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Soul
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♣ Chef des Soigneurs ♣


✘ AVENTURES : 1070
✘ SURNOM : L'Immuable
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L'âme naît vieille dans le corps; c'est pour la rajeunir qu'il vieillit.

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MessageSujet: L'homme prodigue   Mar 9 Mai 2017 - 23:16

Il l’avait entraperçu de loin. Alors que le soigneur s’accordait une pause, simple cigarette si vite consumée dans le marasme des quintes de toux, de sang, d’à moitié noyés qui ne vous revenait pas tout à fait entier, pas tout à fait conscient.
C’était une tache de roux un peu mouillée, c’était un mouvement entre les branches, quelques sauts de cabris quand il s’éloignait. Et ce regard d’or qui malgré le gris de l’île, n’avait jamais cessé de rayonner.

Soul avait pressé le pas. Prévenant Green de prendre le relais jusqu’à son retour. Rapidement, et presque sans boiter, prenant soin à ne pas s’enliser et à éviter tout chemin plus risqué, surtout pour qui – comme lui – ne savait pas nager.
La pluie battait son plein, sans jamais s’arrêter. Il y a quelques jours, elle n’était encore que bruines, depuis elle n’avait cessé de redoubler et les enfants les plus expérimentés n’y voyait pas une bonne augure.
Malgré les risques, le Chef des soigneurs continuait son ascension, pataugeant par endroit, se raccrochant aux lianes, à tout ce qui ne glissait pas. Sa progression était lente et malgré son impatience à rejoindre son ami, Soul restait prudent.
On n’avait pas besoin d’un soigneur plus impotent. Et s’il s’était montré à lui après tout ce temps, s’il avait bravé la pluie ; c’est qu’il devait avoir une raison. Il attendrait que le soigneur le rejoigne.

L’Immuable ne se trompait pas. Et c’est avec chaleur qu’il rejoint et accueillit le Renard.

La noble incarnation n’était pas épargnée du tumulte de l’île, son poil s’était assombri, ses pattes couvertes d’une boue qui ne cessait de revenir. Quand Soul lui proposa son aide, le Renard – poliment- refusa :

« C’est lui qui a besoin de ton aide. »

Interdit, le chef des soigneurs se figea, une foule de questions aux lèvres. Une affreuse angoisse au cœur :

« … Qui ? »

Le Renard huma l’air, comme détectant une nouvelle présence :

« Un homme de plus de saisons que toi. Bientôt, il n’en verra plus aucune. »

Le Chef des soigneurs n’eut pas le temps de poser une autre question, déjà l’animal s’éloignait, et Soul n’eut d’autre choix que de le suivre. De garder son souffle, ses interrogations pour après. Avançant toujours prudemment quoi que de manière plus hâtée.
A chaque fois qu’il pensait avoir été distancé, le Renard l’attendait.

Soul préférait ne pas se laisser dévorer d’inquiétudes, pour quel autre adulte viendrait-on le chercher ? C’était bien du Renard, comme ça, de tout savoir ! Par tous les boddhisattvas, est-ce que les blessures de Lòng s’étaient rouvertes ? Mais ne devait-il pas avoir rejoint l’un de leur médecin ? Son état était stable quand il l’avait laissé au soin de son acolyte. Est-ce que Dino se serait retourné contre lui ? L’aurait-il trahi ?
Est-ce que Lòng, par un nouveau mouvement d’humeur, aurait pris un risque insensé ? Pour…

L’estomac de Soul n’est pas loin de se retourner. Le Renard quant à lui, s’est arrêté sur une haute racine.

Ils ne sont pas loin de la rivière, celle qu’on ne reconnait plus que comme fleuve tant elle a enflé. Il y avait un petit cours d’eau à proximité, mais celui-ci aussi doit être gorgé par la voracité saline.
L’animal fixe une direction, et quand Soul regarde à son tour, il n’y distingue pas grand-chose. Quand il se retourne vers le Renard, celui-ci a disparu.

