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Ancienne Sirène
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MessageSujet: Brûlantes retrouvailles   Lun 19 Oct 2015 - 21:04

Brûlantes retrouvailles


with Carne










Il n’y a plus ni jour, ni nuit. La chaleur a monté, suffocante, irréelle, dans la bonne humeur éternelle du cruel Peter Pan. Survolté l’enfant, elle le voit parfois voler au-dessus de l’île, riant et criant sa joie tandis que d’autres s’écrasent. Il fait peur, le roi, il chasse les esprits et les mythes, flétrit les feuilles, tarit les fleuves et menace le Père.

L’Océan, le Grand Tout, qui recule invariablement, chaque jour délaisse les rivages et les récifs, dévoile les cavernes qui forment des lacs putrides où l’eau salée, imbuvable, attire quand même les goélands. Même les pirates, pauvre chair, demeurent abattus près du port nouvellement construit, agitant une vague main pour appeler le vent, noyant leur soif dans le rhume, la baston, le carnage.

Dans les vagues inertes, une sirène erre. Elle a cessé de dormir sur les cailloux pour ne plus retrouver sa peau pâle cloquée de brûlures douloureuses. Saline fend les vagues d’une nageoire inquiète, porte son regard sur l’horizon avant de redescendre aux fraîches abysses où ses sœurs l’accueillent, vivement cachées. Car le soleil ne veut pas s’éteindre – en tout cas, personne ne souffle sur la boule de feu qui a pris place dans le ciel.

Leur existence est menacée, elles le sentent, elles en pleurent. Aucunes d’elles n’a la force de rejoindre Pan sur terre pour essayer de le raisonner semble-t-il. Mais Saline ne pense pas au fier lutin, au serviteur de l’Assiette. Elle parait nerveuse, instable, rabroue les plus inquiètes de son état, même Onde – sage professeur Onde – qui agite ses tentacules dans l’ombre et ne daigne plus sortir.

C’est une obscurité sans lune ni étoile qui tombe à peine sur le pays Imaginaire quand elle se décide enfin à émerger, définitivement. Elle rejoint la plage, la longue langue de sable qui s’étend plus loin que jamais. Elle ramasse son masque, l’attache plus par habitude que par envie. Et se prépare, dans la chaleur suffocante qui assèche déjà sa peau et la recouvre de sel, à entreprendre une longue marche.

Arpenter l’Île lui permet au moins de connaitre les points d’eau. Mais toute à sa route, elle constate le faible niveau de la Rivière Mystérieuse – partage avec quelques oiseaux une mare stagnante pour y tremper les lèvres. D’une pierre creuse, elle s’en fait une petite réserve.

Saline n’accélère pas le pas, mais elle a abandonné tout rire strident, toute moquerie, tout sautillement. Elle n’est plus joueuse – elle sent.
Elle voit les feuilles qui tombent des arbres brûlés. Elle voit la trace des incendies qui se sont multipliés. Là le cadavre d’un perdu qui n’a pas échappé aux flammes. Là les corps inertes des animaux affamés. Il n’y a plus d’herbe. Il n’y a plus rien.

Et la sirène s’enfonce dans le bois Joli. Se met à geindre. Vacille, boit. Monte la pente. Lance un appel.

« Barbecue ! »

Et s’effondre.

En contre-bas, le terrier. Les tunnels ouverts où les tâches s’accumulent. Ils sont allés mourir dehors, sous la chaleur d’un soleil qui les ronge peu à peu. Certains sont encore blancs. D’autres noirs et secs comme des branches.

Trop nombreux.

Parmi eux, parfois une oreille s’agite, parfois un museau remue faiblement. Ils vadrouillent, les survivants, grignotant les cadavres de leurs frères, de leurs sœurs, pour espérer leur survivre. Ils lèvent la tête, elle en compte cinq – cinq sur plus d’une centaine – qui s’approchent vers la sirène.

Saline descend la pente, manque de renverser l’eau, et en saisit un.

« Les lapereaux. » gémit-elle, tandis qu’à son corps s’agrippent les lapins paniqués. Ils la griffent, ont senti l’onde, et elle dépose la pierre qu’elle réservait à sa vie pour leur permettre de boire, tout en les caressant.

Avant d’attraper un corps dont la panse, gonflée, déverse déjà son lot de vers.

« Barème. Oh Barème, tout beau, tout joli… » Et de pièce en pièce, ramasse les morts, tous mous et froids entre ses bras déjà chargés.

Evangile. Reliure. Fourchette. Tabasco. Litote. Ébéniste…

« Mes petits. Mes jolis… » La sirène se plie, à genoux au sol, crie, noie ses larmes dans la fourrure putride d’un dernier abattu. Elle aurait préféré les chasseurs, siffle-t-elle, et Barbecue de s’amener, pour lécher sa tristesse de sel, couiner à ses côtés, des mots d’animal que Saline comprend à peine.

Cernés par les flammes, tués par la chaleur. Plus d’eau pour boire. Plus d’herbe à manger. Sont tombés les lapereaux. Et les femelles aussi, étouffées dans leur terrier. Comme si la chaleur était partout. Plus de fraîcheur. Plus de survie. Mourrons bientôt aussi. Sirène aider ?

« Je peux pas aider. Je sais pas quoi faire… Je n’ai pas les mots pour Peter. » Elle renifle. Si faible. Et regarde les lapins lécher la pierre, déjà vidée. « Je n’ai pas tout appris. »

Saline veut se redresser. Ses jambes d’humaine la trahissent comme lors de ses premières avancées. Dans son dos, ses cheveux crissent, secs et encombrés de cristaux. Ses paupières sont lourdes de calcaire de sel qu’elle essuie rageusement.

« La rivière mystérieuse. »

Prédateurs chassent. Chasseurs chassent. Lapins meurent aussi là-bas.

