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Allan Lorden
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MessageSujet: Deux Visions   Lun 8 Fév 2016 - 19:54


Le temps était lourd. Agaçant même… La brûlure sur la partie gauche de son crâne l’agaçait. Il avait l’impression d’avoir la coiffure d’un de ces démons Peaux-Rouges. Il n’avait déjà plus mal, la blessure en elle-même n’étant que superficielle. Mais les cheveux avaient pris beaucoup.

Allan n’était pas un de ceux qui se souciaient tant que ça de leur apparence, cependant… il n’aimait pas se retrouver avec un côté du crâne rasé.

Les cheveux mi longs attachés, ça allait un peu mieux.

Cette quête afin de ramener les choses à la normale avait de quoi déranger les logiques, celles de l’Inquisiteur. Pourquoi les démons s’alliaient-ils aux humains pour changer la joie trop grande de leur roi ? Ils jouaient. Puisqu’ils ne souffraient pas, alors ils jouaient. Pauvres enfants volés, certains à jamais dévorés par l’île, d’autres dont l’âme s’était doucement échappée et avait conduit au fameux Bannissement.

Les repentis avaient des esprits forts après ce qu’ils avaient vécus, selon le Pirate.  Il fallait toujours laisser une chance à ces anciens damnés.

Mais ceux qui étaient encore dans les mains du démon de l’île, restaient des créatures démunies de leur identité. Des créatures qui n’avaient même plus la faculté de souffrir.

Allan marchait sur le Rivage des Objets Echoués, regardant de temps à autre ce qui se trouvait à ses pieds. Il se pencha lorsqu’il trouva un livre. Ce dernier était sec, mais les intempéries l’avaient malmené.
En l’ouvrant, il comprit qu’il tenait un conte pour enfants.

Il y avait comme une légère nostalgie dans son humeur, bien qu’il soit totalement incapable de donner une raison à ce sentiment apparu de nulle part.

Un peu comme à la caverne, là où ils sont allés chercher ces maudites larmes.

Les textes étaient presque illisibles, les dessins se devinaient. Le titre avait souffert aussi, cependant il se laisser déchiffrer : Le petit Poucet.

Allan ne pouvait pas dire s’il connaissait l’histoire ou non, juste l’image d’une forêt lui vint à l’esprit.
Les mémoires manquaient, heureusement qu’il lui restait au moins son nom et son ombre. Quelques éléments d’avant qu’il avait emporté sur le bateau lors des voyages du Jolly Roger. Il avait laissé une bible précieuse à une Enfant Perdue, parce qu’elle n’avait pas eu les mains brûlées par la bible détruite qu’elle pleurait, lorsqu’il l’avait rencontrée.

Quatre silhouettes semblaient être liées à jamais à ses souvenirs, bien que l’Inquisiteur ne puisse jamais donner leurs noms, leur apparence ni même qui elles étaient réellement. Mais elles lui donnaient parfois l’impression de faire faux. Que les bûchers menaient à autre chose.

Pensées hérétiques sans doute glissées par Neverland.
Ils étaient tous manipulés par cet enfer dont, plus le « temps » passait, jamais ils ne sortiraient.








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Tijl Vangheluwe
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MessageSujet: Re: Deux Visions   Mer 24 Fév 2016 - 21:08

Il fait presque nuit, et pourtant la chaleur ne faiblit pas. Chaud. Lourd. Etouffant. Y a pas le choix.

Pourtant, le climat par ailleurs pourrait être sympa, y a plein soleil la journée et pas un pet de nuage la nuit. Une île paradisiaque, en apparence du moins. Avec un léger soupir, le prêtre s'aventure hors du navire. La nuit sera là dans un certain temps, pour le moment le crépuscule s'éternise. A défaut d'avoir moins chaud au moins le soleil cogne moins. Avec un regard vers le ciel, le flamand secoue doucement la tête. Il ets un peu dépité, faut dire. La canicule, la sécheresse, il en a un peu marre.

- Dis-donc, mon p'tit père, on est plus au temps de Moïse, hein. Être assez désespéré pour cogner des cailloux dans l'espoir d'avoir de l'eau, je t'avoue que je m'en passerais bien.

Tijl arrête de marcher. Attend.

Rien.

- Et puis sérieusement, t'as pensé à tous les gens que ça fait crever ? On est trop nombreux, c'est ça ? Franchement, t'aurais pu trouver un autre moyen.

Là, Tijl baisse la tête et reprend sa promenade. Pas envie de rester sur le navire, tout le monde est à cran lui y compris. Pas dit qu'il puisse rester bonne pâte trop longtemps face aux railleries et aux tensions. Il marche, donc, laissant les traces de ses pas filer le long de la plage. Et il réfléchit, pour ne pas penser à la chaleur qui l'étouffe. Un autre moyen ? Hmm, et quoi ?

- Tu t'es pas trop creusé, n'empêche, hein. Ok, l'inondation, las calamités, la maladie et les météorites, ok, c'est déjà fait. Mais la sécheresse aussi ! J'dois te rappeler ce que t'as foutu dans la gueule du Pharaon ? Ok ça date, mais même moi je suis au courant !

