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Baron Dimanche
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☠ Guédé du Bayou ☠


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MessageSujet: O serpent heart    Lun 17 Avr 2017 - 13:32


Bien sûr, il aurait dû savoir que quelque chose serait inhabituel. Il avait fait un rêve, ce qui ne lui arrivait que rarement : il avait rêvé de cordes qui étaient des serpents et de serpents qui étaient des cordes.  


Maman était là, assise dans son fauteuil comme une impertinente jeune fille, une jambe passée par-dessus l’accoudoir. Ses longues dreadlocks étaient nouées sur sa nuque et son sourire noirci luisait doucement à la lueur des amples candélabres qui flanquaient son siège. Elle était reine chez elle, mais semblait veiller à souligner encore davantage cet aspect tout souverain en présence des Erzulies. Quand elle le regarda, lui, avec cet amour sévère dans les yeux, il sut immédiatement que quelque chose avait été décidé.



O Momon, kosalafé…



Lorsque le Baron avait été appelé dans la caze de Maman, il avait obéi sans se poser de questions : il ne refusait bien évidemment jamais une visite chez sa tendre mère, mais les derniers événements sur l’Île de Jamais pouvaient très bien justifier un conseil entre les frères Guédés et Maman Brigitte.
L’eau était haute, cette nuit, la plupart des passerelles et des ponts avaient été engloutis par les eaux épaisses de la mangrove. La pluie torrentielle saturait l’air de son grondement continuel, mais, sous le couvert épais des arbres, le Bayou s’acharnait à rester silencieux, tout amputé du reste de l’Île qu’il était. Les vagues géantes ne l’atteignaient pas, et le peuple nocturne se contentait de circuler en barques, en pirogues et en kwassa-kwassa. Le Baron Dimanche, lui, s’était contenté de glisser tel un spectre au-dessus de la surface liquoreuse des eaux. Une silhouette sombre balafrée d’une lumière chaude et profonde. Quand il était arrivé devant la caze de Maman Brigitte, l’un de ses frères cadets se trouvait là, adossé à la porte. Il l’accueillit avec un sourire narquois… et un verre de rhum. Maman l’attendait à l’intérieur, et ils avaient à parler. Il ne le suivrait pas.



C’était ce verre, vide, que le Baron faisait rouler entre ses doigts en jaugeant sa mère et ses invitées. Deux Erzulies se trouvaient là : La Freda et La Grânn. Il les avait saluées poliment, avec un sourire en coin un peu filou, car il savait qu’elles et Maman ne s’entendaient guère.

« Kosalafé ? » fit-il enfin sur un ton dégagé, qui se voulait plaisant comme à son ordinaire.

Pourtant, il était discrètement prudent. Il connaissait assez bien sa mère pour savoir qu’elle avait toujours une idée derrière la tête, bonne ou douteuse, pour toujours s’assurer le contrôle du Bayou. Et puis, il ne pouvait s’empêcher de repenser à son rêve. Les serpents et les cordes qui s’étaient noués autour de son cou, amoureux, asservissants, trompeurs, libérateurs. Comme pour confirmer son impression, sa mère se redressa alors dans son fauteuil et lui dit d’une voix caressante:

« Une grande nouvelle, mon adoré. Le moment est venu de te fiancer. »

Le Baron Dimanche cilla. Son visage n’exprima pas grand-chose, sinon une profonde neutralité qui valait toutes les marques d’incrédulité qu’on puisse imaginer. Maman continuait à parler : elle expliquait que c’était pour consolider les liens entre les familles du Bayou. Que cette alliance était prévue depuis longtemps, mais que le moment était venu de la concrétiser.

La Croix baissa le regard sur son verre, puis le posa négligemment sur la table la plus proche, entre deux crânes humains dégoulinant de cire de bougie. Maman n’avait pas besoin d’en dire tant : il n’était pas idiot, et devinait bien les tenants et aboutissants de cette décision.

Même ceux que sa mère tairait devant les Erzulies.

Il savait déjà qui serait la fiancée, et pourquoi elle avait été choisie. Pourquoi lui avait été choisi, et pas son frère aîné, Samedi.

O Momon...

Maman Brigitte savait ce qu’elle faisait, toujours. Là, elle souriait, et elle servait du rhum aux Erzulies, car il était évident que cette décision apportait une solution à plusieurs de ses tracas. Savourait-elle aussi l’ironie profonde de la situation ?