« Alors nous trouverons autre chose. Viens. Viens nous allons les sauver. »

Barbecue dans ses bras, elle se lève, s’appuie à un tronc. A un dernier regard sur les morts que personne ne viendra enterrer. Délaisse ceux ramassés pour donner une chance aux survivants. Certains se traînent derrière. La plupart abandonne et retourne se terrer dans les terriers.

Saline s’avance, vers une mare providentielle.

Sirène va mourir, couine Barbecue dans ses bras.

« Je sais pas. » répond-elle. Le nez encombré de morve, le cœur au désespoir. Il ne fait pas assez noir pour l’empêcher d’avancer. Elle n’est pas assez forte pour ne pas trébucher.

Mais s’encourage d’une litanie murmurée de plus en plus faiblement.

« Barbecue. Épingle à nourrice. Vrille. Acariâtre. Nyctalope. Incarnat. Ganglions. »

Sirène !



« Ganglions… »

Et Saline de tomber.




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Carne Salt
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MessageSujet: Re: Brûlantes retrouvailles   Lun 19 Oct 2015 - 23:47



Il a eut du mal à s'en remettre.
Lorsque les blessures ont disparu, lorsque les morsures se sont cicatrisées puis lentement volatilisées, il n'est resté qu'une plaie ouverte. Celle de son âme. Le sel s'y est infiltré, corrosif et tenace.
Carne est resté là, meurtri. Dans son corps et dans sa foi. Vidé partiellement de son suc. Il s'est interdit de la retrouver. Il s’est interdit de la pourchasser. Car avec la traque s'accompagne toujours ce sentiment mal aisé d'incertitude. Est-il un monstre ? Un simple monstre affamé ? Ou a-t-il su sublimé sa Faim, lui donner un sens ? Il ne sait plus. Dans sa tête règne un chaos sans nom. Enfin si, il en porte un, et un seule.

Saline, Saline, Saline...
Tu m'ériges et tu me tues, mon petit sacrilège.


A chaque sirène qu'il crève, il la voit. Il compare. Il mesure. Il pense à elle, indéniablement. Ses petits seins blancs, sa peau câline, ses dents pointues, sa chevelure aqueuse. Son gout. Et systématiquement, il se sent fleurir, boisé et solide. Et comme un enfant ignorant, cela le terrifie. Il ne comprends pas cette force qui l'anime. Ce n’est pas de l'amour, non, son amour lui a été rendu !
Il pensait que Sangre serait un baume, un exhausteur de vertu. Elle lui avait ouvert ses bras pour qu'il s'y  repose. Et il s'y était apaisé. Hélas, lorsqu’elle n’est plus dans son champ de vision, il perd sa piété. Elle s’effiloche, se détricote comme de la mauvaise laine. Et dans son cœur germe un sentiment diffus de violence : désir et vengeance mêlée.
Besoin de posséder.

Morte ou vive.

Alors insidieusement il s’est remis en chasse. Observant l’océan, scrutant la lagune chaque nuit.

Mais la Nuit est morte avant Saline.

La nuit a crevé, un jour comme celui-ci, écrasée par un incendie sans fin. La lune, ta Lune chérie, a été avalé par un soleil impétueux. La chaleur est devenue le nouveau prédateur. Elle tue chaque habitant du Pays de Jamais plus surement qu'une flèche ou un sabre. Ou tes dents. La vie tente de se frayer pourtant un chemin, là où avant il n'y avait rien. Le sable de la plage s’est mué en cité. Les marins sont devenus des terriens à mesure que la mer s'évapore. Les pirates ont pullulé. Les femmes aussi nimbant les effluves du port d'un ressac doucereux de fruits de mer.

Et toi où es-tu ?

Carne regarde l’horizon nocturne qui n'en est plus un. Ce monde sans dessus, dessous n'a plus de sens. Il en a longuement discuté avec Nadie, mais sa soeur-pelage ne sait rien. Elle s'inquiète tout comme lui. Il lui faut approcher le Pan. C'est ce Petit Despote qui est la clef de tout. Mais le Pécheur se fout de l'enfant volant.
Il s'interroge.
A quoi bon rime d'être un Harponneur de sirènes, si les sirènes meurent sur le rivage, tuées par la main de la Mère. La terre ? A quoi rime la terre pour un homme qui s'est voué à l'océan ? Il imagine Saline, desséchée, sur un rocher de falaise, seule, boulotée par ses lapins. A quoi bon chasser encore ?
A sa Faim, s’ajoute sa Soif.

Et comme souvent, la Mère se joue de lui.
Et comme souvent, elle charrie à ses pieds, les objets échoués qu'il croyait perdu.

Saline est là, dans cette drôle de clairière. Ici. De tous les endroits au monde, il fallait que ce soit  Ici qu'elle vienne clamser. Elle est là, toute évanouie et encroutée de sel. Jolie et mourante. Et Carne perçoit nettement ses entrailles se liquéfier et foutre le camp, pour le vider, le vider de tout. Ne rien laisser.

Il rue sur le petit corps désarticulé. Saline semble respirer. Très peu. Elle va partir.
Et tu va la sauver ?
Vraiment ?
Vraiment.

Con de Transistor.

***

Lorsqu'elle reprend conscience, elle ne s'en rend pas immédiatement compte. La pénombre est telle qu'elle peut se croire encore endormie. Ou bien décédée.

- Ouvre la bouche.

La voix est familière.
On lui glisse un pouce entre ses lèvres craquelées, on desserre ses mâchoires pointues. Quelque chose de liquide coule sur sa langue pâteuse. Il y'a quelque chose de moite aussi qui hydrate sa bouche.
Et lentement, lentement, on l'immerge dans quelque chose.

Carne la porte à bout de bras et est entré dans l'eau de la nappe phréatique avec elle, jusqu'à la taille. La source n’est plus aussi fraiche qu'avant, mais elle est salée. C’est un endroit encore épargné par la folie incandescente du temps. Un endroit que lui même protège comme un sanctuaire. Il y a, ça est là, dans des noix de coco évidées, des petites bougies qui flottent à la surface de l'onde, éclairant la grotte souterraine. Très loin en hauteur, on distingue un petit trou de lumière, un point d'entrée à cette gorge dérobée sous le sol. Sur les parois, en plissant les yeux dans les ténèbres, on peut s'apercevoir qu'il y'a des dessins.
Des peintures.