Ah il est bougon, le Tijl. La chaleur, ça l'exaspère. Et puis ses griffes le lancent, ça chauffe sous la peau ces machins là. Ca brûle, il le sent. C'est dire comme ça tape ! Mais heureusement, comme toujours ou presque, la promenade le calme. Là-haut, l'autre barbu trouve toujours le moyen de l'apaiser, à croire qu'il irradie des ondes zen comme Bouddha. Si ça se trouve, ils sont frères. Le prêtre ne sait pas combien de temps il marche, comme ça. Ici, ce n'est pas le genre de truc qu'on peut déterminer. Le crépuscule est toujours présent en tout cas. Et puis finalement, plus loin, une silhouette.

Que ce soit un indien ou un pirate, ou encore un gars du port, il s'en fout pas mal. Il ne déviera pas pour autant et tendra la main si possible. La seule chose dont il est sûr, c'est qu'il ne s'agit pas d'un enfant perdu : trop grand. Et puis au fur et à mesure qu'il s'approche, son impression se confirme : pas un enfant, en effet, mais un pirate. Tijl sourit un peu en reconnaissant l'homme. L'Inquisiteur. Et il semblerait que le rivage des objets échoués lui ai fait un cadeau : l'attention du matelot semble tout à sa trouvaille.

- Ahoy. Tu as trouvé ton bonheur ?

C'est dit d'une voix bourrue mais avec un sourir dedans. C'est dit alors qu'il est encore à quelques metres, pour que le matelot puisse le jeter ou le cacher s'il le veut. Et qu'il ne lui saute pas à la gorge non plus s'il ne l'a pas senti venir.

Être prêtre et se faire prendre pour un démon, ça serait quand même assez con.






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MessageSujet: Re: Deux Visions   Lun 7 Mar 2016 - 15:06

La voix qui vint briser les pensées du matelot fit redresser la tête de ce dernier. Allan reconnu alors Tijl, le prêtre.
Il avait sursauté, vieille peur ou inquiétude sans doute. Un élément parmi d’autres qu’il ne pourra jamais expliquer. Puisque sa mémoire lui a été volée.

Cette pensée lui donnait parfois le vertige, l’Inquisiteur jetait parfois un coup dôeil à son ombre, juste pour vérifier qu’elle était encore là. Que l’île ne l’ait pas encore dévoré.

Elle renfermait peut-être des connaissances d’avant. Sans doute était-ce ainsi que les démons faisaient pour les tuer à petit feu. Une torture lente.

Allan lâcha le livre, sans hâte particulière, plutôt comme l’on laisserait tomber un caillou que l’on a trouvé beau le temps d’un souffle.
Puis il adressa son attention, il préférait l’accorder à un pirate, le prête qui plus est, qu’à un livre rejeté par l’océan.

Une voix calme se fit enfin entendre venant du matelot, un peu après que le bouquin ait pu atteindre le sol. Une salutation.

- Mon Père.

Il observa un instant l’objet à nouveau délaissé.

- Rien de particulier, juste un livre terrassé par l’eau salée. Je pensais trouver une nouvelle Bible.

Il voulu se gratter un peu le cuir chevelu, ça le démangeait, mais il y renonça très vite. C’était la brûlure qui le dérangeait, il s’empêcha de pester, ça finirait pas guérir. Au moins, ce n’était que superficiel.
Il se tourna alors complètement vers Tijl, le Frère avait une vision différente de la sienne, concernant les êtres de l’île, Allan en était conscient. Mais Tijl restait un prêtre, et l’Inquisiteur était rassuré qu’un homme le soit parmi eux.

- Et vous, vous cherchiez une chose en particulier ?

Le pirate observa un peu les alentours, pour vérifier. Il n’était jamais trop prudent, n’importe quoi pourrait lui lacérer le dos alors qu’il baisserait sa garde.

Cette île était l’Enfer après tout.








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MessageSujet: Re: Deux Visions   Dim 20 Mar 2016 - 3:37

Un sourire, quand tu te retournes vers lui. Tijl est content de te voir. Tijl aurait été content de rencontrer à peu près n'importe qui, mais toi, tu fais partie de ceux avec qui il discute régulièrement. Paraît que ça crée des liens. Son regard suit la déchéance du livre que tu tenais, et il hoche doucement la tête. Être oublié sur l'île des enfants, c'est tout de même bien triste pour justement un livre jeunesse. Quelle ironie.

- Où est passée la tienne ? Tu l'as perdu ?

Tijl ne s'embarrasse pas de formalité, mais grimace parfois un peu devant le ton formel que tu as toujours. C'est une chose à laquelle il se fait par à coup, selon le jour et l'humeur. Aujourd'hui, il aurait préféré de la simplicité. Demain, peut-être que cela l'indifférera. Mais il ne s'y attarde pas. L'information sur ta Bible manquante capte davantage son attention. Il ne t"imagine pas l'égarer par inattention, ni l'abimer ni.. Ni rien. Il t'imagine plutôt en prendre soin, la protéger de l'humidité, la veiller, la consulter souvent. Tijl la voit plutôt comme ton éternelle compagne, celle que ne remplaceront jamais les catins du port.

