Partagez | .
 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Héméros
avatar

☯ Légendaire ☯


✘ AVENTURES : 83
✘ SURNOM : La Bête à Cornes
✘ AGE DU PERSO : Imprécis

✘ LIENS : Fiche
Dé à Coudre
♈ Aventures en cours :


MessageSujet: Petit matin, grand matin   Ven 13 Jan 2017 - 22:36



Les chuchotis de la nuit commençaient à laisser place aux trilles vivaces des oiseaux les plus matinaux. Ce fut à ce moment-là que le grand faune entrouvrit les yeux et prit une longue inspiration. L'air était délicieusement frais, tout juste alourdi par les parfums d'herbe et de tourbe, et ceux des fleurs qui aiment parler la nuit. Héméros, justement, avait dormi sous les branches d'un jasmin et en avait gardé une infinité de petites fleurs, qui se combinaient aux perles de rosée pour dessiner de complexes constellations dans la masse de sa chevelure. Il cilla paresseusement, et déjà un sourire venait arrondir les angles de son visage tandis qu'il considérait la couleur du ciel à travers les branches minces du jasmin. Il y avait bien des nuages gorgés des larmes d'un enfant tout là-haut, qui étaient gris et boudeurs, mais ils étaient aussi recroquevillés sur eux-mêmes comme s'ils cherchaient à grappiller quelques minutes de sommeil en plus. A travers eux se faufilaient donc quelques rayons d'un soleil tiède et apaisé.
Héméros se redressa de son lit de hautes herbes en étirant déjà ses larges bras au-dessus de sa tête. Il ponctua le tout d'un bâillement aussi sonore que bienheureux, signe qu'il avait de toute évidence passé une excellente nuit à la belle étoile. Le grand faune s'ébroua avec énergie, faisant voler en tous sens sa lourde masse de cheveux verdoyants, et avec elle, quantité de fleurs blanches, brindilles et gouttes de rosée, ainsi qu'une libellule confuse qui semblait aussi s'y être égarée.

Son regard encore ensommeillé glissa sur les alentours, sur la pente douce de la colline piquée de fleurs pâles, le nouveau petit ruisseau qui se frayait un chemin à ses pieds - si jeune encore qu'il ne s'était pas creusé de contours définis mais circulait, tout silencieux, sur un tendre tapis d'herbes ployées. Même s'il connaissait le Bois Joli aussi bien que les pirates connaissent la carte du ciel, il s'émerveillait sans fin de ses plus infimes changements. La pluie enfin revenue avait redonné un souffle nouveau aux forêts de l'île, et avait délavé le rouge incendie des mois précédents en un serein camaïeu de bleus : Héméros était assez vieux pour savoir que rien ne durait jamais bien longtemps sur l'île, mais cela ne l'empêchait pas pour autant de se réjouir de cette apparence d'équilibre retrouvé. De bonne humeur, donc, Héméros prit le temps de décoller gentiment les escargots qui lui avaient chatouillé les côtes dans son sommeil, les déposa en file indienne sur la branche la plus proche, puis se leva d'un bond sur ses lestes jambes de bouc.

Il nota presque aussitôt que les rayons du soleil, par le jeu des éclaircies et des ombres encore étirées des arbres alentours, peignaient sur le talus des flaques de lumière, moutonneuses et espacées : il ne lui en fallut par davantage pour se lancer joyeusement à sabots joints dans le premier espace baigné de lumière. Il écarta théâtralement les bras, le nez levé et les yeux clos pour mieux accueillir les rayons qui peinaient encore à réchauffer son visage. Tout sourire, et l'air très amusé par son petit jeu, le grand faune s’attela à descendre la colline en sautant d'un côté et de l'autre, esquivant les ombres tièdes pour rester dans la clarté du petit jour. Sans même y réfléchir, il se mit à fredonner un air de sa voix profonde, une de ces vieilles comptines pleines de répétitions, qu'il lui semblait connaître depuis toujours, et qu'il avait peut-être appris d'un autre faune, ou d'un Enfant perdu depuis longtemps. Elle disait merci à la pluie, pour les vignes et les jardins et les citrons en hiver. Il l'aimait bien, celle-là, puisqu'elle parlait de choses simples et bonnes. Il continua à la chanter avec application jusqu'à atteindre le "ciel" de sa marelle éparpillée : il sauta au bord du petit ruisseau naissant, et éclata de rire en voyant ses sabots s'enfoncer dans la terre trop meuble et humide de la berge et manquer de peu de lui faire perdre son équilibre. Il se recula d'une large enjambée, puis se mit à genoux souplement, les mains en appuis dans l'eau peu profonde : ainsi il se pencha avec précaution pour baiser la surface du cours silencieux. L'eau était froide, au goût d'herbe et de sève...avec, chose étrange, comme un petit arrière-goût de sel. Alors qu'il buvait en silence, ses oreilles de faune frémirent. Il se redressa, ses cheveux mouillés appesantis en travers des épaules et du torse.

Il regarda autour de lui, attentif, mais sans alarme.






Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Un petit bonjour
» [acceptée] Atok, petit deviendra grand!
» Pas variable ( moteur piston ) sur YASIM
» borne galaga
» Achat d'une borne chez TinyArcade UK

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: La Vallée des Fées :: Le Bois Joli-