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Scorch
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MessageSujet: The Sound of Silence   Dim 17 Jan 2016 - 0:16

Nous sommes au Grand Arbre, lors d'un après-midi dominé par un soleil d'été.
Dans les cabanes, les Perdus s'affairent à leurs jeux favoris, la plupart ayant terminé leurs tâches de la journée. Quelques Chasseurs sont encore en traque, et les derniers Récolteurs finissent leurs récoltes, tandis que les Sentinelles surveillent tout ce petit monde qui rentre progressivement à la maison.
Dans les hauteurs, Scorch est allongé sur un long hamac installé entre deux branches, à côté d'une passerelle qui relie le secteur des maisons des Grimpeurs et celui des maisons des Livreurs. À sa gauche se trouve la plate-forme, à sa droite se trouve le vide, mais il n'y prête pas attention ; quand on vit dans les arbres, on finit par s'habituer au vertige.
Il n'aime pas trop faire la sieste. Il aime bien dormir, mais uniquement la nuit, car pour lui, le sommeil symbolise une forme de récompense à la fin d'une journée de travail ; un point de vue qui lui est resté de son passé d'ouvrier du début des années 1900. Un passé désormais bien éloigné.
Il croise les bras derrière sa tête et regarde le ciel à travers le feuillage sans vraiment penser. Il donnerait beaucoup pour ne pas s'être fait mordre par ce crotale-planeur ce matin, au retour d'une mission de routine. Cette sale rencontre s'est terminée sur une paralysie de sa jambe droite, et il a dû sautiller sur un pied jusqu'à l'Infirmerie pour qu'on s'occupe de sa plaie et qu'on le rassure sur les effets possibles du venin de l'animal. Fort heureusement, ils sont bénins : sa jambe s'est remise à bouger depuis quelques heures – même s'il ressent encore quelques fourmis, et le seul autre symptôme est une légère fatigue.

Pour s'occuper quelques secondes, mort d'ennui, il se tâte le mollet en se contorsionnant sur le hamac. À trois centimètres au-dessus de sa cheville, un bandage est enroulé et couvre deux trous rouges qui teintent le coton. Les restes collants des produits et pommades qu'on lui a appliqué sont encore visibles, et donnent un aspect sale à sa blessure. En poussant un énorme soupir, il repose sa tête, ferme son unique œil et essaye de s'endormir. Pour de bon, cette fois.

C'est calme, songe l'Allumé.
Pas de cris d'enfants qui chahutent, pas de bruits de pas aux alentours, juste le sifflement d'un vent frais qui passe entre les feuilles et vient chatouiller son visage rougi par la digestion de son déjeuner, ainsi que de distantes discussions qui peinent à lui parvenir.
Définitivement trop calme.
Il a une expérience d'ancien, le Diplomate. Le Grand Arbre est rarement aussi paisible durant l'après-midi, et quand il l'est, cela veut généralement dire qu'il se passera quelque chose dans peu de temps. Persuadé par son instinct, il tend l'oreille, attentif au son du silence.






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Pretty
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MessageSujet: Re: The Sound of Silence   Dim 17 Jan 2016 - 21:09

Pretty poussa un soupir épuisé, essuya les quelques gouttes de sueur qui perlaient à son front d'un revers de bras. Il avait passé la journée à stocker des bidons tout en s'assurant que l'eau ne croupissait pas : un travail crucial, mais ingrat et beaucoup plus fatiguant qu'on le l'imaginait. Il n'aimait pas vraiment quand Freckles l'assignait à cette corvée.
La Fausseté s'étira les muscles du dos, dans le vain espoir d'en chasser les douleurs persistantes qui s'y étaient glissées. Il grimaça en constatant qu'il aurait besoin d'une bonne nuit de sommeil, au minimum, pour que les courbatures disparaissent.
Franchement, il préférait quand il était chargé de s'assurer de la présence des fées près des cours d'eau, afin de prouver que ladite eau était saine, ou bien quand il devait distribuer sa ration d'eau à chaque Garçon Perdu se rendant dans la Jungle. Ou encore quand il faisait le tour des Cabanes pour s'assurer que chaque dose d'eau avait été réparti correctement. Cela demandait généralement moins d'efforts. Généralement.
Enfin. Cela ne servait à rien de se lamenter sur sa condition.

Pretty, qui avait par conséquent achevé ses tâches de la journée, s'échappa donc rapidement de la réserve avec pour objectif d'aller se reposer dans sa Cabane. Il considérait avoir amplement mérité un temps de repos.
Il trottina tranquillement, grimpa  le long du Grand Arbre, encore et encore, jusqu'à atteindre le quartier des Livreurs. Un parcours au début un peu compliqué mais auquel on se faisait très vite à force de l'emprunter matin midi et soir.

Là, la jeune fille qui n'en était pas vraiment une remarqua aussitôt une ombre familière allongée sur un hamac, lui-même perché presque tout à fait au-dessus du vide. Pretty cligna des yeux, les plissa ; ralentit ; puis s'arrêta.
C'était Scorch !
Il était blessé, non ? Il avait un bandage au niveau de la jambe, sur le mollet. Un bandage sacrément... Gras, en un sens. En plus d'être coloré d'un rouge discret, on voyait la quantité apparemment monstrueuse de pommade qui avait été appliqué sur L'Allumé. Ce n'était pas très beau à voir.
Pretty demeura un moment immobile, interdit et surtout hésitant. Il pencha pour le pour et pour le contre quelques secondes durant avant d'enfin se décider.

Il siffla. Brièvement : juste ce qu'il fallait pour être remarqué, sans être trop insistant non plus. La Fausseté croisa le regard du géant et l'analysa de long en large.
Il paraissait tout au plus fatigué. Peut-être ennuyé, aussi. Mais il n'avait pas l'air de souffrir pour un sou.
L'inquiétude de Pretty se dissipa lentement mais sûrement tandis que l'échange silencieux perdurait. Un sourire satisfait éclaira son visage tandis qu'il reprenait son chemin.

Jamais de paroles, avec Scorch. Juste des regards. C'était bizarre, mais même ainsi La Fausseté avait l'impression de bien connaître le Diplomate. De bien s'entendre avec lui, même. Il espérait que ce ne soit pas justement qu'une impression.

Pretty !

L'intéressé se retourna derechef, curieux. Il inclina la tête sur le côté en observant un Perdu arriver à sa hauteur, essoufflé suite à sa course pour le rattraper.

Hm ?
Freckles veut te voir. Apparemment t'as oublié de signaler un bidon rempli d'eau plus bonne à boire.

La Fausseté fronça imperceptiblement les sourcils.
Il avait fait une erreur dans son travail ? Impossible. Tout bonnement. Il avait passé trop de temps à vérifier si l'eau déjà stockée n'était pas déjà croupie pour s'être trompé quelque part. Enfin. Si c'était Frecky-chou qui le disait.

Ok. Son ton était un peu cassant, même s'il faisait des efforts pour masquer sa vexation. Néanmoins sa voix demeurait modulée, cristalline. Féminine. Il est où Frecky-...Freckles ?

...Préserver la dignité de son chef auprès des autres Perdus. C'était important.

Il t'attend en bas !

Pretty hocha la tête avec sérieux. Malgré tout un peu contrarié.
...Très contrarié.
Il effectua le chemin inverse en cogitant fortement. C'était vraiment trop bizarre.
Le Livreur était le genre de personne qui exécrait l'échec. Et, par extension, les erreurs. Il était mauvais perdant, aussi. Mais dans la situation présente, ce qui était important, c'était qu'il avait loupé un bidon d'eau croupie. Alors qu'il avait tout passé au peigne fin.
Puis, maintenant qu'il y pensait.
Ce n'était pas vraiment le genre de Frecky d'envoyer un messager rapporter ce genre de choses à l'un de ses enfants, non ?... Il le voulait le gronder ?
Étrangement, la chose lui paraissait un peu invraisemblable. Il y avait un truc qui clochait.
Pretty toucha pied à terre, s'aventura un peu plus loin en regardant alentours s'il ne repérait pas la bouille rousse de son Chef.

Fausseté.

Le nommé se figea.
Oh, purée.
Pretty était un idiot.
Il se retourna, lentement, sourire plaqué aux lèvres, crispé.
Face à lui, trois garçons. Deux frères, un ami commun. Tous bien connus de La Fausseté.
Ce dernier recula d'un pas.
Ils avancèrent d'un pas dans un même temps.

N'espère pas t'échapper cette fois...! S'exclama l'un d'entre eux, nommé Balky.

