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Death
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MessageSujet: Fossoyeurs de morts [Flashback]   Ven 15 Jan 2016 - 19:23



Fossoyeurs de morts

with Pit





Il y a différentes manière de pleurer. Les dramatiques aux grands cris et aux sanglots stridents sont ceux que Death déteste. Impossible avec eux de demeurer discret. Mais Flour a la dignité de camoufler son chagrin entre ses mains, ne laissant échapper qu’un simple chuintement, long et tremblant comme le ferait un aspirateur encombré. Il ne sait pas d’où lui vient cette information, ni à quoi sert cette invention. Mais tout en lui tendant un mouchoir blanc – un énième – Death prend note de l’image, et se la rappelle, doucement. Un aspirateur encombré.

Elle tremble, la petite. Elle peut, c’est toujours ainsi. Ils veulent mais craignent le néant au-delà de leur geste. Il a beau leur promettre le repos, la félicité ininterrompue d’une parfaite absence, ça demeure. Comme un élastique rattaché à leur dos qui les retiendrait. Il existe, chez les oiseaux, des petits qui au moment de basculer dans le vide, semblent battre des ailes indéfiniment. Et finissent par être poussés par leurs ainés, las, qui les regardent chuter en espérant sans doute les voir prendre leur envol. Dans 99% des cas, cela fonctionne. Mais il y a toujours des retardés, des malchanceux. Des handicapés.

Et elle bat des ailes, l’abattue. Elle voudrait tendre la main et prendre ce qu’il lui tendra, une fois le mouchoir rangé. Mais d’abord, elle s’explique. Car c’est ainsi avec les filles, a-t-il remarqué. Des sanglots plus aigus et une propension terrible à parler, parler parler. Et raconter bien sûr. Il devrait lui dire, qu’il s’en fout. Il devrait mais il ne peut pas. Car Death écoute à chaque fois. Et s’il oublie, une fois la tombe creusée, la pierre plantée, quelque chose demeure. Comme un frémissement sur son lac noir.

La sempiternelle litanie des justifications.

« Elles sont toutes parties. Toutes. »
Elle renifle. « D’abord Grey, ensuite Sorrow, puis ça été le tour de Lucky. Et moi, je peux plus rester. Ce n’est pas tellement que j’ai envie de mourir tu sais. » Oui il sait. « C’est que je n’ai plus la force de vivre. »

Flour relève un peu la tête, son visage mangé de taches blanches comme des traces de farine, celles qui lui ont valu son pseudonyme. Une maladie de peau, rien de gravissime, juste assez pour lui donner un charme particulier. Repérable. Trop repérable. Bien pour cela qu’il a choisi les alentours, plutôt que les cabanes, pour discuter. Mais le soleil tape fort – c’est un peu avant la canicule, mais déjà la joie de Peter se fait sentir, et il a laissé tomber sa veste pour demeurer en chemise, noire, toute aussi noire que le reste de ses vêtements.

Il la fixe avec attention.

« Crois-tu que je les reverrais là-bas ? Dans l’envol ? Il y a des rumeurs qui disent que c’est à cela que tu amènes. Un joli monde, où tous les morts ont retrouvé leurs Ombres. »

Death penche à peine la tête, lui laissant le mouchoir et écoutant le bourdonnement de trompette quand elle souffle dedans. Il soupire, le Sinistre. Et finit par répondre, dans un simple murmure.

« C’est faux. »
Et c’est mieux. Car s’ils devaient retrouver autre chose, à quoi bon mourir ?

« J’ai peur. »
Voilà, elle l’a dit et c’est l’instant ou jamais de la rattraper. D’expirer sur ses plumes à les en défroisser. A la pousser hors du nid.

« La survie. C'est un mécanisme. Pas une volonté. »
Il a l’air épuisé de ces simples phrases. Et fouille déjà dans ses poches. Sortant de la droite un flacon. De la gauche une potion. Chacun d’entre eux mène à la même destination. Seul le moyen diffère, c’est selon.

Gélules de somnifères parfumées au raisin. Ou dernier cocktail avant la fin.

La main de Flour se tend. Effleure les bonbons. Couleur prune, presque rose foncé, pour une fille de 12 ans c’est toujours plus attirant.

Mais alors qu’elle s’apprête à asservir sa vie, elle relève ses yeux pâles sur ceux noirâtres de l’éclaireur. Et demande brusquement.

« Pourquoi toi tu l’as jamais fait ? »


Il pourrait en être surpris si les broussailles ne s’agitaient pas soudain dans son dos. Pourrait en rêver un peu, et se montrer, pour une fois, déstabilisé. Mais la présence nouvelle lui fait ranger ses arguments d’un geste harassé mais pourtant décisif. Et les yeux de Flour s’agrandissent tandis qu’elle oublie la question.

Ils ne sont pas allés assez loin.






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Pit
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MessageSujet: Re: Fossoyeurs de morts [Flashback]   Sam 16 Jan 2016 - 14:18

Le temps était propice à se balader, cherchant peut-être quelques délicieuses peaux n’ayant plus d’intérêt pour leurs possesseurs morts. Le Joker ricanait tandis qu’il se promenait. Il ne trouvait rien. Tous avaient décidé de ne pas servir les intérêts créatifs. Que de personnes peu amusantes.

Pit avait un arrière goût déçu, mais il s’en sortait encore assez bien moralement.

Des fois, il pensait à ce qu’on lui avait rapporté, ce que ses chers yeux se baladant là où il n’est pas lui ont expliqué.

Il y avait matière à faire sans doute, mais le temps se tournait pour la promenade. Le Joker errait, errait et errait. Pour tromper le possible ennuie des journées qui semblaient se répéter inlassablement.
Des bruits lointains arrachèrent l’esprit divagant ailleurs.

Pit s’arrêta. Mains dans les poches, se tournant, cherchant la source. Du bruit, des… sanglots ? Un léger rire. Quelque chose d’intéressant se passait non loin.

Ce fut donc au travers des buissons qu’il passa, au travers des branchages qu’il les trouva. Les sources, les deux personnes, les deux êtres présents.
Une carte et une Poupée.

La dernière phrase prononcée par la fillette fit élargir le sourire du Joker.

Presque la même question trottait dans la tête de Pit, au sujet d’une carte poison.

Un ricanement, ils l’ont remarqué. Sans même attendre qu’on s’adresse à lui, il n’avait même pas arrêté sa marche avant d’arriver aux broussailles derrière ce cher Death. Large sourire, les pleurs ne jouent jamais en faveur de quiconque.

Le Chef les contourne, ces deux êtres. Se contentant de les fixer. Grand sourire, toujours et encore. Quelque chose d’hautain dans les lacs de Fée Verte habitant ses yeux. Puis le regard les quitta, trouvant une chose plus intéressante, un peu plus loin. Le Raccommodeur en chef s’y dirigea et cueillit une petite centaurée. Une fleur commune, rosée.

Content de sa trouvaille, il se retourna enfin vers sa véritable source d’intérêt. Quelques pas, puis il tendit la plante à Flour.

