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Photon
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MessageSujet: Comedia dell'arte   Mar 24 Mai 2016 - 6:29

La fée voletait, mauve scintillement dans la nuit troublée par le bruissement d'une pluie sans fin. Une longue feuille tenue en ombrelle le sauvegardait de l'humidité mais la fraîcheur faisait tout de même trembler ses membres fins et le liseré de ses lèvres. Mais il voulait bien subir en héros pour sa mission qui était de prime importance. On lui avait parlé d'un bon-ami des Lettres qui vivait par ici, au Grand Arbre des Humains, et qui aurait une langue délicate et déliée. Un comparse d'inspiration, peut-être, qui serait capable de l'aider à créer une comédie digne du grand Molière dans le but de faire sourire leur Roi Soleil qui tenait plus de la grisaille ces derniers temps. C'est que Photon était davantage à s'illustrer dans l'émouvante poésie et les tragédies qu'en farce.

« Stagy, Stagy, Stagy, comme le cerf* de la forêt, ou le serf de son seigneur , ou la scène, pas la cène, celle du théâtre et pas de Jésus... » petite voix d'étoile perdue sous la lune, celle-ci masquée de gros nuages, qui divaguait et se motivait par là à avancer.

Enfin dans la cabane du sus-nommé Stagy, la grande fée - grande pour la taille de son espèce – s'ébroua et se mit à chercher l'objet de son intérêt parmi les gentilshommes et dames présents. Les murmures le lui avaient décrit ainsi ; joli et noir de mèche, yeux lumineux et pâle comme un noble. Photon souleva une ou deux paupières de jouvenceau par-ci par-là et fini par trouver avec une certitude presque totale celui avec qui il désirait s'entretenir.

Mais la petite créature savait mieux que de brusquement réveiller un endormi paisible, et puis, quitte à en profiter en rendre jaloux tous les autres ! Surtout Pretty qui ne devait pas gagner au jeu des amants car il aurait été tout à fait dramatique de perdre face à l'ange blond, ce casanova des câlins qui avait si peu de pudeur à approcher autrui.

Posant une main aux doigts minuscules et ongles bien entretenus sur la joue d'un serein Stagy au lent souffle de sommeil, Photon se pencha pour déposer un doux baiser sur le bout de son nez et un autre bisou tout autant délicat sur le haut de sa pommette avant d'en rougir d'émotion non-feinte. Il était toujours si palpitant de découvrir la peau d'une nouvelle conquête !

« Stagy, Stage, Stag, cerf de la petite scène, éveille-toi, regarde-moi et ouvre oreille à ma missive, une requête d'importance pour laquelle tu seras peut-être chevalier sauveur...» un murmure langoureux aux tympans de l'intéressé, aussi suave que pouvait l'être une fée.


*en français dans le texte
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Ancien Perdu
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MessageSujet: Re: Comedia dell'arte   Ven 27 Mai 2016 - 0:15

S'il y avait bien une personne que la pluie ne dérangeait pas, c'était bien Stagy. Outre le fait qu'il était d'excellente humeur depuis son épopée renversante dans ce lieu qu'on appelait à présent le sanctuaire,  où il était d'ailleurs retourné plusieurs fois; pour l'inspiration, il se trouvait que la chaleur l'avait incommodé au plus au point, et qu'un peu de fraîcheur ne pouvait être que salutaire. Actuellement il dormait du sommeil des justes, au creux de son hamac, le cœur tranquille et l'âme apaisée, dans les doux bras de Morphée.

Ah, le bonheur d'un pyjama cotonneux et un drap chaud!
Ah, jouissance extrême!
Il rêva de couleurs et de merveilles, de poésies et de contes, un doux sourire au bord des lèvres. Malheureusement cela ne dura point très longtemps puisqu'il sentit un contact humide sur son nez, et son visage se froissa... le rêve tournait noir et gris. Un autre sur la tempe, et il se réveilla en sursaut, avec un petit cri, envoyant voler une petite luciole plus loin. L'air hagard, Stagy papillonna des yeux et frotta les endroits où il avait senti des baisers sur son visage. C'était si réaliste! Mais le garçon avait une vue qui baissait de jour en jour à force de lire dans le noir, alors en pleine nuit il n'y voyait goutte.