Le Chef des Soigneurs se presse vers la dernière indication, balayant les alentours d’un regard inquiet. Cherchant les signes, les traces, qui aurait pu être laissées par un grand blessé. Ne trouve rien. Cherche de plus bel. Et après ce qui lui semble des heures, finit par trouver des traces, de la boue retournée, des morceaux d’étoffes.
Il n’y a pas de sang, il a été lavé par la pluie.

Soul n’a jamais eu aussi froid de sa vie. Et il sait que l’eau dont il dégouline n’en est pas responsable. L’effroi à l’idée de le perdre rend ses mouvements aussi douloureux que mécaniques. Il s’acharne pourtant, jusqu’à le découvrir.

Masse brune informe que rien d’autre ne pourrait trahir.

Le Chef des soigneurs se précipite, ses mains toujours blessées ne pourront sentir son pouls alors c’est sa tête qu’il presse contre le torse de l’inconscient.

Il bat toujours. Mais très faiblement.

Un souffle de soulagement, alors qu’il lui délivre le visage de ce qui le couvre, entre sang, terre et cheveux dont le scalp par endroit pendait. Son cœur se serre à la vision de ces chairs lacérées mais…

Ce n’est pas Lòng.

Et il ne sait pas du tout qui c’est.

Le temps de la surprise écoulé, l’Immuable se reprend. La question de l’abandonner ne l’effleure pas un instant, même s’il s’agit « d’un grand », et à voir ses vêtement ; un pirate ; un homme sur le point de mourir.
Le soigneur entame un état des lieux rapide, place des garrots de fortunes, tente de coincer ce qui peut l’être avant de tirer son « patient » vers un abri. Le mettre au sec.
Le réchauffer et lutter contre l’hypothermie, la plus grande menace qui le guette actuellement, en plus de sa perte sans doute colossale de sang.
Aux traces, il devine la marque d’une sirène. S’il survit, le malheureux pourra s’estimer chanceux.
S’il survit.

Car jusque-là, rien n’est dit. Et Soul s’affaire, fait ce qu’il peut avec le matériel de fortune à disposition. Parvenant miraculeusement à faire un feu.
Si ce pirate-là devait mourir, l’île semblait étrangement encline à la clémence.






« C'est un peu de ton espoir,
ce que les années en ont perdu.
On dirait ton ombre et qu'elle cherche
à se mettre debout. N'appelle personne.
Ton cœur ce n'est pas toi, c'est un enfant
qui se tourmente avec la crainte de tomber. »

Joe Bousquet




Dernière édition par Soul le Lun 30 Oct 2017 - 14:01, édité 2 fois
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Zane Ó Braoin
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MessageSujet: Re: L'homme prodigue   Dim 3 Sep 2017 - 14:43

Il fait noir. Noir et humide. L’air est lourd, si moite. L’air ? Ou est-ce l’eau ? Zane n’a pas réellement conscience de ce qui l’entoure. Il ne voit rien. Il n’a même pas les yeux ouverts. Tout son corps est lourd, engourdi, du moins pour ce qu’il en sens. Il ne perçoit pas son corps dans le détail, c’est tout juste s’il a un corps finalement. Les sensations tentent de se frayer un chemin peu à peu au travers des terminaisons nerveuses encore peu répondantes.

Toujours incapable de voir, ni même de sentir, son esprit commence à s’agiter. Il tente de se rappeler. Rappeler tout ce qui pourrait le raccrocher à une quelconque réalité. Qui est-il ? Cela il s’en souvient. Du moins il se souvient d’un nom seulement, qui doit être le sien mais dont il ignore l’histoire. Zane. Alors il creuse encore. Remue, sonde, scrute. Encore et encore, toujours. Il n’a pas de notion du temps, pas d’impression de longeur. Il explore tout ce qu’il peut. Frole les souvenirs, remue les images, sensastions et sentiments qui lui reviennent au goute à goute.