- Et voilà pour toi ma belle.

Large sourire, alors que les prunelles trop vertes et arrogantes par leur fluorescence se posaient sur la mort infiniment terne, du moins, aux yeux du Joker.

- Vous faites quoi de beau, aussi éloignés du camp ? Et pourquoi les pauvres yeux de cette fillette sont-ils rouges ?

Sourire, toujours, même s’il arrivait un malheur. Ce n’est que le Jeu. Il en restait maître. Mais les autres… c’était une autre histoire. Les cartes et poupées avaient chacun une vision propre.
Pit ne fait que veiller à ce qu’elles nourrissent le Jeu, la première manche du moins.

- Death, les filles préfèrent les fleurs plutôt que les histoires qui font peur.

Gloussement. Il savait pourtant. Mais c’était toujours amusant de le lui demander à chaque fois, du moins, s’il le croisait et le soupçonnait de s’adonner à ces idioties de faire mourir ce qui pourrait être des sources prochaines de Grandissement.

Et puis, si ces imbéciles de suicidaires ne mourraient pas aux bons endroits… impossible de récupérer leur peau. Et si ces imbéciles de suicidaires étaient les jouets de Pit, ceux qu’il veut s’amuser à faire chanter, ça ne collerait pas. Ça n’irait pas. Même après leurs morts, de toute manière, ils appartiennent au Jeu.
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MessageSujet: Re: Fossoyeurs de morts [Flashback]   Sam 16 Jan 2016 - 14:52



Fossoyeurs de morts

with Pit





Un rire. Un simple rire lui suffit pour connaitre l’identité de celui qu’il ne peut pas voir. Death fixe la jeune récolteuse qui se met à trembler, suivant avec attention la silhouette de celui qui s'approche, le souffle presque coupé. Ce n’est pas tant le garçon qu’elle craint mais sa notoriété de chouchou, car Pit est aimé de Pan, et écouté quand il se décide à formuler autre chose que l’un de ses habituels ricanements. Sa médaille lance des reflets or sous le soleil mais le chef les contourne tout d'abord, se dirigeant vers un parterre de fleurs sauvages, en cueillant une.

Le Sinistre en grince des dents involontairement, car plus que l’allergie, c’est le jeu qui l’ennuie. Pit a pour habitude de marquer les filles de cette manière, les confiant à un rôle ignoré du roi des Perdus. Des raisons qui sont propres à cette marionnette marionnettiste. Mais Flour, surprise, ne refuse pas le cadeau. Triture le bleuet entre ses mains griffées par les ronces. Et arrête de renifler pour observer les reflets pourpres des pétales.

Elle préfère sans doute la Mort à la voie du Bannissement et hésite à répondre quand le chef des raccommodeurs tente de leur faire cracher ce qu’il sait déjà. Le regard de Death n’a pas cillé pour croiser celui d’absinthe de ce fauteur de trouble. Il sent, instinctivement, que l’ignorance vaut bien mieux qu’une parole en bonne et due forme. Impossible pourtant de le faire comprendre à la fillette, qui, tout en balbutiant, finit par murmurer.

« On discutait, c’est tout… »


D’un coup d’œil nerveux, elle relie le Joker à l’éclaireur. Et finit par baisser la tête quand la moquerie tombe comme un couperet, vite suivie par un de ces rires faussement charmants. L’hilarité constante du Joker est un masque que Death voudrait rabattre. Mais rien ne semble briser la bonne humeur du chef. Rien, pas même la perspective de perdre une de ses précieuses peaux. Car c’est bien pour cela qu’il les a rejoint. L’abandon de Half n’a pas su nourrir son appétit, peut-être que le cuir n'était pas assez ferme pour le contenter, et il revient à la charge pour empêcher la réalisation de ses responsabilités. Tentant sans doute de faire de lui un pantin.

« Flour. »
Chuchote-t-il. Car la fillette, ne sachant quoi faire de la fleur, commence déjà à l’accrocher à sa barrette, par un simple réflexe. Mais ce mouvement de vie ne saurait être toléré. Et puisque Pit sait, alors il n’y a plus à faire semblant.

« Oui ?

- La droite ou la gauche. »
Nerveuse, l’enfant fixe Pit de peur d'être dénoncée. Si le visage de Death un calme morbide de celui qui est certain de ne pas être dérangé - comme si le chef n'avait été qu'une brève apparition. Et finit par pointer du doigt le renflement de sa poche où sont rangés les bonbons. Etrangement soulagé, l'éclaireur a un vague hochement de tête, ses pupilles cillant à peine sur une marque invisible au front de la demoiselle. Elle est marquée, s’est décidée, et rien ne la fera revenir en arrière. La récolteuse sera plus encline à l’envolée que Half, ne commettra plus d'autres retour en arrière. Qu'importe le nombre de fleurs offertes.

« Je les prends maintenant ? »


Pourtant, il ne vaut mieux pas tendre la perche au blond. C’est à regret que Death lui signifie que non, et quittant la buche sur laquelle son corps replié s’était installé, il lui intime d’un geste lent à se relever.

« Ce soir. »
Elle connait l’endroit maintenant. Et avec un peu de chance, Pit oubliera d’aller les retrouver. Dans la nuit son corps serait découvert près des cabanes, et les sentinelles iraient la ranger avec les autres jusqu’au réveil de Peter Pan. Un plan parfait. Un envol parfait.

Il n’a toujours pas regardé le chef. Mais Flour se tourne vers ce dernier. Et lui sourit, un peu tristement.

« Merci, pour la fleur. »
Pauvre ignorante qui voudrait croire que le geste lui est entièrement réservé. Death pourrait la plaindre s’il en avait quelque chose à foutre.






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MessageSujet: Re: Fossoyeurs de morts [Flashback]   Sam 16 Jan 2016 - 16:21

Large sourire, alors que le Sinistre poursuivait. Les iris accrochées à la silhouette sombre, pourquoi ne jamais rire ? Puis ce fut sur Flour qui parlait, elle était si faible comme Poupée, sans aucune volonté aucune. Juste fuir comme la plus grande des lâches, non ?
Un gloussement, ce sera ce soir finalement ? Il les gênait ? Parfait. Alors le Joker laissait couler. Si c’était le corps de la petite qu’il trouverait, plus tard, sans doute il la dépècerait, mais sans aucun foutu soin. Il en aurait rien à faire de cette peau, trop faible pour être un du cuir. Trop faible pour continuer. Le Jeu est désappointé.

Et lui ? Pit ? Aurait-il dû s’endormir aussi ? Avant, lorsqu’il était dans le monde Ordinaire. Ces fois où il n’était rien d’autre qu’un fantôme qu’on ne voyait que pour rapporter de l’argent, n’aurait-il pas mérité aussi des « bonbons » ?

Donnant-donnant, inconscient, il avait vécu un enfer, maquillé comme banal et commun fait normal. Donnant-donnant, pourquoi les autres auraient-ils le droit de fuir ? Pourquoi ?