Juste cette petite lumière blanche qui émanait autour d'une petite créature. Le Diplomate regarda ses camarades. Tout était tranquille, aux respirations profondes et lentes, pas un mouvement. La nuit avait été merveilleuse pour tous, semblait-il! Enfin, elle l'était encore pour tous ceux qui ne se l'étaient pas vue abréger brusquement. Quoiqu'un bisou n'était pas tout à fait ce qu'on pouvait qualifier de brusque, mais bref, passons. L'esprit embrouillé, Stagy ne réussit pas à créer le moindre alexandrin, mais sa prose était plutôt sympathique.

Holà, bonsoir, gent damoiseau ! que me vaut l'étonnement de me voir réveiller par vous? Vous ai-je un jour offensé de quelque manière ?

Il s'était redressé et avait posé ses mains sur son drap qui lui arrivait à présent au ventre. Sur ses lèvres brillait le sourire des convenances. Il se voulait courtois même au réveil, cette fée ne lui avait après tout pas hurler dans les oreilles. Au contraire il croyait même l'avoir entendu dire mille politesses, mais il n'était pas sûr de saisir la démarcation entre son songe et la réalité, de ce fait il n'était certain de rien.

Stagy bailla.
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MessageSujet: Re: Comedia dell'arte   Dim 5 Juin 2016 - 13:08

Une main de Goliath envoya valdinguer la fée à travers l'ombre; traînée violet-mauve qui fila comme une comète dans l'air nocturne et ne dut sa survie qu'à l'agilité de ses ailes qui papillonnèrent et le stabilisèrent.

Chassé comme un insecte agaçant, giflé par son nouvel amant pour s'être, peut-être, montré trop passionné dès les premiers instants...Baissant ses yeux lilas, Photon porta les doigts à sa joue et les fit glisser jusqu'à son menton, faisant doucement crisser les quelques poils fins de son bouc sous le bout de ses ongles. Il n'était pas blessé si ce n'était d'amour-propre et s'en remettrait sans doute aucun, mais il aurait souhaité que ce beau Cerf lui alloue une chance un peu plus longue de se prouver à lui.

« Holà, bonsoir, gent damoiseau ! que me vaut l'étonnement de me voir réveiller par vous? Vous ai-je un jour offensé de quelque manière ? »

Petite lueur rosée sur les joues d'une fée intimidée. Le bravache de tout-à-l'heure était bien loin à présent et seule demeurait cette petite créature rougissante qui osait à peine croiser le regard du gentilhomme de qui elle avait si outrageusement abusé alors qu'il était encore plongé dans un profond sommeil.

« Vous parlez bien... » murmura le Précieux en réponse, se flagellant de la familiarité avec laquelle il avait parlé à Stagy dès son arrivée. Qu'était-il advenu des belles manières enseignées par William, Ronsard ou Musset ?

Photon voleta lentement, avec hésitation, jusqu'au bord du hamac sur lequel il s'accroupit, ses ailes y déposant une infime couche pailletée lorsqu'elle l'effleurèrent. Le petit aristocrate s'inclina ensuite légèrement, en vertu de la bienséance et du respect.