La tristesse. Il se sent désespéré. Lourd. Mais pas à cause de l’humidité. C’est son âme qui est lourde. Il attrape un souvenir. Etragement il assiste à la scène de l’exterieur. Il se voit sur la plage, face à l’océan, immobile. Comme fait de marbre. Le marbre, pourtant, se met en mouvement, lentement. Il avance vers l’eau. Une angoisse le prend. De là où il observe il aimerait se lever, courir, se retenir. Mais il n’est que spectateur de son propre souvenir, dans son petit théatre de l’âme. Il voit impuissant son corps s’immerger peu à peu dans l’élément qui l’effraie tant et bientôt seule la tête dépasse. Puis le haut de son crane s’immerge et il ne distingue plus rien. Un instant après, léger mouvement à la surface surface de l‘eau puis une nuée de bulle. La panique remonte à nouveau en flèche, fulgurante et l’étreint tout entier.

Dans le noir tout à coup la douleur nait du néant. Elle est déchirante, envellope tout. Il aurait besoin de crier mais de l’exterieur on ne perçoit rien. C’est en lui que le cri retentit tout en décuplant la douleur. Les sensations reviennent, malheureusement. Il est devenu impossible pour le pirate de naviguer entre les souvenirs, la douleur bien trop intense réactive tout son corps en un coup. Il prend petit à petit conscience de ce qui l’entoure. Le bruit de la pluie, la sensation du sol contre son dos, la lourdeur de ses vetements trempés. Il aimerait ourir ses yeux mais la douleur l’en empêche, ils sont comme collés.

Dans le bruit incessant de la pluie il n’entend pas le perdu approcher. Mais il sent tout à coup quelque chose de chaud se poser sur sa poitrine douloureuse. Dans la douleur la plus totale et à travers la brume de la semi inconscience il sent que cette chose encore inconnue s’affaire autours de lui. A chaque garrot posé il se tend un peu plus laissant s’échapper de sa bouche entrouverte un léger soupir de douleur accompagné d’un peu de sang à peine visible parmis la boue grumeleuse déjà noyée de rouge.

Il ne parviendra pas à ouvrir les yeux. Pas plus qu’il n’arrivera à parler même si les gargouillis qu’il émet semble vouloir former des mots. Ses doigts bougent. Du moins ce qu’il en reste. Il essayera de survivre si on le lui permet. Pourtant on n’entend que cela :
«  Ghr… »
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Soul
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MessageSujet: Re: L'homme prodigue   Lun 30 Oct 2017 - 14:00

Les heures se sont écoulées, et Soul aura fait de son mieux pour débarrasser et faire sécher les hardes de son patient. Celui-ci gît sur un nid de feuilles étrangement épargnées par la pluie.
C’est aussi grâces à elles qu’il est parvenu à allumer le feu qui brûle tout à côté, à peine séparé par de modestes pierres qui suintaient encore lorsqu’il les avait ramassées.
Soul a l’impression d’être en pleine mousson, en expédition si mal préparée dans lesquelles Lòng avait coutume de l’entrainer.
Leur abri est étroit, creusée dans la terre sous la souche d’un arbre mille fois centenaire que Soul remercie de les tolérer ainsi. On lui a toujours appris à respecter les esprits, la nature, mélange de bouddhisme et des influences chamaniques toujours ancrées en ce peuple annamite qu’il avait adopté.

Il a ligaturé, à la lumière des flammes, les artères touchées. Les garrots se sont un peu relâchés pour éviter l’étouffement des tissus, et le soigneur s’est appliqué à nettoyer méticuleusement le corps de l’inconnu.
Il n’a pallié qu’au plus urgent, la plaie à la tête est très vilaine mais moins dangereuses que ce qu’il vient de « bricoler ».
Il lui faudra sans doute de meilleures sutures que celles qu’il vient de lui faire.
Cela devrait suffire – espère-t-il – pour qu’il puisse rentrer.

« Ne t’agite pas. Tu vas les rouvrir. »

Le pirate perdait conscience par intermittence, mais à son agitation, Soul pouvait constater qu’il était toujours vaillant, et sacrément désireux de vivre.