Toute une histoire.

Le visage de Carne flotte au dessus de Saline. Une expression grave y est épinglée. De nouveau, il use de sa bouche comme coupe pour la faire boire, à l'instar d'un oisillon à qui on donne la béquée.








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Ancienne Sirène
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MessageSujet: Re: Brûlantes retrouvailles   Mar 20 Oct 2015 - 0:11

Brûlantes retrouvailles


with Carne










Des vaguelettes claquent contre les parois sèches, et leurs échos ressemblent presque à ceux de sa caverne. Les yeux fermés, l’esprit trouble et épuisé, Saline ne bouge pas de l’onde encore fraîche qui l’ensevelit peu à peu. Elle pense « Je suis morte » et pourtant n’y croit pas, car le Père Océan est là, faible à son tour mais immuable, qui la berce et lui chuchote que les filles de l’eau ne peuvent mourir. Pas sans devenir autre chose. De plus infaillible, de plus éternel. Comme ces immenses coraux qui bordent la côte de l’Île et dans lesquels elle distingue parfois le visage de ses ainées millénaires.

Mais la lumière vacille sous ses paupières closes, l’oblige à faire face à ce monde dans lequel elle est soutenue. Il y a l’odeur du sel, de l’iode, et celle plus humaine d’un homme – mélange de rhum, de poisson, de sang et de sucre qu’elle reconnait malgré l’éphémère de leur rencontre. Oh elle n’a pas besoin de croiser son regard pour savoir qui il est. Pourtant Saline s’oblige à faire face à ces yeux rougeoyants.

Avant qu’il ne se penche vers elle, et lui impose la vie d’un baiser.

Les lèvres d’un humain sont comme les bras d’une anémone. Érigées d’une électricité primaire à l’image même du Devenir. Le dernier cadeau laissé par leur Père à ces traîtres ayant quitté l’onde : le fourmillement Originel, une magie si puissante et si instable qu’on ne peut la cueillir qu’à la finesse de leur épiderme. C’est cette essence que les sirènes convoitent quand elles se retrouvent acculées par la fatigue, par la menace d’une mort proche. Cette essence qu’elles capturent comme un morceau d’âme grignoté. Un filet de miel qui les font saliver – et certaines en rêvent même.

Si Saline a su y goûter la première fois, le flux est plus profond, plus insidieux et plus intime ici, dans cette caverne, quand elle ne peut que geindre faiblement.

« Transistor… »

Avant de l'embrasser encore, cherchant son souffle, sa puissance, plus que l'eau qu'il lui apporte. Accrochant sa chevelure de ses mains pâles. Mordant sa bouche, goûtant le sang - enfin !

Transistor est revenu.
Pour la sauver.

Pour la sauver ?

Mais ne la déteste-t-il pas ? Lui, qu'elle n'a pas su se permettre d'oublier.

Elle l'a senti, parfois, regard lointain mais vivant. Survivant.

L'a senti comme un coeur battant contre le sien, comme un goût de sang entre ses dents pointues de vampire. Plus âcre que la jeune fille trop vite envolée - quand était-ce déjà ? Plus suave que les autres pirates qu'elle s'est amusée à courir, à fuir, en l'attendant. Lui, le merveilleux, le traitre, qui a sauté d'une falaise et a échappé à ses bras, à son étreinte, à sa voix et à sa vengeance. Lui qui a osé faire craquer l'os de leur proie commune, qui a brisé la laisse qu'elle tenait entre ses mains - mauvais animal, vilain garçon.

Lui, si proche d'être une sirène, si proche de rendre fier le Père Océan, s'il ne dévorait pas ses descendantes.

Que de remue-ménage n'a-t-il pas causé à la Lagune quand Saline a laissé entrevoir son existence. Que de mal n'a-t-il pas causé à ses pensées ?

Elle s’est rappelée son corps, parfois, ses tatouages, son lobe déchiré. S’est rappelée son regard sur sa propre existence, sa soumission d'animal en rut, sa faim si semblable à la sienne, ce frère, ce morceau d'humain plus brillant que les autres, comme une tâche, un grain de sable dans ses rouages.

Une nouvelle perle avortée, un banni.

Saline l'a gardé pour elle - mignon petit secret. Comptait bien mettre un terme à ce désarroi.

Et maintenant elle le retrouve, dans une grotte, loin des Bois Jolis et.

« Les lapins. » La panique la fait sursauter entre ses bras. Elle se cabre, frappe l’eau de sa queue de sirène. Lève la tête vers le puits de lumière – rouge, irréelle – qui les surplombe. Et manque de se bruler à une bougie qu’elle finit par noyer. « Barbecue. » Où est-il, son petit lapin. Transistor l’a emmené, et lui est resté là-bas avec les morts. Abandonné par celle qui lui avait promis de lui ramener de l’eau.

L’angoisse remonte, la noue. Et elle oublie sa haine, sa revanche à l’égard du pirate. Pour le supplier.

« Ils sont morts. Ils meurent tous, sans moi. Je dois y retourner ! »




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MessageSujet: Re: Brûlantes retrouvailles   Mar 20 Oct 2015 - 9:47



Il la hait.
Sous sa forme de poisson, elle est aussi magnétique que la lune. Il est un instant, troublé, par sa silhouette blafarde et  par son odeur de sang iodé.
Il la hait.
Il frémit lorsqu'elle répond brutalement à son baiser. Une sueur glacée, malgré la chaleur ambiante, lui parcourt l'échine.  Sa prise s'affermit sur les écailles laiteuses qui, lentement, reprennent de leur souplesse aqueuse. Il sait que son frisson n'est pas le fruit de son angoisse. Son gout s'insinue partout dans sa gorge, envahissant son palais, intoxiquant sa volonté. Ses ventres se manifestent. Réflexe pavlovien dégueulasse. la Faim est là.
Il la hait, viscéralement.
Et pourtant, ses lèvres la couvrent avec une avidité passionnée.

