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Freckles
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MessageSujet: Forget Me Not ☆ Honey   Mar 27 Oct 2015 - 16:23


Et Freckles en a marre.
Il fait tout comme d'habitude, cela dit. Il se lève, passe en revue les troupes, marche, porte. Donne des ordres, décide, laisse décider. Dans son cerveau s'est enclenché le mode automatique. Il fixe à côté des choses et esquisse des sourires qui y ressemblent même pas. Voire pas de sourire. Y avait déjà plus d'heures ni d'années, et maintenant y a plus de jours. Le cycle rassurant de la fatigue, qui finissait toujours par régler les choses. Freckles est fatigué. Freckles est épuisé. Et Freckles en a marre.
C'est peut-être bien la première fois qu'il en a marre. Que l'idée l'effleure que là bas, c'est peut-être vachement mieux qu'ici. Qu'il voudrait ne plus décider, ne plus qu'on attende rien de lui. Qu'il ne voudrait plus être celui qu'on regarde à la recherche d'approbation ou d'affection. Qu'il voudrait une paire de bras de maman pour aller se blottir dedans, et dormir au moins cent ans. Un truc sur lequel on peut pas mettre de mots, parce qu'on ne s'en rappelle pas, et que c'est interdit. Freckles est chef, et quand on est chef, on a pas le droit d'en avoir marre.

Les gosses tombent bien avant la nuit, dans la cabane encombrée de poussière. Ils toussent un coup et s'endorment, le ventre vide et les joues sales. Ils ont l'air plus petits, plus fragiles avec leurs têtes qui dépassent des hamacs. Le regard hésitant, plein d'espoir, comme si ils attendaient quelque chose de lui. Bonne nuit, Freckles. Bonne nuit. Sans sourire, sans vrai regard. Et il sort. Pas pour trouver le frais dans la maison souterraine, juste pour rester dehors, en bas. Les branches mortes des arbres filtrent le rouge du ciel, ni trop noir, ni encore lumineux. Freckles hait ce rouge.

Là dans la terre sèche, plus rien ne pousse. Même les mauvaises herbes ont rendu les armes sous l'assaut du soleil. Il marche, puis il s'arrête, les yeux attirés par une tache de couleur. Plus rien ne pousse. Juste une fleur. Toute petite et toute bleue, avec un cœur tout jaune. Il en a déjà vu. Elles poussaient près de la rivière : quand elles fleurissaient, on pouvait les cueillir par poignées entières. Et maintenant, y en en a plus. Il s'accroupit près de la fleur, les sourcils froncés. Tend la main gauche, fait mine de effleurer, de l'index. Mais n'en fait rien, de peur qu'elle parte en poussière.

« T'es un peu conne, toi, t'sais. » parce qu'ici, y a rien pour toi. « Ou juste super têtue. »

Comme moi.

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Ancien Perdu
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MessageSujet: Re: Forget Me Not ☆ Honey   Mer 18 Nov 2015 - 15:23

Le rouge finit par tomber sur le cœur.
De la plupart.
Honey se dit, se répète, que ça finira par passer. Tout finit toujours par passer. Et puis Honey est vivant. Il est bel et vivant et se sent plus vivant encore qu’il ne l’est peut-être en vérité. Dans son squelette de corps qui crie famine, y’a tout au fond un cœur qui danse nuit et jour une rumba magnifique sous l’œil suspicieux et ennuyé d’une raison bâillonnée et recluse au creux de l’estomac. Infatigable, le petit cœur aux joues roses, un peu ivre, aussi, danse et danse et rit tout seul comme un fou bienheureux. Un peu con, mais tellement content de l’être que rien d’autre n’a d’importance.
Mais comme tout est rouge, tellement rouge… Les bonheurs deviennent un peu plus difficiles à partager. Et les chefs sont plus occupés encore qu’à l’habitude. Les chefs. Tous. Honey aime bien les chefs. Certains chefs. Et y’a de ces bonheurs même pas interdits, mais timides par ces temps de petites morts qui rôdent de plus en plus près, qu’il aimerait partager. Juste… En donner un peu, de son sourire.
À quelqu’un qui n’y a pas eu droit depuis longtemps.
À quelqu’un qui lui a échappé, qu’il n’a pas su retrouver même quand il aurait pu…
Quelqu’un comme un ami dont l’absence laisse une tache noire comme une ombre.

Freckles n’est plus là. Plus pour de vrai. Il fait son boulot, que son boulot, et a toute cette marmaille qui lui pèse sur ses épaules de gamin comme les autres. Juste, plus vaillant, plus fort, plus Freck. Juste ça. Ce qui est énorme, ce qui suffit à faire de toi un petit héros.
Pas le tien, Hon’.  
Non, Hon’, lui, n’a pas le droit de réquisitionner du temps qui pourrait profiter à ceux qui en ont plus de besoin. Le Sucre n’a pas besoin de temps. Le Sucre n’a besoin que de ce qu’il a déjà.
Quand même…

Deux petits pieds sales pointent sous le nez de Freckles. Venus en douce de nulle part, ils s’arrêtent précisément là, devant la fleur et devant son admirateur du moment, le plus grand des petits héros.
De la bouche du Sucre qui s’incline par devant, mains jointes au bas de son dos, s’écoule un long filet de bave qui s’échoue tout juste à la base de la tige de la fleur.
À son tour, Honey s’accroupit et se félicite mentalement d’avoir si bien visé. Lui aussi admire la belle. Et comme pour ne pas la déranger, il parle tout doucement.

Je lui crache dessus tous les jours. Faut croire que ça lui plait.

Y’a de ces fleurs…

Je l’ai appelée Slobber Sue. Ou Marie-Folle. C’est son deuxième prénom.

Honey sourit et relève son menton pour regarder Freckles.

Parce qu’elle est follement têtue. Quelle idée de pousser par ce temps! Qu’est-ce qu’elle ferait si elle avait pas un Honey pour lui baver dessus?