« La raison de cet entretien secret est que je viens pour notre Roi, notre beau Roi Peter, Roi Soleil, Fier Monarque. » une minuscule langue rose vint humidifier ses lèvres sèches d'émotion « Tous les jours je vais le voir mais il est si triste que ça me brise le cœur. Je voudrais le faire rire, sourire d'une farce, mais mon âme appartient davantage à la tragédie, poésie et romans d'amour qu'à la comédie. » il grimpa sur les jambes du Garçon, celles-ci toujours couvertes par son linge de lit, et implora « Mais toi Stagy ! On m'a dit que tu étais un coeur de Molière, alors aide-moi, je t'en prie, aide-moi à faire rire notre Roi ! » à genoux, il serrait le tissu du drap entre ses petits poings. « Et même si notre collaboration ne devait être qu'amical, je m'y asservirais et garderais mes baisers pour d'autres. »






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MessageSujet: Re: Comedia dell'arte   Jeu 23 Juin 2016 - 17:42

Stagy devait plissait les yeux pour distinguer les traits de cette créature ailée blonde et barbue qui rougissait et se dandinait face à lui. S'il ne venait pas de se réveiller, il aurait eu un sourire amusé, mais il avait un peu de retenue, ne désirant pas vexer le gentilhomme-fée. Les cloches tintèrent et Stagy les comprit, bien sûr.

- Je vous suis fort gré de ce compliment, et je vous le retourne, j'ignorais qu'il existât de fée aussi distinguée que vous, monsieur.

Le courtisan vint s'asseoir sur le bord du hamac et fit un exposé de ce qui l'amenait là. Le Diplomate tentait de l'écouter avec grand sérieux, bien qu'il fût malheureusement un peu distrait et encore engourdi par ce brave Hypnos. Son drap étincelait de la poudre de fée qui y avait été délicatement parsemée. Le garçon souffla doucement, en prenant bien garde à ne pas diriger cette expiration vers la fée pour ne pas l'incommoder.
L'idée était intéressante. Brillante même.
Il était vrai que les pleurs de Peter étaient de nature à émouvoir quiconque passerait à sa fenêtre, et ils n'étaient pas de ceux qu'on peut aisément oublier et masquer de bouchons d'oreille puisque la fine pluie était due elle même à ce grand chagrin.

- L'idée est plaisante, mon ami... Permettez-vous que je vous appelle mon ami? Comment vous nommez vous, messire fée ?

Stagy était évidemment ravi de pouvoir utiliser ses mots favoris sans que personne ne lui jette des détritus à la figure ou l'envoie paître à coups de vertes insultes, aigrelettes comme des pommes pas assez mûres.

- Ecoutez je suis réellement flatté que vous ayez pensé à moi, hélas je ne sais si je serai à la hauteur. Ma foi, il faut bien essayer... Ne connaissez vous point un endroit à l'abri des oreilles indiscrètes où nous pourrons en toute liberté dialoguer de vive-voix?

La Comédie se leva doucement de son hamac sans faire de bruit en faisant attention à ne pas envoyer balader Photon. Se tournant pudiquement il ôta son pyjama pour enfiler des habits plus seyants, puis tendit son bras vers la fée.

- Je vous en prie, installez vous confortablement, si vous êtes fatigué, ainsi nous ne perdrons pas de vue dans l'épaisse nuit obscure et opaque.
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MessageSujet: Re: Comedia dell'arte   Lun 1 Aoû 2016 - 12:14

Les rumeurs s'étaient avérées correctes car rarement Photon avait entendu pareil langage au Grand Arbre. Cela était comme du miel à ses oreilles, ces jolis mots parlés par la voix humaine - et donc grave à ses oreilles de fée - du beau Stagy.

« L'idée est plaisante, mon ami... Permettez-vous que je vous appelle mon ami? Comment vous nommez vous, messire fée ? »

Ami ? Réellement, d'un homme aussi raffiné ? La petite créature n'y croyait pas et sentit le rose de ses joues s'accentuer à cette idée. Avec cela c'était certain, tous les autres résidents du Palais seraient verts de jalousie en le voyant devenir si important pour les grands ! Un ami de leur représentant le plus littéraire, d'égal à égal avec un érudit. Les yeux de Photon se mirent à briller.

