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Ancien Perdu
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MessageSujet: Mission | Anaphore   Mar 25 Aoû 2015 - 1:35

Peter Pan a écrit:
Peter Pan a faim. Faim de sucre. Chocolat, barbe à papa, caramel fondu... L'Enfant-Roi souhaite s'en gorger jusqu'à plus soif, en dévorer des milliers. C'est que le roi de l'île brille de milles feux ces derniers temps, et seul le sucre peut compenser l'énergie qu'il dépense à foison. Pour accomplir cette mission des plus importantes, Peter Pan a fait appel à Stagy et Shark. Ils devront aller s'approvisionner au sein même de la Machine qui, selon les rumeurs, recèlent des friandises qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Les Enfants Perdus seront récompensés s'ils arrivent à ramener une friandise inconnue à Peter Pan.

♕♛♕

Diplomate, patate, tomate, rate, dilate, écarlate.
C'était le jour des rimes, le 823è jour sur Never Never Land. Stagy s'entraînait à lister tout ce qui allait ensemble, mettant éventuellement à jour les listes déjà existantes. Il ajoute carapate. Petit diplomate n'a pas la patate, il devient écarlate et elle se carapate. Ça marchait plutôt bien pour se souvenir de ce qui s'était passé la dernière fois qu'il avait rencontré la personne qui hantait ses nuits. Il se la remémorait en détail, ajoutant quelques détails épiques de-ci de-là lorsque cela ne lui convenait plus. La fable s'était étoffée de jour en jour, avait gagné plus de consistance, de panache. Il l'enjolivait, comme un enfant souligne d'une jolie arabesque son prénom.

Il ne l'avait pas revue. Pas une fois.

C'était sans doute mieux ainsi, en fait. Il allait pas se faire bannir, il pensait que c'était comme une maladie (il n'avait pas osé consulter Soul, pour une fois), que ça passerait. Un comprimé matin, midi et soir, pendant six jours à compter du 21 octobre, ainsi qu'un sachet de Fervex tous les soirs sur une durée de quatre jours. Ne pas dépasser les doses ci-dessus indiquées. Une ordonnance, sa vie était une ordonnance. Alors qu'aucune mission diplomatique ne semblait prévue pour lui aujourd'hui (et voyant tous ses camarades partir un à un il DOUTAIT sérieusement que ce soit un hasard), il se préparait à passer l'après-midi devant un livre, lorsqu'on vint le trouver.

Hé. T'as une mission avec Shark.

Avec toute la délicatesse du monde (il était dans une période gentleman anglais en ce moment, allant jusqu'à boire du thé, et cherchait même une pipe quand il avait le temps (et j'entends par là un objet de bois pour fumer, pas autre chose D8)), il prit connaissance des détails de la mission. Son coeur battait à la chamade, ratant des battements par-ci par-là, et il se sentit voler. Sans pouvoir masquer sa joie, il enfila sa veste et se munit des deux dagues qu'il gardait (en sachant qu'il n'arriverait JAMAIS à  s'en servir) non sans dégoût dans ses affaires.

Or donc, il descendit tout en bas de l'arbre sans trop se poser de questions. C'est quand il eut les deux pieds sur le sol, et la Sentinelle en face qu'il réalisa.

La MACHIIIINEEE.

Il se fendit dans un faux sourire assuré, tandis que tout son être hurlait au désespoir et à la mort proche, et lâcha quelques paroles vides, creuses, plates et hypocrites:

· Et bien en route !
Notre aventure sera somme toute
Une énième joute
Entre toi et moi ma choute Je dois avouer que je le redoute...


Ah mais ta dulcinée est pas capable de comprendre tous les mots, t'as oublié Stagy? T'as oublié que tu es raide dingue d'une analphabète inculte qui plus est? Abruti.
Stagy se reprit presque tout de suite et s'éfforça de prendre une voix plus grave et virile (ce qui était une perte de temps, un peu):

· Allons-y, ne perdons pas de temps.

Et il s'enfonça dans le petit bois.


Dernière édition par Stagy le Dim 20 Sep 2015 - 1:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mission | Anaphore   Mar 25 Aoû 2015 - 16:52

Il serait grand temps que Peter se trouve une nouvelle mère en chef.
C'est ce que Shark n’arrêtait pas de penser, ces temps-ci. Et encore plus, alors que, maussade, elle se rendait au pied de l'arbre pour sa mission suivante. Son bras en écharpe rendait parfois difficile le passage des échelles, et de toutes façons, elle crachait un refus farouche à quiconque lui proposait son aide. C'était déjà suffisamment humiliant d'avoir du se rendre à l'infirmerie, elle ne voulait pas en plus passer pour une infirme. Ce qu'elle était, en réalité. C'était d'ailleurs pour ça qu'on lui filait des missions de récolteurs.
Retour au premier point : Peter avait sérieusement besoin de quelqu'un pour maîtriser ses pulsions débiles. Libre à lui de se pourrir les dents et de se sucrer le sang. Libre à lui de bouffer des bonbons à en vomir. Elle n'en avait rien à foutre. Et elle voulait pas y être mêlée. Elle avait accepté la mission en grognant, pas comme si elle avait le choix. N'avait prêté aucune attention au nom de la personne qui l'accompagnerait. Jusqu'à se retrouver, prête à partir, à entendre une voix oh tant honnie.

· Et bien en route !
Notre aventure sera somme toute
Une énième joute
Je dois avouer que je le redoute...


Elle fit volte face et se retrouva en face, sans surprise, du gros naze.

« Ah. »

Pas vraiment de mordant ni de surprise. Somme toute, elle n'était pas vraiment si malheureuse de le voir. Même si encore une fois, il commençait déjà à la fatiguer, avec ses rimes. Oui, ce serait une nouvelle joute. Et il perdrait de nouveau. A moins que depuis le début, ce soit lui qui gagnait, sans qu'elle s'en rende bien compte.
Elle le dévisagea. Avec un peu trop d'attention, même. Quelque chose clochait, non ? Peut-être avait-il l'air plus abruti que d'habitude. Peut-être que ses cheveux rebiquaient dans le sens inverse de la dernière fois. Ou peut-être était-ce juste le fait qu'il aie enfin un nom. Stage … Stagy ? Shark ne savait pas très bien quoi faire de cette information.

Elle lui emboîta le pas sans traîner. Mission de récolteurs ou pas, elle ne comptait pas la louper. Ni se montrer plus naze que le plus gros des gros nazes, bras cassé ou pas. Et chemin faisant, elle le dépassa, se tourna vers lui, et prit la parole.

« J'ai fini ton livre. Il est naze. »

Catégorique. Deux phrases qui se contredisent, un peu. Si Shark avait vraiment détesté ce livre, elle ne se serait jamais forcée à le finir, entre deux tours de garde, demandant de temps en temps à une autre sentinelle la signification d'un mot ou d'un autre. Mais ça, Stagy n'avait pas à le savoir.
Elle sortit le petit livre de la poche de son sweat informe (attelle oblige, elle n'avait pas pu enfiler son blouson habituel) et lui tendit.