Accoudé sur ses genoux, le Sucre appuie le bas de son visage dans ses mains.

Tu veux que je te bave dessus, Freck?
Et ça se roucoule un rire, ce tas de miel. Avant de soudain se faire tout sérieux.
Pour de vrai.
Il lui prend la main, se relève et l’entraîne avec lui.
Ce soir on refait le plein de Freckles. C’est de ça qu’ils ont besoin, tous. D’un prince des éphélides, un vrai. Avec des taches de rousseur qui sont comme des lucioles et des cheveux qui sont comme un diadème. Honey baisse la tête, mais ne lâche pas les doigts, les quelques doigts qu’il tient dans sa main. Penaud, il marmonne.Enfin… Si tu crois que tu peux me pardonner…
Sans être capable de dire exactement quoi, sans vouloir peut-être, et de toute façon qu’importe. Freck est là, il suffit de ne pas le lâcher, quitte à lui prendre le peu de doigts qu’il lui reste.
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Freckles
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MessageSujet: Re: Forget Me Not ☆ Honey   Lun 21 Déc 2015 - 19:15

Honey est trop variable.

Il y a des tas de constantes dans la vie de Freckles. Des tas de trucs sur lesquels on peut compter et qui sont à peu près fiables. Qui ne risquent pas de changer d’un jour sur l’autre, dont les réactions sont prévisibles. C’est rassurant, d’avoir des constantes quand on vit sur une île où le changement, c’est tout et rien. Freckles s’efforce d’en être une, de constante.
Mais Honey, non, on est jamais sûr de rien, avec lui. Un jour on l’oublie, et le lendemain il prend plus de place qu’une petite tornade blonde. C’est quantique et cosmique. On peut pas prédire où il ira, ce qu’il fera, ce qui se passe sous son crâne. On peut pas savoir quand est-ce qu’il nous évitera, quand est-ce qu’il nous invitera bouffer des gâteaux sur lit de marguerites, ou encore quand il viendra lâcher un long filet de salive sur la dernière fleur du Grand Arbre.

Genre maintenant.

Il lève les yeux le rouquin, incrédule mais pas surpris, parce qu’il n’arrive plus vraiment à l’être. Et de voir son sucre, ça lui fait comme chaud au cœur, mais aussi un peu mal ; ça se tord dans tous les sens là dedans. Honey ne devrait pas être là, et il ne devrait pas être avec Honey, et-

« Tu veux que je te bave dessus, Freck ? »

Pourquoi il raconte toujours n’importe quoi ?

« Pourquoi tu racontes toujours n’importe quoi ? » il marmonne.

Et il se laisse relever sans beaucoup faire d’efforts. Les mains de Honey sont sales et toutes douces, elles ne serrent même pas trop fort sur les os encore fragiles.
Freck a une curieuse envie de rire. Et aussi un peu mal au ventre.

« Garde ta salive. Tu vas te dessécher. Je préfère que ce soit la fleur qui meure, que toi. » il l’évite soigneusement du pied, d’ailleurs, la Marie-Folle ou la Slobber Sue. No offense, petite. Puis il le fixe sans sourire, sourcils froncés, le sucre. « Te pardonner de quoi ? »

Le verdict est sans appel : aujourd’hui on ne blâme personne. Même si y a une part de lui, un peu loin, qui sait que c’est de sa faute, à Honey, tout de sa faute, et qu’il a tout gâché. Ou quelque chose dans le style. Il a jamais été doué pour écouter les petites voix, Freck, et encore moins celles qui ont raison.

« Y a rien à pardonner. Et de toutes façons c’est trop tard. »

Contradiction ?
Rien à foutre.

Il lâche les mains de Honey, très soigneusement, lui fait lâcher, plutôt. Comme on enlève un gant, une main, puis l’autre. Et il prend un air très professionnel, presque un peu hautain sous les tâches de rousseur, et c’est qu’il ferait le grand chef, ce petit là.

« Et j’ai pas le temps de jouer avec toi aujourd’hui. J’ai plein de responsabilités. »

Et comme fait exprès, y a sa langue qui fourche sur ce dernier mot. Et ça zozote.
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Ancien Perdu
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MessageSujet: Re: Forget Me Not ☆ Honey   Ven 8 Jan 2016 - 21:43

Ça lui fait une petite légèreté sur le cœur. Pas exactement un baume, mais plutôt comme un coup de plume.
C’est que… Freck préfère voir mourir la fleur à lui. Il l’a dit. Vrai. C’est vrai. De le savoir, ça lui souffle doucement sur les inquiétudes, à Honey.
Mais pas trop.
Prudent, le Sucre, devant le chef des livreurs qui, on dirait, à oublier comment ça se dessine, un sourire. Pourtant, il a cru entrevoir, une seconde plus tôt, dans les yeux du rouquin, quelque chose comme de la petite joie. C’était de le voir ? Oui ? Ou alors c’était que nerveux ?
Il ne sait pas, ou plus. Pareil.
De ne pas savoir, non plus, ce qu’il y a à pardonner quand Freckles le lui demande, Honey incline la tête sur le côté. Puis baisse les yeux, fait la lippe, et ne renifle rien, chagrin à sec.

Y a rien à pardonner. Et de toutes façons c’est trop tard.