« C'est beaucoup trop d'honneur ! » il porta dramatiquement un bras à son front « Mais j'accepte, Ô Dieu, oui j'accepte. Nous serons amis et co-auteurs de l'œuvre éternelle qui rendra le sourire à notre Roi. » pour peu, il aurait été prêt à faire un câlin au Diplomate. « Et tu peux m'appeler Hamlet le Poète, c'est mon nom d'artiste et de scène. »

« Écoutez je suis réellement flatté que vous ayez pensé à moi, hélas je ne sais si je serai à la hauteur. Ma foi, il faut bien essayer... Ne connaissez vous point un endroit à l'abri des oreilles indiscrètes où nous pourrons en toute liberté dialoguer de vive-voix?

Pas à la hauteur ? Le fée du retenir une moue horrifiée à ces mots, comment un si bel esprit pouvait-il avoir si peu confiance en son talent ? C'était impensable et d'une tristesse absolue. On pouvait être grand écrivain inconnu de son temps mais gagner en renommée par la suite, à l'instar de Beaudelaire, il fallait simplement croire et poursuivre dans sa création coûte que coûte. Il veillerait à exprimer son admiration et ses encouragements à son partenaire d'écriture afin qu'il ne perde point toute confiance en soi car cela serait une pire tragédie que toutes celles de Racine.

Mais avant même que la fée puisse dire quoique ce soit, le Garçon se débarrassa de ses vêtements, lui tournant le dos mais exposant ainsi la pleine surface de ses omoplates à ses reins. Se masquant le visage de ses paumes, Photon scintilla plus fort, ses ailes d'un joli mauve venant s'envelopper autour de son petit corps. Le gens de son espèce n'étaient pas pudiques et lui-même très peu, mais la lecture lui avait appris différemment des mœurs humains pour lesquels la nudité était une question bien plus délicate. Déjà qu'il avait embrassé Stagy - à deux reprises ! - sans son consentement, il aurait paru trop fougueux de l'observer se changer.

« Je vous en prie, installez vous confortablement, si vous êtes fatigué, ainsi nous ne perdrons pas de vue dans l'épaisse nuit obscure et opaque. »

Déroulant ses ailes et risquant un coup d'oeil à travers ses doigts, la fée grimpa sur le bras du Diplomate et l'escalada jusqu'à venir s'asseoir sur son épaule. Ses mains agrippaient le tissu de son vêtement de sortie et il faisait preuve du plus de nonchalance possible.

« Je sais où nous pouvons aller. C'est un long chemin et je n'y amène personne d'ordinaire, mais toi Stagy tu es spécial et je sais que je peux te faire confiance pour garder mon savoir. C'est mon sanctuaire, sur la plage, ma bibliothèque dans une grotte cachée. »

Très peu de gens avaient eu le droit à visiter ce lieu, là où Photon entreposait ses possessions les plus chéries, ses livres dont l'originel qui était l'anthologie de Shakespeare, avec cette gravure de William pour qui il avait eu l'immédiat coup de foudre.






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MessageSujet: Re: Comedia dell'arte   Jeu 11 Aoû 2016 - 16:18

Ces tintements étaient doux comme du séraphin, plaisante musique aux oreilles, à laquelle le chant des oiseaux n'avait vraiment rien à envier. Stagy se trouvait enfin face à un littéraire comme il se devait, il en était heureux. Rien à voir avec les énergumènes habituels, connus pour leur inculture et leur indélicatesse. Le diplomate n'aurait jamais cru qu'une fée aurait été l'interlocuteur le plus digne qu'il puisse avoir sur cette île vantée comme "merveilleuse".

― Oh, vous avez donc lu Shakespeare? Cela ne m'étonne pas de vous, et ce nom de scène vous sied à merveille! Hamlet est ma pièce préférée de lui, d'ailleurs.

Trouvez les flatteries excessives dans ce discours, il y en avait bien quelques unes. Néanmoins le garçon était globalement sincère. Il se lissa doucement les cheveux, les aplatissant superbement, et, la fée sur le bras, sortit de la cabane endormie, discret comme une souris enrubannée. Son nouvel ami était vraiment charmant, et courtois, et il ne pouvait que se sentir énormément flatté d'avoir le privilège d'apercevoir sa collection de livres. Car des livres, on en voyait pas beaucoup au Grand arbre! Lui même commençait à se lasser de ceux qu'il possédait.

