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Héméros
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☯ Légendaire ☯


✘ AVENTURES : 91
✘ SURNOM : La Bête à Cornes
✘ AGE DU PERSO : Imprécis

✘ LIENS :
Fiche
Dé à Coudre
ᨉ Aventures en cours :


MessageSujet: Petit matin, grand matin   Ven 13 Jan 2017 - 22:36



Les chuchotis de la nuit commençaient à laisser place aux trilles vivaces des oiseaux les plus matinaux. Ce fut à ce moment-là que le grand faune entrouvrit les yeux et prit une longue inspiration. L'air était délicieusement frais, tout juste alourdi par les parfums d'herbe et de tourbe, et ceux des fleurs qui aiment parler la nuit. Héméros, justement, avait dormi sous les branches d'un brave jasmin qui avait survécu à la tourmente, et recommençait déjà à fleurir. Il en avait gardé une infinité de petites fleurs, qui se combinaient aux perles de rosée pour dessiner de complexes constellations dans la masse de sa chevelure. Il cilla paresseusement, et déjà un sourire venait arrondir les angles de son visage tandis qu'il considérait la couleur du ciel à travers les branches minces du jasmin. Un bleu rose léger, nu de nuages. Depuis que la "Grosse Grosse Pluie" s'était enfin arrêtée, le ciel était redevenu clément et doux et la terre semblait de nouveau respirer. Il était content de revoir le ciel et le soleil, Héméros. Il était aussi content que ses cheveux aient repris le vert tendre du lichen, au lieu d'un bleu morose qui l'avait fait ressembler aux tristes nuages de pluie.

De ce fait d'excellente humeur, Héméros se redressa de son lit de hautes herbes en étirant déjà ses larges bras au-dessus de sa tête. Il ponctua le tout d'un bâillement aussi sonore que bienheureux, signe qu'il avait de toute évidence passé une excellente nuit à la belle étoile. Le grand faune s'ébroua avec énergie, faisant voler en tous sens sa lourde masse de cheveux verdoyants, et avec elle, quantité de fleurs blanches, brindilles et gouttes de rosée, ainsi qu'une libellule confuse qui semblait aussi s'y être égarée.

Son regard encore ensommeillé glissa sur les alentours, sur la pente douce de la colline piquée de fleurs pâles, et le petit ruisseau qui se frayait un chemin à ses pieds. C'était là un reste de la saison des pluies, qui achevait de déverser le trop-plein des rivières et des sources vers l'océan, et qui bientôt disparaîtrait à son tour. Les grandes vagues qui avaient avalé le Bois Joli avaient bien sûr fait beaucoup de dégâts : la houle avait fauché les arbres, le sel avait rongé le sol et tué beaucoup de plantes. Les sentiers arpentés par les Peaux-Rouges et les Enfants Perdus n'étaient plus lisibles sous la croûte de boue tourmentée qui avait tout recouvert, et même les créatures du Bois semblaient parfois confuses quand au chemin à prendre: beaucoup avaient perdu leurs maisons, trop encore avaient perdu des membres de leurs familles. Le Bois était ressorti de l'eau bien maussade, mais vivant, somme toute. C'est ce qu'il fallait retenir. Héméros n'était pas triste lui; ou du moins, il ne l'était plus. Il savait juste qu'il avait du travail à faire pour aider le peuple de la forêt, et panser les plaies des arbres, des rivières et des rochers, pour que son Bois Joli redevienne...eh bien, joli ! Son intarissable volonté de bien faire lui avait redonné une énergie folle, qui contrastait avec l'hébétude de la plupart des habitants des Bois.

Mais!

Chaque chose en son temps. Le réveil est une partie importante de la journée. Un rituel sacré, même : n'importe quelle créature vous le dira.

Héméros prit le temps de décoller gentiment les escargots qui lui avaient chatouillé les côtes dans son sommeil, les déposa en file indienne sur la branche la plus proche, puis se leva d'un bond sur ses lestes jambes de bouc.