A ta question, le Frère hausse vaguement une épaule et regarde autour, comme en quête de quelque chose. Et pourquoi pas ? Il faut juste qu'il commence à chercher ce qui pourrait être l'objet de cette fameuse quête.

- J'ai suivi mes pensées, mes pas m'ont guidés. Je fuyais la chaleur, et la nervosité du pont. Une quête de sérénité, peut-être ? Pour être honnête, P'pa est un peu frustrant parfois avec sa manie de nous envoyer des épreuves pour nous forcer à nous dépasser.

Léger silence. Tijl se demande s'il lâche une provocation supplémentaire. Ce qu'il fait, avec un sourire amusé et en te regardant dans les yeux.

- Je le soupçonne de s'amuser, en fait. Un peu comme nous on regarde des chiots jouer, et leur relancer plus loin et toujours plus loin les bâtons pour qu'ils les retrouvent.

C'est souvent un grand sujet de conversation entre vous, pas vrai ? Dieu. Tijl connait ta ferveur, qu'il apprécie autant qu'il la redoute un peu. Elle est tellement guindée, tellement figée. Sans doute que ces paroles auraient été blasphème à tes yeux si elles avaient été dites par quelqu'un d'autre qu'un homme de foi. Oh, quoique. C'est peut-être un blasphème ici aussi. Il faudra qu'il te demande ton avis là-dessus : les prêtres peuvent-il blasphémer ? Ce serait encore une formidable discussion théologique, sans doute.






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MessageSujet: Re: Deux Visions   Lun 4 Avr 2016 - 11:36

Egarer une Bible… c’était idiot. Mais le matelot se félicitait que ce ne soit pas le cas. Il n’avait pas ce désordre dans la tête.
Tout était à sa place.
Toutes les pensées étaient logiques, accrochées au monde dans lequel ils progressaient. Dans lequel il fallait survivre. Et c’était bien compliqué, avec tous ces pirates qui se laissaient avoir par ces démons. Qui ne voyaient pas que les sbires de Peter Pan étaient maléfiques, du moins, tant qu’ils restaient au service du démon volant.

C’était difficile de protéger les siens.
Zane lui avait donné du fil à retordre, mais le monstre Peau-Rouge semblait avoir perdu de l’estime de l’Ancre.

Heureusement. Ça avait été une soirée compliquée, mais qui finie plus ou moins bien. Sans compter la blessure superficielle avec laquelle Allan avait fini.

Les paroles de Tijl avaient un fond de blasphème aux oreilles de l’Inquisiteur, cependant, le Frère était prêtre. Il savait sûrement ce qu’il disait. Sûrement. Allan n’aurait pas pu dire pareille pensée, lui n’était qu’un fidèle. Pas un être ayant reçu la connaissance de mener les paroles saintes.

Il osait s’avouer que l’image lui parue comme amusante, une image presque enfantine. Dans sa vie passée, il aurait sans doute apprécié que l’homme de dieu de sa petite ville soit Tijl. Ses enfants auraient mieux compris sans doute. Mais du passé, il ne restait pas de souvenir net. Plus rien.
Alors il ne put pas s’en rendre compte.

Heureusement qu’il ne restait rien.

- C’est une manière de nous faire avancer, ce doit être exaspérant pour Lui lorsqu’il est confronté à ceux qui cultivent la paresse.

Un dernier regard sur le livre au sol avant de s’en éloigner un peu pour venir à la hauteur de Tijl, gardant bien sa capuche sur la tête.

- Je n’ai pas égaré ma Bible, je… je l’ai donnée à quelqu’un qui en avait besoin.

Bras croisés, les yeux sombres dans le lointain de l’océan.
Parfois, il avait cette sensation désagréable, comme s’il était séparé de quelque chose d’important. Qu’il devait être vers cet élément manquant et pas ici.
Allan Lorden avait été père avant, mais il ne s’en souvenait pas. Cependant, des réflex ou des pensées demeurait de cette partie de lui.








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MessageSujet: Re: Deux Visions   Sam 16 Avr 2016 - 16:04

Tijl a un nouveau sourire en voyant la retenu de l'homme. Non, pas de remarque. Non, il n'a pas osé montrer au prêtre son propre blasphème. Parfois c'est amusant, parfois agaçant. Aujourd'hui, Tijl a presque envie d'en rajouter, de le secouer. De le forcer à sortir de sa zone de confort, ou tout est scellé et sous contrôle. Parce que le contrôle que l'on possède sur l'île, il est justement bien moindre que ce que l'Inquisiteur s'imagine. A moins que ce ne soit justement sa parade ?

- La Paresse est un des péchés capitaux en effet. Mais il en est de même pour la colère et son fardeau de haine et de violence. Ou la luxure, cet abandon dans le plaisir charnel comme on en voit tant le faire avec les filles du port.