― Je lis Jules Verne en ce moment, connaissez-vous son oeuvre, messire Hamlet?

Il progressait lentement dans la nuit, aidé par la lumière éclatante produite par la petite fée blonde, c'était bien pratique. Il savait bien où se trouvait la plage. C'était un endroit dangereux, on le disait souvent. Mais Stagy se sentait en sécurité avec un tel acolyte, et prêt à discuter littérature autant qu'il le faudrait. Il était en réalité excité comme une puce à voir cette fameuse bibliothèque privée, et bien sûr à s'entretenir avec Photon pour cette pièce de théâtre qui serait à coup sur époustouflante.

Son coeur battait à la chamade rien que d'y penser.

― Avez vous peur?

L'obscurité les englobait largement, et seule la petite halo brillait dans la nuit. Le moindre craquement ou hululement de chouette le faisait sursauter. Ses dents claquaient un peu, de temps en temps.
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MessageSujet: Re: Comedia dell'arte   Mar 6 Sep 2016 - 21:54

Lové dans le creux du cou de ce serf de la grande littérature, la fée profitait de ce moment d'honneur, rougissant de ses compliments de cavaleur. Un beau-parleur mais au miel si bellement formulé que Photon ne pouvait qu'être ému aux larmes.

« Je lis Jules Verne en ce moment, connaissez-vous son œuvre, messire Hamlet ? »

La petite créature, aurait-elle été un chat, qu'elle aurait ronronné son contentement jusqu'à en faire vibrer l'Île toute entière. La réalité n'était pas si loin car la fée se mit à bourdonner doucement, son carillon excité cédant place à la langoureuse vibration. Enfin quelqu'un reconnaissait son érudition et son talent ! L'appelant par le plus beau des noms après celui de William...

« Tu parles comme un prince, mon Cerf. » un bref coup de vent le fit frémir et Photon s'enveloppa de ses ailes mauves « Mais je t'avoue connaître bien peu de l'œuvre de cet homme tant les poètes et les génies plus anciens accaparent mon âme. Mais je ne puis qu'admirer le florissant talent de notre ami Jules Verne dans ce que j'ai pu croiser de lui. »

Peut-être que, songeait la fée, peut-être que Stagy lui partagerait ses lectures comme il s'apprêtait à dévoiler les siennes. À cette pensée, à cette perspective de pouvoir réellement partager son enthousiasme avec un être qui le comprendrait, la noble et minuscule créature sentit une lumineuse béatitude s'emparer de son âme.

« Avez-vous peur ? »

La simple mention de frayeur fit éclater Photon d'un rire de mille clochettes. Il nageait bien trop dans le bonheur d'avoir trouvé un si merveilleux acolyte pour même imaginer la peur.

S'envolant d'un bon souple, il tournoya et pirouetta devant le Diplomate, faisant danser la lumière - qu'il contrôlait - autour de lui comme un danseur à rubans.

« Pas de peur, pas de peur ! » il continua à rire, gorge déployée et ailes scintillantes de paillettes « Suis-moi, beau Stagy, nous y sommes presque, allons lire aux vagues et aux étoiles. »

Sur cette dernière tirade, la fée fila à travers les arbres, tâchant de ne pas semer le Garçon.






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MessageSujet: Re: Comedia dell'arte   Lun 19 Sep 2016 - 23:53

Stagy rayonna de plaisir, oubliant pour quelques instants le battement insistant et lourd de son coeur au creux de sa poitrine. Ah de grâce, il aimait bien qu'on le targue de prince! et de cerf, aussi! En fait, il appréciait beaucoup qu'on l'apprécie (justement) à sa vraie valeur. Et les compliments était encore un petit extra qu'il goûtait avec délice. Quand deux êtres semblables se rencontrent, ils sont soit amenés à se traiter de tous les noms, chacun jaloux de l'autre qui lui est tant similaire. Le cas échéant, les deux personnes fascinées ne tarissent pas d'éloges l'un l'autre, puisqu'on ne les satisfait pas de ce point de vue là en société; quand on est content de soi-même on remarque aisément ses propres qualités en miroir chez les autres, et on peut les aimer comme les haïr.