Ouille.
Aïe.
Honey statue de sel fondant se prend des coups tout droit dans l’espérance, ou la naïveté, ou les deux. Freckles se défait même de lui, déshabille, lentement et sûrement, ses mains des siennes.
Pourquoi ? Que ça bredouille dans le petit silence ratatiné tout au fond de son ventre creux, et que ça fait écho, que ça répète… Pourquoi tu veux pas de Sucre hein le Lion…sot ? Ouais. C’est peut-être qu’il est sot, le lion, à se trafiquer de l’orgueil sur le regard.
Honey, de dessous sa blondeur qui lui fait un fin rideau devant le gris des yeux, le voit bien, Freckles, se prendre des petits airs de grand. Se farder de responsabilissence. Et ça lui fait plisser un peu ses paupières. Accusant, boudant, versant presque une larme. Frustrée, qu’elle serait, d’ailleurs, si elle venait à lui laver la joue. Frustrée de naître du petit bonheur pressé à froid de Honey.
Il va pleurer, si tu continues, Freckles. Que tu ne lui aies pas tenu ses jolies et précieuses pattes. Que tu ne lui aies pas pardonné, même « rien ».

Et j’ai pas le temps de jouer avec toi aujourd’hui. J’ai plein de responsabilités.

Q-Quoi ? Euh… Pardon ? C’est-à-dire que, qu’est-ce tu viens de nous chanter, lionroux ?
Le Honey en a le boudin qui lui tombe tout d’un coup aux pieds, dans la poussière, sur la tête de Slobber Sue. De ses mains désormais libres, il vient, d’une claque sur la bouche, se cacher le soudain sourire et s’étouffer le petit rire aigu, yeux clos sur son timide vent de folie. Le temps de quelques hihihi, les épaules rebondissent, puis se calment, et Honey baisse les bras, joints ses mains dans son dos et fait un pas vers Freck. Toujours curieux de les lui voir de plus près, ses rousses constellations.

Tu zozotes comme un Chat ou quoi !

Et ça rigole encore un brin, ce brin de garçon, avant de s’approcher le bec sucré de celui zozoteur de Freckles et de lui coller le sien de nez sur le sien de pif.

Tiens d’abord.

Prend ça.
Bisou esquimau.
Comme les princes le font.

Aujourd’hui c’est fini, maintenant. commence Honey en reculant son visage. Et y’a un peu de temps entre chaque aujourd’hui. Maintenant, par exemple. Honey ouvre alors grand les bras. Tu sais que ma vocation profonde en vrai c’est maman ? Qu’il plaisante à peine avant de vivement refermer ses bras sur Freckles. Prisonnier, le lionceau ! Honey soupire. Mais c’est trop de travail. Et pose sa tête sur l’épaule du livreur. Je sais pas si c’est de mourir à petits feux, Freck… Mais j’arrive pas à être fatigué. Et maussade. Un peu comme Peter, peut-être… Je sais pas. Je sais pas… Mais s’il te plaît… S’il te plaît s’il te plaît s’il te plaît… Laisse-moi te tenir compagnie, pour ce maintenant-ci. Et que celui-là, si tu veux. Mais… Au moins celui-là. Demande-moi de t’assister dans tes responsabilités, ou de te chanter une berceuse, ou de te raconter une histoire, ou de veiller sur ton sommeil, ou même de jouer à ton ombre… N’importe. M’importe. Juste… Me demande pas de partir.
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MessageSujet: Re: Forget Me Not ☆ Honey   Sam 6 Fév 2016 - 19:15


Et ça le fait rire. Il rit, le Sucre, d'un rire charmant qui lui secoue les épaules de bonheur. Freckles reste là les bras ballants, et lui ne trouve pas ça drôle. C'est peut-être même le truc le plus triste qu'il aie jamais entendu, de mémoire de lionceau. Triste : parce que c'est pas un rire qu'il a envie de partager. D'habitude il faut tout partager avec Honey : du temps, des gâteaux, et des rires plus que tout.

Tu zozotes comme un Chat ou quoi !

Oh, aïe.
Il grimace, recule presque en vrai. Y a un truc qui bloque dans la gorge, un truc froid qui lui descend dans le bide. Ça proteste. C'est de l'angoisse là tout au fond. Il a raison, le blond, il l'a cramé en trente secondes, le coup des responsabilités, c'est pas lui, c'est du pur Fang certifié authentique. Et ça lui a échappé de la bouche comme un crédo mûrement réfléchi. Mais c'est pas à lui. Depuis quand il laisse les responsabilités casser le bonheur ?

« C'est pas vrai ! », il s'écrie, trop fort comme quand les enfants mentent. Il dément avec force ce lien là. Aucun rapport avec un chat, un pacte, une promesse, un chantage. Aucun rapport avec une volonté foireuse de bien faire.
Un pas, deux pas. Re-rencontre entre deux bouts de nez sales. Ça faisait longtemps qu'ils s'étaient pas vus, ces deux là ; longtemps qu'il a pas fait assez beau (dans sa tête) pour ça. Bisou esquimau. Bisou de prince et de chevalier servant. Freckles fronce le nez au contact, par réflexe. Se recule un peu. Mais sûrement pas assez. Il ne se rappelle plus des distances de sécurité.

« Tu le fais exprès » c'est presque geignard ; et encore, fêlure de désarroi dans la voix : « J'ai pas le droit. »

On dirait un enfant qui comprend pas pourquoi il est puni. Il y pense. Ça fait combien de temps qu'il dure, ce pacte ? Des mois, au moins. Des années. Des millénaires ! Il a été remarquable, putain, il a évité Honey comme jamais il n'a évité personne. Jamais il aura tenu une promesse aussi longtemps ! Oh et puis merde ! Il en a marre. Pourquoi c'est toujours lui qui doit tenir les promesses ? Il sait pas faire, on lui a jamais appris comment faire ! Et les pactes, comme ça, ça devrait jamais être pour la Vie.
Freckles hésite, donc.
De l'intérieur c'est les rouages qui tournent à toute allure, des neurones qui s'entrechoquent à essayer de trouver une date de péremption à ce stupide pacte.
De dehors il ne bouge pas, visage figé dans une expression de détresse et de tentation. Des bras passés autour de ses épaules et une tête blonde qui lui chatouille le menton. Honey monologue et Freckles n'écoute pas.

Regard à gauche.
Regard à droite.

