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Ancienne Perdue
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MessageSujet: Heat Wave   Lun 19 Oct 2015 - 18:25



Heat Wave

with Sharpy





Wriggle est tombé – boum comme une masse. Respirant difficilement, les poings serrés, les yeux fermés. Sur son front blême, des perles de sueur. Sur sa bouche geignarde, des craquelures déshydratées. Elle lui a dit pourtant de quitter la forge, de rejoindre le reste des gamins dehors – mais dehors on cherche l’ombre, dehors c’est à peine mieux – d’aller prendre un peu d’eau – même s’il y a de moins en moins d’eau.

Mais Wriggle s’est entêté, mû par sa paranoïa qui le rend toujours instable, incapable de demeurer assit dans un coin à seulement attendre. Les pirates, lui disait-il juste avant de s’effondrer, ils ont construit un port et bientôt ils envahiront les terres. Faut pouvoir les tuer, lui assénait-il avec force, et elle ne pouvait que lui donner raison. Faut pouvoir tous les balancer à l’Océan et les sirènes en feront qu’une bouchée.

Bon plan Wriggle, mais pour combattre, faut rester en vie.

Wriggle est tombé, et il n’y avait personne pour le voir mis à part elle. Ni Sharpy - foutrecul d’inutile – ni Agathe.

Et elle a crié, Grudge. Crié pour qu’on vienne l’aider car Wriggle est pas un poids plume et sa propre fatigue l’empêchait de le prendre contre elle, de le porter jusqu’aux soigneurs. Elle a crié pour les alerter, eux errant dehors, auprès d’un Arbre déserté.

Car chaque jour c’est la course, la fuite, la panique. Les chasseurs peinent à ramener des bêtes, les récolteurs ne ramassent que des fruits pourris sur des arbres déjà morts. Et les livreurs triment chaque jour, chef, apprentie, comme la marmaille qui a cessé de jouer, qui est trop sèche pour pouvoir pleurer, trimant chaque jour, partant parfois trop loin pour ramener des sceaux à peine remplis.

Seule l’infirmerie travaille à temps plein. Chaque jour apporte son lot d’inanimés, d’effondrés. Wriggle n'était finalement qu’un corps de plus dans une pagaille soigneusement organisée. On tâche d’amener de l’eau aux gosses en souffrance en délaissant les autres qui finalement ne forment que la file d’attente des victimes. Peu à peu, le serpent se mord la queue et personne n’a de solution.

Autre que d’observer ce grand éclat rouge, dans le ciel, priant vainement pour que vienne enfin la pluie.

Mais il n’y a pas de nuages à l’horizon. Et l’on peut entendre, perçant et presque railleur, le rire d’un Peter survolté, tout doré, qui virevolte et ne semble pas remarquer le carnage de sa bonne humeur.

Grudge a quitté sa veste, son gilet de laine, pour un débardeur aux aisselles jaunies de sueur. Pas de coquetterie, elle pue la crasse rance elle aussi, comme tous. Qui gaspillerait de l’eau à se laver quand il y en a si peu à boire ? Crinière grasse, corps épuisé, elle franchit les ponts dans des pas furieux.

Rejoint de nouveau la forge dont le feu n’a cessé de ronfler, et voit enfin la silhouette du grand déserteur.

« Sharpy ! » Le cri n’est pas celui d’une armurière qui doit se plier aux ordres de son chef. C’est celui d’une gamine de 14 ans qui en a raz la casquette.

Et de toute façon, elle ne le laissera pas fuir. Le poursuit, en harpie, là où il souhaite se retrancher. Près du feu ? Si il veut. Ce n’est pas comme si elle l’avait quitté, qu’importe la canicule et la nausée que la chaleur lui donne au plus fort de la journée.

Dans l’air règne un parfum d’incendie.

« J’ai amené Wriggle à l’infirmerie. C’est le troisième. Et la chaleur continue de monter. On peut pas garder la poudre ici ou elle va finir par s’enflammer toute seule ! Tu comptes faire quoi ? »

Ben vas-y patron, décide un peu. C’est bien toi qui dois gérer les armuriers, non ? Non ?!








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Sharpy
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MessageSujet: Re: Heat Wave   Lun 19 Oct 2015 - 22:05

"C'était juste une étincelle, mais ça s'est enflammé direct." Sharpy déroula le tissu et passa deux doigts à travers la manche, dans un trou qui n'aurait pas dû être là. "J'ai rien pu faire, tu penses bien que d'habitude je fais attention."

Il croisa les bras sur son t-shirt, mal à l'aise. Il n'enlevait que rarement sa veste en dehors de la Forge, et même en travaillant il la mettait souvent. Il ne pouvait pas se permettre de travailler au four sans protections et les gants que les Armuriers portaient couvraient bien les avant-bras, mais au-delà... Le lieu était déjà propice aux accidents en temps normal et Sharpy n'assignait que ses recrues les plus expérimentées au feu. Cette fois, ça avait été la manche de sa veste. Il avait eu de la chance, il avait pu la retirer avant de se brûler gravement. Ou que la veste entière ne prenne feu. Il espérait qu'Agathe pourrait rattraper un peu les dégâts, tandis que cette dernière espérait probablement qu'il ferait examiner sa brûlure à l'infirmerie. Mais il y avait déjà trop de monde et Sharpy pouvait encore bouger le bras sans arracher autre chose qu'une légère grimace ; ce n'était pas grand-chose. C'était suffisant pour travailler.

Il prit congé de la Mère et retourna dans la Forge en se demandant comment il arrivait encore à respirer à l'intérieur. C'était pas plus mal qu'il se soit débarrassé de la veste en fait. Il enveloppa son bras dans un bandage de fortune, remit ses gants, enfila un tablier en cuir et reprit ses outils. Franchement, il n'avait pas le temps de passer voir les Soigneurs. Il y avait de moins en moins d'Armuriers dans l'atelier, la plupart fuyaient la chaleur étouffante des lieux pour... trouver des zones d'ombres un peu moins étouffantes ailleurs. Sharpy ne pouvait pas les blâmer. Non seulement ils mourraient de chaud, mais en plus ils risquaient à tout moment de se blesser, le feu se propageant beaucoup plus vite. S'il suffisait d'une étincelle pour brûler la manche de Sharpy... il n'osait pas imaginer les dégâts en cas de départ de flamme plus important. Mais il fallait bien qu'ils continuent de travailler, car des bruits inquiétants couraient sur les pirates et sans armes...

"Sharpy !"

Le ton n'annonçait déjà rien de bon mais lorsqu'il réalisa à qui appartenait la voix, Sharpy serra les dents et reprit son travail comme s'il n'avait pas entendu. Bien sûr, Grudge ne s'arrêtait pas à ce genre de détails. Elle se planta devant lui, furieuse – plus que d'habitude – prête à s'enflammer comme la manche de sa veste à la moindre étincelle.

"J’ai amené Wriggle à l’infirmerie. C’est le troisième. Et la chaleur continue de monter. On peut pas garder la poudre ici ou elle va finir par s’enflammer toute seule ! Tu comptes faire quoi ?"

"Wriggle ?" marmonna Sharpy, l'air impassible qu'il voulait prendre effacé par l'inquiétude.

Wriggle n'était pas censé travailler à l'intérieur cet après-midi, il avait instauré un système de relais exprès pour ne garder qu'un minimum d'Armuriers près du feu, ce n'était pas pour rien ! Sharpy fronça les sourcils, balancé entre l'agacement et la consternation.

Quant à la poudre, c'était Grudge qui la ramenait, qui la stockait et qui la maniait – Sharpy se gardait bien d'y toucher et mettait assez les autres en garde contre la dangerosité du matériau – et Grudge qui venait lui mettre le problème sous le nez. Comme si c'était son idée à lui de bosser avec de la poudre, qui pouvait exploser à n'importe quel moment ! Sharpy serra les dents mais donna juste un coup un peu plus fort que les autres sur la lame qu'il était en train de plier sous la chaleur indécente du four. Il n'allait pas s'énerver avec Grudge. Elle n'attendait que ça. Petite poudre prête à gober la moindre flammèche échappée.

"J'avais dit à Wriggle de ne pas travailler cet après-midi", soupira l'Armurier. Que pouvait-il faire d'autre à part des recommandations ? Il voulait bien travailler plus que les autres mais il n'allait quand même pas attacher tous les inconscients dans un coin ! "Pour ta poudre..." – oui parce que fallait pas abuser, il allait bien lui rappeler que c'était son affaire – "tu voudrais la mettre où ? Toutes les cabanes du Grand-Arbre sont en bois..." – c'est le principe des arbres en fait, c'est du bois et le bois ça brûle – "à part ici. On pourrait la cacher ailleurs, ou l'enterrer. Qu'est-ce que t'en penses ?"

Sharpy continua de donner des coups sur le métal en essayant d'ignorer le regard noir de Grudge. Elle avait l'air d'attendre autre chose de lui. Elle voulait qu'il fasse une danse de la pluie ?








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MessageSujet: Re: Heat Wave   Lun 19 Oct 2015 - 22:26



Heat Wave

with Sharpy






Sharpy l’exaspérait à ne pas la regarder, faussement concentré sur cette épée qu’il était entrain de forger comme si sa vie en dépendait. Elle détestait son visage de joli garçon, sa putain de frimousse qui attirait toujours le regard des filles, la manière dont il était juste assez grand pour être intéressant, juste assez gentil pour qu’on lui trouve des excuses, juste assez ferme pour que son rôle de chef convienne à tout le monde.