Photon et Stagy étaient ainsi faits pour se rencontrer et se flatter réciproquement dans le sens du poil. Leur culture n'avait d'égal après tout que leur fierté de l'étaler et de la partager avec autrui. Pour de vrai, le diplomate aurait aimé avoir Jules Verne en ami, même si c'était impossible scientifiquement comme humainement parlant.

- C'est tout autre chose, mais j'apprécie personnellement beaucoup son style. Je préfère infiniment lire les épopées plutôt que de les vivre!

Mais Photon n'avait pas peur.
Peut être que les deux garçons n'étaient pas si égaux après tout.
Stagy se prit à avoir honte d'être moins courageux qu'une fée, puis se reprit en se disant qu'après tout il n'y avait rien qui stipulait que les fées étaient des êtres inférieures. Il se maudit même, dégoûté d'avoir pu penser ça de son ami. Il inspira profondément et bomba le torse.

- Ah! Et bien, moi non plus, Hamlet, je n'ai pas peur
Et si jamais venaient à retentir mes pleurs
Ce ne serait que par pur et intense bonheur.


Et hop! Les petits alexandrins (quoique la césure n'était pas bien marquée) aux rimes suivies. La Comédie se mit à suivre le prétendu sosie de Shakespeare, d'un pas plus rapide, presque courant mais point tout à fait (élégance, toujours! ). Ils parvinrent rapidement à la plage, où un peu essoufflé le brun demanda:

- Si vous êtes poète, alors pouvez vous vous vanter d'avoir été inspiré jusqu'à écrire quelques vers? Me les feriez vous entendre ou entendre?

Il tâtait le terrain, se demandant s'il pouvait bien avoir de la concurrence.
Ah l'odieux hypocrite égocentrique!

- Il me tarde d'arriver à votre bibliothèque messire.
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MessageSujet: Re: Comedia dell'arte   Ven 2 Déc 2016 - 13:12

À la douce rime des alexandrins, Photon voltigea en arrière, rejoignant celui dont les lèvres avaient exprimés ces quelques vers de circonstance. Battant des cils, la fée croisa les bras contre son cœur.

« Oh Monsieur ! Je vous avais pensé parnassien dans la poésie mais voilà ces belles émotions dans votre bouche ! Je suis ravi, je suis aux anges. Pas que j'abhorre Heredia ou les élégants poèmes antiques du Comte mais il n'y a rien de plus beau que le sentiment ! »

Arrivé à la plage, le petit aristocrate décrivit un large cercle par-dessus le sable et admira les étoiles d'un ciel enfin dégagé, la surface de l'eau traversée de lune et s'emplit de l'odeur iodée du bord de mer.

« Si vous êtes poète, alors pouvez vous vous vanter d'avoir été inspiré jusqu'à écrire quelques vers? Me les feriez vous entendre ou entendre? »

Un rouge de framboise monta aux joues de Photon qui atterrit sur un rocher en s'entortillant les mains. Dans le lavande de ses yeux, bien qu'il fit bien trop sombre pour le voir, dansait une lueur humide.  

« Je ne sais si j'ose. Tu sais, mon Cerf, je ne suis qu'une fée initiée aux arts des humains, alors comment me prétendre leur égal. »

La petite créature ne pouvait faire comme à son habitude lorsqu'elle souhaitait impressionner son public, elle ne pouvait attribuer à sa plume les vers d'autres. Le Garçon saurait, il était lui aussi érudit. Et même si la notion du vol d’œuvre figurait peu dans les mœurs des fées, celle-ci savait que ce n'était pas une chose honorable.