Le Baron ne bougea pas – il restait droit, ses pieds nus à plat sur le plancher noyé de feuilles de palmier et de fleurs séchées de frangipanier. Il devinait qu’ils ne resteraient pas à trois bien longtemps. Tout était soigneusement préparé à l’avance, bien sûr, afin qu’aucun pion ne se dérobe sur l’échiquier. Il ne savait même pas s’il était agacé ou admiratif devant les talents de sa mère pour la manipulation. Il la regarda, sagement, tandis qu’elle buvait son rhum pimenté. Il ne savait pas non plus ce que cette nouvelle lui faisait, passée la stupeur première. Il attendrait. Il verrait bien. Mais il était entendu qu’il ne pourrait pas refuser.

Puis, dans son dos, son petit frère ouvrit la porte.
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Erzulie
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Ke o nwe,
Men se pa put petit kay la!


MessageSujet: Re: O serpent heart    Dim 23 Avr 2017 - 22:52



Erzulie O! Jou manman m mouri m' ap kriye
Erzulie O! Jou Papa m mouri m' ap kriye.
Le jou madam m mouri, mwen jwenn yon lòt





Erzulie danse. Elle danse à n'en plus pouvoir. Son corps s'éreinte en chorégraphies fébriles. Sous ses pieds nus la terre humide voltige. Succions de gadoue, moqueries de la pluie. Elle danse et son corps gondole comme les intempéries. Entrechats et pirouettes. Ses mains chassent le chagrin du ciel -tango de sel- au delà des pilotis. Son bassin agresse, en déhanchés furieux, l'orage qui sévit au dessus et dans sa tête.

Elle sent encore sa peau, lait de pavot, coller à la sienne.

Baisers mouillés.
Souffle étroit.
Farine entre les doigts.

Depuis la Canicule, il se sont revus quelques fois, sous les branches de Mathusalà.
Abri de fortune pour deux bourgeons et de multiples rubans.
Étreintes et rires dérobés, collants de sueur ou trempés de pluies.
Ghost porte bien son nom. Il la hante, il la possède. Elle le garde tout contre elle, là où il ne faut pas, dans les fibres de son cœur-charbon, dans le ventre d'un sol aride qui jamais ne doit fleurir. Elle le sait. Et pourtant, elle triche.

Elle ment.
Elle fuit.
Elle dissimule.

Elle bafoue son propre sang et toute piété filiale. Elle mérite châtiment. Elle mérite, et cependant, fait silence. L'oxygène lui manque. Elle ne respire que par sa bouche à lui, brèves bouffées d'air entre deux torpeurs. Le Bayou l'étouffe, son eau stagnante l’empoisse. Elle se croit mourir sans boire à la source de son Perdu. Et plus l'éternité se détricote, plus elle chérit l'idée de s'échapper, de le rejoindre sous les voûtes boisées de son Grand Arbre.

Insignifiante petite Erzulie.
Puérile enfant trop chérie.
Tu te fourvoies ! On n'échappe pas à sa lignée.
Jamais !

***

- Tes fiançailles vont avoir lieu. Il est temps que tu deviennes une femme.

La gifle lui retourne la tête aussi brusquement qu'une bourrasque. Tatie Gué Rouge ricane de sa misère, Grânn Erzulie détourne les yeux. Mais sa mère, Ô sa mère, la transperce de milles poignard d'une simple œillade.
Erzulie Sans-Nom frissonne, alors, en se disant qu'elle sait. L'Amour ne saurait mentir à l'Amour qui lui a donné jour.

- Mama... supplie-t-elle
- Femen dyol ou! Mwen menm manman ou. Honore ta famille.

Vaincue, la jeune fille baisse le menton, les larmes aux yeux. Trois girons et pas un seul refuge.
Pas un.

Au loin, dans la fosse aux serpents, ses frères sifflent leur désaprobation.

***

On l'a préparée comme une poupée sans volonté, articulée à loisir selon les désirs de trois générations de femmes avides, qui chuchotent entre elles en lavant sont corps, qui complotent en le frottant d'huile parfumée. Elles tracent des lignes blanches sur son derme sombre, chair de coco sur croûte oblongue, charmes et sortilèges pour faire naître l'envie chez quiconque. Les sillons immaculés lui rappellent son Fantôme-Farine et c'est  accrochée à cette simple idée, qu'Erzulie subit le rituel des parures et des artifices.
Car on va la sacrifier sur l'autel des petits médisances et des pieux arrangements. Mensonges d'adultes avec qui elle ne veut rien à voir. Ces tractations, elle ne les comprends pas, elle n'en a cure. Et, se dit-elle en repoussant les doigts ridés de Grânn voulant lui arracher les plumes de Ghost nouées à ses cheveux, elle les bafouera, aussitôt le dos tourné.

Tatie la mène à l'abattoir, toute belle, toute jolie. Perles et bracelets chantent à ses poignet et chevilles, Damballa pend à son cou comme tout collier, des fleurs fraîches fleurissent ses boucles et un tissu léger, d'un jaune soleil d'été indien, l'offre presque à nu, mais pas tout à fait.
Les Erzulies ont bien œuvré.
La séduction est l'art de toute leur lignée.