« Je vais te donner un peu d’eau. Il y a un remède dedans, qui devrait te soulager un peu. Cela fait plusieurs heures maintenant que je te veille. »

Il change le linge qui baignait encore le front de son patient, pour l’imbiber de l’eau de pluie.
Soul avait aussi colmaté les trop grandes ouvertures de leurs abris, à l’aide de branches mouillées, de pierres, de glaise et de tout ce qu’il avait pu trouver. L’expérience précédente lui avait donné quelques idées… et compétences.

« Je ne sais pas ce que vous avez, vous pirates, à forcément échouer entre mes bras ces temps derniers. »

Il soupire, sa mâchoire se serre.

« Quand j’essaie de sauver toujours, ceux que vous vous acharnez à tuer. »

C’est un monologue tranquille, Soul n’attend pas vraiment de réponse. Il sait qu’il a fait tout ce qu’il a pu pour cet homme, que désormais il n’en tient qu’à sa volonté et la résistance de son corps pour continuer.

« Et même vous, je n’arrive pas à vous laisser mourir. On me mépriserait pour bien moins. »

Il attise un peu le feu, nourri par les restes d’une racine morte de cet arbre salvateur.

« Tu as probablement rencontré une sirène, pirate. Elle t’a bien amoché, j’ai rattrapé ce que j’ai pu, je ne suis pas magicien non plus. Je ne peux faire repousser ce qui n’existe plus. »

L’immuable est bien plus dur qu’à son habitude, mais il est fatigué, à la fois soulagé de s’être trompé et contrarié, un peu, de s’être ainsi laissé dupé.
Même si, tout au fond de lui, il sait bien qu’il serait venu l’aider, même sans avoir cru à un autre, même s’il s’agissait peut-être d’un monstre. Il n’aurait pas pu s’en empêcher.
Et c’est probablement ce qui l’énerve le plus, cette sensation qu’il aura sûrement à le regretter, car que peut l’espoir contre ce qui ne veut arriver ?

« On ne pourra pas rester ici trop longtemps. La mousson – Soul ne se rend même pas compte qu’il emploie des termes de chez lui - jette un voile sur notre abris, mais il y a trop de risques que des sentinelles ou éclaireurs finissent par te découvrir.
Et je ne pourrais pas te sauver encore. Quand tu pourras te relever… Il faudra partir. Tu m’entends ? »


Il n’est pas très sûr de lui, mais il a perçu des mouvements, il sent que le blessé l’écoute attentivement.

« Cela prendra malheureusement quelques jours avant que tu puisses te déplacer. Je viendrais t’apporter de quoi manger demain, ce que j’arriverai à trouver. Je ne peux pas me permettre de rester éloigné du Grand Arbre trop longtemps, mon absence se remarquerait. »

Il soupire encore.

« Ce que je t’ai donné devrait empêcher la fièvre de revenir. Il y a assez de bois sec pour que le feu tienne. L’île semble vouloir que tu vives.
Même le Renard…Comment as-tu pu le convaincre ? Non, ne me répond pas. Il a probablement ses raisons.
Si tu arrives à retourner d’où tu viens, il faudra que tu voies un médecin chez toi. Si vous en avez un, à moins qu’il soit dans vos habitudes de vouloir toujours voler ceux des autres habitants de l’ile ? »


Il y a un peu d’amertume dans sa voix. Le chef des Soigneurs regarde à nouveau cet amas de plaies qu’est l’homme tourmenté.

