. Les lunes décroissent, s’effacent... Et le regard sombre de Grizzly fend la pluie.
Il est de retour chez lui.




= Fresques =



Dernière édition par Grizzly Funeste le Mar 19 Juin 2018 - 18:21, édité 1 fois
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Maman Brigitte
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MessageSujet: Re: Tout eut disparu quand elle arriva.   Dim 10 Juin 2018 - 5:36

C'est un rapport de force. Maman les aime et les chéri. C'est ceux que lui ont imposés le moindre de ses amants. Les pères de ses fils. Ceux qui l'ont marqués la chaire et l'esprit. Lui laissant cicatrices et tatouages, au corps et à l'âme. Tous ont prit quelque chose, mais lui ont tellement donné. Beaucoup trop pour une seule femme. Pour que femme devienne Maman. C'est bien un long voyage qu'elle a fait, un bien long voyage qui les mené tout les deux ici. Mais les loas ne font rien par hasard. Quand il veut sentir le danger, déjà immuable et puissant entre eux, qui chuinte de leurs pores, et de cette proximité dangereuse et palpable, qui s'approche à grand pas, à grandes enjambées griffues, ses dents se découvrent un peu plus. C'est ce qui gronde en lui qu'elle recherche. Ce qui répond en écho avec la rage de ce qui s'en vient. Et celle qui sommeille en Maman. Celle qu'on ne connaît que très peu. On doit gratter entre les couches de terreur crasse qu'elle inspire.

Les yeux grands ouverts, enfoncés dans ceux du guerrier, elle attend, comme lui que a s'en vient. Et elle rit, tel un serpent, un long « Hssssssssssss » qui s'échappe de ses horribles quenottes. L'attente rend le moment plus délicieux.

Ça s'approche. Ça appelle.

La chaleur du Grizzly l'embaume, la chaleur de la mort. À sa sinistre raillerie, elle en rit presque comme une enfant. Ses doigts salent qui s'aventurent sur la peau brune. Le danger vient, il est même là, et Brigitte, se sent vivante. Elle s'en repait. Elle lui court après en tendant les bras. Elle supplie même un peu, parfois. Elle le repousse pour ses enfants, s'oublie un peu dans le nid douillet, qu'elle a construit avec patience pour eux. Les nourrissants d'amour, de sacrifice, sous la douce protection omniprésente des loas. Mais quand elle eut besoin de sentir la griffe du péril sous sa peau noire, elle savait toujours où aller chercher. Marché sur des charbons ardents n'avait jamais fait peur. Quiconque se cache dans la brume ne l'effrait nullement.

Après tout, cela ne pourrait jamais lui faire ce qu'on lui avait déjà fait.
Maman Brigitte, reste Brigitte quand bien même toute son entité avait embrassé Maman.

C'est d'ailleurs ainsi qu'il l'appelle. Brigitte, elle en frissonne de joie, malgré les bras qui l'ont quitté alors qu'il est dressé, fierement, les muscles bandés, il attend.

Brigitte? Elle danse. Dans sa tenue obscène, au dessus du tissu mouillé qui git encore à ses pieds. Elle le moque presque, ce vêtement qui la recouvrait voilà peu. Elle tourne comme si elle était une jeune fille parée d'une immense robe de bal. Son sourire jusqu'aux oreilles, et les yeux noirs. Toujours noirs. Mais Brillants. Comme des morceaux de nuits noirs constellés. Comme des trous noirs qui absorbent toute lumière.

« Ça s'approooooche... » qu'elle entonne d'un rythme que personne n'avait jamais entendu. Et qu'elle répète en boucle, jusqu'à ce qu'il se saississent de ses mains rugueuses, sales et maudites, pour les porter à son sourire carnassier. Les trous noirs de ses orbites en clignent des yeux, quand elle continue de ricaner comme une adolescente.

Elle s'amuse tellement.
Quel beau cadeau de la brume.

Elle cligne des yeux une unique fois, encore. Une prière silencieuse, pour les enfants disparus. Elle les pleure un peu. Malgré son sourire cisaillant sa face de sorcière, le geste est emprunt d'une gravité solennelle. Mais rapidement effectué.

« Ooooh... » Fit-elle d'un ton faussement déçu. « Grizzly veut que je parte?... » Son sourire s'accentue. « Nooooon. »

Évidemment.
Que.
Non.

Elle retire sa main, et les poses toutes deux sur sa poitrine impudiquement découverte, en se mordant la lèvre inférieure dans une danse indécente. La licencieuse prenant tout son sens.

« Chaaaasse... Le Funeste. » Siffle-t-elle, son sourire qui étincelle presque derrière la saleté. « Brigitte veut voir. Brigitte doit voir! »

Peut-être même que Brigitte touchera.