« Soit. Si les poèmes à ma muse sont trop intimes, entends donc ces deux vers composés en l'honneur du plus grand Casanova que j'ai pu connaître.
Doux et si sucré comme le miel de l'abeille
Teinte blé d'or pour mieux ressembler au soleil


Ce sont des alexandrins comme avant les tiens, mais j’affectionne aussi la poésie en prose. »


Se reposant un instant, couché sur sa large pierre, les ailes étalées et les iris perdus et mélangés aux étoiles, Photon frotta sa barbe à peine visible et demanda d'un ton lourd de passion :

« Et toi, beau prince ? Un homme comme toi possède bien une muse à lui ? »

Naïve curiosité d'une jeune et mignonne fée qui jouait à l'humain.






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Dernière édition par Photon le Jeu 4 Mai 2017 - 18:34, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Comedia dell'arte   Dim 15 Jan 2017 - 23:08

Stagy était bien content. S'il avait été un paon français en colère il aurait dit "honhonhon" et aurait paradé. Mais il n'en était pas un et il se contentait d'admirer la divine étendue marine. L'écume délicate ourlait les tendres vaguelettes, un sourire béat était né sur les lèvres du garçon. Il avait la chair de poule, Stagy, l'air venait chatouiller ses mollets découverts par son pantalon trop court. Ses poils étaient hérissés, il serrait ses coudes à en avoir les jointures des mains toutes blanches, mais, indéniablement, il se sentait bien.

― Je ne sais si j'ose. Tu sais, mon Cerf, je ne suis qu'une fée initiée aux arts des humains, alors comment me prétendre leur égal.

― Là, là, cher ami, ne vous dépréciez point de la sorte ! Vos mots sont un nectar, un baume à mon ouïe et mon coeur.

Mais qu'est ce que Photon s'exprimait bien ! Un vrai régal ! A force de temps passé sur l'île, Stagy avait fini par s'habituer aux larrons qui déblatéraient ineptie sur ineptie dans leur langue rugueuse barbare et désagréable. Il avait appris à les considérer, à les aimer, même, parfois. Alors, la beauté du langage de Photon lui agrippait le coeur avec violence. Vous savez quoi ? Il en redemandait. Ses yeux pétillaient littéralement, il se délectait, et il en voulait encore. Par chance, la fée s'était répandue en une modestie qui à présent s'envolait bien loin.

― Soit. Si les poèmes à ma muse sont trop intimes, entends donc ces deux vers composés en l'honneur du plus grand Casanova que j'ai pu connaître.

Curieux, le Diplomate se questionna sur l'identité de la muse du Précieux. Sa Muse et son Casanova faisaient-ils corps ? Ou bien la petite créature magique avait-elle au contraire maintes sources d'admiration et d'inspiration ? Il ferma les yeux pour mieux entendre les mots.
Les mots, ça ne se voit pas, ça se sent. Au plus profond de l'âme.

― Doux et si sucré comme le miel de l'abeille
Teinte blé d'or pour mieux ressembler au soleil


Immanquablement, Stagy avait compté les pieds avec un évident et infini plaisir. Tandis que la fée expliquait ses choix, il se récitait dans un murmure les mots. Pour s'en imprégner. Il y avait douze syllabes, c'était parfait. Il renifla pourtant d'un léger dédain quant à la poésie en prose.
Il avait des valeurs, le petit comédien. D'antiques voire vieillotes valeurs, mais il restait attaché au classique; son unique écart en la matière étant Baudelaire.
Mais Baudelaire... ah, Baudelaire.

― C'est tout à fait charmant et ravissant. Par ailleurs, je connais bon nombre d'humains bien moins talentueux que vous, rassurez-vous. Je ne pense pas que vous fées soyez des êtres inférieurs, et encore moins en poésie.