Bon.

« D'accord, c'est bon, reste, pars pas, meurs pas. » il a pas compris cette histoire de mourir à petit feu, ni cette histoire de pas pouvoir être malheureux (il aurait pu comprendre, peut-être, mais une autre fois). Il sait juste que ça le branche pas trop. Et décide que bon, d'accord, il a peut-être besoin de sa dose de glucides, mais pas longtemps, vu ? « Viens. »

Pas qu'il manque de courage, mais il n'a pas trop envie qu'on le prenne en flagrant délit de traîtrise, en train de déchirer et piétiner sa parole (il a juré-craché). Et c'est même pas qu'il aie peur de se faire tabasser, ça non, c'est pas grave. C'est juste... juste... une question d'honneur ?
Une question de Honey.

Il attrape la main qu'il a repoussé quelques minutes avant, et le tire derrière lui, un peu plus loin. Un peu à l'ombre d'une cabane, là où on se réfugie en journée. Pour le soleil. Puis il le lâche de nouveau, Freckles, mais à contrecœur cette fois. Il fait trop chaud, mais cette étreinte, elle l'a réchauffé en bien. Il se tortille sur ses pieds, embarrassé.

« Je sais pas trop ce que je dois faire », il avoue, et il ne sait pas trop bien si il parle de maintenant, ou de tout le temps. « Moi aussi je voudrais pouvoir m'en foutre et faire comme d'habitude, mais j'y arrive pas. J'en ai marre de faire le chef. Et je veux pas que tu t'en ailles et je veux pas t'en vouloir mais j'ai fait une connerie et maintenant j'ai plus le droit de te parler. » et j'ai oublié pourquoi.

Il s'assied dans la poussière. Ses mains font des cercles et des battements alors qu'il explique, en brassant l'air chaud qui se colle sur sa peau. Puis il vient entourer ses genoux de ses bras, y poser prudemment la tête.

« Mais si tu veux tu peux chanter ta berceuse ou faire tous les autres trucs que t'as dit, et je ferai semblant de pas t'écouter. »


Dernière édition par Freckles le Dim 21 Fév 2016 - 19:52, édité 1 fois
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Ancien Perdu
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MessageSujet: Re: Forget Me Not ☆ Honey   Dim 21 Fév 2016 - 17:24

Ça arrive, les coups de tristesse. Ça arrive, de n’avoir plus envie. Rien que ça.
Faut pas se laisser démonter par l’attitude de Freckles, songe Honey. Faut pas. Ou alors, le Sucre ne saurait plus être le Sucre dont le prince des éphélides a besoin, là maintenant. Qu’il l’admette ou pas.
Mais de l’entendre dire qu’il n’a soi-disant pas le droit - beurk, le droit - de lui parler le fait grimacer. Comment c’est possible, qu’il n’ait plus le droit de lui parler? Honey se le demande sans pour autant désirer connaître la réponse. Ce qu’il veut, c’est l’ami qui lui a filé entre les doigts.

Aussi, quand Freck acquiesce à son offre, le grimpeur doit se retenir pour ne pas se faire feu d’artifice. Tout de même, question de se soulager du trop plein de joie, il sautille sur place, faisant rebondir sa grasse mais toujours bien blonde tignasse.

Docilement, il se laisse entraîner, content que ce soit Freckles, finalement, qui lui prenne la main. Sans se soucier des possibles regards, des alentours. C’est que, Honey aime cette impression de petite conspiration. C’est peut-être à l’ombre de ce soi-disant droit, qu’ils vont. Ce droit qui lui échappe.

Sa main libérée, bras ballants le long de son corps, épaules tombantes, Honey cligne de ses longs cils sur ses grands yeux gris, interdit devant les je veux je veux pas je peux je peux pas que lui sert Freck. Que de questionnements pour le pauvre chef des livreurs! C’est que, c’est pas comme si c’était dans ses habitudes…

Le Sucre baisse les yeux sur le Lionceau qui s’assoit. Lui préfère rester debout, muet, un moment. Jusqu’à finalement soupirer, soufflant sur sa frange qui se gâte une petite danse dans les airs avant de lui retomber devant les yeux. D’un coup de tête, Honey la remet à sa place. Avant de se balancer sur ses pieds nus, d’avant-arrière. Il tourne la tête, regarde quelque part dans le vague, quelque part par la forêt.

Faut tenir bon.
Il baisse les yeux sur le lion sot peut-être pas si sot, et sourit doucement, tristement.
Chaque fois que tu te dis que ça y est, que c’en est trop, que tu peux plus, que tu vas sauter…
Honey fronce les sourcils un instant et, cherche le fil de ses pensées, échappé, à ses pieds. Se redressant, il se range une mèche derrière l’oreille.
Chaque fois que tu crois que c’est la fin, faut juste que tu attendes un peu plus longtemps. Chaque fois.
Enfin il s’approche et s’accroupit, juste devant le rouquin, et l’imite, passant ses bras autour de ses genoux.
Jusqu’au jour où t’auras oublié que tu croyais que c’était la fin. Alors, c’est que tu t’en seras tiré.
Et il prend la main de Freckles, le Sucre, encore, la main que le Chat a écrasée. Honey, ça, s’en souvient. Très bien, même. Et il en observe les doigts, de cette petite pas si petite main, tenant les doigts gentiment entre les siens, comme s’il s’agissait d’un truc très fragile, un oisillon, quelque chose comme ça…