Saline. Saline. Saline... mon blasphème, mon hideux et magnifique blasphème.

-Transistor

Elle lui mord la pulpe de la lippe. Il ferme les yeux. Une note de ferrugineux se mêlent à leurs salives. Il lutte, à peine. Il s'en veut.

Ô Sel de mon eau, je dois te détruire.

Détruire.
Oui.
C’est le seul remède à son mal. L'unique résolution à avoir.
Sangre est là pour transfigurer sa foi, rendre ferme son bras.

Oui, mais pas en profitant de ta faiblesse.

Il ne peut se résoudre à lui ôter la vie sans qu'elle ne rit une dernière fois. Sans qu'elle se démène, l'insulte et lui bouffe quelques morceaux choisis. C'est déloyale, ça le répugne. Il mérite mieux. Elle aussi.

Ma Saline...

Il l'attrape par les cheveux et tire. Il s'écarte vivement, s'arrachant à sa voracité licencieuse. Il balaie cette étincelle d'affection crasse qui a, un instant fugace,  brulé sa cage thoracique.
C'est sa proie. Son adversaire.
Rien d'autre.

- Faut toujours que tu boustifailles sans demander... déclare-t-il, agacé, en passant sa langue sur la plaie.

Le visage qu'elle lui offre, le rince de toute envie de la malmener. Elle a l'air inquiète et perturbée. Au supplice. Humaine, si humaine. Ses grand yeux humides le supplient derrières ses cils blancs gracieux. Il déglutit.

- Les lapins. Ils sont morts. Ils meurent tous, sans moi. Je dois y retourner !
- Non !
lâche-t-il abrupte.

Il ajoute en plongeant ses yeux d'or dans les siens, plus doux :

- Tu vas caner là haut. Sans moi, tu finissais en fossile.

Et s' il avait été moins con, il aurait laissé faire. Il ne s'explique toujours pas son geste. Il ne vaut mieux pas, du reste.

- Je vais y aller. Mais ce sera pas sans récompense...

Il a un sourire qu'il espère plus mauvais qu'affamé.

- Promets-moi que tu m'accorderas une faveur en échange, qu'elle qu'elle soit.

Il n’est pas encore bien sur de ce qu'il veut. Sa fierté d'homme et de pirate lui a juste rappelé qu'il y a des règles d'étiquette à respecter quand on est un salopard. Un salopard est odieux et intéressée. Il exploite, extorque et vandalise. Il n’est en aucun galant et serviable.

Encore moins, amoureux.







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MessageSujet: Re: Brûlantes retrouvailles   Mar 20 Oct 2015 - 11:48

Brûlantes retrouvailles


with Carne











Lèvre en sang, visage fermé, il lui répond un « Non » semblable à une prison. En un instant, Saline comprend le piège par lequel le harponneur l’a ferré. La nappe phréatique s’étend, loin, sous sa nageoire. L’eau tiède lui rappelle que l’Océan est là, quelque chose, s’insinuant dans cette caverne par des fenêtres peut-être trop étroites pour son corps de sirène. Son seul échappatoire se trouve là-haut, dans la lumière rouge qui caresse les parois de grottes, y fait couler un sang d’été éternel. La Sirène est bonne marcheuse, mais piètre grimpeuse. Elle s’y écorchera les ongles avant de pouvoir quitter son trou. Entourée par les dessins d’une vie disparue, une vie sur laquelle elle ne s’attarde pas encore. Car le futur de ces esquisses la tient contre son torse d’homme. Le futur de ses esquisses lui dit « Non » et c’est un fourmillement de pensées, d’émotions, qui la figent et la laissent suspendue dans une autre cage.

Thoracique.
Serait-ce de l’inquiétude ?

- Tu vas caner là-haut. Sans moi, tu finissais en fossile.

De l’inquiétude pour elle, qui a essayé de le tuer. De sa part, vilain pêcheur, qui l’a mordu à laisser sa trace à tout jamais. La voit-elle, dans la lumière des bougies, la marque à peine cicatrisée sur son épaule. Comme une tâche de vin, une peau plus sombre, froissée comme du papier. Elle ressemble presque à la tête d’un requin.

« Tu ne comprends pas. Ils ont besoin de moi. » Sa voix est douce mais elle ne s’essaye pas à chanter. Peut-être a-t-elle oublié ce don, peut-être se refuse-t-elle à l’utiliser sur celui qui la menace, l’étreint, l’étrangle sans le vouloir. Celui qui l’a sauvé, oui. Elle s’en rend compte à présent.

En aurait-elle fait de même, si sa route avait croisé celle de son épave asséchée ?

Oh oui.
Car si ses sœurs n’ont pas le droit de le toucher. Alors la Terre devra s’abstenir de lui nuire.

Sol rongé de sel se meurt de ne rien voir pousser, qu’on se le dise.

« Ils m’aiment. » La voix assène, durement. Mais c’est là toute la vérité.

Les sœurs sont belles, les sœurs sont vives. Les sœurs envient, les sœurs chassent. Les sœurs se griffent, parfois se mordent. Parfois se caressent, parfois se tordent. Traitres comme l’Océan. Changeantes comme les tempêtes. Immatures comme des enfants. Les sirènes sont une meute qui peut s’attaquer elle-même. Pour un trésor. Pour un morceau de viande. Pour un peigne, pour une chevelure trop bien nattée. Des compliments fielleux, des ongles empoisonnés. Des créatures sans âme et sans amour.

