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Ancienne Sirène
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MessageSujet: Béguin roukmout   Béguin roukmout EmptyJeu 24 Sep 2015 - 19:32

Béguin Roukmout


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La nuit vient de tomber, et dans l’onde deux mains se dévoilent pour attraper la roche, s’y soulever. Le corps, pâle et lunaire, surgit des eaux comme accouché. Et aux rayons qui frappent les vagues, le regard vert-d’eau observe l’habituelle queue d’écailles se déformer en deux jolies jambes. Un instant elle rit, de ce hihihi si particulier qui lui mange le visage – c’est drôle ça, manger le visage, car cela ne fait pas si longtemps qu’elle a échappé aux morsures de son Transistor, y survivant pour mieux se faire blâmer de son inconscience par la plupart de ses sœurs.

Saline n’en a cure. Ce soir comme les autres elle est vive et veut s’enfuir. Elle aura toute la journée demain pour se prélasser au chaud soleil du bel été que Peter tarde à faire mourir. Elle bondit sur le rocher, se drapant dans sa chevelure humide pour simple habit. Des marques violacées dessinent des cercles sur son corps d’adolescente malingre. Et sa main se lève pour dévorer l’horizon.

Là-bas. La rivière.

Alors ça sera la rivière, décide-t-elle, sautant d’un bond pour attirer sur le rivage, attraper son masque caché sur la falaise. Retrouvant en rapide course la berge claire et ensablée de l’eau douce. Elle s’enfonce loin, loin de son père, cueille sur son chemin les lapins que ses pas avertissent. C’est bientôt une dizaine de lagomorphes qui viennent s’empêtrer dans ses jambes. Elle en saisit un par le corps, plonge son visage dans la fourrure douce à l’odeur un peu âcre. Le picotant de baisers.

Et remonte lentement le courant. Elle se promène, Saline. Elle s’amuse de voir jusqu’où elle peut remonter. On dit de l’eau que sa source peut tout guérir. Pourrait-elle effacer les marques que son Transistor a laissé sur sa propre carne, en signature ?

La sirène glousse. Peut-être bien. Et elle serait de nouveau un territoire vierge à explorer. Elle le narguerait, ferait semblant d’être amnésique. Alors il courrait jusqu’à elle pour une énième chasse.

Alors peut-être se déciderait-il à la tuer, par vengeance.
Et elle d’en faire de même, par essence.

« Transistor » psamoldie-t-elle, sans pouvoir le chanter. « Transistor et carnage. Transistor et parages. Transistor a la rage. Pauvre Sirène mordue. Pauvre Sirène fondue. Hihihi. Transistor et carnage. Transistor et parages. Transistor… »

Le vent souffle la fumée d’un repas non loin. Saline tend l’oreille, demeure silencieuse. Se repère à ses propres visites et reconnait l’esquisse du Grand Arbre, là où le Serviteur de l’Assiette dresse certainement son festin du soir.

Puis lâche.

« J'ai faim. »

Avant de chuchoter.

« Les enfants vont se coucher. Les enfants seront bien gras. Alors peut-être Saline en trouvera un, à grignoter, à suçoter… » Même si c’est la viande de marin qu’elle préfère en ce moment. Un goût d’iode qui lui rappelle une soirée humide et chaude plein de trucs et de machins et de chatouilles et de sang frais.

Mais les enfants... C’est si tendre les enfants. Ca se gâte en grandissant. Alors Peter fait exprès de les garder tout jeune, tout prêt pour ses petits crocs. Des gourmandises, des mignardises, un repas fait de desserts, de coulis de chocolat framboise à la viande crue.

Hihihi.

Combien en a-t-elle mangé depuis sa naissance ?

Dix ? Vingt ? Mille ?

Et personne pour le lui reprocher – langue vite avalée ne peut répéter, croix de bois croix de.. d’enfer ? Oh elle ne se souvient plus.
Ogive.

« Ogive. » glousse-t-elle encore.

Avant de le voir.

Saline cligne des yeux.

N’ose pas y croire.

« … Hé ? » Penche la tête de côté. Tend la main vers son cou pour ramener sur son visage le masque de lapin.

C’est un roux – Peter ? – ça peut pas être Peter, Peter doit être mangé – oh pardon – doit manger – mais c’est roux – ça peut pas être Peter – ça marche – ça vole pas – Peter ? – non pas Peter – mais c’est roux – oh elle peut sentir son odeur.

Un. Un. UN PETIT GARCON !!

« Hé hé hé ! » toute à sa joie, elle en oublie de jouer. Et rattrape vite fait bien fait le retardataire près de la rivière. Apparaissant, toute nue, toute heureuse, toute dansante. Toute excitée. Avec ses lapins qui la suivent, pointent leur museau vers l’étranger.

Avant de fixer de leurs billes noires la sirène qui trépigne et lâche soudain, doigt pointé sur l’accusé.

« Roux roux roux roux roux roux hihihihihihihihi »






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MessageSujet: Re: Béguin roukmout   Béguin roukmout EmptyDim 27 Sep 2015 - 20:08


Freckles remonte la rivière. Sans but, il faut dire. Et sans se presser non plus, pour une fois. Ça change, de prendre le temps de regarder, surtout quand le soleil tombe. Sa main gauche est fourrée dans une poche. L'autre, inutile et bandé, traîne dans le vide. Ses cheveux encore humides rebiquent déjà dans tous les sens, les bâtards de rouquins. Et comme si ça suffisait pas, l'ecchymose sur son visage lui donne l'air de faire franchement la gueule.
C'est presque intimidé qu'un des petits livreurs est venu le voir, tout à l'heure. Comme impressionné par cette espèce de mauvaise humeur qui semble l'entourer depuis on sait quoi. Après une après-midi passée à se baigner à la rivière, il avait voulu prendre la main de son chef, puis s'était ravisé.
Tu viens?
Freckles l'avait dévisagé pendant quelques secondes. Comme étonné par la question. Comme si il considérait seulement l'option de ne pas venir. Ne pas rentrer à l'arbre comme il le faisait tous les jours, depuis toujours. Il l'avait regardé, il avait souri. Il avait dit non.

Il paraît que la source peut tout soigner. Il sait que c'est vrai. Mais il sait aussi que c'est vrai seulement quand on ne le veut pas trop fort. Elle est comme ça, l'île. C'est un peu une connasse à ses heures. Alors il cherche pas trop. Il traîne des pieds au bord de l'eau et donne à l'occasion des coups de pied dans des cailloux. Plouf, que ça fait, quand ça tombe dans l'eau. Pat pat pat, que font les bruits dans les buissons. Puis hihihihihihihi, aussi.