A vrai dire, il n'était pas rare que Pretty s'attire les foudres des Garçons Perdus.
Souvent pour des raisons justifiées.
Parce qu'il n'était pas toujours de bonne humeur, pas toujours aimable, pas toujours gentiment joueur.
Mais surtout parce que certains d'entre eux appréciaient moins bien que d'autres d'apprendre que ce qu'ils avaient cru être une charmante demoiselle était en vérité un garçon qui s'était visiblement bien payé leur tête.
Le trio faisait d'ailleurs partie de cette dernière catégorie.  Plus encore : à cause de l'effet de groupe, ils s'encourageaient l'un l'autre à coup d'adorables : "vas-y, attrape-le ce pédé !" ou encore "tu vas pas le laisser s'en tirer comme ça ? Il s'est bien foutu de notre tronche le p'tit con !". Les aléas de la vie, en somme.

Le jeu du chat et de la souris durait depuis une semaine déjà.
Pretty s'étant bien débrouillé pour échapper aux trois Sentinelles jusqu'alors.
Et voilà qu'il se faisait avoir, comme une andouille.
Il aurait dû remarquer plus tôt les yeux fuyants et l'attitude nerveuse du petit messager de tout à l'heure. C'était tellement évident, maintenant qu'il y repensait.

Il y eut un long silence. Il n'y avait plus vraiment besoin de s'étaler en piques et moqueries. Tout avait déjà été dit un nombre incalculable de fois.
Aussi, la réaction la plus spontanée du livreur fut de détaler sans demander son reste. Et ce fut tout aussi naturellement que le trio s'élança à sa poursuite. Ils connaissaient les règles du jeu, à force.

Bon. Il était temps de réfléchir à un plan de survie, à présent.
Pretty sprinta jusqu'à une échelle relativement stable qu'il avait l'habitude d'emprunter, y bondit lestement et grimpa avec rapidité -avec la force du désespoir surtout.
Ses poursuivants perdaient un peu d'avance. Mais étaient encore loin d'être semés.

Il y avait bien Freckles. Pour le sauver. Mais Freckles avaient quelques doigts, disons, inaptes à l'utilisation en ce moment. Une bagarre lui était donc tout sauf recommandé. Puis, de toute façon, il n'était visiblement pas dans le coin. Auquel cas Pretty aurait très vite entendu le rugissement du Lionceau retentir contre les Sentinelles qui osaient embêter un de ses Perdus.
La Fausseté, monté sur une plate-forme, couru à toute vitesse en ligne droite ; sans vraiment réfléchir à la direction qu'il prenait.

Pit aurait également été bien utile en ce cas-là. Il n'aurait jamais laissé une délicate demoiselle se faire méchamment tabasser. Malheureusement, Le Joker avait un don inné pour ce qui était du timing. Du timing pour arriver quand il ne le fallait pas et disparaître lorsqu'il était le plus utile, bien évidemment.
Pretty tourna brusquement, prit un peu à la déroute les trois Perdus. Il entendait les pas de leur course précipitée tambouriner sur le bois avec vacarme.

Et Laila ?  Maman ? Avec son autorité et sa place de Mère, elle n'aurait aucun mal à remettre en place ces vilains. Mais Pretty ne voulait pas l'embêter pour un rien.
Enfin, rien. Tout était relatif.
Les poursuivants l'insultaient copieusement derrière lui. Avec tout leur amour.

Le livreur repensa à Boy. Elle, elle aurait mis une bonne raclée à ses cadets... Non ?
Sinon, il y avait toujours Soul... En fait, non. Mieux valait éviter de le mêler à ses ennuis, lui. Le Chef des Soigneurs prendraient sûrement soin de les rouspéter tous les quatre, de toute façon.
Et Bergamote ?... Non, une coccinelle géante, ça n'allait pas secourir un enfant sous prétexte qu'il faisait partie de ceux qui s'occupaient d'elle. Encore faudrait-il qu'un insecte soit capable de reconnaître quelqu'un qui lui avait rempli l'estomac de nombreuses fois. Dommage. Sa taille aurait bien aidé Pretty, pourtant.

La Fausseté écarquilla tout à coup les yeux. La taille. Géant. Qu'il était bête !

Le Livreur pila net, prenant par surprise ses agresseurs qui ralentirent de fait quelque peu ; puis il prit un tournant qu'il avait dépassé quelques mètres plus tôt.
Les Sentinelles reprirent de plus belle leur course, visiblement pas lassés pour un sou de toujours poursuivre cette tignasse blonde. En un sens, leur détermination était admirable.


Sans crier gare, alors qu'il allait effectuer le dernier tournant menant à son très potentiel sauveur, Pretty fut retenu par une pression particulièrement douloureuse au niveau de crâne. Du cuir chevelu, pour être plus précis.

Je l'ai !!

On venait de choper sa chevelure à pleines mains. Et de la tirer sans une once de délicatesse.

Pretty fut littéralement plaqué sur le sol. Il courrait trop vite, on tirait trop fort. La contradiction de ces deux forces l'avait complètement déstabilisé et l'avait envoyé par terre.
Le Livreur, sonné, fut victime d'un premier coup de pied dans les côtes. Il poussa un gémissement peu glorieux. Furieux et rapidement réveillé par la douleur, il frappa à son tour : il envoya sa jambe heurter les bijoux de famille de l'un des Sentinelles. La réaction fut immédiate et plutôt plaisante à voir. La victime s'écroula en tenant le fameux paquet entre ses mains, le tout en jurant bruyamment.

Putain ! Empêche-le de bouger ! Ordonna le plus âgé d'entre eux. Balky. Encore lui.

Pretty se débattit de plus belle.

S'il criait, est-ce qu'il l'entendrait ? Est-ce qu'il pouvait le déranger pour ça, au moins ?
La Fausseté encaissa un poing dans l'estomac qui lui coupa le souffle.
Ok, bon. Il pouvait le déranger pour ça. Très largement.

Pretty envoya son poing au hasard, ne toucha jamais que le bras d'un des deux survivants, avant de parvenir à remplir ses poumons. Balky grilla bien rapidement quelle était son intention et porta sa main à la bouche de la jeune fille qui n'en était pas vraiment une. Avec un temps de retard, malgré tout.

SCORC-HMPH

Quel cri de détresse élégant.
Pretty mordit les doigts de Balky, qui réagit aussitôt en lui administrant un violent coup sur le visage. Le Livreur lâcha sa prise et s'effondra sur le côté.
Et il voulut se relever, parce que sinon il ne donnait pas cher de sa peau.
Mais il fut trop lent.
Et les enfants se donnèrent à cœur joie.

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Scorch
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MessageSujet: Re: The Sound of Silence   Lun 14 Mar 2016 - 0:59

Dans un premier temps, c'est le grand silence. Excepté le vent, le bruissement des feuilles, et quelques criquets, rien ne parvient à son oreille ; jusqu'à ce que, en symbiose avec le cri d'un oiseau perché à quelques mètres au-dessus de lui, un sifflement humain lui parvient.
Il tourne la tête si rapidement qu'il en desserre quelques bandages, qu'il s'empresse de remettre en place, et distingue, sur une autre passerelle, la silhouette de Pretty.
Pretty, la jeune livreuse.

Comme à leur habitude, comme à chaque fois que leurs regards se croisent, intentionnellement ou non, ils se fixent. Pendant une longue poignée de secondes, elle le scrute, évalue son état, se rassure, pendant que Scorch, de son côté, la regarde d'une manière un peu absente, due à la fatigue et à un vague désintérêt. Ça fait longtemps, maintenant, qu'ils jouent à ce petit jeu auquel aucun des deux n'en comprend le sens. Un langage, un duel, une compréhension mutuelle de l'âme ou juste une pratique idiote ? L'Allumé n'en a pas la moindre idée, et commence à se lasser de tout ça.

Elle s'en va, avec un léger sourire, et sort de son champ de vision en descendant d'une échelle, laissant Scorch à ses réflexions sur cette étrange relation. Réflexions qu'il abandonne bien vite ; Pretty, il y a déjà songé des centaines de fois : pourquoi elle a commencé à le fixer, pourquoi ils ne se parlent pas, pourquoi il ressent cette forme ridicule de timidité lorsqu'il entreprend d'aller lui adresser quelques mots, et cætera, et cætera.

Et puis, le silence revient, toujours aussi mortel et ennuyeux, et toujours aussi inquiétant aux yeux du Diplomate. Il reste vigilant, bien qu'il commence enfin à apprécier ce repos mérité. Avec une allure de grand-père qui se repose dans sa rocking-chair, il met ses mains derrière sa tête et ferme à demi son unique œil, prêt à somnoler.
Mais évidemment, c'est ce moment que choisit le calme pour se dissiper ; plus bas, peut-être même juste en-dessous de lui, un grand vacarme gronde, constitué d'insultes, de cris et de bruits de pas précipités. D'une oreille, il en suit la progression : comme les hurlements d'une meute de singes en migration, l'orage se déplace rapidement, circule sous les cabanes de son étage, et finit même par remonter à son niveau, tout en restant caché derrière les branches et la cabane principale des Grimpeurs désertée.