Mais les lapins sont venus, lors de la première marche à terre. Les lapins ont apprivoisé la Sirène, se sont mêlés à ses jambes, ont laissé ses mains toucher leur peluche, s’enfoncer dans leur duvet, parfois les étreindre à les broyer, mais tous sont revenus. Tous ont chassé la crainte. Tous l’ont regardé, la Saline, avec la même dévotion que les membres d’un équipage face à leur capitaine.

Et un capitaine se doit d’être à la proue d’un navire, qu’importe que ce dernier chavire et coule. N’est-ce pas le cas du Crochet ?

N’est-ce pas ce que tous les marins racontent, sur ton port, vilain pêcheur ?

« Je dois retrouver Barbecue. Et Perfide. Et Triangle. Et Parfum, elle avait des petits dans son ventre. Elle doit les mettre bas. »


Sa queue frappe encore mais Carne ne la relâche pas. Pis, se permet une proposition qui la plonge dans un profond désarroi.

Lui y aller ?
Lui les sauver ?

Aussitôt la méfiance lui fait froncer les sourcils. Et la suite l’éclaire sur la pensée profonde de son humain. L’abject. Le fils de rien. Il se permet un marchandage odieux quand elle n’est pas en position d’y renoncer.

« Tu es bien une sirène au fond. Vroteville. »

Un crachat plus impur que n’importe quelle insulte : un mot qui n’existe tout simplement pas.

« Tu veux une faveur quand je ne suis pas en mesure de dicter les règles. Car tu le sais bien qu’ils comptent bien plus que tout, tu as su deviner. » Mais ce n’est pas difficile. A l’orée d’une caverne traine un masque tombé dans la course. Un masque qui n’est pas seulement un jeu de théâtre, un mime. Mais une part de ce faciès véritable qu’elle lui offre, à la lueur des bougies. Sans rire, sans immaturité.

Saline, dans sa complète nudité.

« Mais attention à toi pêcheur. La faveur que tu exiges ne concernera que moi. Ni les trésors, ni les sœurs. Moi, et seulement moi. »

Il va la manger.
Elle en est sûre maintenant.
Saline va se faire grignoter, boulotter, dépiauter, décarrer. Et quand il ne restera d’elle qu’une carcasse osseuse aux nerfs encore accrochés, alors le pêcheur la brandira à l’Océan, la rejettera sur le sable, oubliera son nom, son existence, la faiblesse dans son corps.

Et ira se trouver une autre Faim.

Son visage se crispe, d’une grimace qui la rend un instant furieuse et monstrueuse.

Vilaine jalousie.

Mais Saline a tant combattu pour le garder pour elle-même. Pourquoi devrait-elle l’abandonner à d’autres bras, à d’autres crocs potentiels ? De son lobe déchiré à la pointe de ses orteils, Transistor est né pour abreuver son estomac.

« Et pour une faveur de sirène, tu peux bien leur promettre la vie sauve. Trouve leur un point d’eau. Tue ceux qui auraient l’idée de les manger. Protège les tu mieux que tu pourras. Sauve les. »

Comme tu m’as sauvé moi.

« Et je rendrai grâce à ta faveur, je la sublimerai. Tant que ça ne me tue pas, ta vie en deviendrait cruellement ennuyeuse crois-moi. »

Du pouce, la sirène essuie le sang qui perle encore à sa lèvre amochée. Et se permet de lui sourire.

Un sourire faible. Mais sincère.
Pour un pétrin sans nom, sans fond, sans fin.




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MessageSujet: Re: Brûlantes retrouvailles   Mer 21 Oct 2015 - 1:32


Carne la laisse étancher la plaie de sa lèvre. La caresse le condamne plus que tout le reste.
A quoi tu joues, Hey ?
Qu'est-ce tu branles ?

Il en sait trop rien, le Blafard. C'est trop de questions, trop des sables mouvants qui risquent de lui gober le cerveau. Piégeux. La Saline est une enclume qui l'entraine vers les abysses. Il n'arrive pas à s'en défaire malgré toute sa conscience du danger. Ses yeux s'accrochent à son visage poupon, à sa bouche de poupée. La voir sourire, comme ça, l'enlise dans son doute. Son masque d'humanité est parfois confondant de réalisme.
Saleté.

- Mais attention à toi pêcheur. La faveur que tu exiges ne concernera que moi. Ni les trésors, ni les sœurs. Moi, et seulement moi.

Ça me fait une belle jambe...
En vrai, il ne sait foutrement pas quoi lui demander. Il a monnayé pour la forme, pour préserver son honneur, pour pas tout lui offrir sur un plateau à la Princesse des Lagomorphes. Il n'est pas son valet.

- Il y'a un peu de viande et d'eau douce derrière ce rocher.

C’est aussi pour la forme -se convainc-t-il- qu'il lui vole un autre baiser. Un, pas aussi sec et brutal qu'espéré.
Je la hais.
Ça aussi il se le martèle à coup de burin dans la cervelle. Pourtant, il grimpe la gorge escarpée, rompu à l'exercice, sans vraiment sourciller. Il a eut le temps de grandir, de se muscler, de chuter un million de fois sur les parois glissantes avant d'affuter son agilité simiesque. Cette grotte est un berceau par bien des aspects. Il la laisse en compagnie de son mausolée. Sur les murs dansent des gribouilles, des éclats de peintures, toute une fresque d'histoires. Le style est enfantin, léger, pas toujours bien réalisé, mais le conte est là, déchiffrable pour un œil curieux. Il n'y a que deux couleurs qui s'expriment : du turquoise et du rouge. Et le rouge tache ponctuellement l'autre dominante, pour entourer le visage d'une forme humanoïde. Ce bipède revient souvent, très souvent, comme une obsession. Parfois il ne s'agit que d'un visage, un peu flou, un peu effacé par une paume nerveuse mais constellé de point rouge et entouré d'une crinière de feu.
Qui est-ce ?

Saline a tout le temps de se le demander.