« Je te le rends. »

Elle hésita. Des tas de questions lui brûlaient les lèvres, à propos de ce bouquin. Le premier qu'elle avait lu en anglais, de fait. Et donc, pas d'un niveau littéraire inatteignable. Pourquoi est-ce que Stagy se le trimbalait, dans ce cas ? Lui qui se baladait en étalant sa culture imaginaire ? Mystère.
Elle lui fourra le livre dans les mains et ses yeux lancèrent des éclairs.

« Maintenant écoute. On va mettre des règles. Interdit de faire des rimes. Et interdit de phrases plus longues que « je suis un gros naze ». Compris ? »

Après quoi elle reprit son chemin en faisant mine de ne pas se préoccuper de lui. En vérité, elle n'en menait pas large. La zone de leur mission se trouvait près de la Machine, et elle n'y était jamais allée. Elle espérait que ce ne serait pas le cas de Stagy.






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MessageSujet: Re: Mission | Anaphore   Mer 26 Aoû 2015 - 15:20

Son avantage n'avait pas duré. Son avantage ne durait jamais, et même s'il partait devant, elle le rattrapait. C'était comme ça. Il était trop petit, trop mince, avec des jambes de bébé. Il n'avait pas tellement de muscles non plus. Et ça c'était un euphémisme. Limite que là il serait déjà tout pantelant au bout de cent mètres de marche. Sa surprise se fit grande à la nouvelle, ses yeux s'écarquillèrent, presque émerveillés. ELLE L'AVAIT FINI!

« Ah oui? Bravo! Et qu'en as-tu pen... »

Sa phrase s'étrangla, le couperet tranchant était tombé, la voix du requin l'avait écrasé. Ah. Il le savait bien que ce livre était médiocre, il se demandait si elle avait vraiment pensé qu'il pouvait apprécier cet ouvrage. Il ne se souvenait pas très bien, peut-être qu'il l'avait présenté comme son préféré. Stagy n'en savait rien, et il avait sérieusement mal à la tête. Il nz s'en était pas rendu compte, aveuglé par l'euphorie que lui provoquait la présence de Shark. Tout ça s'était évaporé, les mots étaient trop durs.

Il ne fit même pas mine de retenir sa grimace. Corné, abîmé, fourré nonchalamment dans une poche comme si c'était la dernière des crasses. Son coeur se serrait à voir ce traitement infligé à un de ses pairs... à un de ses amis, et il le plaça dans sa sacoche, à côté de 20,000 lieues sous les mers et de son carnet, qu'il prit à la place. La machine, la machine. D'un coup il le ferma en claquant, et devint rouge d'indignation.

« C'est une offense à ma liberté d'expression! Je ne suis pas ton esclave, qu'est ce que tu veux encore? Que je te cire tes bottes?» Il soupira longuement et ajouta: « Soit. Mais sache que si mon talent s'avère utile, et bien je n'en userai point et tu comprendras, alors!»

Il se tut. Je suis un gros naze. Cinq mots. Ce serait plutôt dur. Ce qu'il ne fallait pas faire pour lui faire plaisir, à celle-là! Elle était difficile. Il rouvrit le carnet et examina une carte approximative qu'il avait gribouillé à l'aide d'un autre garçon perdu. Pensif il désigna une direction qui lui semblait la bonne. Stagy songea à ce qu'il voulait dire et les mots que cela prendrait. Consciencieusement il dit:

« C'est par là. Tout droit. Après toi, jeune fille...»

Avec un geste galant il l'invita à passer devant lui, même si elle se trouvait déjà devant lui. Environ cinq cent mètres. En espérant que la Machine n'avait pas changé de place depuis la dernière fois. Ce qui était arrivé environ dix-huit fois depuis qu'il était à Never Land. Les positions successives avaient été marquées d'une croix rouge et numérotées. L'emplacement 18  n'était pas loin fort heureusement. Il décocha un sourire chaleureux au Polaroid.

Ne pas montrer sa peur, ne pas montrer sa peur.
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MessageSujet: Re: Mission | Anaphore   Jeu 27 Aoû 2015 - 11:37



Stagy avait peur. Ça se voyait, derrière son faux sourire et ses manières offusquées. Il passait derrière elle, et ses mains tremblaient. Regard nerveux et tout. Shark commençait à en connaître un rayon, en peur. C'est elle, qu'il craignait ? Ou la mission ? Mission plutôt simple, pourtant, que de récupérer des bonbons. Elle lui jeta un coup d’œil, et sourit, oui. Un bon point pour l'effort. L'expression – laquelle était-ce ? - ah oui, « cirer les bottes », la faisait rire. L'image du diplomate, effectivement accroupi à ses pieds à polir ses chaussures crasseuses, trottait dans son esprit, et elle avait du mal à la chasser. Alors elle souriait et ce geste inhabituel lui tiraillait les muscles des joues.

« Tout droit », elle répéta en reprenant son sérieux.

Phrases de cinq mots, ou moins. Ça reposait. Ça le faisait aussi ressembler à un robot un peu. Mhh. Jamais contente, pas vrai, Shark ?

« Quel talent ? De trop parler pour rien dire qui est intéressant ? »

Et quand Stagy amputait ses phrases, elle allongeait les siennes. Il avait pas été si naze que ça, ce livre. Ça la crèverait de l'avouer, mais elle en avait appris, des trucs. Elle jeta un regard en douce à la carte du garçon. Son carnet semblait un miroir du sien. Mais elle n'avait pas de carte. Aussitôt, elle s'en voulut de ce retard. Une fois rentrée, il lui faudrait une carte.

La machine se dressait comme une grosse bête de métal fumante. Campée sur ses pattes encore tremblantes, vibrantes, prêtes à se mettre en mouvement. Avec une grande gueule béante et sérieusement peu invitante. Shark se stoppa dans ses pas. Hésitante. Se tournant vers le diplomate avec un regard curieux, sourcils froncés, attendant une directive. Juste un indice. Un peu impressionnée que la machine soit bien là, à l'endroit indiqué. Coup de chance ?

« Bon. »

Elle n'avait rien à dire. Elle se contenta d'un geste maussade en direction de tout ce foutoir.

« On rentre ou quoi ? »

L'objectif principal de Shark, en finir vite. Tant pis pour la friandise inconnue, Peter se contenterait d'une quantité monstre de glucides et puis c'est tout. Avec un bras en moins, elle ramasserait déjà bien trop lentement à son goût. Elle trépignait presque, mais était retenue par un sale instinct de survie qui lui hurlait de ne pas rentrer là dedans, surtout pas.
Elle attrapa le poignet de Stagy d'une poigne autoritaire. Pour pas qu'il se carapate.