Dans sa vie d'avant, lorsqu'il travaillait à l'usine, Scorch et ses camarades, qui pouvaient avoir tous les âges, prenaient un grand plaisir à s'inventer un argot local, propre à leur petite communauté. Ils inventaient des mots, trouvaient des expressions pour toutes les situations... Le patron était appelé le Hibou, les nouveaux employés étaient appelés les Cravachés ; lorsque la fumée devenait insupportable, on disait que « Londres avait sorti le manteau », et lorsque qu'un homme se blessait en manipulant mal quelque chose, on disait qu'il avait « caressé les bestioles ».
Et lorsqu'une machine faisait un boucan inhabituel et alarmant...

- ...Y a un chaton dans l'engrenage.

Cela peut parfaitement être un jeu un peu bruyant, mais son instinct lui beugle que le doute n'est pas permis. Il se lève donc, chancelle un brin à cause de sa cheville et ses fourmis dans la cuisse, et se met en marche.
Il se dirige droit vers la source de son inquiétude, avec des enjambées de titan, les poings serrés et le visage fermé : il déteste être celui qui termine les bagarres, et espère vraiment une fausse alerte ; il préférerait être dérangé pour rien plutôt qu'être dérangé pour quelque chose.
Malheureusement...

- SCORC-HMPH

Le temps qu'il prenne conscience de l'appel étouffé, il avait déjà pressé le pas.
Il déboule sur la scène du crime comme une bombe, c'est-à-dire brusquement et sans vraiment prendre garde à ne faire sursauter personne. Quand ses deux pieds s'ancrent enfin sur le sol, face à la mêlée, il ne prend même pas le temps d'identifier les combattants, et hurle crescendo, chaque onomatopée plus sonore que la précédente :

- Wow, wow, wow, WOW !

4 personnes. Balky et Bump, deux frères, Pretty et Tardy. Les deux premiers sont debout et frappent la troisième au sol, pendant que le quatrième est roulé en boule, à l'écart. Tous sont Sentinelles, sauf Pretty. Un beau spectacle.
Les deux frères, en voyant Scorch, reculent presque en sautant à pieds joints. On ne se rend pas vraiment compte, quand on le lit, de l'impression que peut donner une personne de deux mètres vingt ; imaginez qu'un être plus grand que la porte de votre chambre se poste devant vous avec un air hostile, et vous imaginerez un peu mieux le tableau.

- Arrêtez ça tout de suite. Reculez-vous. Encore. Reculez.

Même en colère, l'Allumé reste poli. On est Diplomate ou on ne l'est pas ; il faut avoir les bons réflexes pour pouvoir assumer ce poste.
Son sourcil se fronce, et il considère davantage les enfants : pour Tardy, il n'en sait rien, mais Bump et Balky, eux, ce sont des teigneux. Les bagarreurs, les insolents, les brutes typiques que l'on trouve dans tous les bacs à sable. Et dire que ceux-ci sont censés représenter la police du Grand Arbre. Triste. Il faudrait que Scorch s'intéresse un peu à eux, un jour ; leur violence cache peut-être quelque malaise.
Tardy, recroquevillé sur lui-même, se relève et s'enfuit en geignant. Bump semble hésiter à le rejoindre, mais il est arrêté par le bras de son frère, qui lui lance d'un ton rempli d'orgueil :

- Laisse.

Scorch, le visage tordu d'une grimace irritée et accentuée par une torsion de son unique sourcil visible, souffle des naseaux. Dans le regard de ce gamin, il devine : Balky sait. Balky est pile le genre de sale gosse qui crache sur les autres dans leur dos et qui est très friand des ragots. Il a dû entendre quelque part, via le bouche-à-oreille, que l'apparence de l'Allumé est trompeuse, qu'il n'est en réalité qu'une fiotte qui n'ose pas frapper, qu'il est aussi pacifiste que Flower, ou presque...

- C'est pas tes affaires, Scorch. T'es Diplomate, et nous, on est Sentinelles. Tu sers à rien, alors t'as rien à nous dire.

…Autant de rumeurs qui ne sont que partiellement vraies.
L'adolescent rougit. Il n'est pas réellement touché par cette insulte ridicule, mais il ne peut pas s'en empêcher. Toutefois, malgré son visage rouge, il répond sèchement, sévère :

- Tes réflexions sur les groupes m'intéresse pas, je...

Il n'a pas le temps de terminer.
Comme pour ponctuer son affront, Balky s'approche de Pretty, qui ne s'était pas relevée, et vise son visage avec son pied. Le coup est rapide, mais la réaction de Scorch l'est encore plus, et en l'espace d'un clignement d’œil, le poing du Diplomate est planté dans la trogne de la Sentinelle. S'il avait appris à davantage le connaître, il aurait su que ce qui est le plus à craindre, chez l'Allumé, c'est ses coups de sang.
Raide comme un pic, avec la grâce d'un domino, l'enfant s'écroule, sonné, et le nez détruit. Quelques vaisseaux explosés déversent leur flot hors de ses narines, et quelques gouttes tombent sur les bras de son frère, qui parvient à le réceptionner avant que sa nuque ne heurte le sol. Bump est effaré, la bouche grande ouverte ; si on avait poignardé Balky devant ses yeux, il n'aurait pas réagit d'une manière très différente. Il beugle, pris par la peur et la rage :

- En.. ENCULÉ !

Sans répondre, le Diplomate enjambe Pretty et s'avance en se massant les phalanges. Son but ici n'est pas d'aller frapper le second opposant, plutôt de le repousser, mais la Sentinelle prend le geste comme une menace de mort, et il s'enfuit en soutenant son frangin, qui peine à le suivre et préfère donc se laisser traîner.

- On va le dire à... à Pan, tu t'feras bannir, et ce sera bien fait pour ta gueule !

Il soupire.
A-t-il vraiment bien fait de le frapper ? Aurait-il pu avoir une chance de le calmer par la diplomatie, sans violence ? Encore perturbé par l'adrénaline, il en doute, mais au fond de lui, il sait qu'il y réfléchira plus tard, sûrement cette nuit, quand il cherchera à dormir. Peut-être qu'il aura même un remord ou deux.
Quant à la menace, il ne s'en soucie que peu. Si ils vont vraiment voir Peter Pan, il cherchera à comprendre toute l'histoire, et avec Pretty comme témoin, il...
Oh.
Pretty, zut.

Il s'accroupit immédiatement auprès de la blessée. Dans l'urgence, il ne songe même pas à leur relation, et brise la règle du silence sans vraiment s'en rendre compte ; il se sent trop coupable de l'avoir oubliée, même pendant ces quelques secondes, pour vraiment faire attention :

- Rien de cassé, championne ? Tu veux que je te porte jusqu'à l'Infirmerie ?

Il lève la tête et regarde autour de lui :

- Et Tardy, il est où ? Vous vous êtes fait racketter par ces deux rigolos, c'est ça ?






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Dernière édition par Scorch le Mar 24 Mai 2016 - 11:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The Sound of Silence   Lun 14 Mar 2016 - 20:46

Les coups pleuvaient. Et c'était une joyeuse averse, à laquelle Pretty résistait tant bien que mal, ses abdos contractés dans le vague espoir de diminuer la douleur. Il s'était un peu recroquevillé sur lui-même comme par réflexe, pour mieux supporter le torrent qui s'abattait méchamment sur lui. Et il avait la curieuse impression que ses pensées se faisaient atrophier au fur et à mesure que les secondes s'écoulaient. C'était douloureux. Et c'était la seule chose intelligible qui s'articulait dans son esprit.

Puis la pluie cessa. Comme par magie, tandis qu'une ombre se dressait au-dessus d'eux tel un nuage d'orage. En temps normal, Pretty aurait probablement craint pour lui aussi : son esprit était bien incapable de reconstituer un lien entre celui à qui il avait adressé son appel de détresse et la soudaine venue d'un truc immense apeurant ses malfaiteurs. La Fausseté grimaça, profitant de la distraction pour reprendre son souffle et, pourquoi pas, ses esprits ; remarquant du coin de l’œil que l'un des trois gamins décampait sans demander son reste. La queue entre les jambes.
Lâche.
Cela-dit il aurait probablement fait la même chose à sa place, s'il avait été en capacité s'enfuir en laissant un petit nuage de poussière derrière lui. Ce qui n'était pas le cas, malheureusement.

Le Livreur poussa un petit gémissement et détendit progressivement son corps, comme pour tester ses articulations et voir où la douleur se faisait la plus forte. Les jambes, ça allait... Son ventre malmené lui donnait vaguement l'envie de vomir, par contre. Pourtant, ce furent ses bras qui firent crier l'alerte à son cerveau. Les saletés de gamins avaient tenté de porter des coups à son visage, bien évidemment ; il s'était naturellement protégé comme il avait pu -notamment en usant de ses bras comme d'une barricade ou d'un bouclier. Il en payant maintenant le prix. Mais au moins son visage était sauf.