Il nota presque aussitôt que les rayons du soleil, par le jeu des éclaircies et des ombres encore étirées des arbres alentours, peignaient sur le talus des flaques de lumière, moutonneuses et espacées : il ne lui en fallut par davantage pour se lancer joyeusement à sabots joints dans le premier espace baigné de lumière. L'herbe toujours gorgée d'eau émit un chuintement sonore, accompagné d'un envol de gouttelettes. Il écarta théâtralement les bras, le nez levé et les yeux clos pour mieux accueillir les rayons qui peinaient encore à réchauffer son visage. Tout sourire, et l'air très amusé par son petit jeu, le grand faune s’attela à descendre la colline en sautant d'un côté et de l'autre, esquivant les ombres tièdes pour rester dans la clarté du petit jour.
Sans même y réfléchir, il se mit à fredonner un air de sa voix profonde, une de ces vieilles comptines pleines de répétitions, qu'il lui semblait connaître depuis toujours, et qu'il avait peut-être appris d'un autre faune, ou d'un Enfant perdu depuis longtemps. Elle disait merci à la pluie, pour les vignes et les jardins et les citrons en hiver. Il l'aimait bien, celle-là, puisqu'elle parlait de choses simples et bonnes. Il continua à la chanter avec application jusqu'à atteindre le "ciel" de sa marelle éparpillée : il sauta au bord du petit ruisseau mourant, et éclata de rire en voyant ses sabots s'enfoncer dans la terre trop meuble et humide de la berge et manquer de peu de lui faire perdre son équilibre. Il avait passé la saison dernière à glisser dans la boue, mais il ne semblait pas s'en lasser pour autant, le grand Faune !







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Sindri
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☯ Légendaire ☯


✘ AVENTURES : 124
✘ SURNOM : Le Baron Forêt
✘ AGE DU PERSO : Sans doute plus vieux que lui-même le pense

✘ DISPO POUR RP ? : A voir par MP! ^^
✘ LIENS :
❄️Dans la forêt, un grand cerf
❄️Regardait par la fenêtre
❄️ Aventures en cours: I - II - III - IV - V

MessageSujet: Re: Petit matin, grand matin   Mer 9 Mai 2018 - 9:06

L’Île s’éveillait lentement d’une trop longue mousson. L’Esprit Nuit s’esquivait en douceur, comme il savait le faire, abandonnant derrière-lui une aurore douce, enfin humide de rosée et non de pluie. Un vent frais et constant balayait la colline, brossant l'herbe de quelques infimes coups de pinceaux givrés qui ne duraient qu'à l'ombre. Tout aspirait au calme, au soulagement, au repos.

Tout, sauf un lointain tumulte venu du fond de la forêt, qui s'avéra vite être une agitation sans commune mesure avec la gentille marelle du faune. Le bruit s’approchait rapidement de la clairière qui accueillait la rivière, si bien que bientôt on put distinguer les claquements des brindilles cassées sans scrupule, le bruissement mouillé des fougères foulées au pied, les croassements affolés de quelques oiseaux réveillés en sursaut. C’était gros, c’était rapide. Cela paraissait dangereusement décidé.

Mais en fait c’était juste un centaure un peu écervelé, qui avait décidé de prendre son élan depuis le sommet de la colline pour dévaler tout son flanc boisé, débouler dans la clairière après un ultime saut par-dessus un énorme buisson, et lâcher un grand :

« WeeeeEEEEEEEEEEEH ! »

Sindri était un étrange aplat de bleu. Ses bois avaient blanchi, comme s’il leur duvet était devenu du sel. Sa fourrure, ses cheveux et sa barbe étaient de la même nuance soutenue qu’un ciel de montagne. Dans son visage à la peau très pâle, la seule note de couleur franche étaient ses yeux, d’une vive couleur lagon.

Il va sans dire que ce camaïeu de couleurs froides rendait absolument inratable l’énorme chose rouge et noire que la créature tenait dans ses bras.

« Et VOLE ! »

Sans cesser de courir, le centaure lança l’objet dans les airs. Un courant d’air s’y infiltra et parvint à le déplier, révélant un magnifique cerf-volant asiatique en forme de carpe koi. Au bout de la corde galopait un Sindri plus enthousiasme que jamais, qui commença à slalomer aisément entre les arbres de plus en plus épars.

« Ca marche ! CA MAAARCH- »

Le poisson de papier piqua du nez et alla violemment s’écraser au sol, poussant le Baron Forêt à un dérapage brutal. Il parvint à s’arrêter juste avant de piquer du nez dans le ruisseau et posa un regard interloqué sur le cerf-volant peu coopératif, avant que sa surprise ne se dilue dans une grimace vexée :

« Ca ne marche pas. »

A ce stade, on convient qu’il aurait quand même pu avoir la décence de remarquer Héméros, qui devait se tenir à moins de vingt mètres de lui. Mais l’herbivore était bien trop occupé à revenir sur ses pas en grommelant quelque chose sur le thème "pourquoi ça ne marche pas alors que ça devrait marcher, damned".