Carne ne revient qu'une bonne heure et demie plus tard. Il descend en rappel, cette fois, avec un énorme baluchon attaché contre sa poitrine. Il a la peau brulée par endroit, signe qu'il est resté trop longtemps exposé. Et il ruissèle de sueur comme une soupe. Il s'éponge le front d'un revers de bras et goute la fraicheur de la gorge en collant son dos contre la pierre. Il ferme les yeux quelques secondes avant de se forcer à les rouvrir et à apporter le tribut de la sirène.

- Ils sont tous mort de déshydratation dans leur terrier.

Il pose le baluchon auprès de Saline, en se mettant accroupis. Avec délicatesse il défait le nœud de la toile qu'il a lui même humidifié avec les restes de sa gourde.

- Les chasseurs les ont ramassés pour la plupart, mais une pondeuse a réussi à planquer ses petits le plus longtemps possible au frais.

Il y a là une dizaine de lapereaux minuscules, entassés les uns sur les autres. Ils n'ont pas plus de trois mois.

- Ils étaient blottis contre les mamelles de leur mère. Elle a pas tenu le choc. Mais toute la lignée n’est pas complétement morte.

Une espèce de boule plus imposante gigote dans le sarouel rapiécé du pirate. Une gros lapin blanc sort de sa jambe, celui-là même avec qui la sirène conversait avant de s'évanouir.

- Ah ouais.. y'a lui aussi...

Et maintenant ?
Carne est bien en peine de comprendre son geste. Il y'a bien le deal, oui. Encore faut-il trouver quoi demander. Il réfléchit en plissant les yeux, pensif, scrutant la reine des lapins et ses retrouvailles avec ses sujets.







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Ancienne Sirène
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MessageSujet: Re: Brûlantes retrouvailles   Sam 24 Oct 2015 - 13:55

Brûlantes retrouvailles


with Carne










Le baiser, un peu tendre, étiole son sourire. Et c’est le regard songeur, presque suspicieux, que Saline le regarde remonter vers le sommet rougeoyant de la grotte, décrivant des cercles nerveux dans l’eau. Serait-il finalement tombé sous son charme  ? – quoique ça n’aurait rien d’étonnant. Mais elle serait déçue qu’il plonge dans l’abîme de ses attributs, son visage poupin, le sourire humain que la sirène lui offre, et cela sans lutter, sans montrer au monde son propre cœur de monstre. Qu’il est idiot, cet humain, et à la fois si prometteur tout de même. Elle devrait peut-être le ramener dehors, quand les choses s’arrangeront, pour le voir chasser l’un de ces délicieux perdus – oui oui oui. Retrouver celui qui, d’un piège, a su l’attraper et la mordre. Car ce n’est pas donné à chaque humain de prendre une sirène. Mieux vaut que cet imbécile ne gâche pas sa chance, celle qui l’intrigue encore.

Maintenant qu’il est parti, Saline demeure seule avec elle-même. Ses lèvres sèches demandent de l’eau et elle plonge, dans les bras étroits de son Père, tâtant du plat de la main les profondeurs sinueuses de la caverne. Cela continue toujours plus loin en un dédale sinueux où les courants, murmurants, lui indiquent une potentielle sortie. Saline ne s’y aventure pas, remonte un instant à la surface et goûte avec désapprobation la chaleur de l’atmosphère.

Autour d’elle, des dessins.

Simples gravures rupestres, elles ont été tracées par la main d’un humain, pas par une sirène. Elle se demande même si l’une de ses cosoeurs a déjà visité cette caverne auparavant. Et son regard curieux retrace les figures qui s’assemblent, se ressemblent, en une même crinière rouge comme le sang. Qui est-ce, oui elle se le demande. Et se questionne aussi sur les origines de ces dessins. Sont-ce là les trésors du Transistor, une cachette secrète dans laquelle il l’aurait trainé, pour la sauver, et lui faire connaitre l'autre visage de son blanc préféré ?

Saline ne sait pas, et s’en fout. Car ce qui compte, c’est son orgueil. Et si la main a su tracer les esquisses de cette chose à deux pattes, au visage constellé de tâches de rousseurs – jolie couleur, oui oui oui – elle espère bien un jour y prendre part à son tour.

Une fierté toute féminine, et belle et bien un peu jalouse.

Et elle attend, la sirène, tourne en rond, s’ennuie. Elle lève son regard vers le jour – ou la nuit qu’en sait-elle, s’impatiente de son retour. Jusqu’à ce que les pas la font se cabrer comme un serpent. Des heures ont passées mais le Transistor est là, baluchon sur le torse, agile dans sa descente.

Saline rit, s’agite.

Et se fige bien vite quand le sac humide déverse piteusement son contenu.

Ils sont dix. Dix et Barbecue qui, une fois sorti, s’avance vers l’onde sans crainte, renifle seulement le sel, avant de tendre sa gueule effarée à sa sœur sirène.

« Morts ? »

Une sirène qui, encore une fois, abandonne ses jeux de fille pour rejoindre la berge. Le regard humide, le visage dévasté.

« Tous morts… » Sauf ces lapereaux sans lait, sauf Barbecue sans foin. Que fera-t-elle maintenant pour les sauver. Elle qui n’a pas réussi à survivre sans aide. Elle qui ne dispose, aujourd’hui, que des abysses pour seul secours.

« Ils vont finir par disparaître eux aussi… »

Barbecue tressaille. Mais la sirène s’extirpe à moitié de l’eau, laisse ses écailles plonger dans l’onde, et referme ses bras sur les petits, sur son lapin, les ramenant contre sa poitrine juvénile.

Saline ne sourit plus. Saline voudrait pleurer.

Il n’y a rien d’autres qui l’atteint que le sort de ses lapins. Alors à mi-voix elle fredonne un chant sans charme. Comme pour ne pas troubler le silence de la caverne et le clapotis des vagues. Ses mains caressent les fourrures qui s’amoncellent contre sa peau et touchent les os saillants de ses protégés.

Un lapereau couine de faim.

« Shht… Saline est là. Saline est là… » Saline ne peut rien faire.