C'est presque fourbe. Tijl sait très bien que la plupart des pirates -y compris Allan- ne sont que de simple hommes. Les temps sont rudes, et il ne peut demander à ces âmes rêches et déjà si malmené de se conduire avec perfection. Et d'ailleurs, le prêtre ne le veut pas. Ce serait si mort, si terne. Si rigide et parfait. D'un geste large, le flamand montre l'île autour d'eux.

- Nous ne pouvons tout garder sous contrôle ici. Cette île ne nous en laisse aucune chance. Mieux vaut s'adapter, les règles ne sont pas fixes, ni rigide comme dans une cité ou un pays civilisé. Le démon a bien des formes, mais il en est de même pour Dieu. Il peut même se cacher dans le regard d'un enfant.

Tijl incline la tête, et te regarde longuement. A qui donnerais-tu ta bible ? A qui cèderais-tu cet objet si important pour toi ?

- Je n'ai vu nul pirate avec ta Bible, ni au port ni sur le Jolly. A qui donc peux-tu avoir fait ce don ?

Posant son bras sur toi, Tijl t'entraîne en reprenant sa marche. Viens donc, viens parler, viens échanger. Tu peux refuser, bien sûr. Le flamand n'est pas du genre à forcer la main. Mais il ne lui semble pas que tu déclinerais cette invitation. Va savoir, peut-être se trompe-t-il. Il arrive parfois à te percevoir comme un ami, mais parfois comme un simple étranger. Difficile de savoir comment tu le considère et quelles sont ces limites invisibles. Tijl a beau te connaître depuis longtemps, tu es bien trop souvent une page indéchiffrable à la trame changeante comme le vent. La Foi donne la connaissance et l'illumination, mais aussi l'aveuglement.






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MessageSujet: Re: Deux Visions   Dim 22 Mai 2016 - 11:56


Le Prêtre répondit, parlant des péchés capitaux. La Paresse en faisait partie, tout comme la Luxure. Ce dernier point, Allan ne pouvait le démentir. Lui-même ne faisait pas exception, mais d’un point de vue personnel, il se jugeait déjà bon de ne pas s’adonner à des pratiques barbares. Celles du viol, appliquées par des collègues. Lorden estimait ses congénères, mais n’approuvaient pas cette facette spécifique à certains. Ils avaient une maison close, il ne voyait pas la nécessité de copuler de force avec des sbires du démon de l’île. À moins que le problème soit celui de l’argent ? C’était possible. Cependant, le Matelot n’approuvait toujours pas.

Reconnaissant son péché de chair, bien que l’opium puisse s’y ajouter s’ils étaient liés, l’homme eut un discret sourire désolé en retournant ses yeux sombres sur le livre qu’il tenait plus tôt.

Lorsque Tijl fit un grand geste démonstratif, le pirate releva la tête afin de suivre des yeux ce qui était désigné.

Les paroles du Frère sont dures pour l’esprit d’Allan. La fin de cette réplique fit froncé les sourcils du Matelot. Il soupira légèrement, constatant encore plus dans quel enfer ils étaient piégés depuis déjà bien longtemps… qu’avaient-ils laissé derrière eux ? Qui étaient-ils au départ ? Avant de massacrer des enfants. Des pirates, s’attaquants à d’autres hommes, à des bâtiments riches, mais pas des malheureux enchaînés à une terre. C’était contradictoire. Des pirates attachés à la terre…

Un enfer de marins sans doute…

Mais Tijl n’avait pas tort. Allan l’avait vu, un enfant avait pleuré une bible détruite, et n’avait pas eu les mains brûlées par la sienne.

Alors que l’Inquisiteur avait l’esprit ailleurs, repensant à l’épisode de la Sylve obscure, les paroles du Prêtre le ramenèrent à lui. La question était intéressante, pour quelqu’un qui savait le pirate loin d’être prêteur. Loin d’être bienveillant pour ceux qui vivaient sur l’île. Allan hausse légèrement les épaules, mais il sent un bras l’emporter sur une marche. Surpris, il tourne les yeux sur le Frère. C’était bien lui après tout, on était bien loin des hommes de Dieu qui habitaient les connaissances du Matelot. Le pirate n’avait pas cette froideur. Froideur qui un jour avait fait demander à un enfant « pourquoi ont-ils l’air si triste et sévère tout en noir, alors que Dieu est une joie ? ». Une phrase qui ne vint pas à l’esprit d’Allan, cela appartenait au passé. À ce que l’île avait dévoré.

Le pirate marchait alors aux côtés de Tijl, abandonnant le livre qui évoquait étrangement de la peine.

- Vous l’avez dit vous-même, Il peut se trouver dans le regard d’un enfant. Ses mains n’étaient pas blessées par le saint livre, et sa peine me paraissait réelle.

Un temps, l’Inquisiteur ne savait pas vraiment s’il devait en parler ou non. Mais l’esprit portait à vouloir en dire un peu, au moins pour le besoin étrange de se justifier.

- J’ai donc... offert ma Bible à cette enfant. J’ose espérer ne pas m’être trompé, elle était d’un fin ouvrage et semblait porter une partie de mon histoire.

L’histoire qu’il n’avait plus, dévorées par le Pays de Jamais.