Il entendait les voix, à côté, sans vraiment les comprendre et sans vraiment chercher à les comprendre, trop occupé qu'il était à faire un bilan général de son état. Peut-être aurait-il dû porter une plus grande attention à ce qui passait pourtant juste sous son nez.

Il ne réagit pas, bien entendu. Il n'en eut pas le temps. Son regard un peu perdu identifia juste un machin qui fonçait à vitesse grand V dans sa direction. En plein dans la face. Il sut simplement que ce serait atrocement douloureux et se crispa.
Mais le machin fut brusquement dévié de sa trajectoire ; les cris n'en furent que plus persistants, ajoutant un mal de crâne au diagnostic de la fausse demoiselle qui grimaça de plus belle.
Il avait évité le pire, cependant. Il n'avait pas à se plaindre.

Il vit l'ombre gigantesque passer au-dessus de lui et s'interposer tel un rempart inébranlable, et étrangement cela le rassura plus que cela ne l'effraya. Un instant passa, une menace, et tandis que l'ombre se perdait dans ses pensées, lentement, Pretty se redressait enfin.
Très lentement.
Il posa ses mains sur le bois sous lui, força avec précaution sur ses muscles douloureux. S'assit comme s'il était devenu une mamie aux articulations grinçantes et peu sûres. Puis il poussa un soupir de soulagement manifeste. Bien. Il était assis. Maintenant quoi ?

L'ombre s'abaissa brusquement à sa hauteur, le faisant un peu sursauter et achevant de dissiper le brouillard dans son esprit. Ses neurones se reconnectèrent entre eux et il réalisa finalement. Scorch ! Il était vraiment venu ! Et il avait même fait déguerpir les vilains pas beaux !
Ce mec était un héros, sérieusement. Une chance qu'il ait été dans les parages.

Puis sa voix résonna. Pretty se sentit un peu surpris.
Ce n'était pas comme si c'était la première fois qu'il l'entendait, sa voix -et à vrai dire, à force, il aurait été capable de la reconnaître en milles... Ou presque. Ce qui le perturbait en réalité, c'était le fait de constater qu'il s'adressait à lui. Cela lui faisait vraiment ridiculement bizarre.

Par contre, à en juger ses paroles, il appréciait un peu moins tout cela. Le Livreur se contenta de froncer les sourcils en fermant les yeux, devant se faire violence pour ne pas divaguer à nouveau. Il se sentait décidément un peu sonné.

▬  Non... J'irai toute seule. A pied. J'aime pas être portée. Une pause. Je vais me reposer un peu là en attendant.

Il prit garde à prendre sa voix cristalline, à se faire un minimum féminine. Un peu. Tout du moins à penser à parler au féminin au besoin, se sentant encore un peu trop bousculé par ces derniers évènements pour réellement prendre la peine de jouer un rôle.

▬  Et Tardy est aussi bête que les deux autres. C'est un mouton. Il a juste eu moins de chance, puisque j'ai eu de le temps de le mettre K.O. lui.

Si seulement il avait eu l'occasion de mettre également une raclée à Balky et à son frangin... Il n'était pas malheureusement pas si bon combattant, mais il ne se cachait pas que l'idée le faisait jubiler.

Ses paupières se soulevèrent et ses mirettes bleutées se posèrent sur L'Allumé. Il paraissait inquiet. Suffisamment en tout cas pour dissiper l'agacement latent du jeune Perdu et lui arracher un petit soupir. Les traits de son visage se détendirent soigneusement et il se pencha en avant, levant son bras douloureux pour ébouriffer les cheveux de Scorch ; un sourire espiègle revenant illuminer son faciès androgyne.

▬  Merci d'être venu....

Son sourire s'élargit.

▬  Scorchou.


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MessageSujet: Re: The Sound of Silence   Ven 6 Mai 2016 - 22:47

- Non... J'irai toute seule. A pied. J'aime pas être portée. Je vais me reposer un peu là en attendant.

Si les circonstances avaient été un peu meilleures, Scorch aurait sans doute souri. Finalement, la fin de ce petit jeu du silence est moins désagréable qu'il n'y paraissait.
Mais Scorch ne sourit pas.
Le ton de la voix de Pretty est différent de toutes les fois où il l'a entendu rire, discuter, jouer et se disputer. Comme une série de notes manquantes, comme un timbre disparu, comme... Si elle était devenue plus rude ? Comme si ces deux gamins l'avaient cassé.
Cette subtile différence, l'Allumé peine à la discerner clairement, si bien qu'il ne réagit pas au caprice étrange de la Livreuse, et accepte son choix sans y réfléchir, une mine pensive assombrissant son visage.

- Et Tardy est aussi bête que les deux autres. C'est un mouton. Il a juste eu moins de chance, puisque j'ai eu le temps de le mettre K.O. Lui.

Sur ces mots, la main de la Fausseté s'avance et lui ébouriffe le crâne, avec la délicatesse de l'enfant qui caresse l'animal. Cette fois, Scorch ose un rictus ; avec les rumeurs à son propos qui se tarissent, les Perdus qui l'apprécient sont plus nombreux, et il a maintenant l'habitude d'être considéré comme le gros nounours de service. Le geste de la jeune fille ne l'intimide donc pas plus que ça. En vérité, elle a plutôt tendance à le rassurer : quand on témoigne de l'affection envers quelqu'un, ça veut généralement dire que ça va bien, non ?

- Merci d'être venu.... Scorchou.

- Scorc-

Ah. Ça, par contre, il n'a pas habitude.
Rendu rustre par l'hilarité, Scorch s'arrache à son contact et se relève. Un rire grave et lent résonne dans son torse et fait vibrer ses narines ; ses lèvres, elles, restent scellées, déformées en un large sourire.
Il baisse les yeux sur elle. Elle semble tellement loin, maintenant qu'il est debout et qu'elle est par terre... L'adolescent soupire : tout compte fait, la fin de leur jeu n'est pas si joyeuse que ça. Il avait passé de longues heures à imaginer le caractère de Pretty. Il l'avait imaginé avec toutes les qualités, tous les défauts et toutes les passions : tendre comme un ange, agaçante comme une teigne, méchante et bête, gentille et intelligente, bricoleuse et rêveuse, sportive et triste... L'intérêt du jeu était là, pour lui. Avoir une amie sans la connaître est un exercice passionnant pour l'imagination. Et voir le mystère se dévoiler aussi brusquement, à cause d'un incident aussi désagréable... C'est presque dommage.

- Bon, je te laisse par terre, alors, puisque c'est c'que tu veux.

Mais il y a encore quelque chose qui le dérange.
En le réalisant, sa bonne humeur s'évapore lentement, et ses interrogations sur l'événement reviennent. Il devient plus sérieux, ses bras se croisent et ses jambes reculent jusqu'au mur d'une cabane, sur lequel il s'adosse. L'air s'alourdit, le silence revient pendant quelques secondes, silence volontairement provoqué par Scorch ; lorsqu'on veut une réponse à une question, laisser planer le silence avant de la poser a un effet plutôt impressionnant qui encourage à la franchise :

- Mais tout ça ne me dit pas ce qu'il s'est passé. Ils te voulaient quoi ?

Méthode un peu dure, mais après tout, Scorch est Diplomate... C'est une partie de son job, de tirer les vers du nez.






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MessageSujet: Re: The Sound of Silence   Sam 7 Mai 2016 - 2:55

Pretty avait toujours mal, bien sûr. Les saletés ne l'avaient pas loupé ; ils s'étaient même donnés à cœur joie. Mais, confortablement adossé au mur d'une cabane, assis, la douleur demeurait supportable et permettait au jeune Perdu de ne pas grimacer ostensiblement de douleur tandis qu'il secouait les cheveux du gentil géant et l'affublait officiellement de son surnom ridiculement affectueux.

Surnom ridiculement affectueux qui provoqua visiblement un fou rire contenu tant bien que mal par Scorchou, qui s'était d'ailleurs arraché à ses papouilles pour se relever et retrouver son... Immense hauteur. S'il paraissait plus impressionnant ainsi, il avait au moins le mérite de faire de l'ombre à La Fausseté -qui se contentait quant à lui de le regarder avec un sourire espiègle, amusé autant par cette pensée que par la réaction du Diplomate.

Au moins tout cette petite histoire permettait à Pretty de se retrouver et de se recomposer comme il se le devait. Scorchou le considérait à l'évidence comme une fille ; aussi était-ce ainsi qu'il devait se comporter. Doucereux et effacé...
Quoi que, avec sa dernière réplique au sujet de Talky le mouton et de ses camarades, l'effet devait être un peu manqué.
Cela paraîtrait bizarre, si d'un seul coup il prenait un air timide et peu rancunier. Que pouvait-il donc choisir d'être avec L'Allumé, dans ce cas...? La chose méritait une réflexion approfondie et pas simplement de l'improvisation. Étrangement, il n'avait pas envie de se louper et de donner une trop mauvaise impression à celui qu'il considérait comme son ami même sans jamais lui avoir adressé la parole.
Du moins jusqu'à aujourd'hui.