Mais pas à elle. Oh non. Grudge ne rêvait que de le trainer à l’Arène, prouver à tous sa lâcheté par un combat où, armée et protégée de ses boucliers, elle le coincerait dans un coin et le piquerait jusqu’à le faire pleurer comme le cochon qu’il était.

Le regard brûlant, meurtrier, elle serra les poings et chercha à croiser son regard.

« Le fait est qu’il ne t’a pas écouté, et il est allongé dans un coin de l’infirmerie, tous les hamacs sont pris par des gosses qui meurent de soif. J’ai dû appeler des garçons perdus pour m’aider à l’emmener chez les soigneurs, toi tu n’étais pas là ! »


Son ton enfla, et pour quels témoins ? Il n'y avait personne dans la forge pour lui dire de respecter Sharpy. Personne pour rapporter ses propos, la balancer aux cachots, ou se plaindre devant Peter. Grudge n’espérait même pas une quelconque réaction autoritaire de la part de l’ancien matelot, si apte à se défiler ou à se trouver des excuses, comme maintenant.

Geignard petit Sharpy. Bouhouhou je peux pas tout regarder. Bouhouhou c’est pas ma faute. Et de toute façon c’est ta poudre vilaine Grudge, ton danger que tu as ramené à l’Arbre et qui risque maintenant de tout faire exploser.

« Si t’étais pas content que je ramène la poudre à l’Arbre, avec tous les risques que j’ai pris pour la piquer aux pirates, t’aurais peut-être du te secouer et dire à Peter que les canons, c’était une mauvaise idée. »

Qu’il arrête avec ses formules de politesse, son tact, ses « qu’en penses-tu ». Qu’il agisse en homme ! Lui si prompt à écraser les filles, à cracher sur les Mères en compagnie du chef des chasseurs. Bande de machos, si fiers d’écarter virilement les cuisses en se payant une bonne part des grognasses.

Mais c’était pas avec Sharpy comme exemple que les filles apprendraient à « agir comme de vrais mecs » qu’on se le dise.

« On va l’enterrer, bien sûr. On va continuer de vivre cette chaleur jusqu’à ce qu’on soit tous crevés. La prochaine étape c’est quoi, éteindre la forge ? »


Son poing vient s’écraser contre l’enclume, à quelques centimètres de la lame rougeoyante.

« T’as quoi dans les yeux Sharpy ? C’est pas toi le chef des armuriers, l’un des plus vieux de l’Île ? C’est pas toi qui te paye des barres avec Peter ? Qu’est ce que tu attends pour aller le chercher, lui prendre la main, et lui montrer ce que sa bonne humeur est entrain de nous faire ? C’est qu’un enfant, je suis bien d’accord, mais c’est un enfant qui dirige nos vies et qui a nommé des chefs pour être assisté et conseillé. Alors fais ton taff ! »

Grudge vacilla. Toute en proie à sa colère, à ce coup de chaud qui ronflait en elle depuis de longues années, elle en oubliait sa propre fatigue, sa faiblesse. S'appuyant contre l'enclume, elle tâcha de soutenir le regard de l'armurier, la sueur roulant sur son front, les lèvres craquelées.

Pas au mieux de sa forme pour une engueulade.







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MessageSujet: Re: Heat Wave   Lun 19 Oct 2015 - 22:49

Sharpy faisait de tels efforts pour ne pas regarder Grudge que c'en était inhumain. Il aurait dû participer au concours de l'ignorance ou prévenir Dusk qu'il avait trouvé plus entêté qu'elle. Il se demanda vaguement ce que les nanas avaient toutes en ce moment pour venir l'emmerder quand il était toujours le moins en forme. Grudge ne disait rien en général, il avait juste droit à ses regards noirs dans son dos, elle travaillait de son côté et lui du sien et c'était très bien. Mais il savait très bien qu'elle avait des tas de choses à lui dire et ça se sentait à trois kilomètres qu'elle rêvait de lui gueuler dessus depuis un bon moment.

Sharpy l'écouta l'accuser presque littéralement de n'avoir pas empêché Wriggle de tomber dans les pommes, et d'avoir en plus été absent à ce moment-là. Parce que ouais, c'était un chef donc forcément, les responsabilités, ça l'attirait pas du tout en dehors de la Forge de temps en temps. Pas du tout. Il ne lui mit pas son bandage sous le nez, c'était pas un jeu pour savoir qui avait le plus souffert cet après-midi, même si Grudge avait toujours l'air de vouloir s'amuser à ça. Et vas-y que moi j'ai la rancune tenace parce que MOI je n'oublie pas, contrairement à toi qui est incapable de te rappeler, et incapable d'aimer. Enfin bon, c'était pas le sujet aujourd'hui et Sharpy ne tenait pas à amener ça sur le tapis, alors il écouta la Bombe lui déblatérer des reproches et prouver un peu plus qu'elle ne connaissait absolument pas son emploi du temps et chacun de ses déplacements – ce qui était rassurant, ça voulait dire qu'elle ne le surveillait pas tant que ça et qu'il pouvait encore traverser le Grand Arbre sans craindre une embuscade.

"Si t’étais pas content que je ramène la poudre à l’Arbre, avec tous les risques que j’ai pris pour la piquer aux pirates, t’aurais peut-être du te secouer et dire à Peter que les canons, c’était une mauvaise idée. "

"Parce que tu crois que j'ai pas essayé ? Il était tellement emballé par ton idée, faire exploser les pirates, retourner leurs armes contre eux, penses-tu, c'est tellement l'idée du siècle qu'il n'a pas écouté un seul mot de ce que j'ai dit. Limite s'il m'a pas tapoté le crâne en me disant que je faisais un boulot super, merci Sharpy."

Le ton était cassant et l'ironie palpable, mais Sharpy pouvait encore retenir la colère dans sa voix. Il n'en voulait pas à Peter. Pas du tout. Il le connaissait trop bien pour ça. Mais Grudge semblait idéaliser leur relation, comme s'il pouvait influencer chacune de ses décisions. Comme s'il pouvait en influencer une seule. Son esprit effleura le souvenir qu'il n'aimait pas se rappeler et il grimaça.

"T'es débile ou quoi, tu crois pas qu'en étant aux premières loges pour crever de chaud toute la journée j'aurais pas tenté au moins une fois de parler à Peter ?"

Ok. Débile n'était peut-être pas le bon mot pour maintenir cette discussion à un niveau correct de décibels. Mais Grudge gueulait déjà toute seule, elle avait pas besoin de lui pour s'échauffer. Sharpy posa le marteau sur le côté, peu désireux à l'idée de lui écraser les doigts maintenant qu'elle avait posé la main sur l'enclume. Même si l'idée lui avait brièvement traversé l'esprit. Il avait toujours l'épée incandescente en main, cela dit, ça pouvait servir pour maintenir une distance de sécurité entre les deux.

"T'en parles comme si tu savais ce que c'était d'être chef, mais je crois pas que tu te rendes compte de ce que c'est. Je suis pas le seul, on est plusieurs à avoir essayé de raisonner Peter, il n'écoute que si on lui dit ce qu'il veut entendre. Et "sois moins heureux Peter", c'est pas ce qu'il veut entendre en ce moment. Mais si tu trouves le moyen de lui faire passer le message, te fais pas prier pour tous nous sauver, la Bombe !"








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MessageSujet: Re: Heat Wave   Lun 19 Oct 2015 - 23:11



Heat Wave

with Sharpy





Le point de fission était presque atteint. Grudge le sentait, là dans sa poitrine, comme un fil élastique sur lequel elle tirait depuis trop longtemps. Enfermée dans sa forge, emmurée par sa propre vengeance et son désir de laisser le reste couler pour se concentrer sur plus important, elle en avait presque oublié de mettre Sharpy en face de sa litanie de reproches. A le voir, cet empaffé qui osait l’ironie face à ses propos, elle se rappelait des propos énamourés de Valentine sur ses sourires, sur ses compliments, sur la manière dont l’ancien-matelot aimait lui caresser le bras quand ils étaient ensemble. Le dégoût la saisit avec une force qu’elle en vacilla de nouveau, les larmes aux yeux – vite séchées par la canicule insoutenable dans la forge, il devait faire près de 45°C, peut-être même plus.

« Evidemment que je le crois, que tu n’as rien fait pour faire entendre ta voix ! Parce que c’est ton problème, Sharpy. T’es gentil, t’es aimable ! Tu laisses les gens faire de toi un type sympa quand t’as juste pas les kurat de te faire écouter ! C’est facile d’aller casser des têtes dans l’Arène, de faire ton beau avec les autres mecs, que moi je suis entrainé et moi je suis le plus fort, mais quand c’est pour parler, là y’a plus personne ! »

Haletant, la poitrine en feu et le sang au visage, elle vint frapper l’enclume une nouvelle fois, plus faiblement.