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MessageSujet: Re: Mission | Anaphore   Jeu 27 Aoû 2015 - 18:30

─ Quel talent ? De trop parler pour rien dire qui est intéressant ?

─ Mon talent de poète! T'y comprends rien, de toute façon.

Il avait répondu du tac au tac, vexé comme un pou. Il ne comprenait pas grand chose lui non plus même s'il faisait semblant d'être la science infuse, le membre de l'Académie française (même s'il ne parlait pas un mot de français, c'était plutôt prestigieux comme club) mais il y avait des milliards de trucs qui lui échappaient. D'abord qu'est ce qu'elle avait de spécial cette Shark? Et pourquoi alors qu'il ne voulait pas grandir il avait grandi? Est ce que sa volonté n'était plus aussi forte qu'avant, alors? Puis surtout, pourquoi lui sur cette île? Elle avait raison, la Sentinelle. Stagy ne servait à rien.

Ça faisait mal de s'en rendre compte. D'arrêter de détourner les yeux et regarder ça en face. D'assumer.

Et c'est là que la magie opéra. Alors qu'il s'apprêtait à grogner de mécontentement et se ratatiner, afin de montrer à quel point son moral n'existait plus, et puis peut être pousser des lamentations et se lancer dans la tirade d'Hamlet ou une d'Harpagon, il se stoppa soudain. Elle. Venait. De. Prendre. Sa. Main.
Oh la la.

Tout son intérieur faisait des papillons et des bulles, ou peut être des papillons à bulles enfin un truc extraordinaire, une sensation de chaleur qui fourmillait dans le coeur et l'estomac, et partout autour, jusqu'à exploser dans une pluie de confettis multicolore au niveau du cerveau. Il manqua de s'éclater le crâne sur le sol tant il était devenu tout flasque et flagada, les muscles des jambes en compote, mais sa tension n'avait finalement pas trop chuté. Mais diantre, qu'est ce qu'il lui arrivait?

─ Shark...

Il se força à placer un pied devant l'autre, comme une marionnette qu'on guide avec des fils. Et alors voilà que la Machine était là. Il n'était pas peu fier de l'avoir trouvée du premier coup et il bomba le torse. La meilleure chance fut qu'ils se trouvèrent immédiatement dans la province acidulée, sans avoir à passer par le Canton Poupon ou le Garage Métallique. Tout allait pour le mieux et Stagy qui ne parvenait pas à lâcher Shark regardait dans tous les sens.

Enfin il consentit à se libérer de son étreinte, et, un sourire stupide sur les lèvres il toucha un arbre de sucre d'orge. C'est alors qu'il se rendit compte qu'ils se trouvaient dans un immense jardin tout de sucre fait. Il fit une grimace dégoûtée. Diable que les bonbons étaient mauvais pour la santé! Et écœurants! Du bout du doigt il effleura des fleurs en chocolat, puis, à moitié dingue, il en fit un bouquet et se ramena vers Shark à qui il tendit les sucreries. Double message: «donne ça à Peter» et «mais en vérité elles sont pour toi». Il s'éloigna en sautillant et continua à ramasser tout ce qui lui paraissait insolite. Et le caramel à la cerise par ci, et les friandises qui semblent liquides mais qui ont une texture solide quand on les a en bouche, et puis ensuite ces fraises au goût de banane... Il était comme fou, fouinant à la recherche de l'idéal, revenant régulièrement à sa partenaire pour qu'elle mette tout dans le sac. Il avait les doigts tous poisseux mais ça ne lui importait plus.

Il y avait bien longtemps que son coeur battait la cinquième symphonie de Beethoven et que lui, il ne songeait plus aux apparences.
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MessageSujet: Re: Mission | Anaphore   Sam 29 Aoû 2015 - 12:08



Talent de poète ? Non, en effet, elle n'y comprenait rien. Elle haussa les épaules d'un air désabusé – enfin, son épaule valide, celle au bras accroché au poignet de Stagy. Qui semblait être rentré en transe par ce simple contact. Bombant le torse d'un air pas viril et semblant flotter sur ses petites jambes courtaudes. Les garçons étaient décidément des créatures bien étranges. Elle finit par retirer sa main d'un geste un peu trop brusque avant que ça devienne gênant.
Bon, ok, c'était déjà super gênant. Elle regrettait mille fois cette idée bizarre, elle qui détestait le contact de toutes façons. Et voilà qu'il allait se faire des idées. A dire son nom d'un ton rêveur, là. Oh pitié.
Love se foutrait tellement de sa gueule, si elle était là.

Renfrognée, elle se concentra sur le paysage qui se déballait devant ses yeux. Une scène cauchemardesque sortie d'un dessin animé, papiers de bonbons criards et effluves sucrées à en avoir la nausée. Des arbres en canne à sucre et ruisseaux de chocolat qui serpentaient entre ses pieds. C'était … euh …. pas si inattendu que ça, en fait.
Peter voulait une friandise inconnue. Seulement, à ses yeux, elles l'étaient toutes. Elle ne s'était jamais vraiment attardée sur ce genre de choses et n'avait que trop rarement envie de sucre. Hésitante, elle tendit une main vers une grappe de bonbons accrochés comme du raisin à une vigne. Puis en fourra toute une poignée dans sa bouche, les laissant fondre sous sa langue. Mhh. Fruits rouge ? Fraise, framboise, cerise ? Sait pas. Elle attrapa une autre grappe qu'elle balança au fond de son sac. Stagy revint avec un bouquet de fleurs chocolatées, lui faisant lever un sourcil.

« Je préfère les pissenlits. »

SERAIT-CE DE L'HUMOUR ??? Non, sûrement pas. Elle avait vraiment préféré le bouquet de pissenlits, tristement abandonné sous les pas écrasants d'une carcasse de mammouth. Elle attrapa néanmoins le bouquet avant de le jeter sans ménagement avec le reste. Puis de continuer à ramasser tout ce qu'elle trouvait. Pommes d'amour, barbe à papa en cubes, oiseaux en sucre qui battent vraiment des ailes. Elle se mordit la lèvre inférieure.

« Tout se mange, pas vrai ? »

Ce serait dommage d'empoisonner Peter, vraiment dommage. Et puis elle, aussi, vu qu'elle en avait mangé. Tout d'un coup ça ne lui semblait plus être une si bonne idée. Elle avait un peu mal au ventre, non ? Peut-être qu'elle allait mourir.
Elle se tourna vers Stagy.

« Eh ! Arrête de courir partout, gros naze ! C'est important. »

Non mais il avait complètement craqué son slip, celui-là ! Qu'est-ce que c'était encore que ce sourire idiot ? Elle hésita. Main pleine de bonbons au miel au dessus de la sacoche.

« Est-ce que », elle commença, cherchant ses mots. « Est-ce que le livre a un deux ? Une suite », elle rectifia.