Quel gâchis, songea-t-il en grimaçant vaguement. Il aurait adoré préparer durant des heures et des jours son premier dialogue avec Scorchou. Cela lui donnait une impression de bâclé désagréable.

- Bon, je te laisse par terre, alors, puisque c'est c'que tu veux.

A vrai dire, malgré la réplique, Pretty aurait pu rester plongé dans ses pensées encore un long moment en se limitant à jeter un coup d'oeil malicieux à son interlocuteur, le temps de songer plus en avant à sa façon de se comporter avec lui.

Néanmoins quelque chose de pesant s'installa bientôt dans l'air et le Livreur ne tarda pas à lever la tête en plissant les yeux, observant la pose que prenait L'Allumé avec un intérêt méfiant. Un intérêt méfiant qu'il cachait naturellement avec soin derrière une expression de curiosité enfantine.
Le sérieux était de mise, presque écrasant, et La Fausseté laissa son sourire s'éteindre sans chercher à briser le silence calculé qui s'était installé.
Il avait un mauvais pressentiment.

En plus il avait encore mal partout et cela n'arrangerait en rien sa patience et sa bonne humeur relative, il en avait conscience.

- Mais tout ça ne me dit pas ce qu'il s'est passé. Ils te voulaient quoi ?

Ah. Ah ! Si ce n'était que cela. Avec toute cette préparation, Pretty s'était attendu à une révélation fracassante ou à une annonce terrible ; mais ce n'était que ça. Aucun problème à l'horizon, donc. Il suffisait d'inventer quelque chose de crédible, jeu auquel l'enfant se considérait comme très doué, et ce serait réglé. Ils pourraient passer à autre chose.
Sauf que.
Il y avait cette espèce de lueur dans le regard du Diplomate. Le genre de lueur scrutatrice que Pretty n'aimait pas. Non seulement parce qu'elle mettait sur ses épaules une vilaine pression mais surtout parce que, venant de L'Allumé, elle avait un poids considérable sur sa conscience.
Il n'avait pas envie de lui mentir. Il appréciait beaucoup Scorchou, même s'il trouvait la chose ridicule puisqu'ils ne s'étaient jamais vraiment côtoyés jusqu'à maintenant.

La Fausseté retourna donc les mots du Diplomate dans son esprit, des secondes durant, pensif, lui rendant son regard et sans jamais baisser les yeux.

... Pas du bien en tout cas, répondit-il fermement, un sourire en coin.

Il désigna ensuite d'un mouvement de tête la jambe droite de Scorchou et rajouta :

Tu vas bien, toi ? Il s'est passé quoi ?

Comme changement de sujet, il avait déjà fait plus subtil. Certes.







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MessageSujet: Re: The Sound of Silence   Ven 19 Aoû 2016 - 17:11

- ...Pas du bien, en tout cas.

Une réponse sèche, qui témoigne d'un certain malaise, ou désagrément. Scorch ne comptait pas insister trop longtemps, mais Pretty entame un autre sujet pour couper court à toute tentative, en désignant la jambe blessée du Titan de son menton :

- Tu vas bien, toi ? Il s'est passé quoi ?

« Message reçu », songe l'Allumé. Elle n'a vraiment pas envie d'en parler. Soit.
Il baisse les yeux sur son pied, comme s'il avait un peu oublié sa vilaine morsure. Plus de fourmillement, plus de fatigue ; le peu d'adrénaline que lui a procuré l'incident a enlevé toute l'utilité des bandages et des pommades. Il peut maintenant s'appuyer sur sa cheville de tout son soûl.

- Morsure de serpent.

Scorch relève un regard étrange sur Pretty, un regard qui mêle l'accusation à un brin de tristesse, un regard qui dit « Moi, je joue franc-jeu. », mais qui se perd aussitôt dans un visage baignant dans la sympathie ; il n'est pas Diplomate pour rien non plus. En un siècle, il a eu le temps d'apprendre à faire ce genre de messages sous-entendus, rien qu'à l'aide des gestes et expressions du visage. C'est la base de la base.
Il lui lance une taquinerie tendre, comme les petites blagues des vieux grands-pères :

- Je te laisse chasser le cloporte, alors ?

Troublé par cette expression d'un autre temps venue un peu trop vite à son esprit, il se reprend :

- ...Je te laisse par terre, je veux dire.

Sans attendre sa réponse, qu'il devine positive, il quitte le mur qui lui servait de dossier, et fait demi-tour, de là d'où il est venu. En passant à côté de la livreuse, il lui dit, presque à voix basse, comme un serment :

- Je serai sur mon transat, si tu as encore besoin de moi.

Y a pas à dire, Scorch se plait bien, dans ce rôle de super-héros.






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MessageSujet: Re: The Sound of Silence   Mar 23 Aoû 2016 - 0:23

Pretty avait, certes, changé de sujet dans le but de s'esquiver face à une question un poil fâcheuse et à laquelle il n'avait pas la moindre envie de répondre. A vrai dire, même si cela ne l'avait pas dérangé de dire à Scorchou qu'il était en réalité un garçon et que c'était ce pourquoi il avait été tabassé, il ne l'aurait pas fait.
Cela car il ne supportait tout simplement pas que l'on se mêle de ses affaires, encore moins sur ce sujet-là ; il n'y avait que Her pour bénéficier de quelques détails là-dessus, et encore, La Fille ne parvenait pas toujours à lui tirer les vers du nez.

Néanmoins, tout cela n'empêchait pas Pretty de réellement s'interroger sur les bandages que portait L'Allumé. Par curiosité mais aussi par inquiétude. C'est qu'il l'aimait bien, Scorchou, même sans pouvoir prétendre bien le connaître.

Morsure de serpent.

La Fausseté prit la peine de grimacer. Ouille. C'était vilain, les morsures de serpent, et il n'avait pas besoin de l'avoir vécu pour le deviner.

Malgré cette pensée, la fausse demoiselle ne manqua pas de remarquer l'étrange regard que lui asséna alors le Diplomate. Une espèce de mélange savamment conçu pour... Le faire culpabiliser. C'était en vérité à deux doigts de fonctionner ; jusqu'à ce que l'expression du géant ne redevienne pure sympathie et que Pretty comprenne qu'il avait failli se faire rouler dans la farine.
Fichus Diplomates et leurs-

Je te laisse chasser le cloporte, alors ?

.... Expressions bizarres et fichtrement incompréhensibles ?

...Je te laisse par terre, je veux dire.

Aaah. C'était tout de suite beaucoup mieux, avec le traducteur. Pretty dissimula sans grand succès l'amusement dans son regard tandis qu'il levait les yeux sur L'Allumé pour acquiescer. Il préférait rester un peu ici, avant d'aller se reposer dans sa Cabane. Il aurait pu aller voir Her maintenant qu'il y pensait mais, il y rechignait un peu comme un gamin savait qu'il allait se faire taper sur les doigts pour avoir joué dans la boue. La Sentinelle ne serait pas très contente de le voir dans cet état-là.

Je serai sur mon transat, si tu as encore besoin de moi.

Le murmure à peine audible n'échappa pas aux oreilles de la fausse demoiselle, qui lança à Scorchou l'un de ces rares sourires sincères, ni amusés ni moqueurs mais simplement bienveillants.

Je compte sur toi, alors.

Comme une promesse scellée.

♥ ♦ ♣ ♠

Dans les contes de fée, lorsqu'on battait une fois les méchants, ils étaient terrassés quoi qu'encore en vie et ne revenaient plus jamais embêter les gentils.
Le léger problème ici était donc : L'Île, aussi magique soit-elle, n'était pas un conte de fée.

En conséquence de quoi, quand on était sur le point de se faire tabasser, qu'un super-héros venait nous sauver et réglait leur compte aux garnements, ces derniers étaient prompts à revenir à la charge aussitôt que la demoiselle en détresse avait l'audace de s'éloigner un peu trop de son chevalier servant.
En l'occurrence, la demoiselle en détresse Pretty avait eu l'audace de s'éloigner un peu trop de son chevalier servant Scorchou.

De fait, il lui fallait courir. Encore.

Pretty n'avait pas encore récupéré de son dernier passage à tabac. Afin de protéger entre autres son estomac et ses organes vitaux, il avait dû sacrifier ses jambes et ses bras, désormais striés de bleus qu'il avait renoncé à camoufler sous une couche de vêtement conséquente à cause de la Canicule. A la place, il avait enfilé un short en jean accompagné d'un top à bretelle blanc sale afin de survivre à cette chaleur -l'une des rares tenues datant du Monde Ordinaire qui n'était pas encore fichue.