HRP:
 







Award - moult luv sur Green ♥:
 
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Mab
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☼ Reine des Fées ☼


✘ AVENTURES : 42
✘ SURNOM : L’Étincelante
✘ AGE DU PERSO : Intemporelle

✘ DISPO POUR RP ? : Tout doux !
✘ LIENS : "O, then, I see Queen Mab hath been with you [...] This is she -", Romeo and Juliet, Act I, Scene 4.

•Aventures en cours : I - II - III - IV - V

MessageSujet: Re: Petit matin, grand matin   Mer 8 Aoû 2018 - 13:10

HRP:
 

La Pluie Salée s'était calmée. Le Bleu s'était éloigné et tout redevenait plus doux et calme. L'île de Jamais reprenait cet aspect tranquille qui la caractérise, où tous les êtres peuvent à nouveau sortir et profiter du calme des bois...

"Colibri ! Colibri, reviens ici tout de suite !
-Léooooon, léoooooon !"

C'est un oiseau si blanc qu'il paraît être un nuage qui traverse le ciel bleu (mais plus si Bleu). Cependant, sa vitesse alors que le vent n'est pas si fort contratie cette idée. Cela et les bruits qu'il émet, sans compter le fait qu'il semble être poursuivi par une figure beaucoup plus petite mais toute aussi, voire plus rapide.

"Il n'y a pas de "léon" qui tienne ! Cesse de faire ta tête de mule !
-Léooooooooooooon !"

Et la bestiole pique dans les arbres du Bois Joli, sans la moindre considération pour ce qu'on vient de lui dire. Après des marmonnements inaudibles (qui tiennent probablement du "Qu'est-ce qu'il peut être buté..."), l'espèce de grand papillon plonge à son tour, virevolte parmi les différentes branches en suivant la boule blanche qu'est son compagnon. Elle laisse derrière elle une fine quantité de poussière dorée, alors que les feuilles semblent verdir et se redresser sur son passage, sans que l'on sache si c'est de sa propre volonté ou de celle de l'île. Peut-être un peu des deux. Après tout, à présent que le soleil, bien que pâle, est de retour, Mab a très certainement à cœur de rendre à son pays ses couleurs, autant que ce dernier souhaite les retrouver.

Car c'est bien de la Reine Mab qu'il s'agit. L’Étincelante veut profiter de ce début de matinée pour enfin se balader hors des murs de la Citadelle, comme elle n'avait pu le faire avec cette dangereuse pluie. Proposer à Colibri était à la fois une bonne et une mauvaise action. Bonne, parce que le paon blanc en avait sans conteste marre de rester dans les jardins du Palais. Mauvaise, parce que, comme toujours, il n'en fait qu'à sa tête.

Ce pourquoi il atterrit au bord du ruisseau, au même moment où un grand faune saute à pieds joints dedans. Evidemment, l'oiseau s'en trouve tout de boue vêtu, ce qui ne lui plaît que très moyennement. La tête levée vers la Bête à Cornes, Colibri pousse un cri outragé.

"Léooon ! Léon, léon !"

Du haut de la plus basse des branches de l'arbre le plus proche, un rire chantant, comme autant d'oiseaux qui chuchotent. Assise bien droite, les jambes dans le vide et les mains croisées sur le tissu en toile d'araignée argentée et vers de soie parme que constitue sa robe du jour, la Reine fixe son compagnon, la malice plein son regard noisette.

"C'est bien fait ! Tu n'avais qu'à m'écouter, te voilà bien puni !"

En réponse, le paon fait la roue et se pare de couleurs d'automne, en accord avec la boue qu'il a reçue plus tôt et tourne la tête sur le côté, tout à son dédain royal qui amène la fée à rire de plus belle. Elle se tourne ensuite vers le faune.

"Veuillez excuser Colibri, il n'a pas les meilleures des manières."

Si avec tout ce raffut, Sindri ne relève pas la tête, c'est que rien ne peut le détourner de son cerf-volant capricieux. Mais voilà que le paon se dirige vers lui, dans la plus pure envie d'obtenir son attention. Et s'il tapait du bec contre les pattes du du Baron Forêt, hum ?
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