Toujours renfrognée et l'air de s'en foutre.
Comment ça, c'est pas le moment ?

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MessageSujet: Re: Mission | Anaphore   Mar 1 Sep 2015 - 1:24

Il arrête d'un coup de courir. L'ordre a retenti.

Il n'a pas tant l'esprit de contradiction que ça, et pourtant à chacune des phrases que Shark babille, il a envie de s'enflammer, de lui expliquer pourquoi elle a tort et pourquoi lui a raison. De lui dire que lui offrir des pissenlits c'était pour se moquer d'elle et que ce sont les fleurs les plus laides et les plus indésirables qui soient. Qu'elle ne vaut pas ça, et que lui il la voit tantôt pivoine, tantôt Marguerite, et parfois un peu violette. Parce que Shark elle est jolie, et pas que. Elle est rebelle comme une mauvaise herbe c'est sûr, mais elle ne s'envole pas quand on souffle dessus, parce qu'elle est solide. Mais elle ne fait pas éternuer de façon désagréable. Il voudrait que Shark comprenne certaines choses, mais il n'est même pas capable lui-même de les expliquer. Son coeur est rempli de la frustration et de la colère mais il tente de domestiquer ça. Il ne veut pas qu'elle se braque à nouveau.

Il la regarde mélancoliquement. Il aimerait qu'elle dise d'autres choses. Que tout ne soit pas toujours aussi plat, monocorde et monotone. C'est vrai: Shark n'a pas l'air de comprendre grand chose. Stagy voudrait lui ouvrir les yeux, l'aider à voir le monde différemment mais il n'en est pas capable.

Il faut qu'il arrête avec ça. Il agite la tête de droite à gauche assez vite et déchire un morceau de rideau en cheveux d'ange. Il doit être heureux, c'est ce que Peter dit toujours, pas vrai? Un sourire faux et éteint naît sur ses lèvres et il croque à pleines dents dans les friandises. Tant pis pour les caries, et il mâche voracement. Tant pis pour les cons, et il avale le mélange de sucre et de salive qui reste dans la gorge. Tant pis pour Shark, et il se lèche sans retenue les lèvres puis les doigts. Il prend un air dramatique et tombe aux genoux de la Sentinelle. Le visage bien trop tordu pour être réel il clame:

─ Hélaaaaaaaaas, Shark! Ce que tu as mangé... c'est du poison. Adieu... Il ne te reste que dix secondes à vivre! 1...2...3...4...5...6...7...8...9...10!

Il éclate de rire et lève une main en l'air et explique d'une voix qui se veut rassurante:

─ C'est pour rire! Ce n'est pas vrai!

Stagy se relève, goguenard et s'éloigne à nouveau. Il regarde autour de lui et trouve un bonbon à la violette qui ressemble à une vraie violette. Tout sourire il se retient de courir et s'approche derechef, cette fois en marchant calmement. La tragédie a déjà été représentée, elle a eu un tel succès que les acteurs l'ont modifiée un peu pour la rejouer dans un nouveau théâtre. Il tend la sucrerie.

« Et les violettes? Tu ne les trouves pas jolies ? Et la couleur tu aimes? Même le goût est succulent! Elles sont un peu comme.... commme... » Il devient écarlate et détourne la tête pour pas qu'elle ne le voie. «Comme Love. Oui, Love.»

C'est quand même plus simple de mentir. Rachel a bien raison. Il s'enfuit pour la cinquantième fois et s'accroupit près de champignons qui explosent dans une pluie de minuscules myrtilles quand on les met dans la bouche, en goûte un puis lâche, sombre:

─ Pas de suite non. Ce livre est piètre de toute façon.

Il essuie ses mains sur son pantalon (il ne se rendra compte de la gravité de cet acte que plus tard) et fait mine de fourrer le champignon dans le sac de Shark.

« Ah, ton sac est plein. On a qu'à utiliser le mien.» Il a cédé. Ses affaires seront poissées, tant pis. Il installe sa veste par dessus le carnet pour qu'il ne soit pas sali et d'un coup aperçoit son Jules Verne. Il le prend et le brandit triomphalement. « J'ai celui-là! Il est vraiment, vraiment meilleur! » Il caresse doucement la couverture rouge. « Un peu plus difficile aussi. » Il a l'air de réfléchir quelques secondes, se syeux allant du Polaroid au livre, puis au paysage sucré. « Je te le prête. Si tu ne l'abîmes pas. »

Il présente sa main à plat. « D'accord? Je peux te faire confiance? » Tope juste là , Shark. Et après ça ira; la confiance peut venir plus facilement que les preuves.

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MessageSujet: Re: Mission | Anaphore   Jeu 3 Sep 2015 - 20:36


Et Shark écoute avec stupeur le décompte s'égrener. Yeux qui clignotent et bouche entrouverte. Et oui, malgré le ton terriblement dramatique de l'autre gros naze, voilà qu'elle sent son cœur toucher le fond de ses chaussures. Tu vas mourir, Shark ! C'est le même sentiment que celui qu'elle ressentait en haut de l'escalier. Si tu tombes, Shark, c'est pas tes couteaux ni tes dents qui vont te sauver, tu tombes, c'est tout. Tu meurs. Tu n'es plus qu'un contour à la craie distordu sur le palier. Et si t'as mangé une grappe de bonbons empoisonnés, tu meurs ! Tu crèves la bouche ouverte sans avoir la salive de cracher une dernière insulte !
Hélas ! Adieu !
Ah, non, c'était pour rire, voyons.

« T'es vraiment ! »

Sa voix part dans les aigus et sa main se lève, menaçant de venir talocher le crane de Stagy. Puis au point culminant, faiblit. Elle cligne des yeux, et baisse sa main, le cœur en vrac.

« T'es vraiment trop con, hein ! »

Et elle part, miracle, dans un rire faux et complètement gêné. Parce qu'elle s'est faite avoir par la blague la plus nulle du siècle. Parce qu'elle lui en veut, mais elle s'en veut encore plus d'être aussi conne. Conne, conne, conne, la reine des connes. Alors elle rit. Stratégie de repli défensif et désinvolte qui marche si bien chez les autres.
Mais Stagy est déjà reparti dans sa course effrénée à la couvrir de fleurs en sucre. Et les violettes, les violettes, elle en a rien à foutre, des violettes ! Elle veut des pissenlits bordel !