« Je sais pas ce que c’est d’être chef, non. Puisque c’est toi qui as la place. Mais ce que je sais c’est qu’on est parfois amené à agir, plutôt que de parler puisque parler pour toi ça ne fonctionne pas ! La dernière fois que Peter a été en colère, et triste, il y a eu de la pluie. Alors il serait peut-être temps d’agir pour… »

Pour le rendre malheureux. L’idée, atroce, de ne plus entendre le rire de Pan lui serra le cœur à le broyer. Elle s’était promis de le rendre heureux, de faire naitre une paix durable sur l’Île, de venger sa sœur et Valentine en laissant, comme seul avenir, une tranquillité bienfaitrice que rien ne viendrait troubler. Grudge avait simplement sous-estimé la portée magique de cette joie que leur roi ressentait à présent. Une joie qui, tel un feu vivace et agissant concrètement comme tel, était entrain de détruire les habitants de l’Île, dans un camp comme dans l’autre.

« Ils sont entrain de construire un port, Sharpy. Ils construisent un port pour s’amener sur terre. Et pendant ce temps, nous sommes faibles, l’Île brûle parce que Peter est à son maximum… Mais si vous, les chefs, vous vous décidez à agir, peut-être… » Elle chuchota. « En kidnappant la nouvelle Mère, ou en faisant quelque chose qui le rende malheureux – pas définitivement mais juste assez pour que tout cesse, alors on pourrait les combattre… Tu les as bien quitté non ? Tu es de notre côté aujourd’hui ! »

D’un pas, elle se rapprocha. Souffla tout bas, la voix tremblante.

« Il y en a ici qui n’ont pas oublié qu’une fille est morte pendant que toi, toi tu restais à l’Arbre, bien planqué, et sans être puni… malgré ton grandissement. Peter ne l’a pas remarqué, hein, que tu avais franchis la barre des… des quoi, 16 ans maintenant ? Peut-être qu’il serait temps de le lui rappeler si tu n’agis pas en conséquences. »

La menace, cette fois. Une technique de faible, une idée de fille poussée à bout. Mais que pouvait-elle faire, Grudge, pour changer les choses, sinon user des armes des autres. Celles de la lâcheté basse, celles de Sharpy.  







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MessageSujet: Re: Heat Wave   Mar 20 Oct 2015 - 0:01

Grudge ne connaissait peut-être pas son emploi du temps par cœur mais elle avait dû l'observer depuis le temps parce qu'elle savait exactement appuyer là où ça faisait mal. Ouais, Sharpy était doué pour taper sur les gens et un peu moins pour enchaîner les belles paroles. Si elle croyait qu'il ne s'en rendait pas compte... Si elle croyait qu'il ne voyait pas ce que les mots faisaient à Peter quand quelqu'un comme Bow les maniait ! Mais qu'est-ce qu'il y pouvait, lui ? On ne pouvait pas être bon partout et Sharpy, il était pas doué pour s'exprimer avec des mots quand il s'agissait pas de faire une blague ou de raconter une connerie du genre pendant les repas. Les paroles ne faisaient sens dans son esprit que s'il y mettait d'abord des actes.

Fallait une sacrée observation pour déduire ça et Sharpy était presque dégoûté que Grudge soit arrivé à ce niveau de perception et de compréhension de sa personne. C'était sûrement pas la première, mais la comparaison ne fit qu'aggraver sa mauvaise humeur et il rumina ses accusations injustes. Depuis quand c'était un crime d'être gentil, bordel ? Et il savait pas ce que voulait dire kurat mais il avait sa petite idée. Qu'ils règlent ça dans l'Arène, on allait voir s'il avait pas de-

"... La dernière fois que Peter a été en colère, et triste, il y a eu de la pluie. Alors il serait peut-être temps d’agir pour..."

La colère de Sharpy, qui s'était embrasée comme l'étincelle sur sa veste, s'évanouit à la mention de Peter et au sous-entendu terrible que Grudge faisait. Il la fixa avec un mélange de fascination, d'anticipation et d'inquiétude aussi. Peut-être même de la peur. Il faillit lui enjoindre de continuer. Vas-y. Dis-le. Et dire qu'elle le prenait pour un type horrible ! Mais il n'était pas sûr de vouloir entendre la suite, savoir s'il avait raison à son sujet ou pas. Si Grudge pouvait avoir de telles pensées.

Elle avait sûrement raison à ce sujet aussi, c'était un lâche et il refusait de voir la vérité en face.

"Ils sont entrain de construire un port, Sharpy. Ils construisent un port pour s’amener sur terre. Et pendant ce temps, nous sommes faibles, l’Île brûle parce que Peter est à son maximum... Mais si vous, les chefs, vous vous décidez à agir, peut-être..."

L'effronterie de Grudge le rendait muet mais ce n'était plus de l'horreur dans ses yeux. Il ne voyait plus une gamine complètement suicidaire, juste une fille désespérée que la chaleur poussait aux solutions les plus extrêmes. Et Sharpy, en son for intérieur, sentait qu'elle n'avait pas tort. Que seul un retournement de situation pouvait changer radicalement l'humeur de Peter et tous les sauver. Lui aussi, il voulait les sauver. Il ne voulait pas voir les enfants crever les uns après les autres sous la chaleur infernale des humeurs de leur roi, qui était censé les guider, les protéger ! Mais lui faire du mal... lui faire consciemment du mal ? C'était la pire des trahisons, pire que le grandissement. Sharpy n'était pas sûr de pouvoir assumer les suites d'un tel geste. Il s'attacherait lui-même au poteau du bannissement et se lancerait ses propres pierres s'il le pouvait.
Sauf qu'il ne pouvait pas.

Il ne pouvait pas être banni.

"En kidnappant la nouvelle Mère, ou en faisant quelque chose qui le rende malheureux – pas définitivement mais juste assez pour que tout cesse, alors on pourrait les combattre… Tu les as bien quitté non ? Tu es de notre côté aujourd’hui !"

La voix de Grudge était basse et pressante et un instant il fut tenté de lui dire que ça allait bien se passer, qu'ils allaient s'en sortir, y réfléchir et trouver une solution, peut-être pas aussi radicale, oubliant jusqu'à l'animosité dans son regard, mais. Mais elle alla trop loin.

"Il y en a ici qui n’ont pas oublié qu’une fille est morte pendant que toi, toi tu restais à l’Arbre, bien planqué, et sans être puni... malgré ton grandissement. Peter ne l’a pas remarqué, hein, que tu avais franchis la barre des... des quoi, 16 ans maintenant ? Peut-être qu’il serait temps de le lui rappeler si tu n’agis pas en conséquences."

Elle avait osé.

Elle. avait. osé.

Dire qu'il avait ressenti de la compassion, deux secondes plus tôt. Son regard se durcit et il posa l'épée qu'il forgeait entre eux deux sur l'enclume, la jeta même, sans se soucier qu'elle tombe à côté et enflamme toute la cabane. La température était déjà assez élevée pour frôler la combustion instantanée, ça ne ferait aucune différence.

Sharpy aurait jeté un autre truc s'il avait pu mais il n'avait que son tablier et ses gants à faire voler. C'était toujours mieux que de fracasser un truc, cela dit, et Grudge était trop près. Elle était beaucoup trop près.

"Commence pas."

Il s'écarta de l'enclume et enleva son tablier. Il avait l'impression que la chaleur venait d'augmenter d'un coup et que la Forge essayait consciemment de l'étouffer.

"T'as pas le droit de parler de ça. Arrête de dire des trucs dont tu sais RIEN !"

Il se retourna et marcha droit sur elle. L'idée de base, ça avait été de sortir respirer, mais quelque chose l'en empêchait et c'était même pas sa fierté bafouée.

"Tu te crois vraiment plus maligne que moi sur tous les plans, Grudge ? Tu crois vraiment tout savoir sur tout ? Tu crois que t'aurais fait mieux à ma place ? Mais je vais te dire un truc."

Je vais te dire un truc et tu vas la fermer pour le restant de tes jours.

Il savait.

Au lieu de ça, il se défila. Comme toujours. Mais sa voix porta dans toute la Forge, et c'était presque dommage qu'elle résonne dans le vide :

"Prends ton épée et va t'entraîner, apprends à te battre puisque t'as tellement envie d'être meilleure que moi, on règlera ça comme il faut et ensuite tu pourras faire tout mieux que moi ! En attendant, tu fermes ta gueule, parce qu'aux dernières nouvelles c'est encore moi le chef, et j'ai pas demandé à ce que tu viennes me chialer dans les pattes ! Si t’es pas contente de mes méthodes, t’as qu’à retourner faire de la broderie et du tricot chez les Raccommodeurs !"








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MessageSujet: Re: Heat Wave   Mar 20 Oct 2015 - 0:32



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Elle a cru s’immiscer dans une brèche, pouvoir lui parler. Elle a cru avoir la possibilité de s’expliquer, de l’atteindre malgré ses murs, malgré sa fuite, sa lâcheté. Elle a cru, Grudge, avoir le droit d’être faible pour être à son niveau. Mais Sharpy a balayé ses mots, ses idées, d’un simple regard noir, d’un geste brutal qui lui ressemble finalement bien mieux que tous ces foutus sourires qu’il réserve aux autres, aux innocents. Grudge recule d’un sursaut, le contemple, dégoûtée et ébahie par sa colère.

Parce que c’est lui, qui est furieux ? Lui, qui est fâché ?

« Je l’aurais pas fait grandir ! » Sa voix a craqué, enrouée dans un accent d’un passé révolu. Pourtant elle relève la tête, serre bien les poings, la maigrelette. La fille qui dépasse les autres d’une tête mais qui finalement doit lever les yeux pour affronter les siens. Elle ne veut plus reculer – bon sang non elle n’a pas à avoir peur de lui. Pas cette fois.