Pourquoi faudrait que tu fasses semblant de m’écouter? Rechigne-t-il. C’est pas toi qui as fait la connerie, c’est moi. Mais c’est pas grave. C’est réparé, non?
Honey relâche les doigts de Freckles.
J’ai réparé avec Fang.
Et de le dire lui tire un souvenir du fond du tiroir verrouillé à double tour.
Et ce souvenir lui réchauffe le teint à trait de rouge.
Honey baisse les yeux, soupire, mais avec l’intention de se donner un petit coup de fouet.
J’ai réparé avec Fang. Répète-t-il avec aplomb. Puis il redresse la tête, pour mieux la lui voir, la sienne de tête, au Lionceau.
Et je veux réparer avec toi, mais tu dis que y’a rien à pardonner. Alors c’est que c’est réparé aussi? Pourquoi on serait pas tous les trois amis, alors? Avec Fang? Hein?
De s’y voir, lui, Honey, accompagné d’un côté de Freck, de l’autre de Fang, tous les trois couronnés de fleurs, courant sous une pluie de petits gâteaux dans la prairie verdoyante… Il en tire presque une larme de joie, en plus des étoiles qui lui éclairent le fond des mirettes.
Trois princes…
En voilà, une belle histoire.
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MessageSujet: Re: Forget Me Not ☆ Honey   Sam 26 Mar 2016 - 22:25


Honey a repris ses mains dans les siennes, et les regarde avec intérêt, comme si il voulait lire son avenir dedans. Il les tient en douceur, encore plus que tout à l'heure, comme si il n'imaginait pas pouvoir être repoussé, encore. Freckles ne le repousse pas. Et Honey lui explique tous ces trucs, comme quoi faut pas laisser tomber, qu'il faut pas sauter – Freckles ouvre de grands yeux. Est-ce qu'il donne l'impression de vouloir sauter ?
Ils sont débiles, les conseils d'Honey. Il ferait mieux de se les donner à lui-même, parce que si d'eux deux, y en a un qui veut sauter, c'est bien lui ! Lui, Freck, il vit, il fait que ça ! Il se tue à rester en vie, et il aime ça, voilà la vérité, et il va rester en vie encore longtemps, le plus longtemps, l’éternité, même, peut-être, parce que c'est pour ça qu'il est là. Et s'il meurt, ce sera pas de sa faute, à lui, parce que jamais, jamais de la vie, il va sauter.
Ça, aussi, c'est interdit.

Honey lui lâche les mains.

J’ai réparé avec Fang.

Ça veut tout dire.
Non. Ça veut rien dire.
Freck fronce le nez doucement. Il fixe Honey. Il essaie de comprendre. Il essaie de comprendre comment exactement on répare avec Fang. Comment Honey, rappelons le, la lie de l'humanité selon le chasseur, a réparé quoi que ce soit. Lui il a réparé ses doigts, son cœur, son honneur un petit peu. Il a peut-être même réparé avec Fang, même si du fait d'être là, tout se casse la gueule.

J’ai réparé avec Fang.

Mais Fang déteste Honey.
Pas vrai ?
(Les joues du grimpeur rosissent un peu. Freckles se rappelle d'une voix d'adulte qui explique que les garçons, à leur âge, montrent leur affection d'une façon particulière.)
Ah. Okay. Compris.
Compris ?

Pas compris. Ou alors, c'est qu'il n'en a pas très envie. Son visage percute bien avant les neurones, en fait, et les neurones, eux, laissent carrément tomber. C'est trop gros à avaler, cette idée là. Ce début de compréhension, ces preuves qui frappent à la porte avec la grosse envie de tout expliquer. Il y a trop de trucs qui passent dans son crâne, des émotions qui se suivent et se contredisent avant qu'il aie le temps d'y penser. Il voudrait que ça ne se lise pas autant sur son visage.

Et le sucre de continuer sur sa lancée, étoiles dans les yeux, comme si c'était la bonne nouvelle du siècle, comme si c'était normal. Ça l'est pas. Ça lui donne encore plus la gerbe. Honey a réparé avec Fang. Lui, il s'est crevé pour que ça arrive. Il s'est crevé pour le défendre, l'expliquer, a donné un peu de lui-même pour ça. A compromis sa relation avec l'autre chef pour … Pour quoi ? Pour qu'ils réparent dans son dos ? Berk. Dire qu'il pensait être en train de piétiner sa parole, faut croire qu'on l'a déjà rompu, le pacte.
Honey, il a le droit à tout, c'est ça ? Alors que lui, il doit choisir ?
C'est dégueulasse. C'est injuste. C'est nul.

« Okay. Félicitations. »

Oh, et puis ça marche pas. Mentir, c'est pas son créneau. Pas quand les émotions défilent dans son regard plus vite que dans son cœur.
Il n'arrive même pas à feindre un sourire.

« J'ai pas envie d'être ami avec vous. »

Regard à droite. Regard à gauche. Regard sur ses propres mains qui se tordent comme à s'en arracher les doigts.

« Et puis Fang est pas un prince. C'est un connard ! »

Et sa voix éraillée par la sécheresse monte en décibels et en colère. Contre qui ? Sait pas. Pourquoi ? Sait pas non plus. Est-ce que ça lui fait du bien ? Non.

« Pourquoi faut toujours que tout soit compliqué avec vous ? Pourquoi seulement avec vous ? Pourquoi vous pouvez pas décider une bonne fois pour toutes ce que vous voulez, hein ? Moi j'ai pas besoin de rester avec vous. Suffit de me le dire. Et je vous laisse tranquille. »

Pardon, pardon de niquer l'étoile au fond de tes yeux, Hun'. Pardon de niquer tes beaux espoirs et ta tentative de réconciliation, mais ça partait de travers. Ça fait des pelotes de laine toutes emmêlées dans sa tête, au chef. Ça sait plus ce que ça veut, à part casser des belles histoires. C'est la faute de Fang, c'est la faute de Honey, c'est de sa faute, sa faute, sa faute.
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Ancien Perdu
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MessageSujet: Re: Forget Me Not ☆ Honey   Ven 15 Avr 2016 - 17:14

Okay qu’il dit. Et déjà il y a une étoile qui tombe, des yeux de Honey. Okay mais, okay ? C’est okay ? Vraiment ? Juré ?
Freck ne sait pas mentir.
Parce que Freck c’est un vrai.
Alors okay… Non, c’est pas okay. Il y a quelque chose qui cloche dans ta voix, Freck. Ça ne sonne pas bien, cette mélodie qui grince.
Pas bien. Pas bien du tout.
Honey en a l’inquiétude toute agitée, comme un rongeur dans son ventre qui vient de se réveiller, et qui réalise qu’il est coincé. Qu’il fait noir. Qu’il est seul.