Ces pensées, trottaient dans l’esprit. Mais le Joker ne savait pas à quoi relier. Juste qu’il n’avait pas eu le droit de fuir. Il faut exister pour ça. Or il n’existait pas.

Le Joker ne se souvenait pas. Heureusement. Il ne savait qu’une chose, ils n’avaient pas le droit de fuir. Lui, il n’avait pas eu le droit. Alors ils ne l’auront pas non plus.

-…donnant-donnant.

Thermes murmurés. Pensées envolées. Les yeux fixés sur la petite Flour qui s’était même décorée de la fleur.
Depuis quand les jouets avaient-ils le droit de choisir leur destin ? Jamais.
Le Joker jeta un regard vert, perçant, noir à la fillette lorsqu’il comprit qu’elle avait choisi. C’était très clair.

- Tant qu’elle est vivante, elle appartient encore à ce monde. Tant qu’elle ne se souvient pas, elle vivra l’Enfer après la mort. Non ? T’as pas à me remercier si tu crèves j’ai arraché cette fleur à sa vie pour rien du coup. C’est pas tellement du jeu.

Air d’évidence. Mots inventés. Juste pour embêter. Que la fillette ait compris ou entendu, le Chef n’en avait rien à faire. C’était plus pour la forme.
Mots inventés, pour la faire culpabiliser, la fillette. Qu’elle ne meurt pas l’esprit tranquille. Jamais. Il trouvera un moyen de pourrir ses restes.

Le Joker déteste.
Le Joker sourit pourtant à s’en déchirer la chair.

Un temps, regardant la petite partir. Il demandera à ses acolytes de la plaquer au sol au pire, ou bien à des personnes très protectrices, qui détestent le Chef des Raccommodeurs.

Des gloussements, de plus en plus insistants. Des rires, de plus en plus forts, Des éclats de rire. Un fou rire. Le Joker se pliait même en deux, tant ça lui faisait mal aux côtes.
Il essayait au final de reprendre son souffle, mais ce ne fut qu’après plusieurs essais qu’il parvint à aligner des mots.

Pit prit alors Death sous son bras, par les épaules.

- C’est vraiment pas ça qu’on doit faire des poupées tu sais ? Au moins en profiter un peu avant de leur donner envie de mourir. Ou lui dire franchement qu’elle est qu’un foutue lâche plus vide qu’une putain de fosse. Elle est bien plus intéressante vivante.

Vivante, parce qu'il n'était pas sûr d'avoir la peau, et de toute manière, il aurait juste arracher pour arracher. Les pièces de jeu ne choisissent pas leur mort.
Un autre.

- Tu me fais vraiment mourir de rire. Fais gaffe à tes fesses, parce que c’est franchement une mort trop douce pour l’île.

Large sourire.
Le Joker souriait. Encore.
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MessageSujet: Re: Fossoyeurs de morts [Flashback]   Sam 16 Jan 2016 - 17:34



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Le Joker serait-il fâché ? A voir le regard que le blond lance à Flour, Death peut le croire. Car la fillette blêmit, perd tout sourire, même fabriqué, pour simplement reculer d’un pas, agrippant cette fleur arrachée à la vie, s’obstinant à l’emporter dans sa fuite. Car elle marche, vite, et quitte la scène de ce nouveau jeu, tandis que Death, relevé, époussète nonchalamment son pantalon. Il ignore, ou fait semblant d’ignorer les manigances mentales du chef des raccommodeurs, de ce qu’il tentera plus tard pour encore l’embêter. Le Sinistre veillera simplement à ce que son oiseau prenne ses cachets et disparaîtra avant de la voir les avaler. Comme pour Patient. Comme pour Half. Renonçant à cette envie indéfinissable de voir leurs yeux se voiler et la vie délaisser les pantins aux fils coupés – tant d’envie, tant de besoin derrière cela. De l’imaginer le fait pleurer, ou frémir.

« Il n’y a rien après. »
Murmure-t-il enfin, reprenant conscience de la présence du Joker. De son rire qui éclate, strident. Et le fait à nouveau grimacer.

Il a cette hilarité tonitruante des enfants exubérants cherchant à se faire remarquer. Comme les cris, comme les pleurs, ce mouvement de joie niaiseuse le dégoûte et le fait se replier sur lui-même. Lentement, Death fouille les poches de sa veste, en sort un paquet de cigarettes à moitié écrasé. Et en extirpe une clope qu’il attache à sa bouche, pendant tristement, à peine retenue par un baiser malingre.

Et ce rire, ce rire qui perce ce crâne, qui n’en finit pas de tomber. Il lui faut embraser la cigarette, inspirer, reculer. Quitter à son tour la pièce et le plateau sur lequel le chef veut l’entrainer. Mais c’est trop tard. De la même manière qu'il n’arrive jamais à reculer à temps quand Stealth lui fonce dessus, Death se fait attraper par le couturier, les épaules alourdies par le poids de son bras. Un peu plus courbé, malgré leurs tailles voisines, Death osa une œillade neutre sur le visage hilare de celui qui se prétendait son ennemi.

Il n’avait pas d’ennemi. Il n’avait pas d’autres menaces que ses propres erreurs, son inattention. A forces égales, plus qu’au donnant-donnant.

« Et toi. Tu te crois plus intéressant, vivant ? »
Soupira-t-il, épuisé de la discussion qui s’amenait entre eux. La fumée lui échappa de ses narines, souffle de dragon endormi. « Te voir mourir de rire. Serait un accomplissement. » Puis plissant les yeux, il recula son visage pour mieux prendre en compte le faciès gloussant du garçon. Fosse pour fossoyeur. « C’est ma peau que tu veux. Ou la sienne ? »

Une raison de plus pour rester en vie, dans cette envie. Ne pas lui laisser le plaisir d’user de son cadavre pour un autre fichu rôle. Death s’enchevêtrait assez dans ses propres liens pour ressembler à un pendu, plus qu’à un pantin.

« Ensevelis toi. Cache toi dessous. »
Vague sourire. « Tu ne te remplis que de cuir. Fosse. »

La cigarette brûlait, à quelques centimètres à peine de la joue de Pit. Seule chaleur se dégageant de l’éclaireur.






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MessageSujet: Re: Fossoyeurs de morts [Flashback]   Lun 18 Jan 2016 - 20:30


Les paroles qui entrèrent dans les oreilles du Joker élargirent le sourire de ce dernier.
Il ne s’emplissait que de cuir.
Quelle délicieuse phrase, Pit s’en serait passer la langue sur les lèvres. Comme un chien se lècherait les babines à la vue de sa gâterie.

Mais bref, la question avait aussi attaché l’esprit à l’attention. La peau de la petite ou bien celle de Death ? Ne serait-ce pas un élégant accessoire de mode, avoir Death en manteau ?

Un gloussement, sentant de plus la chaleur de la cigarette proche de son visage, de sa joue tatouée.
Il veillait à ce que l’objet ne l’atteigne pas, tout de même, il fallait prendre garde à sa propre peau. Sinon ça n’irait pas, sinon le Joker ne serait pas présentable.