Elle ne lui laissera pas regagner du terrain sur ce sujet-là.

« Tu l’as laissé t’aimer ! Alors que c’était interdit, et tu le savais ! Plus que quiconque ici tu le savais ! Tu l’as laissé grandir sans rien faire pour l’en empêcher, et quand elle est morte tu lui as craché à la gueule ! Oui tu l’as fait ! T’as oublié comment elle s’appelait, pas vrai ? T’as oublié son nom Sharpy ?! »

Qu’il crie, qu’il tempête, qu’il lui donne des ordres et lui rappelle son statut, elle ne ploiera pas face à la menace de l’Arène. Ne ploiera pas devant ce vent, cette simple bourrasque offerte à elle seule, parce qu’il n’y avait pas de témoins, ni pour elle, ni pour lui. Personne pour valider cette pathétique tentative de reprendre les rênes d’une conversation qui lui échappait complètement. Ou plutôt, à laquelle il souhaitait échapper, vraisemblablement.

« J’irais pas sur ton terrain ! J’ai pas besoin de me battre pour me faire entendre, moi ! J’ai pas besoin de lever les poings pour me faire respecter, moi ! J’ai pas besoin de frapper quelqu’un, de le briser, de le tordre pour qu’il accepte mon point de vue, moi ! J’ai pas besoin de vos guerres, espèce d’Adulte !! »

Le mot, crié, lui écorcha la bouche. Et elle eut un goût de sang sur la langue, reculant pour s’appuyer sur sa table de travail, faisant trembler l’établit, le visage ruisselant de sueur.

« Tu peux bien me balancer toutes les épées à la gueule, et tu peux bien me frapper oui, ça ne fera que me donner raison ! Parce que tu l'as trahis ! Voilà toute la vérité ! Tu as trahis la confiance qu’elle avait placée en toi. Et moi j’ai fait mieux que toi, oui j’ai fait mieux que toi. Parce que moi je me rappelle de Valentine. Et de Squeal. Et des autres, qui sont partis par la faute de tous ces pirates ! Alors arrête de te défiler en roulant des muscles et en m’ordonnant de me la fermer, quand on est entrain de parler d’un autre sujet ! Et ce sujet c’est PAN ! »

Nouveau cri, nouvel éclat de vie. Nouvelle tentative de franchir les murs, de l’enchainer à elle. Son visage eut une vague expression de douleur – putain qu’elle avait soif. Mais sa gorge, râpeuse, laissa échapper pour toute conclusion.

« Y’a des gamins qui sont encore vivants là dehors, alors tu vas faire quoi. Chef Sharpy ? Monsieur je me bats dans l’Arène, tu vas laisser tomber parce qu’on t’écoute pas ? »






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MessageSujet: Re: Heat Wave   Mar 20 Oct 2015 - 16:45

"Je l’aurais pas fait grandir !"

Ah ça, elle n'avait pas le droit. C'était facile de le dire ! Sharpy eut un rire étranglé. Il n'arrivait pas à croire qu'elle lui disait ça. Qu'est-ce qu'elle en savait ? Elle croyait que ça se commandait sur mesure ? Il n'y avait que très peu de gens qui s'étaient volontairement fait grandir et Scar vous expliquerait très bien comment ça finissait, en général !

"Ha ha, oui, bien sûr ! Tu crois que j'ai fait exprès peut-être ? Tu crois que..."

Que je m'en suis rendu compte ? La fin de sa phrase mourut dans sa gorge. Il n'avait pas fait attention, au début. Il n'avait rien vu. Et quand il avait remarqué, c'était trop tard. À ce moment-là, il ne pouvait plus... Il ne pouvait plus s'arrêter de l'aimer. Les accusations de Grudge réveillaient sa colère mais pire encore, elles réveillaient des semblants de souvenirs qui lui faisait peur, lui qui pensait les avoir cachés dans une boîte qu'il avait oubliée au fond de son esprit, la confiant à l'Oubli. C'était quoi ce délire ? Il avait oublié. Les souvenirs ne pouvaient pas revenir aussi facilement ! Qu'elle se taise !

"T’as oublié comment elle s’appelait, pas vrai ? T’as oublié son nom Sharpy ?!"
"Peut-être !" Carrément. "Mais toi tu le sais Grudge, évidemment, t'oublies rien !"

Alors quoi ? Il avait pas assez chialé son nom quand elle était morte, il devait le ruminer chaque jour comme elle le faisait, la Rancune, parce qu'elle ne savait faire que ça ! Se rappeler et ne pas pardonner, jamais. Elle ne se rendait pas compte de ce que les souvenirs pouvaient faire, et pourtant elle avait le résultat sous le nez ! Et peut-être bien qu'elle ne risquait rien à prononcer son nom tout bas, elle, mais Sharpy il pouvait pas. Il pouvait pas ouvrir la boîte parce que s'il ne faisait que soulever le couvercle, elle lui exploserait au visage et ce serait foutu. Il aurait oublié pour rien.

Et elle, elle serait morte pour rien.

Plus Grudge l'accusait, plus elle s'enflammait et moins il comprenait. Il avait leur conversation d'un côté et les souvenirs de l'autre, et c'était bien assez épuisant de les chasser que d'écouter chaque mot qui lui était hurlé. Il savait bien qu'elle s'était retenu de lui dire tout ça, après tout il avait fait son possible pour éviter la confrontation, toutes ces années, mais il la laisserait pas exploser les forteresses qu'il avait construites. Quand elle le traita d'Adulte, il sut qu'il avait raté quelque chose parce que les mots ne faisaient plus aucun sens. Grudge mêlait sa rancœur contre lui à celle qu'elle avait contre les autres, ceux qui avaient pris les autres gamins et Sharpy s'étonna, très sincèrement, qu'elle n'ait pas explosé plus tôt. Elle rejetait sur lui tous les crimes de l'humanité et il ne s'en apercevait que maintenant ?

Il fallait peut-être la laisser continuer, au fond. Qu'elle l'insulte un bon coup, peut-être que ça la calmerait. Même si le problème qu'elle avait avec lui, son inaction fasse à la sècheresse, se mêlait trop au reste, à ceux qui étaient morts et dont elle prononçait les noms avec fierté. Sharpy avait toujours eu peur qu'entendre son nom ouvre la petite boîte, mais rien ne se passa. Il resta silencieux un long moment, réfléchissant. Squeal, il voyait pas du tout qui c'était, sûrement une proche de Grudge. Et Valentine.

Valentine ?

Il ne voyait pas qui c'était non plus.

Il s'en doutait maintenant, forcément, et sûrement qu'en répétant le nom dans sa tête comme il l'avait fait tant de fois, ça réveillerait bien quelque chose en lui. Il poussa l'information dans un coin de sa mémoire, avec ce qui ne devait pas être rappelé. C'était hors de question. Sa voix tremblait un peu quand il parla, mais il réussit à ravaler la colère :

"Grudge, c'est toi qui m'as parlé d'elle. Et t'as raison, ça n'a rien à voir avec Pan." Pas dans ce sens-là. Si elle savait, bon sang. Il ne le dirait pas, elle n'avait pas besoin de le savoir, surtout qu'il n'avait aucune preuve... enfin. Il ne trahirait pas Pan. "Je veux les sauver autant que toi, mais je toucherai pas à Peter."

Le ton était plus ferme. Ce que Grudge proposait, c'était de la haute trahison.

"Il y a sûrement une autre solution. On peut pas... on peut pas faire du mal à Peter. Tu pourrais te le pardonner, toi ? Moi pas. Et je ne tiens pas à être banni."

Il ne voulait pas avoir oublié pour rien.

"D'ailleurs si je voulais vraiment jouer aux chefs j'irai te dénoncer tout de suite." C'était bien elle qui lui demandait d'agir ? Il enleva ses gants et se mit devant la porte. "Mais tu m'en crois pas capable, sûrement. Parce que j'ai pas les kurat, ou quoi que ce soit." Il ouvrit la porte.

"T'as pas envie d'être bannie, Grudge, ça je le sais. Alors soit on se calme et on trouve une autre solution, soit tu vas voir ailleurs, et moi je vais voir Peter."








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MessageSujet: Re: Heat Wave   Mar 20 Oct 2015 - 20:44



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Mélange-t-elle tout, ou est-ce que finalement tout s'accroche à la même chaîne de vie, chaque événement comme un maillon de plus, parfois solide, parfois brisé.

Grudge halète, le regard trouble et les muscles bandés, craignant une attaque de l'armurier plus que sa réponse. Car la Bombe le sait incapable de trouver les mots pour calmer sa fureur, pour apaiser la rancoeur qui l'habite depuis le jour où, sans vraiment la regarder en face, on lui avait ramené le corps de Squeal, parmi ceux des autres livreurs attaqués. Depuis le jour où la Guerre était reparue devant elle, sans explosions, sans cris.

Mais toujours aussi traître. Toujours aussi surprenante, aussi vive.

Alors pourquoi attendre une réponse de Sharpy puisqu'elle sait que rien ne la calmera ? Pourquoi compter sur son attitude quand la moindre de ses esquisses lui met le feu au corps.

Parce qu'il vaut mieux exploser que de vivre simplement dans l'acceptation. Quand tout finalement a plus de sens malgré la linéarité de ces enchevêtrements, la haine compte pour un acte de plus. Que Sharpy le veuille ou pas, il fait désormais partie d'un plateau de jeu, d'un territoire de guerre divisé en deux camps:

Ses alliés et ses futures victimes.