Il grimaça. Les muscles de ses jambes prenaient un soin considérable à lui faire comprendre que, dans cet état, il aurait mieux fait de rester au lit toute la journée et ne plus bouger. Cependant, la seule idée de pouvoir éventuellement croiser Mary le dissuadait totalement d'approcher l'Infirmerie.

Alors, il courrait.

Ce n'était pas si grave, il avait l'habitude.







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MessageSujet: Re: The Sound of Silence   Mar 23 Aoû 2016 - 1:28

Depuis l'accident avec Pretty, Scorch a un peu mal au crâne, mais il n'est ni malade, ni blessé.
En lui-même, il le sent, le venin de ce serpent ne l'a pas que cloué à un transat ; il a atteint son cerveau, et d'une manière ou d'une autre, il a atteint sa mémoire. Pendant la nuit, il le sentait. Le poids des expressions, des surnoms, d'un accent urbain d'une vie qu'il a cru oubliée, sur son vocabulaire, sa langue, sa manière de parler. Il sentait ses instincts désigner telle ou telle chose de telle ou telle façon plutôt que de telle ou telle autre. Des mots se tordaient, prenaient un tout autre sens dans certaines situations, ou prenaient carrément l'apparence d'un autre mot, tout en prétendant posséder le même sens. Des situations spécifiques étaient décrites d'une manière ridicule, ou complètement à côté de la plaque.
À son réveil, il a senti la différence.
Il a maintenant deux langues ; la première, celle d'avant,  celle que tout le monde connaît, avec l'accent Neverlandien et les mots que tout le monde comprend ; et la deuxième, celle teintée d'un accent londonien vieillot et qui use les expressions les plus étranges et les désignations les plus absurdes, et qui prend la place de la première sous le coup de l'émotion ou du réflexe.
C'est la tête pleine de ce nouveau patrimoine que Scorch a accompli ses missions du jour. Il a bien pris garde de dissimuler ce pan entier d'existence revenu à son esprit en une nuit, et s'est promis de le garder caché pour toujours. Une expression mal placée, et il devient la risée du Grand Arbre pendant plusieurs lunes.

La journée se termine.
Les enfants remontent les branches, ramènent les échelles et allument les torches tout en imitant des cris d'animaux nocturnes. Alors qu'il s'apprêtait à regagner ses quartiers, Scorch est interpellé :

- Hé, l'Allumé ! Tu veux bien ramener ça à Sharpy ? Merci !

Et, sans attendre son accord, le petit Artisan, qui ne doit pas dépasser la douzaine d'années, lui lance une hache dans les mains, dont le Diplomate attrape maladroitement le manche. Le temps qu'il lève les yeux, l'enfant a déjà disparu, mêlé aux petits groupes qui s'apprêtent à prolonger la soirée en courant dans les branches et en regardant les étoiles.
Le Géant reprend sa route, mais un nouvel incident perturbe son trajet.
Dans un grand tintamarre étouffé, comme une cloche que l'on noie, un énorme seau de peinture rempli de poussière rouge et d'eau s'écrase devant lui, et lui éclabousse tout le côté droit, tâchant son bras, sa hache, et ses vêtements.

- Désolé, Scorch... dit timidement une petite voix au-dessus de lui.

Il lève la tête, il reconnaît Yogurt, une petite Afghane, et toute sa troupe d'amis, installés sur une plateforme surélevée, qui se barbouillent le visage de peintures de guerre pour se raconter des histoires d'indiens.

- C'est pas grave, p'tit rat, c'est pas grave...

Et Scorch s'éloigne à grands pas. Une expression vient de lui échapper, et il ne tient pas à observer la réaction de la fillette.
Il évalue son état : il a vraiment été aspergé. Le colorant rouge, mêlé à l'eau, donne une impression d'éclaboussures sur tout son corps, et ressemble bien trop à des projections de sang. Sa hache, elle, a l'air d'avoir été plongée dans l'hémoglobine.

Alors qu'il essaye de nettoyer la lame avec son pouce sans grand succès, il a tout juste le temps de voir une tête blonde bien connue passer derrière lui ; mais pas le temps de se retourner, car une seconde plus tard, cinq Perdus déboulent d'un tournant et foncent vers Scorch.

- Wow, wow, wow, WOW !

En voyant le Titan s'avancer, crier, lever les bras et sa hache dont la lame brille sous les éclats du soleil couchant, les assaillants remarquent enfin l'obstacle qu'il constitue, et pilent brusquement.

- Encore...?






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Dernière édition par Scorch le Sam 27 Aoû 2016 - 15:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The Sound of Silence   Jeu 25 Aoû 2016 - 2:22

Et à droite, et puis à gauche, et un virage serré et tout droit avant de monter les escaliers quatre à quatre pour enfin traverser un pont un peu instable en prenant soin de ne pas perdre l'équilibre.

Toute cette course-poursuite faisait méchamment agoniser ses muscles ; Néanmoins, Pretty se doutait bien sûr que se faire attraper présageait des douleurs bien moins supportables. De deux maux il fallait choisir le moindre, il n'avait aucun doute là-dessus.

Comme le soir était tombé, il ne s'attendait à vrai dire pas à tomber sur une âme charitable -du moins, pas de celles qu'il connaissait. De fait, soit il trouvait un plan sacrément efficace pour semer cette bande de zigotos, soit il déployait des efforts physiques considérables pour les perdre.
Dans les deux cas, le Livreur avait conscience qu'il n'allait pas se débarrasser d'eux si facilement.

Essoufflé et tout concentré qu'il était sur sa fuite, Pretty faillit ne pas remarquer qu'il venait de dépasser une silhouette familière.
Très familière.
Du genre, vraiment très grande et qui se repérait d'autant plus facilement, d'ordinaire.

Wow, wow, wow, WOW !

Scorchou !

La Fausseté eut le malheur de piler net. Ses traîtresses de jambes le lâchèrent brusquement et il s'étala tout du long par terre, incapable de se rattraper car... Car c'était glissant. Bizarrement glissant.
Un drôle de gémissement étouffé retentit derrière lui tandis qu'il grimaçait et se redressait comme il pouvait. Persuadé d'être désormais en sécurité, il se contenta de lever les mains à hauteur des yeux pour constater que la peau avait été vilainement râpée et que cela expliquait, entre autres, la sensation de brûlure.

Ce que cela n'expliquait pas, en revanche, c'était tout ce... Rouge.

Les mirettes bleutées de la fausse demoiselle remontèrent avec une lenteur exagérée cette drôle de piste jusqu'à son origine, comme s'il craignait de comprendre.
Puis il vit.
Scorch, recouvert de ce sang frais qui gouttait dans un plic ploc inquiétant. Scorch, qui brandissait cette hache menaçante tout aussi rougeoyante.

Huh...

Le cœur du Livreur rata un battement. La suite des événements se déroula sans qu'il soit capable de réagir, figé comme une pierre, retenant son souffle. Son esprit subissait un blanc monumental. Plus aucune pensée ne passait la porte de son cerveau.

L'un des Perdus se tenait le nez comme s'il n'avait pas freiné assez vite et s'était cogné contre L'Allumé. Tous faisaient les grands yeux, sans exception, et la majorité avait également la bouche entrouverte par la stupéfaction. C'était comme une scène de film avec ce long flottement caractéristique qui présageait le calme avant la tempête.

C'était le cas de le dire, en réalité. Tout sembla se passer en un éclair.

Deux Perdus, Tardy et un autre que le Livreur ne connaissait pas, prirent tout à coup la poudre d'escampette en hurlant comme des veaux sur le point de se faire égorger. Un troisième était sur le point de faire de même lorsqu'il se fit empoigner le bras par Scrapy, un bagarreur émérite mais terriblement vicieux bardé de cicatrices.

Va prévenir un chef ! N'importe lequel ! Puis, devant le manque de réaction du concerné : Putain, bouge-toi !

Sur ces aimables paroles il poussa son cadet qui ne se fit pas prier pour déguerpir, non sans manquer de trébucher à une ou deux reprises à cause les tremblements provoqués par la peur. Dans un coin de sa tête, Pretty se demanda vaguement s'il prenait simplement la fuite ou s'il comptait réellement remplir la tâche qui lui était confiée.

Restait deux Perdus.
Bump, qui était sûrement plus inconscient que courageux, recula de plusieurs pas avant de sortir son lance-pierre puis un caillou de sa poche ; il se préparait rapidement à tirer. Néanmoins Il tremblait ostensiblement et paraissait peiner à viser correctement -quoi que cela ne devait pas être si compliqué, avec une cible aussi énorme.

T'as complètement pété les plombs... Scrapy dévoila un sourire un peu cassé mais étrangement vorace. C'était perturbant. V'nant de toi ça m'étonne pas. L'Allumé.
O-on va pas t'laisser t'en tirer comme ça ! Surenchérit un Bump visiblement peu sûr de lui.