J'ai pas envie d'être ami avec vous.
Alors il couine, petit rongeur paniqué.
Hein… ? Qquoi… ?

Freck, quoi ? Qu’est-ce que tu racontes?
Honey et Freckles dans un champ de fleurs qui bouffent des petits gâteaux. Honey et Freckles qui dansent. Honey et Freckles qui se racontent des histoires.
C’est quoi ça ?
Petit rongeur alarmé en a le cœur tout affolé.
Blême, le Sucre ne bouge plus et darde sur le Lionceau le regard de celui qui n’y est plus qu’en petits morceaux. Pièces détachées d’un pot de miel trop de fois échappé.
Vrai, Freck ? Vrai ? C’était que pour de faux, tout ça ? Ça avait une date de péremption ? L’amitié n’est pas censée expirer.
De marbre, Honey panique.

Fang est un connard. Okay. Okay. Peu importe, ça. On dit ça. On, tout le monde. Okay. pas grave. Fang est un connard. Et alors ? Y’a de ces connards qu’on aime bien, non ? Non ?
Moi je suis un connard ? Qu’il se demande, Sucre rance.

Freckles parle d’un « vous » comme s’ils étaient indissociables, tous les deux... Honey et Fang, « vous », comme s’ils ne venaient pas l’un sans l’autre.
Honey ouvre la bouche, cherche ses mots ici, là, mais ne récolte qu’une lèvre tremblotante.
Honey et Fang.
Honey et Freckles.
Freckles et Fang.
Pourquoi non ?
Honey et Fang.
C’est que c’est peut-être vrai, si Freckles le dit. Petite abeille tu t’es pris les pattes dans la fourrure du Chat. À vous deux, vous êtes comme une seule et même chose.
Honey secoue la tête.
Mais non, non ça n’est pas compliqué. Freckles a tort, sur ce point-là.

Je peux décider que pour moi-même. parvient-il à articuler, la voix enrouée, gorge nouée. C’est pas compliqué, Freck. Je décide pas de qui veut ou pas de moi. Et comme je t’aime, et que je sais pas m’arrêter de le faire, quand je m’y mets… Et comme tu veux pas être amis, je te laisserai tranquille. Mais tu sauras quand même que c’est pas ce que moi je veux. Moi, je veux être l’ami de toi et l’ami de Fang. Après, que Fang soit un connard, je m’en fiche. Et que toi tu sois assez idiot pour croire que je veux pas de toi, je m’en fiche aussi. C’est peut-être que c’est moi l’idiot. Honey hausse les épaules. M’en fout tiens, de ça aussi. Privilège d’imbécile, sûrement.

Sur les larmes qui pointent et qui menacent déborder de ses paupières, Honey ferme les yeux. Qu’une seule arrive à fuir, et glisse de la joue jusqu’au menton, avant de se laisser tomber dans le vide. Cueillie par la terre sèche juste à temps. Juste avant qu’une main la chasse et l’estompe à en disparaître.
Honey renifle, morveux qu’il est, tristement, puis se tapote du bout des doigts le menton en levant ses yeux vitreux vers le ciel. Triste aussi le sourire qui lui tire timidement le coin des lèvres.

Là ! Bras tendus, mains ouvertes sur le grand rouge qui les surplombe, Honey referme soudain ses poings et les rabaissent contre sa poitrine avant de s’approcher à petits pas légers de Freckles. Là… Poings fermés, Honey en porte un à sa bouche, l’ouvre et fait mine d’avaler d’un coup ce qui s’y trouve. Mmm… Tiens. Poing fermé, Honey le porte à la bouche de Freck. Ouvre ! Vite ! Ouvre, Freck ! ordonne-t-il avant de plaquer sa paume sur le bec du pauvre prince. C’est bon hein? Ramenant sa main, le Sucre entortille ses doigts dans son dos et se cache à demi derrière sa frange en baissant les yeux. Manger un morceau de ciel c’est comme de manger un bout du paradis. Ça fait du bien. Et puis ça goûte ce que tu veux. …  J’avais une fenêtre, avant. Et je bouffais du ciel et puis des étoiles, des tas d’étoiles. Honey hoquète. Je mangeais tellement de ciel des fois que j’en ai dégueulé des constellations. La Couronne boréale, le Grand Chien… et puis celle que j’ai appelée le Petit Lion.
Honey recule.
Y’a des choses qui sont écrites dans le ciel, mais en vrai, c’est nous qui les écrivons.
Honey recule encore, fait volte-face et prend ses baguettes de jambes à son cou.
Y’a plus d’une façon de tendre la main. Et puis, y’a que les idiots les vrais qui savent que y’a que les idiots les faux qui ne changent jamais d’idée.

Avec un peu de chance, Freck n’est pas tout-à-fait idiot.
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Freckles
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MessageSujet: Re: Forget Me Not ☆ Honey   Mer 18 Mai 2016 - 23:45

Il lui faudrait pouvoir arrêter le temps et éviter toutes les choses qui font qu'il gâche toujours tout.
Il voit la mine de Honey se défaire pièce par pièce. Ses yeux s'embuent sous son dernier coup de cruauté. Il essaie quand même de faire bonne figure, il relève la tête, il grimace, il panique, et il pleure. Et lui il regrette. Il arrive à placer au millième de seconde cet instant où il s'en rend compte. Honey pleure souvent, mais ça ne devrait jamais être de sa faute.