Camille, une petite fille d’une demie dizaine d’années, qui n’avait pas eu le temps de grandir. Ce prénom ne signifiait plus rien pour l’homme, juste une consonance de tristesse. Le cœur serré, un brin de haine. C’était peut-être mieux, ne pas se souvenir de l’horreur qui s’était présentée à ces yeux. Le jour où le souffle de l’enfant, s’en était allé dans les bois.

- Cet objet précieux avait de toute manière, le don de m’attrister.

Un air faussement détaché, l’Inquisiteur restait sûr de sa manière de penser. Bien qu’il y voyait des exceptions…

- Cet endroit cherche à nous éliminer, mais nous y sommes prisonniers… depuis bien longtemps.








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Dernière édition par Allan Lorden le Mer 20 Juil 2016 - 12:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Deux Visions   Ven 10 Juin 2016 - 0:28

Tu le suis, et intérieurement Tijl soupire de soulagement. Il te préfère ainsi, ouvert et patient. Ton âme parfois revêche a le don pour l'attrister de tant d'aigreur. Tes mots sont lourds de sens, pour qui te connait, et de la curiosité brille dans les yeux du Frère. Une curiosité bienveillante, comme on s'étonne de voir l'enfant répliquer avec des airs de grand. C'est porteur d'espoir, c'est rafraichissant. Tijl, c'est un peu le père des pirates, parfois. Ou en tout cas il s'en sent responsable, souvent. N'est-il pas ici pour guider leurs âmes et apaiser leurs craintes ? N'est-il pas ici pour écouter et soutenir ?

- Une enfant ? Une enfant du jeune Roi, ou une enfant des bois ?

Une Garçonne, ou une indienne ? Ce n'est pas qu'une question de couleur de peau, ce n'est même pas du tout ça. C'est une question de clan. De symbolique. Peut-on vivre près du Démon mais être touché par la grâce, dans ton monde ? La grande main calleuse du prêtre reste ancrée dans ton dos, mais pas sans une brève pression de fierté. Allan, tu grandis. Tu changes. C'est minime, c'est une exception, mais cela ne rend la chose que plus belle.

- C'est un don précieux que tu as fait. Alors pourquoi cette réserve, quand tu en parles ? Tu peux être fier de ce geste bon. N'est-ce pas justement l'un des préceptes que Dieu nous enseigne ?

Offre, Allan. Offre, et ouvre toi. Vois comme Dieu est bonté, et non pas que de sang.

- Nous sommes ici en danger, oui. Et pourtant, on y apprend. On y voit des choses que nul part ailleurs ont ne pourrait découvrir. D'autres diraient que l'on s'enlise, ici, à s'ancrer sur terre et à combattre des enfants. Mais n'est-ce pas pourtant le contraire ?

Grave, la voix a cette chaleur tranquille que Tijl a si souvent quand il prêche ou même simplement qu'il essaye de parler de cœur à cœur. Ça roule sans éclat, ça résonne sans assourdir.

- Nous sommes des hommes d'éternité, d'aventure sans fin et d'horizons infinis. Pourtant, nous voici cloîtré ici, sur une petite île, sans pouvoir en échapper. Nous sommes de feu et de poudre, l'arme au poing et de la bravoure plein le cœur. Mais au lieux de fiers ennemis, de géants, nous affrontons des enfants. Des êtres d'innocence, des âmes que nous devrions chérir et protéger. N'est-ce pas la une belle leçon de courage que d'être capable de cela ?

Même pour lui, ce n'est pas une chose simple. Tijl se souvient avoir souffert de ses premiers combats ici. De sang pour sous estimer son adversaire ou vouloir l'épargner, et d'âme de devoir achever une vie à peine entamée. Il lui avait fallu du temps pour comprendre que la mort ici n'est que la délivrance et le retour au Père.

- Dieu est avec nous, toujours. Il est simplement parfois un peu retors et joueur.

Juste un peu un vieux con. Mais ça, même Tijl ne le dit pas devant toi. Pas aujourd'hui, alors qu'il a la possibilité de discuter avec toi. Un autre jour, peut-être.






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MessageSujet: Re: Deux Visions   Mer 20 Juil 2016 - 13:15

Les oreilles partagées entre les mots du Frère et les vagues régulières de la la mer. De cet Océan qui paraissait si près et si loin à la fois, cet océan qui ne servait plus à naviguer. Pour un marin, voilà l’Enfer.

- Une enfant du Démon. Comme tous ceux qui lui obéissent.

Un temps faible, las peut-être. Comme si même l’esprit d’Allan portait déjà la fatigue de rabâcher encore et encore cette histoire. Cette haine, ce monde absurde. Si absurde. Une partie de lui aurait espérer voir un visage d’avant, un visage connu parmi ces enfants emportés par le démon volant. Cela aurait été insupportable et une délivrance à la fois. Juste se dire que ce qui avait été vu… n’avait été qu’une illusion. Qu’au moins, il n’y avait pas eu cette scène de rite sorcier.