Grand sourire et un soupir comme… satisfait se porta dans les airs.

- Oui je suis plus intéressant vivant. Ça trotte dans ma tête. J’ai pas le droit de donner ce plaisir, ça ferait trop plaisir à une personne que je connais plus du tout.

Il avait bien envie de prendre la clope, et de l’écraser. C’était disgracieux selon le Chef des Raccommodeurs. Un porte-cigarette serait sans doute bien plus élégant, du moins, s’il avait un beau manteau pour aller avec. Sinon, il s’en fichait en fait.

Le Jeu poursuivait, veillant à s’amuser à mettre des bâtons dans les roues, ou bien retrouver Flour plus tard, avant les Sentinelles.

Un temps, Pit se contentait de fixer le Sinistre de ses yeux bien trop verts.

Une idée bizarre naquît. Une idée qui lui prit un gloussement.

- Ah oui, c’est vrai, t’avais dit d’autres trucs aussi.

Il relâcha Death.

- Je suis presque triste que tu puisses considérer ma mort pour un accomplissement. Ce n’est pas très sympa de briser mi corazòn.

Une moue faussement attristée.
Le Bouffon du Tyran riait bien dans son esprit, il s’amusait bien avec Death.
Le sourire revint presque aussitôt, et Pit reprit sa pose initiale, reprenant l’Eclaireur sous le bras.

Grand sourire.

- Ta peau, ou la sienne ? Hm, je sais pas, la tienne est-elle délicieuse et élastique ?

Gloussement.

Puis le Joker saisit la mâchoire de son interlocuteur peu joyeux, et lui lécha allègrement la joue.
S’en suivit une fois de plus la libération de Death.

Un léger rire amusé, puis un sourire en coin, moins exagéré peut-être.

- Hmm, peut-être la tienne, en effet.

Pour plonger encore plus la situation, Pit aurait été capable de souligner le tout d’un sourire qui se serait voulu charmeur avec en bonus : un clin d’œil.
Mais le Chef des Raccommodeurs s’inquiétait, il ne comptait pas faire avoir un arrêt cardiaque au Sinistre si vite.
Il lui donna tout de même un sourire moins… fou.

Le Joker jouait.
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MessageSujet: Re: Fossoyeurs de morts [Flashback]   Lun 18 Jan 2016 - 20:51



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Comme il s’agitait, le chouchou, dans sa carcasse de blondinet dégingandé, riant, gloussant, piétinant le sol et ses pensées de petites blagues vaseuses. Death ne lui offrit ni sourire, ni réaction. A part, peut-être, le basculement incertain de sa tête, comme si elle était soudain devenue trop lourde à porter. Lui donnant un air vaguement interrogatif. Il fumait, les yeux rivés dans ce lac vert, et s’il était né à la bonne époque, s’il avait pu s’en rappeler, peut-être aurait-il pu les trouver radioactif.

Pit le relâchait, le ramenait, comme incertain de son propre jeu, de sa propre méthode vis-à-vis de lui - d'eux ? Le Sinistre déstabilisait-il la fosse à l’en faire s’écrouler ? Une chose était certaine, il le poussait dans ses retranchements, dans les salles sombres de ses idées. Alors, quand son visage se rapprocha, manquant de se cramer à la clope – et part un réflexe presque inconscient, Death l'attrapa entre ses doigts pour ne pas le blesser. Quand il vint contre lui, à en rire contre sa joue, et y déposa sa bave d’une caresse de sa langue, l’éclaireur demeura inerte, les yeux vaguement plissés sur un point lointain de la scène, peut-être sur ce buisson tordu qui ressemblait à s’y méprendre à Yarn.

Pas de surprise. Pas de glapissement comme Pit l’aurait voulu. Pas de crise cardiaque, non. Juste un moment de latence, de rêverie. Puis Death s’ébroua, et essuyant sa joue d’un mouvement presque lascif, il tourna à nouveau la tête vers le raccommodeur. Et la secoua, de droite à gauche, lentement.

« J'ignorais tes penchants cannibales. »
Vague murmure épuisé. Qu’il l’ennuyait avec ses mines, son cirque. Ses fils. Vide. Il était si vide et si mort, Pit venait de l’avouer lui-même. « Tu n’auras pas ma peau. Ni celle de. » Comment s’appelait-elle déjà, la petite qui venait de filer ventre à terre, avec sa fleur et ses excuses d’envolée ratée. « L’autre. Celle que tu cherches, c’est la tienne. »

Ce fut à son tour de se rapprocher. De tendre la main vers son visage. Et du pouce, il retraça la cicatrice en forme de quatre, jusqu’à lui tirer la paupière vers le bas, découvrant l’iris, s’y replongeant dedans.

« Rester vivant, pour les autres. Quelle idée. Futile. Stupide. »
Death manqua de bailler. « Je pourrais t’aider. Te sortir de tes excuses absurdes. J’en ai. Tellement. Tellement entendu tu sais. » Nouveau soupir. Sa voix se fit basse, lancinante. « J’ai autant de cachets. Ou de potions, que tu veux. Pour rendre ça tranquille. Que tu te glisses dans ta fosse, comme dans. » Nouvelle caresse à sa cicatrice. « Un vêtement de fourrure moelleuse. Un bon cuir. »

Nouvelle inspiration à la cigarette. Puis il la laissa pendre à sa main, et souffla docilement la fumée ailleurs qu’au visage du chef. Baissant les yeux pour fixer sa médaille. Et les bretelles qui pendaient à ses hanches.

Et les remonter. Aux yeux. Verts, yeux. Verts trop verts. A lui donner mal à la tête.

« Pas de jeu entre nous. Plus de fils. Oh fosse, fausse. »
Pourtant les siens s’agrandirent. « Je – te – vois. »






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MessageSujet: Re: Fossoyeurs de morts [Flashback]   Jeu 21 Jan 2016 - 21:23

Pauvre Joker était presque déçu de la réaction du Sinistre. Il en aurait fallu plus apparemment.
Seuls les mots furent alléchants au moins, plus amusants. Il y avait quelque chose qui dérangeait, ou l’ennuyait dans l’attitude du Chef. Au moins ça.

Un gloussement.

- T’inquiète pas, je mange personne. Mais j’aime déranger ce qui est tout beau ordonné.

Un autre rire, léger, il ne voulait pas louper une syllabe pouvant être hilarante. Cependant, ce fut un geste plutôt que des mots en premier temps. Le Joker ne bougea pas, se contentant de garder son sourire lorsque la main de Death venait autour.

Encore un gloussement lorsque la paupière du bah de son œil marqué fut un peu tirée.

Le sourire sembla un peu se restreindre un peu à la suite des mots. L’esprit n’avait plus envie d’écouter, il ne réagit positivement qu’au mot « cuir », le cuir des peaux.