La première chose qu'il voit, c'est les lapins. Armée de boules de poils qui le dévisagent de leurs yeux noirs, et qui à la lumière de la lune, paraissent presque menaçants. Et puis immanquablement, ses yeux remontent. Le long de ces deux jambes blanches et nues. Et le long du reste, toujours aussi blanc, toujours aussi nu. Freckles regarde sans un mot. Peut-être qu'il lève un sourcil, ou deux, ou encore trois, devant l'accoutrement (non-accoutrement) de la fille. Chacun gère la canicule comme il peut. Probablement. Ça lui fait …. ça lui fait ni chaud ni froid, en fait. Bon. Peut-être un peu plus chaud que froid. La faute à la météo.
Et puis c'est les marques qui attirent son regard. Comme si on avait tracé de beaux cercles violets sur une belle page blanche. Marques de dents. Nouveau haussement de sourcil, impressionné ? C'est pas tous les jours qu'on échappe à une bestiole pleine de crocs. Il sait.
Et parce qu'il est bien poli, ses yeux viennent se verrouiller sur le visage de lapin de la fille. Pas qu'il y ait grand chose à voir ailleurs. Elle a pas l'air perdue, la gamine. Et encore moins Perdue. Elle a la peau bien trop palote, comme baignée de lune. Flagrant manque de vitamine D, il se fait la réflexion. Pas délicate, elle. Vu comme elle le pointe du doigt en gloussant. Roux, roux, roux, roux.

« C'est pas mon nom. » qu'il dit, poliment.

C'est bien essayé, pourtant, alors il applaudit l'effort. Parfois, les garçons perdus manquent d'originalité en la matière. C'est Lacerate, qui l'appelle Ginger. Affectueusement, il devine. Et comme il l'aime bien, Lace, il n'a pas vraiment eu le cœur de lui refuser ce plaisir. Même si en vrai il déteste.

« Tu t'es fait voler tes fringues ? »

Y a un sourire un peu insolent qui se dessine sur ses lèvres. Mais comme il est trop serviable, il s’enquiert :

« T'as pas froid, comme ça ? Tu veux que je te prête mon tee-shirt ? »
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MessageSujet: Re: Béguin roukmout   Béguin roukmout EmptyDim 27 Sep 2015 - 20:25

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Roux. Ca lui brûle la rétine malgré la nuit et ça lui donne chaud partout. Roux, comme un soleil couchant, comme un feu brulant dans les bois, comme le sang dilué. Tout roux, tout joli tout piqueté de tâches de son et calme, si calme, si nonchalant face à sa nudité qu’elle rigole plus la fort, la salée, cesse de sautiller sur place pour s’approcher les mains tendues.

« Joli roux. » dit-elle doctement. Même si la négation lui confirme que ce n’est pas son nom. Que lui importe de le connaitre vraiment, à quoi cela lui servirait-il ? D’apprendre un nouveau mot peut-être, un mot trouvé par les perdus qui manquent parfois d’imagination. Elle a une petite moue, papillonne des cils et son corps se rapproche de ce garçon qui fait presque sa taille. Il n’est pas très grand non plus, mais ce n’est pas l’un des mioches qui pourrait pleurnicher ou pire, être recherché. Non celui-ci a l’air de savoir où trainer les pieds.

Et c’est tant mieux oui, c’est tant mieux. Même s’il ne tressaille pas encore, elle aussi saura tendre la main pour le conduire à ses jeux.

« J’aime tes cheveux. » explique-t-elle, comme si l’autre était trop bête pour ne pas avoir compris. « Et ça a déteint sur ta peau hihihi c’est chou, c’est tout pleins de ronds. Y’en a un là » Son index touche sa joue. « Et là » puis son nez « et là encore » et termine sur le haut de sa pommette. « Mais tes mèches, oh tes mèches, j’aime j’aime j’aime ! »

Elle sourit à son insolence, et oublie pour le moment de répondre aux questions qu’il pose. Saline plonge ses doigts dans cette masse capillaire, caresse les mèches qui filent sur sa peau pâle et elle ronronne de plaisir, tandis que les lapins s’avancent, s’amassent même à ses pieds, et viennent renifler le corps de cet étranger.

A la familiarité de Saline, ils ont appris à ne plus craindre le nouveau venu. Ils savent bien maintenant le sort que la sirène réserve à ceux qui oseraient leur faire du mal. Alors un levreau un peu curieux se dresse sur ses pattes arrière. Pose sa truffe humide contre l’épiderme réchauffé de ces jambes malingres.

Puis recule brusquement quand d’une poussée, Saline enlace Freckles.

« Oh je suis toute seule, toute seule et toute froide. Là bas dans la forêt ils ont voulu me faire du mal. »

Bien vite, les réflexes sont revenus, et le masque de la jeune fille éplorée prend vite le pas sous celui du lapin. Elle recule son visage, le fixe, la mine chagrinée, les larmes aux yeux. De près, les creux de ces morsures semblent plus profonds encore. Cicatrisées en partie mais, pourra-t-il le remarquer ?

« Tu vois ce qu’on m’a fait. Tu vois hein, dis ? Et maintenant je suis toute nue. Je veux bien ton tee-shirt. Retire le retire le hop hop hop ! »

Elle rit de nouveau, recule, tape dans ses mains.

Et finit par demander, très sérieusement.

« Et toi, tu es loin de l’Arbre. Qu’est ce que tu fiches ici ? » Avant d’ajouter, le sourire pleins de dents. « T’as pas peur que Peter soit fâché ? Tu lui ressembles un peu tu sais, enfin. Des cheveux. Je les aime vraiment beaucoup hihihi. Tu me les donnes ? »





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MessageSujet: Re: Béguin roukmout   Béguin roukmout EmptyDim 27 Sep 2015 - 22:38


Elle sent le sel. Il s'en rend compte parce que d'un coup, elle est tout près. Ses doigts tout blancs viennent toucher ses joues, alors qu'elle ponctue chaque tache d'un de ses petits rires aigus. Il voudrait lui dire que c'est pas la peine, de les compter, elle risque d'en avoir pour une éternité.

« Gaffe, c'est peut-être contagieux. » il affirme, très sérieux.

Les taches, il parle. Ça ferait bizarre, des petits grains de rousseur sur cette peau laiteuse. Trop de contraste, yep.
J'aime tes cheveux, elle affirme. Freckles a un demi sourire, à ça, parce qu'il voudrait pouvoir lui retourner le compliment. Mais ses cheveux à elle sont un peu moches, tous blancs et collants en paquets à cause du sel. Sel, sel, sel. Ça donne envie de les coiffer. A la place, il la laisse passer ses mains entre ses mèches à lui. Un peu prudent, quand même, parce qu'il a compris. Ou du moins, pense comprendre, la nature de l'autre. Cet espèce de sourire trop large et cette odeur iodée. J'aime, j'aime, j'aime, elle dit. Freckles a le visage détendu et laisse presque ses paupières se clore sous le contact. Plus fort que lui. Mais vigilance. Yep.