« Love », fait Shark avec un reniflement de dédain. « Donne à Love, tes violettes, si tu trouves elles sont comme elle. Je les trouve laides. »

Le message semble clair. Mais pas dans la tête de Shark. La jalousie marche dans le mauvais sens. Shark ne veut pas que Stagy trouve Love jolie. Elle ne veut pas qu'il la regarde du tout, comme la regardent tous ces garçons. Elle voudrait qu'il reste à sa place, et elle voudrait dire que Love est belle, pas jolie. Mais elle son rôle, c'est justement de dire l'inverse.
Elle fait la gueule, donc, tenant le bouquet du bout des doigts comme quelque chose de particulièrement repoussant. Et le lâche aussitôt lorsque le diplomate revient à la charge avec un nouveau livre.
Elle déchiffre entre ses dents le nom de l'auteur et le titre. Assez fière d'elle, faut le dire. Elle connaît. Jules Verne. Un garçon dans sa cabane lisait quelque chose du genre, un soir.
Je te le prête, il dit.

Stagy est difficile à suivre. Un espèce de sale lunatique, voilà ce qu'il est. Shark plisse les yeux d'un air méfiant devant son sérieux soudain et sa main tendue. Et lentement, étend la sienne pour la claquer mollement dans celle du diplomate. Dans un dernier élan de politesse, elle évite de l'essuyer tout de suite sur ses vêtements.

« Ok ... »

Ne pas l’abîmer, c'est une promesse qu'elle peut tenir, si elle le veut vraiment. Elle glisse le livre dans la grande poche de son sweat.

« Ok », elle répète, les doigts effleurant toujours la couverture. Puis, abruptement : « Allez, mission maintenant. »

Affaire classée, affirme le ton de sa voix. Elle se détourne, l'air hautain, pour s'éloigner en direction d'un arbre portant un nombre terrifiant de bonbons différents. Puis, se fige dans ses pas. Et sous ses semelles, sent le sol trembloter, vibrer, au rythme des bruits métalliques et rugissants de la Machine, soudain réveillée.







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MessageSujet: Re: Mission | Anaphore   Mar 8 Sep 2015 - 0:01

Mais bien sûr qu'elle était mieux que Love! Mais bien sûr qu'elle était mieux que Aphrodite! Mais bien sûr qu'elle était mieux que Aurora! Shark était mieux que tout, même si elle n'avait pas les formes de son côté. Même si son visage n'était pas aux critères miss monde 2014 (il était ÉVIDENT que cette absurdité n'avait pas vu d'édition 2015, enfin c'est ce qu'il espérait) , ça lui importait peu. Elle n'arrivait jamais à décrypter ses SOS, et ce n'était pas faute d'avoir essayé.

Mais ça suffisait, il en avait assez fait. Assez de se ridiculiser de faire des efforts pour rien. Il pouvait remballer tout romantisme, ça ne fonctionnait pas avec elle. Il n'était pas prêt à abandonner la lutte, il ré-essayerait un autre jour. Il fit une révérence avec un sourire triste.

─ Très bien. Tant pis.

Et là tout se mit à bouger sous ses pieds. Son premier réflexe fut de s'accrocher à un meuble non loin, puis il se rendit compte que ce n'était pas un tremblement de terre. Il ne put s'empêcher de grossièrement lécher ses mains poisseuses. Sous les vibrations le contenu d'une table en chocolat se renversa par terre, Stagy bascula en arrière, s'écrasa sur le postérieur, en plein dans une flaque de jus de pomme. Berk. Il jura:

─ Affiche en bois!

Le petit diplomate se releva tout dégoulinant de sucré, des bonbons collés sur les fesses, sur les jambes, partout, et se tourna vers sa co-équipière. Il se passait quelque chose de pas net. Il la détailla comme il avait tant l'habitude de détailler les gens, point par point, en commençant par les pieds. Puis les jambes, les bras. Enfin le visage. Ses sourcils se froncèrent brutalement, tordant tout son visage lisse de manière hideuse. Quelque chose n'allait pas. Il s'approcha lentement de la jeune fille, observant avec minutie chaque détail. Les yeux, toujours aussi beaux. Son nez... RAS. Sa bouche... ah, sa bouche... euh. Rien. Tout semblant normal et pourtant non.

─ Shark, ne panique pas. Je crois qu'il se passe quelque chose de bizarre. Tu permets?

Qu'elle le permette ou pas ça lui était égal il ferait. Il n'avait pas de permission à lui demander. Tant pis s'il s'en prenait une. Il porta la main aux cheveux de la jeune fille, plutôt doucement quand même, sans décrisper. Puis, sans préavis, il saisit un cheveu (mais avait-il déjà été si épais?) et tira dessus. Ça s'arracha tout de suite, et Stagy fut très très très surpris, et très très paniqué. Le cheveu avait comme une texture de grains de sables. Il collait un peu. Et puis, cette odeur.

Il sentait le coca. Sans scrupules, Stagy le cassa en deux et fourra une moitié dans sa bouche. Oui, du coca.

─ Hé, je sais bien que ça va te paraître bizarre mais... Tes cheveux. Ce sont des bonbons au coca. Je te jure. Goûte.

Il lui enfonça la deuxième moitié entre les lèvres et essuya ses doigts sur son t-shirt, un brin dégoûté. Enfin, la Comédie céda à la panique. Il accrocha son sac sur son épaule, fit volte face et cria d'une voix  stridente et sur-aiguë:

─ On s'en va. Cet endroit n'est pas normal.

Normal ne voulait absolument rien dire. Stagy n'était pas normal, Shark non plus. Peter Pan n'était pas normal. Rien ne l'était sur cette fichue île, et même la définition de ce mot était plus qu'abstraite. Stagy haïssait les normes et ce qu'elles représentaient, mais pour le coup il était complètement perdu. Perdu dans ce labyrinthe. (parce que NON ces murs n'étaient pas là avant, il en était persuadé) Perdu dans sa tête. Perdu dans son corps. Perdu, perdu. Pourquoi enfant, pourquoi adulte? Pourquoi faible? Tandis qu'il laissait son esprit vagabonder, et que ses pas le guidaient dans un couloir en pain d'épice, il sentit une vive douleur dans sa colonne vertébrale. Brève, mais intense. Comme si on tirait dessus.
Nan, nan. Pas possible.

Pas possible. Pas maintenant, pas aussi vite.
Il devait oublier ce qu'était l'amour.
Pas grandir, c'était devenir inculte.
Laisser tomber l'autre monde.
Tout laisser tomber.
Il ne pouvait pas.
Son t-shirt le serrait un peu plus qu'avant, alors qu'il avait toujours été trop large. Il sentait le tissu moins plissé, plus tendu.

Paniqué il palpa son visage. Il lui semblait toujours pareil. C'est alors qu'il aperçut ses ongles. Bruns. Haha. Du chocolat. La sueur perla plus dru dans son dos, sur son front.

─ SHARK! Trouve cette sortie! Par où doit on aller, je te suis!
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MessageSujet: Re: Mission | Anaphore   Sam 26 Sep 2015 - 15:43


Le sol tremble et la Machine gronde. Campée sur ses pieds, Shark tente ne pas cogner son bras cassé au premier arbre en canne à sucre venu. Et que fait Stagy, pendant ce temps ? Il la mate de façon totalement glauque, comme si il venait de lui pousser une deuxième de seins. Ou d'absence de seins, en l’occurrence. Est-ce qu'il faut toujours qu'il la regarde comme un morceau de viande ? C'est pas du tout le moment ! Et voilà qu'il lui dit de pas paniquer !