Les derniers mots, ces fameux mots que les Diplomates utilisaient, mais aussi que l’Eclaireur usait afin de tirer plus bas ceux dont la vie n’a aucun intérêt. Strictement aucun. Les idiots, les imbéciles, les pions plus bas que l’objet le plus inutile.
Pit avait horreur des suicidés. Par jalousie sans doute, une vieille jalousie. Cette dernière n’avait plus lieu d’être, le contexte ayant radicalement changé, mais le Joker était rancunier jusqu’à l’os.

Gloussements, tremblements, le rire revenait.

Le rire éclatait dans les airs, presque avide de tout le souffle du Bouffon du Tyran.
Mais il ne dura pas aussi longtemps que le précédent, un long soupir le ponctua.

Et le sourire… aurait pu lui déchirer les joues.

- Les Méprisants, il faut leur pourrir la vie. PAS la leur rendre plus facile en s’effaçant. C’est une élimination du Jeu. Une des manières de perdre.

Un temps.
Un gloussement, encore et encore.

- Tu me fais de la peine, le Sinistre, à me croire aussi… rien. Alors que la fosse avale, elle a toujours faim, non ? Y a toujours quelqu’un pour creuser comme un idiot et finir dévorer par la fosse.

Pit vexé ? Non. Juste incapable de comprendre pendant deux secondes l’intérêt de perdre, de se sacrifier. Du moins, pour une personne ayant déjà pas mal d’évolution.

- Dis-moi, Death, pourquoi aurais-je envie de ne plus inverser les rôles ? Pourquoi ne pourrais-je pas me délecter de ce qui s’est passé, se passe et se passera ?

Un autre rire.
Au moins, le Chef des Raccommodeurs tenait en place. Se contentant de fixer son interlocuteur droit dans les yeux.
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MessageSujet: Re: Fossoyeurs de morts [Flashback]   Jeu 21 Jan 2016 - 21:55



Fossoyeurs de morts

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S’il s’inquiétait ? Oh si peu. Peut-être du jeu, peut-être de ses excentricités, et encore. A peine. Juste un ennui palpable, une vague contrariété plus que de l’angoisse. Un agacement qui grinçait des dents à chaque nouveau gloussement du chef des raccommodeurs. Ces rires ressemblaient bien plus à des tessons de miroir fracassés qu’à une hilarité d’enfant. Ces sons le perçaient, le poignardaient, immatériels mais stridents, un milliard de petites aiguilles effilées. Et sa main hésita sur sa joue, à le bâillonner, l’étouffer, l’étrangler même.

Lui couper la voix pour ne plus avoir à l’entendre. Ne resterait alors que l’éclat de ses yeux verts. Un mal moins aiguisé. Acceptable.

Pourtant, bien vite il n’y eut que des soupirs, et le sourire immobile du chef presque calmé. Les sourcils froncés, Death contempla cet arrêt, discernant un peu plus les contours du masque que la fosse arborait sous son hystérie. Et s'abreuvant aux vagues dans ses iris, au miroitement du lac d’absinthe. Quelque chose persistait là-dedans, sans vivre. Quelque chose grattait à la porte.

« Les méprisants. Les battements. Les peaux. Les fils. Le jeu. La scène. »
L’énumération, tranquille, suivait la direction de son doigt, caressant sa joue à effleurer sa pommette, puis l’os saillant de sa mâchoire. « Si on se ressemble tant… toi et moi. Et que je te fais de la peine. Alors tu te plains toi-même, c'est cela que ça signifie ? »

Ses bras basculèrent le long de son corps. Et il demeura simplement face à lui, cillant du buisson, à l’horizon, sous la chaleur du soleil, dans leur solitude de bulle de meurtres. Les deux monstres aux bonnes excuses. Les pantins actifs dans les ombres ignorées de ce théâtre imaginaire.

« La famine, elle ne se calme jamais. Tu finiras toujours aussi vide, une fois que tout aura été digéré. Et digéré. Et digéré… »
Un soupir lui échappa à son tour. Et il ferma les yeux, pour contempler l’obscurité de ses paupières, les éclats rougeoyant qu’apportaient l’extérieur, comme des myriades de mouches multicolores qui ne cessaient jamais de s’ébattre.

Sa Volonté. Il la sentait en lui, bouillonnante d’émotion. Effleurant de la main chaque tombe et chaque nom effacé, oublié. Son Cadeau.

« Tu as commencé avec des tissus. Tu continues avec des peaux. Et après ? Après fosse, de quoi te rempliras-tu ? Quand tu te seras lassé de ces coutumes. De tes habitudes. Tu trouveras d’autres fils à agiter. Jusqu’à ce qu’il n’y ait… »
Vague geste de la main, haussement d’épaule. « Plus rien pour te contenter. Alors tu seras mort. Ou pire. Abandonné dans un coin. Tous habitués à tes monstruosités. Et toi perdu dans l’ignorance. » Et s’il s’en servait pour être discret, Death mesurait toute l’importance de cette condamnation. Car sans Volonté, sans responsabilités, qui serait-il ici ? Que resterait-il de lui ? Qu’un corps actif que la survie enchainait. Et le vide sous ses pieds, raidissant ses ailes terrifiées à l’idée d’un battement de trop. Personne ne voulait vraiment mourir.

Mais Flour avait raison. Parfois, il fallait faire un choix. De facilité. De tranquillité.

Ce n'était en rien de la lâcheté. C'était du calcul. C'était mathématique.

« Je te plains aussi. »
Comme il se plaignait lui-même, car tel était le but du donnant-donnant. A penser à cela, ses yeux se rouvrirent sur le visage de Pit. Et presque doucement, l'éclaireur murmura. « Le jour où tu te décideras, si tu n’as pas envie de le faire seul. Je serai là. Je suis là pour tout le monde. Peu le comprenne… Et en attendant, nous continuerons ton jeu, puisque tu n’abandonneras pas. N’est-ce pas ? A leur vouloir leur peau, aux méprisants. Mais s’ils sont si importants, explique-moi… Pourquoi les appeler ainsi ? »

Death fut presque incrédule de sentir les mots glisser hors de sa gorge avec autant de facilité. Quand il lui était généralement trop difficile de discuter avec autrui sans que l’ennui ne s’en mêle, ou les élancements désespérés de son cerveau cherchant le repos. Pit l’éveillait, d’une certaine manière. Et brutalement, il le détesta pour cela, lâchant sa cigarette entièrement consumée, pour l'écraser au sol d'un vague mouvement de pied.

Métaphore.






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MessageSujet: Re: Fossoyeurs de morts [Flashback]   Sam 23 Jan 2016 - 21:06

Alors là, là, là… le Joker tentait de suivre. Mais l’esprit décrochait déjà, il y en avait des phrases ! Beaucoup même.

Pit souriait, évidemment, gloussait, évidemment, mais tentait de rester ancré au Sinistre. Tentait de ne pas se retrouver perdu.
Il tiqua en lui sur des mots, ne comprenant pas ce qu’ils avaient à faire ensemble.