Et la fille se jette dans ses bras. Elle fait même pas sa taille, la gamine. Elle joue un numéro de noyée presque convaincant. Presque ? Que dalle. Freckles est déjà convaincu. Plus fort que lui, encore une fois. Le regard par en dessous lui a suffi, les yeux humides, les marques violettes sur ses pommettes pâles. La détresse des autres, ça lui fait comme des petits coups au cœur, même quand elle est agrémentée d'un petit rire insupportable. Et de toutes façons, avec cette fille qui se colle à lui comme à une bouée de sauvetage, c'est difficile de démêler le vrai du faux.
Carrément bizarre.

« Qui, ils ? Des monstres ? Des pirates ? Des indiens ? »

Sans gêne, c'est lui qui touche maintenant, il trace des lignes sur ses joues avec sa main valide. Il sent que son cerveau s'échauffe. D'excitation et d'adrénaline. Son regard valdingue autour d'eux, comme attendant l'apparition soudaine d'une flopée d'ennemis. Mais rien, non. Bah. Il ne remarque pas l'état si peu frais des blessures de l'autre, ne se dit pas qu'elles ne peuvent pas dater d’aujourd’hui. Il se contente de reculer d'un pas pour réussir à retirer son tee-shirt, langue tirée sous la concentration (bah ouais, à une main c'est pas facile). Puis lui tend, regardant toujours à droite à gauche.

« Tiens. Désolé, c'est un peu mouillé. »

Il regrette déjà sa générosité, parce qu'il se sent un peu con, comme ça. Comme si elle allait faire un commentaire – qu'est-ce qu'il y a à commenter, de toutes façons ? Son nombril ? Pour se donner contenance, il se penche, ramasse un des lapins. Petite boule toute tremblante entre ses doigts. Comme à peu près à chaque fois qu'il voit une bestiole, il est pris d'une furieuse envie de le ramener avec lui.

« Tu trouves que je ressemble à Peter ? » sourcil levé, il caresse le lapereau du bout des doigts. « Sais pas. Je trouve pas. Il sera pas énervé, hein. Si je lui trouve un cadeau, ce sera une bonne excuse. » Genre, un lapin. Puis, un peu crâneur : « Pis je fais ce que je veux. Je suis chef. Et je connais le chemin, les yeux fermés. »

Il considère un instant la fille, lève un sourcil à son étrange requête, s’apprête à lui dire que non, il va pas lui filer ses cheveux, ça va pas non ? De quoi il aurait l'air sans cheveux ? Mais en fait le lapin gigote dans sa main, alors il oublie et reporte son attention dessus.

« Il s'appelle comment, lui ? »
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MessageSujet: Re: Béguin roukmout   Béguin roukmout EmptyDim 27 Sep 2015 - 23:01

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Saline voudrait bien qu’il la contamine, ce joli rouquin. Ca apporterait des couleurs à sa peau toute délavée et elle passerait ses journées à se contempler, à compter ses tâches inlassablement, riant bêtement devant son miroir en oubliant presque de manger. Mais finalement, ses cheveux l'intéressent bien plus que tous ces points qui percent sur sa peau. Elle s’amuse des filets de rouille qui se glissent entre ses doigts et lui chatouillent la peau sous ses ongles trop pointus. Elle glousse, elle ne peut pas s’empêcher de le toucher. Sauf quand il se décide enfin à lui donner son tee-shirt.

« Hihihi chic chic chic regarde comme je vais le porter, même s’il est tout collé, moi j’aime bien quand c’est mouillé tu sais. » Et elle lui jette ce petit regard en dessous de friponne qui sait bien, au fond, que le garçon n’est pas assez stupide pour se dénier la vérité. Evidemment qu’elle est une sirène. Mais il existe des sirènes très gentilles, oui oui oui. Aussi douces et attentives que des mères dans certains cas.

C’est juste la fin de l’histoire qui ne plait pas à tout le monde.

Alors Saline l’enfile, ce tee-shirt plus grand qu’elle. Et la gloutonne s’amuse de le voir lui tomber sur les hanches, comme une robe.

« Je suis déguisée en toi. Ca me va bien hein ? Ca me va bien dis ! » Elle tourne sur elle-même, avec ce même rire hystérique. Elle fait voler le tee-shirt en tirant dessus.

Pourtant dans sa bonne humeur de petite écervelée, il y a le temps pour un regard acéré. Froid et adulte. Un regard de monstre quand les mains du Perdu se penchent pour cueillir son levraut. Elle observe sa douceur, elle observe ses attentions et ses caresses qu’il porte à ce corps qui tremble mais se laisse faire. Elle voit bien qu’il n’est pas cruel, qu’il n’essaye pas de l’embêter. Alors ce frisson malsain disparaît. Elle retrouve le sourire. Ses yeux verts-d’eau pétillent. Et gentiment, elle conseille.

« Ne le prends pas par les oreilles hein ! » Une phrase maintes et maintes fois rabachée.

Mais les oreilles, ça fait mal ! Elle-même ne supporte pas qu’on les lui pince – et ça, il n’y a que Tempête pour s’y coller.

« Oui tu ressembles à Peter, avec ta crinière que j’adore. Mais le visage après ce n’est pas ça. Déjà, il n’a pas toutes ces tâches. Et puis ses oreilles, elles sont toutes pointues. Et il a les yeux plus ronds et… je sais pas c’est comme une fée qui s’est mélangée à un Perdu tu vois ? Il est si drôle Peter. Des fois il vient du Monde Ordinaire et il m’apporte des jolis mots… »

La sirène se fige un peu. Le regard hagard, la bouche entrouverte, le corps tendu vers ce garçon alors qu’elle réfléchit à la perspective de lui en demander un. Mais lui en demander un, ça serait rejouer la scène du manger. Alors ouiii elle a faiiiim mais peut-être pas si faim que ça finalement. Elle aimerait jouer encore un peu.

Et surtout. Surtout ! Saline veut ses cheveux.
Les cheveux, c’est ce qui meurt le plus vite quand elle mange ses proies, et ça la fait soupirer de tristesse.

« On peut trouver un cadeau pour lui ! Mais pas trop loin, peut-être qu’ils sont encore là bas… » Ses yeux cillent vers la forêt, d’un air faussement apeuré. Elle a volontairement évincé la question sur l’origine de ses assaillants. Que cet enfant s’imagine ce qu’il veut, ça n’en sera que plus palpitant. Et elle en connait peu, des marmots qui s’essaieraient à combattre les pirates sans pisser un peu dans leur froc. Ils ne sont pas tous Peter Pan. Et manquent de courage quand ils sont seuls, c’est navrant.

Et puis. Et puis elle n’a pas envie de voir son Transistor le dévorer celui là, non non non. Il sera rien qu’à elle, quand viendra le temps.