Le Pirate avait ça en lui, mais ne pouvait pas décrire de quoi il s’agissait. Il ne pouvait pas dire ce qu’il avait vu. Il ne pouvait pas expliquer la véritable raison, la machination cachée derrière le pouvoir de la religion, le procès de l’absurde. Juste pour se débarrasser des éléments perturbateurs. Ce qui impliquerait aussi de massacrer des enfants innocents, juste pour rendre une accusation plus crédible.

Non, Allan ne se souvenait de rien. Cela faisait déjà bien trop longtemps que l’île avait tout pris. Seuls des sentiments agissaient, seules des explications absurdes avaient fait leur chemin jusqu’aux pensées. L’Inquisition avait gagné. Alors que d’où Allan venait… elle n’existait déjà plus.

Les paroles de Tijl revinrent au Pirate. Même si ce dernier scrutait attentivement les alentours, en quête d’une bible, il écoutait.

Un soupir s’échappe des lèvres du Matelot tandis qu’il pense enfin à quoi répondre à la suite. Le danger a toujours fait partie de leurs vies à tous. Ils ne seraient pas des Pirates si ce n’était pas le cas.

L’Inquisiteur avait remarqué le ton du Prêtre, celui des prêches. Ça ne ressemblait pas à l’image qu’il avait toujours eue en tête. Dans ces cathédrales froides.

Les paroles l’avaient surpris, c’était cela qui avait porté les yeux sombres sur l’homme de Dieu à ses côtés.

- Si certains sont encore des enfants, qu’ils se repentissent avant d’être encore plus damnés. Cela fait déjà bien longtemps que je ne me soucie plus de ce que je combats. Ils font semblant de ressentir la douleur, pour nous peiner. Pour nous faire culpabiliser de s’en prendre à des enfants. Alors que temps qu’ils seront sous les ordres du démon, ils ne seront plus des bambins innocents à chérir.

C’était ferme, mais la voix ne s’était pas élevée. Ce n’était que l’assurance de ses propres dires. Le cerveau lavé par les multiples mécanismes de l’oubli, par les mélanges de la croyance et du passé dévoré.

- J’ai fait un don précieux, j’espère ne pas m’être trompé sur la personne qui en a hérité. Il y avait une chose manuscrite, de ma main apparemment… je m’en suis toujours voulu de ne pas avoir pu me souvenir de quoi il s’agissait. Que signifiaient les mots que j’avais moi-même inscrits ?

Les yeux repartirent observer le sable, s’attardant sur quelques bouquins, espérant trouver des restes du passé.

- Dieu doit grandement s’ennuyer pour s’acharner sur nous… sur cette nouvelle guerre absurde.

Las, l’estomac serré. L’évocation de l’inscription avait soulever le mal, impossible de trouver l’explication, la corrélation entre des mots manuscrits et un malaise. Une peine qui semblait vouloir faire gerber l’Inquisiteur.








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MessageSujet: Re: Deux Visions   Lun 1 Aoû 2016 - 0:02

Tijl avait hoché de la tête, quand tu avais avoué. Un enfant du Démon. Vraiment ? Un sourire bienveillant et il t'avait laissé du répit. Ton humeur semble bien sombre, et s'il y a une chose qu'on apprend entre toutes au séminaire, c'est de se taire. Le silence, oui, pour laisser la place à l'autre. Allan a besoin de vider son fiel, et le prêtre est agréablement surpris de voir qu'aujourd'hui il se prête au jeu. Alors il te laisse parler, te laisse aller telle la marée.


Tijl a un léger sourire à ce qu'il perçoit comme de l'impatience chez toi. Qu'ils se repentissent ! Mais le propre de l'égaré n'est-il pas justement de ne pouvoir le faire lui même ? Un instant, Tijl se demande si justement tu ne te contrains pas à cette cage d'amertume et de haine pour pouvoir supporter tout cela. Après tout, il est parfois plus simple de se défendre contre l'Ennemi que de simplement vivre des chemins différents. Avec la Haine comme épée et la Peur comme bouclier, P'pa sait qu'on peut endurer bien des choses..

- Ces mots sont-ils si importants ? N'est-ce pas peut-être une époque révolue, puisqu'il t'a semblé bon de les confier à cette enfant sans les relire une nouvelle fois ?

Le prêtre observe le monde autour de vous, cette douce quiétude qui pourtant est une denrée rare.

- L'île n'est pas infinie, et le monde est petit. Peut-être auras-tu l'occasion de revoir cette petite fille. Peut-être aura-t-elle ce livre que tu lui a offert, ou bien les mots en mémoire.

Il soupire doucement quand tu craches ta bile sur le pépère là-haut et hoche doucement de la tête malgré tout son amour pour son père. Un vieux con, oui. Parfois, totalement.

- Après tout, il nous a fait à son image. tel père tel fils. N'a-t-on pas eu dans l'histoire de nombreuses guerres pour une raison somme toute futile ? Tel père tel fils. Amour et ennui à la fois, ce n'est pas incompatible malheureusement. Mais amour toujours. De ça, il faut en être certain.

Là, il te regarde un peu en biais, et a ce doux sourire sans faille. Un sourire de certitude.

- C'est parfois un vieux con un peu louche, mais au final ce n'est pas un mauvais bougre. C'est l'âge, et il a ses lubies comme beaucoup de petits vieux, la gâterie en moins.