Il soupira doucement, mais la dernière phrase de Photon le fit sursauter comme un beau diable.
Ce fut à son tour de s'empourprer savamment sur la totalité de ses joues. La pénombre baignée d'un léger clair de lune ne permettait pas réellement de voir les couleurs qui naquirent sur son visage, il s'effondra dans son assurance et commença par balbutier faiblement.

― Oh, mais, je, ne...


L'esprit plus qu'embrouillé, Stagy reprit plus calmement, se lançant dans une confession complètement inédite :

― Ma muse se nomme Shark, mais de requin elle n'a que la peau lisse et douce et le tempérament houleux. Nous nous rencontrâmes une belle après-midi ensoleillée dans un lieu atypique et tout à fait poignant. J'écrivis une ode ce jour-là. Toutefois elle ne me laisse point accéder aux douceurs de son âme et ne manque pas de mordant. Je ne désespère pas voyez-vous mais je pense faire un bien pâle courtisan...

Il soupira de nouveau, sa rêverie se retrouvant envahie par la présence de la Sentinelle. Peut-être que le caractère de fée de Photon lui permettait de s'y livrer plus facilement, mais se confier ainsi lui fit du bien.

― Ah, Shark ! Mystère de mes nuits, complexe de mes jours. Las, Sire Photon, je ne sais si vous comprenez mes sentiments pluvieux...
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MessageSujet: Re: Comedia dell'arte   Dim 7 Mai 2017 - 20:59

Les compliments firent frissonner la fée, brouillèrent un instant son esprit de plaisir. Elle était une créature minuscule mais dotée d'un haut narcissisme et d'un faible pour la flatterie comme toutes celles de son espèce. Et puis ce serf, son beau cerf, parlait en des mots qui coulaient tel le miel, l'enveloppant de plaisir non feint.

« Oh, mais, je, ne...»

Ô rougeur délicieuse sur ces joues de marbre, rosissement à peine visible mais qui s'éclaira lorsque Photon approcha, tout empli de son féerique scintillement, fébrile d'entendre la réponse du beau garçon.

« Ma muse se nomme Shark, mais de requin elle n'a que la peau lisse et douce et le tempérament houleux...»

Et la fée se pâmait d'une si belle histoire, vibrant au fil des mots qui résonnaient si tristes en son coeur.

« Ah, Shark ! Mystère de mes nuits, complexe de mes jours. Las, Sire Photon, je ne sais si vous comprenez mes sentiments pluvieux...»

L'aristocrate atterrit sur la veste de l'amoureux affligé, s'accrocha au tissu de ses deux petits poings. Avec les larmes qui débordaient de ses yeux comme des perles de cristal.

« Ô désolation! vie tragique! mais quelle sublime tragédie, justement, est cet amour pour ta muse. »

Battant des ailes et dans la moindre mesure de sa force, Photon tira Stagy en avant, le pressant vivement.

« Tu es parmi les plus vrais des poètes, mon ami, tu n'effleures cette femme que des mots au nom de la souffrance, de l'art et de la courtoisie. »

N'y tenant plus, la fée emmena son poète vers la bibliothèque secrète. Dissimulée à l'intérieur d'un rocher, celle-ci ne possédait qu'une très petite porte permettant tout juste aux livres et à leur propriétaire de passer. Sous sa coquille de pierre, cependant, l'édifice était creusé de galeries où s'entassaient les livres collectionnés.

« Nous ferons rire le Roi, mon serf. Mais d'abord, pour ton talent et ton coeur, je veux te faire un cadeau. Qui est le maître, le grand homme, capable de te faire chavirer à chaque syllabe de son oeuvre ? »






Merci Azel ♥️
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L'Ombre
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MessageSujet: Re: Comedia dell'arte   Dim 10 Déc 2017 - 15:00

The End


Parmi toutes les choses qui surviennent sur notre île,
Et qui le plus souvent, représentent grand péril,
Celle-ci, plutôt modeste en terme de danger,
Est épatante en ce qui concerne l'amitié !


FIN DE L'AVENTURE




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MessageSujet: Re: Comedia dell'arte   

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