« Lui, c’est Barbecue. C’est joli hein ? C’est une fille un peu comme toi qui l’a trouvé, ce mot là. Alors dis, pour en revenir au cadeau, on va dire que moi je t'aide à en trouver un parce que j'ai toujours de bonnes idées, et toi pour me remercier tu me donnes un peu de tes cheveux. Ca sera chouette chouette chouette. »

Nouvelle petite moue. Saline lui prend le poignet, laisse l’autre au lapin. Observe le bandage qui immobilise les doigts, en dessous. Et choisit de frotter sa joue sur son bras, sa joue toute grignotée.

Puis elle chuchote.

« Tu sais, je me sentirais mieux si tu es là pour me protéger. Personne ne s’attaque aux chefs de Peter Pan, pas vrai ? Tu es chef de quoi, dis moi… dis moi tout. Saline t’écoutera… »

Et ses yeux cillent, cillent de sa bouche à ses tâches à ses cheveux.





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MessageSujet: Re: Béguin roukmout   Béguin roukmout EmptyMar 6 Oct 2015 - 21:29



Très ressemblant, il manque de lancer, moqueur. Saline lui ressemble à peu près autant que lui-même ressemble à un de ses lapins. Même lorsqu'elle tournoie dans ce tee-shirt un peu large qui lui colle à la peau, c'est difficile de penser qu'elle puisse un jour être autre chose que blanche comme du sel. Du sucre.
Il lève les yeux au ciel sans répondre, lorsqu'elle le met en garde. Freckles est ridiculement précautionneux avec les animaux. Presque plus qu'avec ses garçons.

« Ça va, j'vais pas le tuer. »

Qu'il balance tout naturellement sans prendre conscience de la violence de tels propos. Qu'il balance comme il l'a balancé si souvent, sans s'en rappeler. Sans se rappeler que des Bergamote, il y en a eu d'autres, qui comptaient plus que tout avant de ne plus compter du tout. Il grimace en entendant le nom du lapin, sans bien trop savoir pourquoi. Barbecue, il aime pas trop comment ça sonne.

« Oh, il doit en connaître plein, des mots, Peter. J'crois qu'il est allé partout. Tu as des idées, de cadeau, toi ? Moi j'ai jamais d'idées. »

Il se raidit lorsqu'elle attrape son poignet, le lapin toujours dans son autre main. Son sourire se fane un peu, dans l’expectative, craignant qu'elle touche sa main blessée. Mais elle n'en fait rien, et il se détend. Et sa question suivante allume une lueur dangereuse dans ses yeux d'ambre. Gaffe, Saline, tu as appuyé sur le bouton rouge, actionné le mauvais levier, et le barrage s'est rompu. Maintenant, la machine terrible de la propagande livreuse est lancée. Les yeux rallumés et le ton joyeux, Freckles monologue à toute vitesse.

« J'suis chef des livreurs ! On transporte de l'eau. Et d'autres trucs. Je crois qu'on est le groupe le plus important de l'île, tu sais. Ex æquo. Parce que l'eau, c'est ultra important. T'es une sirène, tu dois savoir. Et puis dans notre groupe, y a les meilleurs perdus ! Si un jour tu deviens garçonne.... ça se peut ? Bref, viens chez nous. On a une mascotte c'est une coccinelle. Elle s'appelle Bergamote. C'est moi qu'ai trouvé, c'est joli hein ? Ton prénom aussi c'est joli, Saline, on dirait presque un vrai. »

Plus il y pense, et plus ça lui semble une bonne idée de cadeau, le lapin. Il réfléchit à comment proposer la chose sans que Saline s'énerve, considérant la situation avec beaucoup de diplomatie, exactement comme il ne sait pas faire. Sacrifier une mèche de cheveux ne suffirait pas, pas vrai ?

« Mais t'inquiète pas, moi je vais te défendre », il lance, tous sourires. « J'me suis déjà battu plein de fois. Je gagne souvent. »

Mais il y a aussi l'histoire du tee-shirt. Il lui a bien prêté son tee-shirt. Et si il la sauve d'une bande de pirates, c'est encore mieux. Ça fait pencher la balance de son côté. Elle pourra pas lui refuser le marché, après.

« Dis, les lapins, ils sont à toi ? Comment tu fais pour qu'ils te suivent ? Tu leur donnes quoi à manger ? T'en as combien ? »

Sur le ton inquisiteur du client difficile.

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MessageSujet: Re: Béguin roukmout   Béguin roukmout EmptyDim 11 Oct 2015 - 14:09

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« Ça va, j'vais pas le tuer. »

La nonchalance d’une telle phrase aurait de quoi la faire bondir, mais Saline se contente de son habituel petit rire. Il est évident qu’il ne va pas le tuer, son mignon petit Barbecue. Car si le rouquin s’amusait à lui tirer les poils ou à le faire couiner comme certains s’y sont déjà essayés il n’y aurait plus de jeu, plus de masque, plus de mot et plus de théâtre. Seulement un petit cochon enfuit dans la forêt et une sirène aux dents de loup pour le poursuivre, le rattraper, le croquer.

Mais si elle lui arrache la tête, alors toute la crinière serait pour elle. Et sans échange.

Saline eut un battement de cil coquet, soupesant l’idée. Au regard anxieux du jeune lapin, cette dernière fut rapidement écartée. Non, toute affamée et toute désireuse qu’elle était d’obtenir son dû, la salée n’aurait pas l’outrage de briser la confiance de ses lapins. Ils étaient bien plus importants que n’importe quelle chevelure, toute rousse qu’elle soit.

« Je ne fais pas trop de cadeaux. » Finit-elle par répondre. Lançant son corps dans une roue parfaitement exécutée qui lui découvrit les fesses. « Mais sur l’Île il y a pleiiins de choses trop biens. Il y a des choses que les indiens oublient. Ou des choses que les Troies oublient. Ou alors il y’a des petits animaux fabuleux – sauf les Crétins, eux sont tous fous, même si ce sont des lapins je préfère pas les approcher, non non non – ou alors il y a le Rivage Echoué. »

Et la proximité du Père Océan et de ses sœurs, en cas de danger. Y en aurait-il un avec le chef des livreurs ? Saline prit une inspiration, lança son empathie en direction du crâne piqueté de tâches rouges rouges si rouges de cet adorable mignon, renifla un murmure grésillant qu’elle ne pu comprendre ni traduire. Et haussa une épaule mentalement.

Rien de bien méchant à l’horizon. Alors autant s’amuser.