La porte s'ouvre sur toute une assemblée imbibée de rhum et confite de piments. Freda se lève, droite et digne dans ses turbans.

- Ma fille, Erzulie Sans-Nom. Gageons qu'elle trouve le sien auprès de l'époux que vous lui avez choisi.

Le regard de la jeune fille glisse d'un Jour à l'Autre. Elle ignore à qui on la jettera en pâture. Tatie lui pince les côtes. Erzulie s'ébroue d'un "ouille" offusqué avant d'être poussée vers l'avant. Elle comprends, à rebours, qu'elle n'a pas fait preuve de politesse envers la maîtresse du Bayou. Maman Brigitte la terrifie. Damballa roule des yeux et des écailles face à ce concile hostile.
Avec toute la grâce qui lui est possible, l'Amour se coule en révérence.

- Manman nan Bayou a, ak chak semèn, mwen voye bonjou pou nou.







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Maman Brigitte
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☠ Maîtresse du Bayou ☠


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MessageSujet: Re: O serpent heart    Mer 7 Juin 2017 - 11:23

Les verres sont remplis, et les estomacs chauffés. Maman a fini de parler, le ton enjoué par l'alcool devant un fils, la langue coupée par l'annonce. Devant une Freda qui touche à peine à son verre, qui a apprêté sa fille dans une parade de séduction de circonstances, mais bien inutile quand le mariage est déjà prononcé. Ça allait et venait à coup de caprices et de doléances. Sans courber le dos, ça siffle comme des serpents, hypocrisie à peine dissimulée. Les jeux de pouvoirs sont des marchandages entre lépreux et mendiants, et Brigitte n'a qu'une patience très relative pour ce genre d'affaire. Comme tout le reste, ça l'amuse beaucoup, mais qu'un instant.

C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle lève subitement la main, réclame -exige- le silence. L'autre main fait bouger son verre machinalement, où le rhum danse à la lueur des bougies. Le verre penche subitement un peu, quelques gouttes viennent exploser contre le parquet, non loin de son dernier vévé tracé au sol à la craie. La tension est palpable, et pas uniquement parce que les deux jeunes gens sont là, patauds et impuissants devant une décision bien plus forte qu'eux. Maman réfléchit, et elle a arrêté de sourire. Naturellement les bougies s'affaiblissent, l'obscurité envahit les lieux. Les loas susurrent et bougent autour d'elle, elle hoche plusieurs fois la tête dans le silence pesant, il est difficile de savoir si c'était envers les salutations tardives d'Erzulie, ou encore une de ses absences.

Elle fait pourtant signe à la jeune sans-nom d'approcher.

« Bon ti fi. » Commente-elle. Brigitte aime les âmes vagabondes du Bayou. Ni elle, ni les plus jeunes ne tiennent en place, mais toujours leur condition les rappelle à la maison. C'est là où ils sont en sécurité. Mais personne n'est vivant si il ne flirte pas avec le danger. Maman sait, Maman sait. Son corps perclus de scarification est un témoin des histoires qu'elles ne compte jamais. Le passé de Maman est une denrée rare à entendre.

Dans un balancement de jambes, elle se repositionne devant son fils. Oubliant les Erzulies un moment, quiconque pénètre chez Brigitte doit s'attendre à être laissé de côté à tout moment. Il ne dit rien, il sait qu'on se tait devant Maman Brigitte.

« Mon diab. » Elle murmure pour que lui seul l'entende. Elle se lèche d'index et écrase la flamme d'une bougie à côté d'elle, les isolant encore un peu du reste de l'assemblée. Laissant juste les yeux incandescent de son fils chéri l'éclairer. La flamme s'évapore dans une forme décharnée. Le sifflement caractéristique du feu qu'on éteint prend la forme d'un cri perçant étouffé. Ses yeux sont plongés dans ceux de son fils. Pour la première fois depuis des heures, ils clignent même, lentement, avec gravité.
Le moment est important, alors elle sonde. Quelque chose gronde dans son fils, des blessures anciennes qu'eux même ont apprit à taire. Une barrière épaisse contre laquelle Brigitte se love en la caressant du bout des doigts.

Elle finit par se lever de son fauteuil avec lenteur, et tend sa main ouverte, dans un cliquetis de bijoux rituels, vers son fils. Elle lui sourit, et il est difficile de savoir la nature même du rictus. Brigitte ne fait aucun mouvement vers lui, laisse Dimanche venir à sa mère. Il viendra, il vient toujours.

Et peut-être cette fois ils parleront, même si c'est juste avec les yeux.