« Je panique pas ! », qu'elle couine, pas franchement convaincante.

Même pas le temps de lâcher une protestation lorsque Stagy vient tirer sur un de ses cheveux. Cheveux ? Ce qui pend au bout de ces doigts n'est pas un cheveu. C'est trop épais, trop collant, c'est recouvert de grains de sucre. Qu'est-ce que- ? Elle ouvre à peine les lèvres pour l'engueuler qu'elle se retrouve avec la friandise en bouche. Et si la sensation de manger ses cheveux est suffisamment désagréable en temps normal, ce n'est rien à côté de la sensation glaciale qui lui ronge le bide à cet instant. Ses cheveux. Sont des bonbons au coca. Elle porte une main paniquée à son crane et rencontre la sensation rassurante du doux désordre capillaire habituel. Et un bug. Un, deux, trois autres éléments perturbateurs. Elle écarquille les yeux.

« Oh non. »

Qu'elle souffle à peine. Et c'est un pale reflet de la terreur qu'elle peut lire dans les yeux de l'autre.

« On s'en va ! », elle piaille au même moment que Stagy s'exclame la même chose.

Ils marchent vite, d'abord, puis se mettent franchement à courir, poussés par la peur et l'adrénaline. Les yeux de Shark vont d'un bout à l'autre des murs, vifs et alertes. Elle cherche la sortie. Et ne la trouve pas. Ils sont pourtant entrés si facilement ! Un flot d'injures franchit ses lèvres sèches, joli mélange de langues qu'elle ne différencie plus en situation d'urgence. De nouveau, sa main agrippe le poignet de Stagy. Elle enfonce un peu ses ongles dans la peau pâle du garçon, pour l’entraîner plus vite, mais cette fois, le fait plus par instinct que par méchanceté. Elle passe sa langue sur le dessus de sa lèvre supérieure, à la base de son nez. Sa peau est collante, sucrée. Sirupeuse.
Shark se voyait mourir autrement qu'en se changeant bêtement en friandise.

Et d'un coup elle sent que quelque chose ne va plus. Enfin, encore quelque chose de nouveau. Elle se tourne vers le diplomate et lit la souffrance sur son visage. Elle s'arrête en le voyant plaquer ses mains sur son visage.

« Stagy ? Tu vas bien ? Eh ! Stagy ! »

L'inquiétude lui fait oublier le « gros naze » de rigueur. L'inquiétude lui fait tendre une main vers l'épaule du garçon pour le secouer un peu. Plus douce et moins rude que d'habitude, elle essaie, du moins, de l'être. Sursautant lorsqu'il se tourne vers elle et lui gueule dessus.

« Me donne pas d'ordres ! » elle aboie. Puis plus doucement, désespérée. « Je sais pas où elle est, la sortie, d'accord ? »

Un nouveau sursaut. Du couloir de droite emergent des bruits cliquetants, inquiétants. Elle agrippe Stagy, pivote, et désigne le sens inverse.

« Par là ! »

Et ils courent de nouveau.

Pas pleurer.
Pas pleurer.
Pas pleurer.







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MessageSujet: Re: Mission | Anaphore   Mar 29 Sep 2015 - 0:07

Il avait comme envie de la dévorer. Des yeux bien entendu. Mais ses cheveux. Mais le tout. Tandis qu'elle s'agitait et courait, qu'il la suivait, presque à son niveau, c'est ce qu'il se disait, Stagy. Shark avait l'air si comestible, si délicieuse. Au sens propre, comme au figuré. Le diplomate tentait de réprimer ces pensées OUTRAGEUSES qui s'étalaient en plein dans le cannibalisme, pratique qu'il réprimait tout à fait, jugeant cela abject et bien sûr interdit par la loi. Cependant ce lieu lui faisait un effet bizarre. Il voulait manger des bonbons. Alors qu'il n'avait jamais aimé ça, avant.

Les deux enfants couraient dans le dédale, guidés par la jeune fille un coup, par le garçon l'autre coup. Un peu complémentaires, dans un équilibre précaire. Ce qu'il n'entendait pas, elle l'entendait, ce qu'elle ne ressentait pas, il le ressentait. Ils évitèrent longtemps les ennuis, mais Stagy était de plus en plus affolé. Déjà parce qu'il venait quand même de euh... pousser, puis parce qu'il ne pouvait pas s'empêcher de claquer des dents, et qu'elles s'éffritaient.
Littéralement.
Et en laissant un gout mentholé en bouche.
Ses dents étaient devenues des pastilles vichy.

Plus il claquait, plus il flippait, plus il claquait. Un cercle vicieux aussi immonde que ce labyrinthe sans fin.
Sans fin, sans fin, c'était vite dit! Parce qu'il y avait surement une fin. De là à dire qu'il l'apercevait au bout du couloir, oh, ça non. Mais en tous cas, ces quatre créatures à l'allure d'un Grotadmorv (ben oui, Stagy avait sa culture pokémon!), mais faits de mélasse, et plus longs (comme un humain quoi) avec un milliard de bonbons et sucettes incrustés dedans n'étaient pas là pour faire joli. C'était des obstacles. Pas n'importe lesquels. Des obstacles à l'air méchant et qui jetaient des boules de leur immonde substance sur les deux adolescents.

Des gardiens, en quelque sorte?
Crispé comme un derrière de poule, Stagy susurra à son acolyte:

─ Ne bouge pas... ça se trouve... ils ne détectent que le mouvement... comme les chats!

Raté. Un projectile gluant s'écrasa sur sa poitrine et dès lors il ne put s'en débarrasser, c'était collé. Au vu de toutes les autres boules qui leur arrivaient dessus mais qu'il évitait pour la plupart, l'objectif des monstres était clair: les ensevelir. Jusqu'à l'étouffement.

Stagy courut jusque derrière un arbre en barbe à papa. Il avisa une cabane en nougatine et se mit à donner de grands coups de pieds dedans pour la briser. La nougatine ferait surement un bon bouclier! Mais ça ne voulait pas se casser, et la mélasse commençait à recouvrir son dos.

─ Aide moi! Il faut qu'on se protège! Euh... S'il te plait? Vite? , cria-t-il, complètement paniqué, tentant néanmoins de garder un peu de tact. Ben c'était mal parti.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: Mission | Anaphore   Lun 21 Déc 2015 - 19:25


Si elle restait parfaitement immobile, peut-être qu’ils s’en iraient. Ou peut-être qu’elle se changerait en parfaite statue de sucre avant qu’ils puissent lui faire du mal. Peut-être que si elle fermait les yeux, ça passerait plus vite. Mais Shark ne ferma pas les yeux. Elle resta pétrifiée, muette, devant les monstres qui leur barraient la route. Quatre. Une de chaque côté, pour les encercler proprement. Elle ne se sentait pas très bien, bizarrement. Voire carrément mal. C’était pas la première fois qu’elle pensait mourir, sur cette île, et jusqu’ici, elle y avait échappé. Ce qui ne l'empêchait pas de penser que, ça y est, c’était la fin. A chaque fois.