« L’eau c’est très important. Nous sommes tous nés de l’eau. Même les Perdus avant étaient de l’Océan. C’est mon Père qui l’a dit. Et mon Père ne ment jamais. Mais les bipèdes comme toi ont renié leur naissance et parfois ils salissent l’eau avec des choses bizarres. Ca s’appelle du savon. Ca fait des bulles, ça tue les poissons, ça se glisse dans la mer et ça fait des arc en ciel d’huile. »

Son petit visage se fronça de mécontentement.

« Un jour j’ai vu une fille laver son linge dans la rivière. Eh bien je lui ai fait manger le savon. Oui oui oui. Tout gobé, le pain blanc. Et elle avec sa bouche pleine de bulles elle n’arrêtait pas de vomir. »

Alors Saline lui avait retourné la nuque sur son socle – crak que ça avait fait. Et elle ne l’avait pas mangé, la sale, la méchante. Non non non. Elle l’avait laissé pourrir près de l’eau jusqu’à ce que les charognards viennent et l’emportent morceaux par morceaux.

Comme un nuage soufflé par le vent, son visage s’illumina.

« Mais toi tu es gentil. Et tu me veux dans ton groupe – oh je sais ! On va dire que je suis une livreuse comme toi ce soir. Alors je vais obéir aux ordres d’accord mon petit chef adoré ? Si c’est drôle et si tu me protèges bien, je te donnerai… »

Saline semble réfléchir. Et bondit sur ses pieds.

« Un baiser ! Oui un baiser ! Les garçons veulent tout le temps des baisers. C’est si drôle de vous voir en demander hihihi. »

Mains devant son ventre, bien sage et tranquille, la sirène se trémoussa sur ses gambettes, le visage rieur mais le regard froid.

« Et tu me protégeras et je serais sauvée et les lapins aussi. Car ce sont mes amis. Ils ne sont pas à moi » le gronde-t-elle presque. « Ils ne sont à personne d’autres qu’à la terre et à l’eau et ça doit le rester. Puis ils me suivent, parce qu’ils m’aiment. »

Clignement d’œil. Voix plus basse soudain. Saline chuchote.

« Tu sais ce que c’est d’être aimé sans questions ? Tu sais ce que c’est d’être suivie partout et de savoir qu’ils croient en toi, au point de ne pas avoir peur, de personne, de se sentir en sécurité plus que dans leurs tanières, plus qu’avec leurs femelles et leurs petits tout au fond des bois. Oh oui ils savent ce que je fais aux vilains et aux vilaines qui les tirent par les oreilles pour les prendre et les tuer et les cuire et les manger. »

Sirène sirène ouvre moi
Ou le chasseur me tuera
Lapin lapin entre et viens
Te cacher en mon sein


Et le chasseur, décapité le chasseur. Mordu le chasseur. Tondu le tordu. Elle l’attraperait bien celui qui laissait ses traces dans ses terriers. Celui qui avait enlevé Bague et Reliure, et Pli, et Sucre d’orge, et Frimousse, et Cafetière…

Elle le briserait en deux, le retournerait comme une poche et apprendrait à ses lapins à manger de la bonne viande saignante. Pour sûr qu’ils aimeraient, avec leurs petites dents longues.

Pour sûr.

« Tu viens chef ? Tu viens tu viens ? » Demande-t-elle en retrouvant sa joie de vivre. Elle semble avoir oublié – et peut-être l’a-t-elle vraiment fait. De toute façon tout est loin, loin dans la semaine dernière de l’éternité. Elle rit encore, lui tend la main – lui prend la main. Et attrape Barbecue pour le reposer au sol fermement.

D’instinct.

« Tu viens nous allons jouer et trouver un cadeau peut-être une pièce ou un vêtement et Bergamote, Bergamote c’est joli, c’est une coccinelle alors ça ne sera pas un nom de Lapin mais c’est un joli mot. Peut-être que tu en trouveras un pour moi. »

Avant la fin. Avant le trop tard.
Ne soyons pas pressés.





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MessageSujet: Re: Béguin roukmout   Béguin roukmout EmptyVen 6 Nov 2015 - 20:38

Si la violence des propos de Saline l'atteint, sous leur ton léger, il n'en montre rien, le Freckles. Il se contente d'un plissement de nez vaguement dégoûté pendant que son cerveau se charge de lui rejouer la scène. Pas très fidèle, la scène, d'ailleurs. Pas très imagée. Mais il sentirait presque le goût du savon dans sa bouche. Eww. Il se contente d'acquiescer dans un murmure leger, presque souriant. Elle a raison la sirène, on pollue pas la rivière. Qui c'est qui boit, après, hein ?
Alors il lâche le lapin et prend la main de Saline- se la laisse prendre, plutôt. Elle a beau dire que c'est lui le chef, c'est clair que c'est elle qui décide, dans l'histoire. Pas grave, pas grave. Il s'en fiche. Il veut son cadeau. Il laisse faire. Elle est gentille. Même si un baiser, ça lui fait pas tellement envie alors que pourtant, c'est un garçon. Mais il regarde Saline et se dit qu'elle doit avoir les dents pointues et plein de maladies comme le rhume du lapin et ça lui dit trop rien sur le coup.

Le ton change et elle baisse la voix, soudain bien trop sérieuse, la sirène. Elle parle d'amour mais ça ressemble à une mise en garde. Freckles conserve un sourire sucré-salé sur les lèvres. Ça va, on le saura, qu'ils t'aiment, tes lapins, et que tu les aimes aussi. Ça va, il leur fera pas de mal, ne t'inquiète pas, il s'en occupera bien, il les aimera lui aussi. Pendant, genre, au moins une semaine.
Après, quand ils se font manger, c'est juste la nature, hein !
Les sirènes mangent bien des garçons comme lui. Et dans d'obscures soucis de chaîne alimentaire, Freckles se demande si ça se mange, les sirènes.

« Non, je sais pas », il répond, poli.

Tu sais ce que c’est d’être aimé sans questions ?
Il sait même pas ce que ça veut dire, d'abord.

Saline lui ressemble un peu. Elle passe de l'ombre au soleil en un battement de cil, râle puis rit, puis tempête, puis rembobine, et recommence. Ça doit être dur à suivre, parfois. Mais lui même l'est, dur à suivre, ça rend les choses plus évidentes. Elle complimente ses talents de nommeur de coccinelle, même, et le voilà qui se gonfle d'une fierté puérile.

« Je connais pas beaucoup de mots. Mais je connais une fille, elle en connaît plein, des compliqués. Elle se la pète » conclut-il.

Ça ne le dérange pas de donner à Saline un mot de Rachel. Ça ne la dérangerait sûrement pas non plus : après tout elle aime tellement les sortir en toute situation pour paraître intelligente, elle peut bien partager, non ? Honey aussi connaît des tas de mots, même des mots qui existent pas. Mais ceux là c'est pas pareil. Ça s'offre pas, ces mots là.
Ils marchent dans la foret, et ça fait un duo un peu bizarre, quand même. Saline a pas de bas et Freckles a plus de haut, Saline est blanche et Freckles est orange. Leurs mains liées se balancent entre eux et c'est presque à qui tirera le plus fort.