Il avait dit que Death lui faisait de la peine, et Death lui avait répondu qu’il s’en faisait aussi pour lui.
Quelque chose n’allait pas, Pit méditait là dessus.

Un temps, un autre. Et ça s’enchaînait, ça s’enroulait.
Il comprit. Il crut en tout cas. Il avait deux fois plus de peine pour lui ! Un moment silencieux, l’Eclaireur avait fini de parler, écrasant la cigarette au sol.

Fumer. Tout le monde fumait avant, dans le monde ordinaire, mais impossible pour le Chef des Raccommodeurs de s’en souvenir. Evidemment.

- En fait, tu m’adresses de la peine ? Et je m’en adresse moi-même. Ça ne donne une grande quantité de peine.

Tout sourire.
Le Joker disait qu’il avait de la peine que Death pensait tout cela de lui, et Death avait de la peine pour Pit. Donc deux fois plus de peine. Non ?
L’esprit du Garçon Perdu allait loin, très loin. Si loin qu’on ne le voyait même plus. Une manière de comprendre ce qui se passait autour de lui peut-être, ou bien de s’en protéger inconsciemment.

Gloussements. Pas moqueur, ce n’était pas du goût de Pit. Juste amusé, et presque fier d’avoir « compris ».

Grand sourire en observant le Sinistre.
Qu’il était amusant et distrayant, à dire des choses que Pit avait bien de la peine à saisir. C’était que le concept de se donner la mort ne lui parlait pas vraiment en positif, et ne correspondait pas à une véritable joie de voir le monde s’écrouler.

- Death, je t’aime bien, t’es un gars marrant.

Finit par chantonner le Joker en portant ses mains sur le visage de son interlocuteur, sur les joues. Une lueur sérieuse apparue légèrement dans les prunelles, comme si le Joueur avait décidé de descendre sur le plateau de Jeu, parce que le Chef des Raccommodeurs avait déjà bien trop perdu de concentration suite aux phrases. Bien que de ces dernières, l’esprits avait tout de même enregistré les mots qu’il avait aimé entendre.

- Quelle tête tu as si tu souris ?

Rapidement, il tira un peu les coins des lèvres de l’Eclaireur. Donnant un effet peu convaincant mais qui agrandit celui du Joker.

- Héhé, tu sais, ça muscle les muscles du visage, de sourire.

L’inhabituel, voilà qui cassait la routine, l’éternelle boucle de vie qui se répétait. Et donc, Death avec cet air, factice certes, avait quelque chose d’unique du coup.

- C’est dingue, faut que je le fasse moi-même pour voir ça. Et je prends note que te lécher la joue n’aide pas.

Un léger rire, c’était qu’il aimait faire réagir les gens, surtout ceux qui ne réagissent que rarement. Voire même, jamais.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Fossoyeurs de morts [Flashback]   Sam 23 Jan 2016 - 21:38



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Pit ne répondit pas à sa dernière question. Ne sembla pas en prendre conscience d’ailleurs, ou l’ignora, l'un des deux choix. Death fronça les sourcils, à peine contrarié de ne pas pouvoir comprendre les règles auxquelles le chef se tenait. Des fils étranges, différents de ceux qui le maintenaient à l’Arbre. Il y avait pourtant quelque chose d’innovant, derrière tout cela. Comme d’assister à une nouvelle scène – à un nouveau film, mais ça, Death ne s’en souvenait pas. De toute façon, c’était encore la même histoire.

Un garçon, un autre garçon, un dialogue de sourds, des jeux de rôle, tous les deux factices. Tous les deux Perdus. Et aspirant à autre chose, un idéal peut-être inatteignable pour lequel ils s’acharnaient.

Alors il oublia sa question. Et quand Pit tenta de comprendre, le Sinistre ne chercha pas à mieux lui expliquer. Il laissa se perdre sa curiosité, cette vivacité qui lui avait échappé, la soufflant comme une bougie et s'en retrouvant aussi rassuré. Pit aurait pu l’atteindre par ses réponses ainsi offertes. Mais à le toucher ainsi, à étreindre son visage pour l’obliger à sourire, le joker retournait à un plateau de jeu que Death commençait à bien connaitre. Et sur lequel il pouvait vadrouiller, de case en case, sans être soumis aux lois des autres pièces de l’échiquier.

Pit n’était qu’un enfant, finalement.
Pit pensait seulement bien l’aimer.
Pit ne le connaissait pas et ne le connaitrait jamais.

« Je ne suis pas marrant. Et je ne souris pas. »
Pas par envie d’arborer ce faciès de croque-mort. Parce qu’il n’en avait pas la force, tout simplement. Parce que ses rictus étaient intrigués, ou effrayants. Parce que ses rares accès de bonne humeur, ou d’émotion, ne concernaient que les tombes.

Death ne pouvait pas agir autrement. Il aurait peut-être pu s’obliger, se forcer, à glousser aussi, à montrer une joie aussi factice que sont les fleurs de papier. Mais il se fatiguait à cette simple idée, et ne se voulait pas acteur de toute façon. Contrairement à Pit, pour qui il était si facile de coudre un sourire sur son visage, lui demeura inerte au contact de ses doigts, jusqu’à attraper ses poignets, pour l’obliger à le relâcher. Ce n’était pas entièrement un rejet, ou une marque d’indisposition. Si le temps avait pu exister ici, nul doute que le Sinistre l’aurait accusé de le gaspiller vainement.

« Ça ne marche pas avec moi. Lécher des joues. Les pincer. Tout ça, c’est inutile. »
Le seul point qui l’ennuyait concernant les peaux. Et là encore, il lui fallait danser avec les cases, sautiller à la marelle, pour obtenir enfin satisfaction.

Comme demeurer à l'Arbre, pour aider. Et ainsi survivre.

« Donnant-donnant ? »


Et lui ?
Aimait-il bien Pit ?
Vague question.
Qu’aimait-il au fond, à part ses responsabilités ?

Et encore, cela se rapprochait bien plus d'une obligation que de l'affection. Rester vivant l’était en tout cas.

Ses mains délaissèrent les poignets fins du chef des raccommodeurs. Et Death bascula la tête en arrière, pour bailler.

Parler autant commençait à l’épuiser.

« Viens. J’en ai assez de rester debout. »
Se détournant, l’éclaireur se rapprocha d’un arbre au tronc large. S’appuya contre jusqu’à glisser en vague torchon informe. Et étendit ses longues jambes devant lui, croisant les bras sur son torse, en parodie de cadavre aux yeux à peine fermés.

« Donnant-donnant. Ce jeu que tu joues... »
Répéta-t-il, comme pour rattraper ses idées. « Tu veux mes réactions. Moi je veux la paix pour mes oiseaux. Il m’est impossible d’empêcher ta couture de cuir. Mais. Que demanderais-tu en échange de l'ignorance ? »

Sa tête bascula à peine sur sa droite. Il respirait plus lentement, presque bercé par le pacte. Par sa Volonté.