Alors qu'il se la garde, sa petite autorité de chefaillon - mais ça lui brise le coeur de le voir agir avec sagesse, presque avec maturité, parce qu'il aurait du avoir cette attitude avant de tout foutre en l'air. Où était-il, le chef de Sharpy, quand Valentine était tombée de la falaise, préférant sauter que de laisser ses ennemis la mettre en charpie.

Hein Sharpy ?

Où étais-tu avec ton autorité quand Valentine mourrait ?

La lèvre inférieure de Grudge se met à trembler. Mais aussitôt elle s'avance, referme la porte que ses menaces ont entrouvertes. Il répond par le bannissement quand elle-même crève de ses propres propositions. Le regard toujours meurtrier mais réduite au silence, Grudge prend le temps de retrouver son souffle et sa stabilité, avant de cracher.

« Parce que tu crois que ça me fait plaisir de te demander d'agir ainsi envers Peter ? Parce que tu crois que j'ai pas réfléchis à une autre solution avant de me ramener et de t'engueuler ? Parce que tu crois que je suis la seule à le penser ? »

Du plat de la main, elle frappe sur la porte de la forge, assurant son propos.

« Il faudrait peut-être aller chercher l'esprit de l'eau, ou des rivières, ou de la pluie, en tout cas le mythe qui est la victime de Peter autant que nous autres. On ne croise plus aucune légende dans les forêts, est-ce que ça ils te l'ont dit ? Ce n'est pas seulement les animaux qui meurent, même les fées disparaissent. Je suis souvent dans ma forge »

Le possessif lui a échappé, mais n'est pas entièrement faux.

« mais ça ne signifie pas que je ne suis pas à l'écoute. Il faudrait peut-être que les mythes s'allient pour se faire entendre de Peter, mais comment peux-tu chercher à raisonner un enfant qui décide de tout, et ça depuis le départ. Qui est à l'origine de notre monde, Sharpy ! »


D'une main lasse, elle repousse sa frange. Et apparait soudain plus vulnérable que jamais, quittant la porte pour revenir à son établit. S'y appuyer de front, les yeux fermés. Elle se sent épuisée, poussée à bout par le comportement de son chef, si changeant, si extrême lui aussi dans ses réactions. Pendant des années il l'a fuit sans oser lui parler.

C'est maintenant qu'il lui fait et qu'il l'écoute que ses propres mots lui manquent.

« Dehors. D'autres vont penser à le blesser pour seulement se venger. Tu comprends ? Il y en a qui ont beaucoup de gosses qui sont à l'infirmerie. Ou simplement d'autres qui n'en veulent pas être la victime. Tu le sais toi, que certains ne sont pas très contents de Peter. Il n'a pas que des courtisans et il y a des râleurs qui le jugent trop... extrême. »

Ce n'est pas son cas. Mais justement, cela ne finirait-il pas en deux camps retranchés ?

« Si toi tu le fais pas, le calmer, le raisonner, avec les meilleures intentions du monde, d'autres le feront pour le faire, voilà tout. Ce que je te propose, c'est pas de faire du mal à Peter, pauvre idiot. C'est de nous sauver et de le sauver aussi ! Parce que face à des gars comme Fang ou toi, qui seront toujours à ses côtés, y'en aura combien en face prêts à le briser pour le faire pleurer et retrouver la pluie ? Tu t'en rends compte de ça ? »

Grudge rouvrit les yeux. Et le fixa, blême et pas au mieux de ses arguments.

« On fera quoi, quand on aura fini de se battre et qu'il ne restera que le soleil ? Alors perds pas de temps à me bannir, quand moi au moins je fais ça avec de meilleures intentions. Tu veux trouver une solution, c'est mon cas aussi. Mais il va falloir en trouver une, convaincante, très très vite. »

En attendant, ils pourraient effectivement toujours enterrer la poudre. Elle ne se sentait pas de le faire toute seule, dans son état actuel.







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MessageSujet: Re: Heat Wave   Jeu 22 Oct 2015 - 15:38

Sharpy se doutait bien que Grudge n'était pas la seule à avoir ce genre d'idées. Et c'était ce qui l'effrayait. Un seul renégat, c'était déjà difficile à gérer, mais on pouvait le menacer, le faire taire, l'empêcher d'agir et le ligoter au fond d'un cachot. Plusieurs enfants dont l'espoir se résumait en une solution violente et dangereuse, c'était différent. Répandre une telle idée scinderait le Grand Arbre en deux, entre ceux qui restaient fidèles et ceux qui préféraient tenter le pire plutôt que d'attendre que la canicule les assèche. Sharpy n'était pas d'accord. On pouvait accepter de se battre sans faire des morts. Il y avait forcément d'autres solutions.

Grudge referma la porte et frappa un grand coup dessus, agacée qu'il ne comprenne pas son point de vue :

"Il faudrait peut-être aller chercher l'esprit de l'eau, ou des rivières, ou de la pluie, en tout cas le mythe qui est la victime de Peter autant que nous autres. On ne croise plus aucune légende dans les forêts, est-ce que ça ils te l'ont dit ? Ce n'est pas seulement les animaux qui meurent, même les fées disparaissent. Je suis souvent dans ma forge" – il releva le possessif mais le poussa dans un coin de sa tête pour tirer des conclusions plus tard, si elles en valaient la peine – "mais ça ne signifie pas que je ne suis pas à l'écoute..."

Grudge proposait l'alliance des mythes, sans trop y croire. Sharpy savait, comprenait l'importance de Peter sur l'île. Il l'avait créée, il pouvait aussi bien la détruire. La vision était terriblement pessimiste. Et justement, Sharpy refusait de l'être. Il croisa les bras et se mit dos à la porte, à la fois pour empêcher Grudge de se défiler et parce qu'il avait besoin, lui aussi de se reposer. Il refusait de le montrer, ce n'était pas le moment de lui montrer sa faiblesse de chef, à elle qui n'attendait qu'une excuse pour la réduire en miettes. Mais il avait tellement chaud qu'il se demandait si ses organes ne fondaient pas à l'intérieur, et il transpirait en continu, au point qu'il avait oublié la véritable couleur de son t-shirt. Sûrement un truc moins foncé. Mais entre ça et la chaleur... Il devait faire au moins cinquante degrés. Sa transpiration finirait par se former puis s'évaporer au même moment.

"Peter est très puissant, mais peut-être que si on réunissait tous les esprits, ça ferait quelque chose. Ça n'est jamais arrivé, on ne peut pas savoir. Si ça se trouve leur pouvoir serait égal à celui de Pan, ou supérieur qui sait ? Assez pour lui faire entendre raison, au moins."

Il regarda Grudge repousser sa frange. Depuis le début de la canicule, Sharpy appréciait ses cheveux courts plus qu'il ne l'avait jamais fait. Il avait l'habitude de les couper régulièrement, même si c'était parfois une corvée. Aujourd'hui, en regardant Grudge étalée sur son établi, il se demandait bien comment les filles faisaient – ou Fang. Oh, Fang... il devait souffrir lui aussi. Alors même s'il ne s'en occupait pas aussi régulièrement qu'avant – sérieusement, depuis combien de temps était-il sale, plein de suie et de transpiration ? – il était bien content de ne s'être pas laissé aller à une longueur égalant celle du Chasseur. Il regrettait même de n'avoir pas tout rasé. Là tout de suite, il avait envie. Il évita de se toucher les cheveux mais passa une main fatiguée sur son visage. Il aurait donné n'importe quoi pour s'asperger d'eau. Au lieu de ça il rejoignit le tonneau dans lequel les Armuriers avaient l'habitude de faire refroidir les armes et jaugea le niveau d'eau.

"Faudra rationner ça aussi. On y a pas pensé mais ça sert à rien d'utiliser de l'eau dans la Forge. Elle s'évapore deux fois plus vite et on peut se contenter de laisser refroidir les armes..." Leur travail allait devenir lent et plus pénible qu'il ne l'était déjà. Mais ils devaient faire des compromis, même petits. C'était ainsi qu'on avançait. Il fixa Grudge et fit un effort pour ne pas employer le possessif : "Pour la poudre. On va l'enterrer quelque part, on peut faire ça sur plusieurs endroits, au cas où quelqu'un tomberait dessus par hasard. Pas vraiment le genre de trucs que j'aimerais voir exploser par accident ou... trouvé par des pirates. Ta chèvre, elle pourrait nous aider ? Combien de tonneaux on peut transporter à la fois ?"

Et ce disant, il enlevait ses gants, cherchait machinalement sa veste – avant de se rendre compte qu'il l'avait laissée à Agathe. Oui, il comptait faire ça maintenant, oui. Tout de suite. Ça lui laissait le temps de réfléchir au reste.

Le sol trembla soudain, suivi d'un grondement lointain mais menaçant. Les armes brinquebalèrent sur les râteliers et Sharpy se précipita pour rattraper les objets tranchants qui tombaient sur le sol. Il les raccrocha plus solidement. Il avait l'habitude. Les secousses étaient de plus en plus rapprochées, de plus en plus violentes. Il se demanda si le Volcan Embrasé était en colère ou très joyeux. Et puis ça le frappa.