« Moi je voudrais bien lui offrir un petit animal euh, fabuleux à Peter » il glisse sans trop de discrétion. Mais c'est elle qui en a parlé, après tout. « Ou quelque chose d'encore mieux, alors, comme un trésor, quelque chose en or. Ou alors un objet intéressant, mais il faut qu'il fonctionne. Sur le rivage, y a plein de trucs mais qui marchent pas. » il pense aux touches de piano, laissées dans la maison souterraine.

C'est difficile, d'évaluer ses choix, quand on les oublie au fur et à mesure. Les suggestions de Saline se perdent dans le brouillard. Froncement de sourcils. Ils se sont éloignés. Heureusement, même dans l'obscurité, il connaît la rivière par cœur dans ses moindres courbes. Qu'on lui en foute un bout dans le champ de vision, et il saura retrouver son chemin.
Sinon, ailleurs ….
D'un coup, il arrête de marcher.

« Saline, vu que je suis ton chef, tu vas m'obéir ? Genre, quoi que je demande ? »

Si il est assez rapide, il peut retirer sa main sans qu'elle s'y accroche. Il a même peut-être le temps de sortir une arme, non ? Elle est petite, et pas bien musclée, après tout, ça sera pas très …
Pourquoi il se met à penser à ça, déjà ?
Un sourire lui déchire les joues, un vrai, un joli. Le genre qui fait plisser les yeux et étire les taches trop pleines de soleil. Il regarde Saline l'air de rien, l'air de quelque chose. L'air de celui qui sait très bien ce qu'il veut, mais qui sait pas comment, il le veut.

« J'ai pas vraiment envie d'un baiser »
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MessageSujet: Re: Béguin roukmout   Béguin roukmout EmptySam 14 Nov 2015 - 14:03

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Non il ne sait pas ce que c’est, d’aimer. Et pourrait-elle lui donner une leçon la sirène ? Non non non. Car Saline n’a pas grand-chose, mis à part la compagnie de ses lapins. Elles sont jolies les sirènes, elles sont ses sœurs bien-aimées. Mais qu’elle ramène à l’onde une parure ou un autre objet d’intérêt, et ça sera la bagarre – avec les dents, avec les nageoires – pour le voler à l’autre, les tricheuses perfides, les donneuses de leçons ennuyeuses et les vieilles acariâtres. Et qui pourrait-elle aimer d’autres ? Les humains ? Les fées ? Laissez la rire.

Alors non il ne sait pas, et elle ne sait pas grand-chose non plus. Pourtant ça ne l’empêche pas de rire, de s’amuser, la main pendue au bras de son nouvel ami qui fait la même taille qu’elle – oh à peu près, elle pourrait le rattraper si elle se dressait sur la pointe des doigts. D’un regard affamé, elle guette la moindre mèche déplacée sur cette crinière orange, que la brise ou le souffle de leurs pas à tendance à déranger. Elle rectifie les pics et les pointes de cette fabuleuse chevelure. Et elle en profite pour les caresser, les épingler à ses doigts, cheveux par cheveux. Qu’ils sont doux, et bien beaux. Et bientôt à elle, oui oui oui.

« La fille, tu l’amènerais ? J’adore les mots compliqués. Je les souffle dans les bocaux et ils flottent, tous en bas, tous autour de moi, comme des ballons. Tu es un perdu, tu dois aimer les ballons n’est ce pas ? Un jour un petit garçon m’a lancé le sien, tout rouge, comme tes tâches, tes adorables petites tâches mon joli chef, alors je l’ai pris, et je l’ai lancé, il me l’a lancé, je l’ai lancé, il s’est rapproché. Ah et je l’ai mangé. »

Mettant la main devant la bouche, elle a un gloussement et lève les yeux au ciel.

« Irrécupérable, hihihi. J’ai toujours trop faim, pardon. Mais je suis sûre que ce n’était pas un livreur tu sais. Hein ? » Et penchant la tête de côté, elle observe sa réaction. « Non toi tu es prudent, et malin, et espiègle, et intelligent. Tu ne fais pas de bêtises avec les sirènes. Tu as déjà écouté notre chant ? Oh peut-être pas, sinon elles t’auraient prises, comme elles prennent tout le monde. Moi je ne chante pas très bien, pas trop, moins qu’elle. »

Pourtant tranquillement, elle l’éloigne de l’arbre. Longe la rivière, dont la sirène peut entendre le chant à travers les sous-bois. Saline aussi pourrait la retrouver, d’un simple reniflement. Mieux vaut ne pas se perdre, même s’il n’est pas trop tard. La rivière est son salut, la promesse d’un retour à une grande partie de ses pouvoirs. Toujours très utile, en cas de chamailleries. Et puis c’est toujours plus simple pour elle de noyer ses proies. Car si le jeu est amusant, certaines proies sont parfois trop fortes – ouf si dur de les tuer – alors elle doit ruser pour les attraper.

« Si tu veux un bidule, on peut aller à la machine ! Ou alors nous pouvons aller au volcan, là-bas il y a des pierres qui brillent que mes sœurs aiment beaucoup. Ou une peluche animée ? Une fois j’en ai trouvé une au bord de mon chemin. Mais elle était plus fine que les autres et a réussi à m’échapper. Ou alors –  »

Mais Freckles s’arrête de marcher. Et la sirène se tourne vers lui, le visage plus fermé, détestant être interrompue. Elle voit bien son sourire, et l’idée qui l’a traversé. Mais elle s’en retrouve presque vexée, car si c’est lui qui trouve, elle n’aura pas le mérite du cadeau pour le fabuleux Roi Pan. Son orgueil de femme en prend un coup, stupidement.

« Quoi ?
- Saline, vu que je suis ton chef, tu vas m'obéir ? Genre, quoi que je demande ? »

Mince.

La petite blonde cille vers le ciel. Et pointe un nuage.

« C’est pas un échassier sans pattes là-bas, qui s’est envolé ?
- J'ai pas vraiment envie d'un baiser »

Echec flagrant de la diversion. Baissant le bras, elle se met à triturer son tee-shirt, happe de la langue une mèche de cheveux qu’elle se met à mâchonner – toute de sel encore, mais ce n’est pas désagréable – avant de piétiner le sol, impatiemment.

« Bon bon. » Portant la main de Freckles à ses yeux, elle se met à les compter – elle sait compter jusqu’à 11, un véritable exploit, sauf que celui là n’a que quatre doigts – un coup d’œil à sa propre main, cinq – un coup d’œil à celle du roux, quatre – oh.