Le diplomate dit quelque chose qu’elle n’entendit pas. Puis se prit un projectile en pleine poitrine. Avec horreur, elle vit la tache s'agrandir, s’assombrir. Sans qu'elle sente ses jambes partir, ils étaient en train de détaler, zigzagant entre les bestioles et les évitant par miracle.
Shark resta sans voix devant la tentative désespérée de Stagy pour détruire le seul abri en vue.

« Mais … entre dans, espèce de crétin ! »

Il avait beau avoir autant de force que si ses bras étaient faits de gelée, il l’avait bien défoncée, la cabane. Elle attrapa le poignet de Stagy, le fit rentrer de force à l’intérieur, à l’abri des projectiles, avant de refermer la porte et d’y plaquer son dos. La respiration rapide, de la sueur ruisselant de son front, elle tentait de ne pas laisser libre cours à sa panique. Tentait.

« On réfléchit. On réfléchit. Qu’est-ce qu’on fait ? Qu’est-ce qu’on peut faire ? »

Ils ne pouvaient pas rester là toute leur vie. Si les monstres ne trouvaient pas un moyen de rentrer, la Machine se chargerait d’eux elle-même.

« Qu’est ce qu’on peut faire … »

Elle répéta, une fois, deux fois, ou trois. Hystérique puis plus calme. Respire.

« Peut-être … peut-être ils veulent les bonbons. On a pas du les prendre. Peut-être il faut leur donner. » respiration rapide, par le nez « Ou alors on les tue. On les blesse. On les blesse et on s’en va. Faut vraiment … »

Vraiment qu’on s’en aille. Mais elle n'acheva pas sa phrase. Laissa les faits parler d’eux mêmes : ils se changeaient lentement, mais sûrement, en friandises à taille humaine. Et si ils restaient, ils avaient de grandes chances que ce soit irréversible.
Shark n’avait jamais vraiment aimé le sucre.

Bam. Elle sursauta lorsque les murs de la cabane tremblèrent. Options. Vite. Qu’est-ce que pouvaient craindre des monstres pareils ? L'eau ? Pas de chance, ils n'en avaient pas une goutte. Le feu ? Le feu ? Ils n'avaient pas le temps de faire du feu !
Elle rejoint Stagy, tenta de l'aider à arracher la boule collante qui gonflait sur sa poitrine. Manqua de s'engluer la main à jamais et la retirant d'un grand geste désespéré.

« Stagy. Est-ce que tu es prêt à courir ? »

Et de sa main valide, elle agrippa celle du diplomate, serrant à lui en briser les phalanges, le regard déterminé.


hrp:
 






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MessageSujet: Re: Mission | Anaphore   Lun 28 Déc 2015 - 17:39

Si l'intervention ne vous plait pas, vous pouvez demander à l'Ombre de la retirer.
Arlequin




Allons, les enfants... Vous pensiez vraiment pouvoir vous en sortir si facilement ? Alors que vous pensez fuir, une voix doucereuse, bizarre, résonne derrière vous.

<< Vous allez quelque part ? >>

Il se dresse, le sourire figé, le regard fou, la canne planté dans ce sol factice. Il vous toise. Un geste délicat de la main. La grande porte se ferme.



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MessageSujet: Re: Mission | Anaphore   Lun 11 Jan 2016 - 1:58

Docilement, il se laissa traiter de crétin. Ce mot lui hérissait les cheveux sur la tête tant il était vulgaire, mais Stagy n'avait même plus ne serait ce que l'idée de le reprocher à la jeune fille. Parce que oui, il avait été stupide. Jusqu'à se faire traîner dans une maisonnette de nougatine, comme un bébé auquel on tient la main.
Mais ça aurait pu ne pas être si désagréable!... Sauf que la situation n'était absolument pas romantique, évidemment.
La porte claqua derrière eux.

Il ne parvenait plus à dompter sa respiration. Il haletait, à deux doigts de la crise d'asthme. Le pire, c'est qu'il pouvait à peine se calmer. Les yeux fermés, le garçon tentait d'accorder ses idées les unes avec les autres. Inspirer, expirer. Il était côte à côte avec Shark, le dos sur la porte lui aussi. Chacun tentait de détendre ses nerfs, aucun n'y parvenait vraiment. Jamais l'adolescent ne s'était senti aussi proche de quelqu'un en ce moment là. L'aventure avait peut être du bon, finalement...
Elle allait jusqu'à poser à haute de voix la question que son esprit martelait depuis deux minutes sans répit. En cadence avec son coeur qui tambourinait à la porte de sa poitrine, comme s'il avait voulu s'en évader coûte que coûte.
S'évader, oui.  Stagy se prit la tête entre les mains.
Réfléchir, réfléchir.

Réfléchir, réfléchir, et il se dirigea vers une des petites fenêtres taillées dans du sucre transparent pour apercevoir les monstres voir s'ils étaient toujours là; ils l'étaient évidemment. À Shark qui voulait l'aider, il n'eut pas le temps de lui crier de ne pas le toucher.  Il n'eut pas la force. Comment pouvait-il lui dire de ne pas le toucher?
Elle était contaminée, c'était un peu de sa faute.

Une main moite attrapa la sienne.
Ensemble, alors? Encore?

─ Oui. À trois.

Il eut à nouveau l'espoir qu'il croyait avoir perdu pour toujours. Ouais, ils allaient s'en sortir, c'était sûr. Tout ne pouvait même pas finir ainsi. Pas en mode bonbon géant, c'était d'un ridicule! On ne retrouverait même pas leurs corps! Et pas d'enterrement? Ridicule.
Ridicule.

S'il y avait bien quelque chose de ridicule sur cette planète, d'ailleurs, c'était ce type qui venait d'ouvrir la porte. Un adulte. Pas comme les pirates ou les peaux rouges. Non, non... Une autre sorte d'adulte. Un fou, avec une canne, un chapeau. Ridicule. Ridicule, ça ne tue pas, mais c'est assez fort pour que Stagy se mette à trembler comme une feuille.
Sa réputation avait précédé Arlequin. C'était lui en face d'eux, et le Diplomate pouvait en être certain. C'était un des trois frères barjots. Qui les avait trouvés. Dans son antre.