"Grudge, l'esprit du feu, il vient du volcan non ? Pourquoi on cherche à l'éviter alors qu'on pourrait essayer de communiquer avec lui ?" D'accord, communiquer n'était peut-être pas le bon mot. Mais les esprits, ça lui avait donné une idée. "Les Delaware sont très proches de l'esprit feu, et ils connaissent le volcan. Je le sais parce que c'est en partie grâce à eux qu'on a la Forge, et quand Peter ne respecte pas leurs accords je dois... bref, ils savent ce qu'il en est et s'il y a une solution relative au volcan, ils doivent la connaître."

Il pensa aux Armuriers qui avaient déserté les lieux. Aux inspirations brèves et rapprochées qu'il devait prendre pour ne pas remplir trop vite ses poumons d'air brûlant. À son corps qui se rapprochait de plus en plus de la roche en fusion. Aux efforts qu'il faisait malgré lui pour soulever son marteau et frapper l'enclume. À son bras qui l'élançait à chaque fois. Il grimaça. Si seulement il suffisait d'une danse de la pluie, il l'aurait faite là, sur le moment. Même devant Grudge. Mieux, il l'aurait faite avec Grudge.








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MessageSujet: Re: Heat Wave   Jeu 22 Oct 2015 - 20:18



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Plus elle y réfléchissait, plus l’idée de rassembler les esprits pour allier les forces des mythes et des légendes de l’imaginaire lui semblait la meilleure des solutions. Portant la main à son cou pour triturer sa croix avec nervosité, Grudge se surprit à hocher la tête avec enthousiasme aux propos de Sharpy. Et s’en voulu d’accorder son attention et son accord à ce chef misérable qu’elle avait toujours détesté.

Mais pouvait-elle réellement l’accuser de tous les maux sans faire preuve d’injustice ? Pouvait-elle condamner le moindre de ses mots sous prétexte qu’il était un lâche et un crétin fini ? Ou n’était-ce pas le meilleur moyen de chuter à ses côtés, de se mettre à son niveau.

S’humectant une nouvelle fois les lèvres – mais sans grand succès, sa gorge sèche la brûlait et chaque déglutition semblait transformer sa langue en papier de verre – elle s’éloigna encore une fois de son établit et porta son regard sur ses tonneaux de poudre.

Il y en avait trois, dont deux entièrement remplis. Placés à l’opposé du feu, Grudge n’avait pas jugé utile de les recouvrir d’un tissu humide, craignant de gâcher la poudre par infiltration. De fait, ils étaient de petites tailles – lui arrivant à peu près aux hanches – mais il y avait à l’intérieur suffisamment de matériel pour faire sauter l’arbre et dessiner un beau cratère.

« Ne plus utiliser l’eau pour les armes c’est… » Elle eut une grimace, s’obligeant presque à acquiescer verbalement. « C’est une idée pas trop mal. Et faudra arrêter de se laver, ce genre de choses. Les soigneurs diront que c’est pas très sain mais de toute façon, on va vite crever de quelque chose, que ça soit de soif, de faim, ou de maladie. Mais rationner l’eau ne suffira pas. Car elle finira par s’assécher. La priorité, ce sont les esprits. »

Grudge fit le tour de l’établit et retira un diable de bois perdu entre de nombreux outils. La charrette qu’elle utilisait avec Bouly se trouvait à l’extérieur de la forge, et servait généralement aux enfants pour divers jeux, ou aux récolteurs quand ils en avaient besoin. Malheureusement, au vu de la sécheresse, l’humeur n’était ni aux inventions, ni à la cueillette des champignons. Chaque jour elle voyait revenir les équipes de Clumsy, tête basse et sacs quasiment vides, faisant face aux regards affamés de ceux restés à l'Arbre. Tout manquait. Autant pour nourrir les Perdus que les animaux dont ils s’occupaient.

« J’ai l’habitude de puiser dans ce tonneau pour aller abreuver Bouly… » Avoua-t-elle finalement. « Mais je ne suis pas certaine qu’elle puisse tirer la charrette dans son état a- »

Le sol se mit à trembler, la coupant net. Et avec un réflexe presque procédurier, Grudge s’éloigna rapidement des armes accrochées au mur pour se mettre à l’abri sous son établit. Cela sans un cri. Sans une marque de stupeur.

Les grondements du volcan s’étaient fait de plus en plus nombreux à mesure que la boule de feu dans le ciel semblait grossir au point d’en brûler les nuages. Dans ces moment-là, il n’y avait pas à portée la main sur les armes, à s’occuper des objets. Et elle héla Sharpy qui s’obstinait à les maintenir aux murs.

« Idiot, viens t’abriter ! Tu seras pas utile avec une lame embrochée dans le pied ! »

Qu’il était entêté ce débile, et inconscient surtout, comme le pire des garçons.

Fort heureusement, les secousses cessèrent après un court instant, et Grudge s’extirpa de dessous l’établit, le visage à nouveau furibond.

« C’est pas croyable d’être un tel imbécile ! Oh et tu peux râler que t’es chef, j’aurais bien aimé te voir avec Dude et l’un des autres s’ils s’étaient amusés à agir de même ! »

Eternelle pessimiste, la Bombe. Mais avait-elle tord pour autant ? Se détournant à pas vifs, elle se remit à charger les tonneaux sur le diable.

« Et puis de toute façon, tu as tord, pour l’esprit du feu. J’imagine qu’il doit péter la forme à l’heure qu’il est et qu’il faudra aux autres légendes le temps de le convaincre lui, comme Peter. Pourquoi le feu destructeur, qui n’a pas vraiment l’air de ne pas aimer ce qui se passe, nous épargnerait nous, qui ne sommes que du combustible ? »

Avec un soupir d’effort, elle hissa le dernier tonneau. Et s’appuya sur ce dernier, épuisée.

« Tu as peut-être raison, il faut sans doute essayer. Mais je crois que nous échouerons. Il faudrait que tous les chefs prennent cette décision. Agissent pour changer les choses, et pas juste essayer de trouver des compromis à la situation, comme partager l’eau restante et décider qui aura l’utilité de quoi. Tu comprends ? »

Question idiote. Elle baissa la tête.

« Bien sûr que tu comprends… » Presque une forme d’excuse. « Mais en tout cas ça signifie que, pour parler aux esprits, nous allons avoir besoin des indiens. Et je suis pas certaine que ça soit un temps à la… C’est quoi votre mot déjà ? »

Coalition.

« Bouly ne saura pas traîner la charrette, comme je te disais. Mais nous on peut. Et il faut trouver un terrain plat, sec, assez loin du bassin pour éviter que la poudre ne s’humidifie. … Je dirais près de l’Arène. »









Dernière édition par Grudge le Dim 25 Oct 2015 - 23:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Heat Wave   Dim 25 Oct 2015 - 22:27

Sharpy hocha la tête quand Grudge fit remarquer qu'ils devraient arrêter de se laver. Lui-même n'avait pas osé aller au Bassin depuis plusieurs jours. Il ne savait pas comment faisaient les Mères pour laver les vêtements mais ils allaient sûrement devoir faire une croix sur ça aussi. La propreté passait après les besoins physiologiques primaires qu'étaient la soif, la faim et éventuellement le sommeil s'ils arrivaient à dormir avec cette chaleur. Le chef regarda d'un air désolé le tonneau qu'il ne pourrait plus remplir pour refroidir les armes ou... abreuver la chèvre. Le pauvre animal n'avait rien demandé.

"Si tu tiens à ta chèvre, tu devrais peut-être la libérer ou la mettre ailleurs au cas où, tu sais... les Chasseurs ne trouveraient plus de viande dehors."

Ce serait tout à fait le genre de Fang de réquisitionner la chèvre pour la viande et même s'il aurait raison de faire passer la santé des enfants avant celle de l'animal, Sharpy serait désolé d'apprendre qu'on avait sacrifié la pauvre chèvre qui n'avait rien demandé et avait même bien travaillé pour les Armuriers. Il était dommage qu'ils n'aient pas assez à manger pour se permettre de bien la nourrir, peut-être aurait-elle pu donner du lait. Enfin. Le tremblement de terre l'arracha à ses réflexions et il se retourna presque étonné de voir Grudge sous son établi. Les secousses n'avaient pas duré longtemps, comme souvent, et Sharpy ne s'en faisait pas outre mesure – c'était pas comme si une hache allait tomber du plafond pour le décapiter, pensait-il, et la cabane était solide. L'avantage d'être une forge : construite avec des pierres. Mais Grudge avait certainement raison... Il grimaça devant sa remontrance.

"C’est pas croyable d’être un tel imbécile ! Oh et tu peux râler que t’es chef, j’aurais bien aimé te voir avec Dude et l’un des autres s’ils s’étaient amusés à agir de même ! "

Pour un peu on aurait dit qu'elle s'inquiétait pour lui. Il ne le fit pas remarquer cela dit, il n'avait pas envie qu'elle lui décalque sa main sur la tronche.

"Ça va, ça va... c'était qu'une petite secousse", marmonna-t-il en se retournant pour qu'elle ne le voit pas sourire.

Main sur sa tronche, tout ça. Il allait l'aider à installer les derniers tonneaux, mais elle faisait ça rapidement, méthodiquement, elle avait l'habitude. Il doutait qu'elle accepte son aide.