« Tu veux quoi ? Pas de baiser. Je sais pas quoi donner d’autres moi. Une mèche de cheveux ? Un câlin ? Un coquillage ? »

Et à ses pieds les lapins s’amassent, ayant suivi leur route, frottant leurs pelages si doux de neige et d’amour contre ses petites jambes à elle. Innocents, naïfs. Comme le regard que la sirène lance à Freckles sans se douter de la réponse.




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MessageSujet: Re: Béguin roukmout   Béguin roukmout EmptySam 16 Jan 2016 - 18:52



« Tu peux mettre des mots en bouteilles ? »

C'est une demande distraite, mais la vérité, c'est qu'il s'en fout. Et si Saline lui répond, il n'écoute pas. D'ailleurs il n'écoute pas, quand elle raconte qu'elle l'a mangé, le garçon au ballon, les compliments, les menaces, les bidules, les trucs, les machins. Si il ne comprend pas, encore, ce qu'elle veut, ce qu'il veut lui est très clair dans sa tête. Et ce n'est ni un bidule ni un machin ni rien d'autre, mais bien quelque chose de vivant, de doux et de chaud, quelque chose dont on peut sentir les battements de cœur quand on le tient dans le creux de sa main. C'est rassurant un battement de cœur. Oui, c'est sûr que Peter sera content, d'avoir un lapin. Il essaie d'y penser pour ne pas oublier la finalité de sa mission.
C'est vrai qu'il aurait tendance à perdre le fil.

Il prend son mal en patience, le rouquin, compte dans sa tête en même temps que Saline qui plie doucement ses doigts un à un, regarde les siens, fait la comparaison. Un deux trois quatre, oh. Il les lui arrache. Sans douceur. Il aurait voulu, le faire doucement, mais il a pas réussi, à bout de patience. Il lui offre un sourire d'excuse qui ressemble trop à une grimace. Pour s'excuser de ça, et aussi de ce qu'il s'apprête à faire.
Elle ne va pas les lui donner, ses lapins.
Il le sait bien.
Mais il n'a jamais été un bon élève, et la prudence, c'est pas son truc. Plutôt un partisan du « qui ne tente rien n'a rien ». Alors il tente.

« J'aimerais. »

Et ses doigts brisés, fragiles, tâtent quelque chose de froid et coupant dans sa poche, et il rebondit un peu sur ses pieds, teste son équilibre. Et sans perdre de sa nonchalance il se retrouve en position d'attaquer. Juste au cas où.

« Un de ceux là ? »

Une autre tentative de sourire se dessine sur ses lèvres, alors qu'il pointe du doigt les petite boules de poil blanches. Qui le fixent à le rendre nerveux, les saloperies. Peut-être qu'ils comprennent. Peut-être qu'ils sont liés par un truc télépathique à Saline, qu'ils vont tous se mettre à l'attaquer en même temps comme dans les films. Ou peut-être …

« Un lapin », il précise, comme si elle n'avait pas compris.

Peut-être que c'est la sirène, qui va l'attaquer. Ça ne l'étonnerait pas, vu la mine qu'elle affiche, le temps qu'elle comprenne, qu'elle enregistre ce qu'il vient de dire. Du coup, il est prêt. Presque serein, d'ailleurs. Voire même impatient. Ses doigts se froissent autour de la lame dans sa poche.
Elle commence à être longue, de toutes façons, cette promenade au clair de lune.
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MessageSujet: Re: Béguin roukmout   Béguin roukmout EmptySam 23 Jan 2016 - 10:25

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Il y a les craquements nocturnes de la forêt alentour. Le fil de la rivière non loin, qui glougloute. Le froissement du vent dans son tee-shirt trop grand qui agite aussi la fourrure de ses lagomorphes. Et quelque chose cloche. Dans le comportement du rouquin, un détail froisse son visage, transforme son sourire en grimace. Si Saline est au fait des mimes et du théâtre, elle peine encore à décrypter toutes les nuances chez certaines de ses proies. Car l’humain est complexe dans ses pensées et la nervosité de son chef supposé – ou ce qu’elle prend pour tel – est inexplicable. Elle se fie alors à la réaction de Barbecue. Car l’ainé et le chef de ses lapins a pressenti la menace. Et dirige son museau frétillant vers la main du rouquin.

Il couine. Et qu’importe si Saline ne comprends qu’une minorité du langage sauvage de ses bébés. Elle comprend la notion de danger. Et plisse les yeux, tête penchée sur le côté.

« Qu’est ce que tu as – dans ta poche ? »


Ses petits doigts – quatre doigts, elle a compté, elle n’a pas oublié – tremblent dans le secret de son short. Et elle, dans ce vêtement volé, ne semble n'avoir plus rien en commun avec une petite fille. Le regard vert-d ’eau s’est figé. Etincelant d’une curiosité trop vive, trop animale. Elle se replie à peine sur elle-même, la salée. Les bras le long du corps et la tête rentrée dans ses épaules.

Saline respire plus vite. Pour oxygéner ce corps dont la moitié est bien plus faible sur terre que dans l’eau.

« Qu’est ce que tu as – dans ta – petite poche ? »


Il aimerait, le petit chef. Pas un coquillage, pas un baiser. Pas un diamant, pas un câlin. Pas une poupée, pas une noix. Pas une tête, pas un os. Pas un doigt.

Mais celui qu’il pointe sur ses lapins va sans doute lui manquer, quand Saline l’aura croqué – hop. Que fera-t-il alors, le livreur avec sa main en pince, quand il n’y en aura plus que trois ?

Lapin.
LAPIN.

Le grondement monte lentement dans sa gorge. Expiré peu à peu tandis que ses babines se retroussent. Et malgré la lune, malgré la terre, ce sont bien des crocs. Des touts petits crocs qui apparaissent. Prêt à s’enfoncer dans la main – le bras – la gorge – de l’insolent.

Pourtant c’est sa main qui part en premier. Et – CLAK – gifle à lui faire tourner les cervicales sur un parfait demi-cercle, éclatant sa lèvre inférieure, rougissant la pommette. Sacrée baffe de femelle outragée. Sacrée beigne que le chef se prend.

L’insolent.

Barbecue couine encore. Et les lapins s’échappent en arrière. Hors de l’attaque du Perdu, qui voudrait sans doute encore les saisir, s’il n’avait pas sa main – sa main – dans la poche – sa poche.

« QU’EST-CE QUE TU AS – DANS TA FICHUE POCHE ?! »
Serpent, elle se glisse, lui arrache le poignet de sa cachette.

Et découvre le couteau.

Le cri qu’elle pousse est aussi effrayé que furieux.

« CHASSEUR ! »


Branlebas de combat pour les lagomorphes. La fuite est donnée. Et seul Barbecue reste, obligeant les autres à l’escapade, mordillant les retardataires. Observant Saline qui joue avec la lame, a d’abord le geste de l’envoyer se noyer dans la rivière. Mais se fige, le retient.