Scrapy s'arma de ses deux dagues favorites, petites mais sans doute aucun extrêmement tranchantes. Il était armurier et aimait en prendre soin, c'était un fait que Pretty n'ignorait pas.

Pretty qui d'ailleurs ne parvenait toujours pas à reconnecter les neurones de son cerveau. Il se serait très certainement enfui, lui aussi, s'il avait pu. S'il était parvenu à se relever. Et s'il ne tremblait pas comme une feuille, et si son cœur ne menaçait pas de s'échapper de sa poitrine et si sa gorge n'était pas nouée au point de l'empêcher de prononcer la moindre parole.

Ce n'était pas possible, n'est-ce pas ?
C'était évident, pourtant il n'arrivait pas à croire que Scorch ait pu tuer quelqu'un.
Égoïstement, il espérait ne pas connaître la victime.

Il paniqua un peu plus en réalisant qu'il n'y avait peut-être pas eu qu'une victime, et qu'elle ne serait peut-être pas la dernière de cette soirée.

Bump tira sa pierre et Scrapy profita de l'occasion pour se jeter sur le géant. Il n'hésiterait pas à le tuer, c'était évident.







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MessageSujet: Re: The Sound of Silence   Sam 27 Aoû 2016 - 16:02

À son expression de lassitude, deux enfants s'enfuient en criant ; face à cette réaction, le Géant se retourne brièvement, guettant un danger, mais son attention se reporte vite sur le groupe. Il sent dans ses tripes que l'objet de ces frayeurs soudaines, c'est lui... Pour une raison qu'il ne devine pas encore.

- Va prévenir un chef ! N'importe lequel ! Putain, bouge-toi !

- Hein ? Quoi ?

Un autre enfant s'enfuit.
Il ne comprend qu'à demi. Il va chercher un chef ? Pourquoi ? Il se souvient de la présence de Pretty, par terre, derrière lui. Il cherche un lien avec elle, une potentielle logique dans les actes de ces marmots qui veulent encore en découdre.
Il voit Bump s'armer de son lance-pierre.
Le sentiment de danger emporte Scorch. Il se raidit, prêt à frapper ce qui vient, peu importe que ce soit pour une cause inconnue, peu importe si ça lui cause du tort. Il a beau ne rien comprendre, il veut protéger sa vie.

- T'as complètement pété les plombs... V'nant de toi ça m'étonne pas. L'Allumé.

- O-on va pas t'laisser t'en tirer comme ça !

- Hein ? Hein ? Hein ?

Quelque chose attire la méfiance de Scrapy, et l'Allumé le remarque ; en suivant son regard, son œil unique louche sur sa propre hache, entièrement rouge.
Son cœur fait un bond. Voilà ce qu'il se passe. Voilà ce qu'il se passe.
Le corps du pauvre Géant se solidifie, tous ses muscles se tendent, sa main gauche rejoint sa main droite sur le manche de son arme, et Scrapy lui fonce dessus.

- Stop.

Ce n'était même pas crié. Juste prononcé, tout juste audible pour Scrapy. Qui s'arrête.
Raide comme un platane, prêt à encaisser la moindre attaque comme un roc, ses bras sont élevés dans les airs, prêts à asséner un terrible coup en diagonale au moindre frémissement de son adversaire.
Scrapy a l'habitude de se battre. Il comprend l'erreur qu'il a failli commettre : il n'a que des dagues, et, bien qu'il soit lui aussi un adolescent, il n'est pas aussi grand que Scorch, et les bras du Diplomate, couplés à une arme plus longue que les siennes, lui offre une bien meilleure portée.
En d'autres termes, même si l'Armurier parvenait à l'érafler, le côté gauche de son cou aurait de grandes chances de ne plus être là.

- Je... J-Je...

Il respire lourdement, fait son maximum pour ne pas paniquer. Il a compris la gravité de la situation ; si ce n'est pas ces dagues qui l'emportent, les nouvelles rumeurs créées par ce malheureux concours de circonstances pourraient très bien le faire à leur place.
Bump tire son caillou, qui rebondit sur l'épaule du Titan.
Pas de réaction de sa part, il est focalisé sur Scrapy.

- C-C'est pas du sang. C'est de l'eau. Et d-de la poussière rouge. Regarde.

Il agite faiblement son coude gauche, dont s'écoulent quelques gouttes

- C'est trop l-liquide pour être du s-sang. T-T'as déjà vu du sang, gaillard ?

Aucun des deux combattants n'ose bouger, la scène est figée, comme si un grain de sable s'était glissé dans les rouages du Temps.






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MessageSujet: Re: The Sound of Silence   Sam 27 Aoû 2016 - 17:01

Il n'avait qu'une envie : se carapater de là avant que la situation empire. C'était par tentatives désespérées qu'il essayait de se remettre debout, chaque fois pour au final voir ses jambes ridiculement tremblantes céder sous un équilibre trop instable. Pretty devait se rendre à l'évidence : il ne réussirait pas à se remettre debout pour l'instant.

En attendant, peut-être que s'il parvenait à se traîner jusqu'à une cachette, il pourrait échapper à d'éventuels dommages collatéraux. Cette affaire le laissait sous le choc mais, ce n'était pas encore suffisant pour lui faire oublier les priorités. A savoir, se mettre en sécurité et sauver sa peau puis, seulement après, prendre la peine de mieux comprendre ce qui se passait.

Avec moult difficultés, Pretty se mit à quatre pattes avant de commencer à ramper un peu plus loin. Même s'il avait été en pleine forme, il n'aurait pas fait le poids face à L'Allumé. Il valait mieux qu'il évite de gêner Scrapy et Bump.
N'est-ce pas ?

Hein ? Hein ? Hein ?

La fausse demoiselle s'arrêta soudain et osa un regard en arrière, sourcils froncés. Cette réaction était... Surprenante.

Scrapy s'était stoppé net dans son élan, avant de reculer de quelques pas comme s'il était repoussé par une force invisible. Le plus jeune Perdu n'avait pas assez d'expérience en terme de bagarre pour deviner que c'était là la meilleure option pour ne pas se faire embrocher sur place.
De fait, la scène était de son point de vue de plus en plus suspecte.

Je... J-Je...

Le bégaiement de Scorch eut comme un effet calmant sur La Fausseté, dont l'esprit se clarifia instantanément pour tenter de comprendre ce qui clochait.

Le Diplomate avait la respiration lourde. Évidemment. Il venait de se faire prendre en flagrant délit, il ne pouvait que paniquer. De ce qu'il avait entendu des rumeurs, Pretty pouvait expliquer les meurtres par les fameux coups de sang de Scorch. Peut-être s'était-il énervé, peut-être était-il allé trop loin et peut-être que lui-même n'avait pas réalisé qu'il avait tué quelqu'un. Peut-être que c'était accidentel. Cela pourrait également éclairer ce pourquoi il se baladait tranquillement dans le Grand Arbre alors qu'il était entièrement tâché de sang. S'il était lui-même sous le choc, il n'avait peut-être pas fait attention.
Néanmoins cela faisait beaucoup de peut-être et trop peu de certitudes.

C-C'est pas du sang. C'est de l'eau. Et d-de la poussière rouge. Regarde.

Les méninges du Livreur allaient à vive allure. Scrapy paraissait méfiant au possible, à peine s'il osait détourner son attention sur le liquide rougeâtre qui gouttait du coude du géant. Bump semblait quant à lui effaré -par quoi, La Fausseté n'aurait su le déterminer avec exactitude.

C'est trop l-liquide pour être du s-sang. T-T'as déjà vu du sang, gaillard ?

Les combattants étaient dans une impasse.

Une seconde d'inattention et la tête de l'Armurier volerait, il n'y avait aucun doute là-dessus. Il n'y avait donc rien d'étonnant à ce qu'il rechigne à examiner le prétendu non-sang dont le Diplomate était recouvert.

Il d-dit des conneries, Scrapy ! Te laisse pas avoir ! Encouragea Bump, en arrière, qui avait visiblement fait son choix sur la question.

L'intéressé grogna sans quitter des yeux L'Allumé.

Ferme-la Bump, je réfléchis.

Scrapy était vicieux. C'était précisément ce qui portait à croire qu'il était effectivement doté d'un cerveau utilisable.
Il avait d'ailleurs l'air sacrément perplexe, ébranlé qu'il était dans sa conviction.

Pour autant, personne ne semblait décidé à réagir.
Et c'est à ce moment précis que Pretty décida qu'il était quant à lui resté passif suffisamment longtemps.

S-Scorch.

Sa voix était fluette, peu assurée. Il toussa un peu en faisant mine de reprendre contenance (alors qu'il n'avait toujours qu'une envie c'était de disparaître dans un trou de souris) et poursuivit :

Lâche ton arme.