Il ne peut décider que pour lui même.
C'est compliqué.
Il m'aime.
Fang est un connard.
Et je suis stupide.

Ouais, ça a du sens.
Honey chiale mais il sourit quand même. Et Là ! Et Là …. il cueille un bout de ciel pour le bouffer sans plus de cérémonie. Freckles reste planté là et n'ouvre même pas les lèvres pour goûter celui qu'on voudrait lui faire avaler de force. Pas le réflexe. De toutes façons il n'en veut pas, de ce ciel couleur colère. Ça peut pas être bon et sucré comme un vrai soleil. Il laisse le tout lui dégouliner sur le menton, pour pas le dégueuler.

Y’a des choses qui sont écrites dans le ciel, mais en vrai, c’est nous qui les écrivons.

Freck regarde Honey l'air de rien comprendre.
Et Honey se casse.
Freckles voudrait gueuler que c'est bon débarras et que de toutes façons il avait pas envie. Parce que pas de chance, il est vraiment idiot. Tout-à-fait, tout-à-fait idiot.
Pas de chance.
….

« Attends ! »

Idiot, d'accord.
Idiot qui tient pas ses promesses, mélange toutes ses pensées et confond. Mais idiot qui sent confusément qu'on ne laisse pas un prince s'échapper de sa vie de chevalier.
(Quelque chose comme ça).
De toutes façons c'est lui qui court le plus vite des deux.
Il tend la main pour attraper le bras de Honey et le serre un peu trop fort. Peut-être qu'il lui fait mal. Mais tant qu'il s'en va pas, ce n'est pas le plus grave. Et maintenant qu'il l'a, il ne sait plus quoi en faire, il ne sait plus quoi dire, son plan n'allait pas plus loin que ça. Alors il reste à marmonner « attends, attends », en attendant lui-même qu'une idée géniale lui dégringole du ciel.

« Je suis désolé. »

C'est pas génial mais c'est un début. Aux « attends » se substituent les « désolé », répétés comme une prière qu'on ne pige même pas. A petits pas maladroits, il se rapproche, desserre sa poigne sur son bras, pauvre bras de Honey qui n'a jamais su rendre les coups qu'on lui donne (révoltant).

« Je dis toujours les trucs qu'il faut pas. »

Comme par exemple je jure, arrête de pleurer, je vais tout arranger, je veux pas être ami avec vous.
Il vacille sur ses pieds. Il voudrait sûrement prendre Honey dans ses bras et enfouir sa tête dans le creux de son épaule, mais il ne peut pas. Parce qu'il se contredirait, encore. On lui dit toujours que dans la vie il faut choisir. Mais il a pas envie de choisir.

C'est encore la faute du ciel chaud et lourd s'il a l'impression d'étouffer.

« Mais je sais pas ce que je dois dire ! Je sais pas ce que je dois faire ! J'ai besoin qu'on me dise. Tu décides pour toi, mais moi je peux pas décider. Moi, j'ai besoin qu'on décide pour moi. J'ai besoin qu'on me dise ce que j'ai le droit de faire ou pas parce que je suis trop con pour trouver tout seul. »

Il tape une fois du pied comme un gamin en pleine crise de nerfs.
(C'est exactement ce qu'il est.)

« Je sais pas si les trucs sont écrits dans le ciel. J'y crois pas à ces conneries, je crois pas au destin mais je crois juste que des fois on a pas le choix. » il ne sait plus ce qu'il voulait dire par là. Changement de ton. « L'autre connard avec ses pactes, tu crois qu'il me le laisse, le choix ? » il bafouille presque de plus savoir si il est énervé ou juste triste. Il change de sujet pour faire exprès de se perdre. « Tu parles tout le temps d'avant, du monde ordinaire. Pourquoi ? Pourquoi, hein ? Elle te manque, ta fenêtre ? T'en as pas assez, des étoiles, ici ? »

Le soleil de Peter brille trop pour que les étoiles lui fassent concurrence.
Freckles baisse d'une infinité de décibels. Les yeux ambre croisent les yeux gris d'un air de défi.

« C'est vrai que tu m'aimes ? »

Honey raconte tout le temps n'importe quoi.

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Ancien Perdu
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MessageSujet: Re: Forget Me Not ☆ Honey   Lun 6 Juin 2016 - 17:58

Attends !

C’est comme un crochet qui le rattrape et le retient.
Tel que demandé, Honey attend, regardant la main de Freck qui enserre son bras.
Il attend et cligne des paupières sur ses yeux grands ouverts sur son incertitude. Celle de comprendre ou pas.
Freck est fâché ou pas.
Freck va le frapper ou pas?
Freck!? Le frapper!?
De n’avoir jamais douté, de ne s’être jamais posé la question avant, et de le faire maintenant, Honey s’en veut. Même pas besoin d’y répondre, à cette stupide question.

Je suis désolé.
Moi aussi. Insiste-t-il en parlant bas.

Je dis toujours les trucs qu'il faut pas.
Le Sucre hausse les épaules.
Je fais toujours les trucs qu’il faut pas. réplique-t-il platement.

Freck ne sait pas combien ce n’est pas grave. Honey le voit bien à sa tête de Perdu perdu. Du coup, lui ne se sait plus le brin de sourire pour le lui faire entendre, pour le réconforter. Les paroles lui font défaut, il a trop sollicité sa boîte à mots, il faut lui laisser le temps de se recharger un peu... Alors c’est à Freck, maintenant : à Freck de dire les mots, les bons…
Ce qu’il fait. Et Honey l’écoute, lèvres entrouvertes de surprise devant tout ce blabla gracieuseté sa majesté de la rousseur.

Et paf pour le sol.
Honey sursaute légèrement au coup de pied.