Oups. Le "vieux con" est sorti tout seul.






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MessageSujet: Re: Deux Visions   Mar 25 Oct 2016 - 17:37

Le son des vagues qui s’échouaient, avait un quelque chose d’apaisant. Allan écoutait les dires du Prêtre. Sans savoir s’il était d’accord ou non, un sentiment mélancolique rôdait un peu dans l’esprit. Un sentiment sans racines, elles avaient été rongées par l’Île il y avait déjà des années.

Les paroles de l’homme de Dieu semblaient si justes, et pourtant l’Inquisiteur n’y trouvait pas forcément ce qu’il souhaitait. Il ne l’aurait trouvé nulle part, de toute manière. Jamais la main divine ne serait venue écrire sur le sable qu’il fallait brûler tout Neverland, tuer chaque être sans ombre, et ainsi les Hommes de la mer pourraient repartir chez eux. Cela ne se passerait jamais ainsi.

Et puis… chez eux, certes, mais où et… quand ? Le monde avait peut-être bien continué sa course, quelle année s’y passait à ce moment ?

Parfois, Allan se demandait s’ils n’étaient pas tout simplement morts. Que tout n’était qu’un éternel cercle visant à garder les âmes ayant péché. Un Enfer plus doux que celui montré sur les portes des Cathédrales. Ces bas-reliefs, Allan s’en souvenait. Cela n’apportait aucune réponse à ce qu’il avait bien pu être auparavant. Avant même de rejoindre le Jolly Roger. Il n’y avait plus que des ombres, de vagues sensations sans sources pouvant les expliquer. Des raisonnements sans cause.

Il se souciait un peu de cette Bible offerte, mais quelque chose lui soufflait qu’elle avait déjà été offerte bien avant le temps de l’Île, qu’il n’en était pas le possesseur initial de toute manière. Et pourtant, le Pirate savait qu’il n’avait jamais volé un livre sacré. Il en avait toujours eu.

Les derniers mots de Tijl firent retourner les iris sombres sur le Frère, le matelot en était très surpris en un sens. Jamais, jamais cela n’aurait pu être prononcé. Ces termes semblaient si blasphématoires. Mais c’était comme si c’était permis, venant de Tijl Vangheluwe.

- Je l’espère tout de même meilleur que la plupart des Hommes, notre Père.

Le pied de l’homme buta sur quelque chose. Le matelot s’arrêta, il se pencha et saisit l’objet. Un autre livre, un peu plus épais, pas dans un excellent état, et toujours pas une Bible. Juste des contes. Allan retira le sable parasite, sans pouvoir obtenir un résultat parfait, avant de poursuivre.

- Dieu apprécie-t-il vos termes ?


Il ne s’agissait absolument d’une remise en place, l’Inquisiteur ne le pouvait pas face à un Prêtre. Juste de la curiosité.








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MessageSujet: Re: Deux Visions   Lun 7 Nov 2016 - 0:17

Grand et serein, le sourire que Tijl t'offre quand tu te tourne soudain vers lui. Non, il n'avait pas fait exprès d'insulter le Seigneur. Mais au fond, n'est-ce pas un peu vrai. Il y avait de l'amour dans sa voix pourtant, quand il l'avait traité de vieux con. Il te sourit, oui. Avec un air de dire que tu t'alarmes pour rien, que tout va bien.

- Meilleur, oui. En tout cas je pense qu'il essaye. Il a beau avoir ses lubies, c'est un vieil homme qui a vu bien des choses et peut sentir le trouble ou la lumière dans les coeurs. Imagine le un peu comme un vieux sage excentrique dont les yeux ridés et la longue barbe blanche cache autant d'excentricité que de sagesse.

Léger silence.

- J'espère qu'il se rase, ceci dit. S'il la laisse vraiment pousser, depuis le temps, il doit marcher dessus.

Tijl............. Fallait-il vraiment faire ce genre de commentaire ? heureusement que toi tu continues et que tu relèves le débat. Ou pas. Quoique si, tout de même. Et ça lui fait plaisir, au prêtre. Tu ne t'es pas encore braqué, vexé, ou Dieu sait quoi. Tu es ouvert, tu questionnes, tu apprends. Comme l'enfant que tu sera toujours aux yeux aimant du Très-Haut.

- Je ne sais pas s'il les aime. Mais même si ce n'est pas le cas, faut-il que je m'empêche de les dire ? Il nous a donné la liberté de pensé, et notre volonté propre. A quoi bon, si c'est pour nous empêcher de nous en servir ? Ne serait-ce pas hypocrite ? Et je doute que tu le penses ainsi.

Un sourire en coin, et Tijl se dit qu'il faudrait arrêter de te taquiner, un jour. Ouais.. Un jour.

- Et toi, qu'en penses-tu ? Que penses-tu de lui, comment l'imagines-tu ? Je sens que ma vision de Papa heurte la tienne, bien souvent. Apprends moi, comment vois-tu les choses ?

C'est l'inversion des rôles. Parce que tu l'intéresses, et que le Frère croit profondément en l'échange, et au dialogues.