Pas toute seule.

Et la voix tremblante, elle finit par s’adresser au témoin qu’elle a ignoré jusqu’à présent.

« Qu’attendrais-tu de moi, si je te demandais de les veiller ? »

Parce que je ne suis qu’une sirène. Je n’ai pas d’amis. Je n’ai que des sœurs. Je n’ai que des victimes. Je n’apporte pas le bien – ou rarement, à vos dépends.

Je ne sais que manger.
Je n’ai jamais su aider.




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Carne Salt
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MessageSujet: Re: Brûlantes retrouvailles   Ven 6 Nov 2015 - 14:28



Carne observe, scrute, cherche la vérité. La Crue. la Vraie.
Cette sirène est-donc véritablement capable d'aimer ? Son ventre ne supplante donc pas tout. Certes, il ne s'agit pas de sirènes, d’êtres humains, mais de ces ridicules créatures aux oreilles pointues et à la tronche velue. Leurs petits yeux mornes et rougis, ça lui revient pas au Pêcheur. C'est traitre. Ces trucs là puent le vilain. Mais, hey ! Ils sont la preuve que leur Princesse a un coeur, un charnu, qui bat sous sa poitrine tendre. La tragédie ça la rend encore plus jolie que son sourire tout en dents pointues. Il a l'envie fugace de faire rouler sa langue sur ses joues toutes humides. Pour voir si elles ont un gout particulier : les larmes de son amour.

Et il se prend à se demander, si elle serait capable de l'aimer lui.

Lui, qui n'est pas un lapin.
Pas vraiment un humain.
Certainement pas un monstre.
Mec, t'as vraiment des idées à la con !
Une sirène ça n'aime pas, ça bouffe. Et lui il a pas besoin d'être aimé. Il a besoin de mener sa croisade à bien. Qu'il ne se leurre pas - N'espère même pas - Saline est une foutue saloperie sans âme, sans autre but que de se nourrir sans autre plaisir que de jouer avec ses proies sans scrupule.
Vraiment?
Arrête...

-Qu’attendrais-tu de moi, si je te demandais de les veiller ?

Il a un léger frisson. Plaisir ou inquiétude ? Il l'ignore. Inconsciemment, il sent qu'il est là à un point culminant de quelque chose d'important. Son Péché Mignon lui déjà redevable et elle s'ingénie à serrer un peu plus étroitement la chaine qui la lie à lui.
Carne s'approche tout doucement, toujours accroupis, ce qui lui confère une attitude un peu étrange. Désarticulée. Son expression est terriblement grave. Il effleure la peau luisante et sillonnée. Il étanche une larme perlant sur ses longs cils blancs, du bout de l'index. Fragile, magnifique...
D'autant plus létale.

- Je cherche une sirène, une sirène précisément, à travers mes chasses.

Il déglutit. En fait c'est la deuxième fois qu'il confesse sa quête. Le hasard veut que ce soit l'autre femme de sa vie qui tend l' oreille.

- L'Oubli m'a fait perdre les traits de son visage, mais je me souviens de son aura. Elle était belle, terriblement. Elle avait un corps voluptueux, sans imperfection, sans mutation. Et sa longue chevelure d'or presque cuivré épousait ses seins lourds et pleins. Sa petite voix douce, veloutée, n'en était pas moins cruelle et son chant désarmant, particulièrement sur le garçon que j'étais.

La pulpe de son pouce caresse les lèvres de Saline.

- Elle habitait chacune de mes pêches, avant que tu ne deviennes le sel de mon eau.

Il retire sa main, coupe le contact pour plisser ses yeux myopes.

- Je veux un nom. Je veux la voir. Trouve là et je prendrais soin de tes sujets.

Et Ma Faim disparue, tu seras ma nouvelle croisade. Ma croisade adorée...








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MessageSujet: Re: Brûlantes retrouvailles   Dim 15 Nov 2015 - 15:29

Brûlantes retrouvailles


with Carne










Saline attend, sans le regarder, que s’avance le piège et qu’il se referme sur elle. Elle méprise sa faiblesse qui la laisse hagarde, blottie contre ses lapins comme eux-mêmes le sont, tremblants à sa poitrine, appelant à la satiété de leurs couinements insupportables. Il serait peut-être plus utile de le tuer, de laisser son sang et sa chair les rassasier. Mais combien de temps ce plat les contenterait-il – s’il doit les contenter ? Qui leur mènera l’eau et les herbes dont ils ont besoin pour grandir, pour survivre ? Elle n’a pas le choix, non. Et se laisse caresser, toujours sans ciller. Le laisse attraper les larmes qui tombent en pluie sur la blancheur de ses bébêtes et encroûte leur fourrure de sel. Ses lèvres se plissent, son nez se fronce, mais elle ne dit rien, la sirène.

Elle attend le verdict, et bien évidemment, rien n’est gratuit. Ce n’est pas le cannibale qui fera preuve de clémence, qui l’aidera sans chercher autre chose que sa propre satisfaction. Comme ses dents mordent le gras de sa peau pour mieux la dévorer. Oui il lui ressemble, ce frère blanc et bleu, dans toute sa splendide atrocité. Et leurs égoïsmes entremêlés qui s’accaparent et se jalousent des autres. La crinière rousse, il l’a emmené ici, et qui d’autres encore ? Qui d’autres après ?

Devra-t-elle lui arracher les yeux pour qu’il ne voit plus qu’elle, pour qu’il soit à ses pieds ? Autant aller au plus profond et planter ses griffes dans ses pensées.

« Je cherche une sirène, une sirène précisément, à travers mes chasses.
- Des chasses comme la mienne ? »

Petite remarque toujours sans jeu, sans rire strident et masque pratique. Elle commence à cerner la personnalité de son homme et hésite finalement à y mettre les pieds. Les mains de Saline continue de caresser ses lapereaux, et sa queue s’agite encore dans l’onde, avant de surgir sur la terre où un rayon de nuit la cueille dans son cercle rouge, un œil crevé assistant à la scène. Alors ses jambes se séparent en deux gambettes distinctes. Et elle se replie en fœtus dans un geste inconscient et protecteur.