« Tu n’y arriveras pas tout seul… »

C’est plus un constat, qu’une condamnation. Et Soul ne peut pas s’éloigner, ni s’enfoncer plus loin dans la forêt. Il ne peut encore moins prendre le risque d’aller chercher ceux qui le connaîtraient. Non, décidément, il ne pouvait compter que sur lui-même, et ce n’était vraiment pas idéal






« C'est un peu de ton espoir,
ce que les années en ont perdu.
On dirait ton ombre et qu'elle cherche
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Ton cœur ce n'est pas toi, c'est un enfant
qui se tourmente avec la crainte de tomber. »

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Zane Ó Braoin
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MessageSujet: Re: L'homme prodigue   Lun 27 Nov 2017 - 12:18


Il fait toujours humide mais l’eau ne semble plus lui tomber sur le visage. Du moins pas comme de la pluie, du peu de sensations qu’il reçoit il perçoit, quelque chose de lourd et humide sur son front mais cela reste plus agréable que la pluie incessante. Il ferait presque chaud là où il se trouve. C’est étrange. Il n’a pas souvenir de s’être déplacé. Il n’en serait même pas capable en fait. Le pirate sent qu’on s’agite autours de lui, il croit percevoir des paroles mais n’en entend que des bribes, des mots qui arrivent à peine à faire sens dans son esprit embrumé. Sa chair le brûle en dedans, il voudrait hurler mais les poumons et la gorge ont arrêté de répondre après son misérable grognement. La douleur bizarrement le rassure un peu. Il est encore en vie non, s’il a aussi mal ? Ou alors l’enfer est un étrange endroit ressemblant à l’ile, sentant comme l’ile.

La chaleur, la douleur se fait plus précise à mesure que ses respirations se font plus profondes. Elle est plus acérée que jamais mais aussi plus puissante à certains endroits. Sa main tout d’abord, elle n’est qu’une masse palpitante, transpercée de mille aiguilles à chaque secondes. Il sentirait presque ses os exploser en milles morceaux à chaque afflux sanguin.

Sirène. Voila le mot qu’il capte à travers le marasme de sensations étranges qui le parcourt. Il ne le sait pas encore mais le garçon à raison. C’est l’une d’entre elles qui a dévoré une partie de son visage, emportant son oreille, une partie de sa joue et arraché un morceau de son scalp. C’est une sirène qui a fait le plus de dégâts et causé les plaies les plus importantes. Ses doigts manquants ont peut être été mangés eux mais il est plus certain qu’ils aient été prit comme trophées ou petits objets de collection qu’elles aiment tant.  Ce qui est étrange c’est qu’elle se soit contenté se si peu. Comme si quelqu’un ou quelque chose avait interrompu son repas, comme semble l’indiquer la morsure à son épaule. A cette pensée la douleur se décuple. Zane ne sait pas si ses impression de morsures sont des souvenirs ou le travail de son cerveau qui tente de faire sens des informations qu’il reçoit mais il laisse échapper un nouveau râle, bien plus audible que le précédent.

Les sons reviennent un peu plus, suite à cet effort, il parvient à discener de nouveau quelques bribes de paroles. L’ancre se concentre du  mieux qu’il peut pour en saisir le sens.

« On ne pourra pas … mousson … sur notre abris … je ne pourrais pas te sauver… faudra partir… m’entends ? »

Il aimerait hocher la tête, à ces mouvements erratiques, on peut le deviner.

« … quelques jours ... Je viendrais t’apporter de quoi manger demain, ce que j’arriverai à trouver. Je ne peux pas … du Grand Arbre … mon absence se remarquerait. »

La voix lui semble distordue mais lui permet de deviner, sans trop se tromper il l’espère, qu’il a affaire à un Perdu. Quelle ironie. Il ne sait pas qui, surement qu’il ne le saura pas. Il se dit que c’est mieux. Et en même temps  il aimerait le savoir, peut être pour l’épargner si lui-même survit. Peut être l’aider à son tour le pour venu. Pour le moment il ne peut que le remercier. Zane ouvre sa bouche, respire un instant avant de produire un effort énorme et tenter de répondre au garçon.

«  … Me … Merci. »

Il lève tant bien que mal une main, celle blessée, dans la direction des paroles qu’il a réussi à filtrer, son œil toujours clos, sans se rendre compte que le second est manquant. Il essaye gauchement d’atteindre le perdu pour appuyer ses paroles, poser une main reconnaissante sur son sauveur.
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