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MessageSujet: Re: Deux Visions   Lun 2 Jan 2017 - 12:22

Tijl avait la position du prêtre, celle que Allan respectait d’office. Mais parfois il doutait un peu, ou devait surtout réfléchir à la manière de voir. Chercher à comprendre le point de vue du Frère. Ce n’était pas si difficile, le seul réel détail qui titillait, c’était les réactions face aux êtres de l’Île.

La remarque de Tijl fit froncer les sourcils à Allan, plus d’étonnement que de désaccord, il n’était pas habitué à entendre de l’humour sur Dieu. Il était plus accoutumé à un Dieu que l’on craignait, et pourtant qu’on disait être d’amour.

La réflexion sur la pensée avait tout de vrai. L’Inquisiteur ne se voyait pas protester sur la volonté propre de l’Homme, mais il serait plus frileux sur la volonté d’êtres manipulés comme tous ceux qu’il désignait de démons. Quoi qu’il en fut, Allan devait admettre que le Prêtre avait parfaitement raison.

Il se contenta alors de hocher la tête légèrement, caché dans la capuche qui couvrait la marque laissée par les eaux bouillantes.

À l’interpellation de Tijl, Allan releva les yeux sur son interlocuteur. Presque surpris qu’on lui pose cette étrange question. Selon lui, on ne pouvait pas réellement représenter Dieu. Que ce soit par l’esprit ou les icônes.

L’Inquisiteur était de confession protestante dans le passé, aujourd’hui il ne pouvait pas savoir de quelle branche du christianisme il se trouvait. Peut-être faudrait-il analyser des détails, portait-il une croix ou un crucifix ?

Quoi qu’il en soit, il observa un instant le ciel avant de répondre au Prêtre.

- … Jamais je ne l’ai réellement imaginé. Il n’est simplement qu’une lumière pure.

Il n’y avait jamais eu de place pour la fantaisie, dans le monde ordinaire. Il n’avait jamais pu essayer d’imaginer. Ça ne se faisait pas, il devait rester sobre. Très sobre. Il en était de même pour les pensées.

Et l’Inquisiteur poursuivait sa quête d’il ne savait trop quoi, dégageant quelques objets dans le sable.

- Je me demande surtout si un jour, il finira par nous laisser retourner d’où l’on vient. J’ai cette impression d’avoir laissé quelque chose derrière moi. J’aimerais pouvoir exorciser les fantômes d’avant, mais nous sommes coincés ici.

Ton monotone, retournant divers éléments de la pointe du sabre.

Un esprit perdu dans plusieurs choses à la fois. Croyances, sorciers, démons, passé. L’Île dévorait tant, il ne possédait presque plus que son ombre.








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MessageSujet: Re: Deux Visions   Mar 28 Fév 2017 - 1:33

Une Lumière Pure. Voilà une réponse intéressante, mais sans doute trop.. Impersonnelle alors qu'au contraire elle l'est sans doute terriblement ? Tijl prend le temps de réfléchir à ton commentaire, et ne veux pas te donner une réponse à la va-vite. Mais c'est toi qui continue d'avancer et le prend de court, pour une fois. Un air fataliste s'affiche brièvement, et à ta mélancolie il ne peut compatir.

- Et si les réponses, les vraies, étaient cachées en toi ?

De la main, le prêtre montre le livre que tu tiens.

- Regarde. Il est plein de sable et le temps ne l'a pas épargné. Il y a des couleurs en moins, peut-être même une page ou deux qui est arrachée. Pourtant, l'histoire reste la même, et il suffirait de lire ce livre avec quelqu'un pour forger des souvenirs ensemble. La question ici, la vraie, n'est pas d'avoir une histoire crédible mais de pouvoir passer un moment avec quelqu'un. Tes démons sont peut-être des choses que tu peux exorciser ici. Ou bien peut-être est-ce pour pouvoir le faire que Papa t'as fait venir ici, sur l'île. Il a une fâcheuse tendance à vouloir faire évoluer et avancer à travers d'épreuves un peu agaçantes. Comme Jésus et la croix. Ou Abraham et le sacrifice de son fils. C'était extrême, quand même.

Léger silence. Puis.

- Est-ce que tu aimes Dieu, ou est-ce que tu le crains ?


AH. La petite question facile, glissée entre le fromage et le dessert. Bah oui, hein, facile. Bien sûr. Mais ça le travaille, un peu. Il a l'impression que ta vision du gugus là-haut est beaucoup plus exigeante et hiérarchique.






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MessageSujet: Re: Deux Visions   Ven 21 Avr 2017 - 17:52

Que vois-je ?




Soudain, une vague s'élève face à vous. Elle parait vouloir vous embrasser, pourtant elle se contente de déposer devant vos pieds une carcasse abîmée, avant de repartir... La carcasse est celle d'une sirène morte, fracassée contre les rochers. Le sang de son crâne défoncée poisse ses cheveux blonds et son corps est couvert de blessures noirâtres. Ses orbites vitreuses semblent vous fixer et sa main, grise, parait vous appeler...



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