Se penche. Dépose un baiser sur la tête de Barbecue. L’écoute détailler celle qu’elle reconnait – comment pourrait-elle douter de l’identité de Lame ? Cette crinière, cette grâce, ces compliments qui l’assassinent, cette rage fascinée dans la voix du marin. Cela ne peut être qu’elle. Cela ne peut venir que d’elle.

La Vénus. Somptueuse Vénus. Somptueux amour.

Car Saline comprend sa Faim, sans pour autant vouloir la vivre. Elle ne cherchera pas à la dévorer mais elle se souvient de son étreinte, à la lagune, quand penaude et agacée la blanche s’est vue comparée à Ecume. Elle se souvient de son corps, de sa poitrine ferme sous sa joue, l’odeur de sa peau, la bienveillance de son regard, et le désir qui l’avait étreint au ventre comme un tison enfoncé sous sa peau.

Oh Lame, sœur et femme. Le modèle depuis un temps qui ne cessera jamais de s’écouler. L’acariâtre qui la gronde et la conseille, la dispute de ces choix imbéciles et ne veut que son bien. Pourrait-elle la trahir ? Pourrait-elle l’offrir au cannibale ?

Et Saline s’émeut de ne pas répondre à sa question. De se sentir hésitante, car si sa foi envers Lame n’est pas discutable, ni raisonnable, son amour des lapins l’est tout autant.

Alors elle relève la tête, la salée, pour mieux se confronter à la demande du bipède.

Puis effrontément, elle déclare.

« Tu as du culot. Je te demande une faveur qui me concerne seule, et tu voudrais que je trahisse mes sœurs ? Tu as déjà eu ta part de viande, regarde, j’ai toujours ta cicatrice. Et maintenant il faudrait que je t’aide à ferrer une sirène. »

Le regard plissé, peut-être bien toujours jalouse, elle siffle.

« Cherche la et trouve la toi-même. Puisqu’il n’y a qu’elle qui compte, puisque tu ne vois qu’elle. Et je trouverai un autre humain pour veiller sur mes lapins. A moins. »

A nouveau doucereuse, elle tend la main vers sa jambe. Et remonte ses doigts malicieux au long de sa chair, jusqu’à l’os rebondit de son genou. Petites articulations, petits nœuds, petite marionnette indocile. Non il n’est pas comme les autres et ne joue pas facilement.

Fichu monstre compliqué.

« A moins que tu me demandes autre chose ? »



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MessageSujet: Re: Brûlantes retrouvailles   Lun 25 Jan 2016 - 19:41



La lune éclaire celle qu'il considère désormais comme sa plus terrible obsession. Viscérale ça veut bien dire ce que ça veut dire : ça t'prend aux viscères, Ça t'bouffe aux tripes. Assister à sa métamorphose, ça lui tord les boyaux au Blafard. C’est comme si il avait plein de vers grouillants dans l'estomac et un peu plus bas. C'est qu'elle est diablement jolie, la saloperie. Laiteuse, humide et sournoise.

- Tu as du culot. Je te demande une faveur qui me concerne seule, et tu voudrais que je trahisse mes sœurs ? Tu as déjà eu ta part de viande, regarde, j’ai toujours ta cicatrice. Et maintenant il faudrait que je t’aide à ferrer une sirène. Cherche la et trouve la toi-même. Puisqu’il n’y a qu’elle qui compte, puisque tu ne vois qu’elle. Et je trouverai un autre humain pour veiller sur mes lapins. A moins. A moins que tu me demandes autre chose ?

Il s’est laissé approché par la fielleuse créature des flots. Sans la quitter des yeux. Ambre et Turquoise. Feu et eau. Soudain, Carne l'attrape par les cheveux. Son poing s’entortille dans sa chevelure comme il le ferait avec une liane. La tête de la sirène bascule en arrière sous sa poigne. Il y'a dans le visage crispé du pêcheur une rage et une violence à peine contenues. C’est l'expression même de sa passion pour elle.

- Saline, gronde -t-il en détachant bien chaque syllabe. Tu ne comprends pas ? Tu ne comprends pas pourquoi j'ai besoin de la tuer ?

Il s'approche dangereusement de sa bouche sans pour autant se laisser aller à la tentation de lui arracher les lèvres avec ses dents. Goûtu ce serait, pourtant.

- Pour te laisser toute la place.

Son regard dément la couvre, sa langue gigote dans son gosier. Il a envie de la bouffer dans un sens comme dans l'autre. Son nez pointu vient effleurer sa joue, pâle et douce comme la peau d'une pêche. Et il murmure distinctement :

- Toute la place.

Il la libère avec une brusquerie sèche, à l'image de ses muscles bandés, sollicités par une tension rampante. Malfaisante. Il se met debout et la surplombe de toute sa hauteur. Du bout du pied il lui fait relever le menton.

- Je sauve tes lapins, tu me devras une faveur. J'choisirais quoi en temps voulu.

Il ramasse Barbecue par les oreilles et le fout sur son épaule.

- Qu'il en soit témoin.

L'affaire conclue, la sirène se retira dans les Abysses. La canicule ne serait pas éternelle, tout comme la Faim de Carne. En remontant les parois de la grotte, le rongeur planqué dans les replis de Fiente, le pirate eut un vilain petit rire.
Sa Faim ne serait pas éternelle, certes.

Mais il était rassurant de savoir qu'elle serait remplacée par une autre...








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L'Ombre
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MessageSujet: Re: Brûlantes retrouvailles   Lun 8 Fév 2016 - 16:48

Ils sont mignons les lapins !
The End


Le lecteur s'interrogera avec ardeur :
Carne aurait-il donc un coeur,
Ou prévoyait-il déjà la faveur ?


FIN DE L'AVENTURE




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