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Peaux tannées: 0 - II - III - V


MessageSujet: Re: Tout eut disparu quand elle arriva.   Mar 19 Juin 2018 - 18:18

Le brave lui permet d’ainsi s’aventurer, d’explorer ce qu’il est quand il n’aura vraiment fait que l’effleurer. Son contact n’a pas l’heure de le déranger, tel un prédateur qui se laissait flatter des caresses inconséquentes ou… inconscientes avant de se décider. Avant de laisser aller ou bien d’achever.

Même les monstres avaient leur moment de docilité.

Ses doigts sont rugueux, de ceux qui ont vu trop d’hiver, de ceux qui jamais ne s’arrêtèrent. Mais son cuir l’est tout autant, leur peau se répondent en aimant, elles s’accrochent, pourraient même se sceller. Ce n’est pas ce qu’il se dit, simplement ce qu’il sent, l’écorché, quand il se permet d’occulter le reste. Un temps.

Et voilà qu’elle se met à danser… comme une enfant.
Elle se rit de tous les dangers, lui-même ne peut s’empêcher d’en sourire. D’apprécier. La vue. Les ondulations et toutes les provocations. L’exaltation de Maman.

« Brigitte. »

Il ne dit rien de plus. A ce moment, c’est elle qu’il voudrait chasser, qu’elle cesse de s’agiter, de se dandiner, turbulente insolente qu’il voudrait… dompter. Cette envie le surprendrait presque de son intensité. Mais Grizzly a toujours aimé se mesurer aux dangers.

Tous les dangers.

Le guerrier semble ricaner quand il se tourne vers l’entité qui s’est elle déployée, révélée. Dévorant tout l’espace, toute vie. Le silence n’est plus perturbé que par les clapotis et encouragements de la Licencieuse. Tout vie s’est tue.

Ils représentent la Mort.
Chacun de leur couleur.
Noire & Rouge.
Rouge et Noire.

A aucun instant, Grizzly Funeste n’a peur, même s’il aura rarement vu plus gros prédateur, plus impressionnante créatures. Peut-être qu’il aurait crié à ses guerrier de fuir, mais il n’y a que Maman. Et elle a choisit. Le guerrier s’en est presque réjouit.
S’il vient à bout du Démon, peut-être qu’il réussira à la tuer aussi.

De ses lèvres suinte un filet de bave. Le brave tape sur sa poitrine, éructe un provocant :

« C’est MOI que tu VEUX WENDIGO ? »

Dans sa langue. Celle de l’Île.

Au fond, tout au fond, cela se tord. Si ses tripes remuent, s’agitent… avec fureur contre l’inconstance de leur porteur. La bête ira mordre aussi. Mais la bête ne veut pas disparaître aussi stupidement. Le Wendigo est un frère d’égarement. Ils chassent, ils sont même concurrents.
S’eut été utile que le Guerrier l’eut achevé la première fois. Mais c’est impossible, vraiment… Tant que quelqu’un y croit.
Chaque entité tirait sa force de la crainte qu’elle inspirait, ce que les enfants du Bayou devaient bien maitriser.

Le Peau-Rouge décline des cercles, il rôde, gronde, provoque le monstre nauséabond qui griffe avec puissance, achève l’air toujours plus viciés de sa mâchoire ferreuse. Le Guerrier est agile. Il danse entre les racines, il joue des éclaboussures (celles qui pourtant continuent de le brûler, comme si la Pluie Salée… ne s’était [i]jamais arrêtée), il excite le Wendigo. Continue de le haranguer, son propre rire semble s’y noyer. Le Peau-Rouge ignore les plaies qu’il ne peut esquiver, la fatigue qui finira par le consumer, l’énergie trop vite dépensée, le sang qui gicle, rejoignant celui de Maman.

Vices. Contaminés.

Du rouge le plus ardent. On le dirait presque habité, en lui, la bête bien éveillée n’a pas encore entièrement pris possession. Elle ne fait que veiller à leurs intérêts quand le monstre s’impatiente, détruit des pans entiers de mangroves, de racines nouées arrachées, creusant d’indécentes clairières en ses lieux trop couverts. Le Wendigo s’ébroue contre celui qui ose encore le toucher. Il veut MANGER. GOBER. Tout ce qui osera s’animer.
Il fonce vers Brigitte.

Grizzly ne fait rien pour l’en arrêter. Elle avait voulu rester.

Il sourit, couvert de sang. Il sait que le Wendigo reviendra vers lui.
Peut-être qu’on les dévorera… en même temps.






Il s’était éveillé. Il s’était réveillé.
Le monstre demeurait. A ronger ses entrailles, à exiger encore sa part insatiable. Les lunes décroissent, s’effacent... Et le regard sombre de Grizzly fend la pluie.
Il est de retour chez lui.




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