"Et puis de toute façon, tu as tord, pour l’esprit du feu. J’imagine qu’il doit péter la forme à l’heure qu’il est et qu’il faudra aux autres légendes le temps de le convaincre lui, comme Peter. Pourquoi le feu destructeur, qui n’a pas vraiment l’air de ne pas aimer ce qui se passe, nous épargnerait nous, qui ne sommes que du combustible ?"
"Aucune chance, si on le voit tous comme ça", concéda Sharpy en retournant vers la cheminée malgré la chaleur qui lui brûlait le visage.

Il prit la lame qu'il avait fait tomber quelques minutes plus tôt et recula précipitamment. Pendant une seconde il avait été incapable de respirer. Il inspira par à-coups pour se calmer et posa la lame sur l'enclume.

"Est-ce que le feu qui forge cette arme est destructeur ? Et celui autour duquel on se retrouve le soir pour se raconter des histoires et chanter des chansons ? Celui qui nous éclaire pendant la nuit ? Et grâce auquel on peut cuire notre viande ? Le feu n'est pas que destruction, il peut aussi créer, et réchauffer" – agréablement cela va sans dire, pas comme en ce moment où il essayait de les cuire – "et nous permettre de manger et nous réconforter et..."

Il s'arrêta, soudain conscient qu'il était en train de s'emballer. Sûrement qu'il avait bossé trop près de la Forge toutes ces années. La chaleur lui était montée à la tête et avait grillé quelques neurones.

"Enfin, ce que j'essaye de dire c'est... Si j'étais l'Esprit Feu, je serai super content de ressentir toute cette force et ce pouvoir et je ne me rendrais pas forcément compte que je fais du mal aux autres."

Et aussi je serais super triste qu'on me prenne pour un monstre de destruction, pensa Sharpy, sans oser le dire tout haut. Il ne savait pas pourquoi cette idée l'attristait. Et puis il comprit, et son attristement se transforma en agacement :

"On ne devrait pas juger les gens trop vite, encore moins les esprits", marmonna-t-il très vite pour achever son argumentation.

Il n'avait pas à s'embarrasser des jugements de Grudge. Il n'avait aucun compte à lui rendre, aucune excuse à formuler. Pas à elle.

"Tu as raison pour les chefs", reconnut-il sur un ton plus calme. "Et tu n'es sûrement pas la première à y avoir pensé. Ça va sûrement se faire, on ne peut pas gérer la situation chacun de notre côté. De la même façon, je ne pense pas qu'on puisse se permettre de se renfermer sur nous-mêmes, même s'il est clair que les Peaux-Rouges vont être sur leurs gardes. Ils sont très proches des esprits, ça doit pas être facile pour eux... Ils doivent être sur les nerfs. Comme nous tous", ajouta-t-il, comme pour signifier que ce n'était en rien une excuse. Temps difficiles ou pas, l'heure n'était pas à la guerre. "Si Bow refuse d'envoyer ses Diplomates leur parler, je le ferai. Ça m'est égal qu'ils ne soutiennent pas l'idée, c'est beaucoup trop important. En attendant, occupons-nous de la poudre."

Il rejoignit Grudge et fit pivoter le diable vers l'entrée de la cabane.

"L'Arène, c'est une très bonne idée." Il ne put retenir un sourire cette fois, un sourire amusé, presque insolent. "Je te dirai pourquoi en chemin. Allons-y !"








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MessageSujet: Re: Heat Wave   Dim 25 Oct 2015 - 23:30



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Grudge ne releva pas les conseils de Sharpy concernant sa chèvre – pour sûr, elle n’avait pas besoin de son aide, ni de son expérience en matière de protection des êtres vivants. Et de toute façon, que lui aurait-elle répondu mise à part une nouvelle salve, déclenchant encore une fois et sans lassitude, l’une de ses éternelles engueulades ? Rien, seulement sa froide conscience des choses.

Qu’importe qu’elle cache Bouly, qu’elle lui trouve un endroit en forêt ou à l’arbre, l’animal serait toujours en danger. Et était-elle assez égoïste pour empêcher la bête d’être sacrifiée au profit de la survie des Perdus ? Non. Grudge était rationnelle, dans le plus triste des cas.

Elle était consciente que les choses qu’elle aimait ne perduraient pas longtemps dans ce monde, et qu’il lui fallait faire des choix douloureux pour pouvoir continuer.

Comme offrir des canons à un enfant, pour pouvoir vaincre son plus grand ennemi. Comme laisser son chef l’aider, malgré sa haine sans fin. Il pouvait être gentil, le beau, le grand, l’aimable Sharpy. Il pouvait discuter avec elle, échanger des interrogations sommes toutes fondées sur leur avenir sur l’Île. Grudge ne changerait pas d’avis le concernant. C’était un couard, un manipulateur, un beau-parleur qui savait séduire les filles.

Bordel, elle tomberait pas dans le piège.

Le dernier tonneau de poudre fut hissé sur le diable. Et la Bombe essuya ses mains moites sur son tablier de travail noir de suie avant de le retirer. Ecoutant d’une oreille distraite les quasi-remontrances de l’ancien-matelot, elle fut surprise de le voir s’échauffer, de manière presque ridicule, concernant le jugement radical dont elle faisait preuve face à l’esprit du feu.

Un instant, elle fut tentée de lui concéder ce fait, mais un vague souvenir, plus un écho qu’une image véritable, vint tempêter entre ses tempes.

« Le feu EST destructeur. »

Sa voix colérique trembla un peu.

« C’est quelque chose qui peut te ravager sans te laisser le temps de fuir. Ca te bouffe, ça te piège, ça te saute au visage. Il te tombe sur le coin du visage, il ne te laisse pas une chance. Tu n’as jamais vu des incendies ? Parfois on dirait qu’il bondit, qu’il essaye même de te rattraper. »

Grudge lança un regard peu amène sur la forge, pour mieux revenir au visage luisant de sueur de Sharpy.

Le feu, c’était aussi la passion. Et qu’il ne vienne pas lui dire qu’elle se trompait dans ses décisions, surtout lui.

« Le feu est peut-être pas mauvais de base, mais il est au-dessus de tout. Il est puissant. Il est à peine contrôlable. Ce qui change, c’est l’utilité qu’on en fait. Dans ta forge il s’est pas laissé domestiquer tout seul. Et si tu laisses une braise s’échapper, pfiou. » Ses mains explosèrent autour de son visage. « C’est Kaboum. »

Kaboum. Ce mot à l’accent arabe. Ce mot ordinaire, ce seul vestige. Elle le portait comme un fardeau, sur son avenir. Tout serait bientôt terminé, elle se le jurait.

« Tu veux aller lui parler, à l’esprit ? Très bien, je t’ai dit, je suis pas contre. On enterre la poudre et on y va. Tu veux y aller avec les chefs, ça sera aussi bien. Faudrait peut-être seulement Pan pour qu’il nous écoute, mais les deux, c’est de la même trempe. De la lumière, de la brûlure quand ils s’approchent trop près. Deux enfants entêtés. L'un est plus défendable que l'autre. Un plus innocent aussi, plus inconscient... »

D’une poussée, elle dirigea le diable vers la porte. Et lança, en dernier point.

« Il peut cuire, le feu. Il peut réchauffer. Comme Pan peut créer l’Île et faire des merveilles. Mais laisse les retrouver leur puissance, et bientôt nous serons tous des œufs cuit sur la pierre. »

Grudge ne daigna pas s’attarder sur le sourire de Sharpy, un sourire destiné à ses pensées plus qu’à l’armurière qui l’accompagnait, mais dévoilant ses dents blanches, le pétillement de ses prunelles, dans une mimique adorable qu’elle eut envie de gifler. Qu’il lui retrace le fil de sa pensée concernant l'Arène en chemin, ça lui changerait les idées.

En attendant, ce fut le visage blême et les sourcils froncés qu’elle quitta l’ardente chaleur de la forge pour celle, à peine plus supportable, de l’extérieur. Eblouit par le soleil, les yeux larmoyants, Grudge essuya son visage dans le creux de son bras, ne supportant qu’à peine la présence de son tee-shirt encrassé de sueur et de cendre.

Il n’y eut pas de témoins pour les regarder s’avancer sur le chemin de l'Arène, les perdus trop occupés à chasser, chercher l’eau, ou se protéger. Trop occupés à souffrir.

Et Grudge, de même dans sa tête.
Prise dans la toile flamboyante de trop nombreuses fleurs de soleil.






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Sharpy
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♣ Chef des Armuriers ♣


✘ AVENTURES : 662
✘ SURNOM : la Lame
✘ AGE DU PERSO : 16 couteaux

✘ DISPO POUR RP ? : Non
✘ LIENS :
Que vos lames restent acérées !
L'amitié est comme la lame d'un couteau : en se retournant elle blesse son maître.

MessageSujet: Re: Heat Wave   Lun 26 Oct 2015 - 13:55

Sharpy se rappelait de la première fois où il était entré dans la cabane des Armuriers. L’air semblait tout de suite plus lourd que dans les autres et l’odeur, si elle n’était pas aussi insupportable que celle qui vous agressait en visitant les Chasseurs, prenait à la gorge, âcre et agressive comme la chaleur qui vous sautait au visage une fois le palier de la Forge passé. Avec le temps, Sharpy s’était habitué et ne ressentait la différence que lorsqu’il sortait après de longues heures passées à travailler à l’intérieur. Aujourd’hui et comme chaque jour depuis que la canicule s’était aggravée, il se rappelait la fumée âcre qu’il toussait au début, la chaleur qui lui brûlait le visage quand il se penchait au-dessus de la cheminée au point qu’il se demandait parfois si ses cheveux n’allaient pas prendre feu. Le feu n’était pas gentil. Il était menaçant. Dangereux. Ça ne signifiait pas qu’il ne pouvait pas être utilisé à bon escient. Il brûlait, détruisait, explosait, mais il pouvait aussi être calme et comme tout ce qui vivait, il respirait, et il mourrait.