« Et avant que tu ne le dises… non… ça ne m’énerve pas. Ça m’ennuie juste un peu, pour eux. Comme un chatouillis au creux du dos… tu vois ? »






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MessageSujet: Re: Fossoyeurs de morts [Flashback]   Sam 30 Jan 2016 - 22:26

Le Sinistre lui lança que ce dernier n’était pas marrant et ne souriait pas. Pit haussa les épaules à cette phrase. Il y en avait tant qui souriaient sincèrement, faussement. Il y en avait tant qui ne souriaient jamais, en se forçant, ou sans trouver d’intérêt à le faire.
Tous avaient sans doute raison à leurs manières. Leurs règles. Mais tous étaient au Jeu. À Pit, selon ce dernier du moins. Sa vision du monde n’était pas vraiment un exemple de logique pure et dure après tout.

Il lâcha Death, pas besoin d’insister. Il ne voulait pas, et c’était tout.
Léger rire, tic sans doute.

Rien ne marchait pour le faire réagir, pour lui lancer une petite étincelle d’électricité qui faisait vivre les gens ? Du moins, au moins par les gestes un peu plus rapides que les habituels mouvements nécessaires à la mobilité des corps.

Le Chef des Raccommodeurs était presque déçu.

Oh non, un bâillement. Ce satané geste était… communicatif. Pit serra les dents pour retenir le sien. Celui qui avait été provoqué par la vue d’une personne sujette à ça.
Le Joker haussa un sourcil interrogateur lorsque l’Eclaireur lui dit de venir, il suivit d’ailleurs. Regarda le Sinistre fondre le long du tronc d’arbre, Pit se contenta de mettre les mains dans les poches.
Le Chef resta debout pour le moment, occupé par les bruits de la forêt qui étaient parfois intrigants. Amusants peut-être.

L’esprit s’égarait, le Chef des Raccommodeurs se reconcentra. Les paroles de Death l’y aidèrent.
L’ignorance. Ce mot, il dérangeait le Joueur, il dérangeait Pit.

D’autres mots suivirent.

L’image arracha un léger rire, court, en un souffle. Il aimait voyait l’idée.

Puis lorsque ce fut son tour de parler, il s’accroupit.

- L’ignorance en échange du cuir ?

Un temps, le Joker essayait d’organiser ses pensées salement désordonnées.

- Ou l’ignorance en échange de tes réactions ?

Large sourire, mais ce n’était que sa réaction habituelle. Le sourire de coutume ancré profondément sur le visage du Chef.

C’était vrai qu’il aimait les lois du donnant-donnant. C’était vrai qu’il aimait, et qu’il respectait, de manière plus ou moins fourbe ou honnête, ses dires ou pactes.

Que proposer ? Que faire ? Laisser les oiseaux et obtenir réactions de Death, ou Laisser Death et avoir le cuir ?
Pit n’était pas sûr de comprendre.
Alors bien sûr qu’il n’allait s’engager à rien.

- Qu’entends-tu vraiment par « ignorance » ? Ce mot est tantôt dérangeant, tantôt apaisant.

Le Joker était concentré. Que d’honneur lorsque celui-ci réussissait à enchaîner son esprit à ce qui se passait, à ce qu’on lui disait.
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MessageSujet: Re: Fossoyeurs de morts [Flashback]   Jeu 4 Fév 2016 - 17:16



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Pit le surplombait, mains dans les poches, attitude dégingandée et pourtant attentive – un peu – au moindre de ses mots. Maux ? Les yeux plissés par la lumière, Death observa ce contre-jour sans sourire, finit par tendre la main, attraper sa cheville. Pour l’obliger à se déplacer, d’un vague pas sur la gauche. La crinière ensoleillée du chef des raccommodeurs masqua aussitôt celle du ciel. Et même sans ombre pour l’amener à l’obscurité bienfaitrice, ce rempart visuel lui permit de reposer ses rétines, un court instant.

Soupirant contre le tronc, le Sinistre croisa ses doigts sur son torse maigre. Sentit la houle de sa propre respiration. Et rattrapa le vol de ses idées, une nouvelle fois. Faisant face à ce sourire de pierres tombales, de dents blanches étroitement alignées, de lèvres étirées presque à s’en déchirer le profil. Un sourire de cicatrice.

« L’ignorance pour mes patients. Tu laisses leur cuir sur leurs os. Tu ne les ramènes pas à un autre rôle. »


Sa voix, ses mots en vagues métronomes, pesait dans l’air comme un sirop trop épais. S’engluait à sa gorge et le plaçait en difficulté pour s’expliquer et défendre ainsi Sa Volonté. Il sentait, confusément, que Pit avait du mal à comprendre où il voulait en venir. Et l'éclaireur bailla à nouveau, éreinté.

« C’est important pour eux. Pour moi, ça m’est nécessaire. »


Seulement, plus il se débattrait à vouloir le fuir, à lui dénier ses réactions, plus Pit chercherait à les obtenir, les embêterait lui et ses oiseaux puisqu’ils étaient sa seule faiblesse.

« Je n’ai aucune envie que leurs envols soient contrariés par ta quête, fosse. »


Mais Pit pouvait très bien convenir que cette réaction de contrariété lui suffisait assez pour continuait à agir ainsi, à interrompre ses échanges et mettre à mal la Volonté de ses oiseaux. C’était un risque à courir s’il n’avait pas mieux à lui proposer. Pourtant il sentait encore sur sa joue la trace invisible de sa langue, son contact physique sur ses épaules. Et, s’ébrouant, Death décida de lui-même que Pit avait bien mieux à chercher que sa colère ou sa frustration. Même s’il ne savait pas encore quoi.

« Laisse les tranquille et embête-moi. Moi seul. Nous laissons nos pactes en dehors de tout ça. Celui que tu as envers leurs peaux, celui que j’ai envers leur liberté. »
Le supporterait-il ? Sans doute pas. Pit le pousserait-il à bout ? C’était là le bourdonnement confus de l’éveil qu’il souhaitait à tout prix éviter. Mais il le fallait, pour ses responsabilités. Se porter préjudice et apporter le bien-être à tant d’âmes dans le besoin. Le sacrifice ultime. Quasiment divine. Et si Death avait eu quelques notions de chrétienté, sans doute se serait-il retrouvé dans les portraits des martyrs d’autrefois.

Ses commissures tressaillirent. Une ombre de sourire, de joie, de moquerie, qui fit onduler la noirceur de son regard et défricha son visage vide de toutes émotions.

« Ça sera un autre défi pour toi. Que de me faire réagir sans cette facilité qu’ils représentent. En seras-tu capable ? »






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MessageSujet: Re: Fossoyeurs de morts [Flashback]   Lun 8 Fév 2016 - 13:35

D’abord, Pit ne comprit pas pourquoi Death sembla s’intéresser à l’une de ses rangers. L’ombre inexistante ne pouvait pas lui montrer qu’ainsi le soleil était bloqué, mais il comprit tout de même que ce n’était qu’une question de « soleil dans les yeux » pour le Sinistre. Logique. Le Bouffon du Tyran se laissa faire, se décalant vaguement. Il s’en fichait pas mal d’où il était positionné.