Le visage de Scrapy s'éclaira et il ne tarda pas à surenchérir :

Et assieds-toi. Mains bien en évidence.

La Fausseté avait Dieu sait pourquoi donné sa chance à l'Allumé. C'était maintenant à lui de donner une preuve de sa bonne foi. Et de donner une raison aux habitants du Grand Arbre de ne pas le tuer tout de suite pour ses méfaits.







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MessageSujet: Re: The Sound of Silence   Sam 27 Aoû 2016 - 18:20

- Il d-dit des conneries, Scrapy ! Te laisse pas avoir !

Ses mains se serrent sur le bois du manche...

- Ferme-la Bump, je réfléchis.

...Avant de se relâcher.
« Réfléchis pas trop longtemps, si possible. », pense l'adolescent. Il redoute que tout ce grabuge ne rameute du monde, et si il y a bien une chose qui échauffe les esprits, c'est la foule. En plus, à cette heure, tous les Perdus sont au Grand Arbre, ce qui augmente le potentiel d'une catastrophe.
Une petite voix surgit derrière lui, une voix douce, pas cassée comme la dernière fois :

- S-Scorch.

Il ne se retourne pas. Son regard reste planté dans celui de Scrapy et guette le moindre mouvement traître.

- Lâche ton arme.

Le ton plus assuré de l'adversaire manque de le faire sursauter – et lâcher le coup fatal :

- Et assieds-toi. Mains bien en évidence.

Sa respiration prend le rythme des mécanismes d'usine, affreusement lents, mais efficaces. L'air frais le calme, lui fait saisir le sens des ordres donnés, comme de l'eau froide jetée sur un moteur exagérément chaud.

- Non.

Il déglutit, lève un centimètre plus haut la hache ; il n'a pas fini de dire ce qu'il a à dire, et compte bien le faire.

- T'as voulu me tuer. Je me désarmerai pas aussi proche de toi.

Un petit coup de menton vers l'arrière, le visage toujours aussi fermé, l’œil grand ouvert.

- Je vais reculer, et donner la hache à Pretty. Là, elle pourra faire ce qu'elle veut. Appeler les Sentinelles, me ligoter, vérifier que c'est pas du sang, tout ce qu'elle veut. Et on tirera ça au clair, j'ai rien à craindre, ni à cacher.

En écoutant la Livreuse, il a estimé qu'elle est à une bonne vingtaine de pas, soit une distance raisonnable à ses yeux ; au moindre souci, il pourra reprendre la hache et se défendre. Ou bien, si Pretty décide de le ligoter, il ose espérer qu'elle le défendra elle-même.
Nouveau coup de menton. Vers l'avant, cette fois. Vers Scrapy.

- Mais toi, tu restes là où tu es. J'ai aucune envie d'être à ta merci.

...Car ce n'est pas le moment de faire aveuglément confiance aux gens.
Et, à nouveau, le temps s'arrête.






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MessageSujet: Re: The Sound of Silence   Sam 27 Aoû 2016 - 18:54

Non.

Un court instant Pretty eut la furieuse envie de se frapper la tête contre un mur. Malgré toutes les preuves qui planaient contre L'Allumé, il avait décidé de lui donner une chance : et voilà qu'il refusait ? La Fausseté plissa les yeux. Peut-être bien qu'il était réellement coupable, alors.
Cette conclusion le décevait beaucoup. Il se sentait un peu trahi, étrangement.

Tous reculèrent à l'unisson lorsque la hache fut brandit un peu plus haut.

T'as voulu me tuer. Je me désarmerai pas aussi proche de toi.

Scrapy fit claquer sa langue. Sa position de combat se fit plus évidente : il était prêt à en découdre, malgré son adversaire imposant. Bump jeta au passage le fameux regard du je te l'avais dit à son aîné.

Néanmoins un coup de menton dirigé vers l'arrière apaisa quelque peu l'ambiance pénible. La discussion n'était pas encore finie.

Je vais reculer, et donner la hache à Pretty. Là, elle pourra faire ce qu'elle veut. Appeler les Sentinelles, me ligoter, vérifier que c'est pas du sang, tout ce qu'elle veut. Et on tirera ça au clair, j'ai rien à craindre, ni à cacher.

Scrapy plissa les yeux ; Pretty les écarquilla. Ce dernier n'aimait pas du tout cette proposition, et pour de nombreuses raisons.

Mais toi, tu restes là où tu es. J'ai aucune envie d'être à ta merci.

Un flottement s'ensuivit, tendu comme la corde d'un arc.

Ok-
Non !

La scène prenait des airs de ridicule, avec Scrapy qui lançait un regard noir à son cadet qui refusait de coopérer.

La Fausseté, dans un effort inouï et par souci de se donner une allure plus crédible, se releva enfin et s'appuya contre le mur en bois d'une Cabane pour tenir debout. Il évalua rapidement la situation.

Scorch pouvait être honnête, en faisant cette proposition. Ou bien il pouvait avoir pour idée de le prendre en otage -auquel cas, avec les autres Perdus présent, la fausse demoiselle ne donnerait pas cher de sa peau. C'était trop risqué pour lui, et il ne connaissait pas suffisamment L'Allumé pour prétendre deviner ce qu'il avait derrière la tête.
Finalement, il aurait peut-être dû rester en arrière, passif, et s'enfuir dès qu'il en aurait eu la force et l'occasion. Cela lui retombait dessus, maintenant. Fichue gentillesse.

Il prit soin d'adopter une attitude sûre lorsqu'il reprit la parole :

Tu recules de cinq pas. Tu lâches ton arme. Tu me rejoins, tu t’assois et tu te laisses gentiment faire.

Il préférait que Scorch ne soit pas en possession de la hache lorsqu'il l'aurait rejoint ; et, à bien y réfléchir, Scrapy aurait meilleure utilité de cette arme que lui en cas de besoin. Il n'était même pas sûr de pouvoir la soulever alors que rester debout suffisait à lui arracher des grimaces.

Là où le doute était plus grand, c'était en sachant pertinemment que le géant pourrait lui briser le cou avec ou sans hache.

Bump, quand L'Allumé aura lâché son arme, va nous chercher une corde.

L'intéressé opina du chef.

Le compromis commençait à se concrétiser.







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MessageSujet: Re: The Sound of Silence   Sam 27 Aoû 2016 - 20:11

Le silence devient long, les doigts de l'Allumé pianotent sur le manche, comme pour assurer leur emprise dessus.
Puis, le soulagement.

- Ok-

Soulagement qui dure à peine une seconde.

- Non !

Scorch manque de se retourner pour essayer de comprendre le pourquoi du comment d'une telle réponse ; l'idée qu'elle ne puisse pas lui faire confiance ne lui effleure même pas l'esprit. Un peu présomptueusement, son inconscient semblait penser que, puisqu'il l'a secouru une fois, elle ne pourrait pas agir contre un arrangement qui pourrait lui sauver la vie.
Si il s'était retourné, il aurait sans doute eu un regard un peu sombre, lui aussi.

- Tu recules de cinq pas. Tu lâches ton arme. Tu me rejoins, tu t’assois et tu te laisses gentiment faire.

Le Borgne ouvre la bouche, perplexe. C'est quoi, ce caprice ?
Comme dans tout moment tendu, l'explication logique ne lui vient qu'après quelques instants : c'est l'arme, le problème. Elle ne lui fait pas confiance.

- Bump, quand L'Allumé aura lâché son arme, va nous chercher une corde.

Alors, ça y est ? Tout le monde est contre lui parce qu'il a un peu de peinture sur les vêtements ?
Soudainement, toute l'injustice que ressent l'adolescent lui pèse davantage sur le dos, et fait naître un bourgeon de rancœur. « Moi, je joue franc-jeu. », pense-t-il, « Pourquoi personne ne me croit jamais ? ».

Il se retourne à demi, son œil unique vers Pretty. Même si l’œil supposé surveiller Scrapy est aveugle, il l'entendrait venir de toute manière.
D'un ton froid, soupoudré d'insolence, il lance à la Fausseté :

- C'est l'arme, le problème, c'est ça ?

Puis, il lance, littéralement cette fois, la hache vers la Livreuse. Il ne la lance pas comme une brute, il ne faudrait pas y voir un geste agressif ; il la lance comme on lancerait une boule de pétanque, à 4 pas des pieds de la petite tête blonde.

- Rassurée ?

Il fait de nouveau face à Scrapy, et amène ses mains grandes ouvertes au niveau de son torse ; si il profitait de cette occasion pour se jeter sur lui et lui planter une lame dans le ventre, il profiterait de ses derniers instants de vie pour le saisir et se jeter dans le vide avec lui. Histoire de ne pas partir en enfer tout seul.

- Je recule.

Et, sur ces mots, il avance, à reculons, vers la Livreuse dont il n'a, finalement, pas gagné la confiance.






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