Bref: ils étaient fichus. Et ce n'était pas le nouveau claquement de la porte qui aurait apporté une réponse contraire. Fichus. Il jeta un coup d'oeil à la Sentinelle. Sa main serra plus fort qu'elle n'était serré celle de la jeune fille. Tellement fort. Était-ce la dernière étreinte? Sa respiration s'accentua d'avantage. Il ouvrit la bouche qui se décolla difficilement, tel un bonbon à la fraise collé sur une surface rigide. C'était précisément ce qu'elle était devenue.
Petit bruit immonde de salive. Mentholée.

─ Non. On ne va pas quelque part. On.. on visite! Voilà !

L'idée lui avait traversé l'hémisphère cérébral sans scrupules, comme une déflagration ou un éclair. Ça fulminait. L'échappatoire n'était plus la fuite. Il fallait bluffer, et ça pourrait marcher.

─ Cette étage est vraiment magnifique monsieur! Vous devez en être très fier, n'est ce pas? J'adore vraiment ces petits buissons de chamallow, et puis les montagnes de caramel... c'est formidable! Oui, vraiment!

Il prit un air faussement embêté, ce n'était pas pour rien qu'on l'appelle la Comédie.

─ Seulement, on n'a pas tout vu, encore!  

Un sourire qui se voulait gentil, innocent. Stupide? Non, pas vraiment. Confiant, plus tôt, empli de confiance envers cet homme. Tout le contraire de ce que lui criait sa conscience, mais il ne l'écoutait pas, plus.  Il poursuivit, son air faux qui paraissait vrai triomphalement posé sur sa figure. Stagy prenait de l'assurance!

─ Auriez vous l'obligeance de nous montrer la direction des autres étages? Nous sommes égarés et ne nous n'y sommes pas aventurés, encore .

Un autre sourire.
Il espérait VRAIMENT que Shark comprendrait son stratagème. Sinon..
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MessageSujet: Re: Mission | Anaphore   Sam 20 Fév 2016 - 19:07

L'air était moite. Moite et sucrée, comme si l'air était devenu du sirop, qui s'accrochait à leur visage et coulait sur leurs joues. A chaque clignement d’œil, les cils de Shark semblaient de pas vouloir desserrer leur étreinte. Collés ensemble par des cristaux de sucre. Ses cheveux étaient lourds, sa salive écœurante. Leurs mains jointes ne la dérangeait plus ; pas plus que tout le reste. Elle vivait un cauchemar.
Tout du long, elle n'avait pas lâché sa sacoche pleine de sucreries.
Elle pensa au livre de Stagy, le Jules Verne, celui qu'elle s'était promis de lire. Foutu. Ruiné. C'est ce qui l'affligeait le plus.

Stagy compta jusqu'à trois. Jusqu'à deux, en fait, avant que la porte ne s'ouvre d'elle même.

Pas les créatures, non, mais un homme. Un homme adulte, et ce simple causa à Shark s'écraser les phalanges de son camarade d'infortune. Cherchant à être rassurée, mais non : Stagy tremblait comme une feuille.

« C'est qui ? » chuchota-t-elle.

C'est qui avait une coupe au bol, une canne, et un chapeau ridicule. Une peau de porcelaine et un sourire à en faire des cauchemars. Shark eut la très nette impression qu'elle allait s'évanouir. Peut-être même voulait-elle s'évanouir, et se réveiller de préférence jamais. Stagy essaya de lui broyer la main, et elle se demanda vaguement si il allait lui piquer son idée et tomber dans les pommes avant elle en la laissant se démerder. Elle lui en voudrait beaucoup.
Mais non, il ne cessait jamais de la surprendre.

Non. On ne va pas quelque part. On.. on visite! Voilà ! Cette étage est vraiment magnifique monsieur! Vous devez en être très fier, n'est ce pas? J'adore vraiment ces petits buissons de chamallow, et puis les montagnes de caramel... c'est formidable! Oui, vraiment!

Elle le regarda avec de grands yeux et une expression de pur outrage. Mais qu'est-ce qu'il bavait encore, cet abruti ? Ils allaient crever et voilà qu'il commençait à faire son lèche-cul-
Oh.
D'accord. Compris.

Elle écouta le déballage mielleux de Stagy, et pour la première fois de sa vie, reconnut l'utilité d'un diplomate. On y croyait. Elle, en tout cas, y croyait. Elle n'était pas la personne la plus perceptive du monde, c'est vrai, mais le garçon avait quelque chose de profondément convaincant dans ce rôle d'admiration béate : presque dans le surjeu. Elle n'arrivait pas à savoir ce que l'homme en pensait, en revanche. Il gardait son regard fixe et son sourire dérangeant sans que Stagy faillisse.

Il n'allait pas y croire, pas vrai ?
Shark se rappela de respirer. Tourna à son tour son regard vers l'homme au chapeau. Et prit l'air austère et sérieux qu'elle offrait dans son rôle de sentinelle, quand elle escortait ou interdisait des accès. Elle ne savait pas jouer la comédie. Mais elle savait jouer ce rôle qu'on lui avait donné, à la perfection.

« Oui. Il faut qu'on y va. On a déjà perdu beaucoup de temps. »

Elle manqua de bafouiller, sous le regard qui se tourna vers elle. Se força à le soutenir avec autant de dureté.

« C'est que c'est le meilleur étage, mais il faut regarder les autres, pour que c'est équitable. Celui du dessous, peut-être ? » elle ravala son mauvais caractère de mauvaise grâce. « Vous pouvez nous dire où aller ? S'il vous plaît ? »

Pour simple réponse, leur interlocuteur s'effaça du passage. Pointant d'un geste de la canne une direction. D'autorité, elle tira Stagy derrière elle vers la sortie. L'étage du dessous. Évidement que la sortie était à l'étage du dessous ! Allez. Plus pour longtemps. Ne pas courir. Ne pas montrer qu'on est pressés, ne pas montrer qu'on a peur. Ne pas courir.

Dès qu'Arlequin ne fut plus en vue, il détalèrent comme des lapins.
Arbres et buissons et maisons de pain d'épice, un défilé épileptique de couleurs vives leur passa sous les yeux pendant qu'ils courraient de toute la force de leur jambes. Jusqu'à ce que les couleurs fondent au gris, jusqu'à dévaler des marches et que le décor change, passe du flashy au pastel, du sucre au bois et à la dentelle. Jusqu'à ce que les yeux ronds des poupées se substituent à l'overdose de saccharose.
Ils ralentirent.

Leurs mains se séparèrent dans un long filet de caramel.
Elle se tourna vers Stagy, le souffle coupé par leur course, les yeux embués.

« C'était ... »

Horrible ? Dégueulasse ? A ne jamais refaire de la vie, même sous menace de mort ?

« Merci. Pardon. T'as … T'as … Tu nous as sauvés, là bas. Je suis désolée d'avoir dit ... » elle avala sa salive et se retint de la cracher de dégoût. « Il faut qu'on s'en aille, t'es à moitié un bonbon et ton livre est foutu maintenant- »

Priorités.






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