Pauvre Freck, qu’il retient ses larmes à le regarder, pauvre Freck qui ne sait pas combien il n’est pas aussi con qu’il dit qu’il l’est.
Il aurait pu s’arrêter là, d’ailleurs, le Lionceau. Le coup de pied en guise de point final. Ç’aurait été bien. Presque parfait. Honey aurait ouvert les bras pour lui, alors il aurait pu la poser, sa petite grosse tête, juste ici au creux de l’épaule étonnamment confortable et forte bien que maigrelette du grimpeur. L’épaule qui n’est là que pour ça, en vrai, et qui n’attend que lui, en vrai.
Mais Freck a échappé sa boîte à mots. Et y’en a de petits et coupants qui rebondissent par terre et viennent écorcher le Sucre en remontant vers les nues.
Honey détourne le regard et attend. Comme Freck le lui a demandé, il attend, muré dans le bourdonnement des abeilles qui s’agitent dans sa poitrine. Faut pas bouger, pas paniquer, où alors elles lui piqueront le cœur.

[…] Elle te manque, ta fenêtre ? T'en as pas assez, des étoiles, ici ?

Freckles a raison. Con ou pas. Honey parle toujours d’avant. Mais Freckles est aussi méchant. Ce n’est pas la première fois qu’on lui parle sur ce ton, au Sucre. Il sait que ce ton-là n’attend jamais vraiment de réponses.
De toute façon, Freckles ne veut pas savoir qu’il y a des choses que malgré lui Honey n’oubliera jamais. Que chaque jour, quelque part sur l’île, une fenêtre s’ouvre pour lui et qu’il y grimpe. Rien que pour voir, rien que pour savoir, confirmer, qu’il est toujours le même. Le même gamin qui face au vide ne ressent rien de moins ou de plus. Le même gamin qui pourrait aussi bien poser le pied sur le rien que lui tourner le dos. Et qui ne sait pas exactement pourquoi il lui tourne le dos, mais qui le fait quand même… Sachant que la fenêtre y sera toujours, de toute façon. Là. À attendre. Elle aussi.

C'est vrai que tu m'aimes ?
Honey sourcille et rend son regard à Freckles.
On dit pas ces choses-là sans les penser. Et on les pense pas sans que ce soit vrai.
Ouais! qu’il martèle avec force et fermeté en serrant les poings. Ça te dérange peut-être? tente-t-il, peu convaincant.
Ce n’est d’ailleurs pas long avant qu’il relâche sa poigne sur le vide, qu’il fléchisse la nuque et ne sache plus où se mettre.
Ouais… Oui.
Il inspire et se redresse légèrement puis, doucement, porte son index à la tempe de Freckles.
Et ça, Freckles le Lionceau, je t’interdis de l’oublier.
Okay? Sinon je pleure, que ça menace dans les mirettes mouillées et la moue tremblotante du Sucre.
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MessageSujet: Re: Forget Me Not ☆ Honey   Mer 31 Aoû 2016 - 23:33



Bon, faudrait arrêter avec les questions stupides. Pour le bien de tous. Si Freckles pouvait inverser le temps, il l'annulerait, sa question. Il n'a pas besoin de ce genre de confirmations. Un chef n'a pas besoin qu'on l'aime, il a besoin qu'on le respecte ou qu'on le craigne, ou encore mieux, les deux. Il voudrait pas que Honey pense qu'il a besoin d'amour, même si ils se connaissent trop bien. Il voudrait avoir l'air de s'en foutre. Il s'en fout. Pas vrai qu'il s'en fout ?

Ouais! Ça te dérange peut-être?

Il pourrait rire de soulagement. Il le fait. C'est un petit rire étranglé à peine assez sincère pour faire briller une fée. « Non, ça va », il répond tout bas. Il est bien, ce ton de défi presque léger que prend Honey. Ça enlève tout son poids à la question stupide et ça la fond dans quelque chose de plus normal, de familier.
Il pourrait remercier Honey mais ce serait con.

Ouais… Oui. Et ça, Freckles le Lionceau, je t’interdis de l’oublier.

Le ton est plus sérieux. Freckles hoche la tête. C'est un ordre ça, ou du chantage du type « sinon je pleure ». Une spécialité du Sucre. Il connaît. Il obéit. Ça fait économie de larmes, et de toutes façons il n'a pas envie de désobéir à ça.

« Oui, c'était con. Pardon. J'oublierai pas. »

Il manque de rajouter « promis », mais sagement, s’abstient, parce qu'on sait comment finissent les promesses.
Sa crise de nerf tout à fait oubliée, il se sent épuisé comme juste avant. Et encore avant, et la veille, et l'avant-veille depuis que le ciel est rouge. Il se frotte un œil du dos du poing.
Et puis il fixe Honey.
L'air de se dire et maintenant?
Qu'est ce que je fais de toi ?
Qu'est ce que je fais de moi?


Silence.

« C'est vrai que tu fais toujours les trucs qu'il faut pas. », il finit par déclarer (Freckles n'aime pas le silence.)

Et un sourire frémit à ses lèvres, parce que oui c'est vrai, que Honey fait et dit toujours n'importe quoi.
Des fois c'est bien.

« Mais ça va quand on est que tous les deux. Enfin, » il se reprend maladroitement. « Moi j'aime bien tes histoires. »

Même si d'autres non : ils se mettent en colère. Les gens ont du mal à comprendre Honey.

« Tu m'as dit une fois, que tu me raconterais des histoires le soir. Je me rappelle. »

Il s'abstient de mentionner que maintenant, on est le soir.
Normalement le soir le soleil ne brille pas.
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MessageSujet: Re: Forget Me Not ☆ Honey   Dim 15 Jan 2017 - 18:54

The End


Mais tu oublieras Freckles, car sur toi ça marche,
Tu oublieras comme Honey chante, Honey crache,
C'est un peu triste c'est vrai mais ça aussi tu sais,
Tu finiras bien, un jour pas loin, par l'oublier.


FIN DE L'AVENTURE




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