Mais pour l'heure, elle lève les yeux vers les Erzulies, la lumière se rallume légèrement, malgré le vent chaud qui souffle subitement une bourrasque dans la caze de Maman. Elle ignore les paroles des aînées de la fiancée : elles ne sont pas concernées après tout. A la place, ses billes noirs se posent sur la Sans Nom.

«  Dimanch pral mari ou. » Qu'elle annonce tout de go, aussi peu protocolaire qu'à cheval sur son hygiène dentaire. Maman n'a jamais eu besoin de phrases alambiquée pour régner. La voix tremblotante de la jeune fille en est le parfait exemple. Il n'est jamais de bon ton d'ennuyer Brigitte, et impossible de savoir ce qui peut l'énerver.

Car Maman a une brève inspiration désagréable : moult choses lui sont dissimulés ici. De la part des Erzulies ce n'est pas vraiment surprenants. Cela ne veut pas dire que c'est admissible. Mais elle s'en occupera plus tard, son fils est sa priorité. Et sur l'île de jamais, elle avait le temps. L'éternité.






Insert your needles elsewhere I'm broken as it is, Cannot stand, or take the fall Consider it as a bliss. Scars And Stitches Battered Heart Broke Down And This Time It Will Not Heal. We Were Crushed By Her Halo Oh What A Way To Go...
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Baron Dimanche
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MessageSujet: Re: O serpent heart    Jeu 8 Juin 2017 - 20:46

La porte s’était refermée sur la fiancée.

Dimanche ne tourna la tête qu’à demi, quelque peu raidement. La mâchoire serrée, presque sévère. La Sans-Nom était bien là, l’air petite dans ce décor encombré d’os et de plantes. Belle, bien sûr ; vêtue des rayons de soleil qui manquaient au Bayou. Avec elle étaient entrés des parfums de coco et de fleurs entêtantes, mais surtout l’effluve d’une magie bien vieille, intestine et serpentine – l’Art des Erzulies dans toute sa subtilité.
En la voyant ainsi, le regard incandescent du Baron sembla s’adoucir, et il détourna lentement la tête. Pas tant parce qu’il était charmé, mais parce qu’il était affreusement évident que l’Amour ne voulait pas se trouver là.

Pauv’ ti cafrine.

Maman l’appela alors.

(Son Diab.)

Le regard qu’il eut alors pour elle fut tranquille, tendre comme d’ordinaire. Mais comment savoir ce qu’il se passait vraiment dans ces yeux sans pupilles, brillants comme des braises chaudes ? Peut-être Maman le savait-elle. Peut-être qu’elle le devinait. Lui, il la considéra en silence, tandis qu’elle mouchait une bougie du bout des doigts. Les volutes lourdes et odorantes sifflaient doucement entre ses phalanges noueuses.
Finalement, elle se leva de son fauteuil et tendit une main vers lui. Maman souriait de toutes ses dents noires, sûre d’elle et souveraine, implacablement aimante, tendrement despote. Dimanche ne se déroberait pas : il s’avança presque aussitôt vers elle, docile, et se saisit délicatement de la petite main de la grande sorcière. La paume de Maman semblait toujours tristement froide contre sa peau, mais il subsistait ce picotement souterrain, un flux de magie qui circulait entre eux. Il sentait à travers elle la présence des Loas ancestraux, pesants et granitiques sur les épaules balafrées de sa Maman. Une terrible sensation.  

Dimanche resta silencieux, encore. Mais il finit par rendre son sourire à sa mère – doucement, du bout des lèvres, avant qu’il n’élève la main prise au creux de la sienne pour y déposer un baiser. Léger, pour ne pas la brûler, mais lui montrer sa dévotion et son respect. Il n’oubliait pas sa contrariété. Mais pour l’instant, elle se terrait au fond de ses entrailles, sourde, presque domptée.

«Dimach pral mari ou.»

Voilà. Il allait l’épouser. Maman le disait avec une telle simplicité, sur un ton si factuel que la chose en était presque risible. Une cruelle paire venait d’être faite, asymétrique et dissonante, et pourtant indivisible. La Sans Nom serait au Guédé Calciné : voilà ce que saurait bientôt le peuple du Bayou. Peut-être jugerait-on ce choix heureux, puisqu’il était avéré qu’ils partageaient le goût de la danse et cultivaient tous deux l’art de l’effronterie? D’autres, bien sûr, chuchoteraient le contraire. Le ladilafé irait bon train, comme toujours.

Le Baron jeta à nouveau un regard sur Erzulie. Il ne parvint pas à lui sourire, cependant, et n’offrit qu’un signe de tête neutre. Peut-être était-il indifférent. Peut-être était-il désolé. Lui même n’en savait rien.
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