Dans un rictus plein de dents qui n’a rien à envier aux grimaces du livreur.

« On va jouer. A un jeu. »
Le couteau sautille maladroitement dans sa paume. « On va dire que je t’ai défié à l’Arène – mon petit chef. Et Saline la livreuse, a pris un beauuuu couteauuu. Elle va attendre que tu fonces, et te l’enfoncer dans la glotte – hop ! Elle va poignarder ta langue, pour que tu ne dises pluuuus de vilains moooots. Hihihi. Et quand elle aura fini de te vider comme un porc – petit chasseur – alors Saline la livreuse te découpera le visage. »

Elle ne rit plus. Elle s’avance. Claque, brutalement. « Ogive ! » Excitée par la suite, par la chasse, par le sang qu’elle flaire déjà sur le visage du gosse. Roux Roux ! Elle fera semblant qu'il est Pan – et ça sera bon, ça ne sera pas sale, ça sera comme avec Transistor – et s’il était là, il mangerait aussi, ils mangeraient ensemble et riraient, riraient de l’orgueil du chef, de sa stupidité, de sa fragilité.

« Et je vais coudre ce visage sur l’arrière de ma cache, ça m’en fera un nouveau masque. »
Puis, ingénue. « Tu crois que si je prends tes cheveux, comme le fond les steaks-rouges, ils me confondront avec toi ? » Elle les imagine presque, les mignons petits sucres, tous alignés comme à la parade. Se jetant sur le costume, comme retrouvant leur chef bien aimé. Tous dupés, tous à leur tordre le coup, et l’Arbre, le grand Arbre, comme un immense, un éternel buffet.

Cours, cours petit livreur.
Tu as cela pour toi. Ses jambes à elle ne sont pas assez agiles.

Cours donc, fuis. Il faut maintenant te protéger.
Et garder à l’abri ton cœur. Certaines Mères sauront bientôt ce qu’elle en fait, la salée.





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MessageSujet: Re: Béguin roukmout   Béguin roukmout EmptySam 27 Fév 2016 - 23:28

Le couteau est pointé sur sa jugulaire. Elle ne sait pas le tenir, ça se voit, mais elle ne tremble pas. La fureur déforme ses traits, et Saline a l'air d'une petite fille grotesque. Et lui, il ne rit plus. Il la fixe sans plus une once de sympathie, il l'écoute vomir ses petites menaces de son horrible voix. Elle ne le fait plus rire, non. Cette sale petite pute. L'insulte s'imprime entre ses neurones et heureusement, ne passe pas par la bouche. C'est ce qui le sauve, sans doute. Mais il la pense, l'insulte, oui. Le mot a perdu de ton son sens, mais il sonne avec assez d'impact, et il n'en choisirait pas d'autre, s'il devait raconter la scène.
La situation a beau être sérieuse, il se surprend à penser à autre chose : à la raconter, la scène. Tourner en romanesque sa rencontre avec Saline la Sirène. Pour les gosses, à l'Arbre. Peut-être qu'il évitera de dire le mot pute, finalement. Et peut-être qu'il ne parlera pas de la baffe, ni du couteau volé, parce que franchement, c'est quand même la honte.

Il flippe pas. C'est Freckles. Il flippe jamais. Même avec la gamine qui montre les crocs, gueule des menaces et des obscénités, le traite de … de chasseur ? (chasseur, livreur, chasseur, livreur, faudrait savoir). Même avec sa propre arme pointée sur sa gorge. Non, vraiment, elle l'a bien eu sur ce coup là. Mais il flippe pas. C'est un regard bien froid qu'il lui balance, il s'applique même à le rendre menaçant.

« Ferme bien ta gueule, Saline. »

Il pourrait encore. Retourner la situation. Elle est quand même pas bien solide, pas bien effrayante, même armée. Il caresse l'idée, un instant. Mais non, il ne peut pas, si ? Elle ne lui a rien fait, officiellement. A part la gifle, mais bon ...
Et puis de toutes façons, il y a ses doigts, là.

« Faudrait mieux que tu coupes la tienne, de langue, ça t'évitera de dire plus de conneries. Oh et un conseil, laisse tomber le numéro de la gamine perdue. Ça marche pas. T'as l'air d'un monstre. »

D'un semblant de petite fille. D'un truc absurde, difforme et dérangeant, un essai raté qu'on aurait jeté de côté tant ça ne pourrait pas plus s'éloigner d'un enfant. C'est ça qu'il ressent, sans savoir mieux l'exprimer qu'avec ce mot là. Monstre. Avec ses yeux trop clairs et son sourire trop grands. Et ce rire. Monstre.
Freckles lâche un sifflement entre ses dents de devant, un peu excédé. Compris, voix de la raison. On se casse. On a tout perdu, dans l'affaire, mais autant pas repeindre l'herbe en rouge, ça commence à suffire.

« Tu peux garder le tee-shirt. » pétasse. « et le couteau. »

C'est une histoire d’entraînement, le regard menaçant. La voix sans équivoque, aussi, à mille lieu de ses trilles habituelles. Il se calque sur les autres chefs, et sur tous les connards avec un semblant d'autorité. Pas difficile de jouer au méchant, vraiment !

« Si jamais je te vois autour du grand Arbre, tu crèves. »

Voilà, nickel, parfait, on pourrait presque croire qu'il a le dernier mot, avec ça. Même si il a l'air con, au fond. Il est sincère dans sa menace. Il fait deux pas en arrière sans lui tourner le dos. Les lapins ont foutu le camp. C'est fou comme il peut les détester aussi vite qu'il les a aimés. Comme il les a jamais vraiment aimé, du coup. Et Saline non plus. Il est bien sûr de la détester, d'ailleurs. Sorti du cercle, il se retourne enfin, offre son dos à la sirène (flippe toujours pas). Et s'éloigne sans courir. Pour l'honneur, mon gars ! Il courra plus tard. Si elle fait mine de le rattraper, de l'attaquer, alors là, il la tue. C'est peut-être pour ça qu'il ne court pas, en fait, pour laisser planer la possibilité. Parce qu'il en a un peu envie, maintenant, de la tuer, soyons honnêtes. Pas pour le plaisir, non. Mais pour le principe.
Mais elle ne le fait pas.
Il a le temps de quitter la clairière, la perdre de vue, sortir de sa ligne de mire. De respirer. Déçu, presque. En rentrant à l'arbre, il y pense. Une prochaine fois …..
Bonne chance pour le trouver, Saline, son cœur.
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L'Ombre
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MessageSujet: Re: Béguin roukmout   Béguin roukmout EmptyJeu 28 Avr 2016 - 1:13

The End


Si les animaux savent se faire aimer,
Les sirènes n'ont pas de quoi être exemptées.


FIN DE L'AVENTURE




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