La réponse concernant cette ignorance fit grandir le rictus du Chef. Les sourcils se haussèrent tout de même, abandonner ses précieux cuirs aussi facilement ? Sans retour ? Ce n’était pas digne du donnant-donnant.

Puis la suite des mots, la suite qui vint à ses oreilles qui s’enchaînaient à la concentration pour une fois.
Les paroles donnaient plus envie de continuer sur cette lancée…
L’esprit se détachait de plus en plus de son interlocuteur, il ne présentait plus autant d’amusement. Où était passée la petite d’avant ? Ah oui, elle était partie. Dommage. Cependant, vite, brusque, l’attention toute entière revint sur ses pensées. Death avait à nouveau l’entier intérêt.

Les laisser tranquille, et embêter uniquement le Sinistre.

Peaux, liberté. Pourquoi ces deux mots n’allaient pas ? Non, c’était le terme liberté que Pit ne comprit pas. La liberté de mourir. C’était si facile. Inconsciemment, l’esprit n’aimait pas l’idée qu’ici, des personnes aient cette possibilité, alors que dans l’autre monde, l’Américain n’en avait pas eu la moindre opportunité. Inconscient, il ne se souvenait de rien. Vraiment rien. Concernant ce genre de pensée.

Un défi ?

C’était déjà une petite victoire de voir apparaître un semblant d’expression sur le visage de Death.

Et donc ? Qu’allait-il faire, le Joker ?

- Hmm…

Accroupit, il s’assit sur l’herbe au final.
Que faire ? Un soupir, Pit devait beaucoup se concentrer. Et pourtant, le sourire s’élargit et laissa passer les rires.
Ignorer les imbéciles qui se sont condamnés « seuls » et juste embêter Death ? Jouer à avoir ses réactions ? Comme avec Heaven ? Ce serait plus compliqué. La Récolteuse avait le don de se mettre facilement dans beaucoup d’états différents. Death, il faudrait voir quelles sont ses capacités en termes de réaction. Une forme de recherche scientifique en fait.

Et les peaux ? Pour être honnête… Pit n’avait sans doute pas pris des tonnes et des tonnes d’épidermes humains. Des Enfants Perdus qu’il avait trouvés morts dans les forêts, jamais il ne convoitait ceux que les Sentinelles retrouvaient. Histoire de ne pas se faire prendre.

Le nombre de peaux récoltées devait juste envoisiner les environs d’une dizaine. Ou un peu moins. C’était que le Chef des Raccommodeurs était plus occupé qu’il n’y paraissait.

Ricanement. Deux ou trois des suicidés avaient dû périr dans la forêt, et le Joker les avait trouvés par hasard. Peut-être.

- Je serais assez tenté. Jouer avec toi plutôt qu’avec les suicidés, c’est même moins dangereux pour moi. Avec ton consentement en plus.

Large sourire, tête légèrement penchée sur la droite, laissant la tressette valser dans le vide. Tressette qui avait enfin un peu repoussée depuis sa rencontre avec un Pirate bien sympathique.

- Marché conclu, je m’attarderai sur les cadavres que je trouverai. Mais je vais pas m’amuser à savoir si ce sont des suicidés ou non. Ces sortes de pions cassés.

Un air affreusement sérieux passa dans les prunelles d’absinthe.
Puis un rire, le Joker se pencha un peu en avant.

- Tu vas me supporter ?

Gloussement, un jeu intéressant, mais pour combien de temps ? Il allait falloir jauger les risques de lassitude du Chef des Raccommodeurs…
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MessageSujet: Re: Fossoyeurs de morts [Flashback]   Lun 8 Fév 2016 - 19:23



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Faute d’avoir Pit en pare-soleil, Death dû se contenter de fermer les yeux, basculant la tête de côté dans une somnolence presque agréable. A la manière d'une couverture chaude et moelleuse, la chaleur solaire l'enveloppait et le berçait. Il y avait du bon à se reposer ainsi sans les cris hystériques de Stealth, sans les mouvements abrupts des enfants de l’Arbre. Bien évidemment, il devait supporter le rire imbécile du chef des raccommodeurs mais à force d’entendre ce grincement de porte forcée, il finissait presque par s’y habituer. Il était moins excentrique que certains, moins bruyant au fond. Mais quelque chose lui disait que le Joker ne tiendrait pas longtemps avant de percer cette bulle de calme dans laquelle Death entraidait. Dommage. En d’autres temps et en d’autres actions, le Sinistre aurait presque pu l’apprécier, finalement.

Mais ce n’était pas le cas. La puanteur de ses mains de marionnettiste lui glaçait le sang. De l’imaginer écorcher les peaux et jouer avec lui collait une angoisse à lui tordre les entrailles. Mais fi ! Hors de question de l’avouer où le chef recommencerait son tour. Il venait de signer une improbable armistice en gagnant ainsi son intérêt. Ce n’était pas le moment de le laisser s’échapper à ses propres manigances.

Alors aussi étrange qu’incertain, ce fut au tour de Death de rire. Tout doucement. Crachotements approximatifs mais néanmoins sincères.

« Mon consentement. Je ne savais pas qu’il t’était si important. »


Puis à nouveau, il soupira.

« Je te donnerai les noms de ceux qui se préparent à l’envol. Et si je te surprends à rôder autour d’une de mes âmes en peine dont tu n’aurais pas remarqué la présence sur ma liste, je t’avertirais. Marché conclu. »


Assit face à lui, le Joker se pencha, si proche qu’il sentit son haleine lui frôler le museau. Quelques centimètres les séparaient, avec entre eux les cannes raides de ses jambes. Mais cette brise tiède lui fit froncer les sourcils. Et à sa remarque, les paupières lourdes papillonnèrent, sur un regard vaseux, pourtant terrible. Terriblement nu.

« Tu crois que toi, tu serais le pire à subir ? Je supporte déjà cette fichue vie. » Battement de cils presque charmeurs. « Tu ne te surestimes pas un peu ? Ou alors tu sous-estimes ma capacité à me foutre de tes manigances. Si tout ce que tu as à faire c’est de me lécher la joue… »

Sa main glissa sur sa propre pommette, essuyant la trace invisible de ce coup de langue déjà sec.

« Alors je ne crains pas grand-chose. »
Maintenir l’attention du Joker à ce défi qu’il susurrait entre deux évidences lasses était un tour d’acteur, de tricheur, qu’il ne supportait qu’à grande peine. Néanmoins, c’était amusant de constater à quel point ces lacs d’absinthe pouvait se montrer intransigeants, fixes, quand ils étaient concentrés sur un point unique – à savoir lui – en attente d’une autre distraction. Si Death avait eu du goût pour les métaphores sportives, il se serait senti telle une mouche au centre d’une cible à fléchettes.

« Qu’as-tu donc à proposer de mieux, fosse ? » Le Joker aurait-il les ongles assez solide pour gratter le marbre de sa lassitude ?





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