Sharpy frotta pensivement le bandage qui recouvrait sa brûlure au bras en écoutant la colère de Grudge. Il savait ce que le feu faisait. L’odeur et la chaleur n’étaient pas les seules choses qui l’avaient choquées à son arrivée à la Forge. Il avait vu ce que pouvait faire le feu sur des Armuriers étourdis ou incompétents. Il avait vu le visage de Scar. Le vague souvenir d’un type aux mains brûlées lui revenait aussi en mémoire mais il ne pouvait y ajouter de nom ou de visage. Une victime de plus.
Le feu en faisait plein. Il était étourdi, passionné et maladroit. Qui ne l’était pas ? Mais Sharpy ne répondit rien. Grudge semblait avoir vu des choses elle aussi, peut-être pas dans cette vie mais dans l’autre. Et elle travaillait avec des explosifs. Elle ne comprenait que cet aspect-là du feu et il sentait qu’il ne pourrait pas la faire changer d’avis. Elle voulait des canons, bon sang !

La comparaison avec Peter l’interpella, par contre. Il n’y avait jamais pensé en ces termes mais à présent que leur roi rayonnait littéralement… Il ne pouvait nier qu’il était le soleil de l’île, aussi bien que sa pluie quand ses émotions le lui permettaient. Et Sharpy avait probablement trop d’indulgence envers lui, comme envers l’Esprit Feu.

"On verra bien."

C’était la conclusion de celui qui était à court d’arguments mais voulait bien signifier qu’il avait compris. Cela ne voulait pas dire qu’il acceptait.

Sharpy prit deux pelles puis Grudge et lui sortirent des cabanes des Armuriers pour se diriger vers l’Arène. Quitter le Grand Arbre fut plus compliqué que prévu car chargés comme ils l’étaient, ils devaient faire des détours qui leur permettaient de descendre avec le chariot et leur faisaient perdre du temps. Mais cela signifiait aussi croiser moins d’enfants, la plupart empruntant les lianes et les toboggans qui faisaient descendre plus rapidement. Sharpy n’était pas mécontent. Il ne tenait pas à ce que tout l’Arbre connaisse l’emplacement de la poudre.

"Je pense suspendre les entraînements. Peut-être fermer l’Arène aussi", expliqua-t-il lorsqu’ils furent assez loin du tronc pour être sûrs de ne croiser personne. "Du coup, la poudre sera bien cachée." Il jeta un coup d’œil prudent à Grudge. "Je pense pas qu’on devrait en parler. Dire qu’on l’a planquée, à la limite. Mais l’endroit devrait rester secret."

Il exprimait une proposition qui n’en était pas une dans sa tête. Sa décision était déjà prise. Mais il doutait que Grudge l’accepte s’il avait le cran de le formuler comme un ordre. Il leva les yeux au ciel pour lui-même. Elle remettait en cause son statut de chef, le trouvait trop mou, pas assez fort, mais s’il avait le malheur de se comporter comme tel avec elle, elle explosait comme la poudre.

C’était pour ça qu’il évitait de lui parler, en général. Il préférait qu’elle s’énerve seule plutôt que de lui répondre. Si Grudge était la poudre, Sharpy était l'étincelle qui la faisait exploser. Un jour, la Bombe éclaterait plus fort que les autres et il n’était pas sûr de pouvoir contenir la déflagration. Vrai, le feu était dangereux.

"On pourrait mettre un tonneau par là, pas trop loin de l’entrée", proposa-t-il lorsqu’ils arrivèrent à destination.

L’endroit était dans un triste état. La mousse qui rongeait habituellement les gradins semblait s’être évaporée sous la chaleur et les plantes qui grandissaient là avaient tourné au bois sec, tout juste bon à allumer un petit feu. Sharpy avait beau porter des chaussures, il pouvait sentir la pierre chauffer sous ses pieds.








(officiellement What a Face)
















Sharpy au naturel ♥:
 

#NoublieJamaisLAreneTigerPee:
 


Dernière édition par Sharpy le Lun 26 Oct 2015 - 19:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Heat Wave   Lun 26 Oct 2015 - 19:24



Heat Wave

with Sharpy





La charrette grinçait à chaque mouvement, bringuebalant son contenu, manquant parfois de le chavirer sur une racine. Sans Bouly pour l'aider, Grudge s’était vue obligée de s’harnacher comme un animal pour pouvoir la tirer.

Les mains sur chacune des barres de bois forment l’attelage, elle grimaçait à chaque montée, la corde nouée à sa taille lui sciant le ventre à lui couper le souffle. Mais elle n’eut pas de plainte autre que les halètements rauques épuisés de sa respiration. A aucun prix elle n'allait laisser Sharpy prétendre à sa masculinité en lui volant son devoir. Mais se résolu à accepter son soutien dans les fortes descentes ou pour soulever la charrette quand celle-ci se coinçait au chemin escarpé.

Néanmoins, son esprit toujours troublé se trouvait plus apaisé de se trouver une utilité à l’Arbre, même minime. Elle en avait marre de cette absence de réaction de chacun pour changer les choses et hocha la tête, satisfaite, lorsque Sharpy évoqua l’Arène.

« C’est bien, de la fermer, d’empêcher que les enfants se battent. Même si ça va leur monter à la tête. Ils sont trop habitués. »

La faute à qui ? A son chef, encore et toujours, qui insistait pour les entrainer, pour en faire de vrais guerriers. Capable de se défendre des pirates, des peaux-rouges et des créatures malveillantes, certes. Mais aussi et surtout capable d’attaquer, de s’attaquer entre eux. D’offrir ce spectacle, qu’elle jugeait révoltant, au sourire étoilé de Pan.

Comme s’il n’y avait pas assez des combats à mener contre les adultes. Il fallait encore qu’ils se défient, parfois jusqu’à se blesser gravement.

Seulement, il y avait quelques bons arguments à l'existence de cette Arène. Et si elle eut du mal à se remémorer le nom de l'ancien chef des livreurs, Grudge n’eut aucune difficulté à se rappeler, paupières mi-closes, le visage éclaté de celui qui avait livré sa jeune sœur aux pirates. Somptueux spectacle, dégradant, mais rassurant aussi.

« On en parlera pas, bien. Et on l’enterrera assez profond pour que la chaleur du soleil la blesse pas. » Encore un peu et on aurait pu croire qu’elle parlait d’un être humain.

Mais un coup d’œil en arrière, en direction des tonneaux et des deux pelles que Sharpy était cherché, pu confirmer à ce dernier l’attachement de la Bombe à l’ingrédient principal de sa vendetta.

« Tu sais, on devrait enterrer les armes aussi. Parce qu’avec cette chaleur, les coups de sang vont être nombreux. Et ils vont tous commencer à se disputer. J’ai déjà vu ça. »

Elle ne savait pas où.
Elle ne savait pas quand.
Mais elle savait.

Franchissant l’entrée, elle s’arrêta à l’endroit désigné par Sharpy. Et essuya son front trempé de sueur avant de défaire la corde fébrilement. Ses pensées bourdonnaient, menaçantes et paranoïaques. Mais elle ne pouvait s'empêcher de leur trouver un fond terre-à-terre foutrement crédible.

Contournant la charrette pour attraper une pelle, elle désigna la terre ensablée du menton.

« Ici hein ? »

Avant de la forcer d’un coup sec mais sans force, se mettant à creuser avec un peu trop d’énergie pour perdurer. Grudge était certes rapide, mais dans les circonstances actuelles, avec sa soif, avec sa faim, avec son peu d’heures de sommeil, il ne fallait pas compter sur elle pour demeurer athlétique.

Ça n’allait quand même pas l’empêcher de parler.

« Je vais te dire, Sharpy. Si les chefs s’organisent pas, toi faudra que tu les attrapes. Bow le premier, et le reste ensuite. Pour agir. Parce que plus j'y pense, plus je sens que ça va vraiment dégénérer. »

Il lui fallait profiter de l’absence de témoins pour confier ses idées à Sharpy, essayer de secouer cet incapable.

Après tout, on pouvait toujours espérer un sursaut de conscience dans l’esprit étriqué de cet imbécile.

« L’un va dire que l’autre a trop d’eau, et l’autre va dire que l’un l’a volé. Et puis, y’a les autres. Tu crois que ça se passe comment chez les pirates, et les indiens, et les dinosaures et les fées. Quoique peut-être les fées doivent compter sur celles qui gèrent l’eau pour leur en garder. Mais au final, ça va devenir un bien si précieux que chacun va penser que l’autre en a plus, et chercher à le piquer. Ça finira par monter. Il y aura des alliances. Ou des guerres. C’est pour ça que c’est important de mettre fin à la chaleur. »

Préoccupée mais naturelle dans son discours, la Bombe se tourna à peine pour faire face à l'ancien-marin, lui lançant un regard acéré.

Oh oui. Elle savait.

« Avant que ça nous rende tous fous. »







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